ATOUT RISK MANAGER
LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL • MARS 2016 • 20 € TTCN°8
PORTRAIT
Philippe Vappereau,
Délégué Général au Management
des Risques de la RATP
DOSSIER
Retour sur
les 24
ème
Rencontres
du Risk Management
MÉTIER RISK MANAGER
Formation à la loupe : Mastère
Spécialisé Gestion des risques
sur les territoires de l'EISTI
Risk Manager à l’international :
Frédéric Desitter, parcours
d’un pionnier de l’ERM
VEILLE ET POSITION
Que signifie le nouvel
« Insurance Act 2015 » ?
QUELLE QUE SOIT
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Brigitte Bouquot,
Présidente de l’AMRAE
« CLIMATS À HAUTS RISQUES »,
UNE NOUVELLE AMBITION POUR L’AMRAE
Q
uelques semaines après l’extinction des lumières des
24
ème
Rencontres AMRAE, nous sommes portés par l’énergie
de ces moments d’exception pour lancer les actions de
l’AMRAE en 2016. Quelques heures après les déflagrations
terroristes de Bruxelles et Grand Bassam, nous mesurons
une nouvelle fois l’obligation de résilience à laquelle les
Risk Managers doivent contribuer avec exigence. Je veux revenir avec vous sur
les enseignements de ces rencontres et vous redire mes grandes convictions.
Qu’ils soient climatiques, financiers, terroristes, sociaux, Cyber, nous
partageons tous le même constat sur la globalisation des risques et leurs
effets systémiques, que dopent la technologie et ses effets disruptifs.
Le risque est désormais inscrit dans la sphère du macro-économique.
Les entreprises et les dirigeants ont pris conscience de leurs responsabilités.
Il apparaît maintenant indispensable de les partager avec un Risk Management
public, voire d’État. À ce titre, l’exercice Sequana conduit par la préfecture de
Région en liaison avec instances publiques et entreprises privées sur la crue
centennale de la Seine est un signal encourageant.
Plus que jamais à l’AMRAE, nous devons réfléchir et agir en termes de métier.
Eclairage stratégique, soutien au business, protection financière, le Risk
Management est une fonction vitale de l’Entreprise. C’est surtout un métier
d’avenir. Pour nos entreprises et leurs collaborateurs, nous avons donc le devoir
d’en faire une filière d’excellence et de travailler sans relâche pour développer
nos compétences et faire entendre la voix du Risk Management.
C’est la première priorité de l’AMRAE.
Mais dans un monde qui n’est plus déterministe, l’excellence ne se construira
pas avec nos seules méthodes scientifiques, mais « avec et ensemble », dans
la relation à l’autre sur le terrain, comme le rappelait Frère Samuel dans son
intervention à Lille. C’est bien la force de notre association de coupler ces
deux forces qui font la richesse de l’homme.
Parce que nous savons que nous allons encore vivre des évènements à forts
impacts, il est également urgent de mettre sous tension la chaîne de valeur
de l’assurance. Il serait impardonnable que tous - Risk Managers, courtiers,
assureurs et réassureurs – n’aient pas élaboré les réponses adaptées aux
évènements à venir, dont nombre sont déjà modélisés. C’est la deuxième
priorité de l’AMRAE.
Nos organisations ont un devoir de résilience pour elles-mêmes, mais
aussi pour la société. Nous avons donc un nouvel étage de la cathédrale
du Risk Management à bâtir tous ensemble.
Puisons de ces 24
ème
Rencontres l’inspiration, l’énergie et la convivialité
qui nous porterons en 2016 ! ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
3
ÉDITO
Sans titre-3 1 25/02/2016 16:09:43
ÉDITO ........................................................................................................................................................... 3
PORTRAIT
............................................................................................................................................... 6
Philippe Vappereau, Délégué Général au Management des Risques de la RATP
ACTEURS EN VUE ...................................................................................................................... 11
DOSSIER
................................................................................................................................................... 15
Retour sur les 24
ème
Rencontres du Risk Management
La place vitale du Risk Manager dans un univers de risques désormais systémiques
...... 16
Changement de paradigmes, aléas climatiques et économiques
.................................................... 26
Risk Manager : un métier de plus en plus stratégique
............................................................................. 36
Visions de l'international
............................................................................................................................................. 43
Ambiance : les Risk Managers dans l’œil du cyclone
................................................................................ 49
À L’AFFICHE ........................................................................................................................................ 53
MÉTIER RISK MANAGER
.................................................................................................. 56
Regard d’un chasseur de têtes .................................................................................................................................. 56
Extinction incendie dans les data centers : gaz ou brouillard d’eau ?
........................................ 57
Formation à la loupe : Mastère Spécialisé Gestion des risques
sur les territoires de l'EISTI
....................................................................................................................................... 58
Risk Manager à l’international : parcours d’un pionnier de l’ERM
.................................................. 60
VEILLE ET POSITION ............................................................................................................ 62
Révolution législative Outre-Manche :
que signifie le nouvel Insurance Act 2015 pour les acheteurs français ?
ACTUALITÉ DE L’AMRAE ................................................................................................. 64
Évènement : journée des formateurs de l’ AMRAE – 7 janvier 2016................................................. 64
Francophonie : l’AGRAQ, un village français au cœur du continent nord americain
......... 67
Publications AMRAE : 8
ème
Panorama SIGR ...................................................................................................... 69
La newsletter de l’AMRAE : suivez le fil vert !
................................................................................................ 71
NOS PARTENAIRES .................................................................................................................. 73
BULLETIN D’ABONNEMENT
......................................................................................... 74
Directeur de la publication :
Brigitte Bouquot
Directrice de la rédaction :
Bénédicte de Luze
Comité éditorial :
Bénédicte de Luze, Sophie Maguer,
Hélène Dubillot, Olivier Coppermann,
Louis Favrot, Gilbert Canaméras,
Anne Piot d'Abzac, Catherine Véret Jost,
Simon Embarck, Florence Puybareau
Conception et coordination éditoriale,
secrétariat de rédaction : SEITOSEI
Ont contribué à ce numéro AMRAE :
Bénédicte de Luze, Louis Favrot, David Kapp,
Ève Mennesson, Patrick Percepied
Journalistes :
Sophie Bougeard, Cécile Desjardins,
Alain Establier, Julie Le Bolzer, Florence
Puybareau, Gilmar Sequeira Martins
Merci à tous les interviewé(e)s qui ont rendu
possible ce numéro.
Création et mise en page :
Valérie Mounier - www.ikkomoon.com
Crédits photos :
Marc Verneret, SEITOSEI,
©RATP Jean-François Mauboussin,
Stéphane Olivier, iStock
Relations presse de l’AMRAE :
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Commission paritaire : 0716 G 92388
Dépôt légal : Mars 2016
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • MARS 2016 • 20 € TTCN°8 ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
PORTRAIT
Philippe Vappereau,
Délégué Général au Management
des Risques de la RATP
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du Risk Management
MÉTIER RISK MANAGER
Formation à la loupe : Mastère
Spécialisé Gestion des r isques
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Risk Manager à l’international :
Frédér ic Desitter, parcours
d’un pionnier de l’ERM
VEILLE ET POSITION
Que signifie le nouvel
« Insurance Act 2015 » ?
ATOUT RISK MANAGER
est une revue de l’AMRAE,
80 boulevard Haussmann
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Sans titre-3 1 25/02/2016 16:09:43
5
SOMMAIRE
L
e 5
e
opérateur de transport multimodal
dans le monde se présente comme un
Groupe intégré tant en raison de sa
dimension géographique que surtout
de sa dimension métier. Exploitation
des transports, maintenance et ingénierie
des systèmes de transport, tous les métiers
nécessaires à la réalisation d’une offre de
transport sont intégrés. « Cette unicité est une
force pour la RATP », estime Philippe Vappereau,
aux commandes des risques du Groupe depuis
janvier 2014. La gamme des risques, qu’il gère
avec son équipe de quatre personnes, est donc
très large car liée à cette diversité des métiers.
La DGMR est rattachée au service de la
Direction générale et, plus particulièrement,
au Directeur de Cabinet. Le Comité d’Audit du
Conseil d’Administration joue annuellement le
rôle de régulateur de l’ensemble de la gestion
des risques du Groupe. Philippe Vappereau est
membre du Comité de Direction.
Tous les risques inhérents aux trois niveaux
de l’entreprise publique sont analysés par
la DGMR : le Groupe, le Département et les
filiales de rang 1, ainsi que les filiales dépen-
dantes de RATP Dev (environ une centaine,
réparties dans 14 pays).
Dans la perspective des ouvertures à la
concurrence à venir – bus de la région pari-
sienne à partir de 2024, tramways en 2029 et
métros et RER en 2039 – l’entreprise publique
est en pleine refonte de son modèle écono-
mique. Cette révision du business model est
un élément clé de la cartographie des risques
et le déploiement d’un système de pilotage fin
de ces risques a pour objet essentiel de sécu-
riser le résultat. LA SÉCURITÉ FERROVIAIRE AU CŒUR
DU MÉTIER
« Au départ, les gens avaient du mal à effectuer le
distinguo entre maîtrise des risques et manage-
ment des risques. L’équipe, constituée en 2009
pour le management des risques, était volon-
tairement très resserrée dans le but d’animer la
démarche et de développer la culture du risque
également en dehors du monde de la sécurité
ferroviaire », explique le patron des risques, la
sécurité ferroviaire étant au cœur du métier de
l’opérateur public de transport. « Les départe-
ments RER, métro et bus se sont appropriés assez
rapidement les démarches ERM. Nous leur avons
apporté de la méthode ».
Le Groupe distingue la sécurité au sens « acci-
dentologie ferroviaire ou routière » et la sûreté
des personnes se trouvant dans les espaces ou
les trains. « La RATP possède un département
sécurité qui fait de la sûreté puisqu’il gère les
risques d’attentat, de vandalisme, de dégra-
dation et d’atteinte aux personnes. Pour la
sécurité ferroviaire, nous avons une Délégation
Générale dédiée qui pilote l’ensemble des
actions de maîtrise du risque “accident ferro-
viaire” et qui est rattachée directement à la
Présidente Élisabeth Borne. »
UN RISQUE RH SANS PRÉCÉDENT
À la RATP, le risque de sécurité ferroviaire
recouvre aussi bien les aspects techniques
qu’humains. « Même si nous avons deux lignes
en automatique dans le métro, dans la majorité
il y a des hommes aux commandes. Les forma-
tions, les mises à niveau, la qualité du mana-
gement sont essentielles pour rester à un bon
niveau de maîtrise du risque ».
Les risques liés aux hommes sont donc extrê-
mement prégnants et suivis de près. « Toute
la qualité du service que l’on offre dépend de
la qualité des prestations de notre personnel.
Le risque managérial est donc extrêmement
fort : un management défaillant entraîne une
qualité de service défaillante et donc des péna-
lités de la part de notre autorité organisatrice.
Il y a donc un lien direct entre la qualité du
management et ce que le voyageur va ressentir
sur nos réseaux, et aussi le résultat affecté par
ces pénalités potentielles. »
Le défi ? Œuvrer pour que la prise de conscience
du risque soit pleinement intégrée dans le
management quotidien. « C’est le niveau 3 de
maturité des systèmes d’ERM », rappelle Philippe
Vappereau.
LE PAS DE TROIS DE LA MÉTHODE ERM
La méthode de gestion des risques repose sur
trois processus. Le premier, classique, consiste
à identifier, sélectionner et évaluer les risques
en occurrence, gravité et maîtrise. « Si l’on
PHILIPPE VAPPEREAU, DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL AU MANAGEMENT
DES RISQUES, GROUPE RATP
MULTIMODAL
La Délégation Générale au Management des Risques (DGMR) du Groupe RATP a été créée en 2009.
Depuis janvier 2014, Philippe Vappereau poursuit la démarche ERM initiée par Serge Dassonville,
le premier Risk Manager du Groupe.
Témoignage de Philippe Vappereau, Délégué général au Management des Risques, Groupe RATP
Par Sophie Bougeard
« Dans la perspective des
prochaines ouvertures à
la concurrence, le Groupe
repense actuellement son
modèle économique. »ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
6 PORTRAIT
BIO EXPRESS
57 ans. Ingénieur Supélec.
Il débute sa carrière à la RATP en 1983, au Service des
Études Techniques, en charge des mesures et essais sur
le matériel roulant.
Dans les années 90, il est l’inventeur de la carte de transport
sans contact (Pass Navigo), une technologie brevetée « Made
in » RATP, utilisée depuis partout dans le monde.
De 2000 à 2014, il pilote les équipes en charge du développe-
ment des systèmes d’informations voyageurs, de billettique
et de régulation pour le réseau parisien, puis dirige Ixxi,
filiale dédiée à la commercialisation des solutions d’in-
formations passagers et de billettique en France et
à l’international. En janvier 2014, il est nommé
Délégué général au Management des Risques
du Groupe RATP.
prend l’exemple de l’accident ferroviaire, on
retrouve ce risque à la fois dans la cartogra-
phie Groupe, dans celles des départements
métro, RER, ainsi que dans celles des dépar-
tements maintenance du matériel roulant,
maintenance des installations de signalisa-
tion… Chacun ayant un rôle à jouer dans la
gestion de ce risque ». Le second processus
a été recommandé au Groupe, en 2009, par
Marsh Risk Consulting. Compte tenu de la
culture très technique et ingénieure de l’en-
treprise, passer directement d’une évaluation
de risques sur la base de quelques scénarios à
la mise en œuvre de plans d’actions ne répon-
dait pas à cette logique ingénieure. Résultat ?
La préconisation d’un deuxième processus,
intitulé « Plan de traitement », à appliquer
sur une sélection de risques considérés par la
DGMR comme majeurs pour l’activité. « Ce plan
consiste en une analyse exhaustive des évène-
ments redoutés, de toutes les causes primaires
et secondaires de ces évènements redoutés ainsi
que des conséquences de ces évènements ».
Les conséquences sont évaluées en coûts,
les causes en probabilités de survenance et
l’ensemble du système de défense existant
(prévention, protection, couverture) est iden-
tifié au niveau de ses barrières élémentaires,
elles-mêmes évaluées suivant leur niveau d’ef-
ficacité. « L’intérêt de cette méthode, est qu’elle
fait apparaître tout de suite objectivement les
points de faiblesse et permet de décider si le
risque est acceptable en l’état ou s’il est consi-
déré comme inacceptable ; si tel est le cas, un
plan d’actions est mis en œuvre ». Le troisième
processus de gestion du risque est donc le
déroulé des différents plans d’actions.CARTOGRAPHIE 2015 : 25 RISQUES
MAJEURS
Les cartographies fonctionnent sur un
rythme triennal. La DGMR en est donc à
sa troisième version. Une fois réalisée, la
cartographie se décline ensuite à tous les
niveaux de l’entreprise, dans chaque
département et filiale.
La version 2015 a mis en évidence
vingt-cinq risques majeurs pour le
Groupe et son élaboration se base
sur différents éléments d’informa-
tions collectés par les Risk Managers.
« Nous réalisons des entretiens avec
tous les membres du Comex et du
Comité de Direction de l’entreprise
et nous adressons un questionnaire
aux membres des Comités de direction
de tous les différents départements et
filiales », explique Philippe Vappereau.
Tendance de cette dernière mouture ?
La montée en puissance des risques liés à
l’entrée dans le monde concurrentiel, risque
de perte de parts de marché par exemple.
« Il y a trois ans, ce risque n’était pas beau-
coup évoqué, alors qu’il a été le plus cité en
2015. C’est la preuve que le Groupe a véri-
tablement entamé une révolution culturelle
et est rentré dans une logique économique
et concurrentielle, à l’image de n’importe
quelle entreprise ! »ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
7 PORTRAIT
5
e
opérateur de transport
multimodal au monde
14 millions de voyageurs
transportés par jour dans le monde
Présent dans
14 pays en Europe,
Amérique, Asie et Afrique
5,3 milliards d'euros
de chiffre d’affaires (dont 20 %
hors Île-de-France)
58 000 salariés
Investissement annuel
en Île-de-France :
1,6 milliard d'euros
3,3 milliards
de voyages
en Île-de-France annuellement
Le premier risque en coût pour la RATP reste
la crue de la Seine. « En l’absence de toute
protection, les conséquences sont estimées à 5
milliards d’euros ; c’est pourquoi la prévention
implique toutes les directions de l’entreprise.
Nous avons étudié qu’en cas de crue, sans ces
protections, il y aurait 140 km de tunnels poten-
tiellement inondés. »
Autre facteur important lié à la spécificité de l’en-
treprise publique de transport et à prendre en
compte : les constantes de temps très longues.
« La durée de vie d’un matériel roulant est d’en-
viron 50 ans, donc la nature des risques évolue sur
la durée de vie du matériel, avec l’obsolescence
des équipements. A contrario, la mise en œuvre
d’un nouveau matériel roulant induit des risques
sur les interfaces avec les infrastructures exis-
tantes (voie, caténaire, signalisation …). »
UN MODÈLE D’AUTO-ASSURANCE
CHALLENGÉ
Le Groupe fonctionne sur un système d’auto-
assurance hormis, bien sûr, pour la RC, pour
laquelle le Risk Management doit fournir des
éléments d’appréciation. L’assureur, QBE, a
d’ailleurs sollicité une rencontre avec le Risk
Manager pour dresser un état des lieux des
dispositifs de prévention existants.
Si ce modèle auto-assurance prévaut pour la
majorité des risques, l’unité Assurances et la
DGMR le challengent régulièrement et n’excluent
pas non plus le recours aux captives. « Les coûts
du risque, des sinistres et de la prévention sont
très difficiles à évaluer en auto-assurance car ils
sont souvent masqués dans les budgets d’exploi-
tation », explique Philippe Vappereau dont la
direction a décidé d’étudier de près le recours
à l’assurance pour deux risques en particulier :
les dommages aux biens des sites sensibles et
le cyber.
Côté risque cyber, la question est à l’étude
au sein de la Direction Générale. « Nous
avons pris conscience assez récemment que
ce risque pouvait représenter des centaines de
millions d’euros car nous possédons des fichiers
clients avec plusieurs millions de coordonnées
bancaires. Bien que nous ayons les meilleurs
professionnels en la matière, le risque zéro
n’existe pas et l’auto-assurance ne suffit plus
pour couvrir un risque de cette ampleur ». Par
ailleurs, et compte tenu de la montée en puis-
sance de ce risque, Philippe Vappereau souligne
qu’une « absence totale de couverture spécifique
pour se protéger des hackers serait considérée
comme une défaillance de l’entreprise par nos
instances de tutelle et l’autorité organisatrice ».
Il rappelle ainsi que « dans le monde du trans-
port, le risque est non seulement technique,
mais aussi politique et médiatique », évoquant
au passage l’accident survenu dans la nuit
du 14 au 15 février 2003 où le sol d’une cour
d’école maternelle située au-dessus du chantier
de la ligne 14 du métro, s’est effondré. Aucune
victime mais le retentissement médiatique fut
fort. Philippe Vappereau compte d’ailleurs dans
son équipe une personne en charge des risques
émergents, notamment du risque de perte
d’image suite à un emballement médiatique.
En matière de risque financier, « le modèle
économique de l’entreprise dans le cadre de
notre contrat avec le STIF nous oblige à sécuriser
notre résultat net, explique le Risk Manager, car
c’est là que nous dégageons la capacité d’au-
tofinancement. Nous ne devons pas augmenter
notre dette. Or pour tenir le défi imposé par notre
programme annuel d’1,7 milliard d’investisse-
ments, nous devons absolument sécuriser notre
résultat », ajoutant que « si nous ne tenons pas
le résultat, c’est tout le modèle qui est remis en
cause ». Payer une prime d’assurance réduit les
aléas sur le résultat et constitue donc un moyen
pour le Groupe de le sécuriser.
« Le premier risque
en coût pour la RATP reste
la crue de la Seine. »ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
8 PORTRAIT
2016, L’ANNÉE DE LA MATURITÉ
« Nous faisons évoluer notre système technique
global plus vite que nous ne l’avons jamais fait.
Aujourd’hui l’entreprise est dans une démarche
où tout change, tout bouge : les gens, la
culture, les travaux, les façons de travailler, les
systèmes techniques ; maîtriser le risque dans
un tel contexte est un vrai défi », estime le Risk
Manager. Le Groupe s’est donc lancé dans une
refonte de son organisation du Management
des Risques via un plan d’amélioration. Un
« Comité des risques opérationnels » va être
mis en place au premier trimestre pour un
meilleur suivi des actions de mitigation des
risques majeurs. Philippe Vappereau, en tant
que Délégué général au Management des
Risques, apporte la « matière risques » à ce
Comité piloté par le Directeur de Cabinet. En
tant qu’opérationnel, le Directeur général de
l’exploitation y siège également tout comme
le Directeur de la Sécurité, un représen-
tant de la Délégation Générale à la Sécurité
Ferroviaire, le Directeur financier ainsi qu’un
représentant de la DRH. Ce Comité devrait se
réunir au minimum trois fois par an.
Autres chantiers d’envergure qui verront
le jour cette année : la mise en place d’un
SIGR avec toutes les parties prenantes aux
risques (DGMR, Assurances, Audit et Contrôle
interne) ainsi qu’une meilleure diffusion de
la culture risque au niveau des managers de
proximité.
VERS PLUS DE TRANSVERSALITÉ
ET DE COLLECTIF
Si au sein de l’entreprise publique le Risk
Management n’était pas un domaine naturel
il y a cinq ans, il l’est aujourd’hui. « Il fallait
faciliter l’acceptation et l’implication, rappelle
Philippe Vappereau, avec le choix de décor-
réler la fonction des autres parties-prenantes
à la gestion des risques (Audit, Assurances) de
façon à faciliter le lancement de la démarche ».
Aujourd’hui, les Risk Managers sont perçus en
interne comme des consultants. « On fait appel
à nous en tant que prestataires de services et
nous tenons à conserver cette notion de services
internes qui intervient en aide et en assistance
des différents départements. »
Le Risk Manager pointe enfin deux enjeux
importants pour les années à venir : la trans-
versalité et le collectif. « Il n’y a pas de risques
qu’un collectif ne saura déjouer ou mieux
appréhender. On s’est aperçu qu’à chaque fois
que des évènements redoutés sont survenus,
il y avait eu une défaillance du collectif »,
conclut Philippe Vappereau.
Présidente-directrice générale
Directeur de Cabinet
Délégué général
au Management des Risques
ORGANIGRAMME DE LA DGMR
Animation du réseau des correspondants Risk Management de départements et filiales
Chargés de
mission Risk
Management
Mission
Sûreté à
l’international
ORC – Genève
Correspondant
Informatique
et Libertés
Risques
émergents
La filiale internationale du Groupe, RATP Dev, assure l’exploitation et
la maintenance de réseaux de transports urbains et interurbains (bus,
cars, tramways, réseaux ferrés et métros) dans 14 pays en Europe,
Amérique, Asie et Afrique, et dans plus de 30 villes, agglomérations et
départements en France. Côté risques et dans la mesure où le dévelop
-
pement du Groupe se fait beaucoup dans des pays émergents,
le risque lié à la sécurité des expatriés est très prégnant
et suivi de près par l’équipe de Philippe Vappereau.
« Ce risque est géré par la DGMR en coopération
complète avec RATP Dev. La DRH prend en charge
toute la partie liée aux couvertures santé des expa
-
triés », explique le Risk Manager qui pilote égale-
ment la mission « Sûreté à l’international », qui
consiste, explique-t-il, à « assurer les conditions les
plus favorables pour que le business se développe ».
En termes de benchmark sur tout ce qui relève de la sécurité et sûreté
à l’international, Philippe Vappereau regarde du côté des grands
groupes industriels comme Total, rôdés aux problématiques.
Autres risques importants pour RATP Dev, ceux liés à l’éthique et à
la corruption. Le Groupe a d’ailleurs un code d’éthique qui fixe
toutes les règles à suivre.
La DGMR a par ailleurs identifié d’autres risques,
plus stratégiques, comme ceux liés à une défail
-
lance de la stratégie ou des orientations. « Un
des risques importants pour le développement du
Groupe à l’international serait la dispersion car
cela peut entraîner un risque de perte de parts de
marché et de ne pas tenir les objectifs du PMT ».
RATP Dev s’est donc doté des outils nécessaires,
veille concurrentielle, comités d’engagement … qui
permettent de recadrer en permanence le développe
-
ment avec les orientations fixées.
INTERNATIONAL : RISQUES SPÉCIFIQUES LIÉS À LA FILIALE RATP DEV
« Un des risques importants pour
le développement du Groupe à l’international
serait la dispersion. »ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
9 PORTRAIT
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Cyril ARSAC Director Global Risk Management THE MANITOWOC COMPANY, INC.
Franck AURÉ Liability Insurance Specialist FAURECIA
Caroline BA Contrôleuse interne POWERNEXT SA
Jean-Louis BAILLEUL Responsable Financements International Retail Banking
BNP PARIBAS
Alexandre BALADÈS
Auditeur Interne Sénior
FONCIA
Frédérique BANNES Collaborateur GIDE LOYRETTE NOUEL A.A.R.P.I
Rémi BELLE Risk & Internal Control Manager KERING
Sylvain BONENFANT Responsable de la cellule Risques
LE DEPARTEMENTAL DE SEINE-
MARITIME
Sandie BONETTI
Risk Manager
AREVA
Stéphane Emmanuel BOUISSOU Associé en Risk Management ATRISC /
POLARISC
Jean-Marc BOUYER
Responsable Maîtrise des
Risques LA POSTE - DAST PACA
Thibault BULABOIS Coordinateur Risk Management LA FRANCAISE DES JEUX
Sonia CABANIS Senior Manager Risk Advisory DELOITTE CONSEIL
Christophe CAMILLI Consultant A TESTA
Pierre CHANY Risk Manager adjoint SNCF Réseau, SNCF RESEAU
Laure-Anne CHAUVEAU Chargée d'assurance et prévention des risques
CHANEL SAS
Philippe CHAVASSE
Directeur Juridique
FIVES
CHRISTIAN COCHET Directeur général audit et risques, SNCF
Arnaud CONSTANTY Risk Manager EUROPCAR INTERNATIONAL
Catherine COULON Avocat, MACL
Julien COURET Risk Controller UNIPER FRANCE POWER
Franck COURTOIS Responsable sécurité, prévention, hygiène
CENTRE BALEXERT S.A.
Nadège DE BECQUEVORT
Directrice audit interne
et Qualité Groupe
GIE GROUPE SOLENDI
Anne-Gaëlle DELATTRE
Risk Manager VALEO
MANAGEMENT SERVICES
Corinne DHENIN Responsable Contrôle interne et Qualité
DYNACITE
Marc DUCHEVET
Associé Risk Advisory
DELOITTE CONSEIL
Stéphane FERRIER Responsable du Contrôle Interne Permanent - Fonction
Gestion des risques
MUTUELLE GENERALE
DES CHEMINOTS
Nicolas FONTVIEILLE Directeur des assurances ALCATEL LUCENT SUBMARINE
NETWORKS SAS
Annabel FRANCONY LEGROS
Directeur Audit
et Contrôle Interne
SODIAAL UNION
Marion FROTIN
Risk Manager, DALKIA
Adeline GRAAS Directrice Gestion des risques et contrôle interne, CMA CGM
Isabelle GRUBIC Responsable d'audit interne CAISSE CENTRALE DE
REASSURANCE
Oubolvanh HALSANA
Attachée d'assurances
GIE AG2R
François HAUGUEL Senior Product Manager ENABLON
Jean Christophe HUYGHE Directeur technique et des risques MUTUELLE UMC
Jérôme ISENBART Directeur des risques CAISSE CENTRALE DE
RÉASSURANCE
Raphaëlle JADOT
Responsable Management
Risques op. et contrôle interne
APICIL
Thierry JUSTICE
Directeur Gestion des Risques
et Assurances, EUTELSAT SA
Thierry LAMAIRE Responsable du pôle Risques AÉROPORTS DE PARIS
Pascale LE COZ Directrice Audit LE CHEQUE DEJEUNER CCR
Olivier LEBLOND Chargé d'Affaires TOTAL
Hugues LECOURT Responsable assurances PARCOURS SAS
Claude LEVEQUE Responsable des Services Généraux des Achats et des
Assurances
STET
Sylvie LHERMIE Avocat SYLVIE LHERMIE
Patrick LHEUREUX Risk & Liability Manager ALCATEL LUCENT INTERNATIONAL
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vrais risques
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11 ACTEURS EN VUE
ILS ONT BOUGÉ
ADHÉRENTS AMRAE DANS UNE NOUVELLE ENTREPRISE
Bélinda ALBUMAZARD, Directrice Adjointe Assurances chez Transdev
Précédemment chez LAFARGE-HOLCIM
Laurent BARBAGLI, Directeur général AXA Matrix Risk Consultants Précédemment chez LAFARGE-HOLCIM
Catherine CHABOSSON, Manager Assurances et Risques à la CCI de Paris Précédemment chez PEUGEOT CITROËN AUTOMOBILES
Bertrand COLLET, Risks and Insurances Group Manager chez Keolis S.A Précédemment chez EUROP ASSISTANCE HOLDING
Anne-Carole LECONTE, Senior Underwriter Aviation chez SCOR Précédemment chez AÉROPORTS DE PARIS
Sabine LIEGES
Avocat, MACL
Dominique MARCHETTI Manager Assurances MC DONALD'S FRANCE SERVICES
Agnès MARCOTORCHINO Responsable Département Souscription, TOTAL
Joëlle MICHAUD LE PLENIER Legal counsel corporate Risk Manager, LABORATOIRES
BESINS INTERNATIONAL
Frédéric MICHAUX
Risk Manager
ORANGE DACRG
Matthieu MIOT Group Risk Manager EUROP ASSISTANCE HOLDING
Jean MODRY Directeur des risques HANNOVER RE
Ezzeddine MONCER Risk Manager, OACA
Carine MOSNIER Directrice Juridique Adjointe ID LOGISTICS FRANCE
Valérie MOUMDJIAN Head of Internal Audit, RHODIA OPERATIONS (Groupe SOLVAY)
Xavier MOURETTE Avocat Directeur Associé FIDAL
Guillaume PERTINANT Président, HAVASU
Vincent PIANEZZI Auditeur interne PÔLE EMPLOI SIEGE
Bernard PIEUCHOT Directeur Risques et Opportunités Entreprise
NEXTER MUNITIONS
Catherine POPINEAU-
DEHAULLON
Avocat associé
Pech de Laclause,
BATHMANABANE
ET ASSOCIÉS (PBA)
Frédéric PROMPT Directeur du pôle Gestion des Risques, Contrôle Interne,
Qualité des Données et Pilotage
SI Décisionnel, GROUPE MACIF
Thomas PUISSANT Deputy Head Risk Management RHODIA OPERATIONS (Groupe
SOLVAY)
Inssata RICOURT
Consultante en Gestion des
risques, INSSATAD CONSULTING
Isis RIO Gestionnaire assurances FROMAGERIES BEL S.A.
David RODRIGUES Responsable souscription assurances, AEROPORTS DE PARIS
Thierry ROSTAN Expert, CIBLEXPERTS
Nuria SANCHEZ RUBIO Responsable juridique international, BOUYGUES
ENERGIES & SERVICES
Emmanuelle SOUSSI
chargée d'affaires Automobile
EDF ASSURANCES
Tancrède STAGNARA Expert - Directeur, VRS VERING
Florence STEIN PARAGEAUD Juriste, NUTRIXO
Luc STRENG Responsable de l'audit interne, LISI SA
Pierre TAMISIER Directeur Audit Groupe HOLDING TOTAL
Benjamin TANGUY Risk Manager, MACSF
Jérôme TOCQUES QHSE/RSE/RM, IN VIVO GROUP
Anne VIEVILLE Risk Manager, ORANGE
Luc VRIGNAUD RPCG, MACIF ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
12 ACTEURS EN VUE
MOUVEMENTS
Départ d’Henri de Castries d’Axa
Le PDG d’Axa, Henri de Castries, quittera ses fonctions et renoncera à son mandat d’administrateur le 1
er
septembre 2016, deux ans avant échéance. A la tête d'Axa depuis 2010, Henri de Castries a expliqué dans une
lettre à ses collaborateurs que son choix avait été mûrement réfléchi et que le Groupe, qui n'a jamais été aussi en
forme, se trouvait au meilleur moment pour un passage de témoin. « Il est naturel qu'une nouvelle équipe lance
et porte le nouveau plan stratégique que nous présenterons en juin prochain et qui devrait définir la transformation
numérique du Groupe », a-t-il expliqué.
Thomas Buberl lui succédera à la Direction générale. Denis Duverne deviendra Président non-exécutif du Conseil
d'administration.
Vincent Moutier devient le nouveau Directeur de Global Coporate & Commercial (GC&C) France du groupe Generali
Après plus de vingt-cinq ans au sein du groupe Allianz, il succède à Odile Lasternas-Brécy à la tête de Generali / Global Coporate & Commercial (GC&C) France, l’entité dédiée aux risques d’en- treprises de l’assureur italien.
AMRAE : Philippe Noirot, Risk Manager du groupe Orange, nouveau président de la Commission ERM 360°
« Je suis Risk Manager du groupe Orange, dont j’anime la démarche ERM depuis 2010. L’amélioration continue du
processus de gestion des risques, aujourd’hui certifié ISO 9001, se base entre autres, sur la communication et le reporting, sur l’animation du réseau des Risk Managers et sur les aspects méthodologiques. Par ailleurs, je pilote actuellement un projet d’univers des risques dans le cadre d’une approche intégrée des processus risque, contrôle interne et audit.
De formation financière et comptable, mon parcours professionnel m’a conduit dans des groupes américains, puis
dans le conseil, spécialisé dans la mise en place de centres de services partagés. J’ai rejoint Orange en 2002, en tant
que directeur financier de la filiale supply-chain, puis directeur contrôle interne et risques des achats du groupe.
J’ai été honoré d’accepter la proposition d’orienter, depuis septembre, les réflexions de la Commission ERM 360° de l’AMRAE, avec le soutien
de Fanny Dakowski (Ipsen) et de Sylvie Mallet (Bouygues Télécom), après en avoir été acteur sous le pilotage de Christine Cantournet.
Après les travaux sur la communication des risques qui vont faire l’objet d’une publication prochaine, la feuille de route de la commission
pour 2015/2016 porte sur la gouvernance des risques. Nous sommes bien sûr attentifs aux évolutions de doctrine et de reporting, notam-
ment de l’IFA et de l’AMF. Pour l’avenir, nous imaginons que des thèmes tels que le reporting intégré, l’appétit au risque, la culture du
risque, l’entreprise étendue, la valorisation/rentabilité de l’ERM… pourraient être confiés par le CSP à notre commission. »
Laurent Barbagli, Chief Executive Officer d’Axa MATRIX Risk Consultants
Diplômé de Sciences Po Paris, Laurent Barbagli a plus de 20 ans d’expérience dans le domaine du Risk Management et dans celui du grand courtage.
Après 10 ans chez Gras Savoye, Club Méditerranée, il est devenu en 2007 le Risk Manager de Lafarge. Doté d’une
solide expérience dans l’ingénierie et dans le Risk Management, Laurent Barbagli a rejoint Axa MATRIX Risk
Consultants, en février 2016. ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
13 ACTEURS EN VUE
EN VUE
Philippe Rocard devient PDG d’Axa Assurance Maroc
Philippe Rocard, Directeur général d’Axa CS depuis 2009, devient PDG d’Axa Assurance
Maroc et patron de l’entreprise en Afrique sub-saharienne (Sénégal, Côte d’Ivoire, Gabon,
Cameroun). X-Mines et actuaire, cet ingénieur a commencé sa carrière chez Lafarge en 1981.
En charge de de 1984 à 1992 de la définition des règlementations pour la prévention des
risques au ministère de l'Industrie, il a négocié plusieurs directives européennes, dont la
directive Seveso. Il débute ensuite sa carrière dans l'assurance chez Groupama-Gan en 1992
puis chez Axa France en 1999.
AFA, FFSA et GEMA sous la présidence de Bernard Spitz
L’Association Française de l’Assurance (AFA), rassemblement de la FFSA (Fédération Française des
Sociétés d’Assurance) et du GEMA (Groupement des Entreprises Mutuelles d’Assurance), se dote d’un
nouvel organigramme.
Autour du Président Bernard Spitz, ses services seront à compter du 1
er
juillet 2016 organisés de la façon suivante :
• Six pôles seront créés pour animer le travail des équipes, les pôles étant des regroupements de directions et de services
autour d’une thématique commune
• Deux délégués généraux métiers et fonction
• Le président conserve quatre services sous son autorité directe.
Président
Secrétariat général
Affaires publiques et communication
Direction des affaires sociales
Direction du digital et de l’innovation
Délégation générale « fonctions »
Economie, études et statistiques
Europe et international
Délégation générale « métiers »
Assurances de personnes,
Assurances de dommages et de responsabilité
juridique, fiscal et de la consommation
Bernard Spitz,
Président
« À la tête d’AXA CS, j’ai eu des clients dans
tous les grands pays du monde et ai donc pu
apprécier les différents marchés, voir com
-
ment ils se comportaient. Le marché français
est l’un des meilleurs et des plus sûrs. Le
droit local y est très équilibré, et les acteurs
du marché privilégient le long terme. Il faut
aussi innover et en même temps donner des
certitudes aux clients industriels ou des ser
-
vices. En fait, ce marché est l’un des meilleurs
car il bénéficie d’une forte communauté ani
-
mée par les Risk Managers avec les assureurs
et courtiers. Et cette communauté a une véri
-
table dimension humaine.
Maintenant, à AXA au Maroc, et plus géné
-
ralement en Afrique, nos objectifs seront de
développer l’activité, notamment dans des
pays où nous ne sommes pas présents au
-
jourd’hui. AXA souhaite activement participer
au développement du marché africain de l’as
-
surance. »
Rob Brown lui succède à la tête de la Direction
générale d’Axa Corporate Solutions depuis
le 1
er
mars dernier. ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
14 ACTEURS EN VUE
Rédaction et coordination : Cécile Desjardins et Florence Puybareau avec Alain Establier, Julie Le Bolzer et Gilmar Sequeira Martins
DOSSIER :
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES
DU RISK MANAGEMENT
La place vitale du Risk Manager dans un univers de risques désormais systémiques ..........................16
Changement de paradigmes, aléas climatiques et économiques
...................................................................26
Risk Manager : un métier de plus en plus stratégique
..........................................................................................36
Visions de l'international
....................................................................................................................................................43
Ambiance : les Risk Managers dans l’œil du cyclone
.............................................................................................49
2330 congressistes
818 sociétés représentées
71 partenaires
52 exposants
Plus d’un millier d’assureurs,
courtiers et réassureurs
41 journalistes
Plus de
500 Risk Managers
30 nationalitésATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
15
FACE À L’INTERCONNEXION DES RISQUES
ET À L’ENTROPIE GÉNÉRALISÉE …
H
ier, le monde espérait en la mondialisation. « Aujourd’hui, il entre
dans l’ère des grands risques systémiques et interdépendants. »
Car tout fait système, « non seulement les interactions de
l’homme sur l’environnement (démographie, climat, ressources
naturelles) mais aussi les interactions entre ses propres activités (indus-
trie, économie et social, politique et religieux », lance la présidente de
l’AMRAE, appelant à une mobilisation de tous.
Et Denis Kessler, le PDG de Scor de renchérir. « L’interconnexion des réseaux
et des marchés, entre les risques existants et émergents ont créé dans l’uni-
vers des risques des grappes de risques : séquentiels et géographiques ».
LA PLACE VITALE DU RISK MANAGER
DANS UN UNIVERS DE RISQUES
DÉSORMAIS SYSTÉMIQUES
Avec « Climats à hauts risques » : les 24
ème
Rencontres du Risk Management de l'AMRAE ont fait
la démonstration que les risques – climatiques, géopolitiques, technologiques, financiers…
jusqu’alors distincts sont aujourd’hui si corrélés qu'ils sont devenus systémiques.
Les intervenants des Rencontres l'expriment sans équivoque : pour protéger l'entreprise et
ses collaborateurs, l'accompagner dans ses développements stratégiques, le Risk Manager et
ses partenaires doivent combiner hauteur de vue et pilotage opérationnel. En outre, si le Risk
Management et les Risk Managers s'inscrivent désormais dans l'échelle du macro-économique,
celle de l'Etat et des très grandes collectivités économiques, ils ne doivent jamais s'abstraire de
la dimension humaine et de la relation à l'autre.
Pour ses premières Rencontres du Risk Management comme présidente de l’AMRAE,
Brigitte Bouquot regardant notre planète aux risques pluriels, pose immé-
diatement le cadre de leurs travaux : convaincre les dirigeants de la puissance
du Risk Management et de sa filière d’excellence pour servir leurs objectifs et
financer les grands risques, défi réel pour la chaine de valeur de l’assurance.
Brigitte Bouquot,
Présidente de l’AMRAEATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
16 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
Parmi les exemples illustrant son propos, il rappelle la sécheresse en
Russie (en 2010) et l’embargo du président Poutine sur les céréales qui
engendra une inflation mondiale des prix alimentaires chez les exporta-
teurs et in fine les printemps arabes, nés d’émeutes de la faim.
Le terrorisme souligne-t-il est lui aussi organisé en réseau mondial.
Les interactions sont permanentes et complexifient de manière inédite
l’analyse et les conséquences des risques, leur prévention et leur
indemnisation.
Pour le PDG de Scor, nous sommes entrés dans une ère d’entropie, une
ère d’augmentation du désordre, qui touche l’ensemble des sphères
publiques et privées, entreprises incluses.
En effet souligne l’historien et économiste Nicolas Baverez, l’histoire
s’accélère de façon inédite « avec une série de chocs comme nous en
avons peu connus ». De l’émergence du groupe terroriste Daech, qui se
considère comme un Etat, à la consécration de Google devenue première
capitalisation mondiale, en passant par la catastrophe écologique de
Fukushima, « nous voyons les acteurs traditionnels bousculés par les
nouveaux entrants ; des entreprises sérieuses prises dans des
tourments terribles. Le point commun c’est la disruption, un
évènement improbable, extrême et irréversible ».
