ATOUT RISK MANAGER
LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL • OCTOBRE 2015 • 20 € TTCN°6
DOSSIERS
Appel d'offre :
choisir un courtier
Le Baromètre 2015 du RM :
retours et enseignements
MÉTIER RISK MANAGER
L'éolien (CNPP)
Formations à la loupe : E-learning AMRAE
RM à l'international : Jo Willaert,
AGFA-GEAVERT, nouveau Président de FERMA
VEILLE ET POSITION
BYOD : une pratique à risque
qui doit être particulièrement encadrée
PORTRAIT
Céline Fantin Le Calvé
Directeur Audit Interne, Risques
et Conformité, bioMérieux
PAGE LIBRE
QUELLE QUE SOIT
VOTRE ACTIVITÉ, NOUS
LA PROTÉGEONS
Solutions personnalisées
pour transfert de risques,
prévention, risk management
et gestion des sinistres
Nos 1 500 collaborateurs s’engagent à protéger votre activité
sur le long terme. Grâce à notre réseau international,
nous pouvons vous accompagner dans 150 pays.
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François Malan,
Vice-président Métier de l’AMRAE
LA VISION DE L’AMRAE
DU MÉTIER DE RISK MANAGER
D
ire que le métier a évolué depuis ces dernières années est
une évidence. Il n’y a pas un seul type de Risk Manager mais
des Risk Managers aux pratiques adaptées aux organisations
dans lesquelles ils travaillent.
Notre profession est également mieux connue et reconnue en interne,
les relations avec le contrôle et l’audit interne se sont améliorées.
C’est ce qui ressort de la 4
e
édition du baromètre du Risk Manager,
réalisée en partenariat avec PWC dont cette livraison d’Atout Risk Manager
se fait largement l’écho.
Parmi nos enjeux immédiats, pour nous Risk Managers, la participation
active à la transformation digitale de nos organisations en apportant notre
expertise sur l’analyse des risques et le transfert possible à l’assurance.
Mais également, l’éclairage de nos Comex, quant aux risques systémiques
potentiels, conséquences des évolutions climatiques. Gageons que les travaux
des prochaines Rencontres AMRAE nous fourniront de la matière solide.
Car les Risk Managers sont au cœur des attentions de l’AMRAE.
Développer en continu leurs compétences, avec des formations adaptées
(ARM, CEFAR et en ligne depuis peu), favoriser le partage d’expérience
entre les membres (Speed member meeting, UDR), les rendre toujours plus
visibles et lisibles en contribuant au proYet de FERMA sur la certification du
Risk Management au plan européen, la liste est longue et notre foi dans le
métier sans faille.
L’AMRAE qui est le creuset de la diversité des Risk Managers, ne cesse de
s’ouvrir : en région, récemment, aux Risk Managers de mutuelles et sociétés
d’assurance, aux ETI. Rejoignez-là, contribuez à ses travaux, faites-nous
part de vos expériences et attentes.
Car nous ne le répèterons jamais assez : ensemble, c’est tout.
QUELLE QUE SOIT
VOTRE ACTIVITÉ, NOUS
LA PROTÉGEONS
Solutions personnalisées
pour transfert de risques,
prévention, risk management
et gestion des sinistres
Nos 1 500 collaborateurs s’engagent à protéger votre activité
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 20153
ÉDITO
PAGE LIBREPAGE LIBRE
ÉDITO .......................................................................................................................................................... 3
PORTRAIT
.............................................................................................................................................. 6
Céline Fantin Le Calvé : Directeur Audit Interne, Risques et Conformité de bioMérieux
ACTEURS EN VUE ..................................................................................................................... 9
Jo Willaert, nouveau Président de FERMA ........................................................................................................... 10
Mouvements
................................................................................................................................................................................. 11
DOSSIER .................................................................................................................................................. 13
Choisir un courtier : pourquoi et comment ?
DOSSIER .................................................................................................................................................. 27
Baromètre 2015 du Risk Manager : l'ère de la maturité
À L’AFFICHE ....................................................................................................................................... 39
MÉTIER RISK MANAGER
................................................................................................. 42
Les 1001 facettes du Risk Manager ............................................................................................................................. 42
Ils l’ont vécu : la gestion du risque face aux mutations technologiques
....................................... 44
Formation à la loupe : l’E-learning de l’AMRAE sur l’assurance transport
.................................... 48
RM à l’international : comment Agfa-Gevaert a internalisé la gestion des risques
............... 50
VEILLE ET POSITION ........................................................................................................... 52
BYOD : une pratique à risque qui doit être particulièrement encadrée
ACTUALITÉ DE L’AMRAE ................................................................................................ 54
Événements AMRAE : la journée des commissions .......................................................................................... 54
Les Rencontres AMRAE 2016
............................................................................................................................................. 57
Publications AMRAE
................................................................................................................................................................ 58
Commission
................................................................................................................................................................................... 61
Régions
............................................................................................................................................................................................. 62
NOS PARTENAIRES ................................................................................................................. 64
BULLETIN D’ABONNEMENT
........................................................................................ 66
Directeur de la publication :
Brigitte Bouquot
Directrice de la rédaction :
Bénédicte de Luze
Comité éditorial :
Bénédicte de Luze, Sophie Maguer, Hélène
Dubillot, Olivier Coppermann, Louis Favrot
Conception et coordination éditoriale,
secrétariat de rédaction : SEITOSEI
Ont contribué à ce numéro AMRAE :
Bénédicte de Luze, Louis Favrot, David Kapp,
Patrick Leroy, Nathalie Clerc, Winifrey Caudron
Journalistes :
Anne-Sophie David, Julie Le Bolzer,
Florence Puybareau, Cécile Desjardins,
Gilmar Sequeira Martins, Marie-Annick
Depagneux
Merci à tous les interviewé(e)s qui ont rendu
possible ce numéro.
Création et mise en page :
Valérie Mounier - www.ikkomoon.com
Crédits photos :
Marc Verneret, SEITOSEI,
Christian Ganet (bioMérieux)
Relations presse de l’AMRAE :
amrae-presse@seitosei.fr - 06 07 25 04 48
Régie Publicitaire : FFE
15 rue des Sablons 75116 Paris - www.ffe.fr
Directeur de la publicité : Patrick Sarfati
Chef de publicité : Caroline Martin
Tél. : 01 40 09 66 18 - caroline.martin@ffe.fr
Responsable technique : Sophie Rigal
Tél. : 01 53 36 37 85 - sophie.rigal@ffe.fr
Service journalistique : Hannibal +
Impression : PRINTCORP - France
Commission paritaire : 0716 G 92388
Dépôt légal : Octobre 2015
Encarté dans ce numéro :
le préprogramme Rencontres AMRAE 2016
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • OCTOBRE 2015 • 20 € TTCN°6
DOSSIERS
Appel d'offre :
choisir un courtier
Le Baromètre 2015 du RM :
retours et enseignements
MÉTIER RISK MANAGER
L'éolien (CNPP)
Formations à la loupe : E-learning AMRAE
RM à l'international : Jo Willaer t,
AGFA-GEAVERT, nouveau Président de FERMA
VEILLE ET POSITION
BYOD : une pratique à r isque
qui doit être par ticulièrement encadrée
PORTRAIT
Céline Fantin Le Calvé
Directeur Audit Interne, Risques
et Conformité, bioMér ieux
ATOUT RISK MANAGER
est une revue de l’AMRAE,
80 boulevard Haussmann
75008 Paris
Tél. : 01 42 89 33 16
atoutriskmanager@amrae.fr
Toute reproduction, même partielle, des textes publiés dans la revue « ATOUT RISK MANAGER » est interdite pour tous les pays,
sans autorisation écrite préalable du Directeur de publication. Toute copie doit avoir l’accord du Centre français de droit de copie
(CFC), 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris, tél. : 01 44 07 47 70, fax : 01 46 34 67 19. Cette publication peut être utilisée
dans le cadre de la formation permanente. L’éditeur s’autorise à refuser toute insertion qui semblerait contraire aux intérêts
moraux ou matériels de la publication. Sauf accords spéciaux, les manuscrits, textes et photos envoyés à la rédaction ne sont pas
restitués? La citation de marque? nom de firme? etc?? est faite sans but publicitaire et ne signifie en aucun cas que les procédés
soient tombés dans le domaine public.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 20155
SOMMAIRE
CÉLINE FANTIN LE CALVÉ : DIRECTEUR AUDIT INTERNE,
RISQUES ET CONFORMITÉ DE BIOMÉRIEUX
PRAGMATIQUE
2014, Alexandre Mérieux prend la Direction Générale de bioMérieux, acteur mondial du
diagnostic in vitro et l’organise autour de trois régions et ses deux marchés clés : le diagnostic
clinique et le contrôle microbiologique industriel. Il crée alors la Direction des Risques aux
côtés de la Direction Audit interne.
Témoignage de Céline Fantin Le Calvé, Directeur Audit Interne, Risques et Conformité de bioMérieux.
« Grâce à la mise en place
d’une direction dédiée,
nous avons pu passer d’une
compilation de risques globaux
à une cartographie d’une
vingtaine de risques majeurs. »
Grâce à la mise en place
d’une direction dédiée,
Grâce à la mise en place
d’une direction dédiée,
D
iplômée de l’École Supérieure
de Commerce de Marseille,
Céline Fantin Le Calvé se
lance dans la vie profes-
sionnelle en intégrant KPMG
Audit à Paris en 2000. Elle y reste
10 ans. « Mon approche de l’audit a
toujours été axée sur une analyse des
risques », explique-t-elle.
En 2010, elle rejoint le groupe familial
lyonnais bioMérieux, au sein du dépar-
tement contrôle/audit interne créé un
an auparavant, dont elle prend la direc-
tion début 2013. Mission principale ? La
poursuite de la réalisation d’audits internes
de routine dans les filiales et le renforcement
de la culture de contrôle interne au sein de la
Société.
Puis, le périmètre des activités du département s’élargit rapi-
dement, avec la conduite d’audits d’investigation, transver-
saux ou encore de risk assessments, en lien avec la stratégie
de la Société.
Le département se transforme en « Audit Interne &
Risques » en 2014.
« Grâce à la mise en place réussie des activités
d’audit interne initiée en 2009, puis à un élargis-
sement du périmètre des activités à des missions
transversales, le département Audit Interne a
développé ses compétences avec pour ambition
de se positionner comme un véritable “business
partner” des différentes fonctions de la Société »
explique Céline.
En 2014, lors de la nouvelle organisation, la Direc-
tion Audit et Risques est rattachée au Directeur géné-
ral, avec pour objectif de mettre en place une approche
des risques innovante? simple et pragmatique? spécifique
à l’entreprise. Il s’agit d’aller au-delà du simple objectif
de conformité aux réglementations en vigueur en utilisant
la cartographie des risques comme un outil de gestion et
BIO EXPRESS
38 ans
Début de carrière chez KPMG Audit à Paris
en 2000 puis devient Directeur de Missions.
Elle développe une expérience de l’approche par les
risques, au travers d’audits de groupes et de sociétés
du CAC 40, du secteur Internet et SSII, puis de la santé.
1997-2000 Kedge Business School à Marseille.
2000-2010 KPMG Audit : Directeur de Missions
2010 bioMérieux : Auditeur Interne.
2013 bioMérieux : Directeur Audit interne/contrôle
interne.
2014 bioMérieux : Directeur Audit Interne
& Risques.
2015 bioMérieux : Directeur Audit
Interne, Risques et Conformité.
Par Marie-Annick Depagneux
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 20156
PORTRAIT
de pilotage pour la Direction. « L’enjeu
était de disposer d’une vision globale des
risques majeurs susceptibles de menacer
les objectifs stratégiques, à court terme
comme à plus long terme ».
UN MARCHÉ EN PLEINE MUTATION
L’industrie de la santé commence à nouer
des partenariats avec les GAFA (Google,
Apple, Facebook, Amazon), qui ont une
expérience dans le big data et la gestion
des données à grande échelle, pour déve-
lopper des projets de recherche communs.
L’arrivée de métiers tels que les technolo-
gies de l’information ou les biomathéma-
tiques dans le déploiement de solutions
liées à la santé? modifie considérablement
l’échelle des données analysables. « Nous
entrons dans l’ère du Big data, un risque
autant qu’une opportunité », note Céline.
PLUS DE 50 ANS D’EXPÉRIENCE
Ses racines pasteuriennes et son engage-
ment historique au service de la santé pu-
blique notamment dans la lutte contre les
maladies infectieuses, donnent au groupe
lyonnais une vraie force dans ce secteur
où les barrières à l’entrée sont élevées.
Une profession très réglementée où les
exigences de qualité sont cruciales.
Le Groupe consacre 12 % de son chiffre
d’affaires aux activités de recherche et
développement.
CARTOGRAPHIE DES RISQUES
« Grâce à la mise en place d’une direction
dédiée, nous avons pu passer d’une compi-
lation de risques globaux à une cartographie
d’une vingtaine de risques majeurs, illustrés
et quantifiés de manière factuelle avec des
cas concrets spécifiques à bioMérieux et une
orientation business. Nous sommes partis
de la stratégie de l’entreprise pour établir
notre feuille de route », illustre Céline.
Le point de départ a été la formation de
l’AMRAE « Déployer le triangle Gouver-
nance, Risques et Compliance ».
« Elle m’a fait prendre conscience de la
nécessité de connecter la cartographie
des risques à la stratégie de l’entreprise.
Ensuite, les actions de benchmarking de
sociétés très différentes, tant en termes
COURTIER ET ASSUREURS
Si assurances et gestion globale des risques fonc-
tionnaient de façon séparée, « avec cette nouvelle
direction globale des risques, nos échanges s’in-
tensifient », explique Anne-Frédérique Dujardin,
Responsable du département Assurances rattaché
à la Direction juridique.
« Jusqu’à présent, nous produisions une analyse des
risques en concertation avec les fonctions concernées
et adaptions nos assurances aux besoins identifiés
spécifiquement. Dorénavant, l’équation risques / assu-
rances sera évaluée plus globalement et sera davantage
challengée et optimisée. Par ailleurs, notre environne-
ment et nos besoins sont évolutifs : nous n’hésitons
pas à reconfigurer les franchises ou à résilier certaines
polices inadaptées. Cette revue des assurances s’as-
sortit de la révision des plans d’actions internes. »
En matière de dommage aux biens, bioMérieux s’ap-
puie sur une collaboration étroite avec Marsh, son
courtier, et ses assureurs (dont AXA est apériteur du
programme) qui effectuent les visites de site.
« D’une façon générale, Marsh nous apporte une
vision globale et complète en nous produisant les
analyses sur le rating de nos assureurs, les données
relatives à la sinistralité et son suivi et en délivrant
un solide accompagnement local », complète-t-elle.
« En 2014, nous avons effectué avec lui une remise
à plat de nos programmes d’assurance pour nous
inscrire dans la durée. Enfin, comme nombre de nos
homologues dans l’industrie, l’assurabilité du risque
cyber est un vrai sujet sur lequel une réflexion est
actuellement menée en concertation avec l’équipe
Risques », conclut-elle.
ASSURANCES : LYON PILOTE L’INTERNATIONAL
bioMérieux a fait le choix d’un programme master
pour toutes ses poli ces : RC, D&O, rapatriement,
dommage aux biens? Les pottes automobiles font
l’objet de programmes locaux.
DIRECTEUR GÉNÉRAL
Alexandre Mérieux
DIRECTEUR AUDIT INTERNE, RISQUES
ET CONFORMITÉ
Céline Fantin Le Calvé
Risks Mapping
Support & Global
Coordination
Risks Projects
Consulting
Global 4ompliance @fficer
& EMEA
4ompliance @fficer ASPA4
4ompliance @fficer Americas
Global Data Privach @fficer
Routine Audits
Investigation Audits –
Corporate Functions’audits
Risks (1 personne)
Internal Audit
(3 personnes)
Global Ethics &
Compliance
(5 personnes)
Direction des affaires juridiques
et de la propriété intellectuelle
Département Corporate Law et
Assurances
Anne-Frédérique Dujardin
3 personnes
+ Pool of
“Guest Auditors”
(25 personnes)
« La formation de l’AMRAE m’a fait prendre conscience de la nécessité de connecter la cartographie des risques à la stratégie de l’entreprise. »La formation
de l’AMRAE m’a fait
La formation
de l’AMRAE m’a fait
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 20157
PORTRAIT
de maturité sur le Risk Management que de
taille, nous ont permis d’identifier les facteurs
clés de succès et de nous lancer dans une telle
démarche. » Grâce au soutien du Comité de di-
rection et à la mobilisation d’un grand nombre
de collaborateurs dans le cadre de différents
ateliers, ce projet a été mené de façon très vi-
vante et collaborative.
« Cela a été l’occasion d’échanger librement sur
les organisations, la gouvernance, la gestion
des compétences. Les collaborateurs qui ont
participé à ces ateliers, sont désormais très
impliqués et sont demandeurs d’informations
sur les avancées accomplies. Cet intérêt col-
lectif pour la mise en place de la cartographie
des risques de bioMérieux est un atout certain
pour la pérennisation de la démarche dans son
ensemble », témoigne Céline Fantin Le Calvé.
BIEN QUALIFIER
Graduer et qualifier ces risques est le fruit
d’analyses complexes. « Nous avons accompa-
gné les collaborateurs dans leur réflexion afin
de les aider à identifier ce qu’est réellement un
risque majeur. »
Chaque risque majeur relève d’un risk spon-
sor, membre du Comité de direction. À terme,
cette cartographie des risques à vocation à être
connectée à des processus existants, devenant
ainsi un outil central pour alimenter certaines
répexions stratégiques ou budgétaires?
En parallèle, la Direction des risques et la Di-
rection des assurances mettent en place des
synergies pour optimiser le programme d’assu-
rance au regard de risques majeurs tels que
les risques pays, climatiques et terroristes par
exemple.
Prochaines étapes ? Accompagner les diffé-
rentes fonctions clés de la Société dans l’éla-
boration des plans d’actions.
CA en 2014 : 1,698 Mds €
dont 88% à l’international
2 domaines d’application :
- Diagnostic clinique :
~ 80 % du CA
- Microbiologie industrielle :
~ 20 %
du CA
9 258 collaborateurs
(à fin juin 2015)
Présence dans plus de
150 pays
au travers de
42 filiales
21 sites de production
21 sites de R&D
bioMérieux est cotée sur NYSE
Euronext Paris
3 QUESTIONS À ALEXANDRE MÉRIEUX,
Directeur général de bioMérieux
Vous avez porté la création de la fonction Risk Management, quel a été le
déclic ?
bioMérieux est une entreprise familiale avec une vision long terme. C’est dans
cet esprit que j’ai souhaité mettre en place la fonction Risk Management, l’objec-
tif étant d’avoir rapidement une perception pragmatique et globale des risques
majeurs auxquels nous sommes exposés.
Qu’attendez-vous aujourd’hui et demain du Risk Management ?
L’équipe Audit Interne & Risques a franchi la première étape permettant d’accéder
à une cartographie des risques. Intégrée aux décisions du Comité de direction et
déclinée dans les différentes activités et processus de bioMérieux, elle apparaît
comme un outil de gestion permettant aux équipes de prendre les bonnes déci-
sions pour développer les performances de notre organisation durablement.
Que diriez-vous à vos homologues dirigeants d’ETI pour créer la fonction ?
Le succès de la création de la fonction Risques repose notamment sur la mise en
œuvre d’un dispositif pragmatique et dynamique qui soit en adéquation avec la
stratégie de l’entreprise. Il nous a semblé important de nous appuyer sur l’ex-
pertise des collaborateurs dans leur domaine d?activité spécifique? la coordina-
tion revenant à l’équipe Risques qui dispose d’une connaissance transverse et
globale des différents métiers de la Société.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 8
PORTRAIT
ILS ONT REJOINT L’AMRAE
NOUVEAUX ADHÉRENTS DEPUIS JUIN
Agnès ADNOT
Responsable assurances
NOVARTIS
Thomas ANDRO
Corporate Risk Manager SOLVAY
Clarisse BILLOT
Responsable assurance AVRIL
Gérard BONNET
Directeur général AUTEXIA
Stanislas DE GERMAY
Associé gérant ASSEMBLY CONSEIL
Marie-Noëlle DELMON
Juriste en charge des assurances SEB DEVELOPPEMENT
Patrice DEVIMEUX
Dirigeant DANTARD EXPERTISES
Guillaume DROUOT
Manager - Risques et Assurances ROQUETTE FRERES
Carine GRAFTE
Chef de projet risques opérationnels LA MAISON DU CIL S.A. D'H.L.M.
David HORNUS
Directeur CORPGUARD
Cécile HUBERT-DIRASSEN
Directrice juridique adjointe GFI INFORMATIQUE
Laurent LAFFET
Responsable QSE CLARKE ENERGY France
Nathalie LE BRAZIDEC
Responsable Risques et Contrôle de gestion La France Mutualiste
Sébastien MELLINGER
Directeur QHSE EOLE-RES
Thierry MENUET
Responsable du SPR Coordinateur sécurité CCIR CCI Paris
Anne-May MESNARD
Contrôleur interne EUROTUNNEL
Arnaud PERICARD
Avocat associé Pech de Laclause, BATHMANABANE & ASSOCIÉS
Thierry SINQUIN
Directeur général GROUPE PRUNAY INTERNATIONAL
Johanna VICAIRE
Responsable juridique transverse DOP-DT THALES
Vous souhaitez
devenir adhérent
de l’AMRAE,
contactez-nous par e-mail :
axel.boleor@amrae.fr
ILS ONT BOUGÉ
ADHÉRENTS AMRAE DANS UNE NOUVELLE ENTREPRISE
Francisco RODRIGUEZ RAIG, Risk Manager de SAFT SAS – Précédemment chez Valeo
Fanny DREYFOUS-DUCAS, Consultante chez ARENGI – Précédemment Risk Manager chez Eramet
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 20159
ACTEURS EN VUE
CERTIFIER ET CLARIFIER :
LA DOUBLE MISSION DE JO WILLAERT,
NOUVEAU PRÉSIDENT DE FERMA
JO WILLAERT, CORPORATE RISK MANAGER DE AGFA-GEVAERT
Décisive, la présidence de Jo Willaert à la tête de FERMA ? Sa feuille de route est en tout cas très
ambitieuse avec deux objectifs majeurs : obtenir une certification européenne du métier de Risk
Manager, et continuer à clarifier aussi bien les contours que les fondements de ce métier pas
comme les autres. Interview.
« La FERMA est un acteur important
pour l’Europe et la fonction de Risk
Manager doit être impliquée dans le
“decision making process” européen
pour orienter les décideurs vers la
solution souhaitable. »
La présidence de FERMA, l’aboutissement de votre parcours ?
C’est une décision qui a mûri depuis deux ans et qui s’inscrit dans mon
parcours. Je suis membre du board de la BELRIM depuis cinq ans et de
FERMA depuis trois ans. Le hasard fait que je suis le premier à occuper
la fonction de Deputy president, créée pour faciliter la prise de fonc-
tion et assurer la continuité des actions. Je n’ai accepté cette mission
qu’après en avoir pris toute la mesure et fait un point avec mon CEO,
car c’est vraiment un job supplémentaire. Pour tout concilier, j’ai
deux atouts : ma capacité à maximiser tous les temps consacrés à mes
déplacements et une équipe formidable pour me seconder.
Quels motifs vous ont poussé à accepter cette mission ?
Dans nos sociétés industrielles, l’accent est encore trop souvent
mis sur l’assurance des risques au lieu du Management des Risques.
Quand j’étais courtier, j’ai découvert que les assurances n’étaient pas
le premier souci des CEOs, mais plutôt la gestion des risques dont les
assurances sont une solution possible. L’autre facteur qui m’a poussé
à postuler à la présidence est la grande richesse et la diversité des
cultures au sein de FERMA. Étant Belge, je suis francophone et néer-
landophone, mais c’est moins une question linguistique que de capa-
cité à confronter les points de vue et faire les bons compromis. Je fais
partie de la communauté pamande dans la 3elgique du ?ord? connais
bien la culture latine, et j’ai aussi travaillé toute ma vie profession-
nelle avec le monde anglophone. Tous ces éléments sont des avan-
tages qu’apporte la vie dans un petit pays par rapport aux plus grands,
et que je voudrais aussi porter en tant que Président.
Quels sont les objectifs de votre mandat ?
Je vais naturellement reprendre le travail de mon prédécesseur, Julia
Graham, en espérant que le fait d’être trilingue soit un atout supplé-
mentaire pour écouter les associations nationales. Je vais aussi faire
avancer deux grands objectifs.
Le premier est la certification sur laquelle la FERMA travaille depuis
des années et qui est prête à devenir réalité. Cet objectif recouvre
plusieurs enjeux. Il s’agit d’abord de valoriser la fonction Risk
Manager et Manager d?assurances? La certification leur apportera une
plus grande reconnaissance au sein des entreprises mais aussi à l’ex-
térieur? L?autre enYeu clé est de clarifier la définition du Risk Manager?
AuYourd?hui? à l?exception de la finance? il h a autant de définitions
du Risk Management qu’il y a de sociétés, du fait de la diversité des
cultures? La certification contribuera à réduire cette disparité? ce qui
favorisera une plus grande reconnaissance du Risk Management et de
ceux qui le gèrent.
Le second objectif est de peser sur la prise de décision au niveau euro-
péen. Le Risk Management doit être impliqué dans le ”decision making
process européen“ pour orienter les décideurs vers la solution souhai-
table. Nous allons aussi lancer les travaux de notre prochain bench-
marking, The European Risk and Insurance Survey and Report, dont nous
espérons pouvoir rendre publics les résultats lors du séminaire de FERMA,
prévu en octobre 2016 à Malte.
Que pensez-vous de l’initiative visant à
fédérer l’ensemble des pays francophones ?
En tant que Belge, la question purement
linguistique est toujours un peu politique,
mais il est vrai que les pays francophones
partagent globalement une culture commune.
Les acteurs du monde francophone, et par
extension du monde non-anglophone, l’ou-
blient trop souvent. Je suis très intéressé par
l’émergence d’une position commune aux
Français, Belges, Canadiens et Suisses,
par exemple, mais il ne faut pas que cela
devienne un front francophone contre
le front anglophone de sorte
que toute autre communauté
culturelle ou linguistique
Par Gilmar Sequeira Martins
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 10
ACTEURS EN VUE
soit inspirée à faire de même. À mes yeux,
cette initiative est remarquable pour autant
qu’elle soit une valeur ajoutée pour notre
industrie en mettant la richesse du profes-
sionnalisme de ces différentes cultures en
valeur. Je soutiendrai donc totalement cette
initiative si elle s’inscrit dans le partage
et l’approfondissement pour améliorer les
pratiques professionnelles plutôt que sur
des enjeux linguistiques.
Administratrice de l’AMRAE en 2010 et 2011,
Juliette Gelpi est revenue de Singapour où
elle était Risk Manager de Schneider Electric
pour rejoindre Contour Global, un producteur
et distributeur américain d’électricité et
de chauffage urbain (41 centrales, 3 718
mégawatts, 14 pays) au poste de Vice-président
Risk and Insurance. Elle est basée à Paris.
Gérard Lancner, Président
de l’AMRAE de 2007 à 2011 et
précédent Directeur des risques
et de l’audit du Groupe Yves
Rocher, a été nommé Président
du comité d’audit et des risques
de la CCR (Caisse Centrale de
Réassurance).
Christophe Hautbourg est nommé Délégué Général de la Chambre Syndicale des Courtiers d’Assurances à compter du 1
er
septembre 2015.
C’est un professionnel chevronné des affaires publiques et du management des organisations non marchandes qui succède à Brune Littaye « qui a accompagné pendant près de 9 ans la CSCA et contribué de manière significative
à son évolution et à sa transformation ».
Il combine un solide bagage universitaire – droits publics interne et comparé (Le Havre et Panthéon Sorbonne) ; Sciences Po Lille (Service Public) puis Dauphine (MBA RH) – à plus de 20 ans d’expérience professionnelle ?Secrétariat Général des Affaires Européennes aupr!s du Premier Ministre? Airbus Group? Gifas? 4ofiroute? Fondation de Chantilly, Fondation de France, France Galop).
L’avocat Stéphane CHOISEZ, spécialiste du droit des assurances et contributeur de longue date de l’AMRAE
crée son propre cabinet : CHOISEZ AVOCATS
Géraldine VIAL est devenue rédactrice en chef de l’ARGUS DE L’ASSURANCE, en remplacement d’Anne LAVAUD,
partie diriger au sein du groupe Infopro-digital les rédactions du pôle collectivités locales.
Chez Siaci Saint Honoré, Jean-Philippe THIERRY, ancien Président-directeur général des Assurances Générales de France (AGF),
ancien membre du Directoire d’Allianz SE et ancien Vice-président de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR),
devient Président du Comité de Surveillance du Groupe.
Le courtier BESSE (550 M€ de primes collectées dont 50 M€ en santé prévoyance) a acquis cet été RESSOURCES (environ 9 M€ de CA, 200 M€ de primes
collectées), un « architecte de la protection sociale », élargissant ainsi son offre de conseil et de courtage aux entreprises du domaine Vie.
L’Assureur suisse ACE , coté à New York, a acheté pour 28,3 Mds $ son concurrent américain CHUBB. Avec cette acquisition, ACE passe
– selon le conseil Roland Berger, cité par l’Argus de l’Assurance – de la 14
e
à la 10
e
place des assureurs européens.
MOUVEMENTS
NOUVELLE COMPOSITION DU COMITÉ EXÉCUTIF DE FERMA
FERMA a élu un nouvel administrateur : Gilbert Canaméras (AMRAE) qui remplace
Helle Friburg comme Sécretaire Général.
Trois nouveaux Vice-présidents sont nommés : Cristina Martínez (IGREA),
Isabel Martínez Torre-Enciso (AGERS) et Dirk Wegener (DVS et BFV).
Michel Dennery qui statutairement ne pouvait plus être Vice-président reste membre
du board et continue de piloter le dossier de la certification du Risk Manager.
Richard Restuccia est élu Président de la CSCA.
C’est un courtier cannois de 50 ans qui succède à Hervé Houdard à la Chambre Syndicale des
Courtiers d’Assurances. Investi depuis plus de 15 ans dans les organisations professionnelles du courtage,
il devint en 2012, Président du SMCAR (Syndicat Méditerranéen des Courtiers d’Assurances et de Réassurances).
Il était Président délégué de la CSCA depuis 2013.
Le renforcement de la technicité et de la professionnalisation de ses pairs a toujours fait partie de son agenda :
il fut l’un des membres fondateurs de l'IMFPA (Institut Méditerranéen de Formation et Professionnalisation de
l'Assurance), organisme de formation régional.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201511
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Tél. : +33 2 40 41 49 04
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des experts spécialisés dans le conseil
et le service aux entreprises. Leur métier
est centré sur le conseil sur-mesure en
assurance, et l’accompagnement quotidien
et durable de leurs clients, en France et à
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DOSSIER :
CHOISIR UN COURTIER :
POURQUOI ET COMMENT ?
