pour une meilleure
prévention
et protection contre
les aléas naturels
livre blanc
Association Française de l’assurance
L’
Association française de l’assurance a
publié, en novembre 2015, une étude inti-
tulée « Changement climatique et assu-
rance à l’horizon 2040 »
1
. Cette étude
apporte un éclairage sur le coût croissant que
représenteront les aléas naturels en France au
cours des 25 prochaines années.
Ainsi, le coût supplémentaire occasionné par les
dommages matériels causés par le climat d’ici
2040 est évalué à 44 milliards d’euros
2
, soit une
hausse de 90 % par rapport au montant des
dégâts cumulés des 25 années précédentes.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce surcoût.
Il y a d’abord l’enrichissement global de la France
qui, densifiant son territoire en logements, entre-
prises et biens de collectivités, conduira naturel-
lement à une augmentation des conséquences
d’un événement climatique. C e facteur « enrichis-
sement » représente 43 % du surcoût estimé, soit
19 milliards d’euros.
Le changement climatique d’ici à 2040, et notam-
ment les effets d’une hausse des températures,
est le deuxième facteur explicatif de ce surcoût.
Son impact est estimé à 13 milliards d’euros.
La répartition géographique des richesses sur le
territoire métropolitain et la variation naturelle du
climat, hors effet changement climatique, auront
quant à elles des conséquences évaluées respec-
tivement à 8 et 4 milliards d’euros.
Cette étude montre également que la hiérarchie
des périls va évoluer. Ainsi les phénomènes de
retrait-gonflement des sous-sols liés à la séche-
resse, tout comme les phénomènes de submer-
sion marine sur les côtes, apparaissent comme
les périls présentant les plus fortes évolutions
prévisibles en matière de fréquence et d’intensité.
Les assureurs, acteurs majeurs dans la lutte contre
les dérèglements climatiques, sont depuis long-
temps mobilisés au service de la prévention et de
la protection contre les aléas naturels. L ’éclairage
apporté par cette étude les a conduits à une mise
en perspective de l’ensemble de leurs connais-
sances afin d’anticiper et de maîtriser au mieux
la gestion du risque climatique.
L’Association française de l’assurance publie le
résultat de ces travaux dans ce Livre blanc « Pour
une meilleure prévention et protection contre les
aléas naturels ». P artant des retours d’expérience
des 25 dernières années et des perspectives des
25 prochaines, ce Livre blanc fait des propositions
concrètes sur les 2 piliers de la gestion du risque
climatique que sont la prévention et l’assurance.
Malgré une incontestable mobilisation des pou-
voirs publics pour améliorer la cohérence et l’effi-
cacité des moyens de prévention contre les aléas
naturels, les assureurs observent sur le terrain
des insuffisances dans l’application concrète des
politiques de prévention. L e Livre blanc de l’AFA
fait le constat de dysfonctionnements qualifiés
de majeurs assortis de 23 propositions d’amé-
liorations destinées à intensifier les politiques
publiques de prévention et de protection.
L’efficacité des politiques de prévention passe
également par une modernisation du régime des
catastrophes naturelles. L es retours d’expérience
des catastrophes naturelles subies ces dernières
années ont amené la profession à publier éga-
lement dans ce Livre blanc 11 propositions qui
visent à préserver la solidarité, tout en introdui-
sant une incitation à la prévention et au dévelop-
pement de la culture du risque.
En cette année où la France accueille la C onfé-
rence Internationale sur le Climat, ce Livre blanc
est une contribution significative des assureurs
français à la politique d’adaptation de notre pays
au changement climatique.
1
Etude AFA - Novembre 2015 disponible sur ffsa.fr et gema.fr.
2
En euros constants.
Introduction
1
Réaliser un suivi détaillé et semes-
triel, département par département,
de l’état d’avancement des plans
de prévention prescrits mais non
encore approuvés. Confier cette
tâche aux conseils départementaux
des risques majeurs qui rendront
publiques leurs conclusions.
2
Bâtir un référentiel de notation de la
pertinence et de l’efficacité d’un Plan
de Prévention des Risques Natu- rels (PPRN) et l’appliquer à tout le territoire pour permettre un suivi
national à travers des indicateurs
rendus publics.
3
Instaurer une obligation pour toute commune dotée d’un plan de pré-
vention dit « d’ancienne génération »
de l’actualiser dans un délai de 36
mois.
4
Répertorier les communes dotées
d’un Plan de Prévention des Risques
Naturels (PPRN) non annexé à son
Plan L ocal d’Urbanisme (PLU).
5
Conditionner le financement d’un
Programme d’Actions de Prévention
des Inondations (PAPI) à l’inclusion
des Plan de Prévention des Risques
Inondations (PPRI) des communes
concernées dans leur Plan L ocal
d’Urbanisme (PLU) respectif.
6
Bâtir et mettre en œuvre un référen-
tiel unique, commun à tous les PPRN,
prévoyant notamment leur mise à
disposition en format numérique.
7
Accélérer le processus de pres-
cription, d’approbation et de
mise en œuvre des Plans de Pré-
vention des Risques Littoraux
(PPRL) non encore prescrits ou
approuvés sur les communes
prioritaires.
8
En absence de ces plans, appliquer le
principe de précaution en imposant
un refus systématique des permis de
construire dès lors qu’un projet est
de nature à porter atteinte à la sécu-
rité publique du fait de sa situation
dans des zones présumées à risques
importants.
9
Identifier les campings exposés à
des risques de submersion et leur imposer, dans un délai raisonnable,
l’élaboration de plans de sauvegarde
en cas d’annonce de crue ou risque de submersion.
10
Imposer aux communes à risque de submersion rapide des systèmes d’alerte aux populations fondés sur
les nouveaux moyens de communi-
cation (sms, mails, réseaux sociaux).
11
Interdire aux communes non
dotées d’un Plan C ommunal de
Sauvegarde (PCS) l’accès aux
ressources du Fonds de Pré-
vention des Risques Naturels
Majeurs (FPRNM).
12
Améliorer les critères d’éligibilité et
de priorité de financement des Plans
d’Actions de Prévention Inondation
(PAPI).
13
Généraliser les retours d’expérience
des PAPI labellisés.
14
Reconnaitre une cartographie régle-
mentaire des zones argileuses sur l’ensemble du territoire basée prin- cipalement sur les travaux avancés
du Bureau de Recherche Géologique
et Minière (BRGM).
15
Rendre obligatoires les dia-
gnostics des sols lors de toutes
constructions ou cessions de
terrain construit ou construc-
tible, situées sur une zone réper-
toriée à risques et annexer le
diagnostic à l’acte notarié du
terrain.
16
Rendre obligatoire, dans le cadre des
PLU, la production d’un diagnostic
géologique des nouveaux terrains
urbanisables.
17
Imposer qu’il soit apporté, dans le dossier de demande d’un permis de construire, la preuve qu’une étude
géotechnique conforme au diagnos-
tic géologique a été réalisée et prise
en compte dans le dimensionnement
des fondations et des structures.
18
Refondre les Documents T echniques
Unifiés ad hoc (notamment DTU
13.12) en y intégrant les règles de l’art
visant à adapter les fondations des maisons individuelles aux sous-sols diagnostiqués à risque, en se réfé-
rant notamment aux trois guides de
recommandations du 2
e
plan d’Ana-
lyse du R etrait-Gonflement et de
ses incidences sur les C onstructions
(ARGIC2).
1
Politiques
de prévention
contre les
aléas naturels
SYNTHèSE DES PROPOSITIONS
4
19
Confier au C onseil d’Orientation
pour la Prévention des Risques
Naturels Majeurs (COPRNM) la mis-
sion de veiller à la bonne coordina-
tion et cohérence de l’ensemble des
ressources destinées à la prévention
des aléas naturels.
20
Réformer le Fonds de Pré-
vention des Risques Naturels
Majeurs (FPRNM) tant du point
de vue de sa gouvernance, de
ses missions, de son contrôle
que de sa maîtrise de la dépense.
21
Rapprocher le Fonds de Préven-
tion des Risques Naturels Majeurs
(FPRNM) des instances de décision
et de priorisation des actions de pré-
vention des pouvoirs publics telle
que la C ommission M ixte Inondation.
22
Mettre en place des outils grand
public (site web, applicatif
smartphone) de vulgarisation
des connaissances scientifiques
en matière d’exposition et de
prévention des risques naturels,
confier cette mission à l’Obser-
vatoire National des Risques
Naturels (ONRN).
23
Instaurer une journée nationale de la
prévention contre les risques natu-
rels avec comme objectifs : l’infor-
mation des populations situées en
zones à risque ainsi que la formation
aux bons réflexes à adopter en cas
de survenance d’un événement cli-
matique extrême.
24
Introduire dans le régime
d’assurances catastrophes
naturelles la possibilité pour
l’assureur de fixer librement la
franchise de cette garantie pour
les contrats d’assurance cou-
vrant des capitaux supérieurs
à 50 M€ et pour ceux couvrant
des collectivités territoriales
quelle que soit leur taille.
25
Transférer l’indemnisation des
sinistres résultant de la séche- resse au régime de l’assurance de responsabilité décen- nale construction pour toute construction nouvelle répon- dant à l’obligation d’étude de sols.
26
Accompagner ce transfert par des
mesures de prévention liées à l’obli-
gation des études de sols et par
une limitation de l’intervention du
régime des catastrophes naturelles
au-delà de 10 ans aux seuls dom-
mages d’atteinte à la solidité de la
structure du bâtiment.
