Etat du marché & Perspectives des assurances des entreprises 2026 | AMRAE
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2026
COLLECTION AMRAE
ÉTUDES &
PROSPECTIVES
OCTOBRE 2025
ÉTAT DU MARCHÉ
& PERSPECTIVES
Assurances des entreprises
2AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
Remerciements
L’Amrae adresse ses remerciements aux partenaires qui ont contribué
à la réalisation de cette publication.
COURTIER EN ASSURANCES
3 AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
Édito
Préparer l’avenir
dans un marché
en recomposition
Amrae a collecté auprès des courtiers d’assurances implantés en
France, s’adressant aux petites, moyennes et grandes entreprises, les
informations clés concernant les renouvellements d’assurances pour
2025 en vue de 2026.
L’année 2025 marquerait-elle un tournant pour le marché des assurances
d’entreprises non vie ? Après plusieurs cycles de durcissement, nous observons
les signes d’un rééquilibrage progressif, porté par l’arrivée de nouveaux acteurs et
une mobilisation accrue des capacités existantes, ainsi que le retour des contrats
de durée. Ce retour progressif à un marché disposant de capacités satisfaisantes
pour les besoins des entreprises, bien que contrasté selon les branches, secteurs
et zones géographiques, ouvre des perspectives nouvelles pour les risk managers
et les directions des assurances.
Les événements climatiques majeurs survenus notamment dans les DROM-COM,
les tensions sociales et les évolutions géopolitiques dans de nombreuses régions
du monde, ont cependant rappelé la fragilité de certains équilibres. Les assureurs
adaptent leurs offres, introduisent des sous-limites spécifiques et révisent leurs
engagements. Ces ajustements, s’ils traduisent une prudence légitime, imposent
aux entreprises une vigilance renforcée dans la gestion de leurs risques et la
structuration de leurs programmes d’assurances.
En assurances de personnes, les hausses se poursuivent cette année en matière
de frais de santé en France et à l’étranger. Les entreprises cherchent un nouvel
équilibre entre durabilité financière des régimes de santé et soutien actif au bien-
être des collaborateurs à l’international. Le marché prévoyance se tend en France,
notamment en arrêt de travail, et les primes hors de France ont tendance à se
stabiliser, à l’exception de la zone Asie.
Dans ce contexte, l’Amrae poursuit son rôle de vigie et d’accompagnement en
matière stratégique. L’analyse des tendances, la mise en lumière des signaux faibles
et la valorisation des bonnes pratiques sont plus que jamais essentielles. L’édition
2025 de l’état du marché s’inscrit dans cette dynamique, avec une volonté affirmée
de proposer une lecture claire, utile et prospective des évolutions en cours.
Nous remercions l’ensemble des contributeurs, partenaires et membres des
commissions pour leur engagement et leur expertise.
Ensemble, continuons à anticiper, à innover et à bâtir des réponses adaptées aux
défis d’un monde en transformation.
L
,
François Beaume
Président de l'Amrae
Alain Ronot
VP Amrae
4AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
Méthodologie
CAPACITÉS ASSUREURS
La capacité totale offerte par le marché sur une branche, ou la
capacité/limite de garantie offerte par certains acteurs.
TARIFICATION / PRIME D'ASSURANCE
Tarification :
Le processus par lequel le souscripteur de la compagnie
d’assurance évalue le niveau de risque quand une cotation
est demandée, le plus souvent en appliquant des guides de
souscription, et définit une prime d’assurance (taux de prime
appliqué à un critère de souscription, montant de prime, etc.).
Prime d'assurance :
La somme que paie le souscripteur d’un contrat d’assurance
à un assureur en échange des limites et garanties définies au
contrat.
FRANCHISE
La somme qui reste à la charge de l’assuré en cas de sinistre.
Un glossaire des acronymes utilisés est disponible en page 49. Glossaire utilisé pour
les grandes tendances
et les sous-tendances
éventuelles (Focus)
Explications
du tableau utilisé
pour les focus
Décrit la tendance de la section pour la branche d’assurance
concernée.
2024 - 2025
Indique la tendance de l'année pour comparatif.
COMMENTAIRES
Fournit une vision complémentaire sur la section.
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
PRIMES
TARIFICATION
FRANCHISES
STABLE HAUSSE BAISSE SANS OBJET
SO
5AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
CAPACITÉS
DES ASSUREURS
PRIMES /
TARIFICATION
FRANCHISES
ÉVOLUTION 2024/2025
DOMMAGES DIRECTS ET PERTES D’EXPLOITATION (DDPE)
Focus : Pertes d'Exploitation Sans Dommage (PESD) SO SO SO
Focus : Risques Politiques, Violences politiques et Terrorisme (PVT)
Focus : Supply chain (fournisseurs clés)
CONSTRUCTION : ASSURANCES DÉCENNALE, DO, RCD, ...
Focus : TRC/TRME (Tous Risques Chantier/Tous Risques Montage Essais)
Focus : RC Construction (Responsabilité Civile)
AUTOMOBILE
MARCHANDISES TRANSPORTÉES/MARINE CARGO
Focus : Responsabilité affréteur
Focus : Assurance corps de navire
RESPONSABILITÉ CIVILE (RC)
Focus : RC après livraison produits
Focus : RC Professionnelle
Focus : RC Professionnelle Banques
Focus : RC Professionnelle - professions réglementées et hors banques
Focus : RC Aviation/produits aéronautiques et spatiaux
Focus : RC Prestataire sur site nucléaire (RCPN)
Focus : RC Exploitant site nucléaire
Focus : Responsabilité environnementale et atteintes à la biodiversité
RISQUE CYBER
LIGNES FINANCIÈRES (RCMS/FRAUDE/EPL/PTL)
Focus : Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux (RCMS)
Focus : Fraude et malveillance
Focus : Employment Practices Liability (EPL)/Rapports Sociaux
Focus : PTL (Pension Trustee Liability )
Focus : K&R (Kidnap & Ransom )/Risques spéciaux SO
RISQUE « CAPITAL HUMAIN »
Focus : Missions professionnelles - Assistance (BTA)
Focus : Frais de santé France SO
Focus : Frais de santé hors France
Focus : Prévoyance France
Focus : Prévoyance hors France
RISQUE CRÉDIT
FUSIONS & ACQUISITIONS (M&A) / GARANTIES TRANSACTIONNELLES
ASSURANCE PARAMÉTRIQUE SO SO SO
TENDANCE DU MARCHÉ DES ASSURANCES (OCTOBRE 2025)
6AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
7 DOMMAGES DIRECTS
ET PERTES
D’EXPLOITATION (DDPE)
8 Tendances générales
10 Focus : Pertes d’Exploitation Sans
Dommage (PESD)
10 Focus : Risques Politiques, Violences
politiques et Terrorisme (PVT)
11 Focus : Supply chain (fournisseurs clés)
12 CONSTRUCTION
13 Tendances générales
14 Focus : TRC/TRME France
(Tous Risques Chantier/
Tous Risques Montage Essais)
14 Focus : RC construction (Responsabilité
Civile)
15 AUTOMOBILE
16 Tendances générales
18 MARCHANDISES
TRANSPORTÉES/
MARINE CARGO
19 Tendances générales
21 Focus : Responsabilité civile affréteur
21 Focus : Assurance corps de navire
22 RESPONSABILITÉ CIVILE
23 Tendances générales
25 Focus : RC Après livraison/Produits
26 Focus : RC Professionnelle - Professions
non réglementées et hors banques
26 Focus : RC Professionnelle - Banques
27 Focus : RC Professionnelle - Professions
réglementées
27 Focus : RC Aviation/Produits
aéronautiques et spatiaux
28 Focus : RC Prestataire sur site nucléaire
28 Focus : RC Exploitant site nucléaire
29 Focus : RC Environnementale et atteintes
à la biodiversité
30 RISQUE CYBER
31 Tendances générales
33 LIGNES FINANCIÈRES
34 Focus : Responsabilité civile des
mandataires sociaux (RCMS)
35 Focus : Fraude et malveillance
36 Focus : Employment Practices Liability
(EPL)/Rapports sociaux
36 Focus : Pension Trustee Liability (PTL)/
Responsabilité fiduciaire
37 Focus : Kidnap & Ransom (K&R)/Risques
spéciaux
38 RISQUE
« CAPITAL HUMAIN »
39 Focus : Missions professionnelles –
Assistance (BTA)
40 Focus : Frais de santé France et hors
France
41 Focus : Prévoyance France et hors France
42 RISQUE CRÉDIT
43 Tendances générales
44 FUSIONS & ACQUISITIONS
(M&A)/GARANTIES
TRANSACTIONNELLES
45 Tendances générales
46 ASSURANCE
PARAMÉTRIQUE
47 Tendances générales
49 GLOSSAIRE
Sommaire
DOMMAGES DIRECTS ET PERTES D’EXPLOITATION (DDPE) 77AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
DOMMAGES
DIRECTS
ET PERTES
D’EXPLOITATION
(DDPE)
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 7
DOMMAGES DIRECTS ET PERTES D’EXPLOITATION (DDPE) 88AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
CAPACITÉS
Un marché
surcapacitaire
Les prémices de hausse de capacité pressentis dans
notre précédent État du marché se confirment. Sur ces
renouvellements, les assureurs mobilisent le maximum
de leur capacité disponible et montrent un appétit
accru, en cherchant à accroitre leur part sur les comptes
déjà en portefeuille. Le retrait du marché de certains
« Managing General Agent » (MGA), comme Volante, est
compensé par l’arrivée de nouveaux acteurs comme
Beazley, ou FM Essential (300 M€ de capacité) aboutissant
à un marché surcapacitaire (placements souvent finalisés
à plus de 100
%).
Les capacités se restreignent sur les DROM/COM avec le
désengagement de certains assureurs du fait des émeutes
et mouvement sociaux de 2024, ainsi que des événements
climatiques ayant impactés ces zones géographiques en
2024/2025.
Secteurs qui ne suivent pas ces tendances
Les capacités se dégradent sur les activités sensibles
(secteur du bois, secteur agroalimentaire, stockage froid,
transports de voyageurs, collectivités locales notamment).
Et des sous-limites spécifiques sont appliquées pour les
grèves, émeutes, mouvements populaires (SRCC).
Impacts spécifiques évènements naturels
Entre décembre 2024 et février 2025, deux cyclones
majeurs ont entrainé des dommages conséquents à
Mayotte et à la Réunion (550 M€ de dommages estimés
pour Mayotte et 380 M€ pour la Réunion). Ces évènements
ont entrainé le retrait de certains assureurs de la zone
Océan Indien, et la suspension de la souscription de
toute affaire nouvelle dans cette zone. Le dérèglement
climatique global remet en question les modèles passés et
nécessite, pour certains assureurs très présents sur cette
zone, une re souscription des dossiers et une maitrise plus
fine de leurs engagements.
Nous relevons également une réduction de capacités sur
la garantie inondation et une réduction des engagements
sur les garanties évènements naturels.
PRIMESTARIFICATION
Primes en baisse sauf
sur le middle market
Grâce à la dynamique concurrentielle forte, les primes
sont en baisse, en moyenne de 10
%, mais pouvant aller
jusqu’à 15
%. Ces baisses concernent principalement les
grands comptes présentant de bons résultats en termes
de sinistralité et un niveau de prévention perçu comme
élevé par les assureurs. Sur le secteur du middle market,
les conditions tarifaires sont un peu moins souples. Les
primes sont stables sauf sur les secteurs sensibles (voir
ci-dessous « secteurs ne suivant pas cette tendance »).
À noter, en France, un changement réglementaire impactant
les primes : outre l'augmentation du taux des catastrophes
naturelles en France à effet du 1
er
janvier passant de 12 à
20 % de la prime nette, les assurés subissent depuis le 1
er
juillet 2025 l'augmentation de taux des taxes d’assurances
« incendie » qui passent de 7 à 12 % alors que la taxe
« autres risques » reste à 9 %. Cela représente pour les
entreprises assurées une augmentation moyenne de leur
prime de 3 à 4 % environ TTC.
Secteurs qui ne suivent pas ces tendances
L'agressivité commerciale des assureurs contribue à la
baisse générale des primes sur le marché à l'exception
des secteurs suivants : traitements du bois, gestion des
déchets, secteur agroalimentaire non protégé, traitement
de surface, batteries Li-ion, stockages & picking
automatisés non protégés par sprinklers conformément
au standard en vigueur.
