Mondialisation des échanges, la
supply chain est-elle assurable ?
Les entreprises face aux risques
« fournisseur »
AMRAE
Commission Logistique et
Transport
Walter Munsch
16 mai 2017
Comment définir une Supply chain ?
Une Supply Chain est un ensemble de procédés impliqués
dans les étapes de fabrication, de distribution, de stockage
ou d’entretiens de biens, allant du producteur de matières
premières jusqu’au consommateur final
C’est un modèle séquentiel
d'activités organisé autour
d’un réseau d’entreprises
Repose sur un processus
Différents modèles d’organisation
Distinction « logistique »
et « supply chain »
Walter MUNSCH
Rupture de la supply chain…un effet
« domino »
Retours d’expérience :
Thaïlande,
Fukushima,
Tianjin…
Ruptures d’approvisionnement,
blocages de production,
tensions sociales,
pertes de chiffres d’affaires,
effondrement de parts de marchés …
Walter MUNSCH
Une métamorphose des processus de
production
Intégration verticale, sous-traitance, organisation
modulaire et DIPP
Production et distribution
selon les modèles Lean,
Just in time, concept ZOOG
Déplacement des activités
industrielles : des produits
« made in world »
La « supply chain », un
élément vital de
la stratégie des entreprises
Walter MUNSCH
La supply chain, chaîne de la valeur
ajoutée
Les « pertes d’exploitation »
Les carences « internes »
Les carences « externes «
Les limites :
- Champ d’application de la
garantie « PE » : un dommage
matériel direct garanti par le
contrat « dommages »
- Actionnée en cas d’évènements
dénommés au contrat de l’assuré
- Capacités limitées, si les
fournisseurs ne sont pas
identifiés («non dénommés »)
Walter MUNSCH
Rupture de la supply chain : de
nombreux faits générateurs
Les risques peuvent être :
Opérationnels :
Ruptures de livraison, défaillance des outils de production et des
systèmes d’information, cyber, stockage, transport,…
Sociaux, humains :
Grèves, fraudes, sabotages, pillage, actes de terrorisme…
Naturels :
Tremblements de terre, ouragans, tempêtes, moussons, sécheresses,
tornades, tsunamis…
Economiques :
Défaillance de fournisseurs, récession économique,…
Politiques :
Nationalisations, confiscations de biens, restrictions gouvernementales,
guerres, risques réglementaires…
Walter MUNSCH
Des sinistres sans dommages directs…
Walter MUNSCH
2010 - Eyjafjallajökull
2005 – Katrina 2002 – USA (côte ouest)
2009 - Honduras
Les « pertes d’exploitation sans
dommages », un défi de souscription
Un bouleversement de l’analyse technique :
-une très grande diversité de risques, une absence
d’historique fiable
-des risques considérés comme systémiques
-un risque d’accumulation
-l’organisation changeante des chaines d’approvisionnement
Des aléas non prévisibles et non calculables
Une nouvelle analyse du risque « fournisseur » par les
entreprises et les assureurs
Walter MUNSCH
La réponse des assureurs : de nouvelles
offres « Supply Chain »
une approche du risque orientée « dommages » :
-en extension à un contrat « multirisques industrielle » : PE Supply Chain
Carences « évènements naturels » : vent, force de l’eau, neige,…
Carences « violence politique » : terrorisme, grève, émeute,…
Carences : de services, accidents du travail, épidémies, interruption SI
-en extension à un contrat « multirisques industrielle », sous forme
« périls dénommés » : grèves, impossibilité d’accès, injonction autorités
civiles et militaires, risques politiques, interruption de services,…
-produit dédié Supply Chain, sous forme « tous risques sauf » ou « périls
dénommés » : assurance de la chaine logistique, transport, risques
politiques, crédit et RC Produits - mode de calcul PE déterminé à l’avance,
ingénierie et scénarios de sinistres
Walter MUNSCH
La réponse des assureurs : de nouvelles
offres « Supply Chain »
une approche du risque orientée « transports » :
-TDI (Trade Disruption Insurance) :
indemnise PE, pénalités contractuelles, frais supplémentaires,
bénéfice net perdu : annulation de contrat suite à non livraison de marchandises
« périls dénommés » : risques physiques, politiques, crédit
-Contrat « transport » + clause « pertes financières »
Clause subordonnée à la souscription du risque « transport » :
pertes financières consécutives à l’absence totale ou partielle de
livraison de marchandises, suite à :
tout évènement à caractère catastrophique (incendie, explosion, ouragan, cyclone,
tremblement de terre, éruption volcanique, tsunami,…)
blocage de port, encombrement portuaire , …si conséquence de dommages
matériels aux installations portuaires
Walter MUNSCH
Les contraintes de souscription des
assureurs
Les cumuls : sur zones géographiques / fournisseurs
clés
L’exigence de prévention vs « lean » et « JIT »
L’identification des fournisseurs :
Walter MUNSCH
Fournisseur non identifié, de rang 2, 3…
d
Fournisseur identifié
Pour les entreprises, de nombreux freins
à la souscription :
Une approche technique complexe, « sur mesure »
Une nouvelle ligne d’assurance
Des études confidentielles
Un manque de visibilité
sur les fournisseurs
de fournisseurs et leurs
interdépendances
Walter MUNSCH
Les évolutions qui peuvent être
envisagées :
Pour les PME, une simplification de l’offre :
extension au contrat « multirisques industrielle »,
sous forme « tous risques sauf », limitée à des
fournisseurs dénommés, incluant une cartographie
des risques (produit packagé)
Une offre par secteurs d’activités
Une autre définition du « dommage » : la notion
« d’événements » : assurances indicielles /
paramétriques - une réponse à l’asymétrie
d’information (aléa moral et anti sélection)
Walter MUNSCH
Le transfert alternatif des risques, une
solution ?
