ATOUT RISK MANAGER
LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL • DÉCEMBRE 2015 • 20 € TTCN°7
PORTRAIT
Véronique Lemoues
Direction Appréciation des Risques
et Assurances, Groupe Total
DOSSIERS
Solvabilité II
Les Risk Managers face
aux événements naturels
MÉTIER RISK MANAGER
REX : la prévention automobile
Formations à la loupe :
le master 218 de Paris Dauphine
RM à l'international :
Brian W. Merkley, Huntsman
VEILLE ET POSITION
Le projet de règlement européen
sur les données personnelles
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Brigitte Bouquot,
Présidente de l’AMRAE
C
hers tous,
Ce numéro d’Atout Risk Manager clôture l'année 2015 qui
restera, dans notre histoire, marquée par les deux attaques
tragiques en France. Elles ont mis brutalement sous nos yeux
la réalité des menaces et les enjeux géo politiques de la
sécurité globale.
Au nom de l’AMRAE, je tiens à redire toute notre compassion aux victimes
des attentats, aux blessés et à leurs proches.
L’AMRAE est mobilisée pour que les Risk Managers soient véritablement
les acteurs de la résilience de leur entreprise, mais également du mode
de vie en société auquel nous croyons et que nous voulons protéger.
Avec la Cop21, cette année a vu aussi un accord universel pour limiter
les conséquences du réchauffement climatique de notre planète, avec
l’impérieuse inflexion de nos stratégies énergétiques et de nos modes
de consommation.
Les douloureuses questions migratoires auxquelles nous cherchons
des réponses sont aussi liées aux enjeux environnementaux et géopolitiques.
Elles préfigurent les futures réalités auxquelles nous serions confrontés
si nous ne les maîtrisions pas.
Pour les entreprises, ces enjeux interviennent dans une économie globale
- fragilisée par la crise financière - qui subit les ruptures des technologies
numériques. Elles sont certes porteuses d’immenses innovations mais
aussi de risques émergents.
Nous sommes entrés dans l’ère des grands risques systémiques :
la communauté des Risk Managers doit relever le challenge.
Atout Risk Manager est là pour les aider : ce numéro apporte des éclairages
clés comme le témoignage des Risk Managers de Total, fleuron français
de l’énergie engagé dans la COP21 , l’état des lieux des couvertures
Assurances pour les Risques Cyber, et le dossier de fond sur l’application
de Solvabilité II par les Assureurs.
Mais au-delà de réponses sujet par sujet, il nous faut prendre de la distance
pour appréhender toutes les dimensions de ces questions complexes,
afin d’inscrire le Risk Management et les Assurances dans les solutions.
C’est le sens que nous voulons donner à nos prochaines Rencontres
« Climats à Hauts Risques ».
Vous souhaitant bonne lecture, je vous dis à très bientôt à Lille
pour des Rencontres passionnantes. ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
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ÉDITO ........................................................................................................................................................... 3
PORTRAIT
............................................................................................................................................... 6
Véronique Lemoues, Directeur Appréciation des Risques et Assurances, Groupe Total
ACTEURS EN VUE ...................................................................................................................... 11
DOSSIER
................................................................................................................................................... 15
Solvabilité II : un véritable tournant dans la gestion des risques
DOSSIER ................................................................................................................................................... 27
Les risques environnementaux : les Risk Managers face aux événements naturels
À L’AFFICHE ........................................................................................................................................ 35
MÉTIER RISK MANAGER
.................................................................................................. 36
Risk Manager à l’international : l'alchimiste de l'ERM................................................................................. 36
Ils l’ont vécu : mise en place de formations à la prévention automobile
........................................ 40
Formation à la loupe : le master 218 de Paris-Dauphine
........................................................................... 44
Initiatives
........................................................................................................................................................................................ 46
PRODUITS ET SERVICES ................................................................................................. 48
Cyber Risks : un marché en développement mais qui manque de maturité
VEILLE ET POSITION ............................................................................................................ 56
Le projet de règlement européen sur les données personnelles
ACTUALITÉ DE L’AMRAE ................................................................................................. 58
Le séminaire de rentrée de l’AMRAE ........................................................................................................................... 58
Événements
................................................................................................................................................................................... 59
Régions
.............................................................................................................................................................................................. 63
Publications AMRAE
................................................................................................................................................................. 65
NOS PARTENAIRES .................................................................................................................. 69
BULLETIN D’ABONNEMENT
......................................................................................... 70
Directeur de la publication :
Brigitte Bouquot
Directrice de la rédaction :
Bénédicte de Luze
Comité éditorial :
Bénédicte de Luze, Sophie Maguer, Hélène
Dubillot, Olivier Coppermann, Louis Favrot,
Gilbert Canaméras, Anne Piot d'Abzac,
Catherine Véret Jost, Simon Embarck
Conception et coordination éditoriale,
secrétariat de rédaction : SEITOSEI
Ont contribué à ce numéro AMRAE :
Bénédicte de Luze, Louis Favrot, David Kapp,
Garance Mathias, Gaëlle Carcaly
Journalistes :
Anne-Sophie David, Florence Puybareau,
Gilmar Sequeira Martins
Merci à tous les interviewé(e)s qui ont rendu
possible ce numéro.
Création et mise en page :
Valérie Mounier - www.ikkomoon.com
Crédits photos :
Marc Verneret, SEITOSEI,
Fatima Jellaoui (Total)
Relations presse de l’AMRAE :
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Régie Publicitaire : FFE
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Impression :
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52200 Langres
Commission paritaire : 0716 G 92388
Dépôt légal : Décembre 2015
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • DÉCEMBRE 2015 • 20 € TTCN°7 ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
PORTRAIT
Véronique Lemoues
Direction Appréciation des Risques
et Assurances, Groupe Total
DOSSIERS
Solvabilité II
Les Risk Managers face
aux événements naturels
MÉTIER RISK MANAGER
REX : la prévention automobile
Formations à la loupe :
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RM à l'international :
Br ian W. Merkley, Huntsman
VEILLE ET POSITION
Le projet de règlement européen
sur les données personnelles
ATOUT RISK MANAGER
est une revue de l’AMRAE,
80 boulevard Haussmann
75008 Paris
Tél. : 01 42 89 33 16
atoutriskmanager@amrae.fr
Toute reproduction, même partielle, des textes publiés dans la revue « ATOUT RISK MANAGER » est interdite pour tous les
pays, sans autorisation écrite préalable du Directeur de publication. Toute copie doit avoir l’accord du Centre français
de droit de copie (CFC), 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris, tél. : 01 44 07 47 70, fax : 01 46 34 67 19. Cette
publication peut être utilisée dans le cadre de la formation permanente. L’éditeur s’autorise à refuser toute insertion qui
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photos envoyés à la rédaction ne sont pas restitués. La citation de marque, nom de firme, etc., est faite sans but publicitaire
et ne signifie en aucun cas que les procédés soient tombés dans le domaine public.
5
SOMMAIRE
L
e géant industriel exerce aujourd’hui plusieurs métiers : explo-
ration et production d’hydrocarbures, commerce / transport
/ transformation du brut, du gaz et des produits pétroliers,
pétrochimie, activités de chimie de spécialités. Il est désor-
mais numéro 2 mondial de l’énergie solaire à travers sa filiale
SunPower. Un modèle intégré que certains mastodontes du secteur
de l’énergie ont choisi d’abandonner au
moment où le prix du brut était au plus
haut, mais que Total a choisi quant
à lui de maintenir. L’étendue et la
diversité des activités du Groupe ont
façonné son approche du risque. La
Direction Appréciation des Risques
et Assurances Groupe (DARAG) a d’ail-
leurs soufflé l’an dernier ses 40 bougies.
« Total a été le premier groupe à avoir une
entité assurances Groupe à vocation
mondiale et toutes branches
confondues », rappelle ainsi
Véronique Lemoues, qui
pilote aujourd’hui cette
Direction. Concernant le
modèle intégré, Véronique Lemoues ajoute : « nous sommes heureux de
ce modèle intégré, d’autant plus dans une période de bas prix du baril,
cet équilibre permet de maintenir un bon résultat grâce à nos activités
de raffinage et de pétrochimie, ainsi que nos réseaux de distribution
(stations-services) ».
Au sein du Groupe, la DARAG est rattachée au Directeur Financier.
LA GESTION DES RISQUES DANS L’ADN DU GROUPE
« En terme de Sinistres, nous avons connu une période diffi-
cile, notamment en 2012 avec la fuite de gaz sur la plate-
forme d’Elgin en Mer du Nord britannique. Nous avons fait
beaucoup de progrès depuis en termes de sécurité indus-
trielle. Nous avons des programmes en matière de safety
qui sont régulièrement réévalués et notre management
est très engagé ». Pour preuve : « chaque présentation
du DG démarre aujourd’hui par un rappel des résul-
tats du groupe en matière de sécurité industrielle et
chaque réunion doit comporter un safety moment »,
souligne Véronique Lemoues.
Pour traiter les risques importants, la DARAG dispose
d’une équipe d’ingénieurs « prévention » et de deux départe-
ments « souscription d’assurances », chacun s’occupant d’une
moitié de la planète.
VÉRONIQUE LEMOUES, DIRECTEUR APPRÉCIATION
DES RISQUES ET ASSURANCES, GROUPE TOTAL
DANS UN MONDE DE BRUT
La Direction Appréciation des Risques et Assurances du Groupe Total (DARAG) a été créée en 1974.
Gérard Naisse, à sa tête pendant plus de vingt ans, vient de céder sa place à Véronique Lemoues,
entrée dans le Groupe en 2001.
Témoignage de Véronique Lemoues, Directeur Appréciation des Risques et Assurances, Groupe Total
« Nos ingénieurs visitent les sites
avec les assureurs, les responsables
HSE des branches et des usines,
et participent à l’amélioration
de la prise en charge des risques
et des plans de prévention. »
Par Anne-Sophie David
BIO EXPRESS
Atypique chez Total et atypique en tant
que Risk Manager, Véronique Lemoues est
juriste de formation et, comme si elle pressentait
qu’un jour elle intègrerait ce géant de l’énergie, elle
est titulaire de deux DESS : un en Droit des assurances,
l’autre en Droit de l’énergie.
Véronique Lemoues a toujours travaillé avec les Risk
Managers. Après le GACI, elle rejoint, en 1987, le courtier
Cecar (devenu depuis Marsh France). Elle y prendra
rapidement la Direction du Service Sinistres Grands
Comptes. Arrivée chez Total en avril 2001, elle y
fait ses armes en commençant par la gestion de
l’indemnisation civile du sinistre de Toulouse.
Elle sera ensuite nommée à la tête de
l’un des Départements Souscription
Assurances.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
6 PORTRAIT
LA CAPTIVE OMNIUM
REINSURANCE COMPANY SA
Total a été le premier groupe français à
mettre en place une captive en 1973. C’est
l’outil opérationnel de la DARAG pour le
placement des risques du Groupe. Cette
captive intervient sur l’ensemble des
programmes de transfert de risques. « Si
c’est relativement facile dans les pays de
l’OCDE - car il suffit de nommer un assureur
de fronting qui est souvent notre captive
directe (Pan Insurance) -, dans les pays
non OCDE, cela se fait par des accords,
soit avec les compagnies nationales
locales soit avec les filiales de compagnies
pétrolières qui ont elles-mêmes créé leurs
captives », explique Gérard Naisse, précé
-
dent Directeur de la DARAG et qui dirige
aujourd’hui la captive.
« Nous dimensionnons la rétention de la
captive en fonction de différents para
-
mètres : marché soft ou pas, capacités,…
et ensuite nous transférons, grâce à la
captive, un accès direct au marché de la
réassurance », poursuit Gérard Naisse
ajoutant que « ce que nous voulons,
in fine, c’est que les risques du Groupe
soient couverts selon nos standards,
lesquels sont approuvés chaque année par
le Conseil d’Administration ».
La captive se réassure auprès de la mutuelle
de l’industrie pétrolière, Oil Insurance
limited, dont Gérard Naisse est l’actuel
Président du Conseil d’administration, et
auprès du marché commercial.
Les avantages de cette captive ?
« Elle nous permet de bénéficier pleine
-
ment de l’effet d’échelle et d’avoir une
transparence au niveau des coûts car
100 % des risques passent par cet outil ».
Gérard Naisse ajoute qu’elle permet
de donner des garanties à la Direction
Générale que toutes les filiales et acti
-
vités sont couvertes selon les
standards du Groupe, « elle
permet une optimisation au
niveau des flux financiers et
des coûts de réassurance ».
Les visites des installations onshore sont confiées
à Marsh Londres, « mais nos ingénieurs accom-
pagnent toujours les prestataires sur sites », tient-
elle à ajouter. Les rapports sont ensuite débriefés,
approuvés et validés par les sites et les filiales.
DES DÉCISIONS D’ASSURANCE DICTÉES
PAR DES ENJEUX DE VALEURS
Dans le domaine IARD, c’est le dommage aux
installations qui constitue pour Total le principal
risque : installations terrestres du raffinage et de
la pétrochimie (onshore), procédant de scéna-
rios d’explosion d’un nuage de gaz (Vapor Cloud
Explosion) ; ou installations des activités d’ex-
ploration-production qui, elles, se situent majo-
ritairement en mer (offshore). Dans ce domaine,
le risque de dommages aux tiers (responsabilité
civile) et les risques environnementaux sont
également considérés majeurs.
Les périls sont relativement classiques pour un
groupe industriel mais leur spécificité majeure
dans le cas du groupe Total réside dans leur
magnitude élevée en raison de la valeur des
installations (se comptant souvent en plusieurs
milliards de dollars), de la dangerosité de
certains produits et des risques de pollution.
L’exemple récent du sinistre catastrophique de BP
dans le Golfe du Mexique (Macondo) est là pour
rappeler la nature et l’importance des risques de
l’industrie pétrolière.
En matière de pertes d’exploitation, le Groupe
assure certaines de ses installations (principale-
ment les raffineries et les usines pétrochimiques).
Au regard de ses actifs, cette couverture PE
reste néanmoins limitée car elle ne comprend
pas les actifs d’exploration-production. La
raison ? « C’est un problème d’enjeu », explique
Véronique Lemoues. Si, à une certaine époque,
le Groupe a couvert le risque PE de manière plus
large, « il ne le couvre plus depuis 2005 car le
rapport qualité/prix n’était pas intéressant. »
Elle ajoute d’ailleurs que « les groupes pétroliers
ne couvrent plus, aujourd’hui, la perte de produc-
tion sur leurs actifs exploration-production. »
Autre risque important pour un groupe comme
Total qui compte pas moins de 100 000 collabo-
rateurs dans le monde : le risque lié à la mobi-
lité internationale et à la sécurité des expatriés.
S’il est « drivé » par les RH, Véronique Lemoues
explique que « la DARAG intervient pour le place-
ment de tout ce qui relève de l’assurance. Il existe
d’ailleurs des couvertures dédiées pour les expa-
triés, qui sont gérées directement dans l’équipe
“Assurances de personnes” ». Ce risque est donc,
in fine, dans les mains de trois directions : les
RH, la DARAG et la Sûreté.
Le risque de réputation peut se retrouver égale-
ment indirectement dans le scope de la DARAG
qui le gère conjointement avec la direction de la
communication.
RETARDS ET DYSFONCTIONNEMENTS
DE PRODUCTION : DES RISQUES EN
RÉTENTION
Le Groupe a connu un certain nombre de succès
en 2015 : renouvellement de sa concession à
Abu Dhabi, entrée en production de gisements
importants comme en Russie ou en Australie.
Quelques projets ont connu des retards, dont
les conséquences financières éventuelles ne
sont pas assurées : projet de gaz naturel liquéfié
Ichthys en Australie et Martin Linge en Norvège.
Autre difficulté : le projet de Kashagan dans
la mer Caspienne (Kazakhstan). Une partie du
réseau pipe lines doit être changée pour que le
Groupe puisse espérer, à terme, une « super »
production de 300 000 barils par jour. « Pour
les travaux de reprise des dysfonctionnements,
une notification aux assureurs potentiellement
concernés a été faite par les partenaires »,
précise Véronique Lemoues.
UNE GOUVERNANCE
DES RISQUES FRÉQUEMMENT
REVISITÉE
La gestion financière des risques
Prévoyance et Retraite est du ressort
de la DARAG avec la charge du suivi
actuariel et financier de l’ensemble
des régimes externalisés de retraite.
Une organisation qui s’explique facile-
ment car cette direction « rapporte à la
direction financière. Nous comptons d’ail-
leurs des financiers dans l’équipe ». Une
équipe, in fine, très plurielle de juristes,
financiers et ingénieurs.
Gérard Naisse,
President & CEO de Omnium
Reinsurance Company SA
« Nous suivons le risque
de réputation à travers
la manière dont nous
conduisons la gestion
de l’indemnisation des
tiers en cas de sinistre
médiatisé. »ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
7 ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015PORTRAIT
La DARAG participe aux deux comités des
risques de Total. Le « Comité Risques Groupe »,
se réunit tous les trois mois pour discuter
des risques au niveau macro (cartographies,
contrôle des systèmes de Management des
Risques,…). Animé par le Secrétaire Général du
Groupe, ce Comité réunit notamment les direc-
tions Juridique, Développement durable, RH,
Achats, Audit, Stratégie, Sécurité et Sûreté,
Relations institutionnelles ainsi que les repré-
sentants des branches d’activité. Le second,
dit Corisk, planche quant à lui tous les quinze
jours sur les risques opérationnels. « Ce comité
fait un “screening” des projets avant qu’ils
ne passent en Comex », précise la directrice
Appréciation des risques et Assurances.
ASSURANCE ET COURTAGE : AUSCULTER
CAPACITÉS, RATINGS ET SPÉCIALISATION
Le Groupe trouve essentiellement ses couver-
tures sur le marché de Londres et plus géné-
ralement sur le marché international de la
réassurance. « C’est la somme à assurer qui fait
la différence avec ce que l’on pourrait trouver en
France », explique Véronique Lemoues. Côté
assureurs, ils sont nombreux à travailler avec
la DARAG : Allianz, Scor, Swiss Re, Zurich, AIG,
Mapfre, ACE, QBE pour ne citer que ceux-là.
Côté courtiers, les programmes de réassu-
rance de la captive sont majoritairement dans
les mains d’AON Houston. Le « servicing » des
programmes mondiaux d’assurance directe est
assuré par Marsh Paris. Total a choisi Gras Savoye
pour un de ses programmes africains et Diot
pour ses polices dédiées à sa flotte automo-
bile en France. « Les polices flotte auto sont
typiquement le genre de couverture que nous
laissons le soin aux filiales d’acheter dans leur
pays. Mais nous sommes toujours à leur dispo-
sition pour relire avec elles les contrats. Nous
travaillons aussi avec SIACI dans le domaine du
transport et de la construction, ainsi qu’avec
Willis et Marsh Londres. Les grands projets de
construction font l’objet d’appels d’offres. »
UNE DIRECTION INTERACTIVE
À DOMINANTE ASSURANTIELLE
Dans ses échanges au sein des deux Comités
des risques et dans la supervision individuelle
des filiales et des projets, la DARAG a de multi-
ples interactions avec les autres directions
du Groupe. « Nous avons nos principales inte-
ractions avec les équipes HSE des branches
(pour la prévention des risques industriels), la
direction Juridique (pour l’équilibre des allo-
cations de risques dans les contrats), la direc-
tion Financière et l’audit mais nous travaillons
évidemment aussi avec les directions opération-
nelles », explique Véronique Lemoues.
Si Véronique Lemoues relève la tendance
forte mais pas systématique à la concentra-
tion de la fonction sur une même tête comme
le montre le baromètre AMRAE (assurance
et Risk Management), « au sein d’un groupe
comme Total, je ne vois pas de grand boule-
versement car la maison est très grande. Nous
n’aurons jamais une seule et même direction
pour les assurances, la gestion des risques,
la stratégie et l’audit et nous aurons toujours
cette connotation dominante en assurance. »
AMRAE, CANAL HISTORIQUE
Véronique Lemoues connaît de près l’associa-
tion : elle fut le délégué permanent du GACI
(qui après sa fusion avec l’Acadef est devenue
l’AMRAE) dont le Président n’était autre que
le Risk Manager de Total à l’époque.
Aujourd’hui, la DARAG compte un collabo-
rateur très impliqué dans les travaux de
l’AMRAE. Guy-Louis Fages est en effet le très
actif président de la Commission Transports.
Pour le reste Total n’y est pas très investi,
même si, compte tenu de son importance,
le Groupe a à cœur d’assister chaque année
aux Rencontres. La raison est que, très posi-
tionné sur « Energy », ce marché si spécifique
de (re)assurance, Total ne trouve pas vérita-
blement d’échos à ses préoccupations dans
une association au prisme essentiellement
français et qui pourrait encore plus étoffer
son approche vers l’industriel.
CA en 2014 :
236,1 milliards de dollars
(177,7 milliards d'euros)
Plus de
100 000 collaborateurs
dans le monde (130 nationalités)
Présence dans plus de 130 pays
Groupe intégré organisé autour de
3 branches :
Exploration-Production et Gaz
Raffinage-Chimie
et Trading-Shipping
Marketing & Services
et Énergies Nouvelles
QUELQUES DATES CLÉS
L’histoire de Total débute en 1924 lorsque Raymond Poincaré, alors président du Conseil de la III
e
République, fonde la Compagnie française des pétroles (CFP), société qui fait son
entrée en Bourse dès 1929. En 1985, elle devient Total-CFP puis Total en 1991, avant de fusionner en 1999-2000 avec Petrofina et Elf Aquitaine pour former le Groupe d’aujourd’hui.
DIRECTEUR
SECRÉTAIRES
CONSEILLER
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Afrique (hors Angola),
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ORGANIGRAMME DE LA DARAGATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
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ILS ONT REJOINT L’AMRAE
NOUVEAUX ADHÉRENTS DEPUIS SEPTEMBRE
Lionel ABOT,
Responsable contrôle interne
& gestion des risques,
EDF DPNT
Anne AUFRERE,
Chef du service Assurance
et Financement,
ARIANESPACE
Abdel BENCHEIKH,
Membre Honoraire,
ABDEL BENCHEIKH
Elias BENDAYAN, Insurance, VIRBAC
Raphaël BÉREAU, Responsable Conformité et Contrôle Interne,
GROUPE PASTEUR MUTUALITÉ
Laurent BRIZIOU,
Président,
EXAEGIS
Denis CHEMIN, Président, CHEM-IN EXPERTISES
Edouard CONVAIN, Responsable continuité d'activité et gestion de crise,
GIE AG2R REUNICA
Philippe COTELLE,
Risk Manager,
AIRBUS DEFENCE AND SPACE
Jason CRUMLEY, Risk Manager, ARAYMOND
Christophe CUVELIER, Consultant, INSTI7
Nicolas DE BARRAU, Président, FRESCHET EXPERTISES
François-Xavier
DE BECDELIEVRE, Auditeur,
UNEDIC
Armelle DEBUCHY,
Avocat,
DPV AVOCATS
Nicolas DESPRETS, Corporate Risk Manager, SCHNEIDER ELECTRIC
Fabienne DEVANCE, Chargé de mission Risk Management,
RATP
Nathalie DUBOIS,
Directrice juridique corporate,
TF1
Alexandre DUBUS, Responsable qualité, INRS
Françoise EON, Risk Manager, SNCF
Géraldine EYRAUD, Chief Human Resources Officer,
ARAYMOND
Francesc FARRAS, Business Intelligence Officer, ARAYMOND
Jean FOURNIER, Directeur Général, GLOBAL AEROSPACE
Jérôme FRECAUT, Directeur Audit et Risques, EGIS SA
Rodolphe GARNIER, Directeur de l'Audit Interne, VALEO
Fabrice HAGEGE, Avocat, 0TLJ & ASSOCIÉS
Marion KAMPMANN, Risk Manager, SCHNEIDER ELECTRIC
Pascal KEREBEL, Consultant manager, CEGOS
Eric Jacques KIMBEMBE, Directeur administratif et financier,
HOLOSFIND
Stephanie KLEINMANN,
Responsable Management
Risques et assurances Groupe,
HAGER ELECTRO SAS
Philippe LABAU,
Directeur général,
PHILIPPE LABAU : GESTION
DE RISQUES, CONSEIL EN
ASSURANCES
Gregory LALO, Deputy Head of Insurance and Prevention,
SOLVAY SA
Christian LAMBARD,
Avocat,
TLJ & ASSOCIÉS
Caroline LANSELLE, Risk Manager, POSTE IMMO
Jean LARROUMETS, Directeur Associé, FIDENS
Christophe LE BARS, Group Human Resources Director,
CEGOS
Denis LE BRUMANT,
Auditeur National,
UNEDIC
Julien LECAT, Avocat associé, BIGNON LEBRAY AVOCATS
Christine LETEXIER, Chargée d'assurances, PEUGEOT CITROËN
AUTOMOBILES PCA
Souaade LOUAFI CHENTR,
Chargé de risque assurances,
BOUYGUES IMMOBILIER
Myriam NENNOUCHE, Juriste expert en Droit public (Conseil et Contentieux), PORTS DE PARIS
Séverine PREVOST, Responsable des Assurances, KAUFMAN & BROAD
Jean-Luc QUENEC, HDU Managing Consultant, GLOBAL RISK CONSULTANTS
Hervé ROCHÉ,
Directeur Technique,
COFELY AXIMA PROTECTION
INCENDIE
Jean-François ROUDAUT, Director of Enterprise Risk Management,
CGG SERVICES SA
Régis SERVADIO,
Risk Manager Europe
Continentale
ACE EUROPEAN GROUP LTD
Pierre TORREGANO,
Avocat au Barreau de Paris
CABINET TORREGANO AVOCATS
Papa Sadio TRAORE, Analyste Risques, BANQUE DE DÉVELOPPEMENT
DU MALI
Ariane TROUILLET-MAURIN,
Risk Manager Assurances,
SUEZ ENVIRONNEMENT COMPANY
Didier VIDAL, Chief Risk Management Officer, ARDAGH SERVICES FRANCE SAS
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pays et peut ne pas être disponible dans tous les pays européens. Pour plus d’informations, vous pouvez visiter notre site Internet : www.aig.com
Prêts pour demainATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
11 ACTEURS EN VUE
MOUVEMENTS
EN VUE
Trophée de la femme dans l’assurance
« Au Trophée de la femme dans l’assurance » organisé par
l’Argus de l’Assurance, les lauréates 2015 de la catégo
-
rie Risk Management sont Laurence Delaire, Directrice
des Assurances du groupe Engie, ex aequo avec Marie
Grison, Directrice des risques de CNP Assurances. François
Malan, Vice-Président de l’AMRAE en charge du métier Risk
Manager était membre du jury.
Le 7 décembre 2015 « La gestion
du risque Supply Chain dans l’en-
treprise », publié par l’AMRAE en
partenariat avec Kyu Associés, a
remporté le Prix « Coup de cœur »
lors du Grand Prix ACA-Bruel,
organisé par quatre asso ciations
représentant les Directeurs Achats
et Suppy Chain de France. Une
consécration et une reconnaissance
supplémentaire de la production
scientifique de l’AMRAE.
Fabrice Morgaut est le nouveau Directeur Risques et Assurances de la Compagnie des Alpes.
Précédemment Insurance and Risk Manager de Transdev et participant actif du groupe de Travail sur les Cyber Risks de l’AMRAE, Fabrice Morgaut est depuis le 1
er
novembre le nouveau Directeur Risques, Assurances et Gestion
de crise de la Compagnie des Alpes, le leader mondial de l’exploitation de domaines skiables (Tignes, Val d’Isère, la Plagne…) qui compte également dans son portefeuille d’activités le parc Astérix, Futuroscope ou les musées Grévin. Il sera rattaché à la Direction financière.
Jochen Koerner devient Directeur général adjoint de Marsh France.
Titulaire d’un Master in business de l’Université de Francfort et d’un MBA de l’Ashridge Management College au Royaume Uni, Jochen Koerner a rejoint Marsh en 1997, où il développe une expertise pointue du Risk Management et des technologies. Il est nommé Directeur régional du centre de l’Allemagne en 2005 et prend
le rôle de Sales leader de Marsh Allemagne en 2009. En qualité de Directeur général adjoint, il rejoint donc
le Comité exécutif de Marsh Europe et de Marsh Allemagne. Il est également un membre actif d’Atlantik Brücke, de l’American Council of Germany et de la Chambre améri- caine de commerce en Allemagne.
ILS ONT BOUGÉ
ADHÉRENTS AMRAE DANS UNE NOUVELLE ENTREPRISE
Maud GALARD, Responsable assurances groupe d’In Vivo Group - Précédemment chez PEUGEOT CITROËN AUTOMOBILES PCA
Thomas LELONG, Responsable assurances de Petit Forestier - Précédemment chez ELIS SERVICES
Yvon MARTINET, Avocat associé de DS Avocats - Précédemment chez SAVIN MARTINET ASSOCIÉS
De gauche à droite : Thibaud Moulin, Bernard Alberti, Laurent Giordani, Kyu Associés, Anne- Marie Fournier, Vice-présidente en charge du Pôle Scientifique de l’AMRAE.
©François Girard
Le livre sur
la gestion du
risque Supply
Chain dans
l’entreprise,
coup de cœur
du Grand Prix
ACA-Bruel
De gauche
à droite,
Laurence Delaire du groupe Engie, Kadidja Sinz de XL Catlin France, Marie Grison de CNP Assurances.
Vous connaissez votre entreprise mieux que personne: son marché, ses clients, ses concurrents. Mais surtout,
vous connaissez les risques qui la menacent. Chez Swiss Re Corporate Solutions, nous avons la solidité fi nancière
et la capacité de prendre en charge ces risques pour les entreprises, où qu’elles soient dans le monde. Mais ce
n’est qu’une partie de la démarche. Que ces risques soient simples ou plus complexes, que la réponse à apporter
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forces et
expertises ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
12 ACTEURS EN VUE
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DOSSIER
SOLVABILITÉ II :
UN VÉRITABLE TOURNANT
DANS LA GESTION
DES RISQUES
Après plusieurs années de report, la réglementation européenne qui touche l’ensemble du
secteur de l’assurance prend effet le 1
er
janvier 2016. Parmi les grandes nouveautés, la création
d’une Direction des Risques qui devient une des fonctions clés de l’entreprise. Les conséquences
de la mise en place de Solvabilité II sont profondes et pourraient dépasser la simple sphère
assurantielle.
Par Florence Puybareau
01/2015
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15
E
nfin ! Annoncée initialement pour 2011 puis
sans cesse repoussée, la directive européenne
Solvabilité II entre finalement en application le
1
er
janvier 2016. S’il a fallu autant de temps pour
que cette réglementation qui touche l’ensemble
des compagnies d’assurance et de réassurance (à l’excep-
tion des organismes qui encaissent moins de 5 millions
d’euros de primes annuelles) soit mise en place, c’est non
seulement en raison de sa complexité mais aussi parce
qu’elle sous-entend de profondes modifications dans la
gouvernance des entreprises concernées. À tel point que
le texte initial a été modifié plusieurs fois et que beau-
coup d’experts estiment que des changements pour-
raient encore intervenir dans les prochaines années. Pour
Philippe Trainar, Chief Economist de Scor, la prudence
de certaines entreprises vis-à-vis de Solvabilité II n’est
pas vraiment étonnante. « De nombreux acteurs géraient
leur compagnie en adéquation avec Solvabilité I. Or avec
Solvabilité II, ils constatent que les règles du jeu sont diffé-
rentes, qu’il va y avoir des perdants et des gagnants. Cela
pose des problèmes de transition, avant que ces nouvelles
règles deviennent légitimes. Cela met aussi en évidence les
imperfections de Solvabilité II, qui devront être corrigées à
l’avenir ».
