Industriels, commerçants, artisans, logisticiens :
anticipez et minimisez l'impact
d'une inondation sur votre entreprise
FICHES CONSEILS PRÉVENTION
JAN. 2016
ASSOCIA TION FRANÇAISE DE L’ASSURANCE
Sommaire
Préambule
Fiche préliminaire I sur les systèmes d’alerte
Fiche préliminaire II sur la mise en place d’un PCA
Fiche 1/ Créez ou aménagez une zone refuge hors d’eau
pour les personnes
Fiche 2/ Occultez les entrées d’eau de vos bâtiments
Fiche 3/ Sécurisez votre fourniture d’énergie
Fiche 4/ Sécurisez vos autres fournitures de fluides
Fiche 5/ Sécurisez vos installations de génie climatique
Fiche 6/ Sécurisez vos réseaux informatiques
et de télécommunication
Fiche 7/ Sécurisez vos réservoirs, cuves et autres stockages
de produits dangereux
Fiche 8/ Créez ou aménagez une zone de repli hors d’eau
pour les stockages et activités critiques
Fiche 9/ Mettez hors d’eau vos équipements de sécurité/
sûreté
Fiche 10/ Mettez en place votre Plan d’Urgence Inondation
p.4
p.9
p.12
p.14
p16
p.18
p.20
p.22
p.24
p.26
p.28
p.30
p.32
4
Entreprises : prenez conscience de votre
vulnérabilité face aux aléas naturels !
La période 2008-2015 a été marquée par la survenance d’événements
extrêmes (tempêtes Klaus et Xynthia, submersion marine en Vendée,
inondations du Var et des Alpes-Maritimes), mais a également vu se
succéder des phénomènes moins spectaculaires dans leur ampleur,
mais au final tout aussi conséquents dans les dommages qu’ils ont pu
causer (inondations de Lourdes et en Bretagne, épisodes cévenols, ...).
Les impacts d’un événement naturel sur une entreprise sont toujours plus
importants qu’on peut l’imaginer.
- Dommages à vos bâtiments : phénomènes mécaniques liés à la hauteur,
la vitesse ou la durée de submersion, aux embâcles, détérioration des
isolants de vos panneaux sandwich, …
- Dommages à vos matériels : corrosion de vos outils de production,
de vos équipements électriques, électroniques ou informatiques, …
- Dommages à vos stocks : contamination de vos produits, détérioration
de vos emballages, …
- Ruptures d’approvisionnements : mise hors d’état de vos utilités
(chauffage, électricité, air, eau glacée, communications, …),
- Arrêts d’activité : liés aux travaux, liés aux dommages matériels que
vous avez subis, liés aux ruptures d’approvisionnements, …
Avec un objectif de pérennisation du tissu industriel français et de
sauvegarde de l’emploi, les assureurs ont souhaité mettre à disposition de
leurs assurés, leur expérience de la prévention contre les risques naturels.
De plus, face à l’aggravation de la fréquence et de l’ampleur des événements
naturels liés au changement climatique, il est primordial que les entreprises
prennent conscience de ces risques, et s’en prémunissent au mieux.
Les assureurs de l’Association française de l’assurance ont donc élaboré
ce document, en concertation avec leurs partenaires institutionnels, et tout
particulièrement l’Etablissement Public Loire, membre de l’Association
Française des Etablissements Publics Territoriaux de Bassin (AFEPTB),
afin d’aider les entreprises à :
- connaître les risques auxquels elles sont exposées,
- prendre conscience de leur vulnérabilité face à ces risques,
- mettre en place des moyens efficaces, simples et concrets de
prévention contre ces risques,
Préambule
5
Les deux premières fiches de ce document doivent vous permettre
d’anticiper la survenance d’un événement et d’assurer autant que possible
la résilience
1
de votre entreprise par la mise en place d’un Plan de
Continuité de votre Activité.
Les 10 autres fiches traitent chacune un axe d’amélioration dans la mise
en sécurité de l’entreprise face au risque inondation. Elles peuvent être
mises en œuvre cumulativement ou alternativement, selon le profil du site
concerné et selon les cas d’inondations redoutées.
Dans tous les cas, il est important d’associer votre assureur à la
conception et à la mise en œuvre de solutions de prévention/protection.
Pourquoi se protéger contre les risques
d’inondation ?
Quelques chiffres :
Selon l’ONRN (Observatoire National des Risques Naturels), au moins 15%
des entreprises sur le territoire métropolitain sont exposées à un risque
d’inondation.
Selon l’OCDE
2
, de très nombreuses entreprises pourraient ne pas
redémarrer suite à une inondation majeure de la Seine ; les PME-PMI
seraient les plus impactées.
Comment se protéger contre les inondations ?
Si l’événement inondation apparaît comme une fatalité, les dommages et
perturbations qui en résultent peuvent être réduits, voire évités, par une
démarche en deux temps : réflexion préalable puis mise en place de
mesures de prévention et/ou de dispositifs de protection.
Il est important de prendre en considération le risque d’inondation à
chaque étape de la vie de votre établissement, et notamment au moment
de la conception de l’ouvrage, du choix des matériaux de construction et
de l’aménagement de vos locaux.
Trois objectifs doivent guider vos choix à cet égard : la sécurité des
personnes et l’accessibilité des secours, la réduction des dommages aux
biens (bâtiment, contenu, …) et la résilience de votre site.
Selon les cas, vous pourrez privilégier des mesures d’évitement
de l’inondation (transparence hydraulique, mise hors d’eau
1
La capacité d’un site à aborder une perturbation, à se réorganiser et à continuer de fonctionner de la même manière qu’avant cette perturbation.
2
Étude de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques ) sur la gestion
des risques d’inondation : la Seine en Île-de-France 2014
6
d’équipements…), de protection contre les eaux (obturations
temporaires, protections permanentes…) ou vous adapter pour
pouvoir céder à la montée et à l’écoulement des eaux (aménagements
intérieurs facilement remplaçables ou peu sensibles à l’eau, …).
PRENEZ EN COMPTE QUE DANS CERTAINES CIRCONSTANCES (RISQUE
DE COURANTS FORTS OU DE SUBMERSION RAPIDE, …), IL PEUT
ETRE PREFERABLE D’ABANDONNER UN PROJET D’EXTENSION OU DE
NOUVELLE CONSTRUCTION.
La réflexion préalable
L’inondation est la submersion d’une zone normalement hors d’eau ; elle
peut avoir plusieurs causes qui peuvent parfois se cumuler (débordement
de cours d’eau, submersion marine, ruissellement urbain, …) ; cet
événement peut être rapide (épisodes cévenols, …) ou plus lent (remontées
de nappes, …). Même si le phénomène est d’origine naturelle, celui-ci peut
être influencé, en bien ou en mal, par l’action humaine.
Dès lors, pour bien préparer son entreprise face à un tel événement, il
convient de se poser 3 questions fondamentales :
1. mon site peut-il être inondé ?
2. quelles sont mes installations les plus vulnérables ?
3. que puis-je faire pour m’en prémunir ?
Mon site peut-il être inondé ?
Recherchez les antécédents concernant votre site : a-t-il déjà été inondé
(crues historiques, …) ? Essayez de récupérer le maximum d’informations
concernant cet événement (hauteurs et vitesse d’eau, durée de submersion,
nature des dégâts, …) ; si vous êtes concerné par l’obligation de réaliser
une étude d’impact, vérifiez si celle-ci contient une étude inondation du
site.
Recherchez les informations publiques concernant le voisinage :
- votre commune est dépositaire des principales informations relatives
à la gestion des risques majeurs locaux : il s’agit pour l’essentiel de
cartographies réglementaires et notamment les Plans de Prévention
des Risques (naturels ou technologiques, …) ou PPR, les Documents
d’Information Communale sur les Risques Majeurs (technologiques et
naturels) ou DICRIM, les Plans Communaux de Sauvegarde ou PCS, les
PAPI, etc.