En outre, une augmentation de la tarification est constatée
sur les activités présentant un défaut de prévention et sur
les secteurs précités.
Tendances générales
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
DOMMAGES DIRECTS ET PERTES D’EXPLOITATION (DDPE)
99
FRANCHISES
Franchises stables
À l’instar de l’année dernière, les franchises restent
globalement stables, mais une partie des comptes
bénéficiant de captives travaille sur l’augmentation de
leurs rétentions. Toutefois, les franchises ont tendance
à augmenter pour les secteurs sensibles et pour les
risques localisés dans les DROM/COM. En outre, on
constate l’apparition de franchises spécifiques SRCC et
événements naturels.
Impacts spécifiques évènements naturels
Les évènements naturels sont l’objet d’une vigilance
particulière de la part des assureurs. Et même lorsque
l’exposition d’une entreprise à de tels évènements n’est
pas très forte, il arrive, de plus en plus souvent, que
des franchises spécifiques soient appliquées. Au global
les franchises sont haussières sur le volet évènements
naturels. La vigilance des assureurs se traduit également
par des réductions de capacités dans les zones très
exposées aux risques naturels.
MICHEL JOSSET
Président de la commission
Prévention et Dommages
et référent climat de l’Amrae
La parole
à
2025 marque une embellie du marché de l’assurance dommages :
le marché est surcapacitaire avec l’arrivée de nouveaux acteurs,
les LTA
*
se généralisent, les primes sont en baisse légère et les
franchises se stabilisent.
Cette embellie est cependant trompeuse : d’une part, certains secteurs sinistrés
n’en bénéficient pas : industrie du bois, secteurs du froid et de l’agroalimentaire,
transport de voyageurs, gestion des déchets et collectivités locales.
D’autre part, le risque climatique va continuer de peser sur le marché directement
(diminution des capacités et hausse de franchise sur les zones fortement
exposés) ou indirectement (par exemple par le passage du taux de la surprime cat
nat de 12 à 20 % en 2025).
Le marché va donc rester technique sans retour aux années folles du soft market :
il est plus que jamais indispensable de fournir aux assureurs une visibilité accrue
sur les valeurs assurées, les interdépendances et les fournisseurs critiques et
de s’engager sur des plans de réduction des risques pluriannuels pour garantir
la pérennité de l’amélioration des conditions. En matière de prévention, une
attention particulière est à porter sur les risques induits par la transition
écologique (batteries, nouveaux matériaux de construction,…) en lien avec les
ingénieries des assureurs. Enfin, le lancement de plans d’adaptation au risque
climatique basés sur une analyse de risque rationnelle est un must pour garantir
l’assurabilité et limiter les pertes d’exploitation chroniques d’origine climatique non
transférées au marché telles que les vagues de chaleur ou le stress hydrique ».
*
LTA : Long term agreement - accords de longue durée
DOMMAGES DIRECTS ET PERTES D’EXPLOITATION (DDPE) 1010AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
SO SO
Les pertes d’exploitation sans dommage s’entendent des pertes d’exploitation qui
surviennent en l’absence de toute atteinte aux biens assurés. Classiquement, les
polices d’assurance dommages aux biens garantissent les pertes d’exploitation
lorsqu’elles sont la conséquence d’un dommage subi par les biens assurés, causé par
un évènement garanti au contrat. À ce jour, il n’y a pas de capacité dédiée PESD,
les assureurs n’ayant que peu ou pas d’appétit pour couvrir le risque de pertes
d’exploitation sans dommages. Outre des études très spécifiques au cas par cas,
les seules solutions disponibles sur le marché sont des solutions via des captives ou
des assurances paramétriques. Il est conseillé d’avoir une approche Risk Analytics et
une modélisation solide pour bien comprendre le risque et permettre de structurer la
couverture.
PRIMES/
TARIFICATION
SO SO
Marché très réduit qui conduit à des primes élevées. Des études sont faites au cas par
cas par les assureurs.
FRANCHISES SO SO Franchises particulièrement élevées.
PERTES D’EXPLOITATION SANS DOMMAGE (PESD)
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Sur les risques politiques, le marché continue de proposer des capacités importantes.
Malgré la situation géopolitique mondiale instable, de nouveaux acteurs font leur
entrée sur le marché français (Everest, HDI) et apportent de nouvelles capacités.
Toutefois, les souscriptions restent ciblées et les assureurs suivent l’évolution de
certains risques (sabotage par les États, développement des actes de terrorisme lié
à la radicalisation des partis politiques, maintien d’un risque fort d’émeutes et de
mouvements populaires dans certains pays). De fait, certaines garanties sont limitées
en particulier pour certains pays ou zones à haut risque (Taïwan, Mali, Israël, Nouvelle-
Calédonie, Liban).
À noter que les extensions de garanties pour la carence de fournisseurs et clients non-
dénommés sont difficiles à souscrire.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Certains secteurs d'activité restent soumis à une étude approfondie du risque : retail
(risques SRCC), activités minières, secteur des énergies fossiles.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Les assureurs sont prudents sur différentes zones géographiques comme Taiwan,
le Moyen-Orient et l'Afrique sub-saharienne, la Nouvelle Calédonie et l’outre-mer
français, ainsi que le Yémen et l’Ukraine. Israël et le Liban sont exclus et des réductions
de capacités sont à prévoir sur la Thaïlande et le Cambodge.
Impacts spécifiques évènements naturels
Le dérèglement climatique accentue les tensions géopolitiques. Les conflits liés à
l’usage de l’eau, les mauvaises récoltes, les pénuries alimentaires et les mouvements
de population augmentent les risques de guerre, d’émeutes et de violences politiques.
Les assureurs intègrent progressivement ces facteurs dans leur modélisation des
risques et leur politique de souscription.
RISQUES POLITIQUES, VIOLENCES POLITIQUES
ET TERRORISME (PVT)
NOUVE
A
U
DOMMAGES DIRECTS ET PERTES D’EXPLOITATION (DDPE) 1111AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
PRIMES/
TARIFICATION
Si en 2024, les primes s’établissaient à la hausse, la tendance semble s’inverser pour
2025. L’absence de sinistre majeur et une concurrence plus importante tirent les
primes à la baisse d’environ 10 %. À noter que les baisses sont plus importantes sur
le marché de Londres, plus grand et surtout plus volatil que le marché français. Avec
la détente du marché, certaines extensions de garanties peuvent désormais être de
nouveau intégrées dans les polices PVT (sites non dénommés/menace). Mais si le
contexte géopolitique se dégrade, des hausses de primes seront à anticiper en cas
d’évènement majeur.
Toutefois, pour les programmes Violences Politiques, des majorations peuvent
être pratiquées en fonction des garanties recherchées et de la territorialité des
programmes, notamment en raison du risque de guerre accru dans certaines zones
géographiques (Moyen-Orient et Afrique).
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les assureurs restent prudents sur les activités de distribution et les activités minières.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Les pays à risque sont moins concernés par les baisses tarifaires pratiquées
cette année, en particulier sur les polices stand alone ou les affaires concentrées
géographiquement sur les régions instables (Afrique, Moyen-Orient). Les assureurs
restent inquiets face à l’instabilité mondiale : sabotage étatique, radicalisation
politique, émeutes et mouvements populaires. Les sous-limites pays et extensions de
garantie deviennent des outils de gestion du risque géopolitique.
FRANCHISES
Comme en 2024, les renouvellements de l’année se sont déroulés avec des franchises
stables. À noter toutefois que sur certains pays le niveau de franchise SRCC est
augmenté à la suite de sinistres récents ou d'une situation géopolitique délicate :
Nouvelle-Calédonie par exemple.
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Pas de changement au niveau des capacités sur le marché des risques supply chain
par rapport à l’année dernière. Les activités logistique et stockage restent très suivies
sur le plan de la prévention. Les couvertures « Contingent Business Interruption »
(CBI -carences fournisseurs) sont maintenues sauf pour les fournisseurs indirects où
les capacités sont plus limitées sur les carences de Tier2+ (carence dite « indirecte »),
les carences sans dénomination ou géolocalisation des sites de fournisseurs, les
carences prestataires ou client. Mais la pression concurrentielle permet d'augmenter
toutefois les limites actuelles.
À noter une baisse des capacités « Strikes, Riots and Civil Commotion » (SRCC) sur
certains pays, avec des garanties, primes et franchises ajustées au cas par cas.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les secteurs jugés sensibles comme les semi-conducteurs, la chimie et l’automobile
font l’objet d’une vigilance accrue. Sur ces secteurs très concentrés avec des sous-
traitants de niche, les assureurs contrôlent leurs cumuls.
Impacts spécifiques évènements naturels
Les assureurs renforcent leur vigilance sur les zones sensibles aux événements
naturels. Des sous-limites spécifiques sont souvent requises lorsque les carences
concernent des sites non dénommés.
PRIMES/
TARIFICATION
Les primes sont restées stables à l’instar de l’année dernière.
FRANCHISES Stables par rapport à l’année précédente.
SUPPLY CHAIN (FOURNISSEURS CLÉS)
CONSTRUCTION 12AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
CONSTRUCTION
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 1212 AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
CONSTRUCTION
13 AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
CAPACITÉS
Stabilité des
capacités et recours
à la coassurance
Le marché de l’assurance construction reste globalement
stable en termes de capacités. Sur l’assurance dommages-
ouvrage (DO), l’arrivée de nouveaux acteurs (ex : MSIG)
compense partiellement le retrait d’autres (ex : RSA,
MMA). À noter, un regain d’intérêt pour certains segments
spécifiques comme le photovoltaïque. Mais les opérations
de promotion immobilière, d’ingénierie ou de géothermie
restent difficiles à assurer. Et les capacités sont beaucoup
plus restreintes pour les projets importants (supérieurs à
100/150 M€ HT).
Les capacités sont stables sur l’assurance de responsabilité
civile décennale (RCD). Le marché constate même un
accroissement des capacités sur les lignes en excess
avec de nouveaux acteurs (ex : Everest, Sompo, Chubb,
HDI) mais reste toutefois la nécessité de mettre en place
des secondes lignes pour compenser la réduction des
appétits sur les dommages immatériels non consécutifs
(DINC). Les grands projets nécessitent de plus en plus un
placement en réassurance facultative, ce qui allonge les
délais et complexifie les placements.
Sur le marché de la tous risques chantier/tous risques
montage essais (TRC/TRME), la capacité globale se
maintient avec un recours à la coassurance plus fréquent
et des parts en apérition qui se réduisent (environ 30
%).
Ce recours à la coassurance permet de répondre aux
demandes de couverture pour des très grands projets.
Secteurs qui ne suivent pas ces tendances
Promotion de logements et vente en l’état futur
d’achèvement. On relève également une vigilance accrue
sur les chantiers hors norme (caractéristiques techniques
et géographiques).
FRANCHISES
Identique
Comme en 2024, les franchises ont été stables lors de
ces renouvellements. Sur les chantiers importants, la
franchise sert toujours d’ajustement pour l’établissement
de la prime.
PRIMESTARIFICATION
Disparités tarifaires
La politique tarifaire est majoritairement stable depuis
plusieurs années avec des ajustements
« soft » de
conjoncture pour les bons risques et des mesures qui
peuvent être sévères sur les risques déséquilibrés.
Tendances générales
TOUFIK BARICHE
Président de
la commission
Construction et
Immobilier de
l’Amrae
La parole
à
Face à un marché
de l'assurance
construction stable
mais de plus en plus exigeant sur
les grands projets, avec des primes
RC décennale en hausse à cause
des risques environnementaux et de
l'inflation, la prévention n'est plus
une option, c'est la clé de voûte pour
sécuriser nos chantiers et maîtriser
nos coûts. »
Toutefois sur la responsabilité civile décennale, la
tarification continue sa hausse (minimum 5
%). En cause,
principalement un manque de retour d’expérience sur les
nouveaux modes de construction (matériaux biosourcés,
béton bas carbone, réemploi…), le manque de main d'œuvre
qualifiée, la multiplicité des exigences réglementaires, et le
renchérissement du coût des matériaux, qui font craindre
aux assureurs une hausse de la sinistralité déjà élevée.
Secteur ne suivant pas ces tendances
La dommages-ouvrage hors logement, plus concurrentielle
que sur le secteur du logement.
CONSTRUCTION 14AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
TRC/TRME
(TOUS RISQUES CHANTIER/TOUS RISQUES MONTAGE ESSAIS)
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Maintien de la capacité globale sur le marché TRC/TRME mais la fragmentation de
la couverture par la coassurance se poursuit. Certains secteurs font l'objet d'une
vigilance accrue des porteurs de risques (traitement de déchets, géothermie, biogaz, …).