DÉCRYPTAGE ET RETOURS D’EXPÉRIENCE
SUR UN PROCESSUS CLÉ DANS
LA FONCTION DES RISK MANAGERS
Pour les Risk Managers qui attendent beaucoup de ces indispensables intermédiaires, le choix
d’un courtier d’assurance n’est jamais un exercice facile. Certains, surtout dans le cadre
des appels d’offres, s’appuient sur des consultants. Si le prix reste un critère de sélection
déterminant, la qualité des services est de plus en plus souvent mise en avant.
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Par Florence Puybareau
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201513
«
Hormis quelques cas exceptionnels, toutes les
grandes organisations travaillent aujour d’hui
avec des courtiers d’assurances », explique l’un
des principaux acteurs de la place. Plusieurs
courtiers, car il est rare qu’une grande entre-
prise aux activités à l’international ne contractualise
qu’avec un seul d’entre eux. En général, chaque cour-
tier se voit attribuer une branche (Responsabilité Civile,
Dommages, Flotte automobile…). À lui ensuite de trouver
sur le marché assurantiel la meilleure offre pour son client.
ENGIE, dont les programmes d’assurances comptent
pour certains jusqu’à 60 polices locales, travaille prin-
cipalement avec trois courtiers. « Nous faisons systé-
matiquement appel à des courtiers pour le placement
de nos programmes d’assurance mais également pour
la gestion de l’auto-assurance et l’externalisation des
tâches administratives. Les courtiers nous assistent aussi
pour la protection de notre captive, essentiellement pour
les analyses actuarielles », explique Laurence Delaire,
Directeur des Assurances Groupe, ENGIE.
RAYON D’ACTION ET SPÉCIALISATION
Si la France recense plusieurs milliers de courtiers, peu
sont capables d’accompagner les grands groupes. Cette
capacité est déterminante.
Risk Manager du groupe Holder (boulangeries Paul, pâtis-
series Ladurée, manufacture Château-Blanc…), Claude
Dewyndt gère un grand nombre de polices d’assurance à
travers le monde avec l’aide d’un courtier principal qui
prend en charge 90 % de son portefeuille. Le choix d’un
acteur international s’est imposé au vu de l’évolution
du Groupe. « À mon arrivée dans le groupe Holder, j’ai
rapidement pris la mesure de son rayonnement inter-
national. Ce qui impliquait les services d’un courtier
présentant le même spectre d’action. Dans mes précé-
dentes fonctions, j’avais pu également apprécier le
pragmatisme et l’efficacité des courtiers de culture anglo-
saxonne qui disposent de véritables prédispositions
dans ce domaine. Ils ont une vue et une
analyse complétement différentes de celles
de leurs homologues français. Ils sont plus
souples et plus rapides. »
Même exigence chez Christine Gfeller,
Directrice des Risques Groupe d’Arc Inter-
national : « je demande à un courtier qu’il
dispose d’un réseau de qualité, interna-
tional et dynamique, et qu’il soit capable de donner un
niveau de conseil élevé. Ouvrir des bureaux à l’étranger
ou y signer un bail : je dois savoir le plus vite possible
si les dispositions du bail sont conformes aux normes et
usages du pays. Dans un cabinet, la qualité et la connais-
sance technique des interlocuteurs sont déterminantes,
la qualité des contacts et la confiance tout autant, dans
un sens comme dans l’autre ».
COMPÉTENCES TECHNIQUES ET
CONNAISSANCE ÉTROITE DU MARCHÉ,
PROACTIVITÉ ET COORDINATION
Les attentes des Risk Managers quant à leurs courtiers
sont de plus en étendues. Si la baisse des primes et
l’amélioration de la couverture font toujours parties
des priorités, les services ajoutés sont perçus comme
très importants et peuvent être déterminants dans le
choix final. Pour Nathalie Clerc, Chef du Département
Assurances Groupe d’Eramet, « outre leur réelle connais-
sance du marché et leur capacité d’accompagnement,
lors de la survenance de sinistre, il devient également
le porte-parole du Risk Manager à l’égard des assureurs.
Dans ce cadre, il sait faire passer des messages sans que
cela ait un impact direct sur la relation assuré-assureur. »
L’IDENTIFICATION :
À LA RECHERCHE DE L’EXPERTISE
ET DES RESSOURCES HUMAINES
Laurence Delaire,
Directeur des Assurances
Groupe, ENGIE
Claude Dewyndt,
Risk Manager
du groupe Holder Christine Gfeller,
Directrice des Risques Groupe
d’Arc International
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 14
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
Pour tous les Risk Managers, la connaissance des offres
est primordiale surtout sur des marchés très concurren-
tiels. « Nous pilotons complètement la stratégie de place-
ment en intégrant le conseil des courtiers. Nous nous
appuyons sur leur connaissance du marché », souligne
Laurence Delaire. « L’essentiel du budget est chez l’assu-
reur et ce qui m’importe au final, c’est la couverture qu’il
va me proposer. Cela nécessite que le courtier approche
le marché régulièrement en faisant preuve de recherche
et d’innovations », souligne Anne-Marie Fournier, Risk
Manager de Kering et Vice-présidente de l’AMRAE.
« Mon courtier principal est en relation directe avec tous
les acteurs du marché de l’assurance et a une vision des
programmes d’assurances par branches et par activité.
Ce qui est extrêmement important. La coordination est
faite par un directeur de clientèle qui sait répondre à nos
attentes et dont j’attends une réactivité sans faille »,
corrobore Claude Dewyndt.
LA DIMENSION HUMAINE, FACTEUR MAJEUR
DE DIFFÉRENCIATION
Au côté des nécessaires compétences techniques, la
valeur ajoutée perçue trouve sa source dans les qualités
humaines, la disponibilité des équipes et les relations
qu’entretient le courtier avec son client.
« J’attends des courtiers une excellente compréhension
de mes besoins. Ce qui m’importe également, ce sont la
qualité des réponses, leurs montages, les moyens à notre
disposition et puis évidemment, leur rémunération »,
rappelle Claude Dewyndt.
« Aujourd’hui, il y a beaucoup de compétences, trop
de courtiers, trop d’assureurs. Sur les grands appels
d’offres, quatre à cinq grands courtiers peuvent répondre
et souvent encore plus d’assureurs. Comment faire la
différence ? Un peu sur le cœur de notre métier : la tech-
nique, les services production et sinistre, mais la qualité
globale est bonne chez ces grands acteurs. La différence ?
C’est l‘humain, l’équipe constituée, la confiance perçue
et l’image que dégage chaque acteur. Comment valoriser
ces points critiques dans un process achat, c’est toute la
difficulté », insiste Frédéric Lucas, Directeur dévelop-
pement pour les grands comptes de Gras Savoye.
Pour François Leduc, Directeur général adjoint et
Directeur des Services aux entreprises de Verspieren,
la valeur ajoutée du courtier trouve également sa place
dans le service de proximité. « Le courtier reste une force
de proposition et de service pour son client. De plus en
plus demandés pour du conseil et de l’analyse, nous nous
retrouvons parfois dans une situation proche du fisca-
liste ou de l’avocat. »
REVISITER UTILEMENT
SA RELATION AU COURTIER
Tous les acteurs le soulignent : le changement de
courtier est une décision à ne pas prendre à la légère. La démarche, longue, s’étend généralement sur plusieurs mois (parfois même une année) et s’avère pour le Risk Manager très chronophage.
« C’est un processus lourd de changer
de courtier surtout quand l’entre-
prise travaille avec lui depuis long-
temps. Il y a une vraie proximité
avec toutes les équipes. Ce n’est pas
un choix neutre. C’est pour ça que
le métier de courtage est captif et le
taux d’attrition des clients relative-
ment faible », remarque Gilles Proust,
Managing Director d’Arengi.
« Cela représente beaucoup de travail.
C’est très consommateur de temps mais
cet exercice utile conduit à dresser le
bilan de ce qui fonctionne (ou pas),
de remettre à plat ses procédures et
Frédéric Lucas,
Directeur développement
pour les grands comptes de
Gras Savoye
Nathalie Clerc,
Chef du Département Assurances Groupe d’Eramet
UNE CHARTE TRIPARTITE POUR
UN CADRE DE BONNES RELATIONS
En s{{w? une charte destinée à codifier les relations
entre les membres de la FCA (Fédération Française
des Courtiers d’Assurances et de Réassurance) et
ceux de l’AMRAE, voit le jour. Résultante de diffé-
rents accords préalables, cette charte a pour ob-
Yectif de clarifier et harmoniser toutes les étapes
du partenariat client/courtier. En 2013, elle a fait
place à une nouvelle charte en dix points co-signée
par l’AMRAE, la CSCA et la FFSA (Fédération Fran-
çaise des Sociétés d’Assurance). Elle précise les
relations entre les trois parties pour les marchés
privés dans le cadre de l’assurance non vie, recense
un certain nombre de préconisations structurantes
et constitue ainsi un guide de la relation entre ses
signataires. Elle permet d’optimiser les échanges
d’informations entre les contractants et de veiller
également au renforcement de la sécurité juridique
et financi!re de leurs échanges?
Télécharger
la charte :
REVISITER UTILEMENT
SA RELATION AU COURTIER
: le changement de
courtier est une décision à ne pas prendre à la légère.
La démarche, longue, s’étend généralement sur
plusieurs mois (parfois même une année)
et s’avère pour le Risk Manager très
», remarque Gilles Proust,
Cela représente beaucoup de travail.
C’est très consommateur de temps mais
cet exercice utile conduit à dresser le
bilan de ce qui fonctionne (ou pas),
de remettre à plat ses procédures et
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201515
« Un courtier est là pour aider son
client à s'assurer et à se développer.
Il doit l’accompagner et savoir
s’adapter. Par exemple le risque
cyber est le résultat d’une immense
évolution technologiaue à laquelle
un courtier doit pouvoir répondre . »
Hervé Houdard,
Directeur général de Siaci Saint Honoré,
et précédent Président de la CSCA
GER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
de repenser son organisation », souligne Alexandra
Pfalzgraf, VP Insurance & Risk Management du groupe
Schneider Electric.
Pour Laurence Delaire, il est nécessaire de pouvoir
repenser régulièrement le rôle et le travail des cour-
tiers : « pour eux comme pour nous, un appel d’offres
courtiers représente un travail très important. Le change-
ment de courtier génère des coûts cachés pour une orga-
nisation comme la nôtre. Mais je reste persuadée qu’il est
important de challenger nos partenaires et de pouvoir se
remettre en cause. »
L’INSATISFACTION, PREMIER FACTEUR
DE CHANGEMENT
La déception sur le service est l’argument le plus souvent
invoqué par les Risk Managers pour changer. Une situa-
tion qu’assume parfaitement Hervé Houdard, même s’il
tempère en déclarant que les déficiences ne mettent
généralement pas en péril le client.
« Dans 9 cas sur 10, c’est de la faute du courtier. Et géné-
ralement, pour des problèmes mineurs. Pas pour une
structuration de placement mais plutôt une accumula-
tion de petites erreurs, de carences dans les prestations
AVEC OU SANS ASSUREUR DÉSIGNÉ ?
La charte AMRAE-CSCA-FFSA de 2013, dispose explicitement pour les grandes entreprises que « les
appels d’offres conceptuels sont la meilleure méthode de sélection d’un courtier d’assurances sur la base de
la qualité de ses prestations, distinctes de celles de l’assureur ».
« L’appel d’offres conceptuel challenge le courtier afin qu’il donne le meilleur prix. Mais ce n’est pas facile
sans interroger le marché. Il nous a fallu appréhender ce type de schéma. C’est intellectuellement assez sain
mais compliqué à réaliser lorsque c’est, comme actuellement, tiré par les prix », note Frédéric Lucas. Même
prudence du côté d’Hervé Houdard qui met en garde contre la propension de certains courtiers à jouer du
dumping tarifaire sans garantir de pouvoir tenir leurs engagements. « Le client peut alors se retrouver floué.
La meilleure chose est toujours de se demander ce que l’on veut, de choisir le courtier et enfin d’aller sur
le marché pour voir les propositions des assureurs ».
Malgré tout, si les Risk Managers s’appuient sur leurs courtiers pour placer au mieux leurs
programmes? rien ne les emp"che d?énoncer leurs priorités? 4hristine Gfeller Yustifie sa
position : « notre impératif, et donc la difficulté, était que nous souhaitions conserver les
mêmes assureurs. Les courtiers devaient donc se différencier uniquement sur leurs qualités
propres. »
Une démarche cependant minoritaire et peu suivie par les courtiers : « c’est une
bonne chose pour le courtier de ne pas avoir d’assureurs attribués : il peut ainsi balayer
l’ensemble du marché et offrir les meilleurs solutions à ses clients », souligne Cyrille
Brand, Directeur du département Commercial de la division Grandes Entreprises de
Marsh France. Même recommandation de Hervé Houdard, qui déconseille d’imposer
les assureurs au courtier au moment de la consultation. « Ce couple forcé ne fonctionne
pas toujours et le client n’y est pas gagnant ». Quant aux assureurs, le discours est clair :
« bien que nous soyons porteur du risque du client, c’est à ce dernier qu’appartient
le choix du mandant pour travailler avec tel ou tel assureur. Et nous n’avons pas à
intervenir dans ce choix. Mais quand le choix a été réalisé, il est important d’avoir une
relation transparente et directe entre les trois parties », martèle Fabrice Domange,
Directeur général d'AIG France.
Alexandra Pfalzgraf,
VP Insurance
& Risk Management,
Schneider Electric
«Dans 9 cas sur 10, c’est de la faute du courtier. Et géné
ralement, pour des problèmes mineurs. Pas pour une
structuration de placement mais plutôt une accumula
tion de petites erreurs, de carences dans les prestations
AVEC OU SANS ASSUREUR DÉSIGNÉ
La charte AMRAE-CSCA-FFSA de 2013, dispose explicitement pour les grandes entreprises que «
appels d’offres conceptuels sont la meilleure méthode de sélection d’un courtier d’assurances sur la base de
la qualité de ses prestations, distinctes de celles de l’assureur
«L’appel d’offres conceptuel challenge le courtier afin qu’il donne le meilleur prix. Mais ce n’est pas facile
sans interroger le marché. Il nous a fallu appréhender ce type de schéma. C’est intellectuellement assez sain
mais compliqué à réaliser lorsque c’est, comme actuellement, tiré par les prix
prudence du côté d’Hervé Houdard qui met en garde contre la propension de certains courtiers à jouer du
dumping tarifaire sans garantir de pouvoir tenir leurs engagements. «
La meilleure chose est toujours de se demander ce que l’on veut, de choisir le courtier et enfin d’aller sur
le marché pour voir les propositions des assureurs
Malgré tout, si les Risk Managers s’appuient sur leurs courtiers pour placer au mieux leurs
programmes? rien ne les emp"che d?énoncer leurs priorités? 4hristine Gfeller Yustifie sa
position: «notre impératif, et donc la difficulté, était que nous souhaitions conserver les
mêmes assureurs. Les courtiers devaient donc se différencier uniquement sur leurs qualités
propres.»
Une démarche cependant minoritaire et peu suivie par les courtiers
bonne chose pour le courtier de ne pas avoir d’assureurs attribués
l’ensemble du marché et offrir les meilleurs solutions à ses clients
Brand, Directeur du département Commercial de la division Grandes Entreprises de
Marsh France. Même recommandation de Hervé Houdard, qui déconseille d’imposer
les assureurs au courtier au moment de la consultation. «
pas toujours et le client n’y est pas gagnant
«bien que nous soyons porteur du risque du client, c’est à ce dernier qu’appartient
le choix du mandant pour travailler avec tel ou tel assureur. Et nous n’avons pas à
intervenir dans ce choix. Mais quand le choix a été réalisé, il est important d’avoir une
relation transparente et directe entre les trois parties
Directeur général d'AIG France.
« Quand le choix
a été réalisé, il est
important d’avoir une
relation transparente
et directe entre
les trois parties. »
Fabrice Domange,
Directeur général d'AIG France
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 16
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
RE 2015
quotidiennes, une absence dans la qualité de ses services... Si vous êtes
un bon courtier, il n’y a aucune raison que le Risk Manager vous remette en
cause » ! Sans compter que pour lui, le travail ne s’arrête pas une fois le
contrat signé avec le nouveau courtier : Christine Gfeller, comme beau-
coup de ses homologues, a monté quasiment seule son appel d’offres qui
lui a demandé presque cinq mois. Ensuite, il lui a fallu « donner toutes les
polices, transférer les contrats, les particularités… C’était très mobilisant ».
À l’instar de ce Risk Manager qui n’a pas hésité à quitter le courtier histo-
rique de son entreprise après une multiplication d’incidents : « le service
attendu n’était plus au rendez-vous. Alors que beaucoup de courtiers propo-
saient des supports en ligne, le nôtre était incapable de nous dire rapidement
si l’une des polices dommage avait bien été émise dans le renouvellement du
programme international. Nous devions attendre plusieurs jours ouvrables.
Quant aux informations pays, cela demandait trois semaines pour avoir une
remontée complète des informations. »
GOUVERNANCE ET CROISSANCE,
SECONDS FACTEURS DE CHANGEMENT
Gilles Proust distingue quatre raisons qui
peuvent conduire le Risk Manager à se
lancer dans un processus d'appel d'offres.
« Parfois, c’est pour une question de gouver-
nance. À l’occasion d’une revue des risques
présentée en conseil d’administration, l’en-
treprise peut être amenée à revisiter son
dispositif d’assurance. Les fonctions achats
qui interviennent dans toutes les fonctions
de l’entreprise, apparaissent plus au côté de
la direction des assurances dans les dispo-
sitifs d’appel d’offres. Le changement peut
également se faire dans le cas d’une entre-
prise dont le périmètre évolue fortement
lors d’une fusion/acquisition ou, si c’est une PME, de fort développement
notamment à l’international. C’est aussi l’occasion de faire évoluer son
programme d’assurance. Et enfin, les enjeux ou attentes en matière de
qualité de services du prestataire restent entiers. »
LE COURTIER, INDISPENSABLE POUR TOUS
Seules quelques grandes entreprises ne travaillent pas avec
des courtiers et préfèrent négocier directement avec les assu-
reurs. Ces cas restent rares. Pour la plupart des Risk Managers,
le recours aux courtiers est naturel voire primordial.
« Dans certaines ETI, le courtier peut devenir une sorte de Risk
Manager de substitution », note Gilles Proust. Pour les assureurs
aussi, les courtiers sont des partenaires indispensables même
si les relations n’ont pas toujours été faciles. Mais désormais,
les situations sont claires : « ACE ne prône absolument pas la
désintermédiation. Nous sommes en phase avec les courtiers »,
souligne Olivier Roussel, Directeur grands comptes ACE.
DIFFÉRENCIER POUR BIEN DÉCIDER
La richesse de ce que proposent aux Risk Managers, assureurs
et courtiers, notamment en matière d’information ou de pro-
gramme de prévention doit faire l’objet de choix éclairés de la
part des Risk Managers.
Or, pour choisir et défendre ses choix, la clarté s’impose à
tous.
Si les courtiers exposent la qualité de leurs équipes, leur
réseau international, leur poids et leur indépendance sur le
marché, leur technicité et la qualité des informations et sys-
tèmes d’information client, les temps dédiés au client, la qua-
lité et la régularité des reportings ; les assureurs exposent
quant à eux leurs couvertures, l’étendue des garanties, les
franchises et leurs limites, les taux, les durées.
Selon ses objectifs et ses KPI, le Risk Manager choisira un
courtier, puis l’assureur le plus adapté pour répondre à ses
critères.
Gilles Proust,
Managing Director d’Arengi
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201517
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
S
i l’appel d’offres n’est pas le seul moyen de
changer de courtier, il s’agit néanmoins de la
méthode la plus couramment utilisée par les
grandes entreprises. La démarche requiert
de la rigueur : « Il faut être précis sur la stra-
tégie de gestion de risques et avoir une vision claire de
ce que l’on attend de l’appel d’offres. Ensuite réfléchir
au niveau d’information que l’on va donner et en fournir
suffisamment afin que le courtier puisse être créatif »,
préconise Gilles Proust. « Le Risk Manager doit exprimer
clairement ses attentes et définir ce qu’il attend de son
courtier afin que nous puissions lui proposer des offres
sur mesure », réclame Hervé Houdard qui préconise de
ne pas se contenter d’une seule présentation orale. « Il
y a en général trois ou quatre offres quasi identiques.
Que les Risk Managers viennent nous voir et découvrir
qui va les gérer, les équipes qui seront à leur disposi-
tion au quotidien. Ils ne peuvent pas se contenter d’un
catalogue ! »
QUAND CERTAINS CHOISISSENT DE NE PAS
RÉPONDRE AUX APPELS D'OFFRES
« Pour bien servir nos clients, il nous faut bien les connaître.
Or parfois dans certains appels d’offres nous devrions
simplement remplir des tableaux dans ce qui s’assimile
à du pur achat », regrette François Leduc, qui reconnaît
que c’est aussi au courtier d’aller au contact des Risk
Managers et de leur proposer des offres de service.
Frédéric Lucas, à l’instar de ses confrères s’autorise
néanmoins à ne pas concourir à tous les appels d’offres
(voir Encadré Orange) : « c’est beaucoup de temps avec,
pour les grands projets, l’implication du réseau interna-
tional. Nous ne pouvons pas aller partout, surtout sur un
marché où les primes des assurances et les rémunérations
des courtiers baissent. Le coût d’acquisition d’un client
est très élevé ». Et de rappeler que l’appel d’offres d’une
entreprise du CAC 40 gagné en 2014 avait nécessité la
participation de plusieurs équipes locales et des oraux
sur quatre continents. François Leduc pour sa part note
que les Risk Managers questionnent de plus en plus les
courtiers pour les faire travailler sur des réponses fouil-
lées : « la sollicitation de ressources est forte sur les appels
d’offres et nous devons parfois choisir de répondre ou
non ». « Chez AON, ce sont parfois près de 100 personnes
qui peuvent être mobilisées pour répondre à un appel
d’offres », rappelle Laurent Belhout.
L’APPEL D’OFFRES :
UNE ÉTAPE STRUCTURANTE
ET TRÈS EXIGEANTE
« Certains Risk Managers
ont les ressources mais ils
recherchent un regard neutre
parce qu'il est compliqué de
mélanger des relations qui
durent depuis longtemps »
Laurent Giordani, Partner de Kyu Associé
Certains Risk Managers
ont les ressources mais ils
Certains Risk Managers
ont les ressources mais ils
LE CAS ORANGE
L’information a fait grand bruit dans le milieu feutré des courtiers d’assurances : en mars 2015, AON le tenant
annonçait qu’il ne concourait pas à l’appel d’offres lancé par Orange. Laurent Belhout revient sur cette décision : « à un moment il faut faire des choix. Financièrement, il ne nous était pas possible de fournir le
service voulu par Orange. Le respect des clients constituant notre portefeuille exige que le juste prix du service demandé soit payé par chacun d’entre eux ». Marsh a gagné cet appel d’offres mais Cyrille Brand reconnaît
que le projet était très complexe : « nous n’étions pas très nombreux à pouvoir répondre. Le cahier des charges
contenait énormément d’informations. Un gros travail de préparation avait été fait. Nous avons passé un premier oral, puis il y a eu un second tour avec des questions supplémentaires et un autre oral. Le choix a été fait par la Direction des Assurances et la Direction des Achats qui connaissaient bien la problématique. »
François Leduc,
Directeur général adjoint
et Directeur des Services aux entreprises, Verspieren
© X.Renauld
Laurent Belhout,
Directeur général, Aon Risk Solutions
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 18
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
TESTER SOLO LE COURTIER…
Pour les Risk Managers, il n’est pas toujours facile de concevoir un
appel d?offres? Eous soulignent l?importance de la répexion amont?
Ainsi, Claude Dewyndt a souhaité tester un courtier, qu'elle connais-
sait préalablement, avant de lancer son appel d’offres : « j’ai remis ma
police dommage en leur demandant de l’auditer. J’avais quelques idées
et des axes d’amélioration. En parcourant les polices, l’équipe a fait
ressortir des axes de progrès et de diminution de coûts assez importants.
À partir de cette base, j’ai produit notre cahier des charges et monté un
appel d’offres. »
Christine Gfeller n’a pas hésité à poser clairement la question aux
candidats lors de l’appel d’offres. « Êtes-vous capable de répliquer ce
qui a marché et… d'éviter ce qui n’a pas marché ? » Car explique-t-
elle, « nous changeons pour conserver les mêmes avantages mais pas
pour avoir d’autres inconvénients. » Pour sa part, elle n’a pas souhaité
transmettre les wordings mais « juste des problématiques pour voir leur
degré d’imagination à traiter ces sujets. Ils m’ont fourni des idées très
différentes qui nous ont forcés à nous poser des questions et à fouiller là
où nous avions moins regardé ». Si Nathalie Clerc met l’accent sur l’im-
portance constante du dialogue entre les parties, « pour autant, même
si la collaboration est étroite, le rôle de conseil du courtier primordial et
la relation de confiance indéniable, le Risk Manager doit déléguer avec
intelligence, c’est-à-dire tout en gardant la maîtrise de l’ensemble des
processus et son rôle de chef d’orchestre. »
DES CONSULTATIONS AUX CRITÈRES ÉLARGIS
La plupart des courtiers note un redémarrage des consultations 2015.
L?afpux de capacités et l?émergence de nouveaux risques ?chber?? expliquent en partie cette dhnamique?
même si elle ne se traduit pas systématiquement en appels d’offres.
« Les Risk Managers nous interrogent pour évaluer leur couverture au regard de ces risques quant à leurs
programmes existants d’assurance. Mais ils font peu d’appels d’offres courtier pour seulement du Cyber.
Ceux-ci concernent plutôt l’ensemble des risques de Responsabilité Civile, du Dommage, des nouveaux risques
financiers », note Cyrille Brand. Ces derniers mois, celui d’Orange fut l’un des plus marquants, qui vit Marsh
succéder à AON (voir encadré).
Frédéric Lucas constate surtout un changement dans la typologie des consultations « avec de plus en plus
de process et une présence grandissante des directions Achats. Auparavant, lors des appels d’offres, la
valorisation portait sur l’aspect technique et humain alors qu’aujourd’hui d’autres critères comme la RSE,
la solvabilité de la société… sont davantage pris en compte. Et l’on se retrouve avec des tensions fortes sur
les prix. Dans la décision finale, la capacité technique fait 40 à 50 % et le prix de 30 à 40 %. Il est donc plus
difficile de valoriser un aspect technique réellement créatif dans une démarche Achat. »
Cyrille Brand,
Directeur du département Commercial de la division Grandes Entreprises,
Marsh France
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201519
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
…OU SE FAIRE ACCOMPAGNER
DE CONSULTANTS
Pour son appel d’offres, Alexandra Pfalzgraf a travaillé
avec le cabinet Kyu. « L’appel d’offres requiert énormé-
ment de travail et nos équipes de Risk Management sont
limitées ». Un choix effectué non pour la technicité assu-
rance bien maîtrisée en interne, « mais pour la technique
des appels d’offres et des achats, afin de nous aider à
rédiger le cahier des charges et à définir une grille d’éva-
luation basée sur des critères objectifs avec des règles de
notation précises. Les outils du consultant pour présenter
les résultats de façon claire rendent la prise de décision
plus facile. »
À l’occasion d’un appel d’offres pour un projet majeur
en Indonésie, Eramet a demandé à l’un de ses courtiers
(Bessé) de l’accompagner comme conseil. Jean-Philippe
Pagès, son Directeur Grandes Entreprises, précise qu’il
s’agit là d’un cas exceptionnel. « Nous ne sommes pas
consultants et n’avons pas vocation à le devenir. Il fallait
un critère essentiel pour répondre à l’appel d’offres
d’Eramet : être connu de la Banque Mondiale, ce qui
n’était pas notre cas. Nous avons donc accepté de changer
de casquette pour celle du consultant à la satisfaction de
notre client. Ce fut une expérience intéressante qui nous
a permis de mettre au point le cahier des charges pour
cet appel d’offres très complet sur lequel nous pouvons
aujourd’hui capitaliser. »
Cyrille Brand note aussi la montée en puissance des
consultants dans les appels d’offres. Un point positif
pour structurer la démarche avec cependant un bémol :
« parfois, nous ne sommes en relation qu’avec le consul-
tant, ce qui n’est pas idéal. Nous préférons le contact
direct avec le client car in fine, c’est le Risk Manager qui
appréhende les risques et exprime ses besoins ». Pour
Laurent Giordani, Partner de Kyu Associé, le recours au
consultant permet également de ménager les suscepti-
bilités. « Certains Risk Managers ont les ressources mais
ils recherchent un regard neutre parce qu'il est compliqué
de mélanger des relations qui durent depuis longtemps
avec le courtier et le recul nécessaire pour une telle
opération ».
UN ACCOMPAGNEMENT EN 5 PHASES
(Avec la contribution de Laurent Giordani, Kyu Associés)
Jean-Philippe Pagès,
Directeur Grandes Entreprises,
Bessé
Laurent Giordani,
Partner, Kyu Associés
PRÉPARATION DE L’APPEL D’OFFRES
Le temps fort du projet qui conditionne le résultat. L’appel d’offres est l’occasion de prendre du recul sur les pratiques antérieures, de challenger les besoins avec les équipes et d’aller voir les clients internes. Avec ces informations précises qui profilent le risque de l’entreprise, créer le dossier de consultation. Objectif ? Ne sélectionner que des candidats susceptibles d’être retenus et de ne pas faire travailler une société pour rien. Sauf contre-performance importante, le tenant est généralement consulté.
L’APPEL D’OFFRES
Transmission du dossier de consultation. Pour les réponses les plus qualitatives possibles, dialoguer au maximum : réunions, fil rouge de questions réponses. Réception des offres et établissement de la short-list des courtiers reçus pour l’oral. Celui-ci qui se déroule avec le client et son équipe. Après les oraux, débrief client avec les grilles d’analyse. Etablissement de la short-list. Nouvelles itérations en cas de proximité de candidats pour affiner les points techniques et négocier les aspects financiers. Restitution de dossier de décision complet avec détail des offres techniques et financières et scenarios différentiels.
CONTRACTUALISATION
Pour la finalisation, joindre le contrat au dossier de consultation. Veiller à une description très précise des prestations, des résultats attendus en termes de délais et de qualité. La rémunération a généralement été négociée lors de l’étape précédente.
DÉPLOIEMENT ET SUIVI
Mise en œuvre du plan de transition (demandé aux candidats dans leur réponse (à l’exception du tenant). Vérifications permanentes de la tenue des promesses et de la conformité aux engagements garantis, niveaux de primes, prestations, livrables… Suivi des indicateurs de performance du calcul des éléments variables de la rémunération du courtier.