Cette situation engendre de nouveaux risques et intensifie
les anciens. « Dans ce contexte, il faut s’adapter ou subir. La
clé est la capacité à se réformer. Ceux qui subissent, iront vers
le bas », martèle Nicolas Baverez.
… LA RÉPONSE NÉCESSAIRE
D’UN RISK MANAGEMENT DU
PLUS HAUT NIVEAU
Mais pour l’historien, des solutions existent.
Par les réformes de l’État mais aussi par les
entreprises qui doivent être associées plus
étroitement à la gestion des risques : « les
risques complexes ne peuvent plus être gérés
comme au 20
e
siècle, avec l’État qui assume
les risques collectifs et les entreprises qui prennent les
risques privés. Il faut une interconnexion. Il faut
innover, savoir coopérer. Nous allons vivre le
siècle des risques et si nous restons passifs,
nous serons battus. »
« Nous (les Risk Managers) devons
devenir une filière d’excellence
et nous le pouvons avec l’AMRAE,
dont l’ambition est de mettre cette
filière d’excellence au service des
entreprises. »
Brigitte Bouquot, Présidente de l’AMRAEé
« La fonction de Risk Manager
est pour moi d’une très grande
noblesse. Votre devoir est de
protéger le capital humain,
financier, productif,
de réputation, et
donc la valeur de
l’entreprise. »
Denis Kessler, PDG de Scoré
« Les risques complexes ne peuvent
plus être gérés comme au 20
e
siècle,
avec l’État qui assume les risques collectifs et les entreprises qui prennent les risques privés. »
Nicolas Baverez, économiste et historien
Denis Kessler, PDG de ScorATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
17 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
Mais ironise Denis Kessler en listant le nombre de coches ratés par les
pouvoirs publics, « je trouve très honnêtement que l’Etat devrait devenir
Risk Manager et s’inspirer de ce que vous faites afin que les risques soient
anticipés et travaillés. La fonction de Risk Manager est pour moi d’une
très grande noblesse. Votre devoir est de protéger le capital humain,
financier, productif, de réputation, et donc la valeur de l’entreprise. Le
21
e
siècle sera le siècle du Risk Management à tous les niveaux ou ne sera
pas », conclut le PDG de Scor devant une salle conquise.
Pour vivre cette montée en puissance du Risk Manager et assurer cette
mission, insiste Brigitte Bouquot dès l’ouverture des Rencontres,
« nous (les Risk Managers) devons devenir une filière d’excellence et
nous le pouvons avec l’AMRAE, dont l’ambition est de mettre cette
filière d’excellence au service des entreprises. L’homme est au cœur des
problèmes, mais il est le cerveau des solutions… », rappelle également
la Présidente de l’AMRAE. Encore lui faut-il s’affranchir des inhibitions
qui le brident dans son intelligence émotionnelle.
Car pour le Frère Samuel Rouvillois, de la Communauté de Saint-Jean
en Avignon, le risque et sa représentation sont devenus des ques-
tions majeures. Depuis 50 ans, pour des Occidentaux tombés dans
une analyse permanente du risque et de l’échec, cette représenta-
tion relève du pathologique : « nous nous faisons peur à nous-mêmes.
Nous passons notre temps à évaluer le risque et à peser la possibilité
d’échec de nos actions potentielles. Nous ne prenons plus de risques,
en rien. Or cette posture ne libère ni l’imagination, ni l’innovation, ni
la solidarité ».
Interpellé par le Professeur Philippe Chalmain - le modérateur des
débats du jour - sur l’encyclique Laudato Si du Pape François, Frère
Samuel délivre quelques pistes de réflexion sur les sciences humaines
qui ont du mal à percevoir la réalité de l’Homme. A l’instar des popula-
tions guinéennes, frappées par le virus Ebola. Il pointa que ces popu-
lations, loin de se résigner, se relèvent et font preuve d’une énergie
vitale, illustration que « la vie humaine est risquée mais que nous
risquons d’en perdre le sens à cause d’une vision platonicienne. Nous
voudrions plier la réalité des choses à une vision du monde sécurisante ».
En rappelant que le Pape François proposait avec cette encyclique une
alternative à la lecture des sciences humaines dont l’économie, il avertit
les Risk Managers : « la perversion de la mondialisation est liée à une
perversion épistémiologique. Nos grilles de lecture et nos outils scien-
tifiques sont des cyclopes qui ne perçoivent pas ce qu’est l’homme.
Le risque se chiffre mais ne dit en rien quelle est la posture
humaine ni comment la transformer en lot de créati-
vité essentiel à l’action humaine, à la solidarité ou
à la vie sociale ». Quelle que soit sa hauteur de
vue ajouta-t-il, l’Homme, sur la mondialisation
doit faire montre d’humilité : « personne
n’est capable de percevoir globalement le
monde dans sa complexité. Chaque géné-
ration apporte sa pierre ou ajoute un
étage, au même édifice. Solidarité et
mutualisation sont nécessaires pour
continuer à mesurer les risques que
nous faisons prendre. Mais atten-
tion ! », termine-t-il devant un public
amusé voire un peu interloqué, « l’as-
surance est une façon d’éviter le risque et
la décision ».
« Le risque se chiffre
mais ne dit en rien quelle
est la posture humaine ni
comment la transformer
en lot de créativité
essentiel à l’action
humaine, à
la solidarité ou
à la vie sociale. »
Frère Samuel Rouvillois
Frère Samuel Rouvillois
« Nous devons gérer le futur
en regardant le futur. »
Jean-Louis Chaussade, DG de Suez ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
18 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
MYOPIE ET PRESBYTIE SONT DE VRAIS FACTEURS
DE RISQUES
Si l’Homme est inhibé, il est également myope, assène Pierre Giorgini
le recteur de l’Université Catholique de Lille et auteur de La transition
fulgurante en fustigeant la sous-évaluation en France des impacts
des trois transitions fulgurantes. En premier chef la transition numé-
rique insuffisamment considérée, même chez les scientifiques. Puis,
en découlant, la révolution techno-scientifique toujours approchée
dans une approche marxiste par rapport à l’objet. Or l’hyperpuissance
digitale implique des changements qui obligent à repenser l’interac-
tion avec l’Homme : coopération entre les hommes, combinaison des
machines, apprentissage non supervisé (Wikipedia), humanisation des
machines, machinisation des hommes (« Human Brain Project », modé-
lisation du cerveau) ...
Enfin, la transition économique qui va nous faire passer d’un monde de
la planification à un monde de l’imprévisible.
« Mais », conclut-il, « voulons-nous arraisonner la nature et notre propre
nature dans la technologie ou coopérer avec elle par des technologies,
notamment pour résoudre des questions de survie ? »
La montée en conscience va être indispensable pour relever ce défi
éthique.
Pour Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement,
la myopie n’empêche pas de décider de regarder dans la bonne direction.
Certes « ce niveau d’incertitudes n’a jamais été rencontré. Mais il y a deux
composantes à cet état : une composante de risques et une composante
d’opportunités. Et cette transformation peut être source d’opportunités. »
Point de pessimisme pour celui dont le groupe a peu de métiers déma-
térialisables et qui ne sont pas appelés à disparaître. « En revanche,
c’est l’endroit où va se placer la valeur qui va changer. Il faut donc être
attentif à combiner notre savoir-faire à cette transformation numérique.
Jusqu’à présent nous avons géré le futur en regardant le passé mainte-
nant, nous devons gérer le futur en regardant le futur ».
ATTENTION À NE PAS OUBLIER LES POUSSINS JAUNES
EN RESTANT BRAQUÉS SUR LES CYGNES NOIRS
« Le diable se cache dans les facteurs humains » pointe à deux reprises
le sociologue Christian Morel, auteur de l’ouvrage Les décisions
absurdes (Gallimard) soulignant l’importance de la prise en compte
de l’humain dans les calculs de risques. Et de citer des exemples de
catastrophes survenues où cet aspect avait été négligé : le crash de
la navette spatiale Challenger en 1986 alors que des problèmes tech-
niques avaient été identifiés par des ingénieurs. Mais ceux-ci ne parti-
cipaient pas à la décision d’autoriser le décollage et ceux qui avaient
ce pouvoir ignoraient les problèmes. Mais également l’explosion de la
plateforme Deep Water dans le Golfe du Mexique en 2010, où les entre-
prises concernées avaient été incapables de communiquer et de se
coordonner, accélérant ainsi l’ampleur de la catastrophe. Car les entre-
prises ne voient que ce qu’elles cherchent ou que ce qui leur paraît le
plus invraisemblable.
« Les risques d’inondation
sont plus des poussins jaunes
facilement prévisibles que
des cygnes noirs difficilement
imaginables. »
Christian Morel, Sociologue
« Cette situation sous-tend des risques sociaux
et économiques. Il faut absolument lutter contre le décrochage scolaire en favorisant une meilleure articulation entre le monde de l’éducation et les entreprises et en réformant l’apprentissage. »
Danielle Deruy, Directrice générale de l’agence de presse AEFé ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
19 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
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Or insiste-t-il « les risques d’inondation sont plus des poussins jaunes
facilement prévisibles que des cygnes noirs difficilement imaginables. »
C’est pourquoi, nous devons libérer la parole au sein des entreprises, car
c’est le facteur humain qui fait le succès ou l’échec d’une entreprise.
Loué soit le risque ! » conforta Jean-Louis Chaussade.
Exposant avec une très (trop ?) grande mesure la situation de crise des
jeunes déclassés, Danielle Deruy, Directrice générale de l’agence de
presse AEF, rappela que le décrochage scolaire est source de risques
macro-économiques. L’entreprise est directement concernée par la
non-formation et le chômage des jeunes. « Cette situation sous-tend des
risques sociaux et économiques. Il faut absolument lutter contre le décro-
chage scolaire en favorisant une meilleure articulation entre le monde
de l’éducation et les entreprises et en réformant l’apprentissage ».
L’apprentissage est la clé, mais stigmatise-t-elle avec douceur, entre les
discours volontaristes des entreprises et la réalité de leur pratique le
fossé est très large.
« Il n’est plus possible d’accumuler au fil des années autant de jeunes
sortis du système éducatif sans quasiment aucune formation. Il faut
décloisonner l’éducation nationale et l’entreprise. Dans le monde en
mouvement d’aujourd’hui, cette perspective n’est plus tenable » ajoute
en écho Jean-Louis Chaussade.
LA COLLÉGIALITÉ : POUR CORRIGER LES DÉFAUTS
DE LA VISION…
Bien que convaincus, les congressistes souriaient en entendant le diri-
geant de Suez Environnement afficher avec conviction que « la force des
équipes, c’est de voir un problème de manière différente en fonction des
responsabilités autour de la table : il faut libérer la parole pour éclairer
correctement celui qui va prendre la décision finale. »
Concluant les débats de la plénière d’ouverture, Christian Morel énonçe
ce que connaissent bien les Risk Managers : « il faut mettre en place
des processus qui permettent la collégialité, le débat contradictoire et la
communication intensive. Une organisation qui progresse en matière de
sécurité et de fiabilité est celle qui commet des erreurs et est capable de
les prendre en compte. C’est cela la résilience organisationnelle. »
… ET FINANCER LES RISQUES
Une collégialité revisitée est nécessaire, souligne la présidente de l’AMRAE.
« Le Risk Manager seul ne suffit pas. Il est nécessaire de pouvoir financer
les grands risques et, dans ce domaine, l’assurance est clé pour accompa-
gner le développement des industries nouvelles. Nous avons aussi besoin
de courtiers visionnaires et techniques, véritables partenaires straté-
giques, capables d’innover pour ne pas avoir de fractures dans la ligne
de ces nouveaux risques que sont la supply chain, le big data ou le cyber.
À l’AMRAE de challenger le marché de l’offre par la demande », termine
Brigitte Bouquot qui voit la France en précurseur dans les relations de
partenariat entre courtiers et assureurs.
« L'assurance est clé pour
accompagner le développement des
industries nouvelles. Nous avons
aussi besoin de courtiers visionnaires
et techniques, véritables partenaires
stratégiques, capables d’innover pour
ne pas avoir de fractures dans la ligne
de ces nouveaux risques. »
Brigitte Bouquot, Présidente de l’AMRAE
« Voulons-nous arraisonner
la nature et notre propre nature dans la technologie ou coopérer avec elle par des technologies, notamment pour résoudre des questions de survie ? »
Pierre Giorgini, Recteur de l’Université
Catholique de Lille ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
20 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
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HCC Global Financial Products, S.L. – Société Unipersonnelle – ES B-61956629 – Registre du Commerce et des Sociétés de Barcelone, Tome 31639,
Folio 159, Page B-196767. Agence d’Assurances exclusive de HCC International Insurance Company PLC, Succursale en Espagne, enregistrée auprès de
la Direction Générale des Assurances et Fonds de Pension Espagnole (Dirección General de Seguros y Fondos de Pensiones) sur le Registre Spécial des
intermédiaires en assurance, courtiers en réassurance et de leurs dirigeants, sous le numéro E0191B61956629.
Une filiale de HCC Insurance Holdings, Inc.
HCC devient
C
omment se protéger et quelle offre attendre de
la part des assureurs ? Laurent Barbagli, Admi
nistrateur de l’AMRAE, a ainsi rappelé la situation
des grandes entreprises hexagonales aux activités
internationales : « il y a 40 000 filiales françaises à
l’étranger. Un tiers des ETI à contrôle français sont implantées à
l’étranger. Les sociétés ont de plus en plus d’expatriés et de colla-
borateurs qui voyagent. Dans ce contexte, le pivot est la sûreté,
qui va interagir avec l’ensemble des fonctions du groupe. À ses
côtés, le Risk Manager contribue à assembler les compétences
pour définir et décliner les plans de maîtrise des risques. »
LA GUERRE DE L’INFORMATION
L’amplification du risque terroriste conduit les entreprises à faire
appel à des prestataires extérieurs à l’instar de Galice Protection
dont le Directeur général délégué, Frédéric Gallois, est ancien
commandant du GIGN. « Jusqu’alors le risque terroriste était consi-
déré comme un problème extérieur. Mais pour la première fois le
citoyen se sent visé. Il est nécessaire que les entreprises fassent du
criblage afin de détecter des signaux de radicalisation et renforcent
l’investigation informatique ».
Autre élément devenu central dans ce nouvel univers des risques :
l’information. « Avant, l’acte de menace était la captation de la
connaissance par autrui. Mais Daech a compris l’importance de
l’information en créant des espaces informationnels indépendants.
Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement de prendre de l’informa-
tion mais aussi d’en fournir. Afin de déstabiliser par la diffamation,
la désinformation ou la rumeur », explique Christian Harbulot,
Directeur de l’École de Guerre Économique et Directeur associé
du Cabinet Spin Partners. Une tendance inquiétante car, explique
l’expert : « ce sont des risques diffus, des mouvements évolutifs. Le
secteur de l’assurance va devoir se pencher sur ce monde de l’infor-
mation afin d’aider les entreprises ».
TERRORISME : COMMENT MAÎTRISER SES EXPOSITIONS ?
Ce fut l’un des ateliers phare de ces Rencontres (suivi par plus de 160 personnes). Les attentats terroristes de 2015 en France
ont amené les entreprises à s’interroger sur leurs expositions, tant sur le territoire national qu’à l’étranger.
« Le pivot est la sûreté, qui va
interagir avec l’ensemble des
fonctions du groupe. À ses côtés,
le Risk Manager contribue à
assembler les compétences pour
définir et décliner les plans de
maîtrise des risques. »
Laurent Barbagli, Administrateur de l’AMRAEé
Laurent Barbagli,
Administrateur de l’AMRAE
Paolo Crestani,
Directeur Commercial
Grands Comptes de Diot
Frédéric Gallois,
Directeur général délégué
de Galice Protection
« Aujourd’hui, l’enjeu
n’est plus seulement de prendre de l’information mais aussi d’en fournir. »
Christian Harbulot, Directeur de l’École
de Guerre Économique et Directeur associé du Cabinet Spin Partnersé
Du rôle des assureurs, il en a été largement ques-
tion lors de l’intervention de Paolo Crestani,
Directeur Commercial Grands Comptes de Diot.
Pour ce dernier, la question est d’abord d’ordre
sémantique. C’est elle qui amènera ou non l’as-
sureur à intervenir. À savoir que l’appellation
terrorisme n’est pas la même partout et pour
tous, certains actes de violence politique étant
qualifiés de terroristes par les États. « C’est pour-
quoi les entreprises auraient besoin d’une offre
complète en assurance des violences politiques qui
prennent en compte les dommages subis par des
tiers et par l’assuré, dont les pertes d’exploitation
sans dommage ».
Pourtant les garanties se sont structurées et
les capacités sont là : 2,5 milliards de dollars
sur le marché de Londres et de 50 à 75 millions
d’euros (en agrégat) sur le continent. Pour
avancer, conclut Paolo Crestani, « il va falloir
exploiter la combinaison des offres du marché et
peut-être revoir le système du Gareat en France
que certaines entreprises jugent obsolètes. » ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
23 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
R
églementation financière, sociale, politique,
environnementale, éthique… L'ensemble
des contraintes légales se révèle déjà fort
dense, pourtant il ne cesse de se complexifier.
Conséquence : le risque de sanction planant
sur l'entreprise se fait de plus en plus pesant. « La
profusion de règles – nationales, européennes, même
étrangères – impose un devoir de vigilance car les sanctions
peuvent se révéler très lourdes : amendes colossales, voire
actions pénales. Tout cela a de quoi tétaniser le monde des
affaires », observe Gilbert Canaméras, Secrétaire général
de FERMA, et modérateur de l'atelier consacré au risque
de sanction. Le non-respect des dispositions juridiques en
vigueur expose les organisations à un risque spécifique,
parfaitement cartographié par les Risk Managers : le
risque de non-conformité. « Le plus grand risque n'est
pas tant la mise en place de règles internes, mais plutôt
l'application partielle de ces règles par les employés, sou-
vent due à une mauvaise compréhension de l'enjeu, à des
différences culturelles fortes au sein d'une même entité,
ou à l'isolement d'un individu face à la menace », pointe
Grégory Lalo, Deputy Head of Corporate Insurance &
Prevention chez Solvay.
UN CONTRAT D’ASSURANCE SCRUTÉ
DE TOUTE PART
Même s'il n'y a pas de volonté de s'affranchir du cadre
légal, lorsque la sanction tombe, elle peut faire mal.
« Milliards d'euros d'amende, emprisonnement du diri-
geant, fermeture définitive, action de groupe… », énumère
Luc Mayaux, Professeur à l’Université Jean Moulin de
Lyon. Pour le souscripteur, les enjeux administratifs
sont nombreux… tout comme les cases à cocher ! « Dans
le cadre d'un contrat d'assurance, il s'agit de scruter une
foule de sujets : corruption, blanchiment, protection de
l'information, conflit d'intérêts, sous-traitance… Et là,
il ne s'agit que de l'acte d'assurance, viennent ensuite
la post-souscription et les sinistres », précise Richard
Deguettes, Directeur commercial risques d'entreprises
d’AIG. Eu regard à la responsabilité qui lui incombe,
l'assureur se pose ainsi comme un partenaire de l'en-
treprise. « L'assureur est tenu d'un devoir de conseil
envers l'assuré… y compris sur le droit futur ! », indique
le Professeur Jérôme Kullmann, Institut des Assurances
Paris-Dauphine, qui illustre son propos avec l’arrêt « À
Corps Ouverts » (nom d'une exposition présentant des
cadavres conservés par plastination). Le Tribunal de
Grande Instance et la Cour d’appel de Paris, ainsi que la
Cour de cassation ont condamné cette exposition qui a
été annulée… tout comme le contrat d'assurance sous-
crit par l'organisateur. « Illicéité de la cause du contrat
d'assurance a jugé la Cour de cassation », rappelle
Jérôme Kullmann. Preuve qu'il n'y a pas de stabilité
dans les solutions jurisprudentielles. »
LE MONDE DES AFFAIRES FACE AU RISQUE DE SANCTION
Elles peuvent représenter des amendes aux montants astronomiques, voire des condamnations pénales : de graves sanctions
pèsent sur le monde des affaires.
« La profusion de règles
– nationales, européennes,
même étrangères – impose
un devoir de vigilance car les
sanctions peuvent se révéler
très lourdes. »
Gilbert Canaméras,
Secrétaire général de FERMA
« Le plus grand risque n'est
pas tant la mise en place de règles internes mais plutôt l'application partielle de ces règles par les employés. »
Grégory Lalo, Deputy Head of Corporate Insurance & Prevention chez Solvay
Gilbert Canaméras,
Secrétaire général de FERMAATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
24 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
P
our Gérôme Billois, Senior Manager chez Solucom, « la menace
qui est assimilable à la délinquance classique est de retour sous
trois formes : ciblée, opportuniste, et diffuse (qui se propage
par virus) avec, depuis 2015, la recrudescence du ransomware,
une méthode facile et lucrative ». Les experts constatent l’évo-
lution de la nature des attaques et du comportement des cybercriminels.
Ainsi les attaques qui ont touché Sony Pictures en 2014, TV5 Monde en
avril 2015 ou l’électricité dans une région d’Ukraine, le 23 décembre 2015,
avaient pour objectif de détruire. Quant aux attaquants, ils prennent
le temps d’apprendre. Le « Carbanak cybergang » aurait dérobé des
centaines de millions, dans des banques à travers le monde, par un
schéma de reconnaissance, puis d’intrusion par email, puis de propaga-
tion, avant d’accéder aux systèmes internes convoités.
Une professionnalisation de la cybercriminalité qu’a également
observée la commissaire Sylvie Sanchis (BEFTI), même si des attaques
à l’ancienne subsistent voire augmentent, à l’instar de celles sur les
autocommutateurs téléphoniques (PABX/IPBX) qui génèrent des flux
de surfacturation. Le commissaire Sanchis exhorte les entreprises à
déposer plainte lorsqu’elles sont victimes d’une attaque, rappelant
que la Police Judiciaire est tenue au devoir de réserve et que la Police
ne provoquera jamais un risque d’image pour le plaignant.
POURQUOI UNE POLICE DÉDIÉE AU CYBER ?
Alexandre Fernandez Toro, RSSI dans un groupe industriel, décline
également les bonnes pratiques inspirées des recommandations de
l’ANSSI en rappelant que l’entreprise devait se concentrer sur les
services essentiels : sécurité périmétrique (firewall), filtrage IP, droits
des applicatifs… « Le risque cyber n’est pas un risque neuf, mais la
sensibilité à ce type de risque a augmenté », énonçe Xavier Leproux,
Responsable souscription cyber risks chez Chubb France. Pour déter-
miner les couvertures et polices les plus adaptées, il appelle les partici-
pants à examiner leur police RC, qui n’apporte qu’une réponse partielle
en ce domaine, et attire l’attention de l’auditoire sur le risque de fuites
de données et la possible exclusion des garanties habituellement
souscrites par l’entreprise (exclusion possible de « l’atteinte à la confi-
dentialité des données », avec une sous-limite que « les dommages
immatériels soient non consécutifs à un dommage matériel »).
La question pour l’entreprise est donc de vérifier si sa police la couvre
bien ainsi que l’étendue de sa garantie. C’est alors qu’elle peut sous-
crire une garantie dédiée, agrémentée d’un certain nombre d’options
possibles, en particulier liées à la sauvegarde et à l’assistance par des
équipes d’intervention.
QUELLES COUVERTURES FACE AUX NOUVELLES
ATTAQUES CYBER ?
Le nombre d’attaques cybercriminelles contre les grandes entreprises ne cesse d’augmenter avec des techniques de plus
en plus sophistiquées. Un atelier des Rencontres a été l’occasion pour les intervenants de rappeler l’état des menaces et de
dispenser quelques recommandations.
« La recrudescence du ransomware,
une méthode facile et lucrative. »
Gérôme Billois, Senior Manager chez Solucom
« Le risque cyber n’est pas
un risque neuf, mais la sensibilité
à ce type de risque a augmenté. »
Xavier Leproux, Responsable souscription
cyber risks chez Chubb France ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
25 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
CHANGEMENT DE PARADIGMES,
ALÉAS CLIMATIQUES ET
ÉCONOMIQUES
QUELLES PRÉPARATIONS ET ANTICIPATIONS
POUR LES ENTREPRISES, QUELS APPORTS DE
L’INDUSTRIE DE L’ASSURANCE ?
Des secteurs historiques se trouvent bouleversés par la volatilité des marchés des matières
premières et par des risques naturels et politiques grandissants tandis que de nouveaux
marchés aux perspectives prometteuses apparaissent – à l’instar de celui des énergies marines
renouvelables -, mais dont le profil de risque reste encore difficile à déterminer.
Face à ces nouveaux enjeux, les entreprises s’adaptent, comme les ETI nordistes, ces groupes
familiaux qui n’ont jamais hésité à oser pour se développer et s’organisent face aux nouvelles
menaces.
Dans certaines limites, les acteurs de l’assurance répondent présents avec de nouveaux
instruments financiers et techniques : les Cat Bonds pour transférer les risques de catastrophes
naturelles ou des systèmes innovants de modélisation pour épauler les Risk Managers dans
l'appréhension de leurs expositions aux changements climatiques.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
26 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
C'
est une région habituée aux mutations :
déclin des houillères, automatisation
du textile, rapide tertiarisation…
« Bouleversements économiques, crises,
guerres : chaque difficulté est l'occasion
de rebondir. Notre région s'inscrit dans une tradition d'au-
dace, d'innovation, de volonté de se relever… Le World Forum
de Lille en est l'illustration. Cette initiative montre comment,
dans une terre marquée par un passé industriel, on peut créer
la troisième révolution industrielle », remarque Gabriel d'Har-
court, Directeur général de la Voix du Nord, le quotidien
de référence nordiste. Retenu comme thème principal du
congrès 2016, le climat est une préoccupation primor-
diale pour les organisations du Nord-Pas-de-Calais…
Engagé dans une politique RSE suivant quinze grands axes
de développement durable (frein à l'étalement urbain, déve-
loppement de la nature en ville, accessibilité, réduction de la
consommation énergétique, dépollution, chantier vert…),
le groupe de BTP Rabot Dutilleul entend être ASAP, as sustai-
nable as possible. Créé en 2011, ASAP est égale-
ment un outil interne, étendu à toutes les entités
du groupe en charge de la conception : Rabot
Dutilleul Construction, Nacarat, Norlit... « Pour les
responsables de programmes, travailler avec ASAP
signifie proposer pour chaque projet la meilleure
solution durable, explique Emeric de Foucauld,
son Directeur administratif. L'écoconception des
bâtiments est obligatoire. Néanmoins, nous n'en-
visageons pas le sujet comme une contrainte, mais
comme une opportunité d'innover. »
DES ENTREPRISES DU NORD « RÔDÉES » AUX MUTATIONS
Course à l'innovation, transformation numérique, changements climatiques… Trois entreprises de la région Nord expliquent
leurs approches des grands enjeux économiques et écologiques, et les risques qui en découlent.
« Être une ETI ne suppose pas une gestion
spécifique des risques : nous vivons les mêmes choses qu'un grand groupe et nous nous comportons comme tel sur de nombreux sujets. »
Emmanuel de Geuser, Directeur administratif
et financier chez Roquette Frèresé
Emmanuel de Geuser
De gauche à droite : Emeric de Foucauld (Rabot Dutilleul), Gabriel d'Harcourt (la Voix du Nord),
Sidonie Watrigant (BFM Business), Emmanuel de Geuser (Roquette Frères) ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
27 DOSSIER
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?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
Amlin Insurance SE - Société Européenne de droit anglais au capital de 1 164 000 livres sterling, dont le siège social est situé 122 Leadenhall Street, The Leadenhall Building, London,
EC3V 4AG (Royaume-Uni) - Immatriculée au RC de Londres sous le numéro SE000095 et soumise au contrôle de la FCA (Financial Conduct Authority) et de la PRA (Prudential Regulation
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LA PRESSE AUSSI VIT DANS UN MONDE DE RISQUES
Chez Roquette Frères, fournisseur de solutions dans les domaines de la
pharmacie et de la nutrition, le développement durable est aussi une
priorité de tous les instants. « Depuis notre création, il y a plus de 80
ans, nous appliquons la règle des ”3 P” : people, planet, profit. Nous
développons notre capital humain et nous contrôlons notre empreinte
environnementale, tout en assurant une croissance rentable et durable »,
indique Emmanuel de Geuser, son Directeur administratif et financier.
L’évolution numérique est un autre enjeu de taille pour le Groupe.
« Dans le monde actuel, où le degré d'exigence sur l'instant est prégnant,
nous devons rapidement mettre en place des solutions innovantes répon-
dant aux besoins des parties prenantes. Avec des clients partout dans le
monde, qui demandent à pouvoir suivre en temps réel leurs commandes,
nous évoluons vers des systèmes d’information permettant une meilleure
connexion avec eux », précise-t-il.
La digitalisation est évidemment un sujet majeur pour la presse. « C'est
une mutation historique, de la même ampleur que l'invention de l'im-
primerie par Gutenberg ! Nous devons donc prendre le tournant. Dans
la presse, le principal risque est de ne pas prendre de risque, de ne rien
faire, de céder à l'immobilisme, observe Gabriel d'Harcourt. Ainsi, la
transformation digitale constitue un vrai mouvement de fond : elle nous
fait garder en tête qu'un journal comme le nôtre continue à tenir parce
qu'il peut s'appuyer sur une génération de fidèles lecteurs. Mais de
nouvelles générations arrivent, avec des jeunes lecteurs qui consomment
l'actualité sur des canaux différents du papier ». Gabriel d'Harcourt
évoque aussi le risque éditorial spécifique à la presse. Lors de l'entre-
deux tours des dernières élections régionales, La Voix du Nord avait
clairement pris position contre le Front National. « Oui, il y avait un
risque. Mais nous avions préparé, anticipé, mûri, réfléchi cette prise de
position. Nous considérons notre journal comme un acteur de sa région,
non comme un spectateur. Nous avons estimé qu'à ce moment-là, nous
agissions en faveur de notre région », se souvient Gabriel d'Harcourt.
LE CYBER RISQUE EN POINT DE MIRE
Dans une entreprise familiale, la gestion des risques prend tout
son sens comme le rappelle Emmanuel de Geuser. « Être une ETI ne
suppose pas une gestion des risques spécifique : nous vivons les mêmes
choses qu'un grand groupe et nous nous comportons comme tel sur
de nombreux sujets. En revanche, être une entreprise familiale, nous
différencie [N.D.L.R. : Roquette Frères en est à la cinquième géné-
ration d'actionnaires]. L'enjeu, pour nous, est de sécuriser un patri-
moine, dans un souci de transmission. Avec un tel capital humain, un
tel capital industriel, il est important d'avoir une excellente gestion
du risque ». Ce que confirme Emeric de Foucauld pour qui la gestion
des risques est une démarche stratégique pour une organisation
familiale. Quant à Rabot Dutilleul, les risques actuels et futurs sont
cartographiés. « Dans notre activité, la principale difficulté à l'heure
actuelle est d'être compliant. Jusqu'alors, nous étions dans le pilo-
tage des risques de conformité. Là, nous entrons dans la phase de
structuration », note-t-il. Chez Roquette Frères, un des principaux
risques identifiés pour l'avenir est le cyber risque. « C'est un sujet
critique, un domaine où il est difficile de se protéger complètement,
où une nouvelle forme de terrorisme se prépare », constate Emmanuel
de Geuser. Dénominateur commun de ces groupes ? Ils envisagent
le risque comme une opportunité. Évoquant l’exemple de « l'ubé-
risation », les trois entreprises voient là l'occasion de se remettre
en question, d'interroger leur modèle économique et de s'ouvrir à
d'autres acteurs pour construire l'avenir ensemble.
« Dans notre
activité, la
principale difficulté
à l'heure actuelle
est d'être compliant.
Jusqu'alors, nous
étions dans le
pilotage des risques
de conformité. »
Emeric de Foucauld,
Directeur administratif
de Rabot Dutilleulé
« Dans la presse, le principal risque
est de ne pas prendre de risque, de ne rien faire, de céder à l'immobilisme. »
Gabriel d'Harcourt, Directeur général de la Voix du Nordé
Emeric de Foucauld (Rabot Dutilleul) et Gabriel d'Harcourt (la Voix du Nord)ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L?AMRAE I N?8 I MARS 2016
28 DOSSIER
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RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
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Authority). Sa succursale en France est située 25 rue de Liège 75008 Paris - T +33 (0)1 44 70 71 00 - F +33 (0)1 42 93 47 42 - contact.france@amlin.com - RCS Paris 815 053 483 Crédit
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L'
heure n'est plus au débat avec les clima-
tosceptiques. « En partant du postulat que
les changements climatiques vont avoir
lieu et ont même déjà cours, il s'agit de
se concentrer sur les impacts : les impacts
que les entreprises causent à l'environnement ; et les
impacts de l'environnement sur les entreprises », indique
Clément Cavoret, Manager Risques et Assurance chez
Eurodisney SCA, modérateur de l'atelier « Anticipation
des conséquences des changements climatiques sur un
site industriel ». Grâce au développement des outils
numériques et grâce à une connaissance accrue des
modèles climatiques (qui incluent atmosphère, hydros-
phère, cryosphère, lithosphère…), il est désormais
possible d'obtenir une vision, à plus ou moins long
terme, des variabilités du climat.
« Pour schématiser, il existe des supercalculateurs
permettant d'effectuer des simulations. Cela fonctionne
et permet d'anticiper les évènements extrêmes de type
fonte des banquises, réchauffement de surface, ampli-
fications continentales, précipitations… », explique Ara
Arakelian, chercheur en analyse de simulation numé-
rique à l'Institut Pierre-Simon Laplace. Il rappelle que
l'activité anthropique contribue de facto à l'augmen-
tation des phénomènes climatiques extrêmes. « Les
interactions entre activité économique et climat sont
acquises. Pour preuve, le dernier rapport du GIEC ne se
contente pas des seuls travaux de climatologues. Les
rapports d'économistes y occupent également une large
place », pointe Clément Cavoret.
ENVISAGER LES RISQUES
D’UN SITE INDUSTRIEL
Pour l'entreprise, la modélisation constitue une
opportunité. « L'analyse des datas permet une vision à
l'échelle globale mais aussi à l'échelle locale. Cela peut
aider à réduire le risque sur un site bien précis », observe
Hans-Leo Paus, Expert chez KA Köln Assekuranz Agentur
(filiale de l'assureur ERGO Versicherung), société qui a
développé (K.A.R.L.), un logiciel pour répertorier sur
une carte, les zones sensibles. Risques de volcanisme,
de tremblement de terre, d'inondation, de tsunami, de
tornade, de grêle… Rien n'échappe aux radars de la
modélisation et permet d’envisager les risques précisé-
ment définis d’un site industriel dans son écosystème
global, tant économique qu'écologique.
« Sachant que plus de la moitié des cas de rupture de
chaîne d'approvisionnement sont dus à des évènements
climatiques, la modélisation est un atout essentiel pour
préparer un site à l'évolution de ses risques, et assurer sa
résilience », souligne Christophe Brouillet, Responsable
Groupe Ingénieurs Terrain chez FM Global. Préservation
des bâtiments, sécurisation de la supply chain, antici-
pation de nouvelles réalités climatiques et donc adap-
tation du business model : la modélisation aurait tout
bon. Néanmoins, et même si de l'avis de nombreux
scientifiques et économistes de tels outils favorisent
la gestion des risques, ils ne peuvent pas tout faire.
« Les Risk Managers ont encore beaucoup d'idées reçues
sur les risques de catastrophes naturelles : ils doivent les
dépasser ! », note Clément Cavoret.
CHANGEMENTS CLIMATIQUES :
MODÉLISER POUR ANTICIPER
Les outils de modélisation des changements climatiques, futurs meilleurs alliés des Risk Managers ?
« Sachant que plus de la
moitié des cas de rupture de
chaîne d'approvisionnement
sont dûs à des évènements
climatiques, la modélisation
est un atout essentiel pour
préparer un site à l'évolution
de ses risques, et assurer sa
résilience. »
Christophe Brouillet, Responsable Groupe
Ingénieurs Terrain chez FM Global
Clément Cavoret,
Manager Risques et Assurance chez Eurodisney SCA
Ara Arakelian,
Chercheur en analyse
de simulation numérique
à l'Institut Pierre-Simon Laplace
Christophe Brouillet,
Responsable Groupe Ingénieurs
Terrain chez FM Globa
lATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
30 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
E
ncore embryonnaire, le secteur des EMR devrait couvrir 3,5 %
de la consommation électrique française en 2020. « Une
expansion souhaitée et poussée par l’État », rappelle Sophie
Chirico, Responsable Assurances EDF Énergies Nouvelles,
qui va installer des parcs d’éoliennes au large des côtes de
Fécamp, Courseulles-sur-Mer et Saint-Nazaire. « Chaque parc produira
ainsi l’équivalent de la consommation annuelle de 700 000 personnes.
L’accord passé avec l’État prévoit qu’EDF rachètera pendant 20 ans
l’électricité produite à un prix prédéterminé ». Mais comment évaluer et
assurer les risques dans ce secteur nouveau pour les assureurs qui, aux
dires même de François Renelier, Senior Account Executive chez Bessé,
pose des problématiques singulières ? Sans exclure le risque de concep-
tion, il préconise de suivre la courbe d’apprentissage de la filière : « des
assurances avec des sous-limites de garantie, une franchise dédiée ou
une évolution au fil de l’exploitation peuvent être des solutions ». Le trai-
tement du risque sériel exige surtout de bien maîtriser la question de la
responsabilité civile.
LES CÂBLES : UNE ÉCONOMIE MINEURE
POUR UN RISQUE MAJEUR
Si le risque de contingence lié à l’interface entre les sous-stations des
parcs d’éoliennes et le réseau électrique pose une question difficile à
traiter, celui lié à l’aléa climatique semble moins épineux tant l’hypo-
thèse d’un épuisement du gisement de vent paraît impossible, estime
François Renelier. Si le risque d’accumulation géographique se réduit
avec le déploiement croissant de parcs d’éoliennes, il reste à savoir
si ces contrats vont relever des assurances terrestres ou maritimes.
« Dans le premier cas seront appliquées des règles relatives aux Cat Nat
et au Gareat, ce qui alourdira la prime et pourrait perturber la compé-
tition entre assureurs européens. La proposition de loi sur l’Économie
Bleue actuellement en discussion va dans le bon sens en permettant aux
EMR d’être rattachées au régime des assurances maritimes », résume
François Renelier.
Quant à l’origine des sinistres, elle provient en grande partie des câbles
reliant les éoliennes à la sous-station (récupérant la production) et
au réseau électrique. Alors qu’ils ne représentent que 11 % du CAPEX
des projets, les câbles sont impliqués dans 40 % des déclarations de
sinistres et 83 % du total des indemnisations versées. D’où ce conseil
de Matthew Yau, Directeur chez Lloyd Warwick : « même si le secteur est
très concurrentiel, ne choisissez pas les contracteurs les moins-disants
mais plutôt les plus expérimentés ». D’autant que le temps s’écoulant
entre la commande et la livraison de câbles peut aller de six à douze
mois, une durée dont l’importance peut avoir un impact négatif sur
l’équilibre financier d’un projet. Quelques maigres économies valent-
elles de prendre un risque qui peut se chiffrer en millions d’euros ?
ÉNERGIES MARINES RENOUVELABLES :
UN RISQUE MAÎTRISABLE MAIS ATTENTION AUX
ÉCONOMIES GÉNÉRATRICES DE RISQUES…
Promises à un fort développement grâce à l’appui des pouvoirs publics, les énergies marines renouvelables (EMR) présentent
un profil de risque singulier.
« La proposition de loi sur l’Économie
Bleue actuellement en discussion
va dans le bon sens en permettant
aux EMR d’être rattachées au régime
des assurances maritimes. »
François Renelier, Senior Account Executive chez Besséé ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
31 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
C
atastrophes naturelles, risques politiques
et craintes de nationalisation, conflits
ethniques ou sociaux, effondrements de
galeries souterraines comme des prix :
rares sont les secteurs qui cumulent autant
de risques que l'exploitation minière. « Le secteur a
connu des sinistres très importants ces dernières années,
comme l'effondrement d'un pan d'une mine à ciel ouvert
aux États-Unis ou plus récemment la rupture d'un barrage
de rétention de résidus miniers au Brésil. Compte tenu de
leurs risques spécifiques et de leur concentration géogra-
phique, les mines constituent un vrai défi pour l'assurance.
Les primes pour certaines couvertures ne sont actuellement
pas à la hauteur des risques », affirme Philippe Csakvary,
Senior mining underwriter chez Scor Global P&C, qui
compte plus de 100 clients miniers en portefeuille.
UN RISQUE DE COMPÉTITIVITÉ
Les risques les plus difficiles à gérer pour le secteur ne
sont pas assurables. « Le risque numéro un des sociétés
minières est le risque de compétitivité, lié à la volatilité des
prix de vente des matières premières », explique Philippe
Thouzellier, Directeur du Management des Risques du
groupe Eramet, qui a subi de plein fouet en 2015 la
baisse, notamment, des cours du nickel et du manga-
nèse. « L'arrivée sur les marchés de la Chine avait
provoqué une forte hausse des prix des matières
premières, mais les prix se sont ensuite effondrés
avec les interrogations sur le niveau réel de la croissance
chinoise. Une grande majorité des producteurs travaille à
perte aujourd'hui ». Car si les prix ont baissé, ce n’est pas
le cas des coûts de production, générant une « problé-
matique prix » majeure. « Dans les années soixante-dix,
les oligopoles faisaient disparaître le risque de prix en
ajustant le marché par les volumes. Mais les barrières à
l'entrée n'ont pas tenu, et de nouveaux intervenants sont
arrivés sur le marché, comme le Vietnam dans le café, ou
la Chine dans l'aluminium. Dans ce nouvel environnement
où les marchés ne sont plus gérés par les volumes mais par
les prix, la volatilité s'impose », explique Yves Jégourel,
Maître de conférences à l'université de Bordeaux et
senior Fellow à l'OCP Policy Center (Maroc).