- le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie
ou MEDDE publie les principales informations relatives aux risques
naturels et technologiques sur plusieurs sites
3
. Y figurent notamment
3
www.cartorisque.prim.net, http://bdhi.fr, www.georisques.gouv.fr/cartes-interactives#,
www.developpement-durable.gouv.fr/Les-territoires-a-risque-important.html
7
les cartographies de Territoires à Risques Importants d’Inondation (TRI)
lorsque la zone est concernée, les Atlas de Zones Inondables (AZI), …
- les assureurs contribuent également à améliorer la connaissance du
risque via l’Observatoire National des Risques Naturels (ONRN)
4
et la
Mission des Risques Naturels (MRN)
5
,
- êtes-vous situé à proximité d’un cours d’eau ou d’un plan d’eau ?
Des organismes tels que les Etablissements Publics Territoriaux de
Bassin (EPTB
6
) ou les gestionnaires d’ouvrages de protection (barrages,
digues…) peuvent alors vous fournir des informations complémentaires
(PAPI
7
, …) ; en outre, l’Etat via ses Services de Prévention des Crues
ou SPC définit l’organisation de la surveillance, de la prévision et de la
transmission de l’information sur les crues (SDPC
8
et RIC
9
) ; une base
nationale des repères de crues est en déploiement mais des bases
locales existent déjà.
- êtes-vous situé sur un littoral ? Consultez les PPRL
11
. Il existe une
cartographie nationale des territoires exposés aux risques littoraux ainsi
que des atlas régionaux.
Il est important de prendre en compte que des fortes pluies (50 mm/h et
plus) peuvent être à l’origine de phénomènes de ruissellement dévastateurs.
Ce sera en particulier le cas dans des secteurs à forte déclivité et/ou avec
des sols très imperméabilisés ou déjà saturés. Ces ruissellements peuvent
s’accompagner de coulées de boues du fait de l’érosion des sols qu’ils
provoquent. Ils peuvent se produire même sur des territoires très éloignés
de tout cours d’eau. Dans quelques territoires, des PPR ruissellement ont
été élaborés. A défaut, les meilleurs indicateurs seront locaux et historiques.
Le portail de l’ONRN permet d’avoir facilement accès à l’ensemble de
ces informations publiques.
Quelles sont mes installations les plus vulnérables ?
Il s’agit d’estimer le temps de remplacement de vos principaux équipements,
leur sensibilité à l’eau, leur caractère névralgique, … de façon à prioriser
vos actions :
- bâtiment, matériels, stocks, …
- réseaux d’échanges et de communications, informatique, téléphonique, …
- accès,
- etc.
Le potentiel de dommages est lié à différents facteurs :
- le cheminement prévisible de l’eau dans les locaux,
- la hauteur d’eau et la durée de l’inondation envisagée,
- la perte d’équipements stratégiques,
4
www.onrn.fr
5
www.mrn.asso.fr,
www.aria.developpement-durable.gouv.fr/
6
Etablissements Publics Territoriaux de Bassin
7
PAPI : Programme d’Action et de Prévention des
Inondations
8
SDPC : Schéma Directeur de Prévision des
Crues
9
RIC : Règlement d’Information sur les Crues
10
Par exemple : www.reperesdecrues-seine.fr/
carte.php
11
PPRL : Plan de Prévention des Risques
Littoraux
8
12
Selon votre situation, il pourra s’agir d’un auto-diagnostic, d’un diagnostic de vulnérabilité, d’une
analyse de risque détaillée.
13
Pour vous guider, l’INERIS a publié un « Référentiel méthodologique concernant la maîtrise du risque
inondation dans les installations classées » disponible sur son site http://www.ineris.fr
- l’ampleur des travaux de nettoyage et de sauvetage,
- etc.
Identifiez précisément les activités et ressources qui conditionnent la
survie de votre entreprise et que vous n’allez pas pouvoir externaliser
en cas d’inondation de votre site.
Que puis-je faire pour m’en prémunir ?
- Un peu de stratégie : selon la nature des événements que l’on redoute
(crues lentes ou rapides, …), faut-il éviter, résister ou céder aux eaux ? Le
facteur déterminant : de quel délai vais-je disposer ?
- Quels sont les aspects organisationnels à intégrer à ma stratégie ? Par
exemple mettre en place un Plan d’Urgence Inondation (Cf. fiche n° 10)
- Quels sont les aspects matériels à intégrer à ma stratégie ? Distinguez
les mesures définitives et temporaires, les protections ponctuelles et les
autres plus globales : par exemple comment gérer les entrées d’eau dans
les bâtiments (Cf. fiche n° 2).
Avant toute action, renseignez-vous auprès de votre mairie afin de savoir
si un PPRI a prévu des mesures que vous devriez respecter (diagnostic de
vulnérabilité, travaux, mesures organisationnelles, …).
Il est indispensable de faire une analyse de vulnérabilité
12
avant
d’aborder les mises en protection
13
.
IL EST PRIMORDIAL DE VOUS CONVAINCRE QUE LES DOMMAGES
POTENTIELS CAUSES PAR L’EAU PEUVENT ETRE EVITES OU REDUITS.
LA PRESENTE DEMARCHE DOIT ETRE MENEE EN CONCERTATION AVEC
VOS PARTENAIRES ASSUREURS.
9
Intérêt du dispositif
Les systèmes d’alerte inondation vont permettre à l’entreprise d’anticiper
la survenance d’un événement (information précoce) ainsi parfois que son
ampleur (hauteur d’eau, vitesse, …).
Retour d’expériences : suite à un phénomène de submersion du front
de mer ayant détruit des restaurants de plages, la commune de Nice a
décidé de mettre en place un service SMS d’alerte météo à destination des
exploitants de plage.
Objectifs
Mettre à profit, surtout lorsque l’événement est une crue lente, le délai qui
sépare l’information de la survenance de l’événement, ainsi que la teneur
de cette information, pour engager et proportionner les mesures qui vont
permettre d’éviter ou de réduire l’impact de l’inondation sur l’entreprise.
Mise en œuvre
Il est fortement recommandé d’opter pour une attitude active et de se
mettre en situation de recevoir toute information pertinente via un système
d’alerte inondation.
Il faut commencer par recenser l’ensemble des services susceptibles de
renseigner l’entreprise sur la survenance d’un événement :
- Mairie : certaines d’entre elles ont mis en place des services d’information
indépendamment de ceux que leur impose la réglementation. Certaines
d’entre elles peuvent aussi bénéficier du service APIC (Avertissement
Pluies Intenses à l’échelle des Communes) de Météo-France qui
leur permet de recevoir des avertissements en cas de précipitations
dépassant sur la commune considérée des seuils déterminés (« pluies
intenses » et « pluies très intenses »). Elles peuvent les répercuter aux
entreprises en particulier lorsque celles-ci sont exposées à un risque
particulier de débordement (proximité du cours d’eau ou de la nappe)
ou de ruissellement (point bas, …).
- Radios locales : elles peuvent permettre de disposer d’informations
locales plus précises et actualisées.
- Site Météo-France
14
: Il s’agit d’un dispositif qui repose sur 4 niveaux
de vigilance (vert-jaune-orange-rouge) à l’échelle départementale, mis à
jour deux fois par jour (voire à tout moment en cas de nécessité) et assortis
d’un ou plusieurs pictogrammes ciblant les 9 phénomènes significatifs
Fiche préliminaire I
Les systèmes d’alerte inondation
14
www.meteofrance.com, www.vigilance.meteofrance.com et http://vigilance.meteofrance.com
10
attendus (pluie-inondation, vagues-submersion, inondation, …).
Le placement en vigilance orange ou rouge d’un département conduit
à la diffusion par Météo-France d’un bulletin d’information relatif à
l’événement annoncé, précisant l’évolution du phénomène (trajectoire,
intensité, fin, …) ainsi que ses conséquences possibles, et enfin les
conseils de comportement définis par les pouvoirs publics ; ce sont
ces derniers notamment qui décident d’une situation d’alerte.
- Si vous êtes situé en zone littorale, consultez les bulletins météo côtiers
et tenez compte des coefficients de marées diffusés par le Service
Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM).
