Cahiers Tech
n
iques
RISK MANAGEMENT ET
RESSOURCES HUMAINES
Pourquoi et comment
mieux travailler
ensemble ?
2010
Cahiers techniques RM et RH 2/23 ©AMRAE 2010
L’AMRAE tient à remercier les personnes qui ont rendu possible la réalisation de ce document, tout
particulièrement :
Marie- Noëlle ARRIGAULT ALCATEL LUCENT
Philippe CHOU RISKEO
Hélène DUBILLOT AMRAE
Philippe HELLICH DANONE
Françoise KLEINBAUER ADDING GROUP
Frédéric LUCAS PUBLICIS
Franck VERDUN Cabinet d’avocats VERDUN VERNIOLE
Cahiers techniques RM et RH 3/23 ©AMRAE 2010
Avant-propos
L’identification et l’analyse des risques liés aux ressources humaines est un sujet sensible.
Il met en exergue que ces risques sont parfois le produit d’un système de gestion, d’une forme de
management mis en place dans une organisation. Ces risques ont ceci de particulier qu’ils peuvent
impacter non seulement la vie professionnelle mais aussi parfois la vie privée d’êtres humains,
collaborateurs de cette organisation, quelque soit le niveau hiérarchique du collaborateur et son
secteur d’activité.
Derrière la notion de risques liés aux Ressources Humaines (risques RH) se profile la notion de
responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de ses salariés. C’est pourquoi ce sujet reste encore souvent le
domaine réservé de la Direction des Ressources Humaines et de son Directeur (le DRH) qui préfère,
dans un souhait légitime de protection de la confidentialité de ce type d’informations, en informer
directement la Direction Générale.
Or, le Risk Manager (le RM) est amené à devoir s’intéresser à ce type de risques.
D’une part, le Risk Manager peut avoir reçu de la Direction Générale la mission d’identifier, de
hiérarchiser et de cartographier tous les risques de l’entreprise : les risques RH en font donc partie. Il
possède pour ce faire une méthodologie, applicable à tous types de risques de l’entreprise, qui peut
aider à identifier de nouveaux risques RH, à en calculer les impacts, à déterminer leur niveau de
maîtrise interne et finalement à définir le poids « objectif » du risque. Cette méthodologie permet
non seulement de hiérarchiser les risques RH entre eux, mais aussi de situer leur gravité par rapport
aux autres typologies de risques de l’entreprise, notamment par l’utilisation d’une échelle de valeur
commune. Une seule cartographie hiérarchisant les risques majeurs d’une entreprise, quelque soit la
typologie de ces derniers, est un atout non négligeable pour le pilotage d’une activité.
D’autre part, le Risk Manager possède parfois une connaissance du monde et du marché de
l’assurance qui peut s’avérer utile à un DRH pour élargir sa vision du marché de l’assurance et
optimiser le traitement de certains de ces risques.
De septembre 2009 à mai 2010, les membres de la commission Risques et Ressources Humaines de
l’AMRAE ont souhaité partager leurs réflexions sur le thème « Risk Manager et Ressources
Humaines : pourquoi et comment travailler ensemble ». Ce cahier technique est le fruit du travail
réalisé. Il a aussi pour vocation de retranscrire les propos échangés lors de la présentation effectuée
au cours de la Journée des Commissions de l’AMRAE, le 1
er
Juin 2010. Nous remercions les membres
de la commission RH de l’AMRAE de nous avoir permis, à cette occasion, de réfléchir aux apports du
Risk Management dans ce domaine si stratégique que sont les Ressources Humaines.
Hélène DUBILLOT, Responsable des Commissions de travail de l’AMRAE.
Cahiers techniques RM et RH 4/23 ©AMRAE 2010
Table des matières
Avant-propos .............................................................................................................................. 3
Table des matières ..................................................................................................................... 4
I. La cartographie des risques ..................................................................................................... 5
Intervention de M. Philippe Hellich (VP Risks, Control et Audit- Danone)
et de Maître Franck Verdun (cabinet d’avocats Verdun - Verniole) .............................................
II. Comment la RH et le RM peuvent-ils travailler ensemble : focus sur les avantages sociaux
.................................................................................................................................................. 11
Intervention de Mme Marie-Noëlle Arrigault (Risk Manager, Risques financiers et Assurances
de personnes - Alcatel-Lucent) et de Mme Françoise Kleinbauer (Directeur Groupe - Adding
Group) ...........................................................................................................................................
III. Apports du Risk Manager dans la négociation des régimes de santé ................................ 17
Intervention de M. Frédéric Lucas (Global, Real Estate, Risks and Insurance Manager -
Publicis Groupe) et de M. Philippe Chou (Associé Gérant - Riskéo) .............................................
Cahiers techniques RM et RH 5/23 ©AMRAE 2010
I. La cartographie des risques
Intervention de M. Philippe Hellich (VP Risks, Control et Audit-Danone)
et de Maître Franck Verdun (cabinet d’avocats Verdun-Verniole)
Parler de risques liés aux Ressources Humaines (risques RH) implique tout d’abord de tenter de
préciser le périmètre concerné, ainsi que d’en donner quelques exemples concrets.
