Gouvernance et gestion des risques des tiers
Surmonter les menaces et les incertitudes
Enquête mondiale 2017 sur la gestion des risques
dans les entreprises étendues Operational Risk
Editorial01
Avant-propos 02
Dépendance et vulnérabilité 04
Gestion et suivi des relations avec les tiers 12
Processus de gouvernance et de gestion des risques 18
Plateformes technologiques 22
Modèles de prestations émergents 26
Contacts 33
Sommaire
Editorial
Dans un environnement de pressions réglementaires
croissantes, de complexification des relations avec les tiers, de
multiplication des parties prenantes et de renforcement de la
dépendance à l’égard de son écosystème, la gestion des tiers
est devenue un véritable vecteur de valeur ajoutée pour les
entreprises.
Elle permet à la fois d’améliorer la maîtrise des risques, la gestion
de la conformité et la performance.
Par ailleurs, une gestion proactive et optimisée des risques
des tiers contribue à améliorer la relation de l’entreprise avec
ses partenaires, quelle que soit leur nature : fournisseurs,
distributeurs, sous-traitants, JVs, alliances…
Les Directions générales ont de plus en plus conscience
de l’importance stratégique du sujet, souvent suite à un ou
plusieurs incidents (74% des répondants font état d’un incident
significatif lié à un tiers ces trois dernières années).
Cette prise de conscience, couplée aux bénéfices liés à la gestion
des tiers, pourrait laisser présager un niveau de maturité fort des
entreprises.
Or, la réalité est tout autre puisque la gestion des risques de tiers
est encore trop souvent réalisée en silos, sans vision globale et
coordonnée. La qualité des données disponibles au regard des
tiers (y compris les données contractuelles) est très largement
insuffisante, les risques émergents liés aux tiers sont encore
peu identifiés et les plateformes technologiques permettant
d’assurer une gestion mutualisée des tiers sont à renforcer.
Les niveaux de maturité sont différents en fonction des zones
géographiques. La zone Amérique est la plus dépendante des
tiers mais apparaît comme étant la mieux organisée. La zone
EMEA affiche à la fois une dépendance importante (58% des
répondants font état d’un niveau élevé ou critique) et un faible
taux de maturité (seulement 20% affichent un niveau intégré ou
optimisé).
Le faible niveau de maturité global ne peut que s’améliorer,
compte tenu du contexte actuel de l’entreprise étendue
1
. Les
prochaines années verront sûrement la multiplication des
initiatives de gestion des risques des tiers, avec une implication
croissante des Directions générales et des administrateurs.
Les démarches intégrées et optimisées seront à privilégier afin
d’éviter de tomber dans l’écueil de la compartimentalisation et
de la création d’« usines à gaz » qui ne feront qu’alourdir des
processus déjà existants sans pour autant en tirer les bénéfices
attendus.
1. L’expression « entreprise étendue » fait référence à l’entreprise et son
écosystème de tiers.
Marc Duchevet
Associé
Grégory Abisror
Associé
Sonia Cabanis
Directrice
Les entreprises sont-elles prêtes à gérer les risques liés aux tiers de manière proactive ?
01Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Avant-propos
Avec 536 répondants (170 en 2016), l’enquête de cette année
reflète l’opinion des dirigeants de diverses organisations, dans
11 pays différents au sein des régions Amériques, EMEA et Asie-
Pacifique. Ces réponses ont été recueillies pendant la période
d’incertitude accrue ayant suivi le vote du Brexit au Royaume-Uni
et l’élection présidentielle américaine. Cela pourrait expliquer
que les progrès accomplis par les organisations en matière de
gestion des risques liés aux tiers (TPRM)¹ semblent modestes.
Pour autant, la sensibilité des entreprises à ces problématiques
s’est nettement accrue. Cela présage une année 2018 marquée
par l’accroissement de la maturité des organisations dans la
gestion de leurs risques liés aux tiers.
La plupart des dirigeants ayant répondu à notre enquête
portent la responsabilité de la gestion des risques liés aux
tiers au sein de leur organisation. Ce sont principalement des :
directeurs financiers, directeurs des achats ou de la gestion des
fournisseurs, directeurs des risques, directeurs de l’audit interne
et des responsables conformité (dont conformité IT). Ils sont
représentatifs de l’ensemble des grands secteurs d’activité².
La plupart des organisations interrogées réalisent un chiffre
d’affaires annuel supérieur à 1 milliard de dollars US. Nous
avons également élargi l’analyse aux filiales de groupes très
décentralisés et à certains groupes ayant un chiffre d’affaires
légèrement inférieur.
Cette étude aborde les principales problématiques liées à la
gestion de l’entreprise étendue et aux risques y afférents, et ce
dans un contexte en évolution permanente.
Nous espérons vous apporter des éléments qui vous
permettront de mieux appréhender les mutations à l’œuvre et
les défis à venir, tout en vous aidant à valoriser les nombreuses
opportunités qu’offrent la gouvernance et la gestion des risques
des tiers à votre organisation.
1. Compte tenu de l’emploi croissant de l’expression « Third Party Risk » au
niveau mondial pour qualifier les risques liés aux tiers des entreprises,
nous utiliserons l’expression « Third Part Risk Management », et l’acronyme
« TPRM » pour désigner la gouvernance et la gestion des risques des tiers
dans la présente publication.
2. L’enquête porte sur les secteurs industriels suivants : Services financiers,
Energie & Ressources, Secteur manufacturier, Secteur public, Technologies,
Médias & Télécommunications, Produits de grande consommation, Santé &
Sciences de la vie et Entreprises, infrastructures & services.
Bienvenue dans notre enquête
mondiale 2017 sur la gestion des
risques dans les entreprises étendues.
Une première enquête, parue en
2016 sous le titre « Les menaces
sont réelles », révélait les méthodes
employées par les grandes
organisations pour traiter les
principaux risques liés à la gestion de
leurs tiers.
S’engager auprès des tiers représente
aujourd’hui une opportunité
stratégique, ces derniers n’étant plus
perçus uniquement comme un centre
de coûts mais comme un vecteur de
valeur ajoutée pour l’organisation.
02Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Prenons l’exemple des entreprises étendues. En tirant profit
d’un « écosystème » de tiers, elles ont compris qu’elles peuvent
innover et bénéficier de flexibilité, d’agilité et d’économies
significatives. Mais parallèlement, elles sont également
conscientes du fait que tout manquement d’un tiers risque de
porter préjudice à leur marque et à leur réputation, entraîner des
sanctions réglementaires et entraver leur capacité à répondre
aux attentes de leurs clients.
Notre conviction ? En choisissant la bonne approche de gestion
des risques, les organisations sont en mesure de saisir l’avantage
concurrentiel offert par l’entreprise étendue.
Afin d‘aider les dirigeants à identifier les conditions leur
permettant de tirer profit de leur entreprise étendue, cette étude
passe en revue les opportunités et les défis relevés par plus de
500 organisations mondiales, notamment :
• la gestion holistique et coordonnée des risques,
• l’adoption d’une démarche de gestion axée sur les données,
• l’amélioration de l’exécution des processus manuels et
informatisés,
• l’intégration de plateformes technologiques,
• le recours à de nouveaux modèles de prestations.
Les organisations les plus matures sont celles qui parviennent à
améliorer la gouvernance et la gestion des risques de l’entreprise
étendue, tout en bâtissant des relations avec leurs tiers qui leur
permettent de mettre cet écosystème au service de la création
de valeur.
Nous pensons que les entreprises ne doivent pas gérer les
risques uniquement pour protéger leur valeur, mais également
pour consolider leur performance.
Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter notre site :
https://www2.deloitte.com/fr/fr/services/risques.html.
Notre conviction ? En choisissant la
bonne approche de gestion des risques,
les organisations sont en mesure de
saisir l’avantage concurrentiel offert par
l’entreprise étendue.
