<p>ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°49 — ÉTÉ 2026 En vue Paul Jousse, Bessé Christophe Zaniewski, Allianz Commercial France — P. 16 Portrait Vincent Vigouroux Le « monsieur 100 000 volts » d'Enedis — P. 06 Club Francorisk De plus en plus de synergies — P. 34 Actualités de l’Amrae Journée scientifique 2026 Gouvernance Partenariat avec Télémaque : l’engagement pour l’ascenseur social Publications Cyberassurance : étude LUCY 2026 Systèmes d’information de gestion des risques : leviers stratégiques Méditations sur le risque : La confiance, un pari ? — P. 51 FFCE Retours d’expérience : la captive de Bel Les captives s’invitent à Lille — P. 38 Veille et position Intelligence artificielle : le risque, ce n’est pas la machine, mais la perte de jugement humain — P. 42 Métier risk manager Lituanie : quand la gestion des risques devient une affaire de souveraineté Forum InCyber : déjouer les dépendances numériques — P. 26 Dossier Responsabilités : comment l’Amrae gère la démultiplication des risques — P. 17 ÉDITO Le risque en mouvement C e numéro estival d’Atout Risk Manager exprime une énergie particulière qui est la signature de l’Amrae : le goût du débat, la rigueur de l’analyse, la conviction que le risk management est un métier et une communauté en mouvement. Le contenu scientifique tout d'abord. Avec le compte rendu de la journée scientifique du 11 juin dernier. Cette parenthèse dans la vie de notre Association nous permet d’analyser les risques autrement : non pas comme une accumulation de menaces, mais plutôt comme une matière vivante qui appelle méthode, dialogue et intelligence collective. Dans un monde où les incertitudes s'accumulent, cette exigence nous ramène au terrain, mieux armés. La nouvelle gouvernance de l’Amrae s’inscrit dans cette dynamique. Elle conjugue continuité et renouvellement, fidélité à nos fondamentaux et envie d’ouvrir de nouveaux chantiers. Le portrait de Vincent Vigouroux, nouvel administrateur, en témoigne : un parcours, une énergie, une vision et une envie de contribuer aux travaux de l’Association. C’est toujours une joie d’accueillir de nouveaux talents venus rejoindre l’aventure commune et enrichir notre manière d’accompagner les risk managers. Parmi les sujets-clés du magazine que vous avez en main, la commission Responsabilités mérite une attention particulière. Ce pluriel n’est pas anodin : il souligne la démultiplication des risques contemporains. Sous l’impulsion d’Ersida Ago, la commission se réorganise autour de cinq groupes de travail spécialisés, pour apporter une lecture fine, opérationnelle et actualisée de sujets majeurs pour nos entreprises. Ce travail est précieux car les responsabilités s’étendent, se déplacent et s’entrecroisent. L’intelligence artificielle est également au menu de ce numéro. La position de l’Amrae est claire : le risque n’est pas la machine, mais la perte du jugement humain. L’IA calcule, synthétise, recommande mais elle ne doit pas gouverner. Aux risk managers de rappeler qu’une prédiction n’est pas une décision, qu’un score n’est pas une responsabilité, et qu’une organisation doit rester capable de comprendre, contester et arrêter ses outils. Le risque cyber nous ramène lui aussi au concret. L’étude LUCY 2026 décrit un marché de la cyber assurance : il a gagné en maturité et en confiance, mais conserve cette part d’imprévisibilité qui pourrait le faire dérailler si l’on ne garde pas un œil attentif sur lui. Car les attaques sont en hausse, l’équilibre est vulnérable. L’assurabilité ne se décrète pas, elle se construit par la prévention, la gouvernance, la qualification du risque et la coopération entre risk managers, assureurs, courtiers, responsables des systèmes d’information. L'expérience lituanienne, singulière et forgée par l'urgence et l’anticipation, nous offre un éclairage précieux. Elle nous rappelle que la culture du risque est une matière vivante, qui s'enrichit au contact des autres. C'est tout le sens de l'ouverture que chérit l'Amrae : dépasser nos frontières pour confronter nos méthodes, partager nos retours d'expérience et construire, ensemble, une vision européenne de la résilience plus agile et plus solidaire. Les nouvelles Méditations sur le risque publiées en partenariat avec Philosophie magazine rappellent que la confiance n’est jamais acquise. À l’heure des « métatechnologies », elle devient un objet de pilotage, un actif stratégique, mais aussi un risque systémique lorsqu’elle se fissure. Gérer les risques, ce n’est pas seulement prévenir les pertes, c’est aussi créer les conditions de la décision juste, du dialogue et de la responsabilité partagée. L’Amrae crée des ponts entre entreprises, assureurs, pouvoirs publics, élus locaux chercheurs, philosophes, experts cyber et jeunes professionnels. Elle aide à faire dialoguer performance, conformité et responsabilité, technique et humain. Dans un monde parfois inquiet, c’est une mission joyeuse : donner envie d’agir, de comprendre et d’avancer ensemble. Bonne lecture. OLIVER WILD Vice-président scientifique de l’Amrae Directeur des risques et des assurances de Veolia ÉDITO \ 03 N°49 I ÉTÉ 2026 DEMAIN, AUJOURD’HUI, COMME HIER À LA UNE 44 Agenda 46 Revue de presse — P. 44 FÉDÉRATION FRANÇAISE DES CAPTIVES D'ENTREPRISES 38 Retours d’expérience : la captive de Bel 40 Les captives s’invitent à Lille — P. 38 ATO UT R I S K MANAGER est une revue de l’Amrae 36, boulevard de Sébastopol - 75004 Paris - Tél. : 01 42 89 33 16 - atoutriskmanager@amrae.fr. Directeur de la publication : François Beaume. Directeur de la rédaction : Hubert de L’Estoile Rédacteur en chef : Olivier Coppermann (SEITOSEI.ACTIFIN). Comité éditorial : François Beaume, Oliver Wild, Hubert de L’Estoile, Frédéric-Jean Hoguet, Anne Piot d’Abzac, Carole Mondellini. Conception et coordination éditoriale, secrétariat de rédaction : SEITOSEI.ACTIFIN. Ont contribué à ce numéro : Journalistes : Nathalie Arensonas, Charlotte Cousin, Stéphanie Gallo, Louis Guarino, Aurélie Nicolas, Marguerite Robelin. Direction artistique et mise en page : Mathieu Gagnaire. Crédits photos : Enedis, Charles de Toirac, Sacha Lenormand. Relations presse de l’Amrae : olivier.coppermann@seitosei-actifin.com, 06 07 25 04 48. Régie publicitaire : FFE - 15, rue des Sablons - 75116 Paris - www.ffe.fr. Directeur de la publicité : Patrick Sarfati. Chef de publicité : Caroline Martin - Tél. : 01 40 09 66 18 - caroline.martin@ffe.fr. Directrice de développement : Isabelle de la Redonda - Tél. : 01 53 36 20 42 - i.redonda@ffe.fr. Responsable technique : Aurélie Vuillemin - Tél. : 01 53 36 20 35 - aurelie.vuillemin@ffe.fr. Impression : Ziur CEE - ISSN 2551-0703. Toute reproduction, même partielle, des textes publiés dans la revue ATOUT RISK MANAGER est interdite pour tous les pays, sans autorisation écrite préalable du directeur de publication. Toute copie doit avoir l’accord du Centre français de droit de copie (CFC) - 20, rue des Grands-Augustins - 75006 Paris - Tél. : 01 44 07 47 70 - Fax : 01 46 34 67 19. Cette publication peut être utilisée dans le cadre de la formation permanente. L’éditeur s’autorise à refuser toute insertion qui semblerait contraire aux intérêts moraux ou matériels de la publication. Sauf accords spéciaux, les manuscrits, textes et photos envoyés à la rédaction ne sont pas restitués. La citation de marque, nom de firme, etc. est faite sans but publicitaire et ne signifie en aucun cas que les procédés sont tombés dans le domaine public. 03 ÉDITO Le risque en mouvement 06 PORTRAIT Vincent Vigouroux, « Monsieur 100 000 volts », directeur des assurances d’Enedis 12 3 QUESTIONS À... Stéphanie Roger Selwan, directrice Finances, Achats et Assurances d’Enedis 14 Nouveaux adhérents Ils et elles ont bougé 16 ACTEURS EN VUE Paul Jousse, Bessé Christophe Zaniewski, Allianz Commercial France DOSSIER DÉMULTIPLICATION DES RISQUES : CINQ GROUPES DE TRAVAIL POUR LA COMMISSION RESPONSABILITÉS — P. 17 — P. 42 VEILLE ET POSITION 42 Intelligence artificielle : le risque, ce n’est pas la machine, mais la perte de jugement humain SOMMAIRE \ 05 Cet ouvrage a été imprimé sur papier FSC (Forest Stewardship Council). La marque FSC signifie qu’ une proportion de fibres de bois, utilisées dans la fabrication du papier, provient d’une forêt correctement gérée, satisfaisant à des normes rigoureuses au niveau environnemental,social et économique. Cette forêt d’origine a été inspectée et évaluée de façon indépendante sur la base des principes et critères de gestion forestière acceptés et approuvés par le FSC. FSC est une association internationale à but non lucratif travaillant pour améliorer la gestion forestière à travers le monde. www.fsc.org Cet ouvrage a été imprimé chez un imprimeur labellisé Imprim’Vert, mar que créée en partenariat avec l’Agence de l’Eau, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), et la FICG (Fédération de l’imprimerie et de la communication graphique). La marque Imprim’Vert apporte trois garanties essentielles : la suppression totale de l’utilisation de produits toxiques, la sécurisation des stockages de produits et de déchets dangereux, la collecte et le traitement des produits dangereux. MÉTIER RISK MANAGER 26 Lituanie : quand la gestion des risques devient une affaire de souveraineté 32 Forum InCyber : déjouer les dépendances numériques — P . 26 N°49 I ÉTÉ 2026 DEMAIN, AUJOURD’HUI, COMME HIER CLUB FRANCORISK : 34 Club Francorisk : de plus en plus de synergies — P. 34 — P. 51 ACTUALITÉS DE L’AMRAE 51 Journée scientifique 2026 de l’Amrae : anticiper avec agilité 60 Assemblée générale de l’Amrae 62 Quand les risk managers s’engagent pour l’ascenseur social : le partenariat avec Télémaque Publications LUCY 2026 – Cyberassurance : entre détente tarifaire et retour du risque Les fonctions Risques et Assurances, architectes de la résilience : étude Amrae - KYU Associés Panorama SIGR 2026 : de l’outil de gestion à la plateforme de décision Méditations sur le risque : la confiance, un pari ? ATO U T R I S K MANAGER 06 / 06 / PORTRAIT Monsieur 100 000 volts V incent Vigouroux porte bien son nom, et travaille dans l’entreprise qu’il lui faut : chez Enedis. Car oui, le directeur des assurances du distributeur d’énergie est une pile électrique : un débit de paroles surprenant, polyglotte (il parle cinq langues), boursicoteur, joueur de tennis classé, marathonien, levé tous les matins dès 4 heures pour courir, et rarement couché au vu des messages tardifs ou matinaux reçus quelques heures avant notre entrevue. « Un parcours BIO EXPRESS 1972 : Naissance à Nîmes 1995 : Diplômé de l’Institut catholique des Arts & Métiers de Lille (Icam, école d’ingénieur) Vincent Vigouroux a commencé sa carrière à l’international au sein du groupe Bouygues à Barcelone en tant qu’ingénieur travaux et coopérant au Service national en entreprises. Puis il a rejoint Independent Insurance à Manchester comme ingénieur prévention. En 2000, il est rentré en France pour occuper des postes de souscripteur au sein du groupe XL Capital puis chez Scor. Pour rejoindre ensuite FM Global, où il a piloté pendant huit ans des programmes multinationaux d’assurance dommages. En 2012, il a intégré EDF Assurances en tant que responsable des programmes d’assurances dommages couvrant les actifs nucléaires et conventionnels. Depuis 2020, il est directeur des assurances d’Enedis, où il pilote la politique assurance du groupe. Vincent a été nommé en mai 2026 administrateur de l’Amrae. Du BTP à l’énergie, de l’ingénierie du bâtiment à la prévention des risques industriels, de la souscription à l’assurance des programmes nucléaires d’EDF et l’accompagnement de la grande électrification de la France, Vincent Vigouroux n’a que 53 ans et déjà dix vies professionnelles derrière lui. Portrait d’un hyperactif. « J’avais un profil historiquement très axé sur le Dommage, ce transfert chez Enedis m’a permis de m'ouvrir à un horizon technique complet : RC, flotte et l’assistance automobile, Tous Risques Chantiers, cyber et fraude, transport, contrats de SWAP en opération privée, etc. » Par Nathalie Arensonas N°49 I ÉTÉ 2026N°49 I ÉTÉ 2026 Vincent Vigouroux, directeur des assurances d’Enedis \ 07 d’hyperactif jamais diagnostiqué », comme il s’en amuse lui-même. À 53 ans, ingénieur de formation, il a travaillé dans presque une dizaine d’entreprises : Bouygues, Independent Insurance, Le Mans Ré, XL Capital, Scor, FM Global, EDF, avant de rejoindre Enedis en 2020. Passé des métiers du BTP à celui des assurances, son profil est atypique, éclectique. Et son énergie bondissante lui vaudrait le surnom de « Monsieur 100 000 volts » s’il n’avait pas déjà été attribué à un géant du music-hall (1). Vincent Vigouroux supervise donc depuis six ans tous les programmes d’assurance de l’entreprise publique de distribution d’électricité, filiale du groupe EDF. Avec le développement des nouveaux usages de l’électricité, et le programme d’électrification de la France (data centers, véhicules électriques, énergies renouvelables et autoconsommation), les défis sont à la mesure de son dynamisme. L’ Auberge espagnole Le secteur de l’assurance, Vincent Vigouroux ne s’y prédestinait pas. Jeune diplômé de l’Institut catholique des Arts & Métiers de Lille, il ne rêvait que d’une chose après avoir participé à un programme Erasmus à Madrid, façon L’ A u b e r g e espagnole (film culte des années 2000) : « Mettre le plus de kilomètres possible entre lui et ses parents », s’amuse-t-il en effectuant son service national dans une entreprise française à l'étranger, comme coopérant (CSNE). « J’étais à deux doigts de partir au Mexique avec le groupe Seb ou au Chili avec Michelin ». Ce sera finalement chez Bouygues, à Sète. À une demi-heure seulement de Montpellier où vivaient ses parents… Le BTPiste l’envoie faire ses preuves sur un chantier de réhabilitation HLM dans l’île singulière. Mission accomplie, Vincent Vigouroux, alors âgé de 23 ans décroche enfin son CSNE à Barcelone, comme ingénieur travaux sur un projet d’urbanisation où le catalan est de mise. Lui, n’en parle pas un mot, l’apprend en quelques semaines. Bouygues lui donne les clés du chantier : la responsabilité de la sécurité des ouvriers, la gestion financière du projet, les plannings, les enjeux de qualité, la coordination des corps d’état, la levée des centaines de réserves. « Intense », décrit-il. Comme lui. Une expérience qui semble l’avoir profondément marqué. Il découvre le sens du collectif : « Que l’on soit compagnon, ouvrier, chef de chantier ou ingénieur travaux, il y a une fierté partagée incomparable à la livraison d’un bâtiment, que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, pas même en usine ». Une école de la modestie aussi, car « quand on sort de l’école, on est ingénieur sur le papier, mais sur le terrain, on ne sait rien. J’ai vu un compagnon étoilé appeler Martin Bouygues en direct par téléphone. Le chantier vous apprend l’humilité ». Cette modestie, Vincent Vigouroux ne semble jamais s’en être départi, même après 30 ans de métier. Après deux ans en CSNE, il quitte le secteur du bâtiment, « un métier qui ne correspondait pas totalement à mon ADN, souffle-t-il. La logique du moins-disant qui régnait dans les années 90 imposait des rapports de force permanents et des tensions quotidiennes avec les maîtres d’ouvrage ». Les conflits, ce n’est pas son truc, lui qui dit s’épanouir dans la concertation et l’esprit de partenariat. Souscripteur Direction Manchester, chez l’assureur britannique Independent Insurance. En tant qu’ingénieur prévention. « J’ai été séduit par cette société qui avait un temps d’avance : une culture de la visite de risque systématique. J’allais sur le terrain, à la rencontre des PME-ETI, avec, glisse-t-il comme pour se moquer de lui-même, de vrais ingénieurs prévention ». Le rôle de Vincent Vigouroux consistait à revenir vers le souscripteur avec une cartographie précise de la qualité du risque, après avoir vendu aux dirigeants un plan d’amélioration assorti de recommandations humaines et matérielles. Une approche novatrice à l’époque, et une expérience dans la prévention qui lui donne envie de passer du côté de la décision. Vincent Vigouroux s’apprêtait à devenir souscripteur chez Independent Insurance mais à l’occasion d’une visite de risques, il croise la route d’André Lavallée alors chez Gras Savoye puis patron d’Aon France. Intervention d'une équipe Enedis sur une ligne électrique aérienne. © DR « J’ai été séduit par l’assureur britannique Independent Insurance qui [dans les années 90] avait un temps d’avance : une culture de la visite de risque systématique. » ATO U T R I S K MANAGER 08 / 08 / PORTRAIT VINCENT VIGOUROUX, NOUVEL ADMINISTRATEUR DE L’AMRAE Adhérent depuis 20 ans de l’Amrae, il copréside depuis début 2026 la Commission financement alternatif des risques au sein de l’Association, avec Stéphane Yvon. Les assurances paramétriques, mais pas uniquement. « Ces solutions alternatives sont une bouffée d’oxygène face à certaines exclusions mises en place par les assureurs. L’IA transforme les données brutes en un déclencheur financier fiable, permettant une automatisation du paiement de l’indemnité dommages » , défend Vincent Vigouroux. Le directeur des assurances d’Enedis en parle en connaissance de cause : en décembre 1999, les tempêtes Lothar et Martin qui ont frappé la France ont coûté très cher à Enedis dont les lignes électriques aériennes (1,4 million de km) qui ont subi de graves dégâts étaient exclues par les assureurs. Orange ou RTE ont connu le même sort. Vincent Vigouroux a été nommé administrateur de l’Amrae en mai 2026. EN CHIFFRES Anciennement ERDF (Électricité réseau distribution France), Enedis est une filiale à 100 % d'EDF, indépendante de gestion. Elle est chargée du pilotage et de l'aménagement du réseau de distribution d’électricité. 42 000 salariés 180 sites en France 39,6 millions de clients (particuliers, entreprises, collectivités locales) La source principale des revenus d’Enedis provient de la tarification du réseau (TURPE) auditée par la Commission de régulation de l’énergie. Accélération de l’électrification des usages d’ici à 2030 : + 1 million de pompes à chaleur, 2 voitures neuves sur 3 seront électriques, 60 000 poids lourds électriques (vs 1 700 en 2025), la part de l’électricité dans la consommation d’énergie atteindra 34 %. 2 e plus grande flotte automobile électrique de France (après La Poste) 4 4 , 2 % . 584 000 raccordements et mises en service en 2025 5,7 milliards d’euros d’investissements en 2025, dont 1,4 milliard pour moderniser et adapter le réseau au réchauffement climatique (en 2025, Enedis s’est mobilisé face à 10 événements climatiques), 18 100 km de nouvelles lignes ont été construites, 5 nouveaux postes-sources mis en service. 51 GW de production d’énergie renouvelable (EnR) raccordée au réseau à fin 2025, dont + 6,6 GW raccordés au réseau en 2025 ; 90 % des EnR sont raccordés au réseau de distribution 1,4 million de km de réseau de distribution d’électricité : le plus grand d’Europe 18,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 Source : Enedis « Les solutions alternatives [comme l’assurance paramétrique] sont une bouffée d’oxygène face à certaines exclusions mises en place par les assureurs. » Déploiement du compteur Linky ( 36,4 millions d'unités) N°49 I ÉTÉ 2026 Vincent Vigouroux, directeur des assurances d’Enedis \ 09N°49 I ÉTÉ 2026 Le grand manitou du monde de l’assurance lui présente Bertrand Romagné, directeur de la souscription chez Le Mans Re, la joint-venture créée en 1999 avec le réassureur bermudien XL qui finit par racheter la totalité du capital en 2003. Il est recruté au sein de l’équipe « facultatives » devenu XL Re. Ce poste de souscripteur en réassurance faisait la synthèse de son parcours : prévention des risques dans la branche Dommages, profil international, connaissance des langues. Il sillonne l’Europe du Sud, l’Afrique, le Moyen-Orient. Nous sommes au tout début des années 2000, Vincent Vigouroux caresse l’idée de souscrire des risques plus importants et décide de rejoindre la Scor, l'un des principaux réassureurs mondiaux, basé à Paris. Il travaille à quelques mètres de Philippe Cotelle, aujourd’hui directeur risques et assurances d’Airbus Defence and Space, et lui aussi administrateur de l’Amrae. Coup de foudre pour l’assurance directe En 2003, la notation de la Scor s’effondre, passant de A- à BBB+ « Du jour au lendemain, le téléphone a cessé de sonner », se rappelle Vincent Vigouroux. Le trentenaire n’attend pas une hypothétique hausse du rating et que la sonnerie retentisse à nouveau. Pas son genre… Une opportunité se présente chez FM Global, assureur mutualiste américain spécialisé dans le dommage industriel. Il découvre l’assurance directe « et c'est un coup de foudre, tant sur le plan technique que linguistique et humain ». Il gère des grands comptes internationaux comme Cemex et le géant International Paper, renouant ici avec son expertise des grands risques industriels de la papeterie. Il s'occupait aussi de fleurons français comme Zodiac Aerospace, Sanofi ou encore Hermès. Il forme ce qu’il appelle « une équipe de choc » avec Sophie Danes (aujourd’hui chez Thales), François Malan (Eiffage) ou Estelle Josso (Hermès), qu’il retrouve également comme administratrice à l’Amrae. Le pragmatisme américain « Ce qui m'a fasciné chez FM Global, c'est leur modèle unique : prendre 100 % du risque pour en avoir le contrôle total, ce qui impose une proximité quotidienne et absolue avec le client ». Grâce à une organisation en miroir où des ponts sont établis à tous les niveaux, décrit Vincent Vigouroux. « L'account manager est proche du risk manager, les ingénieurs FM travaillent main dans la main sur le terrain avec les directeurs d'usines ou les directeurs industriels, et le top management est en lien direct avec les directeurs financiers. Je n'ai jamais vu une telle densité de relations ailleurs. Même aujourd'hui, je ne connais aucune autre compagnie d’assurance capable de tisser autant de liens et de points de contact avec son client. C’est une société extrêmement processée, une machine de guerre commerciale et technique. J'ai adoré ce pragmatisme américain, cette culture de la méritocratie très result-driven : là-bas, la légitimité ne dépend pas d’un diplôme ou d’un statut acquis, elle se prouve chaque trimestre sur le terrain ». Cet état d’esprit Équipes d'Enedis en milieu rural, après une intervention sur un pylone électrique. © DR « Négocier le risque nucléaire [chez EDF] quelques mois à peine après Fukushima a été un défi d'une complexité rare, face à des marchés en pleine mutation. » « Chez FM Global, l'account manager est proche du risk manager, les ingénieurs FM travaillent main dans la main sur le terrain avec les directeurs d'usines ou les directeurs industriels, et le top management est en lien direct avec les directeurs financiers. » ATO U T R I S K MANAGER 10 / 10 / PORTRAIT complexité rare, face à des marchés en pleine mutation », décrit-il. En 2014, EDF reprend Dalkia, Vincent Vigouroux croise la route de François Beaume, alors à la tête du risk management de l’entreprise de services énergétiques, aujourd’hui chez Sonepar. « Plus qu'une simple intégration technique de leurs portefeuilles dans les programmes Dommages d'EDF, ce travail en commun a été une fusion de compétences. Grâce à l'esprit d'ouverture de François, avec qui j'ai adoré collaborer, nous avons transformé ce défi d'intégration en une alliance naturelle et fluide ». Les deux hommes se retrouvent aujourd’hui à l’Amrae, l’un au poste de président, le second comme administrateur de l’Association. Héritage familial En 2020, il est passé à la filiale distribution, chez Enedis, pour prendre la responsabilité de l'ensemble des programmes d'assurance. « Ce qui m'attire avant tout, c'est la soif d'apprendre. Moi qui avais un profil historiquement très axé sur le Dommage, ce transfert m’a permis de m'ouvrir à un horizon technique complet : la responsabilité civile, la flotte et l’assistance automobile, la Tous Risques Chantiers (TRC), le cyber et la fraude, le transport, les contrats de SWAP en opération privée, etc. ». Et comme il entretient des liens ténus avec ses anciens collègues d’EDF Assurances, il s'appuie sur « leur formidable expertise pour optimiser les programmes d'Enedis » tout en développant ses propres compétences dans ces nouvelles branches. Une transition heureuse et stimulante, dit-il. Heureux et stimulé, c’est le visage que donne à voir Vincent Vigouroux, à l’énergie débordante. « J'ai grandi en voyant mes parents s'engager chaque jour pour les autres, que ce soit pour entretenir les infrastructures de notre territoire (son père était fonctionnaire à la DDE, sa mère infirmière), ou pour soigner les gens. Pour moi, Enedis est la suite logique de cet héritage familial. n’est pas sans déplaire à Vincent Vigouroux, lui qui n’est pas issu d’une grande école. « Je me rattrape, l’un de mes fils rentre à CentraleSupélec, l’autre est en prépa à Ginette ! » (2), commente-t-il taquin. Retour à la vie de famille Ses enfants. Il en a deux et pendant leurs premières années, lui et son épouse les ont vus en pointillé. Tous deux sillonnent la planète pour leur travail. « À un moment donné, on s’est dit, ça suffit et nous avons décidé de stabiliser nos activités en région parisienne ». So n é p o u s e é t a i t a c h e te u s e p o u r le groupe André, elle entre au CNRS, lui chez EDF. « J’avais envie de rejoindre le monde du risk management chez le client ». En 2012, Brice Allemand, directeur général d’EDF Assurances, lui fait confiance pour prendre la tête de l'ensemble des programmes Dommages du groupe énergétique. Il retrouve Benoît Wagner, ancien collègue de FM Global, et ami. La feuille de route est immense, combinant les risques conventionnels et les programmes nucléaires français et britanniques. Pour Vincent Vigouroux, c’est le baptême du feu : son arrivée chez EDF coïncide avec la préparation du renouvellement du programme des assurances Dommage nucléaire, le 1er avril 2012. « Négocier un tel risque quelques mois à peine après Fukushima a été un défi d'une Intervention d'urgence sur une ligne électrique aérienne après une tempête. © DR (1) Gilbert Bécaud (2) Établissement privé de classes préparatoires aux grandes écoles Poste source de Sainte-Hélène-du-Lac - Les Mollettes, en Savoie. © DR ATO U T R I S K MANAGER 12 / 12 / 12 / TROIS Q UESTIONS À… Trois questions à… Stéphanie Roger-Selwan Directrice Finances, Achats et Assurances d’Enedis Quelle capacité a le marché européen et international pour accompagner un acteur comme Enedis sur des risques systémiques et de long terme ? Quelles évolutions attendez-vous (régulation, mutualisation européenne, rôle des réassureurs globaux) pour sécuriser votre stratégie ? Stéphanie Roger-Selwan : Le marché européen et international d’assurance accompagne Enedis depuis plus de vingt ans sur deux programmes majeurs. D'une part, le programme conventionnel pour faire face aux risques de dommages (hors réseaux aériens) sur nos biens propres ou ceux en concession comme les postes sources, les postes de transformation haute et basse tension (HTA/BT), le réseau souterrain, les entrepôts logistiques et les autres biens immobiliers. D'autre part, le programme de responsabilité civile qui couvre Enedis contre les conséquences pécuniaires de sa responsabilité civile dans le cadre de ses activités à raison de dommages causés aux tiers. Ces programmes sont mis en place en recourant aux capacités des marchés traditionnels d’assurance dans différentes régions du monde, aux mutuelles auxquelles EDF adhère ainsi qu’aux captives d’assurance détenues par EDF. Le montant important des garanties apportées par nos assureurs et réassureurs témoigne de leur confiance dans la qualité de notre risque. Nous sommes très satisfaits de cet accompagnement tant au niveau de la qualité que du plafond des couvertures pour accompagner le développement de notre entreprise. Faut-il faire évoluer l’articulation entre Enedis et EDF dans la gestion et le transfert des risques (assurance et réassurance) la mutualisation au niveau groupe ou viser une autonomie accrue adaptée au profil spécifique d’Enedis ? La politique assurance d'Enedis a pour objectif de transférer au marché les risques assurables pouvant entraîner des conséquences significatives sur les équilibres financiers de l'entreprise, dans la mesure où le marché apporte une réponse efficace à leur couverture. Mais aussi, garantir que les risques majeurs peuvent être couverts dans de bonnes conditions économiques par les moyens du marché ou par le cadre tarifaire qui régule Enedis. Pour mettre en œuvre cette politique, et dans le respect de l’autonomie de gestion de l’entreprise en tant que filiale régulée, Enedis souscrit des programmes d’assurance en propre, et adhère également à certains programmes d’assurance du groupe EDF lorsqu’ils s’avèrent plus avantageux. En effet, Enedis peut bénéficier de l’effet conjugué de la mutualisation et de la massification des risques du groupe qui lui permettent de négocier les meilleures conditions de prix et d’obtenir des niveaux de garanties très élevés. Cette facilité d’acheter des capacités d’assurance à un prix très compétitif (et bien moins onéreux que si nous les achetions seul) bénéficie à nos clients. Tous les quatre ans, lors du renouvellement du Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), nous avons l’opportunité d’échanger avec la Commission de régulation de l’énergie, sur la couverture assurantielle d’Enedis. Au vu des aléas climatiques, de risques cyber et de la transformation du réseau électrique, qu’attendez- vous du marché de l’assurance et de la réassurance ? L’enjeu du changement climatique pourrait rendre de plus en plus difficile l’accès à une couverture assurantielle. Toutes les actions que nous menons pour rendre le réseau plus résilient (enfouissement des lignes HTA aériennes les plus exposées aux aléas climatiques, renouvellement des réseaux souterrains HTA sensibles aux canicules, remplacement des lignes aériennes BT en « fils nus », maîtrise du risque inondation, gestion responsable de la végétation, etc.), vont nous permettre de nous différencier par rapport aux autres distributeurs européens et de maintenir nos couvertures à un niveau optimal. Ces efforts de prévention sont aussi importants dans le domaine du risque cyber, pour lequel nous partageons régulièrement auprès de nos assureurs, afin de continuer à disposer d’une capacité significative sur le marché. Nous souhaitons poursuivre nos discussions et échanges auprès de nos assureurs et réassureurs partenaires pour qu’ils nous accompagnent dans les différents défis à relever et continuer ainsi à être un gestionnaire de réseau efficace et résilient. Nq49 I ÉTÉ 2026 \ 13 Stéphanie Roger-Selwan, directrice Finances d’Enedis \ 13Nq49 I ÉTÉ 2026 avant, pendan t et apr ès si nistre. Plus de 1000 e xper ts vous accompagnen t dans la gestion de v os si nistres sur l’ensemble du territoi re mé tropolitain, en out re-mer e t à l’interna tional. Construc tion • Dommages aux biens • International • Matériel, bris de machine • P ertes d’exploitation, finances • Pr otection juridique • RC industrielle , décennale , construc tion • TRC • TRME • RCCI • Audio visuel • Événementiel • Fine art • Sécher esse • Transport • Vol • Cyber • www.al kera.f r Contactez-nous direction.commer ciale@alk era.fr ATO U T R I S K MANAGER 14 / 14 / ACTEURS EN VUE Nouveaux adhérents Ils et elles ont rejoint l’Amrae Marjolaine Alquier Directrice risques compliance audit et contrôle internes Covivio Gérald Aroulanda CEO Risk Hunter Pierre Balladur Avocat of counsel Altes Isabelle Bécourt-Bonnet Directrice assurances et gestion des risques Groupe Rossmann Myriam Bigot Baumgartner Senior manager forensic & integrity services EY Services France Swan Broutard Director - products risk advisory & account Eneriom Marc Champion Responsable contrôle permanent La Poste Stéphane Chedin Responsable démarche management des risques - DARCI CEA Ameur Cherif Consultant fondateur Cherif SSG Estelle Clavier Juriste droit des affaires et responsable des assurances TDF SAS Cyril Vegni Associé exécutif Infinitif Eric da Silva Directeur des risques Aéma Groupe Arnaud Dardy Directeur des affaires juridiques et des assurances Dassault Aviation Paul de Grandpré Chef de mission gestion des risques & QD Gan Assurances Faïza Douzi Avocate collaboratrice Altes Philippe Faby Chef de service Bouygues Construction SA Jean-Michel Genzling Risk manager Renault SAS Antonis Giannisopoulos Head of group risk management & internal control CNP Assurances Audrey Henanff Avocat Audrey Henanff Olivier Hérisson Directeur résilience opérationnelle et risques SSI GIE Klesia - ADP Alexis Joeckle Gestionnaire expert en assurances Métropole du Grand Nancy Margaux Kuhn Chargée d’affaires cartographie des risques - DARCI CEA Élodie Le Meur Directeur audit, risques et contrôle interne Compagnie de Saint-Gobain Laurent Lebois Associé - vice président Risk & OPS Stéphanie Ledoux CEO & founder - crisis and risk management Alcyconie Florence Leloup Directrice de l'audit, des risques et de la conformité Groupe Galeries Lafayette Services Adrien Lillo Head of governance risk & compliance Engie Louis-Alcime Lorin Directeur des risques | directeur performance financière Soregies Théophane Mazade-Lecourbe Chef du pôle accompagnement maîtrise des risques Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis Cedric Merahi-Raclet Risk manager Primonial Valentin Mertz Responsable des risques Decathlon Margaux Morel-Delebarre Chargée assurances groupe G r e e nYe l l o w Marta Moreno Consultante Marta Moreno Consulting Christophe Oudot Directeur de l’audit des risques et du contrôle interne CEA Charles-Antoine Pasquet Expert associé Real LFC Margot Petit Chargée d'assurances groupe Auchan Retail International N°49 I ÉTÉ 2026 ACTEURS EN VUE \ 15N°49 I ÉTÉ 2026 Tatiana Reiter Responsable de la gestion des risques Publicis Groupe Ziad Rekik Responsable risques Groupe La Poste Christophe Robillon Directeur des risques Séché Alliance Cassandra Rojas Juriste Colas SA Manon Roussière Juriste G r e e nYe l l o w Milan Sikyurek Collaboratrice senior Watson Farley & Williams Anys Tekaya Consultant senior management Ariskan Margaux Texereau Chef de service assurances Colas SA Hewan Thomas Responsable assurances groupe Saur Thomas Van de Velde Risk manager La Poste Marie-Astrid Véron Chargée de contrôle interne et gestion des risques Voies Navigables de France Thomas Vialettes Directeur général délégué EMTS Sauvetage Sabine Wuiame Responsable du groupe de la gestion des risques stratégiques Gie AXA Mamadou Yade Directeur des risques groupe Groupe La Poste Arnold Zimbiri AD financial affairs pro temp Interpol Ils et elles ont bougé Audrey Allaire a quitté ses fonctions de responsable risques et contentieux chez Exel Industries pour devenir responsable risques et assurances groupe chez G r e e nYe l l o w. Joséphine Brenet, auparavant avocate chez K&L Gates, exerce désormais au sein du cabinet Clir SDV Fenchurch. Barthélemy Cousin, qui occupait le poste d’avocat associé chez K&L Gates, a rejoint Clir SDV Fenchurch en tant qu’avocat associé. Thibaut Gribelin a lui aussi quitté K&L Gates, où il était avocat associé, pour rejoindre Clir SDV Fenchurch comme avocat associé. Brahim Marrouchi, précédemment insurance manager chez Renault SAS, est désormais responsable assurances du groupe chez Elis Services. Axelle Michel, jusqu’alors directrice de clientèle corporate chez Stelliant, occupe désormais le poste de responsable du développement et des partenariats chez Collomé Frères. Ye s n e Ozek, ancienne avocate chez K&L Gates, exerce désormais chez Clir SDV Fenchurch. Bertille Ruse, auparavant avocate chez K&L Gates, a rejoint Clir SDV Fenchurch en qualité d’avocate associée. Laure-Anne Chauveau, qui occupait la fonction de responsable assurances groupe chez Groupe Rocher, est désormais responsable assurances chez Kering . ATO U T R I S K MANAGER 16 / 16 / ACTEURS EN VUE En vue Christophe Zaniewski — Allianz Commercial France Directeur général France depuis le 1 er avril 2026, Christophe Zaniewski succède à Patrick Thiels qui a quitté le groupe Allianz. Basé à Paris et directement rattaché à Dirk Vogler, chief regions officer international, il pilote l’ensemble des activités d’Allianz Commercial dédiées aux entreprises moyennes et grandes ainsi qu’aux risques de spécialités. Un dirigeant expérimenté du marché corporate Fort de plus de 25 ans d’expérience dans l’assurance, Christophe Zaniewski a réalisé l’essentiel de son parcours au sein d’AIG, où il a occupé des responsabilités croissantes en finance, opérations et direction générale. Diplômé de l’ESC Montpellier et du CHEA, il commence sa carrière en 2010 comme chief financial officer (CFO) de Chartis pour l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse. En 2012, il devient CFO d’AIG Europe pour la France, la Belgique et le Luxembourg. Nommé chief operating officer (COO) West Europe en 2014, il prend la direction générale d’AIG France en 2016. Depuis 2020, il occupait la fonction de directeur général France, Belgique et Luxembourg, supervisant les activités corporate, les programmes internationaux et la transformation opérationnelle. Paul Jousse, Bessé Directeur général de Bessé depuis mai 2026, le neveu de Pierre Bessé est entré dans le groupe en 2014. Il pilote aujourd’hui la supervision opé- rationnelle des activités de l’entreprise dont la coordination des pôles métier, l'accompagnement des grands clients et le suivi de la qualité de service et la performance financière et humaine. Dans le cadre d’une transmission à long terme, Pierre Bessé et Paul Jousse formeront un binôme opérationnel et stratégique pour mener ensemble la conduite de l’entreprise. Paul Jousse a progressivement occupé des responsabilités clés au sein du groupe en commençant par la protection sociale puis l’immobilier et la construction, les grands risques avant d’être nommé en 2024, directeur du pôle industrie et services. Une première partie de carrière chez AXA Avant de rejoindre Bessé, Paul Jousse a passé près de cinq ans chez AXA, en assurances collectives Santé/Prévoyance. Diplômé de l’Edhec (2009), il a commencé sa carrière comme analyste d’investissement chez AXA Private Equity, dans l’équipe dédiée aux opérations sur des entreprises de moins de 100 millions d'euros de valorisation. N°49 I ÉTÉ 2026N°49 I ÉTÉ 2026 DOSSIER Démultiplication des risques : cinq groupes de travail pour la commission Responsabilités SOMMAIRE 18 Responsabilités : comment l’Amrae gère la démultiplication des risques 19 Cinq groupes de travail pour une commission 20 Nucléaire 2 1 Risques spéciaux 22 RC produits 23 Responsabilité civile des mandataires sociaux (RCMS) 24 Environnement P.20 P.22 P.24 P.21 P.23 NucléaireR i s q u e s s p é c i a u x RC produits Environnement Responsabilité civile des mandataires sociaux (RCMS) DÉMULTIPLICATION DES RISQUES : CINQ GROUPES DE TRAVAIL POUR LA COMMISSION RESPONSABILITÉS \ 17 ATO U T R I S K MANAGER 18 / 18 / DOSSIER Responsabilités : comment l’Amrae gère la démultiplication des risques Les risques évoluent et concernent des sujets de plus en plus vastes. Pour mieux prendre en compte ces évolutions et les expertises qu’elles requièrent, la commission Responsabilités de l'Amrae s'est étoffée de cinq groupes de travail spécialisés. S i Ersida Ago tient tant au « s » de la commission Responsabilités qu’elle préside depuis deux ans, c’est parce qu’elle considère qu'elles sont de multiples natures et ont des implications variées. « Nous vivons une époque charnière : les risques se multiplient et évoluent de plus en plus vite », constate la directrice des assurances du groupe Orano et administratrice de l’Amrae. « Ce qui, pour les risk managers, nécessite d’intégrer une expertise pointue ». Pour mieux répondre à cette nouvelle donne, Ersida Ago a redistribué les cartes au sein de la commission Responsabilités, avec la constitution de groupes de travail positionnés sur cinq sujets précis : responsabilité civile des mandataires sociaux (RCMS), responsabilité produits, risques spéciaux, risque nucléaire et, enfin, environnement. Mission : explorer des angles spécifiques afin de nourrir d’informations parfaitement à jour les adhérents de l’Amrae. La création des cinq groupes de travail a été validée mi-2025. Chacun d’eux est piloté par deux risk managers qui ont établi leur feuille de route pour 2026. Les premiers travaux se concrétisent depuis le début de l'année. Chaque groupe propose deux webinaires par an. Intelligence artificielle, inflation sociale, PFAS, produits défectueux : les grands enjeux du moment En parallèle, la commission « chapeau », c’est-à- dire la commission originelle, va s'attacher à dénouer des problématiques transverses touchant différentes responsabilités civiles. Trois grands enjeux ont été retenus pour 2026. En premier lieu, celui de l’intelligence artificielle. « La question de la traçabilité est primordiale. Qui est responsable ? Le concepteur, l’intégrateur, le distributeur ou l’utilisateur ? La chaîne est longue, cela complexifie forcément la traçabilité de la responsabilité. Pour l’heure, nous n’avons pas encore constaté de contentieux en France mais cela arrivera un jour ou l’autre. Les contentieux américains portent principalement sur les décisions automatisées. Pour ce qui est des couvertures d’assurance, il nous faut anticiper, précise Ersida Ago. Il faut saisir l’opportunité de déployer une gouvernance forte, un usage de l'IA responsable et une gestion anticipée et documentée optimale des risques. À terme, cela pourrait générer des demandes nouvelles de la part des assureurs : sur la cartographie des risques par exemple, sur la robustesse de la gouvernance. Les questionnaires transmis au moment des renouvellements pourraient ainsi être étoffés significativement. Les assureurs ne se sont pas encore positionnés mais nous devons être prêts », ajoute la présidente de la commission Responsabilités. Deuxième enjeu : celui de l’inflation sociale en Europe. « La directive européenne sur les actions de groupe suscite des inquiétudes, ou en tout cas des interrogations. Est-ce que cette directive générera les mêmes conséquences que les class actions américaines ? ». Autres thèmes qui préoccupent les risk managers et dont va s’emparer la commission : les PFAS : automatiquement exclus des polices d’assurance et impactant un large spectre d’acteurs économiques, et le sujet de la responsabilité civile des produits défectueux. D’autres sujets pourraient émerger dans les prochains mois. « Nous nous laissons la possibilité de modifier notre programme de travail si de nouveaux enjeux plus urgents émergent », indique la présidente Ersida Ago. « Saisir l’opportunité de déployer une gouvernance forte, un usage de l'IA responsable et une gestion anticipée et documentée optimale des risques. » ERSIDA AGO Administratrice de l’Amrae et présidente de la commission responsabilités, directrice des assurances du groupe Orano. Par Stéphanie Gallo Démultiplication des risques : cinq groupes de travail pour la commission Responsabilités \ 19 N°49 I ÉTÉ 2026 Cinq groupes de travail pour une commission IA PFAS Inflation & actions de groupe CRÉATION GROUPES MI-2025 SMR 23 JUIN 2026 SESSIONS 2026 2 WEBINAIRES/GROUPE 2027 À SUIVRE... GT1. NUCLÉAIRE Pilotes : Juliette Gelpi / Noëlle Burg GT2. RISQUES SPÉCIAUX Pilotes : Étienne Hoorelbeke / Amélie Sapin GT3. RC PRODUITS Pilotes : Frédéric de Serpos / Thibaud Dufossé SMR, sous-traitants, international IA (aérien) Sciences de la vie Responsabilité civile des produits défectueux Produits numériques, IA COMMISSION RESPONSABILITÉS FEUILLE DE ROUTE 2026 : 2 WEBINAIRES PAR GROUPEGT5. ENVIRONNEMENT Pilotes : Noëlle Burg / Nathalie Chevalier Préjudice écologique Construction & démantèlement GT4. RC MANDATAIRES SOCIAUX Pilotes : Sandrine Turpault / Agathe Porcher Cybersécurité & IA Risques géopolitiques PRIORITÉS 2026 ATO U T R I S K MANAGER 20 / 20 / DOSSIER Les pilotes Juliette Gelpi : VP Risk & Insurance de Bureau Veritas Services SAS Noëlle Burg : Responsable assurances chez Orano Avec la relance du nucléaire voulue par Emmanuel Macron, qui passera par la construction dans les prochaines années de six réacteurs nouvelle génération, des risques nouveaux émergent. Ces nouveaux risques justifient la création d’un groupe de travail dédié, au sein de la commission Responsabilités de l’Amrae. Ces risques vont en effet impacter tous les maillons de la chaîne du nucléaire : des sous-traitants de rang 5 jusqu’aux grands donneurs d’ordre, en passant par les exploitants ou encore les intervenants de maintenance. Trois webinaires sont au programme de cette année. Le premier (il s’est déroulé le 23 juin dernier) s’est intéressé aux small modular reactors (SMR), ces petits réacteurs dont la France va désormais s’équiper. « Les SMR font appel à des technologies nouvelles, des modalités différentes de celles que l'on connaissait. Et donc des risques différents. Nous avons rappelé le cadre réglementaire, les enjeux pour les utilisateurs et l’impact sur l’assurance », résume Noëlle Burg. Le deuxième thème de l’année portera sur les prestataires nucléaires et les sous-traitants : quelle responsabilité, quelles polices d’assurance etc. Et ceci dans un contexte de regain d’intérêt des assureurs pour cette cible. « C’est très positif car ces dernières années, de moins en moins d’assureurs étaient positionnés. Ceux qui l’étaient encore, avaient réduit leur capacité », décrypte Juliette Gelpi. En fin d’année, une ouverture sera faite sur l’international. « La France dispose d’un savoir-faire reconnu mondialement. Les grands acteurs du secteur emmènent souvent, sur leurs grands projets internationaux, leurs partenaires habituels ». Ceux-ci doivent bien évidemment maîtriser les réglementations des pays hôtes, potentiellement différentes de celles de la France. « Les SMR font appel à des technologies nouvelles, des modalités différentes. Et donc des risques différents. » « Ces dernières années, de moins en moins d’assureurs étaient positionnés. Ceux qui l’étaient encore avaient réduit leur capacité. » NUCLÉAIRE « Avec la relance du nucléaire, des risques nouveaux émergent » GT1 JULIETTE GELPI VP Risk & Insurance de Bureau Veritas Services SAS. NOËLLE BURG Responsable assurances chez Orano. N°49 I ÉTÉ 2026N°49 I ÉTÉ 2026 Démultiplication des risques : cinq groupes de travail pour la commission Responsabilités \ 21 Les pilotes Étienne Hoorelbeke, responsable souscription assurances chez Aéroports de Paris Amélie Sapin, responsable assurances chez Alten Ce groupe de travail va s’emparer de problématiques complexes ou émergentes. Deux sujets ont été retenus en 2026 : l’intelligence artificielle, en particulier dans le secteur aérien, et les sciences de la vie. « La problématique des risques liés à l'intelligence artificielle (IA) est transversale, notamment en termes de responsabilités. Il nous a semblé important d'étudier l'impact de l'IA dans le secteur aéronautique qui bénéficie d'un marché d'assurance spécifique. En effet, l'ensemble de la chaîne de valeur du secteur déploie progressivement l'IA (motoristes, compagnies aériennes, exploitants, contrôle aérien…). Il est nécessaire d'anticiper les risques inhérents et d'identifier l'évolution assurantielle du secteur », analyse Étienne Hoorelbeke. Le second sujet, les sciences de la vie, sera abordé sous forme de cas pratiques de gestion de sinistres. « Ce secteur, souvent traité de manière spécifique en matière d’assurance, implique en réalité de très nombreux acteurs. Les évolutions législatives et notamment la réglementation liée aux réclamations de groupe impose d’être particulièrement vigilant. Il est impératif d’anticiper et de travailler en amont pour identifier les risques et adapter les polices d’assurance », avertit Amélie Sapin. « Les évolutions législatives et notamment la réglementation liée aux réclamations de groupe impose d’être particulièrement vigilant. » « Il nous a semblé important d'étudier l'impact de l'IA dans le secteur aéronautique qui bénéficie d'un marché d'assurance spécifique. » ÉTIENNE HOORELBEKE Responsable souscription assurances chez Aéroports de Paris. AMÉLIE SAPIN, Responsable assurances chez Alten. RISQUES SPÉCIAUX « Les problématiques complexes ou émergentes en ligne de mire » GT2 ATO U T R I S K MANAGER 22 / 22 / DOSSIER Les pilotes Frédéric de Serpos : directeur des risques, assurances et contrôle interne du groupe Casino, vice-président et trésorier de l’Amrae Thibaud Dufossé, directeur des risques et assurances dans l’industrie, copilote de l’antenne régionale Amrae des Hauts-de-France D’ici au 9 décembre 2026, une directive européenne sur la responsabilité civile des produits défectueux devra être transposée en droit français. Elle apportera des évolutions significatives par rapport à la directive historique de 1985 transposée en France en 1998, en facilitant l’indemnisation des victimes. Le groupe de travail piloté par Frédéric de Serpos et Thibaud Dufossé, et constitué notamment d’avocats et d’experts assurance, va s’attacher à examiner en détail les différentes options de transposition ainsi que leurs implications pour permettre aux risk managers de mieux s’y préparer. Ces analyses pourraient également conduire à formuler des alertes à l’attention du législateur. Parmi les changements majeurs : la définition même d’un produit. La nouvelle directive, 2024/2853, pour son intitulé officiel, intègre désormais les produits numériques, dont les logiciels et leur mise à jour, certains systèmes d’intelligence artificielle ou encore les fichiers de fabrication numériques. Dans le même temps, la directive élargit la notion de défectuosité. Elle ne concerne désormais plus uniquement le moment de mise sur le marché du produit mais intègre toute la période pendant laquelle le fabricant a un contrôle sur celui-ci. « Cela signifie que la responsabilité civile concerne aussi des produits dont la défectuosité peut se manifester dans le temps. Cela élargit considérablement les risques de responsabilité pour les entreprises », insiste Thibaud Dufossé. Par ailleurs, le champ des acteurs dont la responsabilité pourra être mise en cause va être élargi : les importateurs, les distributeurs, les places de marché, etc. « Cette directive consacre le droit pour toute victime d’obtenir réparation en cas de produit défectueux, principe auquel nous souscrivons pleinement. Elle implique toutefois une remise en question de l’ensemble de la chaîne de valeur : les organisations seront désormais tenues de renforcer leur niveau de vigilance et, surtout, d’être en mesure d’apporter la preuve de l’absence de leur responsabilité », souligne Frédéric de Serpos. Avec par voie de conséquence, la nécessité de mieux stocker et organiser leurs données et de choisir leurs partenaires de manière encore plus éclairée. « Sur ce point, les grandes entreprises sont déjà plutôt bien organisées mais il y a probablement un travail important à mener dans de nombreuses PME et ETI », ajoute le directeur des risques du groupe Casino. Autre élément à prendre en compte : la preuve sera facilitée pour les victimes, « avec une forme de présomption de responsabilité », analyse Frédéric de Serpos. « La transposition de cette directive, conjuguée à celle relative aux actions de groupe, pourrait constituer un levier juridique majeur, auquel il convient dès à présent de se préparer ». « La responsabilité civile concerne aussi des produits dont la défectuosité se manifeste dans le temps. » « Les organisations devront prouver l’absence de leur responsabilité. » FRÉDÉRIC DE SERPOS Directeur des risques, assurances et contrôle interne du groupe Casino, vice-président et trésorier de l’Amrae. THIBAUD DUFOSSÉ Directeur des risques et assurances dans l’industrie, copilote de l’antenne régionale Amrae des Hauts-de-France. RC PRODUITS « La transposition de la nouvelle directive européenne suscite des inquiétudes » GT3 N°49 I ÉTÉ 2026N°49 I ÉTÉ 2026 Démultiplication des risques : cinq groupes de travail pour la commission Responsabilités \ 23 Les pilotes Sandrine Turpault : responsable des assurances du groupe La Banque Postale Agathe Porcher : chargée d’affaires responsabilité civile chez EDF Assurances « Entre l’inflation réglementaire et la judiciarisation des affaires, tout dirigeant est aujourd’hui confronté à un nombre grandissant de risques, engageant ses biens propres. Il nous paraissait important de créer un groupe de travail spécifique », explique Sandrine Turpault, copilote du groupe de travail RCMS. Comptant un certain nombre d’avocats, ce groupe a identifié les principaux risques qui sont au cœur de l’actualité. De cette analyse, ont émergé trois enjeux prioritaires : cybersécurité et intelligence artificielle, géopolitique avec ses conséquences comme la rupture d’approvisionnement, la pénurie d’énergie et l’inflation réglementaire (ESG, durabilité, transparence). Sur chacune de ces thématiques, la responsabilité du dirigeant peut être engagée. « Nous souhaitions étudier les couvertures assurantielles au regard de ces thématiques, en mettant en place des dialogues entre courtiers et assureurs afin de détecter les points de vigilance », précise Agathe Porcher. La première session a eu lieu en avril 2026, elle portait sur la responsabilité civile des mandataires sociaux dans le cadre du risque cybersécurité et IA. « Il n’est pas ressorti de recommandation en matière d’affirmative cover ou d’ajout de définitions supplémentaires (IA, données). En revanche, des points d’attention ont été mis en avant », détaille Sandrine Turpault. Notamment sur la gouvernance dans l’utilisation et le contrôle de l’IA : supervision humaine intégrée (Human in the loop) , données d’entraînement biaisées, shadow IA (usage invisible de l'IA), utilisation illégale, violation du droit d’auteur. L’absence de système de surveillance ou de traitement des alertes est susceptible d’engager la responsabilité des administrateurs. La deuxième session se déroulera à l’automne et portera sur les risques géopolitiques. La troisième et dernière session est programmée début 2027 et portera sur les risques réglementaires et administratifs. « Étudier les couvertures assurantielles en mettant en place des dialogues entre courtiers et assureurs. » « Pas de recommandation en matière d’affirmative cover ou d’ajout de définitions supplémentaires (IA, données). Mais des points d’attention ont été mis en avant. » SANDRINE TURPAULT Responsable des assurances du groupe La Banque Postale. AGATHE PORCHER Chargée d’affaires responsabilité civile chez EDF Assurances. RESPONSABILITÉ CIVILE DES MANDATAIRES SOCIAUX (RCMS) « La responsabilité des dirigeants est de plus en plus souvent engagée » GT4 ATO U T R I S K MANAGER 24 / 24 / DOSSIER Les pilotes Noëlle Burg : responsable des assurances chez Orano Nathalie Chevalier : responsable droit des affaires et assurances pour l’Andra, agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs Objectif : fournir aux risk managers des outils et des points de vigilance précis sur les risques liés à l’environnement Au menu de ce cinquième groupe de travail, l’assurabilité des risques environnementaux. Un bilan a été dressé en collaboration avec des avocats, des experts, des courtiers, etc. Un état des lieux réglementaire sera réalisé dans la deuxième moitié de l'année. « La réglementation marquée par une inflation continue, peut se révéler complexe. Et les sinistres étant rares, les sujets d’interprétations peuvent être nombreux. Or il est primordial pour un risk manager d’avoir une visibilité sur les risques associés à ces sujets », estime Noëlle Burg. Il s’agit également de bien cerner les termes employés : « Les risk managers doivent être au point. De quoi parle-t- on exactement quand on évoque un préjudice écologique par exemple, des atteintes graduelles à l’environnement, des responsabilités environnementales, etc. ? ». Le groupe de travail va aussi se pencher sur le sujet de la construction. Avec un fil directeur : analyser les différentes responsabilités qu’une entreprise est amenée à gérer en matière environnementale quand elle est impliquée dans un projet de construction ou de démantèlement. « Les polices d’assurance pour la construction peuvent intégrer des garanties environnementales mais celles-ci sont nouvelles et peu connues », pointe Nathalie Chevalier. L’enjeu du binôme sera donc de partager les connaissances avec la communauté des risk managers. « Les polices d’assurance pour la construction peuvent intégrer des garanties environnementales mais celles-ci sont nouvelles et peu connues. » « Les polices d’assurance pour la construction peuvent intégrer des garanties environnementales mais celles-ci sont nouvelles et peu connues. » NATHALIE CHEVALIER Responsable droit des affaires et assurances pour l’Andra, agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. NOËLLE BURG Responsable des assurances chez Orano. ENVIRONNEMENT « Préjudice écologique, atteintes graduelles à l’environnement : de quoi parle-t-on exactement ? » GT5 N°49 I ÉTÉ 2026N°49 I ÉTÉ 2026 Démultiplication des risques : cinq groupes de travail pour la commission Responsabilités \ 25 ATO U T R I S K MANAGER 26 / 26 / MÉTIER RISK MANAGER Lituanie : quand la gestion des risques devient une affaire de souveraineté À la frontière de la Russie et de la Biélorussie, la Lituanie a développé une culture du risque singulière. Dans ce pays de 2,8 millions d'habitants, la profession de risk manager s'est construite moins autour de l'assurance que de la résilience, la cybersécurité et la continuité d'activité. Avec Rizikos Valdymo Asociacija (RVA), la jeune association lituanienne des risk managers (membre de Ferma), se dessine une autre manière de penser les risques dans l'Europe. Par Marguerite Robelin TADAS CILCIUS Président de RVA. « En Europe occidentale, vous parlez beaucoup du changement climatique. En Lituanie, nous parlons d'abord de géopolitique. » N°49 I ÉTÉ 2026N°49 I ÉTÉ 2026 Les secteurs public, énergétique, financier et des infrastructures sont particulièrement représentés. « Nous avons aussi plusieurs entreprises technologiques en forte croissance et quelques licornes, mais notre pays ne compte pas de grands groupes industriels tels qu'en France ou en Allemagne », souligne Tadas Cilcius. La culture de l'assurance est récente C'est probablement la spécificité la plus marquée de la Lituanie : le risk management ne s'est pas développé à partir de l'assurance. Après l'indépendance retrouvée en 1990, après la chute du mur de Berlin, les entreprises ont d'abord développé des dispositifs de gouvernance, de contrôle interne, de conformité et de résilience. La culture de l'assurance est venue plus tard. « Lorsque nous parlons de gestion des risques, nous parlons beaucoup plus de gouvernance, de résilience, de conformité ou d'ERM que de financement du risque par l'assurance », explique Tadas Cilcius. Cette différence reste visible aujourd'hui, dans tous les États baltes, « où beaucoup d'organisations réfléchissent d'abord à la prévention, à la résilience ou à la conformité avant de réfléchir à l'assurance ». Une anecdote vécue par Tadas Cilcius en dit long : « En m'intéressant à des couvertures destinées aux administrateurs et dirigeants, j'ai reçu un questionnaire comportant des questions sur les systèmes de paiement et les infrastructures technologiques. Lorsque j'ai demandé des explications au courtier, il n'a pas été en mesure de me répondre. Cette expérience m'a montré qu'il existait encore un important besoin d'éducation et de professionnalisation sur ces sujets ». « Vous, en Europe occidentale, vous parlez beaucoup du changement climatique. Nous, nous parlons d'abord de géopolitique ». Cette formule choc de Tadas Cilcius, président de l'association lituanienne des risk managers (RVA) résume à elle seule la singularité lituanienne. À Vilnius, la capitale de ce pays balte, lorsqu'on demande à un risk manager quels sont les principaux risques auxquels son organisation est confrontée, la réponse commence toujours par la guerre en Ukraine, suivie des cyberattaques, des campagnes de désinformation, des infrastructures critiques ou de la continuité d'activité. Située à l'extrémité orientale de l'Union européenne, coincée entre la mer Baltique, la Biélorussie et l'enclave russe de Kaliningrad, la Lituanie vit depuis plusieurs années dans l'ombre du conflit russo-ukrainien. « Certains pays occidentaux ne perçoivent pas la Russie comme nous. Ce n'est pas une critique. C'est simplement une différence d'expérience... », observe Tadas Cilcius. Une association qui raconte un pays entier Cette culture particulière du risque est inscrite dans les gènes de la jeune association lituanienne des risk managers. Créée il y a trois ans, elle compte aujourd'hui environ 90 membres. « Pour un pays comme la Lituanie et pour une profession encore relativement récente, nous considérons cette progression comme encourageante », commente Tadas Cilcius. Près de 70 % des adhérents exercent directement la fonction de risk manager. À leurs côtés, figurent des spécialistes des systèmes d'information, de la sécurité, quelques professionnels de l'assurance et des dirigeants d'entreprise. Débat lors du dernier forum de l'association lituanienne des risk managers (RVA). International - Lituanie \ 27 ATO U T R I S K MANAGER 28 / 28 / MÉTIER RISK MANAGER Le contraste avec la Lituanie est frappant. « En Lituanie, le risk management existait dans certaines entreprises, mais il n'y avait pas de communauté professionnelle forte ». De retour à Vilnius, il échange avec plusieurs collègues. Tous partagent la même conviction : la profession a un avenir, mais elle ne pourra pas se développer seule. « Créer une structure sans ancrage européen aurait été extrêmement difficile, Ferma nous a permis d'accéder immédiatement à un réseau, à des formations et à des échanges d'expérience ». Le déclic Ferma L'association lituanienne de risk management est née d'une découverte. En 2022, Tadas Cilcius participe pour la première fois à un événement Ferma à Copenhague. « Avant ce déplacement, je connaissais très peu Ferma. J'ai découvert que la gestion des risques constituait une profession organisée à l'échelle européenne ». Il y découvre les associations nationales, les formations et les groupes de travail. TADAS CILCIUS EN BREF Senior risk manager chez Kashimi, une start-up spécialisée dans les infrastructures de paiement. Cofondateur de RVA (Lithuanian risk management association) et engagé dans le développement de la profession de risk manager dans les pays baltes. Spécialiste de la gestion des risques, de la cybersécurité et de la résilience des infrastructures critiques. I l a travaillé sur des projets de sécurité de l’information de grands systèmes bancaires et des infrastructures stratégiques de l’État. Administrateur de Ferma. Diplômé de trois cursus de niveau master dans trois pays différents : sciences politiques à l’University of Aberdeen, MBA à l’Université de Montpellier et MBA à Vilnius Tech. L'équipe de l'association lituanienne des risk managers, RVA. N°49 I ÉTÉ 2026N°49 I ÉTÉ 2026 ne commence pas forcément avec des chars. Elle peut démarrer par une campagne de désinformation ou une attaque contre un système informatique ». L'objectif peut être de fragiliser la confiance dans les institutions, les médias, les entreprises ou les autorités publiques. Dans ce contexte, « la gestion des risques ne consiste plus seulement à protéger des actifs matériels. Elle consiste aussi à protéger la confiance ». Cette approche explique la place centrale accordée aux infrastructures critiques, qui englobent non seulement l'énergie et les transports, mais aussi l'eau, la santé, les réseaux numériques, les centres de données et le traitement des déchets : autant de services dont dépend le fonctionnement d'un pays. Les chaînes d'approvisionnement représentent également une préoccupation croissante. « Les conflits récents montrent à quel point certaines dépendances peuvent créer des vulnérabilités. Le rôle du risk manager consiste à les identifier et à les réduire ». Une cyberpuissance par nécessité Cette exposition aux risques a favorisé l'émergence d'un écosystème numérique robuste. Des entreprises comme NordVPN sont devenues des références internationales. Dans ce contexte, la cybersécurité est perçue comme un enjeu de souveraineté autant que de conformité réglementaire. « Nous savons que nous sommes exposés. Cette conscience du risque constitue déjà un avantage. Il ne s'agit pas seulement de conformité, mais de résilience nationale ». Autre spécificité lituanienne : le développement de la technologie financière (fintechs). Le pays accueille l'un des écosystèmes de services financiers numériques les plus dynamiques d'Europe. L'association y consacre notamment une formation annuelle destinée aux administrateurs de fintechs. Après avoir débuté sa carrière dans le secteur bancaire au Royaume-Uni, où il travaillait sur la gestion des incidents et la continuité d'activité, Tadas Cilcius a rejoint l'univers des start-ups et des fintechs, « Je suis convaincu qu'elles sont peut-être les banques dominantes de demain ». Le risk manager du futur : protéger et oser « Beaucoup de personnes pensent encore que le rôle du risk manager consiste à dire non. Pas moi ». À ses yeux, le risk management « doit aussi permettre aux organisations d'identifier des opportunités et de comprendre quels risques méritent d'être pris ». La guerre en Ukraine illustre cette réalité. Si nombreux sont ceux qui ne voient que les risques, l'économie du pays poursuit son développement, les investissements dans la défense ont stimulé l'innovation et favorisé l'émergence de nouvelles entreprises. La guerre a rendu le risque tangible Si la réglementation a contribué à structurer la profession, c'est la guerre en Ukraine qui lui a donné une nouvelle dimension. « Avant le conflit, les sujets de continuité d'activité ou de résilience étaient souvent perçus comme secondaires », raconte Tadas Cilcius. Aujourd'hui, le risque est devenu tangible. « Autrefois, lorsque vous demandiez un budget pour renforcer la résilience, on vous répondait : pourquoi investir autant alors qu'il n'y a pas de guerre ? Aujourd'hui, la question ne se pose plus ». Les entreprises multiplient désormais exercices, simulations et plans de continuité. « Elles ne veulent plus seulement des documents. Elles veulent être réellement préparées ». La Lituanie n'est pas en guerre, mais elle ne vit plus dans la même insouciance stratégique que certaines régions d'Europe occidentale. Par conséquent, « les gens apprennent à vivre avec le risque, à l’intégrer simplement à leur quotidien ». Les entreprises répartissent leurs serveurs dans plusieurs pays, dispersent parfois leurs équipes et développent des scénarios alternatifs afin de maintenir leurs activités même en cas de crise majeure. « La résilience devient une façon de penser. Une façon d'organiser les activités et de prendre des décisions ». Désinformation, cyberattaques et infrastructures critiques Pour Tadas Cilcius, le risque géopolitique ne se limite pas à la perspective d'un affrontement militaire. « Une attaque International - Lituanie \ 29 Baltic Risk Conference 2025. ATO U T R I S K MANAGER 30 / 30 / MÉTIER RISK MANAGER UNE JEUNE ASSOCIATION TOURNÉE VERS Ferma ET L’EUROPE Ce que RVA attend de Ferma Faire entendre la voix des risk managers européens en renforçant la visibilité et l’influence de la profession. Favoriser le partage d’expérience et de connaissances entre associations nationales et régionales. Offrir un cadre de référence commun grâce aux standards professionnels, à la certification Rimap et aux événements européens. Apporter crédibilité et reconnaissance aux associations membres à travers l’accréditation Ferma. Soutenir les jeunes associations en leur donnant accès à un réseau, des ressources et des initiatives communes. Développer davantage le mentorat et les projets collaboratifs entre associations établies et émergentes. Accroître la visibilité des initiatives régionales au niveau européen. Le rôle de RVA dans le réseau Ferma Ambassadeur de Ferma dans les pays baltes. Organisateur de la première Baltic Risk Conference et du Baltic Risk & Audit Forum. Relais actif des initiatives européennes, notamment à travers l’International Risk Management Survey. Une coopération européenne à renforcer Les associations historiques comme l’Amrae, Agers, Kryd ou Airmic sont des sources d’inspiration précieuses pour les structures plus récentes. Les échanges existent déjà (conférences, enquêtes, retours d’expérience), mais pourraient être approfondis via des sessions régulières entre pairs ; des groupes de travail communs ; des outils et ressources partagés ; des programmes de mentorat entre associations. Objectif : construire une communauté européenne du risk management plus visible, plus influente et plus efficace face aux risques émergents. LE POINT DE VUE DE Ferma Ferma, en tant que fédération européenne rassemblant 24 associations dans 23 pays, est attentive au développement des associations les plus récentes, comme la Lithuanian Risk Management Association, qui accomplit un travail remarquable pour promouvoir la culture du risk management en Lituanie et dans l’ensemble de la région baltique. Nous sommes heureux de la soutenir en participant notamment à ses événements à Vilnius, mais aussi en lui donnant accès aux ressources, aux expertises et au réseau développés par Ferma et ses associations membres. L’exemple lituanien apporte une contribution précieuse à notre communauté européenne. Dans un contexte géopolitique singulier dû à leur proximité géographique avec la Russie, marqué par les enjeux de résilience, de cybersécurité, de continuité d’activité et de protection des infrastructures critiques, les risk managers lituaniens ont développé une approche spécifique du risque, davantage centrée sur la gouvernance, la résilience et la souveraineté que sur les seules problématiques assurantielles. Cette expérience enrichit les échanges entre associations membres et illustre la diversité des approches qui font la force du réseau Ferma. C’est précisément dans l’ADN de Ferma que de permettre le partage d’expériences, de connaissances et de bonnes pratiques entre associations établies et émergentes, afin de construire ensemble une profession plus visible, plus influente et mieux préparée aux risques de demain. À cet égard, l’association lituanienne a une place à part au sein de Ferma, non seulement comme bénéficiaire de cette dynamique collective, mais aussi comme acteur à part entière de son développement, notamment en tant qu’ambassadeur de Ferma dans les pays baltes et promoteur d’initiatives régionales reconnues au niveau européen. L'intelligence artificielle illustre la même tension, en ouvrant de nouvelles perspectives mais en favorisant aussi l'émergence de fraudes plus sophistiquées. « Les entreprises doivent renforcer leurs capacités de détection et de réaction », souligne Tadas Cilcius. Que peuvent apprendre les autres pays européens de l'expérience lituanienne ? « Ce n'est plus seulement une affaire de gouvernement. C'est l'affaire de tout le monde », insiste-t-il. La principale leçon à tirer de l'expérience lituanienne est la suivante : dans un pays placé en première ligne des tensions géopolitiques européennes, la résilience est devenue une question de souveraineté. Viktorija Čmilytė-Nielsen, vice-présidente du Seimas, le Parlement lituanien, a ouvert le Forum de RVA. International - Lituanie \ 31 ATO U T R I S K MANAGER 32 / 32 / MÉTIER RISK MANAGER Déjouer les dépendances numériques Les acteurs de la cybersécurité et du numérique se sont retrouvés début avril au Forum InCyber Europe pour débattre d’une thématique à l’actualité brûlante : la maîtrise de nos dépendances numériques. Face à l’explosion des cyberattaques, les responsables de la sécurité des systèmes d’information, en lien avec les risk managers, ont un rôle majeur et transverse. Le calcul d’un indice de résilience numérique (IRN) doit permettre aux entreprises de reprendre leur destin numérique en main. Comment accompagner les entreprises à reprendre leur destin numérique en main ? Le groupe Thales est une vigie en la matière. L’entreprise génère deux milliards d’euros de chiffre d’affaires dans les activités cyber, pour le civil et la défense. « La cybersécurité est au cœur de notre métier. Notre portefeuille de produits et services couvre la sécurité des données, la sécurité des applications, la gestion des identités et des accès, et les services de détection et de réponse aux incidents cyber, explique Benoît Thubert, directeur de la gestion des risques des activités de cybersécurité et d’identité numérique de Thales. Nous avons également des offres de cybersécurité souveraines pour le marché de la défense ». Avec un portefeuille de plus de 30 000 clients, principalement civil, Thales fournit neuf des dix plus grandes compagnies mondiales d'assurance au monde en 2026. « Il y a une multitude de risques cyber qui s’intensifient avec l’usage de l’IA et qui en font désormais un sujet de niveau de comité de direction. Les entreprises doivent se préparer pour se protéger et garder la confiance de leurs clients et partenaires tout en se conformant aux réglementations en vigueur dans leur secteur, précise Benoît Thubert. Les entreprises doivent se mettre en marche, accompagnées par des experts et leurs compagnies d’assurance, à la fois techniquement, mais aussi en matière de gouvernance pour anticiper les risques, se protéger de façon adéquate, et assurer la continuité de ses activités en cas d’attaque ». Identifier le risque La cybersécurité n’est pas seulement un sujet technologique. « Le ransomware met à mal tous les systèmes d’information. Par exemple, la cyberattaque dont a été victime le constructeur Jaguar Land Rover a généré 250 millions d’euros (1) d’impact financier, décrypte Franck Le Moal, chief information officer du groupe LVMH. La fraude au président entraîne des malversations financières. Les fuites de données génèrent une désinformation, une déstabilisation des organisations en raison d’une influence sociale négative. Il faut mettre en place une démarche collaborative ». Les entreprises ne peuvent pas tout attendre de la puissance publique, ni de l’Agence nationale de la sécurité C ’est un rapport éclairant publié par AXA XL et Thales lors du Forum InCyber Europe qui s’est déroulé début avril à Lille. Intitulé « Resilience at scale : cyber resilience in an era of consolidated & converging threats », le document révèle que l’impact financier des incidents cyber n’a cessé de progresser en 2025. Le coût moyen pour une fuite de données (« data breach ») est estimé, pour une organisation, à près de 4,4 millions de dollars en 2025. « Nous comptabilisons plus de 12 000 incidents, 130 nouvelles menaces, une durée moyenne d’incident de 29 minutes. On enregistre une augmentation de 30 % des incidents en 2025, affirme Rebiah Bardot-Girard, head of cyber risk consulting services chez AXA XL. Cela veut dire que l’on ne peut plus se permettre d’être réactif, il faut être proactif. La meilleure stratégie cyber sera vouée à l’échec si l’entreprise ne parvient pas à embarquer l’ensemble des collaborateurs. 