LA DIRECTIVE RENFORCE LA FONCTION
RISQUES AU SEIN DES ORGANISATIONS
L’un des grands principes fondateurs de Solvabilité II
porte sur la gestion des risques. L’Autorité de Contrôle
Prudentiel (ACPR) est à cet égard formelle : « l’objectif
de Solvabilité II est d’encourager les organismes à mieux
connaître et évaluer leurs risques et adapter les exigences
réglementaires à leur profil de risque ». Il s’agit, rappelle
le régulateur, « d’avoir une meilleure adaptation des
exigences de capital et des pratiques de contrôle au profil de
risque des organismes ». Pour preuve de cette importance,
la directive fait de la gestion des risques (articles 44 & 45)
l’une des quatre fonctions clés qui doivent être mises en
place dans les organisations à l’instar de l’audit, de la
conformité et de l’actuariat (cf. encadré) : « les assureurs
avaient déjà une bonne maîtrise des risques de souscription
mais d’autres risques (financiers, de marché…) étaient
sous-estimés. Or les risques de marché représentent 50 %
des risques en assurance non-vie et 75 % en assurances de
personnes. La directive professionnalise la fonction Risques
au sein des organisations. Elle les oblige à une meilleure
connaissance de leur profil de risque et de celui de leurs
clients », souligne Nicolas Calmon, Manager chez Solucom.
« Jusqu’alors, chez les assureurs, il y avait surtout une
notion de contrôle interne dans la lignée d’une maîtrise
des risques par les processus. Solvabilité II donne une
surface très large à la fonction. Le risque est désor-
mais au cœur de la prise de décision », appuie Jimmy
Zou, associé chez PwC. « Ainsi lorsqu’une entreprise
décide de lancer un nouveau produit, elle va regarder
son incidence sur son portefeuille et fixer des objectifs
à ses commerciaux avec cette perspective. Elle mettra
en place un processus avec des systèmes d’alerte pour
suivre l’écart entre l’appétit au risque et la prise de
risque effective ».
UNE DIRECTIVE QUI TRANSFORME
LA GOUVERNANCE DES COMPAGNIES
D’ASSURANCE
Philippe Trainar,
Chief Economist, Scor
Nicolas Calmon,
Manager, Solucom
Jimmy Zou,
Associé, PwC
SOLVABILITÉ II : DIFFICILE D’Y ÉCHAPPER
La mise en place de Solvabilité II touche quasiment l’ensemble des entreprises du secteur… qui ne disposent pas toutes des mêmes ressources humaines et financières. Pour Nicolas Dufour, en charge du contrôle interne et de la maîtrise des risques chez Mutuelle UMC, c’est une contrainte pour les petites et moyennes structures. « Beaucoup de dispositifs ne sont
pas toujours prévus ou conçus pour des entreprises de cette taille. Toutes n’ont pas forcément bien anticipé d’autant que certains sujets très techniques comme la qualité des données peuvent vite devenir chronophages ». Mais si l’exercice s’avère complexe, l’impact est
véritablement positif sur la gestion globale des risques : « il s’agit non seulement
d’être conforme mais aussi de profiter de ces exigences nouvelles – qui n’étaient pas forcément dans la culture de l’entreprise - pour mettre en place des dispositifs plus pérennes. Et pas seulement pour combler des écarts de conformités. Fournir de la documentation pour être conforme et répondre à des exercices préparatoires, tout le monde peut le faire. En revanche, conduire le changement et mettre en place des dispositifs pérennes, c’est peut-être ça la plus grande difficulté. »
Nicolas Dufour,
c
ontrôle interne et maîtrise
des risques, chez Mutuelle UMCATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
16 DOSSIER
SOLVABILITÉ II
UNE RÉGLEMENTATION ET TROIS PILIERS
Le pilier I regroupe les exigences quantitatives, c'est-à-dire les règles de valorisation des actifs et des passifs, ainsi que les exigences de
capital et leur mode de calcul. Solvabilité II prévoit deux exigences de capital : le minimum de capital requis (MCR) et le capital de solvabi-
lité requis (SCR). Le SCR peut être calculé au moyen d’une formule standard ou d’un modèle interne partiel (certains risques étant couverts
par la formule standard) ou complet. Par ailleurs, des paramètres propres à l’organisme (Undertaking Specific Parameters – USP) ou au
groupe (Group Specific Parameters – GSP) peuvent remplacer certains paramètres de la formule standard.
Le pilier II regroupe les exigences qualitatives, c'est-à-dire les règles de gouvernance et de gestion des risques, dont l’évaluation propre
des risques de la solvabilité (Own Risk and Solvency Assessment - ORSA).
Le Pilier III concerne la communication d’informations au public et aux autorités de contrôle. Il vise à harmoniser au niveau euro-
péen les informations publiées par les organismes d’assurance ainsi que celles remises aux superviseurs. Ces informations sont à remettre
annuellement et/ou trimestriellement.
Pour Philippe Trainar, cet ensemble est parfaitement cohérent : « ces trois piliers sont tous importants. Le Pilier I est absolument fonda-
mental puisqu’il met à la disposition des entreprises d’assurance qui n’utilisent pas de modèle interne une métrique de solvabilité beaucoup
plus sophistiquée et plus cohérente que celle de Solvabilité I. Chez Scor, nous avons développé un modèle interne, validé par le régulateur, qui
structure l’approche des risques. Mais le Pilier II est tout aussi important. L’un donne une vision synthétique et quantitative de l’exposition
aux risques quand l’autre en donne une vision plus granulaire et qualitative. L’entreprise doit s’appuyer sur ces deux piliers pour prendre des
décisions managériales. Enfin, le Pilier III est essentiel car il garantit, par une communication transparente, un échange avec le marché, et un
contrat clair avec les clients et les actionnaires. »
Conception
Test et validation
Mise en œuvre
Documentation
Analyse de
la performance
Rapports aux
dirigeants
Recommandations
d’amélioration
Fonction
actuarielle
Utilisateurs
des résultats
La fonction de gestion des risques et le modèle interne
Pas d’indépendance de
l’analyse de la performance
vis-à-vis de la conception
• Contribue
à l’identification
des risques
(assurantiels)
modélisables
• Vérifie l’adéquation
des données
• Dialogue avec
la fonction de gestion
des risques
Équipes distinctes pour
la phase de test et de validationATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
17 DOSSIER
SOLVABILITÉ II
Dans le groupe Axa, qui compte 600 personnes travail-
lant sur le Risk Management, le constat est comparable.
« L’apport de Solvabilité II est considérable car elle a
ancré le Risk Management dans les pratiques de l’en-
treprise. Le fait de revenir de façon régulière auprès du
comité exécutif en présentant l’analyse de nos risques et
la façon dont ils ont évolué, en vérifiant que cela corres-
pond aux risques… sont des éléments dont on ne parlait
pas il y a 10 ans et qui sont devenus clés dans notre indus-
trie. Chaque risque pris sur un investissement, un produit,
une ligne de business… a une charge en capital définie
et propre à ce risque-là. In fine, cela permet d’aligner les
risques que nous prenons, le capital que nous mettons
derrière et les profits que nous espérons en retirer », note
Alban de Mailly Nesle, CRO d’Axa.
LE CONSEIL D’ADMINISTRATION
EN PREMIÈRE LIGNE
« Le principe sur lequel repose Solvabilité II est de mettre
le risque au cœur de l’entreprise, risque qui devient l’un
des drivers de la prise de décision », rappelle Jérôme
Isenbart, Directeur des Risques de la CCR. « Il ne s’agit pas
d’un changement de philosophie. C’est une démarche que
nous intégrons depuis longtemps. Néanmoins, Solvabilité II
a pu être un accélérateur pour comprendre certains
risques, suivre certaines expositions. Et bien sûr un accé-
lérateur en termes de gouvernance avec les quatre fonc-
tions clés qui sont un lien supplémentaire avec le Conseil
d’administration ».
Il y a 3 ans, la CCR a ainsi mis en place des comités de
risques qui permettent aux participants de partager
de façon transverse leur vision des risques : « cela
décloisonne les entités opérationnelles qui se mettent
à échanger entre elles et à exprimer les risques qu’elles
produisent, et réciproquement. Nous avons associé
risques et impact budgétaire. Historiquement les Conseils
d’administration validaient des business plans avec des
chiffres d’affaires et des cibles de résultat. Maintenant,
on lui demande d’autoriser une certaine prise de risque
associée selon des scénarios intermédiaires. Plus de
scénario central, ni de scénario extrême de solvabilité de
l’entreprise. Mais un entre-deux. Charge à nous de déter-
miner le niveau de prise de risque que nous allons tolérer
et duquel nous allons déduire un certain nombre d’in-
flexions stratégiques vers des opérations plus ou moins
risquées. Cette vision en budget de risques est validée
par le Conseil d’administration, passe par la Direction
Générale et est mise en pratique par toutes les directions
opérationnelles », résume Jérôme Isenbart.
Une démarche qui demande de la pédagogie mais
« maintenant, les Risk Managers arrivent à montrer leur
contribution à la mise en place du dispositif de maîtrise
des risques et l’intérêt de ce dispositif dans l’atteinte
des objectifs. Aujourd’hui, ces fonctions risques sont
nécessaires et ancrées dans le paysage. Solvabilité II leur
donne un rôle de vigie. C’est aussi pourquoi leur sont
souvent confiés les risques émergents ; et qui dit risques
émergents dit futures opportunités commerciales. »
À la CCR, la Direction des risques, créée il y a cinq ans,
emploie aujourd’hui 13 personnes (sur un total de 250)
avec un représentant dans chaque entité « qui donne
10 % de son temps pour la vision risque des opérations.
Ces personnes servent de relais car nous souhaitons que
la Direction des risques soit présente mais pragmatique.
Nous ne sommes pas là dans un environnement de sanc-
tion, mais pour accompagner le développement de l’entre-
prise et faciliter les choses », insiste Jérôme Isenbart.
MODÈLE INTERNE ET FORMULE STANDARD
Pour respecter l’exigence quantitative voulue par le Pilier I, les entreprises avaient le choix de s’appuyer sur une formule standard ou de
développer un modèle interne à valider par l’ACPR. Rares sont les compagnies françaises à avoir adopté un modèle interne intégral – à
l’instar d’Axa et de Scor –, très lourd et complexe à mettre en œuvre.
Denis Kessler, le PDG de Scor rappelait récemment que l’élaboration du modèle interne chez le réassureur avait mobilisé plus de 70
personnes et abouti à un rapport de 20 000 pages. « Nous avons commencé à travailler à un modèle interne il y a déjà une douzaine
d’années et nous l’avons affiné au fur et à mesure que la réglementation sur Solvabilité II se précisait ». « Dans la gestion des risques, il est clé
d’avoir un modèle interne », souligne Alban de Mailly Nesle. Certaines compagnies ont fait le choix du modèle interne partiel et d’autres
ont gardé la formule standard qui comporte différents modules (risques de marché, risque de contrepartie…) et qui peut inclure des USP.
« Pour certains risques de souscription, des modules non-vie ou santé, l’entreprise peut substituer aux paramètres de la formule standard,
des paramètres estimés sur ses propres risques », souligne Pierre Thérond, actuaire chez Galéa.
Alban de Mailly Nesle,
CRO, Axa
Jérôme Isenbart,
Directeur des Risques, CCR
Pierre Thérond,
Actuair, Galéa
« Le grand intérêt
de Solvabilité II pour un Risk Manager de compagnie d’assurance, c’est l’alignement total entre le capital et la gestion des risques. »
Alban de Mailly Nesle, CRO, Axaé ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
18 DOSSIER
SOLVABILITÉ II RE 2015
L
a mise en place de Solvabilité II, avec ses trois
piliers et son lot d’obligations dûment codifiées
(fonctions clés, rapports écrits…), a conduit
les entreprises à une approche différente de
leurs risques, à se saisir de la problématique
beaucoup plus en amont, et à faire évoluer leurs
processus. « Nous essayons de partir du plus haut, à
savoir déterminer les grandes orientations de la gouver-
nance. Puis nous voyons leurs déclinaisons en matière
de processus, les acteurs et leur rôle, et comment ces
processus de manière très opérationnelle se déclinent
eux-mêmes en procédures et en modes opératoires. Cela
implique forcément des refontes de process. Ce qui veut
dire pouvoir être structuré, identifier les risques trans-
verses, les risques sur chaque périmètre, donc avoir
une approche par les process qui n’est pas forcément
toujours celle mise en place », explique Nicolas Dufour.
« Avec le Pilier II, il est important d’avoir des processus
qui se déploient pour gérer les risques opérationnels et
aussi garantir dans l'entreprise une traçabilité satisfai-
sante. L'entreprise doit complètement intégrer dans ses
décisions à tous les niveaux l’analyse des risques, établir
le couple rendement/risque et le traduire de manière
documentée dans la vie de l'entreprise », ajoute Renaud
Bruneteau en charge des risques, du contrôle interne
et de la conformité chez Humanis. « Dans le cadre de
notre modèle interne, nous collectons les incidents et les
pertes opérationnelles enregistrés chaque année dans
toutes les entités du groupe. Nous regardons l’ensemble
de nos process opérationnels et nous en déterminons les
faiblesses. Nous scénarisons sur la base de cette revue,
pour obtenir un montant de capital à mettre face de ces
risques, surtout pour dresser une hiérarchie des risques
opérationnels en affectant un coût à chacun de ces
risques », détaille Alban de Mailly Nesle.
UNE NOUVELLE FONCTION
QUI SE CHERCHE UN NOM…
Si les réassureurs ont depuis longtemps une direction
des risques dont le responsable est hiérarchiquement
rattaché au plus haut niveau de l’entreprise, la situa-
tion est en revanche plus contrastée dans les autres
entreprises du secteur : « les bancassureurs, du fait de
l’antécédent Bâle II, sont plus matures sur le sujet et le
détenteur de la fonction risque a souvent par exemple à
sa disposition des mécanismes d’escalade vers le board.
Les grands assureurs se sont ensuite engagés dans ces
démarches », précise Jimmy Zou. Quant à la dénomina-
tion « Risk Manager » pour désigner le responsable de
UNE APPROCHE HOLISTIQUE
DES RISQUES
Renaud Bruneteau,
en charge des risques, du
contrôle interne et de la
conformité, Humanis
QUE DIT LA DIRECTIVE SOLVABILITÉ II ?
Sur les 312 articles, le 44 (Gestion des risques) et le 45 (Évaluation interne des risques et de la solvabilité) concernent directement la
problématique des risques.
Ainsi dans l’article 44, il est spécifié que « les entreprises d’assurance et de réassurance mettent en place un système de gestion des risques
efficace, qui comprenne les stratégies, processus et procédures d’information nécessaires pour déceler, mesurer, contrôler, gérer et déclarer, en
permanence, les risques, aux niveaux individuel et agrégé, auxquels elles sont ou pourraient être exposées ainsi que les interdépendances entre
ces risques. Ce système de gestion des risques est efficace, parfaitement intégré à la structure organisationnelle et aux procédures de prise de
décision de l’entreprise d’assurance ou de réassurance et dûment pris en compte par les personnes qui dirigent effectivement l’entreprise ou qui
occupent d’autres fonctions clés ». Mais aussi que « les entreprises d’assurance et de réassurance prévoient une fonction de gestion des risques,
qui est structurée de façon à faciliter la mise en œuvre du système de gestion des risques ».
Et dans l’article 45 : « l’évaluation interne des risques et de la solvabilité fait partie intégrante de la stratégie commerciale et il en est tenu
systématiquement compte dans les décisions stratégiques de l’entreprise ».
« On ne peut pas prendre
de décisions stratégiques, financières marketing,ou commerciales, sans avoir intégré une analyse de risques et essayé d'avoir éclairé les conséquences de cette décision. »
Renaud Bruneteau, en charge
des risques, du contrôle interne
et de la conformité, Humanisé ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
19 DOSSIER
SOLVABILITÉ II
la gestion des risques, là aussi, elle ne figure pas dans
tous les organigrammes. « Le terme de Risk Manager
n'est pas encore vraiment diffusé dans l'assurance et la
réassurance. Lorsqu’on regarde les offres d’emploi, on
constate que les terminologies ne sont pas très figées et
les profils ne sont pas très ciblés. On voit arriver souvent
des actuaires. La structuration d'une communauté d'ex-
perts ERM au sein de l’institut des Actuaires amène ces
derniers à remplir ces missions », précise David Dubois,
Directeur Business Développement chez RGA.
… MAIS UNE FONCTION CLÉ
Que ce soit dans une grande ou une petite structure,
la fonction Risk Management est devenue essentielle.
« Selon la directive, la fonction de la gestion des risques
accompagne la mise en place d’un système présentant les
risques dans leur globalité : elle doit avoir la capacité d'ana-
lyser et de porter un jugement sur les risques encourus par
un organisme d'assurance, de réassurance et mettre en
place des solutions de gestion de ces risques, de transfert,
d'acceptation, de limitations… », ajoute David Dubois.
Les petites structures ne sont pas en reste, comme le
souligne Nicolas Dufour : « nous intervenons princi-
palement en pilotage. Et nous devons donner aussi de
la cohérence entre les politiques et leurs déclinaisons
opérationnelles. Nous pouvons être amenés à passer de
sujets relatifs aux grandes orientations de la gouver-
nance ou intervenir sur des pratiques très précises comme
par exemple les contrôles de production. »
UNE VISION ERM DE LA GESTION
DES RISQUES
Pour Catherine Véret Jost, Présidente de Cavejo, l’une
des grandes vertus de la directive est d’obliger les entre-
prises à enrichir leur approche. Néanmoins il ne faut pas
prendre les trois piliers en silo. « Tous les acteurs de l’en-
treprise travaillent de concert sur la gestion des risques,
avec le Risk Manager comme chef d’orchestre. C’est une
démarche ERM qui implique une vision globale et cohé-
rente de la gestion des risques de l’entreprise et de leurs
traitements ». Dan Chelly va même encore plus loin et
voit dans Solvabilité II intégrant l’ORSA, une approche
« ERM 2.0. C’est un must have entre la prise de risque et
la stratégie commerciale. C’est le premier texte où l’on
a un lien aussi étroit entre les deux ». Pierre Thérond le
confirme, « Solvabilité II conduit à instituer les best prac-
tice en matière d’ERM même si les actuaires n’ont pas
attendu la directive pour mettre en place cette démarche ».
Mais peut-on mettre sur le même plan l’approche qui
s’impose dans les compagnies d’assurance de celle que
mènent les entreprises industrielles et commerciales ?
« On constate quand même une convergence entre les deux
approches. Il y a une bonne inspiration de ce qui existe et
de ce qui est fait par ailleurs », se réjouit David Dubois.
Pierre Thérond est en revanche plus circonspect : « c’est
une approche comparable mais attention, les fondamen-
taux sont différents. Ce ne sont pas les mêmes risques qui
sont visés : dans les grandes entreprises non financières, il
y a souvent une segmentation risques business et risques
opérationnels. Pour les assurances, nous avons avant tout
les risques de souscription et les risques de marché. »
LA PRIME À LA DIVERSIFICATION
Quoi qu’il en soit, si la transposition de Solvabilité II
ne s’est pas faite sans douleur, la plupart des acteurs
concernés sont aujourd’hui plutôt positifs. « À mon
arrivée sur ce secteur d'activité, Solvabilité II était asso-
ciée à des contraintes réglementaires, puis peu à peu à des
exigences réglementaires et enfin à des leviers d’actions »,
se rappelle Nicolas Dufour et de poursuivre : « la séman-
tique est importante pour montrer que ce n’est pas qu’une
contrainte. C’est un nouveau cadre de travail qu’il va falloir
faire vivre ». Même analyse pour Jérôme Isenbart, « il
faut voir Solvabilité II comme un accélérateur de bonnes
choses. Or en général, les compagnies sont tellement
préoccupées par leur portefeuille qu’elles ne peuvent pas
tout regarder ».
« La fonction Risk
Management est devenue
centrale également parce
qu’elle est transversale. »
David Dubois, Directeur Business
Développement, RGA
4 FONCTIONS CLÉS
Solvabilité II impose aux compagnies la mise en place de quatre fonctions clés : conformité, actuariat, gestion des risques et audit interne.
Des fonctions dont les attributions étaient en
général déjà occupées mais sans être réelle-
ment personnalisées ou sans apparaître en tant
que telles dans l’organigramme de l’entreprise.
Désormais, elles sont distinguées même si elles
peuvent être cumulées à l’exception de l’audit
interne qui doit rester une fonction totale-
ment indépendante. La directive fixe des prin-
cipes communs à ces quatre fonctions, parmi
lesquels : l’obligation de remonter rapidement
tout problème majeur ; la mise à disposition
de ressources et une expertise adéquate, libre
d’influences pouvant entraver l’objectivité,
l’impartialité et l’indépendance.
David Dubois,
Directeur Business Développement, RGA
Dan Chelly,
Optimind WinterATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
20 DOSSIER
SOLVABILITÉ II
Pour Dan Chelly, Solvabilité II permet d’être beaucoup plus fin dans la mesure
de l’exposition aux risques. « Cela force à une certaine rigueur et à formaliser des
processus. Parfois, sur certains produits, l’entreprise a tendance à considérer que
le profil de risque est peu élevé alors que dans le détail, on détecte de nombreux
risques financiers et opérationnels. On voit par exemple les problématiques qui
sont très porteuses de risques comme l’Accord National Interprofessionnel, les
contrats solidaires et responsables… »
Pour les grandes compagnies, Solvabilité II est aussi la prime à la diversifica-
tion. « Il y a un bénéfice à la diversification. C’est la base du métier d’assureur
mais ce n’était pas mis en avant dans Solvabilité I. Un portefeuille de risques
diversifiés entre risques financiers et risques d’assurance mais aussi au sein
des risques d’assurance est reconnu dans le montant de fonds propres que l’on
doit détenir pour Solvabilité II », explique Alban de Mailly Nesle. « Certains ont
craint que la lourdeur de Solvabilité II puisse paralyser l’initiative et conduise à
des comportements d’aversion totale aux risques alors que c’est un levier d’aide
à la décision. Il ne s'agit pas de ne pas prendre de risques, il s'agit de prendre des
risques en étant plus éclairés sur les conséquences des décisions prises », précise
Renaud Bruneteau. Cette évolution implique aussi, pour tous les acteurs (et
notamment les mutuelles), des évolutions internes importantes : « ce change-
ment culturel nous place dans une culture de la performance qui touche toutes
les fonctions, dont le commercial ou le marketing… »
L’ORSA : UNE VUE GLOBALE
DES RISQUES DE L’ENTREPRISE
Selon l’ACPR : « l'ORSA est une évaluation, par l’en-
treprise elle-même, de sa solvabilité. L’ORSA doit faire
partie intégrante des décisions stratégiques ».
Les quatre questions auxquelles le rapport répond
sont les suivantes : à quels risques est exposée l’en-
treprise ? Quelle est sa tolérance aux risques ? Quels
sont ses objectifs stratégiques ? De quels moyens
financiers dispose-t-elle ou devrait-elle disposer à
court et long termes ?
Si sa rédaction est considérée comme complexe et
difficile, l’exercice néanmoins est largement approuvé.
« L’ORSA est un changement important car il stipule
d’avoir une vision à 360° de la gestion des risques. C’est
assez nouveau pour les assureurs qui avaient l’habitude
de travailler en silo. Mais l’ORSA n’est pas un simple outil
de reporting à destination de l’autorité de contrôle.
C’est un véritable outil stratégique », insiste Nicolas
Calmon. Même point de vue pour David Dubois pour
qui l’ORSA va accompagner la stratégie de dévelop-
pement. « Pour lancer un nouveau produit ou projet, on
doit mesurer tout de suite l'influence de ceux-ci sur l'exi-
gence de fonds propres et l'impact sur notre entreprise.
C’est un véritable outil d'aide à la décision ». Quant à
Jimmy Zou, il voit dans l’ORSA, un accélérateur pour la
compréhension de la fonction risque : « cela demande
notamment d’articuler des indicateurs de risques avec
d’autres indicateurs comme la rentabilité ou même des
ratios de coût. Le risque à l’aune de la rentabilité ».
Les tâches de la gestion des risques
Résultats de l’ORSA
Vision holistique des
risques de l’organisme
Coordonne
les activités de gestion
des risques
Vérifie l’adéquation
du système de gestion
des risques
Contrôle l’application
des politiques de gestion des risques
« Preneurs
de risques »
Fonction
de gestion
des risques
Dirigeants
Identifie les déficiences du système
de gestion des risques
Perspective gestion des risques
lors des décisions stratégiques
Recommandations
« La directive Solvabilité II permet
d’avoir une vision “clé en main”
des risques dans toutes les entités. »
Jérôme Isenbart, Directeur des Risques, CCR ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
21 DOSSIER
SOLVABILITÉ II
SOLVABILITÉ II : CONSOLIDATEUR DU MARCHÉ ?
L’accélération de consolidation du marché des mutuelles au
cours des dernières années est-il un effet induit de la prochaine
mise en application de Solvabilité II ? Certainement, estime
Philippe Trainar : « Solvabilité II a consolidé le marché. À présent
nous verrons, si le mouvement se poursuivra. Car lorsqu’une
entreprise est confrontée à des exigences accrues de capital,
il n’y a que quatre solutions : émettre du capital sous forme
d’action, recourir à la dette hybride, économiser son capital en
diversifiant son activité ou en se rapprochant d’une entreprise
diversifiante, ou se réassurer. Or, le capital est aujourd’hui une
ressource rare et coûteuse. Le recours à la dette hybride suppose
que l’on ne soit pas trop endetté. La diversification et la consoli-
dation correspondent à des stratégies de plus long terme. Reste
la réassurance : nous avons constaté en effet une demande
accrue de la part des cédantes… »
Pour David Dubois, les fusions ne sont pas liées uniquement
à la mise en place de la directive : « la pression concurrentielle
fait que les petits organismes aujourd'hui ont plus de difficultés
à survivre proprement dans cet univers, mais Solvabilité II est
probablement un accélérateur ».
QUELS IMPACTS SUR LES SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES
ET COMMERCIALES ?
D
es mesures et des processus mis en place, peut-on tirer des
enseignements utiles aux entreprises industrielles et commer-
ciales ? Les avis divergent. Pour Jérôme Isenbart, une partie des
méthodologies des trois piliers peut en effet être appliquée dans
les autres secteurs d’activité. « Le diagramme du Pilier I peut être
transposable à des entreprises industrielles. Il oblige à dresser un mapping
des risques (en n’hésitant pas à sortir des zones connues), à les comparer
les uns aux autres, à les évaluer, et les suivre dans le temps. Il donne en
plus la métrique pour mesurer chaque risque. Mais un Risk Manager expéri-
menté saura poser une métrique en face de ces risques. Poser des situations
inimaginables sur le papier permet de se demander quelle solution mettre en
place comme plan d’action. Et cela, c’est transposable. Quant au Pilier III
et ses rendus narratifs, nous pouvons les rapprocher des rapports qu’un Risk
Manager va faire à son comité exécutif. »
Pour Catherine Véret Jost, Solvabilité II à l’instar de Bâle II « peut
servir de référence pour dégager de bonnes pratiques en matière de
gouvernance de gestion des risques ». Selon Dan Chelly, il est possible
aujourd’hui pour les entreprises commerciales et industrielles de
s’inspirer directement de Solvabilité II. En effet, des convergences
sont clairement envisageables « La banque et l’assurance sont forte-
ment réglementées car tout le système repose sur la confiance. Sinon le
système ne fonctionnerait pas. Dans l’industrie et les services, la notion
de confiance évolue énormément avec les transformations de la société.
Cette notion de confiance peut tuer ou affaiblir des entreprises indus-
trielles. Et elle va prendre une nouvelle dimension en lien avec le risque
de réputation et les campagnes de rappel produits. Ce qui va peut-être
orienter les industriels vers les réglementations en matière de risques et
de conformité qui sont imposées dans la banque et la finance. »
TRANSPOSABLE OU PAS ?
Les bonnes pratiques de Solvabilité II peuvent-elles être récupérées
pour la gouvernance des risques ? Certainement pour quelques CRO en
raison du degré de modélisation des risques exigé par la directive : « les
techniques de modélisation des risques sont moindres dans les secteurs
commercial ou industriel que dans les univers régis par les exigences
prudentielles. En transposant certaines pratiques, on pourrait peut-être
mieux calibrer ou estimer le risque opérationnel. Et mettre en regard
les investissements ou les dépenses des dispositifs de prévention ou de
protection (ou de rectification) qui sont déployés pour faire face à ces
risques », souligne Renaud Bruneteau.
Pour Nicolas Dufour, « c’est intéressant notamment pour structurer les
politiques, par exemple sur la gestion des risques ou sur les pratiques de
compétence et d’honorabilité ». Néanmoins, la question vaut aussi dans
l’autre sens : « nous sommes sur un secteur réputé comme réglementé.
Mais n’omettons pas les risques à fort impact comme la sécurité au
travail que nous avons tendance à négliger comme le montre l’enquête
AMRAE risques RH, alors que dans nos entreprises qui sont en profondes
mutations l’impact n’est pas neutre ». Le plus catégorique reste Jimmy
Zou, qui n’a pas attendu la mise en place de la directive pour en utiliser
les bonnes pratiques. « Le secteur des énergéticiens par exemple s’inté-
resse au concept d’appétit au risque avec sa dimension rentabilité voire
sa dimension coût. Pour ma part, je réalise des ORSA adaptés à cette
population car le processus est très facile à décliner et tout à fait appro-
prié dans une optique de pilotage d’activité. »
Philippe Trainar ne partage pas ce constat. Pour lui, les règles de l’as-
surance ont trop de particularités pour être vraiment transposables :
« Solvabilité II établit des règles de gestion des risques pour des entreprises
dont le métier est de prendre des risques. Ce n’est pas le cas des entreprises
industrielles et commerciales qui cherchent à éviter le risque. La gouver-
nance du risque ne peut donc être la même selon l’appétence au risque. La
gestion des risques ne s’applique donc pas du tout de la même façon dans
l’assurance et en dehors de l’assurance ». Néanmoins, il estime possibles
LES ENSEIGNEMENTS DE SOLVABILITÉ II
« Le Pilier II est une approche
par choc de l’entreprise.
Elle pousse à imaginer des
situations inimaginables. »
Jérôme Isenbart, Directeur des Risques, CCR ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
22 DOSSIER
SOLVABILITÉ II
certains rapprochements entre assureurs et entreprises
industrielles et commerciales « puisque dans les deux cas,
il s’agit de risques réels, c’est-à-dire des bâtiments qui
peuvent être détruits, des vies qui peuvent disparaître…
Il y a une possibilité d’influence car nous travaillons un
peu sur les mêmes risques, mais avec des points de vue
différents. » UNE GESTION DIFFÉRENTE
DES PORTEFEUILLES…
Si les avis divergent quant aux enseignements à tirer de la
directive pour les secteurs non financiers, en revanche, il
semble que pour le moment celle-ci n’a pas poussé les (ré)
assureurs à revoir profondément leur couverture ou leurs
tarifs.