En tirant profit d’un « écosystème » de tiers, l’entreprise étendue peut innover et bénéficier de flexibilité,
d’agilité et d’économies significatives… Mais elle s’expose également à de nouveaux risques.
03Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
1. Dépendance
et vulnérabilité
1a. Malgré leur forte dépendance à l’égard des tiers, les
organisations ne gèrent toujours pas les risques liés
aux tiers de manière holistique et coordonnée.
1b. Les organisations se sentent mal préparées face aux
mutations de l’environnement extérieur impactant
leur entreprise étendue.
04
Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
1a. Malgré leur forte dépendance à l’égard des tiers,
les organisations ne gèrent toujours pas les risques
liés aux tiers de manière holistique et coordonnée.
Messages clés
Notre enquête 2016 a démontré qu’en dehors de la baisse des coûts,
un nouveau groupe de facteurs, directement alignés sur la
création de valeur à long terme (par exemple : agilité opérationnelle, accès à
des compétences et savoirs spécialisés, innovation et perfectionnement des
processus), accentuait leur dépendance à l’égard des tiers. Combiné à la
croissance de la fréquence d’incidents graves avec les tiers et à des
conséquences préjudiciables variées, ce constat a sensibilisé les conseils
d‘administration à l’intérêt de la TPRM.
Résultat : les organisations ont commencé à envisager des investissements
dans des programmes holistiques et intégrés de gestion des tiers.
Cette enquête indique que la dépendance stratégique à l’égard des tiers
continue de se renforcer. Ainsi, 40,5% des répondants font état d’une
augmentation de leur degré de dépendance vis-à-vis des tiers au cours de
l’année passée, et 10,1% déclarent même l’avoir vu s’accroître fortement.
Bien que 53,3% des organisations ayant pris part à l’étude affichent désormais
un « degré de dépendance élevé ou critique » à l’égard des tiers, seules 20,1%
affirment avoir intégré ou optimisé leurs mécanismes de TPRM.
Les répondants admettent que le niveau actuel d’intégration et d’optimisation
de ces mécanismes est très inférieur à leurs espérances. Ils aspirent
néanmoins à progresser sur ce point : 53% des répondants veulent réussir la
complète intégration de ces mécanismes et 27% souhaitent une optimisation
de ceux-ci dans les trois prochaines années.
La plupart des organisations n’ont pas adopté de démarche de gestion
complète et coordonnée des risques liés aux tiers ; et ce point n’a que très peu
évolué cette dernière année.
Bien que 53,3% des
organisations interrog?es
estiment avoir un ? degr? de
d?pendance ?lev? ou
critique ? envers les tiers?
... seules 20,1% ont int?gr?
ou optimis? leurs
m?canismes de TPRM .
Degré de dépendance à l'égard des tiers
Niveau de maturité en matière de TPRM
Minime FaibleMod?r? Elev? Critique
Initial : probl?matiques pas ou tr?s rarement prises en compte
D?fini : certaines composantes prises en compte, mais
efforts limit?s
G?r? : toutes les composantes sont prises en compte, mais de mani?re perfectible
Int?gr? : la plupart des composantes sont prises en compte et ?voluent
Optimis? : l'organisation "id?ale" - toutes les composantes sont prises en compte et ?voluent
4,1%
11,2%
31,4%
35,8%
17,5%
6,8%
29,4%
43,7%
18,3%
1,8%
05Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
L’avis de Deloitte
Les répondants se sont montrés trop
optimistes dans notre dernière enquête quant
aux temps et efforts nécessaires à la transformation
organisationnelle requise pour assurer l’intégration et
l’optimisation des mécanismes de TPRM. Compte tenu
de la diversité des parties prenantes et des processus et
technologies généralement affectés par ces évolutions, les
organisations qui estimaient à 1 an le temps nécessaire
pour mener ces changements risquent en réalité de devoir
y passer plus de temps. L’expérience de Deloitte montre
que ces programmes s’étalent en moyenne sur deux ou
trois ans.
L’état optimal de la TPRM est et demeurera une cible
mouvante : les organisations ne cessent de « courir après »
les opportunités et risques stratégiques que représentent
les tiers. On peut notamment évoquer les éléments
suivants qui vont accélérer cette tendance :
••une palette élargie de services d’accompagnement
délivrés de manière innovante dans un environnement
en rapide mutation ;
••la multiplication d’alliances et de joint-ventures ;
••l’augmentation de la proportion de tiers intervenant
dans des opérations dépassant la traditionnelle chaîne
d’approvisionnement directe (fournisseurs) ;
••l’usage accru des nouvelles technologies (liées au cloud,
par exemple) qui facilitent la collaboration et permettent
aux entreprises d’élargir leurs frontières virtuelles.
Les résultats par industrie
Les graphiques suivants montrent à quel point les
grandes organisations ont des positions divergentes
quant au niveau de dépendance optimal à avoir à l’égard des tiers.
Le niveau de maturité de leur démarche de gestion des risques et
de gouvernance des tiers fluctue lui aussi. Il existe cependant une
corrélation entre la dépendance aux tiers et le niveau de maturité
de TPRM.
Situation actuelle : le premier graphique compare le niveau
de dépendance aux tiers à la maturité actuelle des mécanismes
de TPRM des organisations. Il sert donc à comprendre le
positionnement actuel de ces organisations, regroupées par
secteur. Le second graphique (visible à la page suivante) compare
pour sa part la dépendance aux tiers au niveau de maturité TPRM
souhaité et présente ainsi le parcours envisagé pour progresser
en termes d’intégration et d’optimisation.
• Les organisations financières semblent afficher la dépendance
la plus élevée à l’égard des tiers, mais ce sont aussi celles ayant
réalisé les plus gros investissements pour améliorer le niveau de
maturité de leurs mécanismes de gouvernance et de gestion des
risques des tiers. Soumises à une réglementation omniprésente,
les entreprises de l’industrie financière présentent le plus grand
nombre d’affaires dans lesquelles les régulateurs les tiennent
pour responsables d’actions attribuables à leurs tiers. Cette
surveillance ne se traduit pas uniquement par des amendes et
des sanctions exemplaires, elle conduit aussi les entreprises à
prêter une grande attention à la gouvernance et à la maîtrise
des risques liés aux tiers. Elle leur donne également les moyens
d’appréhender l’ensemble des risques impactant les décisions
stratégiques et créant de la valeur pour leur organisation.
Degré de dépendance à l'égard des tiers en fonction de la
maturité TPRM par industrie (situation actuelle)
0 1 2 3 4 5
0
1
2
3
4
5
Niveau de maturit? de la TPRM
Degr? de d?pendance ? l'?gard des tiers
MinimeFaibleModéréElevéCritique
Initial Defini Géré Intégré Optimisé
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Sant? & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, M?dias
& T?l?communications
Services financiers
Les grandes organisations ont des
positions divergentes quant au niveau
de dépendance optimal à avoir à l’égard
des tiers.
06Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
• Les industries santé & sciences de la vie, énergie & ressources
et technologies, médias & télécommunications suivent de près
le secteur financier dans leur degré de dépendance aux tiers.
Toutes trois sont exposées à des changements disruptifs dans
leur environnement. Ces derniers les amènent à devoir se
tourner vers des tiers pour bénéficier d’innovations, d’avantages
compétitifs ou réaliser des économies. A titre d’illustration,
le secteur de la santé & des sciences de la vie fait face à de
profondes incertitudes du fait des mutations démographiques
(vieillissement de la population dans les pays occidentaux et
enjeux de santé en découlant), de facteurs financiers (évolution
des politiques publiques et pression en faveur d’une réduction
des coûts) et de l’accélération de l’innovation (par exemple :
automédication), dans un contexte marqué par le durcissement
réglementaire et l’impératif de se mettre au service du patient
par un recours massif à la technologie. De la même manière,
les incertitudes entourant les prix de l’énergie ne sont pas sans
effet sur les organisations du secteur énergie & ressources,
tout comme les technologies émergentes et les plateformes à
prestations et modèles tarifaires innovants impactent le secteur
technologies, médias & télécommunications. Une réaction
rapide étant nécessaire face à ces changements stratégiques,
ces organisations n’ont pas eu l’occasion (ou les incitations
réglementaires) d’investir dans la TPRM comme l’a fait le secteur
financier ces dernières années.