90 % des cyberattaques sont inhérentes à une erreur humaine ». C’est l’un des enseignements majeurs de l’édition 2026 du Forum InCyber Europe. ATO U T R I S K MANAGER Forum InCyber en avril 2026, à Lille. Par Louis Guarino N°49 I ÉTÉ 2026N°49 I ÉTÉ 2026 des systèmes d’information (Anssi) parce que les menaces sont inhérentes à des réseaux organisés. « Le risque cyber, c’est l’avènement d’un évènement redouté sur ma chaîne de valeur », soutient Fabrice Bru, le directeur cybersécurité et architecture du groupement Les Mousquetaires et président du Club des experts de la sécurité de l’information et du numérique (Cesin). Sans compter que le risque cyber n’est pas un risque IT mais un risque business. « Le Ciso [ou RSSI, responsable de la sécurité des systèmes d’information, ndlr] se positionne sur des questions stratégiques qui vont orienter tout le discours commercial de l’entreprise », confirme Nolwenn Le Ster, présidente de la commission cybersécurité de Numeum, organisation des professionnels du numérique. La cybersécurité doit donc être pensée pour la résilience dès le départ by design, et de bout en bout. Au regard du règlement européen Dora, le Ciso a une fonction- clé aux côtés du risk manager. « Dora, c’est la Lex specialis de NIS 2 pour les banques et les assurances, lesquelles ont intégré la conformité Dora dans le volet cybersécurité, remarque Odile Duthil, présidente du Clusif et directrice cyber du groupe Caisse des Dépôts. Le Ciso a un rôle transverse, il s’adresse directement à son Comex. Il est passé d’une fonction technique à un rôle de partenaire métier et d’accompagnement. » À l’heure où l’évolution technologique est forte pour le cloud, l’IA et le quantique, le Ciso doit se préoccuper du risque géopolitique pour sécuriser le risque de « kill switch » et maîtriser le risque des dépendances numériques. Les nouvelles réglementations (NIS 2, Dora) insistent d’ailleurs sur la résilience opérationnelle. « Ce sont à la fois des mesures techniques et des mesures organisationnelles qui permettront à l’entreprise de se relever et de continuer ses fonctions critiques en cas de cyberattaques, analyse Odile Duthil. Quant au risque de « kill switch », il implique de bien connaître ses dépendances numériques pour savoir sur qui compter, ou pas. « Outre les indices de performance (KPI), nous avons proposé le calcul d’un indice de résilience numérique (IRN) à l’appui de huit axes (voir encadré) afin d’avoir une visibilité sur l’identité des fournisseurs, l’hébergement des données, le niveau de formation interne, l’extraterritorialité etc. Il s’agit d’avoir une cartographie de son patrimoine informationnel qui est sans doute l’actif immatériel le plus précieux de l’entreprise », résume Odile Duthil. Déjouer les dépendances numériques \ 33 INDICE DE RÉSILIENCE NUMÉRIQUE : REPRENDRE SON DESTIN NUMÉRIQUE EN MAIN L’indice de résilience numérique (IRN) est un standard de mesure qui vise à évaluer de manière systémique le niveau de résilience numérique d’une organisation, entreprise, acteur public ou opérateur d’infrastructure critique. Son calcul repose sur une méthodologie autour de huit piliers : résilience stratégique, résilience économique et juridique, résilience data et IA, résilience opérationnelle, résilience supply chain, résilience technologique, résilience sécurité, résilience environnementale. Cette méthodologie génère un score global de résilience numérique, une analyse fine par grands domaines de dépendance, des trajectoires de progrès adaptées au contexte sectoriel et à la maturité de chaque organisation. La gouvernance de l’IRN est assurée par l’association Digital Resilience Initiative, une structure indépendante présidée par Olivier Sichel, le directeur de la Caisse des Dépôts et président de Digital New Deal. « Le calcul de l’IRN se fait sur les fonctions critiques de la réglementation Dora. L’indice va permettre de donner aux Comex et aux instances de gouvernance un outil de pilotage pour savoir si la situation convient ou ne convient pas et comment migrer ? », conclut la présidente du Clusif. BENOÎT THUBERT Directeur de la gestion des risques des activités de cybersécurité et d’identité numérique de Thales. REBIAH BARDOT-GIRARD Head of cyber risk consulting services, AXA XL. ODILE DUTHIL Présidente du Clusif, directrice de la cybersécurité du groupe Caisse des dépôts. « Les entreprises doivent se mettre en marche, accompagnées par des experts et par leurs compagnies d’assurance, à la fois techniquement, mais aussi en matière de gouvernance » « On enregistre une augmentation de 30 % des incidents en 2025 » « Le Ciso a un rôle transverse, il s’adresse directement à son Comex. Il est passé d’une fonction technique à un rôle de partenaire métier et d’accompagnement. » (1) Et 1,3 milliard d’euros pour l’ensemble de la supply chain Source : Centre for cybersecurity & economic impact (CCEI) 34 / 34 / CLUB FRANCORISK ATO U T R I S K MANAGER De plus en plus de synergies au Club Francorisk L e Club francophone du mana- gement des risques et des assurances, dit Club Francorisk, a pour mission de soutenir le développement du risk management à l’échelle francophone. Il favorise le partage des bonnes pratiques, renforce les compétences et diffuse l’expertise en gestion des risques et en assurances au service des entreprises actives dans l’espace francophone, avec un focus particulier sur l’Afrique. Concrètement, le Club atteint ses objectifs par des actions d’accompagnement, la diffusion d’informations, ainsi que par des formations et des webinaires. Pour fédérer les expertises et créer davantage de synergies, le Club anime un réseau d’associations nationales de risk managers et Lancement de l'Association pour le management du risque à Madagascar (AMRM), lors du CEO Summit à Antananarivo. Au centre, sa présidente Lantonirina Andrianary Faire rayonner la culture de la gestion des risques dans l’espace francophone : telle est la vocation du Club Francorisk. Retour sur un réseau en pleine expansion. encourage la création de nouvelles structures dans les pays qui n’en disposent pas encore. « Un travail de longue haleine, au fur et à mesure des rencontres, qui permet de tisser de liens, d’encourager les initiatives locales, et à terme d’aboutir à la naissance d’une structure nationale. C’est toujours un grand moment. À chaque étape, nous sommes présents pour aider et accompagner ces processus de création mais aussi pour la suite et le développement des associations nationales », explique Marc de Pommereau, président du Club Francorisk. Un réseau en expansion Le réseau du Club Francorisk compte aujourd’hui huit associations nationales et MARC DE POMMEREAU Président du Club Francorisk. « Un travail de longue haleine, au fur et à mesure des rencontres, qui permet de tisser des liens, d’encourager les initiatives locales, et à terme d’aboutir à la naissance d’une structure nationale » © DR Par Anne de Wilde \ 35 \ 35Club Francorisk \ 35N°49 I ÉTÉ 2026 s’est renforcé ces derniers mois. « Nous a vons eu la chance de voir naître trois nouvelles associations sur le continent africain », se réjouit Marc de Pommereau, « au Togo l’Amrat (Association pour le Management des risques et des assurances du Togo), à Madagascar l’AMRM (Association pour le management du risque à Madagascar) et au Cameroun, Arimac (Association of Risk management Cameroon) ». Ces trois structures rejoignent l’Amrab au Bénin, le CCRM au Congo, Sengov’Risk au Sénégal, Amraem au Maroc et Rimrae en Côte d’Ivoire. Des acteurs locaux mobilisés Le Club Francorisk permet aux associations nationales d’accroître leur visibilité et leur légitimité. Khalid Yacoubou Boukari, président fondateur de l’Amrat, souligne : « La force de notre association est qu’elle regroupe toutes les banques, toutes les assurances et tous les courtiers du Togo. Nous avons atteint notre premier objectif, celui de la reconnaissance nationale. Être affilié au Club Francorisk et donc à l’Amrae nous confère une certaine légitimité au niveau international. Ce partenariat nous permet de développer l’axe de formation, qui est prioritaire pour nous : la formation et le développement de la gestion des risques au Togo ». À Madagascar, Lantonirina Andrianary, présidente fondatrice de l’AMRM, se félicite de l’accueil : « Notre premier événement a attiré beaucoup d’attention. Le risque n’est pas une notion réservée aux assureurs. On se positionne du côté des entreprises. Notre métier n’est pas encore très connu, il n’a pas encore tout à fait trouvé sa place. Nous avons beaucoup à faire pour vulgariser le métier de risk manager et sensibiliser à la culture du risque et du risk management. Dans cette optique, l’appui du Club Francorisk, antenne francophone de l’Amrae, est précieux ». Officialisée le 26 janvier 2026 au Cameroun, l'Association de risk management came- rounaise, Arimac, se veut généraliste et inclusive. « Nous nous consacrons à l’ensemble du risk management, les assurances, la conformité, la gouvernance des risques, le plan risques (catastrophes naturelles, pandémies, écologie, environnement, cybersécurité…), nous couvrons le tout afin que chacun trouve sa place chez nous. Nous nous appuyons sur le bilinguisme du pays, anglophone et francophone, comme deux systèmes à rapprocher, mais aussi sur la diaspora Présentation de l'Association camerounaise du risk management, Arimac, par son président Pierre Ngotte, lors de la convention de la Francophonie aux Rencontres Amrae 2026 KHALID YACOUBOU BOUKARI Président fondateur de l'Association pour le management des risques et des assurances du Togo (Amrat). « Nous avons atteint notre premier objectif, celui de la reconnaissance nationale. » PIERRE NGOTTE Président fondateur de l'Association camerounaise de risk management du Cameroun, Arimac. « Nous nous consacrons à l’ensemble du risk management, les assurances, la conformité, la gouvernance des risques, le plan risques. » © DR 36 / 36 / CLUB FRANCORISK ATO U T R I S K MANAGER pour laquelle nous souhaitons faire le pont entre la communauté de risk managers du Cameroun et ceux de la diaspora : c’est une force de se côtoyer, d’échanger et d’apprendre les uns des autres. », explique Pierre Ngotte, président fondateur. La philosophie de partage et de synergies portée par le Club Francorisk irrigue ainsi l’action de chaque association nationale. Lancement d’un comité scientifique Nouvelle étape : le Club s’est doté d’un comité scientifique chargé de réunir des experts autour de thématiques pertinentes pour les risk managers d’entreprises opérant en Afrique. Porté par Camel Sekkai, nouveau membre à la direction du Club Francorisk, ce comité vise à proposer des sujets d’actualité, à renforcer les liens avec le pôle scientifique de l’Amrae et à développer les échanges multi-pays. « À l’image de ce qu’on fait dans les Hauts-de-France avec l’Amrae, nous travaillons beaucoup avec la Belgique et plus particulièrement le Belrim (membre de Ferma et du Club Francorisk) : grâce au multiculturel, on apprend davantage. Il y a tant à apprendre et à développer », précise Camel Sekkai. L’objectif est d’alimenter une réflexion à l’échelle francophone par des événements réguliers. Le premier rendez-vous sera un webinaire à la rentrée, consacré à la cartographie des risques, avec notamment Fatola Sande, expert et président du Rimrae (Côte d’Ivoire). « La cartographie est un outil dont l’usage se développe de plus en plus, en Afrique comme ailleurs, analyse Sandé Fatola. Je fais l’apologie de la cartographie des risques, pour que le plus grand nombre adopte cet outil de prise de décision, de gouvernance, de durabilité (dans un contexte de difficultés climatiques, défis technologiques, décisions, inflation…) : c’est le seul outil qui peut nous aider à anticiper et mieux contrôler les risques ». L’événement sera annoncé sur la page LinkedIn du Club. CAMEL SEKKAI Membre du comité directeur du Club Francorisk. « Grâce au multiculturel, on apprend davantage. Il y a tant à apprendre et à développer. » LANTONIRINA ANDRIANARY Présidente fondatrice de l’AMRM. « Nous avons beaucoup à faire pour vulgariser le métier de risk manager et sensibiliser à la culture du risque et du risk management. » Inauguration de l'Association de risk management du Togo (Amrat) avec son président, Khalid Yacoubou-Boukari lors des Risk & Resilience Days à Lomé (Togo). De gauche à droite : Marc de Pommereau, président du Club Francorisk, Khalid Yacoubou-Boukari, président de l'Amrat, la représentante de l’association du Nigeria, Sandé Fatola, président de Rimrae, Florent Attiogbe, directeur général de Sunu Santé, le représentant de l’Amrab et Taha Bennasret, CEO de Fin Connect. © DR 38 / 38 / ACTUALITÉS DE LA FFCE ATO U T R I S K MANAGER Retour d’expérience Atout Risk Manager inaugure avec celle du groupe Bel, une présentation sous forme de fiche, des captives qui se sont immatriculées en France au cours des dernières années. Problématique, organisation, accompagnement, relations avec l'autorité de contrôle, l'ACPR : retours d’expériences. Relations avec l'ACPR Il nous a fallu trois mois pour constituer les dossiers administratifs, puis neuf mois d’instruction auprès de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). La procédure s’est révélée plus laborieuse que prévu, avec sept vagues de questions de l’autorité de contrôle avant que le dossier soit jugé complet. Mais les échanges ont été constructifs et les demandes d’ajustement nous ont permis de challenger notre étude initiale et d’aller au bout des choses. Résultats / Points de satisfaction Nous avons pu élargir nos partenariats avec de nouveaux assureurs et atteindre nos objectifs de placements. Nous avons également pu fusionner nos deux programmes d’assurance historiquement distincts (business unit fruits/business unit fromages), optimisant ainsi notre budget assurance (coût total du risque). Avoir une captive nous a permis de changer la nature des discussions, et de nous placer sur un pied d’égalité avec les porteurs de risque. Enfin, la mobilisation des équipes en interne a fonctionné et les sujets risques et assurances sont devenus plus que jamais au cœur de la stratégie du groupe. Perspectives pour 2027 Intégrer de nouveaux risques dans la captive, comme les pertes financières et le cyber. Mais cet élargissement ne se fera pas au détriment de sa robustesse. Conseils : - Avoir un sponsor au sein du Comex pour appuyer la démarche. - Avoir une vision et s’y tenir. - Se préparer à une longue procédure auprès du superviseur. - Se préparer à faire vivre sa captive dans le temps, tout en veillant à sa robustesse. Entreprise : Groupe Bel, spécialiste de produits laitiers CA 2025 : 3,9 Md€ (dont 1 Md€ aux USA) E ff e c t i f s : 11 000 personnes N o m de la captive : Bel Re N o m du risk manager : Alain Le Bihan, directeur des assurances D a t e de l’agrément : avril 2025 Accompagnement par un Conseil : oui Objectifs(s) recherché(s) Notre but était multiple : optimiser les placements en RC et rappel de produit, et s t i m u l e r l a c o n c u r r e n c e e n t r e l e s a s s u r e u r s du marché, qui se montraient frileux de couvrir notre activité agroalimentaire, considérée trop à risque, tout comme notre forte présence aux États-Unis. Nous voulions également soutenir et bénéficier de notre politique de prévention. Risques placés à l'origine Le risque RC et rappel de produits (long terme) et le risque dommages et pertes d’exploitation (court terme). Difficultés surmontées en interne Il a fallu trouver des collaborateurs suffisamment disponibles, motivés et disposant des profils adaptés pour assumer les différentes fonctions. Il était important de les rassurer face à des missions qui leur étaient étrangères, puis de les former. Plus globalement, j’ai dû faire preuve de pédagogie en interne pour faire entrer cette nouvelle activité atypique dans notre groupe à forte culture industrielle. Pourquoi la France ? Des études comparatives ont été faites avec d’autres domiciles. Mais regrouper notre centre de décision et de gouvernance et notre captive dans le même pays nous a paru plus naturel et plus pratique en termes d’organisation. Le dispositif incitatif de la provision pour résilience a fini de clore le débat. ALAIN LE BIHAN Directeur des assurances du groupe Bel. « De l’utilité de disposer d’un « sponsor » au sein du Comex pour préparer les esprits en interne. » Par Aurélie Nicolas Tokio Marine HCC est le nom commercial de Tokio Marine Europe S.A., société du groupe Tokio Marine HCC. Tokio Marine Europe S.A. est agréée par le Ministre des Finances du Luxembourg et contrôlée par le Commissariat aux Assurances (CAA) du Luxembourg. Inscrite au Registre de Commerce et des Sociétés du Luxembourg sous le numéro B221975. Domiciliée au 26, Avenue de la Liberté, L-1930, Luxembourg Tokio Marine HCC – International Tokio Marine HCC – Financial Lines tmhcc.com/fr-fr TMHCC 101522_ADVERT_Atout Risk 2025 v1.indd 1TMHCC 101522_ADVERT_Atout Risk 2025 v1.indd 1 8/10/25 11:408/10/25 11:40 40 / 40 / ACTUALITÉS DE LA FFCEATO U T R I S K MANAGER Les captives s’invitent à Lille Avec sept antennes régionales actives, l’Amrae renforce son ancrage territorial et organise régulièrement des réunions et webinaires. Une demi-journée d’échanges « De la résilience au transfert des risques », s’est déroulée mi-mai à Lille, siège de l’antenne des Hauts-de-France. En présence de Brigitte Bouquot, présidente de la Fédération française des captives. Professionnaliser son auto- assurance En présence de Thibaut Cauliez, secrétaire général du Medef Lille Métropole, et devant un parterre de chefs d’entreprise et de risk managers, Géraldine Bruguière, chargée de mission pôle scientifique et développement des régions, a rappelé les quatre étapes du dispositif global de gestion des risques que l’Amrae encourage à mettre en place dans les entreprises. De retour à Lille, où elle avait ouvert en 2015 ses premières Rencontres du risk management Amrae en tant que présidente de l’Association, Brigitte Bouquot a rappelé le chemin parcouru et le rôle joué par l’Association pour responsabiliser les entreprises face à la gestion de leurs risques. « Allouer du capital au risque afin de professionnaliser l’auto-assurance, voilà l’idée à l’origine des captives. Aujourd’hui, dans un contexte de volatilité du marché de l’assurance et de défaut d’offre sur certaines couvertures, l’auto-assurance est souvent subie. Créer sa captive permet de l’organiser, en optimisant le coût du risque. Le risk manager prend alors une dimension nouvelle », a-t-elle souligné. Aujourd’hui présidente de la Fédération française des captives d'entreprises (FFCE), elle a voulu insister sur le fait que « La captive n’est jamais en contact direct avec l’entreprise, car l’assureur fronteur est entre les deux, il n’y a donc pas de risque de conflit d’intérêts ». Deux retex locaux Alain Le Bihan (Bel) et Camel Sekkai ont apporté un retour d’expérience sur la création des captives de leurs entreprises « Pour avoir le temps d’aller plus en profondeur, nous avons souhaité faire évoluer notre habituel format afterwork en vous proposant aujourd’hui cette demi-journée d’échanges », a expliqué Thibaud Dufossé, copilote avec Camel Sekkai (Petit Forestier) de l’antenne des Hauts-de-France de l’Amrae, créée en 2022. Les deux risk managers avaient choisi le thème de la résilience, sous l’angle du transfert des risques et des captives de réassurance. « Avec un tissu économique dense composé de groupes industriels, d’acteurs de la distribution et de plateformes logistiques (Décathlon, Roquette, Lesaffre, Auchan, Leroy Merlin, le port de Dunkerque etc.), notre région productive et exportatrice est particulièrement exposée à l’interdépendance des risques, qu’ils soient climatiques, logistiques, énergétiques ou géopolitiques », ont-ils précisé. Par Aurélie Nicolas Brigitte Bouquot, présidente de la FFCE, et Camel Sekkai (Petit Forestier), copilote de l’antenne des Hauts-de-France de l’Amrae. \ 41 \ 41Captives d'entreprises \ 41N°49 I ÉTÉ 2026 confirme que le marché est baissier pour le septième trimestre consécutif, mais présente de meilleures conditions qu’auparavant. Pour autant, Delphine Do Huu, directrice Analytics de Marsh, estime que c’est le bon moment pour créer sa captive : « Avoir du temps pour réfléchir à son projet et ne pas être dans l’urgence est appréciable. Et il ne faut pas oublier qu’une forte volatilité et des zones de tension persistent, notamment en RC produits, cat’nat, cyber, maritime… ». En conclusion de cette demi-journée d’échanges, Mickaël Ceyrolle, responsable des solutions de fronting de captives chez Chubb, a voulu déconstruire une idée reçue : « Non, le fronting de captives n’est pas une menace pour un assureur. Un client qui s’implique dans la gestion de ses risques et sa résilience, nous y sommes très sensibles. Cela crée une relation de partenariat stratégique : nous pouvons intervenir en début de chaîne sur le montage des programmes, en apportant notre benchmark ». Ses conseils : bien rédiger le traité de réassurance et évaluer la perte maximale absorbable par le groupe, en cas de sinistre majeur la première année. respectives, en avril 2025 pour Bel, avril 2026 pour Petit Forestier. Avec plus d’un an de recul, Alain Le Bihan a insisté sur l’utilité de disposer d’un « sponsor » au sein du Comex pour préparer les esprits en interne. Satisfait de l’amélioration des relations avec ses assureurs, il a néanmoins alerté sur le calendrier et la charge de travail avant d’obtenir l’agrément. Camel Sekkai confirme : « Ce projet a duré 18 mois et mobilisé un juriste à temps plein durant trois mois ». Avec un risque à 80 % automobile, non éligible à la provision pour résilience prévue dans le dispositif français, il a finalement décidé de domicilier sa captive au Luxembourg, mais n’exclut pas de la rapatrier en France si le champ des captives y est un jour élargi. Le moment idéal pour créer sa captive Arthur Zeilas, chargé de clientèle chez le courtier Marsh, qui a accompagné Petit Forestier dès son étude de faisabilité, Camel Sekkai, Petit Forestier. Arthur Zeilas, chargé de clientèle chez Marsh. Mickaël Ceyrolle, responsable des solutions de fronting de captives chez Chubb. BRIGITTE BOUQUOT Présidente de la Fédération française des captives d'entreprises. « Créer sa captive permet de l’organiser, en optimisant le coût du risque. Le risk manager prend alors une dimension nouvelle. » 42 / VEILLE ET POSITIONATO U T R I S K MANAGER Intelligence artificielle : le risque, ce n’est pas la machine, mais la perte de jugement humain L’ intelligence artificielle (IA) s’impose dans les entreprises. Elle optimise, accélère, automatise et transforme les organisations. Mais derrière cette puissance, se dessine un risque insidieux : déléguer des opérations, des analyses ou des décisions que l’on ne comprend plus réellement. Car la véritable rupture n’est pas seulement technologique. Elle touche à la nature même du travail intellectuel et dans certains cas, à la décision. L’IA ne décide pas par elle-même. Elle calcule, synthétise, reformule, recommande. Elle produit des résultats plausibles à partir d’un contexte fourni ou formalisé, mais sans compréhension vécue des conséquences, et sans assumer de responsabilité. Or, les entreprises commencent à confier à ces systèmes des contributions, parfois des arbitrages qui engagent pleinement la responsabilité de leurs dirigeants. Le risque n’est jamais un simple calcul. C’est un arbitrage entre perte et gain, performance et responsabilité, vitesse et robustesse. C’est une matière de gouvernance. Or, aucun algorithme ne gouverne. L’illusion de la décision Dans de nombreux secteurs, l’IA intervient déjà dans des processus où la rapidité masque la nature des choix : scoring de technique ou industrielle, elle devient aussi cognitive et organisationnelle, lorsque de nouvelles méthodes de travail s’installent plus vite que la capacité à questionner. L’opacité. Plus les modèles gagnent en complexité, plus ils deviennent difficiles à auditer, à contester ou à expliquer. Cette perte de lisibilité fragilise la confiance et complique l’exercice de la responsabilité. L’irréversibilité. Un biais algorithmique ou une erreur de conception peut se diffuser à grande échelle avant même d’être détecté, amplifiant les conséquences d’une décision erronée ou d’une méthode de travail inadéquate. Le rôle central du risk management : éclairer la prise de décision Face à ces défis, la mission du risk m a n age me nt d e meu re i nc h a ngée : p rotége r l’organisation, identifier les opportunités et éclairer la prise de décision. Mais elle s’enrichit d’une nouvelle responsabilité : rappeler qu’une probabilité n’est pas un jugement, qu’une prédiction n’est pas une décision et qu’un texte plausible n’est pas une compréhension. La vitesse n’est pas la maîtrise. Le rôle du risk manager est d’éviter que l’organisation ne confonde confiance et contrôle, performance et compréhension, modèle et réalité. Pour la deuxième année consécutive, le mensuel Investir a demandé à François Beaume, président de l’Amrae, de faire partie des 50 personnalités du monde des affaires qui apportent leur contribution sur l’usage de l’intelligence artificielle en entreprise. À lire dans le numéro de juillet du magazine économique. Et ci-dessous. crédit, tri de candidatures, gestion des sinistres, allocation de ressources ou pilotage opérationnel. Mais elle transforme tout autant les fonctions support et cognitives : rédaction, analyse, synthèse, relation client, R&D, recherche documentaire ou préparation de décision. Parce que l’IA répond, nous croyons comprendre. Parce qu’elle répond vite, nous croyons maîtriser. Parce qu’elle fournit un score, nous croyons décider. En réalité, nous orientons parfois nos arbitrages et nous déplaçons la responsabilité. Les organisations surestiment souvent la robustesse de leurs modèles, sous-estiment leurs biais et peinent à expliquer la place réelle de ces systèmes dans leurs décisions. Le risque devient alors plus difficile à mesurer parce qu’il devient plus difficile à comprendre. Nous entrons dans l’ère de la vulnérabilité opaque. Les fragilités structurantes de l’IA L’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les organisations entraîne trois vulnérabilités majeures : La dépendance. L’entreprise s’habitue à des systèmes qu’elle ne comprend plus totalement et dont elle ne peut plus se passer sans dégrader sa performance. Cette dépendance n’est pas seulement Par François BEAUME, président de l'Amrae Intelligence artificielle : le risque, ce n’est pas la machine, mais la perte de jugement humain \ 43N°49 I ÉTÉ 2026 Organiser une gouvernance de l’IA responsable La première étape consiste à identifier les parties prenantes en interaction avec les systèmes d’IA, ainsi que les usages actuels ou potentiels de ces technologies dans l’entreprise. Avec les métiers et les directions des systèmes d’information, il s’agit ensuite de déterminer quels systèmes déployer, où héberger les données et selon quels critères : autonomie stratégique, maîtrise des coûts, cybersécurité, conformité, capacité à fonctionner en mode dégradé et impact sur les méthodes de travail cognitif. Cette démarche suppose une gouvernance dédiée qui associe direction générale, métiers, systèmes d’information, juridique, conformité, cybersécurité et gestion des risques. Elle doit notamment : identifier les zones où l’IA influence réellement un arbitrage, une décision ou une production sensible ; exiger une explicabilité compréhensible par les dirigeants ; définir les modalités d’un contrôle humain réel ; soumettre les modèles critiques à des audits, des stress tests et des scénarios extrêmes ; vérifier régulièrement la capacité d’arrêt des systèmes. Car une intelligence artificielle dépourvue d’« off switch » organisationnel n’est plus un outil. Elle devient une dépendance. La responsabilité sera le véritable avantage compétitif La gestion des risques protège les collaborateurs, les parties prenantes et les actifs matériels comme immatériels. Elle crée aussi les conditions d’une innovation durable en aidant la gouvernance à saisir les opportunités tout en maîtrisant les risques associés. Elle constitue le socle de l’entreprise responsable. Demain, les organisations ne se différencieront plus par leur seule capacité à déployer l’intelligence artificielle, car son usage deviendra un standard. Elles se distingueront par leur capacité à l’adopter en profondeur sans perdre leur discernement : à l’intégrer dans de nouvelles méthodes de travail cognitif, à la comprendre, la questionner et, lorsque cela sera nécessaire, la contredire. L’IA met les organisations à l’épreuve. Elle teste leur aptitude à innover sans s’aveugler, à accélérer sans s’abandonner, à transformer le travail intellectuel sans perdre le sens du jugement. Le progrès ne résidera pas dans la machine seule, mais dans la manière responsable dont nous saurons l’intégrer dans nos pratiques. Pour les décideurs qui considèrent qu’aucune technologie ne doit réduire l’humain à des données, ni dissocier l’action de la responsabilité, les risk managers sont prêts à accompagner l’usage de l’IA. Intelligence artificielle : le risque, ce n’est pas la machine, mais la perte de jugement humain \ 43 © iStock ATO U T R I S K MANAGER 44 / 44 / AGENDA Agenda La REF : Rencontre des entrepreneurs de France Paris, Stade Roland-Garros Organisée par le Medef national, La REF rencontre rassemble plus de 13 000 participants. L’Amrae y sera présente avec un stand pour faire notamment découvrir macartodesrisques.fr ou encore la collection « Méditations sur le risque ». https://www.medef.com/la-ref/laref26-2026 34 e Rencontres du risk management Amrae Centre International de Deauville Les métamorphoses des risques - S'adapter avec audace. Congrès annuel de référence des métiers du risque et des assurances, réunissant plus de 4000 participants. Forum Ferma Rotterdam (Pays-Bas) Thème : Widening the Lens - From Risk Insight to Strategic Foresight. https://ferma-forum.eu/ 3e Forum France Captives Maison de la Chimie – Paris 26 e édition des Assises de la cybersécurité Forum Grimaldi Monaco Le rendez-vous des experts de la cybersécurité. https://www.lesassisesdelacybersecurite.com/fr-FR European Insurance Forum Dublin (Irlande) A stronger Europe: Insurance as a catalyst for competitiveness and resilience. https://www.europeaninsuranceforum.com/ 26 ET 27 AOÛT 2026 3 AU 5 FÉVRIER 2027 4 AU 6 OCTOBRE 2026 15 OCTOBRE 2026 7 AU 10 OCTOBRE 2026 22 OCTOBRE 2026 À titre informatif uniquement. Toutes les couvertures sont soumises aux conditions de la police applicable. Pour en savoir plus, contactez Liberty Specialty Markets. Les visuels de cette publicité ont été générés par intelligence artificielle à des fins d’illustration. Expertise haute visibilitéPour risques complexes Atout Risk Summer A4 +5mm bleed.indd 1Atout Risk Summer A4 +5mm bleed.indd 1 27/05/2026 15:4327/05/2026 15:43 ATO U T R I S K MANAGER 46 / 46 / À LA UNE Revue de presse Dans les médias l'étude sur le cybersécurité LUCY 2026, le renouvellement de la gouvernance de l'Amrae, la géopolitique et les multiples facettes du métier où l’IA entre en force. LUCY 2026 Numéro 890 du vendredi 3 juillet 2026 /}uuv?]? Quand l’adresse menace de devenir un facteur d’inégalité assurantielle 9?? w?}?? aux sources 9]?} Canicule et mondialisation face aux fragilités de notre modèle I}u]? Site : https://???.riskassur-hebdo.com ISSN RiskAssur : 1632-3106 ? RiskAssurRiskAssur votre magazine professionnelvotre magazine professionnel des risques et des assurances depuis 1994des risques et des assurances depuis 1994 RiskAssur-hebdo - Le magazine professionnel des Risques et des Assurances abonnement : https://perelafouine.com/categorie-produit/home/ page 12 - Numéro 890 du 3 juillet 2026 La vie des Sociétés - organisation La Fédération européenne des associations de risk management, la FERMA, veut accélérer la construc- tion d’une communauté professionnelle plus unie et mieux coordonnée à l’échelle du continent. Réunie en assemblée générale à Bruxelles le 30 juin 2026, l’organisation a confirmé les orientations de son pro- gramme « Together Stronger ». Président de la FERMA, Philippe Cotelle a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre les asso- ciations nationales, de favoriser les échanges de connaissances et d’offrir davantage de possibilités de participation à leurs membres. La Fédération entend ainsi devenir un véritable point de rencontre pour les risk managers européens, au-delà de son rôle tradi- tionnel de coordination. Plusieurs initiatives ont déjà été engagées, dont un premier atelier réunissant les présidents des asso- ciations membres et la création du Next Generation European Risk Council. La FERMA souhaite égale- ment améliorer les circuits de communication afin de mieux identifier les besoins de ses membres et de leur proposer des actions concrètes en matière de représentation, de partage de bonnes pratiques, d’outils professionnels et de projets collaboratifs. Le lancement d’Open Sesame illustre aussi l’élar- gissement de son champ d’intervention. Ce projet explore de nouvelles solutions de financement de l’adaptation au changement climatique et souligne le rôle croissant des risk managers face aux grands défis collectifs. L’assemblée générale a également annoncé l’élec- tion de Sonia Cambier, Sharon Cilia Tortell, Gabriella Fraire, Panu Haapaniemi et Richard Hoult au conseil d’administration. La FERMA représente 24 associations dans 23 pays européens, soit environ 7 000 professionnels du risque. La FERMA renforce la coopération entre les risk managers européens Le Groupe UNMI a présenté, lors de son Assemblée générale du 9 juin 2026, son nouveau plan straté- gique « En100ble 2029 », destiné à accompagner son développement jusqu’à son centenaire. À l’horizon 2029, le groupe ambitionne de devenir un acteur mutualiste indépendant de référence dans le domaine de la protection sociale. Sa stratégie repose sur deux axes : consolider ses acquis et engager une diversification différenciante. Quatre priorités structurent cette feuille de route : fidéliser les partenaires et les adhérents, renforcer la performance du groupe, développer des offres répondant à des besoins spécifiques et diversifier les modes de distribution. UNMI prévoit notamment d’accélérer sa transforma- tion grâce à l’intelligence artificielle et à l’automatisa- tion de certains processus. Le groupe souhaite également enrichir son offre en assurance emprunteur et proposer de nouvelles solutions destinées aux travailleurs non-salariés, aux aidants et aux seniors. Le développement commercial passera aussi par un renforcement des relations avec les courtiers de proximité et par l’ouverture à de nouveaux distribu- teurs. Le plan fixe un objectif de chiffre d’affaires de 141,9 millions d’euros en 2029, tout en maintenant les équilibres techniques et financiers du groupe et son identité mutualiste. Le Groupe UNMI prépare son centenaire avec En100ble 2029 N°7963-7964DU26JUIN2026 26 L’ARGUS DEL’ASSURANCE SPÉCIAL INSIDE IARD J ’avaisc ou- tume de dire qu’enmatière de sinistra- lité cyber,une nouveauté arrivaitchaque jour.C’est désor - maistouteslessecondes!», lance VictorineB ailleul, cheffed epro - duitcyberpour Hisc ox,face à l ’évolution rapide de las inistra- litédopéeàl’IA.Silesattaques parransomwaresont moins fré- quentesque lorsdupic de 2019- 2020,ellesimpliquent de lourdes conséquences.«Ilyadésormais moins depirates actifs,mais ceux quirestentmènent desattaques plus sévères »,résumeMarc-Éric Bellot,responsabledud omaine cyberpourAllianzFrance. En moyenne,lorsd’une attaque par ransomware,ilafallu mobilise r60%d’expertssupplé - mentaires,par rapportà2024, souligne le rapportd’activité202 5 de l’assurtech Stoïck,qui alerte : «Ladifférence entreunincident RISK MANA L’ASSURANCECYB CHERCHESONÉQUILI B contenu et une interruption majeuresejoue souvent en quelques minutes.»Lavague la plus visiblepour lesentreprises estcelle desfuitesdedonnées (fraudeetcompromission demes- sagerie).Cesincidentstirent parti deshabitudesdecommunication et de paiement,s ’appuyant sur des techniquesdemanipulation de plus en plussophistiquées. «Avec l’IA, les attaques sont à la foisplusrapides,plus diffuses et plus personnalisées »,résume VictorineBailleul.LaCnilaainsi dévoiléavoir étéavisée de 6167fuitesde donnéesen 2025, soit10%deplus quel’annéepré- cédente.En juin,septjeuneshac- kersfrançais étaient interpellés pouravoir ciblé plus de1500socié - tés.Cetteaugmentation de la sinistralitéimpacteunmarché de l’assurance trèsconcurrentiel, alorsque le nombred’entreprises assuréesaugmenteetque le volumedeprimesbaiss e. DES ETI PLUS VULNÉRABLES LedernierrapportLucy,publié par l’Amrae,souligne que cette augmentation delasinistralité n’estpas le fait desgrands comptes, le montant dessinistresindemni- sésyétant trèsstable grâce aux investissementsconsentis cesder- nièresannéesencybersécurité.Un seul sinistresupérieurà10M€a MARC-ÉRIC BELLOT RESPONSABLE CYBERP OUR ALLIANZ FRANCE Enransomware,ilyamoins depiratesactifs,maisceux quirestent sontlesauteurs d’attaquesplussévères. ” 6167 Lenombredefuites de donnéessignalées àlaCnil en202 5, soit10%deplus que l’année précédente HAUDE-MARIE THOMAS Lemarchédel’assurancecybersedéveloppegrâceàlalevéedefreins àlasouscriptionpourlesETIetPME.Danslemêmetemps,l’IApermet delancerdescyberattaquesdemanièreplusrapideetciblée.Ordans cemarchétrèsconcurrentiel,lesprimessontorientéesàlabaisse. 27 L’ARGUS DEL’ASSURANCE N°7963-7964DU26JUIN2026 JETTAPRODUCTIONS/BLEND IMAGESLLC/GETTY IMAGES MANAGEMENT YBER IBRE étéindemniséenFrance en 2025, et le taux de sinistresur primeest de 22%pour cesegment. En revanche,pour lesETI, le montant total dessinistresindemnisésaété multiplié par trois et le taux de sinistresur primee stpasséde13% en 2024à42%en 2025. «Onpeut supposerq ue le niveau de matu rité des ETI est moinsélevé et que le niveau de menace aug- mente enraison du contextegéo- politique et du développement de bilitédesETIserépercuteindirec- tement sur lesgrands comptes, rappelleJérôme Chartrain,res- ponsablesouscriptioncyberpour Allianz commercialFrance, «notammentavec les filialesayant unematuritéencybersécurité plus faible ou inférieureàcelle des stan- dards de leur groupe ». UN RISQUE D’ACCUMULATION Seposent alorsdesquestions de cumulface auxattaquesmas- sivestouchants imultanément un grand nombred’entreprises. «Comme pourl’assuranced es dommages auxbiens,les assureurs cybercherchentàlimiter les cou- vertures accordées aux fournis- seurs derang1,mais les négocia- tions commerciales peuvent pousser jusqu’aurang2etau-delà, expliqueJérôme Chartrain.Ces cumulssontdifficiles àsuivre. »Il soulignetoutefoisqu’il existedes solutions deriskmanagementdes assuréset desoutils développés Les grands groupesont investi dans la prévention desrisques cyber,mais lesETIrestent plus fragiles. Primeauxalliancestechniques Laconcurrenceestvivepourgagner enexpertisecyber sur lapartie ingénierie etservicesde prévention.Lerapport Lucyasouligné que le développement de lasouscription desETI et PME était portépar desacteurs non traditionnels, MGAetassurtechs.«Cela pourrait indiquer que l’entrée decesentreprisesdans l’assuranceestenpartie liée aux servicesde supporttechnique proposésparcesnouveaux acteurs,moins présentschezlesacteurstraditionnels », analysePhilippeCotelle,pilotedel’étude pour l’Amra e. DiegoSainz, chezlecourtierV erpieren,confirme que le développement desMGAet desinsurtechs,«qui viennent proposerunecouche deservicespertinents »,motive lescourtiers àdesdéveloppementseninterne ouàdes alliances.«Etcela inciteaussi lesassureursàajouter desservicesouàmettredavantageenavant desoptions déjà présentescesdernièresannées,mais moins mises enavant,notammentparceque lesassurésn’étaientpas forcément demandeurs »,précise-t-il. ■ en inte rne ou en exte rnepour le comptedesassureurs. DiegoS ainz,référentt echnique pour le courtierVerspieren,pointe aussi ce risq ue d’accumulation, notammentàtraverslesmultipli- cations de garantiesdisponibles pour un même assuré:en carence de fourniss eursnon informatique, pour couvrir lespertesd’exploita- tion néesde l’indisponibilité de fournisseursaprèsune attaque de leur système informatique, en remplacement deséquipements informatiques, enpertederépu- tation,encrypto -jacking ,etc. «Enplus desprimes et desf ran- chises,les assureurs doivent trou- ver de nouveaux leviers pour se différencier,etcelapasse par le développement de nouvelles garanties.Cesontdesopportuni- tés intéressantes pour lesclients et cela participeàl’élargissement du marché,maiscelapeut aussi souleverdesrisques d’accumula- tion pour lesa ssureurs »,conclut le courtie r. ■ l’intelligenceartificielle »,com- mentePhilippeCotelle,directeur duriskmana gementd’Airbus Defence&Space et pré sident de la fédération desassociationse uro- péennesdegestion desrisques (Ferma),quiapilo tél’étude Lucy pour l’Amrae. Leschiffressont bienend eçà du picdesinistralitéde2020,qui affichait alors 167%delossratio, toutestaillesd’entreprises confondues .Toutefois, cettedés- tabilisationtechnique mobilise le marché. «L’ensembledesprimes enregistrées parlem archésemble- rait dérisoire siun sinistred’am- pleurdevait survenir»,alerte VictorineBailleul. Et la vulnéra-?Une baisse historique? : le co?t de l?assurance cyber a chut? en 2025 pour les plus grandes entreprises (mais pas seulement) mercredi 3 juin 2026 - 00:00 Europe/Paris 696 mots -3 min : HT TP://WWW.USINENOUVELLE.COM Pour la troisiême annëe consëcutive, le co?t de lassurance cyber a recuY lé en 2025 pour les grandes entreprises, selon une étude de l’association des gestionnaires des risques en entreprise (Amrae). Les entreprises de taille intermédiaire bénéficient aussi de cette détente, mais l’état de la menace incite ? rester prudent pour l’avenir. Pour les plus grandes sociëtës franéaises, lëvolution du co?t de leur asY surance cyber fait beaucoup moins tousser qu’au moment de la crise Co‐ vid. Le taux de prime moyen a reculë de 32% en 2025 pour les entreY prises ayant un chiSre daSaires supërieur â un milliard deuros. Il sagit de la troisiême annëe consëcutive de baisse et du plus fort recul enregisY tré par l’association des professionnels de la gestion des risques et des assurances en entreprise (Amrae) depuis sa première étude qui portait sur 2020. null Concurrence entre les assureurs Ce taux sert ? calculer la somme payée par une entreprise qui a souscrit un contrat d’assurance. «En 2025, la concurrence a été féroce entre les assureurs cyber pour maintenir ou acquérir des parts de marché. Cela a entra?né une baisse historique des prix et une amélioration des conditions de souscription?, a indiqué Philippe Cotelle, le président de la commission cyber de l’Amrae et responsable de l’assurance cyber chez Airbus Defence and Space, mardi 2 juin lors de la présentation de l’édition 2026 de cette étude. Celle-ci s’appuie sur les données de près de 21000 contrats d’assurance issus de 12 courtiers. Cette tendance a permis aux grandes entreprises daugmenter leur couverture de 18% en moyenne, corresY pondant ? une capacité souscrite moyenne d’environ 50 millions d’euros, tout en réduisant le budget global de primes payées d’environ 14%. Des signaux de bon augure pour 2026 En 2026, renouveler son contrat ou en souscrire un nouveau ne devrait donc pas trop poser de problèmes pour les grands groupes. «Sur ce segment, la rentabilité est au rendez-vous. Les assureurs ont collecté près de 204 millions d’euros de primes pour près de 45 millions d’euros de sinistres indemnisés en 2025, donc la concurrence va probablement perdurer», souligne Phi‐ lippe Cotelle. L’Amrae se monte aussi optimiste vis-?