« C’était un de leurs arguments il y a deux ou trois ans mais fina-
lement, cela ne s’est pas fait », constate Michel Blanc,
Risk Manager d’Arkema et Administrateur de
l’AMRAE. « La seule conséquence à craindre
pour les assurés est peut être une augmen-
tation des primes de responsabilité civile
à cause de la révision des méthodes de
provisionnement. Il s’agit d’un risque
qui se déroule sur le long terme dont les
assureurs ont des provisions dans leurs
comptes sur un certain nombre d'années.
Il pèse dans les critères et les calculs de
Solvabilité II, d’où une prudence accrue
sur ces provisions. Ça change éventuel-
lement les conditions de renouvellement
et le rapport d'équilibre financier qu'il
pouvait y avoir avant, basés sur des
règles de provisionnement différentes.
À terme certaines compagnies vont peut-
être revoir leurs méthodes de constitu-
tion des provisions, de façon plus sévère,
plus conservatrice et vont les prendre
avec des marges de confort beaucoup plus
importantes. Tout dépend si auparavant la
politique de réservation des assureurs sur le
Michel Blanc
SOLVABILITÉ II, BÂLE II : MÊME APPROCHE ?
À l’instar de l’assurance, le secteur bancaire possède également ses réglementations qui ont poussé les
entreprises à se réorganiser. À commencer par Bâle II puis Bâle III qui visent à garantir un niveau minimum
de capitaux propres, afin d'assurer la solidité financière des banques. Objectif ? Se prémunir des dérives
qui ont conduit à la crise des subprimes en 2007. Les enjeux des deux directives se rejoignent tant dans les
objectifs globaux (sécuriser l'ensemble du système et éviter le risque systémique ; assurer la confiance dans
le système) que dans les objectifs opérationnels (mieux connaître ces risques ; affiner le niveau de fonds
propres à mettre en face des risques et anticiper le cas de ruine).
« La banque avait une décennie d’avance sur l’assurance. Solvabilité II est bâtie sur la même approche que
Bâle II. Il est par exemple positif que le régulateur incite les entreprises à communiquer, cela les oblige à clari-
fier leur gestion des risques. En outre Solvabilité II avec l’ORSA va encore plus loin. C’est un pas supplémentaire
franchi dans l’approche de la gestion des risques », souligne Catherine Véret Jost.
A contrario, Philippe Trainar estime que la comparaison n’a pas lieu d’être car la perception des risques est totalement différente : « les
inspirations sont marginales. Dès l’origine, Solvabilité II a eu une démarche propre qui est indépendante de la démarche bancaire parce
qu’elle reconnaît la spécificité de l’assurance. Quand le risque le plus important pour le banquier est le risque de liquidité, c’est le moins
important pour l’assureur ! Par ailleurs quand le risque du banquier se trouve à l’actif au niveau des crédits, celui de l’assureur se trouve au
passif, ce qui change radicalement la vision des risques. Le bilan du banquier est volatil tandis que celui de l’assureur et surtout du réassureur
est visqueux. Autre différence : les banques sont totalement interconnectées par le besoin en liquidité qui est alimenté par le marché inter-
bancaire, tandis que l’interconnexion entre les assureurs est très faible. Enfin, la banque est systémique alors que l’assurance ne l’est pas. Il
pourrait donc être trompeur de tirer beaucoup d’enseignements de la régulation bancaire dans l’assurance et inversement. »
Catherine Véret Jost,
Présidente de Cavejo
« La seule conséquence à craindre pour les assurés est peut être une augmentation des primes de responsabilité civile. »
Michel Blanc,
Risk Manager d’Arkema
et Administrateur
de l’AMRAEé ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
23 DOSSIER
SOLVABILITÉ II
risque RC était bon ou pas. S'ils réservent bien il n'y a pas de
raison qu'ils changent par rapport à Solvabilité II », précise
Laurence Delaire, Directrice des assurances d’Engie.
… MAIS UN IMPACT LIMITÉ
SUR LA TARIFICATION
Du côté des assureurs, beaucoup reconnaissent des incidences
sur la constitution de leurs portefeuilles et sur leurs relations
avec leurs clients. « D’abord parce que nos clients vont avoir
accès aux informations sur les assureurs et pourront constater les
dispositions prises pour mesurer les risques. Ils seront touchés à
travers les efforts déployés en termes de dispositifs opérationnels
de gestion des risques, qui visent aussi à améliorer la qualité
des services clients et à éviter les dysfonctionnements. Enfin, ils
seront concernés par les décisions de pilotage économique prises
par l’assureur au regard des enjeux en termes de consommation
de marge de solvabilité », note Renaud Bruneteau.
L’incidence sur les prix ? Alban de Mailly Nesle reste prudent.
« Les compagnies d’assurance tariferont le risque en fonction
des risques réels. Une ligne de business plus volatile aura un
prix plus élevé. Mais globalement aujourd’hui, nous sommes
plus précis sur l’identification des risques et nous parvenons à
mieux les modéliser. L’impact sur les prix, positif ou négatif, est
lié surtout au fait que nous connaissons mieux nos risques ».
L’analyse de Philippe Trainar est plus tranchée, lui y voit deux
impacts immédiats : « d’abord à travers le capital. Changer mes
exigences en capital changera ma tarification. Par ailleurs, en
raison d’une demande accrue d’information sur les risques, que
ce soit du côté des réassureurs ou des assureurs, les clients vont
devoir supporter des charges supplémentaires de reporting ».
LES CAPTIVES SONT AUSSI CONCERNÉES
Les captives que possèdent la plupart des grandes entreprises rentrent
également dans le cadre de Solvabilité II. Pour Jérôme Isenbart, il est
donc important que les Risk Managers s’emparent du sujet : « à partir
du moment où ils possèdent des captives, les industriels sont concernés
par la directive. Mais souvent, ils la subissent sans en connaître les clés
et les spécificités ».
En fait les conséquences de Solvabilité II divergent beaucoup. Chez
Engie dont la captive est domiciliée au Luxembourg, l’impact fut certain,
avec beaucoup de travail administratif mais finalement limité : « notre
captive est très ancienne et possède une PFS (Provision pour Fluctuation
de Sinistralité) relativement importante. Solvabilité II nous apporte plus
d'avantages que d'inconvénients car contrairement à Solvabilité I, la PFS
fait partie des fonds propres. La problématique doit être différente pour
les captives récentes ou qui n’ont pas des réserves très élevées. Néanmoins
nous travaillons sur le sujet depuis 2010 avec des actuaires qui nous ont
accompagné et ont fait tourner les modèles », souligne Laurence Delaire
qui a même constaté une amélioration des relations avec les assureurs.
« Notre taux de couverture du SCR est excellent, cela nous aide dans nos
relations avec les assureurs et les réassureurs européens car le SCR est le
ratio compris de tous car il a la même valeur pour tout le monde. Cela nous
permet de mieux communiquer et donc de réduire un peu les contreparties
que les réassureurs pouvaient nous demander auparavant. »
De son côté, Michel Blanc, dont la captive est passée il y a deux ans
sous le régime de Solvabilité II, se souvient d’un « travail long, coûteux
et fastidieux. Alors que notre captive n’est pas très importante, nous
avons dû multiplier par trois notre capital et réduire nos engagements ».
Une tâche menée avec un gestionnaire de captive « qui a vu sa charge de
travail doubler ». Malgré tout, Michel Blanc estime que les procédures
« amènent une vraie transparence au niveau de la gouvernance et de la
structuration de la captive ».
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NOTRE CRÉATIVITÉ RENFORCE VOTRE ASSURANCE.
SOLVABILITÉ 2 PEUT-IL RENFORCER
LA POSITION DES RISK MANAGERS ?
Solvabilité 2 impose aux assureurs un management par
les risques, au travers d’une approche quantifiée des risques
assurés, d’un renforcement des exigences de reporting
réglementaire et de gouvernance. L’objectif de l’assurance
est de permettre un transfert de risques. Solvabilité 2
généralise le management par la valeur de marché de ces
risques et permet, en particulier, le chiffrage du bénéfice de
diversification entre les différents risques, et l’analyse de
l’impact d’événements extrêmes.
Au sein des structures d’assurance ou de réassurance,
le risk manager est identifié comme l’une des quatre fonctions
clés de la gouvernance. Chargé d’identifier, de mesurer et
contrôler les risques, il permet la conduite des évaluations
prospectives de solvabilité et la mesure de l’adéquation du
mode d’évaluation du capital de solvabilité avec le profil de
risque réel de sa structure. Il participe ainsi au changement
de mode de gouvernance que le marché est en train de vivre.
Solvabilité 2 s’applique aux captives d’assurance,
à l’exception des captives de petite taille. Elle permet dans
ce cadre de chiffrer le besoin en capital pour assurer
la solvabilité. Cette quantification est un outil précieux
pour l’arbitrage du transfert des risques à la captive ou à
un assureur extérieur.
En maîtrisant Solvabilité 2, le risk manager renforce
la compréhension par l’entreprise de l’impact financier des
risques. Il dispose ainsi d’un levier pédagogique, performant
et indiscutable pour améliorer la gestion du risque dans
la société qui l’emploie.
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fonctionnement d’une captive d’assurance.
La mise en conformité avec la directive Solvabilité 2 impose aux assureurs
une méthode de quantification des risques assurés et l’évaluation du besoin en
capital correspondant.
Au sein des compagnies d’assurance, le rôle du Risk Manager est une fonction clé du système de gouvernance.
En dehors de ce secteur, le Risk Management dispose d’un outil de dialogue avec les assureurs et peut jouer
un rôle crucial, dans la décision de créer une captive d’assurance comme dans la définition du périmètre de
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Finance & Performance
Business Transformation
CONSEIL EN ACTUARIAT ET GESTION DES RISQUES
DOSSIER
LES RISQUES
ENVIRONNEMENTAUX :
LES RISK MANAGERS FACE
AUX ÉVÉNEMENTS NATURELS
Par Anne-Sophie DavidATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
27
IMPACT HUMAIN ET ÉCONOMIQUE
L
e 25 avril 2015, la région de Katmandou au Népal
a connu un séisme d’une ampleur telle qu’il a
déplacé l’Everest de 3 centimètres. Côté consé-
quences humaines, elles ont été dramatiques. En
plus du terrible chiffre de 12 000 victimes recen-
sées, l’Organisation Internationale pour les Migrations,
a relevé que le quotidien de 8,1 millions de Népalais en
avait été bouleversé, 550 000 habitations ont été rasées
et 280 000 sont devenues inhabitables.
Selon une étude du réassureur allemand Munich Re,
les catastrophes naturelles ont généré plus de pertes
humaines au premier semestre 2015 que l’année précé-
dente à la même période. Ainsi, entre janvier et juin
2015, 16 200 personnes sont décédées lors d’événements
climatiques de grande ampleur (contre 2 800 au premier
semestre 2014) dont 12 000 pour le seul séisme népalais
et la vague de canicule de mai-juin en Inde et au Pakistan.
Sur l’économie, l’impact de ces catastrophes est égale-
ment considérable. Selon FM Global, elles coûteraient
en moyenne, dans le monde, 100 milliards d’euros par
an (300 milliards en 2011, après le tsunami au Japon
et les inondations en Thaïlande). Sans compter l’impact
économique et humain d’autres phénomènes tels que
la sécheresse, qui fait régulièrement flamber le prix des
céréales, entraînant des famines.
LES LEÇONS DU PASSÉ
Les grandes entreprises et grands groupes présents à
l’international connaissent bien cette menace protéi-
forme. Véritable épée de Damoclès, le risque de CatNat
peut survenir à tout moment, entraîner d’importantes
pertes d’exploitation et provoquer des dégâts considé-
rables tant sur le plan humain que matériel.
Le 17 août 2007, le cyclone Dean ravageait les petites
Antilles. Pour le Groupe Pierre & Vacances - Center Parcs,
qui possède deux villages de vacances en Martinique et
en Guadeloupe, les dégâts se sont chiffrés à 2 millions
d’euros, à la fois en dommages et en perte d’exploita-
tion. Avec 300 sites disséminés un peu partout dans le
monde et notamment dans des régions potentiellement
exposées aux risques, le Groupe s’était préparé à rece-
voir Dean. Dès les premières alertes, et avant le passage
du cyclone, les bâtiments avaient été sécurisés et des
mesures de sécurité communiquées aux vacanciers.
Le Groupe avait par ailleurs bloqué les réservations et
les arrivées programmées. In fine, sur les 2 millions
d’euros de dégâts, tous dommages confondus, « la perte
d’exploitation a été indemnisée à hauteur de 700 000
euros par Axa », se souvient Cédric Malki, Directeur des
risques et des assurances du Groupe. « Ils nous ont très
bien accompagné lors du sinistre, explique-t-il, notam-
ment via des visites sur sites pour regarder ensemble les
mesures conservatoires à prendre ».
Le Risk Manager précise au passage que lors de la
construction des villages, le Groupe était allé un peu
plus loin que les normes classiques de construction
pour anticiper. Une vision préventive qui lui permet
aujourd’hui d’afficher une bonne résilience. Dernier
exemple en date lors des inondations qui ont frappé la
région PACA le 25 octobre 2015, Cédric Malki explique
que les dégâts ont été très peu nombreux compte tenu
du nombre de sites du Groupe dans la région.
LA MODÉLISATION
Les conséquences économiques des événements de
Fukushima et des inondations en Thaïlande ont provoqué
un électrochoc au sein des entreprises qui ont approfondi
leurs analyses de risques événements naturels et supply
chain en scénarisant plus en profondeur. Pour Laurent
Barbagli, Administrateur de l’AMRAE, le rôle et l’impli-
cation du Risk Manager en cas de catastrophe naturelle
s’accroissent à l’occasion d’événements tels que ceux
survenus en 2011. « Avant, on modélisait le risque naturel
pour déterminer les limites d’assurances. Aujourd’hui, il
faut le faire afin d’avoir une meilleure visibilité des risques,
dans une logique de compliance et l’écrire, notamment, Cédric Malki,
Directeur des risques
et des assurances,
Groupe Pierre & Vacances
- Center Parcs
QUAND LA NATURE
SE DÉCHAÎNE
Tempêtes-Ouragans-Cyclones (TOC), mais aussi inondations ou tremblements de terre, les défis
imposés par Mère Nature aux entreprises, confèrent aux Risk Managers un rôle croissant dans
la prévention et la gestion de ce risque protéiforme pour à la fois protéger l’activité et réduire
les franchises d’assurance. Un mois avant les Rencontres AMRAE « Climats à hauts risques »,
Atout Risk Manager donne un premier aperçu des pratiques dans l’industrie et les services.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
28 DOSSIER
LES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX
dans le rapport annuel », explique-t-il. Une approche qui donne ainsi
beaucoup plus de visibilité aux Risk Managers.
La Direction des risques et assurances du groupe Center Parc - Pierre &
Vacances a ainsi conduit une étude approfondie sur les risques de rupture
de digues aux Pays-Bas. « Cela nous a permis de voir de quelle manière, en
modélisant le risque, nos Center Parcs auraient pu être touchés en cas de
rupture de ces digues. Nous avons pu ainsi vérifier que la localisation des
Center Parcs aux Pays-Bas permettait d’éviter un sinistre majeur en cas
de rupture ou débordement de digues malgré la présence de certains sites
en bordure de littoral », explique Cédric Malki. Si ces modélisations ont
permis de montrer que le Groupe n’aurait été que faiblement impacté,
ce travail est devenu indispensable aujourd’hui pour les risques non
couverts par les polices. « Il y a une nécessité prioritaire de modéliser
les risques qui ne sont pas couverts par les polices, comme les ruptures
et débordements de digues qui sont des exclusions générales dans les
contrats d’assurance de dommages aux Pays-Bas, tout comme les vagues
déferlantes en Allemagne », rappelle-t-il. MODÉLISER POUR PRIORISER
« Les conséquences économiques des catastrophes natu relles restent pour
70 % non-assurées », rappelle Emmanuel Fierens, Chief Underwritting
Officer, Head of Business Solutions, Scor (cf encadré).
Le groupe industriel Faurecia qui développe, fabrique et commercia-
lise des composants et équipements à destination des constructeurs
automobiles, a développé une vraie stratégie pour appréhender le
risque de CatNat. Tout est parti d’un constat chiffré éloquent, comme
l’explique Michel Josset, Risk Manager de Faurecia. « Sur 10 ans, on
s’est aperçu que l’impact du risque naturel sur nos sites représentait
12 % de notre sinistralité globale. Et si l'on étend le sujet aux carences,
donc avec des pertes d’exploitation, cela passe à près de 40 % (12 %
direct/27 % indirect) ».
La Direction des risques et assurances élabore alors une cartogra-
phie afin de suivre 12 risques naturels (mise à jour tous les six mois).
« LA (RÉ)ASSURANCE “STRESSE” LES MODÈLES POUR COMPRENDRE LES CONSÉQUENCES
DES SCÉNARII EXTRÊMES ET DÉFINIR LES BORNES DE L’ASSURABILITÉ »
Emmanuel Fierens, Chief Underwritting Officer, Head of Business Solutions, Scor
Quels sont les risques environnementaux/naturels qui impacteront demain les entreprises ?
Les risques naturels ont toujours fait partie des expositions auxquelles font face les pays, les économies et donc les entreprises. Certaines
expositions sont « normales », c’est-à-dire connues et cartographiées. Elles dépendent des localisations, des typologies de sols et de
reliefs. Les risques naturels intègrent aussi des phénomènes extrêmes, identifiés et récurrents qui font l’objet d’études particulières. C’est
le cas du phénomène El Nino, connu depuis les années 1920. Lorsqu’il se manifeste, El Nino a des conséquences majeures sur le niveau de
précipitations ou encore sur l’ampleur des sécheresses, comme on peut le constater sur la côte Ouest des États-Unis,
ou sur la côte Est de l’Australie.
La question posée aujourd’hui est de savoir si ces risques naturels vont évoluer avec le réchauffement clima-
tique. Le rapport 2014 du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’évolution du Climat) fournit des
informations détaillées et argumentées aux États et aux acteurs économiques tels que les entreprises, pour leur
permettre d’apprécier et de mesurer les conséquences du changement climatique sur leurs domaines d’inter-
vention et d’activité, afin de mieux se préparer. Pour les entreprises, ces données peuvent constituer une grille
d’analyse de vulnérabilité qui contribue à les guider dans leurs choix d’investissement et de partenariat dans
certains pays/zones.
Les risques climatiques sont-ils assurables ?
Dès 2009, l’Association de Genève (think tank de l’industrie de l’assurance) confirmait la mobilisation du
secteur à développer des solutions afin de limiter les conséquences d’événements catastrophiques, dans le
cadre d’un dialogue avec les autorités administratives, lorsque les frontières de l’assurabilité sont atteintes.
Le CERES (organisation américaine dédiée à la promotion du développement durable) souligne que les assu-
reurs Dommages américains prennent un nombre croissant de mesures pour protéger leurs intérêts et leurs
bilans, tout en développant un nombre plus important de solutions pour le marché.
Toutefois, l’assurance, seule, ne peut pas fournir toutes les solutions. En moyenne annuelle, en raison de
la faible pénétration de l’assurance dans certaines zones ou en raison d’une non-assurabilité, les consé-
quences économiques des catastrophes naturelles restent pour 70 % non-assurées. L’engagement des
États à réduire le réchauffement climatique est primordial. L’assurabilité des risques climatiques, sous
réserve qu’ils soient soudains et fortuits, requiert la combinaison d’un périmètre légal bien défini, d’un
exposé clair des enjeux et vulnérabilités, et d’une capacité à modéliser les expositions. Ces conditions
sont d’autant mieux remplies que les pays sont matures et les entreprises développées.
Pour anticiper les risques liés au changement climatique, la (ré)assurance « stresse » les modèles pour
comprendre les conséquences des scénarios extrêmes et définir les bornes de l’assurabilité. La complexité,
la diversité des situations des pays et l’ampleur des risques climatiques demandent la mobilisation de
l’ensemble des acteurs, notamment les pouvoirs publics, les régulateurs, les (ré)assureurs et les assurés.
Emmanuel Fierens,
Chief Underwritting Officer,
Head of Business Solutions,
ScorATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
29 DOSSIER
LES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX
« La première phase consiste à établir des profils de
risque naturel sur l’ensemble de nos 330 implantations.
Pour cela, nous avons utilisé un fournisseur de données,
le réassureur Munich Re, avec qui nous avons noué un
partenariat. Ils mettent donc à notre disposition des
données afin que nous puissions caractériser le risque
naturel de chacun de nos sites. Nous avons donc pu
hiérarchiser ces risques et nous avons finalement retenu
cinq risques qualifiés de particulièrement destructeurs
pouvant conduire à une destruction totale ou quasi-to-
tale d’un site ». Ces cinq risques sont : l’inondation par
débordement de rivière, le séisme, les tornades, les
tempêtes tropicales et les effondrements de toit par
poids de la neige.
La Direction des risques et assurances a aujourd’hui
injecté cette démarche d’appréhension des risques natu-
rels dans le processus d’acquisition de ses nouveaux
sites. « Quand nous cherchons une nouvelle implantation,
nous établissons les profils de risques pour chaque loca-
lisation potentielle de manière à ce que le risque naturel
soit l’un des critères de choix de notre future implantation.
Ce paramétrage sert aussi aux gestionnaires de projet pour
adapter ou renforcer la construction si un risque parti-
culier est identifié », explique Michel Josset. Au niveau
du board de Faurecia, ce risque est désormais suivi de
manière régulière par le Comité des risques qui se réunit
une fois tous les trimestres.
LES AUDITS SUR SITE
« La finalité de l’exercice a changé », explique Laurent
Barbagli. « Les Risk Managers réalisaient déjà des audits
sur sites afin de pouvoir bien vendre leurs risques auprès
des assureurs. Maintenant ils le font car les entreprises
ont compris que c’était un moyen de résilience et de
protection de l’actif industriel. »
La société mutualiste FM Global, spécialisée dans la
prévention, la gestion et l’assurance des risques indus-
triels, propose aux entreprises des audits sur site et
notamment dans des pays où les données sont plus
difficilement accessibles. « Nous avons 1 800 ingénieurs
de prévention dans le monde répartis dans 150 pays.
Leur mission : visiter les sites des clients situés autour de
chez eux car il s’agit de locaux qui connaissent bien les
caractéristiques, normes locales ainsi que les expositions
« La modélisation a ses
limites car pour modéliser,
il faut des données qui ne
sont pas toujours disponibles
dans certains pays, d’où
la nécessité de réaliser
des audits sur sites. »
RISKMARK
®
, L'OUTIL DE FM GLOBAL POUR
LES RISK MANAGERS
Quels sont les établissements les mieux protégés ? Ceux les plus exposés aux risques ? FM Global propose
un outil assez complet : RiskMark
®
. Au travers des recommandations émises par les ingénieurs-conseils,
les directeurs d’établissements et les Risk Managers peuvent adopter une stratégie d’amélioration de la
protection du site. RiskMark® présente l’avantage d’offrir une vision plus globale en permettant d’ef-
fectuer une cartographie des risques à l’échelle de l’entreprise. L’outil prend en compte, pour évaluer le
niveau de risque de chaque site, au-delà des risques incendie et équipements :
l’exposition aux catastrophes naturelles,
les risques liés à l’activité,
le facteur humain, qui correspond aux procédures au sein de l’établissement, aux processus de fabrica-
tion, aux manières de travailler…
Michel Josset,
Risk Manager, Faurecia
Laurent Barbagli,
Administrateur de l’AMRAE
« La modélisation
joue un rôle majeur dans
la définition des solutions
et permet de dégager des
tendances afin d’évaluer
le capital requis pour
assurer ces risques. »
Emmanuel Fierens, Chief Underwritting
Officer, Head of Business Solutions, Scor ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
30 DOSSIER
LES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX
Laurent Wantz,
Directeur de l’ingénierie
pour les Opérations de Paris,
FM Global
en termes de CatNat locales », explique Laurent Wantz,
Directeur de l’ingénierie pour les Opérations de Paris.
Ces ingénieurs vont regarder et évaluer essentiellement
quatre risques : l’inondation, le tremblement de terre, la
tempête et l’effondrement des toitures suite à une accu-
mulation d’eau ou de neige (cf. encadré outil RiskMark
®
de FM Global).
DES RISK MANAGERS
DE PLUS EN PLUS IMPLIQUÉS
Dans certaines entreprises, les Risk Managers peuvent
être impliqués très tôt dans la gestion du risque de
CatNat. « Nous intervenons sur des préconisations comme,
par exemple, la mise en place de moyens de protection
en adéquation avec les risques, explique Cédric Malki.
Nous pouvons intervenir aussi très en amont, comme lors
de projet d’extension de site comme celui présent sur
la station de ski d'Avoriaz. Après détection d'un risque
sismique, l’équipe projet a fait réaliser une étude d’impact
en collaboration avec un sismologue. »
Pour Laurent Barbagli, « dans une entreprise industrielle,
tout le monde est Risk Manager ». Celui qui a le titre de
Risk Manager a donc pour missions de s’assurer que la
cartographie des risques est exhaustive et de vérifier
qu’il y a bien un pilote pour chacun des risques naturels
qualifiés de majeurs pour l’activité, de même que pour
les PCA. « Il peut insuffler en interne qu’il y a bien un
processus de vérification des process », poursuit-il.
DISPOSITIFS PRÉVENTIFS ET CURATIFS
Une entreprise qui a survécu à un risque naturel majeur
se met ensuite à l’abri. Or la mise en place de certaines
mesures de bon sens et dispositifs relativement basi
ques, peut permettre de limiter les dégâts. Murets de
rétention et batardeaux ainsi que surélévation des équi-
pements pour contrer le risque d’inondation, piliers en
béton armé enfoncés profondément dans le sol pour
résister aux ouragans, ou encore filet de protection
pour éviter que les objets extérieurs ne se transforment
en projectiles en cas de vent violent, élaboration d’un
plan d’urgence millimétré… Les solutions préventives
ne manquent pas.
Après le passage de l’ouragan Wilma qui s’est abattu sur
le Yucatán au Mexique en 2005, le groupe Club Med a dû
rénover une bonne partie de son village. Pour contrer de
« Le Risk Manager devient
alors membre de la deuxième
ligne de maîtrise du Risk
Management de l’entreprise
car il va vérifier avec l’audit
et avec les fonctions que
tout est bien en place. »
Laurent Barbagli,
Administrateur de l’AMRAE
LE GROUPE ENGIE FACE AUX RISQUES DE CATNAT
Il y a quelques années, le Groupe Engie n’avait qu’un seul programme Dommages pour couvrir la totalité
de ses actifs industriels dans le monde. Il y a 4 ans, le département Assurances décide de le découper en
quatre programmes assurantiels distincts en fonction de leur localisation géographique. « Chacun de ces
programmes a atteint aujourd’hui une taille critique sur le marché et ce découpage en régions nous a permis d’ex-
ploiter la compétitivité des marchés locaux et a notamment conduit à multiplier par trois les limites de garantie
liées aux événements naturels », explique Laurence Delaire, Directeur Assurances du Groupe. « Nous n’avions
donc plus besoin d’acheter une couverture CatNat spécifique pour nos actifs, hormis sur le risque de tremblement
de terre/tsunami au Chili, pour lequel nous souscrivons un excess sur le marché de Londres. »
Il y a 4 ans, le Département Assurances d’Engie a lancé une cartographie de l’ensemble des risques indus-
triels pour évaluer l’exposition du Groupe aux événements naturels en géolocalisant tous ses actifs et en
croisant cela avec les cartes de Munich Re. « Sur l’Amérique latine où nous avons une concentration de valeur
sur une zone exposée aux risques naturels, nous avons approfondi l’étude avec AIR », l’un des spécialistes du
marché au côté de RMS et Eqecat. AIR a ainsi envoyé sur place une équipe d’ingénieurs qui vérifie, avec les
collaborateurs du Groupe présents sur le site, les constructions et la prise en compte des normes sismiques.
Les actifs d’Engie n’ont, pour l’heure, jamais enregistré de gros dégâts, mais le Groupe n’en est pas moins prudent au regard de la valeur
de ses sites industriels. Usines de production électrique, barrage, usine de désalinisation, au total le montant à assurer pour les actifs
onshore s’élève à plus de 150 milliards de dollars, répartis dans une cinquantaine de pays.
Laurence Delaire,
Directeur Assurances,
EngieATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
31 DOSSIER
LES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX
futurs ouragans de catégorie 5, les châssis vitrés ont, par exemple, été
remplacés par de nouveaux vitrages en verre feuilleté de 6 millimètres
qui, en cas de rupture, ne s’effritent pas et continuent de protéger
du vent et de la pluie. Le bar-restaurant en bois a été renforcé par 14
piliers en béton armé enfoncés à 8 mètres de profondeur et supportant
la toiture…
ATTENTES VIS-À-VIS DES ASSUREURS
Face à un risque aussi protéiforme que le risque de catastrophe natu-
relle, qu’attendent aujourd’hui les Risk Managers de leurs assureurs ?
« Nous attendons des assureurs avant tout de l’expertise technique et
qu’ils nous aident à mieux connaître ces risques sur la partie préven-
tion », explique Michel Josset. « S’ils nous accompagnent bien sur le
risque d’incendie, nous attendons qu’ils étendent leurs compétences
pour nous aider aujourd’hui à gérer ce risque naturel. Ainsi Allianz nous
assiste sur le risque inondation et Axa sur le risque séisme. En plus de
nous délivrer des garanties bien adaptées à nos risques, nous souhaite-
rions qu’ils nous aident à construire des scénarios de dommages multi-
sites puisque le risque naturel est, par définition, régional et nous avons
besoin d’outils pour évaluer l’enveloppe de destruction maximale des
différents sites impactés. Nous avons sollicité Swiss Re et Scor pour ce
type de simulation. »
Développer l’esprit de partenariat pour innover dans les couvertures
est capital pour la Directrice des risques et des assurances du Club Med,
Morgane Pourchet (cf. encadré ci-dessus). Elle s’est ainsi rapprochée
de son cabinet d’expertise en assurances, Polyexpert, afin de réaliser
une étude « sinistre maximum possible » pour qualifier le risque d’ou-
ragan principalement. « Nous avons travaillé avec les assureurs/réas-
sureurs ainsi que Polyexpert et notre courtier Marsh, pour leur proposer
une méthodologie novatrice pour la gestion du risque TOC. L’analyse a
fait ressortir un sinistre maximum inférieur à 60 %, seuil au-delà duquel
nous considérions qu’un village était complètement détruit. Sur la zone
Caraïbes, la plus exposée à ce risque, nous avons donc pu démontrer que
nos villages ne pouvaient pas être détruits en totalité ». Un travail qui a
permis au Groupe à la fois de racheter des capacités et de réduire les
franchises en fonction des zones.