- Site Vigicrue
15
: en lien avec la vigilance météorologique, ce site
informe de l’existence d’une menace dans les 24h au niveau de plus
de 20.000 km de cours d’eau surveillés par l’Etat. Chaque cours d’eau
est découpé en tronçons auxquels peuvent être affectés des niveaux
de vigilance (vert - jaune - orange ou rouge) en fonction du niveau de
danger. Ce niveau de vigilance est là aussi accompagné de bulletins
d’informations qui précisent la chronologie et l’évolution des crues, et
renseignent sur les conséquences possibles et les comportements à
adopter. Des données, telles que les dernières hauteurs d’eau ou les
derniers débits mesurés à une station hydrologique déterminée, sont
également disponibles.
- Banque HYDRO
16
: elle recense des données en provenance d’environ
2400 stations de mesure des cours d’eau français et détenues par
divers organismes publics ou privés autres que l’Etat. Elle publie en
permanence des valeurs d’écoulement fournies par les gestionnaires
des stations.
- Gestionnaires des cours d’eau (EPTB, syndicats de rivières, …) :
certains d’entre eux peuvent fournir des informations concernant les
risques d’inondation ou de submersion.
- Gestionnaires d’ouvrage de protection (Collectivités locales, sociétés
de navigation fluviale
17
,…) : certains d’entre eux peuvent fournir des
informations concernant les risques d’inondation ou de submersion.
- En complément des services d’alerte externes, il peut être intéressant
de disposer de moyens de surveillance locaux fiables (repères de crues,
échelles de mesure, niveaux d’eau dans les bassins d’orages, …),
et notamment pour suivre le déroulement du phénomène une fois que
l’entreprise a été alertée.
Il appartient ensuite à l’exploitant de prendre en compte les particularismes
du site, à proportion de la précision des informations disponibles, pour
définir les conditions de mise en sécurité de son établissement, en tenant
compte également des objectifs poursuivis dans le cadre de sa mise en
sécurité.
Des mesures ou des études hydrauliques locales peuvent améliorer la
lecture de ces spécificités.
Il est enfin important de définir des seuils d’alerte (Ex. hauteur d’eau en tel
15
www.vigicrue.gouv.fr
16
www.hydro.eaufrance.fr
17
Ex. Voies Navigables de France a signé une convention en ce sens avec l’Etat
11
point amont) en fonction des vulnérabilités identifiées (Ex. franchissement
d’une rétention, …) pour pouvoir mettre en place des mesures
organisationnelles (Ex. déclenchement du Plan d’Urgence Inondation,
opérations à programmer lors de la décrue pour accélérer la reprise
d’activité du site inondé, …) et techniques (Ex. arrêt machine, …), avec le
cas échéant une priorisation des actions à mener en fonction de l’évolution
de chaque paramètre (Mise en sécurité du site en deçà de telle vitesse et
hauteur d’eau, évacuation au-delà, …).
Mesures associées
La mise en place d’un Plan d’Urgence Inondation (cf. Fiche N°10)
est indispensable pour assurer une collecte efficace de l’information et
exploiter au mieux l’alerte reçue.
12
Intérêt du dispositif
Il est capital pour les entreprises de limiter l’impact d’un sinistre quel
qu’il soit sur leur activité. Les conséquences, en termes d’image ou de
rentabilité, d’un arrêt ou même d’une simple réduction d’activité peuvent
en effet être durablement pénalisantes.
Un PCA est un ensemble de mesures qui visent à assurer le maintien des
activités essentielles de l’entreprise. Il permet notamment d’instaurer un
mode de fonctionnement dégradé, de façon temporaire, jusqu’à la reprise
planifiée des activités.
Retour d’expériences : un équipementier de second rang du secteur
automobile est victime d’une forte inondation. Son entrepôt de stockage
est submergé, les bâtiments de production ont été moins touchés, ... mais
de nombreux dégâts sont constatés sur les machines qui ne sont plus en
état de fonctionner. L’usine ne peut plus alimenter les usines d’assemblage
de plusieurs constructeurs qui s’arrêtent alors. Cette vulnérabilité avait
été identifiée par des constructeurs dans le cadre de leur PCA qui ont
alors dépêché des moyens de secours, des équipements de rechanges et
des techniciens chez leur sous-traitant, permettant ainsi de reprendre une
activité partielle 6 jours après l’événement, et limitant in fine l’arrêt de leurs
lignes de fabrication à quelques jours.
Objectifs
Favoriser la résilience de l’entreprise en anticipant les difficultés
auxquelles elle pourrait être confrontée en cas de sinistre important, et a
fortiori d’inondation. Cette anticipation consiste à planifier des mesures
palliatives permettant d’atténuer l’impact de l’événement sur l’entreprise
et d’accélérer la reprise de l’activité.
Mise en œuvre
Pour bâtir un PCA, il convient de :
- analyser les impacts métiers (Business Impact Analysis ou BIA) en
identifiant les activités clés pour l’entreprise et les ressources humaines
et matérielles nécessaires à la poursuite totale ou partielle de ces
activités clefs.
Quels sont les activités, les opérations, les processus considérés
Fiche préliminaire II
Le Plan de Continuité d’Activité (ou PCA)
13
comme critiques ou essentiels? Ceci facilite, par la suite, l’identification
des ressources et mécanismes requis pour permettre la continuité des
activités.
- Apprécier les risques en quantifiant les Durées Maximales
d’Interruption Admissibles (DMIA) des activités clés. Après la BIA qui a
permis d’analyser les répercussions sur les opérations, la DMIA permet
de prioriser les actions requises pour maintenir un niveau de service
minimum lors de perturbations majeures.
- Définir des stratégies de continuité, en fonction des DMIA des activités
clés, jusqu’au retour à la normale. L’objectif est de développer et
mettre en œuvre les réponses et plans des stratégies de continuité, en
investissant dans des systèmes redondants ou en liant des partenariats.
Le PCA doit reposer sur un document écrit suffisamment structuré et tenu
à jour. Il doit faire l’objet de tests et d’exercices de validation et de maintien
à niveau afin de tenir compte des évolutions de l’entreprise.
Il doit marquer l’implication de la direction de l’entreprise dans son
élaboration et son suivi, la direction générale ayant pour rôle in fine d’arbitrer
sur les stratégies retenues et les solutions à développer.
En tout état de cause, il est nécessaire de travailler avec les opérationnels
métiers afin d’intégrer dans l’appréciation des risques les conséquences
identifiées dans le cadre du BIA et les événements redoutés. Il convient
également d’intégrer les fonctions supports (RH, juristes, financiers, …)
de l’entreprise afin de décliner les exigences légales, réglementaires et
contractuelles, en exigences pragmatiques de continuité d’activité.
Mesures associées
Depuis juin 2012, la norme ISO 22301 permet aux organisations d’avoir
une démarche structurée et reconnue. Elle fournit un cadre de référence
en matière de Système de Management de la Continuité d’Activité (SMCA)
et spécifie un ensemble d’exigences. Celles-ci portent sur la conception,
le développement, la mise en œuvre et le maintien en conditions
opérationnelles dans une logique d’amélioration continue (cycle PDCA –
Plan-Do-Check-Act).
La norme ISO 22301 traite notamment des phases d’analyses préalables
(BIA et Appréciation des risques), et les considère comme aussi importantes
que la gestion de crise et l’application des procédures de continuité.
L’ISO 22301 est auditable et peut aboutir à l’obtention d’une certification.
Des documents et guides pratiques sont disponibles sur les sites des clubs
suivants : Club de la Continuité d’Activité
17
, association créée en 2007, et
Club 22301
18
, association créée en 2014, pour échanger sur la gestion de
la continuité d’activité.
17
http://www.clubpca.eu
18
http : http://www.club-22301.com
14
Intérêt du dispositif
Dès que les hauteurs ou vitesses
d’eau sont significatives, un
risque pour les personnes existe.
Par conséquent, il appartient
au chef d’établissement de
mettre en place des mesures
de réduction de la vulnérabilité
à son échelle, en relation avec
les pouvoirs publics.
Dans tous les cas, la
responsabilité de l’entreprise
peut être recherchée, et pourrait
être engagée si la direction du
site n’a pas pris des mesures
permettant d’éviter un sinistre
prévisible.