-vis des contrats dassurance cyber des entreprises de taille intermëdiaire (entre 50 milY lions et 1 milliard deuros de chiSre daSaires). Pour ces derniêres, 2025 marque la deuxième année de baisse consécutive du taux de prime moyen, avec un recul inédit de 23%. «Les assureurs devraient quand m?me faire preuve d’une certaine compétitivité, car ils ont besoin de ce segment afin de s’assurer d’un certain volume de primes. Mais c’est clai‐ rement un marché plus risqué», relève Philippe Cotelle. En 2025, les ETI ont versé près de 68 millions d’euros de primes, mais le montant de leurs indemnisations s’est élevé ? près de 29 millions d’euros. L’année a ëtë marquëe par le retour de sinistres moyens et grands sur cette catëgoY rie d’entreprises, c’est-à-dire donnant lieu à des indemnisations com‐ prises entre 300000 euros et 10 millions d’euros. En parallèle, le nombre 1 d’ETI assurées en 2025 a bondi de 75%, dépassant la barre des 2000 en‐ treprises avec un contrat d’assurance, notamment grâce à la souscrip‐ tion d’ETI de plus petite taille. L’état de la menace ne rassure par les en‐ treprises Réputées moins matures que les grands groupes, ces entre‐ prises pourraient alimenter le nombre de sinistres cyber dans les mois à venir. D’où une grande prudence de l’Amrae sur l’avenir. «Le marché de l’assurance cyber pèse au total 306 millions d’euros seulement. Si un ou deux sinistres majeurs surviennent, la tendance peut s’inverser très ra‐ pidement», prévient Philippe Cotelle, qui cite par exemple la cyberat‐ taque récente chez Jaguar Land Rover. Cette dernière a perturbé la pro‐ duction du constructeur britannique pendant plusieurs mois et lui a coûté plusieurs centaines de millions de livres sterling. Or la menace n’a pas disparu, bien au contraire. «Avec le développement de l’intelligence artificielle, on voit apparaître de nouveaux outils comme Mythos [de la start-up américaine Anthropic, ndlr] qui permettent d’identifier beau‐ coup plus rapidement des vulnérabilités dans les logiciels. Or, l’attaquant n’a besoin d’ouvrir qu’une seule fenêtre pour rentrer, tandis que l’entreprise qui se défend doit identifier toutes ses vulnérabilités», com‐ mente Philippe Cotelle. On comprend mieux pourquoi, sur le marché de l’assurance cyber, les entreprises doivent encore croiser les doigts. null Tous droits réservés Le Moniteur 2026 937875a88fa52681404191d09d0c5170002AfdL1aMb0Cac33cb9554 Parution : Continue 2 ATO U T R I S K MANAGER 48 / 48 / AGENDA GÉOPOLITIQUE GOUVERNANCE MÉTIER 31 Les EchosJeudi 21 mai 2026 GESTION DES RISQUESHIGH-TECH Les assureurs face à l’effet domino des risques dans les faits. Il n’y a plus véritable- ment un premier, un deuxième ou un troisième risque, mais un ensemble de préoccupations majeures dont les scores convergent. Cette montée du politique entre en résonance avec une progression des inégalités et des ten- sions sociales, renforçant encore l’incertitude globale », commente Florence Lustman, présidente de France Assureurs. Les menaces technologiques o ccup ent égale- ment une place centrale dans la car- tographie. Aux cyb erattaques s’ajoutent désormais deux p érils en forte progression, d’une part, celui lié à l’intelligence artificielle et, d’autre part, celui lié à la qualité des données et à la conformité des pro - cessus informatiques (manque de gouvernance, pro cessus IT non contrôlés et non sécurisés). Raccourcissement de l’horizon des risques La cartographie met également en lumière un phénomène marquant, celui de l’interdép endance crois- sante des risques. A ce titre, le dérè- glement climatique s’imp ose comme un obstacle « maître ». « Ses conséquences sont transversa- les. Il a un impact sur 40 % des 23 autres risques », note Florence Lustman. Une catastrophe majeure p eut ainsi provo quer des ruptures d’infrastructures, p ertur- b er les chaînes d’approvisionne- ment, alimenter une crise écono- mique et, in fine, générer des tensions so ciales accrues. « Cette dimension systémique illustre une réalité désormais bien intégrée par les acteurs. Ces dangers ne peuvent plus être analysés de manière isolée. Ils forment un réseau d’interactions où un même é vénement peut se dif- fuser rapidement à l’ensemble de l’économie », analyse Antoine Lamy-Rested, directeur commer- cial d’Aon France. L’autre enseignement majeur de l’édition 2026 réside dans le rac- courcissement généralisé de l’hori- zon des risques. La quasi-totalité du Top 10 est désormais p erçue comme relevant du court terme, entre zéro et deux ans. Les cyb er - attaques et l’environnement p oliti- que sont même considérés comme des risques immédiats par une très grande majorité des assureurs. « Cette perception fait écho à un contexte géopolitique instable, mar- qué par des tensions sur l’énergie et des menaces de rupture des chaînes d’approvisionnement », obser ve Florence Lustman. Cette évolution imp ose un chan- gement de paradigme. Les mo dè- les traditionnels de cartographie atteignent leurs limites face à des aléas de plus en plus interconnec- tés et diffus. « L’assurabilité de vient un moteur d’investissement dans la politique de pré vention. Pour répon- dre à l’augmentation des risques, les entreprises réalisent de gros inves- tissements pour renforcer leurs dis- positifs de sécurité technologique et repenser leur chaîne de valeur », souligne Antoine Lamy-Rested.n Le dérèglement climatique est un obstacle maître, p our France Assureurs. Photo Christophe Archambault/AFP Mallor y Lalanne L e risque de cyb erattaques demeure, p our la neuvième année d’affilée, la première menace p esant sur la profession des assureurs et réassureurs fran- çais, et reste de loin la menace la plus sévère. Le dérèglement clima- tique, qui avait atteint la première place ex æquo en 2025, recule à la troisième p osition, juste derrière le risque lié à l’environnement éco- nomique, selon la Cartographie prosp ective 2026 publiée en jan- vier par France Assureurs. Mais ces p érils sont désormais suivis de très près par l’environnement p olitique, dont la progression constitue l’un des faits marquants de l’édition 2026. « Même si le risque cyber reste en tête, la hiérarchie de vient plus floue Montée en puissance du risque cyb er, p olitique, enjeux technologiques… Les assureurs doivent désormais comp oser avec des menaces plus pro ches, plus imbriquées et p oten- tiellement systémiques. une réflexion sur leur dép endance stratégique en rép onse aux droits de douane et aux humeurs du prési- dent américain. Les efforts ont p orté leurs fruits. Les p énuries de médicaments ou de semi- conducteurs ont forcé les entreprises à mettre en place des organisations plus réactives et à multiplier leurs fournisseurs. Pour éviter de se retrouver à la merci d’un Nexp eria, elles ont augmenté leurs sto cks : le « just-in-time » optimisé p endant l’âge d’or de la mondialisa- tion a cédé la place à une gestion prudente des sto cks. « Notre besoin en fonds de roulement a fortement augmenté, mais nos clients ne tolére- raient pas une rupture d’approvi- sionnement », raconte un équip e- mentier automobile. La carte de l’exp ort Mais les entreprises les plus fragi- les, dont la trésorerie est déjà ten- due, et surtout celles les plus exp o- sées aux prix de l’énergie, p ourront- elles absorb er la hausse de 60 % des prix du p étrole obser vée depuis le début du confit en Iran ? Et si le blo - cage du détroit d’Ormuz devait se prolonger, les gouvernements seront-ils en mesure de les aider ? Le « quoi qu’il en coûte » a vidé les caisses de l’Etat. Avec une dette représentant plus de 110 % du PIB, celui- ci n’a plus de cartouches p our amortir le cho c. La marge de manœuvre de la Banque centrale europ éenne est, elle aussi, limitée. Mais si l’imprévisibilité est deve- nue le quotidien des décideurs, faut-il p our autant renoncer aux opp ortunités et ne plus prendre de risque, notamment à l’étranger ? Pierre Mongrué est convaincu du contraire. « Face à l’incertitude, il n’y a pas 36 solutions stratégiques, c’est la diversification des risques, déclare le directeur général adjoint chargé de l’international de la chambre de commerce et d’industrie de la région Paris Ile - de -France. Il faut aller cher- cher la croissance là où elle se trouve. » Ce vétéran de l’exp ort relativise les risques internationaux. Après le « Lib eration Day », où Donald Trump a lancé sa guerre commer- ciale, tout le monde a parié sur un arrêt du commerce international, Enjeux Dans un contexte de crises à répétition, les sociétés ont appris une nouvelle manière de fonctionner. Mais ces derniers temps, le choc pétrolier provoqué par la guerre au Moyen-Orient les met de nouveau à l’épreuve. Comment les entreprises peuvent traverser la « polycrise » Thibaut Madelin E clatement de la pandémie de Covid et début du confine- ment le 17 mars 2020. Inva- sion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022. Réélection de Do - nald Trump le 5 novembre 2024. Déclenchement de la guerre en Iran par Israël et les Etats-Unis le 28 février 2026. Depuis six ans, notre quotidien est dominé par l’accumu- lation de crises, dont l’intensité sem- ble culminer avec le blo cage du détroit d’Ormuz et la crise p étrolière actuelle, qualifiée comme « la plus grave de l’histoire » par Fatih Birol, le directeur général de l’Agence inter- nationale de l’énergie (AIE). « Il y a une sorte de continuum, estime Frédéric Wisso cq, directeur de la S ouscription Europ e et Afrique de l’Ouest chez Coface, l’assureur crédit. On assiste peut-être en direct à une bascule d’un monde à un autre. » La fin de la deuxième mondialisa- tion, qui a débuté après la chute de l’Empire soviétique, avec une tren- taine d’années de multilatéralisme et de globalisation, dit l’exp ert. Et le début d’une fragmentation du monde et le retour du p olitique. « La seule certitude qu’il y a aujourd’hui, c’est qu’il y a de l’incertitude partout. » Cho cs exogènes Face à ces cho cs exogènes, les entre- prises et les Etats ont appris à s’adapter, comme un sp ortif s’entraîne p our développ er un mus- cle : ils ont instauré le télétravail ou intro duit les prêts garantis par l’Etat p endant le Covid, réduisent leurs coûts ou app orté des aides p onctuelles p our comp enser le cho c inflationniste de la guerre en Ukraine, revu leurs chaînes d’approvisionnement et entamé dit-il. Au final, les exp ortations de la France vers les Etats-Unis se sont maintenues l’an dernier au même niveau qu’en 2024, malgré un net recul au quatrième trimestre. Par ailleurs, il n’y a pas eu de cataclysme économique comme on aurait pu le croire. Enfin, le blo cage du détroit d’Ormuz, qui représente 3 % du tra- fic mondial de conteneurs, n’a pas gelé le commerce international. « Dans la mesure où il est encore possible d’acheminer des conteneurs par la mer Rouge, il n’y a pas de rai- son de ne pas aller dans les pays du Golfe », assure même Pierre Mon- grué. Une chose est sûre, p our lui, aucun pays n’est immunisé contre le risque p olitique. « Diversifier ses risques, c’est aussi ne pas tout miser sur la France », rapp elle -t-il. Une crise de la dette souveraine ou l’issue de l’élection présidentielle l’an pro chain p ourrait, en effet, avoir un impact encore plus fort sur les entreprises que la guerre au Moyen- Orient.n De nombreuses raffineries du Golfe ont fait l’objet d’attaques depuis le début des hostilités entre les Etats-Unis et Israël et l’Iran. Photo AFP « Face à l’incertitude, il n’y a pas 36 solutions stratégiques, c’est la diversification des risques. Il faut aller chercher la croissance là où elle se trouve. » Pierre Mongrué Directeur général adjoint de la CCI Paris-Ile - de -France Sur le Web • Propriété intellectuelle Comment protéger ses innovations efficacement. • Intelligence géosp atiale Quand la géographie se met au ser vice du renseignement. Amrae N° 26066 mardi 26 mai 2026 Page 25 119 mots -< 1 min LA VIE DES AFFAIRES EN QUELQUES LIGNES—DANS LES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES Amrae : L'assemblée générale de l'Association pour le manage‐ ment des risques et des assu‐ rances de l'entreprise (Amrae), réunie le 21 mai 2026 sous la pré‐ sidence de M. François BEAUME, a renouvelé sa gouvernance, a-t- on appris hier. Ainsi, Mme Anne- Gaëlle DELATTRE, responsable du risk management du groupe Valeo, et M. Vincent VIGOUROUX, directeur des assurances d'Enedis, ont été élus membres du conseil d'administration. D'autre part, M. Frédéric de SER‐ POS, directeur des risques, des assurances et du contrôle interne du groupe Casino, a été réélu ad‐ ministrateur de l'association. A l'issue de l'assemblée générale, les administrateurs ont désigné un nouveau comité exécutif : M. BEAUME a été renouvelé en tant que président et M. de SERPOS est désormais vice-président et trésorier. ■ 5a7005f48155e884601996d04605c15d0b3A23Md58cbA2eddb8713cParution : Quotidienne 1 jeudi 28 mai 2026 www.executives.fr débuté, en 1997, au sein des dé- partements fusions-acquisitions et leverage finance de la Chase Manhattan Bank, à Londres et à Paris, avant de rejoindre, en 1999, la division corporate finance de Merrill Lynch International, à Londres, puis à Paris. En 2004, il est nommé responsable de l'activi- té equity capital market pour la France et la Belgique chez Credit Suisse. En 2009, il intègre la Deutsche Bank comme managing director et responsable equity capi- tal market pour la France. Depuis 2015, il était directeur des activités d'equity capital market pour la France, le Benelux et la Suisse de City Group. www.executives.fr/a.asp?a=56315 ODERIS Jonathan Luyt est nommé directeur de l’activité executive search de ce conseil financier. Né en 1980, Dauphine (BSC - 2004), Paris 1 (MS - 2005), il a débuté en transaction ser- vices chez Deloitte, puis chez Mazars (2009), avant de rejoindre, en 2010, BM&A, comme manager. En 2014, il devient senior manager chez ACA Nexia, jusqu'en 2015. Il a également oeuvré en tant que directeur financier chez Oliviers & Co après sa reprise, en 2016, par Notus Technologies, la société d'investissement de Geoffroy Roux de Bezieux. Depuis 2018, il était consultant private equity au sein de la division management de transi- tion de Robert Walters. www.executives.fr/a.asp?a=150259 FUSION ACQUISITION LARGILLIÈRE FINANCE Emmanuel de Las Cases est nommé directeur senior M&A chez ce spé- cialiste du conseil M&A des entre- prises de crois- sance. Dauphine (master banque dʼinvestis- sement et de marché, finance dʼen- treprise - 2011), il débute, en 2011, chez Deloitte, en transaction ser- vices, avant de rejoindre, en 2013, HSBC, dans l'équipe en charge de l'origination des transactions de capi- tal financing (ECM, DCM) pour les clients midcap de la banque, puis dans l'équipe M&A, où il évoluait, de- puis 2023, en tant que directeur. Chez HSBC, il a conseillé des grands corporates et des fonds dʼinvestisse- ment sur leurs opérations dʼacquisi- tion et de cession. Il couvre les ac- teurs de l'industrie et certaines verti- cales business services (en particu- lier le TIC et l'engineering services). www.executives.fr/a.asp?a=204951 Florian Leginy est promu directeur. Audencia (master of science en corpo- rate finance - 2017), ESEO (ingénieur, spécialisation data science), il débute, en 2015, au sein du Laboratoire dʼImagerie Biomédicale, dans le cadre dʼune mission de recherche en traitement dʼimages appliqué au do- maine médical, avant de rejoindre, en 2016, Largillière Finance, comme analyste junior et responsable du floor dʼexécution, quʼil contribue à structurer et développer, puis M&A associate (2020) et, à partir de 2022, vice-président M&A. Il a participé à plus dʼune quarantaine dʼopérations, notamment dans les secteurs des services financiers, des business ser- vices, de la tech et de lʼindustrie. www.executives.fr/a.asp?a=204952 LINKAPITAL Eric Achour est nommé sparring partner pour pilo- ter la practice « expertises comp- tables » de cette banque d’af- faires. Né en 1963, Dauphine (MIAGE -1985), Université Pierre et Marie Curie (DESS réseaux et télécom- munications - 1986), HEC (MBA - 1991), il a débuté chez Sema Group, en tant qu'ingénieur d'études puis chef de projet, avant de devenir consultant senior chez McKinsey, puis directeur associé chez Peat Marwick. En 1999, il re- joint AC Nielsen, comme directeur général adjoint. En 2006, il est nommé directeur général France chez Novagraaf, avant de fonder, en 2009, OnStage Consulting. En 2010, il devient directeur général de Cerfrance Alliance Centre et, en 2019, il prend la direction de Decade, avant d'être nommé, en 2023, directeur général de la verti- cale métier "marketplace groupe" chez EPSA. Depuis 2022, il était managing partner au sein d'OnStage Consulting. www.executives.fr/a.asp?a=117586 ORGANISME PROFESSIONNEL AMRAE Phot. © Charles de Toirac Vincent Vigouroux (Enedis) entre au conseil d'administra- tion de l’association. Né en 1973, ICAM Lille (ingénieur - 1995), il débute à lʼinternational au sein du groupe Bouygues à Barcelone en tant quʼingénieur tra- vaux, avant de rejoindre Independent Insurance, à Manchester, comme in- génieur prévention. En 2000, il rentre en France et occupe successivement des postes de souscripteur au sein du groupe XL Capital puis chez Scor. En 2004, il rejoint FM Global, où il pi- lote pendant 8 ans des programmes multinationaux dʼassurance dom- mages. En 2012, il intègre EDF Assurances, courtier captif du groupe EDF, en tant que responsable des programmes dʼassurances dom- mages couvrant les actifs nucléaires et conventionnels. Depuis 2020, il est directeur des assurances dʼEnedis. Adhérent de l'Amrae depuis plus de 20 ans, il est aujourdʼhui coprésident de la commission financement alter- natif des risques. www.executives.fr/a.asp?a=119621 Phot. © Charles de Toirac Anne-Gaëlle Delattre (Valeo) entre au conseil d'administration de l’Association pour le management des risques et des assu- rances de l’entre- prise (Amrae). Née en 1978, ESC Amiens (1999), Dauphine (master audit comptable et financier - 2000), certifiée CEFAR Amrae (2017), elle débute, en 2000, chez Deloitte en audit externe et commissariat aux comptes, avant de rejoindre, en 2007, le groupe Yves Rocher, au contrôle de gestion. En 2008, elle intègre Valeo, où elle exerce plusieurs fonctions financières au sein des activités éclairage et pro- pulsion et, depuis 2016, en tant que risk manager du groupe, responsable 5 52 La Tribune de l’assurance // juin 2026 // n°324 // une publication TENDANCES Haut de page Haut de page 52 autour de quelques grands as- sureurs (Axa, Allianz, AIG), de Lloyd’s of London et de pools na- tionaux, le marché de l’assurance des risques de guer re absorbe difficilement la concentration des expositions. Depuis 2022, Marsh McLennan, Willis Towers Watson et CRC Group relèvent une contraction de 20 à 30 % des capacités, jusqu’à 40 % dans les zones actives. « La capacité reste disponible, mais elle est devenue plus sélective et volatile », sou - ligne Neil Rober ts. Les pr imes progressent de +50 à +100 %. Mais pour les acteurs les plus exposés, la dégradation du ratio combiné est nette : jusqu’à 150 à 300 % selon Swiss Re, avec une hausse du capital requis de 20 à 50 %. Cette résilience repose sur un recalibrage rapide. Axa illustre ce mouvement : après 300 M€ de provisions en 2023, le groupe a réduit son exposi- tion, comme Allianz (450 M€ en 2023), Zur ich (250 M€ en 2023) et Munich Re (600 M€ en 2023). « Nous sommes peu e xposés au conflit en Iran », indiquait Tho - mas Buberl, le directeur général d’Axa lors d’une rencontre avec l’Association nationale des jour- nalistes de l’assurance (Anja) en mars 2026, tout en évoquant des impacts ciblés. Dans cette logique, la guer re devient un r isque tr ié plutôt qu’absorbé. Les per tes directes sont absorbées, mais l’impact devient indirect : hausse de la réassurance, vo- latilité financière, marges sous pression. Sur les lignes exposées, la sinistralité progresse de 20 à 30 %, tandis que les coûts de transfer t du r isque sont multi- pliés par deux à cinq dans les zones cr itiques. L’ASSURABILITÉ UNIVERSELLE EN QUESTION Le système tient, mais au pr ix d’une sélectivité croissante. La capacité se retire là où le r isque se concentre. Cette évolution ne constitue pas encore une cr ise, mais une redéfinition du pér imètre assurable : cer taines zones restent t héoriquement couver tes, mais deviennent en pratique difficilement transfé- rables. C’est dans cet écar t que s’esquisse la bascule vers une assurabilité moins universelle. Face à l’extension des r isques – guer re hybr ide, cyber-étatique, sabotage, sanctions –, trois cercles d’un monde non assu- rable apparaissent : les zones d’expositions extrêmes, domi- nées par le mar itime – le détroit d’Or muz, la mer Rouge, le golfe Persique et cer taines routes de la mer de Chine ; un deuxième cercle cor respond aux États en contrainte multibranche – Iran, Yémen, Syr ie, Liban, Afghanis- tan et plusieurs pays du Sahel cumulent tensions politiques, instabilité sécur itaire et fragilité économique ; et enfin, une troi- sième zone d’assurabilité inter- mittente avec des infrastr uctures stratégiques exposées – plates- for mes offshore, hubs aéropor- tuaires du golfe Persique ou por ts israéliens exposés. C’est dans cet >> À l’échelle européenne, les réponses divergent. Au Royaume-Uni, Lloyd’s of London demeure la place centrale du wa r r i s k mondial. Avec 40 Md£ de capital et un système de syndication unique, le marché conserve une forte capacité d’intervention en zones de tension. Cette agilité s’accompagne toutefois d’un repricing très volatil : les primes ont été multipliées par trois à dix depuis 2022, avec des pics de +300 à +400 %, jusqu’à 1 % de la valeur assurée en mer Rouge. En France, le modèle hybride associe assureurs privés et réassurance publique (CCR, garantie de l’État), assurant la continuité sur les risques extrêmes. Depuis 2022, la hausse des exigences de capital sur les portefeuilles exposés (+20 à +50 %) renforce la CCR comme amortisseur systémique, tout en accroissant l’exposition indirecte des finances publiques. Les pays nordiques privilégient une approche interventionniste. Le Danemark a réactivé en 2022 le Danish State War Risk Insurance, fonds public couvrant les risques de guerre lorsque le marché se retire. Ce backstop étatique*, doté d’environ 6 milliards DKK (~800 M€ en 2026), intervient en substitution temporaire pour sécuriser les flux stratégiques. En Europe de l’Est, des dispositifs hybrides émergent en Ukraine. Garanties publiques, réassurance internationale (dont la Banque européenne pour la reconstruction et le développement-Berd) et subventions reconstituent la capacité en assurance. Lancé fin 2024, un programme de 110 M€ de garanties soutient environ 1 Md€ de flux assurés dans un environnement dégradé. * Garantie ultime de l’État en réassurance, activée lorsque la capacité pr ivée disparaît. FOCUS SUR Guerre et réassurance : quatre modèles européens en tension REGARDS CROISÉS Comment un grand assureur adapte-t-il ses modèles de capital et sa stratégie face à la montée et la convergence des risques de guerre et de chocs géopolitiques ? « Le risque géopolitique se transmet chez CNP assurances via les marchés financiers – taux, spreads, actions – dont nous mesurons la sensibilité dans notre ratio de solvabilité. Ce suivi est complété par des stress tests intégrant des chocs d’ampleur croissante dans un environnement de volatilité accrue. Notre allocation, centrée sur les pays de l’OCDE, repose sur une diversification géographique et sectorielle. La montée des risques corrélés modifie les conditions d’assurabilité et appelle une allocation robuste, sans remettre en cause le principe de mutualisation. » THOMAS BÉHAR, directeur des risques groupe et directeur général adjoint de CNP assurances « L’ampleur des chocs augmente, mais nous demeurons robustes » « Le modèle interne de capital d’Axa intègre la montée des risques géopolitiques dans la calibration du SCR et des marges de solvabilité, complétée par des stress te s ts ciblés. Les effets macroéconomiques indirects des conflits – inflation, taux, primes de risque – se reflètent dans la valorisation des actifs. La convergence entre risques de guerre, cyber et énergie accroît la fréquence et l’interconnexion des chocs. Le monde reste assurable, mais au prix d’une adaptation continue de nos modèles : mieux mutualiser les risques systémiques, renforcer la prévention et accompagner la transition énergétique. » FRANÇOISE GILLES, directrice des risques du groupe Axa « La convergence des risques fait évoluer les conditions d’assurabilité » DR DR La Tribune de l’assurance // juin 2026 // n°324 // une publication 53 Haut de page Haut de page espace d’assurabilité dégradée qu’un basculement s’opère. Sous l’effet de la contraction des capa- cités pr ivées, les États reviennent au centre du jeu pour maintenir une capacité minimale de cou- ver ture. Sans soutien public, cer tains marchés deviennent rapidement inopérants dans les zones de conflit, faute de por- tage du r isque. D’où le recours accr u à des mécanismes publics de der nier ressor t : garanties souveraines, back stops de réas - surance et dispositifs hybrides public-pr ivé. LE RETOUR DE L’ÉTAT Ce basculement s’est matér ialisé de manière spectaculaire aux États-Unis. Annoncé le 5 mars 2026 et déployé en quelques semaines, le programme mar i- time de l’US Inter national Deve- lopment Finance Cor poration, str ucturé avec Chubb Ltd, mo- bilise jusqu’à 20 Md$ de réassu- rance publique pour sécur iser les flux énergétiques transitant par le golfe Persique. Dans un contexte où les pr imes avaient été multipliées par cinq à dix, ce dispositif vise explicitement à restaurer la continuité des échanges. En Europe, la recom- position suit une trajectoire accé- lérée. Fin avr il 2026, douze pays disposent de mécanismes actifs, contre trois en 2021 (+300 %). Trois architectures dominent : les pools mar itimes adossés à une garantie souveraine (50 % des dispositifs) – avec Garex en France et DNK War Risk Pool en Nor vège (3 Md$ couvrant 80 % de la flotte exposée) ; les garanties publiques à l’expor t et aux r isques politiques (33 % des mécanismes publics de cou- ver ture des r isques de guer re), étendues en Allemagne, Po- logne, Espagne et au Por tugal ; et des dispositifs hybr ides (17 % des mécanismes publics de cou- ver ture des risques de guer re) pour l’aviation et cer taines in- dustr ies cr itiques, notamment au Royaume-Uni et en Suède. En Asie, l’Inde a adopté une logique comparable en avr il 2026 avec l’ECGC War Risk, adossé à un fonds souverain de 1,5 Md$ et une garantie couvrant jusqu’à 90 % des financements expo- sés. Ce dispositif réduit la dé- pendance aux capacités inter- nationales, notamment celles de Lloyd’s of London, tout en sécur isant les approvisionne- ments énergétiques. À l’échelle globale, ces mécanismes ont per mis d’aug menter la capacité disponible d’environ 25 % en six mois. LE NOUVEAU RÉGIME DU RISQUE MONDIAL « La montée des r isques cor rélés modifie durablement les condi- tions d’assurabilité : l’efficacité de la mutualisation peut être réduite. Il ne s’agit pas de la fin de l’assu- rance, mais d’un déplacement de ses frontières et de son articulation avec l’action publique », obser ve Thomas Béhar, directeur des r isques groupe et directeur gé- néral adjoint de CNP assurances. À mesure que la guer re s’installe comme variable str ucturelle non diversifiable, l’assurance change de nature. Une nouvelle grammaire du r isque s’impose, combinant modèles multilig nes (dommages aux biens, mar ine, aviation, énergie, crédit, cyber), scor ing géopolitique des expo- sitions, extension des critères environnementaux, sociaux et de gouver nance (ESG) aux conflits et stress tests intégrant des chocs simultanés – guer re, inflation, taux, volatilité, liqui- dité. Ce basculement dépasse le secteur. Dans le contexte d’esca- lade entre les États-Unis et l’Iran et de ses extensions régionales, l’assurance s’impose comme une infrastr ucture du capitalisme du r isque : filtre de l’investisse- ment, médiateur des rappor ts de force, condition d’accès à l’acti- vité économique. Le r isque n’est plus seulement mutualisé ; il est alloué entre ce que le marché accepte de por ter, ce que l’État doit soutenir et ce qui, faute de couver ture, devient économi- quement non viable. Les autor i- tés pr udentielles accompagnent cette mutation. En France, l’Au- tor ité de contrôle pr udentiel et de résolution (ACPR) renforce ses exigences sur les scénar ios géopolitiques, la liquidité et les concentrations. Au niveau eu- ropéen, l’Autor ité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) sou- lig ne que, malg ré une résilience globale, les tensions sur la liqui- dité, le capital et la solvabilité s’intensifient. À l’échelle inter- nationale, l’Association inter- nationale des super viseurs de l’assurance (IAIS) explore des outils complémentaires – ré- ser ves anticycliques, tampons de liquidité, mécanismes dédiés aux risques extrêmes – face à la montée des r isques géopoli- tiques. L’assurance ne se limite plus au transfer t : elle redéfinit les conditions de fonctionne- ment de l’économie mondiale. n (1) « The Roots of War and Its Costs », note d’analyse, Comité inter national de la Croix-Rouge (CICR), mars 2026 (2) Baromètre du r isque géopolitique en entrepr ise, édition 2025, Amrae, novembre 2025 (3) « The Economic Consequences of War », Working Paper n°34389, National Bureau of Economic Researc h (NBER), Benmelec h E., Monteiro J., octobre 2025 (4) Comptes nationaux tr imestr iels – T1 2026 et Indice des pr ix à la consommation (IPC), Insee, avr il 2026 Dans le contexte actuel de conflits et de guerre hybride, quels risques deviennent aujourd’hui difficilement assurables pour le marché privé ? Cela dépend des risques. Le risque de guerre étrangère, souvent exclu des garanties, reste difficilement assurable, notamment dans des secteurs exposés comme le transport maritime. À l’inverse, pour le risque cyber, le problème tient surtout à la faible diffusion de la couverture. Le cadre réglementaire, dont le projet de loi « cybersécurité », est alors déterminant pour élargir la protection en assurance. Assiste-t-on à un déplacement durable de la frontière entre risques assurables et risques systémiques ? L’enjeu est celui de l’équilibre entre mutualisation de l’assurance et segmentation des risques, ce qui suppose des outils d’objectivation, à l’image de l’observatoire de l’assurabilité de la CCR. Pour les risques géopolitiques, hormis certains secteurs exposés, il est encore trop tôt pour parler d’inassurabilité. Mais une persistance des tensions, notamment au Moyen-Orient, justifierait une cartographie plus fine des risques émergents. Cette évolution appelle-t-elle une intervention accrue de l’État dans la couverture des risques ? Il convient de nuancer l’idée d’une convergence généralisée des risques. Si les risques extrêmes se développent, la réponse publique ne peut être uniforme. Il est essentiel de préserver une frontière claire entre marché privé et intervention de l’État, notamment dans un contexte budgétaire contraint. 3 QUESTIONS À JEAN-FRANÇOIS HUSSON, rapporteur général de la commission des finances au Sénat « Guerre hybride, cyber, tensions géopolitiques : cartographier les risques pour préserver l’assurabilité » DR D&T : Sanctions internationales, un défi pour l’exécution des contrats ENQUÊTE : Épargne-retraite, après la ruée des transferts, la concurrence www.tribune-assurance.frN° 324 Juin 2026 LE GRAND CLASSEMENT DES COURTIERS Croissances et mutations 50 La Tribune de l’assurance // juin 2026 // n°324 // une publication TENDANCES Haut de page Haut de page 50 D e Kiev à la mer Rouge, des infrastr uctures énergétiques aux câbles sous-mar ins, les chocs ne s’additionnent plus, ils s’entrelacent et échappent à la modélisation. Ils persistent, sans retour à l’équilibre. La guer re a changé de nature et d’échelle. Le nombre de conf lits a plus que doublé en un an, passant de 61 conflits ar més étatiques en 2024, selon l’Uppsala Conflict Data Program (UCDP)/PRIO, à plus de 130, selon le Comité inter national de la Croix-Rouge, CICR (1) . Au total, 42 pays sont di- rectement concer nés et 92 autres Par Ber nard Banga, MD Today impliqués dans des guer res par procuration (proxy) ou des coa - litions. LA GUERRE DEVIENT UN RISQUE PERMANENT Désor mais, les affrontements ne se succèdent plus, ils se super po- sent, instaurant un continuum de violence où le r isque devient © AdobeStock RISQUES DE GUERRE Le changement de régime des couvertures s’accélère Ukraine, Moyen-Orient, tensions maritimes : la conflictualité change d’échelle et s’installe dans la durée. Sous pression, les modèles actuariels vacillent, les capacités se contractent et les frontières de couverture reculent. Un seuil est franchi : l’assurance n’ajuste plus le risque, elle arbitre l’incertitude. Enquête sur une recomposition silencieuse qui fragmente les marchés et redéfinit les règles du jeu à l’échelle mondiale. 110 à 120 Md€ coût cumulé des conflits (Ukraine + Moyen-Orient) pour l’économie française en 2026 16 427 Md€ par an, le coût agrégé des conflits à l’échelle mondial 42 le nombre de pays directement concernés par des conflits armés Les affrontements ne se succèdent plus, ils se superposent, instaurant un continuum de violence où le risque devient permanent. La Tribune de l’assurance // juin 2026 // n°324 // une publication 51 Haut de page Haut de page per manent. Pendant des décen- nies, le r isque de guer re a été ap- préhendé comme un événement extrême, exogène et rare. Or, une « zone g r ise » émerge désor mais, dans laquelle les modèles ac- tuar iels peinent à produire des repères fiables, faute de stabilité statistique et de régime de réfé- rence. Les cor rélations extrêmes entre lignes transfor ment des chocs isolés en scénar ios systé- miques : sanctions coordonnées, blocages mar itimes, r uptures d’approvisionnement et attaques d’infrastr uctures cr itiques s’en- chaînent et se renforcent. Le cadre probabiliste vacille. Le der nier Baromètre du risque géopolitique en entreprise de l’Amrae (2) souligne ainsi le ca- ractère désor mais « transverse » du risque géopolitique et l’im- por tance des interdépendances entre facteurs, dont les effets se propagent d’un r isque à l’autre. Dans cet environnement, la di- versification géographique, long- temps pilier de la mutualisation, tend à perdre de son efficacité. Désor mais, l’indépendance des r isques n’est plus l’hypot hèse centrale, mais l’exception. Les risques géopolitiques s’ins- cr ivent désor mais dans une dy- namique de polycr ise. Les conflits produisent des effets macroéco- nomiques globaux, bien au-delà des zones de guer re. Selon le National Bureau of Economic Research (3) , leur coût agrégé atteint environ 16 427 Md€ par an sur l’ensemble des conflits étudiés entre 1950 et 2025, soit près de 13 % du PIB mondial par épisode majeur. Ces chocs se diffusent via les chaînes éner- gétiques, commerciales et finan- cières. En France, l’impact est désor mais tangible. Au premier tr imestre 2026, l’économie entre en stagflation, selon l’Insee (4) : croissance nulle et inflation à 2,5 % , expor tations en baisse de 0,7 %. En 2026, le coût cumulé des conflits en Ukraine et au Moyen-Or ient s’élève respective- ment à 110 Md€ et 120 Md€ pour l’économie française. « Après les ar rêts d’activité liés à la Covid- 19, la cr ise des semi-conducteurs, puis le choc inflationniste issu de la guer re en Ukraine et des ten- sions commerciales amér icaines, la séquence géopolitique actuelle prolonge et amplifie une sér ie de chocs str ucturels sur les chaînes de valeur, obser ve Grégoire Du - ter tre, président de la commis- sion géopolitique de l’Amrae. Elle impose une reconfiguration rapide : diversification des four- nisseurs, renégociation et partage des coûts, adaptation des routes logistiques, renforcement des stock s de sécur ité et des besoins en fonds de roulement. » QUATRE LIGNES DE FRACTURE Le conflit r usso-ukrainien et les tensions amér icano-iraniennes ne redessinent plus seulement la géopolitique : ils reclassent en temps réel les r isques industr iels. Quatre canaux concentrent la propagation des chocs – mar i- time, aér ien, logistique ter restre et énergie. Le mar itime en est le laboratoire. Seul segment où le r isque de guer re est intégré par constr uction, il est « tar ifé et ajusté en continu selon les zones d’e xposition », souligne Neil Rober ts, responsable des activités aviation et mar itime à la Lloyd’s Market Association et président du For um de politique générale de l’Union inter natio- nale de l’assurance maritime (IUMI). Depuis 2024, l’exten- sion des zones war-listed – mer Noire, mer Rouge, golfe d’Aden, détroit d’Or muz – déclenche immédiatement sur primes et résiliations accélérées, parfois en moins de sept jours. Les pr imes ont été multipliées par trois à dix, jusqu’à trente dans les phases extrêmes. En mer Rouge, elles dépassent 1 % de la valeur du navire ; pour les grands pétro- liers, un transit peut atteindre 10 à 14 M€ via Or muz, selon Lloyd’s List Intelligence. Ici, la pr ime ne couvre plus seulement le r isque : elle en fixe le pr ix ins- tantané. Dans l’aér ien et le ter- restre, le risque de guer re ne s’absorbe pas : il fragmente les marchés. Fer metures d’espaces, contour nements et allongement des routes redessinent les flux. « La guer re reconfigure le trans- port aér ien mondial », obser ve Willie Walsh, directeur général de l’Association inter nationale du transpor t aér ien. Les pr imes war r isk ont bondi de 50 à 500 %, tandis que le kérosène plus que doublé en quelques semaines, de 88 à 216 €. Les per tes d’exploita- tion restent exclues, transférant le choc aux opérateurs. Sur le ter restre, la contrainte devient immédiate. En Europe orientale, cer tains cor ridors logistiques ont vu leurs coûts d’assurance multipliés par deux à cinq, tandis que des itinéraires sont déviés pour éviter des zones à r isque. Pour les industr iels, ces détours allongent les délais de plusieurs jours et renchér issent les coûts de 15 à 30 %. Dans ces espaces, le r isque n’est plus mu- tualisé : il est contour né. L’éner- gie prolonge cette fragmenta- tion : infrastr uctures exposées, routes sous tension, sanctions et volatilité des pr ix super posent r isques physiques, politiques et financiers. Le secteur devient un point de fragilité systémique. DES CAPACITÉS SOUS TENSION Depuis l’opération militaire du 28 févr ier 2026, le conflit Iran- Moyen-Orient s’est enfoncé dans une escalade sans f in. Selon Guy Car pentier, ancien dir igeant du pool Groupement d’assurances de r isques excep- tionnels (Garex), l’exposition atteint 70 à 80 Md$ à ter re et plus de 45 Md$ en mar itime pour les couver tures de coque, dont 14 Md$ concentrés sur les navires de for t tonnage. Dans ce contexte, les grands groupes se tour nent vers les couver tures d’assurance r isques politiques et de guer re pour protéger des actifs stratégiques sur l’arc golfe Persique-mer Rouge. Str ucturé >> © AdobeStock Le changement de régime des couvertures s’accélère « Le risque géopolitique, devenu risque de guerre structurel, n’est plus une question de zones lointaines : après la Covid-19, l’énergie puis l’Ukraine, il s’inscrit dans une série de crises qui frappent la chaîne de valeur, les flux logistiques et la continuité d’activité. Nous constatons un décalage entre ce que les entreprises attendent des assureurs et ce que le marché offre : exclusions, franchises et primes élevées. D’où la nécessité, pour les risk managers, de renforcer cartographie, veille et scénarios de crise via les nouveaux outils Amrae, comme le 7 e Baromètre des risques supply chain 2025 (1) , le Baromètre du risque géopolitique 2025 (2) et les webinaires géopolitiques lancés depuis 2024, afin de gagner en résilience et mieux dialoguer avec les assureurs. » (1) 7 e Baromètre des r isques supply chain 2025 (KYU, Ar ts et Métiers, Amrae, France Supply Chain, Belr im) : analyse de la matur ité supply chain face à l’instabilité géopolitique (2) Baromètre du r isque géopolitique en entrepr ise 2025, Amrae VERBATIM GRÉGOIRE DUTERTRE, président de la commission géopolitique de l’Amrae et risk manager de Sonepar « Nous renforçons notre résilience par la prévention » DR Le magazine des managers du numérique DOS SIER SPÉCIAL L’entreprise au(x) temps de l’IA D o s s i e r s p é c i a l ré a l i s é p a r X AV I E R B I S E U L , A L A I N C L A PA U D, T H I E R R Y D E R O U E T, PAT R I C I A D R E I D E M Y, J U L I E T T E FA U C H E T, F R A N Ç O I S J E A N N E , C H A R L O T T E M A U G E R e t MARIE VAR ANDAT Spécial L’entreprise au(x) temps de l’IA « La DSI est ici au cœur d’une mine de savoirs » Baptiste Grig y, D S I d u C E A N °2 3 1 6 m a i 2026 56 m a i 2026 ww w.itforbusiness.fr Ent re for mat ions, tests et prem iers déploiements, le r isk ma nagement s’empa re de l’I A . El le s’i mpose com me un out i l d’a ide à la décision, à l’heu re où les orga n isat ions font face à u ne mu lt iplicat ion des r isques majeu rs. Changement d’échelle pou r les mét iers du r isque S elon le B a romètre d e s Mét iers d u r isk ma na- gement 2024 de l’A m r ae (A s so c i at ion p ou r le Management des Risques et des Assurances de l’ E nt repr i se), 36 % de s r i sk m a n ager s i nt er rogé s c it ent le s for m at ion s à l’ I A pa r m i leu r s b e soi n s pr ior i- t a i re s . D a n s le même t emps , 11 % décl a rent t r ava i l ler régu l ièrement s u r ce s s ujet s et 32 % de m a n ière ponc- t uel le . Une prop or t ion qu i de v r a it for t ement prog re s- ser d a n s l’éd it ion 2026, selon Th ibau lt B u l a boi s , pi lot e du B a romèt re et d i rec t eu r r i sque s & cont rôle i nt er ne chez F DJ Un it ed . D’a i l leu r s , L a F r a nç a i se de s Jeu x ut i- l ise déjà l’I A , not a m ment pou r détecter les schéma s de f r aude complexe s chez le s joueu r s . Plu s génér a lement , M a r ie-Noël le Thom a s, d i rect r ice de l a bu s i ne s s l i ne r i sk m a n agement chez E l l i s phere , l’u n de s leader s de l’i n for m at ion s u r le s ent repr i se s , obser ve qu’à l’heu re ac t uel le , le s agent s I A con st i- t uent s u r t out u ne a ide à l a pro duc t i v it é d a n s le s t âche s s i mple s ou répét it i ve s com me l a vei l le , l’ag régat ion de s i n for m at ion s ou l a réd ac t ion de s y nt hè se s . « Cep e n d a n t , l’hu ma in g a rd e u ne pla c e prép ond éra nte d a ns la d é ci- sion fina le et r ien ne rempla c e s on ex p er t is e ». Th ibau lt B u l a boi s , lu i , e st i me que l’ I A ch a nge dé jà l’échel le du t r ava i l : « Elle nou s d onne u ne ca p a cité à a na ly s er, en u n temps re cord , u ne qu a nt ité d’infor ma- t ions va r ié e s , p a s forc ément bien str u ct u ré e s , et a s su re u ne mei lleu re couver t u re d e s s ou rc e s et d e s s c éna r ios possibles ». L’é volut ion e st l a même s u r l’a n a lyse de s tiers, notamment en matière de conformité et de lutte a nt icor r upt ion . Cepend a nt , la v ig i la nce demeu re s u r les bia is associés à l’I A , qu i ne per met pas de capter les i n for m at ion s de m a n ière ex h au st i ve et peut m a l en i nt er prét er cer t a i nes . « Cela imp os e a u r isk ma na g er d e cons er ver u n re g a rd cr it iqu e , d e conf ronter le s ré su lta ts à la stratégie et à la réa lité du terra in, et d’év iter l’illu sion d’u ne for me d’omnis cienc e d e l’I A », af fi r m e - t-i l . L e r i sk m a n ager e st au s s i t enu de fa i re pa s ser le s me s s age s au x d i r igea nt s . L’ I A l’a ide à rend re le s éc r it s plu s cl a i r s , s y nt hét ique s et perc ut a nt s . M a i s au- del à du ga i n de pro duc t i v it é , cet t e é volut ion t r a n sfor me l a st r at ég ie de l’ent repr