GÉOLOCALISATION DES SITES POUR UN MEILLEUR CALCUL DE PRIMES : L’EXEMPLE DU CLUB MED
Confrontés aux risques naturels plusieurs fois par an, le groupe Club Med, implanté un peu partout dans le
monde, a une bonne expérience en matière de sinistres liés aux CatNat. Années noires pour le Groupe : 2004
et 2005 avec le tsunami à Phuket (Thaïlande) et aux Maldives ainsi que les ouragans sur la zone américaine,
entraînant plusieurs dizaines de millions d’euros de dégâts. « Fin 2005, nous étions dans un contexte
compliqué avec des franchises très importantes et des garanties très réduites », explique Morgane Pourchet, la
Directrice des risques et assurances. Le Groupe se tourne alors vers le marché de Londres, « les seuls à nous
donner des capacités sur les TOC ».
La direction de Morgane Pourchet travaille en étroite collaboration avec les Directions Technique, Maintenance
et Construction. « L’électrochoc », comme le nomme la directrice des risques, a lieu en 2013. « Fort de ses 20 ans
d’expérience sur la zone Amérique, le directeur technique nous a affirmé qu’un ouragan ne pouvait pas détruire en
totalité un village ». Elle essaie alors de comprendre comment sont calculées les primes d’assurance, très élevées
car le Groupe est très exposé aux TOC, et sur quelles informations se basent les assureurs. « Ils ont commencé
à nous restituer le modèle RMS sur nos villages et c’est alors que nous nous sommes aperçus du problème : la
localisation de nos villages était souvent très aléatoire allant jusqu’à des écarts de plus de 100 km ! Sur notre site
de Yabuli en Chine, par exemple, le risque inondation ressortait de manière très forte alors qu’il s’agit d’une station
en altitude… C’est comme ça que nous avons compris que nous devions géolocaliser nos sites ».
Tous les villages Club Med le sont aujourd’hui et les coordonnées GPS côtoient les capitaux assurés.
Morgane Pourchet,
Directrice des risques
et assurances,
groupe Club MedATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
32 DOSSIER
LES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX
«
En 2005, l’ouragan Katrina a été un
déclic pour les États-Unis, qui ont
depuis un véritable intérêt pour la
résilience », a expliqué Damienne
Provitolo, Chargée de recherche
à Geoazur (unité spécialisée dans les géos-
ciences) en guise d’introduction. Présentant
la résilience comme « la capacité pour un
système à se remettre d’un choc en adoptant
un nouvel état d’équilibre », la chercheuse a
identifié trois phases : faire face au choc, se
remettre du choc, mettre en place des actions
correctives (retour d’expérience).
DES RISQUES NATURELS
AUX CONSÉQUENCES SYSTÉMIQUES
Pour illustrer les conséquences multiples
d’un même choc, Damienne Provitolo a cité
l’exemple de Fukushima : « un séisme engendre
un tsunami, qui cause une catastrophe indus-
trielle et sanitaire. Un même bâtiment (hôpital,
école…) représente à la fois une cible sensible
ou un lieu de refuge. Les réseaux de gestion des
eaux, des déchets, d’énergie, de transports, sont
interconnectés, multipliant ainsi les paralysies de
services consécutives à une catastrophe naturelle. »
DES RÉACTIONS HUMAINES
IMPRÉVISIBLES
Quel rôle attribuer alors aux différents acteurs ?
Devant une photo du tsunami de 2004, sur
laquelle trois personnes font face à la vague,
Damienne Provitolo a montré les différentes
réactions possibles face à un phénomène : « une
personne fuit, une autre hésite et ne bouge pas,
une troisième va vers les vagues, inconsciente
du danger ». Un cas révélateur des « comporte-
ments instinctifs, non raisonnés », allant selon
les individus de la sidération à la panique. « Il
faut anticiper une gouvernance précise des diffé-
rents pôles et acteurs en amont, afin d’éviter
un manque de communication comme entre la
France et l’Italie dans la catastrophe du tunnel du
Mont-Blanc », a prévenu la chercheuse.
LE RÔLE-CLÉ DES CITOYENS
DANS LA RÉSILIENCE TERRITORIALE
Anne Chanal, Chef du service vulnérabilité et
gestion de crise au Centre d’études et d’exper-
tise sur les risques, l’environnement, la mobilité
et l’aménagement, a ensuite présenté le prin-
cipal enseignement des crises naturelles. « Lors
d’une perturbation, le citoyen est le premier
présent sur place, donc le premier en capacité
d’agir, organiser, remonter l’information, alerter,
protéger… L’exemple de l’usine AZF en 2001 l’a
montré : les habitants des quartiers touchés par
l’explosion étaient les premiers sur place. Ils ont
pu apporter les premiers secours, recenser les
besoins prioritaires… Si on le prend en compte
comme ressource, cet appui peut permettre de
réduire la vulnérabilité des territoires. »
Anne Chanal s’est ensuite posé la question
suivante : comment construire et occuper un
territoire pour réduire en amont les risques ?
Pour elle, la réponse passe obligatoirement par
le développement durable, qui « favorise la rési-
lience d’un territoire : l’aménagement permet
au territoire de s’adapter aux crises qu’il pour-
rait rencontrer. Le développement durable inclut
quatre volets : environnement, approche sociale
du développement, approche économique, prise
en compte de la gouvernance et de l’ensemble
des acteurs du territoire. Ces 4 leviers, bien
maîtrisés et conçus, renforcent la résilience ».
Cette table ronde consacrée aux territoires
a donc indirectement prouvé le rôle-clé des
entreprises en matière de RSE, de formation
des salariés à certains gestes… Des notions à
développer pour les Risk Managers !
LA RÉSILIENCE TERRITORIALE
FACE AUX CATASTROPHES
NATURELLES ET INDUSTRIELLES
Comment des évènements naturels qui ont impacté les territoires peuvent-ils être utilisés pour
l’avenir ? C’était la question posée lors de la conférence d’ouverture du forum Envirorisk (consacré
aux risques naturels, technologiques et sanitaires). Les réponses apportées ont livré des éléments
pertinents pour les Risk Managers d’entreprise ou du secteur public.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
33 DOSSIER
LES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX
Notre spécialité : assurer
les risques des entreprises
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réactive, à l’écoute du marché et
de ses partenaires, Amlin propose
des solutions d’assurance adaptées
aux risques traditionnels, comme
aux risques sensibles, en France
et à l’international.
Dommages
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3 au 5 février 2016 -
Lille Grand Palais
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échanger avec nos équipes.
16 FACE AU RISQUE n° 516 octobre 2015
Exemple : mesure du risque RH et contribution à la sauvegarde de la valeur
Risque RH
identifié
Coût des sinistres sur venus
(coût caché)
Investissement
Moyens de maî trise
Retour sur investissement
immatériel (ROII)
2
Absentéisme 2 50 0 jours/homme (J/H)
d’absentéisme moyen par an pour
une PME de 20 0 collaborateur s.
1 E T P
1
= 220 J/ H = 11 , 5 E T P
➥ C o û t di r e c t ( h o r s p e r te s
de potentiel) total entreprise :
11, 5 E T P x 3 0 k€ = 3 4 5 k€
M i s e e n p l a c e d e m oye n s d e s é c u r i té
et prévention, analyse et traitement
des causes :
• 1 r i s k m a n a g e r r e c r u té = 70 k €
• 2 E T P i nve s ti s s u r l’a m é li o r a ti o n
d e s c o n di ti o n s d e tr ava il = 6 0 k€
• Revalorisation collaborateurs
= 10 0 k €
Ave c u n e r é d u c ti o n d e 8 0 %
( hy p oth è s e o pti m i s te) d u t a u x
d’a b s e n té i s m e (s o i t 276 k€ )
➥ ROII récurrent :
276 k€ – ( 70 k€ + 6 0 k€ +10 0 k€ )
= 4 6 k€ d e g a i n
Soit : R O II = 16 ,7 %
1) E T P : é q u i va l e n t te m p s p l e i n . 2) L e R O I I é t a n t l e r a p p o r t e n t r e l e g a i n e n te r m e s d e r é d u c t i o n d u r i s q u e e t l e s c o û t s d e m oye n s d e m a î t r i s e m i s e n p l a c e p o u r o b te n i r c e g a i n .
Les indicateurs récurrents de mesures du risque RH
(r e c e n s e m e n t d e s p r a ti q u e s a u p r è s d’u n e tr e n t a i n e d e r i s k m a n a g e r s , to u s s e c te u r s)
Ty p o l o g i e
I n d i c a t e u r d e r i s q u e R H
Ratio Alimenté par S u i v i p a r
Indicateur de recrutement
Nombre de recrutements/nombre de dépar ts
DRH
Métiers
DRH
Talent management
Risk management
– D é l a i m oye n p o u r tr o u ve r u n p r of il ex p e r t
– N o m b r e d’e n tr e ti e n s p o u r tr o u ve r u n p r of il ex p e r t
DRH
Risk management
Métiers
DRH
Talent management
Coût moyen sauvegarde homme clé
DRH
Direction financière
DRH
Risk management
Métiers
Direction financière
Indicateur d’absentéisme
N o m b r e d e j o u r s d e g r ève /a n
D R H – D i r e c ti o n
juridique et droit social
DRH
Risk management
Direction généraleNombre de jours/homme non travaillés Métiers
Indicateur
de formation
Nombre de formations suivies dans l’année
DRH
Métiers
DRH
Métiers
Risk management
Syndicats
Indicateur
de mobilité
Tu r n ove r ex te r n e
DRH
Métiers
DRH
Métiers
Risk management
Syndicats
Turn over interne (nombre de salariés ayant changé
de fonction dans l’année)
Indicateur
d e p r o d u c ti o n R H
Nombre de jours/homme
Nombre d’équivalents temps plein nécessaire
par activité/projets
Métiers DRH
Direction financière
Direction généraleTaux de sous-traitance : par t de l’activité accomplie
par des ressources humaines ex ternes
Métiers
Masse salariale (montant, évolution par période)
DRH
Métiers
Direction financière
Direction générale
que si ces déma rches ont un coût cer ta in, el les per-
met tent de cont r ibuer à év iter cer ta ins r isques qu i ne
dev ra ient ja ma is a r r iver (su icide, bu r n-out, dépa r ts de
col laborateu rs-c lés) et de tenir compte de l ’e x t rême
d iversité des r isques R H (voir tableau page 14).
Au-delà même de l ’ ident if icat ion, les ent repr ises ayant
t iré pa r t i de ces déma rches l ’ont fa it en insista nt su r
cer ta ins ind icateu rs prag mat iques, per met tant d ’obte-
nir une quantif ication des différents impacts du risque
R H (voir tableau ci-dessus).
En conc lusion, les résu ltats de l ’enquête ont conf ir mé
que toutes les ent repr ises inter rogées ont déployé des
moyens ta nt huma ins que log ist iques et mét hodolo-
g iques pou r for ma l iser, su iv re et ma ît r iser leu rs r isques
R H. Près de la moit ié de ces r isques sont inter nes à l ’en-
t repr ise et impactent d irectement son organisat ion, son
fonct ionnement et sa product iv ité. Toutefois, seu les 20 %
des ent repr ises inter rogées sont réel lement conva incues
de l ’ intérêt de la déma rche de gest ion des r isques pou r le
développement et la croissa nce de l ’ent repr ise.
Une pol itique globa le de ma îtrise des risques R H mise
en œuv re conjointement pa r le DR H et le r isk manager,
avec le sponsor ing de la d irect ion généra le, per met t ra
de t ransfor mer ce qu i semble êt re des cont ra intes en un
for m idable moteu r de per for ma nce pou r l ’ent repr ise.
n
Nicolas Dufour
Docteur en gestion, professeur af filié,
Paris School of Business
Abdel Bencheikh
Associé fondateur, Prométhée Par tners
Président de la commission risques RH, Amrae
10 FACE AU RISQUE n° 516 octobre 2015
DOSSIER LA SÉCURITÉ EST-ELLE ÉCONOMIQUE ?
d ’améliorer l ’eff icacité de la fonction. L’outil permet de
d i s c ut e r a v e c l a d i r e c t ion d e l ’e nt r e p r i s e . E n t e n a nt c o mp t e
du coût du r isque au globa l, avec tous les cor responda nts
da ns le monde, nous mont rons que la fonct ion rayonne.
B . B . L es ent repr ises ma nquent d ’un tableau de bord
or ienté a na ly se f ina ncière su r l ’a na ly se de r isque. Chez
T ha lès pa r e xemple, nous avons une for te cu lt u re du
r isque ma is i l est d if f ici le d ’avoi r un ind icateu r mesu-
r a nt , d a n s l a d u r é e , l ’ i mp o r t a n c e d e l ’a s s u r a n c e d a n s n o s
activités. Or, les risk managers sont convaincus que les
ent repr ises ont v ra iment besoin de l ’assu ra nce pou r fa i re
face à des scéna r ios catast rophe qu i pou r ra ient ent ra îner
leu r d ispa r it ion. Et le rat io pr imes à sin ist res ne su f f it
pas toujou rs pou r e x pl iquer la nécessité de l ’assu ra nce,
qu i est souvent perçue comme un budget de dépense pa r
le d ir igea nt. Qua nd l ’ent repr ise achète une assu ra nce,
el le achète aussi l ’assu ra nce de ne pas déposer le bi la n en
cas de coup du r. L’ ind icateu r per met d ’avoir cet te idée
en tête et mont re que l ’assu ra nce doit êt re une st ratég ie
de l ’ent repr ise, pa r e xemple en met ta nt en rega rd ce que
l ’ent repr ise pa ie comme pr imes avec ce qu’el le au ra it eu
à payer en cas de sin ist re non assu ré.
Comment fonctionne-t-il ?
B . B .
L’out i l se présente sous la for me d ’un tableau de
ca lc u l da ns lequel l ’ent repr ise doit intég rer l ’ensemble des
r isques assu rables ou auto-assu rés. À savoi r le coût des
assu ra nces, le coût du t ra itement des r isques avec la pré-
vent ion (coût des v isites de r isques, des mesu res de pré-
vent ion et protec t ion ou rému nérat ion des consu lta nts),
les f ra is de gest ion inter nes (sa la i res, cha rges socia les…),
les f ra is de gest ion e x ter nes (rémunérat ion des cou r t iers,
des avocats impl iqués da ns la gest ion de sin ist res, des
e x per ts…) et le coût de l ’auto-assu ra nce (coût des f ra n-
ch ises, des sin ist res non-assu rés et capt ives). L’out i l add i-
t ionne des éléments faci lement ident if iables et l iste les
coûts cachés. L’ensemble des coûts ident if iés est ensu ite
rappor té au x fonds propre s de l ’ent repr ise.
A .- M . F. D’a nnée en a nnée, les va r iat ions de la va leu r de
l ’ ind icateu r pou r ront êt re e x pl iquées et commentées pou r
mont rer l ’ impact des événements qu i se sont produ its,
qu’ i ls soient inter nes (dépenses de prévent ion, embauches
da ns l ’ équ ipe de r isk ma ngement) ou e x ter nes (v a r iat ion
des pr i x du ma rché de l ’assu ra nce pa r e xemple). C ’est
un outil général, adaptable à une f iliale, une activité, un
pay s, un secteu r d ’assu ra nce. La mét hode per met d ’a na-
ly ser et d ’e x pl iquer les tenda nces de fond. El le s’ad resse à
toutes les ent repr ises. Cet out i l pa r t icipe à la spi ra le ver-
t ueuse que nous vou lons impu lser da ns nos ent repr ises.
L’object if est de su iv re l ’ évolut ion de l ’ ind ice, de l ’a na ly ser
et de pouvoi r l ’e x pl iquer pou r appor ter une in for mat ion
plus object ive auprès des comités de d i rect ion.
A mrae/Seitosei
L’indicateur permet
d’avoir une transparence
sur les coûts,
de prouver que
le montant dédié
aux risques ne pèse pas
grand-chose et qu’on
peut peut-être investir
davantage dans
la prévention
ou les garanties.
Anne-Marie Four nier, vice-présidente
de l’Amrae et risk manager de Kering.
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30 NOVEMBRE AU 11 DECEMBRE 2015
COP21 - Paris
La France va accueillir et présider la 21
e
Conférence des
parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les
changements climatiques de 2015 (COP21/CMP11). Une
échéance cruciale, puisqu’elle doit aboutir à un nouvel ac-
cord international sur le climat applicable à tous les pays, dans l’objectif
de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C. Les travaux, ac-
cords, et conclusions étayeront les réflexions des 24
e
Rencontres AMRAE. 14-16 JANVIER, 21-23 JANVIER ET 28-30 JANVIER 2016
Session de printemps de l’ARM - Paris La formation ARM (Associate in Risk Management) 2016 démarre avec
les sessions des modules ARM 54 (Diagnostic des risques), ARM 55
(Réduction des risques), et ARM 56 (Financement des risques) : les
dates sont indiquées dans l’ordre respectif. Avec plus de 31 000 diplômés,
cette formation diplômante est LA filière d’excellence pour la recon-
naissance des Risk Managers expérimentés.
JANVIER 2016
Petit-déjeuner du CARM - Paris
Le CARM (Cercle des Associés en Risk Management) organise un pe-
tit-déjeuner autour du thème « Je suis Risk Manager chez Volkswagen :
qu’est-ce que je risque ? ». Des magistrats et des Risk Managers ap-
porteront leur éclairage sur la question. Le petit-déjeuner gratuit aura
lieu de 8 à 10 heures. Une autre session portant sur le thème du risque
médical est à prévoir en février. Plus d’informations sur www.carm.com
3-5 FEVRIER 2016
24
e
Rencontres du Risk Management AMRAE - Lille
La 24
e
édition des Rencontres AMRAE aura comme thème
« Climats à hauts risques ». N’est-il pas temps de tous
prendre conscience des limites naturelles de la pla-
nète ? Comment nos entreprises peuvent-elles rester
compétitives dans ces nouvelles limites ? À quels scénarios de crise
devons-nous nous préparer ? Un Risk Management à l’échelle de la pla-
nète est-il totalement utopique ? Comme chaque année, plus de 2 000
professionnels de la gestion des risques et des assurances sont atten-
dus pour profiter de 180 heures de programme scientifique, avec des
intervenants de haute volée.
9-11 MARS 2016
Module A du Cefar - Paris Le Cefar 2016 démarre en mars avec le module A. Le Cefar, formation
à la Stratégie de gestion des risques, permet aux gestionnaires de
risques de disposer d’une vue d’ensemble des différentes missions,
d’élaborer et de tester un plan de crise, de mettre en œuvre un disposi-
tif de gestion des risques, et de comprendre et analyser les évolutions
liées notamment au gouvernement d’entreprise et au contrôle interne.
Au total, 5 modules sur l’année mènent au diplôme.
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de Liége 75008 Paris - +32 (0)1 44 70 71 00 - F +33 (0)1 42 93 47 42 - contact.
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FACE AU RISQUE n° 516 octobre 2015 9
DOSSIER LA SÉCURITÉ EST-ELLE ÉCONOMIQUE ?
Coût du risque,
un outil stratégique
L’Association pour le management des risques et des assurances
de l’entreprise (Amrae) a publié, en juin 2014, l’Indicateur du coût de traitement
des risques assurables. L’outil permet d’appréhender le coût global du risque et
fournit aux risk managers une grille d’analyse sur laquelle travailler avec leur direction.
B
iens et act i fs de l ’ent repr ise, responsabi l ités,
pertes f inancières et capita l humain, l ’Indica-
teu r du coût de t ra itement des r isques assu rables
per met de mesu rer le coût globa l des r isques da ns une
ent repr ise. L e doc ument de 16 pages doit per met t re au x
r isk ma nagers d ’e x pl iquer leu r pol it ique globa le a nnée
pa r a nnée, avec des a rg uments object i fs et fact uels, de
just i f ier la déma rche de prévent ion et d ’assu ra nce et
d ’empor ter l ’ad hésion des d i r igea nts pa r rappor t à la
gest ion des r isques.
Rencont re avec Br ig it te Bouquot, d i rect r ice des assu-
ra nces et de la gest ion des r isques du g roupe T ha lès et
présidente de l ’A mrae et A nne-Ma r ie Fou r n ier, r isk-
ma nager de Ker ing et v ice-présidente de l ’A m rae, qu i
ont pa r t ic ip é à l ’ él aborat ion de l ’ i nd ic ateu r.
Comment définiriez-vous les « coûts du risque » ?
Anne-Marie Fournier.
À l ’ insta r de toutes les fonct ions
de l ’ent repr ise, la gest ion des r isques, ou le r isk ma na-
gement, est une fonct ion e xercée pa r des ind iv idus,
rémunérés pou r leu rs compétences, et qu i font appel
à des pa r tena i res e x ter nes pou r rempl i r cer ta ines mis-
sions complémenta i res. Ces prestat ions sont f ina ncières
(assu ra nce et auto-assu ra nce), intel lect uel les (cou r tage,
consei l) et matér iel les pou r la prévent ion et la protec-
t ion. La gest ion des r isques mobi l ise éga lement les
capitau x de l ’ent repr ise, sa ns pou r auta nt les t ra nsférer
à des t iers (capt ives, f ra nch ises). Appréhender le coût
du r isque, c’est intég rer l ’ensemble de ces coûts inter nes,
e x ter nes et d ’oppor t un ité l iés à la gest ion des r isques.
Pourquoi les calculer ?
Brigit te Bouquot .
Ce qu i n’est pas nommé, a-t-on
l ’ habit ude de d i re, n’e x iste pas. Et da ns l ’ent repr ise
act uel le, ce qu i n’est pas ch i f f ré et qua nt i f ié est pauv re
en lég it imité. Mesu rer les coûts de t ra itement des
r isques rend plus l isible la cont r ibut ion économique et
la va leu r ajoutée du r isk ma nagement.
La volonté d’expliquer et valoriser
la fonction du risk manager est-elle
à l’o r ig i n e d e c et i n d ic a te u r ?
A .- M . F.
Oui. I l y ava it un v ra i besoin de rend re v isibles et
compréhensibles cer ta ins ind icateu rs concer na nt les cou r-
t iers, les assu reu rs et le coût de la sin ist ra l ité ma is aussi
l ’ensemble des coûts inter nes l iés au x missions des mét iers
du r isque. Cela resta it souvent t rop techn ique pou r les
non-initiés. L’outil a été élaboré pour faciliter la lisibilité
du mét ier de r isk ma nager. Ce qu i compte, c’est d ’e x pl i-
quer ce que l ’on fa it et mont rer l ’a mpleu r de la réa l ité de la
fonct ion. Da ns le su iv i des va r iat ions des coûts, le mét ier
de r isk ma nager prend tout son sens. L’object i f est aussi
L’idée est de ne pas
voir l’assurance
comme un centre
de coûts et de démontrer,
à travers l’indicateur,
que l’assurance
et la prévention
sont économiques
et créatrices
de valeur. »
Brigitte Bouquot,
présidente de l’Amrae
et directrice des assurances
et de la gestion des risques
du groupe Thalès.
A mrae/Seitosei
FACE AU RISQUE n° 516 octobre 2015
13
La maîtrise des risques RH,
levier de performances
Sur des marchés saturés, dans des économies stagnantes
et face à une concurrence qui s’internationalise, les entreprises
cherchent à se démarquer. À cet effet, la gestion des ressources humaines
constitue un élément clé de différenciation sociale et économique.
D
ès 2 0 05, U l r ic h et Broc k ba n k da ns leu r ouv ra ge
« RH : c réation de valeur pour l ’ent reprise », pré-
c i s a ient : « Les organisation s et les pe rsonnes
deviennent des actifs incor porels lorsqu’ ils donnent au x
investisseurs conf iance en l ’avenir, et des revenu s tan-
gibles ». Si ces éléments sont établ is da ns la l it térat u re
ma na gér ia le, u n a spec t cont r ibua nt à la pérenn isat ion
des ressou rces hu ma ines (R H), en ta nt qu’ac t i fs incor-
porels c lés pou r u ne org a n isat ion, reste la rgement sous-
est imé. Cet a spec t consiste en la pr ise en compte des
r isques l iés au x R H et de leu rs impac ts su r le dé velop-
p ement d ’u ne ent repr ise.
Cet a r t ic le v ise à démont rer que le recou rs au x
mét hodes, out i ls et tec hn iques de gest ion des r isques
P l u s d e 7 1 %
des risques RH
identifiés par
les entreprises
sont maî trisables
p a r u n e p o l i t i q u e
proactive
et pr évent ive.
Jea n Clau de M oschet ti /R E A
DOSSIER LA SÉCURITÉ EST-ELLE ÉCONOMIQUE ?
Parmi les nombreux événements marquants de cette fin d’année :
attentats du 13 novembre et terrorisme, Risques Cat’Nat’ et COP21, analyses
sur le Baromètre du Risk Manager ou l’Indicateur du coût de traitement
des risques assurables, état du marché de l’assurance, SIGR, Risques RH…
dans les bonnes feuilles de ce trimestre.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
35 À L’AFFICHE
L'ALCHIMISTE DE ERM
BRIAN W. MERKLEY,
CORPORATE RISK MANAGER
DE HUNTSMAN
Huntsman cumule les facteurs d’exposition aux risques : acteur majeur de l’industrie chimique,
il gère une très vaste palette de produits dans de nombreux sites de production situés dans
une multitude de pays… La solution ? Une démarche d’analyse très poussée, un ciblage des
moyens sur les points critiques, et l’élaboration, avec son assureur, d’une démarche partena-
riale unique, d’investissement en prévention pour des réductions programmées de primes.
S
pécialisé dans les differentiated chemi-
cals, Huntsman se situe à mi-chemin
entre le marché des produits de base, les
commodities, et celui des spécialités. Le
Groupe fournit ses produits à des acteurs
de nombreux secteurs : automobile, plastiques,
textile, chaussure, peintures, revêtements,
construction, agriculture, santé, mobilier ou
encore packaging. Huntsman peut aussi s’enor-
gueillir de produire la résine qui assure la cohé-
sion et la résistance des matériaux composites
particulièrement prisés par les avionneurs, Boeing
et Airbus en tête, pour alléger leurs avions.
Si elle permet de générer un chiffre d’affaires
annuel de 13 milliards de dollars, cette diversité
induit aussi une grande complexité et une expo-
sition à de multiples risques. Les chiffres parlent
d’eux-mêmes : plus de 10 000 références produit et
une infrastructure dimensionnée sur une centaine
de sites de production et de R&D répartis dans plus
d’une trentaine de pays.
Brian W. Merkley,
Corporate Risk Manager
de Huntsman
Par Gilmar Sequeira Martins
BIO EXPRESS
CARRIÈRE
Depuis 2005 : Huntsman (Global Director, Corporate Risk Management)
2003 – 2005 : Koch Industries (Risk Financing Manager)
1998 – 2003 : Towers Perrin, devenu Towers Watson (Risk Management Consultant)
Bachelor of Science (Brigham Young University) et Master of Business Administration (University of Georgia)
AUTRES FONCTIONS
2002 – 2005 : Membre du RIMS Technology Advisory Council
2006 – 2010 : Membre fondateur du Board of Directors of the Utah Captive Insurance Association (UCIA)
2015 : Lauréat du Risk Management Honor Roll (Business Insurance magazine)ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
36 MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
Nommé Corporate Risk Manager de Huntsman en 2005 quelques années
après avoir publié un livre (voir encadré), Brian W. Merkley reconnaît que
les expositions liées à l’immobilier sont un risque majeur. « Beaucoup
d’usines sont situées dans des zones exposées aux typhons, aux inondations
et aux tremblements de terres ou encore d’autres types de catastrophes
naturelles. Le second type de risques tient aux process mis en œuvre et aux
produits. Huntsman vend des molécules à des clients qui les utilisent pour
obtenir des résultats précis. En conséquence, nous accordons la plus grande
importance à la qualité de nos produits afin de ne pas entraver ou endom-
mager leurs process ». S’y ajoutent les risques liés à la pollution, au trans-
port par voie maritime et aux accidents du travail.
UNE ÉQUIPE DIVISÉE EN DEUX CERCLES
Pour démêler cet écheveau, Brian W. Merkley dispose d’une équipe de 12
personnes répartis entre le siège, les 5 divisions de la compagnie et celles
en charge, respectivement, des questions relatives aux assurances pour la
Chine et de l’Inde. « Seuls les collaborateurs du siège sont américains, aime
rappeler Brian W. Merkley. Cela nous apporte une variété de points de vue
et assure un meilleur lien avec nos nombreux sites. J’accorde une grande
importance aux visites et aux discussions avec les personnes qui travaillent
dans nos installations, où qu’elles soient. En tant que Risk Manager, il est
indispensable de sortir de son bureau pour aller comprendre les opérations
sur le terrain. »
16 000 COLLABORATEURS
CHIFFRES CLÉS
100 SITES DE PRODUCTION
RÉPARTIS DANS PLUS DE 31 PAYS
CHIFFRE D’AFFAIRES ANNUEL : 13 MILLIARDS DE DOLLARS
10 000 PRODUITS
UN AUTEUR PRÉCURSEUR TOUJOURS D’ACTUALITÉ
En 2001, Brian W. Merkley et deux autres Risk Managers sont sollicités par l’Institute of Internal Auditors pour publier un livre sur la situation du Risk Management au sein des entreprises et les pratiques émer- gentes qui s’y font jour. Après un an de travail paraît Entreprise Risk
Management : Trends and Emerging Practices. Novateur, l’ou- vrage marque les esprits au point qu’en 2008, le Journal of Applied Finance le classe toujours parmi les dix ouvrages les plus consultés par les Risk Managers. Un succès que Brian W. Merkley attribue surtout à l’approche adoptée pour élaborer le livre : « En 2000, très peu d’organisations s’intéressaient à la
gestion des risques en entreprise, les enjeux que cela représen- tait et les implications que cela pouvait avoir sur l’audit interne mais aussi comment le Risk Management pouvait interagir avec toutes les parties prenantes. Je crois que ce livre a contribué à changer la vision qui dominait. Aujourd’hui, la stratégie des entreprises prend bien en compte la gestion des risques. Ce livre a diffusé une approche multidisciplinaire qui a cassé les silos traditionnels et fait émerger une perspective centrée sur un portefeuille de risques et non plus sur les préoccupations des différents départements d’une entreprise. »ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
37 MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
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FAIRE RIMER CHAÎNE DE VALEUR ET ANALYSE
DES RISQUES ET CADENCEMENT DES REVUES
Devant la difficulté à recenser et analyser chaque référence du cata-
logue, Brian W. Merkley fait appel à différents pools d’experts dont
ceux de Huntsman réunis dans le programme Product Stewardship.
Leur mission : évaluer les risques associés aux produits issus des
familles de molécules jugées les plus importantes. « Ce système nous a
permis de transmettre à nos clients des règles très précises sur le stockage
et l’utilisation des produits », précise le Risk Manager.
La fréquence de révision des risques a elle aussi été modulée, les plus
élevés étant soumis à un examen annuel approfondi. Brian W. Merkley
collabore ainsi étroitement avec les équipes chargées de l’audit interne
et des finances pour piloter des sondages et des entretiens individuels
avec des dirigeants clés. Les risques les plus importants sont commu-
niqués chaque année au comité d’audit, rattaché comme en France au
conseil d’administration. Les présentations centrées sur les risques sont
autant d’opportunités d’échanges qui permettent aux administrateurs
de s’approprier les données les plus récentes et précises sur la situation.