Et les capacités accordées sont moins significatives, voire rares, pour la géothermie.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Des restrictions sont visibles sur les projets impliquant des énergies renouvelables, le
secteur du traitement des déchets et sur le logement.
Impact spécifique lié au contexte géopolitique
De plus en plus de limitations et exclusions de la clause SRCC (Grèves, émeutes et
troubles civils) selon le pays. Les placements aux Etats-Unis se complexifient.
Impacts spécifiques évènements climatiques
Augmentation des sous-limites, des franchises et du coût des garanties CAT.
Vigilance importante sur les risques tempête, la hausse du niveau des eaux, les
phénomènes de gonflement d’argile et plus généralement les zones à risques (bord de
mer, montagne, zones inondables).
PRIMES/
TARIFICATION
Une stabilisation s’amorce avec une inflation des primes maitrisée et pas de hausse
malgré l’augmentation du taux Cat. Nat. de 12 à 20 %. À noter tout de même des
hausses de primes sur les garanties pertes d’exploitation anticipées.
FRANCHISES
Les franchises sont globalement stables sauf sur les chantiers importants où leur
niveau permet d’ajuster la tarification. Elles sont en hausse pour les garanties pertes
d’exploitation anticipées.
RC CONSTRUCTION (RESPONSABILITÉ CIVILE)
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Sur l’assurance RC décennale, le marché continue de proposer des capacités stables.
Le retrait de certains assureurs et la prudence plusieurs acteurs traditionnels sont
compensés par des nouveaux entrants. Ce mouvement est notamment visible sur les
lignes excess avec de nouveaux acteurs (ex : Everest, Sompo, Chubb, HDI). À noter
toutefois une plus grande prudence dans les souscriptions. Les entreprises avec une
sinistralité faible et de solides plans de prévention sont plus généralement préférées.
Même s’il reste stable, le marché se montre quand même plus sélectif.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Comptes sinistrés. Et même s’il enregistre une sinistralité faible, le segment de la
responsabilité civile du fabricant est difficile à souscrire par crainte de sinistres sériels.
Impact spécifique évènements naturels
Le risque environnemental fait de plus en plus partie des points d’attention et de
surveillance de la part des porteurs de risque.
PRIMES/
TARIFICATION
Après une année 2024 sans augmentation, les renouvellements 2025 ont été marqués
par le retour d’une hausse de la tarification de l’ordre de 5 %, et ce, même en l’absence
de sinistralité. Pour les comptes sinistrés, les hausses ont été de l’ordre de 10 %. C’est
le cas également des entreprises issues de secteurs fortement exposés à des risques
d’évènements ou catastrophes naturelles.
FRANCHISES
Les franchises sont restées stables sur 2025 sauf en cas de dérive de sinistralité. Elles
ont aussi augmenté pour les entreprises affichant une augmentation de leur chiffre
d’affaires de plus de 10 %.
AUTOMOBILE 15AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
AUTOMOBILE
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 1515 AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
AUTOMOBILE
16
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
CAPACITÉS
Capacités stables
malgré plusieurs
mouvements
2025 a été marquée par l’arrivée d’un nouvel acteur
(Protector) et l’abandon de la volonté d’ouvrir une
branche automobile par Volante en France. Au global, si
l’offre de souscription proposée sur le marché est stable,
elle diffère en fonction du risque. Ainsi, les capacités sont
équivalentes aux renouvellements 2024 pour les flottes
les moins exposées, mais elles sont plus restreintes pour
les flottes qui enregistrent des fréquences de sinistres
élevées. Les assureurs sont également plus frileux pour
les activités pouvant être affectées par des sinistres
d’intensité.
Dans le détail, sur le secteur des transports publics
de marchandises (TPM), les capacités sont toujours
restreintes. Deux retraits d’assureurs face à l’arrivée d’un
seul nouveau porteur de risque, norvégien. Sur le transport
public de voyageurs (TPV), comme en 2024, seul un
assureur propose des capacités. Et sur la location longue
durée, un nouveau retrait du marché a été officialisé
au 1
er
semestre.
Tendances générales
Une pénurie d’assureurs, en particulier sur les garanties
dommages, qui contraste avec un périmètre toujours
plus large d’activités à forte volatilité et/ou intensité :
TPV, location de courte durée, circulation sur zone
aéroportuaire, sans compter l’accélération de l’utilisation
des nouvelles énergies et motorisations. Les risques
atypiques sont difficiles à placer ; les assureurs recentrent
leur politique de souscription sur des risques flottes
traditionnelles.
À noter également que les suites de l'affaire Pilliot/Great
Lakes/Accelerante, sont toujours en cours et une nouvelle
vague de résiliations est à prévoir pour la fin de l’année
2025.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Transport public de voyageurs, location courte durée,
VTC, Transport de marchandises, flotte automobile, hors
risque aggravé, pour un parc inférieur à 1 000 unités.
Les assureurs se recentrent sur le cœur du marché.
Impact spécifique lié au contexte
géopolitique
Depuis le 1
er
avril 2024, la car te ver te a disparu, et la période
de transition est à présent terminée, pour tous les véhicules
immatriculés. Pour la circulation dans la plupart des pays de
l’Union européenne, la plaque d’immatriculation française
vaut présomption d’assurance. Il est nécessaire d’avoir
une Carte internationale d’assurance automobile (IMIC),
en version papier, en cas de déplacement dans l’un de ces
pays : Albanie, Azerbaïdjan, Maroc, Moldavie, République
de Macédoine du Nord, Tunisie, Turquie, Ukraine. La
Russie reste exclue des couvertures automobiles.
AUTOMOBILE
17
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
FRANCHISES
Hausse
des franchises
Afin de contenir les mesures de renouvellement, les
niveaux de rétention ont tendance à augmenter via
des majorations de franchises, voire en supprimant des
garanties comme le bris de glace. L’auto-assurance des
dommages et plus particulièrement du bris de glace
(hausse des franchises, stops dommages, auto-assurance
totale, etc.) avec mise en place de systèmes de contrôle
de la réparation, continue de se développer.
À noter une hausse continue des vols de véhicules, de
10 points par an depuis 2022, ce qui, de fait, conduit à
une couverture particulièrement surveillée compte tenu
de ces coûts moyens et au regard de l'évolution du prix
des véhicules récents.
PRIMESTARIFICATION
La hausse se poursuit
Comme annoncé dans notre précédente édition de l’État
du marché, les primes sont en hausse de 5 à 10 % en
moyenne pour ces renouvellements. Cette augmentation
était attendue et fait suite à la flambée des coûts
de réparation des véhicules, même si cette inflation
commence à ralentir. Globalement, la tendance haussière
se confirme depuis 2022, quasi exclusivement en
répercussion de l'évolution du coût moyen des sinistres,
avec des fréquences de sinistres qui restent stables.
Selon les différents indicateurs du marché, l’évolution des
forfaits RC et bris de glaces restent sur une inflation de
l'ordre de 7 à 8 %. À noter également que la popularité des
véhicules électriques a un impact défavorable puisque les
coûts de réparation sont supérieurs à ceux des véhicules
thermiques.
Le rééquilibrage des deux à trois années passées
permet cependant d'envisager plus sereinement les
renouvellements à venir. Même si on ne s'oriente pas vers
des propositions de baisse des conditions de souscription
sans action sur les niveaux de franchise ou vers davantage
d'auto assurance, il est toutefois possible d’anticiper
des renouvellements à l'identique et des majorations
mesurées.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Comme depuis plusieurs années, les activités à forte
volatilité/intensité seront visées par des hausses plus
fortes : supérieures à 15 % sur le TPM, TPV et LCD.
Impact spécifique évènements naturels
La survenance d’évènements climatiques pénalise les
résultats des assureurs hors Cat. Nat, notamment la
récurrence de période de grêles sur les exercices passés.
L'impact des grêles devient significatif. L'épisode du 3 mai
2025 en région parisienne a par exemple causé 61 000
sinistres pour un coût de 200 M€. À noter également
la récurrence de sinistres incendies de forte ampleur
(exemple de l’incendie majeur dans l’Aude cet été) avec
un impact important sur les indemnisations.
PATRICK LACROIX
Président de la commission
automobile de l’Amrae
La parole
à
Dans l’avenir pour maitriser les coûts du risque
routier, les risk managers devront non seulement
optimiser leurs programmes d’assurances
et l’organisation de la gestion des sinistres
mais également tirer profit des données disponibles et de
la télématique embarquée pour élaborer des actions de
prévention ciblées afin d’anticiper l’augmentation des coûts
avec la tendance forte du verdissement des flottes. »
MARCHANDISES TRANSPORTÉES/ MARINE CARGO 18 AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
MARCHANDISES
TRANSPORTÉES/
MARINE CARGO
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 18AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 18
MARCHANDISES TRANSPORTÉES/ MARINE CARGO
19 AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
Tendances générales
CAPACITÉS
Nouvelle hausse
de capacité
Comme évoqué dans notre précédent État du marché, les
capacités sont en hausse de 10 à 20 % du fait de l'arrivée
de trois nouveaux assureurs sur la dernière année (Sompo,
Everest, Zurich). Cette concurrence accrue conduit les
acteurs historiques à se positionner en situation défensive-
agressive pour maintenir leur portefeuille et donc leur part
de marché. Sur le secteur maritime, l’appétit des assureurs
se confirme, y compris en apérition. Et certains acteurs
renforcent leur offre pour mieux couvrir les risques liés à
la RC transporteur même si ce segment reste malgré tout
difficile à placer.
Au global, tous les segments voient leur capacité théorique
augmenter mais la tendance est néanmoins moins marquée
sur les garanties stockages notamment sur les véhicules et
les matières premières agricoles.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Le secteur du transport de fruits ne suscite pas l’appétit
des assureurs tant en apérition qu'en co-assurance et
particulièrement depuis le sinistre survenu en janvier 2025 :
MAERSK SALTORO - Expédition de cerises chiliennes (plus
de 1 300 containers) rejetées par les autorités chinoises
suite à un retard de 28 jours dû à une panne mécanique.
Impact spécifique lié au contexte
géopolitique
La liste des zones d'exclusion de la couverture des risques
de guerre continue d’évoluer en fonction de la situation
géopolitique. Des rachats d’exclusions peuvent parfois
être envisagés moyennant une surprime ou des conditions
spécifiques. Cependant, la marge de négociation reste
généralement plus limitée que pour les risques ordinaires.
Les contrôles de conformité se renforcent, rendant
impératif, lors de la souscription, d’identifier précisément
les expositions. Cela permet de négocier en amont des
« bulk agreement » (contrats globaux) et fluidifier les
processus.
Fréquente révision des clauses de territorialité et des
clauses sanctions. Mouvance des zones pour lesquelles
la tarification des risques de guerre ne peut se faire qu'au
cas par cas.
Impact spécifique évènements climatiques
Les assureurs transport adoptent de plus en plus une
approche similaire à celle des assureurs Dommages pour
la souscription du risque de stockage, en demandant des
informations qualitatives et quantitatives particulièrement
détaillées.
Application de plus en plus systématique de limites
annuelles sur les risques liés aux catastrophes naturelles
(CAT NAT).
ISABELLE
CRÉMIEUX
Présidente de
la commission
Transport
et Logistique
de l’Amrae
La parole
à
Si le marché de l'assurance Maritime
et Transport de marchandises
apparaît désormais plus ouvert, la
qualité des risques à présenter aux
assureurs reste primordiale pour optimiser les
budgets de primes.
Ainsi, le sujet Prévention, avec les plans de
prévention et sûreté pouvant être déployés au
sein des organisations, devient incontournable
dans une démarche d'amélioration continue et
de maîtrise des risques assurables. »
MARCHANDISES TRANSPORTÉES/ MARINE CARGO
20 AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
FRANCHISES
Globalement stables
Les franchises sont globalement stables et restent un
levier de négociation tarifaire pour les risques avec des
résultats techniques déficitaires. À noter la mobilisation
de plus en plus fréquente de captives de réassurance pour
capter la sinistralité attritionnelle de certains programmes.