Avec deux solutions pour limiter le risque. Soit le contrat
commercial, qui permet de garantir son prix d'achat/vente
sur une période donnée. Soit le recours à un marché finan-
cier… lorsqu'il existe. « Alors que les contrats commerciaux
concentrent les risques sur les deux contreparties que sont
le producteur et l'acheteur, les contrats financiers à terme
permettent de diviser le risque dans le temps et l'espace, et
de multiplier les contreparties. Ils offrent, en quelque sorte,
une assurance », explique Yves Jégourel. Mais ils ouvrent
aussi la voie à la spéculation. « C'est un élément consti-
tutif de la financiarisation. Il faut l'accepter. Les produits
dérivés sont comparables à des couteaux de cuisine : ils sont
nécessaires, mais ils sont dangereux », indique-t-il encore.
Car il n'est pas simple de maîtriser les cycles. « Que l'en-
treprise se couvre, ou non, nous faisons toujours un pari sur
l'avenir », rappelle Philippe Thouzellier.
RESSOURCES NATURELLES :
COMMENT FAIRE FACE À LA VOLATILITÉ ?
Après un pic en 2007 et 2011, les matières premières ont connu, en 2015, un effondrement généralisé. Notamment sur l’alu-
minium, le pétrole et le nickel.
« Dans ce nouvel environne-
ment où les marchés ne sont
plus gérés par les volumes
mais par les prix, la volatilité
s'impose. »
Yves Jégourel, Maître de
conférences à l'université de Bordeaux
« Les produits dérivés sont comparables à des couteaux de
cuisine : ils sont nécessaires, mais ils sont dangereux. »
Yves Jégourel, Maître de conférences à l'université de Bordeaux ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
32 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
A
lors que les marchés se remettent à peine de la crise des
subprimes, des inquiétudes sont nées ces dernières années
concernant les Cat Bonds, ces obligations catastrophes
utilisées par les assureurs et les réassureurs pour se
protéger des Cat Nat. Des craintes liées aux techniques de
construction de ces obligations - sur la base de la titrisation – proches
de celles des subprimes.
Comment sont construits ces véhicules ? Sont-ils vraiment si risqués ?
L’atelier qui leur était consacré a permis de mieux comprendre leur
mécanisme et fonctionnement. En rappel historique, Étienne de Varax,
Directeur offre et services chez HDI Global SE, explique la construction
des subprimes aux États-Unis et comment ces instruments censés fluidi-
fier le fonctionnement de l’économie avaient conduit à la catastrophe. La
cause était autant politique (permettre l’accessibilité au logement d’un
maximum de personnes) que technique : des crédits à risque consentis
à des emprunteurs aux garanties insuffisantes, des agences de notation
aux modèles insuffisamment maîtrisés, des transactions réalisées dans
un univers non-réglementé et des vendeurs sans obligation de mettre
du capital en face des primes reçues. « Nous sommes arrivés à un schéma
inhabituel où ce sont les investisseurs qui ont généré la demande et non
plus les emprunteurs. Et lorsqu’il n’y a plus eu suffisamment de prêts de
bonne qualité, la chaîne de défaut a commencé à remonter et tout a chuté ». UNE FAIBLE CORRÉLATION AVEC LES MARCHÉS
« Les Cat Bonds diffèrent de ce modèle », souligne Quentin Perrot, Vice-
président de Willis Capital Markets & Advisory puisque « la vente de
chaque produit est régulée, le portefeuille de risques n'est pas cédé́ au
véhicule et les liquidités de la vente du Cat Bond ne sont pas payées à
la cédante mais sont investies dans des actifs financiers de haute qualité́
jusqu'au paiement d'un sinistre ou jusqu’à maturité du bond ». Autre
différence de taille : la très faible corrélation avec les marchés. « Le risque
majoritairement transféré dans les Cat Bonds est le risque d'assurance
dommage lié aux catastrophes naturelles ». Sans compter que malgré un
intérêt croissant pour ce produit, le marché reste étroit, comparé aux
subprimes avec seulement 22 milliards de dollars émis. « Le frein prin-
cipal à un développement des Cat Bonds pour les entreprises est le prix.
Les investisseurs ayant en effet des exigences minimum de rentabilité
souvent peu compatibles avec les taux habituellement pratiqués dans le
marché́ de l’assurance », rappelle Quentin Perrot.
En clôture de l’atelier, Sydney Rostand, Gérant de Portefeuille ILS
SCOR Investment Partners, en a restitué une vision élogieuse : ils opti-
misent la gestion des risques extrêmes dans une logique de protection
du capital, sécurisent une source de protection pluriannuelle, et béné-
ficient d’un traitement favorable en fonds propres réglementaires sous
Solvabilité II.
CAT BONDS : UN OUTIL DE DIVERSIFICATION
POUR LE MARCHÉ DE L’ASSURANCE
Souvent décriés pour leur similitude avec les subprimes, ces produits financiers sont de plus en plus utilisés pour couvrir les
risques naturels.
« Le frein principal à un développement
des Cat Bonds pour les entreprises est
le prix. »
Quentin Perrot, Vice-président de Willis
Capital Markets & Advisoryé
« Nous sommes arrivés à un schéma
inhabituel où ce sont les investisseurs qui ont généré la demande et non plus les emprunteurs. »
Étienne de Varax, Directeur offre et services
chez HDI Global SEé
Étienne de Varax
HDI Global SEATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
33 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
J
usqu’où un risque peut-il être assuré ? Que faire
pour remédier au désistement des assureurs ou
de la diminution de leur implication ? Cette ques-
tion de forte actualité pour les Risk Managers a
occupé nombre de débats des Rencontres car sa
réponse est plurielle. Le risque assurable repose sur trois
principes : existence d’un aléa, modélisation et mutuali-
sation possibles. Ce qui exclut ou limite certaines caté-
gories de risques. Néanmoins rappelle Gérard Naisse,
Président et CEO d’Omnium Reinsurance Company
(Total), « l’assurabilité peut évoluer avec le temps ». Ce
risque que les assureurs refusaient de couvrir, comme
l’offshore pétrolier, peut désormais être assuré. À l’in-
verse, le risque terroriste est devenu non assurable par
les entreprises à partir du 11 septembre 2001.
« L’assureur est soumis à des contraintes fortes et il
souhaite le plus de prévisibilité possible. Par exemple, les
risques cyber sont difficiles à modéliser par manque de
données et nous ne pouvons pas mesurer précisément leur
impact financier », justifie Véronique Turinaz, Directeur
commercial et marketing, Euler Hermes France. Mais
est-ce vraiment une question de quantité de données ?
« La vraie difficulté est plutôt de savoir quelle est la bonne
information et quelle est la valorisation d’un sinistre
potentiel ? C’est un travail que nous devons mener
ensemble, assuré, assureur et courtier », répond Françoise
Carli, Vice-présidente des assurances, Sanofi.
ADMETTRE L’INASSURABILITÉ
DE CERTAINS RISQUES
Face au financièrement viable qui définit la frontière
de l’assurabilité, Hervé Houdard, Directeur général de
Siaci Saint Honoré, met en garde contre la sur-réacti-
vité des marchés, qui peut freiner les initiatives : « pour
repousser les limites, il est indispensable que les assu-
reurs se jettent à l’eau. Avec les capacités actuelles du
marché, c’est le moment pour innover, anticiper sur la
méthodologie et les modes de règlement des sinistres ».
Ainsi l’industrie pétrolière a mis en place une mutuelle
couvrant les risques dommages avec une capacité
maximum de 400 millions de dollars par évènement.
Mais ce n’est pas déclinable dans toutes les industries,
obligeant les entreprises à rechercher d’autres solu-
tions. Via une captive ? « À condition de ne pas la consi-
dérer comme une poubelle dans laquelle sont placés les
risques inassurables », précise Françoise Carli.
L’une des clés principales pour avancer est la coopéra-
tion entre tous les acteurs et surtout la compréhension
des métiers de chacun. Comme par exemple pour le
risque moral qui inclut la fraude, la faute intention-
nelle ou l’absence de compétences. « Les perceptions ne
sont pas les mêmes dans toutes les régions du monde.
Les assureurs doivent apprendre à mieux comprendre le
modèle économique et l’environnement réglementaire de
leurs clients et savoir valoriser les assurés qui travaillent
bien. De notre côté, nous devons mieux expliquer notre
activité et admettre qu’il y a des risques inassurables »,
martèle Françoise Carli. Et Hervé Houdard d’ajouter
que le courtier, par sa position, peut « voir les meilleures
best practices et doit aussi participer à la formation de
l’assureur ».
RISQUES : QUELLES LIMITES À LEUR ASSURABILITÉ ?
Quand change la nature des risques, leur prise en charge par les assureurs évolue également. Une problématique supplémen-
taire pour les Risk Managers, qui appelle une concertation renforcée de tous les acteurs du financement des risques.
« Pour repousser les limites,
il est indispensable que les
assureurs se jettent à l’eau. »
Hervé Houdard, Directeur général
de Siaci Saint Honoré
De gauche à droite : Hervé Houdard (Siaci Saint- Honoré), Françoise Carli (Sanofi),
Gérard Naisse (Omnium Reinsurance Company) et Véronique Turinaz (Euler Hermes France)
OBSERVER
Périscope (n. m.) : instrument d’optique formé de lentilles pour identifier et surveiller son environnement.
COMMUNIQUER
Antenne (n. f.) : dispositif
permettant de transmettre
et de relayer les alertes.
SÉCURISER
Coque (n. f.) : enveloppe extérieure
d’un navire pour amortir les chocs
et protéger des incidents.
ANALYSER
Hublot (n. m.) : fenêtre munie
d’un verre épais pour assurer
le pilotage efficace des risques.
Actuariat Conseil • Protection Sociale • Risk Management • Finance & Performance • Business Transformation
© Shutterstock
Experts et conseils en gestion des risques
au service des assureurs, banques et entreprisesATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
34 DOSSIER
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?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
OBSERVER
Périscope (n. m.) : instrument
d’optique formé de lentilles
pour identifier et surveiller
son environnement.
COMMUNIQUER
Antenne (n. f.) : dispositif
permettant de transmettre
et de relayer les alertes.
SÉCURISER
Coque (n. f.) : enveloppe extérieure
d’un navire pour amortir les chocs
et protéger des incidents.
ANALYSER
Hublot (n. m.) : fenêtre munie
d’un verre épais pour assurer
le pilotage efficace des risques.
Actuariat Conseil • Protection Sociale • Risk Management • Finance & Performance • Business Transformation
© Shutterstock
Experts et conseils en gestion des risques
au service des assureurs, banques et entreprises
E
n dix ans, que de chemin parcouru par les Risk
Managers ! Les professionnels du métier ont vu,
en quelques années, leur quotidien profondé-
ment modifié, les attentes ont changé aux plus
hauts niveaux - Direction générale et Conseil
d'administration - comme de la part
des responsables opérationnels ou de
business units. Le champ des respon-
sabilités a aussi évolué : les directeurs
des risques doivent intégrer aujourd'hui
par exemple la communication, interne
comme externe, avec toute la difficulté
de devoir « parler risques » sans devenir
anxiogène. On attend aussi d'eux davan-
tage d'expertise et… de polyvalence.
Certains n'hésitent ainsi pas à comparer
le responsable des risques d'aujourd'hui
à « un architecte, un entrepreneur, un
médecin et un sportif ».
À la fois cause et conséquence de toutes
ces évolutions, le principal changement est la montée en
puissance du rôle des Risk Managers : le métier est devenu
plus stratégique, avec la nette volonté de se placer sur
l'axe de la performance au sein de l'entreprise. On attend
aujourd'hui que les responsables de la gestion des risques
s'impliquent dans les projets, dans les business plans
et dans les process de prise de décision de l'entreprise,
avec l'idée de « définir, pour chaque risque, un niveau
d'appétence », selon les termes de Cécile Helme-Guizon,
Directrice de la stratégie et membre du Comité Exécutif
du groupe Darty. Et bien sûr, à terme, de mettre le plan
stratégique « en cohérence avec notre analyse des risques ».
Le sujet est au cœur du Livre blanc Du Risk Management
de la gouvernance au Risk Management de la performance,
que vient de publier l'AMRAE
1
à partir d'une enquête
2
menée pour l'essentiel auprès de ses membres. « Quelque
160 entreprises ont été questionnées avec pour objectif
de définir les meilleures pratiques mises en œuvre,
tant en France qu'à l'étranger, et ainsi tracer un idéal
du Management des Risques en entreprise », explique
Michel Dennery, Directeur du Management des Risques
du groupe Engie et pilote du groupe de
travail Risque Management et Stratégie
à l'origine de ce Livre blanc. Premier
constat de l'enquête : il y a autant de
pratiques de Management du Risque
qu'il y a d'entreprises. « Le positionne-
ment du Risk Management varie selon
les entreprises, ce qui se justifie par des
besoins différents pour s'adapter conti-
nuellement à leur marché. (…) Chaque
entreprise ayant ses particularités, un
Risk Management efficace se caractérise
par son adaptation adéquate à la culture
et problématique de l'entreprise. »
RISK MANAGER :
UN MÉTIER DE PLUS EN
PLUS STRATÉGIQUE
Un livre blanc récemment publié par l'AMRAE révèle la coexistence de trois profils de Management
des Risques. De plus en plus d'entreprises tendent vers un positionnement de « Business
partner », la fonction s'inscrivant dans le management stratégique de l'entreprise.
Cécile Helme-Guizon,
Directrice de la stratégie
et membre du Comité Exécutif du groupe Darty
Michel Dennery,
Directeur du Management des Risques, Engie
RISK MANAGEMENT
ET
STRATÉGIE
Du risk management
de la gouvernance
au
risk management
de la performance
Livre
Blanc
2016
1
Livre Blanc Risk management et Stratégie : Du Risk management de la gouvernance au risk management de la performance. Publication
AMRAE, 20 euros.
2
L'étude a été réalisée au moyen d'un questionnaire en ligne envoyé en avril 2015 à près de 180 Directeurs du Management des Risques
d'entreprises en majorité membres de l'AMRAE. La quarantaine de réponses obtenues a été complétée par une douzaine d'entretiens
individuels réalisés avec des Risk Managers de groupes et organisations avancées en Risk Management.
« Dans un contexte
plus tendu, les entreprises
ont tendance à renforcer
leur fonction de gestion
des risques pour amé liorer
la qualité des décisions. »
Michel Dennery, Directeur
du Management des Risques, Engie ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
36 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
TROIS POSTURES CLEFS
Concrètement, l'enquête a révélé la cohabitation, dans le paysage
actuel, de trois postures clefs d'orientation du Risk Management. La
première, appelée compliance, est « poussée par le besoin de conformité
imposée sur le marché où agit l'entreprise ». Concentrée sur un « livrable
normatif », cette posture est « éloignée de la réalité du business »,
explique le Livre Blanc. La deuxième posture, dite « stratégie et
projets » est celle des entreprises ayant un « besoin de vision straté-
gique à long terme ». Le Risk Management est alors impliqué dans les
grands projets, participe à la vision stratégique de l'entreprise et gère
son portefeuille de risques en fonction du risk appetite de l'entreprise.
Enfin, la posture dite du « business partner » serait souvent « imposée
par le besoin de proximité immédiate avec le terrain ». « Le Risk Manager
propose alors au management des solutions pour mettre les risques sous
maîtrise. Il aide à évaluer non seulement les risques des projets et des
options stratégiques, mais intervient aussi dans la mise en œuvre de
cette stratégie et dans les plans d'actions pour que les risques soient
maîtrisés », détaille Michel Dennery.
Loin d'être « tranchées », ces trois postures répondraient aux divers
besoins et cultures des entreprises, avec des « orientations plus ou moins
fortes dans le dosage des composants ». Sans prendre parti, le Livre blanc
fait le constat d'une « évolution forte » vers la troisième posture : celle
où le management des risques s'inscrit dans le management stratégique
de l'entreprise, en tant que « Business Partner ». « Dans un contexte plus
tendu, les entreprises ont tendance à renforcer leur fonction de gestion des
risques pour améliorer la qualité des décisions. C'est ainsi qu'un grand
nombre d'entreprises travaillent actuellement sur leur appétit au risque.
Et que l'on voit Risk Managers et responsables stratégiques travailler
actuellement la main dans la main, comme le montrent les exemples de
Engie, Ipsen ou Darty », souligne Michel Dennery, modérateur de l'atelier
« Risk Management et Stratégie » lors des Rencontres.
« Chaque entreprise ayant ses
particularités, un Risk Management
efficace se caractérise par son
adaptation adéquate à la culture
et problématique de l'entreprise. »
Michel Dennery, directeur du Management des Risques
du groupe Engie des risques du groupe Erameté
UN ENGAGEMENT AUX CÔTÉS DE L'IFA
SUR LE « RISK APPETITE »
Il n'y a pas que l'AMRAE qui planche actuellement sur le
« risk appetite » ! Considérant également le sujet majeur,
l’IFA (Institut Français des Administrateur) a lancé, en
2015, un groupe de travail sur le sujet, sous la présidence
de Louis Gallois, Président du Conseil de surveillance de
PSA Peugeot Citroën, et avec des membres de l'AMRAE.
L'implication du Conseil dans la détermination du « Risk
Appetite » permettrait de « mieux cerner, au sein des
conseils, les risques que les organisations sont prêtes à
accepter au regard de leur stratégie et de mesurer l’aligne-
ment des parties prenantes », indique l'IFA, qui a publié,
en janvier, les conclusions des travaux réalisés. Avec à la
clef, « la réhabilitation de la prise de risques dans l’entre-
prise », mais aussi l'alignement entre la vision du Conseil
et celle du management, la réhabilitation et la valorisa-
tion de la prise de risque comme source d’opportunités,
un encouragement de l'innovation et de la prise de
« petits risques », et enfin l’expression d’un tone at the top
cohérent qui fait « le lien entre le Risk Appetite, la culture
de l’entreprise, ses valeurs, et son ambition stratégique ».ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
37 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
S
i, comme le souligne François Malan, Vice-
Président de l’AMRAE et modérateur de cet
atelier, le Risk Manager est « désormais
reconnu et bien implanté dans les entre-
prises », le futur réserve bien des défis. Non
seulement la digitalisation fait émerger de nouveaux
business models, dont certains ne font interagir que
des individus, mais elle induit aussi une telle frag-
mentation des processus que l’entreprise devient
plus dépendante de l’extérieur pour la conception,
le financement, etc. Le contrôle de cet écosystème
devient un enjeu majeur, estime Martin Richer, fonda-
teur de Management & RSE et consultant : « C’est sur
lui que reposera la valeur et les talents seront attirés et
récompensés en capital, à charge pour eux de le valo-
riser, comme c’est déjà le cas dans quelques start-up
de la Silicon Valley. » Ce paradigme nouveau modifie la
configuration des risques, ajoute Martin Richer : « Ils
seront plus concentrés, les interdépendances rendront
l’entreprise plus vulnérable, les risques liés à la réputa-
tion et à l’éthique prendront plus d’importance. »
Comment s’adapter ? Alexis Beguin,
Risk & Insurance Manager de Vale,
estime indispensable une montée en
puissance stratégique et opération-
nelle : « Le Risk Manager devra s’adapter
aux besoins de l’entreprise mais aussi
être en mesure d’influencer ses déci-
sions. Vis-à-vis de l’extérieur, il devra
assumer un rôle plus important auprès
des assureurs et des réassureurs mais
aussi évoluer vers un management plus
participatif. » Tout en postulant l’émer-
gence d’émules d’Uber dans l’assu-
rance, il s’oppose à une vision linéaire
du métier : « Il faut pratiquer le Risk
Manager sous différentes formes, cour-
tier, assureur ou autre, et ainsi affiner
la capacité d’anticipation indispen-
sable pour bien gérer les revirements de
conjoncture. »
DEVENIR UN AMBASSADEUR DE LA FONCTION
Appelant de ses vœux une réduction de l’incertitude
juridique actuelle et le recours immédiat aux avocats,
déstabilisants et générateurs de coûts, Alexis Beguin
suggère aussi aux futurs Risk Managers de bien gérer
leur temps pour garder la maîtrise des évènements.
Mission impossible ? Pas pour ceux qui savent jouer
plusieurs rôles : « Pour gérer une complexité croissante
et une accélération permanente, le
Risk Manager devra avoir l’âme d’un
architecte, d’un entrepreneur, d’un
médecin et d’un sportif ! »
Un tel degré d’habileté ne sera
pas de trop car la place du Risk
Manager en entreprise est encore
en devenir, rappelle Martine
Bournerias, Associée du cabinet
Progress : « Il lui reste à trouver
un positionnement vis-à-vis de la
direction financière ou de l’audit,
faire reconnaître son expertise à un
niveau plus global, attirer les jeunes
talents et les former. » Une évolu-
tion récente peut aider les Risk
Managers : l’intérêt croissant des
membres des conseils d’adminis-
tration pour leur expertise : « Les
administrateurs souhaitent de plus en plus analyser les
plans d’action en fonction des risques encourus. » Pour
tirer parti de cet atout, encore faudra-t-il développer
certaines capacités : « Le Risk Manager devra être plus
négociateur, pédagogue, savoir partager sa vision avec le
COMEX et devenir un ambassadeur de la fonction au-delà
de l’entreprise. »
PROSPECTIVE
LE RISK MANAGER DE DEMAIN :
UN CHEF D’ORCHESTRE AU CŒUR DE LA STRATÉGIE
Dans un environnement toujours plus incertain, le Risk Manager peut devenir un acteur stratégique à trois conditions :
partager sa vision avec le COMEX, maîtriser la complexité en pilotant des expertises et… gérer le stress.
Martin Richer,
fondateur de Management
& RSE et consultant
François Malan,
Vice-Président de l’AMRAE
Alexis Beguin,
Risk & Insurance Manager de Vale
Martine Bournerias (Progress)ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
38
« Le Risk Manager devra être
plus négociateur, pédagogue, savoir partager sa vision avec le COMEX et devenir un ambassadeur de la fonction au-delà de l’entreprise. »
Martine Bournerias,
Associée du cabinet Progress DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
O
ser dire. Un enjeu de taille pour le Risk
Manager ! « Que ce soit pour insuffler
une dynamique de pilotage de l'activité
par les risques ou donner des éléments
de réponse à sa Direction Générale, la
communication est au cœur du métier de Risk Manager »,
pointe Sylvie Mallet-Babonneix, Responsable gestion
des risques et contrôle interne chez Bouygues Telecom,
et modératrice de l'atelier intitulé « Risk Manager et
Communication : gérer l'information sans diffuser les
peurs ?
1
». « C'est un challenge, mais cela fait partie de
ses missions : informer et communiquer figurent dans
le Coso II », indique Christine Cantournet, Associée
chez Rivoli Consulting, conseil en gouvernance et Risk
Management.
Même si c'est son rôle, le Risk Manager peut rencontrer
des difficultés face à cet exercice. « Évoquer les risques
se révèle moins attractif que de parler de développement
commercial ou de croissance internationale », observe
Yannis Wendling, Directeur en charge de l'audit, du
contrôle interne et de la gestion des risques au Conseil
Départemental de Seine-Saint-Denis. Par nature, le
risque se révèle anxiogène, mais il est possible de
communiquer sur le sujet sans effrayer… « C'est même
essentiel pour mobiliser et responsabiliser l'ensemble
des collaborateurs, et pour co-construire une culture du
risque en interne », souligne Christine Cantournet.
Chaque communication doit être adaptée à la culture
de l'entreprise, à son degré de maturité en matière de
gestion des risques et à son profil de communication.
« Il y a toutefois des piliers à une bonne communication
sur le risque : la clarté, la transparence et l'honnêteté. Il
faut impérativement éviter la langue de bois, la commu-
nication de dernière minute et les informations non
contrôlées », estime Marie-Laure Soulié, Directrice de
la communication interne chez Capgemini. Au Conseil
Départemental de Seine-Saint-Denis, le risque de
fraude interne avait été identifié et priorisé dans la
cartographie dès 2010. Néanmoins, l'organisation y
a été confrontée en 2014. « Ce n'est pas parce que le
risque est avéré qu'il est plus facile à aborder », explique
Yannis Wendling. « Nous avons déployé une palette
d'outils de communication adaptés à chaque popula-
tion, gouvernance, direction générale, encadrement et
agents. » Ces outils ? Feuille de route, grille d'évalua-
tion, documents de méthodes, entretiens individuels et
interventions collectives. « À ces dispositifs récurrents
s'ajoutent des outils ponctuels, mis en place avec l'audit
et avec les directions métier, notamment afin de valoriser
les actions qui ont été conduites », dit-il.
La transversalité sur la question du risque semble
essentielle. « Plus la direction de la communication sera
informée en amont, plus le sujet sera maîtrisé, le Risk
Manager restant l'initiateur et le chef d'orchestre. Et
la direction de la communication intervenant à titre de
conseil », pointe Marie-Laure Soulié. Les qualificatifs de
la communication interne ? « Qualitative et pertinente,
exacte et accessible et, surtout, délivrée à temps »,
résume Christine Cantournet.
RISK MANAGER ET COMMUNICATION INTERNE :
UN EXERCICE À HAUT RISQUE ?
Partie intégrante du métier de Risk Manager, la communication interne permet de diffuser une
culture du risque au sein de l'organisation.
« La communication
est au cœur du métier
de Risk Manager. »
Sylvie Mallet-Babonneix, Responsable
gestion des risques et contrôle interne
chez Bouygues Telecom
1
L'AMRAE s'apprête à sortir une nouvelle publication
sur le sujet de la communication des risques.
Sylvie Mallet-Babonneix,
Responsable gestion des risques et contrôle interne chez Bouygues Telecom
Yannis Wendling,
Directeur en charge de l'audit, du contrôle interne et de la gestion des risques au Conseil Départemental de Seine- Saint-Denis
Marie-Laure Soulié,
Directrice de la communica tion
interne chez Capgemini
Christine Cantournet,
Associée chez Rivoli Consulting, conseil en gouvernance et Risk Management.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
39 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
C'
est au quotidien que le président et cofondateur
d'Arengi, Gilles Proust, fait le constat de la pluralité
des politiques de Management des Risques. Comme
le montre l'enquête du « Livre Blanc 2016 de l'AMRAE
sur le Risk Management et la stratégie », il voit chaque
jour des approches et des pratiques très diverses en la
matière. Selon son analyse, trois principaux profils d'en-
treprises cohabitent. « Les profils “défensifs“, qui se foca-
lisent sur les risques opérationnels “non désirés“, ont une
approche bottom-up et une faible formalisation des risques
dans les process de décision », explique-t-il. Deuxième
catégorie : les profils « connectés », qui « intègrent des
risques business ou acceptés dans leurs cartographies, ont
structuré leur fonction ERM et font le lien entre la gestion
des risques et les objectifs stratégiques de l'entreprise ».
Enfin, les entreprises « intégrées », qui ont franchi une
étape supplémentaire : « leurs comités interagissent avec
la fonction ERM. Il existe de fortes synergies entre la gestion
des risques et les processus de pilotage de l'entreprise et de suivi des projets
clés », détaille Gilles Proust, qui estime qu'un nombre croissant d'entre-
prises tend aujourd'hui vers ce dernier schéma.
Parmi elles, le groupe Engie, qui a mis en place une analyse straté-
gique sur ses risques pays. « On l'oublie parfois, mais Engie est présent
dans près de 70 pays et la France ne représente qu'environ un tiers du
chiffre d'affaires », souligne Michel Dennery, directeur du Management
des Risques du groupe énergéticien, qui a commencé, dans un premier
temps, par bien définir le sujet. « Dans le langage courant, on entend par
'risque pays' l'aléa pays mais, en réalité, cela correspond à l'exposition
des valeurs de l'entreprise – capitaux employés, actifs, contrats, marques,
Ebitda ou résultat net – dans un pays donné. Il faut s'interroger sur l'expo-
sition financière de l'entreprise, au regard de l'instabilité et du risque de
chaque pays », détaille Michel Dennery. S'appuyant sur les nombreuses
données du marché, le groupe Engie a mis en place sa propre formule
pour construire une carte mondiale et définir, pour chaque pays, un
niveau de rentabilité requis, fonction du niveau de risque. « Nous avons
établi quatre classes de pays, correspondant à quatre niveaux de rentabi-
lité des projets. Nous avons aussi fixé des “seuils d'attention”, par pays
et par zone : lorsque le seuil est atteint, nous ne nous interdisons pas de
nous développer, mais nous faisons plus attention et nous considérons
les enjeux stratégiques des projets. Enfin, nous avons des critères d'ex-
clusions, qui interdisent les projets présentant des risques
que nous ne voulons pas prendre… sauf modification de
l'environnement », explique Michel Dennery qui rappelle
bien que « si les Risk Managers ont apporté la méthode
d'analyse des risques, les seuils de risques relèvent, eux,
de choix stratégiques ». L'ensemble est bien sûr suivi et
réévalué régulièrement, en fonction notamment de l'ac-
tualité des pays.
Le groupe Darty, lui, vient d'achever un grand projet sur
son appétit au risque. « Nous avons voulu définir, pour
chaque risque, notre niveau d'appétence. Ce projet nous
a aussi permis de mettre nos travaux annuels sur le plan
stratégique en cohérence avec notre analyse des risques », indique Cécile
Helme-Guizon, Directrice de la Stratégie du groupe de distribution
et membre du comité exécutif. Le projet a débuté par des rencontres
avec les membres du Conseil d'administration (qui, à l'anglo-saxonne,
comprend aussi certains membres du comité exécutif). « Le directeur
des risques et moi – en tant que Responsable de la stratégie - avons inter-
viewé, un à un, chacun des membres du Conseil d'administration, pour
connaître son ressenti sur chaque risque, et son niveau d'appétence. Nous
avons ensuite réalisé des compte-rendus anonymes mais détaillés, avec des
éléments tant quantitatifs que qualitatifs », indique Cécile Helme-Guizon.
Tous les risques ont été passés en revue : depuis les risques stratégiques
et de développement (moteurs de la croissance, digitalisation, poli-
tiques commerciales, M&A, etc.), jusqu'aux risques de « compliance » et
opérationnels bien évidemment, mais aussi aux risques financiers, etc.
Pour, finalement, aboutir à un tableau présentant les degrés d’appétence
« moyens ». « Un consensus peut apparaître sur certains risques, mais ce
n'est pas toujours le cas. La démarche a montré que les membres du Board
avaient sur certains sujets des perceptions très différentes du degré de
risque qu'ils souhaitent prendre ». En posant clairement ces différences,
le projet a permis de mieux préciser la stratégie du groupe. « Nous avons
L'ÉVALUATION DU RISQUE S'INVITE
DANS LA PRISE DE DÉCISIONS
À l'image de Darty, Engie ou Ipsen, un nombre croissant d'entreprises intègrent l'évaluation et la gestion des risques dans
leurs processus stratégiques.
« Leurs comités interagissent avec
la fonction ERM. Il existe de fortes
synergies entre la gestion des risques et
les processus de pilotage de l'entreprise
et de suivi des projets clés. »
Gilles Proust, Président et cofondateur d'Arengi é
« Ce projet nous a aussi permis
de mettre nos travaux annuels sur le plan stratégique en cohérence avec notre analyse des risques. »
Cécile Helme-Guizon, Directrice de la Stratégie
du groupe Dartyé
Gilles Proust,
ArengiATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
40 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
C'
est l'ambitieux projet de la démarche internationale de
« l'integrated reporting », ou « reporting intégré », qui
se développe depuis 2009 (effet parmi d'autres de la
crise de 2008...). Elle a donné lieu en 2012 à la création
d’une structure spécifique. L’International Integrated
Reporting Council (IIRC), milite, réunit, présente et... teste. La démarche
prospère dans certains pays comme l'Afrique du Sud, peu en France où
de rares entreprises se sont réellement impliquées dans le programme
« pilote » parmi lesquelles les groupes Danone ou Engie (convaincu par la
philosophie du reporting intégré, mais pas directement par la démarche
de l'IIRC), ou encore Vivendi, qui a consacré dans son dernier rapport
annuel (publié le 15 mars) un véritable chapitre au sujet.
Pour justifier de leur frilosité, les groupes arguent du coût d'un tel projet
(qui pour être mené à bien doit véritablement intégrer des informations
issues de toute l'entreprise), et le voient souvent comme une « couche
supplémentaire » s’ajoutant aux nombreux documents de référence,
annexes aux comptes en normes françaises et internationales, rapports de
gestion et autres éléments de développement durable déjà obligatoires...
Pour les Risk Managers en revanche,
l'intérêt de la démarche est très net :
le « reporting intégré » prétend à terme
montrer les liens entre risques et déci-
sions opérationnelles, entre prise de
risque et mesures de contrôle. Afin que
chacun puisse peser sa prise de risque
à l'aune de son ambition stratégique.
Le rapport intégré souligne claire-
ment le lien entre objectifs straté-
giques et maîtrise des risques et
oblige les entreprises plus matures
en gestion des risques à dépasser
la dimension anxiogène sur les
risques en considérant les risques
et les opportunités. SYNTHÉTISER, ALLÉGER, REDISTRIBUER :
LES PROPOSITIONS DU GROUPE DE TRAVAIL DE L’AMF
SUR L’INFORMATION SUR LES RISQUES
L’Autorité des Marchés Financiers a également constaté que la multi-
plication des documents de référence nuisait à la lisibilité de l’infor-
mation sur les risques. Elle a constitué un groupe de travail auquel
participait l’AMRAE pour faire des propositions visant à rendre l’in-
formation donnée aux actionnaires et au marché sur la nature et la
gestion des risques plus pertinente et intelligible et plus cohérente
dans le temps. Pour ce groupe de travail, une information plus perti-
nente devrait s’articuler autour d’une description des risques spéci-
fiques et « sensibles » de l’entreprise, c'est-à-dire ceux jugés comme
de nature à remettre en cause la continuité d’exploitation ou signifi-
catifs au regard de l’activité et/ou du développement et de la stratégie
de l’entreprise ; il ne s’agit plus d’une liste exhaustive des risques.
Toutefois les facteurs de risques restent en l’état, même s’ils devraient
avoir tendance à se réduire ainsi que des moyens (acteurs et systèmes)
que la société met en œuvre pour maîtriser ses risques en indiquant le
cas échéant et si cela est pertinent et possible, une mesure de l’impact
d’un risque majeur décrit. Pour ce faire, la proposition de modification
des différents textes réglementaires permettra de rassembler l’infor-
mation sur les risques :
1/ dans le rapport de gestion pour les sociétés avec Conseil d’admi-
nistration ou dans le rapport du conseil de surveillance pour les
sociétés à structure duale (Directoire et Conseil de Surveillance et
sociétés en commandite par action en supprimant le rapport spéci-
fique du Président relatif à l’efficacité des systèmes de contrôle
interne et de gestion des risques ;
2/ ainsi que dans un rapport unique du Commissaire Aux Comptes qui
contiendrait à la fois les observations sur les risques des CAC dans
un paragraphe ad hoc (au lieu d’un rapport distinct) et les diligences
prévues par la loi en matière de comptes et d’information financière.
À ce jour le calendrier législatif n’est pas connu.
VERS UN « REPORTING INTÉGRÉ » POUR FAIRE
LE LIEN ENTRE RISQUES ET STRATÉGIE ?
eu de vrais échanges, à froid et sans urgence, sur le risque au sein du conseil d'administration. La démarche a permis un alignement entre le comité exécutif et le Conseil d'administration des positions sur le risque. Certaines
priorités ont été reposées : nous nous sommes parfois rendu
compte qu'il fallait renforcer l'environnement de contrôle du
risque pour aller de l'avant sur certains sujets ». Très satis-
fait, le groupe envisage de reconduire l'exercice tous les
deux ans.
Le groupe pharmaceutique Ipsen est lui aussi véritable-
ment « intégré ». « Nous avons travaillé en comité sur notre
‘appétit’ face aux 25 principaux risques de l'entreprise.
Les risques sont classés en trois domaines, chacun associé
à un niveau de contrôle obligatoire », explique Anne Piot
d'Abzac, VP Chief Risk Officer du groupe et administra-
trice de l’AMRAE. Première catégorie, les risques pour
lesquels une faible maîtrise est acceptée, puis ceux pour lesquels il faut
une maîtrise « a minima élevée » et enfin les risques pour lesquels est
souhaitée « une maîtrise très élevée ». « La démarche, qui s'est révélée
très structurante, nous a permis d'avoir une photo de la
situation actuelle. Nous avons constaté que si une large
part des risques identifiés avaient un niveau de maîtrise
conforme à l'appétit du Groupe, d'autres devaient faire
l'objet d'efforts supplémentaires. Pour ces derniers,
nous nous sommes fixés des objectifs d'amélioration : un
niveau cible de maîtrise. Enfin, un lien a été établi avec le
plan stratégique : nous vérifions que les sujets “rouges“
sont bien pris en compte », explique Anne Piot d'Abzac.
Avec aussi, à terme, la possibilité d'estimer que certains
risques « mineurs » font l'objet de contrôles surdimen-
sionnés… Car c'est cela, aussi, le « Risk Management de
la performance ».
Anne Piot d'Abzac,
VP Chief Risk Officer, IpsenATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
41 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
P
our Jean-David Levitte, le tournant se situe en effet en 1979.
« Le risque politique était limité à la guerre froide. C’était
balisé ». Mais quatre évènements surviennent en 1979 avec un
impact irrémédiable sur la marche de notre histoire : la chute
du Shah en Iran qui a marqué le début de l’Islam politique et
de la situation qui secoue aujourd’hui le Moyen-Orient ; le deuxième
choc pétrolier qui pèse sur les États-Unis déjà affaiblis par la crise des
otages ; le lancement par Deng Xiaoping, le chef de l’État chinois, d’un
vaste ensemble de réformes économiques dans son pays. Et enfin à
Noël, l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques.
10 ans plus tard, le monde assistait à la chute du mur de Berlin puis à celle
de l’URSS. « C’était surtout la fin d’un monde bipolaire et le début d’un
monde unipolaire avec les États-Unis comme hyper puissance dominante »,
rappelle Jean-David Levitte. « Un tournant également idéologique avec la
fin du communisme et l’instauration d’une seule règle : l’économie de
marché et le début d’une nouvelle mondialisation rendue possible par l’ou-
verture des frontières de l’Europe de l’Est ». Pour les Européens, l’autre
bouleversement fut l’extension de l’Union Européenne passée à 25
puis 28 membres et de 180 à 500 millions d’habitants, « faisant de l’UE
la première puissance économique mondiale ». Non seulement géopoli-
tiques, les changements coïncidèrent également avec les révolutions
des TIC et des porte-conteneurs. « Elles ont accéléré les transports vers
le monde entier et réduit les coûts au moment où la Chine s’ouvrait, lui
permettant de partir à la conquête commerciale du monde ».
UN MONDE APOLAIRE MARQUÉ PAR UNE PHASE DE CHOCS
Ce monde en pleine mutation connut en septembre 2001, un nouveau
choc brutal. « Les États-Unis au sommet de leur puissance découvrent
leur vulnérabilité et constatent qu’ils ne sont plus la puissance absolue »,
raconte Jean-David Levitte, à l’époque ambassadeur de France à l’ONU.
S’ensuivent 15 années de troubles et de transformations marquées entre
autres, par les guerres en Afghanistan et en Irak sur le plan géopolitique
et l’émergence économique des BRIC (Brésil – Russie – Inde – Chine).
Après ce bilan, comment analyser la situation de 2016 ?
Pour le diplomate, le monde est devenu apolaire. « Il n’y a plus de pilote
dans l’avion de la mondialisation. Les États-Unis se retirent mais personne
ne veut les remplacer. Les BRIC ont explosé et de nouveaux acteurs émer-
gent comme la Corée du Sud, la Turquie ou l’Indonésie ». Un monde sans
leadership où les règles du jeu sont plus ou moins contrôlées par la
Chine et la Russie. « Avec un président russe, Vladimir Poutine, rêvant de
reconstruire l’empire de Catherine II en s’appuyant sur les ultranationa-
listes et un État chinois désireux de faire reconnaître sa souveraineté à ses
voisins », d’où des tensions avec certains d’entre eux : Japon, Corée du
Sud, Vietnam. « Nous ne vivons pas une transition comme après le Traité
de Vienne en 1815 ou après 1945 mais une phase de chocs avec des risques
de fragmentation. Au Moyen-Orient mais aussi en Europe avec les velléités
d’indépendance de la Catalogne ou de l’Écosse ». Jean-David Levitte
conclut cependant sur une note positive soulignant que « le monde
apolaire est une bonne époque pour les puissances moyennes comme la
France qui veulent agir. Nous avons un rôle à jouer ».
VISIONS DE L'INTERNATIONAL
Jean-David Levitte était l’invité d’honneur du dîner organisé par l’AMRAE à la veille de l’ouverture
des 24
ème
Rencontres. L’occasion pour le diplomate et Ambassadeur de l’AMRAE de s’exprimer sur
les grands enjeux et risques géopolitiques internationaux de ces 35 dernières années.
« Un monde sans leadership où
les règles du jeu sont plus ou moins contrôlées par la Chine et la Russie. »
« Le monde apolaire est une bonne
époque pour les puissances moyennes comme la France qui veulent agir. » ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
43 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
L
ors de son discours d’ouverture, Gilbert Canaméras, le Président
du Club FrancoRisk, a d’emblée rappelé que cette Convention
allait sans doute marquer l’histoire du secteur : « J’ai fait un
rêve : réunir le plus grand nombre de Risk Managers afin qu’ils
puissent échanger sur des points d’intérêt communs et améliorer
le développement des entreprises. Ce rêve est devenu réalité. » Lui succé-
dant à la tribune, la Présidente de l’AMRAE, Brigitte Bouquot, a souligné
quant à elle l’importance des échanges
avec l’ensemble des acteurs du monde
francophone, qui « viendront enrichir notre
vision du monde et de la globalisation
économique, politique et culturelle, que
nous souhaitons harmonieuse pour tous. »
En introduction de la table ronde sur le
thème des risques climatiques dans l'uni-
vers francophone et en particulier sur le
régime des Cat Nat à la « française », Marc
de Pommereau, Secrétaire Général du Club
FrancoRisk et Vice-Président de l’AMRAE,
est revenu pour sa part sur la mission des
Risk Managers et des assureurs face aux
risques climatiques : « Pour éviter les effets
négatifs de la mutualisation des risques, la
voix des Risk Managers doit être entendue car la position des entreprises
dans la problématique du traitement des risques est importante. Dans les
pays où le traitement des Cat Nat est une forte préoccupation, la position
des assureurs devient incontournable aux côtés des pouvoirs publics. » Le
contenu de la table ronde sera largement diffusé pour servir de base à
l'approfondissement de la réflexion.