Retour d’expériences : à la
suite d’une montée soudaine des eaux de la rivière voisine qui a envahi les parkings et l’accueil, les employés d’une pâtisserie industrielle ne peuvent plus évacuer leurs bureaux et restent cantonnés plusieurs heures dans un local d’archives jusqu’à l’arrivée des secours.
Objectifs
Assurer la mise en sécurité des
personnes (salariés, clients, …)
au-dessus des plus hautes eaux
connues ou attendues jusqu’à
leur évacuation ou la décrue.
Fiche 1
Créez ou
aménagez
une zone
refuge
hors d’eau
pour les
personnes
15
Mise en œuvre
Deux impératifs doivent être pris
en compte pour gérer la crise
dans les meilleures conditions :
1 / Anticiper
A cet effet, il convient de :
- identifier une zone de mise
en sécurité pour les personnes
valides ou à mobilité réduite.
Cette zone devrait être signa-
lée, visible et accessible
depuis l’intérieur et l’extérieur
pour permettre leur évacuation
par les secours.
- constituer une valise de
secours vérifiée régulièrement
et contenant notamment :
- une radio AM/FM à piles (et
des piles),
- des lampes torches (et des
piles),
- une pharmacie avec les
produits d’urgence usuels
(désinfectants, compresses,
pansements, ciseaux,…),
- des moyens de signalisation
sonores et/ou lumineux.
- constituer un stock de
bouteilles d’eau minérale et
de denrées alimentaires non
périssables (biscuits secs,
fruits secs, conserves, …)
dimensionné en fonction
de l’événement redouté et
de l’effectif du site (clients,
personnel, …).
- prévoir un outillage de base
(ouvre-boîte manuel, couteau
multifonctions, …) et des
articles d’hygiène courants.
- organiser à l’avance les
conditions de mise en oeuvre
de cette mesure de mise en
sécurité (qui le fait ? quand ?
comment ? Voir fiche N°10
Plan d’Urgence Inondation).
Pour les ERP et IGH, reportez-
vous en tout état de cause aux
prescriptions réglementaires
qui vous sont applicables.
2 / Au moment de la
survenance du péril
Si le risque est imminent,
déclenchez la procédure et
mettez le public et les salariés
en sécurité dans la zone de
refuge.
Tenez-vous informé : mettez-
vous à l’écoute de la radio soit
sur les chaînes d’informations
nationales, soit sur les stations
locales pour suivre les consi-
gnes à respecter émanant des
autorités publiques.
Informez dans la mesure du
possible les autorités publiques
et notamment les services
de secours de la présence et
du nombre de personnes se
trouvant dans vos locaux.
Observez et suivez l’évolution
de la situation par les fenêtres
et manifestez-vous auprès
des services de secours dès
que l’occasion se présente.
Une fois que les personnes
sont mises en sécurité,
n’évacuez les lieux que sur
injonction des autorités ou
si les circonstances et les
événements l’exigent.
Mesures associées
Il est préférable d’évacuer le
bâtiment pour rejoindre les
zones les moins exposées.
Dans ce cadre, vous avez
la possibilité de déclencher
l’alarme d’évacuation pour
prévenir les clients ou le
personnel.
La mesure d’aménagement
d’une zone refuge hors d’eau
doit également s’accompagner
de la rédaction d’un plan
d’évacuation et de la formation
du personnel de l’établissement.
Pour prévenir les chutes,
pensez à fixer les plaques
d’évacuation (égoûts, avaloirs,
bassins, …) et matérialisez leur
présence en toute circonstance
(marquage au plafond, perches…
au-dessus des plus hautes
eaux connues ou attendues).
Des dispositions particulières
d’information (affichage et con-
signes en cas d’inondation) et de
gestion (interdiction d’accès…)
doivent être envisagées pour
les locaux enterrés (parkings
souterrains, sous-sols, …).
16
Intérêt de la protection
La pénétration de l’eau dans
les bâtiments peut provoquer
l’endommagement voire la
perte de biens et d’équipements
stratégiques, et par là même
augmenter le délai de retour
à la normale et le coût des
dommages.
Retour d’expériences : une
même entreprise victime de deux inondations similaires à quelques mois d’intervalle a pu reprendre son activité après 26h d’interruption grâce à la pose de batardeaux, contre 132h lors de l’événement précédent sans ces mêmes batardeaux. Le coût de cette protection a pu être estimé à l’équivalent de 60 heures de production et a ainsi été amorti dès le premier événement.
Objectifs
Limiter ou retarder la pénétration de l’eau dans les bâtiments par l’occultation temporaire de l’ensemble de leurs ouvertures en utilisant des dispositifs amovibles.
Fiche 2
Occultez
les entrées
d’eaux
de vos
bâtiments
17
Mise en œuvre
Au préalable, une identification
de tous les points d’entrée de
l’eau en cas de crue (portes,
grilles de ventilation, systèmes
de drainage, canalisations
d’évacuation des eaux usées)
devrait être réalisée ; l’emplace-
-ment de tous ces points
d’entrée devrait être repéré sur
un plan des locaux.
La mesure consiste ensuite
à occulter partiellement ou
totalement le cadre de
l’ouverture. L’installation d’un
dispositif permanent (glissière,
anneau, crochet…) peut être
nécessaire pour fixer la
protection ; il est important
d’assurer aussi l’étanchéité du
dispositif (ex: joints, …).
Plusieurs systèmes de protec-
-tion existent : batardeaux,
sacs de sable, éléments béton,
tuyaux flexibles remplis d’eau
au moment de la mise en œuvre,
chevalets, … Les coûts et/ou
les contraintes en termes de
pose et/ou de stockage peuvent
varier pour chacun d’entre eux.
Certains sont équipés d’antivol.
Leur stockage doit aussi être
pensé de façon à permettre leur
mise en œuvre dans un délai
compatible avec la cinétique
de l’événement redouté et à les
maintenir en bon état.
Le choix du système doit tenir
compte de ces différentes
contraintes.
Les hauteurs de protection
doivent respecter les carac-
-téristiques mécaniques des
systèmes en question ; et au-
delà d’une certaine hauteur,
il est préférable de laisser
entrer l’eau pour éviter une
aggravation des dommages
du fait de la pression exercée
sur les parois. En outre, ils
ne doivent pas opposer un
obstacle infranchissable pour
les secours.
En tout état de cause, il
convient de s’assurer que
l’eau sera canalisée vers un
endroit approprié.
Mesures associées
La mise en œuvre de ces
dispositifs doit s’accompagner
d’un volet organisationnel
(consultation périodique d’un
site de veille, exercices de
mise en place des dispositifs,
procédure de mise en œuvre
lors de l’alerte, …).
Outre les accès (portes, fenêtres
basses, …) elle implique également
d’occulter les aérations basses,
de protéger les rideaux de
quais, de traiter les fissures,
de calfeutrer les entrées de
réseaux, et surtout d’installer
un dispositif de sectionnement
sur le réseau des eaux usées
(ex. vannes, …). Enfin, il est
conseillé de prévoir un système
d’élimination de l’eau résiduelle
(pompes, …).
Dans la mesure du possible, il
est préférable de condamner
définitivement certaines ouver-
tures qui ne servent plus
(anciens soupiraux, …).
En parallèle des mesures que
vous prendrez pour occulter les
ouvertures de vos bâtiments,
il est important de pouvoir
gérer l’écoulement des eaux
ainsi déviées en périphérie ou
à l’intérieur de votre site : la
mise en place soit de clôtures
ajourées, soit de murs pleins
devrait prendre en compte
la nature des événements
auxquels votre site pourrait être
confronté (crues lentes, crues
rapides, … ).
En tout état de cause, la mise
en place d’un système d’alerte
inondation doit être envisagée
(Cf. fiche préliminaire I).
18
Intérêt de la protection
L’endommagement par l’eau
des installations électriques
peut présenter un risque pour
la sécurité des personnes
(électrocution) et être la
source d’incendies pour les
équipements et les bâtiments
inondés.