27
Rendre obligatoire l’affectation par
l’assuré de l’indemnité versée par l’assureur construction à la remise
en état de l’immeuble ou de son
terrain d’assiette en cas de recons-
truction sur place.
28
Simplifier le mécanisme légal de modulation de franchise en limitant ses conséquences pour les assurés
et en l’adossant, d’une part, à l’ap-
probation d’un Plan de Prévention
des Risques (et non plus à sa simple
prescription) et, d’autre part, à la
mise en place de Plans C ommunaux
de Sauvegarde.
29
Objectiver dans la loi le périmètre d’intervention de la garantie catas- trophes naturelles en énumérant la
liste des périls couverts et en décri-
vant ses critères de gravité.
30
Intégrer dans le régime des
catastrophes naturelles l’in-
demnisation des frais de relo-
gement pour les victimes dont
la résidence principale a été
sinistrée.
31
Prolonger le délai maximal de décla-
ration des sinistres suite à catas-
trophes naturelles de 10 à 30 jours.
32
Rendre obligatoire et contrôler
l’application d’un volet dédié à
la prévention des risques d’en-
treprises dans les Plans de Pré-
vention des Risques Naturels.
33
Promouvoir la place de l’ONRN dans
la diffusion d’une culture des risques
liés aux événements naturels.
34
Octroyer au Bureau C entral de T arifi-
cation (BCT) section « catastrophes
naturelles » une liberté totale de
fixation des conditions d’assurance
(tarif, franchises et mesures de pro-
tection et prévention).
2
Régime
d’assurances
contre les
catastrophes
naturelles
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
5
1
PREVENTION
des RISQUES
NATURELS
Inondation
Cyclone, tempête
Feu de forêt
Séisme
Mouvement de terrain
Autres
3
45
138
Nombre de catastrophes
par type de phénomène
89 catastrophes
79 catastrophes
121 catastrophes
77 catastrophes
74 catastrophes
132 catastrophes
138 catastrophes
Les événements
naturels majeurs
*
en Europe entre 1900
et 2012 (en nombre)
Un dia gnostic des politiques de prévention contre les aléas
naturels doit préalablement tenir compte de quel ques rappels
fondamentaux sur la situation géo-clima tique de la France.
Notre territoire est, en comparaison de
nos voisins européens, fortement exposé
aux aléas naturels. U n recensement des évé-
nements naturels classés « très graves » depuis
1900 par l’International D isaster D ata Base de
l’Institut de L ouvain, place la France en 2
e
place
des pays européens les plus exposés, derrière
l’Allemagne et devant l’Italie (cf. schéma ci-
dessous).
La France, par la longueur de ses façades
maritimes, par le nombre et le débit des fleuves
et cours d’eau qui la traversent, mais également
en raison du phénomène spécifique dit des
orages cévenols auxquels est exposé un grand
quart S ud-Est de son territoire, est particuliè -
rement vulnérable aux périls des tempêtes, débordements de cours d’eau, inondations
par ruissellement et crues torrentielles.
La France est par ailleurs un pays fortement
exposé au risque de submersion marine.
40 % des 7 000 km de côtes du littoral français
métropolitain sont considérés comme forte-
ment vulnérables du fait de leur topographie
(littoral dit « mobile »). C ela représente près
de 2 800 km de côtes avec des enjeux écono-
miques conséquents et sans cesse croissants,
tant sur les rivages méditerranéens que sur la
façade maritime, de Biarritz à D unkerque.
Source : EM -DAT : T he OFDA/CRED
International D isaster D atabase, www.
emdat.be - U niversité catholique de
Louvain - Brussels - Belgium, 2012
*Evénements ayant
causé plus de 10 décès
ou plus de 100 Md USD
de dégâts.
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
7
Ces caractéristiques géo-climatiques de la
France, dans une perspective désormais actée
d’un changement climatique, placent les poli-
tiques de prévention au cœur d’enjeux décisifs
pour l’avenir de notre pays.
Il convient avant tout de rappeler tous les
drames humains causés par de nombreux
événements naturels dans notre pays. Tout le
monde a en tête le terrible bilan des tempêtes
« Lothar et M artin » de 1999 (128 morts), de la
sécheresse de 2003 (13 000 morts) ou encore
les victimes de la submersion marine « Xynthia »
en 2008 (53 morts). T rès récemment encore,
en octobre 2015, 20 personnes ont perdu la
vie suite à un violent épisode pluvieux dans
les Alpes M aritimes.
En ce qui concerne les dommages matériels,
les assureurs et réassureurs opérant sur le
60 % du territoire métropolitain a un sol
composé d’argile, dont 20 % est particulière -
ment exposé au phénomène de retrait/gon -
flement des sous-sols lié à une sécheresse. La sécheresse est à l’origine de dommage aux
constructions pouvant aller jusqu’à leur effon-
drement. Les régions Centre, Poitou-Charentes
et Auvergne sont les plus touchées, elles repré-
sentent la moitié des surfaces les plus sensibles
à l’aléa retrait-gonflement des argiles.
Nos grands fleuves, la Seine, le R hône, la
Loire et la Garonne notamment, présentent
enfin des niveaux extrêmement élevés en
matière d’enjeux exposés tout au long de
leurs rives. Il en est de même pour le rivage
méditerranéen des départements du V ar et
des A lpes M aritimes
1
.
* Dommages directs causés aux biens y compris les pertes d’exploitation hors dommages corporels et dommages causés aux récoltes non engrangées.
Périmètre : Dommages aux biens des particuliers, professionnels et exploitations agricoles, hors dommages indirects et hors climatiques sur cultures.
2002
GARD
700 M€
2003
RHÔNE
670 M€
2010
VAR + XYNTHIA
1 360 M€
2010
XYNTHIA
735 M€
2014
GRÊLE
850 M€
2003
SÉCHERESSE
1 420 M€
1990
SÉCHERESSE
355 M€
2011
SÉCHERESSE
800 M€
1992
VAISON LA
ROMAINE
240 M€
1990
DARIA
1 315 M€
2009
KLAUS &
QUINTEN
1 880 M€
1999
LOTHAR &
MARTIN
6 860 M€
899088
4 500
En millions
d’euros courants
4 000
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
9192939495969798990001020304
05060708091011121314
1988
NÎMES
288 M€
INONDATION TEMPÊTE SÉCHERESSE
Historique des indemnisations
versées par les assureurs
suite à des aléas naturels *
8
Tempête,
grêle et neige
50%
Inondation
34%
Sécheresse
16%En euros constants 2013
territoire national ont en moyenne indemnisé
431 000 personnes victimes d’aléas naturels
tous les ans pour un montant de 1,9 M d€
2
.
Cette moyenne cache en réalité de grandes
variations d’une année sur l’autre. L’année 1999
représente l’année record avec près de 8 M d€
d’indemnisations, l’année 1991 n’ayant entraîné
que 410 M € de dégâts assurés. E n 2014, L es
assureurs ont eu à indemniser plus de 650 000
assurés victimes d’aléas climatiques.
Sur cette même période chaque sinistre a
représenté un montant moyen de 4 310 €
indemnisés. L a répartition du coût moyen d’un
sinistre suivant le type de péril et la catégorie
d’assuré (particulier et professionnel) est la
suivante :
Indemnisation moyenne versée
par sinistre (1988-2013)
ParticuliersProfessionnelsGlobal
Inondation 7 220 € 26 700 € 11 400 €
Tempête 1 810 € 6 070 € 2 600 €
Sécheresse 12 700 € NS
(3)
12 700 €
Moyenne
tous périls
3 200 € 9 070 € 4 310 €
2002
GARD
700 M€
2003
RHÔNE
670 M€
2010
VAR + XYNTHIA
1 360 M€
2010
XYNTHIA
735 M€
2014
GRÊLE
850 M€
2003
SÉCHERESSE
1 420 M€
1990
SÉCHERESSE
355 M€
2011
SÉCHERESSE
800 M€
1992
VAISON LA
ROMAINE
240 M€
1990
DARIA
1 315 M€
2009
KLAUS &
QUINTEN
1 880 M€
1999
LOTHAR &
MARTIN
6 860 M€
899088
4 500
En millions
d’euros courants
4 000
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
9192939495969798990001020304
05060708091011121314
1988
NÎMES
288 M€
1
Ces deux départements sont, en outre, situés sur une zone d’aléa
sismique et de tsunami, répertoriée comme la plus sensible du
territoire métropolitain.
2
Moyenne de 1989 à 2014 ne tenant pas compte des dommages sur
cultures non engrangées.
3
Les sinistres sécheresse (retrait-gonflement d’argile) n’ont jusqu’à
présent concerné que les particuliers.
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
9
La prévention contre les aléas na turels es t avant tout une
affaire publique. S’il es t vrai qu’elle fait appel à la responsabi-
lité de cha cun, elle doit être orches trée collectivement.
Autant nous pouvons individuellement nous
prémunir de manière efficace contre certains
périls (l’incendie, le vol, le risque d’accident
de la route), autant la prévention contre les
aléas naturels ne sera efficace que si elle est
collective. E lle concerne l’aménagement du
territoire, les plans d’urbanisation, les déli-
vrances de permis de construire, la construc-
tion d’ouvrages, autant d’actes qui relèvent de
la chose publique.
Notre pays, soit par transposition de directives
européennes, soit par des lois d’initiative natio-
nale, dispose d’un arsenal d’outils de préven-
tion contre les aléas naturels permettant d’agir
au niveau d’une commune, d’un bassin versant
ou au niveau national.
Ces outils permettent de mieux connaître
les aléas, d’agir pour mieux s’en prémunir et
de financer les actions de prévention et de
protection.