DÉFINIR UN « CADRE DE GESTION GLOBAL »
Alors que son taux de couverture reste faible, le continent africain voit
croître inexorablement son exposition aux catastrophes naturelles.
Dans 13 pays francophones de la zone subsaharienne, leur nombre est
passé de 11 en 1965 à 67 en 2010, essentiellement des inondations
(60 %) et des sécheresses (20 %). Reconnaissant que l’étendue des
dégâts tient pour une part importante à une « gestion approximative et
des structures publiques incomplètes », Hervé Allou, Directeur général
de Globus Ré à Ouagadougou au Burkina-Faso, entrevoit une solution à
travers la définition « d’un cadre de gestion global » avec l’appui d’une
structure dédiée comme le Centre Africain des Risques Catastrophiques
(CARAC). Pour mieux gérer la prévention et la gestion des catastrophes,
il faudrait cependant sortir la recherche de la place « marginale » qui lui
est accordée.
ASSURANCE PAR SATELLITE
La science est cependant une voie prometteuse comme le démontre le
couplage de plans de soutiens publics aux populations avec des prévi-
sions élaborées en amont à partir de relevés par satellite (Famine Early
Warning Systems/African Risk Capacity). Individuellement, agriculteurs et
pasteurs peuvent aussi souscrire une assurance paramétrique qui corrèle
un facteur climatique (pluie, température) à un dommage ou une perte
financière. « C’est un système qui combine prix compétitifs, grâce à des
frais de gestion plus faibles, et rapidité, puisqu’aucune expertise n’est
nécessaire pour déclencher l’indemnisation », souligne Tanguy Touffut,
Directeur du département d’assurance paramétrique d’Axa Corporate
Solutions. Cette rapidité évite alors de plonger des millions de personnes
dans un cycle de pauvreté aux conséquences dramatiques et durables. Si
les progrès technologiques continuent de soutenir le développement de
l’assurance paramétrique en Afrique, le continent pourrait devenir un
laboratoire mondial dont les solutions seront exportées…
CONVENTION DE LA FRANCOPHONIE
LA FRANCOPHONIE, UNE PÉPINIÈRE
DE SOLUTIONS INNOVANTES
La 3
e
Convention du Club Francophone du Management des Risques et des Assurances, désormais dénommé Club FrancoRisk,
que les 24
ème
Rencontres de l’AMRAE ont accueilli à Lille, a suscité un large intérêt, tant par la spécificité des problématiques
évoquées que l’ingéniosité des solutions appliquées.
« J’ai fait un rêve : réunir le plus
grand nombre de Risk Managers
afin qu’ils puissent échanger sur des
points d’intérêt communs et améliorer
le développement des entreprises.
Ce rêve est devenu réalité. »
Gilbert Canaméras, Président du Club FrancoRiské
Marc de Pommereau,
Secrétaire Général du Club FrancoRisk et Vice-Président de l’AMRAEATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
44 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
« C’est un système qui combine prix
compétitifs, grâce à des frais de gestion
plus faibles, et rapidité, puisqu’aucune
expertise n’est nécessaire pour
déclencher l’indemnisation. »
Tanguy Touffut, Directeur du département
d’assurance paramétrique d’Axa Corporate Solutions
« Faute de système Cat Nat et
de fonds publics, l’indemnisation est intégralement assumée par les assureurs qui ont suscité une approche préventive très féconde, en particulier dans la construction. »
Anis Safraoui, Vice-président chargé des assurances et du risque de SNC Lavalin
MAROC : UN SYSTÈME GLOBAL POUR PROJET DE LOI
En raison de sa forte exposition aux risques (tsunami de 1755 causé
par le tremblement de terre qui a dévasté Lisbonne, tremblement de
terre de 1960 avec 12 000 victimes à Agadir, importantes inonda-
tions en 2012), Bachir Baddou, Directeur Général de la Fédération
Marocaine des Sociétés d’Assurances et de Réassurance - a présenté
le projet de Loi sur la couverture des risques catastrophiques visant à
la fois les phénomènes naturels et les actions violentes de l’homme .
Il prévoit un système de « couverture à périls dénommés » dont la liste
est fixée par voie réglementaire. Sur proposition d’une commission de
suivi, l’administration fixe l’étendue de la garantie, les franchises et
plafonds d’indemnisation ainsi que le tarif. Pour assurer une équité
de traitement (3,2 % du PIB seulement est couvert par des assurances
classiques), le dispositif a prévu un deuxième pilier, dit allocataire,
qui permet d’indemniser, moyennant un « ticket modérateur », les
personnes non-assurées à travers le Fonds de solidarité contre les
évènements catastrophiques (FSEC). Le risque est assumé par les
assureurs mais aussi les réassureurs, locaux et internationaux, l’État
couvrant le défaut de ces derniers.
QUÉBEC : APPROCHE PRÉVENTIVE FÉCONDE
Au Québec, les inondations sont fréquentes, de même que les trem-
blements de terre (5 000 par an dont certains, très violents, peuvent
atteindre 7 sur l’échelle de Richter), et les températures extrêmes.
« Faute de système Cat Nat et de fonds publics, l’indemnisation est inté-
gralement assumée par les assureurs qui ont suscité une approche préven-
tive très féconde, en particulier dans la construction », a expliqué Anis
Safraoui, aujourd’hui Vice-président chargé des assurances et du risque
de SNC Lavalin, la plus importante firme d’ingénierie du Canada…
Hervé Allou, Globus Ré
Anis Safraou,
Snc Lavallin
Tanguy Touffut,
Axa CS
Bachir Baddou,
Fédération
Marocaine
des Sociétés
d’Assurance et de
RéassuranceATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
45 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
«
Les accords de la COP 21 ont établi un nouveau consensus sur le
changement climatique et marquent une inflexion dans les anti-
cipations des agents économiques. Néanmoins, des questions
demeurent sur la mise en œuvre de l’accord », reconnaît Pascal
Lamy. Les problématiques d’environnement se heurtent à des
impératifs économiques. À l’heure où l’on veut faciliter les échanges des
marchandises et des humains, est-il possible de réduire les émissions de
CO
2 ? Comment faire pour améliorer les synergies entre ces deux univers,
si différents, de la gouvernance internationale ?
DIVERGENCE ENTRE INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES
ET ENVIRONNEMENTAUX
Les différences sont grandes d’abord d’un point de vue historique.
« Le premier traité de commerce a été signé au 15
e
siècle avant Jésus-
Christ tandis que l’accord de Kyoto date de 1997 », rappelle Pascal Lamy.
Vingt-trois siècles d’écart où de nombreux économistes à l’instar
d’Adam Smith n’ont cessé de déclarer que l’ouverture des échanges
étaient bons pour l’humanité. Alors qu’il a fallu attendre 1998 avant
que l’ONU ne s’interroge sur les changements climatiques.
Autre différence de taille pointée par l’ancien patron de l’OMC : « la
perception par les acteurs concernés de la valeur de l’échange. L’échange
international est un jeu à somme positive avec un bénéfice pour les deux
parties. Tandis que la répartition des échanges carboniques est un jeu à
somme nulle. Si un pays réduit ses émissions de CO
2 et l’autre pas, cela
n’a pas de grandes conséquences et ne pousse pas à être vertueux. Il faut
donc ajuster des intérêts et des valeurs hétérogènes ». Mais là encore
la tâche est complexe car les systèmes juridiques n’ont pas la même
maturité. S’ils sont ultra-sophistiqués pour les échanges internatio-
naux avec l’existence de l’OMC, une organisation supranationale, ils
sont beaucoup moins solides et reconnus concernant les probléma-
tiques de changements climatiques. La référence Kyoto qui a édicté de
vraies contraintes pour les pays signataires « ne concernait que 20 %
des émissions de CO
2 de la planète ».
LE RÔLE DES ACTEURS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX
Ces mondes si différents voire divergents peuvent-ils s’accorder ?
« Il y a des similarités car dans les deux cas, ce sont des phénomènes
globaux qui concernent l’humanité. Et l’essentiel des décisions est aux
mains d’États-nations souverains », souligne Pascal Lamy. La synergie
est donc théoriquement simple. « Il suffit de faire monter le prix
mondial du CO
2 au prix de son dommage ce qui entraînera une baisse de
la consommation des énergies fossiles et une hausse des énergies renou-
velables. On verra ainsi naître une nouvelle division internationale du
travail, un ajustement des prix et une modification des comportements ».
Mais, prévient l’orateur, « une hausse du prix du carbone mondial est
un rêve qui ne se réalisera pas et pendant longtemps, nous allons navi-
guer avec des systèmes où les prix du carbone seront différents ». Cette
hétérogénéité réduit l’efficacité des mécanismes économiques et les
conditions semblent bien difficiles à réunir pour réussir. Pascal Lamy
garde cependant espoir car « aujourd'hui, nous vivons une transition
où ces questions se décentralisent pour être accaparées par les acteurs
économiques et sociaux : ville, cités, entreprises, société civile… C’est
pourquoi, le sommet de Copenhague, où seuls les diplomates étaient
impliqués, a échoué et que Paris a été un succès. »
COP 21 : UN NOUVEAU CONSENSUS SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
MAIS DES QUESTIONS EN SUSPENS SUR LA MISE EN ŒUVRE
PASCAL LAMY, ANCIEN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’OMC
C’est à Pascal Lamy, ancien Directeur général de l’OMC et actuel Délégué interministériel à la candidature de Paris pour
l'exposition universelle de 2025, qu’est revenue la tâche de clore les 24
ème
Rencontres de l’AMRAE. L’occasion pour ce bon
observateur des turbulences mondiales de se satisfaire de l’accord de la COP 21.
Par Florence PuybareauATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
46 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
ÈME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
L
es voyages des collaborateurs ne se réduisent pas à une simple
question financière, rappelle Laurent Taymans, Directeur
médical régional de International SOS, le leader mondial de
la maîtrise des services de santé et sécurité à l’international :
« Dans un environnement économique en mutation rapide, ils
sont un composant essentiel de la stratégie de développement des entre-
prises hors de leur marché domestique. »
Pour aider les organisations à mieux appréhender et gérer ce risque, la
FERMA et International SOS viennent de publier un rapport. D’emblée,
il souligne un point positif : 79 % des Risk Managers ont pleinement
conscience de cet enjeu. Ils sont même un acteur clef dans la mise en
place de solutions efficaces en matière de gestion du risque voyage
grâce à leur « perception holistique des aspects médicaux, de sécurité
et d’assurance ».
PILOTER LE DEVOIR DE PROTECTION :
ANALYSES JURIDIQUES, TÉMOIGNAGES ET OUTILS
Pour les aider à concevoir les solutions les plus adaptées, le rapport
comprend quatre volets. Le premier propose une analyse juridique du
devoir de protection que l’Union européenne impose aux organisations
vis-à-vis de leurs collaborateurs. Le second montre, à travers la trans-
position du droit européen dans les législations nationales de 15 pays,
que les obligations locales évoluent vers toujours plus d’exigence en
matière de santé, de sûreté et de sécurité.
Le troisième volet liste les meilleures pratiques et apporte les témoi-
gnages de responsables risques et assurances de sociétés leaders sur
leurs marchés (Atlas Copco, CMI Groupe, DLA Piper, Drägerwerk, Kering
et Wolters Kluwer). Conçu dans une optique « boîte à outils », le quatrième
volet du rapport décrit les mesures que les organisations peuvent mettre
en place afin de réduire les risques potentiels auxquels sont exposés les
voyageurs internationaux et leurs dépendants. « Ce rapport aidera les orga-
nisations à accomplir leur devoir de protection envers les voyageurs interna-
tionaux susceptibles d'être exposés à des situations inhabituelles et à des
risques accrus hors de leur pays d'origine », souligne Jorge Luzzi, membre
du Conseil d’administration de FERMA et responsable de ce projet.
RISQUE VOYAGE : VOYAGEURS PROFESSIONNELS
ASSURÉS, DÉVELOPPEMENT PROTÉGÉ
Un rapport conjoint de FERMA et International SOS analyse la situation et liste les solutions possibles sur la mobilité
professionnelle et le Risk Management qui lui est associé. ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
47 DOSSIER
RETOUR SUR LES 24
?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
Une expertise reconnue
en solution globale de gestion
des risques et d’assurance Entreprise
• écoute
• Multi-spécialistes
• proxiMité
• conseilCredit photo : Shutterstock.com
Dommages - Risques Techniques - Construction - RC Entreprises et Professionnelles -
Flottes & Transport - Protection Juridique* - Santé & Prévoyance Collective -
Programmes internationaux
(*) Protection Juridique assurée et gérée par DAS.
MMA IARD Assurances Mutuelles, Société d’assurance mutuelle à cotisations fixes - RCS Le Mans 775 652 126 - MMA IARD, Société anonyme au capital
de 537 052 368 euros - RCS Le Mans 440 048 882 - Sièges sociaux : 14 boulevard marie et alexandre oyon - 72030 Le Mans Cedex 9 -
DAS Assurances
Mutuelles, Société d’assurance mutuelle à cotisations fixes - RCS Le Mans 775 652 142 - DAS, Société anonyme, au capital de 60 660 096 euros - RCS Le Mans
442 935 227 - Sièges sociaux : 33, rue de Sydney - 72045 LE MANS CEDEX 2 - Entreprises régies par le code des assurances.
pour entreprendre ensemble
La force d’un groupe
Une expertise reconnue
en solution globale de gestion
des risques et d’assurance Entreprise
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(*) Protection Juridique assurée et gérée par DAS.
MMA IARD Assurances Mutuelles, Société d’assurance mutuelle à cotisations fixes - RCS Le Mans 775 652 126 - MMA IARD, Société anonyme au capital
de 537 052 368 euros - RCS Le Mans 440 048 882 - Sièges sociaux : 14 boulevard marie et alexandre oyon - 72030 Le Mans Cedex 9 - DAS Assurances
Mutuelles, Société d’assurance mutuelle à cotisations fixes - RCS Le Mans 775 652 142 - DAS, Société anonyme, au capital de 60 660 096 euros - RCS Le Mans
442 935 227 - Sièges sociaux : 33, rue de Sydney - 72045 LE MANS CEDEX 2 - Entreprises régies par le code des assurances.
pour entreprendre ensemble
La force d’un groupe
L
a météo ingrate ne les a pas fait douter : 2 330 congressistes,
venus d’une trentaine de pays, étaient présents au Grand
Palais de Lille pour les 24
ème
Rencontres du Risk Management
de l’AMRAE, « un évènement qui porte bien son nom puisqu'en
en tous points il s'agit bien d'une rencontre de l'autre, de savoir-
faire et savoir-être, de bonnes pratiques… C'est un moment privilégié, une
bouffée d'air frais », souligne une congressiste. Tous étaient venus pour
participer à – et bénéficier de – une intelligence collective enrichissante.
Au cœur de cet écrin de verre situé à deux pas des gares TGV de Lille,
le Village Partenaires (52 exposants) s’ouvrait aux visiteurs après le
traditionnel retrait de badge. Une des nouveautés 2016 fut la concep-
tion soignée d’espaces détente : bibliothèque anglaise et tables de
lecture, espace presse avec les journaux du jour, à compulser dans des
fauteuils confortables.
« Cet endroit permet aux Risk Managers de rencontrer
tous les acteurs du marché et d’avoir une vision globale
de la situation des risques actuels et futurs »
UN GRAND PALAIS 2.0
Autre nouveauté 2016, la communication digitale : 14 écrans mobiles
jalonnant cet espace de 6 000 m² diffusaient le programme de la
journée ainsi que des vidéos institutionnelles sur l’AMRAE et le métier
de Risk Manager. Trônant au-dessus du stand AMRAE, un immense
écran LED diffusait en direct les sessions plénières ; enfin, une télé-
vision sur ce même stand proposait le documentaire de la CCR, Get
Ready, consacré au changement climatique. De quoi reposer les yeux
quelques minutes avec pédagogie !
Au deuxième jour du congrès, exposants et congressistes l’avaient d’ail-
leurs compris : tous les tweets contenant le hashtag #AMRAELille2016
s’affichaient sur ces écrans, favorisant ainsi la promotion de l’évène-
ment, des partenaires, des idées et des temps forts. Une aubaine aussi
pour les 818 entreprises représentées et les 41 journalistes présents !
À LA RENCONTRE DE LA CAPITALE DES FLANDRES
Si quelques rires ont parfois émaillé les sessions plénières (cf. les
facéties de Denis Kessler), les congressistes découvrirent d’autres
plaisirs une fois les journées terminées. La noble capitale des Flandres
recèle en effet de nombreux endroits d’exception et un centre histo-
rique d’une beauté sans pareille. Des lieux de charme que les soirées
organisées en marge des Rencontres permirent de découvrir comme la
Terrasse des Remparts à proximité de la citadelle, l’Hermitage Gantois
(un ancien hospice fondé en 1462), le Couvent des Minimes datant du
XVII
e
siècle et son cloître de 2500 m²…
L’ART ET LA MANIÈRE
C’est à l’intérieur même du Palais des Beaux-Arts de Lille que se tint
la soirée AMRAE, occasion simultanée et unique de visiter les lieux.
Accompagnés par les harmoniques d’un quartette à cordes, les invités de
l’AMRAE ont eu le loisir de contempler en toute quiétude chefs d’œuvres
de l’Antiquité, sculptures du Moyen-Âge, tableaux du XVIe siècle et
autres céramiques et objets d’art.
Aux Rencontres cette année, la nourriture était doublement spirituelle.
En 2017, Deauville accueillera l’édition-anniversaire des 25 ans des
Rencontres AMRAE. « Le 21
e
arrondissement de Paris », comme la surnom-
ment certains, vous offrira une nouvelle fois « un autre regard »…
AMBIANCE : LES RISK MANAGERS
DANS L’ŒIL DU CYCLONE
Crise migratoire sans précédent, réchauffement climatique, difficultés économiques : dans ce
contexte tendu, les Rencontres du Risk Management de Lille ont permis un temps de réflexion
collective autour du thème des « Climats à Hauts Risques ». Une bouffée d’air nécessaire dans
une ville d’histoire, pour une profession dans l’œil du cyclone.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
49 DOSSIER
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RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016 50 DOSSIER
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RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016 51 DOSSIER
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?ME
RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT
19 ET 20 MARS 2016
Foulées de l’Assurance 2016 – Paris
L’équipe aux couleurs de l’AMRAE était présente le dimanche 20 mars 2016
à l’occasion de la 7
e
édition des Foulées de l’Assurance, course orga-
nisée au profit de la prévention des maladies cardiovasculaires.
Au programme, deux courses : le « 10 km du Coeur » pour ADICARE
(recherche en cardiologie) et la « Marche du Coeur » pour soutenir la
cause de « Fais Battre Ton Coeur » (promotion pour l’installation de
défibrillateurs) sur un parcours de 8 km chronométré.
22 MARS 2016
Forum Decid’Assur - Paris Decid’Assur est une journée des innovations digitales dans l'assurance, qui réunit près de 400 décideurs et directions métier de l'assurance et leurs fournisseurs de solutions IT. Au programme : conférences
plénières, tables rondes et ateliers, afin d’apporter des réponses sur
les enjeux des technologies appliquées aux métiers de l'assurance :
big data, traitement des données et analytics, Solvabilité II, opti-
misation de la gestion des sinistres, performance des réseaux de
distribution, relation client…
22 ET 23 MARS 2016
Assises nationales des risques naturels – Palais du Pharo, Marseille La 3
e
édition des Assises nationales des risques naturels, organisée par
le ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, réunira l'ensemble des acteurs de la prévention des risques naturels :
collectivités territoriales, services de l'État, organismes d'assurance, experts, chercheurs, bureaux d'études, associations et divers repré- sentants de la société civile... Deux tables rondes ouvriront les débats sur les sujets de l'intégration
du risque dans l'aménagement et de la prévention du risque sismique,
et six ateliers aborderont les thèmes relatifs à la citoyenneté, la prévi-
sion, le retour d'expérience, l'ingénierie financière, la gestion inté-
grée des inondations et de leurs milieux, ainsi que les responsabilités
dans le domaine des risques naturels.
24 MARS 2016
Petit-déjeuner du CARM – Paris Le Cercle des Associés en Risk Management (CARM) organisait la
nouvelle édition de ses petits-déjeuners thématiques. Cette édition
était consacrée à la RC médicale. Jean-Pierre Marbaix, Directeur tech-
nique – Ingénierie Gestion des risques RC médicale à Ascora, apportera
son expertise ; il sera accompagné d’un expert judiciaire et d’un avocat
pour évoquer les aspects légaux de la RC médicale : définition, droit,
règlement des litiges…
10 AU 13 AVRIL
RIMS 2016 – San Diego, États-Unis La conférence annuelle du RIMS aura lieu à San Diego, du 10 au 13 avril
prochain. Brigitte Bouquot, Présidente de l'AMRAE, et Bénédicte Huot
de Luze, Déléguée Générale, seront présentes au plus grand rassem-
blement mondial de professionnels des risques et des assurances.
L’AMRAE organisera d’ailleurs un temps fort pour les professionnels
francophones présents. Plus d'informations sur :
www.amrae.fr/lamrae-au-rims-2016
9 ET 10 MAI 2016
Conférence 2016 PARIMA – Kuala Lumpur L’association pan-asiatique du management des risques et des assu- rances organise une première édition de sa conférence annuelle dans la capitale malaisienne. Plus de 20 intervenants, 3 sessions plénières, 6 sessions de formation, 4 rendez-vous networking : la conférence
PARIMA 2016 rassemblera des acteurs du risque et de l’assurance venus de toute l’Asie.
6 AU 8 JUIN 2016
Conférence Airmic – Royaume-Uni Durant 3 jours, le congrès de l’association anglaise de Risk Management
(Association of Insurance and Risk Managers in Industry and Commerce)
aura lieu dans la station thermale de Harrogate. Au programme, plus
de 30 ateliers, des conférences, des temps forts pour développer votre
réseau, et un grand village d’exhibition. 1 500 à 2 000 professionnels de
la gestion des risques et des assurances sont attendus.
7 AU 9 JUIN 2016
Congrès/Salon Preventica – Lille C’est l’édition 2016 du congrès de la maîtrise globale du risque sécu-
rité, sûreté et environnement avec pour thème cette année : la sécurité
électronique. Au menu, plus de 30 conférences sur les RPS, la mainte-
nance des installations, la prévention d’attaques, la sécurité routière,
l’ère du numérique…
16 JUIN 2016
Journée des Commission 2016 de l’AMRAE – Paris L'évènement annuel réservé aux Membres AMRAE pour échanger,
débattre, prendre connaissance des positions et travaux de l'AMRAE,
mais aussi mieux se connaître et nouer des contacts : actualité des
commissions, publications parues et à paraître dans l’année, travaux
en cours et à venir, thèmes d’étude définis par le Comité Scientifique
Permanent… La journée se clôturera par le traditionnel cocktail.
30 JUIN 2016
Journée CCR Cat Nat – Paris
La CCR organise la 7
e
édition de la Journée CCR Cat Nat, dédiée aux
catastrophes naturelles. Au cours de cette journée sera remis le Prix
CCR Cat Nat, qui récompense le meilleur travail de recherche dans le
domaine des catastrophes naturelles et de son application aux métiers
de l’assurance et de la prévention. Plus d'informations sur : www.ccr.fr
AGENDA ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
53 À L’AFFICHE
41
L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441-7442.29janvier2016.argusdelassurance.com
[ ][[[
Risquesémergents
Lesentreprisesaffrontentunenvironnementderisquesenpleineévolution.
Pluriels,ilssontsigrandset,désormais,siinterconnectésqu’ilspourraient,
danslesnouveauxscénarios,faireexploserlesystème.L’Argusdel’assurance
adécidéd’enisolercinqmajeurs:lescyber-attaques,larupturedeschaînes
d’approvisionnement,l’hyperterrorisme,lesrisquesenvironnementaux
etlespandémiesmondiales.Étroitementliésàdesconsidérationsgéopolitiques,
socio-économiquesettechnologiques,cesrisquesémergentsouvrent
unenouvelleèreauseindelaquellelerôlebouclierdesassureursseravital.
[dossierrisKmanagement]
[dossierrisKmanagement]
42 43
L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441-7442.29janvier2016.argusdelassurance.com L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441-7442.29janvier2016.argusdelassurance.com
tHiNKStOCK/L’ARGUSD
e
L’ASSURANC
e
U
nepluiederisquesinterdépendants
sembles’êtreabattuesurlaplanète.Au
pointd’ébranler,potentiellement,le
système.Toutlesystème.Siledangerne
souffreplusnidoute,nidébat,lapublication
concomitantedela11
eéditiondu«Global
RisksReport»àl’occasionduWorldEcono-
micForum2016(lireci-après)etdu5
eBaro-
mètredesRisquesd’Allianz
(1)donnetoutefois
àvoiruneperceptioncontrastéedesenjeux.
Leregardposésurlesnouveauxrisquesdu
mondechanged’ordonnancementcomme
decouleur,selonquel’onchausseleslunettes
del’entreprise,del’assureuroudel’écono-
miste!L’économistes’inquièteainsi,dans
l’ordre,desconséquencesd’uneinadaptation
auchangementclimatique,puisdesarmes
dedestructionmassive,dumanqued’eau,
d’uneaugmentationdesfluxmigratoiresà
grandeéchelleetenfinduchocénergétique.
Pourlapremièrefoisdansl’histoireduForum
économiquemondial,l’environnementfigure
d’ailleursentêteduTop5desrisquessuscep-
tiblesd’avoirleplusd’impactdevantl’insta-
bilitégéopolitique,puissociétale,écono-
miqueetenfinlerisquetechnologique
cristalliséparlesfameusescyber-attaques.
Desoncôté,l’entrepriseobservelesrisques
defaçonplus…terreàterre.Parpriorité,elle
redouted’abordl’interruptiond’activité(y
comprislesperturbationsdelachainelogis-
tique),l’évolutiondesmarchésaveclavola-
tilitéaccruequiatendanceàlescaractériser,
lescyberrisques,lescatastrophesnaturelles
ete
nfinlesévolutionslégislativesetrègle-
mentaires.Quantauxassureurs,ilsdansent
avectouscesloups,enproieàladifficulté
d’apporteruneréponseassurantielleopti-
Nouveauxrisques,
nouvellesdimensions
male,fauted’historiqueetdecapacité,
notamment.Lanécessairerésolutionde
l’assurabilitédecesrisquesémergents–peu
enimportel’ordre–pourlemaintiendes
équilibresdumondemettoutlemonde
d’accord.D’ailleurs,L’Argusdel’Assurancea
volontairementélaborésonpropreTop5
desrisquespotentiellementsystémiques,
envertudeleuractualitéetdesdernières
avancéesassurantielles.Ilsconcernentles
attaquescyber,l’hyperterrorisme,lasupply-
chain,l’environnementetlespandémies.
Leurpointcommun?Leurinterconnexion,
etdespertespourlesentreprises,qui
peuventdépasserlargementlesdommages
directsauxbiens.«Denombreusessociétés
craignentlesconséquencesd’interruption
d’activitéquisontdeplusenpluslerésultat
decyber-attaques,depannestechniquesou
d’instabilitésgéopolitiques(…)Entant
qu’assureurs,nousdevonstravailleravecnos
clientspourlesaideràaffrontercesnouvelles
réalitésdefaçonglobale»,confirmeChris
FischerHirs,directeurgénérald’Allianz
GlobalCorporate&Specialty.Uneplus
largegammedescénariosperturbateursse
profiledoncpourlesdifférentesparties-
prenantesdumondeéconomique.Àce
titre,lesmeilleureslunettesàchaussersont
sûrementen3D.3Dpourmondialisation,
digitalisation
etinnovationstechnolo-
giques.«Leurimpactposedesdéfisfonda-
mentaux»,assureAxelTheis,membredu
conseild’administrationd’AllianzSE.
■ÉLOïSEBERNIS
1.Étudemenéeauprèsde800gestionnaires
durisqueetexpertsenassurancedans40pays.
Activité infectieuse faible
Activité infectieuse modérée
Activité infectieuse soutenue
Activité infectieuse dense
Activité infectieuse élevée
Alaska
7 800 oiseaux marins7 800 oiseaux marins7 800 oiseaux marins7 800 oiseaux marins
morts échoués en Alaska.
..
morts échoués en Alaska.morts échoués en Alaska.morts échoués en Alaska.morts échoués en Alaska.mortsécmortséch
États-Unis
Cas épars d’hépatite C,
de tuberculoses, d’infection
à la E.coli, de pneumonie
ovine, de virus de la stomatite
vésiculaire, de coqueluche.
Royaume-Uni
EmpoisonnementEmpoisonnempoisonne
alimentairealimentairealimentaire
(scromboïdose),(scromb(scromb
streptocoques
oquesoques
strestre
du groupe A,
oupeA,oupeA,
fièvre scarlatine.
carlatine.carlatine.
UkraineUkraineUkraineUkraineUkraineUkraineUkraine
Grippes,
maladies respiratoires,maladies respiratoires,
schistosomes
(maladie parasitaire
arasitairearasitaire
(maladie parasitaire(maladie parasitaire(maladie parasitaire
dûe à un ver),
ver),unver),
(maladie parasitaire
dûe à un ver),
(maladie parasitaire
dûe à un ver),dûe à un ver),
choléra.
ra.ra.
KenyaKenyaKenyaKenyaKenyaKenyaKenyaKenyKenyKenyKenyKenyaKenya
Hépatite B,HépatiteB,HépatiteB
choléra, virus Ebola,
bola,bola,sEbola,sEbola,
léra,virusEbléra,virusEb
maladies animales.
animales.animales.
adiesanimaladiesanimal
s.s.
PaPaPaPaPakistanPakistanakistanakisPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistan
ParasitesdévaParasites dévastant
lesagrumes.lesaglesaglesaglesaglesag
IndonésieIndonésieIndonésie
MalaisieMalaisieaisieaisie
ThaïlandeThaïlande
andeande
Dengue,
maladies d’originemaladies d’origine
alimentaire.
Australie
Tuberculoses
pneumocorioses,
grippes, choléra,
diarrhées sévères,
dysenterie.
Canada
Cas de résistanceCas de résistanceCCas
antibiotique à la bactérieantibiotique à la bactérieantibiotique à la bactérieantibiotique à la bactérieantibiotique à la bactérie
ctériectérie
MCR-1 positive E.coli.MCR-1 positive E.coli.MCR-1 positive E.coli.MCR-1 positive E.coli.
PérouPérouPérouPérouPérouPérou
Virus Zika avec
transmission aux
nouveaux-nés atteints
de microcéphalies,
grippe H1N1.
NigériaNigériaNigériaNigériaNigériaNigériaNigéria
Grippe aviaire,
fièvre Lassa
(nouveau),
fièvre jaune.
Russie
Méningitesinfectieuses,
grippesH3N2.
Chine
Grippes aviaires,Grippes aviaires,Grippes aviaires,Grippesaviaires
viaires
Grippes aviaires,
grippe A H5N6,
H5N6,H5N6,
grippe A H5N6,grippe A H5N6,gripgrip
MERS-CoVMERS-CoVMERS-CMERS-C
mes
(syndromes(syndromes(syndrom(syndromiresires
respiratoiresrespiratoiresrespiratoipiratoi
de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).
aviruaviru
de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).decoronacoronade coronavirus).
p
Malaria.
Empoisonnements.
ArgentineArgentineArgentineArgentineArgentineArgentineArgentineArgentine
Réapparition de maladies
cliniques ancestrales.
Chikungunya,
diarrhées sévères.
Malaria record,
virus Zika.
Brésil
Venezuela
Fièvre catarrhale
(bluetongue virus).
FranceFrancFrancFrancFrancFrancanceFrancFrancFranceFranceanceance
MERS-CoV
(syndromes
respiratoires
de coronavirus).
respiratoires
de coronavirus).
respiratoires
Arabie
saoudite
Dengue, rage.
[dossier]
[dossier]
56 57
L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441.29janvier2016.argusdelassurance.com L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441.29janvier2016.argusdelassurance.com
PrOMeD:PrOgraMMeeNLigNeDeSuiViDeSMaLaDieSÉMergeNteS
■Àl’heureoùles
maladiesinfectieuses
émergentessepropagent,
sedisséminentet
mutentdanslemonde
entier,lesassureurs
s’organisentpour
apporterdesréponses
actuarielles.
C
inq,ilsenontisolécinq.
ÀGenève,desscientifiques
etdesexpertsdelaWorld
HealthOrganisationontjugéque
lafièvrehémorragiquedeCrimée-
Congo,levirusEbola,lafièvre
Lassa,leMERS(coronavirus)etle
SRAS(syndromerespiratoireaigu
sévère)constituentlespathogènes
émergentsàmêmedegénérerdes
risquessévères,aucunremède
n’existantàcejour.Outrecetteliste
prioritaire,levirusZika,lechikun-
gunya,lesida,latuberculose,la
malaria,lagrippeaviaireouencore
ladengue(voircarte)quigénèrent
moinsdedécèsmaisbeaucoupde
casd’incapacitésdetravailetd’in-
validitésdansdiversendroitsdu
monde,ontétéestimés«sérieux».
L’augmentationdelapopulation
mondiale,laproliférationdenou-
veauxvirus,l’explosiondunombre
devoyageursouencorelereculde
laruralitéjustifient,entreautres,
l’accroissementd’uneveillesoute-
nuesurcesmaladiesinfectieuses.
EnFrance,lesassureurs,eux,
s’organisentdepuisl’andernier
pourtrouverlescapacitésde
couvertures,sachantqueleBureau
commund’assurancescollec-
Quandunproblèmeponctuelp
eutdevenirplanétaire…
Pandémie-santé–maladiesémergentes
Lapandémieestmaladieinfectieuse
quitouchelapopulationd’unezonetrès
étendueduglobeetdontonmesurele
risqueparl’indicededéviationdemortalité
standard,autrementdittauxdelétalité
(*).
Cequel’assurancecouvre:lerisque
décès.Lescoûtsquidépasseraient
leseuildedéviationdemortalitésont
transférésauréassureur.Ceseuil
(1,5décèsliésàlapandémiepour
1000décès)peuts’appuyersur
lesinformationsfourniesdanslesétats
réglementairescomptablestransmis
chaqueannéeàl’aCPrparlesassureurs.
Cequel’assurancenecouvrepas
(oupeu):l’arrêtdetravail,lescoûtsliés
àdesmaladiesrésultantdelapandémie
etlesrisquesliésàl’assurance
dommagestellelaperted’exploitation.
*.Proportiondepersonnesdécédées
parmicellesayantcontractél’infection.
Principauxfoyerssanitairesinfectieuxidentifiés
danslemondedébutjanvier2016.112alertesautotal,maisaucunrisqueélevé.
43
Nouveauxrisques,
nouvellesdimensions
44
L’interconnexiondesrisques,nouvel
enjeupourlesétatsetlesentreprises
46
L’ascensionfulgurantedurisquecyber
50
Contrel’hyperterrorisme,
labatailledel’assurabilité
52
Leschaînesd’approvisionnement
donnentlevertigeauxassureurs
54
Lerisqueenvironnemental
faitunecourseréglementaire
56
Pandémie:
quand
unproblème
ponctuel
peutdevenir
planétaire...
59
Nouveauxrisques,vieuxdébats
(HedwigeVlasto,
avocateauBarreaudeParis)
sommaire
risK managementDOSSIER
riskmanagers.Danslespetitesstruc-
tures, il re ste des progrès à faire,
notamment dans la gestion des per-
sonnels expatriés ou locaux, mais la
prise de conscience a clairement eu
lieu»,indiqueRenauddePressigny,
directeurgénéraldeQBEFrance.
Lesdonné es,unbienvital
Levéritablechangement?Il
découledelaquatrièmerévolution
industrielle:lesentreprisessont
entréesdansunnouveaumonde
–digital,ubérisé,fondésurdesdon-
néesdemasseetsurdenouvelles
technologies–,quiengendredenou-
veauxrisquesdedéveloppementde
marché oudedéveloppement
macroéconomique.Tousdeuxont
faituneentréemagistraledansles
derniersclassements(voirinfogra-
phie).«40%des“businessmodels”
aurontchangéd’iciàcinqans.Les
conséquences,entermesderisques,
sontdifficilesàestimeraujourd’hui»,
expliqueFabriceDomange,direc-
teurgénérald’AIGpourl’Europede
l’Ouest.Carleurnaturecommeleur
hiérarchievontchanger.Certains
disparaîtrontauprofitd’autres
encoreinconnus.Parexemple?
«Larévolutiondel’impression3Dva
modifierprofondémentvoireeffacer
lerisque“supplychain”.Lamontéeen
puissanceduBigDatadonneune
nouvelleampleurauxmenaces
cyber:levolouladestructiondedon-
néespourronttueruneentrepriseen
trèspeudetemps»,indiqueThierry
Masurel.L’explosiondesobjetscon-
nectésouautonomessoulèvea
ussi
denombreusesquestions.«Dansle
futur,laresponsabilité d’unéventuel
accidentdelaroutesera-t-elleàcher-
cherducôtéduchauffeur,ducons-
tructeurdelavoiture,ouencoredu
fabricantdulogiciel?»illustre
FabriceDomange.
Enoutre,quelsquesoientles
domaines,lesrisquesontdésormais
acquisunedimensionplanétaire.
«L’interconnexioncroissantedes
entreprisesetlesmutationstechnolo-
giquescommelaconcentrationdes
servicesennuage,ladémocratisation
dessmartphones,desapplications
collaborativesetdesobjetsconnectés
conduisentlesrisquesàêtreplus
complexes,plussystémiquesetplus
difficilesàanticiper»,estimeDomi-
niqueDelmas,directeuradjointdu
développementresponsabilité
PanoramaUnecybercriminalitédeplusenplusprofessionnelle//P.36|AssuranceGrandsrisques:unmarchéàl’avantagedesassurés //P.37|
InternetLesréseauxsociauxdécuplentlerisquederéputation//P.37|ManagementUnefonctiondeplusenplusstratégique //P.38|
CécileDesjardins
A
veclerecul,2015fera-t-elle
figured’annéecharnièreen
matièrederisquesd’entre-
prise?«L’anné eaétémarquéeparde
trèsgrandsbouleversements,tantsur
unplansociétalqu’économique:
outrelesproblèmesgéopolitiques
mondiauxavecDaech,biensûr,mais
aussilaRussie,lepétroleoulasitua-
tionauMoyen-Orient,l’annéeavu
l’avènementdel’ubérisation,dela
transformationgénéralisée,lamon-
téeenpuissancedel’économiedepar-
tageoudesobjetsconnectés»,résume
ThierryVanSanten,directeurgéné-
ralFranced’AllianzGlobalCorpo-
rate&Specialty(AGCS).Autant
d’événementsquiontfaitbasculer
l’universdurisquedansunnouveau
monde,unepageblanche.
Les dangers traditionnels n’ont
bien s ûr pas disparu. « La première
causedesinistreesttoujoursl’incen-
die, suivi par les catastrophes natu-
relles.Ilnefautnégligernicesrisques
ni les expositions – présentes et réel-
les–qu’ilsreprésentent»,rappellent
ThierryMasureletEmmanuelBer-
nuchon, respectivement directeur
généralEuropeduSudetdirecteur
delasouscriptionchezFMGlobal.
Maisdenouveauxdomaines
sontentraind’émerger.Pastou-
jourstrèsclairs.Pastoujoursbien
définis…Cesontpourtantlessujets
dedemain.Parmieux,lerisquecli-
mat.Ilpeutsemblernaturelaprès
laCOP21,maisraressontlesentre-
prisesquil’ontréellementenligne
demireaujourd’hui,endehorsdes
désormaisclassiquespréoccupa-
tionssurlachaîned’approvision-
nementetlafragilitédesfournis-
seursasiatiquessituésdansdes
zonesinondables.«Avecla16
e
posi-
tiondansnotrebaromètre,leclimat
n’ajamaisétéaussibasdanslespré-
occupationsdesriskmanagers»,
relèveThierryVanSanten.
Ignoré e en début d’année der-
nière, même après les événements
dejanvier,lamenaceterroristes’est,
elle, imposée dans la plupart des
entreprises. «Chacun a compris
aprèslesattentatsdenovembrequela
menaceterroristeétaitdevenuegéné-
rale et omniprésente. Les grands
groupessontdeplusenpluséquipés.
Leursresponsablessécuritéousûreté
travaillentmaindanslamainavecles
ENJEUX// Al'occasiondes24
e
Rencontresduriskm
anagement,organisé esparl’Amrae(*)etquisetiennentàLille
jusqu’àvendredi,unpanoramadessujetsquipréoccupentactuellementlesprofessionnelsdel’assuranceetduris-
queenentreprise.Ducyberauterrorisme,enpassantparlaréputationetlatransformationdesbusinessmodels…
Denouvellesmenaces
àanticiper
civileducabinetd’expertiseSaretec.
«Unvirusouunverpeutaujourd’hui
rapidementsepropagerdanstoutun
secteurindustriel,sansaucuneconsi-
dérationgéographique…»avertit
EmmanuelBernuchon.
Autantderéflexionsquipeuvent
semblerloinduquotidiendelages-
tiondessinistresoumêmedesplans
decontinuitéd’activité.Defait,elles
sontlesignedel’évolutiondumétier
deresponsabledesrisquesversune
fonctionplusstratégiquequeparle
passé ,«supportdeladémarche
entrepreneurialedanslesorganisa-
tions»,résumeAnnePiotd’Abzac,
responsabledesrisquesdugroupe
Ipsen.Auxcôtésdeladirectiongéné-
rale.Mais,concrètement,comment
yparvenirdansl’universmouvant
actuel?«Lessolutionssontencoreà
trouveraujourd’hui,maisilnousfaut
réfléchiràplusd’anticipation,plus
d’agilité,d’innovationetdetransver-
salité»,estimeLoïcLeRoy,directeur
del’audit,ducontrôleinterneetdes
risquesdugroupeSoLocal.Unbeau
programmepour2016.
(*)Associationpourlemanagementdes
risquesetdel’assuranceenentreprise.