PHASE DE CADRAGE
Préciser avec le Risk Manager, les polices concernées, le périmètre organisationnel de la société (métiers, présences pays, filiales) pour identifier l’ensemble des parties prenantes et établir un planning détaillé.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 20
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
LE TEMPS RIME AVEC QUALITÉ
L’
appel d’offres effectué, le travail des courtiers
commence. L’occasion pour Frédéric Lucas
de lancer un appel. « Que les Risk Managers
nous laissent du temps ! Aujourd’hui, les
appels d’offres doivent être bouclés en 3 ou 4
semaines. Quel est l’avantage pour le client/prospect ?
Si lors d’un appel d’offres conceptuel, le Risk Manager
veut un résultat de qualité, il faut donner du temps aux
courtiers. »
Quant aux Risk Managers, le processus de décryptage,
d’analyse, de questions-réponses avec les candidats
commence également bien avant le choix final? 4haque
partie ayant ses souhaits et ses exigences. À commencer
par le choix des assureurs : « la relation assureur-assuré
est très importante. Il faut une relation de confiance car
l’assureur est un partenaire sur une durée parfois plus
longue que le courtier. Nous devons être certain qu’il
va intégrer les acquisitions prévues, payer les sinistres,
délivrer les attestations quand nous en avons besoin,
ajouter au contrat des garanties spécifiques quand
c’est nécessaire ?? confirme Alexandra Pfalzgraf qui
rencontre régulièrement ses assureurs « le plus souvent
en présence du courtier mais pas systématiquement ».
Une relation que réclament également les assureurs. « Il
ne s’agit pas de souscrire en direct mais il est impératif de
pouvoir communiquer directement avec les clients et de
les entendre. Cela nous aide à nous améliorer. De même il
est important que les clients connaissent bien nos fonda-
mentaux et notre stratégie », précise Olivier Roussel.
Mais c’est aussi la capacité de réaction du couple cour-
tiers-assureurs qui lui paraît fondamentale : « en cas de
crise grave, le courtier se demande comment l’assureur se
comportera. Et il doit s’assurer que ce dernier payera car
c’est aussi de sa responsabilité. La stabilité des équipes
et leur connaissance mutuelle jouent beaucoup, surtout
pour les grands risques. »
L’IMPORTANCE DES ORAUX
Généralement, la plupart des Risk Managers émettent
des recommandations appuyées tout en suivant de près
les processus. Alexandra Pfalzgraf exige pour sa part de
recevoir l’ensemble des offres d’assureurs et d’être en
copie de tous les échanges. Chaque candidat est alors
noté en fonction de la grille élaborée avec le consul-
tant. Viennent ensuite les présentations orales. Un
moment où le Risk Manager doit être particulièrement
vigilant car « nous pouvons oublier le fond pour privi-
légier la forme. L’appréciation peut être faussée. C’est
pour cela qu’il faut des critères de notation objectifs qui
permettront ensuite d’expliquer son choix à son manage-
ment et aux courtiers non retenus ». À l’occasion de ces
oraux, la Risk Manager de Schneider Electric essaye de
faire venir des utilisateurs et des clients internes, par
exemple des juristes, pour la partie liée à la gestion des
sinistres. Dans certains cas, les assureurs sont égale-
ment présents lors des oraux. « Dans les appels d’offres,
nous accompagnons toujours le courtier. Notre expertise
et qualité de souscription aident à choisir la couverture
appropriée », souligne Fabrice Domange.
« Les deux courtiers que j’avais consultés lors de l’appel
d’offres - en plus du tenant - ont fait des propositions
intéressantes. Ce qui a beaucoup joué, c’est le croise-
ment entre confort des solutions mis à ma disposition,
les données et les outils en temps réel en ligne ; et le
prix. Lorsque l’entreprise possède de vieux contrats de
courtage, les commissions sont souvent plus élevées que
celles du marché actuel, soumis à une forte concurrence.
Là est le gain obtenable », reconnaît une Risk Manager.
Pour ces grandes entreprises, le réseau international
est un élément déterminant dans le choix du client.
« Ce qui fait également la différence, ce sont les outils
de reporting que nous mettons à disposition mais aussi
la réactivité lors des sinistres. Néanmoins, nous devons
faire reconnaître notre valeur ajoutée et expliquer le
travail que nous réalisons », précise Laurent Belhout.
REGARDER LES OUTILS ET CONSULTER
SES HOMOLOGUES…
Pour Claude Dewyndt, c’est la capacité d’innovation qui
a été son principal critère de sélection. « J’ai apprécié
leur innovation en matière de garanties et leur capacité
à trouver des montages parfois complexes. Si on parle
aujourd’hui beaucoup de cyber-risques et de fraude,
trouver basiquement le courtier capable de proposer la
police qui corresponde à nos véritables besoins, n’est pas
si aisé ?? Buant au choix final? il rel!ve de l?actionnaire
après présentation du projet par la Risk Manager et sa
directrice juridique dont elle dépend hiérarchiquement.
« Il faut regarder les outils (bases de données, site
Internet…) mis à notre disposition par les courtiers et
demander les codes d’accès pour y naviguer et les juger. Notre
courtier ainsi choisi nous a montré des modèles de person-
nalisation pour différents groupes qui m’ont convaincue »,
préconise Christine Gfeller, qui lors de son changement
DU DÉCRYPTAGE
AU CHOIX FINAL
Olivier Roussel,
Directeur grands comptes, ACE
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201521
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
n’a pas hésité à consulter également ses confrères Risk Managers membres
de l’AMRAE. « L’échange y est très riche avec son lot de retours d’expériences.
Cela permet de constater aussi que dans l’ensemble, nous avons souvent les
mêmes expériences ». Des recommandations externes qui ont joué sur la
décision finale? ? Il y avait beaucoup de compétences dans les deux équipes
retenues. Il était difficile de trancher. Les retours d’expérience des Risk
Managers travaillant avec eux ont été déterminants. »
SE SIMPLIFIER LE QUOTIDIEN
Alexandra Pfalzgraf a mis en place une organisation permettant de ne
pas multiplier le nombre d?interlocuteurs pour ses filiales : « je travaille
avec différents courtiers en fonction des lignes d’assurance mais je ne
souhaitais pas que les filiales soient obligées de gérer plusieurs cour-
tiers. J’ai donc complètement séparé le placement du servicing local
qui est assuré par un autre courtier. Après une période d’adaptation, ça
marche très bien. Et ça permet de challenger les courtiers placeurs sans
avoir à modifier toute l’organisation au niveau du servicing local ».
L’IMPLICATION DE LA HIÉRARCHIE
AU MOMENT DES DÉCISIONS FINALES
? l?heure du choix final? les responsables hiérarchiques sont tous
présents, preuve si besoin en était des enjeux stratégiques du Risk
Management et de la contribution aux résultats de l’entreprise. « La
décision est prise en commun accord avec mon supérieur hiérarchique,
le directeur juridique et le directeur financier du groupe » précise
Alexandra Pfalzgraf.
Chez Engie, Laurence Delaire a créé un comité assurance intégrant les
respon sables assurances des différentes branches : « ils sont six auxquels
s’ajoutent mon supérieur hiérarchique, le Directeur des Financements,
Trésorerie et Assurances et moi-même. Nous nous voyons chaque mois
et nous traitons les dossiers majeurs, dont le choix des courtiers et assu-
reurs. À chaque fois, nous faisons un point sur les principaux appels
d’offres en cours. »
LE PRIX : UN CRITÈRE À DOUBLE FACETTE
La décision finale pour le choix d?un courtier se fait encore souvent au
bénéfice du mieux disant financier? D?autant plus que la disponibilité de
grosses capacités (et parfois l’intervention de la direction Achats) a permis
de faire baisser sensiblement les tarifs. Une erreur à ne pas commettre
pour cette Risk Manager qui a monté un appel d’offres international : « je
ne voulais pas d’une bagarre de tarif entre courtiers. Ne pas payer suffisam-
ment, c’est la certitude d’une faible qualité de service. Ce que je voulais
avant tout, c’est la qualité des prestations ». Mais paradoxalement, si sa
direction financi!re a validé sa position? ce sont les courtiers eux?m"mes
qui ont rivalisé à la baisse sur les prix ! « C’était à celui qui offrait la plus
grosse ristourne si je n’étais pas contente du service. Donc en fait sur un sujet
qui n’avait pas lieu d’être, ils ont créé eux-mêmes la compétition ! »
« Lorsqu’une entreprise change de courtier, le nouveau courtier recherche
souvent une baisse des primes mais ce n’est pas nécessairement le meil-
leur calcul. Ce qui est primordial, c’est d’avoir des partenaires courtiers
et assureurs, qui comprennent le business model de l’entreprise et ses
challenges, et sachent voir quelles sont les corollaires et les garanties ou
services dont le client a besoin », plaide pour sa part Fabrice Domange.
Même constat pour Frédéric Lucas : « à force de baisser les primes ou de
réduire les rémunérations des courtiers, on arrive à un amoindrissement
du schéma relationnel entre le courtier, l’assureur et le client ».
Quant aux rémunérations des courtiers, elles peuvent aussi être un
facteur déterminant. La charte de 2006, révisée en 2013, insiste sur la
transparence concernant les rémunérations, honoraires et conditions
d’apérition. Elle reconnaît également le coût pour les courtiers, des
dossiers de réponses aux appels d’offres.
Il reste à apprécier au cas par cas les types de rémunérations à privilégier :
les honoraires forfaitaires ou la commission proportionnelle à la prime.
Parfois? c?est la question fiscale qui sera prioritaire? les honoraires étant
TRAVAILLER AVEC UN COURTIER SANS PASSER
PAR L’APPEL D’OFFRES ?
Le mandat de remplacement est une alternative à l’appel
d’offres pour travailler avec un courtier comme le rappelle
Jean-Philippe Pagès. « Nous répondons régulièrement aux
appels d’offres, mais ce n’est pas le seul mode de sélection du
courtier. Le client doit pouvoir choisir en fonction de ses objectifs
et de ses besoins. La réponse à un appel d’offres est une promesse
engageante et il est arrivé que le courtier sélectionné ne parvienne
pas à honorer son engagement. La sélection sur appel d’offres
n’est donc pas une garantie absolue. Pour notre part, il nous arrive
de proposer à des clients indépendamment de l’appel d’offres,
une étude ou une analyse sur un dossier concret afin qu’ils puissent
vérifier la qualité de notre offre tant en France qu’à l’international ».
Une méthode qui porte ses fruits, puisque le cabinet gagne autant
d’appels d’offres que d’ordre de remplacement. Laurent Giordani
est régulièrement consulté par des Risk Managers qui souhaitent
étudier le marché et/ou changer de courtiers. Pour lui, la phase
d’analyse en amont est indispensable : « nous étudions le profil
de l’entreprise, réalisons une petite cartographie des risques afin
de regarder les niveaux d’expositions, les sujets à ne pas occulter.
Nous regardons les programmes déjà en place sur les grandes lignes
comme les transports, les dommages, la RC…ou sur des lignes un
peu plus pointues comme la RCMS ou le crédit. Nous analysons
les services offerts par le courtier tenant, les prestations qui sont
fournies et comment elles se matérialisent en termes de couverture
et de coûts. C’est alors que nous conseillons au Risk Manager de
lancer ou non un appel d’offres. Parfois les négociations de gré
à gré sur certains points suffisent à améliorer l’offre, dans les
polices ou en termes de prestations. »
Pour Alexandra Pfalzgraf, le mandat de remplacement doit
être réservé à certaines situations exceptionnelles « quand il
y a urgence ou lorsque l’on veut rapprocher deux risques chez
un même courtier. Mais donner un mandat de remplacement,
c’est un peu se refuser l’opportunité d’entendre le marché. On
apprend beaucoup de choses en faisant un appel d’offres ».
« La sélection sur appel
d’offres n’est donc pas
une garantie absolue. »
La sélection sur appel La sélection sur appel
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 22
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
soumis à la TVA (que l’entreprise peut récupérer) tandis
que la taxe d’assurance des commissions n’est pas récupé-
rable. Mais quels qu’ils soient, tous les choix sont respec-
tables s’ils sont explicites et répondent à la transparence
demandée par les Risk Managers.
LES COLLECTIVITÉS
TERRITORIALES :
UN PROCESSUS PARTICULIER
Les collectivités territoriales réalisent des appels d’offres
qui rentrent dans le cadre du code des marchés publics.
Tous les courtiers de la place ne concurrent pas à ce genre
de consultation. Chez Gras Savoye, c’est une équipe diffé-
rente de celle travaillant avec les Risk Managers des entre-
prises privées qui traite ces dossiers. « C’est une démarche
avec des processus très calibrés et énormément de pièces
juridiques à fournir. Le choix se fait essentiellement sur le
prix mais il faut aussi être certain d’avoir 100 % de la chaîne
de valeur Gras Savoye dispose d’un schéma de process
certifié ISO », souligne Frédéric Lucas.
Au Conseil général de Seine-Saint-Denis, le service qui
gère l’achat des assurances, la souscription des polices
et la gestion des sinistres, est distinct de la gestion
des risques dont s’occupe Yannis Wendling, Directeur
de l'audit, du contrôle internes et de la gestion des
risques. « Nous intervenons parfois pour faire un bilan
de la politique de couvertures des risques. Mais nous
ne sommes pas en relation directe avec les assureurs et
les courtiers ». Il constate cependant que le recours au
courtier n’est pas la pratique dominante « sauf quand il
y a eu des gros sinistres avec retrait d’un assureur ou en
cas d’une augmentation importante de la prime ».
La procédure d’achat d’assurance se passe en deux
temps : le bureau des assurances détermine les polices
à souscrire puis le service des marchés publics vérifie
la conformité juridique. Parfois un courtier est appelé
à aider à bâtir un cahier des charges mais, souligne
Yannis Wendling, il n'a pas la certitude d'être sélec-
tionné à l’issue de l’appel d’offres. « Le service de la
commande publique pourrait considérer que celui qui a
établi le marché a eu plus d’informations que les autres
avec, si l'on ne prend pas les précautions qui s'imposent,
un risque d'atteinte au principe d’égalité de traite-
ment », souligne Yannis Wendling.
« Donner un mandat de remplacement,
c’est un peu se refuser l’opportunité
d’entendre le marché. On apprend beaucoup
de choses en faisant un appel d’offres. »
Jean-Philippe Pagès, Directeur Grandes Entreprises, Bessé
Donner un mandat de remplacement,
c’est un peu se refuser l’opportunité
Donner un mandat de remplacement,
c’est un peu se refuser l’opportunité
Yannis Wendling,
Directeur de l'audit,
du contrôle internes et
de la gestion des risques, Conseil général
de Seine-Saint-Denis
DIRECTION DES ACHATS : UNE PLACE DIFFÉRENCIÉE SELON LA TAILLE DE L’ENTREPRISE ET LA NATURE DES PRESTATIONS
Aux Rencontres AMRAE 2014, l’atelier sur les relations entre Risk Manager et département achats constatait que, depuis 2004-2005, les acheteurs avaient une certaine visibilité dans les appels d’offres pour, en moyenne, un dossier sur cinq. « Sans être notre interlocuteur
direct, nous voyons de plus en plus des directions des achats qui participent et sont impliquées dans le process, mais à la maîtrise encore imparfaite des problématiques d’assurance », constate Cyrille Brand.
Un de ses confrères est encore plus sévère : « les Risk Managers subissent l’arrivée des directions achats qui leurs imposent de changer. Et les
assureurs autant que les courtiers jouent le jeu. Dans un marché baissier, il est tellement facile de réduire les prix de 30 % ! »
« La Direction des achats intervient davantage mais comme ce sont des prestations très techniques et que les renouvellements ne sont pas très
fréquents, il leur est compliqué de monter en compétences et d’avoir des ressources impliquées dans les dossiers ?? confirme Laurent Giordani?
Si cette montée en puissance reste relative, elle n’est pas homogène dans le tissu économique. À ce jour, les directions des achats dans les
grands groupes apportent leur expertise aux achats de produits et services hors du champ des prestations intellectuelles, de type commissariat
aux comptes, avocats, courtiers et assureurs, conseils en fusion et acquisition, communication. Soit parce qu’ils sont considérés comme des
domaines d’experts ne pouvant entrer dans le cadre d’une politique d’achat, soit parce que leur fréquence ne permet pas de spécialiser un
acheteur sur le sujet.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201523
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
C’est ce schéma qui a été retenu par la région
Bretagne. À la suite des nouvelles lois de décen-
tralisation (2004 et 2014), la collectivité régio-
nale s’est vue transférée la gestion d’importantes
infrastructures portuaires (Saint-Malo, Lorient, Brest)
jusqu’alors compétences de l’État. Un transfert qui a
obligé la région à répéchir à la couverture assuran-
tielle. « Il nous était difficile de déterminer le niveau
de risque. Par ailleurs, nous n’avions pas l’historique
de la sinistralité (l'État étant son propre assureur).
Or sur ce type de patrimoine, il y a peu de sinistre,
mais quand il survient, les montants sont très vite
significatifs », explique Pierre Villeneuve, Directeur
des affaires juridiques et de la commande publique.
La collectivité régionale a donc souscrit une assis-
tance à maîtrise d’ouvrage auprès d’un courtier en
assurances pour l’assister et l'accompagner dans
la rédaction du cahier des charges et l'analyse des
offres. Le recours à un expert en amont avec une
bonne connaissance des infrastructures portuaires
permettait « d’éviter de n’avoir aucun assureur (risque
d'infructuosité) et d’être par défaut notre propre assu-
reur. Si vous allez voir des assureurs en expliquant que
vous avez des connaissances imparfaites du risque, ils
vont vous juger à risque ! », précise Pierre Villeneuve
qui au final en a retenu trois?
CHOISIR UN COURTIER ?
Anne-Marie Fournier, Vice-présidente de l’AMRAE
Un challenge pour une entreprise qui ne sait quel critère retenir : mondial ou local ? Multisecteurs ou spécialiste ? Choisir une équipe
ou une entreprise ? Le moins-disant et/ou le plus qualitatif ?
Toutes les options et toutes les possibilités sont respectables si
elles sont basées sur des critères de choix correspondant à la stra-
tégie de l’entreprise qui fait appel à un ou plusieurs courtiers !
De même pour le processus de sélection, toutes les démarches
sont possibles et respectables dans la mesure où elles sont adap-
tées au but recherché : l’appel d’offres global peut répondre à des
recherches d’idées nouvelles et/ou innovations, le choix intuitu
personae peut répondre à des besoins spécifiques de compétences
pointues… Les démarches peuvent d’ailleurs être au sein d’un même
groupe différentes selon les secteurs d’assurance concernés : intuitu
personae sur des couvertures liées aux fusions-acquisitions, mais
appels d?offres sur les pottes automobiles?
Face au choix qui leur est proposé, les Risk Managers doivent
fixer leurs contraintes et leurs obYectifs? les hiérarchiser puis
choisir les moyens adaptés pour y parvenir. Certains consultants
peuvent les aider dans la structuration de cette démarche puisque
le temps dévolu à ces processus est parfois très long. Cette clarté
sur les objectifs et les résultats attendus permet au Risk Manager
de partager sa démarche en interne avec les parties prenantes et
d'avoir des relations claires avec les intervenants extérieurs tant
sur les attentes que sur les raisons des choix effectués.
Demeure la question de la valeur des services de courtage : doit-
elle s'appréhender sur la base d'un prix de marché ? Les disparités
existantes montrent bien que ce n?est pas le cas et que finalement
les services du courtier ont la valeur que l'entreprise leur donne.
Dans ce cas, il est assez logique que la qualité des services soit
adaptée à la valeur qui lui aura été affectée... Et c'est peut-être là
que le bât blesse ... Comment sortir de cet engrenage ? Par le haut
certainement.
En constatant que les technologies actuelles permettent d’offrir
des services plus qualitatifs, moins axés sur la seule collecte d’in-
formations. C’est là l’opportunité pour les courtiers d’augmenter la
valeur ajoutée de leurs services et d’obtenir une meilleure recon-
naissance de cette valeur ajoutée.
elles sont basées sur des critères de choix correspondant à la stra-
tégie de l’entreprise qui fait appel à un ou plusieurs courtiers!
De même pour le processus de sélection, toutes les démarches
sont possibles et respectables dans la mesure où elles sont adap-
tées au but recherché: l’appel d’offres global peut répondre à des
recherches d’idées nouvelles et/ou innovations, le choix intuitu
personae peut répondre à des besoins spécifiques de compétences
pointues… Les démarches peuvent d’ailleurs être au sein d’un même
groupe différentes selon les secteurs d’assurance concernés: intuitu
personae sur des couvertures liées aux fusions-acquisitions, mais
appels d?offres sur les pottes automobiles?
Face au choix qui leur est proposé, les Risk Managers doivent
fixer leurs contraintes et leurs obYectifs? les hiérarchiser puis
choisir les moyens adaptés pour y parvenir. Certains consultants
peuvent les aider dans la structuration de cette démarche puisque
le temps dévolu à ces processus est parfois très long. Cette clarté
sur les objectifs et les résultats attendus permet au Risk Manager
de partager sa démarche en interne avec les parties prenantes et
d'avoir des relations claires avec les intervenants extérieurs tant
sur les attentes que sur les raisons des choix effectués.
formations. C’est là l’opportunité pour les courtiers d’augmenter la
valeur ajoutée de leurs services et d’obtenir une meilleure recon-
naissance de cette valeur ajoutée.
Anne-Marie Fournier,
Risk Manager de Kering
et Vice-présidente de l’AMRAE
Pierre Villeneuve,
Directeur des affaires juridiques
et de la commande publique
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 24
DOSSIER
CHOISIR UN COURTIER
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Sans titre-1 1 02/09/2015 15:43:02
PAGE LIBRE
Torre Diagonal Mar, Josep Pla 2, Planta 10, 08019 Barcelone, Espagne
*L’esprit domine le risque
Une filiale de HCC Insurance Holdings, Inc.
HCC Global Financial Products, S.L. – Société Unipersonnelle – ES B-61956629 – Registre du Commerce et des Sociétés de Barcelone, Tome 31639, Folio 159, Page B-196767. Agence
d’Assurances exclusive de HCC International Insurance Company PLC, enregistrée auprès de la Direction Générale des Assurances et Fonds de Pension Espagnole (Dirección General de
Seguros y Fondos de Pensiones) sur le Registre Spécial des intermédiaires en assurance, courtiers en réassurance et de leurs dirigeants, sous le numéro E0191B61956629.
HCC Global
Chez HCC Global, nous nous spécialisons dans
l’assurance de risques financiers, donnant à nos
clients la liberté de saisir les occasions avec
confiance, en leur ofrant un processus d’assurance
que nous appelons « Mind over risk »*.
hcc.com/global
QUELLES SONT LES CHANCES
d’éviter
les surprises ?
Torre Diagonal Mar, Josep Pla 2, Planta 10, 08019 Barcelone, Espagne
*L’esprit domine le risque
Une filiale de HCC Insurance Holdings, Inc.
HCC Global Financial Products, S.L. – Société Unipersonnelle – ES B-61956629 – Registre du Commerce et des Sociétés de Barcelone, Tome 31639, Folio 159, Page B-196767. Agence
d’Assurances exclusive de HCC International Insurance Company PLC, enregistrée auprès de la Direction Générale des Assurances et Fonds de Pension Espagnole (Dirección General de
Seguros y Fondos de Pensiones) sur le Registre Spécial des intermédiaires en assurance, courtiers en réassurance et de leurs dirigeants, sous le numéro E0191B61956629.
HCC Global
hcc.com/global
QUELLES SONT LES CHANCES
d’éviter
les surprises ?
Par Cécile Desjardins
BAROMÈTRE 2015
DU RISK MANAGER
L'ÈRE DE LA MATURITÉ
Le dernier Baromètre publié par l'AMRAE révèle des Risk Managers plus professionnels et plus
polyvalents. Mais aussi des interlocuteurs beaucoup mieux reconnus dans leur entreprise,
susceptibles d'interagir avec les plus hauts niveaux hiérarchiques sur des sujets stratégiques.
En partenariat avec
Q
u'il paraît loin, le premier « Baromètre
du Risk Manager », publié par l'AMRAE
en 2009 ! En quatre éditions, à raison
d'une tous les deux ans, le Baromètre
du Risk Manager aura révélé l'évolution
progressive de la fonction de responsable des risques.
D'année en année, on a vu se dessiner un métier dont
le périm!tre est mieux défini et les missions plus larges
mais aussi ? et surtout ? une profession mieux identifiée
et bien davantage reconnue.
Le dernier opus, qui vient d'être publié
1
, montre toujours
une profession bipolaire.
Avec, d'un côté, des spécialistes plutôt en charge des
assurances (31 % des répondants) et de l'autre des
professionnels au profil orienté vers la gestion globale
des risques de l'entreprise (ou ERM, 31 % des sondés,
pour seulement 19 % en 2013). « De façon stable,
quelque 38 % des professionnels ont un pied de chaque
côté. Mais on constate que ceux qui ne font que de l'as-
surance sont de moins en moins nombreux, au profit des
spécialistes ERM. C'est une vraie tendance », estime Julien
Muller, Manager Risk Assurance & Advisory Services chez
PwC, qui co-signe l'étude. « Nous constatons aujourd'hui
une vraie porosité entre l'ERM et l'assurance : les Risk
Managers sont de plus en plus polyvalents ?? confirme
François Malan, Vice-président de l'AMRAE. Avec, peut-
être, le modèle américain du « CRO » à l'horizon. « Le
Chief Risk Officer américain est avant tout en charge
de l'ERM, meme s’il supervise l’Audit Interne. Dans le
monde des grands risques , il doit aussi veiller à la contri-
bution de l'assurance : c'est donc un profil mixte, qui se
décline en fonction de l'entreprise. Mais, dans l'évolu-
tion, il faut veiller à ne pas créer de bureaucratie. Les
dirigeants n'ont pas besoin de formalisme ou de repor -
tings supplémentaires, mais d'un réel soutien dans
leur business et leur choix stratégiques », explique la
Présidente de l'AMRAE, Brigitte Bouquot.
Il apparaît d'ores et déjà que les missions des Risk
Managers français se sont beaucoup élargies,
ces derni!res années? Au profit d?une
gestion de plus en plus globale des
risques. « Le Risk Manager a évolué
d'un rôle d'acheteur d'assurance
à celui de véritable gestion-
naire stratégique des risques
de l'entreprise, résume Hervé
Houdard, Directeur général
de Siaci Saint Honoré, et
précédent Président de la
Chambre Syndicale des Courtiers d'Assurances, qui date
l'évolution significative au début des années 2000. « À
partir des tempêtes de 1998-99 puis face au drame du World
Trade Center en septembre 2001, les directions générales ont
pris conscience de l'importance de la gestion des risques.
Il y a eu une véritable « risk recognition » et le métier s'est
vu identifié puis revalorisé, aux plus hauts niveaux de la
hiérarchie ».
Plus récemment, la crise a aussi joué son rôle. « Avec
l'évolution des ”business models” et la mutation numé-
rique, toutes les organisations ont dû se reposer la ques-
tion du niveau de risque qu'elles sont prêtes
à accepter », complète Agnès Touraine,
Présidente de l'IFA (Institut Français
des Administrateurs), qui a lancé
au printemps un groupe de travail
sur le « risk appetite » dans les
entreprises et ses implications en
matière de gouvernance dans les
entreprises.
Julien Muller,
Manager Risk Assurance &
Advisory Services chez PwC
Brigitte Bouquot,
Présidente de l'AMRAE
« Nous constatons aujourd'hui une vraie porosité entre l'ERM et l'assurance : les Risk Managers sont de plus en plus polyvalents. »
François Malan, Vice-président de l'AMRAE
Nous constatons
aujourd'hui une vraie
Nous constatons
aujourd'hui une vraie
1
Résultat d'une enquête menée par l'AMRAE, en partenariat avec le groupe d'audit et conseil PwC, entre janvier et avril 2015, auprès de 188 Risk Managers français, responsables ou membres de départements.
François Malan,
Vice-président de l'AMRAE en charge du Métier
RISK MANAGERS :
PLUS VISIBLES, PLUS RECONNUS
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 28
DOSSIER
BAROMÈTRE 2015 DU RISK MANAGER
Au point que le métier n'est plus le même. Bien évidem-
ment? le cahier des charges dépend aussi du profil du
poste : les Risk Managers qui font de l'ERM sont particu-
lièrement impliqués dans la construction de la métho-
dologie et du référentiel de Management des Risques.
Mais, tous les Risk Managers ont été affectés. « 78 % des
responsables interrogés déclarent diffuser la culture du
risque dans leur entreprise. De fait, le Risk Manager ne
détient pas le monopole du sujet risque : il lui faut sensi-
biliser tous les collaborateurs et salariés de l'entreprise
au sujet, en animant des formations, en proposant des
méthodologies. Chacun dans l'entreprise doit se sentir
concerné et avoir conscience du risque dans ses actions »,
souligne François Malan. On note aussi que 75 % des
sondés réalisent l?appréciation du risque et ww ? défi-
nissent les missions et la structure du dispositif, ainsi
que le pilotage et le reporting des risques. « 42 % des
Risk Managers déclarent aujourd'hui élaborer la poli-
tique de Management des Risques en prenant en compte
l'appétence et la tolérance aux risques des dirigeants et/
ou des organes de gouvernance de l'organisation. C'est
nouveau et c'est fondamental. Le risque est, aujourd'hui,
au centre des problématiques de gouvernance, dans son
aspect négatif, mais aussi en tant que source d'opportu-
nités. L'enjeu est non seulement le contrôle du risque,
mais aussi son anticipation et l'alignement des niveaux de
risque acceptés par les parties prenantes, management,
conseil et salariés », souligne Agnès Touraine.
LES OUTILS
Aussi, en interne, les outils se sont-ils étoffés : 79 %
des Risk Managers utilisent aujourd'hui un référentiel
(interne dans 28 % des entreprises, Coso dans 25 %
et Iso dans 13 % des structures), même si seuls 31 %
des Risk Managers interrogés utilisent aujourd'hui un
système de gestion des risques (SIGR).
« Alors que l'offre est très abondante en la matière, les
Risk Managers utilisent surtout des solutions bureautiques
classiques, comme Excel, pour suivre leurs risques », relève
Julien Muller.
Les moyens accordés aux Risk Managers ont augmenté,
avec des équipes plus conséquentes et un budget de
fonctionnement Yugé suffisant par xx ? des respon-
sables interrogés. « Au cours des dernières années, la
fonction s'est encore structurée. Elle travaille de façon
encore plus rigoureuse que par le passé, dans le suivi,
l'analyse régulière et la prise en compte de l'ensemble
de nos risques. Elle est aujourd'hui impliquée dans
toute la stratégie opérationnelle et la mise en œuvre
des décisions qui impliquent l'approvisionnement, les
programmes, le risque politique, social et humain », juge
Jean-Luc Bérard, Responsable des ressources humaines
du groupe Safran, où quelque 700 personnes travaillent
directement au Management des Risques. Les relations
avec l'extérieur, notamment avec les courtiers, ont
elles-aussi évolué. « On est clairement sortis de la simple
discussion financière autour de la prime d'assurance ou de
la rémunération, pour aborder des sujets d'identification,
d'analyse et de quantification des risques. La compétition
basique - par appel d'offre à la recherche du tarif le moins
élevé - a cédé la place à des interrogations sur la qualité
du service et à la recherche d'un juste prix pour le meilleur
service, qui doit comprendre la réactivité, la créativité,
l'anticipation... », constate Hervé Houdard.