L’immersion des installations et
de la connectique électriques et
électroniques sous tension peut
provoquer leur destruction ;
même lorsqu’elles ne sont pas
sous tension, l’eau ou même
l’humidité résiduelle, mais
également les polluants qu’elle
véhicule, peuvent provoquer
rapidement des phénomènes
de corrosion irrémédiables,
nécessitant leur remplacement.
Leur remise en état peut
nécessiter des travaux lourds et
retarder le retour à la normale.
En outre, le maintien de
l’alimentation électrique peut
être nécessaire au maintien
du site en sécurité voire à la
continuité d’activité en mode
dégradé. Enfin, le réseau
de distribution électrique et
les matériels associés vont
participer à l’assèchement des
locaux (chauffage, ventilation) et au nettoyage.
Retour d’expériences : une
entreprise de fabrication
d’engins est privée d’électricité
à la suite de l’inondation d’un
transformateur. Le calfeutrement
défaillant des fourreaux de
câbles électriques qui y mènent
a permis la pénétration de
l’eau dans le local. Plus de 150
personnes sont en chômage
technique durant plusieurs
jours.
Fiche 3
Sécurisez
votre
fourniture
d’énergie
19
Objectifs
Eviter ou limiter la détérioration
des matériels électriques ou
électroniques sous tension
(câbles, tableaux, prises,
interrupteurs mais aussi
coffret du réseau public de
distribution, tableaux, armoires
de répartition, de commande
et de signalisation, …) en cas
d’inondation, et par là même
éviter une indisponibilité
de vos réseaux ainsi qu’un
remplacement souvent long
et coûteux des installations
endommagées.
Assurer la continuité de la
fourniture d’électricité là où
cela est possible. Une coupure
d’alimentation électrique peut
en effet entraîner de graves
conséquences (denrées
périssables, cheptels laitiers…)
et des pertes financières
importantes pour l’entreprise.
Mise en œuvre
Cette mesure consiste tout
d’abord à rehausser autant
que possible les installations
et matériels électriques ou
électroniques au-dessus du
niveau des plus hautes eaux
connues ou attendues avec, si
nécessaire, reprise du câblage
(étanchéification).
En cas d’impossibilité, un
équipement électrique devrait
être installé à une hauteur de
l’ordre d’un mètre au moins
au-dessus du sol (voire plus
en fonction de l’événement
redouté); un tableau électrique
sera toujours préférentiellement
installé à l’étage. La mise hors
d’eau du point de livraison du
réseau public de distribution
devrait aussi être prévue avec
le gestionnaire.
La possibilité d’isoler l’alimen-
tation électrique des locaux
inondables devrait être envisagée :
- soit on utilisera des circuits
protégés par des dispositifs
spécifiques au secteur
inondable dans le tableau
général de répartition,
- soit on installera un tableau
divisionnaire spécifique à la zone
inondable et aux installations
électriques extérieures.
Cette mesure n’évitera pas
les coupures de réseaux
pendant l’inondation mais elle
permet à la fois de couper de
manière préventive les secteurs
inondables et de rétablir
l’électricité dans les secteurs
hors d’eau, en toute sécurité.
Les équipements des zones
inondables devront disposer
d’un indice de protection
approprié au regard des
normes électriques qui lui sont
applicables.
Un groupe électrogène peut
être envisagé pour garantir la
continuité de l’alimentation. Il
doit rester accessible lors de
l’inondation et être en bon état.
La réalimentation en carburant
doit avoir été anticipée. Si
vous envisagez le recours à un
matériel de location, il est en
outre indispensable de garantir
le raccordement du groupe à
votre installation intérieure.
Pour tous les travaux sur les
circuits électriques, il est
indispensable de consulter
une personne qualifiée.
Mesures associées
Il est recommandé d’accom-
pagner cette mesure par
des travaux sur vos autres
installations (informatique, …).
Les mesures préconisées ne
dispensent pas de couper
l’électricité en cas d’inondation,
et de vérifier le bon fonction-
nement des organes de sécurité
avant de rétablir le courant.
Prenez en considération le fait
que le fournisseur d’energie
est susceptible d’interrompre
sa fourniture longtemps avant
la montée des eaux dans
votre établissement.
En tout état de cause, la mise
en place d’un système d’alerte
inondation doit être envisagée
(Cf. fiche préliminaire I).
20
Intérêt de la protection
L’inondation peut provoquer la
rupture des réseaux de fluides
(gaz, produits chimiques, eaux
industrielles, vapeur, …) qui
peuvent être à l’origine d’un sur-
accident : explosion, pollution,
réactions chimiques, …
Ces phénomènes peuvent
gêner la mise en sécurité du
site, aggraver les dommages
et augmenter la durée d’arrêt
d’activité.
L’arrachement des conduites de
section importante peut générer
un phénomène d’embâcle.
Prenez aussi en compte que
des conduites mal positionnées
ou insuffisamment protégées,
peuvent elles-mêmes être victimes d’embâcles.
Retour d’expériences : une
blanchisserie industrielle de 3 600 m²
est inondée sur plusieurs
dizaines de centimètres ;
de la soude et de l’acide
acétique s’échappent des
cuves et réseaux arrachés et
se répandent dans les ateliers.
Une partie de ces effluents
s’étant écoulée dans la rivière
voisine, les services sanitaires
et la Préfecture sont alertés
et des mesures de gestion et
de surveillance de la pollution
doivent être engagées par
l’exploitant.
Fiche 4
Sécurisez
vos autres
fournitures
de fluides
21
Objectifs
Eviter ou limiter la détérioration
des réseaux en cas d’inondation,
et par là même éviter une
indisponibilité de vos réseaux
ainsi qu’un remplacement
souvent long et coûteux des
installations endommagées.
Mise en œuvre
Tous les réseaux devraient
être sectionnables à la source
et par tronçon lorsque leur
longueur le justifie.
Les moyens de sectionnement
devraient être accessibles en
toutes circonstances, repérés,
connus, entretenus, testés, …
Leur étanchéité devrait être
garantie en toutes circonstances.
Tous les évents éventuels
devraient être soit au-dessus
des plus hautes eaux connues
ou attendues, soit dotés de
dispositifs d’obturation.
Cette mesure consiste
également à rehausser autant
que possible les réseaux et
équipements associés au-
dessus de ce niveau.
A défaut, des protections
mécaniques devraient être
envisagées pour éviter ou
limiter les conséquences des
phénomènes d’embâcles.
Pour tous les travaux sur les
réseaux, il est indispensable
de consulter une personne
qualifiée.
Mesures associées
Avant de rétablir la distribution, il
est indispensable de procéder à
une vérification de l’étanchéité
des réseaux et de vérifier le bon
fonctionnement des organes de
sécurité.
En tout état de cause, la mise
en place d’un système d’alerte
inondation doit être envisagée
(Cf. fiche préliminaire I).
22
Intérêt de la protection
Les installations de génie cli-
matique sont très souvent in-
dispensables au fonctionne-
ment de l’entreprise (chauffage,
climatisation, ventilation, sur-
gélation, …). Elles participent
aussi au retour à la normale
en facilitant l’assèchement des
murs. L’atteinte des parties
électriques des équipements
peut entraîner un risque pour
la sécurité des personnes dans
la mesure où les appareils de
protection et les disjoncteurs
différentiels sont eux-mêmes
endommagés.
Retour d’expériences : à la
suite d’une inondation, de l’eau atteint une unité de chauffage urbain ; lorsqu’elle entre en contact avec les réseaux de tuyauterie à haute température, un coup de bélier se produit et provoque son explosion. Plusieurs employés sont commotionnés et l’installation est détruite. Plusieurs mois seront nécessaires à son remplacement.
Fiche 5
Sécurisez
vos
installations
de génie
climatique
23
Objectifs
Eviter l’endommagement ou
la perte des installations
telles que chaudière, pompe à
chaleur, centrale de ventilation
et de climatisation, chauffe-
eau et ballon d’eau chaude
généralement très sensibles
à l’eau, coûteux à remplacer,
et dont l’immersion peut
provoquer des accidents.