• Traditionnellement, les secteurs manufacturier et produits de
grande consommation sont amenés à travailler avec un grand
nombre de tiers via leur chaîne d’approvisionnement directe.
Cela n’a pas varié ces dernières années, même si, sous l’effet
de l’innovation et des technologies, de nouveaux modèles
de prestations continuent d’émerger. En outre, l’impact de
l’action réglementaire résultant de tiers est, jusqu’à aujourd’hui,
considérablement inférieur à celui ressenti par les secteurs
susmentionnés. Les répondants jugent donc la criticité de leur
dépendance aux tiers inférieure à celle des autres industries.
Par conséquent, les investissements dans la gouvernance et la
gestion des risques ont pour l’essentiel été gérés par les équipes
Achats, chargées des risques de la chaîne d’approvisionnement,
et non alloués à une démarche holistique et intégrée, englobant
l’ensemble des tiers.
Tous les secteurs sans exception
aspirent à poursuivre l’intégration
et l’optimisation de leur gestion des
risques liés aux tiers.
• Enfin, le secteur public et le secteur entreprises, infrastructures
& services présentent le plus faible niveau de dépendance
relative vis-à-vis des tiers si on le compare à celui des
autres industries, ce qui concorde avec leur faible niveau
d’investissement dans la TPRM.
• Aspirations : les résultats de l’enquête indiquent que tous les
secteurs sans exception aspirent à poursuivre l’intégration et
l’optimisation de la TPRM. Si ces aspirations se concrétisent
dans les trois ans, les secteurs services financiers, technologies,
médias & télécommunications et énergie & ressources
deviendront des « acteurs avisés », à même de porter une
attention proportionnée au risque et à la gouvernance, imposée
par leur forte dépendance aux tiers. Le secteur de la santé et des
sciences de la vie anticipe quant à lui l’adoption d’une approche
plus mesurée, s’agissant de l’intégration et de l’optimisation de la
feuille de route.
Les répondants du secteur public comptent continuer à investir
dans le TPRM. Néanmoins, leur haut niveau de responsabilité
publique est de nature à inciter les décideurs à faire preuve
de prudence et gérer les risques en vue de les surmonter ou
d’atténuer leurs conséquences préjudiciables. Une telle démarche
freinerait l’intégration plus directe de leur maîtrise et gestion des
risques à leurs décisions stratégiques.
Dans le même ordre d’idées, le secteur entreprises,
infrastructures & services prévoit de limiter sa dépendance
aux tiers en maintenant une gestion des risques portée sur la
minimisation de leur responsabilité vis-à-vis de clients et autres
tiers. Les investissements à venir seront avant tout alloués
aux nouvelles menaces, par exemple aux failles de sécurité
informatique ou aux atteintes à la confidentialité des données
de leurs clients, aux blessures corporelles ou aux dommages
matériels découlant de leurs actes ou omissions, voire aux
préjudices économiques (dus aux retards, perte de productivité et
coût des mesures correctives).
Degré de dépendance aux tiers en fonction du niveau de
maturité TPRM souhaité
Niveau de maturit? de la TPRM souhait?
0 1 2 3 4 5
0
1
2
3
4
5
Degr? de d?pendance ? l'?gard des tiers
MinimeFaibleModéréElevéCritique
Initial Defini Géré Intégré Optimisé
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Sant? & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, M?dias
& T?l?communications
Services financiers
07Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Les résultats par région
La région Amériques compte de loin la plus forte
proportion de répondants faisant état d’une
dépendance élevée ou critique envers les tiers (73,6%), devant
EMEA (58,4%) et l’Asie-Pacifique (35,3%).
La part de répondants dont les mécanismes TPRM sont intégrés
et optimisés est également la plus élevée dans les Amériques
(44,4%), devant EMEA (20,1%) et l’Asie-Pacifique (15,1%).
0
10
20
30
40
50
60
70
80
Elev? ? critiqueMod?r?Faible ou minime
Degré de dépendance aux tiers par région
0
20
40
60
80
100
Int?gr? ou optimis?Initial, d?fini ou g?r?
Niveau de maturité TPRM par région
Am?riques Asie-Pacifique EMEA
La région Amériques
compte à la fois la
plus forte proportion
de répondants
mentionnant une
dépendance élevée
ou critique à l’égard
des tiers, et la part
la plus élevée de
répondants indiquant
intégrer et optimiser
leurs mécanismes
TPRM.
08Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
74,1 % des ré pondants ont
dû faire face à au moins un
incident lié à un tiers durant
ces trois dernières années.
Un répondant sur
cinq déclare avoir été
confronté à la défaillance
complète d'un tiers ou à un
incident aux conséquences
majeures, dont l'impact
aurait pu être minimisé si
la résilience avait été mieux
prise en compte.
Degré de préparation
Préparation
totale
Préparation
relative
Pas de
préparation
11,6%
16,1%
72,3%
1b. Les organisations se sentent mal préparées face
aux mutations impactant leur entreprise étendue.
Messages clés
Les participants à l’enquête s’accordent pour reconnaître la forte
progression des incertitudes et de la volatilité économique et
politique par rapport à l’an passé : parmi les facteurs en cause, on citera
notamment le changement d’administration aux Etats-Unis et les incertitudes
en découlant pour la politique gouvernementale, les craintes d’une montée
du protectionnisme dans le commerce international suite au vote du Brexit, et
l’apparition continue de nouvelles réglementations internationales, comme le
règlement général sur la protection des données (RGPD), qui durcit les
obligations légales dans l’ensemble de l’Union européenne.
L’étude révèle justement que la faiblesse des investissements pour consolider
la résilience organisationnelle dans un environnement si volatil et incertain
expose aujourd’hui les organisations à des risques majeurs. A peine 11,6% des
répondants se sentent « parfaitement préparés » aux incertitudes accrues
liées à l’environnement extérieur, alors qu’une forte majorité d’entre eux
(72,3%) s’estiment seulement « relativement bien préparés ». Quant au reste
(16,1%), ils ne se considèrent tout simplement pas préparés à faire face à ces
incertitudes grandissantes.
Parallèlement, les résultats de l’enquête font état d’une fréquence élevée
d’incidents avec les tiers. Ainsi, pas moins de 74% des dirigeants interrogés
rapportent avoir été confrontés à au moins un incident lié à un tiers au cours
des trois dernières années. Sur la même période, un répondant sur cinq
déclare avoir été confronté à la défaillance complète d’un tiers ou à un
incident aux conséquences majeures, dont l’impact aurait pu être minimisé si
la résilience avait été mieux prise en compte. Enfin, 26,3% des répondants ont
été confrontés à un manquement aux obligations réglementaires, tandis que
16,7% ont été victimes d’une atteinte à leur réputation, directement
attribuable à leurs relations avec les tiers.
09Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Les résultats par industrie
Même si le manque de préparation à des changements
d’ampleur dans l’environnement extérieur et l’exposition
à des épisodes de défaillance complète ou à des perturbations
majeures imputables à des tiers sont communs à l’ensemble des
secteurs, plusieurs industries sortent du lot :
• Aucun répondant des secteurs santé & sciences de la vie,
technologies, médias & télécommunications, et entreprises,
infrastructures & services ne s’estime parfaitement préparé à
de profondes mutations de l’environnement extérieur, même si
respectivement 23,1%, 23,3% et 30% d’entre eux déclarent avoir
été victimes d‘une défaillance complète ou de perturbations
majeures dues à un tiers ces trois dernières années.
• Le secteur des services financiers semble mieux préparé
aux évolutions de l’environnement, quoique seuls 17,3%
des dirigeants interrogés indiquent être fin prêts ; ils sont
néanmoins 21,3% à avoir été exposés à une défaillance
complète ou à une perturbation majeure due à un tiers ces
trois dernières années.