LE 10-K POUR COMMUNIQUER LES FACTEURS
DE RISQUE À LA SEC
Les données recueillies grâce à l’évaluation annuelle des risques
s’avèrent aussi très utiles pour remplir le formulaire 10-K. Exigé
chaque année par le Security and Exchange Commissions, l’autorité
de contrôle de la Bourse américaine, il permet aux investisseurs de
connaître avec précision la nature des risques auxquels l’entreprise
est exposée. L’équipe de Brian W. Merkley est naturellement impli-
quée dans ce processus afin d’analyser les facteurs de risques qui sont
communiqués aux actionnaires et aux investisseurs potentiels.
INVESTIR POUR RÉDUIRE LES RISQUES
ET LE MONTANT DES PRIMES
Depuis 5 ans, Brian W. Merkley a aussi réexaminé la situation de plus
d’une douzaine des principaux sites de production et passé au crible
leurs plans de continuité d’activité : « nous avons effectué des audits
approfondis pour vérifier la solidité des PCA et des rapports ont été
adressés au conseil d’administration. »
Malgré toutes ces actions, Brian W. Merkley a constaté que la couverture
de risques aussi nombreux dans une multitude de territoires produisait
inévitablement un maquis de contrats difficiles à gérer et onéreux. Il
a donc lancé, en 2009, un grand programme d’analyse en partenariat
avec l’assureur mutualiste FM Global. L’accord conclu au terme de ce
processus prévoit que Huntsman s’engage à investir chaque année
environ 10 millions de dollars pour réaliser des projets d’amélioration
de l’exposition aux risques élaborés en partenariat avec les équipes
de FM Global. Il s’agit le plus souvent de mesures simples comme l’ins-
tallation de détecteurs de vapeur déclenchant automatiquement les
sprinklers ou encore la pose de systèmes d’interruption de fourniture
de gaz en cas de tremblement de terre.
En échange des investissements ainsi consentis, FM Global s’est
engagé à réduire d’année en année le montant des primes d’assu-
rances exigées. Complexe à élaborer, ce dispositif a suscité l’intérêt
du monde de l’assurance et valu une récompense à Brian W. Merkley :
le magazine Business Insurance lui a attribué son Risk Management
Honor Roll de l’année 2015. Aujourd’hui, l’équipe de Brian W. Merkley
gère un portefeuille réduit à 15 programmes d’assurance spécifiques
qui peuvent être catégorisés en 5 grands thèmes : l’immobilier, la
responsabilité légale, la responsabilité managériale, le transport
maritime et l'aérien.
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
Corporate Risk Management Department
Current Roles & Responsibilities
Insurance Champions
Advanced Materials Division
Performance Products Division
Pigments & Additives Division
Polyurethanes Division
Textile Effects Division
China
India
Risk Improvement Manager (Global EHS)
Brian W. Merkley
Global Director, Corporate Risk Management
Property & Business Interruption Insurance
Directors & Officers (D&O) Liability Insurance
Corporate Excess Liability Insurance
Pollution Legal Liability Insurance
Construction “All Risks” (CAR) Insurance
Insurance-Related Due Diligence / M&A Support
Insurance Broker / Vendor Relationships
Management of Captive Insurance Company
International Risk Manager
International Insurance Programs
Marine Insurance Programs
Aircraft Hull & Liability Insurance
Aviation Products Liability Insurance
Surety Bonds & Financial Assurance
Joint Ventures – Insurance Support
International Contractual Risk Transfer
Insurance-Related Cost Allocations & Taxes
North America Risk Manager
U.S. Primary Casualty Insurance Program
U.S. Owner Controlled Insurance Program (OCIP)
Management Liability Insurance (non-D&O)
Casualty Claim Management & Coordination
U.S. Return-to-Work Program Support
U.S. Contractual Risk Transfer
Insurance Certificate Management
Insurance-Related Collateral
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38 MÉTIER RISK MANAGER
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dans le monde.
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INTERNATIONAL
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SUR MESURE
POUR VOS RISQUES
À L’INTERNATIONAL.
BC inter VDEF2.indd 1 12/05/2015 15:39
ILS L’ONT VÉCU :
MISE EN PLACE DE FORMATIONS
À LA PRÉVENTION AUTOMOBILE
Patrick Lacroix, Risk Manager d’Idex Services, revient sur la mise en place d’une prévention
automobile pour réduire le risque routier de quelque 2 500 collaborateurs.
LE CONTEXTE : HAUSSE DU COÛT DES SINISTRES AUTOMOBILE
E
n 2010, nous avons eu un montant de sinistres automobile
que nous n’avions jamais atteint, engendrant des coûts à
notre charge trop élevés. J’ai donc prévenu la Direction géné-
rale du problème, qui s’en est saisie. Avec une flotte de 2 500
véhicules en location longue durée (dont 90 % de véhicules
utilitaires légers), utilisés à 90 % par des techniciens qui se déplacent
beaucoup, le risque routier est important pour nous.
Notre Direction Sécurité, Qualité, Environnement, Énergie (SQEE) produit
un « document unique », dans lequel nous identifions ce risque routier
comme l’un de nos risques majeurs. Par ailleurs, ce risque est la première
cause de mortalité des accidents du travail en France.
L’augmentation du coût des sinistres a donc servi de déclencheur à la
mise en place d’actions de prévention. Le coût d’utilisation d’un véhi-
cule est constitué, dans l’ordre décroissant, par : le loyer (coût de la
location), les frais de carburant, et la gestion du risque routier (assu-
rances et règlement sinistres).
Nous souhaitions trouver une solution pour réduire à la fois les
sinistres (donc les risques pour nos collaborateurs), la consommation
de carburant, et le coût de restitution du véhicule (le coût des répara-
tions effectuées avant sa remise).
DES PROCÉDURES PRÉCISES ET UNE MEILLEURE
CIRCULATION DE L’INFORMATION
La Direction générale a donc mis en place deux procédures dès
fin 2010, que je pilote depuis :
la création d’entretiens post-accident : après chaque accident
(avec ou sans tiers), le N+2 (pour un technicien) ou le N+1
(pour un cadre) mène l’entretien avec le conducteur du véhi-
cule sinistré. Ce dernier remplit un questionnaire détaillé sur les
causes et circonstances de l’accident, puis on lui pose la question
« Comment auriez-vous pu éviter cet accident ? » (80 à 90 % des acci-
dents ont comme origine une erreur du conducteur). Des alertes
emails circulent tant que l’entretien n’a pas été réalisé, ce qui me
permet de savoir en temps réel si cette procédure est appliquée.
audit préventif des véhicules : depuis l’été 2011, chaque
véhicule est audité deux fois par an, en présence du
conducteur. Un questionnaire nous permet de
vérifier l’état général du véhicule. Il est enre-
gistré dans notre intranet, et je communique sur
l’évolution de ces indicateurs d’audit à chaque direction régionale une
fois par mois, pour qu’elles aient un suivi régulier et se mettent à jour.
D’autres mesures ont suivi : nous équipons désormais chaque nouveau
véhicule d’un radar de recul pour faciliter le stationnement à nos colla-
borateurs.
LES FORMATIONS D’ÉCO-CONDUITE :
UN GAIN POUR L’ENTREPRISE ET POUR SES SALARIÉS
Autre axe privilégié pour réduire le risque routier : la formation des
salariés à l’éco-conduite, systématisée depuis 2012. Chaque direction
régionale envoie les collaborateurs de son choix en formation : ceux
qui ont eu des PV pour excès de vitesse, des managers qui conduisent…
Il y a aussi des volontaires : j’ai moi-même suivi cette formation.
Son déroulement ? La matinée est consacrée à la théorie (effets de
l’alcool, respect de la réglementation…), l’après-midi à la pratique.
Des préventeurs que je sélectionne se rendent en agence pour former
les conducteurs. Ils les font conduire et mesurent la consommation
de carburant à l’aide d’un boîtier. Après leur avoir expliqué les bons
BIO EXPRESS
Titulaire du Magistère d'Économie
Industrielle, d'un DEA d'Économie,
du MBA Assurances de l'Enass et diplômé
ARM. Après 11 années d'expérience dans
le courtage d'assurances, Patrick Lacroix,
est depuis 2007, Risk Manager du groupe
Idex. Il pilote la gestion et les sinistres
des assurances IARD du Groupe
(Responsabilité Civile, Dommages
aux Biens et Flotte Automobile)
et s'investit dans les actions de
prévention. Patrick est Président
de la Commission Automobile
de l'AMRAE depuis 2014.
Patrick Lacroix,
Risk Manager d’Idex ServicesATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
40 MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D’EXPÉRIENCE
gestes, ils mesurent à nouveau la consommation de carburant sur le même
trajet, mais avec l’éco-conduite : la diminution peut aller jusqu’à 40 % !
J’ai bien communiqué sur ce point auprès des directions régionales, ce
qui m’a permis de faire former un nombre croissant de collaborateurs
(plus de 350 aujourd’hui).
Le gain financier est évident pour l’entreprise ; il est visible aussi pour le
salarié, qui peut réduire son coût automobile à titre personnel. À l’issue
de chaque session de formation, je reçois les questionnaires de satis-
faction envoyés par les participants.
En interne, nous avons créé un « Challenge éco-conduite » : chaque
agence doit battre son propre record de consommation minimale de
carburant (en L/100 km). À la fin de l’année, on fait un classement des
cinq agences qui ont consommé le moins de carburant. Leurs équipes
(conducteurs bien sûr, mais aussi gestionnaires de parc, assistants, et
managers qui font tous circuler l’information) gagnent des chèques
carburant d’une valeur de 100 euros. Cela crée une vraie émulation, car
on communique chaque mois à l’ensemble des directions régionales le
classement provisoire.
Pour compléter ce panel d’actions, j’envoie mensuellement une fiche
de bonnes pratiques constituée de retours d’expérience et de conseils
pratiques.
INDISPENSABLE : DES INDICATEURS CHIFFRÉS
ET UNE COMMUNICATION SOLIDE
La mise en place de ces actions et procédures a eu des résultats mesu-
rables en comparant le bilan des sinistres un an avant et un an après
leur application.
Résultat : - 25 % de sinistres, - 50 % d’accidents responsables avec
tiers, et un coût des sinistres à la charge d’Idex divisé par deux. Si on
enlève le coût des formations éco-conduite et de la mobilisation des
salariés durant une journée, Idex est gagnante. Nous avons atteint en
2015 notre objectif de 8 % d’accidents responsables avec tiers, contre
12 % en 2010.
Par effet boomerang, nous sommes plus à l’aise pour renouveler nos
assurances. Cette année, j’ai fait un appel d’offres avec mon cour-
tier, qui a permis de réduire les coûts d’assurance : résultat direct des
actions de sensibilisation, auxquelles les assureurs sont sensibles.
Nous avons aussi mis en place un réseau agréé de garagistes pour dimi-
nuer les coûts de manœuvre des véhicules (coûts de réparation…).
Enfin, une communication constante a été fondamentale. J’envoie un
document par trimestre, qui contient les données de chaque direction
régionale et de chaque agence, classées par ordre (ce qui leur permet
d’effectuer leur benchmark interne). J’ai aussi précisé plus haut la
circulation constante de l’information entre les différents services via
des notes internes, des alertes…
Toutes ces actions auraient été vouées à l’échec sans l’implication des
directions générales et des managers : il faut donc les informer régu-
lièrement. Je n’oublie pas non plus de féliciter les « bons élèves », car il
est important d’encourager les efforts.
Last but not least, je souligne aussi que nos véhicules sont aujourd’hui
en meilleur état… et donnent une meilleure image d’Idex !
À travers ses deux métiers liés aux énergies du territoire et aux
services d’efficacité énergétique, le groupe Idex est aujourd’hui
un acteur français de la transition énergétique.
Sa vocation est de réduire l’empreinte carbone des territoires
et d’optimiser la facture énergétique de ses clients tout en
assurant leur confort thermique. Le groupe accompagne ainsi
la construction de la ville durable, depuis la valorisation et la
distribution des énergies locales renouvelables (géothermie,
solaire, éolien, biomasse) et/ou de récupération (valorisation
des déchets, datacenter, eaux usées, cogénération), jusqu’à la
performance énergétique et la gestion durable des bâtiments.
CHIFFRE D’AFFAIRES 2014 :
686 MILLIONS D'EUROS
12 DIRECTIONS
RÉGIONALES
100 AGENCES
3 600
COLLABORATEURS
DONT 2 500 CONDUCTEURSATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
41 MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D’EXPÉRIENCE
RETOUR D’EXPÉRIENCE
AVEC LA COLLABORATION DE
Situé à 2,5 km du Rhin, le site de l’équi pementier
automobile Faurecia à Marckolsheim (Bas-Rhin)
est également longé par une rivière et traversé
en largeur et sous dalle par une source d’eau
qui se jette dans un étang. Très exposée au
risque inondation, l’entreprise, qui fabrique des
produits insonorisants pour les véhicules, s’est
lancée dans une démarche de prévention pour
optimiser sa résilience.
En février 2015, deux experts d’Allianz (AGCS)
ont audité le site. Après l’étude des cartogra-
phies existantes et la visite des lieux, ils ont
retenu le scénario d’une crue centennale du
Rhin, sans rupture de digues. Avec une hauteur
d’eau de 0,5 mètres maximum sur la surface du
site, les dommages directs et pertes d’exploita-
tion sont estimés à 8 millions d'euros.
« Sans protection, tout le site serait inondé, souligne
Ludovic Leduc, Ingénieur prévention d’AGCS, en
charge du dossier. Mais comme la crue sera lente, le site a le temps de
se préparer et de se protéger, sous réserve d’application d’un plan d’ur-
gence ». Les accès routiers seront indisponibles pendant la crue et la
décrue. L’entreprise ne pouvant ni se fournir en matières premières,
ni expédier de produits finis, il faut donc arrêter la production, mettre
le site en cocon et le préparer à redémarrer rapidement.
C’est sur la base de ce scénario que des recommandations ont été
faites. Outre l’utilisation des outils déjà en place (murets de réten-
tion et batardeaux sur les façades nord), les protections physiques
vont être renforcées par un muret en façade sud, des batardeaux
sur les entrées du bâtiment de production, des clapets anti-retour
et l’élévation du stockage. Concernant le local sprinkler, en partie
inondable, il doit être étanchéifié.
Par ailleurs, l’une des principales recommandations est la mise en
place d’un plan d’urgence inondation (PUI), en cours de rédaction.
Il définit trois phases.
Avant l’inondation. L’équipe doit, entre autres, vérifier les barrières
de protection et le matériel de nettoyage, nettoyer les lits des cours
d’eau, déclencher la mise en protection du bâtiment de production
et le plan de continuité d’activité, auquel des séquences spécifiques
au risque inondation vont être ajoutées.
Pendant l’inondation. L’objectif est de maintenir les protections
et de respecter les principes de prévention. « On peut empêcher
l’eau d’entrer, résister ou céder, en la guidant. Ici, on évite et on
résiste puisque la hauteur d’eau le permet », explique Ludovic
Leduc. Les équipiers de seconde intervention (ESI) du site, formés
pour réagir face à l’incendie ou au déversement accidentel, le
seront aussi pour l’inondation. « Ils trouveront à leur point de
rassemblement des fiches réflexes inondation, le matériel d’obtu-
ration pour éviter les remontées d’eau et les moyens nécessaires
au nettoyage », détaille Charlène Dorsch, Coordinatrice HSE. Les
managers du site doivent également penser à assurer la sécurité
incendie et se protéger contre la malveillance.
Après l’inondation. Il faut déclencher le plan de sauvetage, qui
prévoit le nettoyage de certaines zones sensibles, maintenir la
sécurité du site et redémarrer les lignes de production.
À Marckolsheim, le processus est en marche. Toute l’équipe a adhéré
à la démarche, et c’est là l’étape la plus importante.
Gaëlle Carcaly,
Extrait du n° 515 de Face au Risque
Diagnostic inondation : Faurecia se jette à l’eauATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
42 MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D’EXPÉRIENCE
L’ÉCOLE DAUPHINE ASSURANCE
L’université Paris Dauphine a aussi inauguré
l’École Dauphine Assurance le 7 janvier 2015
(en présence de l’ancien Ministre du Travail
François Rebsamen), qui se veut un pôle d’excel
lence de l’Université de l’Assurance. Sur son
campus au cœur de la Défense, plus de 500
étudiants suivent la dizaine de formations qui
la composent : Actuariat, Droit des assurances,
Gestion de patrimoine et banque privée, Asset
Management, Assurance et Gestion du risque,
Banque, Finance, Assurance, ainsi que l’Institut
des Assurances de Paris et le MBA Centre des
Hautes Études d’Assurances.
À Dauphine, le « Master 218 » forme depuis 15 ans ses étudiants
à la réduction, au transfert et au financement du risque.
Avec deux objectifs : créer un « esprit de famille » entre
des étudiants strictement sélectionnés et permettre aux
diplômés d’être directement opérationnels. Visite guidée.
FORMATION À LA LOUPE :
LE MASTER ASSURANCE ET GESTION DU
RISQUE DE L’UNIVERSITÉ PARIS-DAUPHINE
200
candidats chaque année,
pour 25 admis : un chiffre
qui résume bien le succès
du Master 2 « Assurance
et Gestion du risque »
de l’Université Paris-Dauphine. « En 2000, peu de
formations préparaient les étudiants aux métiers de
l’assurance », avance Frédéric Gonand, Professeur à
Dauphine et Directeur du Master. « L’idée a donc été de
créer un Master transversal, qui offre une vision panora-
mique de ce monde professionnel ».
Si le Master 218 est si renommé dans les milieux estu-
diantin et professionnel, « cela tient à deux raisons
principales, explique son Directeur. D’abord, il y a rela-
tivement peu de Masters qui préparent aux métiers de
l’assurance ; ensuite, la grande majorité de nos diplômés
ont décroché un emploi dans les 3 mois qui ont suivi l’ob-
tention du diplôme. »
ADAPTATION DES PROGRAMMES AUX
RÉALITÉS PROFESSIONNELLES
Assurance, courtage, réassurance, analyse économique,
SI des assurances, risques industriels : les différents
modules, répartis en 2 semestres, évoluent en fonc-
tion des problématiques dégagées par les entreprises.
« Nous avons une trentaine d’entreprises partenaires,
que je rencontre régulièrement dans le cadre du Master.
Lors de nos échanges, je relève les évolutions du marché
pour amender la maquette des cours », explique Frédéric
Gonand. Ainsi, chaque année, 4 à 5 modules changent
(sur 30).
En 2015/2016, un module de 18 heures a vu le jour
pour aborder le Big data et son traitement. Un cours
intitulé « SI dans les compagnies d’assurances » permet
également aux étudiants d’être mieux préparés aux
techniques d’information au sein de grandes sociétés.
Laurent Barbagli, Administrateur de l’AMRAE, présente
l’« Assurance des grands risques industriels » afin de
dispenser une vision de terrain du Risk Manager. Enfin,
un module Solvency II les familiarise avec les mises à
jour réglementaires. « C’est un cercle vertueux : nous
écoutons les besoins des entreprises, et nous y répon-
dons », conclut le directeur.
Au cours de l’année scolaire, trois temps forts resserrent
les liens entre étudiants et entreprises. À l’automne, la
leçon inaugurale lance une dynamique de groupe autour
d’un intervenant prestigieux. En 2014, les étudiants ont
ainsi reçu Henri de Castries, PDG du Groupe Axa.
Point d’orgue de l’année scolaire, le voyage d’études
à Hong-Kong constitue le principal temps fort de la
Frédéric Gonand,
Professeur à Dauphine
et Directeur du Master
LA PROMO
2015/2016
25 étudiants
Rémunération
annuelle brute
moyenne
à la sortie :
43 000 €
60 % de femmes
www.master218.
dauphine.frATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
44 MÉTIER RISK MANAGER
vie de groupe et des études : « les étudiants préparent eux-mêmes
leurs rendez-vous professionnels de la semaine, et affinent ainsi leurs
préférences ». Durant une semaine, la promotion fait aussi mieux
connaissance, perpétuant chaque année un véritable « esprit de
famille » cher au Directeur et à tous les anciens du Master.
Un stage en entreprise de 4 à 6 mois, effectué au cours du second
semestre, permet aux élèves d’améliorer leur connaissance du terrain.
Enfin, depuis quelques années, un partenariat avec Centrale Supélec
forme des professionnels à double casquette, « des ingénieurs spécia-
lisés en finance » : un profil très recherché. « Depuis quelques années,
les étudiants de 3
e
année de Centrale Supélec peuvent suivre le Master
218. Mais attention : s’ils échouent aux examens du Master, ils ne peuvent
prétendre au diplôme Centrale Supélec », prévient Frédéric Gonand.
PRODUIRE DES PERSONNALITÉS ÉQUILIBRÉES
Le Master souhaite former certes des étudiants techniquement
bons, mais « avec lesquels on a envie de travailler, qui ont à la fois
l’esprit de famille et une mentalité très professionnelle. Je leur dis
en début d’année que je veux les instruire et que je ne désespère pas
de les éduquer », explique Frédéric Gonand : des qualités indispen-
sables dans un cursus où les origines et parcours des admis sont
extrêmement variés.
No work without network. L’alumni du Master est une des plus
dynamiques au sein du réseau des alumni de Dauphine. « En début
d’année, je lance la dynamique, puis les étudiants s’approprient très
naturellement leur Master, qu’ils animent eux-mêmes », souligne le
Directeur.
Arnaud Kopp, 24 ans, Souscripteur traité, Swiss Re :
« Ce Master offre une excellente expérience
pour plusieurs raisons. La diversité des profils des
étudiants est identique à celle que l’on trouve dans
nos métiers de l’assurance, de la réassurance et
du Risk Management. Les enseignants, en grande
partie des professionnels à hautes responsabilités, sont facilement
accessibles. Cette proximité offre des échanges constants sur
l'industrie du Risque et facilite notre recherche de stage en parallèle
du soutien offert par notre association des anciens, Risk 218. En
sortant, notre profil devient à la fois technique, par notre formation
initiale, et généraliste de la (ré)assurance via le 218, offrant un
nombre important d'opportunités dans l'industrie du risque.
Pour mon premier poste : je savais que je voulais faire de la
réassurance, j'ai donc à partir d'octobre contacté les principaux
réassureurs de la place et ai rejoint Swiss Re à Zurich qui m’avait
retenu. À l'issu de mon stage, j'ai souhaité faire une formation
complémentaire en management à Londres tout en maintenant
le contact avec la compagnie. J'ai par la suite candidaté et rejoint
le Groupe en juillet dernier via notre Graduate program. »
TÉMOIGNAGE D’UN ANCIEN ÉTUDIANT
ZOOM SUR LES AUTRES MASTERS
DE PARIS-DAUPHINE
Le Master « Contrôle, Audit, Reporting » propose d’acquérir des
outils d'analyse permettant de mettre en contexte les métiers concernés et les faire évoluer. Les diplômés doivent être en mesure de comprendre, appliquer et améliorer les systèmes d'in- formation comptables des entreprises et des organisations.
Le Master « Management stratégique et conseil » comprend
3 parcours, dont un en apprentissage. Le cursus se caractérise
par la place accordée à une vision globale de la gestion et de
l'organisation à travers notamment la place qu'ont les sciences
sociales dans les parcours (M2) et par le fait qu'elles sont en lien
avec des questions essentielles de la gestion et des organisations.
Le Master « Comptabilité, Contrôle, Audit » forme de futurs cadres
dans les métiers dédiés à la maîtrise du chiffre dans les organisa-
tions, plus précisément aux métiers de la comptabilité, du contrôle
de gestion, du conseil et de la finance. La formation sensibilise les
étudiants à la nécessité de conceptualiser des disciplines comp-
tables et financières, afin de mieux appréhender dans leur vie
professionnelle les conséquences et enjeux sociaux, économiques et
organisationnels générés par l'évolution de ces disciplines.
Le Master 2 « Droit des assurances » apprend aux juristes à
établir un engagement d’assurances en accord permanent avec
les actuaires et les financiers. Les enseignements délivrés dans
le cadre de l’IAP Dauphine sont donc de nature juridique et tech-
nique. Le Master est dirigé par Jérôme Kullmann, membre du
Comité Scientifique Permanent de l’AMRAE.
CHIFFRES-CLÉSATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
45 MÉTIER RISK MANAGER
LE PÔLE RISQUES :
UN CLUSTER AU SERVICE DE
LA GESTION DES RISQUES EN PACA
S
ébastien Giraud explique que « la vocation du Pôle Risques
est d’accompagner ses adhérents (entreprises, laboratoires
de recherche) dans le montage de projets collaboratifs sur la
thématique du “Risque“ en vue de mettre au point des produits
ou services commercialisables à court terme, générateurs d'ac-
tivité économique et créateurs d'emploi ».
Le cluster aixois dispose de deux moyens : la R&D et l’accompagnement
financier et stratégique. « Nous accompagnons la commercialisation de
produits auprès d’utilisateurs finaux. Nous repartons aussi de la caractéri-
sation du besoin des utilisateurs finaux pour accompagner l’émergence de
solutions de technologie », explique le directeur du Pôle Risques. Début
2015, l'organisme a initié un projet collaboratif qui vise à réaliser un
casque de pilote d'hélicoptère à vision nocturne et affichage tête haute.
Trois PME, deux laboratoires de recherche ainsi que le SDIS de la Haute-
Corse, y participent.
RECHERCHE SUR DES RISQUES STRATÉGIQUES
Les thématiques 2013-2015 du Pôle Risques s’articulent autour de trois
grandes familles de risques : Risques naturels et changements clima-
tiques, Risques industriels, Risques chroniques et émergents d’origine
anthropique. « Nous décloisonnons les risques pour nous intéresser aux
effets de domino, comme Fukushima, et développer des approches systé-
miques de prise en compte de ces risques », détaille Sébastien Giraud.
Six programmes d’animation découlent de ces trois domaines d’action
stratégiques, le Pôle Risques se plaçant à la fois en amont et en aval.
« Nous travaillons sur les enjeux de prévention avec le Ministère de l’Éco-
logie et les collectivités territoriales pour accompagner le développe-
ment des territoires, et nous collaborons aussi avec la DGSCGC (Direction
Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises du Ministère
de l’Intérieur) et les SDIS (Services Départementaux d’Incendie et de
Secours) pour le volet “gestion de crise“. Des synergies sont développées
avec la police, la gendarmerie, pour mettre en place des outils communs
d’assistance à la gestion de crise », souligne Sébastien Giraud.
UN RAYONNEMENT INTERNATIONAL
Les dirigeants de PME/PMI membres du Pôle Risques n’ayant pas
toujours l’expertise de la gestion des risques nécessaire à la mise en
œuvre d’un projet, le Pôle Risques les accompagne de A à Z. Définition
de la stratégie de développement commercial, accompagnement de
projets en France, en Europe et à l’international, identification des
opportunités de croissance et des risques, commercialisation d’inno-
vations : la demande évoluant, les thématiques du Pôle s’affinent en
parallèle. « Nous nous penchons sur la sûreté des sites industriels et des
territoires, les infrastructures critiques, pour aider les acteurs à mieux
se protéger de différentes vulnérabilités, d’origine accidentelle ou volon-
taire », conclut Sébastien Giraud.
Plus d’informations : www.pole-risques.com
Depuis 2005, ce pôle unique en France rassemble plus de 280 acteurs industriels et économiques
autour de la gestion des risques. Présentation avec Sébastien Giraud, son directeur.
CHIFFRES-CLÉS 2015
284 adhérents dont 65 % de PME
77 % du réseau en PACA et Languedoc-Roussillon
219 projets labellisés
125 projets de R&D financés pour un total
de
245 millions d'euros
UN ORGANIGRAMME AXÉ RISK MANAGEMENT
Les membres du bureau du Pôle Risques comprennent
des professionnels confirmés de la gestion des risques, parmi lesquels :
Président : Michel Fiat, Executive Vice President of Operation, Thales Alenia Space
Vice-Président : Michel Jullien, Fondateur de Ecogeosafe
(laboratoire d’études et de R&D dédié au développement durable
et à la maîtrise des risques)
Trésorière-adjointe : Françoise Salinas, Consultante en gestion
de risques et audit d’assurances, Ginko Risk
Sébastien Giraud,
Directeur du Pôle RisquesATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
46 MÉTIER RISK MANAGER
INITIATIVES
ENVIRORISK :
LE FORUM QUI MONTE EN PACA
T
riste ironie du sort, et véritable enjeu pour la région, les
dramatiques inondations survenues dans le Sud-Est ont eu
lieu 3 jours après le Forum Envirorisk 2015, dont le thème
était « Importance des enjeux humains et économiques en
matière d’aléas naturels »…
Une coïncidence qui montre en tout cas le besoin permanent d'une
réflexion sur ce sujet, et l’utilité d’un tel évènement. « On se rend
compte qu’il y a évidemment une accélération de certains phénomènes
naturels liés principalement au changement climatique, et nos terri-
toires (la région PACA, N.D.L.R.) sont de plus en plus touchés : inon-
dations, submersion marine, érosion côtière, feux de forêts... Il faut
faire évoluer l’état d’esprit des décideurs », résume Sébastien Giraud,
Directeur du Pôle Risques, cluster d’entreprises qui est l’organisateur
d’Envirorisk.
DEUX MATINÉES SCIENTIFIQUES…
Au programme, différentes sessions faisaient le lien entre risques
naturels, industriels et sanitaires, et la gestion des territoires : elles
étaient centrées à la fois sur les nouvelles technologies (l’un des
aspects portés par le Pôle Risques), comme les drones ou les smart
cities, et sur des aspects plus classiques comme la sécurité et la sûreté
(protection des sites industriels).
Originalité d’Envirorisk, l’hétérogénéité sur l’estrade des profession-
nels : chercheurs, militaires, entrepreneurs, politiciens… chacun
contribuant, précisant, complétant avec son propre éclairage, et
parfois contredisant celui des autres intervenants, favorisant ainsi
une réflexion nourrie.
…ET DES APRÈS-MIDI BUSINESS
Mais la simple prospective serait stérile sans des applications écono-
miques directes.
« Au-delà d’une réflexion macroscopique sur ces sujets, il faut dégager
des opportunités pour créer de la valeur et des emplois pour les entre-
prises de notre territoire. L’objet d’Envirorisk est aussi de mettre en
exergue les compétences d’entreprises détentrices de solutions d’innova-
tion technologiques, de services et d’usage », détaille Sébastien Giraud.
Envirorisk a donc cette année organisé des rendez-vous pour faire
se rencontrer l’offre et la demande, prolongeant ainsi la mission du
Pôle Risques. La majorité des participants affirment avoir identifié des
suites possibles à ces rendez-vous, que ce soit pour un partenariat
commercial ou technologique. « L’objectif est d’avoir sur un même lieu
des solutions sur-mesure pour les industriels qui pourraient être amenés
à les utiliser », explique Michel Fiat, Président du Pôle Risques.
Pour en savoir plus :
www.forum-envirorisk.com
Depuis 15 ans, le forum Envirorisk fait son bonhomme de chemin. Consacré à la gestion des
risques naturels, technologiques et sanitaires, l’événement scientifique a pris une nouvelle
dimension cette année avec les Rencontres business, pour mettre les entreprises locales en
réseau sur ces thématiques. Retour sur l‘édition 2015.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
47 MÉTIER RISK MANAGER
INITIATIVES
La plupart des grands assureurs de la place ont, aujourd’hui, une offre couvrant les Cyber Risks.
Mais si les entreprises se disent intéressées, elles sont longues à contractualiser.