Le Plan de prévention
des risques na turels
(PPRN)
En 1982, la loi relative à l’indemnisation des
victimes de catastrophes naturelles (loi du 13/07/1982) a institué le plan d’exposition aux
risques (PER). En 1995, les plans de prévention
des risques naturels prévisibles les ont rempla-
cés (loi du 02/02/1995, dite loi Barnier).
Le PPRN est un dossier réglementaire de pré -
vention qui fait connaître les zones à risques
aux populations et aux aménageurs et définit
les mesures pour réduire la vulnérabilité.
Son élaboration est conduite par les services
de l’État. A près un arrêté de prescription par
le Préfet, le temps de son instruction peut aller
de 12 à 18 mois. S on approbation, qui passe
notamment par une enquête d’utilité publique
et par la consultation des élus locaux, peut
prendre autant de temps. U n arrêté préfectoral
d’approbation est enfin transmis aux maires
des communes concernées.
En juin 2015, on dénombre 11 348 communes
couvertes par un PPRN et 3 060 sont en cours
d’instruction d’après les chiffres du M inistère
de l’environnement.
Notons qu’un PPRN n’est utile que s’il est
annexé aux différents schémas d’aménage -
ment du territoire et notamment au Plan Local
I
L’action publique
de prévention contre
les aléas naturels
10
d’Urbanisme (PLU). L’annexion au PLU relève
de la seule responsabilité du maire. E n cas de
refus du maire, ce n’est qu’après un certain
nombre de mises en demeure et de procé -
dures juridiques longues que le P réfet peut
finalement lui-même procéder à l’annexion du
PPRN au PLU .
Le Plan C ommunal
de Sauvegarde
(PCS)
La loi de modernisation de la sécurité civile
d’août 2004 a rendu le PCS obligatoire pour
les communes dotées d’un PPRN et le décret
d’application du 13 septembre 2005 en a fixé
les modalités d’application.
Ce dispositif a pour but d’organiser l’interven-
tion de la commune pour appuyer l’action des
services de secours en préparant la mobilisa-
tion de ses moyens humains et techniques afin
d’assurer l’information, l’alerte, l’évacuation,
l’assistance et le soutien de la population en
cas de survenance d’un risque majeur.
Le maire doit organiser régulièrement des
exercices pour évaluer le caractère opération-
nel de son PCS .
Les PCS sont particulièrement utiles en termes
d’acculturation à la prévention des populations
exposées à un risque majeur. E n effet, le PCS
intègre le processus d’information préventive
qui se concrétise par l’élaboration d’un D ocu-
ment d’Information C ommunal sur les R isques
Majeurs (DICRIM).
Un rapport récent émanant du ministère de
l’environnement précise « 6069 PCS sur 11 348
ont été réalisés soit 53.5 % …/…La réalité qua-
litative des PCS et leur suivi dans le temps, ne
sont pas encore évalués ».
Les Programmes
d’Actions de Prévention
des Inondations
(PAPI)
Les PAPI ont été initiés par une circulaire du
1er octobre 2002. I ls ont vocation, au travers
d’un partenariat entre l’État et les collectivités,
à construire une politique de gestion intégrée
du risque inondation à l’échelle de bassins de risque, en mobilisant l’ensemble des leviers de la prévention des inondations.En 2011, un cahier des charges de PAPI dit de
2
e
génération a été publié, intégrant notam-
ment le péril « submersion marine » et rendant désormais obligatoire une analyse « coûts /
bénéfices » de chaque programme.
Un PAPI, qu’il soit au stade d’intention ou au
stade de finalisation, doit être « labellisé » pour
que son financement bénéficie de l’abonde-
ment du Fonds de prévention des risques
naturels majeurs (ou Fonds Barnier). Cette
labellisation est attribuée par la Commission
Mixte Inondations (CMI), organe représentatif
des parties prenantes dont les assureurs sont
membres.
Depuis 2002, les PAPI ont permis de couvrir
plus de 40 % des communes métropolitaines
et plus de 2 M d€ ont été engagés pour leur
financement.
Les s tratégies et plans
nationa ux de ges tion
des risques clima tiques
Au-delà de ces outils, il existe des documents
nationaux fixant le cadre général de la politique
de prévention contre les aléas naturels.
Les plans fleuves. À l’échelle des grands
bassins fluviaux, les plans fleuves proposent
des solutions d’aménagement des cours d’eau
et des aides pour les financer. L ’objectif visé
est la mise en relation et en cohérence des démarches ayant trait au patrimoine naturel,
au développement économique, aux paysages
et à la prévention des inondations. Le plan interministériel submersions
rapides (PSR). Les événements survenus lors
du passage de la tempête Xynthia en 2010, ainsi
que les événements du V ar la même année,
ont mis en évidence la nécessité d’agir pour prévenir certains types d’aléa : submersions
marines, inondations par ruissellement et crues
soudaines, ruptures de digues fluviales ou
maritimes. C ’est l’objet du plan interministériel
submersions rapides (PSR) adopté début 2011,
dont l’objectif est d’inciter les différents terri-
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
11
toires à bâtir des projets de prévention pour
garantir en priorité la sécurité des personnes
par une démarche pragmatique, en cohérence
avec les dispositifs existants (PPRN, PAPI,…).
La stratégie nationale de gestion des
risques d’inondation (SNGRI). Introduite par
la loi de transposition en droit français de la
directive I nondations, la stratégie nationale
de gestion des risques d’inondation vise à
assurer la cohérence de l’ensemble des actions
menées sur le territoire. Elle a été arrêtée par
les ministres de l’Écologie, de l’Intérieur, de
l’Agriculture et du L ogement le 7 octobre 2014.
Elle fixe trois grands objectifs :
• l ’a ug m e nt atio n d e la sé cu rité d e s p o p ulatio n s
(stabiliser, voire réduire à terme le coût des
dommages, raccourcir fortement le délai de
retour à la normale des territoires sinistrés) ;
• des principes directeurs (solidarité, subsi-
diarité et synergie entre politiques publiques,
priorisation et amélioration continue) ;
• des défis (développer la gouvernance et les
maîtrises d’ouvrages, aménager durablement
les territoires, mieux savoir pour mieux agir,
apprendre à vivre avec les territoires).
La stratégie nationale de gestion du trait
de côte. S ous l’impulsion du Grenelle de la M er
en 2009, et face au constat que près d’un quart
du littoral recule du fait de l’érosion côtière, la
France s’est dotée en décembre 2014 d’une
stratégie nationale de gestion du trait de côte,
qui consiste à anticiper l’évolution du littoral en
faisant des choix d’urbanisme et d’aménage-
ment adaptés.
Les apports
de la directive
inondation
La directive européenne, dite directive « inon-
dation » 2007/60/CE du 23 octobre 2007,
transposée en droit français le 12 juillet 2010, a
considérablement modifié et accéléré la mise
en place d’outils de meilleure connaissance du
risque inondation en France.
Rappelons que cette directive propose aux
États membres une démarche structurée en
trois étapes devant être actualisées par cycle
de six ans :
La première étape est une approche globale
nommée É valuation P réliminaire du R isque
d’Inondation (EPRI), dont l’objectif est « d’iden-
tifier les territoires pour lesquels l’effort public sera porté en priorité pour réduire les consé-
quences négatives des inondations » : les T erri-
toires à risques d’inondations importants (TRI).
La deuxième étape consiste à la production
sur ces TRI révélés par l’EPRI, de cartographies
des zones inondables et des enjeux humains, économiques, environnementaux et patrimo-
niaux afin d’améliorer la connaissance sur ces territoires fortement exposés.
La troisième étape est de concevoir à
l’échelle du district hydrographique une stra-
tégie de gestion et une gouvernance adaptée
à travers un P lan de Gestion des R isques
d’Inondation (PGRI), pour réduire le risque par
la prévention, la prévision, la protection et la
participation du public.
La France a procédé en 2012 à l’Évaluation
Préliminaire du R isque d’Inondation (EPRI)
identifiant 122 Territoires à Risques d’Inonda-
tions I mportants (TRI) qui couvrent plus de
60 % de la population.
Les cartes de ces territoires sont en cours de
livraison par le Ministère de l’écologie, du déve-
loppement durable et de l’énergie (MEDDE).
Quant aux P GRI, ils sont en cours de consulta-
tion entre les parties prenantes.
Les outils de
financement des
politiques de prévention
Le Fonds de P révention des R isques N aturels
Majeurs (FPRNM, appelé plus communément
« Fonds Barnier ») constitue l’élément pivot
du financement des politiques de prévention
contre les aléas naturels.
Ce fonds a été instauré par la loi n° 95-101 du
2 février 1995 relative au renforcement de la
protection de l’environnement. L es disposi-
tions le concernant figurent à l’article L . 561-3
du Code de l’environnement.
12
Le FPRNM était initialement chargé de finan -
cer, dans la limite de ses ressources, les indem-
nités d’expropriation ainsi que les dépenses
liées à la limitation de l’accès et à la démolition
éventuelle de biens particulièrement exposés
aux aléas naturels.
Le champ d’application du FPRNM s’est peu
à peu élargi. D epuis sa création, 12 lois sont
venues élargir ses missions au fil des besoins
recensés. D e ce fait, le Fonds Barnier est
devenu le premier outil de financement de la
politique nationale de prévention des risques
naturels.
On peut aujourd’hui résumer l’ensemble de
ses missions autour de 4 types d’intervention :
1 Les mesures de délocalisation : acquisi -
tions amiables, expropriations, résorbtion de
l’habitat indigne en O utre-mer. L e Fonds a été
particulièrement sollicité lors des rachats de
logements après la tempête Xynthia.