PRIMESTARIFICATION
Tendance à la baisse
Les bons résultats techniques globaux, couplés à la
capacité plus importante du marché, amènent une baisse
des primes pouvant aller jusqu’à 20 % pour les programmes
jugés bien maîtrisés. Des tarifs planchers sont déjà atteints
sur de nombreux comptes, notamment sur le middle
market et sur le segment des ETI, moins complexe dans
la structuration des programmes. Toutefois, si les prix sont
en baisse, les conditions de souscription restent dures.
Le marché est soft sur le prix, hard sur les clauses.
Secteurs qui ne suivent pas ces tendances
La couverture de la RC contractuelle des professionnels
du transport ne suit pas cette tendance. Et il faut noter
une généralisation des surprimes en matière de risques de
guerres sur les zones sensibles (7 et 8 du barème CESAM)
avec la notion de transit qui s'est généralisée.
Impacts spécifiques liés au contexte
géopolitique
La volatilité des tarifs et des surprimes liés aux risques de
guerre demeure significative, certaines zones connaissant
des fluctuations importantes selon l’évolution du contexte
géopolitique. Cependant, l’élargissement de l’offre ainsi que
le bilan global des sinistres depuis le début du conflit en
Ukraine permettent de négocier des conditions tarifaires
compétitives pour ces zones concernées par des surprimes.
Les tarifications pour certaines zones, passant sur cotation
préalable obligatoire, peuvent fortement augmenter
(ex. : détroit d'Ormuz suite aux attaques américaines et
israéliennes en Iran).
Impacts spécifiques évènements naturels
Les programmes stock & transit font l'objet d'une tarification
dédiée sur le volet stockage, auparavant inclus dans la
prime globale. Cela permet aux assureurs de tarifier les
risques climatiques grandissants sur les risques CAT NAT.
MARCHANDISES TRANSPORTÉES/ MARINE CARGO 21 AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
RESPONSABILITÉ CIVILE AFFRÉTEUR
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Au cours des 12 derniers mois, l’appétit pour les comptes de Responsabilité civile
affréteur sur le marché mondial est resté constant, mais sélectif. Bien que la couverture
demeure disponible, les souscripteurs deviennent de plus en plus exigeants,
privilégiant les affréteurs qui disposent de solides pratiques de gestion des risques et
d'une performance opérationnelle éprouvée.
À mesure que le marché devient plus sélectif, les affréteurs doivent mettre en avant
leur profil de risque robuste et leur parcours opérationnel pour obtenir les meilleures
conditions de couverture.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Le conflit en mer Rouge a créé un environnement plus difficile pour l'assurance
Responsabilité civile affréteur, avec des primes plus élevées, des conditions plus
strictes et des exclusions potentielles pour les navires opérant dans la région. Les
affréteurs doivent s'engager de manière proactive avec les souscripteurs/courtiers
pour s'assurer qu'ils reçoivent une couverture appropriée pour les navires transitant
par ou près des zones de conflits. À noter qu’il existe davantage de pays exclus en
risques de guerre, mais avec une possibilité de cotation au cas par cas sur demande
préalable.
PRIMES/
TARIFICATION
Les primes sont globalement stables, sauf en réponse à des sinistres. Mais, en termes
de perspectives, l'augmentation des sinistres et la hausse des coûts de réassurance,
ont généré des ajustements à la hausse et des prévisions défavorables pour la fin de
l'année 2025 et pour les prochains renouvellements.
FRANCHISES
Pas de modification majeure, les franchises sont modulables en fonction de la
sinistralité. À l’exception des cargaisons sensibles telles que le riz, le cacao ou les
cargaisons impliquant des opérations de mélange.
ASSURANCE CORPS DE NAVIRE
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Le marché de l’assurance maritime dispose toujours d’une capacité abondante,
renforcée par de nouveaux entrants et l’expansion d’acteurs existants. Des capacités
nouvelles essentiellement sous la forme de MGA. Nouvelles capacités également sur
le marché de Londres.
PRIMES/
TARIFICATION
Ces renouvellements ont fait apparaitre une amorce de baisse tarifaire. À la faveur de
capacités qui continuent à croitre, les assureurs maritimes restent enclins à accorder
des remises pour maintenir ou accroître leurs parts de marché. Sur 2025, les baisses
constatées oscillent entre –5 % et -15 %.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
P&I, corps et risques de guerre. Les risques P&I (RC armateur) font exception, avec
des primes qui continuent d'augmenter (+ 5 à 7,5 %).
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Les surprimes risques de guerre ont augmenté de 100 à 500 % dans les zones à haut
risque, en raison de foyers géopolitiques (mer Rouge, Russie, Golfe Persique).
FRANCHISES Les franchises sont toujours stables comme pour les précédents renouvellements.
RESPONSABILITÉ CIVILE AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 22
RESPONSABILITÉ
CIVILE
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 22AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 22
RESPONSABILITÉ CIVILE
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 23
CAPACITÉS
Les capacités
se stabilisent
Changement de tendance sur la responsabilité civile. La
hausse des capacités sur les précédents renouvellements
tend à se stabiliser. Au global, l’offre d’assurance est
assez importante : l'arrivée de nouveaux acteurs, comme
Sompo ou Dual, vient renforcer l'offre actuelle sur le
marché français. Certains assureurs ont de forts objectifs
de développement pour relancer la ligne de business RC
et notamment sur le upper middle market et les grandes
ETI. Dans le même temps, certains acteurs se retirent.
C’est le cas de Volante et la fusion des lignes de business
de MS Amlin et MSIG va conduire à une réduction de leur
capacité globale.
En outre, l’appétit des assureurs est tout de même
hétérogène, en particulier sur le sujet des substances per-
et polyfluoroalkylées (PFAS) qui fait l’objet d’une grande
vigilance et d’ores et déjà d’exclusions.
À noter que la baisse des capacités amorcée depuis 2 à
3 ans sur les expositions américaines tend elle aussi à se
stabiliser.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
Les capacités en responsabilité civile atteinte à
l’environnement (RCAE) sont en baisse. D’autres secteurs
sont également plus tendus. C’est le cas des risques avec
une forte exposition aux US, du secteur agroalimentaire,
automobile, chimie/pharmaceutique, des activités de
cybersécurité, cryptomonnaie, réseaux sociaux. Même
constat pour les comptes sinistrés, et les risques liés aux
PFAS.
Impacts spécifiques liés au contexte
géopolitique
Exclusion territoriale plus ou moins large en fonction des
assureurs. Questionnaire compliance obligatoire afin
d'obtenir des rachats partiels (impossible pour certains
pays). Maintien de l'exclusion Russie Ukraine Biélorussie.
Il est envisageable de limiter l'exclusion Ukraine aux seuls
territoires occupés.
Crainte des risques liés aux réclamations et aux
condamnations aux US, notamment Nuclear Verdicts et
Auto Liability.
Impacts spécifiques évènements climatiques
Vigilance sur la couverture des feux de forêts.
Tendances générales
PRIMESTARIFICATION
Une amorce
de baisse des primes
Globalement, les placements sur les comptes présentant
de bons résultats se font avec une baisse de l'ordre
de 5 à 15 %. En revanche certaines expositions nord-
américaines peuvent encore se négocier à la hausse ou
plutôt avec une baisse d'engagements des assureurs (ce
qui, indirectement, a tendance à tirer les prix à la hausse,
ainsi que la rétention).
En termes de perspectives, il faut toutefois noter que
la réforme de la directive RC produits risque d’avoir un
impact négatif à moyen terme sur la branche RC en raison
de l'élargissement de la notion de produits, de l'extension
des causes de défectuosité et de l'instauration d'une sorte
de « discovery period » à la française avec inversement
de la charge de la preuve. Combinées à la loi du 30 avril
2025 sur les actions de groupe, ces nouvelles dispositions
devraient en toute logique freiner la tendance baissière
du marché.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
Exposition US, certains domaines d'activités :
agroalimentaire, automobile, Energie, Pharma & Chimie et
comptes sinistrés.
FRANCHISES
Stables
À l’instar des précédents renouvellements, les franchises
sont stables cette année.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
Vigilance sur la faute inexcusable. Comptes sinistrés et
niveau de rétention déterminant pour les expositions US,
particulièrement en Auto Liability.
RESPONSABILITÉ CIVILE
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 24
ERSIDA AGO
Présidente de la commission
Responsabilités de l'Amrae
La parole
à
Le marché de l’assurance Responsabilité connait
une abondance de capital avec des rendements
élevés chez les réassureurs, ce qui explique en
partie l’augmentation des capacités fournies
par les assureurs. Nous notons un marché de Responsabilité
enclin aux LTAs et plus à l’écoute du besoin de l’assuré. La
diversification des assureurs permet une compétitivité saine
et nécessaire pour la stabilité du marché. Néanmoins, la
prudence est le mot clé dans cette phase de stabilisation car
l’arrivé de nouveaux risques comme ceux liés à l’IA (risques
peu maitrisés) pourraient avoir un effet négatif à moyen terme.
Une exception est à souligner pour la RC environnement
dont les capacités tendent plutôt à baisser dans les secteurs
miniers et oil & gas, contrairement à la tendance générale
d’augmentation des capacités.
On constate que tous les acteurs du marché (assureurs,
assurés, courtiers) renforcent leur partenariat pour garder des
bons niveaux de couvertures avec un coût du risque maitrisé.
Vous trouverez ci-dessous le détail des enjeux par ligne
d’assurance. Bonne lecture ! »
RESPONSABILITÉ CIVILE
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 25
RC APRÈS LIVRAISON / PRODUITS
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Globalement stables, les capacités sont importantes sur le marché tant en excess
qu’en première ligne de couverture. Certains acteurs, comme Sompo, viennent
renforcer l’offre déjà disponible. En revanche, la fusion des lignes d’activité RC de MS
Amlin et MSIG va impacter à la baisse les capacités disponibles sur le marché. À noter
également le retrait de Volante de ce segment.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
En RC produits, la volatilité des expositions dans les pays du common law génère
une approche prudente des assureurs qui vont - via la coassurance et la réassurance
facultative - diluer leur risque et répartir leur capacité sur plusieurs lignes des
programmes.
Le marché est également plus tendu pour certains domaines d'activités :
Agroalimentaire, Automobile, Energie, Pharmacie & Chimie et pour les affaires
sinistrées.
Impact spécifique lié au contexte géopolitique
Exclusion territoriale plus ou moins large en fonction des assureurs. Questionnaire
compliance obligatoire afin d'obtenir des rachats partiels qui restent impossibles pour
certains pays. Maintien de l'exclusion Russie Ukraine Biélorussie. Il est envisageable de
limiter l'exclusion Ukraine aux seuls territoires occupés.
Crainte des risques liés aux réclamations et aux condamnations aux US, notamment
Nuclear Verdicts.
PRIMES/
TARIFICATION
La forte compétition des assureurs sur ce segment tire les primes à la baisse de 5 à
15 % en moyenne, principalement sur les bons risques avec des long term agrements
(LTA) de 2 ou 3 ans. Les acteurs traditionnels souhaitent conserver leur portefeuille et
les nouveaux entrants souhaitent conquérir des parts de marché. Sur le segment des
grands comptes, ces baisses sont de l’ordre de 10 %.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
Exposition US, Agroalimentaire, Automobile, Energie, Pharma & Chimie et comptes
sinistrés.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Exclusion territoriale plus ou moins large en fonction des assureurs. Questionnaire
compliance obligatoire afin d'obtenir des rachats partiels (impossible pour certains
pays). Maintien de l'exclusion Russie Ukraine Biélorussie. Il est envisageable de limiter
l'exclusion Ukraine aux seuls territoires occupés.
FRANCHISES Les franchises sont stables sur ces renouvellements sauf en cas de sinistres.
RESPONSABILITÉ CIVILE AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 26
RC PROFESSIONNELLE - PROFESSIONS NON RÉGLEMENTÉES
ET HORS BANQUES
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Sur la RC professionnelle, les capacités sont stables par rapport aux précédents
renouvellements. Elles sont cependant plus réduites que sur la RC générale ou en
RC produits car certains acteurs ne souscrivent que cette ligne spécifiquement.
Certains assureurs réduisent leurs engagements, d'autres comme HDI sont de plus
en plus présents sur cette ligne d’activité. Certains nouveaux acteurs, comme DUAL,
souscrivent cette ligne.
À noter la possibilité de souscription de contrats qui combinent RC professionnelle
et cyber particulièrement sur le segment des ETI et pour les entreprises de la Tech.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
De la même manière que l’an passé, les secteurs de la cryptomonnaie, de la
cybersécurité et des réseaux sociaux restent difficiles à assurer. C’est le cas également
pour les entreprises ayant des expositions nord-américaines, du secteur médical, ainsi
que pour les entreprises exposées au risque de propriété intellectuelle.