UN SPECTRE PLUS LARGE DE RISQUES
Le panel appréhendé par les responsables est aujour-
d'hui beaucoup plus large que par le passé. « Il y a une
véritable actualisation de la prise de conscience sur les
nouveaux risques », souligne Hervé Houdard. Le spectre
comprend aujourd'hui non seulement les risques opéra-
tionnels (80 %), de fraude (75 %), environnementaux,
sûreté/sécurité (70 %) et les risques fournisseurs (67 %),
mais aussi de nouveaux risques comme les risques liés
aux achats (58 %), aux projets (57 %), à la gouvernance
(53 %), ou bien sûr au cyber (67 %). « La protection des
données est devenue un enjeu majeur au cours des deux
dernières années : la donnée interne, mais aussi les données
sur les clients constituent des risques stratégiques »,
souligne Agnès Touraine. De fait, les « top managers »
ont désormais une appréhension des risques stratégiques
et tiennent notamment compte des risques financiers
(75 %), de conformité (62 %) ou encore d'image (73 %).
« Le risque est, aujourd'hui,
au centre des problématiques
de gouvernance, dans
son aspect négatif, mais
aussi en tant que source
d'opportunités. »
Agnès Touraine, Présidente de l'IFA
Le risque est, aujourd'hui,
au centre des problématiques
Le risque est, aujourd'hui,
au centre des problématiques
Hervé Houdard,
Directeur général de Siaci Saint Honoré
Agnès Touraine,
Présidente de l'IFA
Jean-Luc Bérard,
Responsable des ressources humaines du groupe Safran
« Aujourd'hui, l'ERM a acquis
sa légitimité et on ne le confond
plus avec les professionnels
de l'assurance, de la qualité
ou de la HSE (Hygiène, Sécurité
et Environnement). »
Marc Lassagne, Enseignant chercheur
Aujourd'hui, l'ERM a acquis
sa légitimité et on ne le confond
Aujourd'hui, l'ERM a acquis
sa légitimité et on ne le confond
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201529
DOSSIER
BAROMÈTRE 2015 DU RISK MANAGER
Conséquence logique, les Risk Managers ont clairement
pris de l'ampleur dans leur entreprise. Cela se mesure,
tout d'abord, en terme de reconnaissance : plus de la
moitié des responsables interrogés ont déclaré avoir
le sentiment que leur fonction était de plus en plus
reconnue en interne (et seuls 4 % que la reconnaissance
baissait). Le positionnement du métier semble égale-
ment beaucoup plus clair. « Il y a seulement une dizaine
d'années, le métier était encore mal identifié ou confondu
avec d'autres. Heureusement, les évolutions institu-
tionnelles, comme la vie des entreprises ont contribué à
son institutionnalisation et à sa visibilité. Aujourd'hui,
l'ERM a acquis sa légitimité et on ne le confond plus avec
les professionnels de l'assurance, de la qualité ou de la
HSE (Hygiène, Sécurité et Environnement). Le métier de
Risk Manager a aussi gagné en légitimité par rapport,
notamment, au contrôle interne, même si des progrès
peuvent encore être faits puisque 29 % des Risk Managers
sont aujourd'hui encore en charge des deux activités.
Pourtant, les deux métiers sont radicalement différents :
le contrôle interne est essentiellement focalisé sur les
processus internes, la conformité et le respect de la
norme, des lois et des règlements, alors qu'il y a derrière
le Management des Risques une logique « business »
et l'idée d'aligner la prise de décision à l'appétence
aux risques de l'entreprise », estime Marc Lassagne,
enseignant chercheur, à la tête du Mastère spécia-
lisé Management Global des Risques (École Nationale
Supérieure d’Arts et Métiers et ESTP).
Enfin - mais c'est extrêmement révélateur - le Baromètre
révèle un rattachement croissant de la fonction aux
plus hauts niveaux hiérarchiques. « Alors que les Risk
Managers étaient souvent rattachés aux directions juri-
diques et financières, sans lien avec la direction géné-
rale, nous constatons aujourd'hui de plus en plus de liens
directs avec le Comex ou des accès directs à la présidence.
C'est un témoignage de la reconnaissance de notre
profession », estime François Malan.
Concrètement, les Risk Managers sont principalement
rattachés à la direction générale (36 %), ou à la direc-
tion financi!re ?sw ??? mais ut ? des responsables se
placent aujourd'hui en n-1 par rapport à la direction
générale, contre 18 % en 2013. « Il y a quelques années,
les deux tiers des Risk Managers dépendaient des direc-
LE BAROMÈTRE EN 5 CHIFFRES CLEFS
69 % des répondants
ont un profil ERM ?ERM seul ou ERM?AP?
62 % des répondants ont un accès direct
à la direction générale
77 % jugent leur budget suffisant
108 000 € , la rémunération annuelle brute
moyenne des top Risk Managers.
91 % travaillent dans des grands comptes ou ETI
« Les Risk Managers ont fait
la preuve de la plus-value
qu'ils pouvaient apporter :
ils participent à la création
de valeur, même si la
quantification est parfois
difficile à démontrer. »
François Malan,
Vice-président de l'AMRAE
Les Risk Managers ont fait
la preuve de la plus-value
Les Risk Managers ont fait
la preuve de la plus-value
Marc Lassagne,
Enseignant chercheur
Le Baromètre du Risk Manager - 33
Réseaux internes
Reconnaissance de la fonction en interne
Plus de la moitié des Risk Managers ont le
sentiment que la reconnaissance de la fonction en interne est en augmentation .
Par type de profil, nous notons que les Risk Managers
AP/ERM et ERM ont le sentiment que la reconnais-
sance de la fonction en interne est particulièrement
en augmentation .
Rattach em ent h iérarch ique des Risk Managers
Note : Cette analyse ne concerne que les « top managers ».
Les Risk Managers sont prin-
cipalement rattachés à la
direction générale (36 %) ou à la
direction financière (26 %) .
O n note des différences de rat-
tachement selon les profils :
Les Risk Managers AP sont
principalement rattachés à la
direction financière (40 % contre
35 % en 2013) ou à la direction
j uridique (28 % contre 24 % en
2013) ;
-Les Risk Managers ERM sont principalement rattachés à la direction générale (46 % en 2015
contre 32 % en 2013) ou à la direction financière (20 % en 2015 contre 27 % en 2013) ;
-Les Risk Managers AP/ERM sont maj oritairement rattachés à la Direction G énérale (40 % en
2015 contre 13 % en 2013) ou à la Direction financière (22 % en 2015 contre 44 % en 2013) .
N ous notons globalement une augmentation du rattachement à la direction générale (36 %
contre 18 % en 2013) .
En augmentation
Stable
En diminution
54 %42 %
4 %
6 %
6 %
8 %
13 %
17 %
26 %
36 %Direction générale
Direction des risques
Direction de l’audit interne/...
Direction juridique
Direction fnancière
Secrétariat général
1 %
Autres
Direction Opérationnelle
RATTACHEMENT HIÉRARCHIQUE DES RISK MANAGERS
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 30
DOSSIER
BAROMÈTRE 2015 DU RISK MANAGER
tions juridiques. Cela a beaucoup changé aujourd'hui
avec, quel que soit le rattachement hiérarchique, une
claire obédience financière, qui va dans le bon sens de
la logique de la gestion des risques », souligne Hervé
9oudard? Avec une inpuence stratégique? puisque
62 % des responsables interrogés déclarent avoir un
accès direct au directeur général. « Les Risk Managers
ont fait la preuve de la plus-value qu'ils pouvaient
apporter : ils participent à la création de valeur, même
si la quantification est parfois difficile à démontrer »,
souligne François Malan.
De fait, selon une enquête récemment publiée par le
groupe ACE (enquête réalisée auprès de 500 respon-
sables basés en Europe, au Moyen-Orient ou en Afrique),
78 ? des Risk Managers Yugent que leur inpuence ? dans
les prises de décisions stratégiques » s'est accrue au
cours des trois dernières années (« fortement » selon
38 % des sondés). « Le Risk Management est devenu un
pôle stratégique de maîtrise des activités de l'entreprise
et le Risk Manager un partenaire du business. Les diri-
geants ont besoin d'avoir à leur côté des Risk Officers qui
leur donnent des informations et un angle de vue complé-
mentaires à ceux des opérationnels. Au-delà de son
positionnement hiérarchique, le Risk Manager constitue
un vrai levier de gouvernance en interne », renchérit
Brigitte Bouquot. Levier pour faire passer des messages
sur les risques... et les opportunités de l'entreprise.
34 - Le Baromètre du Risk Manager
Positionnem ent du Risk Manager par rapport ? la direction générale
Note : Cette analyse se focalise sur les « top managers »
N ous observons que 43 % des top managers ayant
répondu à l’enquête sont en position N -1 par rap-
port à la direction générale et que 41 % des répon -
dants sont en position N -2 .
C ontact avec le directeur général
95 % des « top managers » ayant répondu à
l’enquête ont un contact avec le directeur général
soit directement pour 63 % des répondants, soit
indirectement pour 33 % des répondants .
L’analyse par type de profil permet de constater que par rapport à la direction générale :
- Les profils AP sont principalement (44 %) en position de N -2 ;
- Les profils ERM, sont principalement (47 %) en position de N -1 ;
- La maj orité des profils AP/ERM (52 %) sont en position de N -1 .
Par rapport à 2013, nous observons une augmentation du positionnement des Risk Managers
en N -1 par rapport à la direction générale (43 % contre 18 % en 2013) .
Niveau hierarchique direct N-1
Niveau hierarchique N-2
Niveau hierarchique N-3
Contact direct Contact indirect Absence totale de contact
43 %
41 %
15 %
62 %
33 %
5 %
34 - Le Baromètre du Risk Manager
Positionnem ent du Risk Manager par rapport ? la direction générale
Note : Cette analyse se focalise sur les « top managers »
N ous observons que 43 % des top managers ayant
répondu à l’enquête sont en position N -1 par rap-
port à la direction générale et que 41 % des répon -
dants sont en position N -2 .
C ontact avec le directeur général
95 % des « top managers » ayant répondu à
l’enquête ont un contact avec le directeur général
soit directement pour 63 % des répondants, soit
indirectement pour 33 % des répondants .
L’analyse par type de profil permet de constater que par rapport à la direction générale :
- Les profils AP sont principalement (44 %) en position de N -2 ;
- Les profils ERM, sont principalement (47 %) en position de N -1 ;
- La maj orité des profils AP/ERM (52 %) sont en position de N -1 .
Par rapport à 2013, nous observons une augmentation du positionnement des Risk Managers
en N -1 par rapport à la direction générale (43 % contre 18 % en 2013) .
Niveau hierarchique direct N-1
Niveau hierarchique N-2
Niveau hierarchique N-3
Contact direct
Contact indirect
Absence totale de contact
43 %
41 %
15 %
62 %
33 %
5 %
POSITIONNEMENT
DU RISK MANAGER PAR RAPPORT
À LA DIRECTION GÉNÉRALE
« Le Risk Management
est devenu un pôle
stratégique de maîtrise
des activités de l'entreprise
et le Risk Manager un
partenaire du business. »
Le Risk Management
est devenu un pôle
Le Risk Management
est devenu un pôle
15 %
41 %
43 %
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201531
DOSSIER
BAROMÈTRE 2015 DU RISK MANAGER
LE PROFIL TYPE ? TOUJOURS
UN HOMME EXPÉRIMENTÉ
Finalement? mais c?est logique? les profils des respon-
sables des risques ont évolué plus lentement que leur
mission. Les spécialistes du Risk Management sont
toujours, en général, des professionnels expérimentés :
53 % des professionnels ont plus de 46 ans, et même
65 % chez les « tops managers ». Toujours issus de trois
principales formations : Commerce, É conomie et G estion
pour 31 % des sondés, Droit pour 24 % et ingénieur ou
scientifique pour ss % des répondants. « L'importance
des profils d'origine juridique peut surprendre. C'est
l'écume d'une vague : le Management des Risques est
né à travers les assurances, et le Baromètre garde encore
des traces de cette histoire, comme de celle de l'AMRAE.
Par ailleurs, le poids des ingénieurs apparaît comme une
spécificité française », juge Marc Lassagne. Mais d'autres
cursus commencent à apparaître. « Même si elles ne sont
pas encore dans le top 3, les formations initiales dans
la gestion des risques sont de plus en plus présentes »,
explique Julien Muller.
À ces formations d'origine, 58 % des
responsables ont adjoint des forma-
tions complémentaires en Risk
Management (séminaires théma-
tiques de l'AMRAE pour 25 %
d'entre eux), et 60 % ont suivi
des formations complémentaires plus larges, notam ment
dans le domaine du développement personnel (58 %)
ou de la gestion de projet (37 %). « Les responsables
de risque ont réalisé ces dernières années un véritable
effort de formation et une montée en niveau, tant sur
leur matière propre qu'en termes de communication et de
présentation. Le discours est désormais élaboré, profes-
sionnel et pédagogique », estime Martine Bournerias,
Associée chez Progress Search. Mais c'est bien, en
fin de compte? l?expérience qui fait le Risk Manager?
« Au-delà des formations, qui sont importantes, c'est
l'expérience qui permet d'avoir une approche fine et
une sensibilité du risque. Il faut savoir manager et
avoir la culture du métier où l'on intervient », rappelle
François Malan.
PARITÉ : IL RESTE DU CHEMIN À ACCOMPLIR
En termes de parité, une lecture rapide du Baromètre
pourrait être trompeuse. En effet, en lecture directe,
la part des femmes chez les Risk Managers semble
être passée, en deux ans, de 28 % à 41 %. En réalité ?
La progression tient surtout à l'ouverture du panel
aux “non-top managers”. « Nous avons choisi d'ouvrir
le panel à tous les professionnels du Risk Management
français, afin d'avoir une meilleure représenta-
tivité du métier et d'en connaître davan-
tage, aussi, sur les équipes », explique
Julien Muller, qui co-signe l'étude.
De fait, les femmes pesant 47 %
des “non-top managers”, pour
seulement 37 % des “ tops
Martine Bournerias,
Associée chez Progress Search
FOCUS FORMATION
Des profils auYourd?hui tr!s variés?
Pas de profil thpe pour s?orienter vers
le Management des Risques. Le Baromètre
révèle qu'en 2015, les formations d'origine se
répartissent entre trois principaux domaines :
Commerce, Gestion ou Économie pour 31 % des
sondés, formation juridique et Droit pour 24 %
d?entre eux ou encore cursus scientifique ou
ingénieur pour 22 % des responsables de risque
interrogés. Ces deux dernières catégories sont
à la baisse, puisqu'elles représentaient
respectivement 31 % et 38 %
du panel en 2013.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 32
DOSSIER
BAROMÈTRE 2015 DU RISK MANAGER
UNE RÉMUNÉRATION EN PARTIE VARIABLE
4omme observé en s{rt? la rémunération fixe brute annuelle
atteint, en moyenne, 84 000 euros pour les « non top mana-
gers » et 108 000 euros pour les plus hauts niveaux de la
hiérarchie du risque.
On note, toujours, d'importantes différences salariales entre
hommes et femmes : l'écart constaté atteint 15 % chez les
tops managers (98 000 euros annuels pour les femmes contre
113 000 euros annuels en moyenne pour les hommes) et 28 %
pour les « non-top managers » (72 000 euros annuels pour
92 000 euros annuels).
Selon le Baromètre, 42 % des responsables interrogés
reqoivent une rémunération annuelle fixe brute supérieure à
100 000 euros et autour de 40 % des responsables perçoivent
une rémunération variable supérieure à 15 % de leur salaire.
« Cela correspond à que nous voyons actuellement sur le marché.
Les entreprises du CAC 40 versent parfois une part complémen-
taire conséquente – entre 20 et 25 % de la rémunération - sous
forme de bonus, participation ou intéressement. Ainsi, aux plus
hauts niveaux de la hiérarchie on peut atteindre 180 à 200 000
euros annuels au total », souligne Martine Bournerias, asso-
ciée du cabinet de chasseurs de têtes Progress Search.
Pour booster son salaire, mieux vaut trouver son emploi via un
cabinet de recrutement (107 000 euros par an) ou via son réseau
(102 000 euros) et se tourner vers de grands comptes indus-
triels plutôt que d'aller vers le secteur public ou une ONG.
managers”, cela a changé la donne. « La part des femmes est en augmen-
tation, mais c'est une évolution lente, avec un phénomène de génération :
on retrouve de plus en plus de femmes Risk Managers parmi les 35/45
ans », souligne Martine Bournerias, Associée du cabinet de recrute-
ment Progress Search? @n retrouve finalement? en France? davantage
de femmes qu'au niveau européen, puisque selon la dernière étude
FERMA, 73 % des responsables des risques européens étaient des
hommes (contre 27 % de femmes).
UN PEU PLUS D’ETI
Comme en 2013, les Risk Managers exercent principalement dans des
entreprises de type grand compte, mais cette part baisse, s'établissant
à 63 % contre 74 % il y a deux ans : quelque 28 % des répondants ont
déclaré travailler dans des entreprises de taille intermédiaire (ETI,
au chiffre d'affaires compris entre 50 millions d'euros et 1,5 milliard
d'euros). « Il s'agit aujourd'hui, dans de nombreux cas, de jobs cumulés :
les ETI n'ont pas forcément les moyens d'investir dans un Risk Manager
à temps plein, mais la fonction est clairement apparue sur les feuilles
de postes », explique Hervé Houdard. Par exemple ? Le libellé sera
« Directeur des risques et des assurances », pouvant se cumuler, mais
avec deux casquettes bien différenciées, avec le poste de directeur juri-
dique, par exemple. Mais toutes les ETI n'ont pas atteint le même degré
de maturité. Certaines préfèrent ainsi acheter une gestion déléguée de
leur Management des Risques. « Depuis deux ou trois ans, nous sommes
de plus en plus sollicités pour des missions ponctuelles ou récurrentes.
Un spécialiste de Siaci Saint Honoré peut ainsi passer une demi-journée
ou une journée par semaine en mission chez un client pour remplir le rôle
de Risk Manager : cela signifie que le besoin a été clairement identifié,
mais que l'entreprise n'est pas encore mure pour une embauche. On
peut considérer que c'est une première étape ou simplement un test »,
complète Hervé Houdard.
6 - Le Baromètre du Risk Manager
Différentes activités
L’analyse s’articule autour des 3 profils de Risk Manager suivants:
-
un profil orienté vers la gestion des assurances et la prévention des risques
assurables, et notamment les visites de site, que l’on nommera pour des raisons
de simplification AP ,
-
un profil orienté vers la gestion globale des risques de l’entreprise , qu’on
nommera pour des raisons de simplification ERM (Enterprise Risk Management),
-
un profil mixte, intervenant à la fois sur des problématiques d’Assurance et de
Prévention, et de gestion des risques, qu’on nommera A P/E R M pour des raisons
de simplification .
Le profil du Risk
Manager
Point de vue
Depuis 2013, nous constatons une augmentation de la part des profils AP/ERM chez les
« top managers » tandis que la part des profils AP est en diminution . Cette évolution
témoigne d’une plus grande polyvalence dans les missions des Risk Managers qui intègrent
désormais de plus en plus la gestion globale des risques .
À noter que 45 % des « top managers » ont un profil AP/ERM et 42 % des « non top
managers » ont un profil AP .
Répartition des Risk Managers par profil
La répartition des différents profils
de Risk Managers ayant répondu à
l’enquête est la suivante :
- 31 % des répondants ont un pro-
fil exclusivement AP contre 42 %
en 2013;
- 31 % des répondants ont un pro-
fil exclusivement ERM contre 19 %
en 2013;
- 38 % des répondants ont un profil
mixte AP/ERM contre 39 % en 2013 .
AP/ERM
Exclusivement AP
Exclusivement ERM
38 %
31 %
31 %
RÉPARTITION DES RISK MANAGERS
PAR PROFIL
31 %
38 %
31 %
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201533
DOSSIER
BAROMÈTRE 2015 DU RISK MANAGER
RECRUTEMENT : « C'EST UN PETIT MARCHÉ »
L'avis de Martine Bournerias, Associée, Practice Services Financiers du
cabinet de chasse de tête Progress Search, sur les recrutements des respon-
sables des risques, alors que 60 % des Risk Managers reconnaissent avoir
été recrutés via la mobilité interne, et 22 % via leurs réseaux relationnels.
Comment se porte actuellement le marché de l'emploi des respon-
sables de risque ?
« Il est difficile de tirer des tendances, car c'est un petit marché. Les cabi-
nets de chasseurs de tête sont essentiellement mobilisés pour trouver des
spécialistes dans le domaine de l'assurance, par exemple pour des postes de
« Directeur des assurances », ou « Directeur des risques et assurances », mais
comme on le voit dans le Baromètre, lorsque les profils sont très orientés
Management des Risques, beaucoup de postes sont pourvus par recrutement
interne, par des professionnels qui connaissent déjà bien l'entreprise, son
métier et ses réseaux. En outre, les fiches de poste varient beaucoup d'une
structure à l'autre et le champ de compétences attendu peu être plus ou
moins complet. De fait, lorsqu'un poste est ouvert, il y a souvent beaucoup
de candidats potentiels, tant venant de l'interne, que d'un poste équivalent
mais désireux de changer d'entreprise ou encore des profils expérimentés
souhaitant évoluer vers l'ERM. Autant dire que les entreprises sont plutôt en
position de force en ce moment. Cela se voit d'ailleurs dans les rémunéra-
tions proposées ».
Le Baromètre indique que les Risk Managers souhaitent à terme
s'orienter vers l’audit et le contrôle interne (27 %) ou vers le conseil
(27 %) après leur poste actuel, que leur conseillez-vous ?
« Dans la suite du parcours, il n'est pas toujours simple de se réorienter,
même s'il existe de beaux exemples. Les professionnels issus du monde
de l'assurance ou du courtage peuvent parfois y retourner et, dans le cas
de parcours internes, une évolution au sein de la direction financière, ou
d'autres directions fonctionnelles, est la plus courante ».
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 34
DOSSIER
BAROMÈTRE 2015 DU RISK MANAGER
TROIS QUESTIONS À... MARC LASSAGNE
Maître de conférences à l'École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers, Marc Lassagne
co-dirige, avec Laurent Dehouck et Céline Crespin, le Mastère spécialisé Management
Global des Risques, dispensé par Arts et Métiers Paris Tech et l'ESTP.
1 – Y a-t-il une formation à privilégier pour devenir Risk Manager ?
Pas véritablement. Deux principales trajectoires permettent d'aller vers le Management
des Risques. On trouve d'un côté de jeunes diplômés qui colorent leur parcours d'une
dimension risque, dans la continuité de leurs études, quel que soit leur cursus d'ori-
gine : ingénieur, école de commerce ou de gestion, juristes ou encore Sciences Po. Ils
peuvent démarrer à des postes de junior puis évoluer dans le Risk Management. C'est
une tendance récente, qui a été permise par la diffusion de la culture du Management
des Risques dans les entreprises et la mise en place de programmes de formation
adaptés au métier. Mais on trouve aussi dans ce métier de nombreux professionnels
qui font le choix du Management des Risques dans une seconde partie de carrière,
vers 35-45 ans. La formation ou le métier d'origine n'ont pas beaucoup d'importance
alors : c'est la connaissance de l'entreprise et le goût pour la notion de risque qui leur
permettra d'évoluer. Dans tous les cas, ce sont les capacités et les qualités propres du
Risk Manager qui sont essentielles, en raison de la dimension transversale du métier.
2 – Et quelles sont les principales capacités ?
On peut recenser un certain nombre de « macro-capacités » nécessaire dans ce métier.
Il faut tout d'abord, bien évidemment, maîtriser les techniques d'analyse, d'évalua-
tion et de formalisation des risques. La capacité à prendre des décisions – directe-
ment ou en soutien - dans l'incertitude est ensuite fondamentale. Cela renvoie aussi
à la notion d?appétence au risque? Enfin? on attend d?un Risk Manager un ensemble
de macro-capacités d'ordre managérial : il faut savoir gérer un projet, savoir commu-
niquer et convaincre, avoir un esprit de synthèse et bien sûr
discuter avec des personnes d'horizons variés, et qui
ne sont pas toutes, nécessairement, sensibles à la
notion de risque...
3 – Peut-on devenir Risk Manager directement
au sortir de ses études ?
Il est illusoire de penser que l'on peut avoir,
directement après ses études, la capacité à
interagir avec les autres qui est nécessaire
aux Risk Managers. Une expérience mana-
gériale antérieure sera nécessaire, ainsi
que la connaissance d'un métier. Toutefois,
commencer à travailler, comme junior,
dans le Management des Risques
peut constituer une clef d'en-
trée dans une entreprise, et un
élément sur lequel capitaliser
par la suite...
ment ou en soutien - dans l'incertitude est ensuite fondamentale. Cela renvoie aussi
à la notion d?appétence au risque? Enfin? on attend d?un Risk Manager un ensemble
de macro-capacités d'ordre managérial: il faut savoir gérer un projet, savoir commu-
niquer et convaincre, avoir un esprit de synthèse et bien sûr
discuter avec des personnes d'horizons variés, et qui
ne sont pas toutes, nécessairement, sensibles à la
3 – Peut-on devenir Risk Manager directement
Il est illusoire de penser que l'on peut avoir,
directement après ses études, la capacité à
interagir avec les autres qui est nécessaire
aux Risk Managers. Une expérience mana-
gériale antérieure sera nécessaire, ainsi
que la connaissance d'un métier. Toutefois,
commencer à travailler, comme junior,
dans le Management des Risques
peut constituer une clef d'en-
trée dans une entreprise, et un
élément sur lequel capitaliser
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201535
DOSSIER
BAROMÈTRE 2015 DU RISK MANAGER
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sont fournies par AIG Europe Limited. Le présent document est fourni à titre informatif uniquement et ne peut en aucun cas servir de justificatif
d’assurance.L’offre est susceptible de varier selon les pays et peut ne pas être disponible dans tous les pays européens. L’étendue et les conditions
d’application des garanties sont assujetties aux dispositions du contrat d’assurance, qui sont disponibles sur simple demande. Pour plus d’informations,
vous pouvez visiter notre site internet: www.aig.com
ET EN AMÉRIQUE DU NORD ?
Selon la dernière étude « Risk Manager Compensation Survey » (réalisée par Readex et publiée en avril dans « National Underwriter P&C's »),
plus de 80 % des Risk Managers américains sont en charge des assurances et des sinistres, 43 % du Management des Risques, 64 % des
systèmes de gestion des risques, 42 % de la conformité, 31 % du risque de réputation. En termes de rattachement, 20 % des Risk Managers
américains sont rattachés au DAF ou au VP finance? r{ ? au trésorier? ru ? au ? Director ? et s{ ? au Président ?4E@ ou Président ou
4hairman?? Eoutefois? des différences existent clairement entre les r+les des Risk Managers franqais et des 4hief Risk @fficers outre?atlantique?
« Les entreprises américaines que nous avons visitées lors de nos voyages d'étude séparent très clairement les
métiers de Management des Risques et d'audit interne, avec même, parfois, des conflits entre les deux fonctions.
On sent que la France va dans cette voie, mais à sa manière, car la culture du risque - et la notion de prise de risque –
resteront sans doute toujours différentes des pratiques anglo-saxonnes. Il y a un modèle à inventer mais les choses
commencent à bouger », explique Marc Lassagne.
« Les Risk Managers canadiens ont dans la grande majorité des cas une formation d'origine de type finance ou
économie. Ils s'occupent non seulement des assurances mais aussi de l'ERM, avec une approche très holistique
du risque. Au Canada, le travail du Risk Manager demande une grande exigence en terme de compliance. La régle-
mentation des assurances en Amérique du Nord est beaucoup plus complexe qu’en Europe puisque les licences,
les règlements et les taxes peuvent différer d’une province et d’un état à l’autre et qu’il n’existe pas de LPS pour
régler les enjeux de conformité. En revanche, ces professionnels sont à la frontière de plusieurs métiers, et doivent
travailler très étroitement avec leurs alter-egos : les fiscalistes, les juristes, ainsi que les trésoriers, car ils gèrent les
assurances-cautions où le marché de l’assurance est beaucoup plus développé », détaille Nadia Côté, Directrice
générale de ACE en France, et d'origine canadienne.
Nadia Côté,
Directrice générale
de ACE en France
Vancouver, Canada
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 36
DOSSIER
BAROMÈTRE 2015 DU RISK MANAGER
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des entreprises et des acteurs du management des risques.
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• Etude de vulnérabilité des actifs suite à CAT NAT.
• Assistance technique.
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JEUDI 10 SEPTEMBRE 2015
Séminaire de rentrée AMRAE - Paris
Le Séminaire de rentrée de l’AMRAE fournit un cadre propice aux
répexions et travaux de prospective qui seront au programme des
Administrateurs, Présidents de Commission et pilotes de groupes de
travail ainsi que du Bureau Permanent lors de l'année à venir.
20 AU 22 SEPTEMBRE 2015
Conférence ECIIA - Paris Baptisée « Audit in the spotlight », cette conférence constitue
LE rendez-vous incontournable des acteurs de l'audit et du contrôle interne. La conférence européenne couvrira, avec ses 11 plénières et ses 22 ateliers, un large éventail de sujets d’actualité et offrira aux professionnels de l’audit interne une veille et un décryptage des ten- dances émergentes de la profession.
MERCREDI 23 SEPTEMBRE 2015
Journée du CARM sur la résilience - Paris Le Cercle des Associés en Risk Management organise une journée sur la résilience vue par un assureur « Risque Industriel » (Laurent Wantz,
FM Global? : définition? intér"t marketing? résilience et menaces? ? Cette journée est également l’occasion de fêter les 20 ans du CARM.
JEUDI 24 SEPTEMBRE 2015
Présentation du Baromètre 2015 du Risk Manager 8h30 - 11h, Paris Tous les deux ans, cette enquête permet de mesurer les évolutions dans la durée, du positionnement et du rôle de la fonction de Risk Manager. Le Baromètre participe à la visibilité de ce métier et constitue un véritable outil de benchmark permettant aux Risk Managers de se positionner dans l’environnement actuel.
VENDREDI 25 SEPTEMBRE 2015
Réunion de l'antenne PACA - Marseille Au programme : une conférence sur les Plans de Continuité d’Activi-
té, animée par Benoît Vraie (Président de la Commission Intelligence économique, crises et PCA). Le copilote de l’antenne Simo Chergat (Responsable Contrôle Interne et Gestion des risques, Mutuelles du Soleil) fera un retour d’expérience (détails page 62).
27 AU 30 SEPTEMBRE 2015
Conférence canadienne du RIMS - Quebec City, Canada À l’occasion du congrès annuel des dix « Canadian RIMS Chapters »,
plus de 1 000 participants seront présents. Le Club Francophone du
Management des Risques et des Assurances y tiendra une conférence afin de poursuivre sa mission de coopération et d?échanges entre pro- fessionnels francophones de la gestion des risques. Après le Maghreb, l’Amérique du Nord !