2 Les dépenses d’évacuation temporaire
et de relogement en cas de risque avéré
Exemple : risque imminent de glissement de
terrain.
3 Les mesures de réduction de la vulnéra-
bilité face aux risques, notamment :
les opérations de reconnaissance et les
travaux de comblement ou de traitement des
cavités souterraines et des marnières.
Les études et travaux de réduction de la
vulnérabilité imposés par un PPRN .
Les études, travaux ou équipements de
prévention ou de protection des collectivités
territoriales (mission cumulant à elle seule 30 %
des emplois du fonds depuis l’origine). Les études et travaux de mesures parasis-
miques dans les zones les plus exposées.
Les études et travaux de mise en conformité
des digues domaniales contre les crues et les
submersions marines.
4 Les études et actes réglementaires de
l’État, notamment :
L’élaboration des P lans de P révention des
Risques N aturels prévisibles.
L’information préventive.
Les campagnes d’information sur la garantie
catastrophes naturelles.
L’élaboration des cartes d’aléas en applica-
tion de la D irective I nondations.
Le Fonds est quasi exclusivement financé
1
par
une contribution sur le produit des cotisations
additionnelles relatives à la garantie contre le
risque de catastrophes naturelles des contrats
d’assurance. C ette contribution est constituée
d’un pourcentage appliqué sur les primes addi-
tionnelles catastrophes naturelles.
Ce taux initialement de 2,5 %, est passé à 2 % en
1999, puis en 2006 à 4 %, en 2008 à 8 % et enfin
en 2009 à 12 %. P our l’exercice 2014, le produit
de cette contribution s’est élevé à 194 M €.
Cette ressource est ainsi passée de 25 M € en
2000 à 194 M € en 2014 (soit une multiplication
par près de 8 en 15 ans). D epuis sa création, en
1995, c’est au total un montant de 1,5 M d€ qui
a été prélevé sur les contrats d’assurance pour
financer ce fonds.
Synthèse
de la présentation
de l ’action publique
de prévention
Au total, la politique de prévention contre les
aléas naturels en France s’appuie sur un arsenal
juridique, opérationnel et financier complet :
Des outils de connaissance des risques et
des enjeux exposés dont le cadre a été enrichi
par la D irective E uropéenne I nondation.
Des moyens d’action locaux (PPRN, PCS
et PAPI) et des cadres généraux fixés par des stratégies et des plans nationaux.
Un outil de financement pivot, le Fonds Bar-
nier, alimenté par une contribution prélevée sur
les cotisations d’assurance catastrophes natu-
relles qui vient compléter l’apport essentiel des
acteurs publics ou privés locaux porteurs de projets.
1
L’État peut contribuer par des subventions, des avances ou des affectations de recettes non fiscales exceptionnelles. L es produits des
placements financiers contribuent également à augmenter les ressources du Fonds.
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
13
Depuis les 5 dernières années, on cons tate une incontes table
mobilisa tion des pouvoirs publics pour améliorer la cohérence
et les outils de prévention contre les aléas na turels. L’impa ct
national majeur qu’a représenté la tempête Xynthia en 2010 a sans
aucun doute été un élément clé dans cette mobilisa tion, comme
l’ont été par le passé d’autres événements majeurs.
On mettra en avant notamment :
L’accélération du nombre de Programmes
d’Actions et de Prévention des Inonda -
tions (PAPI) dont le périmètre d’action au
niveau des bassins versants est pertinent. L e
cahier des charges fixant le cadre des PAPI
dits de 2
e
génération, imposant les analyses
« coûts / bénéfices » et intégrant désormais le
péril « submersion marine » améliore encore
l’efficacité de ces programmes.
La bonne mise en œuvre des préconisa -
tions de la directive Inondations par le Gou-
vernement français est également à souligner. Le recensement et la cartographie des 122
Territoires à R isque d’Inondation I mportant
(TRI) constituent un progrès incontestable en
matière de connaissance des enjeux exposés
sur ces territoires par comparaison aux anciens
« Atlas de Zones I nondables » (AZI).
Enfin, les stratégies et plans nationaux
(Plan Submersion R apide, S tratégie N ationale
de Gestion du R isque I nondation et S tratégie
Nationale de gestion du trait de côte) consti-
tuent des cadres clairs permettant de donner
une cohérence sur les politiques long-terme
en matière de prévention.
Par ailleurs, il convient également de souligner
d’autres progrès significatifs :
La procédure de vigilance météorologique
de Météo-France n’a cessé d’élargir son péri -
mètre de périls sous surveillance. R appelons
que cette procédure initialisée en 2001 après
les tempêtes de 1999, concerne aujourd’hui,
dans sa classification de vigilance, 9 phéno-
mènes climatiques.
La vigilance des crues des principaux cours
d’eau qui traversent notre pays a également
sensiblement progressé ces dernières années.
II
Bilan des politiques
publiques de prévention
contre les aléas naturels et
propositions d’améliorations
14
La procédure « V igicrues » créée en 2006 est
placée sous la responsabilité du S ervice central
d’hydrométéorologie et d’appui à la prévi-
sion des inondations (SCHAPI). Cette procé-
dure, qui étend progressivement le périmètre
des cours d’eau sous surveillance publique, a
intégré des coordinations efficaces avec les
services régionaux de prévisions de crues, les
préfectures, M étéo-France et les médias.
La mise en place de l’Observatoire N atio-
nal des R isques N aturels (ONRN) constitue
un autre élément de progrès. C et observa-
toire, créé sous l’impulsion des assureurs en 2012, réunit le ministère de l’environnement, la Caisse C entrale de R éassurance (CCR – réas-
sureur public du régime d’assurances contre
les catastrophes naturelles) et les assureurs via
la Mission R isques N aturels (MRN
1
). Il a pour
objet de recenser, homogénéiser et mettre à disposition de toutes les parties prenantes les
informations sur les aléas, les enjeux exposés et
leurs vulnérabilités, la sinistralité et les retours d’expériences, les acteurs et leurs projets de prévention, etc.
Malgré ces
incontestables
progrès, les assureurs
constatent sur le
terrain, lorsqu’ils
exercent leur mission
d’indemnisation
des victimes d’aléas
naturels, des
insuffisances dans
l’application concrète
des politiques de
prévention.
1
L’association « Mission Risques Naturels » a été créée début 2000
par la FFSA et le GEMA, après une année particulièrement sinistrée
par des événements naturels catastrophiques (inondations et
tempêtes). Son objet est d’améliorer la connaissance des sociétés
d’assurances en matière de prévention des risques naturels.
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
15
Les assureurs cons tatent qu’il exis te un déficit de prévention
dans un trop grand nombre de territoires fortement exposés
aux aléas clima tiques. 10 dysfonctionnements majeurs, cons tatés
notamment sur le terrain, sont commentés ci-après, assortis de
23 propositions d’améliora tions.
1
Des PPRN prescrits
mais non approuvés
Rappelons que :
Depuis le 1
er
août 2011, tout PPRN prescrit
doit être approuvé 3 ans plus tard avec une
possibilité de prolongation de 18 mois sur jus-
tification du P réfet.
La simple prescription d’un PPRN donne
accès à un financement intégral des études nécessaires par le Fonds Barnier.
La prescription d’un PPRN constitue une
initiative suffisante pour éviter que les biens de la commune échappent à la modulation
de franchise dans le cadre d’une disposition
réglementaire du régime d’assurances contre
catastrophes naturelles, introduite en 2000.
Celle-ci a généré une « inflation » de PPRN de
« circonstances ». C es derniers resteront vrai-
semblablement lettre morte.
3 000 communes disposent aujourd’hui d’un
PPRN inondation prescrit, mais non approuvé.
Au-delà de cet aspect quantitatif des PPRN , il
convient également de signaler le niveau très
inégal de la pertinence et de l’efficacité de ce
dispositif, tant au plan national que territorial
(bassins de risques pertinents) et local (com-
mune).
Forts de ce constat, les assureurs préconisent :
Proposition n°1
———
Réaliser un suivi détaillé et semestriel,
département par département, de l’état
d’avancement des plans de prévention
prescrits mais non encore approuvés.
Confier cette tâche aux conseils dépar-
tementaux des risques majeurs qui ren-
dront publiques leurs conclusions.
Proposition n°2
———
Bâtir un référentiel de notation de la
pertinence et de l’efficacité d’un P lan de
Prévention des R isques N aturels (PPRN)
approuvé qui serait confié à l’Obser-
vatoire N ational des R isques N aturels
(ONRN).
Appliquer ce référentiel, à tout le terri-
toire pour permettre un suivi national à
travers des indicateurs rendus publics
par l’ONRN.
III
Dysfonctionnements et
propositions d’améliorations
16
2
Des PPRN
obsolètes
Les connaissances scientifiques et techniques
évoluent, les zones d’expositions aux aléas
également. O r, les PPRN n’évoluent pas néces -
sairement au même rythme.
Ainsi, il est courant de constater des PPRN dits
« d’ancienne génération » (Plan d’exposition
aux R isques, périmètres de risque délimités par
l’article R 111-3 du C ode de l’urbanisme, P lan de
Surfaces S ubmersibles, P lans de Zones sen-
sibles aux I ncendies de Forêt) datant de plus de
30 ans, à une époque où les connaissances en
matière de modélisation étaient balbutiantes.
Rappelons que la loi de février 1995 avait toléré
que ces documents réglementaires antérieurs
à la loi puissent être assimilés à des PPRN . Ce
qui était vrai à l’époque ne l’est certainement
plus aujourd’hui.