Il est aussi utile de repréciser quels sont les outils d’identification, d’évaluation des risques existant
aujourd’hui dans les entreprises et donc à disposition des Directions RH, ces dernières restant,
malgré la présence d’un Risk Manager (RM) dans leur entreprise, propriétaires de ces risques. Le RM
s’attachera par contre à aider le DRH à mieux cerner ces risques, à les positionner dans la
cartographie générale des risques d’une entreprise et à élaborer des plans de réduction des risques
conjointement avec les directions opérationnelles concernées.
1. Tentative de définition du risque de ressources humaines
Un risque RH peut être défini comme :
o tout événement qui va impacter négativement les ressources humaines de l’entreprise
(par exemple en matière d’hygiène et sécurité, et de troubles psychosociaux),
o ou tout événement qui va rendre les ressources humaines inadaptées aux demandes de
l’entreprise (en matière de masse salariale, de formation et d’accompagnement du
changement …).
Quelques exemples de risques RH :
o Exemples de risques stratégiques :
Les risques démographiques : quelle est la position de l’entreprise vis-à-vis de
l’emploi des séniors, mais aussi des jeunes ?
Les risques liés à l’inadéquation de ressources, par exemple en cas de mauvaise
Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences (GPEC).
Les risques apparaissant lors des opérations de croissance externe : par exemple
la découverte de passifs sociaux qui n’auraient pas été identifiés lors des « dues
diligence » ou les demandes de « travail égal = salaire égal » avec revendication
Cahiers techniques RM et RH 6/23 ©AMRAE 2010
de rappel de salaire par des catégories entières de population, en regard à
d’autres catégories.
Les risques liés au dialogue social et à ses difficultés (grèves, …).
Les risques de pertes d’hommes et femmes clés, au niveau opérationnel comme
au niveau du management.
Deux sources d’informations permettent d’identifier les risques RH :
Sources externes à l’entreprise : la loi, la jurisprudence, l’examen de la vie juridique en
général, les informations remontées par les syndicats ou encore les associations
professionnelles, les études et « benchmarks » sur les entreprises du même secteur
concurrentiel …
Sources internes à l’entreprise : les remontées des représentants du personnel (ex :
comité hygiène et sécurité), les revendications des salariés, le bilan social, les outils de
contrôle interne de l’entreprise, les audits sociaux internes, les projets de
développement durable, …
o Exemples de risques opérationnels
Les risques liés au « turn-over », au débauchage ou à la formation
inadaptée…
Les risques de difficulté à recruter les personnes adéquates sur le marché
du travail.
Les risques liés à la gestion des accidents du travail, à la pénibilité au
travail, ainsi qu’au stress qui augmente aujourd’hui.
Les risques de fraude interne, notamment en temps de crise
économique, et infractions au code de conduite des affaires.
o Les risques financiers :
Risques de dettes et passifs sociaux à l’occasion d’un rachat de société.
Risques liés aux épargnes CET/DIF.
o Quelques exemples de risques juridiques ou de non-conformité réglementaire :
Les risques « classiques » : discrimination, harcèlement, délit de
marchandage …
Les risques liés aux « capacités créatives » de la Cour de Cassation …
Cahiers techniques RM et RH 7/23 ©AMRAE 2010
2. Les apports de la méthodologie du Risk Manager
Le plus souvent, seuls les risques majeurs dont l’impact financier est fort et l’occurrence fréquente,
ou l’horizon d’occurrence dans le temps proche (ou certain) sont identifiés et traités. Une liste ou
une veille sur les autres types de risques, déjà connus ou émergents, est rarement effectuée.
De plus, une hiérarchisation des risques RH par rapport aux autres risques de l’entreprise est
rarement faite, ce qui ne permet pas de s’assurer de l’allocation adéquate des moyens de
l’entreprise à ces sujets RH.
Le DRH a donc une vision partielle et en silo de ses risques, il ne suit pas leur évolution dans le temps
(ascendante ou descendante) et ne peut les projeter au sein des autres risques de l’entreprise. La
méthodologie du RM va permettre aux RH de procéder à une analyse plus fine et de mieux
positionner le risque, ce qui peut même parfois changer radicalement les impressions premières (un
risque considéré à première vue comme majeur peut s’avérer peu critique après analyse et vice-
versa).
En premier lieu la méthodologie du RM va permettre à la RH de mieux définir les impacts
du risque identifié, et de vérifier sa probabilité de survenance :
o Quelles sont les conséquences pour l’entreprise de la survenance d’un risque RH
(stratégique, opérationnel, juridique…) :
Quels sont les collaborateurs impactés ?
Peut-on chiffrer financièrement le coût engendré par la survenance du
risque ou du moins tenter d’en établir une estimation (évaluation du
risque brut) ?
o Le RM va ensuite aider la RH à mieux cerner les contours de son risque et à
déterminer le degré de maitrise de ce risque (évaluation du risque résiduel)... Par
exemple :
La RH a t-elle la facilité ou non d’engager rapidement des solutions de
traitement en cas de survenance du risque ?
