ATOUT RISK MANAGER
LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL • JUIN 2015 • 20 € TTCN°5
DOSSIERS
La quantification
des risques
Les risques
psychosociaux
MÉTIER RISK MANAGER
Le cyber risk
Formation à la loupe :
la Compagnie des Experts
VEILLE ET POSITION
La réforme des contrats
PORTRAIT
Jean-François Marchand
Directeur Groupe Risques Assurances
Environnement, Valeo
Une gestion mondiale
et sur mesure de
vos risques par
Allianz Risk Consulting
www.agcs.allianz.com
Allianz
Global
Corporate
& Specialty
3aiVittT 3ouquot?
Présidente de l’AMRAE
RISK MANAGERS :
LE CŒUR DE L’AMRAE
près le temps de l’émotion de la passation de pouvoirs
entre Présidents, la vie de l’Association continue à l’instar
de la publication de ce nouveau numéro d’Atout Risk Manager.
Je suis à la fois honorée et heureuse de signer cet éditorial
en tant que Présidente de l’Association.
Durant ses quatre ans de mandat de Président, Gilbert Canaméras, avec
le soutien du Comex et du Bureau Permanent, a profondément renouvelé
l’ambition stratégique de l’AMRAE en renforçant son rayonnement en France
et à l’international.
Il affirmé la dimension scientifique de l?association? ? une société savante ?
selon ses propres termes, dans le partage du savoir et du professionnalisme.
4e numéro avec le dossier sur la quantification ? qui s?attaque à un suYet
difficile ? ? en fait l?illustration?
Mais surtout, il a placé l’AMRAE au service des Risk Managers. Le Risk
Manager restera au cœur de notre association : il y trouvera soutien et
solidarité, car si ce métier est passionnant, il est très exigeant et souvent
d’un exercice solitaire.
Ma première ambition est que ce métier de Risk Manager soit mieux compris
dans toute son ampleur et reconnu dans les entreprises. Il est important
qu’il devienne plus visible dans le monde économique et que nous puissions
y attirer de nouveaux talents dans la diversité.
Les Entreprises Françaises peuvent revendiquer de longue date de très
bonnes pratiques en matière de Risques et Assurances : l’AMRAE rassemble
ainsi un grand capital, humain et professionnel.
Elle peut et doit le mettre en valeur afin de tenir son rang dans le concert
des inpuences sur l?évolution de ce métier? ?otre revue Atout Risk Manager
en est le média privilégié.
C’est fort de ce capital que nous pourrons préparer activement le futur :
le monde change si vite ?
?os derni!res Rencontres à 4annes ont éclairé les ruptures et les risques
émergents.
?os entreprises ont le devoir impérieux de s?h préparer pour h faire face et
les Risk Managers franqais ont un r+le important à Youer à leur service?
Ils peuvent compter sur l’AMRAE pour les y aider.
Une gestion mondiale
et sur mesure de
vos risques par
Allianz Risk Consulting
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Allianz
Global
Corporate
& Specialty
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 3
ÉDITO
naudet, une équipe de 45 experts, ingénieurs et financiers spécialisés, dédiés au traitement des risques
industriels et commerciaux en France et à l’international.
naudet est membre licencié du réseau international vrs adjusters, plus de 3500 collaborateurs présents
dans plus de 70 pays.
naudet
152 avenue de Malakoff - 75116 Paris
tél. : +33 1 45 26 90 83 - fax : +33 1 40 16 03 83
mail : international@naudet.fr - www.naudet.fr
naudet, la réponse
à la gestion de vos dossiers
en France et à l’international
20150011-NaudetARM.indd 1 07/05/2015 15:43
ÉDITO .......................................................................................................................................................... 3
PORTRAIT
.............................................................................................................................................. 6
Jean-François Marchand, Valeo : assurément durable
ACTEURS EN VUE ..................................................................................................................... 9
Guillaume Poupard? Directeur Général de l?A?SSI ........................................................................................ 11
DOSSIER .................................................................................................................................................. 13
Buantification : une étape indispensable pour rendre le risque encore plus lisible
DOSSIER .................................................................................................................................................. 21
Prévenir et assurer les risques psychosociaux
À L’AFFICHE ....................................................................................................................................... 24
MÉTIER RISK MANAGER
................................................................................................. 26
Quand un DRH et un conseil évoquent les Risk Managers : interview croisée ........................... 26
Ce qu’ils en disent, ce qu’ils en pensent : les cyber risques
.................................................................... 28
Formation à la loupe : la Compagnie des Experts
............................................................................................. 32
RM à l’international : d’une gestion des risques fragmentée à un modèle ERM
....................... 36
PRODUITS ET SERVICES ................................................................................................ 38
Risques environnementaux
VEILLE ET POSITION ........................................................................................................... 42
La réforme du droit des contrats, c’est maintenant…
ACTUALITÉ DE L’AMRAE ................................................................................................ 44
Violences politiques ................................................................................................................................................................ 44
Publications AMRAE
............................................................................................................................................................... 45
Gouvernance
................................................................................................................................................................................. 47
NOS PARTENAIRES ................................................................................................................. 49
BULLETIN D’ABONNEMENT
........................................................................................ 54
Directeur de la publication :
Brigitte Bouquot
Directrice de la rédaction :
Bénédicte de Luze
4o\it Sitoaia[ :
3énédicte de Luze? Sophie Maguer?
Hélène Dubillot, Michel Blanc,
Olivier Coppermann
4oncTption Tt cooaSination Sitoaia[T?
secrétariat de rédaction : SEITOSEI
@nt contaiQu cT nu\ ao 2>C26 :
Bénédicte de Luze, Louis Favrot, David Kapp,
Patrick Leroh? ?athalie 4lerc? Franqoise
Gaucher, Philippe Dupichot, Richard Ghueldre
;ouana[istTs :
Anne?Sophie David? ;ulie Le 3olzer?
Florence Puybareau
Merci à tous les interviewés qui ont rendu
possible ce numéro.
4a ation Tt \isT Tn paVT :
Valérie Mounier - www.ikkomoon.com
4a Sits photos :
AMRAE? SEIE@SEI? AFP? iStock? Ehinkstock
CT[ations paTssT ST [?2>C26 :
amrae-presse@seitosei.fr - 06 07 25 04 48
Régie Publicitaire : FFE
rv rue des Sablons xvrrw Paris ? fff?ffe?fr
Directeur de la publicité : Patrick Sarfati
4hTU ST puQ[icit : Caroline Martin
Eél? : {r u{ {z ww ry ? caroline?martin?ffe?fr
Responsable technique : Sophie Rigal
Eél? : {r vt tw tx yv ? sophie?rigal?ffe?fr
DTaeicT Youana[istiquT : Hannibal +
Impression : PRI?E4@RP ? France
4o\\ission paaitaiaT : {xrw G zstyy
5 p+t [ Va[ : Juin 2015
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • JUIN 2015 • 20 € TTCN°5
DOSSIERS
La quantification
des risques
Les risques
psychosociaux
MÉTIER RISK MANAGER
Le cyber r isk
Formation à la loupe :
la Compagnie des Exper ts
VEILLE ET POSITION
La réforme des contrats
PORTRAIT
Jean-François Marchand
Directeur Groupe Risques Assurances
Environnement, Valeo
ATOUT RISK MANAGER
est une revue de l’AMRAE,
80 boulevard Haussmann
75008 Paris
Eél? : {r us yz tt rw
atoutriskmanager@amrae.fr
Eoute reproduction? m"me partielle? des textes publiés dans la revue ? AE@FE RIS< MA?AGER ? est interdite pour tous les pahs?
sans autorisation écrite préalable du Directeur de publication? Eoute copie doit avoir l?accord du 4entre franqais de droit de copie
?4F4?? s{? rue des Grands?Augustins? xv{{w Paris? tél? : {r uu {x ux x{? fax : {r uw tu wx rz? 4ette publication peut "tre utilisée
dans le cadre de la formation permanente? L?éditeur s?autorise à refuser toute insertion qui semblerait contraire aux intér"ts
moraux ou matériels de la publication? Sauf accords spéciaux? les manuscrits? textes et photos envohés à la rédaction ne sont pas
restitués? La citation de marque? nom de firme? etc?? est faite sans but publicitaire et ne signifie en aucun cas que les procédés
soient tombés dans le domaine public.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015
5
SOMMAIRE
JEAN-FRANÇOIS MARCHAND, VALEO :
ASSURÉMENT DURABLE
@aVanis i[ y a w ans Tn z QaanchTs inSustaiT[[Ts Tt unT QaanchT ST SistaiQution poua [a aTchanVT Tt
[a sTconST \ontT? [? quipT\TntiTa auto\oQi[T Tst auYouaS?hui stauctua Tn u p+[Ts S?actieit Tt
unT actieit [i T au \aach ST aT\p[acT\Tnt? 2eTc unT C?5 Tn haussT suQstantiT[[T? STs ineTstis?
sT\Tnts aTnUoac s Tn 2siT Tt nota\\Tnt Tn 4hinT? STs i\p aatiUs TneiaonnT\Tntaux Txp[icitTs?
[a 5iaTction CisquTs 2ssuaancTs 6neiaonnT\Tnt ?5C26? ST Ga[To YouT unT paatition oaiVina[T?
Témoignage de Jean-François Marchand, Directeur Groupe Risques Assurances Environnement du groupe Valeo.
AC@E86C 2G2?E E@FE L6 D2G@:C?72:C6
P
our l?équipementier automobile? présent dans sz
pahs? la culture du risque fait partie de son AD??
l’innovation étant devenue le véritable booster
de la croissance. Réduction des émissions de CO
2,
développement de la conduite intuitive, la DRAE
emmenée par Jean-François Marchand fait face à de nouveaux
défis en termes de responsabilités et d?assurance : ? on sait
faire rouler aujourd’hui un véhicule sans conducteur, à diffé-
rentes vitesses. Se posent légitimement de vraies questions en
matières juridique et assurantielle. Ce véhicule sans conducteur
sera-t-il toujours considéré par le législateur comme un véhicule
terrestre à moteur au sens de la législation actuelle, tel qu’il
doit être assuré pour protéger les victimes d’un
accident ? Le juge ne pourrait-il pas dire
qu’il ne s’agit plus d’un véhicule sous
la responsabilité du conducteur, mais
d’un véhicule autonome dont il fau-
dra définir qui doit répondre des
dommages qu’il est susceptible de
causer ? Nous ne sommes plus dans
la fiction, mais dans la réalité ??
énonce Jean-François Marchand.
? Nous sommes en pointe sur le vé-
hicule autonome. Aujourd’hui, l’as-
surance doit couvrir les risques liés à
ces véhicules effectuant des essais sur
route publique. ?
EC:AEJBF6 2DDFC2?46D?
PRÉVENTION ET ENVIRONNEMENT
4réée par Ehierrh Van Santen ?premier Président de
l?AMRAE? en rzyz? la Direction des risques et assurances
était en charge à l’époque de la politique d’assurance et de
prévention? ? son arrivée en rzzt? ;ean?Franqois Marchand
la réorganise? ? J’ai rationalisé cette direction sur le plan des
assurances, en limitant le nombre d’assureurs afin de leur
donner une connaissance large des activités et en recentrant
l’ensemble des activités de courtage sur un seul courtier res-
ponsable et un seul réseau ?essentiellement Gras Savohe?
?DLR?? J’ai aussi fait en sorte que toute la politique d’assu-
rance émane directement de cette direction ?? Résultat ? Fne
meilleure maîtrise des coûts d’assurance et des services
rendus, y compris dans la gestion des sinistres.
« C’est un métier où il se passe
toujours quelque chose, un
accident quelque part… »
C’est un métier où il se passe
toujours quelque chose, un
C’est un métier où il se passe
toujours quelque chose, un
BIO EXPRESS
vz ans?
Juriste, maîtrise de droit des affaires, 3
e
cycle de droit des assurances
et dipl+mé de l?institut des assurances de Paris I ?Panthéon?Sorbonne??
Attiré par la responsabilité civile, il est, pendant 4 ans, chargé de travaux
dirigés en droit du contrat et de la responsabilité civile en seconde année
de droit à Paris I.
Intéressé par la R4 nucléaire? il reYoint le 4EA en tant qu?adYoint au
bureau central des assurances, poste qu’il occupera pendant 6 ans. Il
part ensuite dans l?industrie? chez PSA? à la Direction des assurances
o/ il restera également w ans puis int!gre Valeo en rzzt? au poste de
Directeur Groupe Risques Assurances Environnement.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 6
PORTRAIT
Eoutes les entités Valeo dans le monde dis-
posent des m"mes garanties d?assurances et
au m"me co0t? Les financiers de chaque site
déclarent des valeurs d’assurance pour des
primes qui leurs sont facturées en une seule
fois, sans régularisation en cours d’année.
PRÉVENTION ET PERFORMANCE
DURABLES
La politique de prévention des sites est ren-
forcée avec le développement des directives
opérationnelles, sur la sécurité des installa-
tions, la santé et la sécurité des personnes et
la mise en sûreté des sites et l’environnement.
Elles sont ensuite transcrites en fiches d?ins-
tructions aux opérationnels sur site.
Les champs de la prévention ne cessent d’évo-
luer. Et de citer, par exemple, l’intégration
des robots autonomes travaillant en collabo-
ration avec l’opérateur.
Originalité dans l'univers des Risk Managers,
l'environnement fait partie des attributions de
;ean?Franqois Marchand? zv ? des sites sont
certifiés IS@ ru{{r en mati!re d?environnement?
z{ ? sont certifiés @9SAS ry{{r en mati!re de
santé et sécurité au travail. En 2013, le Groupe
lanqait son processus de certification IS@ v{{{r
sur l?efficacité énergétique? La performance
environnementale du Groupe - réduction de
consommation d’eau, d’énergie, d’émission de
CO
2, d’emballages et de déchets - contribue à
sa compétitivité? ? Ce triptyque politique d’as-
surance, de prévention et d’environnement qui
constitue le socle de la gestion des risques indus-
triels, est passionnant chez Valeo. Les process ne
sont pas gravés dans le marbre : c’est ce qui ex-
plique mes 21 ans de maison ! ?? confie?t?il?
DE LA CARTOGRAPHIE
À L’ASSURANCE
La cartographie des risques est élaborée par
l’audit interne. Le Comité des risques présidé
par le COO du Groupe, rassemble les Directeurs
financier? de la stratégie? de la comptabilité?
des ressources humaines? du Yuridique? de l?au-
dit interne, de l’éthique et des conformités et
de la DRAE. Il se réunit tous les 2 mois (rythme
de l’actualisation de la cartographie).
Membre du Comité des risques et propriétaire
des risques géopolitiques, des risques indus-
triels et du risque de rappel, Jean-François
Marchand planche aussi sur les Plans de Conti-
nuité d?Activité ?P4A?? ? L’ensemble des risques
qui nous paraissent majeurs pour l’activité ont
aujourd’hui un plan d’action. ?
Le Groupe a musclé également ses audits de site.
Eous les deux ans? la DRAE réalise des audits
avec l’aide de consultants externes sur les ins-
tallations (FM Global, assurances du Groupe),
sur la santé et l’environnement (Bureau Veritas)
et la sûreté (AnticipAction ex-Defense Control,
équipe composée essentiellement d’anciens
nageurs de combat du Commando Hubert que
Jean-François Marchand connaît depuis plus de
20 ans). Pour la RC et les transports, le Groupe
a choisi AGS4? AIG pour les lignes financi!res et
la partie VIE est traitée par les Ressources Hu-
maines. Les audits fournisseurs sont réalisés par
la Direction des achats.
L2 5C26 ? EC2?DG6CD2L:E
5F C:D< >2?286>6?E? A528@8:6
DU RISK MANAGER
Depuis trois ans, Jean-François Marchand a
étoffé son équipe en misant sur la Yeunesse et
la complémentarité des profils : au recrutement
interne d’un ingénieur de 24 ans, spécialiste des
risques industriels, a succédé le recrutement
d’une Responsable assurances de 30 ans.
? Nous devons être force de proposition pour faire
connaître à l’interne, les techniques de Risk Ma-
nagement et d’assurance. La pédagogie sur notre
métier est essentielle pour que les opérationnels
puissent mettre en œuvre les plans d’action
d’amélioration avec les autres réseaux du Groupe :
réseau industriel pour la sécurité des installations
et les projets, Ressources Humaines pour la sécu-
rité des personnes notamment. ?
Jean-François Marchand anime un réseau mon-
dial d?environ t{{ responsables 9SE en charge
de la diffusion des bonnes pratiques.
Pour communiquer sur ces suYets? la DRAE s?ap-
puie sur des outils de communication interne
CA en 2014 :
12,7 milliards d’€
1 100
brevets déposés en 2014
16 centres de recherche
81 200 collaborateurs
dans
29 pays
15 plates-formes de distribution
34 centres de développement
133 sites de production
« Nous devons être
force de proposition
pour faire connaître
à l’interne, les
techniques de Risk
Management et
d’assurance »
Nous devons être
force de proposition
Nous devons être
force de proposition
;Tan?7aanqois >aachanS
Responsable Assurances Responsable Risques industriels
Assistante
DIRECTION RISQUES
ASSURANCES ENVIRONNEMENT
u Responsables 9SE p+les industrielsResponsables 9SE sites
r Responsable 9SE Activité de remplacementResponsables 9SE pahs
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 7
PORTRAIT
comme une rubrique en 4
e
de couverture de Valeo Info ou
sur l’intranet. Elle investit fortement en formation : la sé-
curité représente rt ? des heures de formation totales? En
s{rt? ur ? des effectifs du Groupe avaient participé à un
module de formation dédié à la sécurité.
LE CRÉDIT DE L’EXPERTISE
Ici aussi, Risk Management et Risk Manager sont source
de valeur aYoutée? En assistant la Direction de la tréso-
rerie en charge du risque d’assurance-crédit pour lancer
un appel d’offres conceptuel pour reconsidérer la couver-
ture des risques puis effectuer le placement ainsi conçu
aupr!s des assureurs? ? Valeo a obtenu des garanties plus
larges et des conditions d’assurances plus compétitives ??
se félicite Jean-François Marchand.
RISQUE SUPPLY CHAIN ET RISQUE DE RAPPEL
s{rr a été une ? Annus 9orribilis ? pour la supplh chain de
Valeo : tremblement de terre au Japon puis inondations en
Eha#lande? Si le Groupe n?a pas été directement impacté sur
ses sites, la gestion du risque supply chain est devenue une
priorité.
? Au Japon, nous étions en train d’acquérir l’équipemen-
tier japonais Niles. Le contrat était signé mais le “closing”
n’était pas encore achevé. Selon les procédures de gestion
des risques du Groupe, nous avions effectué les audits
d’environnement préalables à l’acquisition pour avoir une
vision claire des risques. Une nouvelle évaluation des bâ-
timents et des terrains a été faite à la suite de ce tremble-
ment de terre. ?
Fn grand nombre de fournisseurs de Valeo a été impacté
par ces évènements et, par contrecoup, la livraison et la
production des sites Valeo? 4haque Your une conférence
téléphonique dirigée par le COO du Groupe, réunissait
tous les acteurs concernés pour suivre au plus près tout
ce qui devait "tre mis en place? ? Le principe fondamental
pour tous : ne pas arrêter la production des clients. ?
Les enseignements pour Valeo de ces catastrophes de
s{rr ahant impacté la supplh chain ? : ? Il faut arrêter
de penser qu’une cartographie de la supply chain faisant
apparaître toutes les interdépendances suffit car cette
carthographie évolue constamment et devient rapidement
obsolète ?? Fne bonne gestion du risque supplh chain doit
intégrer la connaissance des risques des fournisseurs
mais aussi des garanties d’assurances concernant les
risques de carence des fournisseurs.
LE RISQUE CYBER
Comme nombre d’industriels en pointe sur l’innovation,
Valeo a été en butte à des questions d’espionnage in-
dustriel. Aux côtés de mesures de protection de sûreté
informatique et de contrôle interne, le Groupe évalue en
permanence l’adéquation des offres du marché d’assu-
rances sur les chber risques? Ses choix rel!vent du secret
des affaires.
T9:32F5 L@FG6E?
DIRECTEUR DES OPÉRATIONS STRATÉGIQUES DE VALEO
MONSIEUR « DUE DILIGENCE »
Quand Valeo envisage l’acquisition d’une entité, c’est lui qui intervient dans les
processus de ”due diligence” notamment en matière de process environnemen-
tal, de santé et de sécurité.
Précédemment? Directeur des financements et de la trésorerie du Groupe pendant
u ans et demi? o/ il travaillait déYà avec ;ean?Franqois Marchand sur des problé-
matiques d?assurances et de réassurance? il est auYourd?hui en charge des fusions?
acquisitions? Sa mission : passer au crible les proYets de Yoint?venture ou d?acquisi-
tions avant leur entrée éventuelle au sein du Groupe.
Parmi les risques liés aux fusions et acquisitions sur lesquels les deux hommes
collaborent? ceux liés à l?environnement? la santé et la sécurité? ? Pour ce type de
risques, la problématique pour nous, dans le cas d’une acquisition, c’est de prévoir les
plans de remédiations indispensables pour remettre la cible aux normes d’exigence
de Valeo. On imputera le cas échéant les coûts de ces plans sur le prix d’acquisition fi-
nal que nous proposerons au vendeur ?? Si cette mise aux normes est onéreuse? elle
est vitale pour la sécurité des équipes? pour les performances financi!res et bien
s0r pour l?image de Valeo? ? Nous travaillons en tandem pour envoyer des spécialistes
évaluer sur site le risque et la non-conformité potentielle des installations. ?
Le tandem analhse Yusqu?à dix dossiers par an et
réalise 3 à 4 opérations dans les bonnes années
contre aucune dans les mauvaises? ? Il s’agit d’une
analyse très financière : si le risque est considéré
comme trop important, nous renonçons. Ce risque
est évalué, quantifié, et défalqué du prix. Pour le
vendeur la question est simple : est-il prêt à accep-
ter une baisse du prix substantielle qui intègre les
”remédiations plans” ou pas ? ?
Il y a quelques années au Mexique, le Groupe a reculé face à un problème d’amiante
entraînant des coûts de remise aux normes disproportionnés.
E2L6?ED 4CF?49 ? F? C:DBF6 4CF4:2L A@FC G2L6@
? Dans une acquisition, la rétention des talents est devenue clé. Il faut pouvoir les
gérer, compter sur leur fidélité et leur maintien dans l’entreprise. C’est un risque ma-
jeur pour le Groupe : nous sommes aujourd’hui dans un business mondial ?? Valeo ne
proc!de donc Yamais auYourd?hui à une acquisition sans avoir mis
en place un ”retention plan” adapté.
Ehibaud Louvet indique également la difficulté d?en-
voyer des expatriés dans certains pays du monde pour
des raisons de qualité de vie (pollution) ou de sécu-
rité, malgré les perspectives de carrières à la clé. Des
expatriés de moins en moins nombreux car coûteux,
le message de Valeo auYourd?hui étant de dire que
? nous sommes chinois en Chine, améri-
cains aux États-Unis, allemands en
Allemagne, coréens en Corée
proc!de donc Yamais auYourd?hui à une acquisition sans avoir mis
en place un ”retention plan” adapté.
Ehibaud Louvet indique également la difficulté d?en
voyer des expatriés dans certains pays du monde pour
des raisons de qualité de vie (pollution) ou de sécu
rité, malgré les perspectives de carrières à la clé. Des
expatriés de moins en moins nombreux car coûteux,
le message de Valeo auYourd?hui étant de dire que
?nous sommes chinois en Chine, améri
cains aux États-Unis, allemands en
Allemagne, coréens en Corée
« Dans une
acquisition,
la rétention
des talents est
devenue clé »
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 8
PORTRAIT
ILS ONT REJOINT L’AMRAE
NOUVEAUX ADHÉRENTS DEPUIS AVRIL
4haa[ottT 32:LL@E
Avocat Associé
<?L GAEES
;onathan 3@H>2? 4L2C<6
Consultant GRC AG@RA PARE?ERS
2xT[[T 3C2FLE?7@?E6CD
Associée GE S@4IE D?AV@4AES
6aic 4@?E682L
Responsable Audit et risques AEM3
CoQTat 4@C4@D
Avocat associé FEPA
8ui[[ayT 4@FL:32LJ
Expert GEXCO
4aao[inT 56D4L@D
DE LA FONCHAIS Assistante Risk Management 4IME?ES FRA?OAIS
8is![T 5F4C@E
Consultant EY
?ico[as 6C56G6?
Consultant 4ELE?4IA
Maud HAMELIN
Chargée de mission Risk Management RAEP
Bertrand IANNA
Responsable sinistres 4ARREF@FR
5 nitia :G2?@G2
Juriste Assurance FIVES
AataicZ ;24BF6D
Directeur de Programmes GR@FPE 4?PP
>anT[ <6DC:
Consultante GRC AG@RA PARE?ERS
>axi\in <@>3@ 232
Responsable Sécurité S0reté et Prévention M<A 4@?SFLEI?G
Ga[ aiT L64@:?E6
Auditeur interne 4SSF
4aao[inT L@K249 3@5:L:D
Directeur de mission expérimentée ? Senior manager EY
<haSiYa >22496
Directeur financier P9@?E ASSISEA?4E
4haistophT >2FC6L
Risk Manager SGAM 4@VEA
>aaiT Aau[T A:?8
Responsable audit interne 3GFI 3A?< GA3@?
>aac D49FL6C
Avocat Associé BIRD & BIRD
?atha[iT D6L@:
Risk Manager COFACE
; a+\T D6>:<
Responsable du contrôle interne LAGARDÈRE
6SouaaS DE6CF
Avocat SEERF AV@4AE
Vous souhaitez
devenir adhérent
ST [?2>C26?
contactez? nous par e? mail :
poaTncT?tostain?a\aaT?Ua
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ATOUT RISK MANAGER
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ADHÉRENTS AMRAE DANS UNE NOUVELLE ENTREPRISE
Daaah 4L2>6?D? Responsable Risques et Assurances de LA3EJRIE FI?E F@@DS ? Précédemment chez VE@LIA
2nnT?4[aiaT >2?:6K? Directrice des Programmes d?Assurance de 4ARREF@FR MA?AGEME?E ? Précédemment chez 3ouhgues Eelecom
AataicZ >6?6896EE:? Avocat de ME?EG9EEEI AV@4AES ? Précédemment chez ME?EG9EEEI? 9F3ERE? ASS@4IS
LauaTncT E:3@FG:LL6? 4hargée d?Assurances d?IPSE? P9ARMA SAS ? Précédemment chez 4arrefour
© Harry Chambers
LauaTnt 3aaQaV[i? 8aoup CisZ anS :nsuaancT >anaVTa Su VaoupT L272C86 Tt
2S\inistaatTua ST [?2>C26? a aTqu? [T sy aeai[ STaniTa La ?oueT[[T @a[ ans? [T
paix Su ? CisZ >anaVT\Tnt 9onoa Co[[ ? S cTan paa 3usinTss :nsuaancT aeTc
[a co[[aQoaation Su CisZ ? :nsuaancT >anaVT\Tnt DociTty :nc ?C:>D??
Ce prix récompense Laurent Barbagli d’une part pour sa politique de gestion des
risques et la cohérence des programmes d’assurance conduits pour Lafarge
(notamment les marchés émergents), et d’autre part pour son investissement pour la profession et le métier de Risk Manager au sein d’organisations professionnelles telle que l’AMRAE.
Précédemment, Laurent Barbagli a exercé différentes responsabilités chez Gras Savohe? I3M? 4lub Med?
LAURENT BARBAGLI,
« RISK MANAGEMENT HONOR ROLL »
AU RIMS 2015
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 10
ACTEURS EN VUE
BuT[ Tst eotaT constat UacT [a \u[tip[ication STs attaquTs cyQTa ?
Face à une menace fortement croissante, nous n’avons pas le choix. Il est absolument impératif d’avoir un travail
en commun entre les entités étatiques et privées? les apporteurs de solutions et leurs consommateurs? ?ous
sommes dans la situation où les attaques se multiplient, en quantité, en qualité mais également
en termes de cibles potentielles? AuYourd?hui? plus grand monde ne peut se considérer à
l?abri des attaques informatiques dont l?ampleur continue de cro&tre? ?ous l?avons vu
avec l?attaque tr!s violente contre Sonh qui a été d?un niveau technique élevé? 4?est
une forme de sabotage, d'atteinte forte à l'image.
>ais cT qui Tst S?autant p[us taouQ[ant c?Tst quT [Ts attaquTs nT sont pas
sTu[T\Tnt \Tn Ts contaT STs TntaTpaisTs \ais aussi TntaT tats?
La question de l?attribution se pose? Dans le cas de Sonh? nous ne savons
touYours pas de qui émane l?attaque? ?ous avons des suspicions mais nous ne
savons pas dire clairement que tel tat ou tel groupe ? pour telle motivation ?
l?a conduite? Dans le cas plus récent de EVv Monde? c?est exactement la m"me
chose : il y a une volonté de saboter, d'avoir une action visible. Mais pour quoi
faire et par qui ? 4e sont des questions tr!s complexes auxquelles nous n?avons
touYours pas de réponse? 4?est une évolution? ;usque récemment? nous luttions
essentiellement contre des attaques d’espionnage, des attaques économiques
qui pouvaient impliquer des groupes ou des tats? parfois les deux? mais o/ exis-
tait un motif clair? Dans ces domaines de sabotage? nous ne savons pas touYours
quel est l?obYectif réel des attaquants? ?otre forte crainte est d?avoir à faire à des
tats ou des organisations bien structurées manipulant des groupes spécialisés en
préparation de futurs conpits numériques?
4o\\Tnt [Ts TntaTpaisTs pTueTnt? elles se protéger ? 4o\\Tnt SoieTnt? elles réagir ?
C’est évidemment la question qu'il faut se poser. Car l'originalité de ce risque par rapport
à d?autres? c?est qu?il est impossible de le supprimer à la source? S?imaginer emp"cher la
prolifération des armes numériques, est totalement chimérique. Par conséquent, la prio-
rité est de se protéger et d?emp"cher les attaques d?"tre efficaces? 4ela comporte trois
éléments.
D?abord mettre des barri!res afin d?emp"cher les attaquants de rentrer au sein des
systèmes pour faire de l'espionnage, de la cartographie ou de la destruction.
C'est faire comprendre aux différentes cibles potentielles qu’il n’est pas
possible de faire n'importe quoi avec leurs réseaux. On ne peut pas
tout connecter, on ne peut pas tout mettre sur internet. La
mobilité ou le cloud computing, s’ils sont mal gérés, sont
des facteurs de fragilisation? Eout ce qui finalement
réduit la maîtrise que l’on peut avoir de ces systèmes
est une voie potentielle pour un attaquant.
?éanmoins? quelles que soient les protections mises en
place et la prudence dont on fait preuve, les réseaux
VERS UNE COOPÉRATION
RENFORCÉE ENTRE LES ACTEURS
DE LA SÉCURITÉ INFORMATIQUE
ET LES ENTREPRISES
8F:LL2F>6 A@FA2C5? 5:C64E6FC 8?C2L 56 L?2?DD:?
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BuT[ Tst eotaT constat UacT [a \u[tip[ication STs attaquTs cyQTa?
Face à une menace fortement croissante, nous n’avons pas le choix. Il est absolument impératif d’avoir un travail
en commun entre les entités étatiques et privées? les apporteurs de solutions et leurs consommateurs? ?ous
sommes dans la situation où les attaques se multiplient, en quantité, en qualité mais également
en termes de cibles potentielles? AuYourd?hui? plus grand monde ne peut se considérer à
l?abri des attaques informatiques dont l?ampleur continue de cro&tre? ?ous l?avons vu
avec l?attaque tr!s violente contre Sonh qui a été d?un niveau technique élevé? 4?est
une forme de sabotage, d'atteinte forte à l'image.
>ais cT qui Tst S?autant p[us taouQ[ant c?Tst quT [Ts attaquTs nT sont pas
sTu[T\Tnt \Tn Ts contaT STs TntaTpaisTs \ais aussi TntaT tats?
La question de l?attribution se pose? Dans le cas de Sonh? nous ne savons
touYours pas de qui émane l?attaque? ?ous avons des suspicions mais nous ne
savons pas dire clairement que tel tat ou tel groupe ? pour telle motivation ?
l?a conduite? Dans le cas plus récent de EVv Monde? c?est exactement la m"me
: il y a une volonté de saboter, d'avoir une action visible. Mais pour quoi
? 4e sont des questions tr!s complexes auxquelles nous n?avons
touYours pas de réponse? 4?est une évolution? ;usque récemment? nous luttions
essentiellement contre des attaques d’espionnage, des attaques économiques
qui pouvaient impliquer des groupes ou des tats? parfois les deux? mais o/ exis-
tait un motif clair? Dans ces domaines de sabotage? nous ne savons pas touYours
quel est l?obYectif réel des attaquants? ?otre forte crainte est d?avoir à faire à des
tats ou des organisations bien structurées manipulant des groupes spécialisés en
elles se protéger? 4o\\Tnt SoieTnt?elles réagir?
C’est évidemment la question qu'il faut se poser. Car l'originalité de ce risque par rapport
à d?autres? c?est qu?il est impossible de le supprimer à la source? S?imaginer emp"cher la
prolifération des armes numériques, est totalement chimérique. Par conséquent, la prio-
rité est de se protéger et d?emp"cher les attaques d?"tre efficaces? 4ela comporte trois
D?abord mettre des barri!res afin d?emp"cher les attaquants de rentrer au sein des
systèmes pour faire de l'espionnage, de la cartographie ou de la destruction.
C'est faire comprendre aux différentes cibles potentielles qu’il n’est pas
possible de faire n'importe quoi avec leurs réseaux. On ne peut pas
tout connecter, on ne peut pas tout mettre sur internet. La
mobilité ou le cloud computing, s’ils sont mal gérés, sont
des facteurs de fragilisation? Eout ce qui finalement
réduit la maîtrise que l’on peut avoir de ces systèmes
?éanmoins? quelles que soient les protections mises en
place et la prudence dont on fait preuve, les réseaux
8F:LL2F>6 A@FA2C5? 5:C64E6FC 8?C2L 56 L?2?DD:?