i se et fac i l it e le déploiement d’u ne polit ique de gest ion des r isques à tou s les n iveau x. « De plu s en plu s , le s org a nis a t ions a d optent u ne a pproche g lob a le d u r is qu e , ave c u ne mis e en œuv re d é cliné e vers le s d ire ct ions et le s mét iers . L’obj e ct if e st d e pi loter le r is qu e a u bon end roit , a u plu s prè s d e s op éra t ions et d e s décisions, plutôt que de le traiter de manière ponctuelle, a f fi r me M a r ie -No ël le Thom a s . I l y a c i n q a n s , l a g e s t i on d u r is qu e et d e la confor mité re s s embla it d ava nta g e à u ne rev u e p ér io d iqu e d e s r is qu e s , s ouvent su r plu sieu rs s e m a i n e s . L’e n s e m b l e d e s a c t e u r s s e r é u n i s s a i t p o u r fa i r e u n éta t d e s lieu x et d éter miner où s e sit u a ient le s pr in- cip a u x r is qu e s . Au jou rd’hu i , c et te lo g iqu e évolu e vers u n su iv i cont inu , inté g ré et op éra t ionnel . » Banques, assurances et finance en pionnières D a n s cet t e opt ique , l a ba nque , l’a s s u r a nce et l a fi n a nce a p p a r a i s s e n t c o m m e l e s s e c t e u r s l e s p l u s m a t u r e s d a n s l’u s age de l’ I A . « Le s ent ité s a s su j et t ie s à d e s ré g lementa- tions fortes en matière de risk management sont très en a va n c e , c o m m e c e l l e s s o u m i s e s à l a l o i S a p i n 2 s u r l ’a n t i- cor r u ption, not e M a r ie -No ël le Thom a s . C ’ e s t a u s s i l e c a s d e s o rg a n i s a t i o n s q u i t ra va i l l e n t a ve c d e n o m b re u x t i e r s , clients ou fou r nis s eu rs , p ou r le s qu elle s l’I A p eu t d éte cter le s f ra u d e s et a nt icip er le s p otent ielle s d éfa i lla nc e s d e s entrepr is e s . Le s a ct iv ité s où le s coû ts s ont eng a g é s ava nt le pa iement , comme la loca tion d e ma tér iel ou l’intér im, u t i l i s e n t é g a l e m e n t b e a u c o u p l ’ I A , a fi n d e s é c u r i s e r l e u r s op éra t ions et d’a s su rer la p érennité d e l’entrepr is e . » Côt é or ga n i s at ion , le s ef fec t i fs de r i sk m a n age- ment re st ent st a ble s , l’objec t i f ét a nt d’a l ler plu s loi n et de v i ser plu s l a r ge à re s sou rce s con st a nt e s . M a i s le s embauche s é voluent au s s i avec l a t ech nolog ie et l a m a î t r i se de s u s age s de l’ I A de v ient u n at out de plu s en plu s c it é d a n s le s of f re s d’emploi . « Nou s restons lucid es, t empère Th ibau lt B u l a boi s . Pa r mi le s colla bora teu rs dossier spécial 57w w w.itforbusiness.fr ma i 2 0 2 6 re cr u té s , b e a u cou p s ont encore en pha s e d e d é cou- ver te comme nou s . C ’e st p ou rqu oi nou s pr iv i lé g ions le s soft sk ills : l’a pp étenc e p ou r c e s su jets , la cu r iosité et la c a p a c i t é à p r e n d r e d u r e c u l s u r l a m a n i è r e d ’e x p l o i t e r c e s outils, plutôt qu’u ne ex pertise pu rement techniqu e qu e n o u s p o u v o n s t r o u v e r a u s e i n d e n o s é q u i p e s I T e t c y b e r. » Com me m a n ager, i l juge plu s s i mple d’accompag ner u ne per son ne dot ée d’u ne for t e sen s ibi l it é à ce s enjeu x et d’u ne bon ne c apac it é d’a n a lyse , qu i p ou r r a t oujou r s mont er en compét ence s s u r le s a s pec t s t ech . « À l’in- vers e , u n profi l trè s te chniqu e , voire ex p er t d u prompt , ma is d ép ou r v u d u re cu l ind isp ens a ble à u n r isk ma na- ger pour mettre en perspective les risques, la stratégie et l’env ironnement , a u ra d ava nta g e d e d if ficu lté s à a cqu é- r ir u ne v ision g lob a le . » PATRICIA DREIDEM Y Les Top 3 des risks managers face à l’IA L e s c a s d ’ u s a g e d é p l o y é s Transcription automatique d’entretiens et rédaction des comptes-rendus 44 % Préparation des entretiens et de ques tionnaires d’évaluation 22 % Génération de rappor t s de synthèse 22 % L e s R O I s u p é r i e u r s à 2 0 (% de citations) Accroissement de la capacité d’analyse 20 % Optimisation du temps de traitement des contrôles ou aler tes 18 % Amélioration de la couver ture des risques et des contrôles 14 % Les solutions utilisées Solution générique d’IA/A gent s conversationnels (Copilot, ChatGPT, Gemini, Mistral…) 60 % Outils de data analy tics 34 % Outils d’aler te ou de sur veillance (fraude, blanchiment …) 28 % SO U RCE : É T U D E TR EN D S O F A I 2 0 2 6 D E K PmG ET LE S ENTHOUSiaSTE S TÉmOiN François Beaume, s e n i o r v i c e p r e s i d e n t r i s k s & i n s u r a n c e d e S o n e p a r e t p r é s i d e n t d e l ’amrae « L’IA nous permet d’industrialiser la veille » L a d i r e c t i o n r i s k s & insurance du groupe Sonepar, distributeur B to B de matériel électrique qui emploie 46 000 personnes d a n s p l u s d e 4 0 p a y s , a d é v e l o p p é d e s a g e n t s I A s u r l a b a s e d e C o p i l o t P r o . L’un d’entre eux assure une veille quotidienne sur le conflit au Moyen- Orient en produisant des synthèses et en alimentant des scénarios d’évolution à 24 , 4 8, 72h ou p lus . « Il n e r e m p l a c e p a s l e r i s k m a n a g e r, m a i s l ’a i d e d a n s s o n a n a l y s e e t à i n d u s t r i a l i s e r l a p r o d u c t i o n d ’u n e v e i l l e régulière, trè s ch ronop h age », souligne François Beaume, senior vice president risks & insurance de Sonepar et p r é s i d e n t d e l ’A m r a e . D a n s l e c a d r e d e s o n obser vatoire des risques, la direction a conçu un a u t r e a g e n t I A , p o u r s u i v r e les évolutions politiques et économiques dans les pays stratégiques pour l’entreprise, et enrichir la car tographie des risques spécifiques au groupe. Troisième usage : l’évaluation des tiers. U n p r o j e t e n c o u r s v i s e à c r é e r u n d a t a l a k e p i l o t é p a r u n m é t a - a g e n t C o p i l o t P r o , afin de produire une vision consolidée d’un par tenaire en recoupant des données jusqu’alors silotées. « L’indus trialisation de ce s p ratiq ue s li b ère d u tem ps p o u r u n e a n a l y s e à p l u s f o r t e v a l e u r e t é l a r g i t l e p é r i m è t r e de s risq ue s tra ité s », affirme François Beaume. U n q u a t r i è m e c a s d ’u s a g e , conçu avec l’outil d’IA a g e n t i q u e L E A H , a é t é développé avec la direction juridique et conformité : il s’a git d’un he lp de s k , qui permet d’interroger e n t e m p s r é e l l e s r è g l e s d u g r o u p e e n m a t i è r e d’assurances. Déployé auprès d’une centaine de collaborateurs dans le monde, il fournit une réponse dans environ 95 % de s c a s . Malgré ces premiers cas d’usage probant s, des problématiques subsistent . L a principale se situe au niveau des ressources budgétaires et de suivi, pour les projet s complexes comme l’évaluation d e s t i e r s . L’e n j e u d e l’accompagnement est aussi essentiel. « B i e n d é p l o y é e , avec formation et suppor t, l ’ I A e s t l a r g e m e n t a d o p t é e e t a m é l i o r e l a p e r f o r m a n c e e t l a p r o d u c t i v i t é », assure François Beaume. PRENONS UNE LONGUEUR D’AVANCE SUR LE CANCER QUI RESTE LA 1 ÈRE CAUSE DE MORTALITÉ PRÉMATURÉE EN FRANCE Jean DUJARDIN, acteur, scénariste, réalisateur et producteur de cinéma français AIDEZ NOS CHERCHEURS À SAUVER VOS VIES Chaque année, 400.000 nouveaux cas de cancer, tout type confondu, sont dépistés. Statistiquement, il y a un peu plus de 1000 nouveaux malades par jour, parmi lesquels 600 vont guérir et 400 vont mourir. Rejoignez le combat, donnez sur vaincrelecancer-nrb.org VAINCRE LE CANCER - NRB Hôpital Paul Brousse 12/14, avenue Paul Vaillant-Couturier 94800 VILLEJUIF www.vaincrelecancer-nrb.org contact@vaincrelecancer-nrb.org SERVICE MÉCÉNAT 01 80 91 94 60 Coût d’un appel local RETROUVEZ-NOUS SUR Dons I.F.I. : les dons au prof t de la Fondation INNABIOSANTE C/i VAINCRE LE CANCER sont déductibles de l’I.F.I. Jean DUJARDIN, acteur, scénariste, réalisateur et producteur de cinéma français ATO U T R I S K MANAGER 50 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE N°49 I ÉTÉ 2026 Journée scientifique 2026 de l’Amrae : anticiper avec agilité \ 51N°49 I ÉTÉ 2026 C’est au cœur du Bois de Boulogne, à Paris, que s’est déroulée cette année la Journée scientifique de l’Amrae. Après une matinée consacrée à l’intelligence artificielle, les débats de l’après-midi ont porté sur les plans de continuité d’activité et la gestion de crise, ainsi que sur la géopolitique et l’actualité de l’Association : antennes régionales, Francorisk, FFCE et Amrae formation. Journée scientifique 2026 de l’Amrae : anticiper avec agilité Par Aurélie Nicolas ATO U T R I S K MANAGER 52 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE Depuis l’an dernier, les crises se sont enchaînées, voire déchaînées. Ce qui donne encore plus de légitimité à notre métier », a commencé François Beaume, le président de l’Association. Actant une année 2025 de consolidation, qui a vu l’Amrae franchir la barre des 2 000 adhérents, le président de l’Association a souligné le dynamisme des douze commissions, des antennes régionales, du comité scientifique (12 publications) et de son activité formation. Souhaitant la bienvenue aux nouveaux administrateurs élus lors de l’assemblée générale de mai dernier, il a rendu hommage à Stéphane Yvon et Alain Ronot pour leurs douze années au conseil d’administration. Avant de lancer la traditionnelle journée scientifique faite de débats et d’échanges, un format largement plébiscité en 2025, et accessible en visioconférence. L’IA, une révolution à 360° Compte tenu de l’enjeu majeur qu’elle représente et de la fulgurante évolution qui la caractérise, l’intelligence artificielle (IA) a occupé toute la matinée. En commençant par une introduction de Thibault Bulabois, président de la commission ERM 360°, qui a esquissé les deux faces de cette révolution pour le risk management. « L’IA est une marée qui présente des risques, mais dans laquelle il faut apprendre à naviguer ». Le risque décisionnel, notamment : « prendre une mauvaise décision en se basant sur une fausse information qui semble sérieuse, générée par l’IA » ; le risque de conformité « l’IA ne justifie pas, ne prouve rien et ne peut être auditée » ; le risque de fuite de données « un sujet de discipline collective » ; le risque réputationnel « une réponse automatisée du service client peut anéantir la confiance bâtie sur des années » ; et enfin le risque de dépendance à une technologie, ou un acteur, « suscitant des enjeux de souveraineté et de résilience ». Pour autant, bien utilisée, l’IA représente un formidable outil pour les risk managers, qui ont des ressources limitées et peu de temps disponible au quotidien pour faire face à la surcharge d’informations, d’alertes et de reportings. Thibault Bulabois a fourni quelques exemples : lecture et synthèse accélérées « on délègue la préparation du jugement, pas le jugement » ; cartographie et scénarios « pas pour prédire, mais pour améliorer l’anticipation et la préparation » ; contrôle interne « pour faire remonter toutes les informations et boucher les trous dans la raquette » ; aide à la rédaction et « FRANÇOIS BEAUME Président de l’Amrae. « Depuis un an, les crises se sont enchaînées, voire déchaînées. Ce qui donne encore plus de légitimité à notre métier. » La traditionnelle photo de groupe des participants. N°49 I ÉTÉ 2026 Journée scientifique 2026 de l’Amrae : anticiper avec agilité \ 53N°49 I ÉTÉ 2026 à la pédagogie « un risque mal compris sera mal traité ». Aux yeux du président de la commission ERM 360°, l’IA transforme le cœur de métier du risk manager, le faisant passer de « gardien des risques dans les processus » à « gardien des processus de décision ». Or plus un outil est puissant, plus il faut mettre des règles d’usage et savoir où se place la responsabilité. « L’IA va continuer à se diffuser. La question n’est pas adoption vs refus, mais bien adoption subie vs adoption gouvernée. C’est un sujet trop sérieux pour être laissé aux seuls enthousiastes, et trop utile pour être abandonné aux seuls sceptiques », a-t-il poursuivi. Une adoption massive et prudente Oliver Wild, vice-président scientifique de l’Amrae, a ensuite présenté les premiers résultats de l’enquête sur les usages de l’IA, menée au printemps 2026. Premier enseignement : une adoption massive avec 87 % des risk managers répondants qui l’utilisent au quotidien. Pour un tiers, il s’agit d’une IA développée en interne, pour des raisons de confidentialité des données. Les trois principaux cas d’usages sont : l’usage transverse, les sujets de responsabilité et l’ERM 360°. Mais si les intentions sont nombreuses, le potentiel de l’IA est encore en partie inexploité : les risk managers l’utilisent aujourd’hui principalement pour l’aide à la rédaction (77 %), l’analyse de documents juridiques (43 %) et l’analyse de volumétries importantes de données (42 %). « Cette enquête montre également que l’Amrae est attendue sur ce sujet, ce qui nous donne une feuille de route » : 76 % des répondants aimeraient avoir des retours d’expérience, 75 % un panorama des outils disponibles (comme celui des systèmes d’information de gestion des risques, SIGR), ainsi qu’un guide pratique, une analyse des risques et un benchmark. Des responsabilités diluées Frédéric de Serpos, trésorier de l’Amrae et membre de la commission responsabilité, a ensuite abordé la question de la responsabilité liée à l’IA. « Son développement très rapide entraîne une contraction des délais, comparable à celle observée en gestion de crise : les décisions doivent être prises rapidement, sur la base d’informations parfois imparfaites, ce qui rapproche ce contexte d’un environnement de crise, sans en être une ». Pour autant, le professionnel considère que les risk managers ont tous les outils pour accompagner cette adoption fulgurante, car « globalement l’IA ne crée pas de nouveaux risques, elle amplifie des risques préexistants : défaillances techniques, usage non maîtrisé de la donnée, biais algorithmiques… Ce qui change, c’est plutôt la traçabilité des décisions et la nature des dommages ». Et de citer les dommages corporels du fait de systèmes automatisés, la détérioration d’une chaîne de production pilotée par une IA ou les pertes d’exploitation résultant de la défaillance d’un système d’IA. « En la matière, la responsabilité est diluée et peut être distribuée entre le concepteur du modèle d’IA, le fournisseur des données, l’entraîneur du modèle, le fournisseur du système et en bout de chaîne l’utilisateur professionnel. » S’il n’y a pas de texte juridique ad hoc sur la responsabilité liée à l’IA, le cadre français sur la responsabilité reste adapté, note Frédéric de Serpos, il se prépare, au sein du groupe de travail dédié à la RC des produits défectueux, à la transposition de la directive européenne d’ici fin 2026. « Nous ferons prochainement un webinaire sur le sujet car nous sommes tous concernés en interne : risk manager, DSI, responsable conformité… », a-t-il indiqué. * Enquête Gartner Predicts : 60% of Supply Chain Disruptions Will Be Resolved Without Human Intervention by 2031 Animée par Oliver Wild, la table ronde de la matinée traitait des apports de l’IA pour les risk managers, avec des retours d’expérience variés. OLIVER WILD Vice-président scientifique de l’Amrae. « L’Amrae est attendue par les risk managers sur le sujet de l’IA, ce qui nous donne une feuille de route. » THIBAULT BULABOIS Président de la commission ERM 360°. « L’IA est une marée qui présente des risques, mais dans laquelle il faut apprendre à naviguer. » ATO U T R I S K MANAGER 54 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE Des retours d’expérience éclairants Comme en 2025, le format de la table ronde a été retenu pour recueillir les débats. Animée par Oliver Wild, celle de la matinée a traité des apports de l’IA pour les risk managers, avec des retours d’expérience variés. En vidéo, Toufik Bariche, président de la commission construction et immobilier, a donné des exemples de leviers d’économies offerts par l’IA dans le secteur de la construction. Stéphane Richard, coprésident de la commission prévention et dommages, a estimé que l’IA n’était pas un sujet technique mais de management, en insistant sur la nécessaire gouvernance à mettre en place pour chaque usage : préparation des visites de risque, agents d’aide à la déclaration de sinistres, génération d’un arbre des causes d’un sinistre, … Également en vidéo, Patrick Lacroix, président de la commission automobile, a rappelé que sur un risque de fréquence comme l’automobile, l’IA permettait notamment d’optimiser la gestion des s i n ist res , d e réd u i re l es coû ts d e rest i t u t i o n des flottes en LLD et de prévenir la fraude. Pour Vincent Vigouroux, coprésident de la commission financement alternatif des risques (lire le portrait page 06), l’IA ne se limite pas à un changement d’outil : « en décuplant les capacités de modélisation des effets combinés et les usages de l’assurance paramétrique, l’IA nous permet de ne plus regarder uniquement dans le rétroviseur. Elle supprime les biais et contextualise les événements, et nous fait passer d’une logique ex post (règlement après sinistre) à une logique ex ante, où l’on anticipe la survenue du sinistre et donc son indemnisation. Dans un marché redevenu soft, c’est le moment idéal pour tester les modèles de financement alternatifs. » Enfin, Thomas Osmont, coprésident de la commission supply chain, a estimé que le potentiel de l’IA était encore sous-exploité dans la chaîne d’approvisionnement. Parmi les applications possibles, il a relevé la détection des alertes les plus pertinentes et la cartographie de la supply chain étendue (comprenant les fournisseurs de rang 2 et 3 et les interdépendances complexes). « D’ici à 2031, 60 % des perturbations de la supply chain (géopolitiques, environnementales, ALAIN RONOT Président de la commission Capital Humain & Risques Associés. « Les équipes doivent apprendre à se connaître, il faut casser les silos, réaliser des exercices à blanc sur différents sujets, pas seulement cyber. » VINCENT VIGOUROUX Coprésident de la commission financement alternatif des risques. « En décuplant les capacités de modélisation des effets combinés et les usages de l’assurance paramétrique, l’IA nous permet de ne plus regarder uniquement dans le rétroviseur. » FRÉDÉRIC DE SERPOS Trésorier de l’Amrae et membre de la commission responsabilité. « Le développement très rapide de l’IA entraîne une contraction des délais, comparable à celle observée en gestion de crise. » LOUIS-MARIE LORIN CEO & Cofondateur de Bunka.ai. « L’IA est la technologie la plus rapidement adoptée de l’histoire. Lancé en 2022, ChatGPT réunissait déjà 100 millions d’utilisateurs au bout de deux mois. » N°49 I ÉTÉ 2026 Journée scientifique 2026 de l’Amrae : anticiper avec agilité \ 55N°49 I ÉTÉ 2026 commerciales…) seront résolues sans intervention humaine, grâce à des plans de mitigation des risques et des décisions automatiques* », a-t-il insisté. L’adoption technologique la plus rapide de l’histoire En matière d’IA, Louis-Marie Lorin, CEO & cofondateur de Bunka.ai, était l’expert du jour, invité par l’Association pour tenter de vulgariser les mécanismes en place. « L’IA, et notamment le LLM [grand modèle de langage, ndlr], est la technologie la plus rapidement adoptée de l’histoire. Lancé en 2022, ChatGpt réunissait déjà 100 millions d’utilisateurs au bout de deux mois », a-t-il rappelé. « Il y a beaucoup d’acteurs sur ce marché, et l’évolution des technologies est exponentielle. Avant, il fallait entre quatre et six mois pour voir apparaître un nouveau modèle de LLM frontière, - nous sommes aujourd’hui à deux semaines ». Selon lui, l’IA dépasse aujourd’hui les capacités humaines dans tous les domaines : reconnaissance de textes, de voix, d’images, résolution de problèmes… « Tous les quatre mois environ, la longueur des tâches qu’un agent IA peut réaliser en autonomie double. En 2026, nous en sommes à des tâches de plusieurs heures, comme la rédaction d’un rapport. À ce rythme, en 2027, nous en serons à des tâches de 40 heures, soit une semaine de travail humain. Avec ce « loop engineering », (système qui conçoit à votre place), créer un logiciel ne prendra plus trois mois, mais quelques jours. » Les agents, ces « cerveaux du LLM », représentent pour lui une disruption encore plus grande que l’IA générative, car ils sont capables d’observer leur environnement, de mémoriser, de planifier, de s’auto-évaluer et surtout d’avoir des interactions avec les humains. Son conseil aux entreprises ? Ne pas prendre de retard face à ses technologies de rupture. Grâce aux micro-applications pouvant être créées par exemple avec Claude, la technologie devient « liquide » : 78 % des entreprises prévoient ainsi de créer un outil maison d’ici à 2027. « Cette tendance change le niveau des attentes. On ne cherche plus un outil fiable à 100 % : 85 % deviennent satisfaisants, sachant qu’en tout état de cause l’outil sera déjà dépassé quelques mois plus tard. Les 15 % restants sont j uste me nt là où se n ic he la va leu r h u ma i ne, avec ses compétences personnelles ou comportementales, notamment de management. » Deux ouvrages en lumière L’après-midi a démarré avec la présentation par Élodie Dunand, copilote de l’antenne Amrae MIPA (Midi Pyrénées Aquitaine), du tout nouveau guide sur le plan de continuité d’activité (PCA), mis à jour cette année. On y retrouve des tableaux didactiques, déjà présents dans la première version de 2013, ainsi qu’une mise à jour normative et réglementaire, un éclairage sur la loi résilience, des focus sur les risques climatiques et cyber, plusieurs retours d’expérience et une étude de cas. Les adhérents présents dans la salle sont repartis avec le guide en poche, ** ainsi qu’avec le nouvel opus de la série « Méditations sur le risque », intitulé « La confiance, un pari ? », fruit du partenariat entre l’Amrae et Philosophie Magazine. Le cyber s’invite dans les PCA Expert cyber, Olivier Allaire, Technical Leader Risk & Resilience d’Airbus Protect, a ensuite exposé les points saillants du risque cyber dans le cadre des PCA. « Contrairement à un sinistre statique de type incendie, le pirate informatique est proactif et s’adapte. Il vise à la fois des cibles métiers et les moyens qui les sécurisent, dont le système de sauvegarde. La première chose à faire est donc de développer des capacités d’investigation pour savoir par où il est rentré ». Et de préciser : « Par rapport à un plan de sauvegarde informatique traditionnel, le PCA cyber contient la notion de RIO (Recover of Integrity), c’est-à-dire le temps nécessaire pour auditer, réconcilier et certifier la validité des données avant reprise. Tout l’enjeu consiste à déterminer si l’on peut avoir confiance dans les données que l’on va restaurer ». L’exemple de Jaguar Land Rover, attaqué en septembre 2025 via son système SAP, en est une parfaite illustration : la stratégie de confinement volontaire du constructeur automobile avait pour but d’écarter toute suspicion d’altération des données, qui aurait pu conduire à une configuration erronée des véhicules. Bilan de cet arrêt total : 80 000 véhicules non produits, 3,5 milliards de livres sterling (4 milliards d’euros) d’impact ** Le guide est en téléchargement libre sur le site de l'Amrae. ISABELLE CRÉMIEUX Présidente de la commission supply chain de l'Amrae. « Depuis la pandémie, les organisations sont mieux préparées aux crises car elles ont pris conscience de leurs fragilités. » ATO U T R I S K MANAGER 56 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE sur le chiffre d’affaires, l’arrêt immédiat des paiements des fournisseurs et une garantie d’État de 1,5 milliard de livres sterling (1,73 milliard d’euros) débloquée pour soutenir l’écosystème. Pour Olivier Allaire, face à un tel confinement, la création d’une bulle de redémarrage, semblable à un « hôpital de campagne numérique » isolé et sain par conception, aurait permis d'amorcer un contrôle sanitaire forensic et de restaurer de manière sécurisée les services les plus critiques, sans attendre la levée complète des doutes sur l'ensemble du système, réduisant ainsi les délais de reprise. Toujours sur la thématique cyber, Philippe Cotelle, président de la commission numérique de l’Amrae, a ensuite présenté les résultats de la nouvelle édition du rapport LUCY (LUmière sur la CYberassurance, voir page 66). Parmi les tendances cette année, une contraction des primes (-32 % pour les grands comptes) et une hausse de la sinistralité, notamment des PME-ETI, qui n’augure rien LES LAURÉATS 2025 DU CEFAR Julien Belhassen, Bpi France Investissement, directeur des risques opérationnels Pierre Godon, CNP Assurances, correspondant contrôle interne de la business unit Wme Eglokou Téné Kouvahey, Tek Expertise & Conseils, expert-comptable - commissaires aux comptes Sébastien Larousserie, Decathlon Se, Global purchasing risk manager Benjamin Michelier, Dassault Systemes, WW Risk & Crisis management specialist Nicolas-Antoine Pisanu, Phe / Autodistribution / Oscaro, project manager ERP / Italie Alexandre Reichheld, Swiss Re International Se, Senior customer manager France & Espagne I-Tcheng South Thomas, Viridien, Group head of corporate legal affairs Adama Oukana Thiemounou, Set Sarl, gérant Isabelle Trouet, Homeserve, risk manager PHILIPPE COTELLE Président de la commission numérique de l’Amrae. « Avec un marché de 300 millions d’euros de primes en cyber, deux ou trois gros sinistres pourraient provoquer une crise majeure. » DE NOUVEAUX ALUMNI DIPLÔMÉS DU CEFAR Comme chaque année, la journée scientifique de l’Amrae était aussi l’occasion de mettre à l’honneur les diplômés du Cefar (une session par an, 20 jours de formation, 24 intervenants experts). Parmi les 11 lauréats de la promo 2025, Sébastien Larousserie, global purchasing risk manager de Décathlon, est sorti major de promotion et s’est doublement distingué avec la mention spéciale « Top Mémoire » pour son travail intitulé « Pourquoi et comment Décathlon doit-il adopter une approche holistique du risk management à travers sa chaîne de valeur » . N°49 I ÉTÉ 2026 Journée scientifique 2026 de l’Amrae : anticiper avec agilité \ 57N°49 I ÉTÉ 2026 de bon pour la suite. « Avec un marché de 300 millions d’euros de primes, deux ou trois gros sinistres pourraient provoquer une crise majeure. Jusqu’ici tout va bien, le ratio sinistre à prime est à 27 % mais on se dirige assurément vers un retournement », estime l’expert. Opérer dans un environnement de crise permanente Les problématiques de gestion de crise ont été passées en revue sous différents p r is mes d a ns l a seco nd e t a b l e ro nd e a n i mée par Élodie Dunand. Interrogé sur le niveau de préparation des entreprises, Grégoire Dutertre, président de la commission géopolitique, a estimé qu’il y avait encore des progrès à faire pour que tous les experts travaillent ensemble : « L’e n j e u est d’accélérer la prise de décision pour gagner en rapidité. Le point positif, c’est que la dimension géopolitique, longtemps cantonnée aux secteurs de l’énergie ou de la défense, est aujourd’hui appréhendée par tous ». Même son de cloche pour Isabelle Crémieux, co présidente de la commission supply chain : « Depuis la pandémie, les organisations sont mieux préparées aux crises car elles ont pris conscience de leurs fragilités. Mais, néanmoins, elles restent vulnérables face à des crises multiples qui se superposent et avec des impacts sur leur chaîne de valeur. » Une évolution qui va dans le bon sens : l’arrivée d’une approche par scénarios dans les PCA et leur élargissement bien au-delà de l’entreprise, en intégrant les intrants, les fournisseurs critiques et les clients. « Il faut être transparents, dialoguer avec eux et leur faire comprendre qu’on est tous dans le même bateau », a poursuivi Isabelle Crémieux. Pour Alain Ronot, président de la commission capital humain & risques associés, le plus important dans une crise est d’apporter de la cohésion humaine : « les équipes doivent apprendre à se connaître, il faut casser les silos, réaliser des exercices à blanc sur différents sujets, pas seulement cyber. Et veiller à avoir des équipes assez fournies pour qu’elles puissent se relayer : les crises sont longues et peuvent s’enchaîner ». Grégoire Dutertre est également persuadé que la gouvernance du PCA doit être plus transverse (IT, supply chain, juridique, RH, affaires publiques), avec des dispositifs de décision plus agiles de type « task force » ou « état-major » , inspirés de l’armée. Régions, Francorisk et FFCE Après une pause pour la traditionnelle photo souvenir, un moment a été consacré à l’actualité de l’Amrae. Les antennes régionales, désormais au nombre de sept, ont gagné en importance. Jason Crumley, administrateur en charge des régions, a souligné l’engagement et le gros travail des pilotes régionaux de l’Association. « Les journées organisées à Bordeaux, Lyon, Lille et Strasbourg ont donné lieu à des débats de grande qualité. Elles ont aussi été l’occasion de créer du lien et d’échanger entre pairs : ça fait du bien de ne pas se sentir seul et de pouvoir s’appuyer sur cette solidarité ». François Beaume a rappelé que « la culture du risque prend tout son sens sur le terrain et que les régions constituent de véritables laboratoires de coopération ». Marc de Pommereau, président du Club, s’est quant à lui réjoui de l’attractivité et du dynamisme des huit associations nationales de gestion des risques existantes en Afrique et membres du Club. Début juillet 2026, Rimrae, l’association de Côte d’Ivoire devait ainsi organiser les 7 e Rencontres africaines du risk management à Abidjan, où plus de 600 participants étaient attendus. Prochaine étape pour le Club Francorisk, la mise en place d’un comité scientifique réunissant les risk managers d’entreprises françaises présentes sur le continent. « Il est important de diffuser la culture de la gestion des risques dans l’espace francophone, et en particulier en Afrique, où le taux de pénétration de l’assurance Lors d'une table ronde de l'antenne Amrae Sud-Ouest Midi-Pyrénées & Nouvelle Aquitaine (MIPA) GRÉGOIRE DUTERTRE Président de la commission géopolitique de l'Amrae. « Le point positif, c’est que la dimension géopolitique, longtemps cantonnée aux secteurs énergie ou défense, est aujourd’hui appréhendée par tous. » OLIVIER ALLAIRE Technical leader risk & resilience d’Airbus Protect. « Par rapport à un plan de sauvegarde informatique traditionnel, le PCA cyber contient la notion de Recover of Integrity (RIO). » ATO U T R I S K MANAGER 58 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE reste faible. La diaspora des risk managers africains en France peut nous y aider », a relevé M. de Pommereau, aux côtés de Camel Sekkai, nouveau secrétaire général du Club Francorisk. Enfin, Brigitte Bouquot, présidente de la Fédération française des captives d’entreprises (FFCE), a dressé un point d’étape des captives à la française, toujours dans une belle dynamique avec 25 captives à fin 2025 et déjà trois de plus au premier semestre 2026. « Nous espérons dépasser 30 captives le plus vite possible. Nous égalerons ainsi la Suède, au quatrième rang européen (…) Ce n’est pas parce que le marché se détend que l’at trait des captives diminue, au contraire, le marché mondial des captives n’a jamais été aussi dynamique avec une croissance annuelle en tendance à 7 %. Dans un environnement instable et mouvant, avoir une captive ne sera plus une approche alternative, mais la pratique générale, la norme en quelque sorte... N’hésitez pas à nous contacter pour être accompagné dans votre projet », a souligné celle qui a porté le sujet en France. La situation complexe au Moyen-Orient En conclusion de la journée, la parole a été d o n n é e à d e u x e x p e r t s p o u r u n é c l a i r a g e s u r les conflits en cours. Alex Issa, professeur affilié en relations internationales et négociation à l’ESSEC, pour un focus sur l’actualité au Moyen-Orient. Il a livré son analyse des différences forces en présence et de leurs intérêts convergents ou divergents : « La situation au Moyen- Orient est complexe. Nous sommes face à une guerre hybride et multiformes, à la fois guerre de communication, de désinformation, guerre cyber, économique, maritime… ». Iran, Liban, Israël, États-Unis mais aussi Qatar, Égypte, Turquie, Oman, Pakistan, et Europe ont ainsi été évoqués. Et de mettre en garde les entreprises ayant des intérêts dans cette région, particulièrement instable : les risques sont logistiques (allongement des délais, hausse des coûts de transport et d’assurance), énergétiques (pression inflationniste persistante), réglementaires (évolution des sanctions à l’international), humains (collaborateurs expatriés pris pour cibles) et réputationnels (en Israël, risque de boycott ou de désinvestissement). Le mot de la fin a été laissé au général Jean-Marie Gontier. Ancien commandant de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, à la tête de deux gestions de crise majeure (les attentats de 2015 et l’incendie de Notre-Dame en 2019), il a livré une intervention riche en retours d’expériences, transposables à la fonction de risk manager. Une journée très dense, faite de partages et d’enseignements. Rendez-vous est pris pour l’an prochain. * Enquête Gartner Predicts : 60% of supply chain disruptions will be resolved without human intervention by 2031 MARC DE POMMEREAU Président du Club Francorisk aux côtés de Camel Sekkai, nouveau secrétaire général du Club. « Il est important de diffuser la culture de la gestion des risques dans l’espace francophone, et en particulier en Afrique, où le taux de pénétration de l’assurance reste faible. » BRIGITTE BOUQUOT Présidente de la Fédération française des captives d’entreprises (FFCE). « Ce n’est pas parce que le marché se détend que l’attrait des captives diminue, au contraire. » Alex Issa, professeur affilié en relations internationales et négociation à l’ESSEC, a livré son analyse de la situation complexe au Moyen-Orient. N°49 I ÉTÉ 2026N°49 I ÉTÉ 2026 Journée scientifique 2026 de l’Amrae : anticiper avec agilité \ 59 GRAND TÉMOIN GÉNÉRAL JEAN-MARIE GONTIER, DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DES MÉTIERS DE L'INCENDIE, MEMBRE DU COMITÉ SCIENTIFIQUE PERMANENT DE L’AMRAE « ON NE RÉSOUT JAMAIS SEUL UNE CRISE » Gérer une crise, c’est reprendre la maîtrise du temps et de l’espace. Il faut distinguer les crises à cinétique lente (inondation, épidémie) des plus rapides (incendie, attentat). A l’aune de mon expérience de la gestion de crise, j’aimerais vous livrer six ingrédients et trois concepts à ne pas négliger. Les ingrédients : il faut d’abord un contrat opérationnel, un plan écrit, qui définit ce qu’on attend de vous. Dans les faits, j’ai souvent constaté que ce contrat manquait. Puis, une préparation est nécessaire : décliner le contrat en éléments de doctrine pour lui donner de l’épaisseur, se former et s’entraîner au mieux sur différents scénarios. Il faut ensuite lister les moyens nécessaires, si possible polyvalents, afin de couvrir tous les risques. L’outil essentiel est une salle de commandement opérationnel, pour vous un centre de gestion de crise, idéalement à tester avant. Il doit être bien situé, équipé des technologies du moment avec une possibilité d’évolution mais aussi capable de rusticité (les tableaux blancs sont très utiles en cas de coupure réseau - la notion de réversibilité). Avant-dernier ingrédient : les partenaires. Car on ne résout jamais une crise, seul, et il est toujours dommage de se priver de ressources complémentaires. Et le dernier : le retex (retour d’expérience) : il y a toujours quelque chose à tirer d’une crise, il faut poser le plus rapidement possible un regard juste et précis sur ce qui s’est passé. Reconnaître ses insuffisances et capitaliser sur ses points forts. Penser aux points de rupture unique Quant aux trois concepts à prendre en considération, ils ont chacun leur importance. Le premier est l’état de surcompensation : il faut toujours tester les hommes et le matériel dans des conditions un peu plus difficiles afin que, le jour J, la sensation de déjà vécu permette de réduire le stress. Le deuxième élément, c’est l’optionalité : il faut toujours prévoir un plan A, A’, B etc., en listant tous les modes d’actions possibles face au désordre ou à un ennemi. Pour vous, le désordre peut être un accident industriel, une tempête, l’ennemi un hacker, un acte malveillant, terroriste... Il faut tenir compte de l’ensemble de vos moyens techniques, y compris ceux de vos partenaires. Pour finir, la maîtrise de l’information : on a toujours trop d’informations dans ces moments-là. L’important est de s’assurer d’avoir la bonne. Sans négliger le dimensionnement des systèmes de communication, qui peuvent vite être saturés en cas de crise. Mes conseils ont deux écueils : le coût et l’acceptation du désordre. Les tests, la préparation et les moyens mobilisés ont un coût, nécessaire. Il faut donc chasser l’optimisation financière court-termiste, en faisant preuve de pédagogie et de conviction auprès des décideurs. Quant au désordre, il faut être prêt à accepter de ne pas tout comprendre, tout maîtriser, quand une crise survient. Être transparent, savoir être indulgent avec les équipes et les écouter, en n’hésitant pas à se remettre en situation d’apprentissage. Coup de projecteur sur une crise majeure : 13 novembre 2015 Lors des attentats de novembre 2015, la gestion du multisites (7 sites, en proche banlieue et à Paris) et de très nombreuses victimes par balles a été un défi particulier pour les secours. Aux côtés du Samu et de la police, nous, la BSPP, étions parfois menants, parfois concourants. L’important était que chacun sache toujours à quelle autorité restituer les bonnes informations et agir en conduite avec les bons partenaires sur les différents sites. Le matin même du 13 novembre 2015, nous nous entraînions avec les équipes du Samu sur un exercice « nombreuses victimes », triste et heureux hasard. Réactivité, adaptation et synergie ont été les maîtres mots. Ce soir-là, il y a eu près de 500 sapeurs-pompiers de Paris engagés au total, parmi de nombreux autres acteurs essentiels (tous services de la police, Samu, associatifs, forces Sentinelle…). Après les phases actives, dans le cadre du retour à la normale, phase que l’on peut caractériser « d’être et durer », il était important de faire un état des lieux émotionnel, et d’évaluer les éventuels traumatismes des personnels qui sont intervenus, en faisant appel à des psychiatres et psychologues. Nous avons également fait rapidement un retex à chaud pour analyser ce qu’il était nécessaire de renforcer en termes de capacités, afin d’y pallier rapidement : du matériel hémostatique, des brancards souples, des gilets pare-balles pour les pompiers et des véhicules équipés pour créer un espace de communication tactique totalement sécurisé, pour contourner des réseaux saturés. Tous ces ajustements nous ont servis depuis. Tout comme nous avait servi la veille informationnelle, telles que les visites rendues aux pompiers de Madrid après les attentats de 2004, à ceux de Londres en 2005 et l’analyse des attentats de Mumbaï en 2008. L’intelligence collective internationale est toujours très utile : ouvrez-vous, soyez curieux et ensuite transmettez. La connaissance est un bien commun, il faut la partager ! N°49 I ÉTÉ 2026 ATO U T R I S K MANAGER 60 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE Assemblée générale de l’Amrae Lors de son assemblée générale du 21 mai 2026, l’Association a renouvelé sa gouvernance et présenté un bilan 2025-2026 marqué par une croissance soutenue, une intensification des travaux scientifiques et une montée en puissance de ses actions de formation et d’influence. d’événements (13 réunions régionales dont 4 Rendez-vous en Région, 4 061 participants aux Rencont res du risk m an agement A mrae). Ce réseau facilite le partage de bonnes pratiques et l’adaptation des approches aux contextes locaux. La croissance des adhésions (2 037 mem- bres, dont 1 077 risk managers) confirme l’intérêt des entreprises pour une démarche structurée de maîtrise des risques. Influence et partenariats L’Amrae amplifie sa voix auprès des institutions et des médias, multiplie les coopérations (Ferma, Irima, Clusif, France Assureurs, Medef) et reconduit des partenariats structurants (FFCE, Club Francorisk). Cette posture est stratégique pour orienter le marché de l’assurance vers des offres adaptées et pour porter la culture du risque dans le débat public. Les priorités 2026 : consolider, structurer, influencer Les priorités de l'Amrae s'inscrivent sur trois axes : Renforcer la reconnaissance du