Une communication de crise est-elle immédiatement opérationnelle en
cas de survenance du risque et le plan de crise a t-il été « testé » ?
La RH dispose t-elle d’un système de contrôle interne et effectif ? Les
Systèmes d’Informations (SI) donnent-ils des signaux d’alertes sur
certains de ces risques ?
Les risques sont-ils transférés aux assurances ?
Cahiers techniques RM et RH 8/23 ©AMRAE 2010
Quel est le niveau de qualité des équipes, de prise de conscience de
certains sujets, d’implication des managers …
o Cette méthodologie permet aussi d’envisager la probabilité d’occurrence ou
l’horizon de temps dans lequel peut se matérialiser la survenance du risque.
Cette réflexion permet de confronter alors le jugement individuel ou la « peur »
subjective qu’un événement intervienne à sa probabilité d’occurrence réelle.
Cette étude peut permettre aussi de donner un poids supplémentaire spécifique
au risque identifié (par exemple : priorité stratégique de l’entreprise, sécurité
des personnes, …).
A chacun d’estimer ses risques, à partir d’impacts financiers bilanciels, ou en calculant des
impacts en fonction d’un pourcentage de chiffres d’affaires (ou autres…). Certains risques
psychosociaux ont aussi un impact médiatique à prendre en compte. En cas de difficulté à
chiffrer l’impact d’un risque, une estimation qualitative ou un positionnement permet de
toute façon d’engager une discussion sur le sujet avec la DRH et la Direction Générale (DG).
Le mérite de l’analyse et de la discussion entre le RM et le DRH est d’amener le
propriétaire du risque à prendre conscience du niveau de risque résiduel, et des plans
d’actions à engager.
En second lieu, les Ressources Humaines peuvent parfois bénéficier de la possibilité d’
utiliser des outils informatiques spécifiques à la gestion de risques (Systèmes d’Information
de Gestion de Risques ou SIGR) déployés aux propriétaires de risques de l’entreprise pour
saisir, trier, hiérarchiser, tenir à jour une liste de risques RH et éditer une cartographie
spécifique selon une périodicité choisie !
o On constate aujourd’hui que les fonctions supports de l’entreprise s’approprient de
plus en plus l’outil de cartographie des risques qui est un outil de management des
risques, or, la chose primordiale pour un responsable de fonction support, est de
vérifier que ses ressources sont bien adaptées à ses risques.
o La cartographie est aussi un outil de communication qui permet de s’exprimer, en
s’extrayant des sujets techniques, auprès de l’entreprise au sens élargie (Direction
Générale, Comité d’Audit, s’il existe, Comité des Rémunérations, quand il existe ou
Conseil d’administration), sur des sujets qui sont impactant pour la stratégie de
l’entreprise. Elle permet à la RH de s’intégrer dans la gestion globale des risques de
l’entreprise, soit via les remontées des filiales (approche dite « Bottom up »), soit par
la vision des grands risques centraux (approche dite « Top down ») qui impactent
également les filiales.
Pour obtenir des précisions sur la méthodologie de gestion de risques que nous n’aborderons pas
plus avant, nous vous recommandons la lecture de « La cartographie, un outil de gestion des
risques », publiée dans la collection « Maîtrise des risques » par l’AMRAE (nouvelle édition de janvier
2010).
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3. Retour d’expérience : la cartographie des risques RH au sein du groupe DANONE.
Au sein du groupe Danone en 2009, 86 filiales de plus de 40 pays, soit plus de la moitié des filiales du
groupe, ont identifié et remonté leurs risques RH grâce à la réalisation de leur cartographie des
risques annuelle. En cumul, des centaines de risques remontent donc à la Direction centrale de la
Gestion des Risques (DGR), et, pour le domaine RH, des risques souvent similaires à ceux qui
viennent d’être précédemment cités.
On y trouve, par exemple :
les risques liés au recrutement, au développement des organisations, à la gestion du
changement, à l’administration, la paye, les relations sociales...,
mais également des risques liés à des populations opérationnelles (ex : usines, forces
commerciales, développement de l’innovation ...).
Cette masse d’information est riche et permet à la DGR de travailler alors conjointement avec la DRH
du groupe sur une synthèse de tous ces risques.
La Direction Gestion des Risques communique les résultats de cette synthèse au Comité des Risques
Danone (Comité interne de niveau COMEX) et au Comité d’Audit deux fois par an. Elle intègre, au
final, ces risques majeurs RH émanant du terrain dans la cartographie des risques majeurs du groupe
(approche « Bottom up »).
En complément, une démarche de cartographie centrale des risques RH a été lancée en 2009 avec 3
membres de la DRH Groupe. Son débriefing a ensuite été effectué en Comité de Direction RH et il a
d’ailleurs servi à enrichir l’ordre du jour de la Convention RH 2010 du Groupe. En effet,
l’identification « Top-down » des grands sujets de risques RH pour le groupe s’est avérée tout à fait
pertinente pour compléter le plan stratégique à moyen terme de la DGRH.