CYBER RISKS :
UN MARCHÉ EN DÉVELOPPEMENT
MAIS QUI MANQUE DE MATURITÉ
I
l y a 3 ans, seuls trois assureurs en France propo-
saient réellement une assurance pour couvrir
les Cyber Risks. Aujourd’hui, ils sont plus d’une
dizaine dont six qui ont accepté de participer
à l’enquête conduite par Atout Risk Manager
avec François Beaume, le Président de la commission
Systèmes d’Information et supervisée par Brigitte
Bouquot, la Présidente de l’AMRAE. Objectif ? appré-
hender les propositions des principaux acteurs de la
place en termes de garantie et leur appréhension du
marché.
CAPACITÉS : L’ÉVENTAIL EST LARGE
La lecture des grilles montre de nombreuses simi-
litudes dans les couvertures avec néanmoins des
capacités assez différentes : de 10 millions d’euros
pour Hiscox jusqu’à 50 millions d’euros pour Axa
Corporate Solutions (« la capacité a été multipliée par
deux en deux ans »). AIG atteint 95 millions d’euros.
« Néanmoins », prévient Didier Seigneur, Directeur des
risques financiers pour la France et le Benelux d’AIG,
« il y a des demandes mais ce montant est très rarement
engagé en tant que tel notamment car les capacités
sont ventilées. Le plus important que nous ayons
eu en France jusqu’à présent est de 35 millions
d’euros ». QBE, pour sa part, intervient en
apporteur de capacités. « Notre offre en France
est en cours de finalisation et devrait être
lancée à la fin du premier semestre 2016 »,
précise Françoise Mari, Directrice lignes
financières et spécialités de QBE.
Selon plusieurs experts du secteur,
la capacité maximum du marché
français se situerait entre 250
et 300 millions d’euros.
UN MARCHÉ QUI A DOUBLÉ
VOIRE TRIPLÉ EN 3 ANS
Si le nombre d’offres s’est ainsi développé, c’est aussi
pour répondre à une demande croissante des entre-
prises. « 85 à 90 % des sociétés du CAC 40 y réfléchissent
ou font un mapping du Cyber Risk. C’est la seule ligne
dans l’univers des produits non achetés sur laquelle nous
voyons désormais un tel volume de demandes de cota-
tion », confirme Didier Seigneur. Chez Axa Corporate
Solutions, Irène Plichon, Responsable Cyber, explique
que « même si nous recevons beaucoup de demandes de
cotations, les entreprises sont encore réticentes pour
souscrire réellement ce risque, notamment dans les
temps où leurs budgets d’assurance restent serrés ». En
attendant la maturité du marché, l’assureur français
s’adresse d’abord à son propre portefeuille de clients
auxquels il propose du sur-mesure.
Chez Beazley, la demande a été multipliée par trois en
l’espace d’un an. « Le marché a vraiment bougé à partir
de 2012. Avant les produits étaient surtout axés sur les
dommages subis par l’entreprise suite à un incident ou
une interruption des systèmes d’information.
Aujourd’hui, la demande va vers les produits
assurant les dommages causés aux tiers,
la gestion de crise ainsi que toute éven-
tuelle réparation suite à une atteinte aux
données personnelles », précise Jimaan
Sané, Souscripteur chez Beazley.
François Beaume,
Président de la commission
Systèmes d’Information
de l'AMRAE
Brigitte Bouquot,
Présidente de l’AMRAE
Par Florence PuybareauATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
48 PRODUITS ET SERVICES
Intérêt certain, intérêt croissant, mais les processus de décision
restent longs : entre 12 et 18 mois « ce qui est assez courant pour un
marché de First Time buyer », précise Didier Seigneur. Les délais de
décisions tendent cependant à se réduire du fait de tarifications plus
attractives. « Les niveaux de prix sont très compétitifs. Nous avons l’im-
pression qu’aujourd’hui l’assurance cyber est un bonus apporté par les
assureurs à leurs clients grands comptes », note Françoise Mari, rappe-
lant le souhait de QBE de se développer, pour ce type de produit, sur le
segment encore peu exploité des ETI.
PERTES D’EXPLOITATION ET ATTEINTE AUX DONNÉES :
LES PRINCIPALES MOTIVATIONS
Quant aux motivations de souscription des polices d’assurance pour les
Cyber Risks, les avis convergent. Si la perspective de la mise en place
de la directive européenne sur les données personnelles (qui obligera
les entreprises à notifier l’incident à chacun de leur client) peut être un
facteur de décision, il n’est plus en revanche l’élément moteur.
D’autres raisons sont plus souvent invoquées. « Nous voyons deux
éléments déclencheurs : les atteintes aux données, celles de l’entreprise
et celles qui lui sont confiées, et les atteintes aux systèmes d’infor-
mation pour les dommages causés à l’entreprise et au tiers », précise
Jimaan Sané. Pour Didier Seigneur, la principale raison qui pousse les
entreprises européennes à s’assurer, est « la partie dommage et pertes
d’exploitation ». Sergio Pierro, Souscripteur Lignes Financières chez
XL Catling, voit chez ses clients « des demandes très pointues sur la
garantie Perte d’exploitation directe ou indirecte (notamment liées aux
prestataires) ou des pénalités contractuelles. Les niveaux de franchise et
de prime sont aussi bien évidement déterminants. Les premiers achats
de couverture cyber sont souvent peu suffisants en termes de limite de
garantie, mais sont davantage déterminés par un budget cible alloué
pour ces risques-là. Pour notre part, nous indemnisons également les
assurés pour les frais de mitigation afin de limiter l’impact d’un sinistre
potentiel dans le cas où leur responsabilité pourrait être engagée ».
DOUBLONS, EXCLUSION, CONFIDENTIALITÉ :
LES FREINS À LA CONTRACTUALISATION
La crainte du doublon d’assurance subsiste dès que l’on évoque le
Cyber Risk notamment avec la couverture Responsabilité Civile. « Cela
peut arriver puisqu’en France la RC est “tout risque sauf” mais, atten-
tion, l’assureur peut être amené à formuler une exclusion ou à augmenter
fortement la prime après un premier incident », prévient Didier Seigneur.
« La RC intervient uniquement suite à la réclamation d’un tiers alors que
la police cyber, notamment en prise en charge de la gestion de crise,
intervient bien avant. Et quoi qu’il en soit, les polices classiques de RC ne
sont pas dimensionnées pour traiter le Cyber Risk », insiste Jimaan Sané.
Pour Sergio Pierro, « il faut être prudent quant au contenu des polices
RC qui excluent souvent les réclamations relatives aux virus ou autres
« cyber-phénomènes » et qui ne couvrent pas les garanties dommages
que nous donnons comme l’extorsion ou les frais de notifications ».
Autre frein à la contractualisation, l’obligation de révéler des informa-
tions confidentielles ou de soumettre leur système d’information à des
tests d’intrusion ou de vulnérabilité.
Sur ce plan, les assureurs se veulent rassurants. « La sécurité informatique
au sein d’une entreprise joue un rôle clé. La culture de gestion des risques
aussi. En effet, notre recul en la matière (près de 3 000 incidents gérés par
nos équipes à ce jour) nous a montré qu’un nombre important d’incidents
est également lié à des problèmes de gouvernance », précise Jimaan Sané.
Chez d’autres comme Axa Corporate Solutions, un audit peut être
proposé au client. « Ce n’est pas lié à la souscription d’une assurance. Cela
peut néanmoins être une aide à la décision », explique Irène Plichon.
OSER FAIRE JOUER LES GARANTIES
Même si elles sont assurées, certaines entreprises ne déclarent pas
leurs éventuels sinistres « cyber » en raison de craintes sur leur répu-
tation. Néanmoins, cela change et les assureurs constatent plus de
prises en charge. « Dans 30 à 40 % des cas, il s’agit de cyber extorsion »,
précise-t-on chez AIG qui dans ce cas s’appuie sur des consultants
experts en kidnapping et en négociation.
Néanmoins, peut-on vraiment chiffrer une attaque d’envergure ?
Difficile, reconnaissent les assureurs. Face à certaines actions chif-
frables (les frais de notification sont évalués à environ 100 euros par
client), d’autres comme l’atteinte à la réputation sont moins évidentes
à établir. « Lors des grosses cyber-attaques, le préjudice subi par l’en-
treprise victime peut prendre tellement de formes différentes qu’il n’est
quasiment pas chiffrable. En termes de communication, il va y avoir
un gros travail à faire vis-à-vis de la direction et des clients », constate
Astrid-Marie Pirson.
À consulter Cyber risques : outil d'aide
à l'analyse et au traitement
assurantiel - AMRAE/ CESIN
LA POSITION DE L’AMRAE
l’analyse de François Beaume
Ces grilles montrent que le marché est en
croissance avec une augmentation des
capacités et une amélioration des couver-
tures proposées. L’offre semble globale-
ment se rapprocher des attentes des organisations. Néanmoins
les Risk Managers ou les directeurs des assurances devront rentrer
dans le détail pour voir ce qu’elles couvrent précisément. Ils ne
pourront faire l’économie d’une analyse en amont du risque pour
qualifier les besoins de couverture.
Maintenant que le marché se structure, les grandes entreprises
peuvent espérer obtenir plus facilement des garanties sur-mesure
à même de permettre une intégration optimisée des polices Cyber
dans les dispositifs existants.
Les ETI devront également profiter du développement du marché
pour avoir des produits attractifs en termes de prix et de couverture.
Reste un point essentiel : comment l’assureur peut-il comprendre
et analyser l’exposition ? Il va falloir la qualifier et la quantifier
avant la souscription. C’est aujourd’hui une question de métho-
dologie d’analyse de risque que doit résoudre le futur assuré bien
en amont de la souscription.
Commission
Systèmes d’Information
CYBER RISQUES
Outil d’aide à l’analyse et au
traitement assurantiel
En partenariat avec le
Cahiers Techniques 2015
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
49 PRODUITS ET SERVICES
CAPACITÉ MAXIMUM EN € 25 M€ 25 M€ À 50 M€ 10 M€ ESTIMÉ 95M€
(1)
50 À 75 M€, FOURCHETTE, À ÉTUDIER AU CAS PAR
CAS. SELON LES AFFAIRES, DES SOUS-LIMITES SERONT
APPLIQUÉES SUR CERTAINES GARANTIES
CAPACITÉ THÉORIQUE 37,5 M€,
CAPACITÉ RÉELLE 10 M€
INTERDIT DE SOUSCRIPTION :
ACTIVITÉS ET/OU PAYS
LES RISQUES DONT LA COUVERTURE SUPPOSERAIT LA VIOLATION D'UNE SANCTION COMMERCIALE NOTAMMENT
SONT INTERDITS DE SOUSCRIPTION. PAS D'INTERDIT CONCERNANT L'ACTIVITÉ EN TANT QUE TELLE, MAIS NOUS PRIVILÉGIONS
LES POSITIONS EN EXCESS S'AGISSANT DES GRANDES INSTITUTIONS FINANCIÈRES.
NUCLÉAIRE, INSTITUTIONS
FINANCIERES, SSII
INSTITUTIONS FINANCIÈRES / SYSTÈMES
DE CONTRÔLES INDUSTRIELS & SCADA /
COMPAGNIES D'ASSURANCE / PORTAILS
ET PROCESS DE PAIEMENT / PARIS & JEUX
D'ARGENT / COMPAGNIES AÉRIENNES
TRANSNATIONALES / AGENCES DE NOTATION /
GOUVERNEMENTS / PAYS FAISANT L'OBJET DE
SANCTIONS INTERNATIONALES
OFAC
INSTITUTIONS FINANCIÈRES (SAUF POUR LES FONDS
D'INVESTISSEMENT) ; ENTITÉS PUBLIQUES
OU GOUVERNEMENTALES ; ENTREPRISES DONT CA
USA > 25 % CA GLOBAL (SPÉCIAL ; COURTIERS
ASSURANCES DONT CA > 50 M€)
DOMMAGES AUX BIENS ET/OU PERTES
FINANCIÈRES
OUI/
NON
MONTANT MAX COMMENTAIRES
OUI/
NON
COMMENTAIRES OUI/NON MONTANT MAX OUI/NON COMMENTAIRES OUI/NON MONTANT MAX OUI/NON COMMENTAIRES
FRAIS DE NOTIFICATION OUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
OUI OUI 10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE DÉFENSE OUIPLEIN DE GARANTIESAUF POUR LES RISQUES EXCLUS DE LA GARANTIE ET APRÈS APPLICATION DE LA FRANCHISE.OUI OUI 10 M€ OUI CF RC OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE RECHERCHE ET DE DÉTECTION
DES CAUSES
OUIPLEIN DE GARANTIE
SONT COUVERTS DANS LES FRAIS CONSÉCUTIFS À UNE ATTEINTE AU DONNÉES
OU À UNE INTRUSION RÉSEAU, LES HONORAIRES RAISONNABLES VERSÉS À UN EXPERT
EN SÉCURITÉ POUR DÉTERMINER L'EXISTENCE ET LA CAUSE D'UNE ATTEINTE AUX DONNÉES
OU D'UNE INTRUSION RÉSEAU,
OUI
OUI (PRESTATAIRE
EXTERNE)
10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE RECONSTITUTION DES DONNÉES
(APRÈS ALTÉRATION, DESTRUCTION OU PERTE
DE DONNÉES STOCKÉES EN INTERNE OU CHEZ
DES TIERS : HÉBERGEURS, DATACENTERS,
FOURNISSEURS DE CLOUDS…)
OUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
SAUF SI DES SAUVEGARDES NE SONT PAS EFFECTUÉES AU MOINS TOUS LES 15 JOURS ET
STOCKÉES SUR UN SUPPORT EXPLOITABLE DISTINCT DE L'ORIGINAL. CELA REPRÉSENTE LE
MONTANT MAXIMUM DE LA SOUS-LIMITE. A ÉVALUER AU CAS PAR CAS.
OUI
OUI SUITE À ACTE DE
MALVEILLANCE
10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE MONITORING
ET DE SURVEILLANCE
OUIPLEIN DE GARANTIE
SONT COUVERTS DANS LES FRAIS CONSÉCUTIFS À UNE ATTEINTE AU DONNÉES OU À UNE
INTRUSION RÉSEAU, LES ACTIONS DE CONTRÔLE DE L’UTILISATION DES IDENTITÉS (NOMS
D’UTILISATEUR, « LOGIN ») ET DES MOUVEMENTS FINANCIERS AFFECTANT LES PERSONNES
CONCERNÉES AINSI QUE LA RESTAURATION DES IDENTITÉS AFFECTÉES.
OUI OUI POST-INCIDENT 10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
INTERRUPTION DE RÉSEAUX (SUITE À UN ACTE
DE MALVEILLANCE, D'UNE ERREUR HUMAINE,
D'UN DOMMAGE MATÉRIEL…)
NON OUI
DOMMAGE
MATÉRIEL HORS
PÉRIMÈTRE
PERTE DE REVENUS
SUITE À ACTE DE
MALVEILLANCE
10 M€ OUI
MALVEILLANCE : OUI /
ERREUR HUMAINE : AU CAS PAR CAS /
DOMMANGE MATÉRIEL : NON
25 M€ OUI
FRAIS ET PAIEMENT SUITE À DES MENACES
D'EXTORSION (RANSOMWARE)
OUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
A ÉVALUER AU CAS PAR CAS OUI OUI 10 M€ OUI
EN DOUBLE AVEC
« RENCONÇONNAGE OU
CYBER EXTORSION »
OUI 25 M€ OUI
Y COMPRIS FRAIS DE STOCKAGE DES
DONNÉES DE L'ASSURÉ CHEZ UN TIERS
TANT QUE CES DONNÉES RESTENT
VULNÉRABLES
FRAIS DE RÉCUPÉRATION, DE RECOLLECTE
OU DE RECONSTITUTION DES DONNÉES (APRÈS
UNE FUITE OU UNE ATTEINTE À LA SÉCURITÉ
DES DONNÉES)
OUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
SAUF SI DES SAUVEGARDES NE SONT PAS EFFECTUÉES AU MOINS TOUS LES 15 JOURS ET
STOCKÉES SUR UN SUPPORT EXPLOITABLE DISTINCT DE L'ORIGINAL. CELA REPRÉSENTE LE
MONTANT MAXIMUM DE LA SOUS-LIMITE. A ÉVALUER AU CAS PAR CAS
OUI
OUI (PRESTATAIRE
EXTERNE)
10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE PERTES D'EXPLOITATIONOUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
À ÉVALUER AU CAS PAR CAS OUI
PERTE DE REVENUS
SUITE À ACTE DE
MALVEILLANCE
10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS INTERVENTION EXPERTS
COMPTABLES DE L'ASSURÉ POUR
QUANTIFICATION PE
PERTE D'IMAGE ET DE CHIFFRE D'AFFAIRES ET/
OU BAISSE DE L'ACTION
OUI
PLEIN
DE GARANTIE
COUVERTURE LIMITÉE À L'ATTEINTE MÉDIATIQUE, LORSQUE LA FAUTE PRÉSENTE UN CARACTÈRE
SYSTÉMATIQUE ET/OU LORSQUE L'ASSURÉ N'A PAS APPLIQUÉ LES MESURES DE SÉCURITÉ
MINIMALES S'AGISSANT DE LA PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE QUI AURAIENT EMPECHÉ LE
DOMMAGE ET LORSQUE LA FAUTE A ÉTÉ SANCTIONNÉE PAR UNE AUTORITÉ ADMINISTRATIVE
OUISELON LES CAS
PERTE DE REVENUS
SUITE À ACTE DE
MALVEILLANCE
10 M€
OUI SAUF
BAISSE DE
L'ACTION
PERTE DE CA
OU BAISSE DE L'ACTION
SUITE À PERTE D'IMAGE
OUI
(PERTE DE CHIFFRE D'AFFAIRES)
25 M€ OUI PERTE DE MARGE UNIQUEMENT
AUTRES POSTES :
GARANTIE PCI-DSS (PÉNALITÉS
BANCAIRES) / FRAIS LÉGAUX /
PLATEFORME TÉLÉPHONIQUE / DÉFAUT DE
MISE EN CONFORMITÉ AVEC UNE CHARTE
DE PROTECTION DES DONNÉES
AU CAS PAR
CASATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
50 PRODUITS ET SERVICES
ENQUÊTE « GARANTIES CYBER-RISQUES »
CAPACITÉ MAXIMUM EN € 25 M€ 25 M€ À 50 M€ 10 M€ ESTIMÉ 95M€
(1)
50 À 75 M€, FOURCHETTE, À ÉTUDIER AU CAS PAR
CAS. SELON LES AFFAIRES, DES SOUS-LIMITES SERONT
APPLIQUÉES SUR CERTAINES GARANTIES
CAPACITÉ THÉORIQUE 37,5 M€,
CAPACITÉ RÉELLE 10 M€
INTERDIT DE SOUSCRIPTION :
ACTIVITÉS ET/OU PAYS
LES RISQUES DONT LA COUVERTURE SUPPOSERAIT LA VIOLATION D'UNE SANCTION COMMERCIALE NOTAMMENT
SONT INTERDITS DE SOUSCRIPTION. PAS D'INTERDIT CONCERNANT L'ACTIVITÉ EN TANT QUE TELLE, MAIS NOUS PRIVILÉGIONS
LES POSITIONS EN EXCESS S'AGISSANT DES GRANDES INSTITUTIONS FINANCIÈRES.
NUCLÉAIRE, INSTITUTIONS
FINANCIERES, SSII
INSTITUTIONS FINANCIÈRES / SYSTÈMES
DE CONTRÔLES INDUSTRIELS & SCADA /
COMPAGNIES D'ASSURANCE / PORTAILS
ET PROCESS DE PAIEMENT / PARIS & JEUX
D'ARGENT / COMPAGNIES AÉRIENNES
TRANSNATIONALES / AGENCES DE NOTATION /
GOUVERNEMENTS / PAYS FAISANT L'OBJET DE
SANCTIONS INTERNATIONALES
OFAC
INSTITUTIONS FINANCIÈRES (SAUF POUR LES FONDS
D'INVESTISSEMENT) ; ENTITÉS PUBLIQUES
OU GOUVERNEMENTALES ; ENTREPRISES DONT CA
USA > 25 % CA GLOBAL (SPÉCIAL ; COURTIERS
ASSURANCES DONT CA > 50 M€)
DOMMAGES AUX BIENS ET/OU PERTES
FINANCIÈRES
OUI/
NON
MONTANT MAX COMMENTAIRES
OUI/
NON
COMMENTAIRES OUI/NON MONTANT MAX OUI/NON COMMENTAIRES OUI/NON MONTANT MAX OUI/NON COMMENTAIRES
FRAIS DE NOTIFICATION OUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
OUI OUI 10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE DÉFENSE OUIPLEIN DE GARANTIESAUF POUR LES RISQUES EXCLUS DE LA GARANTIE ET APRÈS APPLICATION DE LA FRANCHISE.OUI OUI 10 M€ OUI CF RC OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE RECHERCHE ET DE DÉTECTION
DES CAUSES
OUIPLEIN DE GARANTIE
SONT COUVERTS DANS LES FRAIS CONSÉCUTIFS À UNE ATTEINTE AU DONNÉES
OU À UNE INTRUSION RÉSEAU, LES HONORAIRES RAISONNABLES VERSÉS À UN EXPERT
EN SÉCURITÉ POUR DÉTERMINER L'EXISTENCE ET LA CAUSE D'UNE ATTEINTE AUX DONNÉES
OU D'UNE INTRUSION RÉSEAU,
OUI
OUI (PRESTATAIRE
EXTERNE)
10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE RECONSTITUTION DES DONNÉES
(APRÈS ALTÉRATION, DESTRUCTION OU PERTE
DE DONNÉES STOCKÉES EN INTERNE OU CHEZ
DES TIERS : HÉBERGEURS, DATACENTERS,
FOURNISSEURS DE CLOUDS…)
OUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
SAUF SI DES SAUVEGARDES NE SONT PAS EFFECTUÉES AU MOINS TOUS LES 15 JOURS ET
STOCKÉES SUR UN SUPPORT EXPLOITABLE DISTINCT DE L'ORIGINAL. CELA REPRÉSENTE LE
MONTANT MAXIMUM DE LA SOUS-LIMITE. A ÉVALUER AU CAS PAR CAS.
OUI
OUI SUITE À ACTE DE
MALVEILLANCE
10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE MONITORING
ET DE SURVEILLANCE
OUIPLEIN DE GARANTIE
SONT COUVERTS DANS LES FRAIS CONSÉCUTIFS À UNE ATTEINTE AU DONNÉES OU À UNE
INTRUSION RÉSEAU, LES ACTIONS DE CONTRÔLE DE L’UTILISATION DES IDENTITÉS (NOMS
D’UTILISATEUR, « LOGIN ») ET DES MOUVEMENTS FINANCIERS AFFECTANT LES PERSONNES
CONCERNÉES AINSI QUE LA RESTAURATION DES IDENTITÉS AFFECTÉES.
OUI OUI POST-INCIDENT 10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
INTERRUPTION DE RÉSEAUX (SUITE À UN ACTE
DE MALVEILLANCE, D'UNE ERREUR HUMAINE,
D'UN DOMMAGE MATÉRIEL…)
NON OUI
DOMMAGE
MATÉRIEL HORS
PÉRIMÈTRE
PERTE DE REVENUS
SUITE À ACTE DE
MALVEILLANCE
10 M€ OUI
MALVEILLANCE : OUI /
ERREUR HUMAINE : AU CAS PAR CAS /
DOMMANGE MATÉRIEL : NON
25 M€ OUI
FRAIS ET PAIEMENT SUITE À DES MENACES
D'EXTORSION (RANSOMWARE)
OUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
A ÉVALUER AU CAS PAR CAS OUI OUI 10 M€ OUI
EN DOUBLE AVEC
« RENCONÇONNAGE OU
CYBER EXTORSION »
OUI 25 M€ OUI
Y COMPRIS FRAIS DE STOCKAGE DES
DONNÉES DE L'ASSURÉ CHEZ UN TIERS
TANT QUE CES DONNÉES RESTENT
VULNÉRABLES
FRAIS DE RÉCUPÉRATION, DE RECOLLECTE
OU DE RECONSTITUTION DES DONNÉES (APRÈS
UNE FUITE OU UNE ATTEINTE À LA SÉCURITÉ
DES DONNÉES)
OUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
SAUF SI DES SAUVEGARDES NE SONT PAS EFFECTUÉES AU MOINS TOUS LES 15 JOURS ET
STOCKÉES SUR UN SUPPORT EXPLOITABLE DISTINCT DE L'ORIGINAL. CELA REPRÉSENTE LE
MONTANT MAXIMUM DE LA SOUS-LIMITE. A ÉVALUER AU CAS PAR CAS
OUI
OUI (PRESTATAIRE
EXTERNE)
10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS DE PERTES D'EXPLOITATIONOUI
DE 50 % À 100 %
DU PLEIN DE
GARANTIE
À ÉVALUER AU CAS PAR CAS OUI
PERTE DE REVENUS
SUITE À ACTE DE
MALVEILLANCE
10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
FRAIS INTERVENTION EXPERTS
COMPTABLES DE L'ASSURÉ POUR
QUANTIFICATION PE
PERTE D'IMAGE ET DE CHIFFRE D'AFFAIRES ET/
OU BAISSE DE L'ACTION
OUI
PLEIN
DE GARANTIE
COUVERTURE LIMITÉE À L'ATTEINTE MÉDIATIQUE, LORSQUE LA FAUTE PRÉSENTE UN CARACTÈRE
SYSTÉMATIQUE ET/OU LORSQUE L'ASSURÉ N'A PAS APPLIQUÉ LES MESURES DE SÉCURITÉ
MINIMALES S'AGISSANT DE LA PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE QUI AURAIENT EMPECHÉ LE
DOMMAGE ET LORSQUE LA FAUTE A ÉTÉ SANCTIONNÉE PAR UNE AUTORITÉ ADMINISTRATIVE
OUISELON LES CAS
PERTE DE REVENUS
SUITE À ACTE DE
MALVEILLANCE
10 M€
OUI SAUF
BAISSE DE
L'ACTION
PERTE DE CA
OU BAISSE DE L'ACTION
SUITE À PERTE D'IMAGE
OUI
(PERTE DE CHIFFRE D'AFFAIRES)
25 M€ OUI PERTE DE MARGE UNIQUEMENT
AUTRES POSTES :
GARANTIE PCI-DSS (PÉNALITÉS
BANCAIRES) / FRAIS LÉGAUX /
PLATEFORME TÉLÉPHONIQUE / DÉFAUT DE
MISE EN CONFORMITÉ AVEC UNE CHARTE
DE PROTECTION DES DONNÉES
AU CAS PAR
CAS
(1) Capacité maximum théorique ne constituant pas un engagement et dépendant de l'analyse du risque du client.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
51 PRODUITS ET SERVICES
ENQUÊTE « GARANTIES CYBER-RISQUES »
RESPONSABILITÉ CIVILE OUI/NONMONTANT MAX COMMENTAIRE OUI/NON COMMENTAIRE OUI/NON MONTANT MAX OUI/NON COMMENTAIRES OUI/NON MONTANT MAX COMMENTAIRES OUI/NONCOMMENTAIRES
PRISE EN CHARGE DES CONSÉQUENCES PÉCUNIAIRES
AINSI QUE DES FRAIS DE DÉFENSE RÉSULTANT DES
RÉCLAMATIONS INTRODUITES PAR TOUTE PERSONNE
DONT LES DONNÉES AURONT ÉTÉ PIRATÉES ET QUI AURA
SUBI UN DOMMAGE.
OUI
PLEIN DE
GARANTIE
OUI OUI 10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
PROTECTION DE DONNÉES ET INCIDENT DE SÉCURITÉ
DES SYSTÈMES
OUI
PLEIN DE
GARANTIE
OUI
GARANTIE DES
RÉCLAMATIONS DANS
LE VOLET RC ET DES
FRAIS ENCOURUS PAR
L'ENTREPRISE ASSURÉE
DANS LE VOLET PERTES
FINANCIÈRES
OUI SI DONNÉES
PERSONNELLES OU
CONFIDENTIELLES
DE TIERS ATTEINTES
/ SI ATTAQUE PAR
DÉNI DE SERVICE
VIA L'ASSURÉ
10 M€ OUI OUI N/A
FRAIS SUITE À L'ATTEINTE À LA RÉPUTATION
DE L'ENTREPRISE APRÈS INCIDENT
NON
OUI
(VOLET PERTES
FINANCIÈRES)
OUI (AGENCE DE
COMMUNICATION
DE CRISE)
10 M€ OUI
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
OUI OUI
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
FRAIS DE DÉFENSE SI DOMMAGES-INTERÊTS SI UN
EMPLOYÉ DE L'ENTREPRISE DIVULGUE DES DONNÉES
CONFIDENTIELLES.
NON OUI OUI 10 M€ OUI OUI
FRAIS DE DÉFENSE ET DOMMAGES-INTÉRÊT SI
L'ENTREPRISE EST VICTIME D'UN VOL DE MATÉRIEL
INFORMATIQUE CONTENANT DES DONNÉES
PERSONNELLES
NON SELON LES CAS OUI 10 M€ OUI OUI OUI
DIVULGATION DE DONNÉES CONFIDENTIELLES
(DONNÉES BANCAIRES, DATA BREACH…)
OUI
PLEIN DE
GARANTIE
OUI OUI 10 M€ OUI OUI OUI
NETTOYAGE ET NOYAGE DE DONNÉES SI DES DONNÉES
PRÉJUDICIABLES POUR L'ENTREPRISE SONT DIVULGUÉES
SUR INTERNET.
NON
OUI
(VOLET PERTES
FINANCIÈRES)
OUI (AGENCE DE
COMMUNICATION
DE CRISE)
10 M€ N/A AU CAS PAR CAS N/A
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
DÉFAUT DE CONFORMITÉ DES PRODUITS
TECHNOLOGIQUES
NON IL S'AGIT DAVANTAGE DE RC PROFESSIONNELLE NON NON (RCP) N/A OUI
UTILISATION MALVEILLANTE D'UN SYSTÈME NON OUI
OUI (SAUF SI PAR
L'ASSURÉ)
10 M€ OUI OUI OUI
DIFFAMATION, INJURES, DÉNIGREMENTS
SUR INTERNET
OUI
PLEIN DE
GARANTIE
COUVERTURE LIMITÉE À L'ATTEINTE MÉDIATIQUE, LORSQUE LA
FAUTE PRÉSENTE UN CARACTÈRE SYSTÉMATIQUE ET/OU LORSQUE
L'ASSURÉ N'A PAS APPLIQUÉ LES MESURES DE SÉCURITÉ MINIMALES
S'AGISSANT DE LA PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE QUI AURAIENT
EMPECHÉ LE DOMMAGE ET LORSQUE LA FAUTE A ÉTÉ SANCTIONNÉE
PAR UNE AUTORITÉ ADMINISTRATIVE
OUI OUI 10 M€
OUI,
EXTENSION
MÉDIA
OUI OUI
CONSÉQUENCES D'UNE ERREUR DE PROGRAMMATIONNON IL S'AGIT DAVANTAGE DE RC PROFESSIONNELLE OUI NON (RCP) NON
EXCLUSION MARCHÉ SUR L'ERREUR
DE PROGRAMMATION ET SES
CONSÉQUENCES EN "FIRST-PARTY".