0%
50%
60%
70%
80%
90%
10%
20%
30%
40%
100%
Préparation complète Préparation relative Pas de préparation
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Santé & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, Médias
& Télécommunications
Services financiers
Les procédures de due diligence
ou de vérification applicables aux
tiers constituent autant de contrôles
préventifs et de garde-fous face à de
futurs défis.
Préparation à un changement majeur de l’environnement
extérieur par industrie
L’avis de Deloitte
Les investissements dans la TPRM consistent
généralement à mettre en œuvre des contrôles
portant sur des risques spécifiques que les tiers posent,
par nature, aux organisations, en fonction de la nature
de leurs prestations. Ces contrôles ont avant tout pour
objet de détecter les situations appelant l’attention de la
direction ou exigeant une remontée rigoureuse en temps
utile. De même, les procédures de due diligence ou de
vérification applicables aux tiers constituent autant de
contrôles préventifs et de garde-fous face à de futurs défis.
Destinée à réduire l’impact des incidents dérivant des
risques liés aux tiers, la résilience n’est pas suffisamment
prise en compte, sauf lorsque la réglementation l’impose,
comme dans le secteur des services financiers.
Les incertitudes liées à l’environnement externe devraient
occuper une place majeure dans la feuille de route des
fonctions risques durant les 12 prochains mois, afin
d’investir dans la résilience et ainsi compléter les efforts
axés jusque-là sur la détection et la prévention. Pour
Deloitte, il s’agit d’une des grandes tendances en matière
de risques pour 2017.
10Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Les résultats par région
De toutes les régions, les Amériques sont les mieux
préparées : 18,8% de ses représentants déclarent
être parfaitement prêts, devant l’Asie-Pacifique où 14,3% des
répondants partagent le même avis.
A l’opposé, en zone EMEA, moins d’un répondant sur dix se
dit parfaitement préparé aux mutations de l’environnement
extérieur, alors même que les situations de défaillances
complètes ou de perturbations majeures dues aux tiers sont les
plus fréquentes (23,7%).
C’est dans les Amériques que les incidents liés aux tiers et
occasionnant un préjudice réputationnel sont les plus fréquents
(un répondant sur quatre en fait mention), tandis que la région
EMEA se distingue par la plus forte proportion de défaut de
conformité aux obligations réglementaires (28,5%).
En zone EMEA, moins d’un répondant sur dix
se dit parfaitement préparé aux mutations de
l’environnement extérieur, alors même que
les situations de défaillances complètes ou de
perturbations majeures dues aux tiers sont les
plus fréquentes (23,7%).
Résilience aux risques découlant de l’évolution de l’environnement extérieur par région
AmériquesA sie-Pacifique EMEA
18,8%
14,3% 9,9%
49,0%68,8%
12,5%
36,7%
79,0%
11,1%
Préparation complète
Préparation relative
Pas de préparation
11Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
2. Gestion et suivi
des relations
avec les tiers
2a. Si la compréhension du paysage des tiers progresse,
les données nécessaires à l’identification et à la
gestion des risques qui y sont associés sont toutefois
insuffisantes.
2b. Le développement des capacités d’identification des
risques émergents liés aux tiers devient clé.
12
Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
2a. Si la compréhension du paysage des tiers progresse,
les données nécessaires à l’identification et à la
gestion des risques qui y sont associés sont toutefois
insuffisantes.
Messages clés
L’enquête révèle que plus de la moitié (55,4%) des organisations
interrogées jugent leur connaissance des tiers forte à excellente,
tandis que les autres (44,6%) l’estiment faible ou relative.
Cela étant dit, bien que le niveau global de connaissance des tiers semble avoir
augmenté depuis que les organisations ont commencé à investir dans des
programmes de TPRM holistiques et intégrés, les résultats de l’étude font
ressortir un manque de confiance dans les données nécessaires à la gestion
de ces risques. Pas moins de 53,8% des répondants estiment avoir une
connaissance limitée ou insuffisante des conditions contractuelles et des
données y afférentes.
Aucune initiative organisationnelle spécifique ne semble être prise pour
améliorer la qualité et le niveau de maîtrise et d’utilisation de ces informations
dans près de la moitié des organisations (46,6%) participant à l’enquête.
46,6 % des ré pondants ne prennent aucune initiative
organisationnelle pour améliorer la qualité des données
relatives à l’exécution des contrats et renforcer ainsi la
connaissance des tiers avec lesquels ils collaborent.
Niveau de compréhension des tiers et de maîtrise des données contractuelles y affére ntes
Compréhension
faible à relative
Compréhension
forte à excellente
Connaissance
insuffisante
Connaissance limitée Bonne
connaissance
44,6%
6,1%
55,4%
47,7%
46,2%
13Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Les résultats par industrie
L’enquête souligne des écarts entre les différents
secteurs dans la connaissance des tiers et la maîtrise des
données contractuelles :
• Les organisations des secteurs services financiers, énergie
& ressources, et entreprises, infrastructures & services se
montrent les plus confiantes quant à leur connaissance des tiers,
puisque respectivement 64% (services financiers), 64% (énergie
& ressources) et 67% (entreprises, infrastructures & services)
d’entre elles l’estiment raisonnable à excellente. Ces trois
secteurs déclarent également avoir la plus forte maîtrise des
données contractuelles, avec respectivement 49,3% (services
financiers), 63,6% (énergie & ressources) et 46,4% (entreprises,
infrastructures & services) d’entre elles qui jugent en avoir une
connaissance raisonnable à élevée.
• Les organisations du secteur public et du secteur manufacturier
se déclarent, pour leur part, moins confiantes dans leur
connaissance des tiers, puisqu’elles ne sont que 37% (secteur
public) et 40% (secteur manufacturier) à l’estimer raisonnable à
excellente. De la même manière, moins de la moitié d’entre elles
précisent maîtriser suffisamment les contrats y afférents.
L’avis de Deloitte
D’après notre expérience, il existe une corrélation
directe entre la place occupée par les données
dans une organisation et sa capacité à gérer ses relations
avec les tiers de manière globale, en prenant en compte les
opportunités et les risques correspondants.
Les spécialistes de Deloitte estiment qu’en l’absence
d’initiatives visant à améliorer la qualité des données, le
faible niveau de compréhension des données concernant
les tiers compromet la possibilité de prendre des décisions
avisées s’agissant des risques liés.
Il est intéressant de noter que le renforcement des
processus de contractualisation (par exemple, grâce à
des modèles centralisés) revient très souvent dans les
initiatives organisationnelles des participants à l’enquête.
Les avantages d’une telle initiative seraient amplifiés
si les données étaient mieux prises en compte dans la
démarche.
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Compréhension raisonnable à excellente Compréhension faible à relative
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Sant? & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, M?dias
& T?l?communications
Services financiers
Connaissance insuffisanteConnaissance limitée Bonne connaissance
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Différents niveaux de compréhension des tiers
(par industrie)
Différents niveaux de connaissance des conditions
contractuelles/données relatives aux tiers (par industrie)
Organisations ne prenant aucune initiative particulière
pour l‘amélioration de la qualité des données liées aux tiers
(par industrie)
0% 10% 20% 30%4 0% 50%6 0%
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de grande
consommation
Energie & Ressources
Santé & sciences
de la vie
Secteur manufacturier
Secteur public
Technologies, Médias
& Télécommunications
Services financiers
14Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Les résultats par région
La maîtrise des données contractuelles atteint son plus
haut niveau dans la région Amériques, où 61,1% des
répondants l’estiment bonne, et le plus faible en Asie-Pacifique,
où seuls 31,6% des répondants ont choisi cette réponse.
Ce résultat se reflète dans la proportion d’organisations
ayant des initiatives liées aux données des tiers. En effet, ce
pourcentage est le plus élevé dans les Amériques (66,7%), devant
EMEA (60,4%), contre seulement 32,5% en Asie-Pacifique.