Pour pratiquer au mieux cet exercice, l’important est avant tout de construire une relation de
confiance avec les RH. Une discussion transparente et un échange constructif sont en effet des
conditions de réussite.
En complément des informations en provenance du terrain, le RM peut aussi se « nourrir » de
nombreux autres éléments (ex : reporting social, blogs de salariés, mises en demeure de l’inspection
du travail) et savoir les analyser comme sources d’informations.
Les indicateurs étudiés pour la cartographie des risques RH du groupe Danone ont été entre autres :
le taux de turn-over,
la diversité et le plafond de verre,
les taux d’accidents du travail et de presque accidents (« near miss ») dans les usines,
le résultat de l’enquête de satisfaction interne annuelle avec en particulier les questions
ciblées sur implication du personnel…).
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Conclusion :
La RH constitue souvent dans l’entreprise un domaine bien à part, imprégné de confidentialité. Or, le
Risk Manager, de par la nature fortement confidentielle de ses fonctions, est justement capable de
comprendre et de rassurer les RH. De plus, le Risk Manager peut également aider à organiser le
travail sur les plans d’action des risques RH, en collaboration avec les autres fonctions
supports (ex : avec les finances sur le sujet des pensions, avec le juridique sur les risques sociaux,
avec a communication sur les risques sortis dans les médias). Il participe ainsi à la lutte contre l’effet
silo et permet aux RH de prendre du recul sur leur activité en dimensionnant autrement leurs
risques, d’enrichir leur stratégie par cet effet d’aller-retour.
Enfin, l’intérêt est aussi de mettre en visibilité certains sujets sensibles et d’aider en quelque sorte
la RH à faire émerger et à aborder ces sujets : on y gagne en transparence et en anticipation dans la
gestion de risques, voire de crises.
Il reste toutefois au Risk Manager à s’investir sur des sujets parfois un peu « techniques » ou au
contraire un peu difficiles à cerner (des engagements retraites à la culture d’entreprise ou aux
facteurs de motivation du personnel). C’est le prix d’une collaboration efficace et pérenne.
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II. Comment la RH et le RM peuvent-ils travailler ensemble : focus
sur les avantages sociaux
Intervention de Mme Marie-Noëlle Arrigault (Risk Manager, Risques financiers et Assurances
de personnes - Alcatel-Lucent) et de Mme Françoise Kleinbauer (Directeur Groupe – Adding
Group)
Les nouvelles réglementations sociales (sur les externalisations des nouveaux régimes de retraite,
par exemple), les incitations à des politiques de prévention (sur la qualité de vie au travail, par
exemple), la progressive prise en compte des coûts RH associés à une opération de
fusion/acquisition… favorisent la prise de conscience des équipes RH de la nécessaire identification
des risques, de leur juste appréciation, et de la maîtrise de leurs effets. L’approche méthodique du
RM représente un réel atout, mais qui doit s’adapter à une matière éminemment complexe :
l’humain.
Les Ressources Humaines et le Risk Management sont deux fonctions qui ne se connaissent pas
forcément au quotidien mais qui gagnent à travailler ensemble notamment sur des sujets concernant
les avantages sociaux. Le Risk Manager doit expliquer son métier et comprendre les fondamentaux
techniques du métier de son interlocuteur RH (notamment comprendre le « jargon RH » en matière
de retraite, de protection sociale…, les mécanismes de la politique et de la stratégie RH de son
entreprise). Cet investissement participera à renforcer sa crédibilité auprès de ses interlocuteurs,
notamment s’il souhaite s’investir comme partenaire de la RH pour le traitement de leur risque.
A ce titre, un Risk Manager peut venir en support de la RH pour traiter des risques liés aux avantages
sociaux, notamment pour les risques assurables donc transférables. Il peut s’investir dans des sujets
tels que les « Compensation and Benefits » (C & B) qui concernent les rémunérations et avantages
divers (pas seulement les avantages en nature comme la voiture de fonction, mais des thèmes
extrêmement importants comme la maladie et la retraite).
1. Complémentarité de la RH et du Risk Management
Comme nous l’avons déjà souligné au chapitre précédent, le DRH reste quoiqu’il arrive le
propriétaire des risques RH : il a des objectifs liés à la couverture de ce risque (ex : contenir
la masse salariale, avoir le bon collaborateur au bon endroit et au bon moment) et possède
un regard particulier sur les avantages sociaux à savoir :
o Le DRH sait que la gestion d’une politique d’avantages sociaux participe à la
motivation ou à la rétention d’un salarié et fait même partie intégrante de cette
Cahiers techniques RM et RH 12/23 ©AMRAE 2010
politique de motivation ou de rétention. Parallèlement, les salariés sont
particulièrement sensibles au niveau de couverture proposée par l’entreprise en
santé, prévoyance, retraite, cet aspect devenant de plus en plus prépondérant avec
le temps.
o Le DRH a la capacité d’apprécier le niveau des avantages sociaux qui seront à
privilégier et distinguer selon les pays : en effet, la couverture n’a pas forcément la
même tonalité ni la même acuité selon les contrées où travaillent les collaborateurs.
o Le DRH a une vision générale sur la construction des programmes de rémunération
globale et sur leur adéquation avec la stratégie de l’entreprise. De plus, il est de sa
responsabilité de disposer de collaborateurs en ligne avec la stratégie de l’entreprise,
rôle d’autant plus crucial en période de mutation d’activité. Il est également de son
ressort de sécuriser les postes clés.