Proposition n°3
———
Instaurer une obligation pour toute com-
mune dotée d’un plan de prévention dit
« d’ancienne génération » de l’actualiser
dans un délai de 36 mois.
3
Des PPRN non annexés
aux documents d’urbanisme
L’efficacité d’un plan de prévention n’est opti-
male que s’il est pris en compte dans le P lan
Local d’Urbanisme (PLU).
Pour cela, l’article L . 126-1 du C ode de l’urba-
nisme prévoit que les P lans L ocaux d’Urba-
nisme (PLU) doivent comporter, en annexe, les
servitudes d’utilité publique affectant l’utilisa-
tion du sol. O r, un PPRN approuvé vaut servi -
tude d’utilité publique selon l’article L. 562-4
du Code de l’environnement. Son annexion au
PLU est par conséquent, obligatoire.
L’annexion du PPRN au PLU revêt une impor -
tance toute particulière dans la mesure où
l’article L . 126-1 du C ode de l’urbanisme prévoit
que, dans le délai d’un an à compter de leur
institution, seules les servitudes annexées au
PLU pourront être opposées aux demandes
d’occupation du sol.
Les assureurs constatent que trop de PPRN
pourtant approuvés, ne sont pas annexés au
PLU.
Le rapport d’évaluation
1
à mi-parcours du P lan
« Submersions R apides » rejoint ce constat
(page 70 du rapport) : « La prise en compte
du risque inondation dans les documents
d’urbanisme reste très insuffisante si l’on en
juge par les difficultés rencontrées par les
représentants de l’État pour élaborer, jusqu’à
leur approbation, les PPRI.…/…Cette situation
résulte de divergences de fond avec certains
élus locaux qui, sous la pression de leur popu-
lation, résistent aux contraintes parfois fortes
qui peuvent en résulter ».
Proposition n°4
———
Répertorier les communes dotées d’un
Plan de P révention des R isques N aturels
(PPRN) non annexé à son Plan Local
d’Urbanisme (PLU).
Proposition n°5
———
Conditionner le financement d’un Pro-
gramme d’Actions de P révention des
Inondations (PAPI) à l’inclusion des P lan
de Prévention des R isques I nondations
(PPRI) des communes concernées dans
leur P lan Local d’Urbanisme (PLU) res-
pectif.
1
Rapport conjoint de mars 2014 du C onseil général de l’environnement et du développement durable, de l’Inspection générale des finances, de
l’Inspection générale de l’administration et de l’Inspection de la défense et de la sécurité civile.
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
17
4
Des forma ts de PPRN
trop hétérogènes
Afin de piloter une politique de prévention à un
niveau national, les pouvoirs publics doivent se
doter de données homogènes. L es assureurs
constatent sur le terrain :
Une insuffisance des données disponibles
(certains départements ne diffusent aucune
donnée).
Une grande hétérogénéité dans les zonages
de PPRN , fonction de leur répartition géogra-
phique ou de leur date de production. A insi, le
nombre de zones qui composent les différents
zonages vont de 3 à 10 suivant les PPRN .
Cette hétérogénéité se décline également au
niveau des termes associés aux zones régle-
mentaires. U ne zone dite « rouge » peut avoir
une définition différente d’un PPRN à l’autre !
Aucun travail de consolidation au niveau natio-
nal ne peut donc être réalisé.
Un travail d’homogénéisation des données
doit être réalisé sans délai. Ce travail permettra
d’identifier les données de base indispensables
à la priorisation des actions et à une allocation
efficace des ressources.Proposition n°6
———
Bâtir et mettre œuvre un référentiel
unique, commun à tous les PPRN , pré-
voyant leur mise à disposition en format
numérique incluant les couches carto-
graphiques.
5
Un Plan de Submersions Rapides qui tarde à se mettre en œuvre
et des Plans de Prévention des Risques Littora ux
insuffisamment dépl oyés dans les communes à risque
L’étude climat de l’AFA place la submersion
marine au second rang des périls répertoriés
comme les plus susceptibles d’engendrer des
surcoûts d’indemnisation liés au changement
climatique.
Les projections obtenues estiment à 4 M d€
les dégâts occasionnés par ce péril dans les
25 prochaines années contre 850 M € sur la
même période passée (tempête Xynthia pour
l’essentiel).
Ce péril présente la plus forte dynamique de
croissance et prendra, toutes choses égales par
ailleurs, une ampleur plus conséquente encore
au-delà des 25 années étudiées.
Dès à présent, 303 communes ont été iden-
tifiées comme étant des communes priori -
taires en matière de submersion marine. A u
31/08/2015 :
22 % (67) d’entre elles ont un P lan de P ré-
vention de R isques L ittoraux (PPRL) approuvé
ou appliqué par anticipation.
67 % (205) ont engagé un processus d’ap-
probation d’un PPRL .
10 % (31) n’ont encore entrepris aucune
démarche de prescription d’un PPRL .
Au regard des enjeux tant humains qu’écono-
miques (les territoires soumis à l’aléa de sub-
mersion marine sont souvent des territoires à
forts potentiels touristiques), une accélération
18
6
Une absence trop fréquente
de Plans C ommuna ux de Sauvegarde
(PCS)
Trop de communes sont encore dépourvues
d’un PCS .
Le retour d’expérience terrain de la préfecture
des P yrénées-Atlantiques mentionné dans
« Le Retour d’expérience global de la Crue
des Pyrénées des 18 et 19 Juin 2013 DREAL
Midi-Pyrénées du 02/12/2013 » abonde dans
ce sens :
« La mise en œuvre des PCS par les communes
qui en sont pourvues leur a permis de gérer
au mieux les conséquences des inondations. Il
faut donc poursuivre les actions d’incitation à
l’élaboration des PCS à l’intention de toutes les
communes y compris celles pour qui ce n’est
pas une obligation réglementaire. En outre, il
serait nécessaire de rendre obligatoire les PCS
dès la prescription d’un PPR. »
Les assureurs ont par ailleurs constaté des
écarts conséquents dans les montants de
dommages indemnisés entre 2 communes de
taille équivalente, ayant subi le même événe-
ment naturel, l’une dotée d’un PCS , l’autre non.
Force est de constater que l’instauration d’une
obligation réglementaire est apparemment
insuffisante pour obtenir des résultats.
Proposition n°11
———
Interdire aux communes non dotées d’un
Plan Communal de S auvegarde (PCS)
l’accès aux ressources du Fonds de Pré-
vention des R isques N aturels M ajeurs
(FPRNM ).
du processus de prescription et d’approbation
doit être entreprise pour les communes sans PPRL prescrit ou approuvé.
Proposition n°7
———
Accélérer le processus de prescription,
d’approbation et de mise en œuvre
des P lans de P révention des R isques
Littoraux (PPRL) non encore prescrits
ou approuvés sur les communes prio-
ritaires.
Proposition n°8
———
En absence de ces plans, appliquer le
principe de précaution en imposant
un refus systématique des permis de
construire dès lors qu’un projet est de
nature à porter atteinte à la sécurité
publique du fait de sa situation dans des
zones présumées à risques importants.
Proposition n°9
———
Identifier les campings exposés à des
risques de submersion et leur imposer dans un délai raisonnable l’élaboration
de plans de sauvegarde en cas d’an-
nonce de crue ou risque de submersion.
Proposition n°10
———
Imposer aux communes à risque de
submersion rapide des systèmes d’alerte
aux populations basées sur les nouveaux
moyens de communication (sms, mails, réseaux sociaux).
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
19
7
Des critères de labellisa tion et de financement
des Programmes d’Actions et de Prévention des Inondations (PAPI)
qui res tent à améliorer
Les PAPI de 2
nde
génération ont introduit des
critères d’appréciation coûts / bénéfices.
Malgré cette incontestable avancée, la logique
n’a pas été poussée jusqu’au bout dans l’ap-
proche des critères d’éligibilité fixant les prio-
rités en matière de financement.
En s’appuyant sur des exemples concrets, les
assureurs proposent d’analyser les PAPI sur
la base d’un double diagnostic :
De critères d’éligibilité plus complets notam-
ment basés sur des analyses multicritères pre-
nant en compte des indicateurs concrets tels
que le nombre d’enjeux évités moyens annuels
(dit NEMA ), par exemple le nombre d’habitants
ou le nombre d’emplois. De critères de priorité permettant une meil-
leure prise en compte du ratio investissements /
valorisation des enjeux protégés ainsi qu’une meilleure équité de traitement entre les terri-
toires.
Par ailleurs, la démarche n’intègre pas
des retours d’expérience individualisés de
chaque PAPI :
Si la dynamique PAPI initiée depuis 2002
répond bien à la volonté nationale de favoriser des initiatives locales pour la prévention des
inondations, la quasi absence de données de
suivi des PAPI ainsi que de retours d’expérience
sur l’efficacité des actions ne permet pas de
juger de la pertinence de cet outil à la lumière
de résultats.
Il est nécessaire d’établir des outils de reporting
de suivi de l’efficacité des actions des PAPI au
niveau national.
Par ailleurs, les données collectées par les
PAPI lors de leur phase de diagnostic n’ont pas fait l’objet d’un recensement à l’échelle
nationale. C es données, et en particulier celles
concernant l’état d’avancement de la préven-
tion sur leur territoire, pourraient permettre
de définir un « benchmark » des territoires et
des PAPI au travers de la définition d’un état
initial de la prévention et de l’évolution qu’ils
induisent.
Proposition n°12
———
Améliorer les critères d’éligibilité et
de priorité de financement des P ro-
grammes d’Actions et de Prévention des
Inondations (PAPI).