Les entreprises ayant enregistré des sinistres sont elles aussi difficile à placer.
PRIMES/
TARIFICATION
Sur la RC professionnelle, les primes suivent la même tendance que sur la RC générale.
Une amorce de baisse est constatée, mais plus faible, de l’ordre de 5 à 7 %, pour ces
renouvellements. Ces baisses sont moins fortes que sur la RC produits et sont liées à
la compétition entre les assureurs présents sur ce segment de marché.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
Vigilance sur les expositions : cyber liability (exposition systémique). Cryptomonnaie /
Cybersécurité et Réseaux sociaux restent des activités très difficiles à placer.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Clauses sanctions et clases d'exclusion territoriales standard.
FRANCHISES
Pas de changement cette année sur les franchises qui, comme sur la RC générale,
sont restées stables.
PROFESSIONNELLE - BANQUES
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Légère hausse de la capacité disponible sur ce segment de marché. Au global, il y a un
assouplissement des conditions d'intervention et de nouveaux acteurs entrants mais
des montants de capacité accordés qui restent réduits.
PRIMES/
TARIFICATION
Dans la continuité des renouvellements de l’année dernière, les primes sont à la baisse,
en moyenne de l’ordre de 15 % sur les premières lignes. Elles peuvent même être plus
élevées sur les lignes d’excess en fonction de la compétition sur le segment. Au global,
elles oscillent entre 5 et 30 % avec une part de mise en concurrence.
FRANCHISES
Au niveau des franchises, il n’y a pas de rupture de tendance par rapport à l’année
dernière. Elles sont globalement stables. Les franchises de comptes non sinistrés sont
négociables à la baisse (pouvant aller jusqu'à 50 %) ; permettant aux assureurs d'avoir
une alternative à une baisse de prime.
RESPONSABILITÉ CIVILE AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 27
RC PROFESSIONNELLE - PROFESSIONS RÉGLEMENTÉES
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Pas de changement par rapport au précédent renouvellement. Les capacités se
maintiennent mais restent basses. Les réductions de capacité liées au recul de
certains acteurs (ex. : MMA, QBE sur la première ligne) sont compensées par des
nouveaux entrants notamment sur les lignes en excess. Globalement on note le retrait
de certains assureurs sur les professions du droit.
PRIMES/
TARIFICATION
Le faible nombre d’acteurs sur ce segment de marché ne crée pas de concurrence
suffisante pour favoriser des conditions tarifaires avantageuses. Les primes sont
donc encore à la hausse de 10 à 15 %. Certaines hausses peuvent même dépasser
les 50 % sur les professions du droit et du chiffre. Ce secteur peut générer de fortes
évaluations de sinistre. En parallèle, MMA poursuit sa politique de redressement.
À noter toutefois que les primes devraient rester stables pour les affaires non sinistrées.
FRANCHISES
Stabilité sur les niveaux de franchises. Pas de changement à prévoir pour le prochain
renouvellement.
RC AVIATION/PRODUITS AÉRONAUTIQUES ET SPATIAUX
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Marché qui bénéficie de bonnes capacités et d’une concurrence accrue. À noter
deux nouveaux entrants (Chubb, Everest). Les capacités sont en hausse pour les
dossiers non sinistrés depuis le 1
er
janvier 2025. Il est également de nouveau possible
de négocier des contrats de durée (LTA 24 mois).
Secteurs ne suivant pas ces tendances
La capacité est en diminution pour la couverture des ateliers de maintenance
(notamment hélicoptères) et pour la RC professionnelle aéronautique (prestataires).
Les comptes sinistrés sont également plus difficiles à placer et le segment des risques
de guerre reste tendu, avec des engagements qui restent limités.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Exclusion systématique Russie Ukraine Biélorussie en corps et RC aviation. Selon la
situation géopolitique, existence d’exclusions Israël et Liban à brève échéance.
PRIMES/
TARIFICATION
Marché stable, voire légèrement à la baisse du fait d'une compétitivité accrue sur le
marché, tendance accentuée par l'arrivée de nouveaux entrants. À périmètre identique
et hors sinistres, les baisses se situent - 5 et - 10 %. En outre, des améliorations de
garanties peuvent être négociées.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
La tarification est en hausse pour les prestataires aéroportuaires et les risques liés
à la défense. Prudence également sur l'évolution des primes notamment pour les
extensions guerre.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Selon la situation géopolitique, des surprimes potentielles sont appliquées pour les
vols vers Israël et le Liban.
FRANCHISES Pas de changement par rapport au précédent renouvellement.
RESPONSABILITÉ CIVILE
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 28
RC PRESTATAIRE SUR SITE NUCLÉAIRE
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Sur le marché de la RC des prestataires sur site nucléaire, les capacités sont en
augmentation. Il y a un regain d'intérêt des assureurs sur ce risque même si la capacité
reste limitée (sur la rétention propre des assureurs). Le marché est majoritairement
porté par Assuratome.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Certains assureurs présents sur le segment (comme MSIG) ne souscrivent pas de RC
Prestataire nucléaire pour les activités d'ingénierie.
PRIMES/
TARIFICATION
Sur la RC prestataire sur site nucléaire, la tarification dépend des critères de criticité
de l’activité au sein du process nucléaire, du chiffre d’affaires global réalisé dans le
nucléaire et du chiffre d’affaires réalisé aux US dans le nucléaire. Pour 2025, pas de
changement majeur dans la tendance des primes mais l’arrivée en France de nouveaux
acteurs courtiers entièrement dédiés aux industriels du secteur nucléaire devrait avoir
un impact positif sur la tarification des couvertures proposées à la Supply Chain
Nucléaire.
FRANCHISES Les franchises sont restées stables.
RC EXPLOITANT SITE NUCLÉAIRE
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Capacité identique. Le secteur est couvert quasi exclusivement par Assuratome et
régit par la convention de Paris. AXA XL est le fronteur quasi exclusif d'Assuratome
avec une alternative fournie par la mutuelle ELINI.
PRIMES/
TARIFICATION
Sans changement
FRANCHISES Sans changement
RESPONSABILITÉ CIVILE AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 29
RC ENVIRONNEMENTALE ET ATTEINTES À LA BIODIVERSITÉ
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Sur le marché traditionnel des risques opérationnels (en cours d'exploitation ou de
travaux), les acteurs historiques du marché Français conservent leurs capacités.
L'arrivée récente de nouveaux acteurs, avec des capacités en propre, tels que
Beazley et HDI, entraine une augmentation de la capacité disponible sur le marché.
Ces offres renforcent les polices proposées par Assurpol. Sur le marché du passif
environnemental, la tendance est également à l'augmentation de la capacité disponible
avec un regain d'appétit de certains acteurs.
Au global, les capacités sont donc importantes sauf pour quelques secteurs d’activité
particulièrement exposés. Ainsi, les risques avec exposition US importante, ou les
activités minières par exemple, peuvent faire l'objet d'une limitation de capacité.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les secteurs jugés sensibles ne bénéficient pas nécessairement de l’appétit des
assureurs qui se montrent très sélectif, notamment le secteur des hydrocarbures
(raffineries, dépôts, stations-services), des activités minières et des déchets. Il en est
de même pour les comptes sinistrés.
Impact spécifique lié au contexte géopolitique
Exclusion territoriale plus ou moins large en fonction des assureurs avec un maintien
de l'exclusion Russie Ukraine Biélorussie.
Impact spécifique évènements naturels
Le dérèglement climatique impacte déjà la sinistralité (pollution suite à évènements
climatiques intenses par exemple). La hausse de la sinistralité pourrait impacter les
conditions tarifaires à moyen/long terme. Vigilance toujours forte sur les feux de
forêts.
PRIMES/
TARIFICATION
La dynamique tarifaire est portée par la compétition avec les acteurs récemment
entrés sur la ligne qui concurrencent les positions des acteurs historiques (Assurpol,
AIG, Chubb, AXA XL…). Les primes sont plutôt à la baisse même si les réductions de
primes ralentissent.
Sur le marché traditionnel des risques opérationnels (en cours d'exploitation ou de
travaux), la tendance est au maintien de la tarification sur les premières lignes des
programmes. Les lignes d'excess peuvent faire l'objet de baisses de primes ponctuelles.
Sur le marché du passif environnemental, les taux pratiqués sont à la baisse sur les
dossiers disposant de solides éléments d'appréciation des risques. Les dossiers les
plus complexes, ou offrant une moindre visibilité sur le risque, voient les taux se
maintenir. Les garanties « PFAS » deviennent très difficilement accessibles sur ce
marché.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
Les dossiers sinistrés et les secteurs sensibles : hydrocarbures (raffineries, dépôts,
stations-services), activités minières et de gestion des déchets font toujours l'objet
d'une attention particulière des assureurs avec de possibles majorations ciblées tout
comme les comptes sinistrés. Les PME et ETI peuvent faire l'objet d'une tarification
agressive, notamment en cas de première souscription d'une police Risques
environnementaux.
Impacts spécifiques lié au contexte géopolitique
Exclusion territoriale plus ou moins large en fonction des assureurs avec un maintien
de l'exclusion Russie Ukraine Biélorussie.
Impacts spécifiques évènements naturels
Vigilance sur la couverture des feux de forêts et sur un sinistre pouvant découler
d’une catastrophe naturelle (périls secondaires).
FRANCHISES
Les franchises sont stables sauf pour certains secteurs comme l’Oil & Gas mais aussi
pour les comptes sinistrés et les PME où elles sont en légère hausse.
RISQUE CYBER AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 30
RISQUE CYBER
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 30AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 30
RISQUE CYBER AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 31
CAPACITÉS
Arrivée de nouveaux
entrants
Les capacités offertes sur le marché du risque cyber
poursuivent leur progression en 2025. Là où le standard
se situait autour de 10 M€ par assureur en 2024, il dépasse
désormais ce seuil et plusieurs acteurs proposent jusqu’à
15 M€ sur certains programmes jugés stratégiques ou
présentant un bon niveau de maturité cyber, voire plus
parfois.
Globalement, la capacité totale disponible est en hausse,
portée à la fois par les assureurs traditionnels qui
déploient plus systématiquement leur capacité maximale
et par l’arrivée de nouveaux entrants, attirés notamment
par le segment des PME et ETI.
Pour les risques bien maîtrisés, les conditions d’intervention
s’assouplissent, mais les assureurs conservent une
approche sélective : les hausses de capacités au-delà de
10 M€ (jusqu’à 15 M€ en moyenne) restent rares.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Si la dynamique globale du marché est positive, certains
secteurs continuent néanmoins de susciter une prudence
particulière de la part des assureurs.
Le secteur public, les établissements hospitaliers, les
collectivités territoriales ainsi que le domaine médical
font l’objet de conditions d’accès plus strictes, avec
des exigences renforcées en matière de dispositifs
de cybersécurité. De même, les entreprises liées aux
cryptomonnaies ou à la logistique rencontrent encore
des réticences du marché, du fait d’une exposition
jugée plus élevée et de questionnements persistants sur
leur profil de risque. Les comptes avec forte exposition
(États-Unis ou Royaume-Uni) font également l’objet d’une
attention particulière des assureurs du fait des tendances
observées localement. Enfin, les sociétés ne présentant
pas un niveau de cyber-résilience suffisant se voient
restreindre l’accès aux garanties, voire peuvent essuyer
un refus de souscription.
Impacts spécifiques liés au contexte
géopolitique
Le contexte géopolitique exerce toujours une influence
déterminante sur la rédaction des contrats cyber. Les
clauses sanctions et les exclusions territoriales concernant
notamment la Russie, la Biélorussie et les territoires
occupés en Ukraine se sont désormais généralisées et
constituent un standard de marché. De la même manière,
les clauses relatives à la guerre ou aux cyber-opérations
tendent à s’harmoniser, même si leur interprétation
demeure variable selon les assureurs, laissant place à des
discussions au cas par cas lors de la souscription.
Enfin, la multiplication des attaques visant les infrastructures
critiques, la supply chain et les intermédiaires accroît
la vigilance des assureurs sur certaines activités jugées
particulièrement exposées.
Impacts spécifiques évènements
climatiques
Sur le cyber comme pour une grande partie des lignes
d’assurances, certains assureurs intègrent désormais des
critères RSE dans leur politique de souscription, refusant
de couvrir des comptes jugés non compatibles avec leurs
engagements extra-financiers.