CONSÉQUENCES D'UNE ERREUR DE
PROGRAMMATION IMPACTANT UN TIERS SI
L'ASSURÉ EST UNE SSII = RC PRO.
AU CAS PAR CAS OUI
AMENDES ET SANCTIONS PÉCUNIAIRES
(IMPOSÉES PAR DES AUTORITÉS DE PROTECTION
DES DONNÉES PERSONNELLES)
OUI
50 % DU
MONTANT DE
GARANTIE, PAR
PÉRIODE DE
GARANTIE ET PAR
SINISTRE.
CELA REPRÉSENTE LE MONTANT MAXIMUM DE LA SOUS-LIMITE. A
ÉVALUER AU CAS PAR CAS
OUI
(VOLET PERTES
FINANCIÈRES)
OUI SI ASSURABLE10 M€ OUI OUI OUI
CONSÉQUENCES D'UNE FRAUDE ET PERTES
D'EXPLOITATION CONSÉCUTIVES
NON
OUI
(VOLET PERTES
FINANCIÈRES)
SI OPTION FRAUDE NON (FRAUDE) OUI
PASSER AU CHAPITRE DOMMAGES /
PERTES FI
PE / FRAIS
SUPPLÉMENTAIRES
OUI
DÉTOURNEMENT DE FONDS
AU CAS PAR CAS
N/A
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
AUTRES POSTES :ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
52 PRODUITS ET SERVICES
ENQUÊTE « GARANTIES CYBER-RISQUES »
RESPONSABILITÉ CIVILE OUI/NONMONTANT MAX COMMENTAIRE OUI/NON COMMENTAIRE OUI/NON MONTANT MAX OUI/NON COMMENTAIRES OUI/NON MONTANT MAX COMMENTAIRES OUI/NONCOMMENTAIRES
PRISE EN CHARGE DES CONSÉQUENCES PÉCUNIAIRES
AINSI QUE DES FRAIS DE DÉFENSE RÉSULTANT DES
RÉCLAMATIONS INTRODUITES PAR TOUTE PERSONNE
DONT LES DONNÉES AURONT ÉTÉ PIRATÉES ET QUI AURA
SUBI UN DOMMAGE.
OUI
PLEIN DE
GARANTIE
OUI OUI 10 M€ OUI OUI 25 M€ OUI
PROTECTION DE DONNÉES ET INCIDENT DE SÉCURITÉ
DES SYSTÈMES
OUI
PLEIN DE
GARANTIE
OUI
GARANTIE DES
RÉCLAMATIONS DANS
LE VOLET RC ET DES
FRAIS ENCOURUS PAR
L'ENTREPRISE ASSURÉE
DANS LE VOLET PERTES
FINANCIÈRES
OUI SI DONNÉES
PERSONNELLES OU
CONFIDENTIELLES
DE TIERS ATTEINTES
/ SI ATTAQUE PAR
DÉNI DE SERVICE
VIA L'ASSURÉ
10 M€ OUI OUI N/A
FRAIS SUITE À L'ATTEINTE À LA RÉPUTATION
DE L'ENTREPRISE APRÈS INCIDENT
NON
OUI
(VOLET PERTES
FINANCIÈRES)
OUI (AGENCE DE
COMMUNICATION
DE CRISE)
10 M€ OUI
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
OUI OUI
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
FRAIS DE DÉFENSE SI DOMMAGES-INTERÊTS SI UN
EMPLOYÉ DE L'ENTREPRISE DIVULGUE DES DONNÉES
CONFIDENTIELLES.
NON OUI OUI 10 M€ OUI OUI
FRAIS DE DÉFENSE ET DOMMAGES-INTÉRÊT SI
L'ENTREPRISE EST VICTIME D'UN VOL DE MATÉRIEL
INFORMATIQUE CONTENANT DES DONNÉES
PERSONNELLES
NON SELON LES CAS OUI 10 M€ OUI OUI OUI
DIVULGATION DE DONNÉES CONFIDENTIELLES
(DONNÉES BANCAIRES, DATA BREACH…)
OUI
PLEIN DE
GARANTIE
OUI OUI 10 M€ OUI OUI OUI
NETTOYAGE ET NOYAGE DE DONNÉES SI DES DONNÉES
PRÉJUDICIABLES POUR L'ENTREPRISE SONT DIVULGUÉES
SUR INTERNET.
NON
OUI
(VOLET PERTES
FINANCIÈRES)
OUI (AGENCE DE
COMMUNICATION
DE CRISE)
10 M€ N/A AU CAS PAR CAS N/A
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
DÉFAUT DE CONFORMITÉ DES PRODUITS
TECHNOLOGIQUES
NON IL S'AGIT DAVANTAGE DE RC PROFESSIONNELLE NON NON (RCP) N/A OUI
UTILISATION MALVEILLANTE D'UN SYSTÈME NON OUI
OUI (SAUF SI PAR
L'ASSURÉ)
10 M€ OUI OUI OUI
DIFFAMATION, INJURES, DÉNIGREMENTS
SUR INTERNET
OUI
PLEIN DE
GARANTIE
COUVERTURE LIMITÉE À L'ATTEINTE MÉDIATIQUE, LORSQUE LA
FAUTE PRÉSENTE UN CARACTÈRE SYSTÉMATIQUE ET/OU LORSQUE
L'ASSURÉ N'A PAS APPLIQUÉ LES MESURES DE SÉCURITÉ MINIMALES
S'AGISSANT DE LA PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE QUI AURAIENT
EMPECHÉ LE DOMMAGE ET LORSQUE LA FAUTE A ÉTÉ SANCTIONNÉE
PAR UNE AUTORITÉ ADMINISTRATIVE
OUI OUI 10 M€
OUI,
EXTENSION
MÉDIA
OUI OUI
CONSÉQUENCES D'UNE ERREUR DE PROGRAMMATIONNON IL S'AGIT DAVANTAGE DE RC PROFESSIONNELLE OUI NON (RCP) NON
EXCLUSION MARCHÉ SUR L'ERREUR
DE PROGRAMMATION ET SES
CONSÉQUENCES EN "FIRST-PARTY".
CONSÉQUENCES D'UNE ERREUR DE
PROGRAMMATION IMPACTANT UN TIERS SI
L'ASSURÉ EST UNE SSII = RC PRO.
AU CAS PAR CAS OUI
AMENDES ET SANCTIONS PÉCUNIAIRES
(IMPOSÉES PAR DES AUTORITÉS DE PROTECTION
DES DONNÉES PERSONNELLES)
OUI
50 % DU
MONTANT DE
GARANTIE, PAR
PÉRIODE DE
GARANTIE ET PAR
SINISTRE.
CELA REPRÉSENTE LE MONTANT MAXIMUM DE LA SOUS-LIMITE. A
ÉVALUER AU CAS PAR CAS
OUI
(VOLET PERTES
FINANCIÈRES)
OUI SI ASSURABLE10 M€ OUI OUI OUI
CONSÉQUENCES D'UNE FRAUDE ET PERTES
D'EXPLOITATION CONSÉCUTIVES
NON
OUI
(VOLET PERTES
FINANCIÈRES)
SI OPTION FRAUDE NON (FRAUDE) OUI
PASSER AU CHAPITRE DOMMAGES /
PERTES FI
PE / FRAIS
SUPPLÉMENTAIRES
OUI
DÉTOURNEMENT DE FONDS
AU CAS PAR CAS
N/A
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
AUTRES POSTES :ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
53 PRODUITS ET SERVICES
ENQUÊTE « GARANTIES CYBER-RISQUES »
DIVERS OUI/NON MONTANT MAXIMUM COMMENTAIRE OUI/NON COMMENTAIRE OUI/NON MONTANT MAXIMUM OUI/NON COMMENTAIRE OUI/NON OUI/NON COMMENTAIRE
AUDIT DES RISQUES
(IDENTIFICATION DES
VULNÉRABILITÉS DU SI ;
ÉVALUATION EN TERME
D'IMPACTS ; PROABILITÉ DE
SURVENANCE)
NON OUI POSSIBLE DANS CERTAINS CAS N/A RÉPONSE PARTIELLE
EN COMPLÉMENT DE LA POLICE - SCAN DE
VULNÉRABILITÉS IBM
NE RELÈVE PAS DE L'ASSURANCE.
POSSIBILITÉ DE MISE EN RELATION AVEC
DES PRESTATAIRES SPÉCIALISÉS.
NON
CYBER-ESPIONNAGE
(ÉCONOMIQUE ET INDUSTRIEL)
NON SELON LES CAS
OUI (DOMMAGES SUBIS PAR
L'ASSURÉ)
10 M€ OUI À PRÉCISER NON
GESTION DE LA RÉPUTATION
(AVANT L'INCIDENT)
NON NON NON N/A
NE RELÈVE PAS DE L'ASSURANCE.
POSSIBILITÉ DE MISE EN RELATION AVEC
DES PRESTATAIRES SPÉCIALISÉS.
NON
TRANSFERT DES SERVICES
CRITIQUES EN CAS DE
PRESTATAIRE DÉFAILLANT
NON SELON LES CAS
POSSIBLE DANS CERTAINS CAS
(MESURES CORRECTIVES / FRAIS
SUPPLÉMENTAIRES D'EXPLOITATION)
ENJEU DU SINISTRE OUI AU CAS PAR CAS NON
RANÇONNAGE OU CYBER
EXTORSION
OUI
50 % DU MONTANT DE
GARANTIE, PAR PÉRIODE DE
GARANTIE ET PAR SINISTRE
CELA REPRÉSENTE LE MONTANT
MAXIMUM DE LA SOUS-LIMITE. A
ÉVALUER AU CAS PAR CAS
OUI OUI 10 M€ OUI OUI OUI
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
AUTRES POSTES :
FRANCHISES FRANCHISE POUR LA PE 12H MINIMUM SELON LES CAS
LA FRANCHISE EST DÉTERMINÉE EN FONCTION DU RISQUE.
ELLE PEUT ALLER DE 1000€ POUR UNE PME AYANT DES ACTIVITÉS
À RISQUE CYBER FAIBLE À PLUSIEURS MILLIONS D'EUROS POUR
UNE GRANDE INSTITUTION FINANCIÈRE.
AU CAS PAR CAS FONCTION DU PROFIL DE RISQUESATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
54 PRODUITS ET SERVICES
ENQUÊTE « GARANTIES CYBER-RISQUES »
DIVERS OUI/NON MONTANT MAXIMUM COMMENTAIRE OUI/NON COMMENTAIRE OUI/NON MONTANT MAXIMUM OUI/NON COMMENTAIRE OUI/NON OUI/NON COMMENTAIRE
AUDIT DES RISQUES
(IDENTIFICATION DES
VULNÉRABILITÉS DU SI ;
ÉVALUATION EN TERME
D'IMPACTS ; PROABILITÉ DE
SURVENANCE)
NON OUI POSSIBLE DANS CERTAINS CAS N/A RÉPONSE PARTIELLE
EN COMPLÉMENT DE LA POLICE - SCAN DE
VULNÉRABILITÉS IBM
NE RELÈVE PAS DE L'ASSURANCE.
POSSIBILITÉ DE MISE EN RELATION AVEC
DES PRESTATAIRES SPÉCIALISÉS.
NON
CYBER-ESPIONNAGE
(ÉCONOMIQUE ET INDUSTRIEL)
NON SELON LES CAS
OUI (DOMMAGES SUBIS PAR
L'ASSURÉ)
10 M€ OUI À PRÉCISER NON
GESTION DE LA RÉPUTATION
(AVANT L'INCIDENT)
NON NON NON N/A
NE RELÈVE PAS DE L'ASSURANCE.
POSSIBILITÉ DE MISE EN RELATION AVEC
DES PRESTATAIRES SPÉCIALISÉS.
NON
TRANSFERT DES SERVICES
CRITIQUES EN CAS DE
PRESTATAIRE DÉFAILLANT
NON SELON LES CAS
POSSIBLE DANS CERTAINS CAS
(MESURES CORRECTIVES / FRAIS
SUPPLÉMENTAIRES D'EXPLOITATION)
ENJEU DU SINISTRE OUI AU CAS PAR CAS NON
RANÇONNAGE OU CYBER
EXTORSION
OUI
50 % DU MONTANT DE
GARANTIE, PAR PÉRIODE DE
GARANTIE ET PAR SINISTRE
CELA REPRÉSENTE LE MONTANT
MAXIMUM DE LA SOUS-LIMITE. A
ÉVALUER AU CAS PAR CAS
OUI OUI 10 M€ OUI OUI OUI
CF DOMMAGES /
PERTES FIN.
AUTRES POSTES :
FRANCHISES FRANCHISE POUR LA PE 12H MINIMUM SELON LES CAS
LA FRANCHISE EST DÉTERMINÉE EN FONCTION DU RISQUE.
ELLE PEUT ALLER DE 1000€ POUR UNE PME AYANT DES ACTIVITÉS
À RISQUE CYBER FAIBLE À PLUSIEURS MILLIONS D'EUROS POUR
UNE GRANDE INSTITUTION FINANCIÈRE.
AU CAS PAR CAS FONCTION DU PROFIL DE RISQUESATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
55 PRODUITS ET SERVICES
ENQUÊTE « GARANTIES CYBER-RISQUES »
L
a donnée personnelle est aujourd’hui
considérée comme plus importante que
le pétrole. C’est pourquoi la prise en
compte de la protection des données
est essentielle et doit faire l’objet d’une
attention toute particulière au sein des entre-
prises. Les technologies avancées continuent
leur développement et sont de plus en plus
interconnectées (objets, applications, etc.). Le
projet de règlement européen, actuellement en
phase finale de négociations, devrait apporter
les garanties nécessaires à la protection des
données.
Pour mémoire, la loi « Informatique et Libertés »
telle que modifiée par la loi du 6 août 2004 a
comme principale finalité de protéger l’indi-
vidu contre l’utilisation abusive de ses données
à caractère personnel. Ainsi, une collecte de
données à caractère personnel doit être légitime,
proportionnée avec des délais de conservation en
adéquation avec la finalité de cette dernière. En
outre, indépendamment du respect des droits des
individus (information, consentement, accès,
rectification, opposition), tout responsable de
traitement de données personnelles doit mettre
en œuvre des mesures de sécurité et de confiden-
tialité. Des règles spécifiques doivent également
être instaurées en cas de transfert des données
en dehors de l’Union européenne.
Ces principes fondamentaux dans le domaine
des données à caractère personnel sont un
premier socle de conformité d’un traitement qui
doit, d’ores et déjà, être respecté au sein d’une
entreprise. OBLIGATIONS ACCRUES DANS LE TRAI-
TEMENT DE DONNÉES PERSONNELLES
Le projet de règlement européen, texte très ambi-
tieux et complexe, s’inscrit dans la continuité
des principes fondateurs posés par la directive
95-45/CE sur la protection des données, tout en
fixant un nouveau cadre de la conformité, ce qui
induit un changement important de la pratique
du traitement des données personnelles.
Ainsi, le projet de règlement impose aux entre-
prises une nouvelle démarche dans le cadre
d’une prévention des risques, comme l’obliga-
tion de notification des failles de sécurité ou
encore l’obligation de faire réaliser des audits
pour vérifier l’adéquation et l’efficacité des
mesures mises en place.
Parmi ces principes, le plus connu est sans
doute celui de l’accountability ou engagement
responsable qui fait référence à l’ensemble des
mesures internes prises par un responsable
du traitement afin d’attester sa conformité à
la réglementation applicable. Ce principe est
connu, il a été instauré dans les années quatre-
vingt, notamment au Canada.
Pour le responsable du traitement, il s’agit
de prouver et de démontrer, a posteriori, à la
Commission nationale de l’informatique et des
libertés (CNIL) et aux personnes concernées par
leurs traitements, que le respect des disposi-
tions de la Loi « Informatique et Libertés » est
assuré. Ces mesures peuvent être des procédures
de gestion des incidents ou encore la documen-
LE PROJET DE RÈGLEMENT EUROPÉEN SUR LES DONNÉES PERSONNELLES :
UNE NOUVELLE DONNE DU
RISQUE DE NON-CONFORMITÉ
AU SEIN DE L’ENTREPRISE ?
Les enjeux de l’évaluation du risque de non-conformité dit « Informatique et Libertés » ne sont
pas nouveaux. Pour autant, à l’aune de l’adoption du règlement européen, refonte du droit de la
protection des données personnelles, l’anticipation et la gestion des risques sont plus que jamais
d’actualité.
Maître Garance Mathias,
GM Avocats
Expert du droit des affaires
et de l’accompagnement
des entreprises notamment
sur les enjeux juridiques liés
aux technologies avancées
et à la sécurité des systèmes
d’information.
Par Maître Garance MathiasATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
56 VEILLE ET POSITION
tation des traitements mis en œuvre avec des mesures de confiden-
tialité spécifiques, selon la typologie et la sensibilité des données. Le
principe d’accountability conduit à assurer une véritable traçabilité et
transparence vis-à-vis des autorités.
La mise en œuvre de ce principe d’accountability nécessite, au sein
de l’entreprise, l’intervention forte du CIL, futur Data Privacy Officer
(pilier du respect de la conformité).
D’autres principes fondamentaux sont mis en œuvre comme celui de la
minimisation des données collectées (privacy by default) ou encore de
privacy by design. En d’autres termes, chaque nouvelle application ou
technologie traitant ou permettant de traiter des données personnelles
doit être conçue et pensée ab initio, en garantissant le niveau de protec-
tion le plus élevé. Ces deux principes sont semblables mais se différencient
par le fait que le premier laisse une marge de manœuvre à l’utilisateur.
Le concept du privacy by default a notamment son utilité dans le cadre
du développement des applications mobiles. Les paramètres par défaut
de ces applications feront ainsi en sorte que la plus grande protection
des données possible soit garantie. L’utilisateur pourra alors modifier les
paramètres (permettre la localisation par exemple) à sa guise même s’il
se verra notifier les dangers de ces changements.
UN PANEL DE SANCTIONS ÉLARGI EN CAS DE MANQUEMENTS
Eu égard au contexte décrit ci-dessus, les risques associés à une
non-conformité recouvrent de multiples aspects et ne se limitent pas
uniquement aux sanctions qui peuvent être prononcées à l’encontre
d’une entreprise. Outre la responsabilité civile de droit commun à
laquelle s’expose une entreprise qui ne respecte pas la loi, rappelons
que l’ensemble des obligations incombant à un responsable de traite-
ment est sanctionné sur le plan pénal et administratif lorsqu’elles ne
sont pas respectées.
En effet, même si le montant des amendes, tel que mentionné dans le
projet de règlement européen, se veut extrêmement dissuasif (5 % du
chiffre d’affaires annuel mondial), d’autres actions peuvent être pronon-
cées. Ainsi, à titre d’illustration, la CNIL a vu son pouvoir de sanction
renforcé notamment avec la possibilité d’effectuer des contrôles en ligne
et de prononcer des sanctions administratives ou encore de dénoncer au
Parquet certaines infractions.
DES RISQUES IMPORTANTS POUR L’ENTREPRISE
À la suite du prononcé des sanctions, les effets collatéraux sont nombreux.
Le premier effet est l’atteinte à l’image et à la réputation de l’entreprise
en cas de non-conformité avérée. Cet effet peut s’accompagner d’autres
conséquences sur les intérêts commerciaux comme le fait de voir des
fichiers déclarés illicites ou voir des collectes de données non recevables
par les tribunaux (comme l’absence de déclaration d’une badgeuse).
Cette approche de la conformité est d’autant plus prégnante au regard des
transferts de données internationaux, de la gestion de la sécurité et de la
confidentialité, notamment à la suite de l’invalidation du Safe Harbor par
la Cour de Justice de l’Union européenne, le 6 octobre 2015. Ainsi, dans ce
contexte, les contrats portant sur les transferts de données vers les États-
Unis doivent être renégociés dans les plus brefs délais.
Les enjeux entourant la protection des données sont désormais primor-
diaux pour la pérennité d’une entreprise. Ainsi, prendre en compte la
protection des données n’est pas à négliger sur le plan commercial et
renforce la crédibilité des entreprises, notamment auprès des éventuels
investisseurs ou de leurs clients.
En d’autres termes, la conformité au regard des données à carac-
tère personnel est un véritable outil de Management du Risque et de
l’image d’une entreprise. ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
57 VEILLE ET POSITION
LE SÉMINAIRE DE RENTRÉE
DE L’AMRAE : PORTEUR DE PROJETS
UNE MATINÉE ÉCLAIRANTE…
L
a matinée était consacrée à des inter-
ventions destinées à faire le point sur
les défis de l’association, pour bien
répondre au métier de Risk Manager
de demain. Bénédicte Huot de Luze,
Déléguée générale de l’AMRAE, a présenté
les principaux challenges à relever pour l’As-
sociation, les Commissions, les Rencontres,
et AMRAE Formation (dans un contexte de
réforme) pour les années à venir.
Deux invités apportaient ensuite une vision
externe très utile. Laurent Billès-Garabédian,
ancien Président de l’AX (Association des anciens
élèves et diplômés de Polytechnique), témoi-
gnait de son expérience et dispensait de judi-
cieux conseils : sur la gestion des Commissions,
des relations presse, l’organisation générale de
l’Association… Pour lui, une association « doit
savoir évoluer même quand tout va bien, pour
aller de l’avant ». Et de préciser certains points,
comme la mise en valeur du réseau, « qui doit
faire l’objet d’une intense diffusion ».
Seconde invitée : Kadidja Sinz, Directrice
générale de XL Catlin France. Durant son al-
locution, la professionnelle de l’assurance
a esquissé la vision qu’ont ses pairs des Risk
Managers. Pour elle, cela ne fait pas de doute :
« le Risk Manager est clairement un facteur de
croissance de l’entreprise, et davantage un
arbitre des différentes tendances internes ».
Autre message fort, « les Risk Managers ne
doivent pas s’inquiéter des fusions d’assu-
reurs : cela nous permet de couvrir un plus large
spectre assurantiel, et nous donne une meil-
leure maîtrise des accès aux marchés ».
…ET UNE APRÈS-MIDI STUDIEUSE
Le déjeuner fut l’occasion d’échanges entre les
administrateurs, les Présidents de Commissions,
et le Bureau permanent, avant une après-midi
plus pratique. Répartis en groupes de travail, les
participants ont planché sur le thème « Métier
Risk Manager : quels défis pour demain ? ».
Au programme, trois questions distinctes :
Et demain : quel métier, quelle fonction,
quelle perspective ? Visibilité, valeur ajoutée :
comment nous faire voir, entendre ? Nos entre-
prises bougent, évoluent : et nous ? Évolution
de carrière, reconnaissance, anticipation des
évolutions du business et du marché, et le rôle
de l’AMRAE dans ces processus.
Après quelques heures de réflexion, plu-
sieurs axes se sont dégagés : un mentoring
à l’anglo-saxonne pour faciliter l’entrée des
jeunes Risk Managers dans l’Association (et
donc dans la profession), une poursuite du
E-learning, la création de conférences en
ligne pour mobiliser davantage de partici-
pants aux différentes sessions et commis-
sions, quelle que soit la distance.
Enfin, la création d’un Club utilisateur de l’in-
dicateur du coût du risque est actée. Cet outil
développé par l’AMRAE en 2014 gagnerait à
être mieux compris, diffusé, et adapté aux
besoins des Risk Managers.
Les pistes prospectives désormais posées,
Brigitte Bouquot a retenu de 2016 que « l’AMRAE
sera ce que nous en ferons ». À bon entendeur.
Le 10 septembre 2015, l’AMRAE a tenu son séminaire de rentrée annuel à Paris. Moment essentiel
pour l’Association, cette journée a permis aux membres du Conseil d’administration et aux
Présidents de Commissions de préparer les principaux sujets à venir. Focus.
1 Laurent Billès-Garabédian, ancien Président de l'AX,
partage son expérience de gestion d'une association pro-
fessionnelle 2 Kadidja Sinz, Directrice générale de XL Catlin
France, donne la vision des assureurs sur les Risk Managers
3 Léopold Larios, Président du Groupe thématique « Obser-
vatoire des primes et des assurances », échange avec un
intervenant 4 Anne-Marie Fournier, Vice-présidente AMRAE
en charge du Pôle scientifique, échange avec un intervenant.
12
34
« L’AMRAE souhaite ancrer
son action et ses décisions
dans les pas du métier,
de son évolution et de ses
défis ».
Brigitte Bouquot,
Présidente de l’AMRAE
François Malan, Vice-président AMRAE en charge du Métier Risk Manager, présente le Baromètre du Risk Manager 2015.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
58 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ORGANISATION
APRÈS TIANJIN : LA GESTION
DES SINISTRES EN CHINE
Pour analyser les explosions et les indemnisations au port de Tianjin,
la Commission Dommages aux biens de l’AMRAE a tenu une session spéciale
le 22 septembre dernier avec des experts et assureurs venus de Chine.
M
ercredi 12 août 2015, port de marchan-
dises de Tianjin. Une explosion assour-
dissante se fait entendre à 23 heures.
Dans une zone de stockage de véhicules
d’import et de conteneurs renfermant des
matières hétérogènes, à forte valeur économique, les
pompiers arrivent rapidement pour éteindre l’incendie.
Et arrosent sans le savoir des produits chimiques qui, au
contact de l’eau, provoquent une seconde explosion.
Bilan : 123 morts, 167 blessés, 13 disparus, et une
catastrophe écologique due à la dispersion de produits
chimiques.
Économiquement, les conséquences sont lourdes, puisque
Grégoire Lancner, Responsable du Foreign desk au sein de
PING’AN (compagnie chinoise d’assurances), estime à 10
milliards de dollars le total des dégâts. « Seulement 1/7
e
des marchandises étaient assurées, on ne sait pas si celles
qui ont été endommagées l’étaient », précise-t-il.
CULTURE DIFFÉRENTE =
GESTION DIFFÉRENTE DES SINISTRES
Venu de Pékin, Grégoire Lancner apporte aux auditeurs
son regard d’assureur immergé dans les affaires et la
culture chinoises. Il souligne « la difficulté à être informé
des polices Stand Alone : les grands groupes doivent
inclure ces polices dans leurs programmes internationaux,
afin que l’apériteur et le courtier global soient en contact
régulier avec leurs homologues locaux ».
Autre spécificité locale, le fonctionnement du loss
adjuster. « En Chine, il se prononce sur la couverture
assurantielle et doit donc avoir d’importantes capacités
d’expertise ».
Enfin, Grégoire Lancner explique que « les Chinois aiment
entretenir des relations d’amitié, même dans le business ».
Avoir de bons rapports avec son assureur améliore la
vitesse de traitement d’un dossier en cas de sinistre.
GÉRER CORRECTEMENT L’APRÈS-TIANJIN
Face à la volonté du gouvernement chinois de limiter la
contamination, la vigilance est de mise. « La preuve de
la non-contamination de ses produits revient au client.
Entourez-vous de bons experts, et faites établir des certificats
de conformité pour prouver votre bonne foi en cas de contrôle
surprise », prévient Grégoire Lancner. « En cas de doute,
vos marchandises sont mises en quarantaine… et peuvent
être détruites par l’État, sans que vous ayez un quelconque
recours ». Un Risk Manager averti en vaut deux.
Grégoire Lancner,
Responsable du Foreign
desk, PING’AN
L’ÉCLAIRAGE DES EXPERTS DU GROUPE ERGET
Le Groupe Erget : de capitaux privés, il est un spécialiste de l’expertise pour le compte des compagnies d’assurance, des risques de responsabilité civile, des risques techniques et des risques de construction.
Jacques Le Goff revenait sur la géographie du lieu et le souffle de l’explosion. Pour lui, le fait que certains
bâtiments aient été désagrégés dans le rayon de l’explosion, contrairement à d’autres, pose la question
« d’une explosion interne de ces structures, peut-être due à un stockage de produits chimiques ». L’expert doute
que du gaz d’acétylène soit responsable de la seconde explosion. « Un gaz ne forme pas un cratère en explosant,
alors qu’un solide posé au sol, si ». Et revient sur le nitrate d’ammonium, qui peut exploser sans oxygène… comme dans
l’usine AZF de Toulouse.
Philippe Gautier a résumé l’histoire du port de Tianjin, « dont la croissance exponentielle est anarchique depuis 15 ans, et
qui est plus important que la plupart des ports européens ». Son estimation financière du sinistre diffère parfois de celle
de Grégoire Lancner : « 60 millions de dollars de dégâts sur les conteneurs, 68 millions de dollars pour les marchandises
stockées, 1,5 milliard de dollars de véhicules hors d’usage, pour un sinistre global d’environ 4 milliards de dollars ». Appelé
récemment à Marseille pour examiner un conteneur provenant de Tianjin, l’expert pointe aussi le fait qu’aucun embargo
sur les produits venant de ce port n’est observé malgré des risques évidents de contamination.
Jacques Le Goff
Philippe Gautier ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
59 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS
UN CAFÉ D’ÉCHANGES SPÉCIAL ATTENTATS
ENTRE RISK MANAGERS ET EXPERTS
P
our apporter des éléments de réponse, deux experts étaient
invités : Bernard Mettetal, Avocat de HMN & Partners, et
Benoît Vraie, Maître de conférences à la Sorbonne et Président
de la Commission Intelligence économique, Crises et PCA
de l’AMRAE. Rapidement, trois points majeurs ont émergé
des problématiques des Risk Managers présents : renforcement de la
sécurité dans les entreprises, programmes d’assurance spécifiques au
terrorisme et protection des collaborateurs.
LA SÉCURITÉ, UNE CHIMÈRE ?
M
e
Mettetal a rappelé que « le Code du travail français mentionne l’obli-
gation de sécurité pour les entreprises, qui doivent prendre toutes les
mesures nécessaires pour protéger leurs salariés ». Le rôle de l’État est
important, « puisqu’il peut pour les SAIV (Secteurs d’Activité d’Importance
Vitale) fixer certaines mesures obligatoires », a rappelé Benoît Vraie, qui
précise que l'État est aussi « seul responsable de la sécurité publique ».
Dans ce cadre, les fouilles de sacs et vigiles à l’entrée constituent plus
un outil de dissuasion qu’une protection réelle.
Quant à l’embauche et le suivi de personnes/salariés à risque, il est
impossible. « L’entreprise n’a pas le droit de s’immiscer dans la vie
privée. Votre seul recours est de signaler le salarié aux autorités en cas de
suspicion. À part les OIV (Organismes d’Importance Vitale), l’entreprise
ne peut pas faire grand-chose pour examiner le passif d’un candidat », a
rappelé Benoît Vraie.
ASSURANCES, INDEMNISATIONS ET EXCLUSIONS :
SOYEZ VIGILANTS
Côté assurances, un constat : « la guerre est souvent exclue des contrats ;
les émeutes et attentats constituent un cas particulier pour lequel il faut
négocier des garanties complémentaires », explique Bernard Mettetal.
À vous donc de vérifier vos polices avec votre courtier.
Les dommages immatériels non-consécutifs « ne feront pas l’objet
d’une grande appétence du marché français, tant qu’il n’aura pas déli-
mité l’étendue du risque », a résumé l’avocat.
Quant à la Responsabilité Civile, « elle est difficilement chiffrable ».
Enfin, la réassurance obligatoire GAREAT concerne seulement les mon
tants au-delà de 20 millions d’euros, donc majoritairement les grands
groupes.