Proposition n°13
———
Généraliser les retours d’expérience des
PAPI labellisés.
20
8
Une faible prise en compte
de l ’aléa sécheresse dans l ’arsenal de prévention
La sécheresse représente déjà 33 % des indem-
nités versées par le régime des catastrophes
naturelles. L ’étude climat de l’AFA indique
clairement que les phénomènes de retrait-
gonflement des sols argileux vont se multiplier
et s’amplifier. A insi, ce risque est celui qui pro-
gressera le plus à l’horizon 2040.
Paradoxalement, force est de constater que
cet aléa est le moins présent dans l’arsenal
des politiques publiques de prévention, alors
même que les assureurs estiment qu’il se
construit chaque année entre 20 et 30 000
maisons individuelles sur des zones argileuses
sans fondations adaptées.
Les programmes de recherche (« Programmes
ARGIC 1 et 2 - A nalyse du R etrait-Gonflement
et de ses I ncidences sur les C onstructions») ont
été menés. Ils proposent des solutions dans
la compréhension et la prévention du phéno-
mène tout en faisant œuvre de pédagogie par
la publication programmée de trois guides de
recommandations :
1 Comment réparer sa
maison, 2 Comment construire sa maison,
3 Comment caractériser un site vis-à-vis du
retrait-gonflement des argiles.
Dans le même temps le DTU
1
13.12 « Règles de
calcul des fondations superficielles » date de
mars 1988 et n’a connu aucune actualisation
alors même que les techniques de construc-
tions ont considérablement évolué depuis plus
de 25 ans.
Désormais, il est indispensable que le législa-
teur vienne définir un dispositif de prévention
et d’information de ce péril qui s’articulerait
autour des mesures suivantes :
Proposition n°14
———
Reconnaitre une cartographie régle-
mentaire des zones argileuses sur l’en-
semble du territoire basée principale-
ment sur les travaux avancés du Bureau
de Recherche Géologique et M inière
(BRGM).
Proposition n°15
———
Rendre obligatoires les diagnostics des
sols lors de toutes constructions ou ces-
sions de terrain construit ou construc-
tible, situées sur une zone répertoriée à
risques et annexer le diagnostic à l’acte
notarié du terrain.
Proposition n°16
———
Rendre obligatoire dans le cadre des
PLU, la production d’un diagnostic géo-
logique des nouveaux terrains urbani-
sables.
Proposition n°17
———
Imposer qu’il soit apporté, dans le dossier
de demande d’un permis de construire, la preuve qu’une étude géotechnique
conforme au diagnostic géologique a
été réalisée et prise en compte dans le
dimensionnement des fondations et des
structures.
Proposition n°18
———
Refondre les D ocuments T echniques
Unifiés ad hoc (notamment le DTU 13.12)
en y intégrant les règles de l’art visant à
adapter les fondations des maisons indi-
viduelles aux sous-sols diagnostiqués à risque, en se référant notamment aux
trois guides de recommandations du 2
e
plan d’Analyse du R etrait-Gonflement et
de ses I ncidences sur les C onstructions
(Argic 2).
1
DTU : Document T echnique Unifié
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
21
9
Rendre pl us cohérent et effica ce
le financement des politiques de prévention
L’éparpillement des sources de financement
est source d’inefficacité. I l génère des risques
importants de dilution de l’action publique.
Il peut entraîner des doublons de tâches et
d’actions. I l ne permet pas un contrôle homo-
gène des mesures prises.
En 2009, la C our des comptes a relevé dans
son rapport annuel consacré à « l’État face à
la gestion des risques naturels » - page 651
« Des procédures budgétaires complexes et
confuses : la diversité des financements est
source de complexité ; celle-ci est aggravée
au niveau local par la pluralité des organismes
autorisés à engager des dépenses ainsi finan-
cées. L’élargissement des opérations suscep-
tibles d’être financées par le FPRNM nuit à la
cohérence et à la clarté de ses interventions ».
Proposition n°19
———
Confier au C onseil d’Orientation pour la
Prévention des R isques N aturels M ajeurs
(COPRNM) la mission de veiller à la
bonne coordination et cohérence de
l’ensemble des ressources destinées à
la prévention des aléas naturels.
Le Fonds de P révention des R isques N aturels
Majeurs (FPRNM dit fonds Barnier) est l’ins-
trument pivot du financement des actions
de financement des politiques publiques de
prévention.
Alors que ce fonds a géré un budget de plus de
1,5 Md€ de dépenses depuis sa création (son
budget 2015 est de 200 M €), aucun organe
de gouvernance ne le pilote réellement. Son
conseil de gestion se réunit une à deux fois
par an et ne fait qu’enregistrer les dépenses
présentées par les représentants du Ministère
de l’Écologie, du D éveloppement D urable et
de l’Énergie.
Au regard de l’importance de la politique de
prévention contre les risques naturels, une
réforme structurelle de ce fonds doit être
menée, afin d’en retracer les contours (audits
des missions) et de lui redonner une réelle
lisibilité politique et technique (contrôle de la
performance et maîtrise du budget).
En ce qui concerne la gouvernance, les choix
d’actions doivent être davantage co-décidés
entre ceux qui financent (les assurés), ceux
qui agissent (les pouvoirs publics) et ceux qui
indemnisent et collectent la ressource (les
assureurs).
Une véritable instance de gouvernance doit
être instaurée regroupant tous les acteurs de
la prévention.
Proposition n°20
———
Réformer le Fonds de P révention des
Risques Naturels Majeurs (FPRNM) tant
du point de vue de sa gouvernance, de
ses missions, de son contrôle que de sa
maîtrise de la dépense.
Proposition n°21
———
Rapprocher le Fonds de P révention des
Risques N aturels M ajeurs (FPRNM) des
instances de décision et de priorisation
des actions de prévention des pouvoirs
publics telle que la C ommission M ixte
Inondation.
22
10
Un déficit d’informa tion et d’alerte
du grand public
Le rapport d’information du Sénat de 2010
sur les conséquences de la tempête Xynthia,
mentionne que « sans culture du risque, il n’y
aura ni anticipation ni gestion des inondations ».
Certes, depuis de nombreuses années le légis-
lateur, a institué de nombreuses obligations
d’information du public sur l’exposition aux
aléas naturels : obligation d’information pour
les acquéreurs et les locataires (loi de 2003),
obligation pour les communes d’élaborer des
DICRIM (loi de 1987) et des PCS (loi de 2004),
d’installer des repères de crues (loi de 2003).
Or les événements se reproduisent et les
populations n’adoptent toujours pas les bons
réflexes de prévention. Il convient donc, au-
delà de la réglementation, de développer une
véritable culture au quotidien du risque naturel.
Cette acculturation aux enjeux de la surve-
nance des aléas naturels passe notamment par
une répétition des messages qui commence
dès le plus jeune âge.
Ainsi, la mise en place des enseignements pra-
tiques interdisciplinaires lors de la réforme des
collèges de septembre 2016 serait un support
pédagogique favorable à l’appropriation, par
les jeunes générations, de la bonne compré-
hension des enjeux liés aux risques naturels.
Cette thématique est par essence transversale.
De plus, la mise en place par l’ensemble des
établissements scolaires de leur P lan Particu-
lier de M ise en S ûreté face à un risque majeur
(PPMS) doit permettre l’adoption de bons
réflexes par les jeunes générations. U n recense-
ment des plans mis en place devrait être réalisé
avec un objectif de montée en puissance sous
un délai raisonnable.
Par ailleurs, l’Organisation des N ations U nies
célèbre, chaque 13 octobre, la journée inter-
nationale de la prévention des catastrophes.
Cette journée a pour objectif de sensibiliser
les gouvernements et les populations sur
l’importance de la réduction des risques de
catastrophes, et de les encourager à construire
des communautés et nations résilientes. O r
cette journée n’a pas, en France, le dimension-
nement qu’elle devrait avoir ; il conviendrait de
lui donner un rayonnement plus important.
Afin de sensibiliser au mieux le grand public
aux aléas naturels, le citoyen doit pouvoir avoir
accès d’une manière efficiente à son exposi-
tion au risque, quelle que soit sa localisation
sur le territoire national, ainsi qu’à l’ensemble
des informations de prévention associées. I l
conviendrait que l’État, en collaboration avec
les assureurs, puissent être en mesure de
présenter à chaque citoyen une information
précise sur son niveau d’exposition par lieu
de risque, à la maille la plus fine (coordonnées
GPS). L’incertitude qui peut être attachée à
cette information doit être convenablement
prise en compte.
Ce chantier pourrait être confié à l’Observa-
toire N ational des R isques N aturels.
Proposition n°22
———
Mettre en place des outils grand public
(site web, applicatif smartphone) de
vulgarisation des connaissances scienti-
fiques en matière d’exposition et de pré-
vention des risques naturels et confier
cette mission à l’Observatoire N ational
des R isques N aturels (ONRN).
Proposition n°23
———
Instaurer une journée nationale de la
prévention contre les risques naturels
avec pour objectifs : l’information des
populations situées en zones à risque
ainsi que la formation aux bons réflexes
à adopter en cas de survenance d’un
événement climatique extrême.
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
23
2
MODERNISATION
DU REGIME DES
CATASTROPHES
NATURELLES
Le régime d’assurances contre les ca tastrophes na turelles a été
instauré en 1982 par le législa teur. Il s’agit d’un dispositif origi-
nal basé sur un partenaria t public privé.
Ses principales caractéristiques sont les
suivantes :
Son fonctionnement est totalement encadré
par les articles L125 et suivants du Code des
assurances.