les captives
Une solution pertinente lorsque :
- absence de réponse du marché
- insuffisance de réponse du marché
- non compétitivité du marché
Avantages :
- prise en compte de risques émergents, rachat de certaines exclusions
- transfert du montant de franchises, ou en excess de capitaux
- instrument financier permettant d’optimiser le financement des risques
Oui, mais….
- analyse actuarielle, honoraires d’étude et de faisabilité
- mobilise les fonds propres d’une entreprise
- ne peut s’exonérer des fondamentaux de l’assurance, impossibilité
de transfert pour un risque considéré comme non assurable
- application de Solvabilité II (coût d’immobilisation du capital)
Walter MUNSCH
Des coûts indirects non pris en charge par
l’assurance :
baisse de C.A., perte de parts de marché,
perte de capitalisation boursière,
image de marque dégradée…
Focus sinistre Fukushima
Intel vs Texas Instrument
(Source FM Global)
Walter MUNSCH
Des géants aux pieds d’argile…
Sinistre Philips (Albuquerque) : le cas Nokia / Ericsson :
Walter MUNSCH
Une relation étroite entre risk
management et assurance
Walter MUNSCH
Identification des
fournisseurs
critiques
Analyse des flux
physiques et
financiers
Quantification des
risques
Transfert à
l’assurance
Compréhension de la globalité
de la supply chain et de ses
différents acteurs
Analyse des flux physiques
(moyens de transports,
saisonnalité, zones
géographique…)
Analyse des flux financiers
Identification des
fournisseurs clés pour
lesquels l’entreprise souhaite
un transfert de risque
Analyse de la criticité du
fournisseur :
- multi ou single sourcing
- criticité du produit
- importance du fournisseur
- vulnérabilité du fournisseur
Contrôle et évaluation des
fournisseurs
Contrôle et évaluation des
plans de continuité
Quantification financière des
impacts des risques identifiés
Calcul de la perte prévisible la
plus élevée et la plus probable
Dépendance des profits
Evaluation des impacts non
financiers
Analyse des menaces et
priorisation
Transfert du risque résiduel
Négociation du programme
(garanties, capitaux, franchises)
Une gestion du risque « fournisseur »
globale et transverse (à 360°)
Insuffler la culture du risque « fournisseur »
à l’ensemble de l’entreprise : une gestion transverse des risques
par un décloisonnement des Départements
achats, juridiques, production,…
Une approche enrichie du RM par le
SCRM, la mise en place de plans
de continuité (résilience : robustesse,
flexibilité, visibilité, collaboration),
l’Intelligence économique
De la gestion des risques assurables vers une gouvernance par le
risque
Walter MUNSCH
La supply Chain, un des moteurs de la
performance des entreprises
Des solutions d’assurance émergentes et « sur mesure »,
mais certains préjudices économiques non transférables
car considérés comme étant du risque d’entreprise
Une prise de conscience progressive
Des moyens et une approche
distincte Grands Comptes - PME/PMI/ETI
Une gestion des risques en amont
de toute décision stratégique
Walter MUNSCH
Un risk management générateur de valeur
ajoutée et de performance
Les 3 âges de
la science du danger* :
- âge du sang
- âge des larmes
- âge des neurones
Vers le 4
ème
âge : l’ âge de la performance
*L’Archipel du Danger (GY Kervern – Patrick Rubise), cité par Catherine Véret et Richard Mekouar « Fonction Risk Manager »,
Editions Dunod
Walter MUNSCH
Mondialisation des échanges, la supply chain est-elle assurable ? Les entreprises face aux risques « fournisseur » - Mai 2017
Mondialisation des échanges, la supply chain est-elle assurable ? Les entreprises face aux risques « fournisseur » - Mai 2017
Commission Logistique et Transport