Du point de vue du Risk Manager, le sujet des avantages sociaux représente des enjeux
financiers majeurs, que ce soit au titre des passifs sociaux sur les retraites ou des coûts de la
protection maladie.
o Ces sujets peuvent être mis en évidence lors de la réalisation d’une cartographie des
risques de l’entreprise.
o Le Risk Manager, dès lors qu’il maîtrise la partie transfert de risques et dispose de
compétences et d’expertises dans le secteur des assurances, peut aussi intervenir
auprès des groupes d’assurances et peut réussir à obtenir de meilleures conditions
d’assurance, en faisant jouer l’effet « volume », lié à l’existence d’autres contrats
d’assurance sur d’autres branches (exemple : garanties IARD). La proximité du RM
avec les acteurs de l’assurance peut se révéler une aide précieuse pour le DRH qui
souvent méconnait ce marché et les pratiques de son entreprise en matière
d’assurance.
Certains Risk Manager ont, de plus, des expériences de placement et suivi de négociations, de mise
en place de programmes internationaux ou de captives d’assurances (les entreprises qui ont une
captive peuvent tout à fait l’utiliser en assurances de personnes, même si cela ne représente pas le
même type de protection.).
Le Risk Manager peut aussi apporter une expertise très importante dans le domaine de la RH : son
expérience des délais. Le Risk Manager maitrise les délais par rapport au renouvellement des
programmes : il sait que l’on ne peut pas changer d’assureur du jour au lendemain. Il prend en
compte la durée de négociation et les périodes de préavis de résiliation éventuelle de police. A
l’inverse, il doit aussi apprendre à gérer des délais souvent beaucoup plus fluctuants sur les dossiers
RH. Le cadencement des processus de négociations doit être adapté aux conditions locales, et aux
spécificités de la protection sociale du salarié.
Une des difficultés rencontrées par le RM, c’est la connaissance des sujets RH « techniques » :
pouvoir intégrer les risques RH dans une cartographie n’est un exercice pas facile à réaliser.
Cahiers techniques RM et RH 13/23 ©AMRAE 2010
2. Retours d’expérience : apport du Risk Manager dans le traitement de risques liés aux
avantages sociaux
En préalable, nous tenons à insister sur un point : le Risk Manager et la RH peuvent travailler sur ces
sujets quelque soit la taille de l’entreprise. Nous avions confronté il y a 2 ans les expériences croisées
DRH/RM chez Roquette Frères, d’une part, et, Alcatel Lucent, d’autre part. Il avait été observé que,
de part et d’autre, en fonction de la culture d’entreprise et de son organisation, certains dossiers
étaient traités en commun, et permettaient de ce fait une gestion optimisée des risques concernés.
Au sein de la société Roquette Frères : le Risk Manager s’intéresse par exemple aux risques liés à la
maladie, à la prévoyance en France, aux « benefits » aux USA…
Au sein de la société Alcatel Lucent : le Risk Manager pose un regard assurantiel au niveau de la
prévoyance des sociétés en France, de l’épargne prévoyance (lancement du PERCO qui fait appel aux
assureurs). Il s’occupe du pooling monde entier, des assurances en Chine, et tout autre pays
d’importance en terme d’effectifs, gère les programmes Corporate Assurances de personnes avec
implication eventuelle de captives. Le Risk Manager a par exemple participé, lors de la fusion Alcatel
et Lucent en Inde, à la recherche et mise en place de solutions avec la DRH et Direction financière
locale.
Plus généralement, nous souhaitons détailler deux exemples concrets d’apport du RM dans les
traitements des risques liés aux avantages sociaux.
1
er
cas concret : Rôle du Risk Manager dans la fusion Alcatel/Lucent en Inde
Les deux groupes avaient une présence non négligeable en Inde : 4000 collaborateurs, 5 sociétés
différentes réparties dans différents états et des problématiques régionales. Coté ex Lucent : un
courtier et coté ex Alcatel : du direct. Des assureurs différents et 10 polices différentes pour couvrir
tous les aspects, avec des dates d’expiration différentes. Cette fusion s’est passée en 2007, au
moment ou il existait une forte déréglementation du marché des assurances en Inde et une
augmentation très forte des taux d’assurances en santé. Les « benefits » n’étaient, de plus, pas les
même dans les deux groupes.