30 SEPTEMBRE AU 30 OCTOBRE 2015
Assises de la sécurité et des systèmes d’information - Monaco Événement référent le plus prisé de la scène professionnelle de la SSI, les Assises rassemblent pendant trois jours plus de 2 000 profession-
nels. L’AMRAE interviendra le vendredi 3 octobre dans l’atelier « Cyber assurances : répondent-elles au besoin des entreprises ? ».
4 AU 7 OCTOBRE 2015
Congrès FERMA Palazzo del Cinema, Venise, Italie Près de 1 500 participants convergeront vers la Cité des Doges, berceau de
l’assurance en Europe, pour assister aux conférences et ateliers de travail.
13 AU 15 OCTOBRE 2015
Préventica - Lyon Pour sa 29
e
édition, le salon Préventica sera doublé d’un congrès per-
mettant aux participants de décrypter les enjeux de la sécurité et de comprendre les nouvelles règlementations. L'antenne AMRAE à Lyon se- ra présente sur les 3 jours et animera un atelier sur le devoir de vigilance.
VENDREDI 16 OCTOBRE 2015
Campus AFJE - Eurosite Georges V, Paris
La 5
e
édition du CAMPUS AFJE proposera 15 ateliers, qui ont été dé-
veloppés en fonction de l'actualité législative et des évolutions de la profession, répartis en 5 thèmes majeurs : Relations contractuelles,
EnYeux financiers et comptables? 4orporate et Data? 4ompliance et risques, et Management juridique. Vous pouvez composer votre par-
cours durant la journée.
JEUDI 22 OCTOBRE 2015
Conférence-débat « Risk Management : comment décider ? »
18h30, Paris Eolérance aux risques? r!glementation? enYeux financiers? approche éco- nomique, nouvelle gouvernance, nouvelles méthodes… Centrale Supelec et l’AMRAE réunissent 4 experts qui partageront leur expérience et leur vision corporate de la gouvernance des risques. Avec notamment la Présidente de l’AMRAE, Directeur des assurances et de la gestion des risques Thales, Brigitte Bouquot. La conférence sera animée par Denis Zandvliet, Associé Valu€360.
30 NOVEMBRE AU 11 DÉCEMBRE 2015
COP21 - Paris – Le Bourget La 21
e
Conférence des parties à la convention-cadre
des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ou COP21, va rassembler près de 40 000 par-
ticipants : délégués représentants chaque pays, obser-
vateurs, membres de la société civile... Il s’agit du plus grand événement diplomatique accueilli par la France et l’une des plus importantes conférences climatiques jamais organisées.
JEUDI 10 DÉCEMBRE 2015
Journée du CDSE - Paris – OCDE « Nouvelles menaces, nouvelles réponses » au menu du grand ren-
dez-vous annuel des professionnels de la sureté et de la sécurité. Au côté d’Alain Juillet, Président du CDSE, Patrick Caine, PDG de Thales et le général Denis Favier, Directeur général de la gendarmerie nationale témoigneront sur la préparation des entreprises à la guerre de demain et sur les nouvelles formes de crises gérées par les forces de l’ordre.
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conditions et les différentes phases de
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feu ou sur produits dangereux. Il est com-
plémentaire aux Guides nationaux de réfé-
rence et accompagne les actions de
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SANTÉ AU TRAVAIL
Les accidents du travail
Accidents de trajet,
maladies profession-
nelles, accidents et
décès liés au travail…
Lorsqu’il survient, l’ac-
cident du travail peut
déstabiliser le fonction-
nement de l’entreprise
qui n’y est pas forcé-
ment préparée. Et face aux démarches
à accomplir, il est parfois difficile pour
l’employeur de choisir la meilleure option.
Comment s’effectue la gestion des arrêts
de travail ? Quels enjeux fnanciers se dis-
simulent derrière la tarifcation des acci-
dents du travail ? Quels sont les recours
en cas de désaccord avec les décisions de
la Sécurité sociale ? Intégrant la dernière
actualité de la réforme de la tarification
des ATMP, cet ouvrage complet, pratique
et accessible aide au suivi de ces dossiers
souvent complexes.
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de continuité
d’activité
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Juin 2015 – 100 pages – 23 €
ISBN : 978-2-9535998-6-2
C
omme l’expliquent en préambule
les deux auteurs, la continuité
d’activité consiste à « préparer
la guerre en temps de paix ».
Le plan de continuité d’activité (PCA)
permet d’amoindrir l’impact
de la survenue d’un sinistre en reprenant
l’activité dans des délais réduits,
en mode dégradé dans un premier temps,
puis de retrouver petit à petit une vie
normale. Son élaboration demande
un travail d’identifcation des vulnérabilités
de l’entreprise, de recensement
et de cartographie des processus et
des ressources qui permet à l’entreprise
non seulement de secourir son activité
en cas de sinistre mais également
de mieux se connaître elle-même.
L’ouvrage s’appuie sur des exemples
concrets (plan national de pandémie
grippale en 2006, inondations
en Thaïlande en 2011, Printemps arabe…)
ou sur des simulations pour offrir
au lecteur une approche opérationnelle
de la continuité d’activité.
Sophie Huberson
et Benoit Vraie
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NUMÉRIQUE
Internet et les réseaux sociaux :
que dit la loi ?
Comment s’y retrouver
dans les méandres de
la réglementation rela-
tive à Internet ?
Données personnelles,
e-réputation, propriété
intellectuelle, achat en
ligne, cybercriminalité,
liberté d’expression,
réseaux sociaux, Byod et télétravail, spam,
phishing… tous ces thèmes sont démysti-
fés. L’auteur présente de manière simple
et pratique les extraits de loi applicables
et la jurisprudence afin que l’internaute
connaisse ses droits et ses devoirs pour
surfer en toute sérénité.
Fabrice Mattatia
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RESSOURCES HUMAINES
Évaluation professionnelle :
mode d’emploi
Les entretiens d’évalua-
tion professionnels sont
multiples : recrutement,
évaluation annuelle,
mobilité interne, outpla-
cement… Ils sont par-
fois perçus comme une
épreuve, aussi bien par le manager que
par le salarié et prennent encore trop sou-
vent la forme d’un jugement, d’une déci-
sion arbitraire et défnitive. Pour éviter ces
écueils, il est nécessaire de bien les prépa-
rer en identifant le besoin et en construi-
sant la démarche. Cet ouvrage donne un
mode d’emploi de l’évaluation et des pistes
pour communiquer, questionner, analyser
et gérer les non-dits, choisir les critères
pour décider, restituer l’entretien… Il est
illustré de nombreux exemples. In fne, il
permet une évaluation plus structurée et
surtout plus positive pour en faire un
moment de confance et d’encouragement.
Stéphane Lhermie
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Avril 2015 – 141 pages – 18 €
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xqvà:pn,r b
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Cd dhHpdcomcomhhasmdéao’dcéo’pacmsa éoS1oétaofipa ktopmciohd d?aha éodccSkmdémS oQrêQ«od souasoétaoSp?d mcdémS ojaéMaa o,à::
d sord)o,à:-»o0aomcoducSo?pSv’opmciod som cvpd kaoktma1oS11mkapod so.mkaR’pacmsa éo1m d kao1Spo«pdhaéoîpSv’»
(a?a apomco?uSjduotadsoS1okSp’Spdéaom cvpd kaodéoeavécktaoEd ifodojSdpsohahjapoS1oétaoîaphd odccSkmdémS oE1bod soducSodohahjap
S1oétaoîaphd odccSkmdémS oebl»o0aocédpéasotmcokdpaapodcod ov sapMpméapoMmétoîapum ?oja1SpaohS.m ?oéSoétaodvéShSém.ao?pSv’oedmhuap
éSohd d?aomécom cvpd kaocap.mkacod sotadsoétaocv’ap.mcSp)ojSdpsoS1omécokd’ém.a»o(a?a apo7Sm asoeavécktaoEd iom o,à:,»
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Cd’activité consiste à «préparer
la guerre en temps de paix».
Le plan de continuité d’activité (PCA)
de la survenue d’un sinistre en reprenant
en mode dégradé dans un premier temps,
puis de retrouver petit à petit une vie
normale. Son élaboration demande
un travail d’identifcation des vulnérabilités
et de cartographie des processus et
des ressources qui permet à l’entreprise
non seulement de secourir son activité
en cas de sinistre mais également
de mieux se connaître elle-même.
L’ouvrage s’appuie sur des exemples
concrets (plan national de pandémie
en Thaïlande en 2011, Printemps arabe…)
ou sur des simulations pour offrir
au lecteur une approche opérationnelle
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Sans titre-1 1 04/09/2015 12:49:14
REVUE DE PRESSE
Mardi 15 septembre :
Présentation des deux ouvrages récemment publiés
par l’AMRAE, « La gestion des risques liés aux Ressources
Humaines » et « Les Plans de Continuité d'Activité »
Mardi 24 septembre :
Présentation de la 4
e
édition du Baromètre
du Risk Manager, enquête bisannuelle
sur le métier (en partenariat avec PwC).
Vendredi 25 septembre :
Point presse de l'antenne AMRAE PACA à Marseille
pour expliquer ses axes de travail et ses objectifs.
Il succède à celui tenu à Cannes avant les Rencontres
AMRAE, avec les journalistes économiques niçois.
1
Commission
Risques et Ressources
Humaines
La gestion des risques liés
aux Ressources Humaines
Un vecteur de développement
de l’Entreprise
LIVRE BLANC
2015
Les Plans de Continuité d’Activité
www.amrae.fr
AMRAE
80 Bd Haussmann, 75008 Paris
Tél. : 01 42 89 33 16 • Fax : 01 42 89 33 14
E-mail : amrae@amrae.fr
ISBN : 978-2-9535998-6-2
Prix conseillé : 23 Q TTC
Quand un sportif se blesse lors d’une compétition, deux questions lui viennent à
l’esprit : ma blessure est-elle grave ? Quand pourrai-je reprendre l’entrainement ?
Son coach, ses médecins, ses kinés le connaissent si bien qu’ils vont répondre
rapidement à sa question, d’autant qu’ils vont compter sur des éléments déterminants
pour tenir les délais de la convalescence : une organisation et une motivation sans
faille. Mais pour recouvrer sa pleine forme, encore faut-il bien se connaître et savoir à
quel point on peut solliciter tel ou tel fonction de son corps.
Cette métaphore nous permet de saisir l’importance de la parfaite connaissance
des Hommes et des process de l’organisation : mettre en place un Plan de
Continuité d’Activité (PCA) permet à l’entreprise non seulement de secourir son
activité en cas de sinistre mais également (et pour son plus grand bénéfice) de
« mieux se connaitre elle-même ». En effet, l’élaboration d’un PCA présuppose un
travail d’identification des vulnérabilités de l’organisation mais au-delà, nécessite
de procéder à un exercice d’introspection, de recensement et de cartographie des
processus et des ressources associées. Cette activité d’analyse et de sécurisation de
l’activité dépasse donc très largement le cadre de la simple préparation à la crise,
mais permet tout autant de revisiter ses cycles fondamentaux sous l’angle critique
afin de les optimiser.
La Continuité d’Activité est donc une philosophie d’entreprise qui consiste à
« préparer la guerre en temps de paix ». En effet, en proposant d’effectuer a priori
un travail d’analyse et de planification de la réaction à apporter face à un événement
indésirable, le PCA permet de minimiser les impacts sur l’activité de la survenue d’un
sinistre en assurant un fonctionnement en mode dégradé et/ou une reprise graduelle
des activités, des plus critiques au moins critiques.
L’outil que nous proposons ici est un manuel qui est à la fois un ouvrage de référence,
scientifique et méthodologique, et un registre pratique de modèles et de schémas
opérationnels.
Sa finalité est d’offrir au lecteur une approche pragmatique et opérationnelle de la
continuité d’activité fondée non seulement sur les principes théoriques mais aussi
sur les enseignements issus des « retours d’expériences » (crises réelles ou
simulations), et intégrant la dimension incontournable du « vécu » de la prise de
décision sous stress.
Sophie Huberson Benoit Vraie
SNELAC Maître de Conférences Associé
Déléguée Générale Paris 1 - Sorbonne
A propos de l’AMRAE
L’Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise rassemble
plus de 1 000 membres appartenant à 700 entreprises françaises publiques et privées.
L’association a notamment pour objectifs de développer la « culture » du Management des
Risques dans les organisations et d’aider ses membres dans leurs relations avec les acteurs
du monde de l’assurance et les pouvoirs publics. Elle les conseille dans l’appréciation des
risques, dans la maîtrise de leurs financements et leurs dépenses d’assurance.
Sa filiale AMRAE Formation, pour répondre aux besoins de formation professionnelle de
ses adhérents ou de ceux qui légitimement s’adressent à elle, dispense des formations
diplômantes, certifiantes et qualifiantes de haut niveau.
Les Plans
de Continuité
d’Activité
N° 6
Collection
Maîtrise des risques
Collection Maîtrise des risquesLes Plans de Continuité d’Activité
N° 6
COUV AMRAE_livre PCA_150x210mm_DOS 6mm.indd 1 08/06/2015 14:03
LES RDV PRESSE DE L’AMRAE
UK INSURANCE ACT.
Airmic sets
out sample
Insurance Act
endorsements
Ben Norris
bnorris@commercialriskeurope.com
[LONDON]—AIRMIC HAS PUBLISHED
a technical briefi ng paper that
includes a series of sample wordings
and endorsements to help insureds
with insurance contracts governed by
English law take advantage of some
of the benefi ts afforded them by the
2015 Insurance Act before it comes
into force next year.
The paper was written with law
fi rm Herbert Smith Freehills and aims
to help insureds amend their existing
terms and conditions to replicate
some of the Act’s key reforms.
The endorsements cover key
elements of the Insurance Act
relating to basis
clauses, breach of
warranty, breach
of terms unrelated
to the actual loss
and remedies for
non-disclosure.
The endorse-
ments do not
cover aspects
of the law relating to duty of fair
representation or fraudulent claims.
These issues will be tackled later in
further Airmic guidance.
The Airmic paper is available and
applicable to both its members and
non-members. It is relevant to all
buyers, including those in Europe,
that take out insurance contracts
governed by English law, including
those in the London market.
The 2015 Insurance Act was
passed into law this February. It
replaces the Marine Act 1906 that
Airmic has long since argued was
unfair on buyers and outdated.
‘FUNDAMENTAL REFORM’
“The new law was passed in February
and represents fundamental reform
of the laws governing commercial
insurance, including crucial safeguards
for policyholders,” said Airmic.
The association recommends that
members begin speaking to their
insurers and brokers now about the
Act and its implications. Insureds
should consider taking advantage of
the Act before it comes into force in
August 2016 and ensure they comply
with its requirements to reap its full
benefi ts, Airmic said.
“The new legal framework has
signifi cant advantages for business
insurance policyholders and we urge
John Hurrell
CAPITAL MARKETS.
Capital markets
here to stay but
emerging risk
transfer options
limited: expert
Adrian Ladbury
aladbury@commercialriskeurope.com
[ST JULIAN’S, MALTA]—THE CAPITAL
markets are in the insurance and
reinsurance market for the long
term and will continue to evolve and
develop innovative new risk transfer
opportunities for the international risk
markets.
A rising number of corporate
risk managers are interested in the
opportunities presented by the rise
of new risk-bearing capital and some
risk managers have told Commercial
Risk Europe that they are actively
investigating the market (See related
ar
ticles on pages 13 to 16).
DO THE MATHS
But do not expect a fl ood of deals
between large corporates and the new
capital in coming months as the basic
economics currently do not add up for
institutional investors, pension funds
and hedge funds in this space.
These were the key messages
delivered by Dirk Lohmann, founder
of Converium, board member of
Talanx Group and managing partner
of Secquaero Advisors AG, the
Switzerland-based advisory fi rm he
formed to advise investors on how to
invest in the insurance and reinsurance
market. He made these comments
during a keynote speech at CRE’s
Malta International Risk Congress
at the start of this month held in
association with the Malta Financial
Services Authority (MFSA).
The alterna-
tive capital mar-
ket is certainly
booming. Mr Loh-
mann estimates
the size of
alternative capital
market to be
in the region of
$60bn to $75bn
and rising fast.
Only the day after Mr Lohmann’s
speech, a placement with a notional
principal of $700m was announced
through the existing catastrophe
bond shelf programme, Alamo Re,
to benefi t the Texas Windstorm
Insurance Association (TWIA).
This is the largest 144A catastrophe
bond completed to date in 2015 and
the second time that TWIA has used
the cat bond market to manage its
CAPITAL MARKETS: Turn to p24
Stuart Collins
news@commercialriskeurope.com
[LONDON]—INSURERS SAY THEY
are willing to work with the UK
risk and insurance managers’
association Airmic as it looks to
broaden the scope of
reputational risk coverage.
At its annual
conference this month,
Airmic is launching a guide
to understanding and
evaluating reputational
risk. “After the report
is launched at the
conference in Liverpool,
we will sit down with insurers
and ask them how far they may be
willing to go in offering a broader
range of reputational risk transfer
products,” said John Hurrell, Chief
Executive of Airmic.
All of the insurers and brokers
CRE spoke to for this article
welcomed Airmic’s initiative and
would be prepared to work with
the association on reputational risk
transfer.
However, diffi culties in defi ning
and quantifying reputational risk
have so far limited the insurance
industry’s response to
growing demand from
risk managers for risk
transfer solutions. Only a
handful of insurers offer
standalone reputational
i
nsurance, and even fewer
cover the loss of profi ts or
revenue.
Airmic accepts that
some aspects of reputational risk
are challenging for insurers. As a
result, it will initially work with
insurers on extending existing
insurance to cover the costs of
mitigating a reputation-damaging
event.
“The quickest and easiest route
is to broaden cover under existing
policies,” said Mr Hurrell. “At fi rst
this could be for restricted limits
and agreed reparation, such as
the cost of crisis management,” he
said.
‘NOT ON CARDS’
Extending cover to loss of profi t or
revenues as a result of reputational
damage is currently not on the
cards. “For now, balance sheet
protection is unlikely to work.
This is a diffi cult risk to articulate,
so focusing on extending existing
policies to cover costs is a good
fi rst step,” said Mr Hurrell.
Airmic does, however, recognise
that some insurers have been
looking to develop more innovative
standalone covers. “We are pleased
to see individual underwriters
REPUTATION.
Airmic calls for broader reputational risk cover
REPUTATION: Turn to p26
Dirk Lohmann
www.commercialriskeurope.com
| Volume 6 | #05 | June 2015
AIRMIC 2015 PREVIEW
CRE takes a closer look at the issues
set to dominate the agenda at this month’s
Airmic Conference 2015 in Liverpool
. . . . .8-12
RISK FRONTIERS—
SWITZERLAND:
The Swiss risk management contingent are up next in this year’s tour of roundtables in CRE’s annual E
UROPEAN RISK FRONTIERS survey—
. . . . . . . . . . . . . . 13-16
INSURANCE ACT: Turn to p26
John Scott
AIRMIC 2015 PREVIEW
CRE takes a closer look at the issues
set to dominate the agenda at this month’s
Airmic Conference 2015 in Liverpool
[ST JULIAN’S, MALTA]—JOHAN WILLAERT, CORPORATE RISK
Manager of Agfa-Gevaert in Belgium and next president
of Ferma after Julia Graham [far right] steps down at the
Venice Forum, told delegates at CRE’s Malta International
Risk Congress in early June that the big risk that he
believes tops the agenda for Europe’s risk managers is
still the diffi cult macro-economic situation. Mr Willaert
added environmental risks and regulation to his top three.
Mr Willaert continued that reputational risk and cyber,
often so closely related, are other big concerns for risk
managers currently. Ms Graham agreed that cyber is
a critical risk and urged fellow risk managers to focus
on crisis management and education of the top team to
help manage the exposure. Helen-Clare Pope [centre],
outgoing chair of Airmic and Head of Insurable Risk
at Tesco Stores, told delegates also not to forget more
traditional risks such as catastrophes and fi re that can
wreak havoc with supply chains. ■
PHOTO: Ray At t ard
01-CRE-Y6-05-News.indd 1
8/6/15 19:39:44
I
T IS BECOMING INCREASINGLY CLEAR
to anyone who bothers to think about risk
management that it simply makes good
business sense and should not be adopted purely
to keep the regulators happy.
This, of course, will not come as hot news
to Commercial Risk Europe readers who are
largely insurance managers who find themselves
increasingly turning into risk managers, whether
they like it or not.
One of the key messages to come out of
this year’s CRE European Risk Frontiers survey
however is that while individual ‘risk managers’
may find themselves taking on a more proactive
risk management role, unfortunately this is not
often planned.
It seems that main board directors and other
managers still do not really get the benefits of
active risk management and only really start
thinking about the function when something bad
happens to them or somebody else in the same
sector.
Worse still, it seems that, based on our survey,
the bulk of board members still find it difficult to
disassociate risk management from box-ticking.
The evidence gathered by the Commercial Risk
Europe team sadly finds that in the minds of senior
management, corporate risk management still
somehow belongs with audit.
The reason for this is quite clearly because
most business leaders are naturally more
concerned with raising profit margins and
expanding to new markets to satisfy shareholder
demand and win their bonuses than running
perfectly risk-managed companies.
As was made clear during the closing debate
on the future of risk regulation at our Malta
International Risk Congress at the start of this
month, it appears that fear is the risk manager’s
greatest ally: fear of being caught failing to
comply with rules; fear of looking daft in the press
and, ultimately, fear of facing financial or other
penalties.
Fear, of course, is not a great starting point for
the profession and you can be sure that a module
on how to effectively spread fear throughout
an organisation will not be the first that risk
managers encounter when they take the new
Ferma certification programme.
The federation’s leadership and the rest of us
would rather hope that senior management would
invest in risk management because it is good for
the business, protects its reputation, prevents
management from making unwise decisions and
helps them make the right choices.
But in these testing economic and financial
times it seems that the profession needs help from
the regulators, the law and governments to spread
the word.
If this is the case then the next question that
needs to be tackled is whether the current level
of fear engendered by the rules and regulations is
high enough.
One speaker at our event in Malta certainly
did not think so and made a very compelling
argument for seriously upping the fear factor.
Joe Vittoria, CEO of corporate governance
and reporting advisory firm Cordium/Mirabella,
said that in a world of mind-bogglingly high
bonuses and benefits for business leaders, the
stakes need to be significantly raised.
He said that the penalty for corporate
wrongdoing and risk management failure should
not be an embarrassing rap on the knuckles and
fine that could be easily swallowed by last year’s
bonus (or indeed D&O insurers) but penury, total
financial loss.
Commercial Risk Europe says ‘bring it on’—
and let’s start with a collection of former FIFA
executive committee members.
Time to raise the fear factor
Association News
AMRAE’s new president
promises to boost
standing of profession
Rodrigo Amaral
ramaral@commercialriskeurope.com
[PARIS]
a
BRIGITTE BOUQUOT, DIRECTOR OF INSURA NCE AND R ISK
Management at aerospace group Thales, was elected as the new president
of French risk management association AMRAE during its general
assembly in Paris last month.
She has a mandate for three years and can be re-elected for a further two-year
term in 2018. Ms Bouquot replaces G ilbert Canaméras, risk manager at mining and
metallurgy group ERAMET. He led the association since 2011.
AMRAE’s new president told Commercial Risk Europe that during her time in
office she plans to increase the recognition of risk management in France, develop the
association’s education initiatives and spread its activities further to the French regions
and beyond.
“One of our main goals is to give continuity to the work started by G ilbert
Canaméras and his team,” Ms Bouquot said. “ We will carry on focusing on the
validation of the profession, on the sharing of information and on our international
activities.”
Strengthening the risk function and improving its standing is the number one
priority for Ms Bouquot.
“ We will keep risk managers at the heart of our association,” she told Commercial
Risk Europe. “ We will work for the profession to be more widely acknowledged in
France’s economic world.”
“ We want risk managers to be better known, which is not necessarily the case
today,” she added. “ Some people still see us as insurance buyers and do not fully
understand all the facets that the risk function can bring.”
Immediately after her election Ms Bouquot created a new vice-presidency position
at AMRAE with the specific task of promoting the risk profession. François Malan,
AMRAE board member and director of risk management at property group N exity,
has been appointed to the new post.
Mr Malan’s mission is to spearhead AMRAE’s efforts to spread the risk
management gospel among companies, government bodies, decision makers and other
stakeholders in the French economy.
Mr Malan becomes the fourth vice president of AMRAE alongside K ering’s Anne-
Marie Fournier, G DF Suez Energie S ervices’ Marc de Pommereau and B NP Paribas’
Philippe Vienot.
AMRAE’s new president also wants to place continuing emphasis on AMRAE’s
education and formation activities to help risk professionals show their value and take
ever more responsibility within their organisation.
“It is important that risk managers are well-formed, so that they are able to
participate in strategic decisions taken by their companies,” said Ms Bouquot.
Another priority for AMRAE under her leadership is spreading its activities deeper
into the French regions. In recent years the association has made an effort to acquire
members from outside the Paris region. It has set up new regional offices in the south
west city of Lyon, in N antes and N iort in the west and another serving Marseille and
Nice in the south east. A new regional office is planned to open in Lille, an industrial
town in the north east of France.
“Regionalisation is important because France is a big country and much business
growth comes from its regions,” Ms Bouquot said. “There are many young, dynamic
companies spread around the French regions. They need to manage their risks, and we
must help them with this task.”
Under Ms Bouquot’s guidance AMRAE will also continue to extend its reach to
overseas companies—particularly those in French-speaking countries in Africa and
elsewhere—in a bid to boost risk management across supply chains. This is a project
that started two years ago.
“It is very interesting for French companies that all partners in their supply chains,
including small and medium firms, develop a risk culture,” Ms Bouquot remarked.
AMRAE will also continue to focus on its annual Rencontres, which gathers more
than 2,000 participants every year to discuss the latest trends in risk management and
insurance.
“The Rencontres constitute a very important opportunity for risk managers to
network and share knowledge about the market, and to brainstorm like a big think
tank,” Ms Bouquot said.
In addition to the new president, AMRAE members have also voted in two
new board members—Anne Piot d’Abzac, VP Chief Risk Officer at pharmaceutical
IPSEN Pharma, and G iles Maindrault, Director of Risks at G roupe La Poste, the mail
company.
Ms Piot d’Abzac has previously worked at ERG ET and at Yves Rocher, where she
was director of risks and audit from 2008 to 2011.
Mr Maindrault has developed his career at G roupe La Post. He became the
group’s director of risks in 2009, which encompasses risk management, audit and
insurance-related activities.
Mr Canaméras has been appointed as an honorary member of the AMRAE board.
NEWS6 COMMENT
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7 Granard Business Centre,
Bunns Lane, Mill Hill, London NW7 2DQ
REPORTERS: news@commercialriskeurope.com
UK/IRELAND: Garr y Booth, Stuar t Collins, Tony Dowding, Nicholas Pratt FRANCE/SPAIN: Rodrigo Amaral
GERMANY: Anne-Christin Groeger, Friederike Krieger, Herber t Fromme EDITORIAL ENQUIRIES: enquiries@commercialriskeurope.com
06-CRE-Y6-05-Leader.indd 6 8/6/15 16:12:14
today,” she added. “Some people still see us as insurance buyers and do not fully
understand all the facets that the risk function can bring.”
Immediately after her election Ms Bouquot created a new vice-presidency position a new vice-presidency position a
at AMRAE with the specific task of promoting the risk profession. François Malan,
AMRAE board member and director of risk management at property group
has been appointed to the new post.
Mr Malan’s mission is to spearhead AMRAE’s efforts to spread the risk
management gospel among companies, government bodies, decision makers and other
stakeholders in the French economy.
SÉLECTIONNÉS POUR VOUS
INCENDIE
La seconde intervention
C N PP Éditions vient de
p u b l i e r u n e n o u v e l l e
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m e n t é e d e c e l i v r e t
pédagogique très illus-
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mais au s si au re s p o ns a b le d é sireu x d e
met tre en place une équipe de seconde
i n t e r v e n t i o n d a n s s o n e n t r e p r i s e. O n y
trouve les informations essentielles sur les
c o n di t i o n s e t le s di f fé re n te s p h a s e s d e
l’inter vention, les équipements spécifques
et E PI selon les t ypes d’inter ventions sur
feu ou sur produits dangereux. Il est com-
plémentaire aux Guides nationaux de réfé-
r e n c e e t a c c o m p a g n e l e s a c t i o n s d e
formation, notamment celles prévues par
le code du travail.
CNPP Éditions, tél. : 02 32 53 64 34
Juillet 2015 – 32 pages – 8,20 €
ISBN : 978-2-35505-197-5
SANTÉ AU TRAVAIL
Les accidents du travail
A c c i d e n t s d e t r a j e t ,
m a l a d i e s p r o f e s s i o n -
n e l l e s , a c c i d e n t s e t
décès liés au travail…
Lorsqu’il sur vient, l’ac-
c i d e n t d u t r a v a i l p e u t
déstabiliser le fonction-
nement de l’entreprise
q ui n’ y e s t p a s f o r c é -
me n t p ré p a ré e. Et f ac e au x d éma r ch e s
à a c c o m p lir, il e s t p a r f o i s d i f f i cil e p o ur
l’employeur de choisir la meilleure option.
Comment s’ef fectue la gestion des arrêts
de travail ? Quels enjeux fnanciers se dis-
simulent derrière la t arifcation des acci-
dent s du travail ? Quels sont les recours
en cas de désaccord avec les décisions de
la S écurité sociale ? Intégrant la dernière
ac tualité de la réforme de la t arific ation
des AT M P, cet ouvrage complet, pratique
et accessible aide au suivi de ces dossiers
souvent complexes.
Sandrine Ferrand
Gereso Édition, tél. : 02 43 23 03 53
Mars 2015 – 189 pages – 23 €
ISBN : 978-2-35953-282-1
Les plans
de continuité
d’activité
Sophie Huberson
et Benoit Vraie
Amrae, tél. : 01 42 89 33 16
Juin 2015 – 100 pages – 23 €
ISBN : 978-2-9535998-6-2
C
omme l’expliquent en préambule
les deux auteurs, la continuité
d’activité consiste à « préparer
la guerre en temps de paix ».
Le plan de continuité d’activité (PCA)
permet d’amoindrir l’impact
de la survenue d’un sinistre en reprenant
l’activité dans des délais réduits,
en mode dégradé dans un premier temps,
puis de retrouver petit à petit une vie
normale. Son élaboration demande
un travail d’identifcation des vulnérabilités
de l’entreprise, de recensement
et de cartographie des processus et
des ressources qui permet à l’entreprise
non seulement de secourir son activité
en cas de sinistre mais également
de mieux se connaître elle-même.
L’ouvrage s’appuie sur des exemples
concrets (plan national de pandémie
grippale en 2006, inondations
en Thaïlande en 2011, Printemps arabe…)
ou sur des simulations pour offrir
au lecteur une approche opérationnelle
de la continuité d’activité.