Les Amériques présentent la plus forte
proportion d’organisations prenant des initiatives
concernant les données des tiers (66,7%).
Différents niveaux de maîtrise des données contractuelles par région Importance relative des initiatives concernant les données
tiers dans les régions Amériques et EMEA par rapport à
Asie-Pacifique
Amériques Asie-PacifiqueE MEA
11,1%
7,9% 5,0%
31,6%
60,5%
27,8%
61,1%
50,5%
44,5%
Connaissance insuffisante Connaissance limitée Bonne connaissance
66,7%
Amériques
60,4%
EMEA
32,5%
Asie-Pacifique
15Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
2b. Le développement des capacités d’identification
des risques émergents liés aux tiers devient clé.
Messages clés
En 2016, seuls 6,5% des participants à notre enquête témoignaient
d’une confiance élevée dans le suivi des risques liés aux tiers et les
mécanismes de gestion qui s’y appliquent.
Même si leur proportion est passée à 7,4% dans cette étude, ce pourcentage
demeure faible et indique que les capacités de suivi des risques opérationnels
ne sont pas à la hauteur des attentes des parties prenantes.
Par ailleurs, l’augmentation du niveau de confiance ne semble pas corrélée à la
consolidation des capacités d’identification des risques émergents liés aux
tiers. Les résultats de l’enquête indiquent en effet que seuls 13,6% des
répondants disposent de capacités à identifier les risques émergents et les
enjeux de performance des tiers et les ont efficacement intégrées à leurs
processus de gestion des tiers. Les 78,9% restants (exclusion faite des 7,5% ne
prévoyant aucune action en la matière) se trouvent à différents stades du
processus. Même si les discussions ou les efforts progressent dans 29% des
organisations, les répondants ne sont pas moins de 50% à déclarer n’exploiter
ces capacités que dans de très rares cas.
Seuls 13,6 % des dirigeants
déclarent disposer de
capacités pour identifier les
risques imminents et les
enjeux de performance des
tiers et déclarent également les
avoir efficacement intégrées
aux processus de gestion de
leur entreprise étendue. Par
ailleurs, 78,9 % des dirigeants
ayant répondu à l’enquête se
trouvent à différents stades de
développement de ces
capacités.
Degré de confiance dans la gestion et le suivi
organisationnels des tiers
Niveau de maturité dans la mise en œuvre des
capacités d’identification des risques émergents
Elevé Faible
Aucun projet n'existe en la matière
Des discussions sont en cours
Des efforts sont en cours
Ces capacités sont appliquées de manière limitée
Ces capacités sont bien intégrées à nos processus
17,4%
83,0%
7,5%
15,9%
13,1%
13,6%
50,0%
Même si les discussions ou les efforts progressent
dans 29% des organisations, les répondants ne
sont pas moins de 50% à déclarer n’exploiter ces
capacités que dans de très rares cas.
16Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Fort Faible à moyen
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Aucune capacité ou capacité limitée Capacités correctement intégrées
Les résultats par région
La région Amériques devance nettement les autres,
puisque 21,4% des organisations interrogées annoncent
avoir développé des capacités de vigilance et de suivi
prospectif et les avoir parfaitement intégrées aux processus
GGRT.
Les zones EMEA (14,4%) et Asie-Pacifique (9,3%) sont loin
derrière.
Organisations disposant de capacités de vigilance et de
suivi prospectif correctement intégrées aux processus
TPRM
21,4%
Amériques
14,4%
EMEA
9,3%
Asie-Pacifique
Degré de confiance dans la gestion et le suivi
organisationnels de tiers par industrie
Capacité de suivi des tiers par industrie
L’avis de Deloitte
Pour Deloitte, passer de la détection à la
prévention du risque est crucial, car cela traduit
la volonté des organisations à instaurer une TPRM
optimisé et mature. La rapidité de mise en œuvre et la
fluidité d’intégration des mécanismes de vigilance liés aux
tiers contribuent en effet à une identification proactive
des risques émergents et des enjeux de performance
de ces derniers. Par ricochet, ces avancées concourent
à une meilleure prévention des menaces et optimisent
par là même les capacités TPRM et la confiance des
parties prenantes. Les organisations peuvent envisager
la possibilité de tirer parti des modèles de services
émergents comme les « managed services » ou les hubs
d’information, pour identifier les risques de défaillance
des tiers et se donner ainsi les moyens d’empêcher les
manquements ou de réduire l’impact des préjudices.
Les résultats par industrie
Les organisations du secteur public affichent le plus
bas niveau de confiance de leurs parties prenantes
dans les mécanismes de suivi et de gestion des tiers. Par ordre
croissant, viennent ensuite la santé & les sciences de la vie (7,7%
des répondants partagent cet avis), les technologies, médias &
télécommunications, les produits de grande consommation (tous
deux 11,1%) et le secteur énergie & ressources (13,6%).
Les capacités de vigilance ou de suivi prospectif semblent être les
plus évoluées dans le secteur des services financiers, où 18,7%
des répondants ont développé et intégré ces capacités à d’autres
aspects de la maîtrise des risques liés aux tiers.
Loin derrière les services financiers, ce pourcentage diminue
dans les secteurs technologies, médias & télécommunications
(11,1%), produits de grande consommation (11,1%), entreprises,
infrastructures & services (10%) et énergie & ressources (9,1%). Il
est à noter, par ailleurs, qu’aucun répondant du secteur public n’a
développé et intégré ces capacités.
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Sant? & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, M?dias
& T?l?communications
Services financiers
17Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
3. Processus de gouvernance
et de gestion
des risques
3. Le niveau de confiance reste faible dans les processus
et les technologies TPRM.
18
Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
3. Le niveau de confiance reste faible dans les processus
et les technologies TPRM.
Messages clés
Selon l’enquête, les risques liés aux tiers sont portés
systématiquement ou régulièrement à l’ordre du jour du conseil
d’administration dans 53,2% des organisations interrogées. Ces dernières sont
souvent les plus progressistes, appréciant les avantages procurés par
l’interconnexion entre risque et stratégie au plus haut niveau de l’organisation,
ou alors sont soumises à des obligations réglementaires - pour celles opérant
dans un environnement fortement réglementé. Certaines organisations
indiquent que leur conseil d‘administration a commencé à s’intéresser aux
enjeux de TPRM suite à un grave incident lié à un tiers, avec un impact
significatif sur leurs clients
La responsabilité ultime de la gestion des risques liés aux tiers repose sur les
conseils d’administration, les PDG, les Directeurs financiers, les Directeurs des
achats ou autres membres de l’équipe dirigeante dans 74,6% des cas - chiffre
traduisant là encore l’évolution encourageante de la TPRM vers un niveau
stratégique.
Toutefois, le niveau de confiance dans la qualité des processus TPRM n’en
demeure pas moins très faible, puisque 82,5% des répondants déclarent
devoir continuer à faire des efforts en la matière. Même constat quant à
l’intérêt de la technologie : la proportion de répondants doutant de l’utilité des
technologies TPRM dans leur organisation n’a que faiblement reculé, passant
de 94,3% lors de notre dernière enquête à 90,6%.
La responsabilité ultime de la gestion des risques des
tiers repose sur les conseils d’administra tion, les PDG, les
Directeurs financiers, les Directeurs des achats ou autres
membres de l'équipe dirigeante dans
74,6 % des cas.
Inscription de la gestion des risques
liés aux tiers à l'ordre du jour du
conseil d’administration
Responsabilité globale de TPRM
Membre (s) du CA
PDG
Directeur financier
Directeur de la gestion
des risques
Directeur des achats
Directeur de la gestion des
fournisseurs/alliances
Responsable des fournisseurs/alliances
Directeur de l'audit interne
Directeur de la conformité
Autres/Non déterminé
Non
Par intermittence (faible importance)
Réactive (réponse à des incidents)
Périodique (avec une urgence variable)
Constante (composante critique)
6,3%
16%
11,7%
28,8%41,5%
11,7%
20%
19%
11%
13%
12%
12%
4%
3%
3%
19Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
30%
20%
10%
40%
50%
60%
70%
0%
Point critique constamment porté à l'ordre du jour
Point périodiquement porté à l'ordre du jour avec un niveau d’urgence variable
Inscription des risques liés aux tiers à l’ordre du jour du CA
par industrie
Les rôles du conseil d’administration et de la direction
générale sont clés pour avancer dans la mise en place
de dispositifs efficaces de gestion des risques des tiers.