`
SUR
LEWEB
•Fraudeinterne:lapréventionpasseaussiparlesressources
humainessurlesechos.fr/
•Casd’école:Ipsen, AéroportsdeLyonetSoLocal
surlesechos.fr/
Lacouverture
environnementale
adaptéeàvos
vraisrisques
LesassurancessontfourniesparAIGEuropeLimited,membredu
GroupeAIGInc.L’offreestsusceptibledevarierselonlespayset
peutnepasêtredisponibledanstouslespayseuropéens.Pourplus
d’informations,vouspouvezvisiternotresiteInternet:www.aig.com
L’évolutionréglementairedansledomainedelaresponsabilité
environnementalenécessitedessolutionsd’assurancesadaptées.
LesnouvellesLoissurlaresponsabilitéenvironnementalenécessitentdenouvellessolutionsd’assurances.
AIGregroupedessouscripteursdontl’expérienceinternationaleetl’expertiseleurpermettentde
traiterdesexpositionsenvironnementalescomplexes,incluantlapollutiongraduelle,lesfraisde
dépollutiondessitesetlesdommagesquimenacentnotreécosystème.Quoideplusnaturelavecle
n°1françaisdesrisquesenvironnementaux!Pourensavoirplus:www.aig.com/fr/EnviroPro
SPÉCIAL
MERCREDI3FÉVRIER2016 LESECHOS.FR/
MANAGEMENTDESRISQUES
REVUE DE PRESSE
Un solide menu d’hiver pour cette huitième revue de
presse, sobrement arrosé par l’eau virtuelle de la Seine.
Une mise en bouche sur la couverture du risque
terrorisme, un solide buffet de hors d’œuvre sur le métier,
les 24
ème
Rencontres comme plat de résistance et dans la
farandole des desserts, les SIGR, le cyber.
Avec le café, de nouvelles mignardises.
Un menu riche en calories avec plus de 160 citations
entre le 1
er
décembre 2015 et le 30 mars 2016.
Les risk managers prennent du galon http://www.tribune-assurance.fr/article/4771-les-risk-managers-prenne...
1 sur 5 30/01/2016 11:34
Table ronde/Risk management
VI CAHIER SPéCIAL
Table ronde/Risk management
CAHIER SPéCIAL VII
La digitalisation touche aujourd’hui l’ensemble des entreprises, quelle que soit leur taille
et leur secteur d’activité. Qu’il s’agisse de grands comptes, d’ETI ou de PME, toutes les
sociétés sont à présent confrontées à de nombreuses problématiques liées à la rupture
numérique, induisant l’émergence de risques nouveaux. Dans ce contexte, la fonction
risk management se doit d’être au cœur des prises de décision, en contact direct avec le
conseil d’administration, mais également en lien étroit avec les opérationnels. Quels sont
les changements liés à la digitalisation ? Quels nouveaux risques induisent-ils ? Quelles
conséquences sur la fonction risk management ? Autant de questions que nous avons
posées à nos quatre experts.
Le risk manager face à
la digitalisation
La quatrième édition du Baromètre risk manager
réalisé par l’Amrae met en lumière les évolutions
de la fonction au sein de l’entreprise. Quel est en
2016 le rôle du risk manager ?
Brigitte Bouquot :
Avec la transposition de la huitième di-
rective, la fonction risk management a pris un essor caractéris-
tique au sein des grands groupes. Ainsi, nous assistons depuis
plusieurs années à une véritable prise de conscience de la part
des comités d’audit et des dirigeants. Cette prise de conscience
a pour conséquence la réalisation de reportings sur les risques
de plus en plus sophistiqués et exhaustifs. Au sein des grands
groupes, nous sommes ainsi passés d’une fonction risk mana-
gement incarnée par une personne à une véritable gouvernance
des risques, avec la volonté affichée de mettre en place une vi-
sion globale permettant de traiter en priorité les risques suscep-
tibles de mettre à mal les guidances financières de l’entreprise. Il
s’agit là d’une tendance de fond que nous observons depuis plu-
sieurs années au sein de l’Amrae, notamment via le Baromètre
du risk manager. Face à ces changements, nous avons décidé de
créer cette année un vice-président métier au sein de l’Amrae,
dédié à l’évolution du métier en tant que tel. Nous constatons
par ailleurs que cette évolution affecte les grandes entreprises
mais qu’elle se propage également au sein des autres entreprises,
quels que soient leur taille et leur secteur d’activité. Ceci est la
résultante de la crise financière et des nouvelles réglementations
mises en place mais aussi d’une prise de conscience plus générale
du fait que l’entreprise est exposée au risque, prise de conscience
à laquelle les risk managers doivent répondre. De plus, je dirais
que nous sommes aujourd’hui face à l’apparition de risques sys-
témiques. Tout fait système. Dans un monde de risques systé-
miques, il y a une forme d’urgence à ce que les fonctions de risk
management fassent partie intégrante des fonctions vitales de
l’entreprise. Les dirigeants doivent pouvoir s’appuyer sur les risk
managers pour prendre les bonnes décisions.
La digitalisation touche actuellement l’ensemble
des entreprises quels que soient leur secteur d’ac-
tivité et leur taille. Quelles sont les incidences de la
rupture numérique au sein des entreprises ?
François Malan :
La digitalisation est un thème straté-
gique et un véritable sujet d’entreprise. La révolution numé-
rique touche les assureurs, mais également les entreprises in-
dustrielles et de services. Au-delà de l’outil informatique, cette
révolution numérique est l’occasion de revoir les process et de
repenser le fonctionnement de l’entreprise. C’est l’occasion de
se demander s’il n’est pas possible de mieux faire ou de faire
différemment. En effet, la digitalisation modifie le fonctionne-
ment de l’entreprise et transforme l’ensemble de ses systèmes,
à l’instar des systèmes comptables par exemple. Par ailleurs, la
digitalisation a un impact sur l’ensemble des collaborateurs, via
notamment la mise en place de nouveaux outils. Elle modifie
également les échanges avec les clients. C’est donc l’occasion
pour une entreprise de redéfinir ses relations avec ses clients,
ses prestataires et ses partenaires. Elle engendre un changement
de fond qui amène à repenser les échanges par le prisme de la
dématérialisation. Autant de projets long terme qui demandent
beaucoup d’investissements et qui mobilisent toutes les strates
de l’entreprise. Si les directions générales donnent l’impulsion,
ce sont ensuite les DSI qui sont au cœur de l’aspect technique.
Mais cela va bien au-delà de la technique. Il s’agit d’un chan-
gement culturel de l’entreprise, qui affecte l’ensemble des col-
laborateurs et doit donc également mobiliser les directions des
ressources humaines.
Gilles Proust : Nous constatons que depuis deux ans, le sujet
de la digitalisation est au cœur des cartographies des risques de
nos clients. A mon sens, l’une des clés de la réussite est le timing.
En effet, ce sujet étant nouveau, il y a parfois un enthousiasme
fort de la part des entreprises qui peuvent se précipiter sur le su-
jet. Ainsi, sur la base de revues stratégiques, certaines entreprises
ont estimé que l’ensemble de leurs activités serait modifié par
la rupture numérique, réalisant alors de lourds investissements.
D’autres en revanche sont encore très en retard sur le sujet. Dans
ce contexte, la cartographie des risques est un bon outil. Elle va
en effet permettre de mettre le sujet sur la table et de le scéna-
riser afin de se demander de quelle manière la digitalisation va
impacter l’entreprise. Il est, je pense, essentiel que ce sujet soit
débattu au sein de l’entreprise et qu’il soit mis en perspective par
rapport aux autres enjeux afin de prioriser les problématiques.
La digitalisation a amené de nouvelles probléma-
tiques et de nouveaux risques au sein des entre-
prises. Ces sujets évoluent très rapidement. De
quelle façon le risk manager peut-il mettre en place
une stratégie de gestion long terme alors que, dans
le même temps, la rupture est en marche ? Quel est
le rôle du risk manager sur ce sujet ?
Brigitte Bouquot :
Il est vrai que ces sujets s’accélèrent et que
les effets de la révolution Internet ne sont pas encore totalement
accomplis. La rupture numérique transforme en profondeur la
relation entre les acteurs, tout au long de la chaîne de valeur ;
elle transforme donc les business models autour des données.
L’histoire est aujourd’hui en train de s’écrire. C’est fascinant, et
dans le même temps nous devons faire face à de nouveaux chal-
lenges à l’instar de la cyber-sécurité. A mon sens, il faut évoquer
la doctrine en termes de sécurité : des systèmes sont créés pour
répondre aux attentes fonctionnelles de notre vie humaine. Il
n’y a pas de limite intellectuelle à pouvoir penser la sécurité en
même temps que l’on pense la technologie. Il est ainsi possible
de concevoir la sécurité nativement, le risk manager doit aller à
la source de ces évolutions pour établir les scénarios et leurs im-
pacts (pertes de données ou arrêt de fonctionnement), veiller au
partage des responsabilités et à l’assurance des risques résiduels.
François Malan :
Le rôle du risk manager est d’anticiper et
dans certains cas, de jouer les garde-fous en faisant preuve de
prudence. Ainsi, lorsqu’il s’agit de digitalisation, l’investissement
financier est colossal et se chiffre en millions d’euros. Il est donc
essentiel d’avoir un retour sur investissement, via une amélio-
ration de la productivité ou une marge augmentée. Pour entrer
dans la digitalisation, il faut avoir les moyens financiers. Dans
le même temps, il ne faut pas aller trop vite, car si le ROI n’est
pas au rendez-vous, les investissements réalisés vont fragiliser
l’entreprise. Le rôle du risk manager est aussi de diffuser la pru-
dence. En effet, il y a un véritable enthousiasme face aux sujets
de digitalisation. Certains projets se montent très rapidement,
dans un esprit start-up. Notre rôle en tant que risk managers est
de faire entrer la notion de «prise de risque juste» dans chacun
des projets qui sont souvent morcelés. Par exemple, les opéra-
tionnels considèrent souvent les données clients comme une vé-
ritable mine d’or. La tentation est de les utiliser dans tous les sens
et parfois de manière abusive ! Or, en France, la réglementation
sur ce sujet est assez contraignante. Notre rôle est donc d’alerter
et d’inciter à la prudence. Enfin, je dirai que la digitalisation
présente le risque de laisser de côté certains collaborateurs qui
ne sont pas «digital native». D’où l’importance de la formation.
A nouveau, les directions des ressources humaines ont un rôle
clé à jouer.
Quid des assureurs et conseils ? Constatez-vous
une augmentation de la demande client sur les su-
jets liés à la digitalisation ?
Renaud de Pressigny :
On constate aujourd’hui une de-
mande croissante de la part des clients, quelle que soit leur taille,
sur la couverture des cyber-risques. Et les offres des assureurs en
De gauche à droite : Renaud de Pressigny, directeur général de la branche française,
QBE - Gilles Proust, président, Arengi - Brigitte Bouquot, directeur des assurances et
de la gestion des risques, Thales et présidente, Amrae - François Malan, directeur de
la gestion des risques, Nexity
Photos : Olivier Braive
P
olyvalence. Tel est sans conteste le mot d’ordre qui
s’applique à présent aux prérogatives des risk mana-
gers. Plus question de se cantonner à la gestion des
assurances et de la prévention. Selon le Baromètre
risk manager 2015 réalisé par l’Amrae, en partena-
riat avec le cabinet de conseil PwC, les champs d’intervention
des risk managers sont aujourd’hui multiples. Ils interviennent
à la fois sur les risques opérationnels, les risques de fraude, les
risques environnementaux, les risques sûretés/sécurité ainsi que
les risques fournisseurs. Il ressort par ailleurs du baromètre que,
en 2015, 62 % des risk managers disent avoir un accès direct au
directeur général de leur entreprise. Signe que cette fonction joue
à présent un rôle clé au sein des groupes, ce pourcentage n’a cessé
de progresser depuis la première vague du baromètre. Loin d’être
une simple fonction support, le risk management est aujourd’hui
au cœur de la stratégie des entreprises. François Cottignies est
administrateur indépendant. Il se décrit lui-même comme un
«administrateur soucieux de la gestion des risques». Il explique :
«La question des risques doit être au cœur des questions traitées
au plus haut niveau, c’est-à-dire au niveau du conseil d’adminis-
tration et sous le contrôle de l’assemblée générale, qui doivent
tous deux s’assurer de l’efficacité de la stratégie globale, sans pour
autant intervenir directement. La direction doit ensuite s’appuyer
sur le management et les collaborateurs qui seront, eux, chargés
de la surveillance, du pilotage et de la gestion des risques.»
Dans ces conditions, la fonction risk management a connu au
cours des dernières années une réelle professionnalisation, via
notamment le développement d’outils spécifiques. Car, dans les
faits, les tâches qui incombent au risk manager sont multiples.
Outre la gestion des polices d’assurance, il doit également être à
même de piloter une stratégie globale sur les défauts de paiement.
Par ailleurs, dans un monde globalisé, les risques de taux de
change, les risques géopolitiques et économiques sont des enjeux
avec lesquels les experts doivent composer. A cela s’ajoute le
risque de fraude qui, avec l’arrivée des paiements électroniques,
s’intensifie. Ainsi, il ressort d’une récente étude que les entreprises
II Cahier spéCial Cahier spéCial III
Risk management :
les nouveaux enjeux
Marché/Risk management Marché/Risk management
Le profiL type du risk
manager en 2016
Tous les deux ans,
l’amrea, en partenariat
avec pwC, livre le
Baromètre du risk
manager. pour l’édition
2015, l’association a de
nouveau dressé le profil
type des risk managers.
Majoritairement
masculins (59 %), ils
sont à 53 % âgés de plus
de 46 ans et exercent
principalement dans
des entreprises de type
grands comptes (63 %),
des secteurs de l’industrie
et des services (52 %).
Dans le détail, la nouvelle
édition du baromètre
montre une diminution
des risk managers
gérant exclusivement
les assurances et la
prévention (de 42 % en
2013 à 31 % en 2015) au
profit des risk managers
plus polyvalents en charge
de la gestion des risques
et/ou des assurances.
Côté rémunération, le
salaire fixe brut annuel
s’établit à 108 000 euros
pour les top managers
et à 84 000 euros pour
les autres. a noter, par
ailleurs, qu’une différence
de 15 % subsiste entre les
hommes et les femmes.
Au fil des ans, la nature des risques s’est intensifiée et diversifiée, à tel point
que la gestion des risques fait aujourd’hui partie intégrante de l’activité
des entreprises. Qu’elles soient mastodontes cotées, ETI en développement
ou petites PME, les sociétés doivent, à l’heure actuelle, faire face à des risques
multiples. Risques politiques, climatiques, cyberattaques et rupture numérique
viennent à présent s’ajouter aux risques plus classiques tels que les risques
incendies, les risques de faillites, de matériels défectueux ou encore les risques
financiers et réglementaires. Dans ce contexte, le risk manager est, plus que
jamais, l’un des éléments clés de l’entreprise. Il doit être à même de réagir vite
et de s’adapter dans un environnement en pleine mutation.
victimes de fraude ne s’en rendent compte en moyenne que dix-
huit mois après l’incident. «D’où l’importance de sensibiliser
en amont à la fois les équipes comptables et les équipes en
charge de la sécurité informatique», explique François Malan,
vice-président de l’Amrae. A ces prérogatives assez récurrentes
viennent s’ajouter d’autres problématiques qui affectent plus
ou moins les entreprises, selon leur secteur d’activité et leur
phase de développement. Enfin, avec l’arrivée des nouvelles
technologies et l’«uberisation» de l’économie, les risk managers
doivent également garder un œil sur l’émergence des nouveaux
entrants. Bien sûr, cette mission de veille n’est pas du ressort
exclusif du risk manager, mais il se doit d’y rester attentif à la
fois grâce à ses interactions avec le comité de direction mais
aussi en lien avec les équipes opérationnelles.
Diffuser la culture risque au sein de l’entreprise
L’une des tâches qui incombe au risk manager est de diffuser une
culture risque au sein du groupe. Face à l’émergence de nouvelles
Les missions du risk manager
66 % Définition des missions
et de la structure du dispositif
75 % Appréciation du risque
64 % Maîtrise des risques
75 % Diffusion de la culture du risque
45 % Financement des risques
Gestion des événements non assurés /
non assurables
31 %
Gestion des sinistres 57 %
Gestion de crise 36 %
Pilotage et reporting 66 %
Source : Le Baromètre du Risk Manager 2015, PwC, Amrae
LA
CHRONIQUE
deLaurentGuez
Làoùilyadubusiness,ilyadurisque.
C’estleseldelaviedesaffaires.Sanslui,
pasd’innovation,pasd’investissement,pas
d’avantageconcurrentiel,pasdecréationde
richesse,autrementditpasdecapitalisme!
Etquandleministredel’Economie,mercredi
dernier,déclareque«lavied’unentrepreneur,
elleestbiensouventplusdurequecelled’un
salarié »,c’estdeceladontilparle.D’ailleurs,
lelendemain,aprèsladésolantepolémique
provoquéeunenouvellefoisparsesproposde
bonsens,EmmanuelMacronadûpréciserle
fonddesapensée:«Quandonest
entrepreneur,onprenddesrisques,quinesont
pasdelamêmenaturequ’unsalarié .C’estune
évidence.Jen’aijamaisditquelaviedes
salarié sétaitfacile.J’aidelaconsidé rationpour
eux,sinon,jen’auraispasprisl’engagementqui
estlemien.»
Alorsbiensûr,lesentrepreneursnesontpas
lesseulsàs’exposer.Lesemployésontleur
partdestress,ilsnesontpasàl’abridesplans
sociaux,desaccidentsdutravail,desrisques
psychosociaux…C’estencoreplusvraides
managers(salarié s)desgrandsgroupes
–qu’onnepeutpasrangerexplicitement
danslacatégoriedesentrepreneurs.Ils
doiventprendredesrisquesàchaqueinstant,
etlesassumerpourlemeilleuretpourlepire
auprèsdeleursactionnaires,deleurs
collaborateursetdesautrespartiesprenantes.
Investirsurunetechnologiedisruptive,
s’implanterdansunnouveaupaysémergent,
déciderunlancementdeproduit,réaliser
unegrosse
acquisition,accepterourefuser
desefaireracheter…Suivantleurhistoire,
etleuréducation,ilsontleurpropreaversion
aurisque.Autrementdit,aprèsunefroide
analysedelasituation,ilsplacentlecurseur
oùilslesentent,plutôtducôtéde
l’opportunitéouplutôtducôtédudanger…
Cequichange,cesdernièresannées,c’est
qu’aurisqueintrinsèquedubusinesss’ajoute
denouveauxaléas,quidoiventdésormais
fairel’objetd’unevéritablecartographie(lire
notrearticleci-contre,etl’enquê teréaliséepar
lecabinetEY).Cesaléasonttendanceà
transformerlaviequotidiennedudirigeant
enlongparcoursauxalluresdejeuvidéo,
aucoursduquelsurgissentunecyberattaque,
desfraudesentoutgenre,unattentat,des
modificationsréglementairesoufiscales,
unmouvementgéopolitique,descatastrophes
naturelles,lafaillited’unfournisseurclef,
unnouveauconcurrent«barbare»…
Quellesquesoientleurnatureouleur
intensitédramatique,ilsfontbeletbien
partiedupaysagedumanagercesnouveaux
risques.Ilsconstituentmêmel’essentiel
dumétierdepatron.
n
Lerisque,lepatron…
etEmmanuelMacron
ValérieLandrieu
@ValLandrieu
Biensûr,ilyalesrisquesauxquels
toutlemondesongedésormais:la
cybercriminalitéetlasécuritédes
personnes.Maisaussitousles
autres,ceuxdessphèreséconomi-
que,sociale,environnementale,
géopolitique,technologique,etc.
Au-delàdeleursseulsaspectsassu-
rantiels–àl’origine,enréalité,du
développementdu«riskmanage-
ment»–etdesexigencesréglemen-
taires,lesentreprisesdoivent
aujourd’huifairelapreuvedeleur
capacitéàenvisagerlesdiverspérils
susceptiblesdelesmenacer.«Nous
sommesentrésdansl’èredesgrands
risquessystémiques»,annonce
BrigitteBouquot,laprésidentede
l’Amrae,l’Associationpourlemana-
gementdesrisquesetdesassuran-
cesdel’entreprise.
Avouloiréliminertoutrisque,on
s’exposeraitàlarigidité ,estimaitle
gouroudumanagementPeterDruc-
ker,en1973.Quarante-troisansplus
tard,lesdirectionsd’entreprisesont
plusquejamaissommé esdepenser
leursscénariosfutursalorsqu’elles
entrentenpériodedetransforma-
tion.Ettouslesacteursdesmilieux
d’affaires,ycomprisceuxdel’écono-
miedupartage,sepenchentsurla
gestiondeleursrisques.Exemplesde
démarches,globalesouplusciblées.
d’action»,résumeLaurentBarba-
gli,administrateurdel’Amrae,
àl’attentiondesPME.
2
Thalesanticipe
lesgrossinistres
«Noustravaillonssurlacontinuité
dubusiness»,souligneBrigitte
Bouquot,directeurdelagestiondes
risquesdugroupeThales.Quand
l’entreprisesubitenItaliel’effondre-
mentdesonusinedeL’Aquila,
ravagéeparles
éisme,en2009,ses
programmesspatiauxsontretardés
deplusieursmois.«Lesiteétaitbien
assurépouruntelcasmaislesdom-
magessubisétaientpourmoitié
indirects.Untremblementdeterrede
cetteampleurn’avaitpasréellement
étéenvisagé»,expliqueladirigeante,
quiaprissonposteen2010.Une
étudeplusapprofondiesurles
implicationsd’unecatastrophe
naturelle,réaliséedepuis,apermis
augroupe,àl’automnedernier,de
nepassubirdepleinfouetlesconsé-
quencesdespluiesdiluviennesà
Cannesoùestsituél’undesessites
industrielsmajeurs.
3
Safranscrute
les«supplychains»
PourSafran,image,conformité,
cyberintrusionetsûretésontau
nombredesgrandsrisquesàconsi-
déreren2016.Mais,aveclamontée
encadencedesprogrammesde
productiondesmoteursetlatransi-
tionversunenouvelleoffrequi
s’annonce,ledangerquesurveillele
groupecommelelaitsurlefeu
s’appelle«retardfournisseur».
«Plusieurscentainesdeplans
d’action,avecpilotesetcalendriers,
ontétéélaboréspourmaîtriserle
risquede“supplychain”
auseindugroupeet
chezlesfournis-
seursmêmes»,
expliqueJean-
Christophe
Corde,
directeurRisquesetAssurancesdu
groupe.Pourcesderniers,outilsde
créditetdélaisontétémodelés
pourquelachaînenesoitjamais
rompue.Cetteappré hensionopéra-
tionnelledesrisquesseconcré tise
égalementparlebiaisd’uneforma-
tion.Unmoduledesensibilisation
estproposésurlecampusdel’uni-
versitéd’entrepriseàMassy:
«Nousvoulonsdévelopperune
culturedurisque»,expliqueJe
an-
ChristopheCorde.Aveccepro-
grammemaison,Safraninitie
jusqu’à3.000collaborateursparan
auvocabulaireàemployerdansles
notesinternes.L’objectif:éviter
«toutrisquedecatastrophejudi-
ciaire».
4
Depuislecomex,Ipsen
traquelacontrefaçon
L’impactdelacontrefaç ondemédi-
caments,enconstantecroissance,
identifié chezIpsen,étaitdifficileà
mesurer.«Lesprofitsréalisésparles
contrefacteursontétémisenperspec-
tiveaveclesprévisionsdeventes.Cela
apermisd’identifierdifférents
niveauxderisques,selonleszones
géographiquesetlessubstancescon-
cernées»,expliqueAnnePiot
d’Abzac,VPchiefriskofficerdu
groupe.Lesujet,quifigureparmiles
risquesprioritairesconsidé résau
plushautniveaudel’entreprise,aété
portéparunmembreducomité
exécutifet«uncomité transversal
dédié,pilotéparladirectionjuridique
etladirectiondela“supplychain”,est
chargéd’accé lérer,decomplé teretde
superviserlesplansd’action,decoor-
donnerlesactionsenréponseauxcas
decontrefaçonetd’enrendrecompte
régulièrementàladirectiongéné-
rale»,indiqueAnnePiotd’Abzac.
a
Retrouversurlesitedes«Echos
Business»l’étude«EY’sglobal
governance,riskandcompliance
survey2015»,titrée«There’s
norewardwithoutrisk».
echo.st/dg
GESTION//
Peuàpeu,les
entreprisespeaufinentleurs
dispositifspouranticiperles
conséquences,ycompris
indirectes,desaléas.
v
LECONSEIL
Christophe
Lairy
(AssociéEYencharge
dudépartementRisk)
EnchargedudépartementRisk
d’EY,ChristopheLairyinvite
lesentreprisesàseconcentrer
surlesrisquesstraté giques
etexternesayantunimpactfort
surleuractivité.
«Etablirunecartographiedes
risquestouslestroisans,etla
mettreàjourannuellementne
suffitplus.Ilfautêtreenmesure
desuivreentempsréeldesindica-
teurs,grâceàl’analysededon-
nées»,recommande-t-il.«Dans
cetteperspective,lesentreprises
doiventtravaillerentempsde
réponse.»
_
ILINVITELESENTREPRISES
ÀSECONCENTRERSUR
LEURSRISQUESEXTERNES
ETSTRATÉGIQUES.
ETÀS’OUTILLERAU
PLANTECHNOLOGIQUE.
EY
1
BioMérieuxpiloteàl’aide
d’unecartographie
Outred’établirlatypologiedes
grandsrisquesassurables,lecabi-
netd’auditetdeconseilEYrecom-
mandedes’outillerd’unecartogra-
phie.Cettedernière,baséesurles
impactsdesrisques,permetd’orien-
terlefonctionnementdel’entre-
priseetlesréponsesàapporter.La
gestiondestalentsoulapénétration
d’unnouveaumarchéentrentainsi
danslacatégoriedesrisquesstraté-
giquesquioffrentauxentreprises
desopportunitésd’agir;lescyberat-
taques,lesfraudesoulaconformité
entrentdanslacatégoriedesris-
quesquel’entreprisepeutcontrô ler,
etlafiscalité,lagéopolitique,les
catastrophesnaturellesoumêmela
concurrencedanscelledes«ris-
quesexternes».
L’entreprisebioMé rieux–quia
ajouté lesrisquesaupérimètrede
sondépartementAuditinterneen
2014,etlesarattaché sàladirection
générale–achoisidetravaillerde
cettefaçon.Elleutiliseunecartogra-
phiedesrisquesmajeurssuscepti-
blesdemenacerlesobjectifsstraté -
giquesàcourtetpluslongtermes.
Etaoptépouruneclassification
baséesurletyped’actionsnécessai-
resàleurgestion.«Ladirection
généraleasouhaitél’utilisercomme
unoutildegestiondepilotagedela
société»,préciseCélineFantinLe
Calvé,directeurdel’auditinterne,
desrisquesetdelaconformité.
Lacartographiecomprendquatre
zonesdistinctes–l’action,lecon-
trôle,ladélégationet
lasur-
veillance–quifluctuentenfonction
duniveaudemaîtrisedesrisques
parl’entrepriseetdesactionsnéces-
sairesàdéployeretàpiloter.Elle
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tificationetl’évaluationdenou-
veauxrisquessontréalisées
annuellement.
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internesou
externes–,
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rerque«cha-
querisquea
“unpro-
priétaire”
etun
plan
Risques:quatre
pistesanti-chaos
GillesRolle/RÉA–FrankPerry/AFP–Photopointcom/Thales–VladimirBorodine/Snecma/Safran
SUIVEZ-NOUSSUR
Directiongénérale
Bingo
pourlaFrançaisedesJeux
//P.02|
Finance
Dartycompresseson
BFR//P.03|Juridique
Quand
l’informatiquefaitprogresser
lesjuristesdeTerrena
//P.04|
Marketing
CommentCoca-Cola
renouvellesonmarketing
//P.05|
Numérique
Lesprosdela
cybersécuritésonttroprares
//P.06|Carrière
Lamasterclass
deMichaelleJean
//P.07|
ChezThales(àgauche),lescatastrophesnaturelles
nedoiventpasperturberlacontinuitédel’activité.
PourlegroupeBioMérieux,lacartographiedesrisques
estunoutildepilotagedelasociété.
Ipsen(fabricant
duSmecta)donne
laprioritéàlalutte
contrelacontrefaçon.
Quantaugroupe
Safran,lesrisquesliés
auxretardsdesfour-
nisseurssontsurveillés
auplushautniveau.
LUNDI25JANVIER2016//SUPPLÉMENT GRATUITAUNUMÉRO 22114|ISSN0.153.4831|NEPEUTÊTREVENDUSÉPARÉMENT BUSINESS.LESECHOS.FR
Les nouveaux enjeux
CAHIER
SPÉCIAL
RISK MANAGEMENT
LA TABLE RONDE :
le risk manager face
à la digitalisation
p. 6
LES EXPERTISES :
Arengi poursuit son
développement
p. 12
QBE, partenaire de
la gestion des risques
des PME et ETI
p. 14
LA VOIX DU NORD MERCREDI 3 FÉVRI ER 2016
37
Économie
1073.
PAR JEAN-MARC PETIT
economie@lavoixdunord.fr
LILLE.
«Le risk manager, c’est un
peu l’empêcheur de tourner en rond.»
Olivier Copperman est le respon-
sable communication de l’AMRAE,
l’Association Management des
Risques et des assurances de l’En-
treprise, l’association représentant
les 5 000 risk manager s potentiel-
lement recensés en France, qui
ouvre aujourd’hui à Lille ses ren-
contres annuelles(voir ci-dessous).
Toutes les entreprises du CAC 40
ont un risk manager, pas encore
suf f isamment de PME.
Et pour tant… Que ce soient les at-
tentats ter roristes, les catastrophes
naturelles, la multiplication de la
cyber-criminalité, ou tout simple-
ment la prise en compte des assu-
rances, de la sécurité sur une ligne
industrielle, une bonne organisa-
tion logistique ou f inancière, les
risques sont désormais par tout, et
doivent être anticipés.
«Notre rôle est essentiellement antici-
pateur, explique Christine Gfeller,
directrice des risques du g roupe
Arc Inter national.Nous devons
identifier, analyser, quantifier et réf lé-
chir à tous les moyens de traitement et
de réduction des risques, en lien direct
avec la direction générale, et avec les
équipes concernées. Notre rôle, c’est
prévoir le cas où, pour qu’il n’arrive
pas ».
ATTEI NTES À LA RÉPUTATION
Créatrice du poste de risk-manager
au sein d’Arc, il y a treiz e ans,
quand le g roupe s’est for tement in-
ter nationalisé, Christine Gfeller
s’occupait auparavant de la gestion
des assurances, «qui servent à cou-
vrir un risque qui se réalise. Très vite,
nous avons pris conscience qu’il fallait
une politique de gestion des risques
pour l’ensemble des processus, sup-
ports et filiales du groupe».
Mais les risques moder nes ne sont
plus seulement « assurantiels » et
industriels.
«Les risques de nature immatérielle
font désor mais partie des données à
prendre en compte au sein des entre-
prises» constate Anne-Marie Four-
nier, vice-présidente de l’AMRAE et
risk manager au sein de Kering. Ce
sont les atteintes à la réputation via
les réseaux sociaux, les atteintes
aux données de l’entreprise, les
peur s médiatiques qui créent des
désaf fections de clientèle… Autant
de risques qui peuvent créer de
lourdes per tes. Et qu’il faut égale-
ment anticiper. Des données qu’il
faut croiser, organiser entre dif fé-
rents ser vices, et que le patron, pre-
mier risk manager de l’entreprise,
ne peut appréhender seul.
«La gestion des risques, c’est avant
tout une question de bon sens» estime
Christine Gfeller. C’est pour cela
que les risk-manager s sont souvent
des gens de g rande expérience,
connaissant tous les rouages de
l’entreprise. Des « perles rares » qui,
avec la globalisation de l’économie,
ont plus que jamais leur place en
entreprise.
Profession risk manager :
prévoir le pire
pour qu’il n’arrive pas
Événement naturel, accident, piratage informatique, sécurité financière…
La gestion des risques est un poste stratégique au sein d’une entreprise.
Rencontre avec une profession méconnue qui tient congrès à Lille.
Christine Gfeller a créé la fonction de « risk manager » à Arc International, quand le
groupe s’est fortement internationalisé.
PHOTO LA VOIX
Notre rôle
est essentiellement
anticipateur. La gestion
des risques, c’est une
question de bon sens.
LILLE.
Du 3 au 5 février, l’AM-
RAE, l’Association management
des risques et des assurances de
l’entreprise, accueille à Lille
Grand Palais ses Rencontres an-
nuelles. Plus de 2 500 profession-
nels de la gestion des risques sont
attendus à cette manifestation.
Placées sous le thème «Climats à
hauts risques», ces rencontres
AMRAE, organisées au sor tir de
la COP21 et du World Economic
For um de Davos, se veulent la
caisse de résonance d’un risk ma-
nagement à l’échelle de la pla-
nète.
L’atteinte des limites naturelles de
la planète, son réchauf fement cli-
matique, la globalisation écono-
mique et technologique, créent
des risques systémiques dont les
états comme les entreprises ap-
préhendent encore mal les im-
pacts.
C’est de tous ces scénarios et de la
manière de les anticiper qu’il sera
question pendant ces trois jour s
de rencontres et d’atelier s où sont
attendus de prestigieux invités,
comme Pascal Lamy, ancien di-
recteur général de l’Organisation
mondiale du commerce, Denis
Kessler, PDG de SCOR, Jean-Louis
Chaussade, PDG de Sue z.
AMRAE : prendre la mesure du risque
Pascal Lamy (ancien DG de l’OMC),
viendra conclure les rencontres AMRAE.
FINORPA ENTRE AU CAPITAL
DU CABINET ADIX
LILLE.Depuis 1994, le cabinet de conseil en
management Adix aide les entreprises à définir,
structurer, piloter et mettre en œuvre leurs projets
d’évolution. Suite au départ à la retraite en 2015
de son actionnaire historique, qui détenait 55 % des
parts, Adix a réorganisé son capital. Le groupe régional
de capital-investissement Finorpa a investi 300 000 euros
dans la holding Gadix nouvellement créée, aux côtés du
fonds Sopromec Participations qui a réinvesti la même
somme. Avec quatre bureaux en France, à Paris, Lille,
Lyon et Strasbourg (35 consultants), Adix réalise environ
6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015 et affiche
une belle croissance. D’ici 5 ans, l’entreprise devrait
doubler ses effectifs.
ANDRÉ CHARLOT, NOUVEAU DÉLÉGUÉ
RÉGIONAL D’EGEE
RÉGION.Après sept ans d’animation d’EGEE Côte
d’Opale, André Charlot vient d’être élu délégué régional
EGEE Nord - Pas-de-Calais. Créée en 1982, EGEE (Entente
entre les générations pour l’emploi et l’entreprise)
compte au plan national environ 1900 conseillers
« cadres retraités », environ 90 dans notre région.
Tous bénévoles, les membres d’EGEE agissent pour
les entreprises (accueil
de créateurs et
repreneurs,
accompagnement
d’entreprises en
difficulté, aide
à la rédaction de plan
de prévention), pour
l’emploi
(accompagnement de
demandeurs d’emploi,
parrainage de jeunes)
et l’éducation (conférences, préparation et simulation
d’entretien d’embauche, jury d’examen).
Dans notre région, EGEE a ainsi accompagné et soutenu
des cadres demandeurs d’emploi de plus de 50 ans
(en appui de Pôle emploi Tourcoing), a signé avec
les 22 maisons familiales rurales une convention
régionale d’aide à la préparation à l’entrée dans la vie
professionnelle, a accompagné des jeunes dans
différentes Missions locales et centres sociaux, etc.
Rens. : www.egee.asso
RÉPLIQUES ÉTRANGÈRES POUR
LA TROISIÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE
RÉGION.Claude Lenglet est chargé de mission
au conseil régional et fait le lien personnel avec
Jeremy Rifkin, inspirateur du master plan nordiste
lancé en octobre 2013 en faveur d’une économie
décarbonée et sobre en énergie (lire notre édition d’hier).
L’occasion lui fut donnée en ce début d’année de
présenter l’état d’avancement de la Troisième Révolution
industrielle régionale au grand-duché de Luxembourg
et dans la région de Rotterdam-La Haye, un État riche
et une région puissante tous deux résolus à s’engager
sur le même chemin que celui emprunté
par le Nord - Pas-de-Calais (et semble-t-il désormais
la Picardie). Économie numérique et circulaire,
transition énergétique, mobilités douces,
ces répliques nord-européennes confirment
les choix opérés il y a deux ans dans notre région.
ARJOWIGGINS : LE PLAN DE REVITALISATION
LANCÉ
SAINT-OMER. Une cinquantaine de militants
ont manifesté hier matin devant la sous-préfecture
à l’appel de la CGT de la papeterie Arjowiggins,
à Wizernes, fermée depuis fin juin. Le syndicat protestait
contre la mise en place de la convention de revitalisation.
Cette dernière prévoit une enveloppe d’1,5 million d’euros
pour soutenir la création d’emploi sur le territoire.
Une entreprise qui crée un poste pourra bénéficier
d’une aide de 3 700 €.
Par ailleurs, la CGT qui avait dénoncé le plan
de sauvegarde de l’emploi devant le tribunal
administratif a été déboutée en appel.
Elle envisage dorénavant de se tourner vers
le conseil d’État.
ÉCORÉGION
MERCREDI 3 FÉVRIER 2016
96
PRO
Le magazine indépendant de l’assurance
www.newsassurancespro .com
Imprimé sur du papier recyclé, ne jetez pas ce journal sur la voie publique : donnez-le. Merci !
Quelles réponses
au risque terroriste ?
IntervIew
« L’assurance doit être plus
créative ! », Brigitte Bouquot,
présidente de l’Amrae
P.3
Marché
Risque terroriste, le marché
de l’assurance en ébullition
P.6
Focus
Les captives résistent à
Solvabilité 2
Edition spéciale Amrae
P.7 ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
54 À L’AFFICHE
RISK MANAGEMENT & ASSURANCE
50 LEADERS
COLLECTION GUIDE-ANNUAIRE 2015-2016 I DÉCIDEURS40
RÉSE AUX E T SPÉCIALISTES
Déc ideu r s. Polytechnicienne, vous avez
occupé pendant 26 ans divers postes de
direction stratégique et financière. Com-
ment avez-vous basculé dans le risk ma-
nagement chez Thales en 2010 ?
Brigitte Bouquot. J’en faisais sans le savoir !
Le métier de « risk manager » est très jeune et
continue à se faire une place
dans le paysage entrepreneu-
rial, mais on peut d’ores et
déjà en dresser une chronolo-
gie. Dans les années 1990, la
comptabilité des entreprises
s’est considérablement com-
plexifiée, notamment à cause
des évolutions réglemen-
taires dues à une concurrence
mondialisée. De nombreux aspects du risque
sont venus s’y greffer. Phénomène consacré
par la loi « Sarbanes-Oxley » de 2002 sur le
contrôle interne des sociétés cotées, dans le
but d’accroître leur responsabilité. D’Enron
à la crise des subprimes, les divers scandales
financiers de la décennie ont fait prendre
conscience au législateur qu’il fallait que des
lois responsabilisent les dirigeants d’entre-
prise. Plus récemment, la huitième directive
européenne de 2008 oblige les entreprises à
présenter l’efficacité de leur système de ges-
tion des risques. Le métier monte peu à peu
en gamme, et c’est un devoir de l’Amrae que
de donner ses lettres de noblesse à la profes-
sion, tout en veillant à ne pas en faire une
nouvelle technocratie.
Déc ideu r s. Quelle place le risk manager
est-il en train de se faire au sein de l’entre-
prise ? Se rapproche-t-il plutôt de la direc-
tion de la stratégie, du contrôle inter ne,
de la direction financière ou autre ?
B. B. Il est avant tout censé être généraliste,
avoir une vision de l’entreprise et de ses risques
à 360 degrés. C’est la raison pour laquelle les
personnes venant de l’audit et du conseil sont
souvent très compétentes à ce poste. Le risk
manager a d’ailleurs un rôle proche de celui de
consultant. Il a un pied dans l’opérationnel et
l’autre dans le fonctionnel, avec un rôle d’ani-
mation sur les risques. Son positionnement dé-
pend également de la maturité de l’entreprise.
Dans des entreprises jeunes, le risk manager
sera plus impliqué dans la gestion courante
des affaires de la société. Au contraire, les en-
treprises plus matures capitalisent leur expé-
rience. Le risque y est déjà pris en compte dans
les process. Dans ce cas, le risk manager remonte
la chaîne de décision et se re-
trouve en pointe sur des sujets
stratégiques, tels que les choix
liés à de nouveaux développe-
ments et les risques émergents.
Il intervient plus dans une lo-
gique de soutien stratégique au
business, se détachant plus des
questions de contrôle interne.
Déc ideu r s. Comment évoluent les rela-
tions entre les entreprises et les compa-
gnies d’assurance ?
B. B. Ce sont deux mondes qui ne commu-
niquent pas encore assez bien, malgré tout le
travail effectué par les courtiers. Ces dernières
années, les entreprises ont bénéficié de l’arri-
vée sur le marché de l’assurance de nouveaux
acteurs qui ont proposé des produits compé-
titifs pour prendre des parts de marché. Mais
cette tendance se complique avec l’applica-
tion de Solvency II, qui amène les assureurs à
refuser plus souvent – et de manière assez lé-
gitime – de se porter garants sur les théma-
tiques de grands risques industriels ou de
risques émergents. La situation est aujourd’hui
moins lisible, ce qui donne naissance à des
tensions. Dans ce contexte, le risk manager
– qui cumule parfois la fonction de directeur
des assurances – doit apporter de véritables
alternatives. Charge à lui de savoir parler à
son comité de gouvernance, pour proposer
des solutions innovantes. En fonction du pro-
fil des risques et de la qualité de leur maîtrise,
certains groupes ont ainsi recours à des sys-
tèmes de couverture des risques tels que l’au-
to-assurance ou la captive – société filiale
créée par la société mère pour gérer les risques
de son groupe. Ce sont des initiatives intéres-
santes, car, encore une fois, le risque n’est pas
un gros mot. S’en préoccuper faire partie
d’une bonne corporate gouvernance.