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DISTINCTION
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 11
ACTEURS EN VUE
sont interconnectés? c?est pour qa qu?ils sont efficaces? Il ne faut
pas aller contre. Il importe donc de maîtriser ces interconnexions,
notamment en développant une véritable stratégie de détection
des attaques, ce qui est nouveau pour beaucoup d’acteurs. Il faut en
pratique mettre des sondes, des capteurs, de manière à détecter au
plus tôt les attaques et en réduire ainsi très fortement l'impact.
Le troisième élément, c’est l’humain. Il ne faut surtout pas le mépriser
mais se dire qu?il a un r+le fondamental à Youer? Et il faut pouvoir
former les gens au bon niveau, de manière à ce qu'ils aient un compor-
tement sain en termes de sécurité.
Avez?eous [?i\paTssion quT [Ts SiaiVTants S?TntaTpaisT ont chanV
[Tuas co\poatT\Tnts ?
@ui? Pendant tr!s longtemps? nous avons pr"ché souvent dans le désert
parce qu'il y avait peu d'exemples. Les professionnels de la sécurité
étaient perqus comme des ? 4assandre ?? AuYourd?hui? c?est fini? Buand
Ye rencontre un décideur? il arrive en étant convaincu du probl!me? 4e
qu’il veut, c’est comprendre le problème réel et trouver des solutions.
?os actions visent à proposer des éléments de réponse comme par
exemple la qualification des prestataires de service de sécurité?
4o\\Tnt pTacTeTi?eous [Ts aT[ations TntaT [Ts aTsponsaQ[Ts ST [a
s cuait inUoa\atiquT Tt [Ts Tntit s ST [?TntaTpaisT ?
Au risque d?"tre caricatural? Y?ai longtemps observé une sorte d?opposition
entre les RSSI et les DSI? Les premiers étant là pour apporter de la sécurité?
avec leurs lots de contraintes et de surco0ts? tandis que les DSI devaient
faire touYours plus avec moins de ressources? 4ette relation a compl!te-
ment changé pour laisser la place à un travail beaucoup plus collectif.
Ce qui est apparu entre temps, ce sont de nouveaux acteurs qui inter-
viennent dans la transition numérique. Ils arrivent avec de vraies idées
innovantes mais n?ont pas touYours la culture de la sécurité? Il faut
donc faire de la pédagogie, réexpliquer que les nouveaux usages ne
veulent pas dire absence de sécurité, bien au contraire. Prenons les
obYets connectés? c?est tr!s bien mais si on ne prend pas en compte
les questions de sécurité au plus tôt, il va y avoir des catastrophes à
court terme? Il faut touYours s?assurer que l?ensemble des différents
acteurs soient bien au courant de ces questions de sécurité. La sécurité
n?est pas quelque chose que l?on raYoute une fois le produit fini? qa
ne marche pas? Si on l?int!gre d!s le départ? qa peut "tre relativement
indolore.
BuT[[T [Tqon tiaTa ST [?aUUaiaT 8T\a[to ?
Je ne souhaite pas commenter telle ou telle suspicion d’attaque en
particulier. Je préfère rappeler une évidence : dès que l’on possède
quelque chose de valeur, surtout dans un monde numérique, cela va
intéresser du monde. Il faut donc mettre au niveau de la menace les
mécanismes de protection et de défense ainsi que la sensibilisation des
personnes. Malheureusement, énormément d'acteurs, notamment au
niveau industriel, sont soumis à une menace de haut niveau qui néces-
site une prise en compte à la hauteur des enYeux?
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 12
ACTEURS EN VUE
DOSSIER :
LA QUANTIFICATION DES RISQUES
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 13
S
i elle a aujourd’hui toute sa place dans les
établissements financiers, notamment pour
des raisons réglementaires (Bâle II et III,
Solvabilité II?? la quantification des risques
reste assez peu répandue dans les autres
secteurs d’activité. L’étude présentée par Denis Zandvliet,
PDG de Valu€360, lors des Rencontres AMRAE 2015 est
explicite :
« Plus d’un tiers des 40 sociétés interrogées ont une
maturité d’usage très faible de la quantification et de
la valorisation des risques. Et ce, indépendamment du
secteur d’activité et de la taille de l’organisation ». L’étude
souligne également que peu d’entreprises réalisent une
quantification des impacts en données opérationnelles,
la plupart préférant valoriser les impacts des risques.
« L’usage assez faible de la quantification de données
opérationnelles peut être regretté car c’est un moyen
qui permet de justifier les valorisations ?? note Denis
Zandvliet qui se veut néanmoins optimiste, constatant
que « un cinquième des répondants d’étude ont un objectif
d’évolution dans les usages à terme
Quelles raisons à cette rareté ?
Manque de méthodologies ? difficulté à savoir quoi
quantifier ? absence ou pénurie de données? Pourtant?
la démarche semble faire l’unanimité. « Dans le monde
industriel, on peut et on doit quantifier les enjeux. Le but
est de permettre de hiérarchiser, de dire ce qui est fréquent
ou grave, ce qui est critique. Cela permet de laisser le
moins de choses possible dans l’ombre » souligne Olivier
Sorba? Directeur des risques et du contr+le interne du
groupe Lagardère. « Il n’est pas possible de se protéger
de tout. Donc il importe de quantifier. Sur quoi met-on
les moyens de se protéger si l’on ne sait pas quantifier?
Lorsque l’on identifie les risques importants, si l’on est
capable de les quantifier, on peut comprendre de quoi
ils dépendent. Il est alors possible d’agir en amont »
confirme Patrick ?a#m? Senior Partner chez Elsefare?
QUANTIFICATION :
UNE ÉTAPE INDISPENSABLE
POUR RENDRE LE RISQUE
ENCORE PLUS LISIBLE
:ncontouanaQ[T Sans [Ts taQ[issT\Tnts financiTas? [a quantification STs aisquTs co\\TncT
faire son chemin dans les autres secteurs d’activité. Elle apporte une aide à la prise de décision
et peut être une réponse pour mieux appréhender les risques immatériels et extrêmes.
Denis Zandvliet,
PDG de Valu€360
Patrick Naïm,
Senior Partner chez Elseware
« La quantification est un
petit bout de l’analyse de
risque. On quantifie ce que
l’on choisit de voir. »
Olivier Sorba, Directeur des risques
et du contrôle interne du groupe Lagardère
quantification
petit bout de l’analyse de
« La
petit bout de l’analyse de
Olivier Sorba
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 14
DOSSIER
LA QUANTIFICATION DES RISQUES
M"me tonalité chez Patrick Leroh? Président de la
commission Responsabilités de l?AMRAE : ? Quantifier
permet de suggérer, de hiérarchiser des priorités d'ac-
tion qui soient basées sur de véritables études d'impact
afin de mieux les légitimer. Il faut donc avoir en main
des études suffisamment solides. Il faut impérative-
ment arriver à objectiver les impacts des menaces et faire
l'exercice de leur quantification ». Quantifier n’est donc
pas seulement un moyen de valoriser un risque mais
aussi de compléter une démarche qualitative pour
apporter une aide à la décision.
Pour Patrick Leroy, c’est une démarche que ne peuvent
plus ignorer les Risk Managers : « ils font de plus en plus,
l'objet de questionnements de la part des Directeurs
financiers, des Comex, des administrateurs, qui leur
demandent une vision stratégique des risques de l'entre-
prise, c'est-à-dire des menaces susceptibles d'entraver
gravement la bonne marche de l'organisation. Or pour
donner cette vision stratégique (résumée sous la forme
des 5H), il y a notamment le How Much ? Combien ? Quel
chiffre ? Le Risk Manager ne peut plus se contenter soit
d'acheter de l'assurance (on a complètement dépassé ce
stade), soit de décrire les menaces de façon vaguement
technique en essayant de faire peur. Il ne peut pas non
plus s'abriter simplement derrière une liste de procédures
internes ou promouvoir un peu de prévention au hasard
pour essayer de démontrer une “certaine maîtrise”
UNE DÉMARCHE POUSSÉE PAR LA MONTÉE
DES RISQUES ÉMERGENTS
Mais dire que la quantification est une démarche
nouvelle dans les entreprises (hors financières) est
faux. Dans son étude, Denis Zandvliet rappelle que
certaines organisations font de la quantification depuis
près d’une trentaine d’années. « La maturité n’est pas
la même entre entreprises financières et les autres parce
que malheureusement, c’est l’incitation du règlemen-
taire qui fait prendre conscience des réalités, même si,
dans certains domaines, cette prise de conscience existe
depuis longtemps. Par exemple, dans les industries à
très haut risque, spatiales, nucléaires, hydroélectriques.
Beaucoup d’entre elles utilisent les réseaux bayésiens
depuis très longtemps pour mesurer leurs risques »
souligne Catherine Veret-Jost, Présidente du cabinet
de conseil Cavejo, forte d’une longue expérience du
monde bancaire et qui a assisté, avec Bâle II, à l’intro-
duction de la quantification des risques.
Cependant, avec l’évolution du contexte dans lequel
opèrent les entreprises, le sujet a pris ces dernières
années une nouvelle dimension, comme le rappelle
Gis!le Ducrot? Senior Manager chez EJ : « La probléma-
tique de la quantification s’est vraiment révélée avec l’évo-
lution de la typologie des risques auxquels sont soumises
les entreprises. Pendant longtemps, la plus grande partie
de la gestion des risques était regardée par les Directions
des assurances et couverte par des programmes d’assu-
rance essentiellement « dommage aux biens » (property).
Sur ces risques, la quantification est issue d’études histo-
riques, permettant des processus stables et une fluidité
entre le risque, son niveau de maîtrise et sa logique de
financement. Mais aujourd’hui, nous sommes sur des
risques plus immatériels qui peuvent mettre en jeu le déve-
loppement de l’entreprise. À l’instar des risques cyber, des
risques liés à la réputation, à l’image… Les entreprises
s’internationalisent et donc s’exposent à de nouvelles
typologies de risques moins facilement contrôlables. Des
risques qui sont aujourd’hui inclus dans la cartographie
des risques des entreprises mais qui deviennent difficiles à
appréhender, tant en termes d’impacts que d’anticipation
de leurs évolutions
Patrick Leroy est encore plus direct dans son approche
pour appeler les Risk Managers à s?emparer du suYet? Il
prend l’exemple de la fraude et du risque cyber, avec
notamment les impacts de mise en cause de responsa-
bilités de la personne morale et des dirigeants : « Si l’on
pose la question de savoir combien de Risk Managers ont
procédé véritablement à une étude pour évaluer ces types
de risques et éclairer leurs Directions générales sur les
impacts directs et indirects, on s'apercevra rapidement
de l’insuffisance du niveau de maturité. Ensuite, si une
démarche est mise en place pour solliciter le marché de
l'assurance en vue d’une couverture, il va falloir jauger
les besoins tant en termes de contenu de couverture
qu'en montant quantifié. Car à défaut, comment fera le
Risk Manager pour mettre en place des outils de finance-
ment de risques et connaître l'appétence aux risques des
Patrick Leroy,
Président de la commission
Responsabilités de l’AMRAE
Gisèle Ducrot,
Senior Manager chez EY
Catherine Veret-Jost,
Présidente du cabinet de conseil Cavejo
« Quantifier permet
de suggérer, de hiérarchiser des priorités d'action qui soient basées sur de véritables études d'impact afin de
mieux les légitimer. »
Patrick Leroy, Président de la commission Responsabilités de l’AMRAE
« Quantifier
de suggérer, de hiérarchiser
« Quantifier
de suggérer, de hiérarchiser
L6D CD62FI 32JD:6?D ? UNE APPROCHE INDUCTIVE
Les réseaux bayésiens sont la conjonction du théo-
rème de Bayes sur les probabilités conditionnelles
et de la théorie des graphes, c'est-à-dire le fait de
pouvoir faire des arbres de causalité assez com-
plexes mais qui distinguent bien les causes et les
conséquences. Et trouver à partir de là les indica-
teurs pertinents afin de mesurer explicitement l'im-
pact des actions de réduction.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 15
DOSSIER
LA QUANTIFICATION DES RISQUES
dirigeants ? Et si le Risk Manager n’a su exprimer claire-
ment des besoins de couvertures et de montant, on peut
craindre alors que la posture des assureurs ne soit celle
d'un “vendeur de capacité”
LA QUANTIFICATION EST AFFAIRE DE CHOIX
« Sur les nouveaux risques, comme ce qui a été fait il y a
50 ans pour l’incendie par l’industrie de l’assurance, il
faut réaligner le risque à ses causes, ses conséquences et
ses éléments de maîtrise, et aujourd’hui, les entreprises
sont les meilleures sachantes de leurs risques spécifiques
et de la manière dont elles les maîtrisent ?? Par exemple? le
risque cyber qui est en fait une cause de risque. « L’enjeu
pour l’entreprise est double : d’une part le système d’in-
formation, véritable colonne vertébrale de l’entreprise,
qui intègre la plupart des processus clés (facturation,
commande, traçabilité…) et d’autre part les données,
internes ou clients qui représentent aujourd’hui des enjeux
cruciaux de responsabilité, de développement stratégique,
d’image ?? aYoute Gis!le Ducrot?
BF2?E:7:6C? 4?6DE EC25F:C6
DANS UNE UNITÉ DE MESURE
Si l’intérêt de la quantification est clair, surtout dans
un environnement qui voit émerger de nouveaux
risques difficiles à qualifier, cela ne peut se faire sans
répéchir à la finalité de la démarche? L?actuaire David
Dubois, Directeur du développement de RGA, a une
approche méthodologique du sujet : « Au préalable,
rappelons ce qu’est la quantification. Quantifier un
risque, c'est traduire une notion parfois abstraite dans
une unité de mesure (une probabilité, une quantité, un
chiffre) qu’on pourra mieux interpréter ou apprécier.
Toutefois, l'idée de la quantification ne réside pas
seulement dans le fait de résumer l’information dans
une certaine unité de mesure mais c’est aussi dans
la capacité à l'expliquer. C’est essayer de valoriser
un risque de perte au travers d'un indicateur qui
peut être un chiffre ou une fourchette. La quantification
aide à prendre conscience de la matérialité d'un risque
en termes de probabilité de survenance ou en termes de
conséquences, généralement monétaires en cas de réali-
sation. D'un risque ou des risques. Parce que l’on peut se
poser la question de la quantification des risques et l’on
doit alors prendre en compte les interactions entre ces
risques lors de la quantification ?? Patrick ?a#m consi-
dère aussi que « dire qu’un risque est quantifié par un
montant seul n’a pas de sens. Il faut évaluer le montant à
un niveau de probabilité donnée pour être valable ».
DE SOLIDES MÉTHODOLOGIES
Catherine Veret-Jost insiste également sur l’importance
de la méthodologie. « Lorsque l’on évoque la quantifica-
tion, il faut savoir si l’on parle de risques de fréquence ou
de gravité. Point fondamental, car on ne quantifie pas de
la même manière ces deux types de risques. Les risques de
fréquence, par définition, nous les connaissons. Récurrents
et pas trop importants, nous pouvons faire des études
statistiques dessus. Les risques de gravité, en revanche,
nous ne les connaissons pas tous. Impossible alors de se
contenter d’études statistiques car il n’y a pas assez de
données. Il convient donc d’élaborer des scénarios à partir
David Dubois,
Directeur du développement
de RGA
NORME ISO 31000
La norme IS@ tr{{{ intitulée ? Management
du risque ? Principes et lignes directrices » a pour
objectif de fournir un cadre et des lignes directrices
afin de gérer toute forme de risque. L’organisme
précise que cette norme « peut être utilisée par
toute sorte d’organisation sans distinction de taille,
d'activité ou de secteur ». Cependant, elle ne se
prête pas à des fins de certification. « Ce sont des
orientations utiles pour élaborer un dispositif global
prenant bien en compte les contextes internes et ex-
ternes de l’organisation, pour élaborer et réaliser des
programmes d'audit internes ou externes, ainsi que
pour évaluer les pratiques en matière de manage-
ment du risque en se basant sur un cadre standard ».
3ien que cette norme date de s{{z? elle reste en-
core assez peu usitée en France. L’étude présentée
lors des Rencontres de l’AMRAE montre que seules
37 ? des entreprises s?h réf!rent
« Lorsque l’on évoque
la quantification, il faut
savoir si l’on parle de risques de fréquence ou de gravité. »
Catherine Veret-Jost, Présidente du cabinet de conseil Cavejo
Lorsque l’on évoque
quantification,
Lorsque l’on évoque
laquantification,
Dubois, Directeur du développement de RGA, a une
approche méthodologique du sujet: «Au préalable,
rappelons ce qu’est la quantification. Quantifier un
risque, c'est traduire une notion parfois abstraite dans
une unité de mesure (une probabilité, une quantité, un
chiffre) qu’on pourra mieux interpréter ou apprécier.
Toutefois, l'idée de la quantification ne réside pas
seulement dans le fait de résumer l’information dans
une certaine unité de mesure mais c’est aussi dans
la capacité à l'expliquer. C’est essayer de valoriser
un risque de perte au travers d'un indicateur qui
Françoise Gaucher,
Risk Manager expert Groupe du Groupe La Poste
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 16
DOSSIER
LA QUANTIFICATION DES RISQUES
d’incidents et accidents antérieurs ou à partir de situations nouvelles,
en réfléchissant à ce qu'il pourrait arriver. De ces scénarios, nous allons
pouvoir tirer des analyses ». Et de mettre en garde sur les erreurs que peut
entrainer la mise en place de modèles inadaptés au type de risque : « Les
risques de gravité, et à fortiori les risques extrêmes qui forment la queue
de distribution de la quantification des risques, ne peuvent pas se mesurer
de la même manière. Il est fait une grosse erreur lorsqu’ils sont mesurés
avec des méthodes statistiques qui ressemblent fort à des lois de Gauss, qui
marchent bien uniquement pour des risques de fréquence.
BF2?E:7:6C? @F:? >2:D BF@: 6E 4@>>6?E ?
Autre élément indispensable avant d’entreprendre une telle démarche :
savoir quoi quantifier. « Le principe de la quantification, c'est trois
questions : qu'est-ce que je quantifie ? Qu'est-ce que je vais en faire ?
Comment vais-je le quantifier ? Ce dernier point signifie que j'ai pensé et
réfléchi à des processus décisionnels qui vont m’amener à arbitrer, entre
différentes actions ou différentes décisions, à un moment ou à un autre
du processus de quantification. Il y a une vraie chaîne dans le processus
décisionnel : qualifier, quantifier et décider ? précise David Dubois?
4ar la quantification n?est pas une action unique? isolée du reste? Au
contraire, elle peut conduire à des changements stratégiques. « Même
au début d’un programme de quantification, il faut se poser la question
de la matérialité. Parfois, le Risk Manager peut être amené à réviser sa
cartographie des risques au fur et à mesure du processus. Ainsi, on peut
s’apercevoir qu'un risque, qui paraissait être quelque chose à priori d'im-
portant, se révèle finalement avoir assez peu d'intérêt lorsque l’on remet
dans une perspective monétaire. Qualification et quantification fonc-
tionnent en même temps. Car mettre des chiffres en oubliant derrière leur
réalité, c'est un facteur de réduction » précise l’actuaire.
Si la quantification s?av!re nécessaire? chacun reconna&t que la
démarche n’est pas simple. « Pourquoi la quantification est-elle diffi-
cile ? Mais parce que les risques intéressants à quantifier, ce sont les
risques extrêmes. Si l’on travaille sur des risques courants, le métier
cherche systématiquement à les réduire. Il est alors difficile pour le Risk
Manager d'apporter de la valeur ajoutée. Pour les risques extrêmes, c'est
très différent : ceux qui sont dedans ne les voient pas toujours. Le Risk
Manager, avec son recul, peut apporter une valeur ajoutée avec la quanti-
fication ? explique Patrick ?a#m? De fait? l?une des difficultés méthodo-
logiques souvent remarquées est celle du dialogue qui doit s’instaurer
D64E6FC 32?BF6 6E 2DDFC2?46D? C:DBF6D @AC2E:@??6LD ? 5F BF2L:E2E:7 G6CD L6 BF2?E:E2E:7
?icolas Eotel est Responsable du Département Analhses Prospectives et Surveillance des Risques @pérationnels dans un groupe 3anque et Assurances? Pour lui? la quantification est essentielle et complémentaire à la démarche qualitative?
« La quantification sert à aider les métiers et le management à prendre des décisions de manière éclairée, en apportant des éléments factuels.
Pour les risques avérés, la quantification consiste à collecter les incidents et à mesurer leurs conséquences financières. L’objectif de cette
démarche est d'analyser leurs impacts sur l’atteinte des objectifs définis dans le cadre du plan stratégique et de prendre une décision quant à
leur traitement. Pour les risques d’intensité qui sont, par définition, extrêmement rares, il n’existe pas suffisamment d'incidents (voire aucun)
pour constituer un historique. La modélisation et la quantification de stress-tests permettent alors d’estimer une exposition aux risques en
prenant notamment en compte les spécificités de l’activité, tout en s'appuyant sur notre connaissance du passé et de la stratégie, les facteurs de
contrôle interne ainsi que l’environnement externe (la volatilité des marchés financiers par exemple). Au-delà de l’estimation des conséquences
financières, l’intérêt de cette démarche prospective est de pouvoir réunir des experts métiers afin de back-tester l’évaluation du risque qui avait
été réalisée à dire d’expert dans la cartographie des risques, de connaître nos propres limites en termes de modélisation et in fine de développer la
culture risque. Enfin, l’échange constructif avec les experts métiers est aussi une étape essentielle pour valider systématiquement les hypothèses
utilisées et les résultats obtenus, le tout en prenant garde de ne pas utiliser un jargon de spécialistes de la gestion des risques
« Le principe de la quantification,
c'est trois questions :
qu'est-ce que je quantifie ?
Qu'est-ce que je vais en faire ?
Comment vais- je le quantifier ? »
David Dubois, Directeur du développement de RGA
principe
c'est trois questions
« Le
c'est trois questions
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 17
DOSSIER
LA QUANTIFICATION DES RISQUES
entre les différentes parties prenantes. « Il faut garder des critères
simples, qui aient le même sens pour chacun. Poser des questions avec
des échelles communes en essayant de ne pas être subjectif. La quantifi-
cation est un petit bout de l’analyse de risque. On quantifie ce que l’on
choisit de voir ? note @livier Sorba? Autre difficulté pointée par Denis
Kandvliet : avoir des informations vraisemblables et fiables? ? Un expert
ou un sachant n’aime pas donner un chiffre tout de suite. Le manager
non plus. S’il donne un chiffre, il s’engage et si le chiffre n’est pas bon,
il peut se le voir reprocher. C’est pourquoi, il ne faut pas travailler en
valeur exacte. Il faut les faire parler en valeur floue, c’est à dire avec
un “best estimate” encadré par un minimum/maximum. Cela permet de
voir où se situe l’incertitude de l’estimation. Pendant le projet, il peut y
avoir émergence d’un risque plus ou moins avéré. Par exemple, un retard
dans la livraison peut se traduire par un certain montant de pénalités.
Les modèles de quantification alimentent la décision ».
Françoise Gaucher est Risk Manager expert Groupe du Groupe La
Poste. Pour elle, plusieurs éléments concourent à réaliser la quanti-
fication, dont notamment le retour d’expérience et l’enregistrement
systématique des incidents importants : « L’analyse post-mortem est
indispensable. La réflexion de la quantification est d’abord ancrée sur les
indicateurs existant. Il faut chercher les bases incidents, voir comment
on peut extraire les données et les faire qualifier par les responsables
des processus concernés (fiables, complètes…). Si l’on appréhende
une activité nouvelle ou un nouveau produit, il va falloir extrapoler et
voir ce qui peut être impacté. Le Risk Manager doit être embarqué dès le
départ et avoir tous les retours sur les risques importants survenus dans
des produits similaires ?? Patrick Leroh estime aussi pour sa part que
le Risk Manager ? doit s’appuyer sur les évènements déjà survenus en
interne – tirer tous les enseignements des RETEX – et également inter-
roger l’externe, à savoir toute la masse d'informations que possèdent les
courtiers, les assureurs et réassureurs ainsi que les consultants ».
2446AE6C L6D >2C86D 5?6CC6FC
Accompagnant les grandes entreprises? Gis!le Ducrot voit les difficultés
qu’ont certaines d’entre elles à mettre en place une approche quanti-
tative. Mais pour elle, il ne faut pas hésiter à franchir le pas : « Il faut
amorcer l’approche de quantification, en acceptant une marge d’erreur
sur certains risques. Le fait de mettre autour de la table les acteurs des
risques, Risk Manager, Responsables des Assurances, Direction de l’audit
« La quantification permet de mettre
tout le monde autour de la table sur
une base de lecture commune et
de donner à l’organisation les clés
de la gestion de ses risques. »
Gisèle Ducrot, Senior Manager chez EY
quantification
tout le monde autour de la table sur
« La
tout le monde autour de la table sur
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 18
DOSSIER
LA QUANTIFICATION DES RISQUES
et du contrôle interne, Direction Financière mais aussi et surtout Directions
Opérationnelles, permet d’intégrer les risques et opportunités dans la stra-
tégie de l’entreprise en augmentant et en structurant progressivement sa
connaissance et son suivi des expositions, d’autant plus que les données de
quantification existent dans l’entreprise, et que l’approche du benchmark
prend alors tout son sens ?? Pour @livier Sorba? la quantification ne doit
pas se faire uniquement dans le cadre de la cartographie des risques,
« mais aussi à l’occasion des grands arbitrages comme les fusions/acqui-
sitions. La diversification des risques est un exercice de quantification. Il
faut idéalement quantifier les différents scénarios possibles extrêmes
A6FE?@? E@FE BF2?E:7:6C ?
LE DÉBAT EST OUVERT
Erop souvent? certains Yustifient l?absence de quantification par un
manque de données, notamment concernant les risques émergents
comme le risque chber? Fn argument qui fait réagir les spécialistes? d?au-
tant que les outils existent aujourd’hui pour pallier ce manque. « Mais
pour quelles raisons ne pourrait-on pas quantifier les impacts de mise en
cause de responsabilités suite à divers faits générateurs, comme lors de la
quantification d’un risque industriel ? Certes, pour les risques dits émer-
gents, on a beau regarder dans un rétroviseur, il n'y a pas ou peu d’infor-
mations. Mais, il est possible de faire des approches par scénarios et de
faire appel aux réseaux bayésiens par exemple. Il faut étudier également
les interactions entre facteurs de risques, comme nous le faisons dans les
études de risques industriels ? souligne Patrick Leroh qui reconna&t que?
si elle est possible, cette approche est néanmoins pour le moment peu
employée. « Divers facteurs exogènes et une difficulté méthodologique ont
fait que la réflexion n’a pas été suffisamment poussée. On se contente alors
souvent d’une description plus ou moins fouillée de l'“objet de risques”
avec un gros point d’interrogation sur les montants en jeu des différents
impacts potentiels. Pour l' instant, les rapports extra-financiers ne sont pas
encore très exigeants sur ce point. Mais lorsqu'il sera demandé aux entre-
prises de préciser la nature et de quantifier les risques majeurs de volatilité
financière, ainsi que les mesures raisonnablement prises pour juguler les
différents impacts de cette volatilité financière, un saut de maturité sera
inévitable. Je pense qu’il faut se préparer à atteindre ce degré de maturité.
Le Directeur de l'audit interne doit aussi se préparer à atteindre cet objectif
s'il veut pleinement remplir son rôle ».
LE RISK MANAGER DOIT AVOIR L’INTELLIGENCE
DU FONCTIONNEMENT DU QUANTIFICATEUR
ET DE LA QUANTIFICATION
Mais même si les outils et les méthodologies existent, peut-on tout
quantifier ? Les avis divergent, non pas tellement sur le fond que sur
la forme? Ainsi pour Patrick Leroh ? tout ne peut pas être quantifié. Il y a
des combinaisons d'événements extrêmes ou des aléas imprévisibles. Les
impacts indirects ou irrationnels sont très difficilement chiffrables comme
des réactions de marché, les problèmes d'image etc. ?? David Dubois veut?
pour sa part, confronter les modèles sans nier les risques d’erreurs. « Je
pense possible de tout quantifier mais avec quelle crédibilité et quelle robus-
tesse ? Le problème, c'est la véracité du chiffre et sa justesse. Pour certains
phénomènes, il y a très peu de matière permettant de valider avec toute la
rigueur le chiffre que l’on va donner. Dès qu’il s’agit de phénomènes dont la
survenance est rare ou de phénomènes nouveaux pour lesquels il n’existe pas
d’historique, on se retrouve forcément avec une prise d'hypothèses impor-
tante pour tenter de chiffrer et la nécessité d’adopter une modélisation, a
priori pour combiner ces hypothèses. On peut alors introduire de nouveaux
risques tels le risque d’erreurs sur les hypothèses ou de mauvaise adéquation
de la modélisation choisie et amener à quantifier avec un modèle erroné. Il
est parfois préférable de communiquer une fourchette d’estimations plutôt
qu’un seul chiffre, même si les contraintes qui pèsent sur le quantificateur
sont de fournir un chiffre, comme une seule vérité. Pour lui, ce peut être une
véritable difficulté d’être capable de fournir un chiffre unique dans lequel
il croit, c’est-à-dire sa meilleure estimation, étant entendu qu’il a validé
ses hypothèses et son modèle. Dans ce contexte, le Risk Manager doit être
capable de comprendre comment le modèle de calcul a été mis en place,
quelles en sont les limites, de manière à ce que face au chiffre qu'on lui
présente, il puisse adopter une attitude critique
LES RISQUES EXTRÊMES RESTENT
UNE VRAIE PROBLÉMATIQUE
« Aujourd’hui, nous n’avons en général pas les bons modèles pour mesurer
tout ce qui est risque systémique et risques de gravité, dans les salles de
marché comme ailleurs. En fait, les modèles n'ont pas beaucoup changé,
même depuis la crise ! Il y a des réflexions, des approches de scénarios qui
commencent à surgir, on essaie de définir les risques systémiques, mais
nous n'avons pas encore des modèles éprouvés, ni communément admis
de mesure des risques extrêmes. Personnellement, je prône l’utilisation
des réseaux bayésiens pour quantifier ces risques en mélangeant quanti-
tatif et qualitatif, une fois les scénarios élaborés. Pour l'instant, ce type
d’approche a été mis en place dans certains établissements mais c'est loin
d'être généralisé. Et puis il y sans doute d'autres méthodes à imaginer »
énonce Catherine Veret-Jost.
« Nous les avons mesurés avec des méthodes statistiques qui ressemblent
fort à des lois de Gauss, qui marchent bien justement pour des risques de
fréquence. Aujourd’hui, nous n’avons pas les bons modèles pour mesurer
tout ce qui est risque systémique et risques de gravité, dans les salles de
marché comme ailleurs. Il y a des réflexions, des approches de scénarios
commencent à poindre. Nous essayons de définir les risques systémiques,
mais nous n'avons pas encore de modèles éprouvés, communément
admis de mesure des risques extrêmes. Personnellement, je prône les
réseaux bayésiens mis en place dans certains établissements mais loin
d'être généralisés. Et il y sans doute d'autres méthodes. »
LE RISK MANAGER EN PREMIÈRE LIGNE MAIS PAS SEUL
Pour Patrick Leroy, en tout cas, le rôle du Risk Manager est primor-
dial dans tout le processus de quantification : « Il doit pouvoir établir
une liste de facteurs de risques, élaborer avec les propriétaires de risques
« La quantification aide
à faire passer des messages
mais il n’est pas nécessaire
que la quantification soit
intégrée dans la responsabilité
du Risk Manager. »
David Dubois, Directeur du développement de RGA
quantification
à faire passer des messages
« La
à faire passer des messages
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 rz
DOSSIER
LA QUANTIFICATION DES RISQUES
les scénarios les plus probables comme les scénarios majorants. Ce qui
suppose une connaissance en profondeur de l'entreprise pour arriver
à bien poser la problématique de la quantification recherchée. Bien
formuler une question est déjà la résoudre à moitié ! Il doit aussi savoir
dans quels scénarios son entreprise doit se reconnaître. Enfin, il lui faut
des connaissances financières suffisantes pour apprécier les impacts
directs sur les chaînes de valeur de l'entreprise, leur traduction en perte
comme dans les comptes de résultat et dans le bilan ??
David Dubois met cependant en garde les Risk Managers à ne pas s’oc-
troyer le rôle qui n’est pas le leur dans la mise en place du processus.
? La quantification aide à faire passer des messages mais il n’est pas
nécessaire que la quantification soit intégrée dans la responsabilité du
Risk Manager. Il ne peut pas être juge et partie. Il lui faut vraiment cette
capacité à comprendre ce qui a été fait, à pouvoir discuter avec ceux
qui ont quantifié, à pouvoir challenger les modèles utilisés. Et critiquer
- dans le sens positif du terme - une quantification. Le Risk Manager
doit être un expert communiquant : il aide aussi ceux qui quantifient à
prendre conscience de ce qu’ils font, à ne pas oublier un élément impor-
tant ou bien encore à prendre le recul suffisant. De ce fait, cet échange
entre Risk Manager et quantificateur est vital
BF6LD 3?7:46D ?