Mise en œuvre
Cette mesure consiste à
surélever, à déplacer ou
encore à disposer une barrière
permanente pour mettre
hors d’eau les équipements
de production de chaleur,
d’eau chaude sanitaire, de
climatisation et de ventilation
ainsi que les matériels
accessoires (pompes, tableaux
de commande).
La surélévation peut se faire
grâce à la création d’un plancher
ou d’étagères, en ayant vérifié au
préalable la possibilité d’usage
des équipements dans les
conditions de sécurité requises
(évacuation des produits de
combustion, espace disponible
en hauteur...). Les petits ballons
d’eau chaude pourront être
facilement installés au-dessus
des plus hautes eaux connues
ou attendues.
Mesures associées
Il est recommandé d’accom-
pagner cette mesure par des
travaux sur les installations
électriques et de vérifier la
fixation et l’étanchéité des
réservoirs de combustibles
(cuves à fioul, citernes de
gaz, …). Pour les équipements
les plus importants, un
remplissage de la capacité
peut s’avérer nécessaire pour
diminuer sa flottabilité (risque
d’arrachement). Les mesures
préconisées ne dispensent
pas d’effectuer une coupure
générale d’électricité avant la
montée des eaux et de faire
contrôler les installations par un
professionnel avant leur remise
en fonctionnement.
En tout état de cause, la mise
en place d’un système d’alerte
inondation doit être envisagée
(Cf. fiche préliminaire I).
24
Intérêt de la protection
Le défaut d’alimentation d’un
serveur informatique, comme
l’endommagement des autres
matériels informatiques, peut
provoquer un arrêt total d’un
site de production sur plusieurs
jours, et par effets dominos celui
de l’ensemble des succursales
d’un groupe.
Retour d’expériences : deux
inondations successives provo- quées par de violents orages affectent durant un week-end une entreprise de messagerie, petit colis. Le matériel informa- tique est endommagé. Seule une partie des données du fichier client qui était doublée ailleurs a pu être restaurée, entraînant ainsi à la charge de l’entreprise des frais importants pour leur reconstitution.
Fiche 6
Sécurisez
vos réseaux
informatiques
et de
télécom-
munication
25
Objectifs
Eviter l’endommagement ou la
perte des données stratégiques
stockées informatiquement.
Mise en œuvre
Cette mesure peut consister à
surélever autant que possible
au-dessus des plus hautes
eaux connues ou attendues
les matériels informatiques
(ordinateurs, disques durs,
serveurs, ...) vulnérables en cas
d’inondation mais aussi à les
déplacer hors zone inondable.
Cette mesure n’évitera pas les
coupures de réseaux pendant
l’inondation. Donc prévoyez
un onduleur permettant la
mise à l’arrêt de vos réseaux
informatiques.
Il est souhaitable de mettre en
place un système de redondance
permettant la sauvegarde des
données informatiques sur un
site non exposé au même péril
(prestataire informatique, site
secondaire, …) ; ce dispositif
doit être régulièrement testé à
la fois dans sa dimension de
duplication des données et
de rapatriement des données
sauvegardées.
Mesures associées
Il est recommandé d’accom-
pagner cette mesure par des
travaux sur les installations
électriques et la mise en place
d’une alimentation de secours.
Cette mesure ne dispense pas
de couper totalement l’électri-
cité en cas d’inondation et de
vérifier le bon fonctionnement
des organes de sécurité de
l’installation avant de rétablir le
courant.
En tout état de cause, la mise
en place d’un système d’alerte
inondation doit être envisagée
(Cf. fiche préliminaire I).
26
Intérêt de la mise
en sécurité
Les réservoirs, cuves, citernes
et bouteilles de stockage…
lorsqu’ils sont renversés ou
emportés par l’eau, peuvent
provoquer une pollution par le
charriage et le renversement
des produits sensibles stockés
dans l’entreprise (produits
phytosanitaires, peintures,
solvants…).
Ils peuvent aussi devenir des
objets flottants dangereux,
pouvant percuter des personnes,
ou causant des effets dominos
sur les bâtiments alentours
(exemple : explosion d’un
réservoir contre un mur).
En outre, pollution du site ou dommages en effet domino peuvent rapidement compromettre la poursuite de l’activité, ou retarder son redémarrage.
Dans tous les cas, la
responsabilité de l’entreprise
peut être recherchée, et pourrait
être engagée si la direction du
site n’a pas pris des mesures
permettant d’éviter un sinistre
prévisible.
Retour d’expériences : de
nombreux sinistres ont été
aggravés à l’occasion d’inonda-
tions du fait soit de cuves de
produits phytosanitaires qui se
sont renversées et ont provoqué
une pollution, soit de cuves de fioul emportées par l’eau et ayant provoqué des ruptures de canalisations entraînant des pollutions aux hydrocarbures, voire de citernes mal arrimées qui se sont arrachées et ont endommagé des bâtiments aux alentours.
Objectifs
Eviter la poussée d’Archimède sur les capacités de stockage ou les arrimer sur des ouvrages
dimensionnés pour résister à cette poussée.
Eviter que la force de l’eau
ne crée des dommages aux
capacités de stockage (de tous
Fiche 7
Sécurisez
vos réservoirs,
cuves et autres
stockages
de produits
dangereux
27
types) en particulier lorsque
celles-ci contiennent des
produits dangereux :
- éventrement du récipient,
ou perforation, renversement,
détachement, … pouvant en
outre occasionner un écoule-
ment de produit dan-gereux,
- arrachage du récipient, ou
soulèvement, enlèvement par
flottaison, … pouvant en outre
occasionner des dommages
supplémentaires, en tant
qu’objet flottant, par percussion
par exemple.
Par capacité de stockage, on
entend, pour les plus courantes
d’entre elles : cuves, réservoirs,
bouteilles à partir du moment
où leur dangerosité et les
volumes considérés le justifient.
Certaines sont fixées plus
ou moins solidement au sol,
d’autres simplement posées,
d’autres encore attachées à des
points eux-mêmes exposés à
l’inondation.
Mise en œuvre
En premier lieu, la sécurisation
des cuves (et toutes autres
capacités de stockage similaires)
consiste à les placer hors
zone de submersion. Trois
actions sont envisageables,
soit temporairement soit
définitivement :
- les enfouir,
- les déplacer vers une zone
non submersible,
- les surélever sur un socle de
hauteur suffisante,
NB : en cas de mesure
temporaire (hypothèses de
déplacement ou de surélé-
vation), il est impératif de
prévoir les moyens de transport
nécessaires et suffisants (en
matériels et en personnels
conducteurs).
La mise hors d’eau permanente
des produits sensibles
s’effectue comme suit :
- soit en identifiant dans
l’entreprise un lieu existant hors
zone inondable,
- soit en aménageant spécifi-
quement une zone de
l’entreprise, de manière à y
permettre un stockage de ces
produits sensibles, au-dessus
des plus hautes eaux connues
ou attendues.
A défaut de pouvoir ainsi
prévoir une mise hors d’eau,
notamment lorsqu’une crue
rapide est redoutée, le
renforcement du support et
l’ancrage des capacités de
stockage doit être envisagé. De
plus, dans certains cas, il est
nécessaire de prévoir un renfort
d’étanchéité.
Par exemple, l’aménagement
d’une zone sécurisée peut se
faire par l’installation de racks
de stockage ancrés au sol ou
par la création d’un plancher
béton surélevé sur la surface
concernée.
Que faire des bouteilles de
gaz ? Elles doivent également
être ancrées par exemple avec
un crochet arrimé à un élément
de maçonnerie et une chaîne
cadenassée.
Si aucune des solutions ci-avant
n’est techniquement possible
(du fait de la configuration de
l’existant par exemple), il peut
alors être bon de procéder, au
moment de l’alerte inondation,
au remplissage de la cuve
par de l’eau (attention à la
compatibilité des produits), ou
au lestage du réservoir à l’aide
de solides élingues arrimées
à des blocs de fonte, pour
autant que ces dispositifs aient
été prévus sur place et soient
disponibles.
Mesures associées
En cas d’alerte inondation,
pensez tout d’abord à mettre
l’ensemble de vos différents
process en sécurité en fonction
de leur dynamique propre (mise
à l’arrêt des équipements,
refroidissement, évacuation
des sous-produits, …) et de
la cinétique de l’événement
redouté (vitesse de montée des
eaux).