NUMÉRIQUE
Internet et les réseaux sociaux :
que dit la loi ?
C omment s’y retrouver
dans les méandres de
la réglement ation rela-
tive à Internet ?
Données personnelles,
e-réput ation, propriété
intellectuelle, achat en
ligne, cybercriminalité,
l i b e r t é d ’e x p r e s s i o n ,
réseaux sociaux, Byod et télétravail, spam,
phishing… tous ces thèmes sont démysti-
fés. L’auteur présente de manière simple
et pratique les ex traits de loi applicables
et la jur ispr udence afin que l’inter nau te
connaisse ses droit s et ses devoirs pour
sur fer en toute sérénité.
Fabrice Mattatia
Eyrolles, tél. : 01 44 41 11 11
Juin 2015 – 245 pages – 12,90 €
ISBN : 978-2-212-14029-3
RESSOURCES HUMAINES
Évaluation professionnelle :
mode d’emploi
Les entretiens d’évalua-
tion professionnels sont
multiples : recrutement,
é v a l u a t i o n a n n u e l l e ,
mobilité interne, outpla-
cement… Ils sont par-
fois perçus comme une
épreuve, aus si bien par le manager que
par le salarié et prennent encore trop sou-
vent la forme d’un jugement, d’une déci-
sion arbitraire et défnitive. Pour éviter ces
écueils, il est nécessaire de bien les prépa-
rer en identifant le besoin et en construi-
sant la démarche. C et ouvrage donne un
mode d’emploi de l’évaluation et des pistes
pour communiquer, questionner, analyser
et gérer les non- dit s, choisir les critères
pour décider, restituer l’entretien… Il est
illustré de nombreux exemples. In fne, il
permet une évaluation plus structurée et
s u r t o u t p l u s p o s i t i v e p o u r e n f a i r e u n
moment de confance et d’encouragement.
Stéphane Lhermie
Gereso Édition, tél. : 02 43 23 03 53
Avril 2015 – 141 pages – 18 €
ISBN : 978-2-35953-286-9
Premières feuilles d’automne : vie de l'AMRAE,
Livre blanc RM/RH et baromètre du Risk Manager, sûreté…
composent le menu de cette revue de presse.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 40
À L’AFFICHE
PAGE LIBRE
Sans titre-1 1 04/09/2015 12:49:14
FINANCEMENT DES RISQUES
Financement des risques, comment êtes-vous organisé ?
La logique de l’auto-assurance est forte au sein de la RATP EPIC en Île-de-
France. En 1997, nous avons été soumis à une obligation d’assurance
pour la Responsabilité Civile automobile. À mon arrivée en 2011-2012,
nous avons eu une prestation de conseil sur le suYet du financement
des risques et l’idée était d’avoir une approche de Risk Management
raisonnée, voire rationnelle, concernant la stratégie de couverture des
risques. Cette étude s’est déroulée en trois étapes : une cartographie des
risques critiques tout d?abord? puis une estimation de la tolérance finan-
ci!re de la RAEP? et enfin la stratégie de couverture proprement dite? Il en
est ressorti que nous conservions une rétention forte en Responsabilité
Civile et que nous restions en auto-assurance en dommages aux biens
avec néanmoins des études spécifiques à mener sur le suYet?
En termes de solutions de financement? deux risques sont actuellement
à l’étude. Le risque cyber tout d’abord pour lequel, après avoir mené
une étude interne, nous avons fait faire une étude de vulnérabilité et
de couverture des risques par un groupement de prestataires externes.
Autre risque à l’étude : l’inondation. L’étude interne menée à ce sujet
vise plusieurs types de couvertures : les assurances traditionnelles de
type dommages aux biens, l’assurance paramétrique, plus récente, et
des produits financiers comme les obligations catastrophes naturelles?
Comment organisez-vous les relations avec les différents presta-
taires (courtiers, assureurs …) ?
Le pôle de placement de risques en assurances est composé de deux
personnes dont moi-même. Nous avons des prestataires en conseil
et en courtage et travaillons actuellement avec Verspieren, Marsh,
Diot, Aon et Gras Savoye. Côté assureurs, nous travaillons notamment
depuis 2015 avec QBE France (RC générale) et QBE UK (partie RC auto-
mobile) pour nos premières lignes d’assurance. Dans l’historique de
placement des risques, nous étions en approche directe du marché des
assureurs via une procédure d’appels d’offres, étant soumis à un Code
des marchés.
Depuis 2013, nous avons commencé à organiser une prestation de cour-
tage. On l’a fait pour l’assurance Responsabilité Civile pour le marché
en cours pour 2015-2016 et nous le préparons pour les opérations de
construction où nous aurons également une opération de courtage
avant de lancer les appels d’offres assureurs. Ce que nous recherchons
de la part des partenaires, c’est la faculté à placer le risque particulier
qu’est le risque RATP, à savoir un risque de transport public de voya-
geurs. Sur nos projets de valorisation du domaine RATP, nous atten-
dons aussi une forte technicité sur les sujets construction concernant
des opérations complexes.
En termes de négociation des contrats d’assurance, comment
procédez-vous ?
Nous nous faisons aider par les courtiers. Nous disposons également en
interne d’une compétence assurance forte sur ces sujets. Par ailleurs,
notre ? Infocentre ? nous permet d?avoir une connaissance fine de
notre sinistralité, nous donnant ainsi la possibilité de participer aux
négociations aux côtés du courtier.
Nous développons par ailleurs des liens forts avec la direction du Risk
Management et les départements d’exploitation. Nous avons donc
beaucoup d’informations relatives aux plans de prévention mis en
LES 1001 FACETTES
DU RISK MANAGER
Comment les Risk Managers s’appuient-ils sur le Référentiel Métier
de l’AMRAE ? Quelles en sont pour eux les traductions quotidiennes ?
Financement des risques et gestion des sinistres : Olivier Maurice, Responsable
de l’Unité Assurance et Responsabilité liée au Transport (Département juridique)
de la RATP, témoigne.
Risk Manager
Référentiel Métier
80, Boulevard Haussmann 75008 PARIS
Olivier Maurice,
Responsable de l’Unité
Assurance et Responsabilité
liée au Transport
(Département juridique)
de la RATP
© RATP-BRUNO MARGUERITE
Par Anne-Sophie David
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 42
MÉTIER RISK MANAGER
place, notamment au sein du Département Bus (RC automobile) et au
niveau de la sécurité ferroviaire (gérée en interne par une Délégation
Générale à la Sécurité Ferroviaire et l’unité Contrôle Général de
Sécurité).
Comment sont gérées et déployées ces couvertures d’assurance ?
Nous sommes dimensionnés en interne pour le faire et disposons égale-
ment de missions déléguées (suivi administratif des contrats et relation
avec les départements d’exploitation) au sein de l’unité Assurances et
Responsabilité liée au transport dont je suis responsable.
GESTION DES SINISTRES
Qualification des événements pour déterminer les assurances
susceptibles de les couvrir. Quel fonctionnement ?
La gestion des sinistres à la RATP EPIC est internalisée. 43 personnes
y sont dédiées et travaillent au sein de l’Unité Assurances et
Responsabilité liée au transport. Cette unité gère chaque année 36 000
accidents et incidents sur la totalité du réseau RATP en Île-de-France.
Nous avons une délégation de gestion de la part de l’assureur et gérons
également en droit commun. Cette équipe prend donc en charge cette
double particularité. Une trentaine de ces collaborateurs gèrent les
sinistres directement ?dont des Yuristes tr!s qualifiés? et une dizaine
sont sur des fonctions supports.
Pour la gestion des sinistres, nous avons développé un système de
gestion informatisé en interne et disposons aussi d’un « Infocentre »
pour l’analyse de la sinistralité.
Les collaborateurs gèrent aussi bien des accidents matériels que
corporels? ?ous h vohons au moins deux intér"ts : financier d?une part?
car ils connaissent très bien les particularités de la RC automobile en
transport public de voyageurs urbains ainsi que celles de la responsa-
bilité du transporteur ferroviaire, et stratégique d’autre part, dans la
mesure où nos victimes sont aussi nos clients, nous souhaitons donc
assurer une bonne qualité de service.
Cette équipe gère également les recours contre des tiers responsables,
notamment pour des dégâts matériels bus ou des préjudices d’exploi-
tation, suite à une immobilisation ou du vandalisme sur nos matériels.
Relations avec les différents prestataires (courtiers, assureurs,
réassureurs…) : comment êtes-vous organisé ?
L’organisation est « à minima », la gestion étant internalisée pour les
sinistres de Responsabilité Civile. Nous avons une obligation d’infor-
mation sur les dossiers et faisons remonter en temps réel les évène-
ments à notre assureur, QBE. Nous sommes en co-gestion pour les
dossiers dont la franchise dépasse celle prévue dans le contrat.
Quid du suivi des sinistres ?
Nous travaillons en totale transparence avec nos différents parte-
naires (courtiers et assureurs) et je communique aussi un reporting
trimestriel avec l’état des provisions et des paiements pour tous les
sinistres.
Unité Assurance et Responsabilité
liée au Transport :
4-5 personnes pour la partie assurance
43 personnes pour la partie gestion des sinistres
À propos de la RATP
La Régie autonome des transports parisiens (RATP) est une
régie assurant l'exploitation d'une partie des transports en
commun de Paris et de sa banlieue. Elle exploite les seize
lignes du métro de Paris, huit des lignes du tramway d’Ile-
de-France, une partie des lignes de bus d’Ile-de-France et
une partie des lignes A et B du réseau express régional d’Ile-
de-France (RER). En région parisienne, elle transporte envi-
ron trois milliards de passagers par an.
La RATP remplit sa mission de transport public dans le cadre
de contrats d'exploitation pluriannuels passés avec le Syn-
dicat des transports d’Ile-de-France (STIF), l’autorité orga-
nisatrice des transports de la région Ile-de-France.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201543
MÉTIER RISK MANAGER
ILS L’ONT VÉCU :
LA GESTION DU RISQUE FACE AUX
MUTATIONS TECHNOLOGIQUES
Crise, évolution de business model, modification de gouvernance : le quotidien des Risk Mana-
gers peut-être très dense. Avec cette nouvelle rubrique « Ils l’ont vécu », Atout Risk Manager
propose à ses lecteurs le retour d’expérience d’un Risk Manager pour ses pairs. L’AMRAE est le
lieu du partage des bonnes pratiques.
Retour de Winifrey Caudron, Responsable Audit Interne, Contrôle Interne et Gestion des Risques du
groupe Up, sur le pilotage des risques liés à la dématérialisation du titre Chèque-Déjeuner en France.
COÛT FAIBLE MAIS RISQUE ÉLEVÉ
L
e groupe Up, anciennement Groupe Chèque Déjeuner, est un
acteur mondial de titres de services. Depuis 50 ans, il commer-
cialise ces titres pour faciliter l’accès à l’alimentation, la
culture ou les loisirs, et accompagner les entreprises dans
la gestion de leurs frais professionnels. L’entreprise compte
2 500 collaborateurs et accompagne chaque jour plus de 27 millions de
personnes dans 17 pays.
La France a longtemps été considérée comme un marché stable, notam-
ment en raison des législations encadrant ce type de produit. Depuis
plusieurs années, les mutations technologiques ont progressivement
entra&né une diversification des supports des produits sous la forme de
cartes, applications mobiles, ou plateformes web. Depuis mars 2014, la
réglementation française autorise ainsi l’émission de titres restaurant
sous forme dématérialisée.
RUPTURES TECHNOLOGIQUES
ET ÉVOLUTION RÉGLEMENTAIRE
« Réussir la transition entre le papier et la carte pour le produit
phare du Groupe, le Chèque Déjeuner, dans notre 1
er
pays d’im-
plantation, représentait un enjeu majeur avec des impacts de
réputation et financiers.
Le Groupe pouvait cependant s’appuyer sur l’expertise
acquise en France dans la dématérialisation des produits
culturels ou cadeaux, et sur l’expérience de nos filiales
étrangères qui émettaient déjà des cartes de restauration »,
explique Winifrey Caudron.
« J’ai rejoint le groupe Up en 2006, comme auditeur interne.
Cette évolution, en France, faisait déjà l’objet
d’études d’impact sur nos métiers, nos clients et
nos partenaires. Le Groupe s’est donc naturelle-
ment engagé dans un processus de transforma-
tion, profond et important, et ressenti comme
tel par l’ensemble des collaborateurs. »
DES ENJEUX CONSIDÉRABLES
« Les enjeux consistaient à maintenir :
• notre part de marché et notre rentabilité en faisant évoluer notre offre
conformément aux nouvelles attentes du marché ;
• la motivation des collaborateurs affectés par cette transformation
impactant l’ensemble des métiers : changement du process de produc-
tion, importance critique de la Direction des Systèmes d’Information
devenant le support central des opérations, modifications dans les argu-
mentaires de vente du service commercial…
BIO EXPRESS
Diplômée en expertise comptable, Winifrey
Caudron a débuté sa carrière dans le contrôle
de gestion chez Bayard Presse (J’aime Lire,
Pomme d’Api, I Love English, Notre Temps,
La Croix, Le Pèlerin...), puis dans l’audit
financier avant d?intégrer le groupe Fp en
2006, comme auditeur interne. Promue
Responsable du contr+le financier et de
la consolidation en 2008, c’est en 2013,
au terme de la création des
fonctions holding dans le
Groupe, qu’elle prend le
poste de Responsable
Audit interne, Contrôle
interne et Gestion des
risques.
plusieurs années, les mutations technologiques ont progressivement
entra&né une diversification des supports des produits sous la forme de
cartes, applications mobiles, ou plateformes web. Depuis mars 2014, la
réglementation française autorise ainsi l’émission de titres restaurant
Réussir la transition entre le papier et la carte pour le produit
phare du Groupe, le Chèque Déjeuner, dans notre 1
er
pays d’im
er
pays d’im
er
-
plantation, représentait un enjeu majeur avec des impacts de
Le Groupe pouvait cependant s’appuyer sur l’expertise
acquise en France dans la dématérialisation des produits
culturels ou cadeaux, et sur l’expérience de nos filiales
étrangères qui émettaient déjà des cartes de restauration»,
nt le groupe Up en 2006, comme auditeur interne.
Cette évolution, en France, faisait déjà l’objet
d’études d’impact sur nos métiers, nos clients et
nos partenaires. Le Groupe s’est donc naturelle-
ment engagé dans un processus de transforma-
i comme
BIO EXPRESS
Diplômée en expertise comptable, Winifrey
Caudron a débuté sa carrière dans le contrôle
de gestion chez Bayard Presse (J’aime Lire,
Pomme d’Api, I Love English, Notre Temps,
La Croix, Le Pèlerin...), puis dans l’audit
financier avant d?intégrer le groupe Fp en
2006, comme auditeur interne. Promue
Responsable du contr+le financier et de
la consolidation en 2008, c’est en 2013,
au terme de la création des
fonctions holding dans le
Groupe, qu’elle prend le
poste de Responsable
Audit interne, Contrôle
Winifrey Caudron,
Responsable Audit Interne, Contrôle Interne et Gestion des Risques du groupe Up
NOUVEAU
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 44
MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D’EXPÉRIENCE
Une analyse d’impact menée par la Direction des Ressources Humaines
pour identifier les métiers touchés par la transformation a permis de conce-
voir des programmes de formation et d’accompagnement pour les colla-
borateurs concernés. La Direction des Ressources Humaines a organisé
des réunions d’échange et d’information afin de communiquer sur la
stratégie mise en œuvre pour accompagner et rassurer les collaborateurs
quant à l’évolution de leurs métiers. Ces réunions ont permis d’identifier
les points de blocage et les écueils qui n’auraient peut-être pas été appré-
hendés assez tôt.
Notre écosystème devait également s’adapter. Les utilisateurs peuvent
régler désormais leurs frais de restauration avec une carte en lieu et place
du Chèque Déjeuner papier ; leurs employeurs chargent des droits sur ces
cartes et ne commandent plus de chèques ; les restaurateurs affiliés,
dont la gestion administrative des titres acceptés a été significativement
réduite, bénéficient d’un impact de trésorerie favorable avec des délais
de remboursement plus courts.
Afin de garantir à tous les acteurs du processus, et notamment aux
porteurs de cartes, une parfaite sécurité des transactions de paiement,
notre environnement réglementaire a été renforcé et est désormais
contrôlé par la Banque de France. »
L’APPORT D’UNE CARTOGRAPHIE
DES RISQUES DANS CE CONTEXTE
La prise de conscience des risques liés à ce changement d’environne-
ment s’est construite rapidement, faisant émerger deux axes majeurs de
transformation : le modèle économique et l’organisation de l’entreprise.
L?identification des risques liés à ce nouveau contexte avait déYà été
initiée par la Direction Générale, mais leur formalisation dans une
cartographie des risques a contribué à mieux structurer la répexion?
De nombreux risques identifiés étaient liés à la dématérialisation :
risque dans la gestion de projet et dans la conduite du changement,
difficultés à anticiper et à s?adapter aux mutations technologiques?
incapacité à transformer son modèle économique, démobilisation du
middle management, rupture avec l’environnement concurrentiel…
Cette cartographie des risques a permis à l’ensemble de la direction de
partager une vision consensuelle des risques, de leurs niveaux d’im-
pact et des moyens de maîtrise en place. En tant qu’outil de pilotage,
elle a mis en évidence les plans d’actions prioritaires pour maîtriser les
risques, ou plus généralement, a permis d’inscrire les actions déjà en
cours dans une stratégie commune.
« Contribuer aux challenges du Groupe
dans le contexte de croissance actuel,
instruire de nouveaux sujets, imaginer des
solutions ou travailler avec des collègues
de tous horizons, sont les avantages de
mon métier ! »
Contribuer aux challenges du Groupe
dans le contexte de croissance actuel,
Contribuer aux challenges du Groupe
dans le contexte de croissance actuel,
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201545
MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D’EXPÉRIENCE
UNE GESTION DES RISQUES ADAPTÉE
À LA CULTURE DE L’ENTREPRISE
Le Chèque Déjeuner, maison-mère du groupe Up, a été créé en
1964 sous forme de SCOP (Société coopérative et participative).
Les salariés détiennent le capital social de l’entreprise et prennent
part aux décisions stratégiques en élisant le Conseil d’administra-
tion parmi les sociétaires.
« Être Risk Manager d’un groupe coopératif nécessite la prise en
compte de cette culture spécifique qui repose sur un sentiment de
confiance fort. J’ai dû adapter et porter une attention particulière à
ma communication sur la politique de gestion des risques et les outils
à notre disposition (cartographie des risques et suivi de la mise en
œuvre des plans d’actions) afin d’en démontrer la valeur ajoutée
et susciter l’adhésion des collaborateurs. Cependant, une fois cette
étape franchie, l’engagement des collaborateurs a été un atout.
Les mutations technologiques, le renforcement du contexte régle-
mentaire, et l’évolution de notre offre ne nous ont pas écarté de
nos valeurs et de notre vocation première qui est d’œuvrer au sein
d’une économie sociale et solidaire. Aujourd’hui, le groupe Up émet
en France des titres sous différents supports : carte, chèque, plate-
forme web, application mobile…
La fonction Risk Manager est de plus en plus consultée sur des
projets complexes et transverses. La culture du risque est désormais
considérée comme un outil de pilotage au service de la stratégie et
de la performance du Groupe. »
LE GROUPE UP EN 2014
* Le volume d’émission correspond au cumul de la valeur faciale des chèques et cartes prépayés
émis par le groupe Up.
27 MILLIONS
DE BÉNÉFICIAIRES
DANS LE MONDE
210 000
ENTREPRISES
ET COLLECTIVITÉS
CLIENTES
6 MILLIARDS
DE VOLUME
D'ÉMISSION*
17 PAYS
D’IMPLANTATION
NUMÉRO 3
SUR LE MARCHÉ
MONDIAL DES TITRES
DE SERVICES
1,7 MILLION
DE PRESTATAIRES
AFFILIÉS AU
RÉSEAU UP
2 500
COLLABORATEURS
50 ANS
D’EXPERTISE
Offre
dématérialisée
en volume d’émission
37 % en 2015
60 % en 2018
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 46
MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D’EXPÉRIENCE
RETOUR D’EXPÉRIENCE AVEC LA COLLABORATION DE
Beaucoup de pays s’équipent. Parmi les 30 fermes les plus produc-
tives, la moitié sont britanniques.
Au début des années 1980, le Danemark se lance : près de Vindeby,
11 éoliennes produisent alors 4,95 MW. Depuis, les éoliennes ont
augmenté en taille : la dernière génération, la 5
e
, mesure plus de
200 m de haut (une pale dépasse la largeur d’un A380) et produit
seule plus de 7,5 MW. Les grands constructeurs ont des projets de
10 voire 12 MW, car, à la clé de cette course à la production, se
trouvent des économies d’échelles conséquentes.
En grandissant, la fiabilité doit être irréprochable. Le moindre
arrêt suppose des pertes d’exploitation, l’envoi sur place d’une
équipe avec un bateau-hôtel pour de l’éolien offshore. Si une
pièce doit être envoyée à terre, il faut prévoir un navire spécial
dont la disponibilité est limitée…
Les prévisions tablent sur 80 000 MW produits en 2020 par l’éolien
offshore, dont la moitié en Europe. Face à ces défis, les assureurs
de grands risques s’organisent eux aussi.
Certains prenant même part à l’exploitation de cette nouvelle
ressource.
Le 31 mars 2015, AGCS, organisait une journée technique sur ces
nouveaux risques à laquelle le Dr Johannes Stoiber, directeur de
l’équipe d’ingénierie de AZT, un laboratoire qui a plus de 80 ans
d’expérience, était convié.
Il y a présenté les travaux de son équipe qui a analysé des causes
de défaillances à partir d’expertises conduites entre 1993 et 2012.
Son équipe a principalement planché sur les défauts mécaniques.
Elle a constaté que les courants d’air irréguliers créaient des
charges dynamiques élevées, renforcées par l’augmentation du
diamètre des rotors.
Les éoliennes actuelles ont été calculées par extrapolation sur les
petites. Leur durée de vie escomptée, autour de 20 ans, n’est pas
souvent atteinte. « Le vent hétérogène et les fortes rafales créent
un fort couple de décrochage sur les paliers de rotor et sur les engre-
nages. La vitesse du vent et sa direction ne peuvent pas être régu-
lées ! Les charges dynamiques élevées sont le défi principal de la
conception des éoliennes, » précise Johannes Stoiber.
La plupart des pannes apparaissent au niveau du train de trans-
mission : pales de rotors, engrenages (dents et paliers). Au niveau
de l’engrenage, les dommages sont sous forme de changements
de surfaces et d’éclatements de dents. « Notre analyse statistique
menée depuis déjà 20 ans confirme que 60 % des sinistres analysés
ont été provoqués par des charges élevées ou une distribution de
charge asymétrique, 18 % sont dus à la lubrification (fatigue de
surface), 17 % à la fabrication, 20 % au matériau. »
Plusieurs causes peuvent conduire à une défaillance.
Côté assurance, il existe un éventail de produits qui couvrent la
plupart des risques, dont les pertes d’exploitations. On trouve des
garanties classiques : bris de machine, catastrophes naturelles,
incendie... Des garanties décennales ont déjà été appliquées dans
le cadre d'éoliennes terrestres. La question de l'ancrage est déci-
sive car une mauvaise étude du sol peut avoir des conséquences
importantes, allant jusqu'à l'arrachage des mâts.
Pour le moment il n’existe pas de leviers comme dans l’industrie pour
réduire la prime d’assurance. À l’expert ensuite de déterminer la
cause. Ce qui demande évidemment de l’expérience dans le domaine.
C’est pourquoi la surveillance et le monitoring permanent des
installations sur l’ensemble de l’appareillage, recommandé par le
laboratoire AZT, paraît essentiel.
David Kapp,
Extrait de la Lettre Droit & Réglementation n°25,
supplément à Face au Risque
L’éolien se développe, ses risques aussi
L’éolien a le vent en poupe et a connu un bond technologique ses 10 dernières années.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201547
MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D’EXPÉRIENCE
COMAT ET UCAMAT
• Le COMAT est la COMmission
Assurance Transport de la FFSA
(Fédération Française des Sociétés
d’Assurances). Héritière de l'Afsat
(Association française des sociétés
d'assurances transports), elle
représente plus de 40 entreprises
d'assurances opérant sur le marché
français dans les branches maritimes,
transports, aviation et spatiale.
• L'UCAMAT est l’Union des Courtiers
d’Assurances MAritimes et Transports.
Elle contribue à promouvoir la
profession et conduit des études
et des travaux techniques dont
l'objectif principal est d'améliorer les
pratiques en matière d'assurances.
AMRAE l'Association a lancé en juin son premier E-learning, un
SPOC (Small Private On line Curse) au format de conférence
en ligne sur un sujet risques/assurances. Pendant une heure
environ, des professionnels d’un thème confèrent sur les
risques et leurs réductions. Animation filmée et retransmise en
streaming sur internet aux participants inscrits, elle permet à
ces derniers de poser leurs questions et d’intervenir en direct.
FORMATION À LA LOUPE :
L’E-LEARNING DE L’AMRAE SUR
L’ASSURANCE TRANSPORT
«
Attention, vous êtes prêts ? Tout le monde se tait, on
tourne ! ». Vous n’êtes ni à Hollywood, ni à Cannes,
mais dans les locaux de l’AMRAE. Pour diffuser avec
des moyens complémentaires son activité scien-
tifique avec pédagogie? l?Association a lancé son
E-learning en direct.
La première session de ce nouveau format de conférences
en ligne s’est déroulée le 25 juin dernier. Durant une heure,
trois intervenants ont posé les fondamentaux de l’assurance
transport, « un thème qui a pleinement sa place dans le monde
de l’assurance, car il fait appel à des mécanismes d’assu-
rance très spécifiques, qui pour la plupart sont à l’origine des
mécanismes d’assurances tout courts ! », explique Guy-Louis
Fages, Président de la Commission Logistique et transport de
l’AMRAE et animateur principal de cet E-learning.
DES EXPERTS DE DIFFÉRENTS DOMAINES POUR
UNE VISION COMPLÈTE
Pour cette première session conduite en partenariat avec la
Comat et l’Ucamat, Guy-Louis Fages était entouré de deux assu-
Mathieu Daubin,
Directeur de la Souscription
Marine chez AXA Corporate
Solutions
Guy-Louis Fages,
Président de la Commission Logistique et transport de l’AMRAE
Les limitations de
responsabilité: en
maritime et aérien
Buenos Aires
19 DTS par Kg
(Limité à la valeur d ’assurance)
Indemnité = 83,785,35 €
Envoi d'un moteur de bateau
Poids : 3,5 tonnes
Valeur : 100.000 €
1 DTS = 1,25993 €
"Conv. Bruxelles"
666,67 DTS/colis
ou 2 DTS/Kg
Indemnité = 8,819,50 €
19
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 48
MÉTIER RISK MANAGER
reurs et courtiers experts : Mathieu Daubin, Directeur de
la Souscription Marine chez AXA Corporate Solutions, et
Mathieu Berrurier, Directeur Général du Groupe Eyssautier.
« C’est utile de proposer sur le marché français à la
fois aux chargeurs, aux assureurs, aux routiers, une
formation des basiques de l’assurance transport »,
juge Mathieu Daubin. De plus, « la formule présente
plusieurs avantages, puisqu’on peut la suivre depuis son
bureau. On avait choisi comme horaire la fin de matinée,
car les participants peuvent travailler avant, lire leurs
e-mails… », explique Guy-Louis Fages.
UN SUJET GÉNÉRALISTE…
Au menu de cette première session, le thème de l’assu-
rance transport. Avec une question : un client « char-
geur » doit-il souscrire ses propres garanties Transport
ou bien s’en remettre aux garanties de Responsabilité
Civile (RC) du transporteur ? Pour Mathieu Daubin,
il faut souscrire plus d’assurances avec des polices
précises. « La plupart des industriels et des PME fran-
çais pensent que le transporteur est présumé respon-
sable, alors qu’en fait nombreux sont les cas particu-
liers d’exonérations de responsabilités ». Auteur d’une
présentation essentiellement juridique, il s’appuyait
notamment sur les International Commercial Terms,
textes internationaux qui définissent les obligations
des parties à un contrat de vente internationale relati-
vement à l’organisation du transport, au transfert des
risques, à la charge de l’assurance...
Le SPOC présentait donc les principaux risques trans-
port (risques ordinaires et exceptionnels) ainsi que le
régime RC du transporteur (et ses limites), avant de
s’intéresser à l’intérêt de l’assurance Facultés pour le
chargeur. Cette dernière désigne ce qu’un transpor-
teur a la « faculté » de charger : elle précise les lieux de
départ et d’arrivée des marchandises, ainsi que la durée
de la responsabilité du transporteur.
… POUR UN E-LEARNING POINTU ET ABORDABLE
Le principe était de (re)poser les bases de l’assu-
rance transport avant d’aller plus en profondeur
dans les prochains E-learnings : « Cela se voulait une
sorte de débroussaillage, d’introduction ; mais à notre
grande surprise, les auditeurs connaissaient déjà très
bien le sujet », indique le Président de la Commission
Logistique et transport de l’AMRAE.
« Nous avons été très surpris par le niveau de compétences
des auditeurs qui se sont inscrits et par leur intérêt »,
confirme Mathieu 3errurier? Au total? ux auditeurs
émanant effectivement plutôt de grandes sociétés, ont
saisi leur chance d’échanger avec des experts de diffé-
rents milieux.
Anne-Marie Fournier, Vice-présidente de l’AMRAE en
charge du P+le Scientifique qui est à l?origine du proYet?
le souligne. « Nous avons eu plusieurs questions émanant
de grandes sociétés, car c’était essentiellement elles qui
étaient présentes. Cela va nous permettre d’affiner nos
interventions pour s’adapter à ce public, et nous allons
monter en gamme dans les prochains E-learnings, avec
des sujets encore plus techniques ».
CONTENU ACCESSIBLE POUR TOUS
La vocation du SPOC AMRAE étant de diffuser les
connaissances à une plus large échelle, la vidéo inté-
grale de la première session a été mise en ligne gratui-
tement. Les internautes peuvent la visionner en lisant
simultanément les slides de présentation pour une
meilleure compréhension. Il en sera de même pour les
prochaines éditions.
De plus, la plupart des internautes qui ont suivi la
conférence étaient en province, voire dans d’autres
pays (Benelux) : cette formule leur a bien donné accès
plus aisément à la connaissance professionnelle.
DEUX SESSIONS SUPPLÉMENTAIRES EN 2015
La première édition n’est pas qu’un simple coup
d’éclat : ce SPOC sera ré-édité dans les prochains mois.
Plus pointus, les thèmes permettront d’approfondir la
question de l’assurance et de la responsabilité civile
en matière de transport. Pour l’instant, deux sujets se
dégagent : « Avarie particulière/Avarie commune », puis
« Sinistres Transport : transactions ? Arbitrage ? »
Mathieu Berrurier,
Directeur Général du Groupe
Eyssautier.