Buant aux bénéfices d?une telle démarche? ils sont nombreux? à condi-
tion comme le rappelle Françoise Gaucher, de ne pas considérer que
c?est une fin en soi? ? C’est un éclairage complémentaire de la feuille
de route qui présente la trajectoire attendue de l’entreprise sous l’angle
financier et business. L’identification et la quantification des risques
donne de la visibilité supplémentaire aux hypothèses faites dans la valo-
risation de cette trajectoire, en mettant en exergue celles qui comportent
des incertitudes dont on ne pourra pas assurer la maîtrise ni même une
influence dessus (par le biais de lobbying par exemple…). La quanti-
fication doit montrer l’immédiat, mais aussi bien sûr le court terme et
le long terme. Elle aide à se doter d’éléments pour renforcer éventuel-
lement les dispositifs de maîtrise interne des risques (investissements
de sécurité, systèmes d’alerte dès qu’un seuil est atteint…). Mais il ne
faut pas demander l’impossible aux chiffres. Nous sommes tous atteint
de la maladie de l’“Excelité” (usage abusif des tableaux Excel). Or si les
résultats du tableur sont parfois rassurants, il faut les challenger avec
les experts et les sachants. Il est nécessaire de boucler les chiffres de la
quantification avec les dires d’expert
Gis!le Ducrot va pour sa part un peu plus loin? vohant la quantifica-
tion comme un facteur de cohésion au sein de l’entreprise dans un
contexte où le développement des entreprises est lié à l’exposition
à de nouveaux risques? qui sont également des opportunités? ? La
quantification permet de mettre tout le monde autour de la table sur
une base de lecture commune et de donner à l’organisation les clés
de la gestion de ses risques. Sur le risque cyber par exemple, le COMEX
intègre mieux les expositions liées aux développements stratégiques, la
direction financière a une vision réaliste de ses expositions, le DSI celle
de l'impact technique mais également de l'opérationnel et du finan-
cier d’une interruption du SI et peut ainsi prioriser ses investissements
de sécurisation, la RH que la non suppression des adresses email, lors-
qu’un collaborateur s’en va, peut engendrer une vulnérabilité. Surtout,
la quantification permet au Risk Manager, qui joue un rôle central
dans cette approche, de disposer de données factuelles afin d’aider
l’ensemble des directions dans l’anticipation et le pilotage des risques
et d’en optimiser le financement, en interne et vis-à-vis du marché de
l’assurance
DE LA QUANTIFICATION DES RISQUES
À LA MODÉLISATION DU DÉVELOPPEMENT
DE LA LONGÉVITÉ
Avant m"me d?"tre utilisée par les entreprises? la mesure
des risques est aussi un obYet de recherche? Stéphane Loisel?
professeur à l?ISFA ?Fniversité Lhon r? est porteur du proYet
LoLitA (Dynamic Population Models for Human Longevity with
Lifesthle AdYustments?? Fn programme sur u ans qui a pour
obYectif de proposer une modélisation du développement
incertain de la longévité humaine à long terme, ainsi que des
méthodes de gestion des risques associés à la longévité dans les
domaines des retraites, de l’assurance-vie et des risques santé
de long terme (dépendance).
L?un des suYets sur lesquels travaille l?équipe est l?accélération
de l?allongement de la durée de vie? Elle a obligé la mise à Your
des tables de mortalité et a des conséquences directes sur les
produits assurantiels. Avec cette question : comment détecter
un changement de tendance suffisamment t+t sans trop de
fausses alarmes ?
Pour Stéphane Loisel? le trait d?union entre son suYet de
recherche et la gestion des risques, c’est le problème de
détection de rupture? ? Les méthodes de détection de rupture
existent depuis longtemps car, dans la gestion des risques, une
entreprise doit être capable de détecter suffisamment vite un
changement qui peut menacer ses performances. Pour cela, elle
définit des KRI (Key Risk Indicators) et des KPI (Key performance
Indicators). Les KRI vont être complétés par les signaux faibles, qui
sont la plupart du temps qualitatifs, et qui vont provenir à la fois
de l'intérieur et de l’extérieur de l'entreprise. Cela va permettre
d’objectiver statistiquement une déviation, de déceler rapidement
la survenance d’une rupture sans trop de fausses alarmes. Le
plus difficile va être de combiner les aspects quantitatifs avec
les signaux faibles qualitatifs, en particulier pour les risques
stratégiques. C’est toute l'intelligence du Risk Manager et des
systèmes de gestion des risques de l'entreprise qui va permettre de
combiner l’ensemble de ces informations
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 20
DOSSIER
LA QUANTIFICATION DES RISQUES
Torre Diagonal Mar, Josep Pla 2, Planta 10, 08019 Barcelone, Espagne
*L’esprit domine le risque
Une filiale de HCC Insurance Holdings, Inc.
HCC Global Financial Products, S.L. – Société Unipersonnelle – ES B-61956629 – Registre du Commerce et des Sociétés de Barcelone, Tome 31639, Folio 159, Page B-196767. Agence
d’Assurances exclusive de HCC International Insurance Company PLC, enregistrée auprès de la Direction Générale des Assurances et Fonds de Pension Espagnole (Dirección General de
Seguros y Fondos de Pensiones) sur le Registre Spécial des intermédiaires en assurance, courtiers en réassurance et de leurs dirigeants, sous le numéro E0191B61956629.
HCC Global
Chez HCC Global, nous nous spécialisons dans
l’assurance de risques financiers, donnant à nos
clients la liberté de saisir les occasions avec
confiance, en leur ofrant un processus d’assurance
que nous appelons « Mind over risk »*.
hcc.com/global
QUELLES SONT LES CHANCES
d’éviter
les surprises ?
DA:C2L6 >5:2E:BF6 6E C:DBF6 5?:>286
O
rdres, contre-ordres, complexité des
tâches, exigence accrue de la part des
clients? obYectifs individuels ou collec-
tifs Yugés inatteignables??? Le burn?out?
syndrome d'épuisement professionnel,
et plus généralement les risques pshchosociaux ?RPS??
sont le quotidien de toutes les entreprises, les plus
importantes étant les plus médiatisées.
? Il ne se passe plus un jour sans que les médias ne
parlent d'un cas de suicide et ne dénoncent les consé-
quences funestes et dramatiques du travail ?? écrit
Sabine 3ataille? sociologue du travail
1
, qui souligne
que ? le burn-out démontre les dysfonctionnements dûs
aux conditions de travail et à la pression sur la charge de
travail imposées par la logique gestionnaire et actionna-
riale ?? Exc!s de fatigue? de nervosité? d?irritabilité???
Eroubles accrus du sommeil ou de la concentration???
Les salariés sont de plus en plus nombreux à attri-
buer ces signes cliniques au rythme effréné de leur vie
professionnelle.
? Un cabinet avance que 3,2 millions d'actifs fran-
çais seraient en risque élevé de burn-out ?? rappelle
Christophe Le Bars, DRH, actuellement en mission
au sein de l?ESEP Paris? 4hargé d?Enseignement en
R9 et Risk Management au sein de l?Fniversité Paris?
Dauphine et membre de la Commission Risques RH de
l?AMRAE? ? Personnellement, ces chiffres m'étonnent.
Affichés sans base méthodologique, ils sont hautement
sujets à contestation et ne sont pas étayés par une
approche pertinente ?? Buoi qu?il en soit? les entreprises
n?ont d?autre choix que de se pencher sur le suYet des
risques psychosociaux.
? Aujourd'hui, les organisations ne peuvent plus ignorer
l'impact de leur activité sur leurs collaborateurs. D'une
part, parce que la jurisprudence en droit social a évolué
et a rendu cette question plus concrète que jamais.
D'autre part, parce que les instances représentatives
du personnel disposent d'un pouvoir bloquant si elles
estiment que les risques humains n'ont pas été pris
en compte. On le voit par exemple lors des restructura-
tions : certaines ont été annulées ou repoussées car les
instances ont pu montrer que ces sujets n’avaient pas
été pris en compte en amont. Enfin, le risque d'image
est tel que les entreprises doivent s'emparer du sujet le
plus en amont possible, dès le stade de la confidentialité
des données ?? explique 3énédicte 9aubold? fondatrice
d'Artélie Conseil, cabinet spécialisé dans l'accompa-
gnement stratégique des directions des entreprises et
la prévention des risques humains.
CARTOGRAPHIER LES RISQUES
ET DÉTECTER LES SIGNAUX
? Le plus en amont possible ?? cela signifie que la
prévention reste l?un des meilleurs remparts aux RPS?
Pourtant? à l?heure actuelle? ? les entreprises sont
confrontées aux drames et aux tempêtes qui les heurtent
de plein fouet en même temps que leurs salariés ??
observe Sabine 3ataille? ? l?inverse? si l?organisation
adopte une démarche préventive, en appréhendant les
conditions de travail de manière globale et collective,
PRÉVENIR ET ASSURER
LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX
4ons quTncTs ST taansUoa\ations eou[uTs ou suQiTs? [Ts TntaTpaisTs sont Tn tTnsion pTa\anTntTs :
[Ts TUUTts sua [a sant ST [Tuas co[[aQoaatTuas appaaaissTnt au VaanS Youa? 6[[Ts nT pTueTnt p[us
iVnoaTa [?i\pact ST [Tua oaVanisation sua [Tuas sa[aai s? 4o\\Tnt? a[oas? sT pa \unia STs S soa\ais
Ua\Tux aisquTs psychosociaux ?
Christophe Le Bars, DRH,
Membre de la Commission
Risques RH de l'AMRAE
« Burn-out, harcèlement,
emprise, manipulation,sont
autant de risques humains
qui apparaissent désormais
dans les documents annuels
des entreprises du CAC 40. »
Christophe Le Bars, DRH, Membre de la Commission Risques RH de l'AMRAE
Burn-out, harcèlement,
emprise, manipulation,sont
Burn-out, harcèlement,
emprise, manipulation,sont
1
Sabine Bataille, « Se reconstruire après un burn-out. Les chemins de la résilience professionnelle », Deuxième édition, mars 2015, InterEditions.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015
23
DOSSIER
LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX
les principaux facteurs de risques peuvent "tre iden-
tifiés? ? Établir une cartographie des risques humains
permet d'anticiper les RPS, de prévenir plutôt que de
guérir, constate Christophe Le Bars. Burn-out, harcè-
lement, emprise, manipulation, sont autant de risques
humains qui apparaissent désormais dans les documents
annuels des entreprises du CAC 40 ??
La cartographie est l'une des premières marches. Mais
la veille doit "tre constante et aussi bien individuelle
que collective? ? Au niveau collectif, un audit permet de
déterminer les sous-populations à risque, pour identifier
les zones de fragilité et mettre en place des dispositifs
spécifiques, essentiellement en matière de management
et d'organisation du travail, indique Bénédicte Haubold.
Au niveau individuel, des signes cliniques peuvent être
repérés, mais tout l'enjeu reste de savoir à quel moment la
situation risque de basculer et de mettre en danger la vie
d'autrui ?? Dans le cas du co?pilote de la Germanfings?
oui, il aurait fallu l'interdire d'exercer. Mais dans
d'autres fonctions, un comportement névrosé ne risque
pas forcément de nuire à un tiers.
BF6LD 5:DA@D:E:7D ?
Eaux d?absentéisme? de rotation ?ou turn?over?? de
visites sur demande chez le Médecin du Eravail??? Voici
des indicateurs qui permettent d'évaluer le climat
social interne? Les enqu"tes et barom!tres réalisés
auprès des collaborateurs sont également des sources
d'informations précieuses. En allant sonder ses
équipes, sur le terrain, l'entreprise peut disposer de
données de première main. Cette démarche d'écoute
des collaborateurs a été menée chez l?ESS@R? acteur du
médico-social, un secteur qui (comme le transport de
voyageurs) est perçu comme particulièrement exposé
aux RPS? ? Nos employés nous ont fait part de leurs diffi-
cultés, des problématiques rencontrées au quotidien, des
évolutions de leur environnement de travail... Cela nous
a conduit à réfléchir à ces questions et à mettre en place
des dispositifs concrets, pour ne plus avoir à intervenir
à chaud ?? raconte Isabelle 3oher? DR9 de l?ESS@R?
4es dispositifs? quels sont?ils ? Fne politique orientée
vers les salariés les plus exposés, l'écoute des signaux
d'alarme, un diagnostic régulier de la situation, une
explication collective de la démarche, l'accompagne-
ment des collaborateurs, le décloisonnement et le
rapprochement des services...
Entre autres dispositifs? l?ESS@R mise notamment sur
la formation : ? En plus de sensibiliser et d'apporter un
éclairage global sur les RPS, ces programmes permettent
de fédérer diverses populations de l'entreprise, par
exemple les managers, les Responsables RH et les élus,
aussi bien les délégués du personnel que les membres du
CHSCT ?? souligne Isabelle 3oher? L?accompagnement
des managers doit effectivement "tre une priorité :
? Ceux-ci ne sont pas forcément en capacité d'aider des
individus qui se fragilisent de mois en mois, observe
Bénédicte Haubold. La sensibilisation et la formation
des managers de proximité est donc essentielle ??
Autre ? remède ? aux RPS? l?attention portée à la qualité
de vie au travail ?BVE?? ? Les risques psychosociaux pour-
raient être définis comme étant l'opposé, une altération,
de la qualité de vie au travail. L'accord national inter-
Bénédicte Haubold,
Fondatrice d'Artélie Conseil
« Ceux-ci ne sont pas
forcément en capacité d'aider
des individus qui se fragilisent
de mois en mois. »
Bénédicte Haubold, Fondatrice d'Artélie Conseil
Ceux-ci ne sont pas
forcément en capacité d'aider
Ceux-ci ne sont pas Ceux-ci ne sont pas
forcément en capacité d'aider forcément en capacité d'aider
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 24
DOSSIER
LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX
professionnel (ANI) du 19 juin 2013 sur l'amélioration
de la QVT et de l'égalité professionnelle consistait d'ail-
leurs en des négociations sur les conditions d'exercice du
travail ?? rappelle Aurélien 3oulanger? Avocat associé
au département droit social du cabinet Gide.
BF6LD :?E6CL@4FE6FCD ?
« Les risques humains ne peuvent plus être considérés
comme un sujet exclusivement RH, ils ne peuvent plus être
cantonnés aux RH. Il s'agit d'une problématique trans-
verse qui doit irriguer la stratégie, le management, l'or-
ganisation du travail, à tous les niveaux de l'entreprise »,
insiste 3énédicte 9aubold? L?interlocuteur ? idéal »
doit donc en premier lieu "tre la Direction Générale
qui doit être impliquée et doit véritablement porter les
proYets de prévention des RPS? La DR9 arrive ensuite en
support opérationnel. Et le Risk Manager intervient sur
son champ d'expertise, par exemple sur les notions de
cartographie. « Les RPS constituent un sujet sensible et
relativement nouveau, mais il s'agit d'un risque à part
entière. Il ne doit plus être perçu comme tabou ni être
le pré carré de la fonction RH, estime un Risk Manager
chevronné. Le Risk Manager a toute la légitimité pour
porter ce sujet au sein de l'organisation : en l'identi-
fiant, en le priorisant, en le positionnant et en contri-
buant à ce qu'il soit traité en interne, et pas seulement
externalisé auprès d'un consultant extérieur ».
« Les risques humains supposent la transversalité et la
médiation : c'est le sujet de tous, chacun y apportant
son expertise. Le Médecin du Travail, notamment, peut
être un acteur clé de la prévention », estime Christophe
Le Bars. Les partenaires sociaux font également partie
des interlocuteurs privilégiés. Syndicats, Comité
d?9hgi!ne et de Sécurité des 4onditions de Eravail
?49S4E?? Médecine et Inspection du Eravail? délégués
du personnel... Ce sont autant d'acteurs qui peuvent
intervenir dans la prévention? L?ESS@R? par exemple?
s'appuie sur l'expertise de ses différents partenaires.
« Au même titre que nous sollicitons nos partenaires
externes, nous impliquons chacun de nos collaborateurs.
Nous faisons en sorte qu'ils deviennent des contribu-
teurs de cette démarche, détaille Isabelle Boyer. Ce
sont des vecteurs de réussite pour ce type de démarche :
que la Direction Générale porte le projet et que tous les
employés y soient associés ».
Communiquer en interne et sensibiliser les équipes au
suYet des RPS permet de rendre visibles des situations
douloureuses. « Trop de collaborateurs en souffrance ont
tendance à passer sous silence ce qu'ils vivent. Pour une
bonne raison : c'est qu'ils craignent d'être stigmatisés,
voire ne pas être pris au sérieux, poursuit le Risk Manager.
Et, dans le même temps, des managers usent de pratiques
très limites, causant la détresse de leurs collaborateurs. En
cassant les silos au sein de l'organisation, en faisant des
risques humains un sujet transverse, on s'assure que le
moindre dysfonctionnement percera au grand jour
CADRE LÉGAL ET RESPONSABILITÉ
56 L?6?EC6AC:D6
« Les risques psychosociaux ne sont pas juridiquement
définis en tant que tels. Il faut s'en tenir aux disposi-
tions générales du Code du travail qui visent à protéger
la sécurité et la santé du salarié ?? indique Aurélien
Boulanger. Le seul cadre légal et social qui formalise
les RPS rel!ve de deux accords nationaux interprofes-
sionnels signés par les partenaires sociaux : l?A?I sur
le stress du s Yuillet s{{y et l?A?I sur le harc!lement
et la violence au travail du 26 mars 2010, deux textes
qui sont des transpositions d'accords européens. « Ces
notions cadres sur le stress, le harcèlement et la violence
au travail évoluent, et sont interprétées et définies au
cas par cas par la jurisprudence ?? rappelle David ;onin?
lui aussi Avocat associé au département droit social du
cabinet Gide.
4@?4CE6>6?E? 52?D L?6?EC6AC:D6 ? L?6I6>AL6 56 G6@L:2
7a S aic 8oTti? 5iaTctTua ST [a Aa eTntion Dant Tt D cuait Su 8aoupT GTo[ia? Txp[iquT co\\Tnt [T 8aoupT s?Tst T\paa
du sujet des risques psychosociaux.
Nous avons adopté une approche méthodologique qui nous permet d'identifier les facteurs susceptibles d'impacter les conditions
de vie au travail. Et nous nous appuyons sur différents outils. Par exemple, nous avons mis en place une structure, dite de conseil,
sous la forme d'un numéro vert externalisé (pour garantir anonymat et confidentialité) pour que se signalent ou soient signalés les
collaborateurs en difficulté. En outre, nous misons sur un système de communication efficace dès lors qu'intervient un changement d'organisation
susceptible de questionner les collaborateurs, pour expliquer le sens, les tenants et les aboutissants de toute réorganisation. Troisième dispositif
clé, et permanent : la formation des managers, pas seulement en one shot, régulièrement pour les aider à appréhender et à anticiper les risques
pyschosociaux, choses qui ne sont généralement pas acquises dans le cadre des cursus universitaires : « Comment aborder le sujet ? », « Comment en
parler ? »... Les managers sont en demande d'informations de ce type.
Corollaire de tous ces dispositifs, il faut mesurer le risque. Ainsi, chez Veolia, nous disposons d'indicateurs : nous réalisons une enquête sur les
facteurs des risques humains. Ce baromètre annuel nous permet d'avoir une certaine visibilité sur la perception qu'ont les collaborateurs des
choix que fait l'entreprise. Cela nous permet de réajuster, si nécessaire, notre communication, nos formations... Entre autres facteurs de risques
identifiés chez Veolia : l'autonomie. Si celle-ci peut être perçue comme confortable, elle peut aussi générer, à l'inverse, le sentiment d'isolement.
Idem dans les situations de télétravail : tout l'enjeu est de parvenir à un équilibre entre autonomie et collectif, pour maintenir le sentiment
d'appartenance à l'entreprise.
Isabelle Boyer,
DRH de l'ESSOR
Aurélien Boulanger,
Avocat associé au département droit social
du cabinet Gide.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 25
DOSSIER
LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX
Quelle est la responsabilité de l'entreprise et du diri-
geant face aux RPS ? Lors des situations les plus
dramatiques, par exemple dans le cas du suicide d'un
collaborateur? l?entreprise peut "tre poursuivie en
correctionnelle? S?il s?agit d?un incident causé par une
mauvaise gestion du stress, l'employeur peut répondre
de blessure? voire d?homicide involontaire? ? Les situa-
tions les plus fréquentes restent néanmoins les accidents
du travail et les salariés en maladie. Il s'agit là de risques
dont la majorité des coûts sont assurés et pris en charge
par l'Assurance Maladie ?? remarque David ;onin?
Dans sa démarche de prévention des RPS? l?emploheur
ne risque-t-il pas de trop s'immiscer dans la vie privée
de ses collaborateurs ? ? Une entreprise ne peut pas se
voir reprocher d'avoir favorisé la qualité de vie au travail.
En revanche, il arrive qu'un collaborateur qui vit une
situation personnelle compliquée allègue être en situa-
tion de harcèlement moral sur son lieu de travail : c'est
alors à la Médecine du Travail de faire le lien, ou pas,
entre la pathologie, le syndrome anxio-dépressif et le
travail ?? note Aurélien 3oulanger?
Dans le cadre de la prévention, si un collaborateur semble
présenter un risque, quelle est la limite aux actions de
l?emploheur ? ? Si l'employeur est débiteur d'une obligation
de résultats de sécurité à l'égard de ses salariés, celui-ci ne
peut pas diligenter une enquête préventive sur un salarié :
il ne peut pas d'autorité s'immiscer dans la vie privée de ce
dernier. Le rôle de l’employeur consistera surtout à prendre
toutes mesures utiles pour prévenir et éliminer le risque dans
le respect de la législation applicable. Dans ce contexte,
l’employeur devra être diligent et conserver toutes preuves
utiles des actions entreprises. La négociation et le dialogue
avec les représentants du personnel peuvent également,
dans certaines entreprises, permettre de limiter les RPS ??
souligne pour sa part David Jonin.
RÉGIMES ASSURANTIELS
Qui dit nouveau risque dit en général nouveau marché.
4ela ne semble pas "tre le cas avec les RPS et la prudence
reste de mise c+té assureurs? ? Le modèle économique
de leur prise en charge reste à définir. Nous ne dispo-
sons pas de chiffres assez fiables concernant le retour sur
investissement quant aux actions de prévention et si l’on
regarde ce qui devrait être couvert par une assurance
spécifique, le périmètre reste encore flou ?? note
Bertrand Guéguiniat, Responsable Marketing
de Gras Savohe 4orporate Life? ? Dans la carto-
graphie des risques psychosociaux, le sinistre
le plus fréquent et le plus concret reste sans
nul doute l'arrêt de travail qui est en partie
couvert par la complémentaire santé mais
également et surtout par l’employeur.
Ensuite, à l’occasion de moments de crise, comme par
exemple les cas de suicides, qui atteignent fortement
l'image de l'entreprise à l’extérieur et en interne, il s'agit
de risques qui pourraient être couverts, mais qui sont rare-
ment anticipés ?? précise?t?il?
Sur le suYet du burn?out? tr!s peu d?entreprises semblent
solliciter les assureurs? ? Une fois de plus, l'un des princi-
paux symptômes est l'arrêt de travail. Mais il est impossible
pour l'employeur d'avoir une vision globale sur les motifs et
les causes de l'arrêt de travail, pointe Bertrand Guéguiniat.
Dans le cas de burn-out, c'est le plus souvent la responsabi-
lité de l'entreprise qui peut être mise en jeu. Les couvertures
possibles relèvent alors des garanties Responsabilité Civile
ou de la Protection juridique. Gras Savoye propose des solu-
tions, mais nous ne sommes pas assez sollicités en amont,
dans une démarche préventive. C'est quand la crise survient
que les organisations deviennent sensibles au sujet. Il y a
encore souvent une sorte de réticence, comme si les entre-
prises estimaient que ça n'arrive qu'aux autres
Le business model assurantiel des RPS est donc loin
d?"tre stable? Et une question demeure : faut?il
proposer une ? assurance RPS ? ? De l?avis de
3ertrand Guéguiniat? ? si on l'assure, on monétise
le sujet. Je ne suis pas certain qu'il
faille aller dans ce sens et ainsi risquer
de tomber dans l'hyper-judiciarisa-
tion d’un sujet déjà très sensible,
au-delà même d’un risque d’anti
sélection non négligeable ??
David Jonin,
Avocat associé au
département droit social
du cabinet Gide.
Bertrand Guéguiniat,
Responsable Marketing de
Gras Savoye Corporate Life
Le livre blanc
La commission Risques RH de
l?AMRAE s?appr"te à publier son
premier livre blanc sur la gestion des risques RH.
Fn document nourri notamment par les résultats
de l?enqu"te qu?a menée la commission aupr!s
d’une trentaine de grandes entreprises.
Cette étude avait par exemple permis d'appréhender
l?intér"t des entreprises sur les méthodologies du
Risk Management appliqué au risque en Ressources
9umaines et d?identifier les motivations profondes
des organisations.
Le livre blanc, qui met en lumière différents retours
d'expérience, est articulé autour de trois grandes
parties :
? 4ontexte et obYet de l?étude ?
• Littérature et travaux sur les risques RH ;
• Maîtrise globale des risques RH à travers les
résultats de l?enqu"te?
Parution avant l'été.
r Débutant : Obligations réglementaires remplies
r Confirmé : Actions de prévention RPS engagées
r Expert : Politique Qualité de Vie au Travail initiée
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 26
DOSSIER
LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX
r Débutant : Obligations réglementaires remplies
r Confirmé : Actions de prévention RPS engagées
r Expert : Politique Qualité de Vie au Travail initiée
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sy >2: s{rv
Speed Member Meeting
AMRAE, Paris
Après le succès de la 1
ère
édition, l’AMRAE organise
une deuxième rencontre entre adhérents, destinée
à mettre des visages sur des noms et aller au-delà
du réseau virtuel pour créer de véritables liens.
4 JUIN 2015
;ouan T annuT[[T Su 42C> Paris Le Cercle des Associés en Risk Management consacre
cette année sa Yournée annuelle à la résilience?
z?rr ;F:? s{rv
Salon Préventica Parc des Expositions, Toulouse C’est la 28
ème
édition du congrès de la maîtrise globale du
risque sécurité, sûreté et environnement. Le thème cette année : la sécurité des personnes et des biens. Au menu :
120 conférences sur des thèmes aussi divers que les risques chimiques, les moyens techniques au travail, la sécurité électronique…
rr? ry 6E sv ;F:? s{rv
?oueT[[T sTssion 2C> vu? 2C> vv Tt 2C> vw Île-de-France La session 2015 de la formation diplômante ARM redémarre.
ry ;F:? s{rv
;ouan T STs 4o\\issions s{rv ST [?2>C26 Paris Premier aperçu du très attendu baromètre AMRAE 2015
(avec PwC), prévention en matière automobile, Risques RH, RSE et devoir de vigilance? assurances? 4hber?crises? P4A? allocations de primes, e-learning, supply chain : le menu de
la partie scientifique sera dense? Buant au cocktail AMRAE?
qui suivra? il sera bien s0r sous le soleil ?
25 JUIN 2015
6?[TaaninV 2>C26 L?AMRAE lance son premier e?learning ? Le th!me : l?opportunité pour un client ? chargeur ? de
souscrire ses propres garanties Eransport ou de s?en remettre aux garanties RC du transporteur. Ce nouveau format de conférences en ligne sera reproduit trois fois dans l’année. Inscriptions et infos : http:??amrae?fr?e?learning?amrae
x?z D6AE6>3C6 s{rv
4onU aTncT LonVTeity ISFA, Lyon L?ISFA ?Institut de Science Financi!re et d?Assurances? organise la conférence Longevity 11, consacrée à la longévité humaine et à ses impacts ?financiers? humains??? Plusieurs disciplines se croiseront : démographie, économie, sociologie,
actuariat, cancérologues, parlementaires…
27?t{ D6AE6>3C6 s{rv
4onU aTncT canaSiTnnT Su C:>D Quebec City, Canada A l?occasion du congr!s annuel des dix ? 4anadian
RIMS 4hapters ?? plus de r{{{ participants seront présents?
Le Club Francophone du Risk Management y tiendra
une réunion?conférence afin de poursuivre sa mission de coopération et d’échanges entre professionnels francophones de la gestion des risques. Après le Maghreb
et l?Amérique du ?ord ?
u?x @4E@3C6 s{rv
4onVa!s 76C>2 Palazzo del Cinema, Venise, Italie Près 1500 participants convergeront vers la cité des Doges, berceau de l’assurance en Europe, pour participer aux conférences et aux ateliers de travail.
AGENDA
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 28
À L’AFFICHE
Les EchosVendredi 29, samedi 30 mai 2015
FINANCE & MARCHES // 31
DAIKIN
Wim Vangeenberghe
accède à la vice -présidence
de Daikin France.
Wim Vangeenb erghe, quarante -
h u i t a n s , d i p l ô m é e n é c o n o m i e
appliquée de l’université de Lou-
vain (B elgique), est entré, en 1990,
à l a d i r e c t i o n e u r o p é e n n e d e
Daikin. D’abord responsable des
v e n t e s , i l a e n s u i t e p a r t i c i p é à
l’implantation de la filiale Daikin
au Royaume -Uni.
I l a é t é n o m m é r e s p o n s a b l e d e s
distributeurs de l’Europe du Sud
e n 1 9 9 5 , p u i s s a l e s p l a n n i n g
manager Daikin Europe en 1999.
A p a r t i r d e 2 0 0 2 , i l a a s s u m é
d i ve r s e s f o n c t i o n s a u s e i n d e l a
d i v i s i o n d e s v e n t e s j u s q u’à e n
prendre la direction.
GFI INFORMATIQUE
Sylvie Le Callonec-Helard
prend la direction juridique
du groupe Gfi Informatique.
Sylvie Le Callonec-Helard, trente-
neuf ans, est titulaire d’une maî-
t r i s e d e d r o i t d e s a f f a i r e s , d ’u n e
m a î t r i s e d e d r o i t s o c i a l e t d ’u n
DESS consommation et droit de la
propriété intellectuelle. Après des
débuts chez Novartis Seeds Europe
qu’elle rejoint en 2000, elle devient
j u r i s t e g é n é r a l i s t e e t c h a rg é e d e
m i s s i o n c h e z A i r L i q u i d e .
Entre 2002 et 2007, elle a exercé en
tant que juriste, chargée des con-
trats nationaux et internationaux
e t r e s p o n s a b l e c o r p o r a t e c h e z
Nu f a r m , p u i s a r e j o i n t , e n 2 0 0 7 ,
Manutan International dont elle
était directrice juridique.
LA BANQUE POSTALE
Michel Andignacprend la direction des risques
du pôle assurance
de La Banque Postale.
M i c h e l A n d i g n a c , c i n q u a n t e -
q u a t r e a n s , t i t u l a i r e d ’u n D E S S
a u d i t e t f i n a n c e s d e l ’u n i ve r s i t é
P a r i s D a u p h i n e e t d i p l ô m é d e
l’ESC To ulouse, a débuté sa car-
r i è r e e n 1 9 8 7 c o m m e a n a l y s t e
f i n a n c i e r p o u r C a p i t a l S y s t e m
Investissement. En 1989, il a inté-
gré le groupe Victoire (filiale de la
C o m p a g n i e d e S u e z ) , a v a n t
d ’e n t r e r , e n 1 9 9 5 , c h e z A v i v a
France en tant que directeur de la
consolidation et des comptabili-
t é s , p u i s d e d e v e n i r, e n 1 9 9 8 ,
d i r e c t e u r d u p i l o t a g e t e c h n i q u e
et op érationnel de la so ciété vie.
E n 2 0 0 1 , i l a r e j o i n t G e n e r a l i
France en qualité de directeur du
plan et du contrôle de gestion. En
2 0 0 5 , i l e s t n o m m é d i r e c t e u r
f i n a n c i e r, d e ve n a n t , à p a r t i r d e
2013, membre du comité exécutif,
c h a rg é d e s f i n a n c e m e n t s e t d e s
investissements.
,
Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
ENTREPRISES
VOYAGES-SNCF.COM
Benoît Bouffart
Alexis Lacour
Béatrice Tourvieille
Julien Nicolas
sont respectivement nommés
directeur stratégie et innovation,
directeur financier, directrice
marketing et à la tête de la
business unit Europe.
B enoît B ouffart, trente -cinq ans,
diplômé de Montpellier Business
S chool, est titulaire d’un MBA de
Te x a s A & M I n t e r n a t i o n a l U n i -
versit y (Etats-Unis). En 2003, il a
d é b u t é c h e z S o l u c o m , i n t e r v e -
nan t n otam me nt sur l e pi l o ta ge
de programmes digitaux. Il était,
p a r a i l l e u r s , r e s p o n s a b l e d e s
offres CRM, digital et innovation
pour le cabinet.
A l e x i s L a c o u r, t r e n t e - h u i t a n s ,
d i p l ô m é d e l ’u n i ve r s i t é d e Pa r i s
Dauphine, a débuté chez Arthur
Andersen. De 2003 à 2006, il était
c h a rg é d u p ô l e a d m i n i s t r a t i f e t
financier d’Euro RSCG Life, avant
d ’a c c o m p a g n e r, p e n d a n t c i n q
a n s , d e s f o n d s d ’ i nve s t i s s e m e n t
sur des op érations d’acquisition
et de cession chez Ernst & Young
T r a n s a c t i o n S e r v i c e s . D e p u i s
ILS SONT NÉS
UN 29 MAI
Marc Boré,président
de Rent A Car, 60 ans.
Jean-Louis Bruguière,
magistrat, 72 ans.
Sébastien Grosjean,
joueur de tennis, 37 ans.
Christophe Jeannest
de Gyvès,président
de CS Partners, 57 ans.
Catherine Lara,
chanteuse, 70 ans.
Jacques Rapoport,
président de SNCF Réseau
(ex-Réseau Ferré de France),
63 ans.
François de Singly,
sociologue, 67 ans.
Louis Velle,comédien,
89 ans.
Abdoulaye Wade,
ancien président du Sénégal,
89 ans.
PORTRAIT
parLaurent Thévenin
lthe venin@lesechos.fr
Brigitte
Bouquot,
caution des risk
managers
Une usine italienne détruite par le tremblement
de terre de L’Aquila et une mise en cause dans
le crash du vol Rio-Paris en tant que fabricant
des sondes Pitot avant la découverte des boîtes
noires...