En cas d’aménagement en
zone inondable, les mesures
de renforcement des sup-
ports et d’ancrage doivent
s’accompagner, si besoin est :
- de l’installation de vannes et
de robinets d’arrêt accessibles
en toutes circonstances (ces
dispositifs peuvent être
installés sur la capacité de
stockage directement ou sur les
raccordements aux réseaux lui
correspondant),
- de la surélévation de tout évent
de cuve et de toute ouverture
quelconque imparfaitement
étanche au-delà de la hauteur
d’eau attendue,
- de la mise en place d’un système
d’obturation automatique de
l’ouverture, en cas d’inondation
pouvant fonctionner en toute
circonstance.
Ces dispositifs de coupure
doivent en outre être clairement
identifiés par l’exploitant.
En tout état de cause, la mise
en place d’un système d’alerte
inondation doit être envisagée
(cf. fiche préliminaire I).
28
Intérêt de la protection
Certains équipements (équipe-
-ments industriels, moules,
modèles, approvisionnements,
en-cours et produits finis
même non dangereux,
véhicules et remorques…),
les archives (papier ou
numérique) et documents
stratégiques (fichiers clients,
factures, contrats, process de fabrication, actes notariés, baux de location…) sont particulièrement vulnérables à l’eau. Leur sauvegarde participe à une reprise rapide de l’activité après l’inondation.
Retour d’expériences : à la suite
de fortes pluies, le niveau d’un
cours d’eau à proximité d’une
entreprise monte très rapidement.
Malgré la mise en œuvre du PUI
prévu pour une crue jusqu’à 1 m,
les locaux d’une entreprise de
fabrication de céramique sont
inondés sous près d’1,50 m
d’eau. Les modèles nécessaires
à la production des décors sont
détruits. L’activité est très ralentie
pendant plusieurs semaines.
Fiche 8
Créez ou
aménagez
une zone
de repli
hors d’eau
pour les
stockages
et activités
critiques
29
Objectifs
Eviter la perte ou l’endom-
magement de biens, d’équipe-
ments, d’archives et documents
stratégiques nécessaires aux
activités de l’entreprise, tels
que défini dans le cadre du
PCA (Cf. fiche préliminaire II),
en disposant d’un espace de
stockage hors d’eau lors de
l’inondation.
Mise en œuvre
Cette mesure consiste en
premier lieu à aménager
chaque fois que possible, et
notamment lorsqu’une crue
rapide est redoutée, une zone
de stockage permanente
au-dessus des plus hautes
eaux connues ou attendues
(en étage, en combles ou en
mezzanine) pour les biens,
équipements, archives et
documents stratégiques ou
sensibles.
Elle doit être facilement
accessible de l’intérieur et le
plancher doit être suffisamment
solide pour pouvoir supporter
la charge occasionnée par le
stockage.
Si cette mesure ne peut pas
être mise en œuvre, envisager
l’aménagement d’une zone de
stockage en rez-de-chaussée
par l’installation de rayonnages
et privilégier les niveaux de
stockage les plus élevés.
Dans des zones exposées au
risque d’inondation, aucun
stockage stratégique et aucune
activité critique ne devrait être
présente en point bas (sous-
sols, …).
En cas de crue lente, il peut aussi
s’avérer pertinent de déplacer
les biens, équipements, archives
et documents stratégiques
sensibles vers un site
secondaire non exposé à
l’événement.
Il est recommandé de faire
appel à un professionnel
pour vérifier la faisabilité
technique, économique et
administrative du projet.
Mesures associées
En cas de travaux de mise
hors d’eau : ne pas omettre,
dans le cas de travaux de
rehaussement d’un plancher,
de déplacer les réseaux et de
surélever les ouvertures.
Dans tous les cas de
redéploiement des stockages
quels qu’ils soient, il est
important de s’assurer que
les moyens de prévention
(mesures organisationnelles…)
et de protection (sprinkleurs,
systèmes d’extinction à gaz
ou à mousse, sûreté, …)
restent adéquats avec la
nouvelle configuration ; si des
modifications doivent être
apportées à ces stockages
consultez l’entreprise compé-
tente conformément au référentiel
d’installation et de maintenance
choisi.
Il est important de numériser
préalablement les données
papier ou de dupliquer les
données informatiques, archives
et documents stratégiques pour
ensuite les mettre en sécurité
hors zone inondable (cf. fiche
N°6).
Dans tous les cas, les véhicules
et leurs remorques ainsi que les
locaux modulaires devraient
être stationnés ou positionnés
en dehors de la zone exposée à
l’inondation.
30
Intérêt de la
protection
Les incendies consécutifs à une
inondation sont très fréquents ;
ils peuvent être causés par des
débris qui flottent et peuvent
entraîner des ruptures de
canalisations ou réserves de
gaz ou liquides inflammables.
Les courts-circuits électriques
sont aussi une source d’ignition
importante notamment lorsque
des liquides inflammables
surnagent. Enfin, certains
produits chimiques peuvent
réagir violemment avec l’eau
et entraîner des réactions
exothermiques susceptibles
de mettre le feu au bâtiment.
Or les bâtiments inondés
seront difficilement accessibles,
voire inaccessibles aux équipes
de sapeurs-pompiers.
De plus, lors d’une inondation,
les moyens de détection
d’intrusion et de contrôle
d’accès peuvent être dés-
activés et mis hors service.
Dans ce cas, il convient de
rester vigilant face aux risques
accrus de vols, pillages et
dégradations de toutes sortes,
d’autant plus que les services
de police seront quant à eux
fortement sollicités et ne seront
pas nécessairement en mesure
de répondre rapidement.
Retour d’expériences : le local
source de l’installation sprinkleur
d’un entrepôt et son groupe
de secours situés en sous-sol
sont plusieurs fois inondés à
l’occasion de violents orages.
Afin d’éviter que l’extinction
automatique devienne de
nouveau inopérante en cas
d’intempéries, l’exploitant
conseillé par son assureur
décide de profiter de la révision
trentenaire de son installation
pour mettre le local et son
contenu à l’abri des eaux.
Fiche 9
Mettez
hors d’eau
vos
équipements
de sécurité/
sûreté
31
Objectifs
Maintenir le fonctionnement
des équipements de sécurité
industrielle (process, confi-
nement, …) ou de prévention
et de protection contre les
incendies/explosions (détections
d’incendie ou d’étincelles,
sprinkleurs, systèmes d’extinc-
tion à gaz ou mousse, …) ou
de sûreté (vidéosurveillance,
alarme intrusion, …).
Garantir la sécurité et la sûreté
du site face au risque de sur-
accident (incendie, explosion,
pollution, malveillance, …) que
peut occasionner ou faciliter
l’inondation des locaux.
Mise en œuvre
Cette mesure consiste tout
d’abord à mettre hors d’eau
de manière permanente et
dès la conception tous les
équipements de sécurité /sûreté
pouvant être endommagés par
leur submersion :
- les sources d’agents extinc-
teurs (groupes motopompes
y compris les réservoirs de
combustibles, électropompes
y compris leurs alimentations
de secours, réserves d’eau,
bouteilles de gaz d’extinction …),
- les vannes de sécurité pro-
cess, les vannes des réseaux
incendie, les hydrants, …
- les réseaux de courant fort ou
faibles nécessaires au fonction-
nement des moyens de maîtrise
des risques instrumentés ou
des moyens de surveillance et
leurs alimentations de secours.
- les armoires de commandes
et tableaux répétiteurs.
En cas d’alerte inondation,
mettre en sécurité les process
à risque (risques thermiques,
chimiques, mécaniques, de
surpression, …).
S’assurer du bon fonctionne-
ment des équipements de
sécurité/sûreté et de la
disponibilité de pièces de
rechange en cas d’avarie causée
par l’inondation ; informer les
prestataires (télésurveillance, …).