o le RM a sensibilisé sur le fait de travailler avec un courtier unique : il était en effet
impossible de travailler en direct vu la masse de travail administratif. Par chance, il
s’agissait d’un courtier habilité du groupe (dans d’autres pays ont existé des situations
plus complexes avec participation de courtiers ou consultants locaux spécialisés en RH,
n’ayant rien à voir avec les grands réseaux de courtiers avec lesquels il était habituel de
travailler et sur lesquels il n’y avait donc pas la même facilité de discussions ou la même
possibilité d’effet de levier).
o Autre point : ce courtier a pu délivrer un benchmark au niveau du secteur « Ingénierie –
Telecom » et, concernant, le développement des assurances de personnes, sur le
Cahiers techniques RM et RH 14/23 ©AMRAE 2010
marché indien à la grande satisfaction de la RH locale. L’Inde est un pays qui a un
phénomène d’attrition important, avec des turn-over élevés. Dans une partie du groupe,
on considérait qu’il fallait offrir des bénéfices au plus haut niveau, pour garder les gens,
dans l’autre on s’était aperçu que des « benefits extrêmement élevés» ne réduisaient pas
le turn-over…
o La RH a donc pu, après analyse de risques du Risk Manager et proposition de solutions :
déterminer le » package » à mettre en place en fonction de la documentation
utile fournie par le RM,
o Et conjointement avec le RM :
Faire un Appel d’offre global,
prolonger certaines polices pour arriver à une date raisonnable techniquement
et avoir un seul assureur santé,
choisir un gestionnaire maladie global indispensable (le fait de pouvoir avoir un
« third party » de niveau international à un prix indien a permis d’augmenter la
qualité et d’effectuer une économie de coût).
Second cas concret : le pooling
C’est l’outil de mutualisation par excellence, au niveau RH. Il respecte toujours les conditions locales
sur la partie réglementaire ainsi que l’aspect sensibilité RH.
o C’est un outil très puissant notamment au niveau du service et de la gestion des
sinistres. Aucun des grands réseaux internationaux avec lesquels vous travaillez au
niveau du pooling ne peut se permettre aujourd’hui d’avoir un client qui remonte, au
niveau de l’organisation centrale, un incident dans la qualité de service au niveau
d’un pays.
o Autres avantages : pouvoir mutualiser les petites filiales avec les grandes et donner
de bien meilleures conditions que ce que pourraient trouver ces filiales sur le marché
local (notamment pour les filiales de petites dimensions de 50/60 collaborateurs),
pouvoir travailler sur les « free cover limits », c’est à dire pouvoir assurer des gens
qui ne sont pas éligibles pour des raisons de santé en couverture standard ou de
masse. C’est un outil remarquable qui amène des informations précieuses. Moins
votre DRH est centralisé, ou ne dispose pas en central des informations dont elle
aurait besoin, plus cet outil est intéressant car ces informations sont remontées par
les assureurs.
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Conclusion : Les facteurs de succès de la collaboration
La collaboration RM/DRH est intimement dépendante de différents facteurs :
o Il est nécessaire pour le RM d’être crédible vis-à-vis de la RH : connaître les régimes en
vigueur, le vocabulaire RH, formuler des préconisations réalistes et pérennes, car le RM a
ce point commun avec le RH de travailler sur le long terme.
o Apprendre à se connaître : on ne le répétera jamais assez mais l’installation d’un climat
de confiance, le respect des prérogatives de chacun, et la « délimitation des territoires »
pour éviter les petits incidents, sont des éléments nécessaires à un échange productif. La
matière appartient au RH, le RM ne doit pas lui enlever ses habitudes. Le RM apporte un
support dans sa connaissance de la méthodologie, du planning des renouvellements et
son réseau de relations auprès des assureurs et des placeurs.
o Le RM, quand il a l’appui de la Direction générale, facilite le travail en équipe
pluridisciplinaire (équipes parfois complexes). Travailler en trio : RM, RH et Achats, selon
les organisations, permet à coup sur des économies de coûts pour l’entreprise.
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Cahiers techniques RM et RH 17/23 ©AMRAE 2010
III. Apport du Risk Manager dans la négociation des régimes de
santé
Intervention de M. Frédéric Lucas (Global, Real Estate, Risks and Insurance Manager -
Publicis Groupe) et de M. Philippe Chou (Associé Gérant- Riskéo)
Ce dernier chapitre a pour objectif de décrire un retour d’expérience en matière d’apport du RM
dans les négociations d’un régime de santé, et la façon dont ce dernier a mis en œuvre, avec le DRH,
la politique de couverture santé des salariés de l’entreprise.
Le pré-requis consiste à démystifier l’approche en terme de transfert de risques en santé. On
pourrait d’ailleurs, à partir du moment où un avantage social constitue un risque transférable à un
organisme assureur, dupliquer cette approche et appliquer, en France, la méthode décrite ci-
dessous, au transfert des risques prévoyance ou de retraite. Il faut cependant entrer dans le champ
des relations sociales, qui est un des domaines réservés du DRH, où il se retrouve habituellement
seul face aux organisations syndicales.
Ce qui fait la spécificité du transfert de risque d’assurance santé est qu’il n’y a pas, au cours de cet
exercice, une seule négociation avec un assureur, mais deux négociations :
Il faut négocier un accord collectif avec les partenaires sociaux pour la mise en place
du régime complémentaire santé.