Quand elle devient, en janvier 2010, directrice
des assurances et de la gestion des risques de
Thales, le métier est nouveau pour elle. Mais Bri-
gitte Bouquot est tout de suite plongée dans le vif
du sujet, ayant à s’occuper et à tirer les consé-
quences de ces deux gros sinistres subis par le
groupe d’électronique et de défense l’année pré-
cédente.« Le sujet du risk management a pris une
couleur différente chez nous avec ces dossiers »,
souligne Brigitte Bouquot qui, à cinquante-huit
ans, préside, en prime, depuis la semaine der-
nière, l’Association du management des risques
et des assurances de l’entreprise (Amrae). Une
structure dont elle s’était rapprochée sitôt sa
nomination comme « risk manager » de Thales
et dont elle était administratrice depuis 2012.
« C’est un métier qui demande à la fois une vue glo-
bale et une très grande technicité,explique-t-elle.
J’avais besoin de me mettre en réseau avec les
autres grands managers français pour ne pas res-
ter isolée et risquer de dépendre seulement de mes
c
ourtiers et de mes assureurs ».
Désormais, l’une des ambitions de celle qui
fut aussi, dès 2004 et pendant huit ans, adminis-
tratrice de l’association des anciens élèves et
diplômés de Polytechnique est de« faire recon-
naître le métier de risk manager et de l’ouvrir à
d’autres réseaux ».
Virage inattendu
« Plus matheuse qu’ingénieur »,cette X issue du
lycée Thiers à Marseille, auteure d’une thèse sur
l’économie des matières premières à l’Ecole des
Mines, avait pourtant débuté, en 1984, dans un
tout autre univers : elle a fait ses premiers pas à
la direction financière d’IBM France. En 1990,
elle se voit confier des responsabilités plus gran-
des, devenant directrice financière et secrétaire
générale de DE3I, une co -entreprise entre le
géant de l’informatique et Dassault Electroni-
que. Six ans plus tard, elle rejoindra Dassault
Electronique, en tant que secrétaire générale
adjointe, faisant« le choix délibéré de travailler
pour l’industrie française ». Vient alors la fusion
en 1999 avec Thomson-CSF, tout juste privatisé.
Pour Brigitte B ouquot, c’est l’o ccasion de se
retrouver au même poste mais« dans un groupe
dix fois plus grand et d’envergure internatio-
nale !»,qui deviendra Thales.
S e c o n d e d ’A l e x a n d r e d e Ju n i a c ( l ’a c t u e l
patron d’AirFrance-KLM), elle planchera sur la
c
réation d’une corporate gouvernance, mais
aussi sur la mise en place de processus de ges-
tion des risques ou encore sur l’adaptation des
fonctions à l’international, sur l’écriture d’un
code d’éthique...
Mais en 2004, sa carrière prend un virage
inattendu. Le secrétariat général est dissous et
Denis Ranque, alors PDG de Thales, lui suggère
de passer à des fonctions opérationnelles. Bri-
gitte Bouquot se retrouve directrice commer-
ciale des activités de systèmes d’information
critiques de Thales, a priori loin de ses domai-
nes de prédilection.« C’était une expérience
d u r e , m a i s t r è s e n r i c h i s s a n t e s u r l e p l a n
humain »,glisse cette mère de deux filles, à pro-
pos de ces années.
En 2009, elle est rappelée à des fonctions cen-
trales comme patronne de l’audit interne. Un
poste qu’elle occupera quelques mois avant de
rebondir à ses fonctions actuelles. Dans un con-
texte où les risques en entreprises vont grandis-
sant, le mandat de présidente de l’Amrae qui s’y
ajoute ne lui laissera guère le temps de se remet-
tre au dessin, sa passion.
n
Amrae
f r
IMERYS
Olivier Pirotte
intègre le comité exécutif
du groupe Imerys au poste
de directeur financier, à compter
du 1
erjuin.
Olivier Pirotte, quarante-huit ans,
diplômé de l’Ecole de commerce
S o l v a y d e l ’ U n i v e r s i t é l i b r e d e
Bruxelles (Belgique), est ingénieur
commercial. En 1989, il a débuté au
sein du cabinet Arthur Andersen à
d e s r e s p o n s a b i l i t é s d e d i r e c t i o n
pour les divisions de business con-
sulting et audit. En 1995, il a rejoint
le groupe Bruxelles Lambert, où il
a assumé les fonctions de directeur
des participations (2000-2012) et
de directeur financier (2012-2014).
D e p u i s d é b u t 2 0 1 5 , i l c o g é r a i t l e
portefeuille des investissements.
carnet
2011, il occupait le poste de chef de
mission de la direction de l’audit
et des risques, d’abord au sein du
g r o u p e S N C F, p u i s a u s e i n d e l a
branche SNCF Logistics.
B éatrice Tour vieille, trente -neuf
a n s , d i p l ô m é e d e H E C , a d é b u t é
en 1996 chez A.T. Kearney avant
de rejoindre S oft Computing. En
2006, elle a intégré Meetic, où elle
a œuvré comme directrice CRM,
p u i s c o m m e d i r e c t r i c e p r o d u i t
M e e t i c A f f i n i t y, ava n t d ’a s s u r e r,
en 2010, la direction marketing de
D e e z e r. D e p u i s 2 0 1 4 , e l l e é t a i t
directrice du marketing relation-
nel chez Canal+.
Ju l i e n N i c o l a s , t r e n t e - n e u f a n s ,
diplômé de l’ESC Pau, a débuté en
2001 au sein de TPS, participant
au lancement de ser vices interac-
t i f s s u r l a t é l é v i s i o n e t d u s i t e
I n t e r n e t . A p r è s a v o i r p i l o t é l a
c o m m u n i c a t i o n a b o n n é s c h e z
T P S e t l a m i s e e n p l a c e d ’o u t i l s
CRM et de gestion de campagnes,
il a intégré Voyages-sncf.com en
2005, comme chef de projet CRM.
Depuis 2008, il était directeur de
la relation client.
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme L indique la cotation d’un FCP. Classification des OPCVM : actions
françaises (AF ), actions de la zone EURO (AE ), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE ), obligations et autres titres de créances
internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS ».
LU012 2612764FRANK EUR GRWTH 15, 2 2705
LU0231205856FRANK INDIA 33,72 2705
LU0140363267FRANK MUT EUROPEAN 2 2 ,38 2705
LU0282761252FRANK MUT GLB DISCOV 13,05 2705
LU0300742037FRANK NATURAL RES 6,81 2705
LU0140363697FRANK TECHNOLOGY 9,12 2705
LU0139292113FRANK US EQUITY 21,07 2705
LU0260869903FRANK US OPP 23,82 2705
LU074412912 2TEMP AFRICA 10,47 2705
LU0316493666TEMP ASIAN GRWTH 32 ,8 2705
LU0592650245TEMP ASIAN SM CIES 20, 26 2705
LU0188151178TEMP CHINA USD 26,31 2705
LU012 2613903TEMP EAST EUROPE 18,82 2705
LU06892307 78ineàc’cp2ds. BONDS A EUR 1
39,94 2805
LU0928190510ineàc’cp2dsà52dvfcu15 tfvc 117,88 2805
LU0187024954ineàc’cro fn cr.cM 0 c 199,37 2805
LU0800193780ineàc’crocu15crieuciéj tfvc105,91 2805
LU1008513852ineàc’crocu125 1cL2ptf tfvc105,06 2805
LU0787970960ineàc’cro f0 nd crtec 29,31 2805
LU0636969866ineàc’cro f8nff fiqinv c 322 ,36 2805
LU1008513340ineàc’cu15cro anuacndp tfvc107,56 2805
LU0862027272ineàc’cu15 anuacl1v 5vf tfvc111,84 2805
LU0963986202ineàc’cu15 fje j 52dv tfvc 107,68 2805
PICTET & CIE
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LU0390138195TEMP FRONTIER MKTS 16,99 2705
LU02942 20107TEMP GLB BOND 20,95 2705
LU02942 21253TEMP GLB TOT RET 19,53 2705
LU009404007 7TEMP LATIN AM USD 27,93 2705
LU0301152442ÖKOWORLD KLIMA EUR 59,11 2805
LU0061928585ÖKOWORLD ÖKOVIS.CL . EUR 153, 23 2805
LU01553033230npjrj’ fn dcroàcM 0 d 216,37 2805
LU00906892990npjrj’5n2jrpa 825,45 2805
LU02804306600npjrj’ p1r dcrdreulc 91,98 2805
LU01307288420npjrj’r fjredcrte20rc 32 2 ,45 2805
LU02557981090npjrj’rireu 1p vr5j 158,97 2805
VAL . UNIT DATE DERNIER
DÉSIGNATION HORS FRAIS DE LA DIVIDENDE NET
CODE ISIN DES VALEURS EN EUROS** VALOR. EN EUROS**
MONT. DATE
VAL . UNIT DATE DERNIER
DÉSIGNATION HORS FRAIS DE LA DIVIDENDE NET
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MONT. DATE
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MONT. DATE
CLASSIFICATION
CLASSIFICATION
CLASSIFICATION
FR0010106450OPTIGEST MONDE DI 193,06 2705
FR0010236760OPTIGEST EUROPE 130,43 2705
LU01307292200npjrj’rireunduciéjf 535, 21 2805
LU01284902800npjrj’rte 52dvf 530,12 2805
LU01284708450npjrj’rte p2e0àc52dvf 190,46 2805
LU01671583270npjrj’rte fijc52dvf 134,07 2805
LU01307319860npjrj’rte20r dcroàcfr1 à 644,57 2805
LU01445097170npjrj’rte20r dcftfjàcroà 248,58 2805
LU01284675440npjrj’ u125 1crireuàvr5j 333,38 2805
LU01684496910npjrj’ uer jrecpand 500,36 2805
LU01885012570npjrj’ar 1ja 282 ,54 2805
LU00709645300npjrj’ndvn dcroà 433,15 2805
LU01769005110npjrj’M 0 drfrcroàcfr1 à 15208,57 2805
LU02568461390npjrj’frptenjlc 195,16 2805
LU01307323640npjrj’fi 11cp 0crteà 1062 ,48 2805
LU02568401080npjrj’tfcroàcfr1 186,31 2805
LU01048848600npjrj’8 jre 261, 24 2805
LU0158903558AKTIEN DEUTSCHLAND ELM 273,69 2805
PanoramaLes « risk managers » au milieu du gué
// P. 32
ZoomQuatre risques majeurs passés à la loupe
// P. 33
AssuranceStabilité tarifaire sur les grands risques
// P. 34
Q
uasiment inexistante il y a
une vingtaine d’années, la
profession de « risk mana-
g e r » a g a g n é s e s l e t t r e s d e
n o b l e s s e . L a q u a s i - t o t a l i t é d e s
g r a n d s g r o u p e s e t u n n o m b r e
c r o i s s a n t d ’ E T I a f f i c h e n t
aujourd’hui un « directeur des ris-
ques », dont la fonction a souvent
é vo l u é d e s a s s u r a n c e s ve r s u n e
gestion plus globale des risques,
dite « ERM » – p our « Entreprise
Risk Management ».
Après les projets, la philosophie
et la pratique du management des
risques se sont progressivement
étendues à la gestion quotidienne
de l’entreprise.« L’é volution a été
notamment favorisée par les obliga-
t i o n s ré g l e m e n t a i re s » ,e x p l i q u e
Gilb ert Canameras, président de
l ’A m r a e , l ’A s s o c i a t i o n p o u r l e
m a n a g e m e n t d e s r i s q u e s e t d e s
a s s u r a n c e s d e l ’e n t r e p r i s e . M a i s
aussi par la demande des contre-
p a r t i e s – b a n q u e s , a s s u r a n c e s ,
c l i e n t s o u f o u r n i s s e u r s – , e t d e s
a d m i n i s t r a t e u r s i n d é p e n d a n t s .
Pourtant, la bataille du risque n’est
pas encore gagnée. Analysant les
« nouveaux risques » susceptibles
d’avoir un fort effet financier sur
l e s c o m p t e s d e s e n t r e p r i s e s a u
cours des prochaines années (lire
g r a p h i q u e c i - c o n t r e) , l ’a s s u r e u r
Ace a ainsi constaté qu’ils étaient
« difficiles à gérer »en raison, dans
plus de la moitié des cas, d’un man-
que d’implication de la direction
g é n é r a l e .« L e m a n a g e m e n t d e s
e n t re p r i s e s n ’ a c c o rd e p a s e n c o re
une place suffisante à la gestion des
r i s q u e s . E n c o n s é q u e n c e , l e s
m o y e n s s o n t e n c o re i n s u f f i s a n t s ,
t a n t e n t e r m e s d ’ h o m m e s , q u e
d ’ i n v e s t i s s e m e n t s e n o u t i l s , o u
encore, dans une moindre mesure,
lorsqu’il s’agit de solutions d’assu-
rances »,estime Nadia Coté, direc-
trice générale de Ace en France.
« L e s d i r e c t i o n s g é n é r a l e s o n t
e n c o re d u m a l , p a r f o i s , à é c o u t e r
l e u r s r e s p o n s a b l e s d u r i s q u e » ,
confirme Her vé Houdard, direc-
teur général du courtier Siaci Saint
H o n o r e . Po u r q u o i d o n c ? P a r c e
q u’a v a n t d e g é r e r u n r i s q u e , l a
direction générale doit l’identifier
et l’accepter.
Le p oint de basculement
a été atteint
Et en matière d’appétence au ris-
que, on peut dire que la dernière
d é c e n n i e a c o n n u d e s h a u t s … e t
des bas. Après une ère de grandes
fusions et de mégaprojets, pas for-
c é m e n t m e s u r é s , b e a u c o u p
d ’e n t r e p r i s e s e t d e c a d r e s d i r i -
g e a n t s o n t b a s c u l é a u c o u r s d e s
a n n é e s 2 0 0 0 d a n s l e « z é r o r i s -
q u e » .« A p r è s E n r o n , A r t h u r
Andersen et surtout Lehmann Bro-
thers, plus personne n’osait penser,
o u p a r l e r “ r i s q u e ” . L a p e r t e d e
confiance a été telle que toute action
est devenue impossible : il n’y avait
plus la moindre prise de risque »,se
souvient Gilb ert Canameras. Du
principe de précaution à… l’inhibi-
t i o n , l a f r o n t i è r e e s t p a r f o i s
bien mince.
S e rendre indisp ensable
A tel point que le mot « risque » est
p a r f o i s d e v e n u t a b o u a u x p l u s
hauts niveaux.« Le risque est une
évidence dans les PME et même les
E T I ,e s t i m e B é n é d i c t e H u o t d e
L u z e , d é l é g u é e g é n é r a l e d e
l’Amrae et pilote du comité scienti-
fique de l’association.Mais dans les
grandes structures, la dilution des
responsabilités est parfois telle que
plus personne ne se voit en entrepre-
neur, au point de perdre le sens de la
prise de risques. »Ce n’est finale-
ment que depuis peu que le mot et
l e s e n s d u « r i s q u e » s e m b l e n t
revenus dans la bouche des grands
patrons. En avril dernier, Geoffroy
Roux de Bézieux prônait officielle-
ment une« culture du risque »lors
d e s a c a m p a g n e p o u r l a p r é s i -
d e n c e d u M e d e f , a f f i r m a n t s u r
Radio Classique que« c’est par le
risque que l’on peut sortir la France
de la crise ».« Craindre le risque,
c’est sortir du monde »,osait aussi,
en juin, Henri de Castries, PDG du
groupe AXA, dans une inter view
au « Figaro ».« C’est le retour à la
p r i s e d e r i s q u e s … c o n t r ô l é e » ,
e s t i m e G i l b e r t C a n a m e r a s .« L a
l o g i q u e a é v o l u é : l e s c o m i t é s d e
direction veulent prendre les bons
risques, même ceux qui relèvent de
la zone rouge, mais en connaissance
de cause. Les ETI à forte croissance,
e n p a r t i c u l i e r, ve u l e n t c o n t i n u e r
d’accélérer, mais en toute sécurité »,
confirme Gilles Proust, président
PANORAMA //
La gestion du risque s’intensifie dans les
entreprises. Zoom à l’occasion des rencontres de l’Amrae.
Les « risk
managers »
au milieu du gué
C’est une véritable bombe à retar-
dement qui a été lancée en septem-
bre dans le monde du management
des risques : le rapp ort « Pour la
réparation du préjudice écologi-
que », rédigé par le professeur Yves
Jégouzo, à la demande de Chris-
tiane Taubira. Si certains profes-
sionnels jouent l’autruche, affir-
m a n t q u e« j a m a i s l e s m e s u r e s
préconisées ne pourraient être mises
e n œ u v re » ,l e s r e s p o n s a b l e s d e
l’Amrae s’avouent très inquiets.« Il
s’agit d’un projet auquel la ministre
de la Justice semble beaucoup tenir.
C’est pour elle une question de prin-
cipe »,estime Nathalie Clerc, prési-
dente de la commission environne-
ment de l’Amrae, et qui a conduit le
groupe de travail de l’association
s u r l e s u j e t . C o m m e l e M e d e f, l a
FFSA et l’Afep, l’Amrae s’est officiel-
lement insurgée contre une grande
partie des 10 mesures prop osées
d a n s l e r a p p o r t .« P l u t ô t q u e
d’empiler les textes, mieux vaudrait
a m é l i o r e r l a l o i L R E » ,r é s u m e
Nathalie Clerc. Le rapport Jégouzo
conduirait tout d’abord à la mise en
p l a c e r e g r e t t a b l e d ’u n e n o u ve l l e
c o u c h e j u r i d i q u e .« L a vo i e j u d i -
ciaire va entraîner un rallongement
considérable des procédures et retar-
der la mise en place des solutions, au
détriment de la réparation du dom-
m a g e à l ’ e n v i r o n n e m e n t » ,j u g e
Nathalie Clerc. Surtout, les mesu-
r e s p r é c o n i s é e s p l a c e r a i e n t l e s
entreprises en grande insécurité,
juridique et financière.
Risque de la multiplicité
des actions judiciaires
En effet, la définition du rapp ort
Jé g o u z o d u « p r é j u d i c e é c o l o g i -
que » n’est pas identique à celle de
« d o m m a g e e nv i r o n n e m e n t a l » ,
é vo q u é e d a n s l e s t ex t e s a c t u e l s .
« L e s “ré p a ra t i o n s ” re q u i s e s r i s -
quent donc d’être différentes de celles
existant déjà par ailleurs,indique
Nathalie Clerc.En outre, comment
faut-il apprécier la notion d’atteinte
“anormale” à l’environnement : c’est
très subjectif. »Sans compter que
les entreprises pourraient se voir
c o n f r o n t é e s à u n e m u l t i p l i c i t é
d’actions judiciaires, déconnectées
les unes des autres, et lancées par
d e s a s s o c i a t i o n s o u c o l l e c t i v i t é s
diverses.
E n f i n , s i l e s p r o p o s i t i o n s s o n t
reprises en l’état dans un éventuel
texte de loi, le risque financier est
considérable. Tout d’abord parce
que le rapport envisage une répara-
tion des dommages « prioritaire-
m e n t » e n n a t u r e . E n c l a i r, s i l e s
m e s u r e s e n n a t u r e s e r é v è l e n t
imp ossibles (ou insuffisantes ou
inefficaces), le juge pourra allouer
également des dommages et inté-
rêts.« Cela signifie qu’une entreprise
qui aura mis en œuvre des mesures
très onéreuses pour réparer un dom-
m a g e e n v i r o n n e m e n t a l r i s q u e ,
ensuite, de se voir aussi réclamer des
compensations financières. C’est la
double peine ! »s’insurge Nathalie
Clerc. Enfin, et c’est la cerise sur le
g â t e a u , l e r a p p o r t p r é c o n i s e l a
m i s e e n p l a c e d ’ u n e « a m e n d e
civile » qui pourrait atteindre 10 %
du chiffre d’affaires mondial hors
taxes du group e condamné : une
v é r i t a b l e é p é e d e D a m o c l è s .
« L’amende s’appliquerait en cas de
“faute grave et intentionnelle”, mais
cette notion est très subjective : au
titre des paramètres à prendre en
compte, la “volonté de réaliser des
économies” est explicitement citée »,
dénonce Nathalie Clerc.
Au t a n t d i r e q u e r e s p o n s a b l e s
des risques et assureurs s’avouent
actuellement très attentifs à l’éven-
t u e l l e r e p r i s e d e s p r o p o s i t i o n s
dans un texte de loi.« Il faudrait
alors très rapidement faire évoluer
les polices d’assurance »,estime un
professionnel. —C. De
Sous la menace de la réparation des risques écologiques…
Un rapp ort préconise la
prise en compte du risque
écologique dans le Co de
civil. Il prévoit notamment
qu’une multiplicité
d’acteurs puisse engager
des pro cédures.
Forum
à Deauville
Aujourd’hui s’ouvrent à
Deauville les 22
esRencon-
tres de l’Asso ciation p our
le management des ris-
ques et des assurances de
l’entreprise. Cette asso cia-
tion a choisi p our son ren-
dez-vous 2014 de se p en-
cher sur l’international et
sur les problématiques du
« Risk Management sans
frontière ».
Arsenal
juridique
Le droit français
contient déjà de nom-
breux textes p ermet-
tant la protection et la
réparation de l’envi-
ronnement.« La plus
connue est la loi dite
“LRE” sur la responsabi-
lité environnementale,
de 2008, qui a transposé
une directive européen-
ne de 2004. Elle prévoit
la réparation intégrale
des dommages, en natu-
re, sous le contrôle
unique du Préfet, ce qui
permet une grande effi-
cacité du suivi technique
des dossiers »,explique
Nathalie Clerc. En com-
plément, d’autres
textes, plus sp écifiques,
s’appliquent aux sec-
teurs du nucléaire,
du transp ort, etc.
e t c o f o n d a t e u r d ’A r e n g i , u n e
s o c i é t é i n d é p e n d a n t e d e c o n s e i l
en gestion des risques. On aurait
a u j o u r d ’ h u i a t t e i n t u n p o i n t d e
basculement.« L’environnement
économique est déjà tellement com-
pliqué actuellement, les dirigeants
savent qu’ils ne peuvent pas se per-
mettre un sinistre. S’il faut prendre
des risques pour croître, il est impé-
ratif de les contrôler très attentive-
ment… »estime Her vé Houdard.
Reste au directeur des risques à
s e r e n d r e i n d i s p e n s a b l e d a n s
cette nouvelle donne.« Il nous faut
encore faire comprendre aux direc-
tions générales et à nos pairs ce que
nous pouvons apporter, concrète-
ment : une prise de risque mesurée
e t c o n t rô l é e . E n t e r m e s d e re c o n -
n a i s s a n c e , l a p ro fe s s i o n d e “r i s k
manager” a une dizaine d’années
de retard par rapport, par exemple,
aux trésoriers d’entreprise,recon-
n a î t G i l b e r t C a n a m e r a s , q u i
ajoute en boutade.C’est un métier
jeune… et donc plein d’avenir. »
—Cécile Desjardins
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MANAGEMENT
DES RISQUES
JEUDI 6 FÉVRIER 2014 //LESECHOS.FR
5
La Lettre de L’Expansion
LLundi 18 mai 2015
Ln° 2229
eLE SERVICE DE LÉGISLATION
fiscale
se penche sur certains fonds d’investissement
de proximité qui incluent des hôtels et des
Ehpad à construire. Outre qu’ils capteraient
plus de la moitié de cette classe d’actifs, ils
sont soupçonnés de détournement de la loi,
puisque l’avantage fiscal qui y est attaché
exclut tout financement immobilier. Or ces
véhicules transfèrent d’abord l’exploitation
des immeubles avant de leur revendre les
murs quelques années plus tard.
ePHILIPPE DURON,
député PS du Calva-
dos, président de l’Agence de financement
des infrastructures de transport de France,
recommande au gouvernement de procéder
à une nouvelle hausse de la TICPE pour aug-
menter les recettes de l’agence.
eLA CANDIDATURE
de Claude Bartolone
aux régionales en Ile-de-France donne de nou-
veaux arguments à ceux, à l’UMP comme à
l’UDI, qui plaident pour une liste unique UMP-
UDI dès le premier tour et donc au retrait de
la liste Jouanno. Ceux-ci estiment que l’op-
position n’a pas intérêt à se morceler dans le
propre fief de Bartolone, la Seine-Saint-Denis,
où elle est restée minoritaire aux départ
e-
mentales, avec une forte composante UDI.
eLE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR
est
soumis à rude épreuve quant à la nouvelle
carte de France des préfets suite à la réforme
régionale. Aucune femme ne figure parmi les
se p t p r é fets p r é f i g u ra te u rs d es g ra n d es
régions. Par ailleurs, le gouvernement cherche
à exfiltrer certains préfets des régions qui
vont disparaître, via des nominations à la tête
d’organismes ou dans l’administration centrale.
eLE CNC
recherche un directeur de la com-
munication. Le titulaire du poste depuis un
an, Julien Ezanno, devrait rejoindre la direction
des affaires internationales et européennes.
eI N ST I T U T AS P E N F RA N C E
co n n a î t
quelques remous avec le changement de sa
gouvernance, consécutif notamment à des dif-
férences d’appréciation sur le degré d’autonomie
de l’organisation par rapport à Aspen Etats-
Unis qui délivre son label. Plusieurs groupes
mécènes, anciens ou recrutés par le président
sortant, se sont désistés tels Allen & Overy,
Semmaris ou encore FTI Consulting. Par ailleurs,
Anne-Sophie Bordry quitte le directoire présidé
par Nicolas Tenzer. La secrétaire générale Béren-
gère Banquey serait aussi sur le départ.
eJEAN-LUC MARTINEZ,
président du Lou-
vre, suscite en interne des critiques sur sa stratégie
consistant à seulement mettre en valeur les col-
lections du musée et à réduire le nombre d’ex-
positions. Cette stratégie de repli pourrait aboutir
à un décrochage de l’établissement par rapport
aux autres grands musées internationaux.
eL’ASSOCIATION
pour le management des
risques et des assurances de l’entreprise
change de tête. Elle sera présidée par Brigitte
Bouquot, directrice des assurances et de la
gestion des risques chez Thales.
eLES DÉPUTÉS PS
ont débuté un cycle
pour leurs Rencontres du mercredi, consacré
au thème des inégalités. Celles-ci accueilleront
Laurent Davezies, professeur au Cnam. Par
ailleurs, Michel Winock interviendra ce mercredi
sur sa biographie de François Mitterrand.
eFRÉDÉRIQUE BREDIN
a rencontré Jerry
Ye, le dirigeant de Wanda, un des plus grands
groupes chinois dans le domaine du cinéma,
le week-end dernier à Cannes. Objectif : le
co nva i n c re d e favo r i se r l es co p ro d u c t i o n s
avec la France et de mieux accueillir les films
françai
s dans les salles chinoises.
eGÉRARD LARCHER,
président du Sénat,
a prévu prochainement des déplacements
dans les pays du Maghreb, à commencer
par l’Algérie et le Maroc.
eLE SYNDICAT NATIONAL
des pilotes
de ligne vient de voter un budget en vue de
financer une étude sur les aides illégales dont
bénéficieraient les compagnies aériennes du
golfe Arabo-Persique. Ce travail serait un pen-
dan
t de l’étude Fair Sky commanditée par
leurs homologues américains.
REMANIEMENT
: LE MÉCANO DE
FRANÇOIS
HOLLANDE
eLe chef de l’Etat prévoit de nommer avant l’été un successeur à Geneviève Fioraso,
parmi une vingtaine de candidats. Puis, il procédera en janvier, après la mise en place
des exécutifs régionaux, à des remplacements qui mèneront, sauf accident, le gouver-
nement jusqu’en 2017. Il a convaincu Jean-Yves Le Drian de se consacrer au maintien
de la Bretagne dans le giron du PS et compte aujourd’hui nommer le f idèle Stéphane
Le Foll à la tête du ministère de la Défense. François Rebsamen a fait savoir qu’il était
intéressé, comme Bruno Le Roux. Pour remplacer Laurent Fabius, prévu pour la pré-
sidence du Conseil constitutionnel, Hollande a proposé le poste à Bernard Cazeneuve
(avec le projet de nommer Jean-Jacques Ur voas à l’Intérieur), mais le ministre ne veut
quitter Beauvau que pour Matignon. L’autre option serait de nommer Elisabeth Guigou,
présidente de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée.
L
ONF :
CONTRAT D
’OBJECTIFS CALÉ À LA RENTRÉE
eJean-Yves Caullet, président de l’Off ice national des forêts, estime que les axes du
contrat 2016-2020 Etat-ONF-Communes forestières seront dégagés pour la rentrée.
Concernant les personnels, un rééquilibrage est pr évu entre catégories d’âge af in
d’assurer le renouvellement des générations (contrats aidés…). Quant à la part des fonc-
tionnaires, actuellement des deux tiers, elle devrait continuer à baisser avec l’objectif
d’approcher la moitié. Par ailleurs, l’établissement public réf léchit à de nouvelles
recettes, avec l’aménagement de parkings payants dans certaines forêts domaniales, à
l’instar d’une expérience de ce type en Corse. D’ici à juin, le gouvernement devra
trancher un point : promouvoir Olivier Soulères, DG par intérim, comme DG à part
entière ou lui nommer un successeur qui portera la signature du contrat 2016-2020.
L
AU TOMOBILE
: LECNPA
EN POINTE SUR LA MOBILITÉ
eParallèlement à la réforme de ses statuts qui conf irmera sa réorganisation autour
de deux piliers – territorial et métiers –, le Conseil national des professions de
l’automobile, présidé par Francis Bartholomé, prépare pour f in 2015 des propo-
sitions qui feront l’objet d’un livre blanc. Objectif : formuler à l’intention du
Conseil stratégique de f ilière présidé par Emmanuel Macron une stratégie pour
l’aval de la f ilière. Parmi les sujets à l’étude : mobilité des parcs de voitures et des
automobiles connectées, maillage des voitures à hydrogène… Un premier point
d’étape sera fait en juillet avec Bercy. Francis Bartholomé a mis en place une com-
mission prospective coordonnée par Jean-Louis Pech. Laquelle a débauché quelques
pointures de groupes (Michelin…) comme Thierr y Faugeras et Ariel Cabanes.
L
AFFAIRES PUBLIQUES
L U N D I 3 0 M A R S 2 0 1 5
É
CONOMI
E
AU CŒUR DE L’EMPLOI
Dossier
spécial
techniciens
et ingénieurs
Pages 20 à 26
5 PAGES
D’OFFRES
D’EMPLOI
Pages 27 à 31
COMMISSION PARITAIRE N° 0120 C 85979
N E P E U T Ê T R E V E N D U S É P A R É M E N T
Unenouvelle
révolution
industrielle
(LP/Floriane Louison .)
INVITÉ DE LA SEMAINE
J
ACQUES
A
SCHENBROICH
D irecteurgénéralde Valeo
Page 4
(LP/Pablo Porlan.)
MÉDIAS
Skoda nouveau
sponsor
du Tour de France
Page 5
FACE A FACE
Bruneau / Lyreco
Pages 8 et 9CAP SUR LA CROISSANCE
L’Accélérateur
de PME, un coach
pour grandir
Page 12
TECHNO-INFORMATIQUE
L’e-évaluation
se développe
Page 16
ARGENT
Créer un
groupement
d’entreprises
Pages 18 et 19
L’industrie française est face aux nouveaux défis
impulsés par le numérique qui imposent aux entreprises
de miser plus que jamais sur l’innovation. Pages 2 et 3.
milibr is_before_rename
J
ACQUES
D irecteurgénéralde Valeo
(LP/Pablo Porlan.)