L’avis de Deloitte
Tout comme celle de 2016, l‘enquête de cette
année met en relief l’existence d’un écart
entre les attentes placées dans la TPRM et la réalité.
Ce fossé s’explique par le fait que les technologies,
processus et compétences nécessaires à l’obtention des
résultats escomptés ne sont pas réunis pour soutenir les
engagements organisationnels.
Bien que l’écart en question ait commencé à se résorber
ces 12 derniers mois, il reste encore beaucoup de chemin
à parcourir pour que les processus, les mécanismes de
suivi et les technologies TPRM parviennent à un niveau
réellement satisfaisant.
De l’avis des spécialistes de Deloitte, l’appropriation
de la TPRM par le conseil d‘administration (CA) et les
membres du COMEX est généralement primordiale pour
que les organisations gèrent les risques des tiers de
manière efficace et effective. Elles doivent capitaliser sur
le rôle du CA et de la direction générale pour combler
l’écart entre attentes et exécution. Cela étant dit, cette
réflexion sur la transformation n’a pas encore eu d’impact
substantiel sur les organisations soumises à une faible
pression réglementaire et sur celles n’ayant pas encore été
exposées aux impacts négatifs d’un incident lié aux tiers.
Les résultats par industrie
La gestion des risques des tiers est inscrite fréquemment
ou systématiquement à l’ordre du jour des conseils
d’administration des secteurs des services financiers (62,6% des
répondants), santé & sciences de la vie (61,5%), technologies,
médias & télécommunications (61,1%) et énergie & ressources
(59%), avec un degré d’urgence et de criticité supérieur à celui du
secteur manufacturier (40,1% des répondants).
Le niveau de confiance dans les processus TPRM est le plus faible
dans les secteurs public, santé & sciences de la vie, technologies,
médias & télécommunications, et énergie & ressources
(seulement 7,7% des répondants ont exprimé un niveau de
confiance élevé pour le secteur de la santé & des sciences
de la vie, 11,1% pour le secteur des technologies, médias &
télécommunications, 12,5% pour le secteur public, et 13,6% pour
le secteur énergie & ressources). Ce pourcentage atteint les 22,7%
dans le secteur financier, montrant les progrès à réaliser, même
pour l’industrie la plus sensibilisée et contrainte par le sujet.
Le niveau de confiance dans les technologies soutenant les
processus TPRM est le plus faible dans les secteurs de la
santé & des sciences de la vie, et des technologies, médias
& télécommunications, où aucun répondant n’a indiqué un
niveau de confiance élevé. Il atteint en revanche son meilleur
score dans le secteur public et le secteur manufacturier, dont
l’environnement économique a été relativement plus stable que
celui des secteurs santé & sciences de la vie et technologies,
médias & télécommunications, même si, là encore, le pourcentage
de répondants se déclarant très confiants (respectivement 12,5%
et 14,3%) en dit long sur l’ampleur des progrès qui restent à
accomplir.
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Sant? & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, M?dias
& T?l?communications
Services financiers
20Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Sant? & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, M?dias
& T?l?communications
Services financiers
20%
40%
60%
80%
100%
0%
Elevé Faible à moyen
Toutes
industries
confondues
30%
50%
70%
20%
10%
40%
60%
80%
0%
AmériquesA sie-Pacifique EMEA
Point critique constamment porté à l'ordre du jour
Point périodiquement porté à l'ordre du jour avec un niveau
d’urgence variable
80%
85%
90%
95%
100%
75%
Elevé Faible à moyen
Toutes
industries
confondues
100%
20%
40%
60%
80%
0%
AmériquesA sie-Pacifique EMEA
Elevé
Faible à moyen
Niveau de confiance dans les processus TPRM par secteur
Niveau de confiance dans les technologies soutenant
les processus TPRM par secteur
Niveau de confiance dans les processus TPRM par région
Les résultats par région
Qu’elle soit périodique ou permanente, l’inscription
de la gestion des risques liés aux tiers à l’ordre du
jour du conseil d’administration est réalisée de manière plus
fréquente dans la région Amériques (78,5% des répondants)
que dans les autres régions du monde. La zone EMEA (56,9%)
arrive en seconde position, suivie par l’Asie-Pacifique (34,9%).
Le niveau de confiance dans les processus TPRM est le plus
élevé dans la région Amériques, où 24,9% des répondants se
déclarent très confiants. Ce pourcentage tombe au plus bas
en Asie-Pacifique avec 13,9%. La région EMEA, quant à elle, se
situe au milieu avec 18,5%.
Cependant, le niveau de confiance dans les technologies sous-
tendant les processus TPRM est faible quelle que soit la région
considérée : en effet, les dirigeants interrogés ne sont que
12,5% (Amériques), 11,6% (Asie-Pacifique) et 9,5% (EMEA) à se
déclarer très confiants.
Inscription de la gestion des risques liés aux tiers à l’ordre
du jour du conseil d’administration par région
21Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
4. Plateformes technologiques
4. Les plateformes technologiques continuent d’être
déployées de manière fragmentée.
22
Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
4. Les plateformes technologiques continuent d’être
déployées de manière fragmentée.
Messages clés
Les résultats de l’enquête montrent que les entreprises souhaitant
mettre en place une solution intégrée TPRM se contentent pour
l’instant d’une approche fragmentée et parcellaire. Cela présente certains
avantages limités (notamment l’exploitation des différentes possibilités que
proposent les outils du marché), mais contraint à la mise en place de processus
manuels pour créer des passerelles entre les différentes plateformes.
55% des répondants combinent désormais plusieurs plateformes
technologiques pour gérer les différentes typologies de risques liés aux tiers,
voire pour gérer les différentes catégories de tiers, lorsque leurs organisations
sont globales et décentralisées.
Cités par 43,9% des répondants, les ERP demeurent la plateforme
technologique la plus courante pour gérer les risques des tiers, suivis par les
logiciels sur mesure utilisés par 20,4% des répondants pour compléter les ERP.
Enfin, 19,9% des dirigeants interrogés utilisent actuellement les modules TPRM
de solutions GRC (Gouvernance, Risque et Conformité) plus larges, alors que
17% se tournent vers des logiciels standard de gestion des risques des tiers.
55% des ré pondants à
l'enquête combinent
désormais plusieurs
plateformes technologiques
pour répondre aux
exigences de la TPRM.
0
10
20
30
40
50
Les technologies TPRM : une approche fragmentée
ERP
Outil GRC (Gouvernance, Risque et Conformité)
Logiciel standard de gestion des risques des tiers
Logiciel sur mesure
23Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Les résultats par industrie
Le secteur énergie & ressources (81,8%), le secteur
public (62,5%), et le secteur de la santé & des sciences
de la vie (61,5%) privilégient l’utilisation des modules d’ERP
standard pour la gestion des risques de leurs tiers. Dans
les autres secteurs, au moins 50% des répondants utilisent
également les ERP pour la TPRM, à l’exception du secteur des
services financiers où ce pourcentage s’élève seulement à 26,7%.
Les secteurs public (50%), énergie & ressources (27,3%) et
services financiers (24%) sont les trois premiers utilisateurs
d’outils GRC pour gérer les risques de leurs tiers, tandis que le
secteur santé & sciences de la vie et le secteur manufacturier
sont ceux qui y ont le moins recours (7,7% et 11,4%).