Tout contrat d’assurance contenant une
garantie « dommages aux biens » bénéficie obligatoirement de cette garantie catas -
trophes naturelles. A insi les contrats cou-
vrant un logement, une entreprise, une col-
lectivité territoriale, une exploitation agricole (hors culture non engrangée), bénéficie de la garantie catastrophes naturelles. U n véhicule
automobile ne sera couvert que si le contrat
d’assurance correspondant bénéficie d’une
garantie dommage (les véhicules couverts en
seule responsabilité civile ne bénéficient pas
de cette garantie).
La loi définit le texte de la garantie, son prix,
les franchises laissées à la charge de l’assuré, les obligations en matière de délais de décla-
ration de sinistre, de délais d’indemnisation par
l’assureur, etc.
La garantie ne joue que si un arrêté intermi-
nistériel déclare la commune où se situe le bien
endommagé en état de « catastrophe naturelle ».
Pour gérer cette garantie, les assureurs
peuvent bénéficier d’une réassurance qui bénéficie elle-même d’une garantie de l’État.
Celle-ci est délivrée via un traité de réassurance
dit « stop loss » (moyennant paiement d’une prime de réassurance les pertes potentielles cumulées annuelles d’un assureur sont ainsi
limitées) dont la particularité est d’être illimité
en montant.
La garantie couvre les dommages matériels
causés par « l’intensité anormale d’un agent naturel » à l’exception des dégâts causés par
le vent (couverts en Outre-mer mais pas en
métropole).
Notons que la garantie « tempête » cou-
vrant les dommages causés par les effets du
vent est également une extension obligatoire
de tout contrat d’assurance contenant une
garantie dommages. E lle est néanmoins indé-
pendante du régime d’assurances contre les
catastrophes naturelles.
Le bilan que tirent les assureurs de l’Association
française de l’assurance de ce régime d’assu-
rances est plutôt positif. S a généralisation à
tous les contrats d’assurance a permis, depuis
plus de 30 ans, de protéger efficacement l’ap-
pareil productif et le patrimoine des Français
à un prix raisonnable.
Les retours d’expérience des différentes catas-
trophes naturelles subies ces dernières années
ont néanmoins amené la profession à déceler
quelques points d’actualisation qu’il convien-
drait d’apporter dans un souci de :
responsabiliser davantage les assurés,
améliorer certaines couvertures,
conforter la pérennité financière du dispositif,
améliorer la lisibilité du régime par les assurés.
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
25
1
Modula tion
de franchises
Il est souvent reproché au régime catastrophes
naturelles d’être peu responsabilisant. S on
caractère solidaire implique que quelle que
soit l’exposition de son bien, un assuré paiera
le même prix et bénéficiera des mêmes garan-
ties. C ette fixation d’un prix unique implique
également qu’un effort de prévention sera au
final peu récompensé. C ette critique mérite
qu’on s’y arrête.
D’une part un assuré qui paye en moyenne
220 € par an son assurance habitation (prime
moyenne constatée sur le marché), paiera 15 €
sa garantie catastrophes naturelles. I l paraît
difficile d’imaginer autour de ce prix des modu-
lations tarifaires susceptibles d’inciter l’assuré
à investir dans sa protection.
D’autre part, comme il a été indiqué au chapitre
précédent, la prévention et la protection contre
les aléas naturels est avant tout une affaire
collective. Elle relève pour beaucoup d’actions
qui touchent à l’aménagement du territoire.
Agir par le seul biais d’un contrat d’assurance
individuel modifiera peu cet aspect essentiel
de la prévention.
Ce dernier constat vaut moins pour les grandes
entreprises et les collectivités locales. C elles-ci
ont en effet davantage de moyens pour agir
sur la protection de leurs propres biens. A insi
une entreprise peut, par exemple, veiller à ne
pas mettre à hauteur inondable des matériels
informatiques coûteux. U ne collectivité locale
pourra inclure dans son P lan C ommunal de
Sauvegarde des dispositions de protection de
ses propres biens.
Ainsi, autant les assureurs sont partisans de
maintenir le caractère solidaire du régime
d’assurances catastrophes naturelles pour les
particuliers, commerçants, artisans et petites
entreprises, autant ils revendiquent des élé-
ments de flexibilité pour les grandes entre-
prises et les collectivités territoriales.
Ils proposent ainsi de laisser à l’assureur la
liberté de fixer une franchise propre à ce type
de risque en fonction :
de son exposition à l’aléa,
des mesures de prévention/protection
prises par l’assuré,
des mesures de prévention/protection
prises par les pouvoirs publics (PPRN, PCS,
PAPI, PSR).
Dans le cadre d’une modulation de franchise,
celle-ci serait spécifique à la garantie des catastrophes naturelles. E lle ne s’applique-
rait pas aux autres garanties dommages du contrat.
Proposition n°24
———
Introduire dans le régime d’assurances
catastrophes naturelles la possibilité
pour l’assureur de fixer librement la fran-
chise de cette garantie pour les contrats
d’assurance couvrant des capitaux supé-
rieurs à 50 M €, et pour ceux couvrant
des collectivités territoriales quelle que
soit leur taille.
26
2
Transfert du risque sécheresse
à l’assurance cons truction sous certaines conditions
Les désordres causés aux bâtiments du fait
de la sécheresse constituent un péril à part.
Ces événements ont la particularité, contrai-
rement à tous les autres périls, de ne pas
afficher d’unité de temps ni de lieu dans leur
survenance.
Le temps mis par les pouvoirs publics à décré-
ter des communes en état de catastrophe natu-
relle suite à la sécheresse de 2003, illustrent
bien cette particularité : certaines communes
ont vu le décret les concernant être publié 3 ans
après l’événement, avec toutes les difficultés
que ce retard a pu créer dans l’appréciation
des dommages et du lien de causalité.
Par ailleurs, les dommages causés par ce type
d’événement vont des simples fissures sans
conséquence, ou de simples dommages aux
embellissements, jusqu’à la mise en cause de
la solidité même de la structure.
Les assureurs proposent un traitement spéci-
fique de ce péril selon les modalités suivantes :
L’assurance catastrophes naturelles ne joue-
rait que pour les constructions de plus de 10
ans. C ette limitation ne pourra intervenir qu’à
partir du moment où les réglementations en
matière d’adaptation des fondations à la nature
des sous-sols auront été mises en place (voir
chapitre précédent) et ne concernera alors que
les habitations construites postérieurement à
cette réglementation. S i un sinistre intervient
dans les 10 premières années, c’est alors la
Responsabilité D écennale du constructeur qui
serait mise en jeu. L’assurance catastrophes naturelles n’inter-
viendrait que dès lors qu’il y a atteinte à la solidité de la structure du bâtiment. C ette ter-
minologie allie les avantages de la simplicité et,
après consultation des experts, de l’objectivité
dans la constatation du dommage. P ar ailleurs
il semble cohérent qu’un régime d’assurances dit « de catastrophes » n’intervienne que pour
ces seuls sinistres majeurs.
Le transfert de la prise en charge de ce type
de dommage à l’assurance construction, pose
néanmoins la question de la libre affectation
par l’assuré de l’indemnisation qu’il a reçue. E n
effet, le C ode des assurances prévoit que tout
sinistré a le libre choix d’affecter ou non cette
indemnisation à la réparation du dommage.
La seule obligation d’affectation concerne
les indemnisations versées au titre des catas-
trophes naturelles et de reconstruction du bien
sur place pour des raisons de sécurité évidente.
Aussi, il convient, pour les mêmes raisons de
sécurité, d’étendre cette obligation d’affecta-
tion à l’assurance construction.
Proposition n°25
———
Transférer l’indemnisation des sinistres
résultant de la sécheresse au régime de
l’assurance de responsabilité décen-
nale construction pour toute construc-
tion nouvelle répondant à l’obligation
d’étude de sols (voir proposition n° 14).
Proposition n°26
———
Accompagner ce transfert par des
mesures de prévention liées à l’obli-
gation des études de sols et par une limitation de l’intervention du régime
des catastrophes naturelles au-delà de
10 ans aux seuls dommages d’atteinte à
la solidité de la structure du bâtiment.
Proposition n °27
———
Rendre obligatoire l’affectation par l’as-
suré de l’indemnité versée par l’assu-
reur construction à la remise en état de l’immeuble ou de son terrain d’assiette
en cas de reconstruction sur place.
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
27
3
Simplifica tion
de la modula tion légale
de franchise
Depuis le 1
er
janvier 2001, les articles L. 125-2
et A. 125-1 du C ode des assurances prévoient
pour l’assurance catastrophes naturelles un
mécanisme d’augmentation automatique de
la franchise laissée à la charge des sinistrés.
La modulation de franchise est appliquée dans
les communes non dotées d’un plan de pré-
vention des risques naturels (PPRN) prescrit.
Des coefficients multiplicateurs sont appliqués
à la franchise en fonction du nombre de recon-
naissances de l’état de catastrophe naturelle
dont la commune a déjà fait l’objet au cours
des cinq dernières années pour un même type
de péril.
Cette modulation est suspendue dès la pres-
cription d’un PPRN pour le péril concerné mais
elle est réactivée en cas d’absence d’approba-
tion de ce PPRN à l’issue d’un délai de quatre
ans.
Cette mesure, qui avait pour objet d’inciter la
mise en place de PPRN , a rempli partiellement
son objectif, mais a été détournée par certaines
communes du fait de la prescription de PPRN
d’opportunité sans réelle mise en œuvre.