MÉDIAS
Skoda nouveau
sponsor
du Tour de France
FACE A FACE
Bruneau / Lyreco
Pages 8 et 9CAP SUR LA CROISSANCE
L’Accélérateur
de PME, un coach
pour grandir
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TECHNO-INFORMATIQUE
P u b l i c i té c o m m u n i q u é e à t i t r e d ’i n f o r m a t i o n exc l u s i ve m e n t ; c e d o c u m e n t n e c o n s t i t u e e n a u c u n c a s n i u n e o f f r e d’a c h a t , u n c o n s e i l e n i nve s t i s s e m e n t o u u n e s o l l i c i t a t i o n d e ve n te , n i l a b a s e d ’u n c o n t r a t o u d ’u n e n g a g e m e n t d e q u e l q u e n a t u r e q u e c e s o i t . (1) S o u r c e : L i p p e r FM I
Fu n d F i l e, d o n n é e s à f n d é c e m b r e 2014. E n c o u r s d e s f o n d s o u ve r t s d o m i c i l i é s e n Eu r o p e e t o f f s h o r e ( h o r s m a n d a t s , f o n d s d é d i é s e t f o n d s d e f o n d s) d e s Ty p e s d ’i nve s t i s s e m e n t M o n é t a i r e e t M o n é t a i r e D y n a m i q u e, e t r e g r o u p é s p a r g r o u p e (m a i s o n m è r e) ( h o r s s t r a té g i e s s u r l e m a r c h é
d e s c h a n g e s e t f o n d s d e p e r f o r m a n c e a b s o l u e). ( 2) 14 3 ,6 m i l l i a r d s d ’e u r o s d’e n c o u r s , d o n n é e s à f n d é c e m b r e 2014 , Pé r i m è t r e A m u n d i G r o u p. L e s i nve s t i s s e u r s p o te n t i e l s s o n t i nv i té s à c o n s u l te r u n c o n s e i l l e r p r o f e s s i o n n e l a f n d e d é te r m i n e r s i u n te l i nve s t i s s e m e n t c o nv i e n t à l e u r p r o f l
e t n e d o i ve n t p a s f o n d e r l e u r s d é c i s i o n s d ’i nve s t i s s e m e n t s u r l e s i n f o r m a t i o n s c o n te n u e d a n s c e s e u l d o c u m e n t . I nve s t i r i m p l i q u e d e s r i s q u e s , l e c a p i t a l i nve s t i n’e s t p a s g a r a n t i. A m u n d i n e p e u t e n a u c u n c a s ê t r e te n u e r e s p o n s a bl e po u r to u te d é c i s i o n p r i s e s u r l a b a s e d e s i n f o r m a t i o n s
c
o n te n u e s d a n s c e d o c u m e n t . C e d o c u m e n t n e d o i t ê t r e n i c o p i é , n i r e p r o d u i t , n i m o d i f é , n i t r a d u i t , n i d i s t r i b u é s a n s l’a c c o r d é c r i t p r é a l a b l e d’A m u n d i à a u c u n e p e r s o n n e t i e r c e o u d a n s a u c u n p a y s o ù c e t te d i s t r i b u t i o n o u c e t te u t i l i s a t i o n s e r a i t c o n t r a i r e a u x d i s p o s i t i o n s l é g a l e s
e t r é g l e m e n t a i r e s o u i m p o s e r a i t à A m u n d i o u à s e s p r o d u i t s d e s e c o n f o r m e r a u x o b l i g a t i o n s d ’e n r e g i s t r e m e n t a u p r è s d e s a u to r i té s d e t u te l l e d e c e s p ay s . I l n e s a u r a i t ê t r e d i f f u s é à d e s U S Pe r s o n s te l l e q u e d é f n i e p a r l e U S S e c u r i t i e s A c t d e 19 3 3 . I n f o r m a t i o n s c o n te n u e s
d a n s c e d o c u m e n t r é p u té e s ex a c te s à av r i l 2015 . A m u n d i e s t u n e S o c i é té a n o ny m e a u c a p i t a l d e 5 9 6 26 2 615 € - S o c i é té d e g e s t i o n d e p o r te f e u i l l e a g r é é e p a r l’A M F n° G P 0 4 0 0 0 0 3 6 - S i è g e s o c i a l : 9 0 b o u l eva r d Pa s te u r - 75 015 Pa r i s - Fr a n c e - 4 37 574 4 52 R C S Pa r i s -
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doivent
gés.«
les plan iques
et les tes régulièrement »,conseille
Sophie Mauvieux, administratrice de
l’Amrae et corporate risk & internal
control manager de Gemalto. Même
si, dans le cadre de ces tests, le scéna-
rio choisi n’est pas le bon, il permet
à l’entreprise de se préparer.« Les
différents acteurs ont la mémoire de
la méthode,assure Anne-Marie Four-
nier.Cela permet de s’assurer de la
viabilité des solutions alternatives. »
3Sécuriser ses relations
avec les fournisseurs
A l’instar d’Airbus, réaliser des cam-
pagnes d’audit régulières des four-
nisseurs de rang 1, voire 2 ou 3, fait
partie des bonnes pratiques.« Cela
peut prendre la forme de check-lists
des points cruciaux : sous-traitance,
santé financière, conditions de travail
et assurance y figurent nécessaire-
ment »,note Laurent Giordani.
Surtout, l’entreprise ne doit pas
hésiter à contractualiser sur ces
points autant que de besoin.
n
risques de rupture »,explique Anne -
Marie Fournier, risk manager et
vice -présidente de l’Association
pour le management des risques et
des assurances de l’entreprise
(Amrae). Problème : certains grou-
pes peuvent faire face à un phéno-
mène de masse qui complique
l’accès à l’information.« Rien qu’en
Europe, PSA PeugeotCitroën traite
avec environ 1.600 fournisseurs,
précise Laurent Giordani, associé -
gérant de Kyu et responsable de la
p
ractice risk management.Cela rend
le travail de cartographie compliqué,
mais d’autant plus essentiel que
le nombre de fournisseurs, et donc
le risque de rupture, est éle vé. »
2Elaborer des plans
de continuité de l’activité
Pour éviter toute situation de blocage,
l’entreprise doit s’assurer de l’exis-
tence de réseaux de secours. Des
plans de continuité de l’activité qui
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
E
n matière de supply
chain, l’effet papillon
se vérifie peut-être
davantage qu’ailleurs :
un volcan en éruption en
Islande, des inondations dévas-
tatrices en Thaïlande, une
révolution en Tunisie et c’est
toute la chaîne logistique et
d’approvisionnement qui est
bouleversée. Trois conseils
pour ne pas se trouver
dépour vu en cas d’imprévu.
1Cartographier les flux
Même si le travail peut sembler
titanesque, il est capital pour
les entreprises de remonter
toute leur chaîne de valeur.
« Cartographier les flux peut
être complexe, mais cet exercice
est nécessaire pour identifier les
Trois conseils pour gérer
risque d’approvisionnement
LOGISTIQUE //
Pour limiter tout risque de blocage,
il est crucial de veiller à la stabilité de la supply chain.
ILS ONTBOUGÉ
Najat El Jebariest nommée directrice
générale adjointe du pôle finance, pilotage
de la performance et moyens généraux du
groupe Intelcia //Raphaëlle Pouponest
la nouvelle responsable conformité et
contrôle interne de Scor Global Invest-
ments //Ronald Latenstein van Voorst
prend la responsabilité de la banque
d’affaires parisienne du groupe Oddo.
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SEMAINE
Gaide
Technicolor)
é directeur général
ent du segment technolo-
ur financier de Techni-
sera
son
nte, Esther Gaide.
Arrivée chez Technicolor en
septembre 2011, la nouvelle
DAF aura pour mission
de suivre le déploiement
de Drive 2020, le plan
stratégique du
groupe, lancé en
février par Frédéric
Rose, le directeur
général du groupe.
n
DR
ANNE-MARIE FOURNIER,
risk mana-
ger et vice-présidente de l’Association
pour le management des risques et
des assurances de l’entreprise.
Photo DR
75%
DES DIRIGEANTS DE PME
déclarent faire l’objet
d’au moins une mesure
de durcissement des condi-
tions de financement par
les banques, selon KPMG.
UNE FORMATION
tion, initiale
onsolidation.
aster de
auphine et
candidats désireux
un savoir-
coupe
Les EchosLundi 4 mai 2015
HOS BUSINESS //03
direction
financière
48 FACE AU RISQUE n° 511 mars 2015
Rencontres Amrae : le futur,
c’est pas du cinéma…
«A
rrêt sur image », tel était l’intitulé
des 23
e
Rencontres de l’Amrae,
qui rassemblaient les risk mana-
ger s du 4 au 6 fév rier 2 015 à C annes.
Évidemment choisi pour aller avec le lieu
illustre du congrès, le Palais des Festivals, ce
titre n’était pas très adapté au contenu des
conférences et ateliers, tant on a eu l’impres-
sion, au long de ces trois jours d’être dans
un flm de science-fction projeté en accéléré.
Gilber t Canameras, président de l’Amrae,
l’a mar telé : les risques émergents ne le
sont plus. Si autrefois les actifs des entre-
prises étaient essentiellement matériels,
aujourd’hui ils sont à 8 5 % immatériels.
Et les risques qu’ils représentent ont une
intensité sans précédent. Le piratage de
données du distributeur américain Target
a c o û t é d é j à 1 m i l l i a r d d e d o l l a r s ! S i
l’on pense que la capacité assurancielle
mondiale pour ces risques est aujourd’hui
de 4 0 0 millions de dollars, on a de quoi
s’inquiéter. Risque en mutation aussi, l’aléa
naturel a occasionné, entre 2010 et 2013,
43 Mds de dollars de pertes. D’autant que
les notions d’ét hique, de resp ons abilité
sociétale et d’image de marque décuplent
les impacts. Mieux comprendre ces nou-
velles vulnérabilités, intégrer de nouveaux
fnancements font partie des défs des risk
managers de demain.
P o ur l’illu s t re r, H e nr i d e C a s t r ie s , P D G
d’A x a , a f ai t p a r t d e s e s ré f lex i o ns sur
l’avènement du Big Dat a, cet te caracté-
ristique de la gestion des données, nouvel
or noir du 21
e
siècle, et la montée en puis-
sance des Gafa (Google, Apple, Facebook,
Amazon). Les car tes sont en passe d’être
rebat tues dans de nombreux domaines.
L es a s sureur s et tous les ac teur s de la
gestion des risques des entreprises doivent
s’approprier ces savoir-faire, ne pas opter
pour une attitude purement défensive.
Les tables rondes
L’intelligence ar tificielle p our un monde
sans risque ? Cet te question posée par la
première table ronde a permis de se rendre
compte qu’on était passé à l’ère du cognitif.
Le système exper t « Watson », développé
par IBM pour la lut te contre le cancer, est
« auto-apprenant » et permet de manière
accélérée de prendre des décisions sur
des risques. S a par ticipation médiatique
au jeu télévisé améric ain « J eopard y ! »
a c ontr ibué grandement à s a notor iété.
Parallèlement, la puissance des ser veurs
informatiques a été multipliée par 1 milliard
en 31 ans. C e qui fait crier au loup à de
nombreuses personnalités, dont Bill Gates
lui-même… La fusion des technologies de
l’information et des neurosciences laisse
envisager qu’à l’horizon 2025, la décision
des t r aitement s médic au x p our r ait êt re
prise par des machines.
A lors, dans ce contex te on ne peut plus
« risqué », quelle nouvelle génération de risk
managers faut-il engendrer ? La deuxième
table ronde l’a bien montré : il ou elle devra
être chef d’un chantier permanent, passant
d’un rôle technique à celui de leadership sur
les nouvelles technologies, pour les orienter
vers l’atteinte d’objectifs positifs. Face à des
modèles complexes, il leur faudra de nou-
velles compétences pour jouer leur rôle de
communicant et de fédérateur.
E n p r é a m b u l e, X a v i e r G u i l h o u , a n c i e n
responsable de la DG S E, avait, actualité
oblige, présenté les enjeux géopolitiques
du terrorisme et les solutions ou non-solu-
tions à une crise qui doit maintenant être
prise en compte comme une donnée intrin-
sèque. Avec les nouveaux outils pour la
planète djihadiste que sont Internet et les
réseaux sociaux, la gestion de ce risque
est plus que jamais d’actualité pour les risk
managers de demain.
b
M. B.
2 3
e
Rencontres
de l’A mrae
à Cannes.
Gilber t
Canameras,
président .
Henri
de Castries,
PDG d’A xa.
VU POUR VOUS
AVANT-POSTES
Comme à chaque édition, les nombreux atelier s ont
permis, le deuxième jour, d’approfondir l’ensemble des
sujets d’actualité. À côté des sujets traditionnels
comme la car tographie des risques, les techniques
d’assurance ou les stratégies de fnancement, des
sujets plus directement liés aux « risques numériques »
ont marqué ce souhait des risk manager s d’être aux
avant-postes face aux enjeux de demain pour leur s
entreprises. Des sujets que l’on retrouvera dans Face
au Risque au fl des mois à venir.
A m rae
La Tribune de l’assurance // avril 2015 // n°201 // une publication
Haut de page
L’ESSENTIEL //
18
ACTEURS
Face à la complexité des chaînes
d’approvisionnement, les risk managers
peinent encore à connaître précisément
leurs risques fournisseurs.
Par Thierr y Gouby
La chaîne logistique
sous tension
RISK MANAGEMENT
D
ans son nouvel ouvrage
La gestion du risque
supply chain dans
l’entreprise, l’Amrae
pointe l’environnement com-
plexe auquel les risk managers
se heurtent avec le risque de
carence des fournisseurs. Face
à l’étendue et à la complexité
des chaînes logistiques, les en-
treprises sont aujourd’hui à la
peine, notamment pour détec-
ter la défaillance d’un ou plu-
sieurs de leurs prestataires. « Les
organisations en place préfèrent
toujours la gestion à court terme
à l’anticipation », résume Lau-
rent Giordani, associé du cabinet
Kyu et co-auteur de l’ouvrage.
« Peu d’entreprises sont en ordre
de marche sur ce risque », pour-
suit Hélène Dubillot, directrice
de la coordination scientifi que
de l’Amrae.
Et en cas de rupture de la chaîne
d’approvisionnement, les actions
internes se limitent le plus sou-
vent à l’application du plan de
continuité d’activité. « Du fait
de l’éloignement géographique,
la connaissance des fournisseurs
et des intermédiaires locaux reste
dif cile pour certains risk ma-
nagers qui doivent se contenter
de solutions de secours en cas de
défaillance », ajoute Anne-Ma-
rie Fournier, vice-présidente de
l’Amrae.
CUMULS ET RÉTENTION
« Aujourd’hui, il n’e xiste pas de
produit supply chain global sur
le marché de l’assurance, il faut
donc inter venir sur chaque ligne
d’activité pour se prémunir »,
ajoute-t-elle. « De toute façon,
l’assurance ne peut pas tout. Si cer-
tains risques sont transférables,
beaucoup d’entreprises choisissent
la rétention ou leurs captives »,
précise Laurent Giordani.
Les inondations de 2011 en
Thaïlande ont ser vi de révéla-
teurs : « La multiplicité des ca-
rences chez les fournisseurs de
rang 1 et de rang 2 et le cumul de
leurs e xpositions ont entraîné une
levée de boucliers parmi les por-
teurs de risque », indique Sophie
Mauvieux, group risk & insurance
manager chez Gemalto. « Dé-
sormais, certaines compagnies
demandent aux RM de vérifi er les
garanties des fournisseurs, mais
avoir accès aux polices d’assurance
de tous et vérifi er leur bonne cou-
verture dommages relève de la
gageure », ajoute-t-elle.
Devant ces enjeux, l’Amrae
propose, avec son manuel, des
conseils pratiques et des mé-
thodes de gestion des risques
des carences fournisseurs. « C’est
d’abord à l’entreprise de gérer sa
supply chain, car même si cette
dernière est assurée, elle y laissera
des plumes en cas de sinistre »,
conclut Anne-Marie Fournier.
C’est la part des risk managers qui considèrent la rupture de chaîne d’approvisionnement comme le principal risque pesant sur leur entreprise, selon le baromètre Allianz des risques 2015.
46 %
L
es réassureurs globaux sont à la recherche d’économies d’échelle,
comme en témoigne la vague d’annonces de fusions-acquisitions dans le secteur ces derniers mois. Celle-ci confi rme les diffi cultés auxquelles sont confrontés les réassureurs : la baisse des tarifs, la baisse de demande de la part des cédantes et des capacités toujours excédentaires sur le marché. La pression concurrentielle demeure aiguë et les consolidations en cours illustrent la grande diffi culté pour les réassureurs de défendre leurs positions de marché. L’un des problèmes, outre l’excès de capacité et la baisse de la demande des cédantes, est l’affl uence de sources de capacité non traditionnelles (cat bonds ,
sidecars…). Le poids de ces outils
alternatifs a augmenté en 2014. Par exemple, les assureurs ont émis pour 8,8 Md$ de Cat bonds en 2014, un record. Selon le courtier Aon Benfi eld, l’ensemble des véhicules de capitaux alternatifs représente environ 62 Md$, soit 18 % de la capacité mondiale de réassurance catastrophe. Cette pression sur l’environnement opérationnel est toutefois atténuée par la solidité des bilans des réassureurs. Sans ces bilans solides, des solvabilités fortes et des pratiques rigoureuses de sélection des risques, nous aurions probablement déjà commencé à abaisser les notes de certains réassureurs. La solidité
des bilans a été généralement soutenue par des bons résultats. D’ailleurs, l’année 2014 a été un bon millésime, grâce à une sinistralité en catastrophes relativement clémente et à des boni de liquidation très importants (9 points de ratio combiné sur les neuf premiers mois de 2014). Toujours est-il qu’en 2015 et 2016, la morosité devrait persister. Nous nous attendons à une baisse des tarifs de l’ordre de 5 % à 10 % dans la plupart des lignes de métier. Ceci devrait se traduire par une forte détérioration du ratio combiné, qui devrait s’approcher des 100 %, contre 86-88 % estimés pour
2014. A cause des taux d’intérêt
bas, les revenus des placements
devraient également faiblir en
2015, à un rendement d’environ
1,5 %, participant à une baisse
importante du retour sur fonds
propres. Les perspectives de
rentabilité écornée sont parmi les
principales sources qui pourraient
nous amener à revoir nos notes
à la baisse sur le secteur. Dans
ce contexte, nous pensons
que la taille, la diversifi cation
et la discipline de souscription
seront déterminantes pour les
réassureurs souhaitant maintenir
leur pertinence dans le marché.
Pression sur
les coûts pour
les réassureurs
TAOS FUDJI
directeur secteur assurances de S&P
L’ANALYSE DU MOIS DE STANDARD & POOR’S
En 2015 et 2016, nous
nous attendons à
une baisse des tarifs
de l’ordre de 5 %
à 10 % dans la plupart
des lignes de métier.
DR
Le décret du 8 janvier 2015 vient enfin préciser la procédure
à respecter pour assurer la transparence des appels
d’offres. Mais qui dit appel d’offres ne dit pas forcément
recommandation. Une disposition qui va rebattre les cartes
du marché de la santé prévoyance collective.
COLLECTIVES
Que la lumière soit !
Que la lumière soit !Que la lumière soit !
COLLECTIVESCOLLECTIVES
N° 201 Avril 2015
ENQUÊTE : Corruption, peut-on vraiment s’en protéger ?
DROIT & TECHNIQUE : Terrorisme, indemnisation de concert entre public et privé
www.tribune-assurance.fr
42 FACE AU RISQUE n° 512 avril 2015
VU POUR VOUS
Nos rencontres Amrae
Saretec,
l’exper t de demain
C r é é e e n 19 7 7, l a s o c i é t é s p é c i a l i s é e
d a n s l’ex p e r t i s e a é t é r a c h e t é e p a r s e s
s alariés en 19 8 9. C e fais ant, elle élargit
ses domaines à la responsabilité civile, les
dommages aux biens et la protection juri-
dique. Plus tard, elle investira les domaines
de l’industrie, du transpor t et de l’immobi-
lier. François-Xavier Lemaire est direc-
teur général délégué de Saretec.
Qu’est-ce qui fait la force
de Saretec aujourd’hui ?
François-Xavier Lemaire. Du haut de ses
38 ans, Saretec ressemble à une star t-up.
Appar tenant à ses salariés, elle est consti-
t u é e d e p e r s o n n e s
autonomes, respon-
s a b l e s , t r a v a i l l a n t
d a n s u n e c o m m u -
n au t é d e p r at i q u e s ,
a v e c u n e é t h i q u e
fo r te. O n n’y t ro u ve
q u e t r o i s n i v e a u x
hiérarchiques. L a société est aujourd’hui
leader de l’exper tise en dommages, RC et
construction, que ce soit pour les entre-
prises ou les particuliers.
Quel est l’avenir
des sociétés d’expertise ?
F.-X . L . O n y a s s i s t e c o m m e d a n s d e
nombreux autres secteurs à une mutation
sys témique de l’indus t r ie ver s le ser vice
qui remet en cause les business models.
L e s a s sureur s s e re c e n t re n t sur la p ré -
v e n t i o n e t c o n f i e n t a u x ex p e r t s t o u t c e
qui touche à la résilience, le systémique,
l’environnement al. Par ailleur s la révolu-
tion numérique impacte considérablement
les métiers où les car tes se rebat tent très
rapidement.
Et demain ?
F.-X. L. S aretec a les atouts pour accom-
pagner ce changement. Elle investit entre
4 et 5 % du chiffre d’affaires dans sa R& D :
robot s, intelligence ar tificielle, « machine
learning ». La société a le statut de « early
adopter », sor te de testeur p our G o ogle.
Nous sommes passés en quelques années
de 10 0 à plus de 1 10 0 p er s onnes et la
société reste en croissance. Nous embau-
chons chaque année près de 70 personnes
de niveau bac + 4 ou 5 et nous consacrons
4 % de la masse salariale à la formation.
FM Global,
vers la résilience
Leader mondial de l’assurance des dom-
mag e s au x biens in du s t r iels, F M G l o b al
f o n d e s e s s a v o i r- f a i r e s u r d e s a c q u i s
in c o n t e s t é s e n m a t i è r e d ’in g é ni e r i e, u n
centre de recherche de renommée mon-
diale aux États- Unis, 1 8 0 0 ingénieurs de
par le monde, présents dans 120 pays…
F M G l o b a l E u r o p e d u S u d c o u v r e l a
France, l’Espagne, l’Italie et la Belgique.
Laurent Want z, qui y dirige l’ingénierie,
anime une équipe de 84 ingénieurs terrain,
pour 3 500 visites annuelles. 13 ingénieurs
de comptes sont les interlocuteurs privilé-
giés des risk managers en matière de car-
tographie des risques.
l l l
© A m rae
REVUE DE PRESSE
N°299
MAI 2015 // 19,25 €
Les chariots
de manutention
à l’ère high-tech
p.44
DOSSIER
Livraison en ville p.54
p.24
Le tout électrique n’est pas pour demain
THIERRY HEINRICH,
directeur logistique
du groupe Atr ya.
L’entreprise du mois
Tryba : un long chemin vers
la standardisation logistique
LM299_P001_COUV_01-COUV 30/04/15 13:19 Page1
LOGISTIQUES MAGAZINE // MAI 2015// N° 299
8
(
Actualités
)
GESTION DES RISQUES
Résilience de la supply chain :
l’Hexagone déclassé
Entre 2013 et 2015, la France est passée du 12
e
au 19
erang dans le classement des supply chains
les plus résilientes. Les récents attentats de Paris
ont contribué à ce recul.
La Norvège, la Suisse, les Pays-Bas, l’Irlande,
le Luxembourg et l’Allemagne sont les cham-
pions mondiaux de la résilience en cas d’in-
terruption de leur chaîne d’approvisionnement.
C’est ce qui ressort de l’indice de résilience
2015 que vient de publier FM Global, spé-
cialiste de la prévention, de la gestion et de
l’assurance des risques industriels. Cet indice,
compilé chaque année par la société Oxford
Metrica, classe 130 pays en fonction de plu-
sieurs angles d’analyse (PIB par habitant,
risque politique et vulnérabilité aux pénuries
de pétrole et aux chocs pétroliers, exposition
aux risques naturels, qualité de la gestion
du risque d’incendie, lutte contre la corruption,
qualité des infrastructures et fabilité des
fournisseurs locaux, etc.).
Risque accru de terrorisme en France.
Alors que le continent européen apparaît
comme l’une des zones les plus résilientes
du monde avec sept pays dans le top 10 du
classement, l’Hexagone n’arrive qu’en 19
e
position, devant le Royaume-Uni mais derrière
Hong Kong. Sur les trois dernières années,
la France a enregistré un déclassement pro-
gressif. Elle est ainsi passée de la 12
eà la 16
e
place entre 2013 et 2014, avant de descendre
au 19
erang cette année. Pour FM Global, ce
recul « refète un risque accru de terrorisme,
comme en témoignent les récents attentats
de Paris et la détérioration de la perception
de la qualité des infrastructures et des four-
nisseurs locaux. »
L’Ukraine perd 31 places.
Les pays
qui enregistrent la plus forte chute dans le
classement sont l’Ukraine et la Thaïlande.
L’Ukraine, 107
edu classement, perd 31 places
par rapport à 2014, répercussion directe de
l’intervention militaire russe sur son territoire.
Quant à la Thaïlande, qui recule de 20 places
et se classe 82
e, elle peine à se relever des
inondations de 2011 qui ont frappé le pays
et eu un impact négatif sur la perception de
la qualité des infrastructures et la fabilité
des fournisseurs locaux.
Forte progression du Vietnam sur
les cinq dernières années.
Les nouvelles
sont bonnes en revanche pour Taïwan et le
Vietnam. En gagnant 52 places pour se classer
La gestion du risque supply chain, ouvrage
réalisé par le cabinet KYU Associés,
expert en risk management,
en collaboration avec l’AMRAE
(Association pour le management des
risques et des assurances de l’entreprise),
est un viatique incontournable sur la
résilience en supply chain. Ce livre dresse
un inventaire complet des nouveaux
risques à prendre en compte pour
construire ou pour maintenir un bon
niveau de résilience de sa supply chain.
Il a l’intelligence d’identifier
de façon plutôt concrète les
nouveaux enjeux de résilience
au niveau international et
de proposer des analyses
systémiques appuyées sur
des exemples, par secteurs
d’activité (retail, pharmacie,
agroalimentaire, etc.)
et selon différents modèles
d’organisation. C’est aussi
un guide méthodologique
sur le cadrage des périmètres,
la cartographie des risques,
sans oublier un chapitre
consacré au traitement du
risque supply chain.
Glossaire et bibliographie
viennent compléter le tout.
Luc Battais,
Newsletter Hebdo, 17 avril 2015.
À lire
© Fotolia
La France se classe à la 19
eposition de
l’index FM Global, devant le Royaume-Uni
mais derrière Hong Kong.
37
e, Taïwan affche la plus forte progression
sur un an, due principalement à un engage-
ment accru dans la gestion des risques naturels
et incendie. Le Vietnam se positionne à la
96
eplace du classement, enregistrant la plus
forte progression sur les cinq dernières années,
grâce aux investissements réalisés dans ses
infrastructures.
L’Inde a une carte à jouer.
Enfn, il est
intéressant de noter le bon positionnement
d e s É t a t s - U n i s, t o u t p a r t i c u l i è re m e n t d u
centre du pays, lequel arrive en 10
eposition
du classement. En ce qui concerne les pays
émergents dits Bric, le Brésil arrive en tête
à la 5
eplace, suivi de la Chine entre la 63
e
et la 69
eplace selon les régions, de la Russie
( 6 8
e) e t d e l ’ I n d e ( 11 9
e) t rè s e n re t a rd e n
termes de résilience en raison de son extrême
pauvreté, mais considérée par FM Global
comme un pays à potentiel. « Sa faible expo-
sition aux risques naturels est un atout à ne
pas négliger si le pays veut remonter dans le
classement », mentionne l’étude.
Marie-Noëlle Frison,
Newsletter Hebdo, 10 avril 2015.
La gestion du risque supply chain,
264 pages. Édité par l’AMRAE dans
la collection Dialoguer.
LM299_P006-011_ACTUS_04-Actus 30/04/15 13:21 Page8
Date : MARS 15
Pays : France
Périodicité : Mensuel
Page de l'article : p.3
Journaliste : Luc Mayaux
Page 1/1
MANAGEMENT3 4259443400502
Tous droits réservés à l'éditeur
L'accident : cet inconnu
Éditorial
Luc Mayaux
Professeur a l'université Jean- Moulin (Lyon 3)
i
es rencontres annuelles de l'AMRAE (association pour le management
des risques et des assurances de l'entreprise) n'offrent pas seulement
des moments de grande convivialité Elles sont aussi pour l'universi-
taire qui les fréquente l'occasion de défricher des terrains peu explo-
res voire pratiquement inconnus Tel est le cas de l'accident, objet de
l'atelier auquel nous avons participe cette annee en l'amicale compagnie de praticiens de
haute volée (H Stack Petit, E Boyer, P Rousselot et v Rostan d'Ancezune) Autant la doctrine
est familière de cette notion en risques du particulier, qu'elle critique régulièrement pour son
côte étriqué (v, encore récemment, cette Revue, 2014, p 599 , et un prochain colloque orga-
nise par H Groutel et D Bakouche a Paris, qui est consacre au sujet), autant elle lui apparaît
comme une terra incognita en risques des entreprises Pourtant, elle est souvent presente, que
ce soit en assurances de choses (notamment « bris de machines ») ou en assurances de res-
ponsabilite (« RC exploitation » ou « RC environnement ») Et elle l'est de maniere tres diverse,
les definitions de l'accident variant d'une police a l'autre quand les assureurs prennent le
soin de le définir, ce qui n'est pas toujours le cas '
À
cet égard, un constat est qu'ils l'utilisent non par frilosité m a î s au contraire par esprit d'mi-
tiative L'accidentel (souvent applique a l'événement générateur) leur permet de couvrir ce qui
ne l'est pas normalement la pollution graduelle, les pénalités de retard et, plus généralement,
le risque d'entreprise S'il apparaît comme un refuge pour eux (conformément a l'intitule de
l'atelier « l'accident refuge pour les assureurs
?
»), c'est un refuge de haute altitude, ou ils
peuvent s'accommoder de la rareté de l'aléa qui, en quelque sorte, est leur oxygène L'acci-
dent conforte l'aléa en lui donnant une tournure objective De ce point de vue, la notion est
plus opérante que la faute intentionnelle qui est a la fois plus subjective et, dans la derniere
période, pratiquement inaccessible au juriste L'accident est, au contraire, plus « carre », encore
qu'avec la condition d'extériorité parfois exigée, il renvoie sans le dire a une exclusion com-
portementale (avec - peut être - la qualification juridique correspondante) L'extériorité, c'est
le ver dans le fruit, spécialement en assurances de responsabilite ou, ajoutee a la condition
d'imprévisibilité, elle tend a identifier l'accident a la force majeure Ce serait une dérive totale
car, comme chacun sait, la force majeure est exoneratoire de responsabilite Autant dire que
l
'on n'assurerait rien et que la garantie serait vidée de sa substance (sans eradication possible
de la clause, sauf - on y revient - a la qualifier d'exclusion indirecte) Les assureurs en rêvaient
l'extériorité le ferait i
Toutefois, ils ne poussent pas l'avantag l résulte des propos échanges a
la tribune En risque donnerait lieu a des negociations
lors du reglemen s et simples de garantie, ce qui
légitimerai e l'absence totale de definition
Cela apporterai a fluidifier les relations assu-
rantielles L'universitair l'assurance se doit d'être sûre et
que les negociation contrat et pas au moment du
sinistre, a d le disent, il faut les ecouter
C'est avec c certitudes
industrielle
D irecteurgénéralde Valeo
Page 4
Skoda nouveau
du Tour de France
Page 5
Bruneau / Lyreco
Pages 8 et 9CAP SUR LA CROISSANCE
de PME, un coach
MÉDIAS
Skoda nouveau
sponsor
du Tour de France
FACE A FACE
Bruneau / Lyreco
Pages 8 et 9CAP SUR LA CROISSANCE
L’Accélérateur
de PME, un coach
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4 mai2015
HOS
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S //S //S /03
ection
financière
ection
financière
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LSNC Lavalin:
Nouvelles ambitions en France
..................................3
LCitizen Capital :
Il boucle son deuxième fonds
....................................4
LRemaniement :
Le mécano de François Hollande
.........................5
LBruxelles :
Les télécoms entendus
...........................................................
7
LNordine Hachemi :
Cap sur les bureaux en régions
......................................
8
L’ENQUÊTE
La séquence « Dynamic Mogherini »
2LA COULISSE
Martell à l’offensive
.........................................................
3
EN PRIVÉ
LLA CONFÉRENCE
des ambassadeurs,
début septembre, aura pour thème le « Quai
d'Orsay du XXI
e
siècle ». Le sujet a fait l’objet
d’une consultation interne sur les réformes
e t l e s c h a n g e m e n t s n é ce s s a i re s p o u r l e
ministère. Le secrétaire général compile les
quelque 600 contributions reçues.
LCHRISTOPHE CASTANER,
député PS
des Alpes-de-Haute-Provence, chef de file
du PS aux régionales en Paca, va pâtir d’un
handicap insoupçonné, aux yeux de certains
militants du PS et sur tout de EELV et du
PCF. Il a
été en effet rapporteur à l’Assem-
blée sur le projet de loi Macron…
LA R M E L L E C L É A C ’ H ,
s k i p p e r d e s
b a te a u x à vo i l e s p o n so r i s é s p a r Ba n q u e
populaire, sera le parrain du prochain Grand
Pavois de la Rochelle fin septembre.
LPARIS
compte marquer son mécontente-
ment en ne proposant pas avant de nombreux
mois un nouveau candidat pour le poste d’am-
bassadeur près le Saint-Siège, après que le
Vatican a fait savoir que celui proposé, Lau-
rent Stefanini, ne lui convenait pas.
PARIS, LE 18 MAI 2015
1
La Lettre de L’Expansion
eLundi 18 mai 2015
en° 2229
TENDANCE
L
e président – et plus généralement le couple exécutif – a repris la main.
Indubitablement, l’activisme de François Hollande, tant lors de ses
périples lointains que sur la scène intérieure, a regonf lé le moral des
troupes. La machine tourne mieux, la communication imprime davan-
tage et la stature présidentielle continue à se conforter, voire à vraiment naître
au quotidien, dixit les sceptiques. Un signe qui ne trompe pas : les grands barons
(Royal, Aubr y, Bartolone…)voient leur stratégie scrutée par rapport au rôle
que leur prêterait le président. Subliminalement, une équipe de campagne est
en
train de se constituer pour 2017. Sur le front économique, la France semble
moins au cœur des préoccupations de Bruxelles, le pouvoir engrange des indicateurs
positifs. Même si le deuxième trimestre 2015 s’annonce moins prometteur en
termes de croissance du PIB à cause des ponts de mai.
P
arallèlement, le climat politique se durcit, ce qui n’est pas un inconvénient pour
le pouvoir, impatient de voir Les Républicains se découvrir. Ces derniers vont poli-
tiser la bataille francilienne Pécresse-Bartolone, en martelant que voter Bartolone
c’est voter Hollande. L’opposition va continuer à cogner contre la réforme des
collèges, tandis que le gouvernement pense avoir limité les risques de coagulation
contre le projet redouté par Julien Dray,grâce aux demi-ouvertures de Najat
Val
laud-Belkacemsur les points les plus discutés. Cette semaine sera décisive
pour calmer ou non le jeu. Certains, au PS, regrettent que Ségolène Royalne
soit pas aux commandes de la Rue de Grenelle, au motif que son aff irmation de
l’autorité et des fondamentaux aurait fait mer veil
le dans le contexte actuel.
La vivacité des débats gagne jusqu’aux forums organisés l’autre samedi sur le parvis
de la mairie de Paris pour la Journée de l’Europe. Lors d’un débat sur la culture, des
quidams sont venus interpeller les intervenants avec des points de vue souverainistes
ou proches du FN. Au point que certains orateurs ont glissé en privé qu’il ne servait
à rien d’exclure sur les plateaux des représentants de cette tendance. Dans un autre
registre, choquées notamment par le livre d’Emmanuel Toddsur le 11 janvier, des
personnalités font passer le message à l’Elysée que le chef de l’Etat devrait investir
le thème de la fraternité. Pour l’heure, le Château reste prudent sur le sujet, peut-
être en raison des connotations de ce thème qui pourraient être mal comprises. Hol-
lande n’exclurait pas cependant d’en parler lors du 14 Juillet.