Les logiciels standard de gestion des risques des tiers sont les
plus utilisés dans les secteurs des services financiers (22,7%),
des produits de grande consommation (22,2%) et énergie &
ressources (18,2%). Ils le sont nettement moins dans le secteur de
la santé & des sciences de la vie (7,7%) et sont inexistants dans le
secteur public.
Les secteurs public (37,5%), entreprise, infrastructure & services
(33,3%) et services financiers (28%) sont les trois premiers
utilisateurs de solutions sur mesure, tandis que le secteur
manufacturier est en bas du classement avec 5,7%.
Les différe ntes approches technologiques de gestion des risques des tiers, par industrie
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Services
financiers
Santé & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, Médias
& Télécommunications
ERP
Logiciel standard de gestion des risques des tiersL ogiciel sur mesure
Outil GRC
0%
20%
40%
60%
80%
100%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
0%
5%
10%
15%
20%
25%
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
40%
24Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
L’avis de Deloitte
Avec les technologies adéquates, les entreprises
peuvent mettre en œuvre et piloter des
programmes de TPRM qui leur permettront de renforcer
leur efficacité, de réduire leurs coûts, d’améliorer leur
qualité de service, et d’accroître la rentabilité de leurs
fonds propres. L’expérience de Deloitte en la matière
montre que les organisations ayant une démarche
technologique clairement définie pour gérer les risques
liés aux tiers ont tendance à augmenter leur rendement
sur fonds propres de 4 à 5%.
L‘utilisation des outils et des technologies permet de
réduire le temps passé sur les processus précontractuels,
post-contractuels et de contrôle/suivi ; et ce faisant, de
libérer du temps pour se concentrer sur la définition de la
stratégie de gestion des risques des tiers et sur la création
de valeur qui en découle.
La plupart des participants à l’enquête souhaitent mettre
en place des plateformes technologiques permettant
d’adresser le plus grand nombre possible de composants
de la gestion des risques des tiers (exemples : réalisation
de due diligences et d’évaluations continues des risques,
suivi de KPIs et autres données de performance au
travers de tableaux de bord, facilitation de l’accès à
la documentation, remontée des anomalies…). Cela
présente certains avantages, notamment l’exploitation
des différentes possibilités que proposent les outils du
marché, mais contraint de nombreuses organisations à
des démarches manuelles pour corriger les écarts entre
les différentes plateformes.
Les résultats par région
Le recours à des plateformes technologiques pour
gérer les risques des tiers est le plus élevé dans la
région Amériques : ERP (64,3%), outils GRC (50%) et logiciels
standard de gestion des risques des tiers (35,7%).
L‘utilisation d’outils GRC (19,6%) et de logiciels standard de
gestion des risques des tiers (21,7%) est moins répandue
dans la région EMEA, où elle est contrebalancée par le
recours accru aux logiciels sur mesure (26,6%).
Les répondants de la région Asie-Pacifique semblent être
le plus à l’écart des technologies de gestion des risques liés
aux tiers.
0%
20%
40%
60%
80%
ERP
0%
10%
20%
30%
40%
Logiciel standard de gestion des risques des tiers
0%
10%
20%
30%
Logiciel sur mesure
0%
10%
20%
30%
40%
50%
Outil GRC
Amériques Asie-PacifiqueEMEA
Utilisation des plateformes technologiques TPRM
par région
25Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Modèles de prestations
émergents
5a. Le recours accru aux centres d’excellence et aux
modèles de « managed services » apporte compétences
et cohérence dans des environnements fortement
décentralisés.
5b. La création de hubs d’information communautaires
fonctionnant comme des places de marché est une
tendance forte.
26
Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
5a. Le recours accru aux centres d’excellence et aux
modèles de « managed services » apporte compétences
et cohérence dans des environnements fortement
décentralisés.
Messages clés
Les grandes organisations continuent d’être gérées de manière
décentralisée (comme c’était déjà le cas lors de la précédente édition
de cette étude) : 62,4% des répondants jugent leur degré de décentralisation
supérieur ou égal à leur degré de centralisation. Ce constat représente un défi
de taille pour le déploiement d’une approche holistique et unifiée de la
gouvernance et de la gestion des risques liés aux tiers. C’est la raison pour
laquelle nous assistons au développement de différents modèles de
prestation hybrides et innovants, combinant les caractéristiques des
organisations centralisées et décentralisées, et préservant agilité et
compétitivité sur le marché.
L’enquête révèle que la majorité des sondés (59%) ont élargi ou sont en train
d’élargir le rôle de leurs services centralisés internes en y incluant des centres
de services partagés (CSP) et des centres d’excellence dédiés à la gestion des
risques des tiers, afin de développer standardisation, compétences et talents.
Les répondants sont toutefois 12,8% à se tourner progressivement vers les
modèles de « managed services » proposés par des prestataires de services
externes. Cela reflète une volonté de cohérence et de montée en
compétences.
Parallèlement, 28,2% des répondants demeurent indécis sur la marche à
suivre, préférant observer avant de se décider…
Plus de 59% des ré pondants
s'orientent vers une
centralisation accrue des
fonctions internes pour
mener à bien la gestion des
risques liés aux tiers.
Modèles émergents de prestations de services
(centres d’excellence, centre s de services
partag?s vs mod?les de ? managed services?
fournis par des prestataires externes)
Basculement progressif vers une fonction interne centralisée
Basculement progressif vers un modèle de prestations externalisé
Aucun des deux/Choix incertain
59,0%
12,8%
28,2%
27Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
L’avis de Deloitte
Le choix entre une fonction interne et centralisée
et un modèle de « managed services » fourni par
un prestataire externe pour la TPRM peut entraîner des
conséquences importantes et doit donc être considéré
avec attention.
Les organisations qui évoluent vers une fonction interne
centralisée dans ce domaine sont avant tout guidées par le
besoin de conserver un contrôle organisationnel sur cette
activité essentielle.
Pour autant, l’option des modèles de « managed services »
permet à l’organisation de choisir un niveau de
personnalisation adapté à ses besoins, ce qui n’est pas le
cas pour la plupart des services, tout en bénéficiant de
coûts moins élevés que ceux d’une équipe dédiée interne.
Les centres d’excellence et les modèles de « managed
services » permettent la mise en place de normes
homogènes, la définition de processus uniformes,
l’implémentation d’une technologie commune à toutes les
activités de l’organisation avec une orientation stratégique
à plus long terme, l’apport de formations, l’évaluation des
risques et l’apport de lignes directrices.
En parallèle, les dirigeants conservent la responsabilité de
la gestion des risques et de la gouvernance.
Les résultats par industrie
Les organisations du secteur public, du secteur
manufacturier et des Services financiers semblent
prioriser le développement d’une fonction interne centralisée
consacrée à la gestion des risques des tiers. En effet, la plupart
des répondants (77,5% pour le secteur public, 68,6% pour le
secteur manufacturier et 65,3% pour les Services financiers) ont
une stratégie claire sur cette approche.
Par ailleurs, les répondants du secteur technologie, médias et
télécommunications sont les premiers à tirer réellement parti
d’un modèle de « managed services » fourni par un prestataire
de services externe (27,8% des sondés).
À l’opposé, dans le secteur santé & sciences de la vie, aucune
organisation ne présente d’intérêt pour les modèles de
« managed services ». Une large proportion de répondants de
ce secteur doivent clarifier leur stratégie sur ce sujet. 20%
40%
60%
80%
100%
0%
Basculement progressif vers une fonction interne centralisée
Basculement progressif vers un modèle de prestation externalisé
Aucun des deux/Choix incertain
Tendances caractérisant les modèles de prestations
émergents applicables à la gestion des risques liés
aux tiers, par industrie
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Sant? & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, M?dias
& T?l?communications
Services financiers
28Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Les résultats par région
La région EMEA est la première à envisager un
basculement progressif vers une fonction interne
centralisée (60,8% des répondants), alors que la région des
Amériques présente le pourcentage le plus élevé de répondants
indiquant vouloir passer à un modèle de prestations externalisé
(35,7%).