« Il faut veiller à ne pas faire du risk
management une nouvelle technocratie »
Adhérente de l’Amrae depuis 2010 et administratrice depuis juin 2012, Brigitte Bouquot
a remplacé en mai dernier Gilbert Canameras à la tête de l’Association pour le management
des risques et des assurances de l’entreprise. L’actuelle directrice des assurances et de la
gestion des risques de Thales nous livre de précieux éclairages sur cette jeune profession
qu’est le risk management.
BRIGITTE BOUQUOT
présidente, AMRAE,
directrice des assurances
et de la gestion des risques,
THALES
BIO EXPRESS
1984-90 : en poste à la direction financière
d’IBM France.
1990 : directrice financière et secrétaire
générale du joint-venture entre IBM France
et Dassault Electronique.
1996 : secrétaire générale adjoint
de Dassault Electronique.
2009 : directrice des grands comptes
et de la stratégie pour les activités
de systèmes d’informations critiques
de Thalès.
Directrice de l’audit interne du groupe
et secrétaire du comité des risques
et du contrôle interne de Thalès. 2010 : directrice des assurances
et de la gestion des risques de Thalès.
Adhérente de l’association de management
des risques et des assurances
de l’entreprise (Amrae). Depuis 2015 : présidente de l’Amrae.
« DANS LES SOCIÉTÉS
MATURES, LE RISK
MANAGER INTERVIENT
DANS UNE LOGIQUE
DE SOUTIEN
AU BUSINESS »
RISK MANAGEMENT & ASSURANCE
50 LEADERS
COLLECTION GUIDE-ANNUAIRE 2015-2016 I DÉCIDEURS30
COLLECTION GUIDE-ANNUAIRE 2015-2016 I DÉCIDEURS
31
LES RISK TAKERS
Déc ideur s. Quelles sont les nouvelles
fonctions du risk manager qui viennent
étendre son champ d’action traditionnel ?
Gilles Maindrault. La vision strictement
assurantielle du risque s’efface au profit
d’une analyse globale des enjeux majeurs.
Il s’agit d’une analyse en contrepoint et en
cohérence avec la stratégie, qui vise à faire
face aux risques macro. Une fois les axes à
long terme définis, leur mise en œuvre peut
donner lieu à des risques opérationnels re-
levant de la responsabilité du management.
Dans ce cadre, pour tous les porteurs de
risques, le champ d’action collectif s’étend.
Que ce soit pour les risques spécifiques à
une branche d’activité ou pour les risques
transverses (cybersécurité, conformité ju-
ridique, risque financier…), notre travail
porte sur leur cartographie et les plans de
maîtrise associés. Ces derniers outils sont le
creuset de notre collaboration avec la gou-
vernance du Groupe.
Déc ideur s. Quels sont les nouveaux
risques auxquels vous devez faire face ?
G. M. On voit venir les risques majeurs.
Pour le groupe La Poste, la dématérialisa-
tion des échanges avait été identifiée dix ans
avant la concrétisation de cette tendance. Si
la nature du risque est connue à l’avance,
son ampleur reste souvent à déterminer.
Il est essentiel de savoir quand la masse
critique deviendra menaçante et fera cas-
ser le système. Par exemple, pour notre
activité bancaire, les taux bas sont une
réalité. L’incertitude concerne la durée du
phénomène et l’étendue des conséquences.
C’est tout le modèle économique qui peut
être affecté. Au-delà de ces considérations, les
risques géopolitiques et environnementaux
constituent une « couche » supplémentaire
de risques, d’autant plus que La Poste a été
désignée opérateur d’importance vitale.
Déc ideur s. Quelle est la tolérance au
risque du Groupe La Poste ?
G. M. Compte tenu de son caractère public
et de sa visibilité en tant qu’opérateur de
service public, le groupe a un devoir
d’exemplarité plus fort. La tolérance au
risque est moindre de ce fait notamment en
matière de gestion financière, RH ou de
sécurité des données personnelles. Ce
devoir d’exemplarité passe beaucoup par la
prévention, au-delà du volet assurantiel qui
vient compléter le travail en amont.
LA DÉMATÉRIALISATION
DES ÉCHANGES AVAIT ÉTÉ
IDENTIFIÉE DIX ANS AVANT
SA CONCRÉTISATION
« On voit venir les risques
majeurs »
Gilles Maindrault
directeur des risques du groupe,
GROUPE LA POSTE
Déc ideur s. Quelle est votre vision du
métier de risk manager ?
Franck Grimonpont. Dans certains groupes,
il est responsable de l’achat et du fonction-
nement des assurances. Dans d’autres, il est
intéressé par tous les risques (le plus souvent
inassurables) : il les identifie et veille à ce qu’ils
soient adéquatement pris en compte par
l’ensemble de l’organisation : Risk/Reward. Je
me situe entre les deux, en tant que maître
d’ouvrage du transfert des risques assurables
et acteur du processus de leur gestion avant
transfert. Je m’assure que les programmes
souscrits correspondent aux cahiers des
charges que nous avons définis en relation
avec nos courtiers. Expérience et polyvalence
sont indispensables ainsi qu’une certaine tech-
nicité mais le jargon désigne des concepts en
général assez simples : coût du risque loss ratio,
IBNR, etc. Avec Sarbanes-Oxley, on a assisté à
une hypertrophie de contrôle interne mais la
compliance me semble parfois être l’alibi d’une
gestion des risques trop superficielle. Un bon
risk manager interagit dans la durée avec tous
les acteurs de l’entreprise : juristes, commer-
ciaux, financiers, opérationnels. La dimension
managériale est importante : les grandes orga-
nisations disposent d’équipes plus ou moins
décentralisées de risk management.
Déc ideur s. Quelles sont les spécificités
du marché français de l’assurance ?
F. G. Nous bénéficions d’un marché sophisti-
qué et puissant animé par des personnes très
compétentes commercialement et technique-
ment. Nos assureurs sont en règle générale
fair-play, nos courtiers vont bien au-delà du
service de placement et sont raisonnable-
ment rémunérés. Nous n’avons vraiment
rien à envier aux Anglo-Saxons, même si leur
langue leur donne un avantage important à
l’international. On verra comment le marché
évoluera avec l’application de Solvabilité II.
Très critiquée cette réforme a cependant des
effets vertueux. Je le constate au niveau de
notre captive qui a dû s’adapter mais son im-
pact est également non négligeable sur nos
assureurs. Les risk managers doivent au-
jourd’hui mieux connaître les risques de leur
entreprise avant de chercher à les transférer.
« La compliance me semble
parfois être l’alibi d’une gestion
des risques trop superficielle »
Franck Grimonpont
risk manager et directeur
des assurances,
GROUPE SUEZ
Il a harmonisé à l’échelle européenne la gestion
des sinistres du groupe
Son secret bien gardé : endurant et résilient, il
court des semi-marathons
C’est au sein du géant américain AIG
que David Vigier apprend les ficelles
du métier de l’assurance. De Paris à
Bruxelles, il tire le meilleur de ses ex-
périences à la tête de départements
risk management de la compagnie.
Puis en 2010, c’est le grand saut.
Attiré par le projet ambitieux d’Eu-
ropcar, un des comptes dont il avait
la charge, il rejoint le groupe après
avoir obtenu l’executive MBA de
HEC. Le deuxième plus gros budget
de cet acteur mondial de la location
de voitures est placé entre ses mains ;
la responsabilité civile automobile
est un enjeu vital pour l’entreprise.
Entre les captives d’assurance et de
réassurance du groupe, la relation
avec les assureurs et la gestion des
sinistres, David Vigier ne peut se
permettre la moindre sortie de piste.
David Vigier, directeur
assurances et gestion
des risques, EUROPCAR Elle a passé 18 ans chez Zurich Insurance Company
Sa déclaration d’amour : « Pour tout ce qui est
risque à grande lourdeur administrative, le courtier
est magnifique »
Un petit événement. En 2011, Fran-
çoise Carli se voit décerner le prix
du « Risk Manager Honor Role »
de l’année par le journal américain
Business Insurance, en récompense
de son action continue en faveur
d’une communication efficace entre
les équipes risk management et as-
surances et le top management du
groupe Sanofi Aventis. Performance
s’il en est, c’était bien la première
fois qu’un risk manager européen
se voyait affublé de cette distinction
honorifique. Son côté iconoclaste
rompt avec la tradition : « Trop de
normes nous brisent les ailes », décla-
rait-elle lors d’une réunion publique
de l’Amrae. Manager des risques
dans un secteur particulièrement
exposé, elle est comblée par cette
responsabilité : « It’s a fantastic job ! »
Françoise Carli, vice-
présidente assurance et risk
manager, SANOFI AVENTIS Elle pilote un groupe de travail sur l’indicateur
du coût de traitement des risques assurables
Son constat : « Le risk management est de mieux
en mieux compris et perçu »
Gestionnaire des risques pour un
leader mondial de l’habillement et des
accessoires, Kering, Anne-Marie Four-
nier a parfaitement intégré les évolu-
tions de cette jeune profession qu’est
le risk management : « J’interviens en
amont pour réduire le danger ou pour
assurer convenablement le groupe ». La
vice-présidente de l’Amrae, institu-
tion référente en matière de risk ma-
nagement, a notamment couvert les
acquisitions de marques de Kering,
démultipliant ses responsabilités,
notamment concernant les risques
en supply chain management et les
problématiques environnementales.
Désireuse d’être « plus impliquée dans
l’action » lorsqu’elle décide de quitter
l’industrie de l’assurance en 2004,
nul ne doute que ses vœux ont au-
jourd’hui été exaucés.
Anne-Marie Fournier,
risk manager, KERING,
vice-présidente, AMRAE
TRÈS CRITIQUÉE,
SOLVABILITÉ II
A CEPENDANT
DES EFFETS VERTUEUX
LES RISK TA K ERS
RISK MANAGEMENT & ASSURANCE 50 LEADERS
COLLECTION GUIDE-ANNUAIRE 2015-2016 I DÉCIDEURS30
COLLECTION GUIDE-ANNUAIRE 2015-2016 I DÉCIDEURS 31
LES RISK TAKERS
Déc ideur s. Quelles sont les nouvelles
fonctions du risk manager qui viennent
étendre son champ d’action traditionnel ?
Gilles Maindrault. La vision strictement
assurantielle du risque s’efface au profit
d’une analyse globale des enjeux majeurs.
Il s’agit d’une analyse en contrepoint et en
cohérence avec la stratégie, qui vise à faire
face aux risques macro. Une fois les axes à
long terme définis, leur mise en œuvre peut
donner lieu à des risques opérationnels re-
levant de la responsabilité du management.
Dans ce cadre, pour tous les porteurs de
risques, le champ d’action collectif s’étend.
Que ce soit pour les risques spécifiques à
une branche d’activité ou pour les risques
transverses (cybersécurité, conformité ju-
ridique, risque financier…), notre travail
porte sur leur cartographie et les plans de
maîtrise associés. Ces derniers outils sont le
creuset de notre collaboration avec la gou-
vernance du Groupe.
Déc ideur s. Quels sont les nouveaux
risques auxquels vous devez faire face ?
G. M. On voit venir les risques majeurs.
Pour le groupe La Poste, la dématérialisa-
tion des échanges avait été identifiée dix ans
avant la concrétisation de cette tendance. Si
la nature du risque est connue à l’avance,
son ampleur reste souvent à déterminer.
Il est essentiel de savoir quand la masse
critique deviendra menaçante et fera cas-
ser le système. Par exemple, pour notre
activité bancaire, les taux bas sont une
réalité. L’incertitude concerne la durée du
phénomène et l’étendue des conséquences.
C’est tout le modèle économique qui peut
être affecté. Au-delà de ces considérations, les
risques géopolitiques et environnementaux
constituent une « couche » supplémentaire
de risques, d’autant plus que La Poste a été
désignée opérateur d’importance vitale.
Déc ideur s. Quelle est la tolérance au
risque du Groupe La Poste ?
G. M. Compte tenu de son caractère public
et de sa visibilité en tant qu’opérateur de
service public, le groupe a un devoir
d’exemplarité plus fort. La tolérance au
risque est moindre de ce fait notamment en
matière de gestion financière, RH ou de
sécurité des données personnelles. Ce
devoir d’exemplarité passe beaucoup par la
prévention, au-delà du volet assurantiel qui
vient compléter le travail en amont.
LA DÉMATÉRIALISATION
DES ÉCHANGES AVAIT ÉTÉ
IDENTIFIÉE DIX ANS AVANT
SA CONCRÉTISATION
« On voit venir les risques
majeurs »
Gilles Maindrault
directeur des risques du groupe,
GROUPE LA POSTE
Déc ideur s. Quelle est votre vision du
métier de risk manager ?
Franck Grimonpont. Dans certains groupes,
il est responsable de l’achat et du fonction-
nement des assurances. Dans d’autres, il est
intéressé par tous les risques (le plus souvent
inassurables) : il les identifie et veille à ce qu’ils
soient adéquatement pris en compte par
l’ensemble de l’organisation : Risk/Reward. Je
me situe entre les deux, en tant que maître
d’ouvrage du transfert des risques assurables
et acteur du processus de leur gestion avant
transfert. Je m’assure que les programmes
souscrits correspondent aux cahiers des
charges que nous avons définis en relation
avec nos courtiers. Expérience et polyvalence
sont indispensables ainsi qu’une certaine tech-
nicité mais le jargon désigne des concepts en
général assez simples : coût du risque loss ratio,
IBNR, etc. Avec Sarbanes-Oxley, on a assisté à
une hypertrophie de contrôle interne mais la
compliance me semble parfois être l’alibi d’une
gestion des risques trop superficielle. Un bon
risk manager interagit dans la durée avec tous
les acteurs de l’entreprise : juristes, commer-
ciaux, financiers, opérationnels. La dimension
managériale est importante : les grandes orga-
nisations disposent d’équipes plus ou moins
décentralisées de risk management.
Déc ideur s. Quelles sont les spécificités
du marché français de l’assurance ?
F. G. Nous bénéficions d’un marché sophisti-
qué et puissant animé par des personnes très
compétentes commercialement et technique-
ment. Nos assureurs sont en règle générale
fair-play, nos courtiers vont bien au-delà du
service de placement et sont raisonnable-
ment rémunérés. Nous n’avons vraiment
rien à envier aux Anglo-Saxons, même si leur
langue leur donne un avantage important à
l’international. On verra comment le marché
évoluera avec l’application de Solvabilité II.
Très critiquée cette réforme a cependant des
effets vertueux. Je le constate au niveau de
notre captive qui a dû s’adapter mais son im-
pact est également non négligeable sur nos
assureurs. Les risk managers doivent au-
jourd’hui mieux connaître les risques de leur
entreprise avant de chercher à les transférer.
« La compliance me semble
parfois être l’alibi d’une gestion
des risques trop superficielle »
Franck Grimonpont
risk manager et directeur
des assurances,
GROUPE SUEZ
Il a harmonisé à l’échelle européenne la gestion
des sinistres du groupe
Son secret bien gardé : endurant et résilient, il
court des semi-marathons
C’est au sein du géant américain AIG
que David Vigier apprend les ficelles
du métier de l’assurance. De Paris à
Bruxelles, il tire le meilleur de ses ex-
périences à la tête de départements
risk management de la compagnie.
Puis en 2010, c’est le grand saut.
Attiré par le projet ambitieux d’Eu-
ropcar, un des comptes dont il avait
la charge, il rejoint le groupe après
avoir obtenu l’executive MBA de
HEC. Le deuxième plus gros budget
de cet acteur mondial de la location
de voitures est placé entre ses mains ;
la responsabilité civile automobile
est un enjeu vital pour l’entreprise.
Entre les captives d’assurance et de
réassurance du groupe, la relation
avec les assureurs et la gestion des
sinistres, David Vigier ne peut se
permettre la moindre sortie de piste.
David Vigier, directeur
assurances et gestion
des risques, EUROPCAR Elle a passé 18 ans chez Zurich Insurance Company
Sa déclaration d’amour : « Pour tout ce qui est
risque à grande lourdeur administrative, le courtier
est magnifique »
Un petit événement. En 2011, Fran-
çoise Carli se voit décerner le prix
du « Risk Manager Honor Role »
de l’année par le journal américain
Business Insurance, en récompense
de son action continue en faveur
d’une communication efficace entre
les équipes risk management et as-
surances et le top management du
groupe Sanofi Aventis. Performance
s’il en est, c’était bien la première
fois qu’un risk manager européen
se voyait affublé de cette distinction
honorifique. Son côté iconoclaste
rompt avec la tradition : « Trop de
normes nous brisent les ailes », décla-
rait-elle lors d’une réunion publique
de l’Amrae. Manager des risques
dans un secteur particulièrement
exposé, elle est comblée par cette
responsabilité : « It’s a fantastic job ! »
Françoise Carli, vice-
présidente assurance et risk
manager, SANOFI AVENTIS Elle pilote un groupe de travail sur l’indicateur
du coût de traitement des risques assurables
Son constat : « Le risk management est de mieux
en mieux compris et perçu »
Gestionnaire des risques pour un
leader mondial de l’habillement et des
accessoires, Kering, Anne-Marie Four-
nier a parfaitement intégré les évolu-
tions de cette jeune profession qu’est
le risk management : « J’interviens en
amont pour réduire le danger ou pour
assurer convenablement le groupe ». La
vice-présidente de l’Amrae, institu-
tion référente en matière de risk ma-
nagement, a notamment couvert les
acquisitions de marques de Kering,
démultipliant ses responsabilités,
notamment concernant les risques
en supply chain management et les
problématiques environnementales.
Désireuse d’être « plus impliquée dans
l’action » lorsqu’elle décide de quitter
l’industrie de l’assurance en 2004,
nul ne doute que ses vœux ont au-
jourd’hui été exaucés.
Anne-Marie Fournier,
risk manager, KERING,
vice-présidente, AMRAE
TRÈS CRITIQUÉE,
SOLVABILITÉ II
A CEPENDANT
DES EFFETS VERTUEUX
LES RISK TA K ERS
tiré du Guide 2015 - 2016
Risk Management & Assurance
Date : MARS 15
Pays : France
Périodicité : Mensuel
Page de l'article : p.44-45
Journaliste : Emmanuel Mayega
Page 1/2
MANAGEMENT3 6337133400501Tous droits réservés à l'éditeur
TENDANCES
Amroe 2015 : les cyber-risques
ou coeur d u débat
Les 23
emcs
Rencontres d e L'Association
pour le management des risques
et des assurance s de L'entreprise
(Amrae), qui ont e u lieu l e mois dernier
à Cannes, ont accordé L a part belle
à la cyber-sécurité, un risque qui n e
cesse d e monter en puissance.
D
'entrée d e jeu, le premier jour a donné l e ton
En inaugurant cette manifestation, Gilbert
Canaméras, Président d e l'Amrae, a rappelé
le lancement d'un cyberguide dont k vocation
est d'aider le s Risk manager s à présenter leur argu-
mentaire e n vue d e modifier leur s polices d'assurances
et d'acquérir les gardnties le s mieux adaptée s à leur
entreprise
Cet ouvrage arrive sur u n terrain o ù le paysage d u ris-
que évolue sans cesse e t rapidement Selon le Président
de l'Amrae, 'l'intelligence artificielle e t la robotique
font parmi les principaux facteurs de cette évolution
Un des défis auxquels sont confrontés les Risk managers
est leur capacité à s'adapter à cette dynamique '
Comment y font-ils face
?
Selon Gérôme Billois , Senior
Manager chez Solucom, "tes entreprises sont e n tram
de perdre la bataille de la cybercrimmalité Et pour cause,
leur approche du risque informatique est fractionnée
et manque d e cohésion " Pour cet expert, l e risque
cyber est divers e t touche d e nombreuses entreprises.
Un manque d e communication e n interne d e cohésion
dans le reporting e t d'évaluation accorde u n avantage
aux cyber-délinquants Cela est d'autant plus
vrai que
la menace évolue plus vite que les entreprises Face
à une telle réalité, "les risques doivent être traités rapt dément et dans une logique concertée, en faisant appel
à l'ensemble des services internes " indique Gérôm e
Billois. E t ce dernier d e préciser les trois qualités
à déployer dans l a lutte contre les cyber-risques
"L'anticipation, la protection et la détection-réaction
w DES CYBER-CRIMINELS QUI S'INVITENT !
En outre, l a fraude a été a u cœur des réflexions
de l'Amrae 2015 D u fait de la généralisation d u digital,
un grand nombre d e cyber-criminels s'invitent dans
les systèmes d'information et volent des données
personnelles, très recherchée s sur le marché car
elles peuvent servir à escroquer l'entrepris e ou ses
clients Selon Lu c Vignancour Directeur adjoint Finpro
et risques spéciaux chez Marsh, "d'une part, l a mal
tiplication des objets connectés ne va pas améliorer
la situation Les données personnelles sont recueillies en
permanence et tout le monde devient vulnérable D'autre
part, le développement de la connectivité Wi fi facilite
le transfert des données e t la fraude " Quoi q u il en soit,
selon l'expert d e Marsh, lei Risk managers ont tout
intérêt à bien cerner les risques spécifiques auxquels leur
entreprise est exposée avant de contacter leur courtier "
Et de conclure . "En matière d e cyber-attaque etde fraude
sur les données il n'existe pa? de protection totale "
Espace d e réflexion e t de prospective, l'Amrde a ainsi
consacre une bonne partie d e ses 23
e les
Rencontres
à un risque émergent Pour autant d'autre s thèmes ont
été abordés parmi lesquels l a cartographie des risques,
la régionalisation d e
cette association e t son ouveiture
à la sphère d e la francophonie Sur c e dernier point,
le Club francophone d u Risk managemen t devrait
poursuivre son développement, après
avoir posé ses jalons l'an dernier
à Casablanca au Maroc L e dévelop-
pement d e cette structure constitue
l'une des priorités d e I Amrae e n 2015
La deuxième convention, qu i s'est tenue
dans le cadre des 23
cm
" Rencontres
de l'association, l'a confirmée
3 meilleures performances*
3 meilleures performances*
3 meilleures performances*
Capitalisation : 1 166 675 MEUR
Clôture : 4 223,09 points
Capitalisation : 5 035 575 M$
Clôture : 16 453,83 points
Capitalisation : 2 345 245 MEUR
Clôture : 2 856,33 points
Valeurs (en euros) Clôture Var. hebdo Va r. 1 a n + haut + bas
ArcelorMittal3,234 26,41% -65,72% 10,63 2,591
Crédit Agricole9,32 24,56% -23,40% 14,48 7,591
Renault 80,61 16,09% -5,25%100,2559,59
Valeurs (en euros) Clôture Var. hebdo Va r. 1 a n + haut + bas
JPMorgan Chase57,59 10,74%-0,78% 70,61 50,07
Caterpillar 65,73 9,53%-19,26%89,6256,36
Goldman Sachs147,557,29%-20,18% 218,74139,06
Valeurs (en euros) Clôture Var. hebdo Va r. 1 a n + haut + bas
Unicredit 3,3121,58%-39,69%6,6052,77
Deutsche Bank15,51 18,23% -43,95% 33,42 13,03
Société Générale30,9 14,47% -21,75% 48,77 26,61
Variation hebdo : + 5,71 %
Variation 52 sem. : - 12,41 %
Plus haut sur 1 an : 5 283,71
Plus bas sur 1 an : 3 892,46
Variation hebdo* : + 5,07 %
Variation 52 sem. : - 8,52 %
Plus haut sur 1 an : 18 351,36
Plus bas sur 1 an : 15 370,33
Variation hebdo : + 3,64 %
Variation 52 sem. : - 16,93 %
Plus haut sur 1 an : 3 836,28
Plus bas sur 1 an : 2 672,73
* Chiffres relevés jeudi à la clôture.
CAC 40
Eurostoxx 50
3 900
3 700
3 500
3 300
3 100
2 900
2 700
2 500
18/02/14 18/08/15 18/02/15
5 300
5 100
4 900
4 700
4 500
4 300
4 100
3 900
3 700
18/02/14 18/08/15 18/02/15
Dow Jones*
19 000
18 000
17 000
16 000
15 000
18/02/14 18/08/15 18/02/15
SYSTÈMES
D’INFORMATION
Les risk managers
français
s’équipent
davantage
Selon une étude de
l’Association pour le
management des risques
et des assurances de
l’entreprise (AMRAE) et
d’EY réalisée auprès de
43 éditeurs de logiciels
internationaux, 17 % des
projets mondiaux concer-
nant l’installation d’un
système d’information de
gestion des risques (SIGR)
ont été réalisés en France
l’an dernier, contre 12 %
en 2014. Globalement, les
entreprises ont représenté
53,1 % de la demande
portant sur ce type de
solutions, suivies par les
banques (16,3 %), les assu-
reurs (14,5 %) et le secteur
public (10,9 %).
La semaine du CAC 40 + 5,71 %
Lundi : 4 115,25
+ 3,01 %
Mardi : 4110,66
- 0,11 %
Mercredi : 4 233,47
+ 2,99 %
Jeudi : 4 239,76
+ 0,15 %
Vendredi : 4 223,04
- 0,39 %
Actualité
Option Finance n°1354 - Lundi 22 février 2016 5
La gestion de la dette devrait représenter en
2016 un chantier important pour les entre-
prises en Europe. Selon Standard & Poor’s, les
émetteurs obligataires corporate européens
notés par l’agence vont être appelés à rembour-
ser 831,1 milliards de dollars à leurs créanciers
d’ici à fi n décembre. Sur ce montant, 304 mil-
liards de dollars concernent des dettes de socié-
tés non fi nancières, dont 43,7 milliards de dol-
lars ont été émis sur le marché high yield.
Les entreprises françaises seront particuliè-
rement concernées puisqu’elles représentent,
ex aequo avec leurs homologues allemands, les
emprunteurs corporate qui feront face au plus
d’échéances de paiement cette année. Les socié-
tés non fi nancières hexagonales devront en effet
s’acquitter de 46 milliards de dollars de créances
investment grade et de 4 milliards de dollars de
dette high yield durant cette période. Cette der-
nière catégorie de prêts représentera par ailleurs
une part croissante des montants dus ces pro-
chaines années : entre 2017 et 2020, les entre-
prises françaises non investment grade devront
en effet rembourser 48 milliards de dollars, tan-
dis que les sociétés de catégorie non spéculative
auront à s’acquitter de 160 milliards de dollars.
DETTE - Les entreprises européennes
devront rembourser 831 milliards
de dollars cette année
INVESTISSEMENT - Le
suramortissement probablement
prolongé
Le gouvernement souhaite continuer à stimuler l’inves-
tissement des entreprises françaises. En effet, Bercy a l’in-
tention de prolonger la possibilité pour les sociétés d’appli-
quer un suramortissement fi scal exceptionnel de 40 % à leurs
investissements industriels. Ce mécanisme, initialement prévu
jusqu’en avril prochain, pourrait être applicable jusqu’au mois
de décembre.
Une annonce qui satisfait d’ores et déjà les entreprises. «La durée
initialement retenue, d’une année seulement, n’était pas tota-
lement en ligne avec le cycle d’investissement industriel struc-
turé des ETI», souligne Alexandre Montay, délégué général du
Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI). Bien
souvent, la phase préparatoire de chaque investissement, com-
prenant la réalisation d’études de faisabilité et d’appels d’offres,
dure plus d’un an. «D’ailleurs, une étude menée auprès de nos
adhérents montre que si 95 % des ETI ont profi té du suramortis-
sement depuis sa création, la majorité d’entre elles en ont béné-
fi cié pour des investissements qui étaient déjà prévus, et non
pour des nouveaux projets», ajoute Alexandre Montay.
Les entreprises considèrent en revanche que le périmètre des
investissements concernés par ce dispositif est encore trop res-
treint. «Il est particulièrement dommage que les dépenses dans
l’immatériel, comme des brevets, ne soient pas prises en compte,
car elles se révèlent cruciales pour la compétitivité des PME
françaises», estime Frédéric Grivot, vice-président de la CGPME.
(Milliards de dollars) 2016 2017 2018 2019 2020 Total
Sociétés fi nancières 527,3 517,9 371,8 285,0 291,5 1993,6
Sociétés non fi nancières 304,0 323,9 305,1 387,3 411,6 1 731,8
Total investment grade 769,1 764,2 566,1 514,2 533,8 3 147,4
Total high yield 62,1 77,6 110,8 158,1 169,3 578,0
Total 831,3 841,8 676,9 672, 703,1 3 725,4
Dette corporate européenne devant être remboursée entre 2016 et 2020
Source : Standard & Poor’s
Édition de 7h Mercredi 3 février 2016
INDUSTRIE FINANCIÈRE
Les assureurs de spécialités sensibilisent les PME et ETI à
la gestion des risques
Des acteurs de référence
animent le marché en
proposant au monde du
courtage des offres et
solutions innovantes.
Par Antoine Duroyon
L
es 24es Rencontres durisk ma-
nagement, organisées par l’asso-
ciation professionnelle Amrae,
s’ouvrent aujourd’hui à Lille.
Cette édition 2016 intitulée «climats à
hauts risques» abordera les nombreuses
incertitudes (géopolitiques, stratégiques,
technologiques…) auxquelles sont au-
jourd’hui exposées les entreprises. Dans
cet environnement mouvant, mieux
connaître le panorama des risques est
devenu essentiel, en particulier pour les
entreprises de taille modeste. Les assu-
reurs ont investi cet univers avec des
outils dédiés.
La compagnie QBE France a ainsi
lancé il y a un an une solution de carto-
graphie des risques «QBE Risk Profile»
en lien avec le cabinet de conseil Arengi.
«Les PME/ETI connaissent les mêmes pro-
blématiques que les grands comptes en
termes de gestion des risques mais elles ne
disposent pas des mêmes ressources», sou-
ligne Renaud de Pressigny, directeur
général de QBE France. «Ce besoin de for-
malisation peut être motivé par de nom-
breux facteurs: un changement de direc-
tion générale, une recomposition du capi-
tal mais aussi la pression de clients en
quête de sécurisation», ajoute-t-il.
La solution, présentée l’an dernier à
300 courtiers, combine entretiens sur
site et plate-forme accessible en ligne
afin d’identifier les risques et de mettre
en œuvre des plans d’action. Une pre-
mière cartographie a été finalisée en fin
d’année dernière auprès du fabricant de
mobilier et de revêtements de sol Alsa-
pan. «Ce travail est bénéfique car il permet
de connaître la perception des risques par
les salariés clés et de mieux les
hiérarchiser», explique Cécile Cantrelle,
PDG d’Alsapan. Une autre étude ap-
proche de son terme et une quinzaine
d’autres sont dans les tuyaux. Sur un
marché des PME/ETI très disputé, QBE
France revendique un positionnement
singulier en associant conseil et assu-
rance.
Les principaux acteurs du marché
ont mis l’accent depuis plusieurs mois
sur la conquête dumiddle market. QBE
France et Zurich France, un acteur de
taille plus importante, ont planté un
drapeau à Bordeaux l’an dernier pour
renforcer leur maillage. Quant à Ace
Group, racheté récemment par Chubb, il
a lancé début 2015 «Ace Middle Market
Solutions», une offre dédiée aux clients
et courtiers du segment PME/ETI. Ces
opérateurs ont aussi mis en place des
programmes internationaux permettant
d’accompagner les clients dumiddle
market à l’étranger.
•
Le capital-développement poursuit sa phase inflationniste
La différenciation
s’impose comme un sujet
clé, alors que le devenir
des acteurs de plus petite
taille fait débat.
Par Antoine Duroyon
L
e capital-développement a
poursuivi son rebond en
2015 en termes de montants in-
vestis. Selon les chiffres de l’Afic
(Association française des investisseurs
pour la croissance), 1,29 milliard d’euros
ont été affectés à cette activité au pre-
mier semestre 2015, contre 1,03 mil-
liard au premier semestre 2014. Le
nombre de sociétés soutenues s’inscrit
toutefois en retrait, passant de 528 à
442. Une trajectoire qui s’explique par
une forte progression des tickets supé-
rieurs à 15 millions d’euros (20 au pre-
mier semestre 2015 contre seulement 8
un an plus tôt).
Les tendances à l’œuvre sur le
marché suscitent des avis contrastés.
«Une quinzaine d’équipes sont actuelle-
ment en phase de levée, pour un montant
avoisinant les 4 milliards d’euros. C’est
beaucoup trop pour un seul millésime», a
estimé Jean-Christel Trabarel, associé
fondateur de Jasmin Capital, lors de la
matinée du capital-développement orga-
nisée mardi par l’Afic. CRAINTES D’UN GAP DE FINANCEMENT
Mais pour Bernard Arock, directeur
général délégué d’Amundi Private Equi-
ty, il n’y a pas lieu d’être effrayé par de
telles proportions. «Le marché semble
connaître un phénomène d’accumulation,
d’ordre conjoncturel. Ce qui est important
pour nous, c’est d’avoir une diversité de
propositions», a expliqué l’investisseur,
qui a par ailleurs décrit «une frontière
ténue entre capital-développement et capi-
tal transmission». Et si Jean-Christel Tra-
barel a dit craindre un «gap de finance-
ment», avec des fonds de plus petite
taille en souffrance, Daniel Balmisse, di-
recteur exécutif et responsable des
fonds de fonds de Bpifrance, a rappelé le
rôle «très important» des fonds régio-
naux. Pour Bernard Arock, il y a de la
place pour des acteurs de plus petite
taille «à condition qu’ils soient viables et
proposent un couple rendement-risque ap-
proprié».
Les participants à cette matinée ont
en revanche salué d’une même voix l’ar-
rivée de la société libre de partenariat
(SLP), un véhicule inspiré du «limited
partnership» anglo-saxon. La SLP «offre
une plus grande flexibilité de fonctionne-
ment dans un cadre sécurisé. Elle prend la
forme d’une société en commandite
simple», a résumé David Ayache, avocat
associé de Ayache&Associés. Un disposi-
tif qui devrait permettre d’attirer plus fa-
cilement les investisseurs internatio-
naux, notamment allemands. Quatre
SLP ont déjà été déclarées à l’AMF par
des gérants de capital investissement et
d’infrastructure (dont Idinvest). Une
structure est déjà en activité.
•
– 14 –
Copyright AGEFI SA – 2016
L’
année2011futunélectro-
chocaveclacatastrophe
deFukushimaetlesinon-
dationsenThaïlande.Cesdeux
événementsmirentenlumière
l’interdépendancedeschaînes
d’approvisionnementavecpar
voiedeconséquencedessec-
teursentierstournantaura-
lenti,commel’automo-
bileoul’industriede
l’informatique.
Maissilemar-
chéadésor-
maispleine-
mentréalisé
lepotentiel
danger,ce-
lui-cin’est
pasfacileà
écarterpour
autant.«Nous
sommesdans
unepériodede
concentrationpour
lesentreprisesqui
cherchentàfairedesécono-
miesenréduisantlenombre
deleursfournisseurs,cequi
créedespositionsdomi-
nantes,doncunrisquefort
lorsqu’uneusinequifournit
52
L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441-7442.29janvier2016.argusdelassurance.com
FOtOLia
Leschaînesd’approvisionn
donnentlevertigeauxassu
DOMMAGES–SUPPLYCHAIN
■Leschaînesd’approvisionnementsontdeplusenpluscomplexeset
cemouvementn’aaucuneraisondes’arrêter.Maisellesaffrontentégalement
deplusenplusdemenacesimmatérielles(cyber,violencepolitique,etc.).
Leurprotectionestdoncundéfidetaillepourlesentreprises...
etpourlesassureurs.
plusieursacteursd’unmêmesec-
teurestdéfaillan te»,expose
ThierryvanSanten,directeur
généralFranced’AGCS(Allianz
GlobalCorporate&Specialty)
quivientdepublierunbaro-
mètredesrisquesoùlesinterrup-
tionsd’activitésgénératricesde
pertesd’exploitationfigurentàla
premièreplacepourlaquatrième
annéeconsécutive.«Ilyaeuune
telledépendanceentrelesentre-
prisesquenousvoyonsmainte-
nantdessituationsoùleprincipal
clientdel’uned’elleentreàson
capitalcarilnepeutpasseper-
mettredevoircetteentreprisedis-
paraître,mêmes’ilalui-même
faitpressionsurlesprix»,précise
l’assureur.
Uncasse-têteindustriel
Cetteinterdépendanceentraîne
doncdescumulspotentielssur
deschaînesd’approvisionne-
ment
deplusieursmilliersde
fournisseurs.Unconstructeur
automobilecommePSA-Peugeot
Citroëncompteainsiplusde
1500fournisseursuniquement
pourl’Unioneuropéenne,
sachantqueceux-ciutilisent
2000usines,quiontelles-mêmes
desdizainesvoiredescentaines
defournisseurs.
«Leplusgranddéfid’assurabilité
estlamesuredel’exposition des
clients.Noussavonsquelachaîne
d’approvisionnementdel’entre-
priseestsouventtropcomplexe
pourêtrecartographiéeexhausti-
vementettropmouvantepour
êtrefigée.Cequiestimportant
pourn ous,c’estdoncd’avoirle
sen timentqueleriskmanager
maîtrisesonexpositionetqu’ila
misen placedesplansB,C,D,etc.
encasdedéfaillancedel’undeses
fournisseurs»,commenteTristan
HuondeKermadecpourAxaCS.
Autantdirequ’assureursetrisk
managersdoiventtravaillermain
danslamain.Saufquel’assureur
nepeutpasgérerchaqueentre-
priseindépendammentdureste
desonportefeuille.«Unassureur
peutdonnerunegrandecapacité
àuneentreprisepourcouvrirsa
supplychain,maisilnepeutpas
ladonneràplusieursentreprises
dumêmesecteuraveclemême
fournisseurcritique»,rappelle
ThierryvanSanten,justifiant
ainsiquelescapacitéssoient
Leschaînes
d’appprovisionnement
sonttraditionnellement
couvertesparlapolice
dommagesetperte
d’exploitationqui
n’atoutefoispasvocation
àcouvrirlaglobalité
durisquedesupplychain.
Depuistroisàquatreans,
quelquesassureursont
cherchéàmettreenplace
despolicessurmesure
(incluantlesdommages,
lerisqued’insolvabilité,
lerisquepolitique
oularCproduits),
encoredestinées
àunnombrelimité
defournisseurs.
Cequel’assurance
couvre:lapolice
dommagesetperte
d’exploitationinclut
lescarencesfournisseurs
consécutives
àdesdommages
physiquesauxbâtiments,
auxéquipements
etauxstocks.
Cequel’assurance
necouvrepas(oupeu):
lesrisquesdefaillite,
degrève,lerisque
politiqueousanitaire
provoquantdes
fermeturesdefrontières...
Despolicesglobales
existentmaisellesn’ont
pasrencontrélesuccès
attendu(souscription
difficile,nombre
defournisseursrestreint,
tarificationélevée).
[DOSSIERRISKMANAGEMENT]
53
L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441-7442.29janvier2016.argusdelassurance.com
isionnement
assureurs
SOPHIEMAUVIEUx,
riSKMaNageretaDMiNiStratriCeDeL’aMrae
«Lesassureurssontconfrontés
àl’accumulationdurisque»
■Peut-oncartographierdefaçonexhaustive
unechaîned’approvisionnement?
L’objectifpourl’entreprisen’estpas
decartographierdefaçonexhaustivesesflux
desupplychain,maisdepartagerunevision
justeetpertinentedesrisquesavec
sonassureur.Àceteffet,elledoitidentifier
sesfournisseurscritiques,sesexpositions
majeures,permettreàsonassureurd’évaluer
lerisqueenluiouvrant(danslamesure
dupossible)lesportesdesonfournisseur
pourdesvisitesdeprévention.
■Cesdispositifsrendent-ilslerisque
plusassurable?
Malheureusement,ilfautgarderàl’esprit
qu’unetellecompréhension
desrisquesnepermetpas
toujoursdesusciterl’appétit
d’unassureur.Parexemple,
siuneentrepriseidentifie
unfournisseurcritiquequisertégalement
d’autresclientsdumêmeassureur,cedernier,
confrontéàunrisqued’accumulationdurisque
peutvouloirlimitersacouverture
et/ouaugmenterleniveaudeprimedemandé,
outoutsimplementrefus
erdel’assurer.
aveclerisquesupplychain,lesassureurs
sontconfrontésàl’interdépendance
deschaînesetàl’accumulationdurisque.
■PROPOSRECUEILLISPARH.-M.T.
M.VerNeret/aMrae
limitéessurlemarché.«Maissi
lemarchéestconscientqu’ilne
peutpasrépondreà100%au
risquesupplychain,iln’estpas
pourautan tdan sunconstat
d’impuissance»,ajoute-t-il.La
solution?Unecollaborationde
placevertueuseentreriskmana-
gersetassureurs.Lacommu-
nautéderiskmanagerss’orga-
nisedoncpoursedoterd’outils
degestiondelasupplychain,
d’autantquelerôledel’assu-
ranceestmisàrudeépreuvepar
lamultiplicationdespertesd’ex-
ploitationsansdommages.
L’Amrae,l’associationfrançaise
desriskmanagers,appelled’ail-
leurslemarchédel’assuranceà
fairemontredeplusdecréativité.
Laquestionde
l’intégrationdesdonnées
Eneffet,mêmesilessinistresles
plusfréquentsdelasupplychain
restaienttoujoursmajoritaire-
mentliésàdesdommagesmaté-
rielsen2015,lesmenaces
changentdenature,notamment
sousl’effetdeladigitalisat
ion,
quisuperposedesfluxdedon-
néesauxfluxdemarchandises.
Celaposeundéfidetaillepour
lesassureurstraditionnellement
focaliséssurlesdommages
commeFMGlobal.Cetacteur
souhaiteconserversonposition-
nement…toutenmultipliantles
incursionsdansledomainedela
perted’exploitationsansdom-
magematériel.«Pourlacarence
deservice,nousintervenonsaussi
aprèsunévénementaccidentel,
commel’erreurd’unopérateur
chezunfournisseurd’électricité
parexemple,etnouscouvronsla
gestionderisqueaprèsundécès
sursite,maisaussidésormais
aprèsunacciden tdetravail»,
expliciteEmmanuelBernuchon,
directeuradjointsouscriptionde
FMGlobal.