A droite, le climat est faussement conf iant et les interrogations s’accroissent. La faute
au tempo du chef de l’Etat qui a visiblement changé de braquet et aux à-coups de la
campagne de Nicolas Sarkozy.Des cadres s’inquiétent des prises de parole border
lined’élus locaux qui pourraient faire du tort au collectif et exacerber les tensions
entre les cadors du parti. Des stratèges électoraux du mouvement redoutent aussi
que les résultats soient plus serrés que prévu dans deux régions. En Ile-de-France, à
cause de l’équation Bartolone et du risque de déperditions de voix chez certains
« meilleurs ennemis » de Valérie Pécresse, et en Rhône-Alpes, où Laurent Wauquiez
pourrait pâtir de la résistance de ses adversaires chez les centristes et à l’UMP.
L
Nouveau braquet
Pour tout renseignement sur votre abonnement,
vous pouvez vous adresser à Nadia Boufassa.
Tél. : 01 75 55 42 99 - Fax : 01 75 55 41 29 -
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CETTE SEMAINE
TENDANCE
n° 2229
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En raison du lundi de Pentecôte, le prochain
numéro de La Lettre de L’Expansionparaîtra
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42FACE AU RISQUE
n° 512 avril 2015
38 ans, Saretec ressemble à une star t-up.
Appar tenant à ses salariés, elle est consti
-
t u é e d e p e r s o n n e s
autonomes, respon
-
s a b l e s , t r a v a i l l a n t
d a n s u n e c o m m u
-
n au t é d e p r at i q u e s ,
a v e c u n e é t h i q u e
fo r te. O n n’y t ro u ve
q u e t r o i s n i v e a u x
les métiers où les car tes se rebat tent très
rapidement.
Et demain?
F.-X. L. S aretec a les atouts pour accom
-
pagner ce changement. Elle investit entre
4 et 5% du chiffre d’affaires dans sa R& D
:
robot s, intelligence ar tificielle, «
machine
learning». La société a le statut de «
early
par le monde, présents dans 120 pays…
F M G l o b a l E u r o p e d u S u d c o u v r e l a
France, l’Espagne, l’Italie et la Belgique.
Laurent Want z,
qui y dirige l’ingénierie,
anime une équipe de 84 ingénieurs terrain,
pour 3500 visites annuelles. 13 ingénieurs
de comptes sont les interlocuteurs privilé
-
giés des risk managers en matière de car
-
tographie des risques.
l l l
LOGISTIQUES MAGAZINE //
MAI 2015
// N° 299
8
La gestion du risque supply chain
, ouvrage
réalisé par le cabinet KYU Associés,
expert en risk management,
en collaboration avec l’AMRAE
(Association pour le management des
risques et des assurances de l’entreprise),
est un viatique incontournable sur la
résilience en supply chain. Ce livre dresse
un inventaire complet des nouveaux
risques à prendre en compte pour
construire ou pour maintenir un bon
niveau de résilience de sa supply chain.
de façon plutôt concrète les
nouveaux enjeux de résilience
au niveau international et
de proposer des analyses
systémiques appuyées sur
des exemples, par secteurs
d’activité (retail, pharmacie,
agroalimentaire, etc.)
et selon différents modèles
d’organisation. C’est aussi
un guide méthodologique
Newsletter Hebdo, 17 avril 2015.
À lire
La gestion du risque supply chain
,
264 pages. Édité par l’AMRAE dans
La gestion du risque supply chain
264 pages. Édité par l’AMRAE dans
La gestion du risque supply chain
la collection Dialoguer.
MANAGEMENT3 4259443400502
Tous droits réservés à l'éditeur
ferai
t i
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?oueT[[T VoueTanancT? supp[y chain Tt STeoia ST eiVi[ancT?
une pincée de club Francophonie et un dernier zeste de Rencontres AMRAE
co\posTnt [T \Tnu ST cTttT aTeuT ST paTssT?
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 sz
À L’AFFICHE
À PROPOS DE LA CCR
CCR est une entreprise de réassurance chargée de
concevoir, mettre en œuvre et gérer des instruments per-
formants répondant à des besoins de couverture de risques
exceptionnels, au service de ses clients et de l’intérêt général.
Créée en 1946, elle figure actuellement parmi les 25 premiers
réassureurs mondiaux et bénéficie d'une notation AA (avec perspec-
tive négative) par l'agence Standard and Poor's et A+ (avec perspec-
tive stable) par l'agence A.M. Best.
Société anonyme au capital de 60 millions d'euros, détenue par
l'État français, elle emploie 274 personnes. En 2014, elle a réalisé
un chiffre d'affaires de 1 323 millions d'euros et un résultat net de
193 millions d'euros. L'entreprise a son siège social à Paris et deux
succursales au Canada et au Liban.
À PROPOS DE LOWELL PARTNERS
Lowell Partners est un cabinet de conseil en recrutement par
approche directe spécialisé dans les métiers de la Finance. Il
accompagne ses clients dans la recherche de leurs Managers,
Experts et Dirigeants.
Sandra Edery, Associée Co-Fondatrice du cabinet, a débuté sa
carrière en tant qu’auditeur interne en banque avant de développer
la pratique du Risk Management au sein de Lowell Partners.
Elle appréhende ainsi les besoins clients sous un angle
d’experte qui a développé son réseau de spécialistes.
BuT[s sont [Ts points i\poatants Sans eos paocTssus ST aTcautT\Tnt ?
@[ieiTa 9u\QTat ? Le processus est le m"me que pour les autres profils
de l’entreprise. Le Risk Manager est d’abord vu par une personne de la
DR9 et ensuite par un ou plusieurs opérationnels? ?ous recherchons
avant tout des profils dotés d?un tr!s bon esprit de shnth!se car notre
base de données sur les risques est très vaste et complexe. Rigueur
et autonomie seront également demandées? La personne devra enfin
avoir une forte capacité de conviction et du charisme car le rôle du Risk
Manager ne consiste pas à affronter les gens mais aussi à faire passer
des messages clés pour entraîner les différentes parties prenantes.
DanSaa 6STay ? La partie conseil à la réception du descriptif du poste
est capitale pour bien cerner les besoins du client? ?ous les accom-
pagnons pour comprendre au mieux leurs besoins et le profil cible :
compétences, niveau d’expérience requis, la dimension du poste
(fréquence de déplacements à l’international, langues requises,…)
ainsi que le positionnement et l’expertise attendue. En fonction des
critères précédents, le client pourra soit décider de s’orienter vers
un profil tr!s opérationnel soit vers un profil consultant en audit
externe, capable de s’adapter facilement à différents environne-
ments et problématiques.
BuT[[T Tst eotaT staat ViT poua [T souacinV ST cTs paofi[s ?
D?6? ? ?ous passons essentiellement par nos réseaux propres
mais utilisons également des réseaux sociaux comme LinkedIn
et la cooptation? Si ces métiers sont plus visibles auYourd?hui?
ils sont néanmoins récents donc le réseau fonctionne très bien
surtout lorsque nous recherchons des profils tr!s spécifiques?
@?9? ? Pour nous aussi, le réseau, notamment au travers de
l’AMRAE est très important dans notre sourcing car ce
métier est encore récent.
BuT[ paofi[ ST C> aTchTachTi?eous ?
D?6? ? Avec la conYoncture actuelle? nous sommes tr!s solli-
cités pour la recherche de Risk Manager dans les secteurs
banque ? assurance? donc des profils bien à Your avec les régle-
mentations 3le III? Solva II? 3ig Data? Mais également dotés
de compétences IE pour la gestion des risques liés à la sécurité des
SI? Le parcours d?excellence reste une formation dans une cole de
Commerce enrichie d’une formation ou d’une première expérience
professionnelle liée au Risk Management.
@?9? ? Lorsque le recrutement se fait en externe, nous privilégions
également des profils issus d?cole de 4ommerce ahant une expé-
rience en contrôle de gestion, contrôle des risques ou audit. Ce qui
est primordial pour nous, c’est que la personne ait une bonne vision
du métier car le Risk Manager tel que nous l’entendons, ne doit pas
"tre un théoricien du Management des Risques? En interne? un actuaire
tarificateur ou un analhste financier peut par exemple s?orienter vers
le Risk Management.
La Si\Tnsion assuaantiT[[T Tst?T[[T i\poatantT Sans [Ts paofi[s ?
D?6? ? Les profils ahant une expertise assurantielle sont considérés
comme des pépites rares donc très recherchés. Mais si de plus en plus
de personnes montent en compétences en interne? les bons profils avec
un niveau de séniorité assez élevé restent assez difficiles à trouver?
5C9 Tt consTi[s s?accoaSTnt S soa\ais sua [T Uait quT [Ts CisZ >anaVTas SoieTnt auYouaS?hui
saeoia co\\uniquTa Tt coneaincaT Tn intTanT?
Interview croisée entre Olivier Humbert (Secrétaire général de la CCR
1
) et Sandra Edery (Directrice Associée Lowell Partners).
QUAND UN DRH ET UN CONSEIL
ÉVOQUENT LES RISK MANAGERS :
INTERVIEW CROISÉE
1
Directeur des Ressources Humaines de la CCR, Olivier Humbert a été nommé Secrétaire Général mars 2015.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015
30
MÉTIER RISK MANAGER
BuiS ST [a Si\Tnsion YuaiSiquT ?
D?6? ? La compétence Yuridique est le plus souvent un ? plus ? et non
un prérequis. Pour des postes à dimension internationale, nous recher-
chons effectivement des profils capables de sortir la t"te des procédures
Groupe? Ils devront démontrer leurs capacités à prendre la hauteur suffi-
sante pour acquérir rapidement une expertise Yuridique pointue lorsque
ces procédures ne peuvent pas s’appliquer à l’étranger. La personne doit
"tre capable d?aller chercher la bonne information en local? Les indus-
tries très règlementées, comme le secteur pharmaceutique par exemple,
sont également intéressées par ces compétences Yuridiques?
Les formations AMRAE sont? elles un atout dans le profil du candidat ?
@?9? ? Oui, car au-delà du socle théorique solide et complet que propose
l’AMRAE, cela permet également d’échanger des bonnes pratiques.
?ous sommes donc tout à fait convaincus de la valeur aYoutée des
formations dispensées par l’AMRAE.
D?6? ? Elles sont très enrichissantes bien que n'étant pas stipulées sur
les 4V des candidats? ce qui est dommage? ?ous les encourageons à en
faire mention.
5T qui \anT [a ST\anST ST aTcautT\Tnt ?
@?9? ? La demande provient le plus souvent de la fonction Finance et?
ou de la Direction Générale.
D?6? ? La plupart du temps, les demandes de recrutement nous provien-
nent des RH et des Directeurs des Risques. Elles peuvent également (plus
rarement) émaner des Directions Générales. Cela dépend beaucoup de la
taille du groupe.
4onnaissTi?eous Tt uti[isTi?eous [T a U aTntiT[ \ tiTa ST [?2>C26 ?
@?9? ? ?ous sommes totalement en phase avec le référentiel métier de
l?AMRAE? ?ous nous le sommes approprié car il donne une tr!s bonne
définition du métier? Eoutes nos fiches fonction s?inspirent d?ailleurs
de ce référentiel. C’est un vrai outil de travail pour nous quand nous
devons actualiser des profils? Sur la base de ce document? nous avons
bti notre ? outil maison ? notamment pour les compétences tech-
niques et managériales.
D?6? ? Pour nous, ce référentiel constitue un excellent support qui
nous permet à la fois de challenger les candidats sur des termes exacts
propres au Risk Management et de nous mettre à Your sur ce métier en
constante évolution.
BuT[[Ts pTaspTctieTs poua [Ts CisZ >anaVTas ?
@?9? ? Chez nous, la responsable de l’ERM est devenue Directrice
financi!re en Yanvier dernier? preuve que les passerelles sont assez
étendues. La première concerne les métiers assez techniques comme
les personnes issues du p+le ? modélisation des catastrophes natu-
relles ?? Autre passerelle possible : tous les postes de tarificateurs
voire les postes de souscripteurs. Les perspectives sont donc impor-
tantes.
D?6? ? La fonction de Risk Manager permet d’avoir une bonne connais-
sance sur l’ensemble des activités d’une entreprise. Les évolutions
peuvent donc "tre tr!s larges? La difficulté que pourra cependant
rencontrer le Risk Manager en demande d’évolution sera de démon-
trer sa légitimité pour se positionner sur un poste requérant une forte
expertise sur un suYet?
4o\p tTncTs
1 4ulture et prise en compte des enYeux
2 Communication
3 Organisation
Rémunération
?ous sommes sur les m"mes fourchettes
de salaires pour des profils expérimentés?
Pour les Risk Manager, cela peut
commencer à x{ <? et Yusqu?à r{{ <?
(hors package incluant intéressement
? participation??
Activités
1 Appréciation du risque
2 4ulture et prise en compte des enYeux
3 Communication (au sens capacité relationnelle
pour échanger avec les opérationnels)
Bua[it s
1 Esprit de synthèse
2 La diffusion de la culture du risque
3 La communication
Rémunération
La fourchette basse pour un Risk Manager
se situe entre xv et y{ <? et Yusqu?à
r{{ <? ? s{ ? pour des Directeurs
des Risques (à noter un niveau
d?intéressement ? participation
élevé pouvant représenter
Yusqu?à trois mois de salaire??
?ous réalisons tous les ans une
enqu"te de salaires? métier par
métier, pour nous mettre aux
prix du marché.
À PROPOS DU RÉFÉRENTIEL SUR LA HIÉRARCHIE DES COMPÉTENCES
DanSaa 6STay?
Directrice Associée
Lowell Partners
@[ieiTa 9u\QTat?
Secrétaire général
de la CCR
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 31
MÉTIER RISK MANAGER
@uti[s SiVitaux au sTaeicT STs CisZ >anaVTas ou pa eTntion Tt VaaantiT STs aisquTs inh aTnts
au nu\ aiquT? [Ts taois atT[iTas STs STani!aTs CTncontaTs 2>C26 consaca s aux noueT[[Ts
tTchno[oViTs Tt aux aisquTs qu?T[[Ts pTueTnt e hicu[Ta \ontaTnt quT [Ts VTstionnaiaTs Su
aisquT ont QTaucoup ST caatTs Tn \ain poua nT pas aTstTa passiU? CTtoua sua taois \o\Tnts
paaticu[i!aT\Tnt aichTs?
CE QU’ILS EN DISENT, CE QU’ILS EN PENSENT :
LES CYBER RISQUES
L’
atelier animé par Léopold Larios, Risk
Manager d?Edenred? fit un point sur les diffé-
rentes technologies utilisables par les Risk
Managers. Reprenant les quatre grandes
étapes de la démarche du Risk Management
?prévention? identification? quantification et assu-
rance), les intervenants ont montré comment les outils
pouvaient accompagner les Risk Managers à l’heure des
réseaux sociaux et du Big Data.
Pour les réseaux sociaux? Rozenn ?ardin? Fondatrice de
Research et Web Conseil, a exposé trois types d’outils utili-
sables par les Risk Managers : les moteurs de recherche, les
logiciels de monitoring et la data visualisation? ? Chacun
apporte un certain nombre d’éléments d’information. Les
logiciels de monitoring vont permettre une première hiérar-
chisation donnant des indicateurs clé stratégiques afin de
comprendre et d’agir. Ils identifient aussi les influenceurs
et la portée virale potentielle de chaque acteur. Alors que
la data visualisation permet de constituer une véritable
carte d’état major qui va aider à la prise de décision ??
LES GAFA À LA PLACE DES ASSUREURS
À côté des outils du marché offrant une première
approche globale, des entreprises spécialisées
ont développé des solutions dédiées à la gestion
des risques et?ou de la sécurité? ? l?instar de la
solution d?aide à la décision proposée par Iremos : ? les
Risk Managers ont souvent peu ou pas d’équipe. Il leur faut
donc des outils qui leur permettent de préparer, comprendre
et gérer la crise notamment lorsqu’il y a beaucoup de sites
distants et qu’il est nécessaire de vite faire remonter l’infor-
mation ?? explique son Président Arnaud <remer?
La présentation des travaux de la Zurich Risk Room a illustré
la quantification? laboré pour Ehe Global Risks report
publié chaque année dans le cadre du World Economic
Forum? l?outil de Kurich identifie l?impact des risques
dans rxu pahs? ? Nous avons répertorié 80 types de risques
répartis en 6 catégories. La solution a pour objectif d’accom-
pagner les entreprises qui souhaitent investir à l’étranger en
leur fournissant une grille d’analyse de risques ?? souligne
Camille Luciani, Global Relationship Leader de Zurich
France. Les solutions de gestion et de coordination des
programmes d’assurance se sophistiquent, comme celle
présentée par Ana Ehomas? Multinational Service Fnit
Manager chez ACE European Group.
? Qui doit financer ces outils ? ?? interrogeait Léopold
Larios? ? Faut-il attendre que les GAFA (Google, Apple,
Facebook, Amazon) financent ces solutions pour que les
assureurs s’y intéressent ? ?? s?inqui!te?t?il vu la mécon-
naissance de ces géants de l’Internet sur le risque d’en-
treprise tout en reconnaissant que ? certains assureurs
ont compris le problème et ont commencé à réagir
Léopold Larios,
Risk Manager d’Edenred
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 32
MÉTIER RISK MANAGER
700 % D’AUGMENTATION POUR LES VOLS DE DONNÉES
Protectrices? les nouvelles technologies peuvent "tre criminog!nes?
Pour le Risk Manager, il est donc important de savoir à quel cyber
risque son entreprise est exposée et quelles sont les propositions des
professionnels de l’assurance en termes de couverture. Deux ateliers
ont tenté de répondre à ces problématiques en partant du postulat
?avéré? que les menaces augmentent? se diversifient et peuvent avoir
un impact redoutable sur la perte d?exploitation et?ou la réputation
de l’entreprise.
Les intervenants de l’atelier, modéré par Frédérique Bard, Responsable
Assurance du Groupe Yves Rocher, se sont penchés sur les nouvelles
fraudes (et leur coût) induites par les technologies de la mobilité, du
Cloud computing et des réseaux sociaux. Avec un constat : tout ou
presque se vole et se monnaie. Les données mais aussi les identités
personnelles ou les identifiants de carte bancaire? ? Les vols de données
ont augmenté de 700 % entre 2012 et 2013 et le nombre d’identités
exposées de 500 % ?? souligne Stéphane Moraldi? Directeur Groupe
Revenue Assurance d’Orange tandis que Pierre Chassigneux, Directeur
des ProYets et des volutions pour le Groupement 4artes 3ancaires?
rappelle que ? la fraude sur le e-commerce en France représente 250
millions d’euros ?? Malgré tout les uns et les autres se sont voulus rassu-
rants? précisant que des innovations technologiques et un arsenal Yuri-
dique étaient mis en place pour protéger les citoyens et les entreprises.
Cyril Murie, Chargé des Relations Internationales et de l’Innovation
à l?Agence ?ationale des Eitres Sécurisés? a dévoilé les différentes
mesures en vigueur pour protéger l’identité numérique du citoyen en
soulignant que ? l’acteur le mieux positionné sur l’identité numérique
est actuellement Facebook et que notre intérêt est d’apporter des solu-
tions concurrentes ?? Le marché apporte?t?il des réponses pour couvrir
ces risques ? Luc Vignancour? Directeur AdYoint FI?PR@ et des Risques
Spéciaux de Marsh? est sans ambage : ? aujourd’hui, les assurances
disponibles permettent de couvrir ces risques cyber. Les capacités en
France sont de 300 à 350 millions d’euros et de 1 milliard d’euros sur
le marché mondial ?? Et de rappeler que face aux risques présents et à
venir rencontrés par les entreprises (vols des données clients, BYOD ,
Internet des obYets????? ? celles-ci doivent produire des scénarios afin
d’en valoriser l’impact avant de pouvoir les transférer à l’assurance.
Sachant qu’une partie de ces risques est déjà couverte par les polices
existantes ??
Et de saluer le travail accompli par le 4ESI? et l?AMRAE sur la matrice
d’analyse des risques cyber.
PEU DE CARTOGRAPHIE SI DANS LES ENTREPRISES
Son de cloche différent dans l?atelier 4hber criminalité et enYeux écono-
miques animé par Fabrice Morgaut? Insurance et Risk Manager de Eransdev?
? Les capacités sont aujourd’hui insuffisantes et difficiles à mobiliser ?
affirme Anne Magnan?Leroher? Directeur AdYoint de la Direction Eechnique
Responsabilité 4ivile et Lignes Financi!res d?A@? France? estimant que la
capacité mondiale était de 350 millions d’euros alors que le coût moyen
d?une donnée ? hackée ? en France atteint pr!s de rss euros? Alain 3ouillé?
Frédérique Bard,
Responsable Assurance
du Groupe Yves Rocher,
Atelier Nouvelles technologies : nouvelles fraudes ? De gauche à droite : Luc Vignancour, MARSH SAS, Cyril Murie, ANTS, Pierre Chassigneux, GROUPEMENT CARTE BANCAIRES,
Stéphane Moraldi, ORANGE.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 33
MÉTIER RISK MANAGER
Président du 4ESI? ?4lub des Experts de la Sécurité de l?Information et du
?umérique?? Gér+me 3illois? Senior Manager chez Solucom et 4lotilde
Zucchi Directeur, Marchés Français International Financial Lines chez
XL Group, ont été très directs sur les garanties de l’assurance à prendre
pour couvrir les risques chber? ? Il faut prendre très vite conscience de
la problématique ?? insistent Alain 3ouillé et Gér+me 3illois? surtout
au vu des derni!res grandes attaques ?Sonh? Earget???? qui ont co0té
à leurs victimes des centaines de millions de dollars et m"me poussé
plusieurs dirigeants vers la sortie? ? 52 % des entreprises ont été affec-
tées au moins une fois par une crise de cyber-attaque et, si elles sont
préparées, elles manquent de maturité face à cette thématique. Les trois
quarts n’ont pas de cartographie SI organisée ?? précise Alain 3ouillé?
?éanmoins? la prise de conscience monte dans les entreprises dont les
principales motivations de souscription d’une police cyber sont d’avoir
déYà subi un sinistre ou de se considérer comme mal garanties par leurs
contrats traditionnels? 4?est également le cas chez les assureurs? ? 11
assureurs en France sont aujourd’hui capables de couvrir les risques
cyber avec des garanties de polices regroupées autour de trois piliers :
responsabilité, pertes pécuniaires/frais et honoraires des consultants ??
précise Clotilde Zucchi.
En conclusion, les intervenants se sont interrogés sur la pertinence
d?une intervention de l?tat à travers la création d?un ? Gareat ? du
cyber risque.
Atelier Cybercriminalité et enjeux économiques. De gauche à droite : Clotilde Zucchi, XL GROUP, Anne Magnan, AON, Alain Bouille, Président, CESIN, Gérôme Billois,
SOLUCOM, Fabrice Morgaut, TRANSDEV.
Fabrice Morgaut,
Insurance et Risk Manager de Transdev
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 34
MÉTIER RISK MANAGER
4a T i[ y a unT einVtainT S?ann Ts paa [T VaoupT\Tnt S?TxpTats
aVa s 462 ?z{{ aSh aTnts Tn 7aancT?? [a fi[ia[T 462 5 eT[oppT\Tnt
Uouanit aux TxpTats ST so[iSTs QasTs YuaiSiquTs Tt assuaantiT[[Ts?
:nSispTnsaQ[Ts poua ? monter en grade ? Tt ea[uTa STs sinistaTs
i\poatants? [Ts staVTs ST Uoa\ation SispTns s sont aussi
aTconnus co\\T VaVTs ST fiaQi[it paa [Ts assuaTuas? Koo\?
FORMATION À LA LOUPE :
LA COMPAGNIE DES EXPERTS
L
orsqu’un assureur doit indemniser un sinistre
évalué par un expert, il attend de ce dernier une
estimation Yuste et obYective? @r ? au départ,
lorsque quelqu’un sort d’une école ou de l’indus-
trie et qu’il rejoint l’expertise, il connaît autant de
choses sur la police d’assurances… que l’assuré lui-même ??
sourit Yves Legoux, Président de la Compagnie des Experts
(CEA). La profession étant soumise à des contrôles réguliers,
la 4EA propose donc des stages de formation certifiés par
le 4?PP ?4entre ?ational de Prévention et de Protection??
constituant la Formation des experts? ? Notre philosophie
est d’apporter un mélange de connaissances utiles à l’expert.
Notre métier associant divers domaines (juridique, assu-
rances …), nous fournissons aux professionnels des forma-
tions totalement adaptées à leurs pratiques, qui les préparent
à un certain nombre d’examens ?? détaille Michel Lefebvre?
Directeur de la Formation.
DES STAGES « À LA CARTE »
POUR PLUS D’ADAPTABILITÉ
Pour ce faire, la souplesse et la modularité de la formation
sont indispensables : ? Les stages sont sur mesure et consti-
tués de modules que l’expert choisit ?? explique Michel
Lefebvre. Généraliste ou bien spécialiste de la construc-
tion? des finances? du monde agricole? des équipements et
installations, ou encore de la plaisance, l’expert peut ainsi
Yves Legoux,
Président de la Compagnie
des Experts (CEA)
Amaury Lequette,
Directeur de CNPP Cert
Michel Lefebvre,
Directeur de la Formation
TÉMOIGNAGE DE
Frédéric Guilleux, expert généraliste certifié depuis 2006
« Technicien d’origine, j’ignorais les fondamentaux juridiques du métier d’expert.
Il n’existe pas d’école pour préparer à ce métier ! La formation CEA m’a permis
d’assimiler les nombreuses connaissances qu’un expert doit avoir dans sa boîte
à outils. J’ai reçu une explication détaillée de mon métier et de nombreux conseils,
ce qui m’a permis de me recentrer et de mieux comprendre ce que je faisais. »
?@>3C6 56 46CE:7:D 662 s{ru
ry généralistes
y spécialistes
2 pour le Bâtiment
2 pour les Matériels
et installations
2 pour la Finance
1 sur la fili!re agricole
1 sur la Plaisance
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 36
MÉTIER RISK MANAGER
sélectionner les stages de son choix pour créer une formation ? à la
carte ?? En tout? huit modules d?une semaine et deux modules de trois
Yours sont proposés? tous à temps plein? Fn nouveau module consacré
au vol est en cours de certification?
Particuli!rement portée sur les bases Yuridiques et assurantielles?
la Formation 4EA délivre ainsi t niveaux croissants de certification :
Eechnicien?Expert pour asseoir ses compétences générales ?r
er
niveau),
Expert 4ertifié pour acquérir davantage de bagage technique ?s
e
niveau?? et enfin Entretien de la 4ertification? qui permet à un expert
certifié de renouveler sa certification? 4haque année? environ u{ ? des
experts formés décrochent l’examen.
L2 46CE:7:42E:@? 662 ? F?6 C64@??2:DD2?46
PROFESSIONNELLE ET EUROPÉENNE
? la clé : une certification EEA ?Expert valuateur et d?Assurances??
validée par le 4?PP? organisme certificateur? ? Nous intervenons en aval
de la formation pour la certification des compétences et animons un dispo-
sitif certifiant qui reconnaît les compétences, contrairement à un diplôme
d’État qui valide des connaissances théoriques. Ce dispositif est fondé sur
la norme ISO 17024 ainsi que sur des bases internationales relevant de la
formation continue ?? décrit Amaurh Lequette? Directeur de 4?PP 4ert?
Avantages : la certification EEA est reconnue à l?international et
permet à l’expert de travailler dans différents pays en tant qu’Euro-
pean Loss AdYusting Expert? Loin d?"tre acquise? elle doit "tre renou-
velée régulièrement : tous les 6 ans, les experts doivent effectuer au
moins r{ Yours de formation dans un organisme reconnu ?comme le
CEA) pour garder leur précieux sésame.
Indispensable pour les interlocuteurs professionnels, comme le
remarque Frédéric Guilleux? expert généraliste certifié depuis s{{w :
? À partir d’un certain niveau de sinistre, les assureurs exigent davan-
tage de certifications et de qualification
Science sans conscience n?étant que ruine de l?me? comme l?écri-
vait Rabelais, le CEA s’est doté d’un Code de déontologie profes-
sionnelle aux débuts de la formation, garant des bonnes pratiques.
Indépendance, entretien des compétences, qualité de travail, secret
professionnel? et relations avec les confr!res? ce document ? encadre
les relations entre experts et codifie leurs relations pour de meilleures
pratiques partagées ?? résume Michel Lefebvre? De quoi rassurer les
assureurs… et les réassureurs.
Laurence Muller, Risk Manager chez Louis Vuitton et Présidente de la Commission
Dommages aux biens de l’AMRAE, détaille sa vision du métier d’expert.
« De nos jours, les experts se positionnent de plus en plus comme les loss adjusters anglo-
saxons. L’expert doit, à la fois par son expertise technique et par son sens de la négociation,
arriver à la résolution d’un sinistre gagnant-gagnant pour l’assureur et l’assuré. Ce nouveau
positionnement implique des relations de confiance entre l’expert et l’assuré. Cependant, il s’agit
souvent d’une confiance « intuitu personae », basée sur des expériences antérieures de sinistre,
et non d’une confiance en un cabinet d’expertise. L’assuré est souvent moteur dans le choix
de l’expert qui sera désigné par les assureurs, ce qui permet dès la souscription du contrat de
mettre en place les outils nécessaires à une gestion efficace et satisfaisante des futurs sinistres.
Chaque activité étant spécifique, les Risk Managers ont tendance à travailler avec des experts
qui se sont spécialisés dans leur branche d’activité. Bilan : plus d’efficacité et de réactivité dans
le traitement du sinistre. C’est pourquoi il est important que les experts soient spécifiquement
formés par rapport aux besoins des assurés et parallèlement à ceux des assureurs. »
UN RISK MANAGER ÉVOQUE LES EXPERTS
LES DIFFÉRENTS MODULES
Technicien-Expert CEA :
• Dégâts des eaux et droit commun
• Dégâts des eaux et solutions conventionnelles
• Mécanismes fondamentaux de responsabilité
en incendie et explosion
• Sécurité incendie et règlementation ERP-IGH
Expert Certifié EEA :
• Expertise agricole : dommages et RC
• Technique de l’assurance
• Expertise en recherche de causes d’incendie et solutions
• Catastrophes naturelles et technologiques
• Matériel et installations
• Technique de l’expertise généraliste
• Préjudices immatériels – Marchandises
• Bâtiment et construction
• Droit et responsabilités
• Pertes d’exploitation et marchandises
– Les principes généraux pour l’expertise dommages
• Sinistres vol (en cours de certification)
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 37
MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D’EXPÉRIENCE AVEC LA COLLABORATION DE
Parmi les risques du salarié à l’étranger, les premiers qui viennent
à l’esprit sont ceux qui défraient l’actualité : risques naturels
?séismes? raz?de?marée? chclones?? terroristes et?ou politiques? Ils
sont pourtant les moins fréquents. Bien plus courants en revanche
sont les risques ordinaires dont la gravité peut "tre décuplée du fait
de l’éloignement : accidents routiers ou ennuis sanitaires.
Il faut distinguer d’emblée deux situations : le salarié expatrié et le
salarié en déplacement dans le cadre d’une mission. L’entreprise n’a
pas touYours les m"mes devoirs vis?à?vis de son salarié? m"me s?ils
tendent à s’uniformiser.
4o\\Tnt SosTa [Ts quTstions S?oaSaT paie poua \iTux paot VTa
[T sa[aai Txpatai ou Tn \ission ?
Le premier est confronté au m"me risque que tout salarié avec?
en supplément, les caractéristiques locales : méconnaissance de
la langue, exposition aux maladies, incompréhension culturelle,
niveau de criminalité… En général, il a été formé et son expatriation
a été préparée? @u du moins ce devrait "tre le cas? Mais l?entreprise
doit rester vigilante sur les risques globaux.
Ainsi? une salariée expatriée en 4+te d?Ivoire a fait l?obYet d?une
agression en dehors de son travail. La salariée a demandé réparation
de son préYudice à son emploheur? Elle estimait qu?il avait manqué à
son obligation de résultat de sécurité. À de nombreuses reprises,
elle lui avait signalé la dégradation des conditions de sécurité et
avait demandé son rapatriement. L’employeur n’avait pris aucune
mesure. Dans un premier temps, l’affaire est portée devant le
Eribunal des affaires de la sécurité sociale? Yuridiction compétente
en matière de faute inexcusable mais pas pour les salariés expatriés.
L?affaire va Yusqu?en cassation qui a admis sa validité? Si un salarié
expatrié n’est pas soumis à la législation sur les accidents du
travail et les maladies professionnelles, l’employeur est cependant
responsable de sa sécurité en vertu de l’obligation de sécurité de
résultat qui résulte du contrat de travail? La 4our a semblé signifier
par là une extension de l’obligation de sécurité aux activités extra
professionnelles ?4ass? Soc? x?rs?s{rr? n? r{?ssyxv??
Le salarié en mission
Pour le salarié en mission en revanche, la responsabilité de
l’employeur est beaucoup plus nette. Depuis l’attentat de Karachi
?Eribunal des affaires sociales? rv Yanvier s{{u?? les entreprises
ont un devoir de protection tr!s large : ? Il est indifférent que
la faute inexcusable commise par l’employeur ait été la cause
déterminante de l’accident et qu’il suffit qu’elle en ait été une cause
nécessaire pour que la responsabilité de l’employeur soit engagée, et
ce alors même que d’autres fautes auraient concouru à la réalisation
du dommage. ?