Et, parallèlement, négocier un contrat d’assurances permettant de financer les
garanties frais santé promises dans le cadre de cet accord collectif.
1. Intervention du Risk Manager lors du transfert des risques à l’assureur
Phase de préparation
Le DRH rencontre le plus souvent des difficultés lors de la renégociation annuelle de ses contrats
d’assurances santé, lors de la résiliation (environ une fois tous les 5 ans) ou lors de la mise en place
un nouvel accord collectif frais de santé.
Un diagnostic juridique et financier est en général exercé dans un premier temps sur le dispositif
existant ou sur le projet de dispositif à mettre en place. A ce stade, le DRH fait habituellement appel
soit à des compétences internes (appel vers le « Compensation and Benefits Manager », par
Cahiers techniques RM et RH 18/23 ©AMRAE 2010
exemple), soit à des compétences externes (courtiers, conseils …) pour l’accompagner dans cette
démarche d’appréciation préalable aux négociations :
o Le diagnostic juridique va porter sur l’accord collectif qui instaure le régime
complémentaire santé.
o Le diagnostic financier va porter sur le contrat d’assurances frais de santé pour
analyser les équilibres financiers, l’évolution des tarifs et l’impact des
désengagements successifs de la Sécurité Sociale. De plus, cette analyse devra
prendre en compte le niveau de provisions et de réserves constituées par l’assureur.
Une fois ces diagnostics établis, il faut ensuite préparer la négociation, ce qui signifie deux choses au
plan juridique :
o Informer et consulter le Comité d’Entreprise ;
o Ouvrir la négociation avec les organisations syndicales, généralement dans le cadre
d’un accord de méthode, pour aboutir à la signature d’un accord collectif frais de
santé.
Phase de transfert
Cette phase est similaire à celle d’une analyse « IARD », bien connue des RM en charge des
assurances.
o Il faut en premier lieu rédiger un cahier des charges d’appel d’offres : le DRH peut
associer le Risk Manager à cette phase de travail. Cette étape ne peut aboutir
qu’une fois la confiance instaurée entre le Risk Manager, le DRH et les représentants
du personnel. Le Risk Manager pourra alors se positionner comme un support
technique compétent, indépendant et autonome, apportant des éléments objectifs
lors des négociations. Cette phase de rédaction du cahier des charges avec les
partenaires sociaux est importante : la négociation de son contenu et son
acceptation par toutes les parties prenantes est une des conditions de la réussite du
transfert du risque santé vers un organisme d’assurance.
o Une fois le cahier des charges rédigé, celui-ci est adressé aux candidats assureurs et
l’appel d’offres est ainsi lancé. Lors du choix des candidats assureurs, les
organisations syndicales expriment généralement une préférence des organismes
mutualistes ou pour les institutions de prévoyance à gestion paritaire : il faut pouvoir
les convaincre d’aller vers d’autres assureurs. Le RM, par sa connaissance du marché
des assurances, peut aussi apporter des indications précieuses sur l’état du marché
et de nouvelles pistes de négociation avec des acteurs plus compétitifs ou dont
l’offre est mieux adaptée au cahier des charges.
Cahiers techniques RM et RH 19/23 ©AMRAE 2010
o Le RM peut enfin apporter son support au DRH dans la phase d’analyse des offres
et lors de la restitution des résultats de l’appel d’offres, qui doit intégrer une
explication sur la méthodologie d’analyse des dossiers de réponse des assureurs,
ainsi qu’une formalisation des critères choix quantitatifs et qualitatifs retenus pour la
prise de décision sur le choix du partenaire assureur. Ces éléments sont rapportés et
expliqués aux partenaires sociaux en commission paritaire : ils doivent adhérer au
choix de l’organisme assureur qui n’est jamais la seule décision de l’employeur
représenté par la DRH.
o La signature du contrat d’assurances entraîne ensuite l’obligation pour l’entreprise
d’informer les salariés (obligation pour l’employeur de remettre la notice
d’information du contrat santé à chaque salarié).
On constate donc que le Risk Manager peut apporter son expertise et son expérience lors des
différentes phases de négociation avec les partenaires sociaux d’une part, et avec les organismes
assureurs d’autre part, comme l’illustre le retour d’expérience présenté ci-après.
2. Apport du Risk Manager dans la négociation du régime de santé : retour d’expérience chez
Publicis
Le cadre du risque santé reflète, le plus souvent, le risque du non équilibre de compte face à des
sinistres de fréquences. En effet, on constate dans les entreprises qu’il existe énormément de
sinistres dans ce secteur et que souvent peu de provisions sont allouées. Il s’avère donc que ces
sinistres sont le plus souvent difficiles à gérer (en santé, la gestion doit être effectuée à très court
terme).
C’est donc typiquement un environnement dans lequel le RM est habitué et habilité à travailler.