PROTECTION DES COLLABORATEURS
Autre conséquence des attentats : des salariés à l’étranger à protéger
et des collaborateurs choqués. Benoît Vraie a préconisé un « travail
pédagogique de l’entreprise, qui doit éviter la sur-réaction, plus inquié-
tante que rassurante. Sa réponse doit être adaptée à sa culture et à son
secteur d’activité ».
Pour protéger les salariés à l’étranger, Bernard Mettetal a considéré
que « l’affinage de la cartographie des risques, ainsi que la sous-trai-
tance de la sécurité dans des États faibles ou faillis », constituent deux
leviers majeurs. Suivre les informations du Ministère des Affaires
Étrangères concernant les zones à risque est utile, mais « il faut croiser
ces informations avec celles de ministères d’autres pays pour avoir une
meilleure vision », a ajouté un Risk Manager.
La plus simple des protections reste pour Benoît Vraie de « se fondre
dans la masse, en travaillant sur place uniquement avec des relais bien
identifiés par l’entreprise ».
En réaction aux attentats du 13 novembre, l’AMRAE a organisé un temps d’échanges autour de
deux intervenants, qui a réuni une quinzaine de Risk Managers. L’occasion de se raconter le trau-
matisme, de partager les bonnes pratiques, de dispenser des conseils et d'effectuer des retours
d’expérience.
Retrouvez toutes
les informations sur la page
« résilience attentats » :
http://amrae.fr/resilience-attentats
L’AMRAE vous invite à échanger avec
vos courtiers et avocats spécialisés sur
les points mentionnés dans l’article.ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
60 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS
LA 3
e
CONVENTION
DE LA FRANCOPHONIE
LA CONFÉRENCE
SUR LA GOUVERNANCE
DES RISQUES
« L’actualité se fait en permanence l’écho de dégâts majeurs et de constats
chiffrés, qui montrent l’absence satisfaisante d’accord sur la gouvernance des
risques », a résumé Denis Zandvliet, Associé Value€360 et organisateur de la
conférence, en ouverture.
Une gouvernance qui doit débuter bien en amont pour Benoît Lange, Directeur
Commercial France de Bouygues Travaux Publics : « la gestion des risques est
un aspect central dans le management de projets, dont même la phase commer-
ciale comporte une approche conséquente des risques liés ». Et de constater
que « la contractualisation de la gestion des risques à la demande du client est
une demande qui s’accentue. En phase de travaux, la matrice de risques faite en
amont devient un instrument de pilotage ».
LA GOUVERNANCE IDENTIFIÉE DES RISQUES,
UNE DEMANDE CROISSANTE
« Nous sommes passés en quelques années de la simple gestion des risques à
l’Enterprise Risk Management, qui est une prise en compte globale de l’ensemble
des paramètres au niveau corporate » constate Brigitte Bouquot, Présidente de
l’AMRAE et Directeur des Assurances et de la Gestion des risques de Thales.
Constatant l’intérêt croissant des comités de direction pour ces thématiques,
Brigitte Bouquot remarque que « la question de leur présentation synthétique
se pose ». En présentant l’organigramme de l’ERM du position paper AMRAE /
IFACI relatif aux lignes de Maîtrise, elle a décrit les enjeux de gouvernance et
la nécessaire convergence des processus pour impliquer le Risk Management
dans la décision stratégique.
Sans grande surprise, Philippe Moutenet, Associé et Commissaire aux comptes
de Mazars, a relevé que « le CAC 40 a une appétence aux risques quasi exponen-
tielle », car « le principal risque comptable pour le CAC est l’anomalie significative
dans les comptes d’une entreprise ». D’où une surveillance à tous les niveaux des
dispositifs de gestion des risques des grandes entreprises, « à l’aide de référen-
tiels qui se complètent chaque jour davantage ». Pour lui, « il faut maintenant un
système de management intégré du risque qui permette une actualisation, une
consolidation, et une restitution au plus haut niveau stratégique ».
LA VIGILANCE SPONTANÉE… MAIS ORGANISÉE
Comment alors organiser une vigilance permanente du risque ? Jean-François
Barbet, PDG de Sector, a noté que les consultants « ont plutôt tendance à mobi-
liser des vigilances qui rejoignent la notion de risques émergents »... qu’il faut
accompagner d’une « vigilance transverse en interne, qui permet de dégager
dans les grands groupes des problématiques différentes ».
Cette conférence de haut niveau a également permis de jeter un pont entre ingé-
nieurs et Risk Managers, les uns découvrant les problématiques professionnelles
des autres.
Après les travaux préparatoires, le Club Francophone
du Management des Risques et des Assurances (abré-
gé en Club Franco Risk) a été officiellement créé en
2015. Il tiendra la 3
e
Convention de la Francophonie
à Lille, lors des 24
e
Rencontres AMRAE. Un point
d’étape avec son président Gilbert Canaméras.
54 ingénieurs et Risk Managers ont assisté à la conférence « Risk
Management : comment décider ? »,organisée par Centrale Supélec
en partenariat avec l’AMRAE le 22 octobre dernier. Au programme :
des regards croisés sur la gestion et la gouvernance des risques.
2015, PREMIÈRES ACTIONS CONCRÈTES POUR LE
CLUB FRANCO RISK ?
Après une première réunion en 2014
à Casablanca, qui a rassemblé 120
Risk Managers francophones, le Club a
participé cette année aux Rendez-vous
de Casablanca de l’assurance en avril,
ainsi qu’à la conférence annuelle de
l’AGRAQ (Association des Gestionnaires
de Risques et d'Assurance du Québec)
au Canada. Le bureau est constitué,
les statuts sont déposés ; le travail de
mise en place du réseau peut à présent
commencer. Nous avons ressenti lors
des différents évènements une attente
suscitée par le Club, et nous allons
répondre aux besoins et demandes
exprimés.
Cela commence par la 3
e
Convention de la Francophonie,
qui aura lieu dans le cadre des 24
e
Rencontres du Risk
Management AMRAE, sur le thème « Climats à hauts
risques ». Comment les pays francophones se préparent-ils
au changement climatique ? Nous répondrons à cette ques-
tion grâce aux témoignages des entreprises et assureurs qui
interviendront.
QUELLES SONT LES ATTENTES SUSCITÉES PAR
LE CLUB ? VOS ACTIONS POUR Y RÉPONDRE ?
Dans de nombreux pays francophones, le Risk Manager est
isolé, faute d’existence d’une association professionnelle
locale. La vocation du Club est de leur offrir un espace
d’échanges, de partage des bonnes pratiques, de retours
d’expérience entre pairs, d’accès aux informations.
Nous travaillons à la mise en place de voyages d’étude
professionnels, de soirées dédiées aux membres, et de jour-
nées-conférences, afin d’essaimer les bonnes pratiques que
nous aurons constatées dans les différents pays visités. Des
contacts ont été pris dans des pays tels que le Maroc, la
Tunisie, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Sénégal, le Canada, le
Benelux, pour préparer ces actions et déplacements.
Nous sommes conscients des attentes suscitées par le Club :
à nous de gérer nos risques pour ne pas les décevoir !
Suivez le Club Franco Risk sur Twitter : @Clubfrancorisk
Gilbert Canaméras,
Président du Club
Franco RiskATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
61 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS
ASSISES DE LA SÉCURITÉ
Les Assises de la Sécurité et des Systèmes d’Information fêtaient cette année leurs 15 ans
d’existence. L’AMRAE y était présente. Objectif : anticiper les nouveaux Cyber Risks et se
rapprocher des RSSI. Retour sur le futur.
R
éférence en matière de solution SI et de protection infor-
matique, les Assises de la sécurité ont évolué ces dernières
années. Conservant leur orientation business, elles ont déve-
loppé un programme scientifique toujours plus dense pour
anticiper les problématiques majeures à venir.
Avec l’augmentation exponentielle des cyber-attaques, des piratages
ou du phishing (fraude pour obtenir des renseignements person-
nels dans le but de perpétrer une usurpation
d'identité, N.D.L.R.), « le Cyber Risk est entré
dans les dix risques les plus craints par les entre-
prises », rappelle Hélène Dubillot, Directrice
de la Coordination scientifique de l’AMRAE et
présente aux Assises 2015. « L’AMRAE travaille
depuis longtemps sur ce sujet, c’est un moyen de
nous rendre visibles, d’enrichir notre réseau, de
connaître les décisions des institutions et l’ac-
tualité du domaine pour poursuivre nos travaux,
et de capter des tendances ».
L’AMRAE TRAITE DES POLICES
D’ASSURANCES CYBER
Cette année, Nadine Delouche, Risk Manager
de GIRC AGIRC-ARRCO, intervenait en tant que
membre AMRAE dans la table ronde « Cyber assu-
rances : répondent-elles aux besoins des entre-
prises ? ». Si le public est spécialiste des SI en
général, il est moins connaisseur des manières
de garantir financièrement les conséquences
du Cyber Risk. « Les RSSI n’ont pas toujours
conscience des différences entre les polices, d’où
l’intérêt d’une bonne communication entre eux et
les Risk Managers », témoigne Nadine Delouche.
Aux côtés d’un RSSI, d’un représentant des assureurs et courtiers, et du
Clusif (Club de la Sécurité de l’Information Français), la Risk Manager
énonçait une de ses problématiques majeures : « définir des périmètres
de recouvrement de la police cyber. Souvent l’entreprise est déjà assurée
en RC, elle doit donc établir précisément la réalité du besoin à couvrir dans
sa police cyber ». Dans ce cadre, « mieux vaut travailler ensemble en amont
qu’a posteriori », précise l’intervenante… qui souligne le travail de fond
entre l’AMRAE et les RSSI. « Ces derniers utilisent un jargon professionnel
que les Risk Managers gagneraient à connaître ; l’idée d’un dictionnaire du
Cyber Risk est dans nos tuyaux », conclut Hélène Dubillot.
LES ASSISES DE LA SÉCURITÉ EN QUELQUES CHIFFRES
2 100 professionnels
1 000 DSI et RSSI
537 sociétés représentées
55 experts
Prochaine édition : du 5 au 8 octobre 2016
Nadine Delouche,
Risk Manager
de GIRC AGIRC-ARRCO
Hélène Dubillot,
Directrice de
la Coordination scientifique de l’AMRAEATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
62 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS
L’AMRAE RHÔNE-ALPES
À PREVENTICA LYON
450
exposants, 9 000 visiteurs en 3 jours :
l’édition lyonnaise est le fer de
lance de Preventica. Dans l’enceinte
d’Eurexpo, les PME fabriquant du
matériel de sûreté/sécurité (de la
vidéosurveillance en passant par l’équipement de protection indivi-
duel) côtoient les organismes qui travaillent sur ces sujets. Dans les
allées déambulent tour à tour et simultanément des consultants en
risque, « techniciens du risque » spécialisés dans un domaine particu-
lier, responsables sûreté et sécurité, et… des adhérents AMRAE.
UNE CONFÉRENCE SUR LE DEVOIR DE VIGILANCE
L’antenne AMRAE Rhône-Alpes a souhaité traiter du devoir de vigilance
lors d’une conférence spéciale, inscrite à l’agenda du salon. Le thème :
« Quelles responsabilités des multinationales envers leurs filiales et
sous-traitants ? ».
Xavier Mary, Pilote de l’antenne Rhône-Alpes, commençait en rappe-
lant l’importance du tissu économique local, qui englobe maisons-
mères employant des filiales à l’étranger.
La question du devoir de vigilance était ensuite abordée sous un angle
essentiellement juridique par Fabienne Raverdy, juriste à Axa Corporate
Solutions. Avec en toile de fond le projet de loi actuellement débattu
en France. Définissant une multinationale comme « un ensemble de
sociétés réparties dans des États différents et obéissant à une stratégie
commune définie par une ou plusieurs sociétés mères », elle montrait
aujourd’hui leur responsabilité juridique limitée en droit français, « où
existent les principes de l’autonomie des personnes morales, du droit de
la responsabilité civile, et de la responsabilité pénale personnelle : nul
n’est responsable que de son propre fait », soulignait la juriste.
Si le droit anglo-saxon a posé les bases d’une responsabilisation via la
soft law assez peu contraignante, le contexte semble aujourd’hui favo-
rable au contrôle de la supply chain. Une réaction juridique soulevée
notamment par des drames tels que celui du Rana Plaza : faut-il passer
à la hard law ?
DE LA SOFT LAW À LA HARD LAW ?
C’est l’objet du projet de loi français, plus coercitif. Le 11 février 2015,
la deuxième proposition de loi comprenait « deux volets majeurs :
l’obligation d’établir un plan de vigilance, et une responsabilité de droit
commun », détaillait Fabienne Raverdy.
Le plan de vigilance devra contenir, si la loi est adoptée, des éléments tels
qu’une cartographie des risques pays par pays, des audits sociaux et envi-
ronnementaux, des mesures de formation des salariés et d’information
des syndicats, ou encore une contractualisation des engagements RSE.
Dans sa forme actuelle, le projet de loi pose un certain nombre de
questions : quel sera l’objet du décret d’application ? Quel rang de
relation commerciale (N-1, N ?) ? Quelle étendue des pouvoirs du juge ?
Parmi les sanctions prévues, une amende de 10 millions de dollars et
une injonction pour la multinationale d’établir et de communiquer au
public la mise en œuvre de son plan de vigilance, et d’afficher une déci-
sion de justice à ses frais.
D’autres problèmes apparaissent également, à l’instar de la possibilité
pour une ONG de se porter partie civile et de réclamer un dédommage-
ment pour préjudice moral. Et une question de taille : si la loi adoptée
est française, un juge français pourrait-il appliquer cette loi à un acci-
dent survenu à l’étranger ?
Le 18 novembre 2015, le Sénat a supprimé les trois articles du texte.
En conséquence, la proposition de loi n’a pas été adoptée. La soft law
restera probablement la référence internationale, rappelant la posi-
tion de l’AMRAE exprimée en avril dernier : « faisons confiance à l’En-
treprise et souhaitons que les acteurs de la maîtrise des risques jouent
plus que jamais leur rôle moteur sur ces sujets ».
Le salon consacré à la santé au travail, à la sûreté et à la sécuri-
té a eu lieu du 13 au 15 octobre 2015. Pour élargir son réseau
et se faire connaître, l’AMRAE Rhône-Alpes, partenaire du sa-
lon, y était doublement présente, avec un stand, et lors d’une
conférence sur le devoir de vigilance.
L'ANTENNE DE NIORT ET LES HAPPY APÉROS
T
erminer une journée de travail avec des échanges professionnels informels dans un cadre détendu : c’est
le principe des « Happy apéros ». Lancés par l’antenne régionale de l’AMRAE à Niort sous l’impulsion de sa
Pilote Marie-Élise Lorin : « nous nous retrouvons autour d’un verre pour échanger autour d’un thème prédé-
fini, en lien avec nos activités. Les adhérents parlent très ouvertement des difficultés qu'ils ont pu rencontrer.
Ils échangent sur la manière dont ils ont abordé le problème eux-mêmes ou apprennent de leurs pairs qui ont
eu affaire aux mêmes obstacles ». Moment convivial, les « Happy apéros » sont aussi une source d’enrichissement
mutuel et un moment d'expression de l'intelligence collective. ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
63 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
RÉGIONS
Rencontres AMRAE 2016 - Stand B4
sinistrespolices
risques
primes
courtiers
filiales
S/P
cartographie business intelligence
compliance
risques naturelscollaboratif
ventilation
flottes auto
business Units
renouvellements
déclaration
polices locales
communication
calculs
expertscouvertures
recommandations
analyses
logiciel
attestations
simulations franchises
analyse géographiqueportail
collecte des valeurs
prévention
Par Anne-Sophie David
ÉTAT DU MARCHÉ
DE L’ASSURANCE IARD
C
ette année, quatre cour-
tiers (Diot, Marsh, Gras
Savoye, Siaci Saint Honoré)
ont apporté leur concours
à l’enquête, conduite pour
l’AMRAE par Léopold Larios, Pilote de
l’Observatoire des primes et des assu-
rances, et Hélène Dubillot, Directrice
de la Coordination scientifique (sous
la supervision d’Anne-Marie Fournier,
Vice-présidente en charge du Pôle scien-
tifique).
Le mouvement de concentration des assu-
reurs constaté cette année risque d’entraî-
ner mécaniquement à moyen ou long terme
– car pour l’heure les capacités financières
sont abondantes et la sinistralité faible -
une réduction des offres et une augmenta-
tion des tarifs.
L’AMRAE estime que s’il est aujourd’hui
difficile pour les assureurs de trouver de
nouvelles sources de revenus, « on peut se
demander si en augmentant les rétentions et
les franchises, les assureurs n’ont pas perdu
de la matière. En les réduisant, ils pourraient
retrouver à la fois des volumes primes et sur-
tout leur savoir-faire dans la gestion des si-
nistres de fréquence. »
DOMMAGES ET PERTE D’EXPLOITATION
Si les couvertures sont quasi inchangées
et relativement larges, les capacités sont
toujours aussi réduites sur les zones très
exposées aux événements naturels. À noter
que le marché des ETI est toujours aussi
concurrentiel. En matière de perte d’exploi-
tation sans dommage, l’AMRAE confirme que
les assureurs sont à l’écoute : il n’y a pas de
solution unique mais de multiples réponses
selon les types de business concernés. Les
Etat du Marché de
l’assurance IARD
Octobre 2015
80, Boulevard Haussmann 75008 PARIS
L’AMRAE a publié son 11
e
baromètre sur l’État du Marché de l’as-
surance IARD. Très dur après le vent de panique provoqué par les
attentats du 11 septembre 2001, le marché est « soft » depuis
2005. Des réductions tarifaires sont encore constatées en cette
fin d’année sur certains segments de marché…
études sont lancées, les courtiers et assureurs
s’intéressent enfin à la question : un départ qui
pourrait être prometteur…
SUPPLY CHAIN
Les garanties observées sont essentiellement
adaptées aux entreprises travaillant avec peu
de fournisseurs (10 à 15 maximum). Elles ne
répondent donc pas aux besoins des grands
groupes. Avec peu d’acteurs sur cette niche, les
capacités sont limitées. Les franchises et tarifi-
cation sont donc élevées.
RISQUE TERRORISME
L’AMRAE relève que les garanties se sont éten-
dues, les franchises sont en baisse et les capacités
en hausse, preuve que les assureurs se sont saisis
du sujet pour les risques situés hors de France.
RISQUE POLITIQUE
Le marché devrait se diriger vers une étendue
des garanties sans hausse de tarif.
CONSTRUCTION
Si les assureurs n’ont pas baissé de façon dras-
tique les tarifications, ils ne les ont pas augmen-
tées non plus et les capacités restent les mêmes. À
noter que certains secteurs spécifiques ne suivent
pas ces tendances : les travaux offshore, les tun-
nels ou les forages, qui s’estiment au cas par cas.
TRANSPORT
Le baromètre révèle une hausse des capacités de
10 à 20 % et les prix parfois en baisse (jusqu’à
10 %). Coté étendue des couvertures, elles restent
stables sur un marché où le risque est encore
souvent difficile à appréhender car moins quan-
tifié que les autres (valeurs transportées dans le
monde). Le Raets, assureur majeur sur ce secteur
en France, a d’ailleurs annoncé qu'il augmentait
sa capacité à 1 milliard de dollars.
RESPONSABILITÉ CIVILE
La baisse de tarifs y est également observée.
« Pour l’instant, les menaces liées à l’introduction
des class actions en Europe ne se sont pas réalisées
donc les assureurs sont plutôt à la baisse sur les
tarifs de ces lignes », note l’AMRAE.
CYBER RISKS
Si les produits sont plus sophistiqués, les assurés
n’ont pas encore franchi le pas de la souscription
car une quinzaine seulement d’entreprises du
CAC 40 auraient souscrit de telles garanties.
RISQUE CRÉDIT
Malgré les contraintes liées à Solvency II, le mar-
ché du risque crédit - toujours étroit car composé
de trois acteurs - enregistre encore des capacités
importantes et des baisses de tarifs (de 2 à 5 %)
suivant l’historique des entreprises et leur profil
de risque.
LIGNES FINANCIÈRES
Les franchises sont stables d'une manière gé-
nérale sauf pour certains risques comme l’EPL
(responsabilité litige droit du travail) et fraude
notamment, qui connaissent un accroissement
de la sinistralité en raison des nombreux cas de
licenciements économiques ou encore la fraude
au faux président (escroqueries aux virements
internationaux).
Au final, malgré un accroissement de l’exposition
au risque et à la sinistralité, sur les lignes Fraude
internet et externe, EPL, RCMS, les marchés
restent sur-capacitaires et les tarifs stables.
Rencontres AMRAE 2016 - Stand B4
sinistrespolices
risques
primes
courtiers
filiales
S/P
cartographie business intelligence
compliance
risques naturelscollaboratif
ventilation
flottes auto
business Units
renouvellements
déclaration
polices locales
communication
calculs
expertscouvertures
recommandations
analyses
logiciel
attestations
simulations franchises
analyse géographiqueportail
collecte des valeurs
préventionATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
65 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS
UN GUIDE SUR LA GESTION
DES RISQUES ET LA RSE
« La Responsabilité Sociétale des Entre prises constitue une source de développement et d'activités
nouvelles. La RSE est aussi génératrice de risques potentiels : risque d’image au premier chef
en cas de manquements aux engagements pris par l’entreprise, mais aussi risques juridiques et
financiers », a expliqué Daniel Lebègue, Président de l’ORSE.
C’est pourquoi le Club Finance de l’ORSE a intégré les risques RSE aux dispositifs de maîtrise
des risques dans le secteur de l’assurance dans un guide, à partir de travaux débutés en 2011.
Un ouvrage qui trouve sa pertinence à un moment où deux facteurs de nature réglementaire
militent pour une plus large maîtrise de ces différents risques :
➊ l’adoption d’un nouveau cadre de réglementation Solvabilité II qui va s’imposer à compter
de 2016 aux différents acteurs du secteur en vue de mieux sécuriser leurs activités ;
➋ les exigences des autorités françaises de contrôles et de régulation, AMF et APCR, qui portent
notamment une attention croissante au devoir de conseil et à la protection des intérêts du
client.
RSE ET ASSURANCES : DE VRAIS LIENS ÉTROITS
Le guide s’appuie sur quatre postulats majeurs : ERM (gestion des risques intégrée à la stratégie
de l’entreprise) et assurance sont liés ; ERM et stratégie RSE sont devenues une nécessité pour
les entreprises ; RSE et assurance se placent toutes deux sur le terrain sociétal ; et enfin, ce sont
deux démarches méthodologiquement convergentes.
Le guide est donc découpé en 3 parties majeures : la première section, intitulée « Prendre
connaissance », permet au lecteur de découvrir son objectif, sa démarche, la synthèse des
principaux enseignements tirés des analyses, et les définitions retenues pour sa réalisation.
La seconde partie, « Comprendre », décline les enjeux RSE par processus clé (processus métier
et support). La troisième partie, « Mettre en œuvre », fournit des lignes directrices pour
l’utilisation opérationnelle du guide.
« L’ORSE a réalisé un travail conséquent d’analyse et de ventilation des textes en relation avec les
processus des entreprises d’assurance. C’est un document de référence, riche en informations
(ou le cas échéant d’indications pour les trouver) et d’exemples. Ce guide peut permettre au
Risk Manager de se poser des questions complémentaires dans sa propre démarche, de mieux
appréhender certains impacts, auxquels il n’aurait pas forcément pensé », souligne Anne-Marie
Fournier, Vice-présidente de l’AMRAE.
« COMMENT MIEUX
MAÎTRISER LES RISQUES
DANS LE SECTEUR DE
L’ASSURANCE GRÂCE
À LA RSE ? »
L’ORSE (Observatoire sur la Responsabilité Sociale des Entre prises) a présenté son guide
« Comment mieux maîtriser les risques dans le secteur de l’assurance grâce à la RSE ? » dont
l’AMRAE est partenaire lors d’une conférence-débat le 16 octobre dernier. ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N?7 I DÉCEMBRE 2015
66 ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS
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Sans titre-1 1 25/11/2015 10:53:15
Comment définir la cybercriminalité ?
Il s’agit de l’ensemble des infractions pénales commises à l’encontre
ou au moyen d’un système d’information et de communication. Ce
concept recoupe à la fois les atteintes aux biens (piratage d’ordina-
teurs ou de sites internet, vols de données, etc.) et aux personnes. Ces
atteintes se complexifient du fait des innovations technologiques et de
la dématérialisation (big data, cloud computing).
Les cibles principales sont les entreprises, victimes de cyber-attaques
(failles de sécurité, fuite de l’information, vol et divulgation de don-
nées sensibles, atteintes à leur e-reputation, etc.) et responsables
des données personnelles traitées en leur sein (fraudes externes ou
internes aux systèmes d’information).
Les entreprises mettent en œuvre des politiques de cybersécurité afin
de lutter contre le « risque externe » d’éventuelles intrusions fraudu-
leuses, et de limiter le « risque interne » de non-conformité à la régle-
mentation relative aux données personnelles (mise en place de chartes
de protection, codes éthiques, etc.) dont la sécurité est à leur charge
(article 226-17 du Code pénal).
On constate une prise de conscience des entreprises avec aujourd’hui
60 milliards de dollars dépensés chaque année dans le domaine de la
cybercriminalité et une hausse des dépenses évaluée à 10 % par an du-
rant les 3 à 5 prochaines années (Etude PwC
1
).
Quel est le cadre juridique de la lutte contre la cybercriminalité ?
Cette lutte nécessite une politique de « cybersécurité », de contrôle et
de prévention des risques afin de sensibiliser les acteurs sur la protec-
tion des données personnelles.
Son cadre juridique se situe au niveau national (loi Informatique et
Libertés de 1978, loi Godfrain de 1988 relative aux fraudes informa-
tiques, loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie
numérique…) et européen (directive 95/46/CE sur les données person-
nelles, Convention de Budapest de 2001 sur la Cybercriminalité…). On
peut également citer la Charte des Droits Fondamentaux de l’UE et son
article 8, relatif à la protection des données personnelles.
Plusieurs organismes ont été créés, comme l’office central de lutte
contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la
communication, la brigade d’enquête sur les fraudes aux technologies
de l’information, etc.
La protection des données personnelles constitue le prolongement du
droit au respect de la vie privée consacré par l’article 12 de la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme et l’article 9 du Code civil.
L’impératif de sécurité doit s’accorder aux droits fondamentaux en vue
d’un équilibre entre la protection des intérêts de l’entreprise et la pro-
tection de la vie privée des salariés et leurs données personnelles.
Comment les entreprises gèrent-elles les risques nouveaux liés à la
cybercriminalité ?
Les entreprises mettent en œuvre une gestion de risques via une
cartographie et une hiérarchisation des risques. L’avènement de la
dématérialisation et le développement des objets connectés rendent
nécessaire la création d’un espace de confiance.
Parmi les mesures pouvant être mises en œuvre, on peut citer la sécuri-
sation du système d’information via un cryptage des données, la mise
en œuvre de chartes de sécurité, d’exercices de sécurité, ou encore la
sensibilisation des salariés des entreprises, premiers concernés par le
risque d’erreur humaine, lié notamment à l’apparition dans certaines
entreprises de la politique du « bring your own device ».
L’élimination totale des risques informatiques semble difficile pour une
entreprise, ce qui pose la question de l’externalisation de ces risques
et, bien sûr, de la souscription de couvertures d’assurance dédiées.
Le marché de l’assurance en matière de cyber-risques est encore limi-
té du fait de l’évolution constante des risques, de l’absence de recul
suffisant et de la difficulté d’évaluer leurs conséquences financières.
Néanmoins, des offres innovantes sont maintenant disponibles sur le
marché français, et méritent d’être étudiées par toute entreprise en
fonction de sa propre exposition.
LA CYBERCRIMINALITÉ
CADRE JURIDIQUE ET MOYENS
DE DÉFENSE DE L’ENTREPRISE
www.simmons-simmons.com
Par Sarah Bailey et Alexandre Regniault, Avocats, Simmons & Simmons LLP.
1
étude en date du 30 janvier 2013, intitulée « Tendances et enjeux
de la sécurité de l’information ».ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°7 I DÉCEMBRE 2015
69 NOS PARTENAIRES
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Risk Management
sans frontières
Retour sur
les Rencontres
AMRAE 2014
MÉTIER RISK MANAGER
Gestion de cr ise :
un essentiel à revisiter
en permanence
Quand un DRH et un conseil
évoquent les Risk Managers :
inter view croisée
VEILLE ET POSITION
Les défis de l’assurance
construction
PORTRAIT
Xavier Mary
Directeur du Management
des Risques
AÉROPORTS DE LYON
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • JUIN 2014 • 20€ TTCN°1
DOSSIER
Indicateur AMRAE
du coût de traitement
des r isques assurables
MÉTIER RISK MANAGER
Définition des missions
et de la structure du r isque
Gestion de sinistres
Formation à la loupe :
les Ser ious Game débarquent
VEILLE ET POSITION
Les défis de la réparation
du dommage environnemental
PORTRAIT
Alexandra Pfalzgraf
VP Insurance and Risk Management
Schneider Electr ic
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • SEPTEMBRE 2014 • 20 € TTCN°2
PORTRAIT
Oliver Wild
Directeur des r isques, assurances et conformité, Veolia
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • JANVIER 2015 • 20 € TTCN°3
DOSSIERS
Communication sur les r isques
Les entrepr ises face
aux r isques d’épidémie
MÉTIER RISK MANAGER
Pilotage et Repor ting
Financement des r isques
Risque politique
Formation à la loupe : IFA-Science Po
VEILLE ET POSITION
La notion de passé connu
à la lumière d’un arrêt récent
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL AVRIL 2015 20 ? TTcN°4
DOSSIERS
Retour sur les
Rencontres AMRAE 2015
Le SIGR
MÉTIER RISK MANAGER
Maîtr ise des r isques
Les r isques non assurables
La gestion de cr ise
Le terror isme
VEILLE ET POSITION
Devoir de vigilance
et supply chain
PORTRAIT
Brigitte Bouquot
Directeur des Assurances et de la Gestion des Risques, Thales
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL JUIN 2015 20 ? TTCN°5
DOSSIERS
La quantifi cation
des risques
Les risques
psychosociaux
MÉTIER RISK MANAGER
Le cyber r isk
Formation à la loupe :
la Compagnie des Exper ts
VEILLE ET POSITION
La réforme des contrats
PORTRAIT
Jean-François Marchand
Directeur Risques Assurances Environnement, Valeo
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL OCTOBRE 2015 20 ? TTcN°6
DOSSIERS
Appel d'offre :
choisir un courtier
Le Baromètre 2015 du RM :
retours et enseignements
MÉTIER RISK MANAGER
L'éolien (CNPP)
Formations à la loupe : E-learning AMRAE
RM à l'international : Jo Willaer t,
AGFA-GEAVERT, nouveau Président de FERMA
VEILLE ET POSITION
BYOD : une pratique à r isque
qui doit être par ticulièrement encadrée
PORTRAIT
Céline Fantin Le Calvé
Directeur Audit Interne, Risques et Conformité, bioMér ieux
Atout Risk Manager N°7
Atout Risk Manager N°7 - Trimestriel - Décembre 2015
PORTRAIT : Véronique LEMOUES, Direction Appréciation des Risques et Assurances GROUPE TOTAL
DOSSIERS :
- Solvabilité II
- Les Risk Managers face aux événements naturels