métier de risk manager en développant des standards professionnels et en formant les adhérents à leur mise en œuvre. Orienter le marché de l’assurance vers une offre adaptée à l’évolution des risques des entreprises. Développer la culture du risque auprès des parties prenantes et dans le débat public. Production scientifique et ressources pratiques L’année écoulée a vu l’émergence du Laboratoire des risques et la création de commissions ou groupes de travail sur des thèmes d’importance : géopolitique, risques climatiques physiques, supply chain, numérique, responsabilités. Les publications et baromètres (État du marché & Perspectives 2026, Baromètre géopolitique, Panorama SIGR, Baromètre Supply Chain) fournissent des repères concrets pour la cartographie des risques et la priorisation des actions. Pour le risk manager, ces livrables sont des outils opérationnels pour argumenter des décisions et orienter les plans d’action. La suite d’outils gratuits de cartographie des risques a été complétée par macarto-climat.fr outil d’autodiagnostic coconstruit avec l’ADEME et la DGE et dédié à l’évaluation des vulnérabilités aux aléas climatiques. Formation et professionnalisation Avec 217 jours de formation dispensés et un catalogue renouvelé, l’Amrae accélère la professionnalisation via des parcours certifiants (CEFAR, ARM) et la digitalisation des dispositifs de formation (Dokeos, SmartOF). Le renouvellement de l’agrément Qualiopi atteste de leur qualité pédagogique. Ancrage territorial et communauté L’association renforce son maillage avec 7 antennes régionales et une dynamique Assemblée générale de l’Amrae \ 61 N°49 I ÉTÉ 2026 LE NOUVEAU CONSEIL D'ADMINISTRATION Le conseil d’administration accueille deux nouveaux administrateurs : À l’issue de l’Assemblée générale, du 21 mai dernier, les administrateurs ont désigné un nouveau comité exécutif. À cette occasion, François Beaume a chaleureusement salué et remercié Alain Ronot (Capgemini), le trésorier de l'Association pour le travail accompli, ainsi que Stéphane Yvon (EDF Assurances), le référent financement alternatif, au terme de 12 années de mandat d'administrateur. LE COMEX Président : François Beaume - Sonepar Vice-présidents : Michel Josset (ESG - Climat) ; Marie-Élise Lorin (Formation et Régions) ; Anne Piot d'Abzac - Ipsen Pharma (Communication) ; Frédéric de Serpos - Groupe Casino ; Oliver Wild - Veolia (Scientifique) Trésorier : Frédéric de Serpos - Groupe Casino Secrétaire général : Anne Piot d'Abzac - Ipsen Pharma ADMINISTRATEURS Ersida Ago - Orano ; François Beaume – Sonepar ; Philippe Cotelle - Airbus Defence and Space ; Jason Crumley - ARaymond ; Anne-Gaëlle Delattre – Valeo ; Michel Josset - Forvia ; Estelle Josso - Hermes International ; Loïc Leymarie - Adeo ; Marie-Élise Lorin - Maif ; Carole Mondellini ; Anne Piot d'Abzac - Ipsen Pharma ; Stéphane Richard - Dalkia ; Frédéric de Serpos - Groupe Casino, Vincent Vigouroux - Enedis ; Oliver Wild - Veolia Anne Gaëlle Delattre (Valeo) Vincent Vigouroux (Enedis) Frédéric de Serpos (Casino) est réélu ATO U T R I S K MANAGER 62 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE Quand les risk managers s’engagent pour l’ascenseur social : le partenariat avec Télémaque Le partenariat conclu entre l’Amrae et l’association Télémaque n'est pas seulement du mécénat. Il traduit une conception élargie du risk management, entendue non seulement comme une discipline de maîtrise des risques pour l’entreprise, mais aussi comme une contribution concrète à la résilience collective. En choisissant d’accompagner des jeunes issus de territoires fragiles, l’Amrae inscrit son action dans une logique de transmission, d’ouverture et d’engagement durable. C réée en 2005 en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, l’association Télémaque accompagne des jeunes investis issus de territoires fragiles afin de relancer l’ascenseur social. Son modèle repose sur un double mentorat, à la fois scolaire et professionnel, pour aider les jeunes à gagner en confiance, à découvrir le monde du travail, élargir leurs horizons culturels et construire une orientation à la hauteur de leur potentiel. L’association intervient dès la classe de 5 e , avec l’objectif de prévenir l’autocensure le plus tôt possible et de réduire les inégalités d’accès à l’information et aux opportunités. « Quand Télémaque a été créé par Serge Weinberg et Patrick Gagnaire, le constat était déjà là : l’ascenseur social est en panne. Aujourd’hui encore, le fait de venir d’un milieu modeste prédit trop souvent les trajectoires des jeunes, en particulier ceux issus des quartiers prioritaires. L'égalité des chances n'est pas encore une réalité pour tous les jeunes », explique Victoire Nicolle, directrice générale adjointe de Télémaque. Un partenariat structuré et concret La convention signée le 28 janvier 2026 engage l’Amrae et Télémaque pour trois ans. Elle prévoit un soutien financier annuel, mais La communauté Télémaque (filleuls, familles, mentors et partenaires) au musée d'arts de Nantes - Novembre 2025 © Eric Van den Broek N°49 I ÉTÉ 2026 Télémaque \ 63N°49 I ÉTÉ 2026 aussi la mobilisation de mentors volontaires parmi les adhérents de l’association. Le dispositif ne se limite donc pas à un financement : il repose sur une implication humaine directe, suivie dans le temps, et sur la possibilité de développer des actions complémentaires en matière de formation, d’événements et de mécénat de compétences. « C’est cette logique d’action qui nous a séduits et convaincus » , explique François Beaume, président de l’Amrae. « La convention signée avec Télémaque prévoit un engagement de trois ans, avec un don annuel de 7 500 euros permettant d’accompagner cinq jeunes par an, ainsi que la possibilité de mobiliser jusqu’à cinq mentors volontaires. Le partenariat peut également donner lieu à du mécénat de compétences, à des événements conjoints, à de la formation et à des rapports réguliers sur les jeunes accompagnés et l’implication des mentors. On est loin d’un simple soutien financier : c’est un dispositif de contribution directe, organisé et mesurable. » Au-delà du mécénat, une vision élargie du risk management Ce partenariat s’inscrit dans une évolution plus large de l’Amrae. L’association défend désormais une approche du risque qui dépasse le seul cadre de l’entreprise pour prendre en compte l’environnement social, territorial et institutionnel dans lequel elle s’insère. Face à des crises de plus en plus imbriquées, la résilience ne peut plus être pensée comme une réponse purement technique ou financière : elle suppose aussi des capacités humaines, des solidarités et des engagements durables. Dans son discours d’ouverture des 33es Rencontres du risk management Amrae, François Beaume rappelle que « chaque organisation n’est qu’un fragment d’un ensemble plus vaste » et que, face aux risques systémiques, « la réponse ne peut être ni seulement contractuelle, ni strictement financière : elle doit devenir collective » . Il décrit également le défi auquel la jeunesse est confrontée : « grandir dans un monde instable, VICTOIRE NICOLLE Directrice générale adjointe de Télémaque. « Aujourd’hui encore, le fait de venir d’un milieu modeste prédit trop souvent les trajectoires des jeunes, en particulier ceux issus des quartiers prioritaires. » Un jeune et son mentor de l'association Télémaque, à deux ans d'intervalle. © Eric Van den Broek ATO U T R I S K MANAGER 64 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE sens . Écouter, donner des repères , ouvrir des perspectives, aider à lire un environnement complexe et à prendre des décisions : ces qualités font aussi partie du rôle du risk manager. Le mentorat permet ainsi de transformer une expertise professionnelle en engagement utile, au service de parcours individuels et d’un projet plus large d’égalité des chances. « L’Amrae est l'une des premières associations professionnelles à soutenir des jeunes afin de permettre à ses adhérents de devenir mentors, nous aimerions en avoir d’autres ! », se réjouit Victoire Nicolle. « Le partenaire – ici l’Amrae - est un levier essentiel du modèle Télémaque, qui repose sur la collaboration étroite entre le monde éducatif et le monde professionnel », ajoute la directrice générale adjointe de Télémaque En s’engageant aux côtés de Télémaque, l’Amrae affirme qu’une politique de maîtrise des risques peut aussi avoir une portée civique. Le partenariat donne une traduction concrète à une idée simple : dans un monde instable, la résilience se construit autant par les dispositifs que par les personnes, les liens et la transmission. À travers ce choix, l’association ne se contente pas de soutenir un projet utile ; elle rappelle que la confiance, l’accompagnement et l’ouverture sont aussi des conditions de la solidité collective. Envie de vous engager comme mentor ? Contact : Frédéric-Jean Hoguet fredjean.hoguet@amrae.fr s a n s m o d e d ’e m p l o i ». Il fixe alors un cap : « R e n d r e le monde un peu plus lisible. Maintenir des espaces de rencontre, de discussion, de savoir- être au monde », commente François Beaume. Cet engagement prend corps avec l’association Télémaque, qui accompagne des jeunes volontaires issus de territoires fragiles en leur redonnant confiance. Grâce au mentorat, Télémaque fait vivre la promesse de l’ascenseur social. Convaincue que la confiance se construit dans la rencontre et l’action, l’Amrae a choisi de s’engager à ses côtés », poursuit le président de l'Amrae. Une cohérence avec les autres engagements de l’Amrae L’initiative menée avec Télémaque éclaire une transformation plus profonde du rôle que l’Amrae entend jouer. Ces dernières années, l’association de risk managers a progressivement déplacé son centre de gravité : de la représentation des intérêts de l’entreprise vers une contribution assumée à la résilience collective. Son engagement aux côtés de la Garde nationale s’inscrit dans la même logique. Dans les deux cas, il s’agit de renforcer des capacités humaines et institutionnelles qui permettent d’anticiper, de tenir dans la durée et de transmettre. Le mentorat, un prolongement naturel du métier Pour les membres de l’Amrae, devenir mentor ne revient pas à s’éloigner de leur univers professionnel. Il s’agit plutôt d’en prolonger le FRANCOIS BEAUME Président de l’Amrae. « Grâce au mentorat, Télémaque fait vivre la promesse de l’ascenseur social. Convaincue que la confiance se construit dans la rencontre et l’action, l’Amrae a choisi de s’engager à ses côtés. » COLLECTIVITÉS TERRITORIALES OU ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES Engagement bénévole, en dehors du temps de travail. Processus de recrutement comprenant notamment un entretien destiné à comprendre le parcours et les motivations du mentor. Accompagnement par les équipes Télémaque : des chargés de mentorat assurent un suivi régulier du binôme. Formations obligatoires et masterclasses facultatives pour faire monter les mentors en compétence. Afterworks et temps d’échange entre mentors autour de sujets liés au mentorat. N°49 I ÉTÉ 2026 Télémaque \ 65N°49 I ÉTÉ 2026 Avec Télémaque, des jeunes issus des quartiers défavorisés visitent l'entreprise Vicat à Lyon (2022). TÉLÉMAQUE, QUELQUES CHIFFRES Démarrage de l’accompagnement dès la classe de 5 e en voie générale et dès la Seconde en voie professionnelle Double mentorat : un mentor professionnel et un référent pédagogique au sein de l’établissement scolaire. 95,1 % des filleuls Télémaque intègrent l’enseignement supérieur vs 38 % des jeunes résidant dans les quartiers prioritaires Orientations post bac : 15,9 % en ingénierie et sciences ; 11,9 % en commerce et management ; 11,2 % en médecine ; 11,1 % en santé, biologie et chimie. 2 700 jeunes accompagnés en 2024-2025. Présence dans 11 régions, avec 260 entreprises, fondations, philanthropes et partenaires publics, 170 établissements scolaires partenaires et un réseau de 1 100 alumni. ATO U T R I S K MANAGER 66 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE Paradoxalement, l'année 2025 marque à la fois une phase d'assouplissement inédite pour la cyberassurance française et l'émergence de fragilités structurelles. L a sixième édition de l'étude LUCY met en lumière un marché « dynamique mais fragile », selon les mots de Philippe Cotelle, administrateur de l'Amrae et pilote de l'étude. « Ce n’est pas un sondage, c’est l’agrégation exhaustive des portefeuilles anonymisés des courtiers français » , rappelle-t-il, soulignant la singularité de cette étude, la seule à s'appuyer sur des données consolidées du marché. Une baisse historique des prix, symptôme d’une concurrence accrue L'un des faits marquants de 2025 réside dans la chute spectaculaire des primes, en particulier pour les grandes entreprises. Le taux moyen recule de 32 %, un niveau inédit sur ce segment. Cette baisse s'inscrit dans un contexte de forte compétition entre les assureurs, soucieux de préserver ou de conquérir des parts de marché. « La compétition a été la plus forte de toutes les branches d’assurance », insiste Philippe Cotelle. Dans le même temps, les conditions de couverture se sont nettement améliorées : les franchises diminuent tandis que les capacités augmentent. Les grandes entreprises en ont profité pour renforcer leur protection tout en réduisant leur budget global d'environ 14 %. Cette détente tarifaire crée un environnement favorable aux entreprises assurées, mais elle soulève une question centrale : celle Édition 2026 LUMIÈRE SUR LA CYBERASSURANCE COLLECTION AMRAE ÉTUDES & PROSPECTIVES LUCY 2026 Cyberassurance : entre détente tarifaire et retour du risque Par Charles de Toirac et Charlotte Cousin N°49 I ÉTÉ 2026 LUCY 2026 \ 67 de sa soutenabilité. L'étude LUCY évoque clairement « un décalage croissant entre la baisse des primes et l’augmentation des risques ». Une diffusion rapide, portée par les ETI Autre tendance forte : la diffusion rapide de la cyberassurance dans le tissu économique. Le nombre d'entreprises de taille intermédiaire (ETI) et de PME assurées a quasiment doublé. Cette croissance s'explique par plusieurs facteurs : une meilleure prise de conscience du risque, des conditions d'accès simplifiées grâce à la dématérialisation de la souscription, ainsi que le rôle accru des courtiers et des nouveaux acteurs, notamment les MGA (1) et les insurtechs. « Les questionnaires techniques ont été largement simplifiés », note Philippe Cotelle, signalant la levée d'un frein important à l'entrée. La sinistralité repart à la hausse Dans le même temps, le montant total des sinistres atteint 83,2 millions d'euros en 2025, en progression de 53 %. Ce mouvement est largement porté par les entreprises de taille intermédiaire, dont les indemnisations sont multipliées par quatre en un an. Le nombre de sinistres y explose également. « Ils ont quasiment triplé, voire quadruplé dans les ETI », souligne Philippe Cotelle. À l'inverse, les grandes entreprises affichent une relative stabilité. Les montants indemnisés n'y progressent que marginalement, ce qui traduit un niveau de maturité cyber plus élevé. La nature des sinistres évolue également : si les événements extrêmes restent rares - un seul sinistre supérieur à 10 M€ sur ce segment -, les sinistres de taille intermédiaire (M/L et XL) progressent, signe d'une montée en sévérité du risque. Un équilibre économique encore positif, mais vulnérable Malgré la hausse des sinistres, le marché reste globalement rentable, avec un ratio sinistres/primes de 27 %. Sur les grandes entreprises, ce ratio descend même autour de 22 %. Avec un volume de primes d'environ 306 millions d'euros, un événement majeur pourrait toutefois provoquer un retournement brutal, comme en 2020. L'équilibre demeure donc fragile. « Un ou deux sinistres majeurs peuvent suffire à déstabiliser le marché. Nous sommes sur un marché qui peut se retourner très rapidement », avertit Philippe Cotelle, en évoquant des scénarios comparables à certains événements survenus à l'étranger, notamment au Royaume-Uni. (1) Managing General Agent ou souscripteur sous mandat (les deux termes sont utilisés) est un intermédiaire d'assurance qui, en tant que mandataire d'une ou de plusieurs entreprises d'assurance, dispose de l'autorité d'accepter des risques à couvrir et de conclure et gérer des contrats d’assurance. ÉTAT DU MARCHÉ EN 2025 8 AMRAE LUmière sur la CYberassurance - 2026 Affaissement du taux de prime et des franchises 2024 2025 ÉVOLUTION 2025 Vs 2024 Catégorie d’entreprises Nombre d’entreprises assurées Prime souscrite Nombre d’entreprises assurées Prime souscrite Nombre d’entreprises assurées Prime souscrite Grandes 295 238 331 805 318 203 828 395 ↗ 8 % ↘ -14% ETI 1 145 54 591 370 2 002 67 853 986 ↗ 75 % ↗ 24 % Moyennes 1 918 12 903 697 3 769 18 987 500 ↗ 97 % ↗ 47% Petites 3 824 5 675 375 5 547 9 140 353 ↗ 45% ↗ 61 % Micro 6 942 5 253 176 9 360 6 040 450 ↗ 35 % ↗ 15% 14 124 316 755 423 20 996 305 850 684 ↗ 49% ↘ -3 % Les grandes entreprises représentent toujours la majorité du volume de prime mais en réduction à la fois en volume (-14%) et en proportion (66% du total en 2025 contre 75% en 2024) On constate une forte augmentation du nombre de ETI et entreprises moyennes portée principalement par le travail de courtiers spécialisés dans l’apport de support technique. Concernant les capacités souscrites et les taux de prime moyens, certaines évolutions apparaissent marquantes. Dans le segment des grandes entreprises, on observe une augmentation significative des capacités souscrites, passant d’environ 42,5 à 50 millions d’euros. Dans le même temps, les taux de prime annuels moyens enregistrent une baisse très marquée, de l’ordre de -32 %. Cette baisse a suscité des vérifications auprès des acteurs du marché, qui la confirment. Elle s’inscrit toutefois dans une tendance plus large caractérisée par une volatilité accrue. À un niveau macro-économique, si les grandes entreprises ont globalement augmenté leurs capacités, de 18 % en moyenne, parallèlement, la baisse des taux leur a permis de réduire leur budget global d’environ 14 %. « En d’autres termes, elles ont renforcé leur couverture tout en diminuant leurs dépenses, ce qui est cohérent avec l’évolution des prix observée sur le marché », relève Philippe Cotelle. Elles ont également vu leurs franchises évoluer de manière significative, avec une baisse d’environ –21 %. Du côté des ETI, on observe une tendance similaire sur les taux de prime annuels moyens, en recul de 23 %, traduisant également une forte diminution. En revanche, cette baisse ne s’accompagne pas d’une augmentation de la capacité moyenne souscrite (passant de 4,5 millions en 2024 à 4,2 millions en 2025). Cela s’explique principalement par le quasi-doublement du nombre d’ETI assurées, dont une majorité appartient au bas de segment. « Ces entreprises souscrivent des niveaux de couverture plus faibles, ce qui contribue à maintenir une capacité moyenne globalement stagnante », analyse Philippe Cotelle. Ainsi, l’évolution observée semble résulter avant tout d’un effet de volume lié à l’entrée de nouvelles ETI, plutôt que d’un renforcement des niveaux de couvertures individuelles. Prime par catégorie d’entreprises Évolution du nombre d’entreprises assurées par segment (2024-2025). PHILIPPE COTELLE Administrateur de l'Amrae, président de la Commission Systèmes d'information. « Un ou deux sinistres majeurs peuvent suffire à déstabiliser le marché. Nous sommes sur un marché qui peut se retourner très rapidement. » ATO U T R I S K MANAGER 68 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE Des menaces en mutation L'environnement des risques évolue lui aussi rapidement. L'essor de l'intelligence artificielle renforce la sophistication des attaques et accentue l'asymétrie entre attaquants et défenseurs. « L’attaquant n’a besoin que d’une seule vulnérabilité à exploiter, alors que la défense doit toutes les corriger », rappelle Philippe Cotelle. Cette dissymétrie pèse particulièrement sur les ETI, dont les moyens sont plus limités. L’investissement en prévention, plus que jamais Dans ce contexte, l'étude insiste sur un changement de paradigme : la cyberassurance ne doit plus être abordée sous le seul angle tarifaire. « L’enjeu n’est plus seulement d’acheter une capacité au meilleur prix, mais de continuer à investir dans la prévention et de toujours ÉTIENNE BUSNEL Bessé. « Remettre à plat un sujet qui peut encore sembler assez obscur pour les RSSI et les DSI, en expliquant ce que couvre la cyberassurance, comment elle fonctionne et comment elle s'intègre dans la gestion du risque cyber » FLORENCE PUYBAREAU Clusif. « Lorsqu'on entre dans une démarche de conformité NIS 2, on a déjà fait une partie du travail que pourrait nous demander un assureur. » ÉTAT DU MARCHÉ EN 2025 7 AMRAE LUmière sur la CYberassurance - 2026 Assurance cyber : un point de rupture qui se profile En 2025, le marché français de la cyberassurance confirme une dynamique contrastée, avec une baisse continue depuis trois ans du volume de primes (-3 %), passées de 328 millions d’euros en 2023 à 317 millions d’euros en 2024 puis 306 millions d’euros en 2025. Cette évolution s’accompagne d’une hausse significative de la sinistralité, dont le montant est passé de 55 millions d’euros en 2024 à 83 millions d’euros en 2025. Si l’on considère ces primes par taille d’entreprise, on constate une légère augmentation (+8 %) du nombre de grandes entreprises assurées, situées dans le bas du segment. « Plusieurs courtiers indiquent que cette évolution s’explique en partie par la croissance d’ETI ayant atteint la catégorie des grandes entreprises », précise Philippe Cotelle. En revanche, le volume de primes souscrites chez ces grandes entreprises a significativement baissé (-14 % entre 2024 et 2025). Dans la mesure où ce segment constitue le principal contributeur au volume total de primes, sa baisse explique en grande partie cette diminution globale. On note par ailleurs une augmentation significative du nombre d’ETI et d’entreprises de taille moyenne souscrivant une assurance cyber, davantage portée par des acteurs non traditionnels que par les courtiers historiques. Ce sont plutôt des acteurs nouveaux, les MGA (Managing General Agents), qui ont vu un développement très fort de leur portefeuille. « Cela pourrait indiquer que l’entrée de ces entreprises dans l’assurance est en partie liée aux services de support technique proposés par ces nouveaux acteurs, moins présents chez les acteurs traditionnels », analyse Philippe Cotelle. Du côté des entreprises de taille intermédiaire, le volume de primes progresse entre 2024 et 2025 (de 54,5 millions à 67,8 millions), mais de manière limitée au regard de l’augmentation du nombre d’entre elles assurées (de 1 145 à 2 002 soit +75 %). Cette évolution s’explique par l’arrivée d’ETI de plus petite taille, qui souscrivent des capacités plus faibles et génèrent donc des primes moins élevées. Même phénomène et même conclusion pour les entreprises de taille moyenne qui, malgré un quasi doublement du nombre d’assurés (de 1 918 à 3 769, soit une croissance de +97 %), voient leur volume de primes augmenter fortement (de 12,9 millions à 18,9 millions). Comme habituellement, l’étude LUCY compile également des données pour les petites et micro-entreprises. Toutefois, elles sont ici présentées à titre indicatif, la visibilité sur ces segments restant insuffisante pour en tirer des conclusions robustes. Prime & sinistres assurance cyber en France Prime souscrite & sinistres indemnisés Loss ratio = Sinistres/Primes 0 350 325 300 275 250 225 200 175 150 125 100 75 25 50 0% 180% 160% 140% 120% 100% 80% 60% 20% 40% 2019 2020 2021 2022 2023 2024 73 87 217 130 183 71 316 38 328 55 317 83 306 167% 89% 22% 12% 84% 164 Loss ratioSinistresPrime 2025 27,2% 17% Évolution du ratio sinistres/primes (2019-2025). N°49 I ÉTÉ 2026 LUCY 2026 \ 69 mieux qualifier le risque », rappelle François Beaume, président de l'Amrae, en soulignant la coopération renforcée de l'association avec le Clusif. Lors de la présentation en avant-première de l'étude LUCY 2026, le Clusif a partagé les premiers enseignements de son groupe de travail consacré à la cyberassurance. « L'idée était de réinsuffler un peu d'actualité et de remettre à plat un sujet qui peut encore sembler assez obscur pour les RSSI et les DSI, en expliquant ce que couvre la cyberassurance, comment elle fonctionne et comment elle s'intègre dans la gestion du risque cyber », explique Étienne Busnel, expert technique cyberassurance chez Bessé et membre du groupe de travail Cyber assurance du Clusif, association de référence de la cyber en France. La cyberassurance comme levier de gouvernance Dans cette optique, l'un des objectifs du groupe de travail consiste à vulgariser ces sujets et à en faciliter l'appropriation grâce à des fiches pratiques, afin d'aider les organisations à mieux comprendre les enjeux d'assurabilité. « Beaucoup de nos clients pensent que les amendes liées à NIS 2 ou au RGPD peuvent être couvertes par leur assurance. Pourtant, ces garanties sont le plus souvent exclues : la cyberassurance n'a pas vocation à prendre en charge les amendes, mais à renforcer l'assurabilité des organisations », rappelle Seynabou Diop, administratrice du Clusif et consultante senior en cybersécurité chez Uneeti. Pour cette dernière, l'intérêt de la cyberassurance ne réside pas uniquement dans le transfert du risque ou l'indemnisation après sinistre : elle constitue avant tout « un levier de gouvernance », permettant de faire dialoguer les différentes parties prenantes et de diffuser une culture du risque à tous les niveaux de l'entreprise. Dépasser certaines idées reçues L'assouplissement du marché -baisse des tarifs, franchises plus attractives, élargissement des garanties et apparition de nouvelles offres- constitue également une opportunité pour réévaluer sa stratégie de cyberassurance et « dépasser certaines idées reçues », estime Étienne Busnel. Ces évolutions ne doivent toutefois pas masquer les problématiques propres à chaque segment d'entreprise. « Les ETI sont généralement déjà couvertes par un contrat d’assurance. En revanche, la véritable difficulté réside souvent dans l’adéquation entre les garanties souscrites et leur niveau réel de risque », observe Seynabou Diop. Au-delà des questions de couverture, les intervenants ont également insisté sur les passerelles entre conformité réglementaire et assurabilité. « Lorsqu'on entre dans une démarche de conformité NIS 2, on a déjà fait une partie du travail que pourrait nous demander un assureur », illustre Florence Puybareau, directrice du Clusif. Cette matinale, prolongée par les questions des participants, a permis de croiser les regards des acteurs de l'assurance, du risk management et de la cybersécurité autour d'un enjeu commun : mieux appréhender et piloter le risque cyber dans l'entreprise. Une étude pilotée par Philippe Cotelle, administrateur de l'Amrae, président de sa commission Cyber, président de Ferma et risk manager d'Airbus Defence & Space. SEYNABOU DIOP Administratrice du Clusif Fondatrice de Cyberfilia. « L’enjeu n’est plus seulement d’acheter une capacité au meilleur prix, mais de continuer à investir dans la prévention et de toujours mieux qualifier le risque. » FRANÇOIS BEAUME Président de l' Amrae. « L’enjeu n’est plus seulement d’acheter une capacité au meilleur prix, mais de continuer à investir dans la prévention et de toujours mieux qualifier le risque. » MÉTHODOLOGIE Collecte de données anonymisées auprès de 10 courtiers et assurtechs (Aon, Diot-Siaci, Filhet Allard, Howden, Marsh, Stoïk, Verlingue, SMABTP, Verspieren, WTW), ainsi que l'organisation professionnelle Planète CSCA (Kré & Cyber Cover & Dattak). Période d'observation : 2025, 2024, 2023, 2022, 2021, 2020 et 2019. Champ de l'étude : 20 996 polices d'assurance cyber analysées - 448 sinistres indemnisés. Résultats ventilés par typologie d'assurés, selon la nomenclature Insee pour les entreprises : grandes entreprises, ETI, PME et micro-entreprises. ATO U T R I S K MANAGER 70 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE Les fonctions Risques et Assurances : architectes de la résilience L’Amrae et KYU Associés ont publié au printemps dernier une photographie précise et actuelle des fonctions Risques et Assurances en entreprise. D'un rôle support, la gestion des risques évolue vers celui d'architecte de la résilience. L es fonctions Risques et Assurances gagnent en visibilité, élargissent leurs périmètres et s’invitent de plus en plus dans les débats de gouvernance. Cette montée en puissance s’accompagne d’évolutions rapides des organisations et des pratiques, qui témoignent d’une dynamique forte des entreprises pour répondre aux enjeux de résilience. Les deux fonctions, souvent conjointes, sont aujourd’hui à un point de bascule : désormais reconnues comme essentielles, elles poursuivent leur structuration et leur élargissement, avec un enjeu-clé : renforcer leur intégration et leur alignement avec les priorités stratégiques des entreprises. « La capacité des entreprises à se doter de dispositifs robustes en matière de risques et d’assurances, intégrés et agiles devient déterminante. Au-delà de la couverture des expositions, c’est bien la cohérence d’ensemble du système - articulation entre les fonctions, qualité de la gouvernance, fluidité des interactions internes et externes - qui conditionne la résilience et la performance durable », estime François Beaume, le président de l’Amrae. La fonction Risques en pleine évolution et mieux positionnée La fonction Risques dépasse aujourd’hui son socle d’intervention historique - la cartographie et l’ERM - pour intégrer pleinement des enjeux opérationnels et de résilience tels que la gestion de crise, la continuité d’activité et les assurances. Son positionnement, souvent proche des direction générale ou financière, lui permet de développer des approches transverses 9 La cartographie des risques et l’Enterprise Risk Management (ERM) apparaissent très nettement au cœur des missions de la fonction (84%), soulignant leur rôle structurant dans l’identification et le pilotage des risques à l’échelle de l’organisation. Autour de ce socle, les missions sont diverses avec un fort engagement sur des dimensions opérationnelles, démontrant une montée en puissance de la fonction sur les enjeux de résilience : assurances (46%), gestion de crise (45%), continuité d’activité et prévention des risques assurables (43% chacun). Les missions liées à l’Audit/Contrôle Interne et à la Sécurité/Sûreté sont plus périphériques, de même que les autres missions observées (conformité, double matérialité, prospective, adaptation au climat…) illustrant des périmètres variables selon les organisations. DDEESS MMIISSSSIIOONNSS QQUUII SS’’ÉÉLLAARRGGIISSSSEENNTT AAUU--DDEELLÀÀ DDEE LL’’EERRMMRISQUES33,,66 EETTPP sont en moyenne dédiés à la gestion des Risques dans les grandes entreprises (>1 Md€ de CA) (*)11,,99 EETTPP dans les entreprises de taille intermédiaire (<1 Md€ de CA) (*) (*) hors secteur Banques & Assurances8844%% des fonctions Risques sont responsables de la cartographie de l’entreprise + de 4400%% sont engagées sur des dimensions opérationnelles clés et sur les enjeux de résilience AAuuttrree 1111%% SSééccuurriittéé // SSûûrreettéé 1155%%AAuuddiitt iinntteerrnnee 1188%% CCoonnttrrôôllee iinntteerrnnee 2288%% PPrréévveennttiioonn ddeess rriissqquueess aassssuurraabblleess 4433%% CCoonnttiinnuuiittéé dd''aaccttiivviittéé 4433%% GGeessttiioonn ddee ccrriissee 4455%% AAssssuurraanncceess 4466%% CCaarrttooggrraapphhiiee ddeess rriissqquueess // EERRMM 8844%% % des répondantsLLeess mmiissssiioonnss ddee llaa ffoonnccttiioonn RRiissqquueess Le nombre moyen d’ETP dédiés à la fonction Risques augmente avec la taille de l’entreprise, passant de 1,9 ETP pour les entreprises avec un chiffre d’affaires < 1 Md€, à 3,6 ETP au-delà. Compte tenu des enjeux, la fonction n’est pas surdimensionnée. Au-delà de la taille de l’entreprise, la diversité des missions est également un facteur déterminant. Le secteur en revanche n’a pas d’influence, à l’exception des Banques et Assureurs pour lesquels le risque est au cœur d’un modèle économique règlementé imposant des dispositifs de contrôle, des capacités de modélisation et des exigences de reporting. 11,,33 22,,22 33 44,,44 <500 M€ de CA<1 Md€ de CA>1 Md€ de CA>10 Md€ de CA NNoommbbrree dd’’EEqquuiivvaalleennttss TTeemmppss PPlleeiinn Par Charles de Toirac N°49 I ÉTÉ 2026 Enquête Amrae-KYU Associés \ 71N°49 I ÉTÉ 2026 et de conserver une indépendance vis-à-vis des opérations. Elle intervient également sur des sujets stratégiques tels que le devoir de vigilance, la CSRD, la corruption et le numérique : selon les thématiques, entre 38 % et 58 % des répondants se déclarent impliqués. Par ailleurs, son intervention sur les sujets stratégiques s’affirme progressivement, le plus souvent en appui des directions concernées, avec un potentiel de renforcement dans la durée. « Ces thématiques impliquent des méthodologies semblables et des parties prenantes communes à celles sollicitées dans la cartographie de risques », analyse Lucie Richelot, directrice associée chez KYU Associés. Une fonction Assurances structurée et en évolution La fonction Assurances reste solidement ancrée autour de son cœur de métier : le placement et la gestion des programmes IARD. Ses missions évoluent progressivement vers l’amont, avec une implication croissante en prévention sur des risques assurables de plus en plus diversifiés. Cette dynamique ouvre des perspectives d’élargissement sur des solutions plus spécialisées ou complémentaires telles que l’affinitaire, le crédit ou les assurances de personnes. La numérisation est aujourd’hui largement engagée (86 % des entreprises disposent d’outils), avec une diversité d’usages allant de la bureautique aux systèmes d’information de gestion des risques maison ou outils d’éditeurs et plateformes courtiers. L’enjeu porte désormais sur l’intégration de ces outils et la valorisation des données qu’ils produisent, pour éclairer la décision et nourrir le processus de gestion des risques. « La digitalisation existe, mais elle est hétérogène : l’enjeu est désormais d’industrialiser l’usage des données pour piloter les décisions » , pointe Lucie Richelot. Renforcer l’articulation entre risques et assurances Au regard de l’évolution des deux fonctions, le renforcement de leur articulation est un levier naturel de création de valeur. Si leurs périmètres et leurs enjeux convergent de plus en plus, leur mise en synergie constitue aujourd’hui un axe structurant pour améliorer à la fois la résilience et l’efficacité opérationnelle des organisations. La cartographie des risques, en particulier, offre un point d’appui partagé pour mieux aligner analyse des expositions et stratégies assurantielles. « La collaboration entre les deux fonctions est probablement encore insuffisante au regard des enjeux de résilience et d’efficacité opérationnelle auxquels les entreprises font face » souligne Lucie Richelot. Seulement 36 % des fonctions Assurances déclarent 15 La fonction Assurances est très largement centrée sur son cœur de métier historique, avec une responsabilité systématique sur le placement et la gestion des assurances IARD (100%) et quasi systématique sur la gestion des sinistres (81%). Les fonctions Assurances déclarent en moyenne piloter 8 programmes/polices différents. Parmi les types d’assurance gérés : •Plus de 90% des répondants déclarent gérer des programmes DDPE, RC, RCMS et Construction, •Plus de 80 % des programmes Cyber et Flotte, •Plus de 60% des programmes RCAE, Cargo et Fraude, •Et 26% d’autres polices et programmes incluant notamment les assurances Risques Politiques, PVT, EPL, BTA… et des produits plus spécifiques (ex. climat, ESG). Au-delà de ce socle, la responsabilité de la fonction s’est étendue à la dimension amont, avec une intervention en prévention (60%) qui démontre un rôle actif dans la maîtrise des risques assurables. Cette intervention inclut d’ailleurs désormais des domaines allant bien au- delà des traditionnels risques incendie et évènements naturels : prévention contractuelle, des risques produits, des risques routiers ou encore des risques liés au transport de marchandises. En revanche, l’intervention de la fonction reste limitée sur des solutions plus spécialisées ou périphériques, telles que l’affinitaire (14%), le crédit (12%) ou encore les assurances de personnes (5%), la plupart du temps pilotés par les fonctions Marketing, Finance ou RH. DDEESS MMIISSSSIIOONNSS ÉÉTTEENNDDUUEESS SSUURR SSOONN CCŒŒUURR DDEE MMÉÉTTIIEERR :: LL’’AASSSSUURRAANNCCEE IIAARRDD88 programmes ou polices IARD différents sont pilotés en moyenne pas les fonctions Assurances8811%% des fonctions Assurances sont responsables de la gestion des sinistres6600%% de la prévention des risques assurables Seulement1144%% sont responsables de l’Affinitaire1122%% du Crédit55%% des Assurances de Personnes LLeess mmiissssiioonnss ddee llaa ffoonnccttiioonn AAssssuurraanncceess ASSURANCES GGeessttiioonn ddeess ssiinniissttrreess 8811%% PPrréévveennttiioonn 6600%% AAffffiinniittaaiirree 1144%% CCrrééddiitt 1122%%IIAARRDD 110000%% 55%% AA DD PP Entre 2 et 14 programmes ou polices IARD déclarés par les entreprises répondantes. 15 La fonction Assurances est très largement centrée sur son cœur de métier historique, avec une responsabilité systématique sur le placement et la gestion des assurances IARD (100%) et quasi systématique sur la gestion des sinistres (81%). Les fonctions Assurances déclarent en moyenne piloter 8 programmes/polices différents. Parmi les types d’assurance gérés : •Plus de 90% des répondants déclarent gérer des programmes DDPE, RC, RCMS et Construction, •Plus de 80 % des programmes Cyber et Flotte, •Plus de 60% des programmes RCAE, Cargo et Fraude, •Et 26% d’autres polices et programmes incluant notamment les assurances Risques Politiques, PVT, EPL, BTA… et des produits plus spécifiques (ex. climat, ESG). Au-delà de ce socle, la responsabilité de la fonction s’est étendue à la dimension amont, avec une intervention en prévention (60%) qui démontre un rôle actif dans la maîtrise des risques assurables. Cette intervention inclut d’ailleurs désormais des domaines allant bien au- delà des traditionnels risques incendie et évènements naturels : prévention contractuelle, des risques produits, des risques routiers ou encore des risques liés au transport de marchandises. En revanche, l’intervention de la fonction reste limitée sur des solutions plus spécialisées ou périphériques, telles que l’affinitaire (14%), le crédit (12%) ou encore les assurances de personnes (5%), la plupart du temps pilotés par les fonctions Marketing, Finance ou RH. DDEESS MMIISSSSIIOONNSS ÉÉTTEENNDDUUEESS SSUURR SSOONN CCŒŒUURR DDEE MMÉÉTTIIEERR :: LL’’AASSSSUURRAANNCCEE IIAARRDD88 programmes ou polices IARD différents sont pilotés en moyenne pas les fonctions Assurances8811%% des fonctions Assurances sont responsables de la gestion des sinistres6600%% de la prévention des risques assurables Seulement1144%% sont responsables de l’Affinitaire1122%% du Crédit55%% des Assurances de Personnes LLeess mmiissssiioonnss ddee llaa ffoonnccttiioonn AAssssuurraanncceess ASSURANCES GGeessttiioonn ddeess ssiinniissttrreess 8811%% PPrréévveennttiioonn 6600%% AAffffiinniittaaiirree 1144%% CCrrééddiitt 1122%%IIAARRDD 110000%% 55%% AADDPP Entre 2 et 14 programmes ou polices IARD déclarés par les entreprises répondantes. LAURENT GIORDANI Associé fondateur de KYU Associés. « Les entreprises attendent de leurs courtiers une valeur ajoutée plus stratégique. Ils doivent devenir des partenaires de gestion des risques à part entière. » ATO U T R I S K MANAGER 72 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE par exemple utiliser la cartographie des risques pour adapter les programmes d’assurances (28 % déclarant par ailleurs ne pas être impliquées et ne pas utiliser la cartographie). Courtiers : médaille d'or pour les négociations, le bronze pour le conseil Les courtiers sont particulièrement reconnus pour leurs performances en matière de négociation et de placement, avec un niveau de satisfaction élevé des répondants. Les attentes évoluent désormais vers un accompagnement plus large en matière de conseil, d’analyse des risques et de prévention, prestations perçues comme perfectibles. Les entreprises expriment un besoin croissant de reporting de qualité, d’exploitation des données et de digitalisation des processus, dans une logique de pilotage renforcé. Le modèle du courtier placeur unique, plébiscité il y a quelques années, évolue vers des configurations plus diversifiées, avec notamment le recours à deux courtiers placeurs (35 % des entreprises répondantes). Cette évolution traduit la recherche d’un équilibre entre optimisation financière, mobilisation des ressources internes, sélection de partenaires selon leur technicité et maintien d’une saine concurrence. « Au-delà de la performance opérationnelle sur les missions d’intermédiation classiques, 13 Contribue à l'élaboration de la cartographie des risques Utilise la cartographie des risques pour adapter les programmes d'assurances Collabore activement avec l'équipe en charge de la cartographie des risques tout au long de l'année N'est pas impliquée et n'utilise pas la cartographie Pour autant, même en cas d’intégration au sein d’une Direction unique ou de rattachement hiérarchique commun, la collaboration entre Risques et Assurances semble encore loin d’être évidente. Seuls 33% des répondants revendiquent une collaboration active et continue entre les fonctions Risques et Assurances. 