Belinda Albumazard, Risk Manager RC Marine Cargo, Lafarge :
« C'est une formule très intéressante car on ne perd pas de temps
dans les transports, elle me permettra donc plus de participations
à des événements organisés par l'AMRAE. »
Corinne Decobert, Adjointe Responsable assurances, Groupe Auchan :
« Très pratique et économique. »
Hélène Deregnaucourt, Commerciale Gestionnaire de Comptes, Guian SA :
« Très intéressant, le E-learning participe à la formation/information
des équipes/échanges entre tous avec débat. »
Christine Rousseau-Tricoire, Head of Insurance Marine, Charterers’
Liability and Logistic Liability covers, ArcelorMittal Corporate :
« Un grand merci aux intervenants et aux techniciens pour leur
temps passé à cette formation qui était de qualité. Cette formule
permet aux personnes qui souhaitent se former de le faire dans
des conditions idéales (gain de temps, pas de transport à prévoir).
L’essentiel de la matière est donné. Il sera toujours possible ensuite
en fonction des besoins d’approfondir certains sujets. »
TÉMOIGNAGES DES PARTICIPANTS
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MÉTIER RISK MANAGER
COMMENT AGFA-GEVAERT A INTERNALISÉ LA GESTION DES RISQUES
JO WILLAERT, CORPORATE RISK
MANAGER D’AGFA-GEVAERT
Sorti du groupe Bayer en 1999, Agfa-Gevaert a dû revoir sa gestion des programmes interna-
tionaux d’assurance et par conséquent sa gestion des risques, auparavant prise en charge par
Pallas, la « captive » de son ex-maison mère. Une opération rendue complexe par une conjonc-
tion a priori défavorable : la commercialisation de produits directement liée au changement des
activités, plus exposés au risque, et la restructuration sous-jacente.
L
ors de son arrivée chez Agfa-Gevaert
pour gérer les risques, Jo Willaert a déjà
presque 27 ans d'expérience à son actif.
Une carrière d’autant plus instructive
qu’elle a démarré en 1974, en pleine crise
du pétrole. C’est dans cet environnement troublé
qu’il intègre le courtier familial Léon Van Eessel,
repris dans les années 80 par Sedgwick. Courtier,
il s’occupe du domaine maritime, dont il prend
la direction avant de devenir successivement
Account Manager, puis Responsable des activités
pour la Belgique du Nord.
? la fin des années z{? il rencontre le 4F@ d?Agfa?
Gevaert et rejoint cette société en 2001. Un premier
état des lieux lui donne rapidement la mesure du
travail à accomplir. « Les programmes internatio-
naux étant gérés par la captive, l’entreprise n’avait
pas de culture d’assurance internationale, tout était
géré par Pallas, la “captive” de Bayer », résume Jo
Hillaert? Aussit+t il se fixe un premier obYectif :
trouver un substitut pour réduire le coût de tous
ces programmes et les rendre plus adaptés aux
besoins changés du Groupe. COÛT FAIBLE MAIS RISQUE ÉLEVÉ
La démarche sera d’autant plus complexe qu’Agfa-
Gevaert a quitté deux ans plus tôt le giron de Bayer
pour devenir une société indépendante. Une liberté
qui lui a immédiatement valu d’assumer intégrale-
ment tous les risques liés à ses trois activités (Agfa
Graphics, Agfa Healthcare et Agfa Materials). Parmi
tous ces produits, ceux liés aux activités médicales
concentrent évidemment les enjeux majeurs.
LA TECHNOLOGIE, MULTIPLICATEUR
DE COMPLEXITÉ
Enfin? du fait m"me de la qualité de ses produits et de
leur haute technicité, Agfa-Gevaert doit composer
avec l’évolution plus rapide des technologies qui
complexifie encore la gestion des risques? en parti-
culier la perte ou la dégradation des données.
« C’est une dimension à plusieurs facettes, précise
Jo Willaert. Le risque est à la fois concurrentiel mais
aussi intrinsèque car les évolutions des technologies
en entraînent d’autres qui viennent à leur tour modi-
fier notre exposition à différents risques. »
Jo Willaert,
Corporate Risk Manager
d’Agfa-Gevaert
Par Gilmar Sequeira Martins
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201550
MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
La diversité de sa production et les aléas des évolutions technologiques
placent Agfa?Gevaert dans une situation tr!s spécifique? ?ombre de
ses produits combinent en effet un coût parfois relativement réduit
avec des risques potentiels importants. Pour l’entreprise, l’équation
était d’autant plus complexe à résoudre qu’en dépit de sa situation de
leader? elle présente une surface financi!re relativement modeste par
rapport aux big players d’autres secteurs. En 2014, son chiffre d’affaires
a culminé à 2,6 milliards d’euros, soit 16 fois moins que celui de Bayer
(42,2 milliards d’euros), son ex-maison mère.
UN SUIVI PERMANENT DES CONTRATS
Comment résoudre une équation aussi complexe ? Jo Willaert a entamé
plusieurs démarches? Il a d?abord passé au peigne fin l?ensemble des
marchés capables de répondre à ses besoins? finissant par Yeter son
dévolu sur celui de Dublin pour faire face aux besoins des pleins néces-
saires. Pour mieux négocier, il s’est adjoint, dans plusieurs domaines,
l’appui de courtiers, un métier dont il a pu mesurer la transformation
pour l’avoir pratiqué lui-même : « longtemps le courtier a constitué un
véritable mur de Berlin entre l’assureur et l’assuré. Mais son rôle a évolué.
De technicien vendant des polices et arrangeant les sinistres, il est devenu
consultant proactif capable de réfléchir avec son client. »
UN ENVIRONNEMENT TOUJOURS PLUS RISQUÉ
La gestion des risques demande une actualisation régulière de la
cartographie des risques en coopération avec l’audit interne. Cet exer-
cice régulier se focalise plus particulièrement sur trois dimensions :
l’évolution des activités du groupe, l’environnement de l’entreprise,
et l’environnement global. Une profondeur d’analyse qui tient à la
complexité de réalité, souligne Jo Willaert : « le monde est devenu
informatique, doublement même, si on considère qu’il y a des enjeux
à la fois internes mais aussi externes, puisqu’Agfa-Gevaert vend des
produits et des services IT. Le risque IT, inexistant il y a 15 ans, est désor-
mais important. L’environnement de l’entreprise est aussi devenu plus
complexe, plus contraint par des réglementations et aussi plus déperson-
nalisé. Aujourd’hui, une entreprise est de plus en plus impliquée dans
des circonstances et des évènements où elle ne joue aucun rôle actif.
L’environnement global est aussi devenu plus instable. Tous ces facteurs
rendent plus complexes la gestion et la couverture des risques. »
Aux prises avec un ensemble de risques aux caractéristiques très
variées et changeantes, Jo Willaert souhaite maintenant améliorer
son dispositif avec des outils en ligne. Et il a sa petite idée sur la
marche à suivre : « je vais m’inspirer du panorama de solutions établie
par l’AMRAE ». Pour trouver l’oiseau rare, la présidence de FERMA, à
laquelle il vient d’accéder (voir page 10 ), sera sans doute aussi une
aide précieuse.
LE NUMÉRIQUE, FACTEUR D’OPPORTUNITÉ ET DE RISQUE
La numérisation des données et le développement des réseaux,
survenus depuis le début des années 2000, ont encore donné plus
d’ampleur au périmètre de responsabilités dévolu à Agfa-Gevaert. Si
l’entreprise a su développer des outils et des logiciels qui lui ont per-
mis d’accroître son activité, elle s’est trouvée aux prises avec une nou-
velle difficulté, explique Jo Willaert : « la dégradation ou la perte de
données sont devenues de très grands risques auxquels nos clients,
et donc nous aussi, sommes exposés. Certains de nos produits sont
par ailleurs utilisés par des tiers, comme des personnels médicaux
ou paramédicaux sans lien avec Agfa-Gevaert, de sorte que le péri-
mètre de responsabilité de chaque intervenant n’est pas toujours
facile à déterminer. Nous sommes donc confrontés à des zones
grises qui sont très différentes de celles liés à un cas d’incendie,
par exemple. »
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201551
MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
I
l y a trois ans, Patrick Pailloux, alors Directeur de
l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes
d'information), avait déclenché une véritable polé-
mique au sein du monde de la sécurité des systèmes
d’information en se déclarant contre le BYOD (“Bring
Your Own Device” ou « apportez votre propre matériel »).
Cette pratique consiste à permettre aux salariés d’utiliser
leurs terminaux numériques personnels (smartphone,
tablette, ordinateur portable) pour accéder aux données
de l’entreprise. Le message de l’ex-patron de l’ANSSI
semble avoir été entendu, puisque 66 % des entreprises
interrogées déclarent interdire le BYOD, alors qu’elles
n’étaient que 38 % en 2012
1
? 4ette évolution ne signifie
pas que la pratique ne perdure pas.
Si les grands groupes sont réticents, le BYOD est en
revanche souvent en usage dans les start-up ou dans
certaines PME, qui n’ont pas les moyens de gérer une
potte de terminaux? Par ailleurs? tous les pahs n?ont
pas les mêmes comportements que la France. Dans
une étude mondiale sortie en juin dernier, l’entreprise
américaine de conseil et de recherche, Gartner, prévoit
que d'ici 2017 « un employeur sur deux exigera de ses
employés qu'ils utilisent leurs appareils personnels au
travail ». De plus, les organisations devront « mettre en
œuvre, dès à présent, des stratégies de BYOD offrant de la
flexibilité aux employés, en assurant dans le même temps
la sécurité au niveau de l'entreprise ». Cela peut se faire,
par exemple, en proposant aux salariés de rembourser
une partie, voire l’intégralité du matériel et/ou des
frais d’abonnement. Quant aux éléments de sécurité,
ils passent par des codes d’accès personnalisés au
système d’information ou par la séparation logicielle
des données personnelles et professionnelles.
IMPLANTER UN PROJET BYOD :
COMPTER UN AN
Le modèle BYOD séduit par ses nombreux avantages :
l’entreprise n’a pas à investir pour l’équipement de ses
collaborateurs, qui ont parfois à titre personnel des
machines plus puissantes que celles qui pourraient être
mises à leur disposition. L’employeur n’a pas à se soucier
de la gestion de la potte? Il a l?assurance d?une prise en
main immédiate par l’utilisateur, qui retrouve un envi-
ronnement de travail familier.
Avocat à la Cour spécialiste des questions technolo-
giques, Éric Caprioli est régulièrement consulté pour
la mise en place du BYOD. Pour lui, le choix de cette
démarche doit se faire en concertation avec le service
juridique, la DRH, la SSI, et même le CIL quand il
existe? Mais au final? constate?t?il? ? peu de projets
aboutissent dans une grande entreprise. Il faut près
d’un an pour l’implanter et cela soulève énormément
de problèmes. Il y a deux risques juridiques majeurs :
d’abord, la perte ou le vol de l’appareil peut amener
l’entreprise à effacer toutes les données, notamment
les informations personnelles ; ensuite, la difficulté à
gérer les accès au système d’information via des maté-
riels et des systèmes d'exploitation hétérogènes ».
Autre élément souvent occulté : « l’appareil du salarié
possède une licence qui autorise un usage personnel et
familial. S’il y a usage professionnel, c’est une infrac-
tion par rapport à la licence ?? Enfin? note l?avocat?
peuvent appara&tre des problématiques fiscales :
« Lorsque l’entreprise donne une certaine somme pour
financer l’appareil, est-ce un avantage en nature ou un
remboursement de frais profes-
sionnels ? Les deux situations
ne sont pas traitées fiscale-
ment de la même façon ».
Aux aspects juridiques
s’ajoutent des questions
qui relèvent des RH :
« l’entreprise doit donner au
salarié les moyens de réaliser
sa mission. Or le BYOD peut
engendrer des discriminations
en fonction de l’équipement du
collaborateur. C’est pourquoi, il
est impératif d’avoir une charte
afin d’encadrer précisément les
usages », relève Éric Caprioli.
BYOD : UNE PRATIQUE
À RISQUE QUI DOIT ÊTRE
PARTICULIÈREMENT ENCADRÉE
La mixité des usages professionnels et domestiques de l’ordinateur, du téléphone ou de la tablette
personnels, soulève de nombreuses questions juridiques, de RH et de sécurité.
Éric Caprioli,
Avocat à la Cour
1
Enquête sur les pratiques de
sécurité en France réalisée en
2014 par le Club de la Sécurité
de l'Information Français.
Par Florence Puybareau
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 52
VEILLE ET POSITION
BYOD OU COPE ?
Le Groupe Cegos emploie 1 000 collaborateurs et
travaille avec 3 000 consultants externes à travers le
monde. « La question du BYOD s’est posée il y a deux ou
trois ans sans aboutir », explique Christophe Le Bars,
DRH de l’organisme de formation professionnelle. Les
consultants utilisent leur propre matériel et ont accès
sous conditions à certaines informations de l’entre-
prise. Mais pour les employés le mode COPE (“Corporate
Owned, Personally Enabled”) a été adopté. À savoir que
l’entreprise fournit le matériel et autorise le salarié
à en avoir un usage personnel (agenda, contacts,
photos…). « Nous avons fait ce choix pour des raisons de
sécurité et de coût. Le BYOD est difficile à gérer. Il y a
différents matériels, différents systèmes d’exploitation,
et il y a un coût induit par l’incompatibilité technique »,
explique Arnaud Benicourt, le DSI du Groupe Cegos. Si
les collaborateurs ont le droit d’utiliser leur terminal à
titre personnel, l’usage en a été précisé dans une charte
des outils NTIC élaborée avec la DRH et régulièrement
réactualisée. Et s’ils ont des données personnelles qui
pourraient être amenées à être détruites, c’est à leurs
risques et périls. « Nous poussons les salariés à synchro-
niser régulièrement leur smartphone avec leur ordinateur.
C’est de leur responsabilité », souligne Arnaud Benicourt.
UN DÉBAT RELANCÉ
PAR LES OBJETS CONNECTÉS
À la Caisse des Dépôts, le BYOD est également jugé
beaucoup trop risqué. « Le BYOD peut être jugulé tant
que la personne reste dans l’entreprise. À son départ,
comment s’assurer que les données de l’entreprise sont
effacées, ainsi que tout ce qui a été synchronisé ? Une
démarche BYOD oblige à faire l’impasse sur certains
processus, juridiques notamment, mais aussi sur le
contrôle des données. En fait, nous ne savons pas régler
le problème aujourd’hui », estime Alain Bouillé, RSSI
de la Caisse des Dépôts et Président du CESIN (Club des
experts de la sécurité de l'information et du numé-
rique). Comme beaucoup de ses confrères, Alain Bouillé
a privilégié le modèle COPE. Mais là encore, il considère
que les solutions techniques pour administrer les parcs
(MDM ou “Mobile Device Management”) ne « répondent
que partiellement à nos exigences de sécurité ». Pour lui
cependant, il est important que les professionnels du
risque s’intéressent à ces problématiques. « Le sujet
refera surface avec les objets connectés, qui apportent
de nouveaux défis en terme de sécurité. Cela entraînera
une réflexion plus large car nous ne pouvons pas régler la
question avec les outils techniques qui sont à notre dispo-
sition aujourd’hui ».
LE BYOD ET L’ASSURANCE
L’une des interrogations qui peut se poser avec le BYOD
est celle de l’assurance. Qui est couvert ? Pourquoi et
comment ? Sur ce point, Jérôme Gossé, Responsable
de la Souscription Cyber Risques de Zurich, est clair :
« Nous constatons que les entreprises ont de moins en
moins recours au BYOD, essentiellement pour des raisons
de sécurité et d'intégration des équipements personnels
sur le réseau. Elles préfèrent mettre à disposition de leurs
collaborateurs des terminaux sécurisés. Désormais elles
s’assurent rarement contre les vols de machines.
Ce qui leur importe, c’est leur réputation, leur image et la
protection des données. Pour notre part, nous n’indem-
nisons pas le préjudice matériel subi par l’employé en cas
de perte de son équipement personnel, mais l’atteinte
aux données de l’entreprise, y compris lorsque l'incident
a pour origine l’équipement personnel d'un employé. »
Alain Bouillé,
RSSI de la Caisse des Dépôts
et Président du CESIN
Jérôme Gossé,
Responsable de la Souscription
Cyber Risques de Zurich
Christophe Le Bars,
DRH de Cegos
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201553
VEILLE ET POSITION
L’ÉDITION 2015 DE LA JOURNÉE
DES COMMISSIONS
UN RYTHME SOUTENU ET CONDENSÉ
A
près un accueil par Anne-Marie Fournier,
Vice-présidente de l’AMRAE en charge du
P+le scientifique? 9él!ne Dubillot? Directrice
de la Coordination scientifique exposa le
menu de la journée qui démarra sur les
chapeaux de roue avec un « teasing » sur les premiers
résultats du Baromètre AMRAE 2015 du Risk Manager (en
partenariat avec PwC).
La féminisation de la profession continue, puisque
« 41 % des répondants étaient des femmes, contre 28 %
il y a deux ans », soulignait François Malan, Vice-
président AMRAE en charge du Métier. L’occasion d’en-
tamer une courte discussion sur la parité en entreprise,
avant les présentations des travaux des Commissions :
Responsabilités, pour évoquer la RSE et le droit des
contrats, et Automobile, où l’on discuta des gains de la
prévention automobile en entreprise.
Après une première pause, retour sur l’atelier des
Rencontres 2015 le plus fréquenté (130 participants) :
« les allocations internes de primes ». L’occasion pour
les participants de (re)découvrir un autre versant du
travail scientifique de l’AMRAE.
LA CERTIFICATION DU RISK MANAGER :
POINT D’ÉTAPE
Michel Dennery, FERMA, et Bénédicte Huot de Luze, Délé-
guée générale de l’AMRAE, ont fait un point d’étape sur
la certification européenne du Risk Manager, projet initié
par FERMA et auquel l’AMRAE contribue particulièrement.
? ce Your? cette certification s?appuierait sur u piliers :
l’expérience, l’éthique, la formation continue, et les
connaissances. Les candidats seraient divisés en 2
groupes, « Advanced » (niveau élevé, bonne expérience
professionnelle) et « Passport » (niveau basique, ex-
périence moindre). Pour les premiers, l’examen serait
constitué d’un QCM en anglais (dans un premier temps,
en attendant la version française) sur ordinateur et
coûterait 300 € ; les seconds devront attendre 2017
pour pouvoir le passer.
NOUVEAUTÉS 2015
Après le déjeuner (suivi d’un Speed Member Meeting
pour les nouveaux membres) et une intervention sur
l’optimisation des réseaux sociaux professionnels, vint
le moment du jeu de rôle pour la gestion d’un cas de
cyber-crise (cf infra). Pour François Beaume, Président
de la Commission Systèmes d’information de l’AMRAE,
ce moment était « ludique, et nous a permis d’éveiller les
curiosités en montrant les bonnes pratiques… mais aussi
les moins bonnes ! ». Des pratiques qui ont parfois dé-
clenché des rires dans l’assistance, avant que tous dis-
cutent pour faire un retour sur les enseignements. Car
c’est là aussi l’objectif de la Journée des Commissions :
« faire bénéficier les membres qui n’ont pas participé
des résultats des travaux des Commissions, les inviter à y
contribuer : chacun peut ainsi apporter sa pierre à l’édi-
fice », souligne Anne-Marie Fournier.
Deux autres Commissions présentaient leurs travaux et
le fruit de celles-ci, des ouvrages publiés : la Commission
Risques et Ressources Humaines avec le Livre blanc des
La Maison de l’Amérique Latine, ses expositions, ses œuvres d’art, et ses désormais habituels
Risk Managers. Cette année encore, 150 d'entre eux étaient réunis à Paris le jeudi 18 juin der-
nier pour découvrir les ouvrages et travaux des 13 Commissions de l’AMRAE, lors d’une journée
qui tient du « rendez-vous familial à la visée scientifique très pointue », selon Brigitte Bouquot,
la Présidente de l’AMRAE.
« Evènement
de grande
qualité, qui
permet aussi
aux membres
de se rencontrer
et de découvrir
la manne
scienti fique
importante de
l’AMRAE. »
François Malan
Evènement
de grande
Evènement
de grande
Michel Dennery, FERMA
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 54
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS AMRAE
FOCUS SUR QUELQUES ATELIERS
COMMISSION AUTO : PRÉVENIR LE RISQUE ROUTIER
Il est la première cause de mortalité des accidents du travail : le risque
routier. Patrick Lacroix, Président de la Commission Automobile, est in-
tervenu sur le retour sur investissement des formations à la prévention
automobile. « Les Risk Managers ont un rôle essentiel à jouer pour sensi-
biliser les directions générales sur le sujet du risque routier, souligne-t-il.
Et, de plus en plus, les politiques de prévention se révèlent efficaces ». Les
éléments de réussite d'une action de prévention ? « Un plan d'action sur
le long terme, la mise en place d'indicateurs, et l'adhésion des managers
conduisent à la baisse de fréquence des accidents, à la baisse de l'indice
de gravité, et à la rentabilité de l'action », observe Geneviève Valette,
Directeur des Activités Prévention
de Codes Rousseau. Côté assu-
reurs, Michel Cervellera, Directeur
Souscription Flottes & Garages,
Transport et Plaisance chez Allianz
donne des exemples d'actions
prioritaires à mener : « la forma-
tion à la conduite tout au long de
la vie, la sensibilisation aux risques
« alcool et stupéfiant au volant et la protection des usagers de deux roues
motorisés doivent être des sujets prioritaires », dit-il. Au-delà de la pro-
tection des personnes, ces actions conduisent également à une baisse
de consommation de carburant et constituent aussi un atout commer-
cial lors des appels d'offres. C'est du gagnant-gagnant.
LES ALLOCATIONS INTERNES DE PRIME
Dans ce condensé de l'atelier du 5 février dont Franck Grimonpont
(AMRAE, Suez Environnement) était le modérateur, Frédric Durot
(Gras Savoye) et Me Bernard Mermillon-Rault ont rappelé les fon-
damentaux techniques et pratiques qui conditionnent de bonnes
répartitions de primes et honoraires, souvent source de complica-
tions voire de grincements de dents entre maisons-mères et filiales,
dans un contexte de durcissement des contrôles.
Pour être opposable en interne et en externe, un système de répar-
tition de prime suppose que soient Yustifiables ?documentés? ro-
bustes) les principes de mutualisation retenus, la stratégie de Risk
Management qu'ils accompagnent, l'ergonomie (d'inextricables
tableaux doivent être validés par l'assureur) et aussi sa conformité
juridique et fiscale. Ce dernier point comporte plusieurs dimensions
qui s'analysent distinctement dans chaque pays en termes d'Impôt
sur les Sociétés, de TVA, de Taxes sur les Conventions d'Assurances,
sans oublier les régimes spécifiques ?4AE ?AE? GAREAE? consorcio????
ENTRE TENSION ET ÉCLATS DE RIRE :
LE LIVE LA CELLULE DE CRISE DE « MON CAPITAL BEAUTÉ »
C’est une cellule de crise en public, où des participants de la
Journée des commissions, volontaires d’un jour, ont endossé les
costumes de DSI, Directeur opérationnel, Risk Manager et membres
des Directions de la communication? Yuridique et financi!re? qui a vu
le jour sous les yeux de chacun.
Au menu, « Mon Capital Beauté (MCB) », laboratoire de médecine
esthétique mis en cause pour une livraison de produits défectueux
sur le marché nord-américain.
L’analyse de la supply chain montre une fraude interne d’un employé
en charge de la traçabilité des lots et de leur intégration dans SAP.
Dans le même temps, une investigation débutée depuis plusieurs
semaines constate une contamination, d’origine chinoise, de SAP et
des serveurs de messagerie. L’exercice a montré comment MCB gèrera
la class action lancée, la dégradation du SI et le lancement de son PCA
avec partition et secours des systèmes à 72 heures, les relations avec
les médias grand public et financiers, les chiffrages des dommages
(perte d’exploitation directe et indirecte, frais de Forensic, frais d’ex-
pert) et les garanties assurantielles prévues et mobilisables (couver-
ture cyber et RC produit). À l’angoisse due à la teneur et à la rapidité
des messages s’affichant sur les écrans, succédaient les sourires de la
découverte du nom des protagonistes de fiction : Steve Jobs, Emma
Peele, Gaston Lagaffe, Clark Kent, André Krasucki…
Concocté par François Beaume, Président de la Commission Systèmes
d’Information de l’AMRAE, avec la contribution opérationnelle d’une
équipe EY conduite par Gisèle Ducrot et les talents d’animatrice de
Fanny Dreyfous-Ducas, l’exercice de crise cyber déploya une pédago-
gie de haute créativité qui suscita des applaudissements très nourris.
risques RH (Président : Abdel Bencheikh)
et la Commission Intelligence économique,
PCA et Gestion de crise avec « Les plans de
Continuité d’Activité » (Benoît Vraie).
PASSAGE DE TÉMOIN
Brigitte Bouquot, Présidente de l’AMRAE
élue le 18 mai prit la parole pour remercier
chaleureusement ceux qui l’ont accueillie
lors de sa prise de fonction : les adhérents,
« pour leur travail et cette vision partagée du
métier » et ceux qui l’ont conseillée, notamment Gilbert Canaméras
(Président de l’AMRAE de 2011 à 2015, présent à la journée), « pour
ses conseils, et pour ce qu’il a apporté à
l’AMRAE et à notre métier depuis 2011 en
termes de professionnalisation, d’ambi-
tion, et de reconnaissance ».
Elle fit part des grandes lignes de sa stra-
tégie en témoignant de sa volonté de
poursuivre les actions engagées sous la
précédente mandature.
C’est au toujours très couru « Cocktail
AMRAE » qui rassembla cette année plus de
600 invités que Gilbert Canaméras passa
symboliquement une fois encore après l’assemblée générale, le relais
à Brigitte Bouquot dans un moment où l’émotion était très palpable.
Brigitte Bouquot, Présidente de l’AMRAE, et Gilbert Canaméras
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201555
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS AMRAE
JOURNÉE DES COMMISSIONS
DU 18 JUIN 2015
SÉMINAIRE DE RENTRÉE DE L’AMRAE
DU 10 SEPTEMBRE 2015
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 56
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS AMRAE
RENCONTRES AMRAE
2016 : AVANT-GOÛT
L’
AMRAE a élu Lille comme terre d’ac-
cueil pour la prochaine édition de
son congrès annuel consacré au Risk
Management? Avec un fil rouge :
les climats seraient-ils source de
risques systémiques ? Inondations, tornades,
coulées de boues, populations dévastées
ou déplacées, arrêt de l’activité des entre-
prises, économies locales souffrantes et
moribondes… Dans ces conditions, il semble
difficile de donner un espoir? une éducation
ou un avenir aux jeunes, qui peuvent alors se
tourner vers des idéologies extrémistes. Avec
la raréfaction de certaines matières premières
ou énergétiques, les pays développés en tête,
organisent une surexploitation des richesses
naturelles de la planète pour le bien de leurs
entreprises, de leur PIB et de leur population.
Les Rencontres AMRAE tenteront, via les
sessions plénières et les 33 ateliers-confé-
rences scientifiques? de répondre à plusieurs
questions : n’est-il pas temps de tous prendre
conscience des limites naturelles de la planète ?
Comment nos entreprises peuvent-elles rester
compétitives dans ces nouvelles limites ? À
quels scénarios de crise devons-nous nous
préparer ? Un Risk Management à l’échelle de
la planète est-il totalement utopique ?
LES TEMPS FORTS
Pour répondre à ces questions (et à d’autres),
une trentaine d?ateliers scientifiques seront
proposés, répartis en cinq thèmes : Métier Risk
Manager, Assurances, Risques, Environnement
et Cyber.
Les plénières rassembleront à nouveau de
prestigieux intervenants issus des grandes
entreprises et d’autres univers comme le
monde universitaire.
Le mercredi 3 février 2016, cinq sessions
de formation permettront de toucher un
large public sur des domaines plus précis et
toujours opérationnels.
Élargir toujours l’ouverture au monde, cela
passe par la Francophonie dont la 3
e
Con -
vention aura lieu également le mercredi 3.
Elle permettra de détailler la stratégie et les
actions du Club Francophone du Management
des Risques et des Assurances, qui s’est
récemment ouvert au Canada et au Maroc, où
la formation diplômante ARM est dispensée
depuis septembre.
Enfin? un pass Région donnant acc!s à des
tarifs très préférentiels sera encore mis en
place cette année pour les professionnels
venant de la région Nord. Objectif : permettre
à ces professionnels et entrepreneurs exer-
çant leur métier dans une région riche et
dynamique d’élargir leur réseau et leurs
connaissances.
Un pré-programme vous est présenté en
détail dans l’encarté fourni avec ce numéro
d’Atout Risk Manager.
INFOS PRATIQUES
www.amrae-rencontres2016.fr
Suivez les infos des Rencontres
en temps réel sur le compte Twitter
de l’AMRAE : ?AMRAE?officiel
#AMRAELille2016
Application des Rencontres
disponible début octobre
LILLE, TERRE D’ENTREPRENEURS ET D’INNOVATIONS
Lille a été choisie pour son terreau d’entreprises innovantes et dynamiques. Particulière-
ment tournée vers l’industrie et les technologies digitales, la métropole, située au carrefour
de l’Europe, rassemble une grande quantité de courtiers, assureurs, mutuelles, et groupes
paritaires, connaisseurs du risque d’entreprise.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201557
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS AMRAE
UN LIVRE BLANC SUR
LA GESTION DES RISQUES RH
P
erçue par l'AMRAE comme un vecteur
de développement pour l'entre-
prise, la gestion des risques liés aux
ressources humaines a été l'objet de
travaux menés par la Commission
Risques et Ressources Humaines (RRH).
« L'AMRAE a toujours considéré le thème des
risques RH comme majeur pour les entreprises »,
souligne Abdel Bencheikh, le Président de la
Commission RRH. Pour illustrer son propos,
ce dernier rappelle que l'AMRAE organise des
rendez-vous annuels sur ce sujet et que des
ateliers dédiés ont lieu chaque année dans le
cadre des Rencontres. S'ajoutent à ces événe-
ments des publications régulières, notam-
ment dans les Cahiers techniques. Dernière
parution en date : un livre blanc.
« Ce livre blanc sur la gestion des risques liés
aux RH a été conçu comme une boîte à outils à
destination des Risk Managers, explique Abdel
Bencheikh. Car nous sommes convaincus qu'il est
possible, et même indispensable, d'appliquer aux
risques humains les méthodes déjà éprouvées en
risques opérationnels ». Ainsi, l'ouvrage détaille
plusieurs dispositifs, déjà bien connus des Risk
Managers, qui peuvent aussi contribuer à une
gestion plus efficiente des risques R9 : la carto-
graphie, les indicateurs de suivi, les plans d'ac-
tion? la certification ?? Maîtrise des risques RH »)
et les contrats d'assurance de personnes.