PRIMESTARIFICATION
Les baisses
se confirment
Le mouvement d’assouplissement se prolonge en 2025.
Cette année encore, le marché reste très concurrentiel,
entraînant des baisses de primes sur la majorité des
renouvellements. Sur les meilleurs risques (cyber-
résilience élevée, sinistralité maîtrisée), les ajustements
peuvent atteindre - 20 à - 40 %. À l’inverse, les comptes
sinistrés ou présentant des faiblesses de contrôle
demeurent stables ou en légère hausse.
Cette tendance est portée par une compétition active
entre assureurs, y compris sur les grands risques, dans un
contexte où la sinistralité progresse de façon modérée.
Elle s’accompagne toutefois d’une forte dispersion
tarifaire d’un acteur à l’autre, rendant la lecture du marché
parfois peu linéaire.
Tendances générales
RISQUE CYBER
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 32
FRANCHISES
Stables
Le mouvement de baisse des franchises a démarré plus
tardivement que celui des primes, mais il est désormais
bien établi. Pour autant, les niveaux ne reviennent pas à
ceux d’avant la période de marché dur de 2020–2022.
Sur les renouvellements, les franchises restent globalement
stables, avec des ajustements à la baisse au cas par cas
lorsque la qualité du risque et les résultats techniques le
permettent. Les nouvelles études présentent en moyenne
des niveaux de franchise plus bas que l’an dernier, et
l’on observe, depuis quelques mois, des réductions
significatives y compris pour certains grands groupes.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
La dynamique baissière bénéficie moins aux secteurs
public et hospitalier, aux collectivités territoriales et
au secteur médical, où les assureurs maintiennent des
exigences élevées et des conditions d’accès plus strictes.
De même, les entreprises jugées insuffisamment matures
en cybersécurité, ainsi que les comptes sinistrés, ne
profitent pas des tendances générales (primes maintenues
ou relevées).
Impact spécifique lié au contexte
géopolitique
La clause « Guerre/cyber-opérations » et les clauses de
sanctions ainsi que les exclusions territoriales (notamment
en Russie, en Biélorussie, en territoires occupés en
Ukraine) sont désormais standard sur le marché. Leur
présence n’entraîne pas, à elle seule, un renchérissement
systématique, mais peut influencer la discussion sur
l’étendue des garanties et les sous-limites associées.
PHILIPPE COTELLE
Président de la commission
Cyber de l’Amrae
La parole
à
La tendance baissière sur le marché se confirme
et les informations techniques à fournir aux
assureurs s'assouplissent, signe de la montée
en maturité de ce marché. Néanmoins avec une
stabilisation des conditions de renouvellement aux Etats-
Unis et également des entreprises majeures qui ont subi des
cyberattaques importantes au Royaume-Uni, il est possible
que la tendance actuelle en France ne perdure pas dans les
années qui viennent. Il y a certainement des opportunités à
saisir cette année pour les entreprises, notamment les ETI,
PME qui sont encore peu assurées contre le risque cyber. »
LIGNES FINANCI?RES AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 33
LIGNES
FINANCIÈRES
(RCMS/FRAUDE/
EPL
*
/PTL
**
)
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 33
* EPL : Employment Practices Liability
** PTL : Pension Trustee Liability
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 33
LIGNES FINANCIÈRES
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 34
RESPONSABILITÉ CIVILE DES MANDATAIRES SOCIAUX
(RCMS)
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
La capacité sur le marché RCMS est abondante sans changement significatif cette
année. Elle est autour de 500 M€ pour le marché avec une moyenne de 15 M€ par
acteur voire 20/25 M€ pour AGCS et Chubb sur certains comptes. La capacité est
légèrement en hausse sur les risques perçus comme bien maîtrisés. La capacité du
marché de Londres s'ajoute en partie à la capacité du marché européen.
La RCMS (D&O) entre dans une nouvelle phase : celle du discernement et de la
technicité.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les assureurs sont attentifs à la santé financière de leurs clients et peuvent réduire
leurs capacités, ou introduire des sous-limites sur certains postes (frais en cas de
difficultés financières ou réclamations boursières par exemple), si cette analyse n'est
pas satisfaisante. Ils se montrent réticents pour les activités comme le retail hors
alimentaire et d’autres activités subissent de nombreux interdits de souscription (Oil
& Gas, armement, jeux).
Ne suivent pas non plus la tendance les assurés avec une présence dans des pays
sensibles aux réclamations et frais de défense (Italie, USA, …).
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Exclusion territoriale Russie / Biélorussie depuis le début du conflit si exposition dans
ces juridictions et tendance à la mise en place de polices locales notamment USA,
Brésil, …
PRIMES/
TARIFICATION
La tendance baissière se poursuit. Elle est davantage marquée pour les lignes excess
mais observée aussi pour les premières lignes. Elles se situe entre 5 et 20 %. Les
baisses les plus importantes s'appliquent dans le cadre d'un changement d'assureur.
Le marché étant encore compétitif, les assureurs sont en position de recherche
de croissance et de défense des portefeuilles. Les long terms agrements sont très
courants. À noter une sinistralité modérée sur le périmètre France qui contribue à ces
conditions tarifaires favorables.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les activités comme le retail hors alimentaire et d’autres activités subissent de
nombreux interdits de souscription (Oil & Gas, armement, jeux).
Les comptes sinistrés, ou avec exposition boursière aux Etats-unis.
Enfin, la capacité est légèrement plus faible pour les institutions financières.
FRANCHISES
Sur ces renouvellements, des aménagements de franchises à la baisse ont pu être
négociés notamment pour minimiser les baisses de primes. Plus spécifiquement, et en
dehors des US, des réductions de franchises des polices side B, voire des suppressions
ont été appliquées lorsque la société indemnise directement ses dirigeants. Un levier
important, notamment lors de la gestion d’un sinistre.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Clients présentant un profil de risque RCMS sensible (sociétés cotées en bourse aux
USA, situation financière délicate, etc.) et franchises side C aux USA.
LIGNES FINANCIÈRES
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 35
FRAUDE ET MALVEILLANCE
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Les capacités disponibles sur le marché de l’assurance Fraude sont toujours
restreintes. Au global, la capacité disponible est estimée à 140 M€. En première ligne
de couverture, seuls deux acteurs (Liberty et Chubb) souscrivent avec des capacités
significatives (de 10 M€ à 20 M€ selon le risque et les conditions) sans sous limite sur
la fraude par ingénierie sociale. AGCS peut également souscrire en première ligne
mais avec une sous limite de 5 M€ sur la fraude par ingénierie sociale. Sur les lignes
en excess, les capacités oscillent entre 5 M€ et 10 M€ et les assureurs se dirigent
principalement vers ces lignes-là.
Peu d'assureurs garantissent la fraude seule. Le risque est souvent accepté en
accompagnement d'un contrat RCMS ou cyber.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Entreprises présentant un profil de risque sensible (défaut de moyens de contrôle, de
procédures internes, etc.). Il en est de même pour les comptes sinistrés. Les assureurs
sont également vigilants sur les process internes de virements ou modifications de
RIB clients.
Impact spécifique lié au contexte géopolitique
Clause sanction marché et possibles restrictions géographiques sur les régions jugées
sensibles.
PRIMES/
TARIFICATION
Sur le segment Fraude et malveillance, les primes sont globalement stables ou en
baisse modérée. Il y a un léger regain de compétition sous l'impulsion de quelques
assureurs. À noter que la stabilité des tarifs est conditionnée à la sinistralité et à la
qualité du risque.
FRANCHISES
Pour ces renouvellements, on constate une relative stabilité des franchises avec des
baisses au cas par cas. En termes de perspective, aucune réelle baisse n’est envisagée
à terme en raison d’une sinistralité récurrente.
LIGNES FINANCI?RES AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 36
PENSION TRUSTEE LIABILITY (PTL)/
RESPONSABILITÉ FIDUCIAIRE
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Pas de changement en termes de capacités. Le marché est toujours restreint avec
une capacité globale estimée à 140 M€. Le marché est très sensible à la sinistralité
US. Les souscriptions nécessitent des informations détaillées sur la liste des fonds, les
comptes et valorisation de chaque fonds.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les souscriptions sont plus difficiles en cas d’exposition US.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Exclusion territoriale Russie / Biélorussie depuis le début du conflit en cas d’exposition
dans ces juridictions.
PRIMES/
TARIFICATION
Les conditions tarifaires sont stables compte tenu de l’appétit modéré des assureurs.
En outre, le portefeuille global des garanties PLT étant limité, la mutualisation est
faible, ce qui impacte la tarification.
À noter, la possibilité de faire des contrats de durée / long term agrements de 2 ou
3 ans .
FRANCHISES
Les franchises sont restées stables sauf pour les expositions US avec les class actions
relatives aux « excessives fees ».
EMPLOYMENT PRACTICES LIABILITY (EPL)/
RAPPORTS SOCIAUX
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Sur le segment des réclamations liées à l’emploi et aux rapports sociaux (EPL), il
n’y a pas de changement notable cette année. Le marché reste restreint en termes
de capacité, notamment en France, avec également peu d’assureurs en mesure de
déployer un programme international avec des polices locales intégrées. Au global,
la capacité disponible est toujours estimée à 150 M€ avec, en moyenne, des acteurs
pouvant souscrire jusqu’à 15 M€ en première ligne en fonction de l’activité et de
l’exposition.
La majorité des assureurs conditionnent la souscription de garantie EPL/Rapports
sociaux à la souscription de la RCMS.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les entreprises présentant un profil de risque élevé du fait d’une forte exposition aux US.
PRIMES/
TARIFICATION
Les primes sont restées stables sur ces renouvellements hormis des réajustements
sur certains comptes historiquement trop chers. Les assureurs ont toujours un appétit
modéré sur ce risque spécifique et conditionnent les tarifs à la sinistralité et à l’évolution
du risque. Sont regardés les critères de l’augmentation des effectifs en général et en
particulier sur les US et dans certains États où les litiges EPL sont plus fréquents.
À noter que des long term agrements sont possibles.
En termes de perspectives, aucune baisse n’est envisagée à terme.
FRANCHISES Les franchises sont stables sauf pour les comptes présentant une forte exposition US.
LIGNES FINANCIÈRES
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 37
KIDNAP & RANSOM (K&R) /
RISQUES SPÉCIAUX
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Le marché des garanties K&R se caractérise par un nombre limité d’assureurs
proposant des souscriptions. Toutefois, malgré le contexte géopolitique tendu, les
capacités sont restées stables et peuvent aller jusqu’à 25 M€ par assureur pour un
assuré. À noter que de nouvelles restrictions apparaissent sur certaines zones : Haïti,
Bande de Gaza, Israël.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Si les renouvellements sont stables, il faut noter des exceptions en cas d’évolution
importante de la situation de l’assuré (volume/répartition des effectifs et
déplacements). Les conditions de souscription sont également plus restrictives pour
les entreprises ayant des activités dans des zones géographiques exposées au risque
K&R.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Exclusion Russie / Biélorussie / Ukraine selon l'exposition et l'assureur avec rachat
possible des frais de consultant ou de l'exclusion pour les expatriés, selon l'assureur.
Questions compliance très détaillées : exposition aux pays sous sanctions.
PRIMES/
TARIFICATION
Les primes sont globalement stables avec des baisses modérées en cas de long term
agrements sur 2 ou 3 ans et en l'absence de sinistres. La tarification est établie sur
les critères suivants : la fréquence d'exposition au risque, les zones géographiques
concernées, les moyens de protection mis en place ainsi que le montant du capital
choisi pour la rançon.
FRANCHISES SO SO Généralement pas de franchise.
RISQUE « CAPITAL HUMAIN » AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 38
« CAPITAL HUMAIN »
ET RISQUES
ASSOCIÉS
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 38AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 38
RISQUE « CAPITAL HUMAIN »
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 39
2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Malgré le contexte géopolitique international, le marché reste assez stable en
termes de capacités. Les entreprises s'adaptent pour exclure naturellement les
territoires pouvant représenter un risque accru. En parallèle, le télétravail ne semble
pas représenter une aggravation de risque, même si le marché se cherche encore
pour définir des standards. Ce sujet reste encore principalement couvert par des
négociations de wording client par client. Les déplacements professionnels continuent
à progresser.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les secteurs du journalisme et des organisations non gouvernementales font toujours
l’objet de restrictions pour les souscriptions.