Tendance régionale des modèles de prestations
20%
40%
60%
80%
100%
0%
AmériquesA sie-Pacifique EMEA
Basculement progressif vers une fonction interne centralisée
Basculement progressif vers un modèle de prestations externalisé
Aucun des deux/Choix incertain
Différents modèles de prestations hybrides et
innovants sont en cours de développement.
Ils combinent les caractéristiques des
organisations centralisées et décentralisées,
et leur permettent de rester agiles et
compétitives sur leur marché.
29Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Un dirigeant sur cinq a déjà recours aux plateformes
d’information collaboratives (modèles d’information
communautaires disponibles sous forme de «marketplace»)
sur les risques liés aux tiers ou a l’intention d’y avoir recours
dans un futur proche.
Néanmoins,
51,3 % des sondés déclarent ne pas avoir
connaissance de cette tendance émergente.
Recours aux plateformes d’information collaboratives du marché
Prévoient d’y avoir recours dans
un futur proche
Y ont peu recours
Y ont beaucoup recours
Ne prévoient pas d’y avoir recours dans
un futur proche
N’ont pas connaissance de ces
plateformes
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60%
5b. L’émergence de plateformes d’information
collaboratives disponibles sous forme de
« marketplace » est une tendance croissante.
Messages clés
Dans un monde interconnecté, le partage d’informations en mode
collaboratif au sein et entre les organisations est de plus en plus
reconnu comme un facteur de succès de la gouvernance et de la gestion des
risques. C’est dans ce contexte qu‘ont émergé les plateformes d’information
collaboratives : des modèles communautaires de partage d’information
fonctionnant sous forme de « marketplace », pour la TPRM.
Notre enquête révèle qu‘aujourd’hui, environ un répondant sur cinq a recours
à ce type de service ou a l’intention de le faire dans un avenir proche. Les
répondants voient dans cette pratique une tendance susceptible de les aider à
optimiser leurs efforts de gestion des risques liés aux tiers.
Néanmoins, le faible niveau de visibilité de ces plateformes d’information
(51,3% des répondants n’ont pas connaissance de ce type de service) risque de
limiter les bénéfices - résultant du partage d’information sur les tiers - que les
organisations peuvent en tirer.
30Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
0% 20% 40% 60% 80% 100%
Y ont beaucoup recours
Y ont peu recours
Prévoient d’y avoir recours dans un futur proche
Ne prévoient pas d’y avoir recours dans un futur proche
N’ont pas connaissance de ces plateformes
Recours aux plateformes d’information collaboratives
par industrie
L’avis de Deloitte
Ces plateformes ouvrent la voie à une approche
innovante selon laquelle les membres de la
communauté (en général, de grandes organisations évoluant
dans un vaste écosystème de tiers) unissent leurs forces pour
réduire le temps passé à la présélection et l’évaluation continue
des tiers.
Dans le cadre de ce schéma, les organisations s’entendent sur
l’application de normes communes aux tiers et sur le choix de
données de performance précises, et collaborent pour les
recueillir. Cette collaboration se trouve fréquemment facilitée
par des infomédiaires externes faisant de ces plateformes des
« marketplace » accessibles au moyen d’un abonnement. En
ayant recours au cloud ou à d’autres technologies agiles,
l’infomédiaire donne ensuite accès à une plateforme
indépendante de données et d’analytics validées, qui aident les
organisations à gérer les risques. De cette façon, le partage
contrôlé d’informations non confidentielles accroît l’efficacité,
renforce les standards de conformité et réduit les coûts pour
tous les membres de la communauté.
Outre la conformité à des standards minimums de présélection
reposant sur la criticité du tiers, d’autres domaines potentiels
liés au TPRM peuvent être partagés, comme par exemple : la
confidentialité et la protection des données, la cybersécurité, la
conformité réglementaire, la responsabilité sociale de
l’entreprise (RSE), l’éthique et le développement durable, la
rupture et la continuité de l’approvisionnement, la lutte
anti-corruption, la qualité et la sûreté, la conformité des achats
dans l’UE et la soutenabilité financière. Certains de ces services
disponibles sur le marché proposent également des audits
indépendants et des « Significant Event Notification and
Tracking (SENT) », qui permettent aux organisations membres
de gérer de manière proactive les événements disruptifs
survenant à l’échelle de la communauté.
Cependant, les plateformes d’information collaboratives ne
dispensent pas les organisations de s’investir dans leurs
propres systèmes TPRM et de prévoir des évaluations liées aux
normes et accords conclus avec leurs tiers. Notons enfin que
certains fournisseurs de plateformes d’information se mettent
eux aussi à proposer des « managed services », ce qui accélère
la croissance de la tendance.
Les résultats par industrie
Le secteur énergie & ressources est le premier secteur
ayant recours aux plateformes d’information ou ayant
l’intention de le faire dans un avenir proche, avec 40,9% de
répondants.
A l’opposé, les répondants des secteurs public (62,5%), santé &
sciences de la vie (53,8%) et produits de grande consommation
(51,9%) semblent les moins sensibilisés à ce sujet.
Entreprises,
infrastructures
& services
Produits de
grande
consommation
Energie &
Ressources
Sant? & sciences
de la vie
Secteur
manufacturier
Secteur public Technologies, M?dias
& T?l?communications
Services financiers
31Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Les résultats par région
L’intérêt pour les plateformes d’information
collaboratives semble être le plus élevé dans la
région Amériques, où 49,2% des répondants indiquent en
utiliser une ou avoir l’intention de le faire à brève échéance.
Il est en revanche très faible en Asie-Pacifique (7,2%), tandis
que la région EMEA occupe une position intermédiaire
(25,9%).
C’est également en Asie-Pacifique que le déficit de
sensibilisation est le plus élevé, puisque 59,5% des
répondants de la région ignorent l’existence de ces
plateformes d’information.
Recours aux plateformes d’information collaboratives par région
EMEA
Asie-
Pacifique
Amériques
0% 20% 40%6 0% 80%1 00%
Y ont beaucoup recours
Y ont peu recours
Prévoient d’y avoir recours dans un futur proche
Ne prévoient pas d’y avoir recours dans un futur proche
N’ont pas connaissance de ces plateformes
Le partage collaboratif d’information entre les
organisations gagne rapidement en popularité.
C’est un vecteur clé de réussite dans la gestion
des risques liés aux tiers.
32Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Marc Duchevet
Associé
mduchevet@deloitte.fr
01 55 61 27 72
Grégory Abisror
Associé
gabisror@deloitte.fr
01 58 37 94 03
Sonia Cabanis
Directrice
scabanis@deloitte.fr
01 58 37 03 04
33Gouvernance et gestion des risques des tiers I Surmonter les menaces et les incertitudes
Contacts
Deloitte fait référence à un ou plusieurs cabinets membres de Deloitte Touche Tohmatsu Limited (DTTL), société de
droit anglais (« private company limited by guarantee »), et à son réseau de cabinets membres constitués en entités
indépendantes et juridiquement distinctes. DTTL (ou « Deloitte Global ») ne fournit pas de services à des clients. Pour
en savoir plus sur notre réseau global de firmes membres : www.deloitte.com/about. En France, Deloitte SAS est le
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Deloitte fournit des services professionnels en audit & assurance, consulting, financial advisory, risk advisory,
juridique & fiscal et expertise comptable à ses clients des secteurs public et privé, quel que soit leur domaine
d’activité. Deloitte sert quatre entreprises sur cinq du Fortune Global 500
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2023
Gouvernance et gestion des risques des tiers - Surmonter les menaces et les incertitudes - Enquête mondiale DELOITTE 2017 sur la gestion des risques dans les entreprises étendues - Mars 2018
SOMMAIRE
- Editorial 01
- Avant-propos 02
- Dépendance et vulnérabilité 04
- Gestion et suivi des relations avec les tiers 12
- Processus de gouvernance et de gestion des risques 18
- Plateformes technologiques 22
- Modèles de prestations émergents 26
- Contacts 33