L?entreprise doit donc "tre tr!s bien renseignée sur son candidat
au départ? ce qui peut poser des questions de vie privée? Fn salarié
diabétique est-il le meilleur candidat pour une mission dans un
lieu isolé ? 4ette indiscrétion peut potentiellement aller tr!s loin
tant les risques sont nombreux. Les employeurs d’un professeur
canadien savaient-ils que celui-ci risquait la prison en Birmanie et
une expulsion pour avoir eu sur l?épaule un tatouage de 3ouddha ?
Chaque cas est unique, il revient à l’employeur de parfaitement
doser entre l’obligation de protéger son salarié et le nécessaire
respect de sa vie privée. Dans ces domaines, la préparation,
l’information et la formation sont les seuls remèdes.
David Kapp,
Extrait de la Lettre Droit & Réglementation n°26,
supplément à Face au Risque
La co\p[TxT VTstion STs pTasonnT[s [? taanVTa
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 38
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« L’objectif principal pour
l’organisation est que chacun
puisse identifier et gérer ses
propres risques. La clé, c’est
de cultiver et conforter une
culture fortement transparente
d’identification des risques. »L’objectif principal pour
l’organisation est que chacun
L’objectif principal pour
l’organisation est que chacun
D’UNE GESTION DES RISQUES FRAGMENTÉE À UN MODÈLE ERM
PETER JUHLIN, GLOBAL HEAD
OF GROUP RISK MANAGEMENT
DU NASDAQ
ATtTa ;uh[in a poua \ission ST V aTa [Ts aisquTs Su p[us VaanS \aach
[TctaoniquT S?actions Su \onST? La S \aachT Qas T sua [?6C> Soit
s’adapter à un univers en constante évolution marqué ces dernières
années par la réglementation et l’émergence des cyber-risques.
C’
est par l’intervention de Peter
Juhlin, Vice President of Group
Risk Management du ?asdaq?
l’un des plus grands marchés
électroniques d'actions du
monde que se conclurent les interventions des
Rencontres AMRAE s{rv? 4R@ et 4S@ dans des ins-
titutions financières et des groupes industriels,
cet ancien officier des forces armées suédoises
a reYoint en rzzz? l?@MI? le marché boursier de
l?Europe du ?ord? racheté en s{{x par le ?asdaq?
« OMX était une entreprise d’une certaine en-
vergure. Après le rachat par le Nasdaq, le nouvel
ensemble a été confronté à d'autres risques. Les
réglementations aux États-Unis étaient devenues
plus strictes que les normes européennes et ne
pas être capable de respecter cette conformité ré-
glementaire représentait alors un énorme risque ».
AuYourd?hui? la mise en place de nouvelles r!gle-
mentations en Europe est un nouveau défi. « Il est
crucial pour le Nasdaq d’avoir un dialogue étroit et
permanent avec les différents régulateurs pour être
sûrs que nos positions soient entendues et éviter tout
ce qui pourrait menacer notre modèle d'entreprise. »
D’UN MODÈLE FRAGMENTÉ
À UN MODÈLE ERM
Les évolutions réglementaires sont loin d’être les
seules problématiques suivies par Peter Juhlin et
son équipe car le Nasdaq est une entreprise aux
multiples activités qui fournit infrastructure,
outils technologiques et services aux opérateurs
financiers du monde entier. Sa diversification et
sa forte croissance l’ont amené à faire évoluer
sa gestion des risques d’un cadre ERM basé sur
le référentiel 4@S@ à un cadre ERM totalement
holistique où les évaluations des risques doivent
être intégrées dans la stratégie et les processus de
budgétisation annuelle. « Ce modèle nous permet de
consolider, évaluer et identifier tous les risques aux-
quels nous sommes confrontés au sein du groupe. A
cet effet, Nasdaq utilise la solution BWise
®
Gestion de
Risques, une solution logicielle conçue pour accompa-
gner l'ensemble du processus de gestion des risques. »
Les risques technologiques sont particulièrement
surveillés, car en cas de sinistre, les clients mais
aussi les marchés financiers peuvent être atteints :
« Nous touchons là au cœur de notre activité. C’est
pourquoi nous devons intégrer des contrôles précis
et fiables, un système d'alertes automatisées et des
procédures d’intervention en cas d'urgence accom-
pagnés d’une formation continue, afin d'assurer la
résilience des systèmes et l’intégrité des produits que
nous proposons. Car si nous échouons, notre marque
peut en être affectée et notre réputation entachée ».
L’enjeu est d’autant plus grand que le Nasdaq assure
des services en temps réel : « Le marché financier a
Peter Juhlin,
Global Head of Group
Risk Management du Nasdaq
CHIFFRES CLÉS
3,4 MILLIARDS DE
CHIFFRE D’AFFAIRES
UNE PRÉSENCE SUR
4 CONTINENTS
PLUS DE 10000
CLIENTS RÉPARTIS
DANS 60 PAYS
+ DE 3 500 ENTREPRISES
COTÉES REPRÉSENTANT PLUS
DE 8 800 MILLIARDS DE
VALEUR MARCHANDE
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 40
MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
les yeux rivés sur nous en permanence. Particulièrement à l’heure des ré-
seaux sociaux où les informations sont immédiatement visibles par tous : par
les clients existants, les prospects, et au-delà. C'est toujours un défi quand
vous combinez des hommes, des processus et des systèmes dans un mélange
complexe de flux d’information. Nous faisons donc tout notre possible pour
impliquer et responsabiliser toutes les divisions opérationnelles et commer-
ciales, et spécifiquement les Product Owner qui sont les mieux placés pour
comprendre les risques ainsi que la façon dont leurs produits spécifiques se
développent. ?
L6 4J36C?C:DBF6 6? AC6>:C6 L:8?6
L?autre grand défi que Peter ;uhlin pointe? est la
relation avec les fournisseurs et plus globale-
ment la remontée d’informations impliquant
la mise en place de processus assez com-
plexes? ? Les fournisseurs font partie de
nos opérations et de notre support. Il faut
qu’une culture de la relation fournisseur
s’instaure afin que ces derniers nous in-
forment des incidents mais aussi de ceux
qui ont été évités de justesse. ?
Buant à l?assurance? ? elle est entière-
ment intégrée au sein de notre programme
ERM. Aujourd'hui, nous analysons le risque
d'événements significatifs et établissons des
seuils de tolérance. Nous déployons alors des
programmes de réduction de risque, où l'assurance
doit s’adapter à notre appétence au risque et couvrir les
pires des scénarios catastrophe ?? Et de rappeler néanmoins
que le chber?risque fait partie des suYets sur lequel il est particuli!-
rement vigilant : ? Couvert par notre programme d'assurance, il ne peut
malheureusement effacer l'impact négatif d'un événement sur le produit
ou une marque. Nous nous efforçons donc d'améliorer nos systèmes de
surveillance et de protection contre les cyber-attaques. ?
L’IMPORTANCE DE LA CULTURE D’ENTREPRISE
Vis-à-vis des propriétaires de risques, Peter Juhlin se veut assez pragma-
tique et insiste sur l’échange d’information avec les porteurs de risque :
? Il est essentiel que chacun comprenne les besoins dans son propre secteur
et l'environnement dont il est responsable. Tous pourront ainsi naturelle-
ment identifier les risques plus ou moins importants, comprendre comment
les résoudre et s'impliquer davantage. Mon équipe peut les soutenir, mais
l’objectif principal pour l’organisation est que chacun puisse identifier et
gérer ses propres risques. La clé, c’est de cultiver et conforter une culture
fortement transparente d’identification des risques. ?
Il insiste aussi beaucoup sur la culture d'entreprise trop
souvent occultée par les technologies, les normes et
les contr+les? ? Lorsque j'arrive dans une nouvelle so-
ciété, ou lors d’une fusion ou d’une acquisition, je
commence toujours par essayer de comprendre la
culture actuelle de gestion des risques et la façon
dont le management l’utilise dans son processus
décisionnel. Commence alors la recherche des
points d’amélioration au regard des meilleures
pratiques de l'industrie. Même si les audits ex-
ternes nous évaluent comme ayant le meilleur
programme de Risk Management de notre caté-
gorie, nous courrons le risque d'être impactés et
rétrogradés si la société que nous venons d’intégrer
n’a pas la même maturité de risque que nous. Nous
devons améliorer en permanence notre contrôle des
risques en intégrant les tendances, les risques émergents et
ceux inhérents aux évolutions de notre portefeuille de produits.
En conséquence nous devons adapter et mettre en place des programmes
de formation tout en renforçant les contrôles pour nous assurer que ceci n’ar-
rive pas. Depuis que je travaille pour OMX et maintenant pour le Nasdaq, je
sens comment la culture change à travers le temps et c'est ce qui rend mon
travail particulièrement intéressant. Chaque année j'ai l'impression d'arri-
ver dans une nouvelle société ! ? ?
PDG
COMITÉ DIRECTEUR
DES RISQUES
BRANCHES D’ACTIVITÉ PERSONNES MORALES
CONFORMITÉ DU GROUPE
S?assure que l?opération
est conduite en conformité
avec la loi et la régulation
GESTION DE RISQUE DU GROUPE
Coordonne, supervise
et contrôle les processus ERM
Identification des risques
et évaluation incluant les plans d’action
de surveillance des KRI, tableaux de bord,
heat-maps, suivi des incidents…
AUDIT INTERNE
Surveille et évalue les processus
de contrôle interne, incluant
la gestion des risques et
les fonctions de conformité
CONSEIL D’ADMINISTRATION ET COMITÉ D’AUDIT
UN SERVICE AUX MULTIPLES
RESPONSABILITÉS
Peter Juhlin et son équipe ne gèrent pas uni-
quement le programme qui inclut la gestion du
programme mondial d’assurance. Il a également
sous sa responsabilité la gestion des risques privés,
la gestion de la continuité de l'entreprise et la ges-
tion de la sécurité. Son service est responsable
du comité des risques international et est en
veille constante : risques géopolitiques, alerte
météorologique (un ouragan, tremble-
ment de terre,…), action terroriste…
EaQ[Taux ST QoaS? <C:? 9Tat? \aps? aappoats S?inciSTnts Tt ST aisquTs conso[iS s? suiei STs [ \Tnts c[ s
4ontr+le Interne?4adre 4@S@
Certification
de conformité
Reporting
des risques et
des incidents
Gestion
des réponses
et plans
d’actions
Contrôle des
objectifs /
Surveillance
de la
conformité
Définit le
cadre commun
de risque et
surveille le
statut des
processus ERM
Surveillance
des statuts et
des résultats
d’audit
Définir les
contrôles,
surveiller
et tester
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 41
MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
6n 7aancT? [?oUUaT ST coueTatuaT STs aisquTs TneiaonnT\Tntaux Tst assTi co\p[!tT Tt aT[atieT\Tnt
ho\oV!nT? >ais [a [oi eisant inscaiaT Sans [T coST ciei[ [a notion ST ? pa YuSicT co[oViquT ?
attTnSuT poua [?auto\nT pouaaait chanVTa [a SonnT?
RISQUES ENVIRONNEMENTAUX :
LE MARCHÉ EN ATTENTE D’UNE
ÉVOLUTION LÉGISLATIVE
C
omment sont auYourd?hui couverts les risques
environnementaux en France ? Atout Risk
Manager a posé cette question aux principaux
assureurs du marché à travers une grille réalisée
par ?athalie 4lerc? présidente de la commission
environnement de l'AMRAE. 5 assureurs ont accepté de
répondre à cette grille en apportant un éclairage sur leur
vision du marché. Certes, il ne s’agit là que d’un panel
restreint mais représentatif du secteur car tous sont des
professionnels connus pour leur engagement sur ce type
de risque. La lecture des grilles ne montre d’ailleurs pas
d’énormes différences dans les couvertures des uns et
des autres, que ça soit pour la garantie Responsabilité
Civile Atteinte à l'Environnement (RCAE) ou la garantie
Responsabilité Environnementale (consécutive à la Loi
LRE), hormis pour les capacités maximum qui s’éche-
lonnent de 25 millions d’euros pour Liberty à 75 millions
d’euros pour HDI-Gerling (contrat établi sur les bases du
contrat d’Assurpol).
AIA 4S? préf!re pour sa part donner une fourchette
car expliquent Shlvie Monereau? Manager Eechnique
Environnement et Isabelle Kremer, souscripteur senior :
? nous étudions au cas par cas. Selon les affaires, des
sous-limites sont appliquées sur certaines garanties ??
Des capacités Yugées suffisantes par les assureurs
m"me si prévient Daniel <torza? Responsable des lignes
Responsabilité 4ivile chez Liberth ? lorsqu’il y a besoin
de grosses capacités à savoir 300-400 millions d’euros, il
est nécessaire d’aller sur le marché anglais ?? Buant aux
exclusions, elles concernent surtout le risque nucléaire
et certaines activités pétrochimiques.
EN ATTENTE DE LA LOI
Interrogés sur l’appétence des entreprises à souscrire ce
type de contrat, les assureurs soulignent une forte dicho-
tomie entre les grandes entreprises plutôt bien couvertes
et le reste du marché ?EEI et PME?? ? Le marché des grands
comptes est mature. Les groupes ont une notion importante
sur leurs risques environnementaux et ils y sont poussés par
la réglementation. Néanmoins, ils ont tendance à réduire
leurs investissements » note Ludovic Ruiller, Responsable
souscription Risques Environnementaux chez AIG France.
Catherine Renodon-Delubria, Directeur Produits et
Relations Grands Comptes HDI-Gerling est plus mitigée.
Elle souligne que l’inclusion de certaines garanties
- comme la pollution accidentelle - dans les contrats de
responsabilité civile générale, ne pousse pas les indus-
triels à acheter des garanties supplémentaires : « une
grande partie de leurs risques est garantie par la RCG et
ils croient moins à la pollution graduelle. ?
La seconde partie de l?enqu"te portait sur la faqon dont
les assureurs comptent faire évoluer leur offre face à la
future loi qui vise à inscrire dans le code civil, la notion
de préYudice écologique?
Nathalie Clerc,
Présidente de la commission
environnement de l'AMRAE
TROIS POINTS MAJEURS
DU PROJET DE LOI
? Le proYet de loi vise à inscrire dans le code civil
la notion de ? préYudice écologique ? et le prin-
cipe de réparation de ce préYudice?
? Le proYet ouvre largement également le champ
des personnes qui auront qualité à agir pour
demander cette réparation : l?tat? le minist!re
public, les collectivités locales et groupement
des territoires concernés ainsi que les associa-
tions de protection de la nature.
• Le principe de la réparation en nature aux frais de
celui qui a causé le dommage demeure mais, dans
certaines conditions? des dommages et intér"ts
peuvent "tre alloués? Par ailleurs? le Yuge pourrait
prononcer une amende civile? en cas de ? faute
grave et intentionnelle ?? 4ette amende ne pour-
ra pas "tre supérieure à s millions d?euros? sauf
s'il s'agit d'une personne morale. Dans ce cas,
l?amende pourra "tre portée à r{ ? du montant
du chiffre d'affaires mondial hors taxe le plus éle-
vé ? réalisé lors d?un exercice précédent?
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 42
PRODUITS ET SERVICES
À de nombreuses reprises, l’AMRAE s’est prononcée sur la question,
inspirée par le rapport Jégouzo qui, après plusieurs reports, pour-
rait "tre présenté au Parlement dans les prochaines semaines? Aucun
des assureurs interrogés cependant n’a apporté de réponse définitive
par rapport à l’évolution des polices : « Oui, il y aura un impact sur les
produits actuels et sur la façon dont ils sont souscrits. Des questions vont
se poser sur la responsabilité, sur les ayants droit… Cela va créer une
certaine insécurité ? soulignent Shlvie Monereau et Isabelle <remer?
« Nous suivons ça de très près mais sans texte et conditions définitifs,
nous restons dans l’attente. Nous aurons des ajustements à faire pour
nous adapter à la définition prévue dans l'article du code civil. Nos
contrats sont de toute façon en constante évolution pour faire face à
la jurisprudence et aux changements législatifs » note pour sa part
Catherine Renodon-Delubria.
M"me comportement attentiste chez Ace : « Nous proposons un avenant
depuis septembre 2014 sur la gestion de crise par rapport aux risques
environnementaux. Nous avons mis sur pied une équipe spécialisée qui
accompagnera en amont les entreprises, pour les aider à se préparer et
ensuite pour répondre aux médias. Car sur ce type de problématique, il y a
un très gros risque de réputation ? explique Aurélie Fallon? Souscripteur
Senior Risques Environnementaux chez Ace France? AIG est également
vigilant par rapport à cette nouvelle réglementation mais n’envisage
pas de changements à court terme : « L’engagement actuel – 50 millions
d’euros – nous paraît suffisant mais nous pourrons augmenter nos capa-
cités s’il le faut. D’autant que nous ne mettons pas en place de sous-limites
dans les garanties proposées. Mais la loi va faire bouger le marché notam-
ment sur la problématique de dépollution des sites car il y aura forcément
de nouvelles mises en causes possibles de nos assurés. Cela sera un axe de
développement de nos produits ?? précise Ludovic Ruiller?
Quant à Daniel Ktorza, il résume le sentiment général des assureurs :
« ce qui est certain, c’est que la loi entraînera des contraintes plus fortes
qui obligeront les entreprises à s’assurer davantage ?? De fait? si la loi
passe, tous les professionnels misent sur une hausse de la demande
surtout en provenance des EEI : ? Le “Middle Market” est le cœur de
cible de tous les assureurs ?? reconna&t Ludovic Ruiller? Pour A4E? le
contexte va m"me "tre l?occasion d?attaquer le marché des PME en
lançant une offre à souscrire en ligne pour les entreprises qui réalisent
un maximum de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Quoiqu’il en
soit, l’ensemble du marché - assureurs, courtiers et entreprises - est
désormais suspendu à la décision ministérielle.
LA POSITION DE L’AMRAE
« La réforme du code civil, destinée à établir
un régime spécial d’indemnisation pour les
dommages causés à l’environnement, re-
vient sur le devant de la scène. Pour mémoire,
Madame la Garde des Sceaux a confié au prin-
temps 2013 à un groupe de travail présidé par
Monsieur le Professeur Jégouzo, la mission de dresser un panorama
complet du sujet et d’expertiser les nombreuses questions que la répa-
ration du préjudice écologique pur posait au plan juridique. Rappelons
à cet égard que le législateur français en transposant en droit français
au moyen de la loi N° 2008-757 du 1er août 2008, dite LRE, la directive
2004/35/CE du 21 avril 2004, a déjà doté la France d’une réglementa-
tion spécifique même si elle est, à certains égards, incomplète. »
Le groupe de travail a rendu son rapport à l’automne 2013 et for-
mulé 10 propositions. L’AMRAE a pris position sur chacune de ces
r{ propositions en adressant une note à la 4hancellerie? touYours
disponible sur le site de l’AMRAE.
L’AMRAE y concluait :
« La LRE (Art L 161-1 et suivants du code l’environnement) apporte
des réponses adaptées à la préoccupation légitime de préservation
ou de réparation de l’environnement.
Son champ d’application et les mécanismes mis en place s’ils sont
jugés insuffisants pourraient être améliorés. En tout état de cause,
l’introduction d’un régime civil de la réparation du dommage environ-
nemental se fera au détriment d’une réelle efficacité de sa réparation.
Si la voie d’une introduction dans le code civil d’un régime spécial
de réparation devait néanmoins être retenue par la Chancellerie,
nous demandons qu’une concertation nationale soit engagée, les
propositions du rapport Jegouzo nécessitant comme nous venons de
le démontrer de très importants aménagements. »
Or aucune concertation n’a été engagée depuis lors. Pour autant,
Madame la Garde des Sceaux a annoncé le rr février dernier que
le projet de loi sortirait avant l’été. Ce projet de loi n’a pas encore
été rendu public mais il se dit qu’il reprendrait la majeure partie
des propositions du rapport Jégouzo.
« Nous nous attacherons également, si les moyens nous en sont don-
nés par la Chancellerie, à lui faire part, une nouvelle fois, de notre
position. Nous sommes d’ailleurs à l’écoute des commentaires ou
réactions que vous pourriez avoir envie d’exprimer. »
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 43
PRODUITS ET SERVICES
ENQUÊTE GARANTIES « RESPONSABILITÉ CIVILE ATTEINTE À L'ENVIRONNEMENT » ET « RESPONSABILITÉ ENVIRONNEMENTALE - LOI LRE »
CAPACITÉ MAXIMUM EN € 75 M 25 M 50 M 50 M 50 À 75 M€
FOURCHETTE, À ÉTUDIER AU CAS
PAR CAS. SELON LES AFFAIRES, DES
SOUS-LIMITES SERONT APPLIQUÉES
SUR CERTAINES GARANTIES
INTERDIT DE SOUSCRIPTION : ACTIVITÉS ET/OU PAYS NON
RÉSEAUX DE
PIPELINE ENTERRÉS
D'HYDROCARBURES
NUCLÉAIRE - PLATEFORME
PÉTROLIÈRE OFFSHORE - MINES /
PAYS SOUS EMBARGO - FRACKING
(FRACTURATION HYDRAULIQUE)
NUCLÉAIRE/PAYS
OFAC
PÉTROCHIMIE, RISQUE
NUCLÉAIRE, NAVIGATIONS
MARITIME ET AÉRIENNE
CAPACITÉ SPÉCIFIQUE (HORS POOL ASSURPOL) NON OUI OUI OUI OUI
TEXTE SPÉCIFIQUE (HORS POOL ASSURPOL) OUI OUI OUI OUI OUI
OUI, MAIS BASE ASSURPOL
OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX (€ ) OUI /NON MONTANT MAX (€ ) OUI /NON MONTANT MAX (€ ) OUI /NON MONTANT MAX (€ )
GARANTIE RESPONSABILITÉ CIVILE ATTEINTE À L'ENVIRONNEMENT (RCAE) 50 M OUI 50 M OUI
ACCIDENTELLE OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
ACCIDENTE ET GRADUELLE OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DE L'EXPLOITATION DES SITES ASSURÉS OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES PRODUITS LIVRÉS 50 M AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS NON NON OUI 50 M AU CAS PAR CAS
EN QUALITÉ DE MAÎTRE D'OUVRAGE D'OPÉRATIONS DE DÉMAN TÈLEMENT PARTIEL OU TOTAL DE SITE ET/OU DE DÉPOLLUTIONOUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DE L'ACCOMPLISSEMENT DE PRESTATIONS DE SERVICES OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES OPÉRATIONS DE TRANSPORT OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES DÉCHETS OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DOMMAGES RÉSULTANT DE REJETS OU ÉMISSIONS AUTORISÉES OU TOLÉRÉES PAR LES AUTORITÉS ADMINISTRATIVES OUI 25 M NON NON OUI 50 M AU CAS PAR CAS
GARANTIES DES DOMMAGES CORPORELS ET MATÉRIELS OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
GARANTIE DES DOMMAGES IMMATÉRIELS CONSÉCUTIFS OUI 15 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
GARANTIE DES DOMMAGES IMMATÉRIELS NON CONSÉCUTIFS OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
EXTENSION DE GARANTIE AUX DIRIGEANTS OUI 15 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS D'URGENCE OUI 15 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS DE RÉDUCTION OUI 15 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DOMMAGES AUX BIENS CONFIÉS OUI INCLUS OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DOMMAGES AUX BIENS DES PRÉPOSÉS OUI INCLUS OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX (€)
GARANTIE RESPONSABILITÉ ENVIRONNEMENTALE (LOI LRE) - RE 50 M € 50 M OUI
DU FAIT DE L'EXPLOITATION DES SITES ASSURÉS OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES PRODUITS LIVRÉS OUI 50 M € AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS OUI 50 M OUI 50 M OUI
EN QUALITÉ DE MAÎTRE D'OUVRAGE D'OPÉRATIONS DE DÉMAN TÈLEMENT PARTIEL OU TOTAL DE SITE ET/OU DE DÉPOLLUTIONOUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DE L'ACCOMPLISSEMENT DE PRESTATIONS DE SERVICES OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES OPÉRATIONS DE TRANSPORT OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES DÉCHETS OUI OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DOMMAGES RÉSULTANT DE REJETS OU ÉMISSIONS AUTORISÉES OU TOLÉRÉES PAR LES AUTORITÉS ADMINISTRATIVESOUI SI FAIT FORTUIT OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M AU CAS PAR CAS
GARANTIE DES ATTEINTES À L'ENVIRONNEMENT
(MODIFICATION DU MILIEU) SANS FAIT DE POLLUTION
OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS DE RÉDUCTION OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS DE RÉPARATION OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
EXTENSION DE GARANTIE AUX DIRIGEANTS OUI 15 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
GARANTIES SPÉCIFIQUES OUI /NON MONTANT MAX (€) OUI /NON MONTANT MAX (€) OUI /NON MONTANT MAX (€) OUI /NON MONTANT MAX (€) OUI /NON MONTANT MAX EN €
FRAIS DE DÉPOLLUTION DES SOLS ET DES EAUX OUI 25 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
Y COMPRIS POLLUTION SUBIE OUI 10 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS DE DÉPOLLUTION DES BIENS MOBILIERS ET IMMOBILIERS OUI 25 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
Y COMPRIS POLLUTION SUBIE OUI 10 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
PERTES D'EXPLOITATION OUI 15 M € OUI 25 M OUI 50 M
OUI Y COMPRIS POUR
LA POLLUTION SUBIE
FRANCHISES MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN € MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN € MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN € MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN € MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN €
GARANTIE RESPONSABILITÉ CIVILE ATTEINTE À L'ENVIRONNEMENT - RCAE 2 000 75 000 AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS 5 000 PAS DE MAX 2 000 PAS DE MAX SELON LES CAS
GARANTIE RESPONSABILITÉ ENVIRONNEMENTALE (LOI LRE) - RE 2 000 75 000 AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS 5 000 PAS DE MAX 2 000 PAS DE MAX SELON LES CAS
FRANCHISES SPÉCIFIQUES ÉVENTUELLES PAS DE MAX SELON LES CAS
PERTES D'EXPLOITATION 5 JOURS OUVRÉS AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS 3 JOURS PAS DE MAX 2 JOURS 5 JOURS SELON LES CAS
AUTRES À PRÉCISER PAS DE MAX 250 000 PAS DE MAX SELON LES CAS
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 44
PRODUITS ET SERVICES
ENQUÊTE GARANTIES « RESPONSABILITÉ CIVILE ATTEINTE À L'ENVIRONNEMENT » ET « RESPONSABILITÉ ENVIRONNEMENTALE - LOI LRE »
CAPACITÉ MAXIMUM EN € 75 M 25 M 50 M 50 M 50 À 75 M€
FOURCHETTE, À ÉTUDIER AU CAS
PAR CAS. SELON LES AFFAIRES, DES
SOUS-LIMITES SERONT APPLIQUÉES
SUR CERTAINES GARANTIES
INTERDIT DE SOUSCRIPTION : ACTIVITÉS ET/OU PAYS NON
RÉSEAUX DE
PIPELINE ENTERRÉS
D'HYDROCARBURES
NUCLÉAIRE - PLATEFORME
PÉTROLIÈRE OFFSHORE - MINES /
PAYS SOUS EMBARGO - FRACKING
(FRACTURATION HYDRAULIQUE)
NUCLÉAIRE/PAYS
OFAC
PÉTROCHIMIE, RISQUE
NUCLÉAIRE, NAVIGATIONS
MARITIME ET AÉRIENNE
CAPACITÉ SPÉCIFIQUE (HORS POOL ASSURPOL) NON OUI OUI OUI OUI
TEXTE SPÉCIFIQUE (HORS POOL ASSURPOL) OUI OUI OUI OUI OUI
OUI, MAIS BASE ASSURPOL
OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX (€ ) OUI /NON MONTANT MAX (€ ) OUI /NON MONTANT MAX (€ ) OUI /NON MONTANT MAX (€ )
GARANTIE RESPONSABILITÉ CIVILE ATTEINTE À L'ENVIRONNEMENT (RCAE) 50 M OUI 50 M OUI
ACCIDENTELLE OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
ACCIDENTE ET GRADUELLE OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DE L'EXPLOITATION DES SITES ASSURÉS OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES PRODUITS LIVRÉS 50 M AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS NON NON OUI 50 M AU CAS PAR CAS
EN QUALITÉ DE MAÎTRE D'OUVRAGE D'OPÉRATIONS DE DÉMAN TÈLEMENT PARTIEL OU TOTAL DE SITE ET/OU DE DÉPOLLUTIONOUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DE L'ACCOMPLISSEMENT DE PRESTATIONS DE SERVICES OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES OPÉRATIONS DE TRANSPORT OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES DÉCHETS OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DOMMAGES RÉSULTANT DE REJETS OU ÉMISSIONS AUTORISÉES OU TOLÉRÉES PAR LES AUTORITÉS ADMINISTRATIVES OUI 25 M NON NON OUI 50 M AU CAS PAR CAS
GARANTIES DES DOMMAGES CORPORELS ET MATÉRIELS OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
GARANTIE DES DOMMAGES IMMATÉRIELS CONSÉCUTIFS OUI 15 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
GARANTIE DES DOMMAGES IMMATÉRIELS NON CONSÉCUTIFS OUI 50 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
EXTENSION DE GARANTIE AUX DIRIGEANTS OUI 15 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS D'URGENCE OUI 15 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS DE RÉDUCTION OUI 15 M OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DOMMAGES AUX BIENS CONFIÉS OUI INCLUS OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DOMMAGES AUX BIENS DES PRÉPOSÉS OUI INCLUS OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX EN € OUI /NON MONTANT MAX (€)
GARANTIE RESPONSABILITÉ ENVIRONNEMENTALE (LOI LRE) - RE 50 M € 50 M OUI
DU FAIT DE L'EXPLOITATION DES SITES ASSURÉS OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES PRODUITS LIVRÉS OUI 50 M € AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS OUI 50 M OUI 50 M OUI
EN QUALITÉ DE MAÎTRE D'OUVRAGE D'OPÉRATIONS DE DÉMAN TÈLEMENT PARTIEL OU TOTAL DE SITE ET/OU DE DÉPOLLUTIONOUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DE L'ACCOMPLISSEMENT DE PRESTATIONS DE SERVICES OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES OPÉRATIONS DE TRANSPORT OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DU FAIT DES DÉCHETS OUI OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
DOMMAGES RÉSULTANT DE REJETS OU ÉMISSIONS AUTORISÉES OU TOLÉRÉES PAR LES AUTORITÉS ADMINISTRATIVESOUI SI FAIT FORTUIT OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M AU CAS PAR CAS
GARANTIE DES ATTEINTES À L'ENVIRONNEMENT
(MODIFICATION DU MILIEU) SANS FAIT DE POLLUTION
OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS DE RÉDUCTION OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS DE RÉPARATION OUI 50 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
EXTENSION DE GARANTIE AUX DIRIGEANTS OUI 15 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
GARANTIES SPÉCIFIQUES OUI /NON MONTANT MAX (€) OUI /NON MONTANT MAX (€) OUI /NON MONTANT MAX (€) OUI /NON MONTANT MAX (€) OUI /NON MONTANT MAX EN €
FRAIS DE DÉPOLLUTION DES SOLS ET DES EAUX OUI 25 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
Y COMPRIS POLLUTION SUBIE OUI 10 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
FRAIS DE DÉPOLLUTION DES BIENS MOBILIERS ET IMMOBILIERS OUI 25 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
Y COMPRIS POLLUTION SUBIE OUI 10 M € OUI 25 M OUI 50 M OUI 50 M OUI
PERTES D'EXPLOITATION OUI 15 M € OUI 25 M OUI 50 M
OUI Y COMPRIS POUR
LA POLLUTION SUBIE
FRANCHISES MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN € MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN € MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN € MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN € MONTANT MINI EN € MONTANT MAX EN €
GARANTIE RESPONSABILITÉ CIVILE ATTEINTE À L'ENVIRONNEMENT - RCAE 2 000 75 000 AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS 5 000 PAS DE MAX 2 000 PAS DE MAX SELON LES CAS
GARANTIE RESPONSABILITÉ ENVIRONNEMENTALE (LOI LRE) - RE 2 000 75 000 AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS 5 000 PAS DE MAX 2 000 PAS DE MAX SELON LES CAS
FRANCHISES SPÉCIFIQUES ÉVENTUELLES PAS DE MAX SELON LES CAS
PERTES D'EXPLOITATION 5 JOURS OUVRÉS AU CAS PAR CAS AU CAS PAR CAS 3 JOURS PAS DE MAX 2 JOURS 5 JOURS SELON LES CAS
AUTRES À PRÉCISER PAS DE MAX 250 000 PAS DE MAX SELON LES CAS
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 45
PRODUITS ET SERVICES
L’
Assemblée nationale ayant eu le dernier mot, le Parlement a
habilité le gouvernement à réformer par ordonnance le droit
des contrats, la preuve et le régime général des obligations
aux termes de l?article y de la loi n? s{rv?rxx du rw février
s{rv relative à la modernisation et à la simplification du
droit et des procédures dans les domaines de la Yustice et des affaires
intérieures ? et le conseil constitutionnel n?h a pas trouvé à redire? Fn
proYet d?ordonnance de pr!s de ts{ articles a été soumis à une consul-
tation publique qui s’est achevée le 30 avril dernier.
LA RÉFORME ENGAGÉE EST NÉCESSAIRE
En effet, le droit français des contrats est devenu largement inaccessible
aux non?spécialistes : de mati!re codifiée? il est devenu une mati!re
prétorienne? faqonnée par sr{ années de sédimentation Yurispru-
dentielle? Son intelligibilité en a souffert et sa consultation sur le site
Légifrance ne permet pas aux opérateurs économiques d’avoir une vision
du droit vivant des contrats. De plus, il présente des lacunes importantes
à ce Your : on h chercherait en vain les avant?contrats? la structure m"me
de l’accord de volonté ou encore la durée des contrats.