Apparition des prémices d’un retour en Ukraine en anticipation d'une issue au conflit
russo-ukrainien.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Au-delà des exclusions sur les zones de conflit en cours, les assureurs sont de plus en
plus réactifs pour la mise à jour de leurs conditions via la refonte de leurs conditions
générales sur leurs contrats en portefeuille.
Ajout des pays suivants dans la liste des exclusions : Liban, Cisjordanie, Bande de
Gaza, Israël et Ukraine. À noter que ces exclusions peuvent être rachetées.
PRIMES/
TARIFICATION
Globalement, et malgré une hausse du coût des prestations d'assistance (inflation
et complexité), l'établissement de nouveaux acteurs (ex. : Zurich, Sompo, Everest)
et la volonté de développement des acteurs historiques, animent une concurrence
permettant une stabilité des tarifs.
Les primes peuvent augmenter en fonction des pays de déplacement, certains étant
concernés par de fortes inflations médicales : USA, Chine, Singapour... L'inflation
générale est aussi importante augmentant ainsi les coûts de rapatriements, de
logements, ce qui a aussi un impact sur la sinistralité.
Les rachats d'exclusion sur l'Ukraine et le Proche-Orient restent en hausse avec des
taux variables en fonction des conflits et accords des réassureurs.
FRANCHISES Pas de changement notable.
MISSIONS PROFESSIONNELLES
(ASSISTANCE BTA*)
*BTA : Business Travel Assistance
ALAIN RONOT
Président de la commission
Capital Humain et risques
associés de l'Amrae
La parole
à
« Dans un contexte géopolitique instable, les hausses se
poursuivent cette année en matière de frais de santé en
France et à l’étranger. Les entreprises cherchent à rendre
pérenne leurs régimes de santé et doivent développer des
politiques de prévention actives. En parallèle, le bien-être
des collaborateurs à travers le monde reste une priorité.
Le marché prévoyance se tend en France, notamment en
arrêts de travail qui touchent dorénavant les jeunes et
les cadres. Les primes hors de France ont tendance à se
stabiliser, à l’exception de certains pays telles que la Chine
et l’Inde.
Les assurances de personnes continuent à être un élément
clé en matière de politique ESG des entreprises à travers
le monde. »
RISQUE « CAPITAL HUMAIN » AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 40
2024FRANCE 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Les capacités se maintiennent sur le segment des frais de santé. Cela est rendu
possible par les redressements qui ont eu lieu les années passées et qui ont permis
aux assureurs d’améliorer leurs résultats techniques. À noter un intérêt plus important
pour le segment de PME et ETI.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
L’incertitude liée à l'instabilité politique en France rend peu lisibles les réformes qui
seront ou non envisagées par le gouvernement.
PRIMES/
TARIFICATION
Les hausses se poursuivent cette année, de l’ordre de 5 à 10 %. Les dépenses de santé
continuent d’augmenter de façon significative en France, sous l’effet, d'une part, de
l'état de santé dégradé des Français et peu enclins à la prévention, et d'autre part,
du transfert soutenu des dépenses du régime obligatoire vers les complémentaires
santé. À noter toutefois que si de nombreux portefeuilles étaient en redressement ces
dernières années chez les organismes assureurs, il est possible d’anticiper davantage
de marges de négociation.
En termes de perspectives, le marché se tend en santé, et la recherche d’équilibre est
devenue générale avec une projection de dérives futures et donc de souscription à
venir en 2026 en anticipant ces dérives.
FRANCHISES SO SO Sans objet (contrat responsable).
HORS FRANCE 2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Hors de France, la capacité des assureurs est stable et sans limitation de somme.
La digitalisation des services santé atteint une maturité importante. Les offres
internationales incluent désormais systématiquement :
• Accès à des consultations à distance (24/7)
• Plateformes de suivi des dossiers de remboursement
• Interfaces multilingues et unifiées
• Outils d’IA pour guider les employés vers des prestataires de qualité au meilleur
coût.
Ces outils facilitent l’accès aux soins, réduisent les délais, et participent à l’optimisation
financière des plans de santé.
En conclusion, les entreprises cherchent un nouvel équilibre entre durabilité financière
des régimes de santé et soutien actif au bien-être des collaborateurs à l’international.
La maîtrise des coûts reste centrale, mais elle passe désormais par une stratégie à
360°, intégrant prévention, personnalisation, transparence et technologie. La qualité
perçue des service santé devient aussi un critère d’attractivité employeur dans la
compétition mondiale des talents.
PRIMES/
TARIFICATION
Cette année encore, les primes sont à la hausse (10 % en moyenne), liées aux dérives
importantes de la consommation médicale en 2025 et 2026 (entre 4 et 8 %).
Les primes peuvent également augmenter en fonction des pays concernés par de fortes
inflations médicales : USA, Chine, Singapour, Amérique Latine et Moyen-Orient/Afrique.
Plusieurs garanties additionnelles sont possibles : bien-être et prévention, et mise en
place dans un nombre important de pays de politiques de Flex Benefits : un budget
at t r i bu é + u n me n u d ’o pt i o ns = u ne cou ve r t u re pe rso n n a l isée. Pa r m i l es o pt i o ns , o n peu t
relever : surcomplémentaire santé ou prévoyance, jours de congés supplémentaires,
chèques-cadeaux ou mobilité durable, plan d’épargne entreprise ou retraite.
Impacts spécifiques liés au contexte géopolitique
Ajout des pays suivants à la liste des exclusions : Liban, Cisjordanie, Bande de Gaza,
Israël et Ukraine. Ces exclusions peuvent être rachetées.
FRANCHISES Pas de changement.
FRAIS DE SANTÉ
RISQUE « CAPITAL HUMAIN »
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 41
2024FRANCE 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
La capacité des assureurs est stable. Le marché prévoyance se tend notamment en
arrêt de travail avec l'inflation de l'absentéisme. D’importants redressements sont à
anticiper sur ce risque. Les tendances sont mauvaises en prévoyance : détérioration
du risque arrêt de travail, plus d’arrêts, plus longs et qui touchent maintenant les
jeunes et les cadres. Réforme des retraites qui va avoir un impact sur la démographie
des entreprises, et sur l’engagement des seniors.
À noter, la volonté des assureurs de se développer sur le segment des PME et ETI.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les acteurs pouvant prendre le risque "journalistes" en Individuelle Accidents (Article
39) restent peu nombreux.
PRIMES/
TARIFICATION
Les primes prévoyance en France poursuivent leur hausse de l’ordre de 3 à 5 % (hors
cas de redressement spécifique). Ce qui maintient cette tendance haussière c’est en
grande partie la hausse des arrêts de travail et le transfert de certaines indemnités de
Sécurité sociale vers les organismes complémentaires. En particulier, l'indemnisation
maximum de la Sécurité sociale dans le cadre des arrêts de travail a baissé, ce qui
génère un transfert de charge dont l'impact moyen est de 4 % en année pleine sur les
ratios de sinistralités prévoyance.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les tarifs sont plus élevés pour la prévoyance des journalistes.
FRANCHISES
Pas de changement cette année ; les assureurs ne veulent plus couvrir des
franchises courtes (< à 30 jours). Les dispositifs « Arrêt de travail » à franchises
courtes sont de plus en plus difficiles à placer (ce qui est le cas de certains régimes
conventionnels obligatoires).
HORS FRANCE 2024 2025 COMMENTAIRES
CAPACITÉS
ASSUREURS
Sur la prévoyance hors France, la tendance est la même que l’année dernière en
termes de capacité. La sinistralité pour la prévoyance des expatriés ou des salariés
locaux étant généralement faible, les assureurs proposent des capacités y compris
pour les programmes internationaux.
PRIMES/
TARIFICATION
Par rapport à 2024, les primes ont tendance à se stabiliser sur le segment de la
prévoyance hors de France. À noter toutefois que certains pays sont encore source
de hausse de la tarification. C’est le cas notamment de la Chine et de l’Inde.
FRANCHISES Pas de changement. Les franchises restent stables.
PRÉVOYANCE
RISQUE CRÉDIT AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 42
RISQUE CRÉDIT
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 42AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 42
RISQUE CRÉDIT
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 43
CAPACITÉS
Légère baisse
des capacités
Le marché de l’assurance-crédit apparait contrasté en
2025. Les assureurs pratiquent des réductions ciblées
sur les acheteurs les plus fragilisés par l’endettement,
la pression fiscale ou le renchérissement des matières
premières. À cela s’ajoutent des tensions croissantes sur
certains grands débiteurs, dont la profitabilité est affectée
par le contexte économique national (croissance atone
en Europe) et les tensions géopolitiques internationales
(politique commerciale américaine). Cette évolution,
conjuguée à la hausse de la sinistralité, entraîne une baisse
globale des taux d’acceptation, malgré une demande
soutenue des assurés. Traditionnellement, le retail, la
construction, l'automobile ont été particulièrement
touchés, aujourd'hui cependant tous les secteurs sont
impactés sauf peut-être la défense, la chimie, les matières
premières.
Toutefois, la situation n’est pas uniforme : si certains
acteurs perçoivent une contraction, d’autres n’observent
pas de tension particulière, et à la marge, quelques
assureurs affichent même une augmentation ponctuelle
de leurs capacités. Au premier trimestre 2025, des
prémisses de hausse des capacités ont été observées.
Parallèlement, la montée des demandes de Top-Up
(demande de couverture complémentaire formulée par
l’assuré) illustre la volonté des entreprises de maximiser
leur transfert de risque, notamment lorsqu’un financement
est en jeu.
Impact spécifique lié au contexte
géopolitique
Beaucoup plus de restrictions sur des pays plus délicats
liés au contexte géopolitique (ex : Israël, Ukraine, Russie).
FRANCHISES
Peu de franchises
L’usage des franchises reste très limité en assurance-
crédit. Elles sont rarement appliquées dans les polices
classiques, malgré la hausse de la sinistralité. Leur emploi
se concentre essentiellement sur les contrats Excess of
Loss (XoL), en développement en France, mais encore
minoritaires. En dehors de ce type de montage, les
franchises sont peu utilisées et ne réapparaissent qu’en
période de crise (comme lors du Covid).
Les quotités garanties demeurent globalement stables
en 2025, autour de 90 %, avec la possibilité de monter
jusqu’à 95 % dans le cadre de contrats en délégation ou
en coassurance bancaire.
PRIMESTARIFICATION
Baisse modérée
En 2025, les taux de prime reculent timidement. Cette
baisse modérée s’explique par une concurrence entre
assureurs malgré un environnement économique dégradé.
Sur les nouveaux contrats, plusieurs acteurs mènent une
guerre des prix pour gagner de nouvelles parts de marché,
y compris parfois sur des comptes sinistrés. À l’inverse,
sur les portefeuilles en cours, la politique est plus
disciplinée : maintien voire hausse des primes lorsque la
sinistralité se dégrade. En parallèle, les polices déficitaires
ne bénéficient d’aucun effort tarifaire.
Globalement, le rapport sinistres/prime des assureurs
demeure contenu malgré la hausse des défaillances. Le
manque de dynamisme économique pèse toutefois sur
la masse de primes, incitant les acteurs à compresser
leurs marges pour sécuriser leur portefeuille de clients et
préserver leurs parts de marché. À noter : si la tendance
actuelle ne montre pas de poussée haussière, un
changement de régime ne peut être exclu d’ici fin 2025 en
cas d’aggravation durable de la sinistralité.
Secteurs ne suivant pas ces tendances
Cependant, des hausses de primes peuvent subsister sur
les secteurs les plus exposés (ex. construction), tandis
que le reste du marché bénéficie plutôt de la détente.
Tendances générales
FUSIONS & ACQUISITIONS/GARANTIES TRANSACTIONNELLES AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 44
FUSIONS
& ACQUISITIONS
(M&A)/GARANTIES
TRANSACTION -
NELLES
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 44
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 44
FUSIONS & ACQUISITIONS/GARANTIES TRANSACTIONNELLES
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 45
CAPACITÉS
Renforcement des
capacités
Le marché français de l’assurance garantie de passif
demeure dynamique, avec 28 assureurs actifs.
Les capacités globales continuent de se renforcer
progressivement, portées par la présence accrue de
plusieurs acteurs et l’arrivée attendue, d’ici fin 2025, d’un
nouvel assureur de premier plan. Malgré une sinistralité en
hausse et un contexte économique et politique incertain,
les conditions de marché restent bonnes, offrant des
capacités intéressantes et un éventail croissant d’options
d’extension permettant aux assureurs de se différencier.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
En revanche, l’appétit des assureurs reste plus limité pour
certains secteurs jugés sensibles, tels que la défense, la
pharmacie lourde, ou perçus comme moins compétitifs,
comme les activités minières.