« Tout ce qui est développé dans ce livre blanc
colle au plus près des préoccupations des
Risk Managers, car la matière première de cet
ouvrage est issue de travaux que nous avons
menés auprès d'eux », précise Nicolas Dufour,
professeur affilié Paris School of Business
et membre de la Commission RRH. En effet,
à partir de 2014, une enquête a été réalisée
auprès des adhérents de l'AMRAE, notamment
« pour confronter le cadre théorique avec la
réalité du terrain », souligne Nicolas Dufour.
Les résultats de cette étude ont confirmé que
toutes les entreprises interrogées ont déployé
des moyens tant humains que logistiques et
méthodologiques pour formaliser, suivre et
maîtriser leurs risques RH.
L'enquête a également permis de réperto-
rier trois grandes familles de risques RH : les
risques internes ?perte de profils clés? taux
de rotation, recrutement, gestion des compé-
tences, risques psychosociaux...) ; les risques
périphériques (conditions de travail, sûreté,
sécurité, contexte réglementaire ou contrac-
tuel, responsabilité sociale de l'entreprise...) ;
et les risques externes (dont l'environnement
social, les risques d'image et de réputation...).
« Ces résultats nous ont fourni une photogra-
phie des priorités des Risk Managers », indique
Nicolas Dufour. « Toutefois, seuls 20 % des son-
dés sont réellement convaincus de l'intérêt de la
démarche pour le développement et la croissance
de l'entreprise. D'où la nécessité de faire bouger
les lignes », pointe Abdel Bencheikh.
Avec ce livre blanc, la Commission RRH struc-
ture et formalise ces réflexions sur les risques
humains, partage sa connaissance des diffé-
rents outils identifiés lors de ses travaux avec
les membres de l'AMRAE et les professionnels
des risques et des RH, et participe à la promo-
tion de la culture de la maîtrise des risques
RH, qu'elle considère comme « un excellent
moteur de performance pour les entreprises ».
1
Commission
Risques et Ressources
Humaines
La gestion des risques liés
aux Ressources Humaines
Un vecteur de développement
de l’Entreprise
LIVRE BLANC
2015
LA GESTION DES RISQUES
LIÉS AU RESSOURCES
HUMAINES
Publication de l'AMRAE
La Commission Risques et Ressources Humaines de l'AMRAE publie son livre blanc sur la gestion
des risques RH et son impact sur la performance de l'entreprise.
Abdel Bencheikh,
Président de la Commission RRH
et
Nicolas Dufour,
Professeur affilié Paris School of Business
et membre de la Commission RRH
Par Julie Le Bolzer
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 58
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS AMRAE
LES PLANS DE CONTINUITÉ D’ACTIVITÉ
L
orsqu’un sportif se blesse lors d’une
compétition, deux questions lui
viennent à l’esprit : ma blessure est-elle
grave ? Quand pourrai-je reprendre l’en-
trainement ? Cette métaphore, qui intro-
duit la méthodologie proposée pour mettre en
place des plans de continuité d’activité, permet
de saisir l’importance de la parfaite connais-
sance des hommes et process de l’organisation.
Car travailler à l’élaboration d’un PCA permet à
cette dernière, comme le soulignent les auteurs,
de « mieux se connaître elle-même ». Objectifs :
diminuer à la fois l’impact de la crise sur l’organi-
sation et les délais de redémarrage de l’activité.
Cet ouvrage se veut pratique et offre aux ges-
tionnaires de risques les clés de compréhension
et de réussite de la mise en place d’un PCA ainsi
que de l’entretien du dispositif de continuité
d?activité? afin qu?ils puissent "tre autonomes
dès les premières heures de l’après-crise.
« PRÉPARER LA GUERRE
EN TEMPS DE PAIX »
À la différence de la cartographie, qui donne
une vision globale de l’univers des risques
d?une organisation ?identification et quantifi-
cation?? le P4A? lui? a une finalité tr!s opéra-
tionnelle car il s’agit d’un outil de traitement
des risques de gravité (faible probabilité d’oc-
currence/forte gravité de l’impact).
L’objectif de ce PCA sera donc de permettre à
l’entreprise de poursuivre son activité en mode
dégradé et/ou avec une reprise graduelle des
activités, des plus critiques au moins critiques.
Les crises couvertes par un PCA peuvent être
opérationnelles, donc portant atteinte aux
res sources de l’entreprise, ou de visibilité
et portant atteinte à son capital (image de
marque, savoir-faire).
PCA 2.0, pandémie, problématiques sanitaires,
Fukushima, Printemps arabe, crue de la Seine,
sans parler des impacts sectoriels avec leurs ef-
fets de contagion… Au regard des nouvelles me-
naces de plus en plus protéiformes, l’approche
par scénarii appartient aujourd’hui au passé, ont
expliqué les auteurs, qui militent donc pour qu’il
y ait un nouveau cahier des charges pour les PCA.
Objectif : passer d’une approche par scénarii à
une approche par indisponibilité de ressources.
LA MÉTHODE
Les auteurs proposent une méthodologie qui
se structure en cinq grandes phases : une
phase d?identification des conséquences de
cette indisponibilité des ressources ; une
seconde phase dédiée à l’analyse des pro-
cessus critiques en termes de continuité et
l?identification des besoins en ressources ?
une troisi!me étape consacrée à la définition
des solutions de continuité d’activité ; la qua-
trième phase sera l’occasion de poser les bases
du maintien en condition opérationnelles du
dispositif ?avec tests? ? enfin? une cinqui!me
et dernière phase, plus transverse, dédiée à la
communication de crise et la sensibilisation,
indispensable à la fois pour maintenir le lien
avec le public de l’entreprise et le monde ex-
térieur (et notamment la presse).
Les auteurs rappellent que le PCA constitue
un outil d’optimisation des coûts assurantiels
intéressant, dans la mesure où il permet de
poser les bases des futures opérations qui li-
miteront l?impact financier d?une crise sur les
résultats de l’entreprise. Un travail qui facili-
tera la négociation de la prime d’assurance.
En guise de conclusion, les auteurs ont rappe-
lé que pour "tre efficace? un P4A devait cumu-
ler à la fois une dimension documentaire, une
dimension culturelle et psychologique ainsi
qu’une dimension matérielle, et qu’il devait
être « appréhendé comme une véritable straté-
gie d’entreprise. »
Les Plans de Continuité d’Activité
www.amrae.fr
AMRAE
80 Bd Haussmann, 75008 Paris
Tél. : 01 42 89 33 16 • Fax : 01 42 89 33 14
E-mail : amrae@amrae.fr
ISBN : 978-2-9535998-6-2
Prix conseillé : 23 L TTC
Quand un sportif se blesse lors d’une compétition, deux questions lui viennent à
l’esprit : ma blessure est-elle grave ? Quand pourrai-je reprendre l’entrainement ?
Son coach, ses médecins, ses kinés le connaissent si bien qu’ils vont répondre
rapidement à sa question, d’autant qu’ils vont compter sur des éléments déterminants
pour tenir les délais de la convalescence : une organisation et une motivation sans
faille. Mais pour recouvrer sa pleine forme, encore faut-il bien se connaître et savoir à
quel point on peut solliciter tel ou tel fonction de son corps.
Cette métaphore nous permet de saisir l’importance de la parfaite connaissance
des Hommes et des process de l’organisation : mettre en place un Plan de
Continuité d’Activité (PCA) permet à l’entreprise non seulement de secourir son
activité en cas de sinistre mais également (et pour son plus grand bénéfice) de
« mieux se connaitre elle-même ». En effet, l’élaboration d’un PCA présuppose un
travail d’identification des vulnérabilités de l’organisation mais au-delà, nécessite
de procéder à un exercice d’introspection, de recensement et de cartographie des
processus et des ressources associées. Cette activité d’analyse et de sécurisation de
l’activité dépasse donc très largement le cadre de la simple préparation à la crise,
mais permet tout autant de revisiter ses cycles fondamentaux sous l’angle critique
afin de les optimiser.
La Continuité d’Activité est donc une philosophie d’entreprise qui consiste à
« préparer la guerre en temps de paix ». En effet, en proposant d’effectuer a priori
un travail d’analyse et de planification de la réaction à apporter face à un événement
indésirable, le PCA permet de minimiser les impacts sur l’activité de la survenue d’un
sinistre en assurant un fonctionnement en mode dégradé et/ou une reprise graduelle
des activités, des plus critiques au moins critiques.
L’outil que nous proposons ici est un manuel qui est à la fois un ouvrage de référence,
scientifique et méthodologique, et un registre pratique de modèles et de schémas
opérationnels.
Sa finalité est d’offrir au lecteur une approche pragmatique et opérationnelle de la
continuité d’activité fondée non seulement sur les principes théoriques mais aussi
sur les enseignements issus des « retours d’expériences » (crises réelles ou
simulations), et intégrant la dimension incontournable du « vécu » de la prise de
décision sous stress.
Sophie Huberson Benoit Vraie
SNELAC Maître de Conférences Associé
Déléguée Générale Paris 1 - Sorbonne
A propos de l’AMRAE
L’Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise rassemble
plus de 1 000 membres appartenant à 700 entreprises françaises publiques et privées.
L’association a notamment pour objectifs de développer la « culture » du Management des
Risques dans les organisations et d’aider ses membres dans leurs relations avec les acteurs
du monde de l’assurance et les pouvoirs publics. Elle les conseille dans l’appréciation des
risques, dans la maîtrise de leurs financements et leurs dépenses d’assurance.
Sa filiale AMRAE Formation, pour répondre aux besoins de formation professionnelle de
ses adhérents ou de ceux qui légitimement s’adressent à elle, dispense des formations
diplômantes, certifiantes et qualifiantes de haut niveau.
Les Plans
de Continuité
d’Activité
N° 6
Collection
Maîtrise des risques
Collection Maîtrise des risquesLes Plans de Continuité d’Activité
N° 6
COUV AMRAE_livre PCA_150x210mm_DOS 6mm.indd 1 08/06/2015 14:03
LES PLANS DE
CONTINUITÉ D’ACTIVITÉ
Collection « Maîtrise des risques »
de l'AMRAE
Ce 6
e
ouvrage de la collection « Maîtrise des risques » de l’AMRAE est consacré à la mise en place
de Plans de Continuité d’Activité (PCA). La méthodologie proposée, qui se structure en cinq
grandes phases, est proposée par Sophie Huberson, Déléguée générale du SNELAC et Benoît
Vraie, Président de la Commission Intelligence économique, crises et PCA au sein d’une grande
banque française.
Sophie Huberson,
Déléguée générale du SNELAC
et
Benoît Vraie,
Président de la Commission Intelligence
Économique, Crises et PCA
Par Anne-Sophie David
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201559
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS AMRAE
L’AMRAE PUBLIE SA « CARTE D’IDENTITÉ »
Connaître l’essentiel sur l’AMRAE en dix minutes ?
C’est possible avec « L’AMRAE aujourd’hui », véritable
carte d’identité disponible en version papier et numérique !
➧ « Groupe », Association, Formation, et Rencontres : chaque entité
est présentée dans un format aéré, clair et synthétique.
➧ Des chiffres-clés pour disposer en un coup d’œil des données
importantes.
➧ Les dates importantes qui rythment la vie de l’Association tout
au long de l’année.
➧ Les missions de chaque composante de l’AMRAE : les Commissions,
les Rencontres, la Formation…
➧ Les explications de celles et ceux qui, au quotidien, font vivre
l’AMRAE et encadrent ses activités.
Ce document de 24 pages, qui sera actualisé chaque année,
permet aux adhérents de l’Association, journalistes, et partenaires
institutionnels d’avoir une vision globale et complète sur l’AMRAE,
de ses activités, ambitions, et objectifs.
RISK MANAGEMENT : GESTION DES RISQUES EN ENTREPRISE, BANQUE ET ASSURANCE
L?identification des facteurs de risque et la mise
en kuvre de leur gestion efficace se sont affir-
mées comme des préoccupations centrales pour
l’entreprise, qui cherche à préserver son capital
financier? savoir et réputation?
Bien qu’ancienne dans la banque et l’assurance, la fonction Risk
Management est cependant relativement jeune dans l’entreprise.
4rise financi!re? menace terroriste? scandale sanitaire? chbercri-
minalité, stress au travail… : autant de risques que la société to-
lère de moins en moins et dont elle réclame la prévention dans un
environnement interconnecté où la contagion peut être rapide.
Pour assurer leur pérennité, rassurer les investisseurs et remplir
leurs obligations réglementaires, les entreprises s’appuient sur
leur Risk Manager.
Préfacé par Gilbert Canaméras, Président de l’AMRAE de 2011 à
2015, ce manuel propose un cours de référence pour la forma-
tion au Management des risques dans une perspective globale
et transdisciplinaire. Il pose la théorie et présente les outils,
ainsi que les liens avec l’audit et le contrôle interne.
Risk Management :
Gestion des risques en entreprise,
banque et assurance, de Laurent
Pierandrei. Éditions Dunod.
Paru le 24 juin 2015.
Prix de vente : 29 €
(Dunod, FNAC, Amazon…).
VERSION ANGLAISE DU PANORAMA SIGR AMRAE (AVEC ACCENTURE)
Cette septième édition, réalisée en partenariat avec Accenture, tient une fois encore toutes ses promesses,
et s?enrichit de fiches didactiques concernant de nouveaux éditeurs identifiés sur le marché? La mise à Your
du questionnaire, diffusé aux éditeurs au dernier trimestre 2014, nous a permis de poursuivre l’analyse
de l’évolution du marché, dans la continuité des choix réalisés jusqu’à présent.
La cohérence de la méthodologie adoptée depuis les premières éditions du Panorama SIGR et ses évolutions
successives permettent aujourd’hui de vous présenter, cette année encore, un contenu enrichi intégrant des
analyses solution par solution, ainsi qu’à un niveau plus macroscopique, une analyse du marché dans son
ensemble? et de son évolution sur une période de temps auYourd?hui significative?
Aujourd’hui disponible en version anglaise, le Panorama SIGR a vocation à être utilisé
par les Risk Managers anglophones.
Téléchargez-le gratuitement sur www.amrae.fr > Publications > Librairies > Cahiers techniques
Les auteurs :
- François BEAUME, Deputy Group Risk Manager and Insurance Director à Bureau Veritas et Président de la Commission SI de l’AMRAE
? 9él!ne DF3ILL@E? Directrice de la 4oordination Scientifique de l?AMRAE
- Jean-Laurent SCHWARTZ, Senior Manager - Finance & Risk Services à Accenture
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 2015 60
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS AMRAE
LA COMMISSION RISQUE PAYS
Instabilité politique, risque terrorisme : certains pays d’Afrique et du Moyen-Orient jusqu’ici
considérés comme sécures, ne le sont plus. Le 26 mai dernier dans une session spéciale, la
Commission « Risque pays » examinait les moyens pour une entreprise de protéger ses activités
et ses salariés dans ces zones à risque.
102
: c’est le nombre de
victimes françaises
du terrorisme isla-
miste depuis le 11
septembre 2001. Un
constat à remettre dans son contexte : « Il ne faut
pas oublier que la quasi-totalité des victimes des
terroristes islamistes aujourd’hui sont des musul-
mans habitant dans des pays musulmans », précise
Pierre-Jacques Costedoat, PDG de Scutum Security
First (SSF, société spécialisée dans la prévention et
la gestion des risques à l’international) et co-ani-
mateur de la session. « Mais leur vraie victoire, c’est
d’avoir instillé un sentiment de menace perma-
nente » : menace pour les autochtones, mais aussi
pour les travailleurs étrangers expatriés, les voya-
geurs d’affaires.
LES FRANÇAIS PARTICULIÈREMENT VISÉS
Après les attentats de Charlie Hebdo, la France est
devenue le pays qui contribue le plus aux frappes
aériennes contre l’État Islamique (derrière les États-
Unis). En réponse, le porte-parole de Daech appe-
lait le 22 septembre 2014 les djihadistes à « tuer des
incroyants américains ou européens – en particulier les
méchants et sales Français, où qu’ils soient » dès que
possible et par tous les moyens. Les Français sont donc
particulièrement menacés : après les Chinois, ils sont
les plus kidnappés au monde. Souvent dans le cadre
de leur travail à l’étranger, plus rarement en vacances.
États déstabilisés, faibles ou faillis, zones propices aux
trafics : comment l’employeur peut-il alors remplir ses
obligations de protection des salariés ?
LES ENTREPRISES FACE AUX KIDNAPPINGS
ET ATTENTATS : L’OBLIGATION DU RÉSULTAT
DE SÉCURITÉ
Depuis la jurisprudence Karachi (2004) sur l’obliga-
tion de résultat de sécurité de l’employeur envers
son salarié, tout manquement est considéré comme
une faute inexcusable.
Dans des pays menacés par le terrorisme, les entre-
prises doivent déployer pour leur personnel un
ensemble de mesures adaptées contre des risques poly-
morphes, allant du kidnapping à l’attentat. Les intérêts
?financiers et humains? des entreprises de pahs expli-
citement visés par le terrorisme islamiste constituent
en effet des cibles de choix. Entre le 1
er
janvier et le
19 mai 2015, 47 % des 70 personnes enlevées par l’État
Islamique étaient des employés, cadres, et ouvriers.
Les journalistes par exemple arrivent loin derrière avec
1,43 % de cas. En 2013, la prise d’otages d’In Amenas
faisait 37 morts de différentes nationalités sur le site
gazier. Tout cela constitue « des risques pour les person-
nels, un risque d'image global, et une augmentation
des dépenses de sécurité », note Bernard Jacquemart,
Directeur de l’information chez SSF et co-animateur de
la session spéciale.
QUELS MOYENS DE PROTECTION ?
Pour l’employeur, la protection des salariés contre le
risque terrorisme consiste à « identifier les zones à
risque, mettre en place un processus voyage précis, et
aussi des outils de suivi et d’assistance aux salariés »,
explique Pierre-Jacques Costedoat.
Aujourd’hui, plusieurs plateformes de suivi des voyages
en ligne existent : elles permettent de visualiser l’en-
semble des déplacements du personnel grâce à la
remontée des données de réservation. La géolocali-
sation des smartphones peut également jouer un rôle
important. « Le suivi des déplacements des collabora-
teurs, leur géolocalisation, sont des outils qui doivent
s'inscrire dans la politique globale de sûreté-sécurité des
entreprises », poursuit le professionnel de la gestion des
risques à l’international. Attention toutefois : quelques
freins peuvent cependant faire obstacle à ces technolo-
gies, qui sont « liées aux conditions techniques dans les
zones de voyage : développement des réseaux GSM et liai-
sons Internet », et peuvent nécessiter de mettre en place
des solutions alternatives dans certaines situations.
Pierre-Jacques
Costedoat,
PDG de Scutum Security First
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201561
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
COMMISSION
L'AMRAE PACA LANCE SA SAISON
L
a troisième région économique de France a aujourd’hui sa
propre antenne AMRAE.
Avec 5 millions d’habitants, 34 millions de touristes par
an, une attractivité de territoire jamais démentie, elle fait
preuve d'une des plus fortes concentrations de ressources
intellectuelles et technologiques en Europe. Dans des secteurs
aussi variés que les télécommunications, la microélectronique, les
sciences du vivant, l'aéronautique et l'espace, les technologies de
la mer, le multimédia, mais aussi l'agroalimentaire, la chimie et la
logistique et l’assurance. Zone de montagne et côtière, sujette au
risque sismique (Nice), confrontée à la question des migrants et
réfugiés, la région est à elle seule un sujet de Risk Management.
200 kilomètres séparent les deux capitales économiques de la
région, Sophia-Antipolis (Nice) et Euromed (Marseille) : c’est
pourquoi l’AMRAE a choisi pour piloter l’antenne PACA un co-pilote
dans chacune d’elle. À Marseille, Marine Eysseric, Responsable du
Contrôle interne du Grand Port Maritime ; à Nice, Simo Chergat,
Responsable du Contrôle Interne et de Gestion des risques des
Mutuelles du Soleil.
UN AGENDA DE 10 SUJETS POUR NOURRIR PME, ETI,
GRANDES ENTREPRISES ET ORGANISATIONS PUBLIQUES
« Déjà rôdés à la gestion des risques ou profanes, mais conscients de
l’enjeu, professionnels du financement des risques, nous allons dans
un tout premier temps écouter, échanger avec nos homologues pour
proposer », explique Marine Eysseric. « Nous avons l’ambition d’ini-
tier, d’encourager, et de développer la culture du risque dans un bassin
d’entreprises essentiellement constitué de PME, dans lesquelles elle
reste à consolider ».
Avec cette troisième antenne régionale, l’AMRAE conforte sa politique de proximité avec les Risk
Managers et de diffusion de la culture du Risk Management au cœur du tissu économique local.
Les deux co-pilotes de l’AMRAE PACA
Marine Eysseric est Responsable du Contrôle interne au Grand Port Maritime de Marseille. Après avoir évolué dans le contrôle, puis l’audit internes, elle quitte quelques années le monde de l’entreprise pour apporter un regard exté- rieur en tant que consultante. Elle revient aux origines dans le cadre de la création du service de Contrôle interne d’un EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial), le Grand Port Maritime de Marseille. Elle y super-
vise notamment la mise en œuvre de la première cartographie des risques en 2012.
Simo Chergat est Responsable du Contrôle In-
terne et de Gestion des risques aux Mutuelles du
Soleil Livre II. Après un début carrière comme
contrôleur des opérations Forex dans un grand
groupe bancaire, c’est en 2012 qu’il rejoint les
Mutuelles du Soleil.
Marine Eysseric
Simo Chergat
RETOURS D’EXPÉRIENCE ET CAS PRATIQUES
Les ordres du Your et les spécialisations s?affineront? mais d?ores et
déjà, un mot d’ordre se dessine : l’opérationnel. « J’effectuerai une
présentation du contrôle interne et de la gestion des risques dans les
mutuelles », souligne Simo Chergat, qui illustrera son propos par son
propre retour d’expérience, et insiste sur la nécessité de « proposer des
solutions pragmatiques et pratiques ».
Au programme également, la conférence de Benoît Vraie (Président de
la Commission Intelligence économique, crises et PCA de l’AMRAE) sur
les Plans de Continuité d’Activité, sujet d’une publication récente de
l’AMRAE. Cette conférence sera suivie du retour d’expérience de Simo
Chergat, Responsable du Contrôle Interne et de Gestion des risques, au
sein du groupe Mutuelles du Soleil et co-pilote de l’antenne PACA. Un
cocktail sera ensuite organisé en présence de Sophie Maguer, Secrétaire
Générale de l’AMRAE en charge des Régions, et Bénédicte Huot de Luze,
Déléguée Générale de l’AMRAE.
« Un pied à Nice, un à Marseille :
en PACA, l’AMRAE marche sur
ses deux jambes. »
Sophie MAGUER, Secrétaire générale de l’AMRAE
et pilote des antennes AMRAE en région
Un pied à Nice, un à Marseille
en PACA, l’AMRAE marche sur
Un pied à Nice, un à Marseille
en PACA, l’AMRAE marche sur
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201562
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
RÉGIONS
LE NOUVEAU PARTENARIAT ENTRE L’AMRAE ET LA BANQUE
MAROCAINE DU COMMERCE EXTÉRIEUR (BMCE)MAROCAINE DU COMMERCE EXTÉRIEUR (BMCE)
Dans le cadre des rendez-vous de l’Assurance et de la
Réassurance de Casablanca, qui ont eu lieu les 15 et 16 avril
derniers, le Président de l’AMRAE Gilbert Canaméras (en-
core en fonction à cette période) et les représentants de la
BMCE ont signé un accord de partenariat.
Cet accord permettra à l’AMRAE de diffuser au Maroc, la
formation ARM en français et en anglais, mais aussi dans
plusieurs pays d’Afrique noire qui entretiennent des rela-
tions pérennes avec la BMCE. Ainsi l’AMRAE continue la
mission qu?elle s?est fixée? à savoir la création d?un réseau
francophone du Risk Management (volonté déjà déclarée par
la création en 2013 du Club Francophone du Management
des Risques et des Assurances).
Un « contrat cadre » stipule également que les deux parte-
naires s’engagent à travailler à la mise en place chaque
année de plusieurs formations. Le lancement de l'AMRAE
Maroc débute le 24 septembre.
La BMCE en chiffres :
- CA 2013 : 14 milliards US$
- 5 500 collaborateurs
- Présente dans 30 pays
LE RENDEZ-VOUS ANNUEL
DU RISK MANAGEMENT,
DE LA MAÎTRISE DES RISQUES
ET DES ASSURANCES DE L‘ENTREPRISE
3, 4, 5 février 2016
à Lille Grand Palais
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°6 I OCTOBRE 201563
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
RÉGIONS
L’
Assemblée Nationale a adopté, le 14 avril 2015,
en première lecture, le projet de loi soutenu
par le ministre de la Santé, qui prévoit l’intro-
duction d’une action de groupe en matière de
produits de santé, sur un modèle ressemblant à celui in-
troduit en matière de consommation et de concurrence.
Le Sénat devrait se prononcer prochainement sur ce
texte et, la procédure parlementaire accélérée ayant été
mise en kuvre? la loi devrait "tre définitivement adop-
tée d?ici la fin de l?année s{rv?
L’article 45 de ce projet de loi vise à introduire en
droit français une procédure d’action de groupe pour
la réparation des préjudices individuels résultant de
dommages corporels causés par des produits à fina-
lité sanitaire destinés à l'homme ou des produits à
finalité cosmétique.
Le champ d’application de la procédure envisagée par ce
projet de loi est relativement large, puisque l’action de
groupe en matière de produits de santé vise à permettre
aux usagers placés dans une « situation identique ou
similaire » d’obtenir la réparation de préjudices « ayant
pour cause commune un manquement d’un producteur
ou d’un fournisseur [d’un des produits de santé visés à
l’article L.5311-1 du Code de la santé publique], ou d’un
prestataire utilisant l’un de ces produits, à leurs obliga-
tions légales ou contractuelles ».
En l’état des travaux parlementaires, la notion d’ « usa-
gers du système de santé ? reste spécialement poue
puisqu?elle ne fait pas l?obYet d?une définition spécifique
dans le Code de la santé publique. Le recours à cette no-
tion générale, qui recouvre les usagers ayant affaire à
des opérateurs de santé publics comme privés, implique
donc la compétence concurrente des deux ordres de ju-
ridiction (administratif ou civil) en matière d’action de
groupe, selon les règles de répartition de droit commun.
De la même manière, le recours à la notion de « produits
de santé » est susceptible de poser des problèmes d’in-
terprétation dans les cas où ces derniers ne seraient pas
exclusivement distribués dans le cadre du système de
santé. En effet, sont actuellement susceptibles d’être
visés par une telle procédure d’action de groupe : les mé-
dicaments (en ce compris les matières premières à usage
pharmaceutique), les dispositifs médicaux, les produits
sanguins, mais également les produits cosmétiques etc.
Cette procédure pourra être initiée tant contre le pro-
ducteur, que le fournisseur et/ou le prestataire d’un des
produits de santé concernés. En pratique, s’agissant
d’un médicament, pourront donc être mis en cause tant
le laboratoire pharmaceutique fabricant, que le phar-
macien en assurant la commercialisation, ou que l’éta-
blissement ou le professionnel de santé l’utilisant.
En outre, l’assureur du/des professionnel(s) de santé
concerné(s) pourrait être attrait à la procédure.
Selon les r!gles de fond qui définissent les conditions
de leur responsabilité, les professionnels mis en cause
pourront être recherchés à raison d’un « manquement »
leur étant imputable, cette notion renvoyant à celles
de faute, mais également de défectuosité du produit
au sens des articles 1386-1 et suivants du Code civil ou
d’utilisation fautive même s’il n’est pas défectueux.
S’il est prévu qu’une telle d’action de groupe ne puisse
"tre introduite que par le filtre d?une association
agréée, ou encore qu’une médiation puisse être une
alternative à un jugement sur la responsabilité, il y a
lieu de craindre la multiplication des procédures dans
le domaine de la santé. En effet, au regard de la masse
d’ « usagers du système de santé » susceptibles d’être
concernés, les conséquences économiques et/ou mé-
diatiques pour les parties mises en cause pourraient
être importantes.
Enfin? autre source d?insécurité Yuridique pour les pro-
fessionnels concernés et leurs assureurs, la procédure
envisagée pourrait également concerner des produits
de santé qui ne sont plus sur le marché et/ou pour des
manquements ayant cessé à la date d’entrée en vigueur
de la loi (sous réserve des règles de prescription). En
effet, le Conseil constitutionnel a déjà eu à se pronon-
cer sur la même objection de rétroactivité, s’agissant
de l’action de groupe en matière de consommation, et
a estimé que s’agissant de règles relatives à la procé-
dure « l’application immédiate de ces dispositions ne leur
confère pas un caractère rétroactif » contraire aux exi-
gences constitutionnelles.
Dès à présent, les risks-managers doivent donc antici-
per cette évolution du droit et l’intégrer dans les dispo-
sitifs de contr+le des risques? afin de se préparer? aux
côtés de leurs assureurs et courtiers, à ces nouveaux
contentieux de masse.
L’ACTION DE GROUPE EN « SANTÉ » :
QUELLES DIFFICULTÉS ?
Juliette Vogel,
Avocate associée
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DOSSIER
Risk Management
sans frontières
Retour sur
les Rencontres
AMRAE 2014
MÉTIER RISK MANAGER
Gestion de cr ise :
un essentiel à revisiter
en permanence
Quand un DRH et un conseil
évoquent les Risk Managers :
inter view croisée
VEILLE ET POSITION
Les défis de l’assurance
construction
PORTRAIT
Xavier Mary
Directeur du Management
des Risques
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DOSSIER
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du coût de traitement
des r isques assurables
MÉTIER RISK MANAGER
Définition des missions
et de la structure du r isque
Gestion de sinistres
Formation à la loupe :
les Ser ious Game débarquent
VEILLE ET POSITION
Les défis de la réparation
du dommage environnemental
PORTRAIT
Alexandra Pfalzgraf
VP Insurance and Risk Management
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DOSSIERS
Communication sur les r isques
Les entrepr ises face
aux r isques d’épidémie
MÉTIER RISK MANAGER
Pilotage et Repor ting
Financement des r isques
Risque politique
Formation à la loupe : IFA-Science Po
VEILLE ET POSITION
La notion de passé connu
à la lumière d’un arrêt récent
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DOSSIERS
Retour sur les
Rencontres AMRAE 2015
Le SIGR
MÉTIER RISK MANAGER
Maîtr ise des r isques
Les r isques non assurables
La gestion de cr ise
Le terror isme
VEILLE ET POSITION
Devoir de vigilance
et supply chain
PORTRAIT
Brigitte Bouquot
Directeur des Assurances et de la Gestion des Risques, Thales
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DOSSIERS
La quantifi cation
des risques
Les risques
psychosociaux
MÉTIER RISK MANAGER
Le cyber r isk
Formation à la loupe :
la Compagnie des Exper ts
VEILLE ET POSITION
La réforme des contrats
PORTRAIT
Jean-François Marchand
Directeur Risques Assurances Environnement, Valeo
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Atout Risk Manager N°6 - Trimestriel - Octobre 2015
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