Pourfairefaceauxmenacescy-
berquisemultiplient(lirep.46-
48),FMGlobalachoisideconsi-
dérerladonnéecommeunbien.
Maisilrestemaintenantàfixer
leslimitesdecesextensionsde
couverturecarlesdonnéescircu-
lentdeplusenplusentrelesen-
treprisesetlescentresdegestion
decelles-cihébergéspardes
sociétésdeservicesinforma-
tiques.«Sionintègrelesdonnées
danslaproblématiquedeschaînes
d’approvisionnement,cequicor-
respondàlaréalitédudéveloppe-
mentdenosentreprises,cela
décuplelesproblématiquesde
cartographieavecdesfluxinfini-
mentpluscompliquésàlocaliser
etàtracer»,développeSophie
Mauvieux,riskmanager,quianti-
cipedéjàles«grandesdiscussions
àmenerdanslesannéesàvenir
aveclesassureurs».
■HAUDE-MARIETHOMAS
[DOSSIERRISKMANAGEMENT]
CY B E R.
Risk associations
set to sway
cyber debate
Ben Norris
bnorris@commercialriskeurope.com
[LILLE]—THE FEDERATION OF
European Risk Management
Associations (Ferma) and French risk
management body, Association pour
le Management des Risques et des
Assurances de l’Entreprise (AMRAE),
are both stepping up their efforts on
cyber risk and insurance.
Speaking to Commercial Risk
Europe at the AMRAE Rencontres in
Lille, Ferma’s president Jo Willaert
and new chief executive offi cer (CEO)
Typhaine Beaupérin said the risk
management community’s voice
needs to be heard in the corridors of
European power. They also said risk
managers need to work with insurers
because cyber insurance solutions do
not yet meet all the needs of buyers.
CLARIFICATION
Also in Lille, AMRAE president
Brigitte Bouquot told CRE that
Ferma can play a big role in lobbying
on cyber risk issues in the European
Union. She said insurers have done a
good job in developing cyber covers,
but more comprehensive solutions
will only appear once risk managers
get a better understanding of their
organisations’ cyber risk exposure, and
any related liabilities are clarifi ed.
Ms Bouquot praised the efforts
of insurers in designing cover for this
diffi cult risk. But she said there are
still a lot scenarios and cases “where
we don’t know what the risks are and
therefore the insurance proposal is not
yet fi nalised”. There is also ongoing
discussion to clarify who is liable
for certain cyber risks: producers,
manufacturers or those in the supply
chain, she added.
“I believe that when the risk
scenario and liability becomes more
clear, thereafter you can deliver a
very good insurance solution. There is
plenty of capacity and insurers have
an appetite for the business. But the
fi rst clarifi cation is to understand the
scenario, then who is liable for what
and then insurance,” said AMRAE’s
president.
She also explained that AMRAE
wants to do its own homework
and clarify its thoughts on cyber
insurance. It will then start more
detailed discussions with Ferma on
the topic. She believes Ferma’s real
power on this issue lies in its lobbying
ability.
There are two roles Ferma intends
to play to help its members manage
cyber risk: lobbying and insurance,
Rodrigo Amaral
news@commercialriskeurope.com
[LILLE]—OPENING THE 24TH
Rencontres de l’Association pour
le Management des Risques et
des Assurances de l’Entreprise
(AMRAE) in Lille, the association’s
president Brigitte Bouquot invoked
a Napoleonic motto to encourage
French risk managers in their battle
against a growing array of risks.
In a subsequent interview with
Commercial Risk Europe she also said
risk managers are concerned about
losing long-established relationships
with insurers as the industry continues
to witness a raft of mergers and
acquisitions (M&A).
RALLYING CRY
“Pour la patrie, pour le science, pour
la gloire,” exclaimed Ms Bouquot on
stage in Lille as she rallied the gathered
French risk managers attending
AMRAE’s annual conference.
This is the motto of École
Polytéchnique, Ms Bouquot’s alma
mater and one of the main engineering
schools in the country. It translates to
English as “for the motherland, for
science and for glory ” and is attributed
to Napoléon Bonaparte.
“For the motherland, which has
given us so much, and whom we must
serve in time of economic war,” Ms
Bouquot explained in her speech.
“For science, which is the source
of solutions and removes us from
ignorance,” she continued. “And for
glory, but not my own. For that of
risk managers, who are often not
honoured, but above all for that of
their companies.”
Ms Bouquot made the remarks
as she commented on the tough
challenges facing French risk managers
and their companies, many of which
were highlighted during the past
year.
“[The year] 2015 will stay in our
memories as one marked by military
confl icts, cyber war, the migration
boom, the record hot weather, natural
catastrophes and an economic crisis
in France that has no end, against
the background of global fi nancial
instability,” she said. “(The year) was a
continuous trailer of the future shock
of systemic crises.”
This diffi cult scenario of complex,
interlinked risks means that companies
need to tackle a number of urgent
challenges while they ready themselves
for the digital age.
REACHING GOALS
“We risk managers must become
a fi eld of excellence,” Ms Bouquot
said. In this context, risk managers
have two main challenges ahead.
First, they need to convince company
bosses that risk management is a
tool to achieve their goals and not
a bureaucratic task. “This is the
challenge of professionalisation and
the rennaissance of the profession,”
said Ms Bouquot.
The second challenge is to continue
fi nding ways to fi nance the transfer
of large risks. Ms Bouquot stressed
Adrian Ladbur y
aladbury@commercialriskeurope.com
[LONDON]—ON THE DAY THAT AIG
announced a detailed plan to cut costs
and raise profi tability, activist investor
Carl Icahn announced a bid to force his
way onto the board and force the break-
up of the insurer.
AIG published a detailed plan last
week to improve profi tability and sell off
non-core assets such as United Guaranty
Corporation (see analysis on page 8). The
plan is clearly designed to stave off Mr
Icahn’s effort to force a more fundamental
break-up.
Bloomberg reported that Mr Icahn
said he plans to propose a list of possible
new AIG board members by the end of
next week.
His investment fi rm issued a
regulatory fi ling after the close of New
York trading that said managing directors
Samuel Merksamer and Courtney Mather
may serve on the boards of directors
of entities in which Mr Icahn has an
interest.
AIG has not commented on Mr
Icahn’s latest comments. But chairman
Douglas Steenland reiterated his support
for Mr Hancock’s new strategic plan
and rebuttal of Mr Icahn’s claims that
investors would be better off if AIG is
split into three separate units.
“Our board of directors and
management are fully aligned behind the
strategy outlined on January 26. We look
forward to continued discussions with
our shareholders on the strategy we have
advanced,” read a statement from Mr
Steenland released on Monday.
AIG is taking this issue seriously and
for good reason. Only last week Xerox
announced that it had entered into an
agreement with Mr Icahn about the
governance of the business processing
company that will be created as a result
of the planned separation of Xerox into
FRIDAY, 5 FEBRUARY 2016
RENCONTRES De L’AMRAE
LILLE–2016
TERROR’S AFTERMATH:
What are companies in France doing to support
their employees in a post-terror environment—
After #pray4Paris, what comes next?
......p14
LILLE–2016
CONTINUED ON PAGE 3
p14
ZURICH.
Zurich set to
toughen stance
at renewals
Charon says
it’s “business as
usual” in France
Ben Norris & Adrian Ladbur y
news@commercialriskeurope.com
[LILLE]—FRENCH AND EUROPEAN
risk and insurance managers need
to prepare for a tougher stance from
Zurich Global Corporate at renewals,
as it deals with recent large losses.
The chief risk offi cer at Zurich
Insurance Group, Cecilia Reyes,
reportedly told Bloomberg news
service this week that the insurer
needs to either
“re-price” or
“walk away ”
from some risks,
given the recent
slew of bad news
announced by
the company.
However,
Anne Charon,
Zurich’s French chief executive offi cer
(CEO), told Commercial Risk Europe
that, as far as she is concerned, it is
“business as usual” for the insurer in
France. But she confi rmed Zurich
is reviewing its portfolios and being
more selective about the risks it
underwrites.
Rival insurers told CRE at the
Association pour le Management
des Risques et des Assurances de
l’Entreprise (AMRAE) conference in
Lille that they see opportunities from
Zurich’s restructuring and potential
change in underwriting approach.
One insurer said some risk managers
are unhappy with changes to price,
terms and conditions on offer from
Zurich at renewal.
TOUGH TIMES
Zurich has gone through a tough
time of late, suffering losses in its
general insurance business and
putting in place an action plan to
address past problems. This plan
includes reshaping its management
team, re-underwriting and exiting
underperforming portfolios.
Zurich recently announced that
Mario Greco will rejoin the company
as CEO after his stint in charge at
Generali. Mr Greco will not take
charge until May, however, and the
insurer clearly needs to get on with its
recovery plan.
Earlier this week, news broke that
CONTINUED ON PAGE 3 CONTINUED ON PAGE 3CONTINUED ON PAGE 3
KEYNOTE.
AMRAE rallies
troops in
war on risk
Anne Charon
AIG.
Icahn plans board coup to force AIG break up
01-CRE-AMRAE16-News.indd 1 4/2/16 16:12:28
41
L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441-7442.29janvier2016.argusdelassurance.com
[ ][[[
Risquesémergents
Lesentreprisesaffrontentunenvironnementderisquesenpleineévolution.
Pluriels,ilssontsigrandset,désormais,siinterconnectésqu’ilspourraient,
danslesnouveauxscénarios,faireexploserlesystème.L’Argusdel’assurance
adécidéd’enisolercinqmajeurs:lescyber-attaques,larupturedeschaînes
d’approvisionnement,l’hyperterrorisme,lesrisquesenvironnementaux
etlespandémiesmondiales.Étroitementliésàdesconsidérationsgéopolitiques,
socio-économiquesettechnologiques,cesrisquesémergentsouvrent
unenouvelleèreauseindelaquellelerôlebouclierdesassureursseravital.
[dossierrisKmanagement][dossierrisKmanagement]
42 43
L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441-7442.29janvier2016.argusdelassurance.com L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441-7442.29janvier2016.argusdelassurance.com
tHiNKStOCK/L’ARGUSD
e
L’ASSURANC
e
U
nepluiederisquesinterdépendants
sembles’êtreabattuesurlaplanète.Au
pointd’ébranler,potentiellement,le
système.Toutlesystème.Siledangerne
souffreplusni
doute,nidébat,lapublication
concomitantedela11
eéditiondu«Global
RisksReport»àl’occasionduWorldEcono-
micForum2016(lireci-après)etdu5
eBaro-
mètredesRisquesd’Allianz
(1)donnetoutefois
àvoiruneperceptioncontrastéedesenjeux.
Leregardposésurlesnouveauxrisquesdu
mondechanged’ordonnancementcomme
decouleur,selonquel’onchausseleslunettes
del’entreprise,del’assureuroudel’écono-
miste!L’économistes’inquièteainsi,dans
l’ordre,desconséquencesd’uneinadaptation
auchangementclimatique,puisdesarmes
dedestructionmassive,dumanqued’eau,
d’uneaugmentationdesfluxmigratoiresà
grandeéchelleetenfinduchocénergétique.
Pourlapremièrefoisdansl’histoireduForum
économiquemondial,l’environnementfigure
d’ailleursentêteduTop5desrisquessuscep-
tiblesd’avoirleplusd’impactdevantl’insta-
bilitégéopolitique,puissociétale,écono-
miqueetenfinlerisquetechnologique
cristalliséparlesfameusescyber-attaques.
Desoncôté,l’entrepriseobservelesrisques
defaçonplus… terreàterre.Parpriorité,elle
redouted’abordl’interruptiond’activité(y
comprislesperturbationsdelachainelogis-
tique),l’évolutiondesmarchésaveclavola-
tilitéaccruequiatendanceàlescaractériser,
lescyberrisques,lescatastrophesnaturelles
etenfinlesévolutionslégislativesetrègle-
mentaires.Quantauxassureurs,ilsdansent
avectouscesloups,enproieàladifficulté
d’apporteruneréponseassurantielleopti-
Nouveauxrisq
ues,
nouvellesdimensions
male,fauted’historiqueetdecapacité,
notamment.Lanécessairerésolutionde
l’assurabilitédecesrisquesémergents–peu
enimportel’ordre–pourlemaintiendes
équilibresdumondemettoutlemonde
d’accord.D’ailleurs,L’Argusdel’Assurancea
volontairementélaborésonpropreTop5
desrisquespotentiellementsystémiques,
envertudeleuractualitéetdesdernières
avancéesassurantielles.Ilsconcernentles
attaquescyber,l’hyperterrorisme,lasupply-
chain,l’environnementetlespandémies.
Leurpointcommun?Leurinterconnexion,
etdespertespourlesentreprises,qui
peuventdépasserlargementlesdommages
directsauxbiens.«Denombreusessociétés
craignentlesconséquencesd’interruption
d’activitéquisontdeplusenpluslerésultat
decyber-attaques,depannestechniquesou
d’instabilitésgéopolitiques(…)Entant
qu’assureurs,nousdevonstravailleravecnos
clientspourlesaideràaffrontercesnouvelles
réalitésdefaçonglobale»,confirmeChris
FischerHirs,directeurgénérald’Allianz
GlobalCorporate&Specialty.Uneplus
largegammedescénariosperturbateursse
profiledoncpourlesdifférentesparties-
prenantesdumondeéconomique.Àce
titre,lesmeilleureslunettesàchaussersont
sûrementen3D.3Dpourmondialisation,
digitalisationetinnovationstechnolo-
giques.«Leurimpactposedesdéfisfonda-
mentaux»,assureAxelTheis,membredu
conseild’administrationd’AllianzSE.
■ÉLOïSEBERNIS
1.Étudem
enéeauprèsde800gestionnaires
durisqueetexpertsenassurancedans40pays.
Activité infectieuse faible
Activité infectieuse modérée
Activité infectieuse soutenue
Activité infectieuse dense
Activité infectieuse élevée
Alaska
7 800 oiseaux marins7 800 oiseaux marins7 800 oiseaux marins7 800 oiseaux marins
morts échoués en Alaska.
..
morts échoués en Alaska.morts échoués en Alaska.morts échoués en Alaska.morts échoués en Alaska.mortsécmortséch
États-Unis
Cas épars d’hépatite C,
de tuberculoses, d’infection
à la E.coli, de pneumonie
ovine, de virus de la stomatite
vésiculaire, de coqueluche.
Royaume-Uni
EmpoisonnementEmpoisonnempoisonne
alimentairealimentairealimentaire
(scromboïdose),(scromb(scromb
streptocoques
oquesoques
strestre
du groupe A,
oupeA,oupeA,
fièvre scarlatine.
carlatine.carlatine.
UkraineUkraineUkraineUkraineUkraineUkraineUkraine
Grippes,
maladies respiratoires,maladies respiratoires,
schistosomes
(maladie parasitaire
arasitairearasitaire
(maladie parasitaire(maladie parasitaire(maladie parasitaire
dûe à un ver),
ver),unver),
(maladie parasitaire
dûe à un ver),
(maladie parasitaire
dûe à un ver),dûe à un ver),
choléra.
ra.ra.
KenyaKenyaKenyaKenyaKenyaKenyaKenyaKenyKenyKenyKenyKenyaKenya
Hépatite B,HépatiteB,HépatiteB
choléra, virus Ebola,
bola,bola,sEbola,sEbola,
léra,virusEbléra,virusEb
maladies animales.
animales.animales.
adiesanimaladiesanimal
s.s.
PaPaPaPaPakistanPakistanakistanakisPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistanPakistan
ParasitesdévaParasites dévastant
lesagrumes.lesaglesaglesaglesaglesag
IndonésieIndonésieIndonésie
MalaisieMalaisieaisieaisie
ThaïlandeThaïlande
andeande
Dengue,
maladies d’originemaladies d’origine
alimentaire.
Australie
Tuberculoses
pneumocorioses,
grippes, choléra,
diarrhées sévères,
dysenterie.
Canada
Cas de résistanceCas de résistanceCCas
antibiotique à la bactérieantibiotique à la bactérieantibiotique à la bactérieantibiotique à la bactérieantibiotique à la bactérie
ctériectérie
MCR-1 positive E.coli.MCR-1 positive E.coli.MCR-1 positive E.coli.MCR-1 positive E.coli.
PérouPérouPérouPérouPérouPérou
Virus Zika avec
transmission aux
nouveaux-nés atteints
de microcéphalies,
grippe H1N1.
NigériaNigériaNigériaNigériaNigériaNigériaNigéria
Grippe aviaire,
fièvre Lassa
(nouveau),
fièvre jaune.
Russie
Méningitesinfectieuses,
grippesH3N2.
Chine
Grippes aviaires,Grippes aviaires,Grippes aviaires,Grippesaviaires
viaires
Grippes aviaires,
grippe A H5N6,
H5N6,H5N6,
grippe A H5N6,grippe A H5N6,gripgrip
MERS-CoVMERS-CoVMERS-CMERS-C
mes
(syndromes(syndromes(syndrom(syndromiresires
respiratoiresrespiratoiresrespiratoipiratoi
de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).
aviruaviru
de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).de coronavirus).decoronacoronade coronavirus).
p
Malaria.
Empoisonnements.
ArgentineArgentineArgentineArgentineArgentineArgentineArgentineArgentine
Réapparition de maladies
cliniques ancestrales.
Chikungunya,
diarrhées sévères.
Malaria record,
virus Zika.
Brésil
Venezuela
Fièvre catarrhale
(bluetongue virus).
FranceFrancFrancFrancFrancFrancanceFrancFrancFranceFranceanceance
MERS-CoV
(syndromes
respiratoires
de coronavirus).
respiratoires
de coronavirus).
respiratoires
Arabie
saoudite
Dengue, rage.
[dossier]
[dossier]
56 57
L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441.29janvier2016.argusdelassurance.com L’ARGUSDEL’ASSURANCE.N°7441.29janvier2016.argusdelassurance.com
PrOMeD:PrOgraMMeeNLigNeDeSuiViDeSMaLaDieSÉMergeNteS
■Àl’heureoùles
maladiesinfectieuses
émergentessepropagent,
sedisséminentet
mutentdanslemonde
entier,lesassureurs
s’organisentpour
apporterdesréponses
actuarielles.
C
inq,ilsenontisolécinq.
ÀGenève,desscientifiques
etdesexpertsdelaWorld
HealthOrganisationontjugéque
lafièvrehémorragiquedeCrimée-
Congo,levirusEbola,lafièvre
Lassa,leMERS(coronavirus)etle
SRAS(syndromerespiratoireaigu
sévère)constituentlespathogènes
émergentsàmêmedegénérerdes
risquessévères,aucunremède
n’existantàcejour.Outrecetteliste
prioritaire,levirusZika,lechikun-
gunya,lesida,latuberculose,la
malaria,lagrippeaviaireouencore
ladengue(voircarte)quigénèrent
moinsdedécèsmaisbeaucoupde
casd’incapacitésdetravailetd’in-
validitésdansdiversendroitsdu
monde,ontétéestimés«sérieux».
L’augmentationdelapopulation
mondiale,laproliférationdenou-
veauxvirus,l’explosiondunombre
devoyageursouencorelereculde
laruralitéjustifient,entreautres,
l’accroissementd’uneveillesoute-
nuesurcesmaladiesinfectieuses.
EnFrance,lesassureurs,eux,
s’organisentdepuisl’andernier
pourtrouverlescapacitésde
couvertures,sachantqueleBureau
commund’assurancescollec-
Quandunproblèmeponctuelp
eutdevenirplanétaire…
Pandémie-santé–maladiesémergentes
Lapandémieestmaladieinfectieuse
quitouchelapopulationd’unezonetrès
étendueduglobeetdontonmesurele
risqueparl’indicededéviationdemortalité
standard,autrementdittauxdelétalité
(*).
Cequel’assurancecouvre:lerisque
décès.Lescoûtsquidépasseraient
leseuildedéviationdemortalitésont
transférésauréassureur.Ceseuil
(1,5décèsliésàlapandémiepour
1000décès)peuts’appuyersur
lesinformationsfourniesdanslesétats
réglementairescomptablestransmis
chaqueannéeàl’aCPrparlesassureurs.
Cequel’assurancenecouvrepas
(oupeu):l’arrêtdetravail,lescoûtsliés
àdesmaladiesrésultantdelapandémie
etlesrisquesliésàl’assurance
dommagestellelaperted’exploitation.
*.Proportiondepersonnesdécédées
parmicellesayantcontractél’infection.
Principauxfoyerssanitairesinfectieuxidentifiés
danslemondedébutjanvier2016.112alertesautotal,maisaucunrisqueélevé.
43
Nouveauxrisques,
nouvellesdimensions
44
L’interconnexiondesrisques,nouvel
enjeupourlesétatsetlesentreprises
46
L’ascensionfulgurantedurisquecyber
50
Contrel’hyperterrorisme,
labatailledel’assurabilité
52
Leschaînesd’approvisionnement
donnentlevertigeauxassureurs
54
Lerisqueenvironnemental
faitunecourseréglementaire
56
Pandémie:
quand
unproblème
ponctuel
peutdevenir
planétaire...
59
Nouveauxrisques,vieuxdébats
(HedwigeVlasto,
avocateauBarreaudeParis)
sommaire
risK managementDOSSIER
riskmanagers.Danslespetitesstruc-
tures, il re ste des progrès à faire,
notamment dans la gestion des per-
sonnels expatriés ou locaux, mais la
prise de conscience a clairement eu
lieu»,indiqueRenauddePressigny,
directeurgénéraldeQBEFrance.
Lesdonné es,unbienvital
Levéritablechangement?Il
découledelaquatrièmerévolution
industrielle:lesentreprisessont
entréesdansunnouveaumonde
–digital,ubérisé,fondésurdesdon-
néesdemasseetsurdenouvelles
technologies–,quiengendredenou-
veauxrisquesdedéveloppementde
marché oudedéveloppement
macroéconomique.Tousdeuxont
faituneentréemagistraledansles
derniersclassements(voirinfogra-
phie).«40%des“businessmodels”
aurontchangéd’iciàcinqans.Les
conséquences,entermesderisques,
sontdifficilesàestimeraujourd’hui»,
expliqueFabriceDomange,direc-
teurgénérald’AIGpourl’Europede
l’Ouest.Carleurnaturecommeleur
hiérarchievontchanger.Certains
disparaîtrontauprofitd’autres
encoreinconnus.Parexemple?
«Larévolutiondel’impression3Dva
modifierprofondémentvoireeffacer
lerisque“supplychain”.Lamontéeen
puissanceduBigDatadonneune
nouvelleampleurauxmenaces
cyber:levolouladestructiondedon-
néespourronttueruneentrepriseen
trèspeudetemps»,indiqueThierry
Masurel.L’explosiondesobjetscon-
nectésouautonomessoulèvea
ussi
denombreusesquestions.«Dansle
futur,laresponsabilité d’unéventuel
accidentdelaroutesera-t-elleàcher-
cherducôtéduchauffeur,ducons-
tructeurdelavoiture,ouencoredu
fabricantdulogiciel?»illustre
FabriceDomange.
Enoutre,quelsquesoientles
domaines,lesrisquesontdésormais
acquisunedimensionplanétaire.
«L’interconnexioncroissantedes
entreprisesetlesmutationstechnolo-
giquescommelaconcentrationdes
servicesennuage,ladémocratisation
dessmartphones,desapplications
collaborativesetdesobjetsconnectés
conduisentlesrisquesàêtreplus
complexes,plussystémiquesetplus
difficilesàanticiper»,estimeDomi-
niqueDelmas,directeuradjointdu
développementresponsabilité
PanoramaUnecybercriminalitédeplusenplusprofessionnelle //P.36|AssuranceGrandsrisques:unmarchéàl’avantagedesassurés//P.37|
InternetLesréseauxsociauxdécuplentlerisquederéputation //P.37|ManagementUnefonctiondeplusenplusstratégique//P.38|
CécileDesjardins
A
veclerecul,2015fera-t-elle
figured’annéecharnièreen
matièrederisquesd’entre-
prise?«L’anné eaétémarquéeparde
trèsgrandsbouleversements,tantsur
unplansociétalqu’économique:
outrelesproblèmesgéopolitiques
mondiauxavecDaech,biensûr,mais
aussilaRussie,lepétroleoulasitua-
tionauMoyen-Orient,l’annéeavu
l’avènementdel’ubérisation,dela
transformationgénéralisée,lamon-
téeenpuissancedel’économiedepar-
tageoudesobjetsconnectés»,résume
ThierryVanSanten,directeurgéné-
ralFranced’AllianzGlobalCorpo-
rate&Specialty(AGCS).Autant
d’événementsquiontfaitbasculer
l’universdurisquedansunnouveau
monde,unepageblanche.
Les dangers traditionnels n’ont
bien s ûr pas disparu. « La première
causedesinistreesttoujoursl’incen-
die, suivi par les catastrophes natu-
relles.Ilnefautnégligernicesrisques
ni les expositions – présentes et réel-
les–qu’ilsreprésentent»,rappellent
ThierryMasureletEmmanuelBer-
nuchon, respectivement directeur
généralEuropeduSudetdirecteur
delasouscriptionchezFMGlobal.
Maisdenouveauxdomaines
sontentraind’émerger.Pastou-
jourstrèsclairs.Pastoujoursbien
définis…Cesontpourtantlessujets
dedemain.Parmieux,lerisquecli-
mat.Ilpeutsemblernaturelaprès
laCOP21,maisraressontlesentre-
prisesquil’ontréellementenligne
demireaujourd’hui,endehorsdes
désormaisclassiquespréoccupa-
tionssurlachaîned’approvision-
nementetlafragilitédesfournis-
seursasiatiquessituésdansdes
zonesinondables.«Avecla16
e
posi-
tiondansnotrebaromètre,leclimat
n’ajamaisétéaussibasdanslespré-
occupationsdesriskmanagers»,
relèveThierryVanSanten.
Ignoré e en début d’année der-
nière, même après les événements
dejanvier,lamenaceterroristes’est,
elle, imposée dans la plupart des
entreprises. «Chacun a compris
aprèslesattentatsdenovembrequela
menaceterroristeétaitdevenuegéné-
rale et omniprésente. Les grands
groupessontdeplusenpluséquipés.
Leursresponsablessécuritéousûreté
travaillentmaindanslamainavecles
ENJEUX// Al'occasiondes24
e
Rencontresduriskmanagement,
organisé esparl’Amrae(*)etquisetiennentàLille
jusqu’àvendredi,unpanoramadessujetsquipréoccupentactuellementlesprofessionnelsdel’assuranceetduris-
queenentreprise.Ducyberauterrorisme,enpassantparlaréputationetlatransformationdesbusinessmodels…
Denouvellesmenaces
àanticiper
civileducabinetd’expertiseSaretec.
«Unvirusouunverpeutaujourd’hui
rapidementsepropagerdanstoutun
secteurindustriel,sansaucuneconsi-
dérationgéographique…»avertit
EmmanuelBernuchon.
Autantderéflexionsquipeuvent
semblerloinduquotidiendelages-
tiondessinistresoumêmedesplans
decontinuitéd’activité.Defait,elles
sontlesignedel’évolutiondumétier
deresponsabledesrisquesversune
fonctionplusstratégiquequeparle
passé ,«supportdeladémarche
entrepreneurialedanslesorganisa-
tions»,résumeAnnePiotd’Abzac,
responsabledesrisquesdugroupe
Ipsen.Auxcôtésdeladirectiongéné-
rale.Mais,concrètement,comment
yparvenirdansl’universmouvant
actuel?«Lessolutionssontencoreà
trouveraujourd’hui,maisilnousfaut
réfléchiràplusd’anticipation,plus
d’agilité,d’innovationetdetransver-
salité»,estimeLoïcLeRoy,directeur
del’audit,ducontrôleinterneetdes
risquesdugroupeSoLocal.Unbeau
programmepour2016.
(*)Associationpourlemanagementdes
risquesetdel’assuranceenentreprise.
`
SUR
LEWEB
•Fraudeinterne:lapréventionpasseaussiparlesressources
humainessurlesechos.fr/
•Casd’école:Ipsen, Aéroportsd
eLyonetSoLocal
surlesechos.fr/
Lacouverture
environnementale
adaptéeàvos
vraisrisques
LesassurancessontfourniesparAIGEuropeLimited,membredu
GroupeAIGInc.L’offreestsusceptibledevarierselonlespayset
peutnepasêtredisponibledanstouslespayseuropéens.Pourplus
d’informations,vouspouvezvisiternotresiteInternet:www.aig.com
L’évolutionréglementairedansledomainedelaresponsabilité
environnementalenécessitedessolutionsd’assurancesadaptées.
LesnouvellesLoissurlaresponsabilitéenvironnementalenécessitentdenouvellessolutionsd’assurances.
AIGregroupedessouscripteursdontl’expérienceinternationaleetl’expertiseleurpermettentde
traiterdesexpositionsenvironnementalescomplexes,incluantlapollutiongraduelle,lesfraisde
dépollutiondessitesetlesdommagesquimenacentnotreécosystème.Quoideplusnaturelavecle
n°1françaisdesrisquesenvironnementaux!Pourensavoirplus:www.aig.com/fr/EnviroPro
SPÉCIAL
MERCREDI3FÉVRIER2016 LESECHOS.FR/
MANAGEMENTDESRISQUESATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
55 À L’AFFICHE
Le recrutement de Risk Managers est-il tou
jours sur un marché de niche ?
Oui mais depuis une dizaine d’années, ce petit
marché s’est structuré avec désormais beau-
coup d’acteurs. Nous ne sommes effectivement
pas sur un marché volumique car il n’y a que
cinq à six recrutements par an de Directeurs
Risques et Assurances. Il s’agit de personnes
avec de l’expérience avec une certaine séniori-
té qui intègre aussi maintenant leurs équipes.
Bien souvent les Risk Managers sont rattachés
à une direction financière, donc c’est le direc-
teur financier qui drive le process.
Quelle votre stratégie pour le sourcing de ces
profils ?
La difficulté n’est pas tant aujourd’hui de
trouver les candidats car nous les connaissons
et suivons. S’ils peuvent provenir du grand
courtage (Marsh, Aon, Gras Savoye…), ils
viennent généralement de l’entreprise et ont
suivi des formations ciblées comme celles que
propose l’AMRAE.
Les ETI semblent s’intéresser de plus en plus
à ces profils. Phénomène conjoncturel ou
structurel ?
On observe effectivement beaucoup de créa-
tion de poste au sein des ETI qui prennent
conscience, à leur tour, de l’impérieuse néces-
sité de s’adjoindre des compétences de Risk
Manager. Pour ces entreprises de taille inter-
médiaire, il s’agit plus encore d’un phénomène
structurel mais lié, il est vrai, à une conjonc-
ture du risque et de toutes ses composantes
assez fortes d’où la nécessité de confier cela à
des professionnels aguerris.
Au sein des ETI, la gestion des risques est
généralement entre les mains de plusieurs
directions comme celle du contrôle interne
ou de l’audit interne. Sur la partie risques, il
y a donc beaucoup de « concurrence » interne.
Sur la partie assurances en revanche, le Risk
Manager ou directeur des assurances, a une
légitimité totale.
Quels profils de Risk Manager sont recherchés
en priorité dans les ETI ?
Dans l’industrie, le profil type du Risk Manager
est un ingénieur de formation qui a fait un
passage en entreprise dans une activité tech-
nique ou de développement. Dans les services,
le Risk Manager peut provenir d’une école de
commerce ou encore être juriste de formation.
Les critères qui font la différence aujourd’hui :
l’expérience professionnelle dans le secteur
d’activité donné, l’international car le Risk
Manager ne peut être aujourd’hui franco fran-
çais car il doit, entre autres missions, créer
au sein de son entreprise un réseau d’ambas-
sadeurs et de correspondants. Il doit donc
impérativement être bilingue en anglais et
maîtriser des techniques spécifiques de type
RC américaine.
La dimension assurantielle est-elle impor-
tante dans les profils ?
Elle est essentielle. Dans les grands groupes,
les Risk Managers sont avant tout des profes-
sionnels de l’assurance donc maîtrisent toutes
les branches non VIE. Tout ce qui relève de la
VIE était jusqu’à présent l’apanage des DRH
mais certains Risk Managers commencent pro-
gressivement à investir ce terrain.
Les formations AMRAE sont-elles un atout
dans le profil des candidats ?
Oui, c’est certain. C’est une accréditation et
une légitimité supplémentaires.
De qui émane la demande de recrutement ?
Dans les ETI, nous serons face à la Direction
Générale. Dans les grands groupes, la demande
provient soit de la direction financière soit de
la direction juridique.
Quelle sont les perspectives pour les Risk
Managers ?
C’est toute la difficulté car il y a un plafond
de verre évident. Certains, grâce à leur sa-
voir-être — ces très recherchés soft skills —
ont pu ou vont pouvoir évoluer de manière
transverse sur d’autres métiers.
REGARD D’UN CHASSEUR DE TÊTES
GATIEN JOB, ASSOCIÉ GÉRANT DE MOKPO CONSULTING
À PROPOS DU RÉFÉRENTIEL MÉTIER
SUR LA HIÉRARCHIE DES COMPÉTENCES
Compétences :
1 – Appréciation du risque
2 – Gestion de projet /
transversalité des projets
3 – Expertise technique
4 – Internationalisation
Qualités :
1 – Esprit de synthèse
2 – Communication
3 – Éducation, transfert de savoir
Rémunération :
fixe entre 130k€ et 150k€
(haut de la fourchette 200 k€)
variable 30 % de ce fixe et voiture
de fonction.
Risk Manager
Référentiel Métier
80, Boulevard Haussmann 75008 PARIS
Par Sophie BougeardATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
56 MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D’EXPÉRIENCE
AVEC LA COLLABORATION DE
L
ors du choix du système d’extinc-
tion incendie, les exploitants de
data centers préfèrent sauvegarder
les données contenues dans les
serveurs plutôt que protéger les bâti-
ments et les machines. « Ils cherchent une
solution miracle qui leur assure le moins de
temps d’arrêt possible du service, constate
Yves Goacolou, Expert en sécurité des data
centers au sein de CNPP. Une analyse des
vulnérabilités doit être menée avant de
choisir la solution adéquate. « Il faut étudier
la configuration des locaux, définir les scéna-
rios redoutés et se poser la question des objec-
tifs », rappelle Arnaud Breton, Responsable
expérimentation de CNPP. Il ne reste plus
qu’à choisir : gaz ou brouillard d’eau ? Brouillard d’eau
❱ Fonctionnement
Les buses de diffusion du brouillard d’eau
défragmentent l’eau en microgouttelettes et
les pulvérisent en basse, moyenne ou haute
pression sur les équipements sinistrés.
Les plus
Le brouillard d’eau « présente moins de risque
de déclenchement intempestif dans le cas
de systèmes à buses automatiques », selon
Philippe Charlot, président du Gifex et direc-
teur des solutions extinction chez Siemens.
Contrairement à une installation d’extinc-
tion automatique par gaz, « avec le brouil-
lard d’eau, l’ensemble des équipements tech-
niques de la salle serveur reste en exploitation,
rapporte Olivier Kachel, Responsable marché
du groupe DEF. Seule la zone impactée par le
sinistre peut être éventuellement coupée lors
d’une intervention humaine. »
Les moins
Le brouillard d’eau n’éteint pas complète-
ment le feu. Les gouttelettes ruissellent sur
les obstacles et ne vont pas dans les baies
où se déclarent la plupart des incendies.
« À moins de mettre des diffuseurs jusque
dans les baies. Mais dans ce cas, toute l’ins-
tallation serait détruite », complète Yves
Goacolou. « Au-delà de la destruction des
équipements, il y a un risque d’électrisa-
tion », remarque Arnaud Breton.
❱ Plutôt adapté pour
les data centers où le personnel est présent
24 h/24 et 7 j/7.
Gaz inerte
❱ Fonctionnement
Lorsqu’un incendie est détecté, du gaz
(argon ou azote) est lâché pour faire baisser
le taux d’oxygène et éteindre le feu.
Les plus
Les systèmes à gaz sont les seuls pouvant
éteindre complètement le feu dès le départ.
Les moins
La surpression provenant du bruit généré
par le lâcher de gaz a été responsable de l’al-
tération voire de la destruction de disques
durs. Fabrice Coquio, président d’Interxion,
a œuvré pour ne pas dépasser 105 dB, seuil
au-delà duquel les disques durs peuvent
être abîmés : « Nous avons obtenu que le
lâcher de gaz se réalise en 120 s. au lieu de
60 pour réduire le bruit ». Des buses « silen-
cieuses » ont été développées.
❱ Plutôt adapté pour
les data centers neufs conçus pour ce type
d’extinction. « Il faut former les architectes à
l’installation de la protection incendie dans
les data centers », pense Yves Goacolou.
Ève Mennesson
Extrait de Face au Risque n°520,
février 2016
Extinction incendie dans les data centers :
gaz ou brouillard d’eau ?
En matière d’extinction automatique d’incendie dans les data centers, deux solutions
existent. Chacune présente des avantages et des inconvénients.
Système de prévention par air appauvri
Cette solution de prévention permet un maintien du taux d’oxygène à un niveau constamment faible par injection permanente d’azote.
« Cela n’oblige pas à mettre hors tension l’infrastructure informatique et la climatisation », souligne Éric Lejars, Directeur commercial de
Wagner Group France. Cette solution concerne les data centers avec peu de passage. Travailler avec un faible taux d’oxygène est déconseillé
pour les personnes en insuffisance cardiaque ou respiratoire, voire interdit sans appareillage spécifique en deçà d’un certain taux.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
57 MÉTIER RISK MANAGER
L
a 11
e
promotion a effectué sa rentrée en
décembre dernier, constituée comme à l’ha-
bitude pour moitié de professionnels déjà en
poste et pour l'autre moitié d’étudiants en
formation initiale. « Nous les appelons des audi-
teurs en raison de ce mélange de profils », explique Didier
Raciné, Directeur du Mastère Spécialisé
®
.
Grâce à l’inscription au RNCP (Répertoire National des
Certifications Professionnelles), le Mastère Spécialisé
®
peut aujourd’hui former des auditeurs en alternance
(apprentissage pour les moins de 26 ans, contrat de
professionnalisation pour les autres). Pendant un an,
ils sont en entreprise dans la semaine et suivent les
cours le vendredi et le samedi, d’octobre à avril. « Nous
dispensons une approche globale du risque lors d’une
formation très pratique, ce qui n’est pas contradictoire »,
souligne Didier Raciné.
Cette approche globale constitue la première des trois
caractéristiques majeures du mastère ; une hauteur
de vue d’autant plus indispensable que « l’ensemble
du panel des risques peut être présent sur un territoire
(risques technologiques, de santé publique, de sécurité,
naturels, économiques…) ».
Seconde caractéristique, sa couverture de l’ensemble du
processus de gestion des risques : identification, préven-
tion, réduction, alerte, gestion de crise, résilience, diffu-
sion de la culture du risque auprès des populations… « La
culture du risque est au cœur du Mastère Spécialisé
®
: il faut
savoir l’étendre du Risk Manager aux populations, car ce
sont elles qui sont actrices de leur sécurité », conformément
à la loi de définition de la sécurité civile de 2004.
Troisième clé du mastère, une approche managériale et
concrète : « ce n’est pas un mastère de technicien, mais de
management », précise Didier Raciné. « Nous apprenons
à gérer le risque incendie, mais nous ne formons pas des
pompiers ! ».
UN NOYAU COMMUN ET PLUSIEURS OPTIONS
Le programme universitaire proprement dit comprend
400 heures de cours, réparties en neuf modules de
cinq jours et demi. Quatre modules constituent le tronc
commun :
❱ Méthodologie de gestion des risques et cindynique
(analyse du risque).
❱ Crise et communication : « les professionnels que nous
formons doivent savoir communiquer aux populations
en amont pour diffuser la culture du risque, et pendant
la crise pour informer et donner des consignes »,
explique Didier Raciné.
❱ Risques et économie (approche économique du risque) :
mesure financière du coût du risque, assurances…
Né en 2005, le Mastère Spécialisé
®
« Gestion des Risques sur
les Territoires » de l’EISTI forme des Risk Managers pour les
secteurs public et privé. L’approche globale et la culture du
risque y sont essentielles pour permettre à ces managers de
mobiliser l’ensemble des acteurs d’un territoire à la gestion
du risque, et en devenir le maillon fort.
MASTÈRE SPÉCIALISÉ GESTION
DES RISQUES SUR LES TERRITOIRES
DE L'EISTI
Didier Raciné,
Directeur du Mastère
Spécialisé
®
LE DIPLÔME « CONSEILLER EN
MANAGEMENT DES RISQUES »
Créé en 2013, ce diplôme universitaire a la même philosophie que le Mastère Spécialisé
®
, dont
il est le pendant accéléré (200 heures de cours pour le D.U contre 400 heures pour le MS). Ce diplôme bénéficie du partenariat établi avec le CNFPT (Conseil National de la Fonction Publique Territoriale).
La 6
e
édition sera bientôt achevée : elle est
constituée de deux promotions aux Antilles et
en Guyane, deux à Lyon, et une en Île-de-France.
Chaque promotion comporte 20 auditeurs
(les intervenants se déplacent). Au total, une
centaine de cadres ont été formés, et sont
actuellement en poste dans des collectivités
territoriales.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
58 M?TIER RISK MANAGER
FORMATION À LA LOUPE
❱ Ville et risques, exécution des pouvoirs de police du Maire : ce module
indispensable sur les territoires présente les différents pouvoirs de
police du Préfet, du Maire, ainsi que la responsabilité du chef d’en-
treprise.
Les autres modules sont sélectionnés par les étudiants en fonction de
leurs centres d’intérêt : santé publique, sécurité publique, gestion des
risques naturels, risques juridiques, risques naturels, risques techno-
logiques et sécurité de l’information. Un nouveau module a vu le jour
cette année, consacré aux risques cyber.
ADAPTATION AUX TERRITOIRES ET À LEURS ACTEURS
Les enseignements proposés sont en adéquation avec la réalité des
territoires : comment gérer le transport de matières dangereuses sur
une commune ? Quelles méthodes d’urbanisme pour éviter les incen-
dies ? Comment prévoir la désaffection économique d’un territoire ?