Mesures associées
Il est alors important lors d’une
inondation de continuer à
réaliser des inspections de
sécurité et des rondes de
gardiennage pour s’assurer
qu’il n’y a pas de situations
à risques, de feu couvant ou
de personnes non autorisées
dans les locaux. Un contrôle
rigoureux des entrées-sorties
devrait être mis en place.
Il est recommandé d’accom-
pagner cette mesure par des
travaux sur les installations
électriques ou électroniques.
En tout état de cause, la mise
en place d’un système d’alerte
inondation doit être envisagée
(fiche préliminaire I).
32
Intérêt de la mesure
Plusieurs enjeux sont à consi-
dérer lors de la rédaction d’un
Plan d’Urgence Inondation
(PUI).
Arrêt de l’exploitation : afin
de limiter l’impact global, il
convient de s’assurer qu’un
fonctionnement partiel est
possible alors que les
opérations de nettoyage et
de séchage sont en cours.
Les équipements critiques ou
les plus vulnérables devront
éventuellement être doublés ou
être entreposés dans une zone
hors de danger afin de limiter
le délai de remplacement (voir
fiche N°8).
Incendies/Sûreté : les incendies
consécutifs à une inondation
et les vols commis à la
faveur de celle-ci sont très
fréquents. Afin de les éviter,
le bon fonctionnement des
équipements de sécurité/sûreté
doit être préservé (voir fiche
N°9).
Hygiène et sécurité : une
inondation engendre un large
éventail de risques auxquels
le personnel peut être exposé
tels que des débris flottants,
la contamination de l’eau, des
sols glissants, etc.
Retour d’expériences : une
usine chimique classée Seveso
recyclant des solvants usagés
est inondée suite à une période
de fortes pluies. La Préfecture
ayant alerté l’exploitant la veille,
le site avait été mis en sécurité :
le gaz et l’électricité étaient
coupés, les équipements
informatiques, les stocks
dangereux mis hors d’eau et
la station d’épuration mise à
l’arrêt.
Fiche 10
Mettez
en place
votre Plan
d’Urgence
Inondation
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Objectifs
Définir le plan d’actions à
mettre en œuvre par le personnel
avant, pendant et après une
inondation afin de permettre
une reprise de l’activité le plus
rapidement possible.
Mise en œuvre
Le PUI doit inclure :
Une analyse de risques :
une analyse documentée des
risques d’inondation doit être
réalisée pour le site ; en prenant
en compte les dispositions
déjà en place pour empêcher
ou limiter les dommages
causés par les inondations
(l’état de fonctionnement et de
maintenance des équipements,
leurs performances, …) afin
d’identifier les moyens
supplémentaires à envisager.
(voir Préambule).
Un coordinateur du plan :
une personne doit être
désignée. Ce coordinateur sera
en charge de la veille et devra
être habilité à donner l’alerte,
à activer le plan et à engager
les mesures d’urgence en
fonction de la situation. Ceci
permet notamment de réduire
la confusion et d’éliminer les
retards inutiles.
Une procédure de veille :
un système de veille doit être mis
en place (fiche préliminaire I).
La procédure devrait permettre
de décrire comment réagir en
fonction du niveau d’alerte
aux crues, quand préparer le
matériel, et quand alerter le
personnel ou activer le PUI.
Une équipe de crise :
le PUI doit inclure les noms,
adresses et numéros de télé-
phone de l’équipe de crise, du
personnel, des fournisseurs et
des entrepreneurs susceptibles d’assurer l’approvisionnement nécessaire et / ou de fournir des services d’urgence (par exemple, de sauvetage et de réparation du matériel). Les coordonnées de ces personnes devront être régulièrement revues et mises à jour. Il sera nécessaire d’avoir une liste de plusieurs entreprises dans la mesure où celles-ci seront soit indisponibles du fait de l’inondation, soit fortement sollicitées par d’autres clients. L’ensemble des secteurs de l’entreprise doit être associé à la gestion de crise (Direction générale, ressources humaines, juridique, technique, …).
Une procédure d’astreinte :
le plan doit évaluer la disponi-
bilité du personnel pour mener
à bien les actions d’urgence.
Une procédure d’astreinte
permettant de contacter/mobiliser
des employés supplémentaires
devrait être mise en place
afin de compléter les équipes
déjà présentes et ceci quelle
que soit la période (WE,
jours fériés, vacances, nuit, ...).
La possibilité que les salariés
soient également concernés
par des problèmes d’inondation
à titre personnel et soient de
ce fait dans l’incapacité de
se rendre sur le site devra
également être prise en compte.
Des mesures d’atténuation :
le plan doit présenter en
détails toutes les mesures
d’atténuation possibles. Au
cours d’une inondation de
grande ampleur, certains
équipements sont difficiles
à obtenir. Des pompes de
relevage, des générateurs, des
sacs de sable, des batardeaux,
des bâches, des raclettes et
des produits de nettoyage
doivent être stockés dans la
perspective d’une urgence. A
défaut, un contrat de service
d’urgence devra être envisagé
avec un prestataire.
Des actions réflexes :
un plan d’actions détaillées
décrivant étape par étape les
actions à entreprendre en
fonction du niveau d’inondation
observé est défini au préalable
pour tous les scénarios
d’inondation potentiels identi-
fiés au cours de l’analyse de
risque : arrêt ou mise en sécurité
du bâtiment, des process,
des moyens de sécurité,
gardiennage, ...
Le plan d’actions détaillées ne
doit pas faire obstacle à
la prise des décisions les
plus opportunes du fait des
circonstances.
Un plan de sauvetage
spécifique :
la planification
des opérations de sauvetage
et de nettoyage du matériel
doit prévoir l’élimination ou la
relocalisation du contenu des
bâtiments en se concentrant le
cas échéant sur les équipements
les plus stratégiques et / ou les
zones jugées critiques pour
l’activité du site. La planification
de l’ordre des actions à mener
permettra de veiller à ce que
les ressources (temps, matériel,
budget, etc.) soient utilisées
de manière efficace. Le plan
de sauvetage devra être aussi
précis que possible et devra
décrire par avance les méthodes
de récupération / sauvetage
d’éléments spécifiques. Il
devra décrire en détail les
équipements à déplacer
ou surélever, l’ordre dans
lequel ceci devra se faire, les
moyens de transport à mettre
en œuvre et l’emplacement
d’entreposage temporaire.
Mesures associées
Le PUI devra être conservé
dans un lieu accessible en
permanence.
34
Si la mise en œuvre du PUI et
en particulier l’évacuation ou
la surveillance des locaux ou
installations le nécessite, on
pourra aussi prévoir un moyen
(type barque) permettant
d’accéder aux locaux et/ou de
les quitter pendant la période
d’inondation avec un amarrage
localisé au-dessus des plus
hautes eaux connues ou
attendues.
Des formations et informations
régulières de tous les membres
de l’organisation d’urgence
devront être réalisées. La
formation devra inclure un
enseignement sur le risque et
sensibiliser tous les acteurs
à leur fonction dans ce plan
de manière à ce qu’ils soient
complètement familiarisés
avec les mesures à mettre en
œuvre. Le personnel devra être
régulièrement formé (au cours
d’exercices) pour répondre à
tous les scénarios d’urgence
définis dans le plan, connaître
l’emplacement des dispositifs
d’atténuations disponibles sur
le site et savoir comment les
installer.
Le PUI devra être périodi-
quement testé, revu et mis
à jour à chaque changement
important impactant le site
(bâtiments, équipements,
personnel...) et après chaque
inondation.
Il devra obligatoirement
tenir compte des contraintes
légales et réglementaires
associées aux mesures
envisagées, à une éventuelle
occupation du domaine
public ou au caractère de
déchet
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que peuvent revêtir
les biens endommagés.
Il devra également tenir
compte de l’ensemble des
obligations légales ou
contractuelles qui lient
l’entreprise à son ou ses
assureurs tant avant qu’après
l’inondation.
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Voir les guides du Groupe d’Expertise et d’Intervention Déchets post-catastrophes (GEIDE) sur http://www.geide.asso.fr/
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Industriels, commerçants, artisans, logisticiens : anticipez et minimisez l'impact d'une inondation sur votre entreprise - Association Française de l'Assurance
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