FRANCHISES
Retour à des
franchises stables
Après deux années de forte érosion, les franchises se
sont désormais stabilisées à des niveaux historiquement
bas. Dans certains dossiers, notamment en immobilier,
elles peuvent même être supprimées, tandis que dans la
majorité des cas, elles se limitent à des seuils très réduits.
Ces seuils, une fois atteints, peuvent même s’effacer pour
permettre une indemnisation intégrale du préjudice subi.
Depuis 2023, les franchises ont été divisées par deux,
traduisant une tendance structurelle à la réduction. Le
marché s’oriente ainsi vers des conditions particulièrement
favorables aux assurés, avec une norme désormais
marquée par la quasi-absence de rétention financière.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les acquisitions réalisées aux États-Unis échappent à
cette tendance, les assureurs y appliquant encore des
franchises en moyenne plus élevées que sur le marché
européen. Une franchise spécifique continue par ailleurs
de s’appliquer aux opérations réalisées dans les pays dits
« à risque », où les assureurs maintiennent un niveau de
rétention plus élevé.
PRIMESTARIFICATION
Début de stabilisation
Après deux années marquées par une forte érosion des
tarifs (- 20 à - 30 % depuis 2023), le marché de l’assurance
M&A connaît, en 2025, une phase de stabilisation.
Les niveaux de primes se maintiennent à un plus bas
historique, reflet d’une concurrence toujours soutenue
entre les assureurs.
Toutefois, la hausse du coût de la réassurance constitue
désormais un plafond technique qui limite la poursuite du
mouvement baissier. Dans ce contexte, les primes tendent
à évoluer de manière stable à légèrement haussière, sans
pour autant remettre en cause l’attractivité des conditions
actuelles.
En pratique, les opérations classiques continuent de
bénéficier de tarifs planchers, tandis que les dossiers
présentant une complexité accrue ou un profil de risque
plus sensible peuvent faire l’objet de revalorisations
ciblées.
Secteurs ne suivant pas cette tendance
Les secteurs particulièrement compétitifs, tel que
l’immobilier.
Impact spécifique lié au contexte
géopolitique
Les exclusions territoriales demeurent standardisées
pour les opérations en Russie, Ukraine et Biélorussie,
avec parfois des politiques de non-souscription sur ces
zones. Une vigilance particulière s’applique également
aux activités exposées aux droits de douane ou à des
barrières commerciales susceptibles d’affecter la valeur
des transactions.
Tendances générales
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 46ASSURANCE PARAMÉTRIQUE
ASSURANCE
PARAMÉTRIQUE
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2025 46
4646 AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 47ASSURANCE PARAMÉTRIQUE
CAPACITÉS
Appétit des assureurs
et réassureurs
Le marché de l’assurance paramétrique connaît une
bonne dynamique, avec un nombre croissant d’assureurs
se dotant de capacités dédiées. Aujourd’hui, une
immense majorité des transactions portent encore sur
des évènements naturels (catastrophes climatiques,
sécheresse, inondations…), mais certains acteurs
commencent à proposer des solutions innovantes sur
d’autres risques, tel que le cyber.
Tendances générales
Les réassureurs jouent désormais un rôle d’acheteurs
actifs de capacité, tandis que de nouveaux entrants
apparaissent, souvent avec des enveloppes limitées. Dans
ce contexte, les MGAs spécialisées apportent un relai
essentiel, en augmentant la capacité disponible et en
favorisant la distribution de solutions ciblées.
Le marché se distingue également par des progrès
technologiques rapides qui permettent d’adapter les
modèles paramétriques à des risques complexes,
notamment ceux liés au changement climatique, là où
les approches assurantielles traditionnelles trouvent
leurs limites. En Europe, l’offre demeure supérieure
à la demande, ralentissant la diffusion de ce type de
couverture. Le développement est néanmoins dynamique
dans certaines niches, comme l’assurance agricole, mais
reste en retrait par rapport à la croissance observée aux
États-Unis, où le paramétrique progresse rapidement sur
les grands risques.
Les assureurs restent toutefois réticents à s’engager dans
des zones très exposées, soit par manque d’appétit, soit
du fait de capacités limitées. Les placements se font
encore largement au cas par cas, ce qui limite la visibilité
sur une véritable tendance de fond, malgré un regain
d’intérêt général pour ce marché émergent.
Impacts spécifiques liés aux évènements
climatiques
Par nature, l’assurance paramétrique est directement liée
aux modèles climatiques qui sous-tendent la souscription.
Le développement de nouvelles solutions et le
renforcement des dispositifs existants répondent à la
nécessité de couvrir des risques climatiques dont la
fréquence et l’intensité augmentent.
L’essor des catastrophes naturelles (sécheresses,
inondations, tempêtes, grêle) alimente la demande
pour des produits paramétriques, en particulier lorsque
l’assurance traditionnelle impose des exclusions, des
franchises élevées ou des sous-limites restrictives.
Ces tendances confirment le rôle croissant du
paramétrique comme complément, voire comme
alternative, aux couvertures classiques dans la gestion
des risques climatiques.
ASSURANCE PARAMÉTRIQUE PRIMESTARIFICATION
Primes stables
à baissières
La tarification des couvertures paramétriques reste
globalement stable, largement conditionnée par les
modèles climatiques développés par les assureurs et par
leurs propres expositions aux risques. Dans certains cas,
il est possible de mettre en place des garanties fermes
pluriannuelles, allant jusqu’à cinq ans, ce qui apporte de la
visibilité aux assurés.
Le marché de l’assurance dommages aux biens (Property),
traversant actuellement un cycle soft marqué par
d’importantes capacités, exerce une pression baissière
sur les primes paramétriques. Celles-ci se situent parfois
en deçà des niveaux techniques, et dans certaines zones
ou pour certains périls CAT, une partie des capacités
paramétriques a même été abandonnée au profit de
solutions émanant du marché traditionnel.
Toutefois, pour de nombreux clients, les atouts spécifiques
du paramétrique : couverture étendue, rapidité et
simplicité des paiements, capacité à couvrir des risques
traditionnellement inassurables, justifient le maintien de
ces solutions dans leurs programmes de protection.
Face à l’augmentation des expositions climatiques,
certains assureurs ont néanmoins procédé à des
ajustements tarifaires à la hausse pour préserver leur
rentabilité.
Plus globalement, le marché paramétrique reste caractérisé
par une faible concurrence sur les prix : la valeur ajoutée
résidant avant tout dans la solution technique proposée,
plutôt que dans le niveau de prime demandé.
FRANCHISES
Seuils stables
En assurance paramétrique, il n’existe pas de franchise
monétaire au sens traditionnel. La couverture repose
sur un seuil de déclenchement défini en fonction du
paramètre choisi (niveau de pluie, magnitude d’un séisme,
vitesse du vent, etc.). La calibration de ce seuil dépend
de la stratégie de couverture et du budget de l’assuré, ce
qui confère à ces programmes une forte dimension sur-
mesure.
Dans la plupart des cas, aucun minimum n’est imposé.
Toutefois, certains assureurs peuvent fixer un seuil
plancher afin de responsabiliser les assurés et d’éviter
une couverture sur des événements trop fréquents ou de
faible intensité. De manière générale, le point d’attache
demeure stable, reflétant une approche axée sur la
sévérité des événements plutôt que sur leur fréquence.
AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026 48
Impacts spécifiques évènements
climatiques
Tous les périls couverts par l’assurance paramétrique
ne sont pas systématiquement liés au changement
climatique, les tremblements de terre en sont un exemple.
En revanche, l’intensification et la récurrence croissante
des catastrophes naturelles (sécheresses, tempêtes,
inondations, grêle) ont pour effet d’augmenter les primes,
traduisant une adaptation des modèles de souscription
aux nouvelles réalités climatiques.
49AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
GLOSSAIRE
BDG : Bris de glace
CAT : Catastrophe
CBI : Contingent Business Interruption
CMI : Constructeurs de maisons individuelles
DINC : Dommages Immatériels Non Consécutifs
DDPE : Dommages Directs et Pertes d’exploitation
DO : Dommages Ouvrage
EnR : Energies Renouvelables
EPL : Employment Practices Liability/Rapports sociaux
ESG : Critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance
ESN : Entreprise de Services Numériques
IBNR : Incurred But Not Reported/sinistre survenu mais non déclaré
IDA : Indemnisation Directe de l’Assuré
LCD : Location de Courte Durée
LTA : Long Term Agreement /Contrat de longue durée
LOPMI : Loi d’Orientation et de Programmation du Ministère de l’Intérieur
MGA : Managing General Agent
PFAS : Per- and polyfluoroalkyl substances - composés perfluoroalkylés et polyfluoroalkylés
PTL : Pension Trustee Liability
PVT : Political Violence & Terrorism
RCA : Responsabilité Civile Affréteur
RCMS : Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux
RCPN : Responsabilité Civile Prestataire sur Site Nucléaire
RUB : Russie/Ukraine/Biélorussie
SRCC : Strike, Riot, Civil Commotion
TMT : Technologies - Media - Télécommunications
TPM : Transport Public de Marchandises
TPV : Transport Public de Voyageurs
TRC/TRME : Tous Risques Chantiers/Montage Essai
50AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
L’AMRAE remercie les courtiers ainsi que les présidents des
commissions de l’AMRAE qui se sont prêtés à cet exercice annuel.
L’AMRAE remercie FRANÇOIS BEAUME et ALAIN RONOT, pour
avoir piloté cette étude, avec le support de :
GÉRALDINE BRUGUIÈRE-FONTENILLE
Chargée de mission, pôle scientifique, Amrae
THOMAS DEREUX
Chargé de mission, pôle scientifique, Amrae
51AMRAE ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES 2026
L’AMRAE (Association pour le Management des Risques et des Assurances
de l’Entreprise), regroupe les principaux acteurs de la gestion des risques
(gestion des risques, contrôle interne et audit, assurance et juridique).
Les principaux acteurs de la gestion des risques (Risk management, contrôle
interne et audit, assurance et juridique). À travers ses comités scientifiques,
ses publications, ses prises de position et son congrès de référence, elle
œuvre pour l’excellence en matière de Risk management, qui contribue à
sécuriser la stratégie des entreprises et à organiser leur résilience.
L’AMRAE regroupe plus de 1900 membres issus de 850 organisations
privées et publiques.
L’AMRAE a quatre missions fondamentales :
• Promouvoir le concept de Risk Management,
• Porter et maintenir l’expertise des risk managers au plus haut niveau,
• Anticiper et influencer le marché de l’assurance des entreprises,
• Atteindre les autorités publiques et les institutions civiles.
Avec AMRAE Formation, l’Association répond aux besoins de formation
professionnelle en proposant des formations certifiantes de haut niveau.
“Les Rencontres du risk management Amrae” est le congrès de référence
des métiers du risque et de l’assurance (plus de 3800 participants en 2025).
Ces trois jours sont le rendez-vous incontournable pour tous les acteurs de
la gestion et du financement des risques.
À PROPOS DE L’AMRAE
Pour en savoir plus
www.amrae.fr
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Création : Agence La nageuse - Crédits photo : Shutterstock/AdobeStock/Unsplash/Freepik
État du marché & Perspectives des assurances des entreprises 2026
Dans un environnement toujours marqué par la volatilité économique et géopolitique, l’édition 2026 de l’État du marché & Perspectives des assurances des entreprises met en lumière un secteur en transition maîtrisée.
Si la stabilisation amorcée en 2025 se confirme sur plusieurs segments, de nouvelles tensions apparaissent sous l’effet des risques climatiques, cyber et sociaux, redéfinissant les équilibres du marché.
Les entreprises évoluent désormais dans un cadre où résilience, adaptation et financement du risque deviennent indissociables. Les risk managers doivent conjuguer maîtrise technique, anticipation réglementaire et stratégie de prévention, dans un dialogue renouvelé avec les assureurs et courtiers.
Ce millésime 2026 illustre un marché à la fois plus sélectif et plus innovant, où la donnée, la soutenabilité et la coopération constituent les nouveaux leviers de confiance.
DOCUMENTS À TÉLÉCHARGER
Etat du marché & Perspectives des assurances des entreprises 2026
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