42% des répondants déclarent contribuer à l’élaboration de la cartographie des risques et 36% l’utiliser pour adapter les programmes d’assurances. 28% des répondants appartenant à la fonction Assurances déclarent ne pas être impliqués et ne pas utiliser la cartographie des risques pour adapter leurs programmes. Certains indiquent d’ailleurs ne pas y avoir accès, soulignant une forme de déconnexion entre les deux fonctions. UUNNEE CCOOLLLLAABBOORRAATTIIOONN LLIIMMIITTÉÉEE AAVVEECC LLAA FFOONNCCTTIIOONN RRIISSQQUUEESS MMAALLGGRRÉÉ DDEESS RRAATTTTAACCHHEEMMEENNTTSS CCOOMMMMUUNNSS4422%% des fonctions Assurances contribuent à l’élaboration de la cartographie des risques3366%% l’utilisent pour adapter les programmes d’assurances3333%% collaborent avec la fonction Risques tout au long de l’année2288%% ne sont ni impliquées ni ne l’utilisent pour adapter les programmes IInnttééggrraattiioonn ddaannss ll’’ééllaabboorraattiioonn ddee llaa ccaarrttooggrraapphhiiee ASSURANCES RRaattttaacchheemmeenntt ddeess ffoonnccttiioonnss RRiissqquueess eett AAssssuurraanncceess D’un point de vue purement organisationnel, les fonctions Risques et Assurances ont un rattachement commun dans 55% des cas. DDiissttiinncctt 4455%%CCoommmmuunn 5555%% 2288%% 3333%% 3366%% 4422%% 13 Contribue à l'élaboration de la cartographie des risques Utilise la cartographie des risques pour adapter les programmes d'assurances Collabore activement avec l'équipe en charge de la cartographie des risques tout au long de l'année N'est pas impliquée et n'utilise pas la cartographie Pour autant, même en cas d’intégration au sein d’une Direction unique ou de rattachement hiérarchique commun, la collaboration entre Risques et Assurances semble encore loin d’être évidente. Seuls 33% des répondants revendiquent une collaboration active et continue entre les fonctions Risques et Assurances. 42% des répondants déclarent contribuer à l’élaboration de la cartographie des risques et 36% l’utiliser pour adapter les programmes d’assurances. 28% des répondants appartenant à la fonction Assurances déclarent ne pas être impliqués et ne pas utiliser la cartographie des risques pour adapter leurs programmes. Certains indiquent d’ailleurs ne pas y avoir accès, soulignant une forme de déconnexion entre les deux fonctions. UUNNEE CCOOLLLLAABBOORRAATTIIOONN LLIIMMIITTÉÉEE AAVVEECC LLAA FFOONNCCTTIIOONN RRIISSQQUUEESS MMAALLGGRRÉÉ DDEESS RRAATTTTAACCHHEEMMEENNTTSS CCOOMMMMUUNNSS4422%% des fonctions Assurances contribuent à l’élaboration de la cartographie des risques3366%% l’utilisent pour adapter les programmes d’assurances3333%% collaborent avec la fonction Risques tout au long de l’année2288%% ne sont ni impliquées ni ne l’utilisent pour adapter les programmes IInnttééggrraattiioonn ddaannss ll’’ééllaabboorraattiioonn ddee llaa ccaarrttooggrraapphhiiee ASSURANCES RRaattttaacchheemmeenntt ddeess ffoonnccttiioonnss RRiissqquueess eett AAssssuurraanncceess D’un point de vue purement organisationnel, les fonctions Risques et Assurances ont un rattachement commun dans 55% des cas. DDiissttiinncctt 4455%%CCoommmmuunn 5555%% 2288%% 3333%% 3366%% 4422%% FAIRE DU RISQUE UN VÉRITABLE OUTIL DE PILOTAGE STRATÉGIQUE Intégrer les approches : une priorité structurante Cartographie, prévention, assurance et pilotage financier ont vocation à dialoguer en continu. La convergence des enjeux invite à dépasser un fonctionnement encore trop souvent en silos. Les missions des fonctions Risques et Assurances gagnent à être pensées de manière cohérente et articulées dans la durée. Avec une gouvernance formalisée des politiques risques/assurances, en particulier dans les entreprises de taille intermédiaire, pour renforcer en lisibilité et en efficacité. Outils et données : investir La digitalisation est largement engagée. L’enjeu est désormais d’intégrer les différents écosystèmes (éditeurs, courtiers, systèmes d'information internes) afin de produire des rapports consolidés, directement exploitables au niveau de la direction générale. Renforcer le pilotage économique du risque Le développement d’approches en coût total du risque constitue un levier-clé pour éclairer les arbitrages et aligner la gestion des risques avec les objectifs de performance de l’entreprise. LUCIE RICHELOT Directrice associée chez KYU Associés. « L’enjeu est désormais d’industrialiser l’usage des données pour piloter les décisions. » N°49 I ÉTÉ 2026 Enquête Amrae-KYU Associés \ 73N°49 I ÉTÉ 2026 les entreprises attendent de leurs courtiers une valeur ajoutée plus stratégique. Ils doivent devenir des partenaires de gestion des risques à part entière » analyse Laurent Giordani, associé fondateur de KYU Associés. Passer d’une logique de protection à une logique de performance « La fonction ne cesse de se transformer depuis le Covid. Entre structuration, intégration croissante et élargissement des périmètres, les fonctions Risques et Assurances sont appelées à jouer un rôle de plus en plus central dans les dispositifs de pilotage des entreprises. L’enjeu est désormais de franchir une nouvelle étape : passer d’une juxtaposition de fonctions expertes à un modèle réellement intégré, piloté et orienté performance » souligne François Beaume. uestions, conduite auprès de plus de 1 000 risk managers adhérents et du réseau de KYU Associés. 113 répondants issus de 101 entreprises. MMÉÉTTHHOODDOOLLOOGGIIEE Cette étude repose sur une enquête diffusée auprès des 1 018 membres Risk Managers de l’Amrae et sur nos réseaux professionnels entre février et mars 2026. La méthodologie retenue pour l’enquête combine la collecte de données via un questionnaire de 25 questions, un travail de requalification et de consolidation de la base des répondants (notamment niveau entreprise lorsque cela était possible), puis un traitement statistique rigoureux réalisé sur une base totalement anonymisée. Comme toute enquête, cette étude comporte des limites intrinsèques liées à la composition de son échantillon et au caractère déclaratif des réponses apportées. ++11 000000 RRIISSKK MMAANNAAGGEERRSS IINNTTEERRRROOGGÉÉSS 111133 RRÉÉPPOONNDDAANNTTSS,, 110011 EENNTTRREEPPRRIISSEESS PPRROOFFIILL DDEESS RRÉÉPPOONNDDAANNTTSS 1111 SSEECCTTEEUURRSS DD’’AACCTTIIVVIITTÉÉSS CCHHIIFFFFRREE DD’’AAFFFFAAIIRREESSPPRRÉÉSSEENNCCEE ÀÀ LL’’ÉÉTTRRAANNGGEERR CChhiimmiiee && MMaattéérriiaauuxx 1133%% CCoommmmeerrccee && DDiissttrriibbuuttiioonn 1122%% AAuuttrreess iinndduussttrriieess 1122%% AAggrrooaalliimmeennttaaiirree 1111%% BBaannqquueess && AAssssuurraanncceess 1111%% AAuuttoommoobbiillee && AAéérroonnaauuttiiqquuee 1100%% AAuuttrreess SSeerrvviicceess 99%% EEnneerrggiiee && EEnnvviirroonnnneemmeenntt 88%% TTrraannssppoorrtt,, LLooggiissttiiqquuee && MMoobbiilliittééss 88%% CCoonnssttrruuccttiioonn && IImmmmoobbiilliieerr 44%% CCoolllleeccttiivviittééss ppuubblliiqquueess 22%% <<550000MM€€550000--11MMdd€€ 11--1100MMdd€€ >>1100MMdd€€ 5522%% 3333%% 77%% 88%% 5544%% 2200%% 2266%% 2288%% 2233%% 2266%% 77%% 1166%% GGeessttiioonn ddeess AAssssuurraanncceess GGeessttiioonn ddeess RRiissqquueess eett AAssssuurraanncceess GGeessttiioonn ddeess RRiissqquueess MMooiinnss ddee 55 ppaayyss EEnnttrree 55 eett 2200 ppaayyss EEnnttrree 2200 eett 5500 ppaayyss EEnnttrree 5500 eett 8800 ppaayyss PPlluuss ddee 8800 ppaayyss MMÉÉTTHHOODDOOLLOOGGIIEE Cette étude repose sur une enquête diffusée auprès des 1 018 membres Risk Managers de l’Amrae et sur nos réseaux professionnels entre février et mars 2026. La méthodologie retenue pour l’enquête combine la collecte de données via un questionnaire de 25 questions, un travail de requalification et de consolidation de la base des répondants (notamment niveau entreprise lorsque cela était possible), puis un traitement statistique rigoureux réalisé sur une base totalement anonymisée. Comme toute enquête, cette étude comporte des limites intrinsèques liées à la composition de son échantillon et au caractère déclaratif des réponses apportées. ++11 000000 RRIISSKK MMAANNAAGGEERRSS IINNTTEERRRROOGGÉÉSS 111133 RRÉÉPPOONNDDAANNTTSS,, 110011 EENNTTRREEPPRRIISSEESS PPRROOFFIILL DDEESS RRÉÉPPOONNDDAANNTTSS 1111 SSEECCTTEEUURRSS DD’’AACCTTIIVVIITTÉÉSS CCHHIIFFFFRREE DD’’AAFFFFAAIIRREESSPPRRÉÉSSEENNCCEE ÀÀ LL’’ÉÉTTRRAANNGGEERR CChhiimmiiee && MMaattéérriiaauuxx 1133%% CCoommmmeerrccee && DDiissttrriibbuuttiioonn 1122%% AAuuttrreess iinndduussttrriieess 1122%% AAggrrooaalliimmeennttaaiirree 1111%% BBaannqquueess && AAssssuurraanncceess 1111%% AAuuttoommoobbiillee && AAéérroonnaauuttiiqquuee 1100%% AAuuttrreess SSeerrvviicceess 99%% EEnneerrggiiee && EEnnvviirroonnnneemmeenntt 88%% TTrraannssppoorrtt,, LLooggiissttiiqquuee && MMoobbiilliittééss 88%% CCoonnssttrruuccttiioonn && IImmmmoobbiilliieerr 44%% CCoolllleeccttiivviittééss ppuubblliiqquueess 22%% <<550000MM€€550000--11MMdd€€ 11--1100MMdd€€ >>1100MMdd€€ 5522%% 3333%% 77%% 88%% 5544%% 2200%% 2266%% 2288%% 2233%% 2266%% 77%% 1166%% GGeessttiioonn ddeess AAssssuurraanncceess GGeessttiioonn ddeess RRiissqquueess eett AAssssuurraanncceess GGeessttiioonn ddeess RRiissqquueess MMooiinnss ddee 55 ppaayyss EEnnttrree 55 eett 2200 ppaayyss EEnnttrree 2200 eett 5500 ppaayyss EEnnttrree 5500 eett 8800 ppaayyss PPlluuss ddee 8800 ppaayyss MMÉÉTTHHOODDOOLLOOGGIIEE Cette étude repose sur une enquête diffusée auprès des 1 018 membres Risk Managers de l’Amrae et sur nos réseaux professionnels entre février et mars 2026. La méthodologie retenue pour l’enquête combine la collecte de données via un questionnaire de 25 questions, un travail de requalification et de consolidation de la base des répondants (notamment niveau entreprise lorsque cela était possible), puis un traitement statistique rigoureux réalisé sur une base totalement anonymisée. Comme toute enquête, cette étude comporte des limites intrinsèques liées à la composition de son échantillon et au caractère déclaratif des réponses apportées. ++11 000000 RRIISSKK MMAANNAAGGEERRSS IINNTTEERRRROOGGÉÉSS 111133 RRÉÉPPOONNDDAANNTTSS,, 110011 EENNTTRREEPPRRIISSEESS PPRROOFFIILL DDEESS RRÉÉPPOONNDDAANNTTSS 1111 SSEECCTTEEUURRSS DD’’AACCTTIIVVIITTÉÉSS CCHHIIFFFFRREE DD’’AAFFFFAAIIRREESSPPRRÉÉSSEENNCCEE ÀÀ LL’’ÉÉTTRRAANNGGEERR CChhiimmiiee && MMaattéérriiaauuxx 1133%% CCoommmmeerrccee && DDiissttrriibbuuttiioonn 1122%% AAuuttrreess iinndduussttrriieess 1122%% AAggrrooaalliimmeennttaaiirree 1111%% BBaannqquueess && AAssssuurraanncceess 1111%% AAuuttoommoobbiillee && AAéérroonnaauuttiiqquuee 1100%% AAuuttrreess SSeerrvviicceess 99%% EEnneerrggiiee && EEnnvviirroonnnneemmeenntt 88%% TTrraannssppoorrtt,, LLooggiissttiiqquuee && MMoobbiilliittééss 88%% CCoonnssttrruuccttiioonn && IImmmmoobbiilliieerr 44%% CCoolllleeccttiivviittééss ppuubblliiqquueess 22%% <<550000MM€€550000--11MMdd€€ 11--1100MMdd€€ >>1100MMdd€€ 5522%% 3333%% 77%% 88%% 5544%% 2200%% 2266%% 2288%% 2233%% 2266%% 77%% 1166%% GGeessttiioonn ddeess AAssssuurraanncceess GGeessttiioonn ddeess RRiissqquueess eett AAssssuurraanncceess GGeessttiioonn ddeess RRiissqquueess MMooiinnss ddee 55 ppaayyss EEnnttrree 55 eett 2200 ppaayyss EEnnttrree 2200 eett 5500 ppaayyss EEnnttrree 5500 eett 8800 ppaayyss PPlluuss ddee 8800 ppaayyss MMÉÉTTHHOODDOOLLOOGGIIEE Cette étude repose sur une enquête diffusée auprès des 1 018 membres Risk Managers de l’Amrae et sur nos réseaux professionnels entre février et mars 2026. La méthodologie retenue pour l’enquête combine la collecte de données via un questionnaire de 25 questions, un travail de requalification et de consolidation de la base des répondants (notamment niveau entreprise lorsque cela était possible), puis un traitement statistique rigoureux réalisé sur une base totalement anonymisée. Comme toute enquête, cette étude comporte des limites intrinsèques liées à la composition de son échantillon et au caractère déclaratif des réponses apportées. ++11 000000 RRIISSKK MMAANNAAGGEERRSS IINNTTEERRRROOGGÉÉSS 111133 RRÉÉPPOONNDDAANNTTSS,, 110011 EENNTTRREEPPRRIISSEESS PPRROOFFIILL DDEESS RRÉÉPPOONNDDAANNTTSS 1111 SSEECCTTEEUURRSS DD’’AACCTTIIVVIITTÉÉSS CCHHIIFFFFRREE DD’’AAFFFFAAIIRREESSPPRRÉÉSSEENNCCEE ÀÀ LL’’ÉÉTTRRAANNGGEERR CChhiimmiiee && MMaattéérriiaauuxx 1133%% CCoommmmeerrccee && DDiissttrriibbuuttiioonn 1122%% AAuuttrreess iinndduussttrriieess 1122%% AAggrrooaalliimmeennttaaiirree 1111%% BBaannqquueess && AAssssuurraanncceess 1111%% AAuuttoommoobbiillee && AAéérroonnaauuttiiqquuee 1100%% AAuuttrreess SSeerrvviicceess 99%% EEnneerrggiiee && EEnnvviirroonnnneemmeenntt 88%% TTrraannssppoorrtt,, LLooggiissttiiqquuee && MMoobbiilliittééss 88%% CCoonnssttrruuccttiioonn && IImmmmoobbiilliieerr 44%% CCoolllleeccttiivviittééss ppuubblliiqquueess 22%% <<550000MM€€550000--11MMdd€€ 11--1100MMdd€€ >>1100MMdd€€ 5522%% 3333%% 77%% 88%% 5544%% 2200%% 2266%% 2288%% 2233%% 2266%% 77%% 1166%% GGeessttiioonn ddeess AAssssuurraanncceess GGeessttiioonn ddeess RRiissqquueess eett AAssssuurraanncceess GGeessttiioonn ddeess RRiissqquueess MMooiinnss ddee 55 ppaayyss EEnnttrree 55 eett 2200 ppaayyss EEnnttrree 2200 eett 5500 ppaayyss EEnnttrree 5500 eett 8800 ppaayyss PPlluuss ddee 8800 ppaayyss ÉTUDE À TÉLÉCHARGER SUR Source infographies: KYU Associés. MÉTHODOLOGIE Étude de 25 questions, conduite auprès de plus de 1 000 risk managers adhérents et du réseau de KYU Associés. 113 répondants issus de 101 entreprises. ATO U T R I S K MANAGER 74 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE Panorama SIGR 2026 : de l’outil de gestion à la plateforme de décision Les systèmes d’information de gestion des risques (SIGR) poursuivent leur transformation. Déjà incontournables en 2025, ils franchissent en 2026 une étape décisive : d’outil de structuration des données, ils deviennent un véritable levier d’aide à la décision. Entre maturité accrue des usages, montée en puissance de l’intelligence artificielle et intégration plus opérationnelle de l’ESG, la 18 e édition du Panorama SIGR de l’Amrae avec EY confirme un changement de dimension. Une dynamique de marché confirmée… et élargie Comme en 2025, le marché reste très dynamique, avec une augmentation de 62 % des appels d’offres constatée par les éditeurs. Mais la véritable évolution tient à l’élargissement du périmètre d’adoption : les PME et ETI représentent désormais près de la moitié des acheteurs (46 %, en hausse de 6 %) Le niveau de satisfaction demeure élevé, avec une progression à 72 % de satisfaction globale et 89 % sur les modules fonctionnels. « Nous observons une continuité avec 2025, mais une adoption plus large et Quels sont les critères clés pour sélectionner un SIGR ? Cette année, les critères de sélection d’un SIGR sont restés stables, avec la couverture fonctionnelle en première position, suivie de la configurabilité. La facilité d’utilisation reste également un critère de sélection essentiel. L’accent mis sur la configurabilité reflète les besoins spécifiques des clients, qui souhaitent adapter leur SIGR à leurs processus métier propres. Cette tendance est renforcée par la demande croissante d’intégration des SIGR avec d’autres systèmes d’information, ainsi que par l’importance de l’expertise sectorielle dans les solutions SIGR. CRITÈRES DE SÉLECTION DES SIGR (vs. positionnement dans la liste en 2024) 1. Couverture fonctionnelle ( 1) 2. Configurabilité (flexibilité) ( 2) 3. Facilité d’utilisation ( 3) 4. Interfaçage avec d’autres SI ( 7) 5. Capacités de reporting ( 6) 6. Prix ( 4) 7. Spécialité sectorielle ( 11) 8. Fiabilité de la société ( 5) 9. Qualité de la prestation d’intégration et de support ( 8) 10. Modalités d’accès et gestion (SaaS, hébergement en interne client) ( 9) 11. Innovations (Intelligence Artificielle, Chatbots, Analyse prédictive…) ( 10) La satisfaction des Risk Managers a augmenté entre 2023–2024 et 2025-2026, avec 72 % satisfaits de leur SIGR en 2025-2026, contre 70 % en 2023–2024. La couverture fonctionnelle reste un point fort. En 2025-2026, 83 % déclarent que leurs attentes ont été satisfaites ou dépassées, contre 78 % en 2023–2024, ce qui souligne l’importance continue d’un périmètre fonctionnel robuste dans les solutions SIGR. La satisfaction concernant l’Innovation a fortement augmenté (+15 % depuis 2023–2024), même si 42 % estiment encore que l’Innovation est en deçà des attentes, ce qui montre qu’il reste une marge importante de progression sur des aspects tels que l’Intelligence Artificielle, les Chatbots, l’Analyse prédictive, etc. Alors que la majorité des éditeurs propose de plus en plus d’options d’intégration via des API (deux tiers des éditeurs les offrent désormais) ou des imports standards, de nombreux Risk Managers opérant dans des environnements multi- sources jugent encore ces capacités insuffisantes. Le partage de données via API pourrait offrir aux utilisateurs davantage de flexibilité et d’autonomie. Bien que la satisfaction des Risk Managers concernant les capacités de reporting reste stable, cela demeure un axe d’amélioration essentiel, notamment en ce qui concerne le niveau d’autonomie des clients dans la création et la personnalisation des rapports, ainsi que l’exhaustivité de la bibliothèque de rapports. RETOUR D’EXPÉRIENCE FACE AUX CRITÈRES DE SÉLECTION Au-delà des attentes Correspond aux attentes En-deçà des attentes Changements majeurs comparé à 2024 (>10 points) Configurabilité (flexibilité) 43 % 10 % 47 % Innovations (Intelligence Artificielle, Chatbots, Analyse prédictive, …) 10 % 48 % 42 % Spécialité sectorielle 41 % 8 % 51 % Capacités de reporting 39 % 6 % 55 % Interfaçage avec d’autres SI 34 % 10 % 56 % Prix 31 % 8 % 61 % Qualité de la prestation d’intégration et de support 22 % 15 % 63 % Facilité d’utilisation 20 % 11 % 69 % Fiabilité de la société 16 % 12 % 72 % Couverture fonctionnelle 5 % 83 % 12 % Modalités d’accès et gestion (SAAS, hébergement en interne client) 5 % 13 % 82 % PANORAMA SIGR 2026 19 Utiliser les flèches pour naviguer COLLECTION AMR AE PANORAMAS Édition 2026 [ Systèmes d’Information de Gestion des Risques ] PANORAMA SIGR CHIFFRES-CLÉS d’augmentation des appels d’offres SIGR 62 % de délai moyen de déploiement 4 mois des risk managers envisagent d’ouvrir leur SIGR à des tiers 43 % de satisfaction sur les modules fonctionnels 89 % de satisfaction globale des risk managers 72 % de coût annuel moyen (SaaS) 110 k€ des SIGR intègrent ou prévoient l’IA 90 % N°49 I ÉTÉ 2026 Panorama SIGR 2026 \ 75 N°49 I ÉTÉ 2026 De la gestion des risques à la gouvernance des décisions Le SIGR a changé de dimension : outil de reporting, il est devenu un outil de pilotage. « Le SIGR évolue clairement vers un système d’aide à la décision, capable de structurer la gouvernance des risques à l’échelle de l’entreprise », analyse Bertrand Rubio, associate partner d’EY risk consulting. Les retours d’expérience des entreprises illustrent cette évolution. Chez BASF, la mise en place d’un nouveau logiciel a permis de créer une source unique de données et d’automatiser les reportings à grande échelle. « Ce logiciel nous permet de gérer la complexité en créant une source unique et fiable d’information, tout en améliorant l’efficacité grâce à l’automatisation des reportings », témoigne Claudia Tillinger, Group Reporting & Performance Management. Dans d’autres organisations, l’impact dépasse la seule dimension technique. « Au-delà de l’aspect « Data », l’outil a apporté de la synergie entre les différentes équipes, et une fierté d’appartenance à la communauté « sinistres » qui est transversale à nos différents pôles » témoigne Carmen Gauthier, responsable assurances de Groupe Atlantic. surtout, une appropriation beaucoup plus opérationnelle des outils » , souligne François Beaume, le président de l’Amrae et pilote du Panorama depuis son origine. « Aujourd’hui, et plus encore demain, l’utilisation d’un SIGR s’impose dans le quotidien des risk managers. Les SIGR s’affirment ainsi comme un langage commun et un puissant levier d’alignement transversal au sein des organisations », souligne Franck Auré, directeur groupe des assurances d’OPmobility qui a piloté le groupe de travail du côté Amrae. Les critères de choix et les marges d’amélioration Cette année, les critères de sélection d’un SIGR sont restés stables, avec la couverture fonctionnelle en première position, suivie de la configurabilité. La facilité d’utilisation reste un critère de sélection essentiel. Alors que deux tiers des éditeurs proposent de plus en plus d’options d’intégration via des API ou des imports standards, de nombreux risk managers opérant dans des environnements multisources jugent encore ces capacités insuffisantes. Seuls 43 % se disent prêts à ouvrir leur SIGR à des acteurs externes comme les courtiers ou des commissaires aux comptes. 5 RECOMMANDATIONS POUR RENFORCER LES DISPOSITIFS DE GRC APPLIQUÉS À L’ESG 1. Renforcer l’identification et la cartographie des risques ESG 2. Développer des systèmes de contrôle interne ESG dédiés : mettre en œuvre des bibliothèques de contrôles ESG 3. Exploiter des SIGR avec des modules ESG : utiliser les modules ESG spécifiques proposés par les principaux 4. Intégrer les modules ESG des SIGR dans le Plan de gestion des risques 5. Favoriser la collaboration transversale et la gouvernance ATO U T R I S K MANAGER 76 / ACTUALITÉS DE L’AMRAE commission géopolitique de l’Amrae. L’IA change d’échelle : du concept à l’usage En 2025, l’intelligence artificielle suscitait surtout de la curiosité. En 2026, elle s’impose comme un pilier structurant : 90 % des SIGR intègrent ou prévoient d’intégrer des fonctions d’IA. « L’intégration de l’intelligence artificielle « Le SIGR gère plusieurs cartographies avec des méthodes d’évaluation distinctes : les risques ERM, les risques Sapin 2 et les sujets CSRD en double matérialité. L’outil gère également la collecte trimestrielle et le traitement des cas de fraude et permet la réalisation de contrôles en dehors des campagnes (continuous monitoring) », illustre pour sa part Grégoire Dutertre, Group risk manager de Sonepar et président de la IA : DES USAGES CONCRETS EN FORTE PROGRESSION 90 % des SIGR intègrent ou planifient l’IA Principaux cas d’usage : détection d’anomalies, classification des données, identification de risques émergents, aide à la décision 47 % des risk managers anticipent un impact significatif de l’IA MÉTHODOLOGIE Une étude conduite par l’Amrae avec EY risk consulting et avec la contribution de Ifrima, Rims, Ferma, Parima et du Club Francorisk et le soutien de GVNW, BELRIM, ANRA, RVA, ALRIM, SI.RISK, SIRM et AGERS. 146 éditeurs identifiés – 55 répondants 178 risk managers interrogés 9 témoignages L’AMRAE remercie chaleureusement les associations sœurs (IFRIMA, RIMS, FERMA, PARIMA et Club FrancoRisk) qui nous aident à faire de cette nouvelle édition du Panorama SIGR un succès : La International Federation of Risk and Insurance Management Associations (IFRIMA) est fière de soutenir le Panorama SIGR développé par l’AMRAE en partenariat avec EY. La gestion des données est un élément essentiel pour tous les professionnels de la gestion des risques. Le travail réalisé par l’AMRAE au fil des années dans ce domaine est hautement recommandable et constitue un excellent exemple pour toutes les associations de gestion des risques. Progressivement, l’AMRAE a pu obtenir le soutien d’autres associations telles que FERMA ou PARIMA, et nous sommes sûrs que de nombreux autres membres d’IFRIMA le feront à l’avenir. En tant qu’organisation faîtière internationale pour les associations de gestion des risques du monde entier, il s’agit sans aucun doute d’un exemple à suivre pour l’ensemble de la communauté de l’IFRIMA. www.ifrima.org Franck BARON Président d’IFRIMA Group Deputy Director Risk Management & Insurance at International SOS Un grand merci également à : GVNW, BELRIM, ANRA, RVA, ALRIM, SI.RISK, SIRM et AGERS. PANORAMA SIGR 2026 3 Utiliser les flèches pour naviguer dans les SIGR vise principalement à améliorer l’analyse qualitative à partir des données générées par les utilisateurs. Une proportion écrasante de 95 % des éditeurs de SIGR s’accorde à dire qu’il s’agit de l’un des objectifs principaux de l’usage de l’IA dans leurs systèmes. Cette focalisation sur les analyses qualitatives, associée aux capacités de génération de contenu », explique Bertrand Rubio. Les cas d’usage se concrétisent : détection d’anomalies, analyse qualitative, identification de risques émergents ou automatisation des tâches. L’IA permet de passer d’une logique descriptive à une logique prédictive 64 % des éditeurs déclarent mettre en œuvre des mesures d’IA responsable mais, pointe Bertrand Rubio, les risk managers doivent rester informés et agiles, en intégrant l’IA comme un outil stratégique, tout en gérant activement les risques sous-jacents. François Beaume insiste : « L’intelligence artificielle est un levier puissant, mais elle ne remplace pas l’expertise humaine. Elle doit rester un outil au service des décisions ». ESG : de la conformité à la qualité du reporting En 2025, l’intégration de l’ESG était encore incomplète. En 2026, la directive Omnibus change la donne en passant d’une logique de reporting à une logique de production d’une information auditable et traçable. « Pour les organisations restant dans le périmètre (ou continuant à publier sous pression des parties prenantes, des financeurs ou du groupe), la priorité évolue : on passe de « quoi reporter » à « comment produire un reporting fiable » explique Chirstophe Lairy Partner Partner d’EY risk consulting. F r a n ç o i s B e a u m e s o u l i g n e l a v a l e u r a j o u t é e de l’intégration des facteurs ESG dans les SIGR. Cette intégration permet une gestion holistique des risques, améliore la prise de décision, et l’engagement des parties prenantes et améliore le lien entre ESG et assurance. LES PILOTES DU PANORAMA SIGR 2026 AMRAE L’AMRAE tient à remercier les participants suivants qui ont contribué à la production de ce document : François BEAUME President AMRAE, SVP Risks and Insurance Sonepar Géraldine BRUGUIÈRE - FONTENILLE Project Manager Scientific Pole AMRAE Franck AURÉ Group Insurance Director OPmobility Bertrand RUBIO Associate Partner EY Risk Consulting Wilfried HOUSSEAU Manager EY Risk Consulting Max GERMOND Consultant EY Risk Consulting Marie-Lolita CROMBEZ Consultant EY Risk Consulting Thomas DEREUX Project Manager Scientific Pole AMRAE PANORAMA SIGR 2026 2 Utiliser les flèches pour naviguer François Beaume, Président de l'Amrae, SVP risk & insurance de Sonepar Franck Auré, Group Insurance Director OPmobility Géraldine Bruguière-Fontenille, Pôle scientifique Thomas Dereux, Pôle scientifique L’AMRAE tient à remercier les participants suivants qui ont contribué à la production de ce document : François BEAUME President AMRAE, SVP Risks and Insurance Sonepar Géraldine BRUGUIÈRE - FONTENILLE Project Manager Scientific Pole AMRAE Franck AURÉ Group Insurance Director OPmobility Bertrand RUBIO Associate Partner EY Risk Consulting Wilfried HOUSSEAU Manager EY Risk Consulting Max GERMOND Consultant EY Risk Consulting Marie-Lolita CROMBEZ Consultant EY Risk Consulting Thomas DEREUX Project Manager Scientific Pole AMRAE PANORAMA SIGR 2026 2 Utiliser les flèches pour naviguer L’AMRAE tient à remercier les participants suivants qui ont contribué à la production de ce document : François BEAUME President AMRAE, SVP Risks and Insurance Sonepar Géraldine BRUGUIÈRE - FONTENILLE Project Manager Scientific Pole AMRAE Franck AURÉ Group Insurance Director OPmobility Bertrand RUBIO Associate Partner EY Risk Consulting Wilfried HOUSSEAU Manager EY Risk Consulting Max GERMOND Consultant EY Risk Consulting Marie-Lolita CROMBEZ Consultant EY Risk Consulting Thomas DEREUX Project Manager Scientific Pole AMRAE PANORAMA SIGR 2026 2 Utiliser les flèches pour naviguer L’AMRAE tient à remercier les participants suivants qui ont contribué à la production de ce document : François BEAUME President AMRAE, SVP Risks and Insurance Sonepar Géraldine BRUGUIÈRE - FONTENILLE Project Manager Scientific Pole AMRAE Franck AURÉ Group Insurance Director OPmobility Bertrand RUBIO Associate Partner EY Risk Consulting Wilfried HOUSSEAU Manager EY Risk Consulting Max GERMOND Consultant EY Risk Consulting Marie-Lolita CROMBEZ Consultant EY Risk Consulting Thomas DEREUX Project Manager Scientific Pole AMRAE PANORAMA SIGR 2026 2 Utiliser les flèches pour naviguer EY RISK CONSULTING N°49 I ÉTÉ 2026 Bertrand Rubio, Associate Partner L’AMRAE tient à remercier les participants suivants qui ont contribué à la production de ce document : François BEAUME President AMRAE, SVP Risks and Insurance Sonepar Géraldine BRUGUIÈRE - FONTENILLE Project Manager Scientific Pole AMRAE Franck AURÉ Group Insurance Director OPmobility Bertrand RUBIO Associate Partner EY Risk Consulting Wilfried HOUSSEAU Manager EY Risk Consulting Max GERMOND Consultant EY Risk Consulting Marie-Lolita CROMBEZ Consultant EY Risk Consulting Thomas DEREUX Project Manager Scientific Pole AMRAE PANORAMA SIGR 2026 2 Utiliser les flèches pour naviguer Wilfried Housseau, Manager L’AMRAE tient à remercier les participants suivants qui ont contribué à la production de ce document : François BEAUME President AMRAE, SVP Risks and Insurance Sonepar Géraldine BRUGUIÈRE - FONTENILLE Project Manager Scientific Pole AMRAE Franck AURÉ Group Insurance Director OPmobility Bertrand RUBIO Associate Partner EY Risk Consulting Wilfried HOUSSEAU Manager EY Risk Consulting Max GERMOND Consultant EY Risk Consulting Marie-Lolita CROMBEZ Consultant EY Risk Consulting Thomas DEREUX Project Manager Scientific Pole AMRAE PANORAMA SIGR 2026 2 Utiliser les flèches pour naviguer Max Germond, Consultant L’AMRAE tient à remercier les participants suivants qui ont contribué à la production de ce document : François BEAUME President AMRAE, SVP Risks and Insurance Sonepar Géraldine BRUGUIÈRE - FONTENILLE Project Manager Scientific Pole AMRAE Franck AURÉ Group Insurance Director OPmobility Bertrand RUBIO Associate Partner EY Risk Consulting Wilfried HOUSSEAU Manager EY Risk Consulting Max GERMOND Consultant EY Risk Consulting Marie-Lolita CROMBEZ Consultant EY Risk Consulting Thomas DEREUX Project Manager Scientific Pole AMRAE PANORAMA SIGR 2026 2 Utiliser les flèches pour naviguer Panorama SIGR 2026 \ 77 Marie-Lolita Crombez, Consultant L’AMRAE tient à remercier les participants suivants qui ont contribué à la production de ce document : François BEAUME President AMRAE, SVP Risks and Insurance Sonepar Géraldine BRUGUIÈRE - FONTENILLE Project Manager Scientific Pole AMRAE Franck AURÉ Group Insurance Director OPmobility Bertrand RUBIO Associate Partner EY Risk Consulting Wilfried HOUSSEAU Manager EY Risk Consulting Max GERMOND Consultant EY Risk Consulting Marie-Lolita CROMBEZ Consultant EY Risk Consulting Thomas DEREUX Project Manager Scientific Pole AMRAE PANORAMA SIGR 2026 2 Utiliser les flèches pour naviguer ATO U T R I S K MANAGER 78 / PUBLICATION Méditations sur le risque : La confiance, un pari ? Jamais la confiance, aussi indispensable que l’oxygène que nous respirons, n’a été si centrale dans nos sociétés. À l’heure de l’intelligence artificielle, elle ne constitue plus seulement un socle invisible, elle devient un enjeu stratégique, au cœur des risques contemporains. Le nouvel opus des Méditations sur le risque propose un éclairage salutaire sur cette transformation majeure. Cette défiance mérite toutefois d’être nuancée. En effet, l’enquête sur la confiance menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) montre que nos concitoyens sont bien plus confiants dans leur système de santé que la moyenne européenne. Ils ont la même foi dans les services publics en général, avec une préférence marquée pour l’institution policière. À l’inverse, la défiance est de mise vis-à-vis des élus, de la classe politique et des médias. Les « métatechnologies » bouleversent notre rapport au monde Dans la première partie de ce nouvel ouvrage, Mark Hunyadi, professeur de philosophie sociale, morale et politique à l’université catholique de Louvain (Belgique), s’emploie d’abord à rappeler que la confiance véritable n’est pas un calcul mais plutôt une action. Par exemple, explique-t-il, s’asseoir sur une chaise ou croiser une voiture implique que la chaise supportera notre poids, et que la voiture s’arrêtera pour nous laisser traverser sans nous renverser. À l’en croire, cette forme de “pari optimiste implicite” est en passe d’être remplacé par des process de sécurité induits par les « métatechnologies ». En clair, le numérique et l’intelligence artificielle tendent à s’interposer de plus en plus entre soi- même et le monde, entre nous et la vie. La confiance est un pari, rappelle Mark Hunyadi. Selon le professeur d’université, « L’être humain ne peut agir qu’en fonction d’attentes, et ces attentes peuvent toujours être principiellement déçues ». C’est pourquoi, poursuit l’auteur, les humains « ont inventé des « La confiance, un pari ? » : La question pourrait figurer parmi les sujets retenus pour le bac de philosophie. Justement, les trois philosophes, Mark Hunyadi, Denis Maillard et Gloria Origgi, pointent que “jamais la confiance n’a occupé une place aussi centrale dans nos débats”. Elle est d’autant plus importante, remarquent les auteurs du nouveau numéro de la série “Méditations sur le risque”, copubliée par Philosophie magazine avec l’Amrae, que « Les Français figurent régulièrement en dessous de la moyenne des autres pays dans les enquêtes internationales lorsqu’il s’agit de la confiance ». Par Nathalie Arensonas N°49 I ÉTÉ 2026 La confiance, un pari ? \ 79N°49 I ÉTÉ 2026 institutions, qui forment un cadre stabilisateur aux comportements à l’échelle d’une société et au-delà. Bref, innombrables sont les stratégies instaurées par les humains pour parer aux incertitudes constitutives du monde qu’ils habitent, afin qu’ils puissent y séjourner durablement et s’y épanouir », souligne-t-il. Mais les nouvelles technologies, le numérique et l’intelligence artificielle et surtout leur fusion dans ce qu’il nomme les « métatechnologies » bouleversent notre rapport au monde. Elles se placent, indique Mark Hunyadi, comme la « médiation obligée avec le monde ». Nous sommes désormais dans une situation de dépendance : « Pour accomplir nos actions, nous devons d’abord passer par des machines ». Pour les professionnels du risque, cette évolution change profondément la donne. La confiance ne peut plus être considérée comme un implicite du fonctionnement des organisations : elle devient un objet de pilotage, au croisement des risques technologiques, opérationnels et réputationnels. Obsolescence programmée de la confiance Une posture de plus en plus inconfortable, selon lui. « Jamais dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons été autant en position de devoir en permanence obéir à des machines. Un fait anthropologique majeur ! ». Ce faisant, « ce sont les deux mâchoires de la tenaille de l’automatisation [qui se resserrent sur l’humanité] : l’utilisateur pressé d’être satisfait y recourt par commodité, et le système pressé de se satisfaire y recourt par intérêt ». In fine, prophétise l’auteur, « L’automatisation généralisée porte en elle l’obsolescence programmée de la confiance ». Mais ce diagnostic n’est pas un constat d’impuissance. Il invite au contraire à repenser activement les conditions de production et de maintien de la confiance dans un environnement transformé. Les technologies fragilisent certains repères traditionnels, mais ouvrent aussi des leviers nouveaux pour organiser, mesurer et sécuriser la confiance. Ruptures générationnelles Dans leur dialogue qui constitue la deuxième partie de ces nouvelles méditations sur le risque, la philosophe italienne Gloria Origgi, spécialiste en épistémologie sociale, chercheuse au CNRS, et son homologue, Denis Maillard, également diplômé de sciences politiques et spécialiste de la question du travail, « font aussi le constat d’une rupture profonde. Entre les anciennes générations et les nouvelles ». Tous deux s’alarment que « l’opinion forgée sur les réseaux, l’évaluation généralisée par les plateformes et à présent l’IA, facilitent la vie mais fragilisent les personnes ». La philosophe italienne date des années 2010, avec la révolution MeToo, l’arrivée de Donald Trump au pouvoir et la crise du Covid « Le moment crucial où on s’est vraiment rendu compte que toutes nos bibliothèques risquaient d’être à jeter à la poubelle pour recommencer de zéro ». De son côté, Denis Maillard fait le tri entre « les différentes jeunesses ». À l’en croire, « celles qui sont diplômées, plutôt urbaines, et qui n’ont pas tellement de difficultés d’emploi », seraient plus préoccupées « par le sens que par les questions immédiatement matérielles ». À l’inverse, pour les jeunes qui gagnent moins bien leur vie, « la question matérielle, la question du salaire, est essentielle ». Cette fracture générationnelle ne relève pas seulement de différences de perceptions : elle redéfinit les conditions d’adhésion, d’engagement et, in fine, de confiance dans les organisations. Elle interroge directement les modèles de management, de communication et de gouvernance des risques, au cœur des transformations en cours. Plus qu’un détour analytique, ce nouveau numéro des Méditations sur les risques invite à déplacer le regard. La confiance ne peut plus être tenue pour acquise, elle devient un objet de vigilance et d’action. Pour le risk manager, la confiance est désormais un risque systémique lorsqu’elle se fissure, et un actif stratégique lorsqu’elle est entretenue et pilotée. Dans un monde médié par les technologies et traversé par des attentes nouvelles, la capacité à comprendre, mesurer et nourrir la confiance s’impose comme l’une des compétences-clé de la gestion des risques. La confiance, un pari ? Mark Hunyadi, Denis Maillard, Gloria Origgi. Ouvrage dirigé par Sophie Gherardi. 