LA RÉFORME ENGAGÉE EST UTILE
Premi!rement? parce que le proYet d?ordonnance rend le droit positif
des contrats beaucoup plus accessible. La nouvelle ossature du droit
des obligations s’organiserait autour des sources d’obligations, du
régime général des obligations et de la preuve? Fn titre III ?? Des
sources d’obligations ?? refondu distinguerait utilement entre les diffé-
rentes sources d’obligations et serait subdivisé en trois sous-titres :
volumineux, le premier serait dédié aux obligations de source contrac-
tuelle ?Sous?titre I : ? Le contrat ?? ? repris à droit constant dans un
premier temps des actuels articles 1382 à 1386-18, le deuxième porte-
rait sur les obligations extracontractuelles ?Sous?titre II : ? La respon-
sabilité extracontractuelle ?? ? le troisi!me ferait figure de sous?titre
? balai ?? dévolu aux autres sources et? pratiquement? aux obligations
quasi?contractuelles ?Sous?titre III : ? Les autres sources d’obligations ??
organisé en trois chapitres correspondant aux trois quasi-contrats).
Le titre IV serait lui?m"me profondément nouveau? qui rassemblerait
désormais les règles éparses intéressant le régime général des obli-
gations en un titre dédié ?? Du régime général des obligations ??? titre
substantiel là encore? Fn titre IV bis serait inséré à la suite des deux
précédents? lequel rassemblerait les textes consacrés à la preuve ?? De
LA RÉFORME DU DROIT DES
CONTRATS, C’EST MAINTENANT…
2nnonc T STpuis [Ts c [ Qaations Su QicTntTnaiaT Su coST ciei[ Tn s{{u? [a a Uoa\T Su Saoit STs
contaats aTe"tait STs a[[uaTs S?aa[ siTnnT ? STs aeant? paoYTts sT sont succ S sous [a hou[TttT ST
VaanSs YuaistTs ?4ata[a Tn s{{v? ETaa Tn s{{y? tanSis quT [a chancT[[TaiT aeait [aQoa un paoYTt
Tn \ai s{{y aT\is sua [T \ tiTa Tn s{{z sans e aitaQ[T eo[ont po[itiquT ST \isT Tn kueaT? La
8aaST STs scTaux s?Tst saisiT ST cTttT quTstion fin s{rt Tt Tst paaeTnuT eaincaT [a a ticTncT S?un
D nat hosti[T toutT a Uoa\T Su coST ciei[ Tn SThoas ST [a eoiT paa[T\TntaiaT?
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 46
VEILLE ET POSITION
la preuve des obligations »). La réforme serait pour une
très large part la consolidation de solutions connues,
rendues plus intelligibles par leur réception dans une
norme écrite dans un français contemporain : le couple
de l’offre et de l’acceptation, le pacte de préférence, la
promesse unilatérale ou encore la durée des contrats
auront enfin les honneurs du code civil ? la créance
apparaîtra comme un bien et plus seulement comme un
lien dans le nouveau régime général des obligations.
Quelques innovations toutefois seront à l’origine d’une
évolution de solutions existantes.
Deuxi!mement? parce que le proYet d?ordonnance
améliorerait notablement l’efficience de notre droit. La
réforme s’inscrit résolument dans une perspective libé-
rale? annoncée d!s l?article s du nouveau Sous?titre r
par une réception de la liberté contractuelle (« chacun
est libre de contracter ou de ne pas contracter, de choisir
son cocontractant et de déterminer le contenu et la forme
du contrat dans les limites fixées par la loi ? ?art? rr{s al?
r du proYet?? et une réaffirmation du consensualisme
?art? rrxr du proYet?? Bui dit contractuel dira encore
Yuste : le législateur refuse tout contr+le de principe
de l’équivalence des prestations : sauf exception donc,
« dans les contrats synallagmatiques, le défaut d’équiva-
lence des obligations n’est pas une cause de nullité du
contrat (…) ? ?art? rrx{ du proYet?? Et ce libéralisme se
traduit par une foi renouvelée non seulement dans la
volonté commune mais dans la volonté unilatérale. À
l’instar de certains droits européens, le pouvoir de la
volonté unilatérale progresse au nom de la simplicité
et de la rapidité : celle-ci pourra tour à tour suspendre
par anticipation un contrat en cas d’inexécution mani-
feste ultérieure du cocontractant ?art? rss{ du proYet??
résoudre celui-ci à ses risques et périls (art. 1226),
fixer unilatéralement le prix des contrats-cadres, à
exécution successive (art. 1163) ou d’entreprise (art.
1164), sous réserve naturellement d’un contrôle ulté-
rieur de l’abus. Time is money. Et la disparition - plus
formelle que réelle - de la notion de cause s’explique
par une exigence de sécurité juridique rétive à une
notion devenue trop pexible et imprévisible entre les
mains du juge.
LA RÉFORME ENGAGÉE EST ÉQUILIBRÉE
Refusant le seul ? business friendly » si cher aux pays de
common law, le législateur a souhaité promouvoir des
solutions équilibrées et s’inscrivant dans une tradition
continentale qui a toujours fait cas de la protection
de la partie faible? D?o/ l?affirmation d?un devoir de
contracter et pas seulement d’exécuter de bonne foi
immédiatement après celui de liberté contractuelle ; le
droit français ne ferait ici que mettre en exergue une
trilogie de principes Directeurs largement communs
aux pays d’Europe : liberté, loyauté et sécurité contrac-
tuelle. Et l’aversion pour les déséquilibres contractuels
ultérieurs et imprévus conduira à une possible résilia-
tion judiciaire pour imprévision : en l’absence d’accord
des parties, le juge pourra mettre fin au contrat mais
il ne pourra l’adapter sans avoir reçu pouvoir à cet
effet des contractants. Plus inopportunément, le choix
a été fait, en l’état, de généraliser la prohibition des
clauses abusives à l’ensemble des contrats suscitant
une véritable levée de boucliers lors de la consulta-
tion : il conviendrait de réserver cette prohibition aux
seuls contrats d’adhésion, par ailleurs définis dans le
projet. L’admission de la violence économique appelle
les m"mes réserves tant sont pous ses contours?
Cette réforme devra être conduite dans l’année de l’ha-
bilitation donc pour la mi-février 2016 et le secteur
des assurances ne pourra que s?h intéresser? Fne fois la
réforme stabilisée, il conviendra d’en mesurer l’impact
en particulier sur les contrats d’assurance. Nécessaire,
utile et équilibrée, elle est attendue. Il conviendra
cependant que soient gommées certaines imper-
fections du projet, à commencer par la suppres-
sion peu compréhensible de la subrogation
conventionnelle consentie par le créancier…
Par Philippe Dupichot,
Professeur à l’École
de droit de la Sorbonne,
Senior Counsel de Gide
Loyrette Nouel
Richard Ghueldre,
Avocat Associé de Gide
Loyrette Nouel, membre
du Comité scientifique
de l’AMRAE
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 47
VEILLE ET POSITION
VIOLENCES POLITIQUES
3oZo 9aaa\? 5aTch? 2[ Ba#Sa? caisT po[itiquT Tn FZaainT? ? Printemps arabes ?? 5Tpuis quiniT
ans? [T aisquT ? Violences politiques ? a pais unT a\p[Tua Tt unT intTnsit noueT[[Ts? sans
qu?aucunT ionT Su V[oQT nT soit paaVn T? 5ans cTs noueTaux contTxtTs? quT[[Ts coueTatuaTs
adopter ? BuTstion pos T paa [a 4o\\ission ? Dommages aux biens ? ST [?2>C26 [oas ST sa
sTssion sp cia[T Su sx \aas s{rv?
E
n termes d’Investissements Directs à l’Etranger (IDE), les
tats?Fnis? la 4hine? le Rohaume?Fni et la France caracolent
en t"te du classement mondial? Erois de ces pahs sont cepen-
dant visés par des menaces terroristes récurrentes, engendrant
une menace économique quasi-permanente de leurs actifs
physiques. Entre 2013 et 2014, le nombre total d’incidents liés au
terrorisme a cr0 de rtr ? aux Amériques et zy ? en Europe??? Mais
c’est en Afrique que l’on constate la plus forte progression avec une
augmentation de stt ??
La résurgence des nationalismes est également un risque maYeur de
violence politique : émeutes, politiques de nationalisation, mouve-
ments anti-globalisation et anticapitaliste à l’instar du Black Bloc.
F?6 5L:>:E2E:@? 4L2:C6 56D C:DBF6D?
La maîtrise de la couverture assurantielle des violences politiques pour
l’entreprise constitue donc un élément clé pour le Risk Manager. Or, il
n’existe pas encore de format standard dans la couverture des risques
politiques en dommages car la définition de l?aléa en la mati!re n?est
pas stabilisée? Fn soul!vement d?une partie de la population est?il une
émeute, une révolution, une guerre civile, ou, comme l’expliquent
certains gouvernements? du terrorisme ?
S?il appartient à l?assuré d?apporter les éléments qui donnent droit à
une garantie, deux contraintes se dressent face à lui : d’abord, dans la
plupart des cas? les autorités locales ne qualifient pas obYectivement
la nature de l?événement ? ensuite? la difficulté fréquente pour des
experts ou des loss adjusters de se rendre sur place.
En face, l’assureur dommages doit lui apporter la preuve que les exclu-
sions de la police s’appliquent, comme le montre l’article L121-8 du Code
des Assurances : ? C’est à l’assureur, pour s’exonérer, qu’il appartient de
prouver que le sinistre résulte de la guerre civile, d’émeutes, ou de mouve-
ments populaires
? A@FC 56D 4@FG6CEFC6D 2DDFC2?E:6LL6D 5G6L@AA6D
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’instabilité géopolitique
a cependant permis de faire évoluer les couvertures assurantielles. Le
terrorisme est désormais inclus dans certaines polices de réassurance.
Quelques polices stand-alone voient le Your? La compétition est ouverte
pour le renouvellement des polices.
Le marché de l?assurance des risques politiques affiche un exc!s de
capacité lié aux nouveaux entrants : plus de 2 milliards de dollars de
capacité si le client n’a aucune exposition cumulative, et plus de 850
millions de dollars lorsque l’exposition est cumulative.
LES TROIS PRINCIPAUX TYPES DE POLICE
• La po[icT ? Et ? t{t{ couvre le terrorisme et le sabotage. Elle
est proposée aux assurés ayant des expositions limitées aux
pays développés (ne s’applique pas aux pays pour lesquels
la couverture via un mécanisme de ? pool étatique ? est
obligatoire) ;
• La po[icT t{zs couvre le terrorisme, le sabotage, les émeutes,
les grèves, la destruction volontaire par les autorités locales
et les mouvements populaires. Elle est proposée aux assurés
souhaitant obtenir la couverture ? Eerrorisme ?? mais aussi une
meilleure couverture en SR44 ?en IS ou en premi!re perte? ?
• La po[icT ? Gio[TncTs po[itiquTs ? couvre l’ensemble des
risques politiques. Elle inclut notamment les guerres étran-
gères et civiles, les révolutions, les insurrections, les coups
d?tat? et les rébellions? Elle est proposée aux assurés ahant
des expositions sur les pays hors OCDE.
Le cas de la France
En France, la couverture terrorisme,
obligatoire, est régie par les accords
du GAREAE? En fonction du choix
de couverture de l’assuré, la garantie
de l?tat s?applique entre s{ et r{{ ??
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 48
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS
LA MAÎTRISE DU RISQUE NUMÉRIQUE
ET SON TRAITEMENT ASSURANTIEL
L
a liste des entreprises victimes de
cyber-attaques s’est encore allongée en
2015. Face aux cyber risques apparus
récemment mais dont la croissance
est exponentielle, les Risk Managers
peuvent parfois se retrouver démunis. C’est
pourquoi l?AMRAE et le 4ESI? ont publié récem-
ment un guide méthodologique professionnel
intitulé Cyber Risques : Outil d’aide à l’analyse
et au traitement assurantiel.
5 ÉTAPES? 4LD A@FC C5F:C6 L6 C:DBF6
Disponible dans la collection ? 4ahiers Eechni?
ques ?? cette publication de l?AMRAE donne aux
gestionnaires de risques une matrice permet-
tant d’effectuer un diagnostic adapté à son en-
treprise? en cinq étapes maYeures?
1 Identification du risque : elle se matéria-
lise dans la matrice par une description pré- cise d’une liste indicative de scénarios de chber risques? 4ette liste doit "tre amendée ou complétée en fonction de l’univers des risques propre à chaque entreprise.
2 ea[uation STs i\pacts : cette étape liste
les typologies d’impacts de chacun des risques, réparties en deux catégories (impacts sur l’as- suré ou impacts sur les tiers). Cette description sera ensuite complétée par une évaluation fi- nanci!re des thpologies d?impacts identifiés?
3 ea[uation STs taaitT\Tnts Tn p[acT : il liste
les mesures de prévention ou de protection du risque chber déYà en place dans l?entreprise afin d?affiner l?analhse de l?intensité de l?impact et de quantifier l?impact des risques résiduels?
4 :neTntaiaT STs po[icTs S?assuaancT
actu el les : il décrit les réponses apportées par
les polices d’assurance en place au sein de l’or-
ganisation en matière de Dommages aux biens, Pertes financi!res consécutives? Responsabilité Civile Générale, Fraude, Cyber…
5 ea[uation STs a su[tats actuT[s Tt STs
QTsoins S?aSaptation ? dernière étape de la
synthèse de l’analyse, elle permet de ques- tionner l?efficacité des solutions de traitement et de financement mises en place dans chaque entreprise.
UNE MATRICE POUR AIDER
LES RISK MANAGERS
galement réalisée sous l?égide de Franqois
3eaume? Président de la 4ommission ? Shst!mes
d?information ? de l?AMRAE? la matrice du chber
risque est une aide précieuse pour l’analyse du
risque cyber par les Risk Managers. Cet outil
méthodologique leur permet de mieux interagir
avec les RSSI et les professionnels de l?assurance
sur plusieurs param!tres : définition d?un voca-
bulaire commun cyber risques compris par tous,
nouveaux plans d?actions en sécurité SI à mettre
en place, évolution des limites des garanties
assurantielles, souscription de garanties cyber,
implication des captives...
Fruit du groupe de travail ? 4hber assurance ?
de la 4ommission Shst!mes d?Information de
l?AMRAE? cet ouvrage fera sans doute l?obYet
de mises à Your? comme l?explique le Président
du 4ESI?? Alain 3ouillé : ? Notre groupe de tra-
vail est inscrit dans la durée, tant pour pérenni-
ser l’outil que pour suivre l’évolution des cyber
risques ?? Affaire à suivre ?
Commission
Systèmes d’Information
CYBER RISQUES
Outil d’aide à l’analyse et au
traitement assurantiel
En partenariat avec le
Cahiers Techniques 2015
4J36C C:DBF6D ? @FE:L
D’AIDE À L’ANALYSE ET AU
TRAITEMENT ASSURANTIEL
4ollection ? 4ahiers Eechniques ?
de l’AMRAE
7acT [a paoVaTssion TxponTntiT[[T STs cyQTa?attaquTs Tt [a SiUficu[t STs CisZ >anaVTas UaiaT
[T point TntaT [Ts VaaantiTs c[assiquTs Tt [Ts oUUaTs cyQTa Su \aach ST [?assuaancT? [?2>C26? Tn
paatTnaaiat aeTc [T 46D:? ?4[uQ STs 6xpTats ST [a D cuait ST [?:nUoa\ation Tt Su ?u\ aiquT?
a Uouani un outi[ staat ViquT S?ana[ysT Tt S?aiST [a S cision aeTc cTttT noueT[[T puQ[ication?
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 uz
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS AMRAE
LA PROTECTION
DU DIRIGEANT D’ENTREPRISE
«
Aujourd’hui, le problème du dirigeant
est qu’on lui demande d’être omniscient,
omni-compétent et extrêmement prudent
en toutes circonstances ». Stéphane
Choisez, Avocat spécialisé en droit des
assurances et en droit bancaire et financier, rappelle
que contrairement aux tats?Fnis? en France? le chef
d’entreprise ne peut être financièrement protégé
par la société qu’il dirige. La suspicion d’avoir agi
à l’encontre de l’intérêt social de la société (abus
de bien social?A3S? ne permet donc pas à celle?ci
de procurer à son dirigeant le bouclier financier
dont il aurait besoin pour payer ses frais de défense
et d’éventuels dommages et intérêts à verser aux
plaignants.
L’IMPACT POTENTIEL DES RISQUES CYBER SUR
LE PATRIMOINE DU DIRIGEANT
En France, les dirigeants sont-ils conscients de ce
risque ? Stéphane Choisez estime que non au vu
notamment du nombre de cyber attaques qui dé-
fraient régulièrement la chronique (Orange, Dominos
Pizza…).
« La phase d’accélération des sinistres cybers posera
forcément, à un moment ou à un autre, surtout avec
le nouveau règlement européen, la question de l’infor-
mation des clients ?? Et qui dit information dit co0t?
surtout pour les PME?EEI? ? Avertir 100 000 personnes
avec une lettre recommandée, cela représente beau-
coup de trésorerie. Le coût final du sinistre va forcé-
ment impacter la façon dont on va gérer les recours. »
Mais les choses évoluent et si l’assurance cyber est
encore Yeune? c+té entreprises? le risque chber est
désormais mieux pris en compte. « Cette prise de
conscience est pour l’heure encore relativement intel-
lectuelle mais pas opérationnelle », nuance l’avocat,
avant de poursuivre, « j e suis étonné que des polices
aussi pertinentes en termes de risques pour l’entreprise,
et par voie de ricochet pour le dirigeant, ne soient pas
souscrites de matière plus massive sur le cyber risque. »
Fne assurance inadaptée au versement de dommages
et intérêts (salariés dans le cadre d’une faute inexcu-
sable, harcèlement), ou liée au rappel d’un produit
peut également être reprochées au dirigeant par ses
actionnaires. Et de l’appeler en garantie.
L2 D6FL6 AC@E64E:@? 7:?2?4:C6 :
LE CONTRAT D’ASSURANCE
Les contrats RDD (Responsabilités des dirigeants)
ou R4MS ?Responsabilités des mandataires sociaux?
- souscrits par l’entreprise et non par le dirigeant
lui-même - ont donc vocation à créer une sorte de
parapluie en termes de garanties qui permet de
protéger globalement les dirigeants. Elles ne sont pas
qualifiables d?A3S?
« Mais sur le terrain, c’est plus compliqué car les hypo-
thèses de mises en cause ne sont pas les mêmes, par
exemple, que l’on soit aux États-Unis ou en France ».
Donc si l’avantage de souscrire une police globale
réside dans le fait qu’elle couvre tout le monde et dans
toutes circonstances, « le problème est que, parfois, on
est un peu loin de la réalité du pays concerné ».
« La seule chose que l’on puisse faire - et sans aucune
garantie de sécurité absolue - c’est contrôler les
risques par des processus de formation, d’analyse et
de contrôle ». Quid des délégations ? « Que ce soit au
pénal ou au civil, les délégations sont très difficiles à
placer car les magistrats ont tendance à considérer que
c’est, pour le dirigeant, un moyen de se débarrasser du
problème. »
Dernière solution : l’assurance pour le transfert
de risque. Mais là encore, tout n’est pas (encore)
optimal, observe l’avocat, car « il s’agit souvent de
retranscription de polices anglo-saxonnes avec des
clauses d’exclusion qui ne sont pas les mêmes aux
États-Unis ou en France, par exemple
Dernier point soulevé par l’ouvrage et qui peut forte-
ment évoluer à court terme : la souscription d’assu-
rances « essentielles » pour l’entreprise. « Demain on
ne parlera pas d’assurances obligatoires mais d’as-
surances essentielles. On peut imaginer demain que
la responsabilité d’un dirigeant soit engagée car il
n’a pas souscrit d’assurance protégeant l’entreprise
contre des risques pouvant nuire à son bon fonction-
nement et à sa continuité. »
MAÎTRISER
LA PROTECTION
DU DIRIGEANT
D’ENTREPRISE
Stéphane Choisez
et Emmanuel Silvestre
ditions l?Argus
de l?assurance ? sz ?
La judiciarisation croissante menace le patrimoine personnel du dirigeant qui encourt de plus
Tn p[us ST aisquTs? L?assuaancT Tt nota\\Tnt [Ts contaats C4>D constituTnt [?unT ST sTs \Ti[?
leures protections. Le livre de Stéphane Choisez et Emmanuel Silvestre fait le point et permet
de dessiller certains yeux.
Stéphane Choisez,
Avocat spécialisé en droit
des assurances et en droit bancaire et financier
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 50
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS AMRAE
ernière Assemblée générale dirigée par Gilbert Canaméras,
une émotion palpable à l’évocation de ces quatre années de
présidence, assorties de témoignages des administrateurs et
du bureau ont empreint l’assemblée générale 2015.
L’AMRAE EST PRÊTE
Bilan de quatre années plus que satisfaisantes : compétences métier
définies? publications scientifiques en hausse? développement inter-
national en route, Rencontres incontournables et passionnantes, les
voyants sont au vert.
Les votes à la quasi-unanimité des résolutions l’ont prouvé, l’association
porte les couleurs du métier tout en gérant sainement ses finances?
? Nous sommes prêts ! Prêts pour la professionnalisation et prêts pour
l’expansion, condition essentielle à notre influence ? a annoncé Gilbert
Canaméras.
De retour de réunions internationales, ce dernier - également Vice-
Président Europe pour IFRIMA - a ressenti l’émergence d’un consensus
international sur notre profession, en validant un cadre commun d’ac-
créditation des formations en Risk Management.
À ce niveau international, le métier se rassemble autour de compé-
tences et de problématiques partagées.
Pr"ts pour encore plus de professionnalisation : l?AMRAE a publié le ré-
férentiel Métier en 2013, de larges extraits en sont repris dans toutes
publications internationales. Avec le CEFAR et l'ARM, l'AMRAE dispose
de 2 formations certifantes et diplômantes reconnues.
Pr"ts pour l?expansion? condition nécessaire de l?inpuence : associations
nationales, fédérations, tous les regroupements de Risk Managers ma-
tures parlent de partages, de transmission de connaissances et d’envie
d’aller dans de nouveaux pays et dans de nouvelles zones.
4?est déYà la pratique de l?AMRAE qui depuis s{rt se développe en ré-
gion, et déploie à l’international en ce moment le Club francophone du
Risk Management.
GOUVERNANCE DE L’AMRAE
>o\Tnt Uoat S?unT association? a QaaQatiU poua cTatains? TssTntiT[ poua [a
p[upaat? [?2ssT\Q[ T V n aa[T ST [?2>C26 s?Tst tTnuT [T ry \ai Aaais?
Michel Blanc
Paul-Vincent Valtat
Gilles Maindrault
Stéphane YvonSophie Mauvieux
Laurent Barbagli
Anne Piot d’Abzac
Brigitte Bouquot (Présidente)
Philippe Vienot
(Vice-Président en
charge de la Formation)
Marc de Pommereau (Vice-président en charge de la Francophonie)
Sophie Maguer (Secrétaire Générale)
Anne-Marie Fournier
(Vice-présidente en charge du pôle scientifique)
Alain Ronot (Trésorier)
François Malan (Vice-président en charge du Métier Risk Manager)
MEMBRES DU COMEX
COMPOSITION DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’AMRAE
LA NOUVELLE ÉQUIPE 2015
L’élection des administrateurs a permis d’accueillir deux nouveaux admi-
nistrateurs, Anne Piot d’Abzac (Ipsen Pharma) et Gilles Maindrault
(Groupe La Poste).
3rigitte 3ouquot ?Ehal!s?? Anne?Marie Fournier ?<ering?? Franqois Malan
??exith? et Marc de Pommereau ?Engie? ont tous été renouvelés dans leur
mandat d?administrateur avec chacun plus de zv ? des voix?
Conformément aux statuts, le Conseil d’administration qui suivait l’Assem-
blée générale a élu son nouveau Président.
Brigitte Bouquot, candidate à la présidence de l’AMRAE a été élue à
l’unanimité du Conseil d’administration pour un mandat de 3 ans.
Le Conseil a également voté pour la nomination d’un nouveau Comex,
où chacun a désormais des attributions précises.
Alain Ronot ?Erésorier? et Franqois Malan ?Vice?Président métier? h ont
fait leur entrée.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 51
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
GOUVERNANCE
BuT[s sont [Ts atouts S?un caQinTt co\\T [T e+taT
dans la gestion des risques ?
Les atouts d’un cabinet comme le nôtre : une intégration
internationale tr!s forte? Simmons ? Simmons n?est pas
simplement une juxtaposition d’avocats dans des villes
différentes. Nous travaillons ensemble sur les dossiers,
soulevant des problématiques internationales. Nous
sommes en mesure de mettre à disposition une équipe
opérationnelle au moment de la réalisation du risque.
Aouaquoi Tst?i[ TssTntiT[ S?acco\paVnTa Sans [a Su?
rée les entreprises ?
Nous créons une connaissance intime de l’entreprise,
de sa culture, de ses actions. Nous gagnons du temps et
nous pouvons réagir de manière rapide et parfaitement
coordonnée avec les personnes décisionnaires au sein
de l’entreprise.
Aoua sua\ontTa unT VTstion ST caisT ? [?aeocat Tst?i[
le meilleur interlocuteur ?
L’avocat doit accompagner de manière très rapprochée
la cellule de crise. Si les choix sont bons, la crise peut se
dégonper? En revanche? si de mauvais choix sont entre-
pris, notamment par manque d’anticipation du risque
juridique, la crise pourra prendre des proportions
considérables. La cellule de crise doit regrouper au sein
de l’entreprise les décideurs clés, les communicants,
les avocats de manière à prendre en compte, à penser
et à intégrer l’enquête interne, la communication exté-
rieure et le risque juridique.
Vous êtes l’auteur de l’ouvrage Médicaments, les règles
du jeu? 6n quoi [T a+[T S?un aeocat Tst- il essentiel auprès
de grands groupes pharmaceutiques ?
C’est un rôle d’accompagnement au quotidien. L’avocat
a toujours vocation à intervenir auprès des groupes de
la santé et des sciences de la vie sur des sujets divers.
Il est au contact des entreprises dans les relations avec
les autorités sanitaires, les pratiques commerciales, le
conseil réglementaire, l’opérationnel… A des moments
clés, il est également en relation avec les dirigeants pour
gérer les opérations de croissance externe ou encore les
contentieux.
N’est-il pas difficile d’être au contact du monde phar-
maceutique quand on est avocat ?
Les mondes se rapprochent au fur et à mesure de la
collaboration. Nous ne revendiquons pas les expé-
riences que nous n’avons pas. En revanche, nous avons
construit une équipe pluridisciplinaire avec l’arrivée
dans notre groupe d’un médecin conseil scientifique à
plein temps, d’un avocat pharmacien également pro-
fesseur des universités en droit pharmaceutique. Ces
différences facilitent beaucoup les échanges et l’appré-
hension par les juristes des aspects non juridiques des
dossiers.
LA GESTION DES RISQUES
À L’INTERNATIONAL
Alexandre Regniault,
avocat associé
Simmons & Simmons
fff?si\\ons?si\\ons?co\
Di\\ons ? Di\\ons Tst un caQinTt intTanationa[ acco\paVnant [Ts TntaTpaisTs? CTncontaT aeTc 2[TxanSaT CTVniau[t? aeocat associ Tt sp cia[is Sans [?acco\paVnT\Tnt Tt [a S UTnsT STs TntaTpaisTs ST sTctTuas hautT? ment réglementés et de leurs assureurs.
Le cabinet Simmons & Simmons
Le cabinet a été créé en 1896 à Londres. Il compte
une vingtaine de bureaux en Europe, au Moyen-
Orient et en Asie. Il regroupe un millier d’avocats
(70 avocats parisiens dont 18 associés) sur cinq
secteurs d‘activités : les institutions financières
(banques et assurances), les gestionnaires d’ac-
tifs, les Télécoms et les technologies, les sciences
de la vie mais aussi l’énergie et les infrastructures.
« Les avocats ne développent pas uniquement des
compétences techniques mais aussi une connais-
sance particulière dans une ou deux activités es-
sentielles », précise Alexandre Regniault.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 52
NOS PARTENAIRES
L6D C:DBF6D ADJ49@D@4:2FI ?CAD? ? L6 C6DA64E
DE L’OBLIGATION DE SÉCURITÉ DE RÉSULTAT
Malgré quelques accords conclus par les partenaires so-
ciaux comportant des dispositions qui reconnaissent le
caract!re plurifactoriel des RPS? c?est la 4hambre sociale
de la Cour de Cassation qui a ouvert le débat sur la prise
en compte des RPS et ce? par le biais du respect? par l?em-
ployeur de [?oQ[iVation ST s cuait ST a su[tat sua [T
UonST\Tnt ST [?aatic[T L ursr? r Su 4oST Su taaeai[?
La 4our de 4assation a? notamment dans un arr"t du rt
mars s{rt ?n?rr?ss?{ys? FS?P?3? reconnu que le stress
professionnel et surtout l’épuisement professionnel
entrent dans la cadre de l’obligation de sécurité du salarié.
Er!s récemment? dans un aaa"t Su v \aas s{rv ?n?rt?
sw?tsr? F?D?? la 4hambre Sociale a recherché si l?entre-
prise Yustifiait de l?identification et de l?évaluation des
risques psychosociaux.
La prise en compte des RPS s?inscrit donc dans le cadre
désormais bien connu du respect de l’obligation de sé-
curité de résultat.
UNE OBLIGATION ABSOLUE DE PRÉVENTION
POUR LES ENTREPRISES
Les risques psychosociaux ont des répercussions orga-
nisationnelles et économiques pour l’entreprise, ainsi
qu’un coût pour la société dans son ensemble en termes
d’absentéisme, de baisse de productivité, de démotiva-
tion, d’atteinte à l’image de l’entreprise, de dégrada-
tion du climat social…
Les RPS doivent ainsi "tre pris en compte au m"me titre
que les autres risques professionnels.
L? ea[uation des RPS? préalable obligatoire dans le cadre
de la prévention, peut se faire par le biais du règlement
intérieur, du document unique, de la mise en place d’en-
tretiens annuels, de la formation et de la sensibilisation.
Le chef d’entreprise se doit d’adapter l’organisation du
travail aux particularités du travail concerné.
Dès lors que l’employeur soupçonne une situation ten-
dant à porter atteinte à la santé physique ou psychique
du salarié, il doit intervenir immédiatement par la mise
en place d?une enqu"te préventive et une communica-
tion avec les acteurs de l?entreprise : 49S4E? 4E? Médecin
du travail…
Le Chef d’entreprise ne doit pas hésiter à utiliser son
pouvoir disciplinaire dès lors qu’il soupçonne une situa-
tion de violence ou de harcèlement.
Ainsi, la frontière entre préservation de la santé au travail
et le développement du bien?"tre appara&t bien mince?
Alors que la recherche du bien?"tre au travail permet d?évi-
ter ou à tout le moins de limiter la concrétisation des RPS?
faut?il exiger d?atteindre le bien "tre absolu au travail ?
Il semble bien que ce soit l’obligation qui pèse sur les
entreprises à l’heure actuelle...
LA PRÉVENTION DES RISQUES
PSYCHOSOCIAUX : VERS UN BONHEUR
À TOUT PRIX DANS L’ENTREPRISE ?
Par Sophie Chatagnon,
avocate associée,
chez Dana & Associés
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°5 I JUIN 2015 53
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DOSSIER
Risk Management
sans frontières
Retour sur
les Rencontres
AMRAE 2014
MÉTIER RISK MANAGER
Ges tion de cr ise :
un essentiel à revisiter
en per manence
Quand un DRH e t un conseil
évoquent les Risk Manager s :
inter view croisée
VEILLE ET POSITION
Les défis de l?assur ance
cons tr uctionPORTRAIT
Xavier Mar y
Directeur du Management
des Risques
AÉROPOR TS DE LYON
ATOUT RISK MANAGER
L A R E V U E D E S P RO F E S S I O N N E L S D U R I S Q U E E T D E L’A S S U R A NC E T R I M E S T R I E L • J U I N 2 014 • 2 0 € T T C
N ° 1
DOSSIER
Indicateur AMRAE
du coût de traitement
des r isques assurables
MÉTIER RISK MANAGER
Définition des missions
et de la structure du r isque
Gestion de sinistres
Formation à la loupe :
les Ser ious Game débarquent
VEILLE ET POSITION
Les défis de la réparation
du dommage environnement alPORTRAIT
Alexandra Pfalzgraf
VP Insurance and Risk Management
Schneider Electr ic
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • SEPTEMBRE 2014 • 20 € TTC
N°2
DOSSIER
Indicateur AMRAE
du coût de traitement
des r isques assurables
MÉTIER RISK MANAGER
Définition des missions
et de la structure du r isque
Gestion de sinistres
Formation à la loupe
:
les Ser ious Game débarquent
VEILLE ET POSITION
Les défis de la réparation
du dommage environnement al
€ TTC
PORTRAIT
Oliver Wild
Directeur des r isques, assurances
et conformité, Veolia
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • JANVIER 2015 • 20 € TTC
N°3
DOSSIERS
Communication sur les r isques
Les entrepr ises face
aux r isques d’épidémie
MÉTIER RISK MANAGER
Pilot age et Repor ting
Financement des r isques
Risque politique
Formation à la loupe : IFA-Science Po
VEILLE ET POSITION
La notion de passé connu
à la lumière d’un arrêt récent
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • AVRIL 2015 • 20 € TTC
N°4
DOSSIERS
Retour sur les
Rencontres AMRAE 2015
Le SIGR
MÉTIER RISK MANAGER
Maîtr ise des r isques
Les r isques non assurables
La gestion de cr ise
Le terror isme
VEILLE ET POSITION
Devoir de vigilance
et supply chain
PORTRAIT
Brigitte Bouquot
Directeur des Assurances
et de la Gestion des Risques, Thales
4@?E24E ? 2>C26
Service abonnement
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E [? ? {r us yz tt rw
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Atout Risk Manager N°5
Atout Risk Manager N°5 - Trimestriel - Juin 2015
PORTRAIT : Jean-François MARCHAND, Directeur Groupe Risques Assurances Environnement VALEO
DOSSIERS :
- La quantification des risques
- Les risques psychosociaux