Gilets jaunes : comment les commerçants
peuvent se faire rembourser
>Économie|Boris Cassel @BorisCassel|04 décembre 2018, 13h07|MAJ : 04 décembre 2018,
14h08|2
Paris, le 3 décembre. Deux jours après les émeutes, les commerçants du quartier de l'Etoile
travaillent à réparer les dégradations. LP / Philippe de Poulpiquet
Pour faire face aux dégâts directs ou à la baisse de leurs
marges à cause du mouvement des Gilets jaunes, les
commerçants font appel aux assureurs.
Vitrines cassées, locaux incendiés, magasins pillés, rideaux baissés par mesure de sécurité…
A quelques jours des fêtes de Noël, la facture du mouvement des Gilets jaunes s’annonce
salée pour les commerçants. Pour y faire face, ils font jouer leur assurance multirisque
professionnelle en cas de dégradations causées lors d’émeutes. « La plupart des commerces
sont couverts », signale-t-on à la Fédération Française des Assurances (FFA), le lobby du
secteur.
LIRE AUSSI >Les milieux économiques tirent la sonnette d’alarme
Voilà pour les dégâts directement provoqués par les casseurs (remplacement des vitrines, du
mobilier intérieur, des stocks saccagés etc.). Mais qui prend en charge le fait de laisser
pendant plusieurs jours le rideau fermé, le temps de réaliser les travaux de remise en état ?
C’est l’objet d’options supplémentaires appelées « pertes d’exploitation » dans les assurances.
« La plupart des grands établissements ont souscrit à cette option. En revanche, seul un petit
commerce sur deux environ est couvert », indique-t-on à la FFA.
Pourtant, le manque à gagner peut être considérable. « L’assureur va couvrir la marge non
réalisée à cause de la fermeture du magasin », indique Michel Josset, président de la
commission Dommages aux biens de l’AMRAE, une association regroupant les gestionnaires
des risques dans les grandes entreprises.
Paris XVIe, le 2 décembre. Une vitrine victime des casseurs./LP/ Philippe Lavieille
Une garantie «impossibilité d’accès»
Le problème, c’est que quoi qu’il arrive, le commerçant y sera de sa poche. « L’assureur
applique une franchise, équivalent, généralement à trois jours de perte d’exploitation »,
signale Michel Josset.
Autre point important, le commerçant peut avoir souffert indirectement des événements,
notamment parce que les clients n’ont pas pu se rendre à son magasin. Il peut alors profiter
d’une garantie appelée « impossibilité d’accès » pour récupérer un peu de cette marge. Mais
les conditions sont restrictives. « Il faut généralement que le quartier soit bouclé dans un
rayon de quelques centaines de mètres pour pouvoir activer cette garantie », détaille Michel
Josset.
ÉconomieGilets jaunesassuranceémeutes urbaines
Article - Gilets jaunes : comment les commerçants peuvent se faire rembourser - Décembre 2018
Article - Gilets jaunes : comment les commerçants peuvent se faire rembourser - Décembre 2018