C’est juste un domaine sur lequel il travaille moins en raison de la dichotomie des notions
d’assurances vie et non vie. C’est aussi un sujet sur lequel le DRH est moins à l’aise avec le Risk
Manager : c’est son cœur de métier et il a sa mis en place sa communication et sa relation avec les
partenaires sociaux. Pourtant la partie transfert et expertise de chiffres fait souvent moins partie de
son domaine traditionnel. Le RM peut donc lui apporter son expertise, c’est d’ailleurs ainsi que
fonctionnent le RM et le DRH de Publicis.
Le Risk Manager, un partenaire interne
Concernant la phase d’analyse de l’équilibre des comptes, le DRH peut utiliser ou pas des partenaires
externes. Il peut aussi inviter le RM et la direction financière à travailler sur la mesure du risque
financier, ce qui aura comme vertu de prendre la réelle mesure du risque en interne.
Cahiers techniques RM et RH 20/23 ©AMRAE 2010
Au cours de la phase de préparation de l’appel d’offres, il est vrai que l’on absorbe clairement une
façon de fonctionner qui n’est traditionnellement pas celle exercée par le RM, mais il n’y a pas de
difficultés particulières pour ce dernier à exercer sa mission de support.
On peut même innover quand le RM parle aux partenaires sociaux mais, dans ce cas, ce dernier doit
se présenter et :
o expliquer ses compétences : Le RM a travaillé sur les statistiques, sur les provisions. Il
a été pour la première fois le « contre-argument » de l’analyse du courtier. Le RM a
parfois procédé à une analyse actuarielle : sur des programmes classiques avec des
éléments qui dérivent, il est parfois possible de mettre en place de nouveaux
éléments qui sortent des éléments de pourcentage.
o dresser un constat et signaler objectivement certaines dérives.
o être dans l’explication et apparaitre comme un partenaire technique.
Les conditions d’un partenariat interne réussi
Un mot d’ordre : respecter les us et coutumes avec les partenaires sociaux : il est essentiel de définir
qui parle de quoi avant et devant les partenaires sociaux.
o Le RM est un représentant technique de l’entreprise, travail que pourrait certes faire
un intervenant extérieur, mais le RM possède la culture de l’entreprise et maîtrise
son vocabulaire
o Le RM est crédible quand il parle de ce qu’il est impensable de mettre en œuvre dans
l’entreprise car il en fait partie. Le RM est un collaborateur, intéressé
personnellement et collectivement à la réussite du projet.
o Le RM a la compétence technique pour évaluer des impacts, entraîner une
dynamique de mise en place de plans d’action qui sont des actions typiques et son
cœur de métier.
o Le RM peut aussi « démystifier » l’assurance : en rappelant les chiffres de base que
remboursent la Sécurité Sociale, la Mutuelle en cours . La RH a souvent du mal à
valoriser un régime prestation santé qui a un coût mais aussi un avantage : le RM sait
faire cet exercice.
o Le RM explique : il existe un équilibre à atteindre, il montre comment cet équilibre
varie, quelle latitude existe, quel levier peut être utilisé (ex : plus en dentaire, en
optique…), il mesure l’impact.
Cette façon de procéder est d’ailleurs possible en matière de prévoyance.
Cahiers techniques RM et RH 21/23 ©AMRAE 2010
Autres rôles du Risk Manager
o Le RM permet aussi d’élargir la vision du DRH en lui exposant un benchmark des
pratiques internationales. Par exemple, en Belgique, il existe « la garantie loi sur les
accidents du travail » et c’est une assurance. Aux Etats-Unis, existent les « Workers
Compensations », monceaux de millions d’une dérive traditionnelle.
o On a vu précédemment comment le RM pouvait aussi intervenir sur des sujets
comme le pooling, la captive…
o Le RM peut aussi mener des travaux de réflexions sur bien d’autres sujets (ex : travail
à mener avec les RH américains sur la formation des managers aux entretiens afin
d’éviter des réclamations et le grand risque américain de la « class action » sur la
base de discrimination ou autres ...).
La collaboration de ces deux acteurs a de fortes chances, en respectant certaines conditions, de
s’avérer bénéfique. Elle ne peut en effet qu’ amener à mieux anticiper certains risques, à mieux les
connaître et les positionner , à mieux les traiter, dans une optique de bien-être social autant que de
maîtrise des coûts, et donc au service des collaborateurs et de l’entité concernée.
Cahiers techniques RM et RH 22/23 ©AMRAE 2010
Cahiers techniques RM et RH 23/23 ©AMRAE 2010
RISK MANAGEMENT ET RESSOURCES HUMAINES :
POURQUOI ET COMMENT MIEUX TRAVAILLER ENSEMBLE ?
1
ère
édition : Octobre 2010
9 € TTC France
Ce document est publiable et reproductible à la condition exclusive d’en créditer l’AMRAE.
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RM et RH : pourquoi et comment mieux travailler ensemble ?
La Commission Risques et Ressources Humaines a réalisé une analyse de l’apport du Risk Management aux Ressources Humaines. Ce cahier technique donne des exemples et des retours d’expériences pratiques et utiles de Risk Managers auprès de leurs RH.
Paru en Octobre 2010