De plus, la multiplication par certaines mairies
de demandes de reconnaissance de l’état de
catastrophes naturelles sans la survenance de
réels dégâts, et sans mise en place de PPRN en
parallèle, a pu conduire des sinistrés à se voir
appliquer un triplement ou quadruplement de
la franchise lors de leur première déclaration
de sinistre.
Au final cette mesure complexe est mal com-
prise par les assurés qui y voient une sanction
financière trop sévère liée à un manquement
dont ils ne se sentent pas responsables.
Les assureurs estiment nécessaire de main-
tenir ce lien entre assurance et prévention et
proposent de rendre le mécanisme plus simple
et lisible :
Limitation de la sanction au doublement de
la franchise.
Ce doublement interviendrait dès lors que
deux événements d’un même péril survien -
draient dans une période de 5 ans et que
la commune concernée ne disposerait pas
d’un P lan de P révention du R isque concerné
approuvé et d’un P lan C ommunal de S auve-
garde.
En limitant la sanction, mais en renforçant les
conditions de sa non application, on éviterait
le phénomène de PPRN de complaisance, on
renforcerait le rôle du PCS tout en simplifiant
le dispositif.
Proposition n°28
———
Simplifier le mécanisme de modula-
tion de franchise en limitant ses consé-
quences pour les assurés et en l’ados-
sant, d’une part, à l’approbation d’un
PPRN (et non plus à sa simple prescrip-
tion) et, d’autre part, à la mise en place
de PCS .
28
4
Objectivation des critères de déclara tion
des arrêtés ca tastrophes na turelles
Les critères de décision de déclarer une zone
géographique comme relevant du régime des
catastrophes naturelles ne sont pas toujours
bien compris par les populations touchées.
Le passage à un régime objectivé, c’est-à-dire
couvrant une liste de périls dénommés et s’ap-
puyant sur des critères quantitatifs, en lieu et
place d’un périmètre d’intervention aujourd’hui
défini par « l’intensité anormale d’un agent
naturel », apporterait une meilleure prévisibi-
lité des zones relevant du régime ainsi qu’une
meilleure acceptation par les populations.
Proposition n°29
———
Objectiver dans la loi le périmètre d’in-
tervention de la garantie catastrophes
naturelles en énumérant la liste des
périls couverts et en décrivant ses cri-
tères de gravité.
5
Incl usion des frais de rel ogement
Lors d’événements de grande ampleur comme
Xynthia en février 2010, ou les inondations du
Var en juin 2010, beaucoup de sinistrés dont
les résidences principales étaient devenues
inhabitables, n’ont pas compris que certains
assureurs prennent en charge les frais de relo-
gement et d’autres non.
En effet, cette garantie n’étant pas incluse dans
la garantie légale catastrophes naturelles, sa
mise en jeu dépendait des contrats qui avaient
été souscrits. O r, cette garantie répond à un
vrai besoin des assurés.
Les assureurs estiment le coût de cette mesure
à environ 1 % du coût global du sinistre pour les
assureurs et réassureurs concernés.
Bien entendu, cette prise en charge ne s’appli-
querait que pour les assurés occupants dont
la résidence principale a été sinistrée dans les
conditions et limites prévues au contrat.
La question des pertes de loyers pour les
propriétaires dont les biens sont sinistrés est
également un point à évaluer dans le cadre
d’une prochaine réforme.
Proposition n°30
———
Intégrer dans le régime des catastrophes
naturelles l’indemnisation des frais de
relogement pour les victimes dont la
résidence principale a été sinistrée.
6
Allongement du délai de déclara tion
L’article A. 125-1 du Code des assureurs impose
à l’assuré de « déclarer à l’assureur ou à son
représentant local tout sinistre susceptible de
faire jouer la garantie dès qu’il en a connais-
sance et au plus tard dans les dix jours sui-
vant la publication de l’arrêté interministériel
constatant l’état de catastrophe naturelle ».
Lors des événements de grande ampleur
du type Xynthia, inondations du V ar
(2010) ou plus récemment les inonda -
tions des A lpes-Maritimes d’octobre 2015,
les assureurs de la FFSA et du GEMA ont pris
rapidement des mesures en faveur de leurs
assurés sinistrés. L ’une des premières mesures
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
29
8
Officialisa tion de l ’ONRN
À l’initiative des assureurs, le M inistère de
l’Ecologie, la CCR et la MRN (Mission risques
naturels, association commune de la FFSA et
du GEMA) ont signé le 3 mai 2012 une conven-
tion de partenariat pour la mise en œuvre d’un
Observatoire N ational des R isques N aturels
(ONRN).
L’objectif de cet observatoire est de mettre
en réseau, partager et échanger les connais-
sances sur les risques naturels. Il a vocation à
constituer :
un lieu de concertation où s’échangent les
expériences et s’expriment les compétences ;
un lieu d’inventaire, de rassemblement et de
partage de données géographiques ou non. Ces dernières doivent être traitées, croisées,
qualifiées, validées afin de produire une infor-
mation synthétique et homogène ;
un lieu de diffusion de l’information envers
7
Instauration dans les plans de prévention
des risques na turels (PPRN)
d’un volet spécifique a ux entreprises
Au regard des enjeux économiques pour les
entreprises (chômage technique, retour à l’em-
ploi, fermeture de site) découlant d’un sinistre événement naturel, les assureurs préconisent que les PPRN disposent systématiquement
d’un volet dédié à la maitrise du risque naturel en entreprise.
Ainsi, les PPRN devraient imposer aux entre -
prises situées dans une zone à risque :
La réalisation d’un diagnostic de vulnérabi-
lité aux risques naturels.
La réalisation d’un plan de continuité d’activité.
La mise en place de mesures de prévention/
protection.
Ces mesures inciteraient des entreprises déjà
installées dans des zones à risque à prendre
davantage leurs responsabilités en matière
de prévention.
Les assureurs ont d’ores et déjà réalisé des
fiches de prévention à destination des entre-
prises.
Proposition n°32
———
Rendre obligatoire et contrôler l’appli-
cation d’un volet dédié à la prévention
des risques d’entreprises dans les PPRN .
annoncées est l’allongement du délai de décla-
ration de sinistres. O r, ces mesures ne sont pas
reprises systématiquement sur des plus petits événements.
Afin qu’elles concernent l’ensemble des sinis-
trés, quelle que soit l’ampleur de l’événement,
il est proposé de modifier cet article en faisant
passer le délai de 10 à 30 jours.
Proposition n°31
———
Prolonger le délai maximal de déclara-
tion des sinistres suite à catastrophes
naturelles de 10 à 30 jours.
30
9
Réforme de la section « Ca tastrophes Na turelles »
du Burea u Central de Tarifica tion (BCT)
Le Bureau C entral de T arification (BCT) est
un organisme qu’un assuré peut saisir dès lors
qu’il ne trouve pas d’assureur. C ette saisine
n’est possible que pour certaines garanties
obligatoires fixées par le C ode des assurances.
Il s’agit :
de la garantie responsabilité automobile,
de la garantie responsabilité civile médicale,
des garanties obligatoires en assurance
construction,
de la garantie catastrophes naturelles,
des garanties responsabilité civile des loca-
taires et des syndicats de copropriétaires.
Pour la garantie catastrophes naturelles, la
section correspondante du BCT peut, après
analyse du risque, fixer les conditions de sous-
cription et imposer ce risque à l’assureur choisi
par l’assuré.
Mais de fait, le BCT dispose d’une faible marge
de manœuvre pour imposer des conditions de
souscription qui s’adaptent vraiment à la réalité
d’un risque qui, par définition, présente des
critères d’aggravation. E n effet, le taux de coti-
sation étant fixé par la loi (12 % des cotisations
dommages pour les assurances aux biens), il
ne peut que jouer sur la franchise légale dans
un cadre fixé par le C ode des assurances.
Les assureurs estiment que le BCT devrait
pouvoir disposer d’une liberté totale de fixa-
tion des conditions d’assurance auxquelles le
risque sera imposé à un assureur, que cela soit
au niveau du tarif, des montants de franchise,
mais également des prérequis de prévention
ou protection nécessaires.
Cela inciterait grandement les assurés forte-
ment exposés à agir rapidement en matière de
prévention et protection de façon à retrouver
au plus vite une assurance moins pénalisante.
Proposition n°34
———
Octroyer au Bureau C entral de T arifica-
tion (BCT) section « catastrophes natu-
relles » une liberté totale de fixation des
conditions d’assurance (tarif, franchises
et mesures de protection et prévention).
les acteurs de la prévention. L es rapports et
analyses de l’ONRN doivent être rendus publics
et consultables.
Au vu des missions qui sont les siennes en
faveur de la prévention des risques naturels,
cet observatoire devrait s’approprier les mis-
sions suivantes :
l’élaboration d’un rapport d’évaluation sur
les actions de prévention réalisées chaque année par l’ensemble des acteurs publics.
Cette étude permettrait d’afficher une meil-
leure visibilité et une plus grande transparence
vis-à-vis des contribuables et de les sensibiliser
à la prévention des risques naturels ;
l’animation d’un réseau d’observatoires ter-
ritoriaux, prévoyant un support technique et
une action normative vis-à-vis de ces derniers ; une mission de déploiement d’outils grand
public de vulgarisation des connaissances
scientifiques en matière d’exposition et de
prévention des risques naturels.
Proposition n°33
———
Promouvoir la place de l’ONRN dans la
diffusion d’une culture des risques liés
aux événements naturels.
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
31
32
pour une meilleure
prévention et protection
contre les aléas naturels
33
34
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Pour une meilleure prévention et protection contre les aléas naturels
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