Quels moyens de protection des populations face aux risques naturels ?
Conscient que « les étudiants doivent s’inscrire dans une chaîne de
gestion du risque, voire gérer ce risque eux-mêmes », Didier Raciné veille
à ce qu’ils comprennent et communiquent avec tous les autres corps de
métier impliqués dans la gestion des risques sur les territoires.
Le corps enseignant, issu à 95 % d’entreprises et de collectivités,
comprend aussi des assureurs, médecins, avocats, juges, policiers,
gendarmes, urbanistes … En guise d’exemple, le responsable du
module de santé publique est le médecin général Julien, membre de la
brigade des sapeurs-pompiers de Paris et de l’Académie des Sciences.
« La reconnaissance RNCP nous a aussi permis de développer des parte-
nariats avec la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France,
le Ministère de l’Intérieur, la DGSCGC et d’autres structures », détaille le
Directeur qui a compris que les grands risques ne sont plus l’apanage
de quelques décideurs éclairés, mais une préoccupation commune.
MÉMOIRE ET DÉBOUCHÉS
En fin d’année, forts d’un apprentissage pratique et théorique, les
étudiants rédigent un mémoire à forte visée opérationnelle : « dans
notre mastère, les mémoires sont des travaux qui permettent de faire
avancer la réflexion collective en matière de gestion des risques. On
obtient des mémoires qui ont un intérêt immédiatement tangible ».
En fin d’année, les étudiants peuvent prétendre à des profils poly-
morphes : « classiques » (consultants, Risk Managers dans de grandes
entreprises), ou plus spécialisés. Le MS produit, aujourd’hui, des
cadres territoriaux et des professionnels exerçant dans des secteurs
spécialisés (services de secours, de santé ou de sécurité comme la
Croix-Rouge, la SDIS, les zones de défense…).
LA PROMO
2015/2016
21 étudiants,
dont 2 étrangers
Âge moyen : 36 ans
Expérience professionnelle
moyenne : 13 ans
67 % sont en poste,
24 % en alternance,
9 % en recherche d‘emploi
Étudiants professionnels :
86 % issus des domaines liés
aux secours et à la sécurité,
7 % de chefs d’entreprise,
7 % de cadres d’entreprise.
« Le Mastère Spécialisé® m’a
permis d’appréhender les diverses
problématiques auxquelles sont
confrontés les Risk Managers.
J'ai acquis une vision globale et
transversale de la gestion des
risques grâce à des échanges
instructifs avec des intervenants
de milieux professionnels variés.
Après cette formation, j’ai décidé
de créer ma propre société, ce qui
constitue un défi intéressant à
relever dans un secteur vecteur de
belles opportunités. »
TÉMOIGNAGE DE JEAN-CHRISTOPHE BANDELIER, ANCIEN ÉTUDIANTATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
59 M?TIER RISK MANAGER
FORMATION À LA LOUPE
FRÉDÉRIC DESITTER, DIRECTEUR DE L’ERM,
SIDRA MEDICAL AND RESEARCH CENTER AU QATAR
PARCOURS D’UN
PIONNIER DE L’ERM
Frédéric Desitter est tombé dans la marmite de l’ERM il y a 18 ans. Si ce « pionnier » du
Management des Risques travaille aujourd’hui à l’international, au Qatar, c’est dans des
secteurs très variés en France qu’il a appris son métier et aiguisé ses armes de Risk Manager.
A
près dix années passées au sein du
groupe Bouygues à différentes fonc-
tions opérationnelles puis managé-
riales, Frédéric Desitter amorce son
premier virage vers le Risk Management
en 1997, en rejoignant le cabinet anglais Euro Log,
spécialisé dans la gestion des risques de projets, et
qui souhaitait ouvrir un bureau en France. Une expé-
rience riche qui dura sept ans, à une époque où la
notion même de Risk Management commençait tout
juste à poindre en France. « J’ai beaucoup travaillé
pour le groupe Total. Ma mission consistait à poser les
jalons d’une démarche de management de risques
sur les grands projets de développement pétrolier du
Groupe en offshore profond, dont les premiers à cette
époque étaient situés en Angola ». Cette démarche, le
groupe industriel l’a ensuite reprise pour l’ensemble
de ses projets de développement.
De 2004 à 2008, il œuvre au sein de la branche
transport du groupe Alstom, une structure, encore
une fois, dépourvue d’approche structurée sur le
Management des Risques au niveau des grands
projets « clés en main » (train, métro, tramway)
dans le monde.
L’EXPÉRIENCE ADP
C’est chez Aéroports de Paris (ADP) que Frédéric
Desitter orchestrera une démarche ERM complète
car globale. Lorsqu’il rejoint l’entreprise en 2008,
sa mission consiste à créer une approche de gestion
des risques au niveau Corporate, dans le cadre
d’une démarche ERM. « Cette approche compre-
nait la gestion des risques, la gestion de crise, la
continuité d’activité, la sécurité des systèmes d’in-
formation et la sécurité globale de l’entreprise ».
Après avoir élaboré une première cartographie des
risques, son équipe est en charge de faire en sorte
que cette approche se diffuse dans l’ensemble des
structures organisationnelles et fonctionnelles.
« Ce travail de fond nous a pris trois ans. Nous avons
commencé par une démarche top down pour aboutir
à une approche bottom up en travaillant avec
chacune des entités ». Un outil de Governance Risk
and Compliance a été mis en place puis utilisé par
l’ensemble des entités. En plus de cette démarche
ERM, son rôle consistait également à faire en sorte
que les éléments venant du contrôle interne et
de l’audit soient bien liés aux risques que devait
couvrir l’entreprise. « Cette démarche a permis de
fournir au Board une certaine forme d’assurance sur
la gestion des risques, d’autant que cela correspon-
dait à la mise en œuvre de la directive européenne
de 2008 relative au contrôle interne et à la gestion
des risques dans les sociétés cotées ». Ce chantier,
Frédéric Desitter et son équipe l’ont mené étroite-
ment en lien avec le Top Management.
Frédéric Desitter,
Directeur de l’ERM, Sidra Medical
and Research Center au Qatar
Par Sophie Bougeard
« Aujourd’hui si une
entreprise ne prend pas
en compte ses risques pour
prioriser ses ressources
ou définir sa stratégie,
la gestion des risques
demeure un simple exercice
de compliance théorique. »é ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
60 MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
L’EXPÉRIENCE QATARIE
En 2012, Frédéric Desitter franchit le pas
de l’international en rejoignant le groupe
d’ingénierie Egis Rail, au Qatar, en tant
que Senior Risk Manager, poste davantage
orienté projet car il est chargé d’implémenter
un processus de Risk Management dans le
cadre du programme de développement du
nouveau métro de Doha.
Il intègre ensuite l’entreprise américaine
KBR, toujours au Qatar, pour mettre en
place une démarche de gestion des risques
sur tout le programme de construction et
réfection des routes du pays ; un programme
composé d’une trentaine de projets (plus de
30 milliards de dollars d’investissement).
Depuis juin 2014, Frédéric Desitter est donc
le Directeur de l’ERM du Sidra Medical and
Research Center de Doha, financé par la Qatar
Foundation, entité en création qui regroupe
déjà cinquante nationalités différentes, et
dont la vocation est la création et la gestion
d’un hôpital dédié à la mère et l’enfant (ouver-
ture prévue dans deux ans). Côté risques, si
Frédéric Desitter confirme retrouver les mêmes
items que lors de ces précédentes expériences,
l’environnement ainsi que la maturité face à
l’appréhension des risques, constituent autant
de défis pour la réussite de la démarche ERM.
« L’approche et le ressenti sont différents selon
les personnes, en fonction de leur métier et
surtout de leur culture. »
RISQUES SPÉCIFIQUES
ET CULTURE RISQUE
Les risques identifiés sont amenés à varier
en fonction de l’avancement des opérations.
Pour l’heure, Frédéric Desitter en relève
trois principaux : les risques liés à la mise en
œuvre, « passer du stade de projet à un hôpital
fonctionnel », trouver les bonnes ressources
qui soient capables de travailler ensemble,
« l’objectif est de recruter à terme jusqu’à 4
000 personnes », et enfin le risque de ne pas
être capable, in fine, de répondre aux attentes
générées par l’ouverture d’un tel hôpital qui se
veut à la pointe pour la mère et l’enfant. Autre
risque, et non des moindres, qu’il pointe : le
risque de réputation, très fort dès lors que l’on
touche à la santé et à la sécurité des patients.
« Très peu d’hôpitaux dans le monde ont mis
en place une telle démarche d’ERM. Ce travail
est donc passionnant à plus d’un titre et
notamment au niveau des interactions qu’il
faut développer avec les différentes entités
opérationnelles et stratégiques. Le challenge
étant de parvenir à fédérer deux milieux qui
se parlent souvent assez peu : le médical et les
personnes dédiées à la gestion de l’hôpital,
pour parvenir à développer une culture risque
qui parle à tout le monde. »
Côté assurances, Frédéric Desitter indique
que « les polices sont souscrites auprès d'assu-
reurs traditionnels à travers de grands courtiers
internationaux ».
À terme, l’équipe chargée de la gestion des
risques sera composée de cinq personnes : un
directeur (Frédéric Desitter), une personne
dédiée à la gestion des risques, une autre à la
continuité d’activité, une personne pour les
assurances et une assistante. « L’idée étant,
in fine, explique-t-il, de mettre en place dans
chacune des entités, comme ce que nous avons
fait chez ADP, des Coordinateurs en manage-
ment des risques qui soient les relais et animent
la gestion des risques au quotidien. »
Un comité d’Audit sera également mis en place.
MAINTENIR LE LIEN AVEC L’AMRAE
Éloigné géographiquement, Frédéric Desitter
confirme cette impérieuse nécessité de main-
tenir le lien avec la profession en France et
d’être un artisan de son développement au
Qatar. Administrateur de l’AMRAE lorsqu’il
exerçait en France, il prenait très régulière-
ment la parole lors de conférences théma-
tiques ou à l’occasion des Rencontres. « Ce que
j’attends aujourd’hui de l’AMRAE, c’est qu’elle
me permette de garder le contact avec les Risk
Managers en France afin de pouvoir partager
les bonnes pratiques et expériences, la profes-
sion étant beaucoup plus structurée en France
qu’elle ne l’est au Qatar. »
Frédéric Desitter se reconnaît bien dans le réfé-
rentiel métier de l’AMRAE et estime que la certi-
fication du Risk Manager de l’AMRAE, pilotée
par FERMA (« RIMAP » pour « RIsk MAnagement
Professional ») est un projet capital pour la
reconnaissance de la profession (les premières
certifications devraient être obtenues au 4
e
trimestre 2016). « Cette certification européenne
doit surtout contribuer à mieux définir la profes-
sion, en précisant ce que recouvrent précisément
le titre de Risk Manager et les compétences qui s'y
attachent. Elle peut être utile pour les emplois à
l'international car beaucoup de pays sont atta-
chés aux certifications. »
Pour développer les liens avec les autres Risk
Managers du pays, et développer un réseau,
Frédéric Desitter a rejoint un groupe volontaire
placé sous l’égide de l’institution anglaise
l’IRM (Institute of Risk Management) qui se
réunit trois ou quatre fois par an pour partager
les bonnes pratiques et discuter des difficultés
rencontrées dans l’exercice du métier. « Les
Risk Managers français sont appréciés au Qatar,
car nombre de français y exercent leur talent. Le
Qatar en est au début de la démarche en ERM,
mais elle se développe rapidement car il y a une
vraie volonté de la mettre en place. Il y a, d’ail-
leurs, de plus en plus de conférences et de sémi-
naires sur le sujet. »
Organization Chart Enterprise
Risk Management Division
CEO
General Counsel
Director of Enterprise
Risk Management
Executive Assistant
Corporate Risk
Management Officer
Corporate
Insurance Officer
Corporate Business
Continuity
Management OfficerATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
61 MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
U
n grand nombre de sociétés françaises
et internationales placent certaines
de leurs polices d’assurance et de
réassurance, directement ou indirec-
tement, sur le marché de Londres. Les
Risk managers français concernés bénéficieront
ainsi de cette nouvelle loi, à condition qu’ils la
comprennent bien et appliquent les obligations
légales engendrées par ce bouleversement.
Cette loi représente une évolution fascinante
à double titre. Premièrement, son objectif est
de créer un environnement juridique plus juste
quant à la résolution de sinistres en traitant
certains anachronismes de la législation assu-
rantielle britannique. Deuxièmement, elle vise
à encourager une professionnalisation accrue
des procédures en place entre toutes les parties
impliquées dans les transactions de placement :
assurés, courtiers et assureurs. Concrètement,
l’« Insurance Act » a pour ambition de rendre
l’assurance d’entreprises plus fiable, en veillant
à ce que les règles du jeu soient équitables et en
encourageant une meilleure compréhension des
risques encourus par tous les acteurs.
Mactavish a, de 2010 à 2014, publié une série
de rapports soulignant le nombre important
de défaillances graves liées au placement des
assurances. Le dernier en date portait sur les
expériences de sinistres vécues par plus de
400 sociétés. Bilan : 45 % des sinistres jugés
significatifs par les assurés ont été disputés
par les assureurs, les assurés ne recevant, en
moyenne, que 60 % de la somme réclamée et ce
après une négociation de 3 ans. Les problèmes
de couverture d’assurance représentant la cause
majoritaire de tels contentieux, les deux parties
devront faire plus pour garantir une meilleure
compréhension des risques en amont du renou-
vellement des polices.
UNE PRÉSENTATION CLARIFIÉE
DES RISQUES
La nouvelle loi engendre des bénéfices signifi-
catifs pour toutes les sociétés achetant de l’as-
surance/réassurance sur la place de Londres.
Elle offre aux assurés des protections supplé-
mentaires et limite les droits des assureurs à
contester un sinistre à cause de certains détails
RÉVOLUTION LÉGISLATIVE OUTRE-MANCHE :
QUE SIGNIFIE LE NOUVEL
INSURANCE ACT 2015 POUR
LES ACHETEURS FRANÇAIS ?
La nouvelle législation assurantielle britannique, intitulée « Insurance Act 2015 », entre en
vigueur le 12 août. Elle représente le plus important changement juridique dans le domaine
de l’assurance d’entreprises au Royaume-Uni depuis plus de 100 ans (la législation actuelle
étant basée sur le « Marine Act 1906 »). Son impact ne se limitera pas à la Grande-Bretagne.
Explications.
Patrick Percepied,
Commercial director
chez Mactavish
Par Patrick PercepiedATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
62 VEILLE ET POSITION
techniques pouvant causer une rupture de contrat, engendrant dans le
meilleur des cas des négociations. Mais pour bénéficier des bienfaits de
ces nouvelles protections, les assurés doivent être en conformité avec
certains aspects liés à leur soumission. David Hertzell, qui, en tant que
Commissaire des Lois, a été responsable de cette révision de la législa-
tion, et est désormais Conseiller spécial chez Mactavish, estime que les
acheteurs qui embrassent cette réforme seront les grands bénéficiaires
en termes de polices mieux définies et de fiabilité contractuelle très
nettement supérieure, notamment pour les sinistres importants.
Les assurés auront l’obligation de fournir une Fair Presentation de leurs
risques (un concept qui, par nature, suggère un niveau de compétence
et de professionnalisme accrus), en respectant un cahier des charges
précis. Une Reasonable Search doit être conduite au sein de la société
assurée pour démontrer un processus « adéquat » de recherche d’in-
formations. De plus, plusieurs catégories de connaissance doivent
être présentées dans chaque cas, y compris toute la connaissance
« adéquate » du « senior management », définissant le niveau d’impli-
cation du Conseil d’administration/Conseil de surveillance, ou encore
celle des personnes responsables du placement d’assurance au sein de
l’assuré et du courtier. La loi expose aussi la manière dont l’informa-
tion doit être présentée aux assureurs : clarté et accessibilité dans les
standards de présentation utilisés, et responsabilité des assurés de
souligner leurs risques et soucis majeurs.
Un certain nombre d’obligations est également imposé aux souscrip-
teurs, afin de les décourager de pratiquer une « souscription passive »
(la définition donnée par la Commission des Lois britannique pour
décrire l’investigation pointue des risques conduite uniquement
post–sinistre, donc trop tard). Par exemple, les acheteurs d’assurance
n’ont aucune obligation de communiquer aux souscripteurs des infor-
mations que ceux-ci sont censés raisonnablement déjà connaître. En
revanche, quand une information présentée par l’assuré suscite des
interrogations conséquentes de la part des souscripteurs, ces derniers
seront désormais tenus de communiquer ces questions. Objectif : que
le niveau de ces standards professionnels soit aussi important que les
règles contractuelles, afin de clarifier les responsabilités.VIGILANCE SUR LES NOUVELLES PRATIQUES
Si beaucoup d’assureurs ont depuis quelques mois déclaré qu’ils s’en-
gageaient à respecter les principes de l’« Insurance Act », certains ont
développé leurs propres variantes de polices. Une évolution positive
qui doit cependant être nuancée. Sans changements de pratiques
en parallèle, de tels engagements sont partiellement inconsidérés :
comment de tels engagements « de principe » se matérialiseront-ils en
cas de litige ? Il faut en amont soumettre ces termes « équivalents » à
une étude détaillée.
D’autres assureurs et courtiers ont publié des communiqués visant à
simplifier l’explication de cette loi pour les acheteurs et courtiers :
on y lit que les soumissions existantes peuvent suffire à satisfaire la
Fair Presentation, le principe d’élimination de l’application des clauses
de moyenne en cas de sous-assurance dans certains segments de
marché… Cela soulève de nombreuses questions cruciales concer-
nant la mise en pratique de ces annonces, qui sont susceptibles d’être
bien moins rassurantes qu’elles n’y paraissent – à moins qu’elles ne
soient corrélées à la compréhension et la communication adéquates
des risques requises par la loi, le thème unificateur récurrent de cette
législation.
Certains acteurs du marché de l’assurance, en simplifiant à outrance
l’interprétation de la loi, peuvent masquer aux Risk Managers les consé-
quences réelles de cette législation. Le nouveau cadre juridique offre une
vraie protection aux assurés faisant face à des sinistres complexes ; mais
ces bénéfices ne le seront que si l’assuré se conforme aux nouveaux stan-
dards professionnels, plus exigeants. À cela, il n’existe pas de raccourcis.
Les acheteurs français et internationaux de polices d’assurance/réas-
surance placées à Londres ont donc un rôle important à jouer pour
relever ce défi et s’assurer qu’ils sont positionnés de manière fiable
vis-à-vis des évolutions législatives.
Le guide Mactavish publié en collaboration avec FERMA, Changements dans la loi
de l’assurance au Royaume-Uni : une introduction pour les sociétés européennes,
fournit davantage d’informations sur les obligations et challenges imposés par la loi
et donne une liste des éléments clés à considérer. Il explique les enjeux, la marche à
suivre et les complexités de la loi.
Retrouvez ce guide sur : www.mactavishgroup.com
Changes in UK Insurance Law
An Introduction for
European Businesses
Auth o re d byATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
63 VEILLE ET POSITION
JOURNÉE DES FORMATEURS
DE L’AMRAE – 7 JANVIER 2016
Rendez-vous fondateur d’AMRAE Formation pour l’année qui démarre, la Journée des formateurs
2016 a permis aux diplômés de recevoir leur précieux sésame, et aux intervenants pédagogiques
de défricher les chantiers à venir. Résumé et tour d’horizon.
L
a journée a commencé par la tenue du comité pédagogique, qui
a permis aux intervenants d’effectuer un bilan de l’année 2015 :
les stagiaires se montrant très satisfaits des formations qu’ils
ont effectué. « C’est une très belle année avec 100 % de réussite
pour les ARM 54, et au-delà de 80 % pour les deux autres modules.
L’offre de stages thématiques s’est aussi étoffée avec 3 nouveaux stages »,
résume Philippe Viénot, Co-gérant d’AMRAE Formation.
L’ARM À L’INTERNATIONAL
Autre réussite, la dispense du cursus ARM à la Francophonie, qui a
débuté par le Maroc : « Nous avons obtenu la licence de distribution
exclusive de l’ARM pour la Francophonie. Au Maroc, deux sessions ARM 54
ont été effectuées, nous entendons poursuivre le cursus et dispenser
l’ARM 55 et l’ARM 56 en 2017 », précise le Vice-président de l'AMRAE.
LES CHANTIERS DE 2016
En 2016, l’offre s’étoffera de trois nouveaux stages thématiques. La
certification européenne du Risk Manager (Rimap) sera aussi un vecteur
de développement. « L’un des enjeux sera de créer des passerelles entre le
Rimap, le Cefar et l’ARM », annonce Philippe Viénot, qui balaye les autres
chantiers. « Après 18 mois de travail, une première formation continue est
en cours de labellisation, et une deuxième va bientôt entrer en cours de
labellisation. Quant au Cefar, le dossier est dans les tuyaux pour obtenir
une reconnaissance RNCP de l’État d’ici 2017. »
ÉCHANGES ET SYNCHRONISATION
Le temps de coordination pédagogique a permis aux intervenants de
chaque formation d’échanger entre eux. « Ce moment est un excellent
moyen de connaître le contenu des modules des autres intervenants :
ainsi, nous adaptons notre propre contenu, ce qui permet d’offrir une
meilleure continuité dans la formation », explique Thibaud Dufossé,
intervenant ARM 56.
Au cours de la journée des formateurs, intervenants et diplômés ont
ensuite assisté à une présentation de la réforme de la formation profes-
sionnelle et de ses implications, avant la remise des diplômes 2015,
moment important pour la poursuite d’une carrière professionnelle.
AVEC 29 STAGES THÉMATIQUES,
L'OFFRE CONTINUE DE S'ÉTOFFER EN 2016 :
Nouveautés
« Gérer les risques supply chain dans l’entreprise »
(2 jours) : 6 et 7 juin et 5 et 6 décembre
« Responsabilités et assurances : l’essentiel »
(3 jours) : 27, 28 et 29 juin et 16, 17 et 18 novembre
« Construisez vos plans d’action – Cas pratiques »
(3 jours) : 17, 18 et 19 mai
www.amrae.fr/formation
Bénédicte Huot de Luze, Déléguée générale de l'AMRAE
et Philippe Viénot, Co-gérant d’AMRAE FormationATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°8 I MARS 2016
64 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÈNEMENT
LES MOTS DES DIPLÔMÉS 2015
Jean-Luc Arenillas, ARM 54 : « Courtier spécialisé en responsabilité
civile, j’envisage d’évoluer chez un de mes clients. Je souhaitais donc
appréhender le risque dans sa globalité, ce que m’a permis l’ARM.
Comme la carrière est longue jusqu’à la retraite, pourquoi ne pas
continuer l’ARM dans ma future entreprise ? »
Chantal Pasquali, ARM 56 : « J’ai plutôt un profil de contrôleur et de
pilotage de projet, tout en ayant toujours côtoyé la gestion de risques.
Avoir ce diplôme me permet, aujourd’hui, de viser un poste de Risk
Manager, qui est reconnu dans mon entreprise et est plus en prise avec
les orientations stratégiques. »
Petra Ghanem, Cefar : « Mon mémoire Cefar m’a permis de traiter
d’un sujet dont mon entreprise a besoin, c’était donc un diplôme très
opérationnel. J’ai réfléchi à un problème concret dans le cadre de ma
formation. Les intervenants, que j’ai rencontré, m’ont aidé à affiner
et développer mon projet professionnel. »ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
65 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÈNEMENT
TRUST US
TO GO
FURTHER
Le client, grand groupe industriel énergétique, s’est
développé en Amérique Latine principalement par
acquisition. Il reste parfois difficile pour une
multinationale de convaincre les sociétés rachetées
d’investir dans la sécurité et la prévention des risques.
Démontrer la rentabilité d’un tel investissement,
au regard des sinistres prévenus, est essentiel.
MAPFRE GLOBAL RISKS a développé un outil de
gestion et d’évaluation des risques spécifiquement
pour le secteur énergétique qui permet de mener une
analyse comparative interne des sites. Cette approche
a permis, pour ce client, d’optimiser la politique
d’investissement et sa gestion des programmes de
maintenance dans cette région du monde.
La confiance est au cœur de notre action
L’AGRAQ, UN VILLAGE FRANÇAIS AU CŒUR
DU CONTINENT NORD AMERICAIN
L’
AGRAQ voit le jour en 1956 autour de l’idée
suivante : « un acheteur intelligent voit l’assu-
rance comme un outil, pas comme une fin en
soi. Il doit avoir une vision globale des risques »,
explique Stéphane Cossette. Deuxième objectif,
rassembler les professionnels du risque et de l’assurance
francophones dans une association défendant la vision
francophone et le français comme langue commune des
affaires. « Montréal était et reste le moteur économique
du Canada (80 % des primes d’assurance y sont achetées).
Elle est aujourd’hui la seconde plus grande ville franco phone
du monde après Paris : il y avait donc un bassin énorme
de membres potentiels », souligne celui qui est aussi
Directeur de la gestion des risques chez Quebecor (entre
prise de télécommunications et médias canadienne).
QUÉBEC, ENCLAVE ET PORTE D’ENTRÉE
DE LA FRANCOPHONIE
« Francophones, nous sommes encerclés par un environ-
nement légal et financier anglophone. Mais la plupart
des contrats que nous travaillons sont en français ! Nous
menons donc des projets d’envergure, basés sur des
contrats en terminologie anglophone, mais sur le code
civil francophone (semblable au code napoléonien, qui
s’oppose à la common law anglaise) ». En devenant
membre fondateur du Club Francophone du Management
des Risques et des Assurances en 2015, l’AGRAQ a voulu
faciliter l’accès des francophones au marché nord-amé-
ricain. « Il est plus facile d’y entrer par le Québec, une
porte d’entrée que nous promouvons », explique son
Président, qui avoue le sentiment de ses pairs québecois
d’être « le petit village gaulois en Amérique du Nord, résis-
tant contre ”l’envahisseur” américain ». L’AGRAQ a donc
été l’année dernière l’instigatrice du partenariat entre
le Club et l’université francophone Laval, qui dispense
la formation ARM et un microprogramme diplômant en
gestion des risques (façon nord-américaine). « Des fran-
cophones peuvent venir étudier le modèle nord-américain
à Laval tout en découvrant les pratiques francophones
dans nos entreprises québecoises ».
LE CLUB FRANCORISK : UNE OPPORTUNITÉ
L’AGRAQ considère le Club FrancoRisk comme « une oppor-
tunité » : ce club peut devenir LA plate-forme de tous les
gestionnaires de risques francophones et répondre à un
besoin d’information et de partage (il y a 10 millions de
francophones au Canada). Ancien Président de l’AGRAQ
de 2004 à 2006, Michel Turcotte est son ambassadeur
auprès du Club. Il portera la vision de l’association
québécoise : « aller vers les individus francophones, qui
sont répartis sur toute la planète, et pas seulement vers
les pays francophones ».
Stéphane Cossette formule également des attentes :
« il y a d’abord des besoins importants en Afrique en
logistique, documentation, forums, auxquels le Club peut
répondre, avec la participation de l’AGRAQ. Nous attendons
aussi du Club qu’il aborde des problématiques communes
aux francophones, sans entrer forcément dans des débats
très techniques, en formalisant et diffusant un langage
des affaires commun en français (il est majoritairement
anglais aujourd’hui) ».
Unité de langage qui devrait, selon le Président de
l’AGRAQ, renforcer la vision extérieure d’un métier fort
et clairement défini.
En devenant membre fondateur du Club FrancoRisk en 2015, l’Association des Gestionnaires
de Risques et d’Assurances du Québec (250 membres) entend bien devenir la porte d’en-
trée des francophones en Amérique du Nord et favoriser la diffusion de leur culture
professionnelle commune. Explications avec Stéphane Cossette, Président de l’AGRAQ.
Stéphane Cossette,
Président de l’AGRAQ
Michel Turcotte,
Ambassadeur de l’AGRAQ au Club FrancoRisk
TRUST US
TO GO
FURTHER
Le client, grand groupe industriel énergétique, s’est
développé en Amérique Latine principalement par
acquisition. Il reste parfois difficile pour une
multinationale de convaincre les sociétés rachetées
d’investir dans la sécurité et la prévention des risques.
Démontrer la rentabilité d’un tel investissement,
au regard des sinistres prévenus, est essentiel.
MAPFRE GLOBAL RISKS a développé un outil de
gestion et d’évaluation des risques spécifiquement
pour le secteur énergétique qui permet de mener une
analyse comparative interne des sites. Cette approche
a permis, pour ce client, d’optimiser la politique
d’investissement et sa gestion des programmes de
maintenance dans cette région du monde.
La confiance est au cœur de notre actionATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
67 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
FRANCOPHONIE
sinistrespolices
risques
primes
courtiers
filiales
S/P
cartographie business intelligence
compliance
risques naturelscollaboratif
ventilation
flottes auto
business Units
renouvellements
déclaration
polices locales
communication
calculs
expertscouvertures
recommandations
analyses
logiciel
attestations
simulations franchises
analyse géographiqueportail
collecte des valeurs
prévention
Par Florence Puybareau
8
ÈME
PANORAMA SIGR :
UN MARCHÉ EN CROISSANCE ET
DES PRATIQUES MIEUX STRUCTURÉES
Les entreprises françaises sont de plus en plus nombreuses à adopter cet outil de pilotage facilitant le partage d’information, les analyses croisées des risques et l’harmonisation des pratiques.
D
ans le cadre de ses Cahiers Techniques, l’AMRAE publie la 8
e
édition du panorama des
SIGR (Systèmes d’Information de Gestion des Risques). Avec deux grands changements cette année : l’apport d’une enquête complé-
mentaire menée auprès des Risk Managers et l’arrivée d’un nouveau partenaire, EY - qui remplace dans cet exercice Accenture. Auparavant, seuls les éditeurs étaient interrogés. « Le questionnaire réalisé auprès
d’une cinquantaine de Risk Managers permet d’en- richir l’étude et de la rendre plus pertinente. Cela met en avant les attentes des professionnels, leurs critères de sélection de l’outil et leur degré de satisfaction »,
souligne François Beaume, Président de la commis- sion Systèmes d’Information de l’AMRAE. De fait, si le taux de pénétration des SIGR dans les entreprises peut sembler encore faible
1
, le marché reste selon la
majorité des éditeurs, en croissance. La France repré- sente 14 % des projets déclarés (contre 12 % l’année
dernière), composés pour les deux tiers de grandes entreprises. Le secteur de l’Industrie et des Services demeure le principal utilisateur des SIGR (53,1 % des
clients) devant la Banque (16,3 %) et l’Assurance
(14,5 %). Ces deux secteurs, en forte progression,
étant sans doute portés par les récentes évolutions réglementaires comme Solvabilité II ou Bâle II et III.
LES ENSEIGNEMENTS POUR 2016
1) La démarche de sélection Si la Direction des Risques conforte son rôle de princi- pal commanditaire des appels d’offres SIGR (à 97 %),
on assiste également à une montée en puissance des Directions de l’Audit Interne et du Contrôle Interne (respectivement +20 % et +9 % par rapport à l’édi-
tion 2015), mais aussi de la Direction des Assurances (+12 %). En revanche, à la question du choix des déci-
deurs impliqués, la Direction des Risques perd 11 points (à 83 %) tandis que la DSI grimpe de 36 points (à 76 %),
de même que les Directions Générales (+26 points). « L’implication croissante de la DSI et de la Direction
Générale montre que le SIGR devient un projet de trans- formation d’entreprise », souligne Bertrand Rubio
Senior Manager, Risk Advisory chez EY.
2) La couverture fonctionnelle et la qualité des outils
80 % des Risk Managers se déclarent satisfaits de la
couverture fonctionnelle et de la facilité d’utilisation de leur SIGR. Cinq modules sont particulièrement ap- préciés : la cartographie et la maîtrise des risques, la gestion des incidents, la conformité et la gouver-
nance. Néanmoins, plus d’un tiers des répondants sont déçus par les capacités d’interfaçage du SIGR avec d’autres logiciels, la flexibilité de paramétrage et les outils de reporting.
3) Les avantages et attentes vis-à-vis du SIGR
Pour 69 % des Risk Managers, le SIGR est perçu comme
un levier important de partage d’information sur les
risques, de support à la transversalité entre les acteurs
du Risk Management et d’harmonisation des pratiques
et reportings. 50 % des répondants trouvent pertinente
l’ouverture du SIGR à leurs courtiers.
UN PANEL REPRÉSENTATIF D’ÉDITEURS
Pour ce panorama, 101 éditeurs mondiaux ont été consultés. Un questionnaire en ligne leur a été soumis pendant un mois. 43 ont répondu soit un peu moins que l’année précédente. 4 nou- veaux entrants ont participé à cette édition. 8 éditeurs sont sortis du panorama pour cause de refonte de produits, fusion… Dix éditeurs parmi les répondants ont une activité uniquement dé- diée au SIGR. 71 % déclarent travailler avec des
cabinets de conseil (en baisse de 7 points par rapport à 2015) et 87 % déclarent proposer des
prestations de conseils au-delà des prestations d’intégration.
1
Selon le Baromètre du Risk
Manager 2015 : seuls 31 %
des Risk Managers déclarent
utiliser un SIGR.
François Beaume,
Président de la commission
Systèmes d’Information
de l’AMRAE
sinistrespolices
risques
primes
courtiers
filiales
S/P
cartographie business intelligence
compliance
risques naturelscollaboratif
ventilation
flottes auto
business Units
renouvellements
déclaration
polices locales
communication
calculs
expertscouvertures
recommandations
analyses
logiciel
attestations
simulations franchises
analyse géographiqueportail
collecte des valeurs
préventionATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
69 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS
LA NEWSLETTER DE L’AMRAE :
SUIVEZ LE FIL VERT !
V
ous êtes Thésée, perdu dans le laby
rinthe professionnel de la gestion
des risques et des assurances. À la
recherche de réseaux pour échanger
sur des problématiques précises,
d’interlocuteurs pour répondre à vos questions,
d’évènements professionnels incontournables
au contenu porteur, vous voulez des réponses
à vos questions afin de poursuivre votre che-
min ? Heureusement, vous êtes adhérent(e)
à l’AMRAE, qui va vous envoyer un fil d’Ariane
chaque jeudi, directement sur votre boîte mail !
LE PREMIER CANAL D’INFORMATIONS
Evolution technologique oblige depuis la Grèce
antique, ce « fil d’Ariane » est la Newsletter
AMRAE. Envoyée tous les jeudis à plus de 1000
professionnels adhérents, ce bulletin d’infor-
mations constitue le premier canal d’informa-
tions de l’AMRAE.
Vous y trouvez des informations de plusieurs na-
tures, réparties en rubriques-clés : Agenda des
Commissions, Publications, Evénements AMRAE,
Evénements partenaires … Pour compléter le
contenu de la newsletter, vous pouvez à chaque
fois cliquer sur les liens fournis pour obtenir plus
d’informations sur la page web adéquate.
DES RUBRIQUES PHARES
La newsletter contient les « clés » vous per-
mettant de vous inscrire aux Commissions et
cafés – échanges thématiques de l’AMRAE, aux
Rencontres, à des évènements organisés par la
communauté professionnelle, en un mot : de
renforcer votre expertise et votre réseau. Les
publications mises en exergue constituent aussi
des outils essentiels pour vous accompagner et
développer vos connaissances. Les alertes sécu-
rité de la gendarmerie nationale qui concernent
les entreprises sont également relayées.
En bas de la newsletter, les icônes des réseaux
sociaux vous permettent de suivre l’AMRAE en
continu, et partout ! Enfin, une nouvelle page
dédiée aux newsletters a été créée sur le site
internet de l’AMRAE (onglet L’association >
Communication > Newsletters) : vous y trou-
verez les dix dernières newsletters plus facile-
ment que dans votre boîte mail.
DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE
Chaque jeudi, en lisant ce « fil d’Ariane » aux
atours vert foncé, votre horizon professionnel
s’éclaire un peu plus : vous avez des réponses,
vous savez où poser des questions, vous
connaissez toute l’actualité passée et à venir
du Risk Manager. Comme Thésée, vous allez de
l’ombre… à la lumière.
Envoyée tous les jeudis aux adhérents de l’AMRAE, la newsletter de l’Association est votre premier
canal d’informations. Evénements, Commissions, publications, informations spéciales : tout est
dans la newsletter ! Pour mieux la connaître, voici un petit mode d’emploi.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?8 I MARS 2016
71 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
WE ARE
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Le 8 janvier 2016, le nom de la société est devenu HDI Global SE,
renforçant le profil international acquis à travers le monde par notre
marque au cours des dernières années.
En effet, le développement de notre réseau international nous amène
à être pour nos clients un fournisseur global de solutions d'assurance.
Aujourd'hui déjà, nous générons plus de la moitié de nos primes (3,79
milliards d’euros en 2014 au total) hors d'Allemagne.
HDI Global SE sert 2 850 clients internationaux :
A travers 39 bureaux HDI dans les pays clés et des partenariats
éprouvés nous mettons à disposition de nos clients un réseau inté-
gré dans 130 pays.
Nos 180 ingénieurs et nos partenariats avec des réseaux indépen-
dants réputés offrent à nos clients la flexibilité attendue, la com- préhension de leurs problématiques et l’expertise technique pour améliorer la qualité de leurs risques.
Notre ADN de mutualistes place l’indemnisation au cœur de tous
nos métiers. Nous sommes parfaitement conscients que la qualité,
l’expérience et la réactivité des interlocuteurs sont fondamentales
pour une gestion optimisée des sinistres afin de limiter leur impact
sur l’activité des clients et désamorcer les réclamations en préser-
vant autant que possible leurs relations commerciales. En 2014, HDI
Global SE a géré 2,885 milliards d’€ de sinistres.
HDI est garant de la fiabilité juridique, fiscale et de la conformité
pour les solutions de financement alternatives visant à protéger le
compte de résultat et le haut de bilan de nos clients.
Aujourd'hui, notre force se traduit aussi par notre puissance finan-
cière. HDI Global SE fait partie du groupe Talanx, 29 milliards d’€ de
primes en 2014, coté en bourse, dont le développement n'a cessé au
cours de la dernière décennie. Grâce à cette puissance financière et à
un ratio de solvabilité élevé, l'entreprise est sûre de pouvoir répondre
aux exigences de ses clients. Talanx AG et ses filiales reçoivent la nota-
tion A+ de standard & Poors et A stable de A.M. Best.
En France, HDI Global SE est aussi concepteur de solutions d’assurance,
spécialiste en couverture de risques industriels et commerciaux. La ré-
activité et la proximité de nos équipes d’experts nous permettent de
mettre à disposition des assurés, d’une manière durable, des capacités
parmi les premières du marché.
Nos clients, assurés et courtiers, sont au cœur de toutes nos actions
et réflexions.
Le succès connu par la succursale française d’HDI en atteste. Après 16
ans sur le marché France, HDI Global SE France emploie 115 personnes
pour un chiffre d’affaires de 320 millions d’euros (exercice 2015).
HDI est reconnu par les courtiers français comme un acteur majeur en
risques industriels (CAC 40 / SBF 120) et un partenaire de choix en ETI
(CA entre 50 m€ et 1 Md€).
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Nous concevons pour vous des solutions d’assurance en Dommage,
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des dirigeants, Transport, Risques techniques et Flottes automobiles.
Dans le cadre de notre développement, nous ouvrons un bureau à Lyon
courant 2016 pour renforcer la présence de notre marque et accompa-
gner notre développement sur les ETI et PME. HDI Global SE ne manque
pas d’ambitions et se donne les moyens de sa réussite.
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Depuis plus de 100 ans, nos clients comptent sur nous. Ils savent que nous tenons nos promesses.
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Nous nous engageons chaque jour et partout aux côtés de nos clients pour leur apporter de la valeur là où ils en ont besoin.
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73 NOS PARTENAIRES
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74
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VEILLE ET POSITION
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Les défis de la réparation
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PORTRAIT
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Retour sur les
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RM à l'international : Jo Willaer t,
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VEILLE ET POSITION
BYOD : une pratique à r isque
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PORTRAIT
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DOSSIERS
Solvabilité II
Les Risk Managers face
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Le projet de règlement européen
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ACE et Chubb se sont unies.
Le 14 janvier 2016, ACE Limited a acquis Chubb
Corporation, donnant ainsi naissance, sous le nom
réputé de Chubb, à un leader mondial de l’assurance,
présent dans 54 pays.
Cette nouvelle compagnie s’appuie sur 130 années
d’expérience de Chubb, son expertise en souscription,
et son attention permanente pour le service client. Elle
repose aussi sur 30 ans d’excellence en souscription de
ACE, sur son appétit pour de nombreux risques, et sa
forte implantation internationale. Notre objectif est
de fournir partout dans le monde la meilleure
couverture d’assurance et le meilleur service aux
particuliers, aux familles et aux entreprises de toutes
tailles, des petites et moyennes entreprises, jusqu’aux
grandes multinationales.
Le nouveau groupe Chubb est la plus grande compagnie
d’assurance IARD au monde cotée en bourse, avec une
santé financière exceptionnelle notée AA par Standard
& Poor’s et A++ par A.M. Best. Nous pouvons ainsi
aider nos clients à se protéger non seulement contre
les risques les plus courants, mais également les plus
complexes et les plus inattendus.
En véritables artisans de l’assurance, nous nous
consacrons entièrement à la conception et à la
réalisation sur-mesure de couvertures parfaitement
adaptées aux besoins du monde moderne, un
monde où les enjeux sont à l’échelle planétaire, où
tout est connecté mais où chaque individu a besoin
d’être protégé.
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Assuré par Chubb.
© Chubb 2016. Garanties accordées par une ou plusieurs des
compagnies filiales. Certaines garanties peuvent ne pas être souscrites
dans certains pays. ACE®, Chubb®, leurs logos respectifs, Assuré par
Chubb. (Chubb. Insured.
SM) sont des marques déposées.
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Atout Risk Manager N°8
Atout Risk Manager N°8 - Trimestriel - Mars 2016
PORTRAIT : Philippe VAPPEREAU, Délégué Général du Risk Management RATP
DOSSIER : Retour sur les 24èmes Rencontres du Risk Management