80 pages. Philosophie Magazine Éditeurs. En partenariat avec l’Amrae. Sur demande auprès de l’Amrae. RAPPEL : Philosophes, économistes, sociologues et plus généralement commentateurs de l’actualité, peuvent afficher des partis pris politiques dans leurs écrits et prises de parole. L’Amrae demeure, pour sa part, apolitique. AMRAE > VOTRE RENTRÉE FORMATION 2026 Construire une stratégie de financement des risques Marché durci, capacités réduites, hausse des franchises : construisez une stratégie de financement adaptée à votre appétence aux risques et aux équilibres financiers de votre organisation. Réf. ST030 | 7 heures | 15 septembre 2026 Créer une société d’assurance et de réassurance – une captive Les captives s’imposent comme un levier majeur de finance- ment des risques. Découvrez les étapes clés pour évaluer leur pertinence et accompagner leur mise en place. Réf. ST013 | 7 heures | 23 septembre 2026 Faire évoluer sa captive : enjeux Solvabilité II et gouvernance Solvabilité II, gouvernance, programmes internationaux : faites évoluer votre captive en maîtrisant les contraintes réglementaires et les nouveaux enjeux de pilotage. Réf. ST064 | 7 heures | 24 septembre 2026 La gestion des risques pour les administrateurs Cartographie, appétence aux risques, gouvernance : donnez aux administrateurs les clés pour challenger efficacement les dispositifs de gestion des risques. Réf. ST058 | 7 heures | 29 septembre 2026 Gestion des risques pour les dirigeants et chefs d’entreprise Dans un contexte d’incertitude croissante, intégrez la gestion des risques à vos décisions stratégiques et développez une vision à 360° des enjeux de votre organisation. Réf. ST046 | 2 x 3 heures 30 | 16 & 30 septembre 2026 Pilotage stratégique des risques sous Solvabilité II Gouvernance, ORSA, risques stratégiques et opérationnels : faites du risk management un véritable outil d’aide à la décision dans un environnement Solvabilité II. Réf. ST018 | 14 heures | 28, 29 septembre 2026 Cartographie et gestion des risques dans le secteur public Collectivités et établissements publics : structurez votre cartographie des risques, coordonnez les plans d’actions et renforcez le pilotage de votre organisation. Réf. ST056 | 14 heures | 15, 16 septembre 2026 Risques des collectivités : cartographier, prévenir, assurer De l’identification des risques à la stratégie d’assurance, construisez une démarche opérationnelle pour mieux protéger votre collectivité et valoriser vos actions auprès des assureurs. Réf. ST088 | 14 heures | 17, 18 septembre 2026 LES COMPÉTENCES CLÉS POUR TRANSFORMER LES RISQUES EN PERFORMANCE Assurance, ERM, ESG, climat, conformité et cyber : les rendez-vous à ne pas manquer dès septembre. La fonction Risk Management évolue sous l’effet des transformations réglementaires, climatiques, technologiques et organisationnelles. Pour accompagner cette montée en compétences, AMRAE Formation vous propose une sélection de parcours et formations couvrant les enjeux clés de la rentrée 2026. PARCOURS PHARES ESG, CLIMAT & DURABILITÉ RISQUES JURIDIQUES & CYBER ASSURANCE & FINANCEMENT DES RISQUES GOUVERNANCE, ERM & PILOTAGE Pour aller plus loin Découvrez l’intégralité de notre catalogue 01 42 89 32 72 amrae.formation@amrae.fr Risk Management & ESG : relever les nouveaux défis ESG, CSRD, matérialité : identifiez les nouveaux risques et opportunités pour positionner le risk manager au cœur des transformations de l’entreprise. Réf. ST057 | 7 heures | 24 septembre 2026 Changement climatique & ESG : ce que tout Risk Manager doit savoir Risques physiques, risques de transition, nouvelles obligations de reporting : acquérez les repères indispensables pour intégrer le climat dans votre démarche de gestion des risques. Réf. ST062 | 2 heures | 24 septembre 2026 Devoir de vigilance : de l’obligation au plan d’action Devoir de vigilance, chaîne d’approvisionnement, audits RSE : transformez les exigences réglementaires en plan d’action concret et mobilisateur. Réf. ST075 | 2 heures 30 | 25 septembre 2026 Faute inexcusable : anticiper et structurer la défense de l’employeur Accident du travail, maladie professionnelle, contentieux : anticipez les risques juridiques et préparez efficacement la défense de votre organisation. Réf. ST067 | 7 heures | 24 septembre 2026 Cyber risques et cybermenaces : mieux comprendre pour mieux agir Cyberattaques, cyberfraudes, IA, RGPD : développez les bons réflexes pour anticiper les menaces et renforcer la résilience de votre organisation. Réf. ST031 | 7 heures | 30 septembre 2026 Parcours ERM Dans un environnement toujours plus incertain, structurez une démarche ERM robuste pour éclairer les décisions, prioriser les actions et renforcer la résilience de votre organisation. Réf. ST020 I 42 heures 22, 23, 24 septembre & 3, 4, 5 novembre 2026 Parcours Adaptation au risque climat Face à des risques climatiques croissants et moins assurables, construisez une stratégie d’adaptation pour protéger durablement vos activités. Réf. ST100 I 31 heures 30 21, 22, septembre & 12 octobre & 16 & 23 novembre 2026 Parcours Fondamentaux de l’assurance Contrats, garanties, sinistres, financement : développez les réflexes indispensables pour dialoguer efficacement avec les assureurs et piloter vos programmes d’assurance. Réf. ST021 I 35 heures 15, 16 & 28, 29, 30 septembre 2026 DP_420x297mm_JUIN 2026.indd Toutes les pagesDP_420x297mm_JUIN 2026.indd Toutes les pages 10/06/2026 09:2810/06/2026 09:28 1qQ.Q3QQ,QQ777QQ,Q*Q,Q0 AMRAE > VOTRE RENTRÉE FORMATION 2026 Construire une stratégie de financement des risques Marché durci, capacités réduites, hausse des franchises : construisez une stratégie de financement adaptée à votre appétence aux risques et aux équilibres financiers de votre organisation. Réf. ST030 | 7 heures | 15 septembre 2026 Créer une société d’assurance et de réassurance – une captive Les captives s’imposent comme un levier majeur de finance- ment des risques. Découvrez les étapes clés pour évaluer leur pertinence et accompagner leur mise en place. Réf. ST013 | 7 heures | 23 septembre 2026 Faire évoluer sa captive : enjeux Solvabilité II et gouvernance Solvabilité II, gouvernance, programmes internationaux : faites évoluer votre captive en maîtrisant les contraintes réglementaires et les nouveaux enjeux de pilotage. Réf. ST064 | 7 heures | 24 septembre 2026 La gestion des risques pour les administrateurs Cartographie, appétence aux risques, gouvernance : donnez aux administrateurs les clés pour challenger efficacement les dispositifs de gestion des risques. Réf. ST058 | 7 heures | 29 septembre 2026 Gestion des risques pour les dirigeants et chefs d’entreprise Dans un contexte d’incertitude croissante, intégrez la gestion des risques à vos décisions stratégiques et développez une vision à 360° des enjeux de votre organisation. Réf. ST046 | 2 x 3 heures 30 | 16 & 30 septembre 2026 Pilotage stratégique des risques sous Solvabilité II Gouvernance, ORSA, risques stratégiques et opérationnels : faites du risk management un véritable outil d’aide à la décision dans un environnement Solvabilité II. Réf. ST018 | 14 heures | 28, 29 septembre 2026 Cartographie et gestion des risques dans le secteur public Collectivités et établissements publics : structurez votre cartographie des risques, coordonnez les plans d’actions et renforcez le pilotage de votre organisation. Réf. ST056 | 14 heures | 15, 16 septembre 2026 Risques des collectivités : cartographier, prévenir, assurer De l’identification des risques à la stratégie d’assurance, construisez une démarche opérationnelle pour mieux protéger votre collectivité et valoriser vos actions auprès des assureurs. Réf. ST088 | 14 heures | 17, 18 septembre 2026 LES COMPÉTENCES CLÉS POUR TRANSFORMER LES RISQUES EN PERFORMANCE Assurance, ERM, ESG, climat, conformité et cyber : les rendez-vous à ne pas manquer dès septembre. La fonction Risk Management évolue sous l’effet des transformations réglementaires, climatiques, technologiques et organisationnelles. Pour accompagner cette montée en compétences, AMRAE Formation vous propose une sélection de parcours et formations couvrant les enjeux clés de la rentrée 2026. PARCOURS PHARES ESG, CLIMAT & DURABILITÉ RISQUES JURIDIQUES & CYBER ASSURANCE & FINANCEMENT DES RISQUES GOUVERNANCE, ERM & PILOTAGE Pour aller plus loin Découvrez l’intégralité de notre catalogue 01 42 89 32 72 amrae.formation@amrae.fr Risk Management & ESG : relever les nouveaux défis ESG, CSRD, matérialité : identifiez les nouveaux risques et opportunités pour positionner le risk manager au cœur des transformations de l’entreprise. Réf. ST057 | 7 heures | 24 septembre 2026 Changement climatique & ESG : ce que tout Risk Manager doit savoir Risques physiques, risques de transition, nouvelles obligations de reporting : acquérez les repères indispensables pour intégrer le climat dans votre démarche de gestion des risques. Réf. ST062 | 2 heures | 24 septembre 2026 Devoir de vigilance : de l’obligation au plan d’action Devoir de vigilance, chaîne d’approvisionnement, audits RSE : transformez les exigences réglementaires en plan d’action concret et mobilisateur. Réf. ST075 | 2 heures 30 | 25 septembre 2026 Faute inexcusable : anticiper et structurer la défense de l’employeur Accident du travail, maladie professionnelle, contentieux : anticipez les risques juridiques et préparez efficacement la défense de votre organisation. Réf. ST067 | 7 heures | 24 septembre 2026 Cyber risques et cybermenaces : mieux comprendre pour mieux agir Cyberattaques, cyberfraudes, IA, RGPD : développez les bons réflexes pour anticiper les menaces et renforcer la résilience de votre organisation. Réf. ST031 | 7 heures | 30 septembre 2026 Parcours ERM Dans un environnement toujours plus incertain, structurez une démarche ERM robuste pour éclairer les décisions, prioriser les actions et renforcer la résilience de votre organisation. Réf. ST020 I 42 heures 22, 23, 24 septembre & 3, 4, 5 novembre 2026 Parcours Adaptation au risque climat Face à des risques climatiques croissants et moins assurables, construisez une stratégie d’adaptation pour protéger durablement vos activités. Réf. ST100 I 31 heures 30 21, 22, septembre & 12 octobre & 16 & 23 novembre 2026 Parcours Fondamentaux de l’assurance Contrats, garanties, sinistres, financement : développez les réflexes indispensables pour dialoguer efficacement avec les assureurs et piloter vos programmes d’assurance. Réf. ST021 I 35 heures 15, 16 & 28, 29, 30 septembre 2026 DP_420x297mm_JUIN 2026.indd Toutes les pagesDP_420x297mm_JUIN 2026.indd Toutes les pages 10/06/2026 09:2810/06/2026 09:28 NOS PARTENAIRES ATO U T R I S K MANAGER Vous avez exercé au sein d'une autorité de régulation avant de rejoindre le conseil privé. En quoi cette expérience "côté régu- lateur" change-t-elle concrètement votre façon d'accompagner les entreprises face à leurs risques juridiques et réglementaires ? Cela change le point de départ du raisonne- ment. Quand on a observé de l’intérieur com- ment une autorité construit une décision (ses contraintes, son besoin de cohérence avec sa doctrine, son réflexe de proportionnalité, sa sensibilité au précédent qu’elle crée), on ne lit plus un dossier comme un risque abstrait, mais comme l’autorité le lira. Mon travail se déplace en amont : je consacre moins de temps à réa- gir, davantage à anticiper. La question posée au client n’est pas seulement « est-ce conforme ? », mais « comment cette situation sera-t-elle per- çue, et quel récit l’autorité en fera-t-elle ? ». Un montage parfaitement licite peut déclencher une instruction parce qu’il heurte une logique défendue par ailleurs ; le repérer tôt évite des contentieux entiers. Cette expérience apprend aussi à distinguer ce qui se négocie de ce qui ne se négocie pas : une autorité ne cède jamais sur son périmètre ni sa crédibilité, mais ménage de vraies marges quand le dossier lui est bien présenté. Pour un risk manager, c’est décisif : on transforme une incertitude diffuse en hié- rarchie de probabilités, et l’on choisit le bon registre (dialogue là où c’est productif, contes- tation là où elle s’impose). Vos clients évoluent dans un environne- ment normatif particulièrement dense. Comment les aidez-vous à prioriser leurs efforts de conformité sans paralyser leur activité opérationnelle ? En posant une règle simple : toutes les obli- gations ne portent pas le même risque. La conformité devient ingérable dès qu’on la traite comme une liste indifférenciée à cocher. Je cartographie donc les obligations selon trois axes : la probabilité réelle d’un contrôle, la gravité de la sanction, l’impact opérationnel ou réputationnel d’un manque- ment. Ce croisement révèle une hiérarchie nette entre ce qui expose vraiment l’entre- prise et ce qui relève de la bonne pratique ; on séquence alors les chantiers au lieu de tout mener de front. Deuxième levier : la mutuali- sation. RGPD, NIS 2, DORA, AI Act partagent un socle commun (gouvernance, analyse de risque, gestion des incidents, maîtrise de la sous-traitance). Plutôt qu’un projet par texte, on bâtit une base unique de contrôles sur laquelle chaque réglementation vient se brancher. Troisième principe : inscrire la conformité dans les processus métiers exis- tants, jamais dans une bureaucratie parallèle qui finit contournée. Aux côtés du risk ma- nager, mon rôle est moins de produire de la norme que d’arbitrer : dire où placer l’effort, où le différer, où assumer un risque résiduel de façon documentée. C’est cette lisibilité qui réconcilie sécurité juridique et continuité de l’activité. Vous intégrez systématiquement l'ana- lyse des risques pénaux dans vos missions. Est-ce encore un angle sous-estimé par les directions juridiques et les risk managers des entreprises du numérique ? Quels sont aujourd'hui les principaux points d'exposi- tion ? Oui, parce que les directions juridiques du numérique se concentrent sur le risque ad- ministratif (CNIL, ARCEP) et contractuel, qui ADALTYS AVOCATS : CONFORMITÉ : PENSER COMME LE RÉGULATEUR Passé par une autorité de régulation avant de rejoindre le conseil privé, Édouard Lemoalle, avocat associé chez Adaltys Avocats, apporte un regard singulier sur la conformité et le risque juridique. Entre NIS 2, AI Act, DORA et montages contractuels cyber mal calibrés, il livre aux risk managers une boussole précieuse : anticiper plutôt que réagir, prioriser plutôt qu'empiler. Maître Edouard LEMOALLE, Avocat Associé, Adaltys Avocats DOSSIER R?DACTIONNEL COORDONN? ET R?ALIS? PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES 1q.3 , ?F? ,*,0 font leur quotidien. Le risque pénal, lui, engage la responsabilité person- nelle des dirigeants et des préposés : il change de nature. Plusieurs exposi- tions montent en puissance. D’abord les atteintes aux systèmes de trai- tement automatisé de données : un défaut de sécurité ayant permis une intrusion peut être relu, après coup, comme une négligence imputable à l’entreprise et à ses responsables. Ensuite les manquements graves à la protection des données, qui gardent un volet pénal distinct des sanctions CNIL. La contrefaçon également, dès qu’un logiciel ou une base est exploité sans titre (risque réel dans les acquisitions et intégrations IT). Enfin, et c’est nou- veau, NIS 2 place la gouvernance cyber sous la responsabilité directe des or- ganes de direction : l’inaction devient un facteur d’exposition. Mon conseil aux risk managers : cartographier ces risques comme les risques civils, iden- tifier nommément les personnes expo- sées, et documenter les diligences. En matière pénale, savoir qui savait, qui a agi et quand, vaut souvent autant que la mesure technique elle-même. Dans les montages contractuels que vous négociez, quelles sont les clauses les plus souvent mal cali- brées face aux risques cyber ? Que recommandez-vous en priorité ? D’abord les clauses qui plafonnent la responsabilité. Les limitations sont souvent fixées par habitude, sans rapport avec le coût réel d’un inci- dent (remédiation, notification, in- terruption, sanctions, actions des personnes concernées). Un plafond aligné sur le montant du contrat n’a aucun sens face à une fuite massive. Deuxième angle mort : les obligations de sécurité rédigées en termes vagues (« état de l’art », « meilleurs efforts ») sans standard mesurable, sans droit d’audit, sans référentiel opposable. Troisième faiblesse : les délais de noti- fication d’incident, rarement calés sur les fenêtres courtes du RGPD et de NIS 2, ce qui prive le client de toute réaction utile. Quatrième point, le plus négli- gé : la cascade contractuelle. NIS 2 fait de la chaîne de sous-traitance un risque réglementé, mais les contrats répercutent rarement les obligations vers les fournisseurs de second rang. Mes priorités : adosser l’architecture de responsabilité à un scénario de si- nistre chiffré ; imposer des obligations de sécurité mesurables, auditables et reliées à un référentiel ; aligner les dé- lais de notification sur la loi ; et faire descendre ces obligations tout au long de la chaîne. Une clause d’assurance cyber cohérente avec ce dispositif com- plète l’ensemble. Quels sont les sujets de vigilance aujourd’hui ? Trois chantiers dominent. NIS 2 d’abord : la directive n’est toujours pas transposée en France, la loi dite « Résilience » restant en attente d’examen (mais attendre serait une er- reur). Les fondamentaux sont stables, l’ANSSI a publié son Référentiel Cyber France en mars 2026, et la menace d’une procédure d’infraction annonce un calendrier resserré une fois le texte voté ; les entreprises qui auront ca- pitalisé sur leur socle RGPD aborde- ront l’échéance sereinement. L’AI Act ensuite : le Digital Omnibus, voté au Parlement le 16 juin 2026, reporte au 2 décembre 2027 les obligations sur les systèmes à haut risque, sans sus- pendre ni les pratiques interdites, ni la littératie de l’IA, ni les règles sur les modèles à usage général ; de nou- velles interdictions, dont les contenus intimes non consensuels, s’applique- ront dès décembre 2026. Ce report est une fenêtre pour cartographier ses usages, pas un prétexte à l’inaction. DORA, déjà applicable, déplace l’atten- tion vers le risque numérique des tiers. S’y ajoutent le Data Act et l’EHDS, qui ouvrent l’ère du partage encadré des données, y compris de santé. Le fil rouge de tous ces textes est identique : gouvernance, traçabilité, maîtrise de la chaîne de valeur (d’où l’intérêt de raisonner par socle commun plutôt que texte par texte). COORDONNÉES : edouard.lemoalle@adaltys.com Adaltys Avocats 20 av. de l'Opéra 75001 Paris 01 53 45 92 22 CONTACT :DOSSIER R?DACTIONNEL COORDONN? ET R?ALIS? PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES ATO U T R I S K MANAGER À quel moment de la chaîne de gestion des sinistres l'avocat apporte-t-il le plus de va- leur - en amont, dans le cadre de l’orienta- tion du dossier, ou en aval, quand le litige est déclaré ? La valeur ajoutée de l'avocat intervient très en amont, dès les premières décisions à prendre sur un sinistre d’envergure. Trop souvent, l’avocat est saisi « en catas- trophe », lorsque les contestations appa- raissent, voire après une assignation. Or, la phase initiale du conseil dans la stratégie juridique et assurantielle est primordiale. Un dossier mis sur les bons rails dès le dé- part a toutes les chances d’être résolu dans des conditions favorables. La qualification du sinistre, l’articulation entre les garan- ties, la mise en œuvre d’exclusions ou de li- mites, la direction de procès sont autant de questions ayant des incidences juridiques importantes. Il est bien sûr possible de « rattraper le coup » une fois le litige dé- claré, mais dans des conditions dégradées et souvent plus onéreuses. Nos clients l’ont bien compris et nous observons ces der- nières années des saisines plus en amont, soit sur une phase pure de conseil/consul- tation, soit sur un accompagnement pré- coce en coordination avec tous les acteurs : assureur, assuré, courtier, expert et avocat, afin de construire une stratégie commune, cohérente et efficace. Dans votre pratique, quels sont les angles morts les plus fréquents dans les montages assurantiels des entreprises françaises ? Les pertes d'exploitation sans dommages matériels constituent l’un des angles morts les plus fréquents. Les assureurs sont très prudents sur ce type de risques, notamment depuis les évènements du type « gilets jaunes » / émeutes urbaines ou « Covid », mais aussi en raison du développement de la « cyber-dépendance » croissante de la chaîne logistique : les entreprises subissent une chute d'activité en raison de décisions de fermeture administrative, d’impossibi- lités d'accès, de rupture d'approvisionne- ments. Or la majorité des polices dommages aux biens conditionnent la garantie pertes d'exploitation à la survenance d'un dom- mage matériel. Certains assureurs offrent certes des garanties additionnelles « PE sans dommages » (le plus souvent pour le secteur des grands risques), mais dans des conditions très encadrées et avec des sous-limites peu élevées. Les entreprises doivent donc recourir à des montages in- ternes du type « captives » afin de mieux anticiper et couvrir ce type de risques, mais cela nécessite de mobiliser des capi- taux importants. L’actualité nationale et internationale de ces dernières années ne milite pas en faveur d’un changement de tendance sur ce segment. Responsabilité Civile générale, rappels pro- duits, responsabilité environnementale : certains de ces risques vous semblent-ils encore structurellement sous-estimés ? Le rappel de produits reste sous-assuré en France, en particulier chez les PME et ETI qui perçoivent ce risque comme réservé aux grands groupes agroalimentaires ou auto- mobiles. Or, les obligations de traçabilité et de sécurité se sont durcies pour tous les secteurs. Au-delà du coût immédiat du retrait des produits, les conséquences en ADRIEN & ASSOCIÉS : SINISTRES ET ASSURANCE : INTERVENIR TÔT, PENSER GLOBAL Membre de la FDCC et de l'AMRAE, Christophe Adrien, associé fondateur d'Adrien & Associés, défend une vision trans- versale du droit des assurances : l'avocat n'est pas le recours de la dernière heure, mais un partenaire stratégique à mobiliser dès les premières décisions. Entre angles morts des montages assurantiels, médiation et gestion des si- nistres complexes, il partage une conviction : juristes et risk managers ont tout à gagner à travailler ensemble. Maître Christophe Adrien, Associé Fondateur et Dirigeant de la société d’avocats « Adrien & Associés » DOSSIER RÉDACTIONNEL COORDONNÉ ET RÉALISÉ PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES 1q.3,?7?,*,0 matière d'image, de réputation, de relation avec les distributeurs et de continuité d'activité peuvent être considérables. Sur la RC générale, le point de vigi- lance porte sur la multiplication des exclusions, qui peuvent priver l'as- suré de garantie dans le cadre de si- nistres pourtant assez traditionnels. L’évolution de la jurisprudence et les nouvelles obligations réglementaires exposent aussi davantage les entre- prises et leurs dirigeants, qui ne sont souvent pas suffisamment couverts par leur programme d’assurance. Enfin, il existe un durcissement du droit de la responsabilité pour at- teinte à l'environnement. Au-delà des dommages accidentels à l'en- vironnement, les entreprises sont confrontées à des exigences renfor- cées en matière de prévention, de ré- paration et de conformité. Les coûts de dépollution, de remise en état des sites ou de restauration des milieux naturels peuvent être considérables, sans toujours relever des garanties classiques de responsabilité civile. Vous pratiquez la médiation en com- plément du contentieux. Dans un li- tige assurantiel complexe, quand la voie amiable est-elle réellement plus efficace et quelles en sont les limites ? Mon intérêt pour les techniques de médiation inter-entreprises auprès du CMAP remonte déjà à plus de quinze ans. En matière d'assurance, les dif- férends portent essentiellement sur le montant de l'indemnisation. Il peut exister des points de blocage, que les parties et leurs conseils ne parviennent pas à surmonter ; plutôt que de se résoudre à un contentieux devant les tribunaux, la médiation constitue alors une issue qui n’est pas encore assez explorée de nos jours. Elle permet notamment de dépasser les positions juridiques pour recher- cher une solution économiquement acceptable. Elle présente l'avantage de la confidentialité, de délais plus courts et d'une meilleure maîtrise des coûts, autant de critères qui sé- duisent le monde de l’entreprise. Sa seule limite se trouve justement dans sa souplesse, puisqu’il s’agit d’un processus non contraignant. Même si les textes les plus récents (Décret du 18 juillet 2025) et les Tribunaux incitent de plus en plus les parties à recourir aux modes alterna- tifs de règlement des différends, lors- qu'une partie refuse toute concession ou estime que ses droits ne sont pas suffisamment préservés, elle peut se retirer du processus de médiation. Le recours au juge demeure alors incon- tournable. La médiation n'est donc pas une alternative systématique au contentieux ; elle en est un complé- ment stratégique. Vous appartenez à la fois à la FDCC et à l'AMRAE. Que devrait davantage partager le monde juridique avec ce- lui du risk management ? La FDCC, organisation américaine regroupant des juristes et avocats de plusieurs pays, spécialistes des assurances et des risques de respon- sabilité, et l'AMRAE m’ont convain- cu que l'avocat doit comprendre les contraintes opérationnelles des en- treprises et les réalités économiques auxquelles les risk managers sont confrontés. Inversement, les respon- sables des risques doivent intégrer la dimension juridique dans leurs ré- flexions sur la prévention et les pro- grammes d'assurance. Les risques auxquels les entre- prises sont confrontées sont mul- tidimensionnels : climatiques, technologiques, cyber, réglemen- taires, réputationnels ou géopo- litiques. Aucun acteur ne peut les appréhender seul. La véritable valeur réside dans une approche transver- sale, où juristes, assureurs, courtiers, experts et risk managers construisent ensemble une stratégie de résilience. C'est précisément dans cette logique de partenariat que l'avocat trouve aujourd'hui toute sa place, en appor- tant sa maîtrise et sa connaissance des risques juridiques et judiciaires. COORDONNÉES : Adrien & Associés Me Christophe Adrien Avocat Associé au Barreau de Paris 27, rue La Boétie 75008 Paris 01 43 12 56 00 christophe.adrien @adrien-avocats.com www.adrien-avocats.comDOSSIER RÉDACTIONNEL COORDONNÉ ET RÉALISÉ PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES ATO U T R I S K MANAGER Comment Clyde & Co se positionne-t-il sur le marché parisien ? Clyde & Co se distingue par l’ancienne- té de son implantation et par la combi- naison d’une couverture mondiale avec une compétence sectorielle homogène. Nos 70 bureaux disposent d’une pra- tique assurantielle, permettant de trai- ter les dossiers transfrontaliers avec une culture juridique et opérationnelle com- mune. Cette organisation prend toute sa va- leur dans les crises majeures, sanitaires, géopolitiques ou financières. Le cabinet peut désigner un interlocuteur unique auprès des directions générales, puis coordonner une stratégie harmonisée dans les juridictions concernées. Sa force tient autant à l’étendue du réseau qu’à son intégration effective et à la pratique commune des grands risques. La dimension internationale est-elle de- venue une condition de traitement des risques contemporains ? Oui, dans de nombreux dossiers. Les risques contemporains, crises sanitaires, conflits armés, cyberattaques ou événe- ments climatiques, produisent rarement des effets exclusivement locaux. Pour un assureur, l’enjeu est de maintenir une ligne d’analyse cohérente, de l’interpré- tation des polices à la stratégie de règle- ment ou de contentieux. Cette exigence suppose aussi des moyens. Les clients attendent des ré- ponses plus rapides, structurées et lisibles. La taille du cabinet permet d’in- vestir dans des outils d’intelligence ar- tificielle, tout en conservant la rigueur indispensable aux sinistres complexes en s’appuyant sur les experts locaux. Quel rôle joue le cabinet dans les crises politiques ? L’intervention peut être préventive ou contentieuse. Dès la survenance de l’évé- nement, le cabinet audite les polices, examine les garanties par typologie de risque et aide les directions juridiques et les équipes sinistres à mesurer leur ex- position, anticiper les difficultés d’ap- plication et définir une stratégie. Lorsque les sinistres surviennent, nous participons à la mise en œuvre et l’adap- tation de la stratégie aux côtés de nos clients et les aidons dans la centralisa- tion de l’information au travers d’outils dédiés. Les conflits récents au Moyen- Orient illustrent la nécessité d’une ré- ponse rapide, mais prudente, car cette configuration est en partie inédite. Le cyber est-il désormais un risque assu- rantiel comme les autres ? Le cyber est pleinement entré dans le champ assurantiel, même s’il conserve une technicité propre. Clyde & Co s’y est intéressé très tôt, lorsque les polices étaient encore peu nombreuses. Les premiers sinistres importants traités en France remontent à 2018, avant la vague de 2019-2021, marquée par les attaques par chiffrement, les paralysies de sys- tèmes et les pertes d’exploitation. CLYDE & CO : L’ASSURANCE À L’ÈRE DES RISQUES COMPLEXES Fondé à Londres en 1933 avec un fort tropisme maritime, Clyde & Co compte plus de 70 bureaux dans le monde, dont un à Paris depuis 1992. Doté d’une forte identité sectorielle, le cabinet couvre l’ensemble du champ de l'assurance non-vie et de la réassurance. Outre l’accompagnement des assureurs sur les questions de garantie, il intervient sur les contentieux de responsabilité professionnelle, risques industriels, maritime, aérien et l’assistance dans la gestion des incidents cyber. David Meheut, associé gérant du bureau de Paris DOSSIER RÉDACTIONNEL COORDONNÉ ET RÉALISÉ PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES 1q.3 , ?F? ,*,0 Sur le plan juridique, un sinistre cyber demeure soumis aux méca- nismes classiques du droit des as- surances, mais la temporalité du dossier est différente et se posent souvent des questions de confor- mité. Les polices cyber répondent-elles mieux aux besoins du marché ? Elles ont nettement évolué. Après la vague de sinistres de 2019 à 2021, le marché s’est durci, avec hausse des primes et resserrement des garanties, puis s’est progres- sivement rouvert avec des couver- tures mieux adaptées. La garantie « bricking » illustre cette évolution : un incident peut imposer un nouveau système d’ex- ploitation et rendre les machines existantes incompatibles. Cette obsolescence matérielle provoquée par le sinistre, autrefois peu cou- verte, l’est davantage aujourd’hui. Quels sont les prochains défis du cyber ? L’intelligence artificielle constitue le premier défi : elle rend certaines attaques plus accessibles, facilite l’identification des failles et accé- lère l’exploitation des systèmes, ce qui pourrait accroître fréquence et intensité des sinistres. Le second défi de l’assurance cyber est l’informatique quantique, sus- ceptible de fragiliser les modèles actuels de chiffrement. S’y ajoute la conformité, devenue centrale dans les dossiers de rançon, en termes de sanctions internatio- nales, de blanchiment et de légis- lations locales. Quels contentieux voyez-vous émer- ger en matière environnementale ? Le contentieux ESG connaît un réel essor. La France est très active, notamment avec le devoir de vigi- lance. ONG, associations, pouvoirs publics et victimes utilisent les juridictions pour engager la res- ponsabilité d’entreprises sur des enjeux environnementaux, sociaux ou de droits humains. La chambre spécialisée du tribunal de Paris et les premières condamnations indemnitaires sont des signaux importants, en particulier pour l’industrie, l’énergie et la finance. Qu’observez-vous sur les lignes financières ? Les lignes financières couvrent l’assurance des institutions finan- cières, des dirigeants et parfois la responsabilité civile profes- sionnelle. Les dossiers liés aux cryptoactifs et au financement participatif se multiplient, avec des questions de gouvernance, de conflits d’intérêts, de responsabi- lité, de faillite et de garantie. Ces contentieux naissent souvent du décalage entre l’innovation financière, les attentes des in- vestisseurs et une stabilisation progressive de la réglementation. Pour les assureurs, il faut traiter des flux de réclamations parfois importants tout en analysant ri- goureusement responsabilités et garanties. Quels nouveaux champs de pratique développez-vous ? Nous surveillons l’ensemble des risques émergents au travers de groupes de travail internationaux, par exemple sur l’IA, les installa- tions nucléaires, les PFAS, l’addic- tion aux réseaux sociaux… Le marché de l’art est en expansion chez nous, porté par des enjeux d’assurance de plus en plus variés, qui vont de la protection des col- lections publiques ou privées aux litiges liés à la provenance des œuvres, en passant par les risques de conformité et de criminalité fi- nancière. L’assurance de garantie de passif prend une part croissante de nos activités. L’expertise du cabinet dans la gestion de ce type de dos- sier s’appuie sur la connaissance des opérations corporate et l’ex- pertise assurantielle. Quelle approche guide votre accom- pagnement des assureurs ? L’accompagnement des assureurs ne relève que très rarement d’une logique contentieuse. Il s’inscrit dans une démarche d’évaluation, d’anticipation et de résolution. L’objectif n’est pas d’éviter systé- matiquement le paiement, mais de déterminer si la garantie est mobi- lisable, à quel moment et pour quel montant. Le conseil aide l’assureur à comprendre le risque, sécuriser sa position et trouver un équilibre entre rigueur juridique, efficacité opérationnelle et facteur humain. David.Meheut@clydeco.fr CONTACT : 18-20 Rue Treilhard - 75008 Paris Tél : +33 1 4443 8888 Fax : +33 1 4443 8877 www.clydeco.com COORDONNÉES :DOSSIER R?DACTIONNEL COORDONN? ET R?ALIS? PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES ATO U T R I S K MANAGER DOSSIER R?DACTIONNEL COORDONN? ET R?ALIS? PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE Cornet Vincent Ségurel accompagne les industriels, les mutuelles et les compagnies d’assurance dans toute la complexité de leurs enjeux assurantiels. 20 avocats, avec plus de 30 ans d’expertise, sont à votre service en France et à l’international. EXPERT DES RISQUES ET DE L’ASSURANCE DEPUIS PLUS DE 30 ANS BORDEAUX | LILLE | LYON | NANTES | PARIS | RENNES Un accompagnement 360° en droit des assurances ›Risques industriels et technologiques ›Responsabilité routière et ferroviaire ›Assurance Dommages ›Assurance Construction ›Responsabilité civile professionnelle ›Responsabilité médicale et pharmaceutique ›Responsabilité des dirigeants et mandataires sociaux ›Assurance de personnes (vie, retraite, prévoyance) NOS PARTENAIRES 1q.3,?7?,*,0 Vous représentez des compagnies d'assu- rance dans leurs litiges et des entreprises pour la gestion de leurs risques industriels. Quelle est votre approche sur ce type de dossiers ? Ces dossiers ne se traitent pas en silo. Un si- nistre industriel mobilise rarement un seul pan du droit : on touche simultanément au droit des assurances, des contrats, au contentieux commercial, à l'environnement, au droit du travail, parfois à la santé ou au pénal. Notre approche est donc résolument transverse. Intervenir pour une compagnie, c'est aussi comprendre les contraintes de l'entreprise assurée. Conseiller une entreprise, c'est anti- ciper les positions de ses assureurs en cas de sinistre. Cette double lecture permet d'iden- tifier tôt les fragilités juridiques et d'apporter des réponses à 360°, sur le fond comme sur la procédure. L'expertise judiciaire est souvent un mo- ment charnière. Quels sont les écueils les plus fréquents à ce stade ? L'écueil principal, c'est la confiance exces- sive des industriels dans leur propre expertise technique. Maîtriser son process et ses équipe- ments ne suffit pas à se défendre : c'est une er - reur qui peut coûter cher. L'expertise judiciaire est un exercice à part entière, avec ses règles, ses usages et sa temporalité. Savoir quand intervenir, formuler une observation, contes- ter un dire adverse ou orienter les opérations sans paraître obstructif, tout cela s'apprend. Se présenter seul face à un expert judiciaire, sans avocat rompu à cet exercice, c'est risquer de laisser s'installer des constats défavorables difficiles à remettre en cause ensuite. Vous avez été Bâtonnier de Lyon en 2024- 2025. Ce rôle a-t-il modifié votre regard sur la place de l'avocat dans la gestion des risques d'entreprise ? Il l'a surtout confirmé. Ce mandat m'a conduit à dialoguer avec les institutions judiciaires, mais aussi avec le monde de l'entreprise : chambres de commerce, fédérations, organisations pa- tronales. L'avocat est un rouage entre deux univers qui se parlent encore trop peu et trop tard. Membre de l'AMRAE, je mesure à quel point les risk managers font exception : ils ont la culture de l'anticipation et n’attendent pas le sinistre pour se poser les bonnes questions juri- diques. Les avocats spécialisés ont tout intérêt à construire avec eux une relation régulière, bien en amont de toute crise. Vous formez des experts judiciaires et des acteurs de l'assurance. Quels réflexes fon- damentaux un risk manager doit-il intégrer pour piloter un sinistre de bout en bout ? Le premier réflexe, non négociable : constituer immédiatement l'équipe de défense, avant même d'en mesurer l'ampleur exacte. Elle ré- unit trois acteurs : l'industriel, qui apporte la connaissance du terrain ; l'expert, qui pose un regard technique distancié ; et l'avocat, qui structure la défense et anticipe les procédures. Ce qui fait la différence, c'est leur capacité à travailler en symbiose. Quand cette cohérence est au rendez-vous dès le premier jour, on évite les contradictions, on préserve les preuves, on parle d'une seule voix. Quand elle fait défaut, on passe le reste du dossier à réparer des erreurs initiales qui le polluent. CORNET VINCENT SÉGUREL SINISTRE INDUSTRIEL : CONSTITUER L'ÉQUIPE DE DÉFENSE DÈS LE PREMIER JOUR Expertise judiciaire, double lecture assureur-assuré, anticipation des risques juridiques : Alban Pousset-Bougère, avo- cat associé de Cornet Vincent Ségurel et ex-Bâtonnier de Lyon, livre une approche sans concession de la gestion des sinistres industriels. Son message aux risk managers : la cohérence de l'équipe de défense fait toute la différence. Alban Pousset-Bougère, Avocat Associé apoussetbougere@cvs-avocats.com 04 72 69 45 25 CONTACT :DOSSIER RÉDACTIONNEL COORDONNÉ ET RÉALISÉ PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE Cornet Vincent Ségurel accompagne les industriels, les mutuelles et les compagnies d’assurance dans toute la complexité de leurs enjeux assurantiels. 20 avocats, avec plus de 30 ans d’expertise, sont à votre service en France et à l’international. EXPERT DES RISQUES ET DE L’ASSURANCE DEPUIS PLUS DE 30 ANS BORDEAUX | LILLE | LYON | NANTES | PARIS | RENNES Un accompagnement 360° en droit des assurances ›Risques industriels et technologiques ›Responsabilité routière et ferroviaire ›Assurance Dommages ›Assurance Construction ›Responsabilité civile professionnelle ›Responsabilité médicale et pharmaceutique ›Responsabilité des dirigeants et mandataires sociaux ›Assurance de personnes (vie, retraite, prévoyance) NOS PARTENAIRES ATO U T R I S K MANAGER L'intelligence artificielle est en train de transformer l'exercice du droit. Selon vous, s'agit-il d'une simple évolution des outils de travail ou d'un changement plus profond du métier d'avocat ? Il faut à mon sens distinguer deux sujets. L'IA doit naturellement être intégrée dans le cabinet d’avocat, comme dans toute entreprise, comme un nouvel outil comme un autre, sur l’ensemble des fonc- tions supports. Ceux qui ne le font pas, par incompréhension, manque d’appé- tence ou de maîtrise technique, ou par défiance idéologique, auront donc un dé- savantage concurrentiel certain et donc, à terme, un sérieux problème. La question se pose différemment s’agis- sant du cœur de notre métier : l’analyse et l’accompagnement juridique du client, ainsi que notre production : notes d’ana- lyse, contrats ou actes de procédure. A cet égard je suis beaucoup plus réservé. Compte tenu de la courbe d’apprentissage – vertigineuse – je ne doute pas que l’IA pourra faire aussi bien que nous, voire mieux, et cela dès demain, pas après-de- main. Après tout, que faisons-nous, ju- ristes, si ce n’est manier du langage, ce qui rentre justement dans la définition des IA actuelles : Large Language Model ? Faut il pour autant utiliser l’IA sur notre cœur de métier ? J’en doute. Car la véri- table question n'est pas celle de la per- formance de l'outil, indiscutable, mais celle de la responsabilité et celle de la compétence. Si c’est pour faire tourner aveuglément une IA, nos clients n’auront pas besoin de nous et ils feront des éco- nomies. Ce que l’on attendra toujours de nous demain, c’est que l’on garantisse un travail de qualité, peu importe comment il est fait. La promesse de l’IA, c’est : l’IA fait, vous contrôlez, vous gagnez du temps, c’est formidable. Je crains que ce ne soit qu’une illusion. Car le contrôle ef- fectif suppose - dans notre métier tout du moins - des qualifications, des connais- sances pointues sans cesse entretenues de règles qui évoluent en permanence, du travail d’examen du dossier, un travail de rédaction par laquelle la pensée se met en forme, progresse et se précise. C’est à dire : du temps. Du temps de cerveau dis- ponible, pour reprendre la formule d’un célèbre patron de chaîne de télévision. Et je ne vois donc pas comment on peut se passer de ce temps, en déléguant le tra- vail à l’IA, sans perdre la capacité d’exer- cer un contrôle réel sur ce qu’elle fait, contrôle qui ne peut plus alors être que purement formel. L'IA soulève également une question es- sentielle de formation et de transmission des compétences et donc sur la possibi- lité même d’exercer le contrôle sur l’IA. Les jeunes collaborateurs apprennent leur métier en recherchant, en rédigeant, en se trompant parfois et en développant progressivement leurs connaissances ju- ridiques d'un droit de plus en plus dense et complexe, leur capacité d'analyse, de rédaction. Si les réponses et livrables leur sont systématiquement fournies par un outil, fut il parfait, le risque est de voir CPC : IA ET RESPONSABILITÉ DES ENTREPRISES : NE PAS CONFONDRE VITESSE ET PRÉCIPITATION L'intelligence artificielle promet de transformer le métier d'avocat. Mais Benjamin Potier, avocat au cabinet COIC CPC, appelle à la prudence : déléguer sans maîtriser, c'est prendre un risque. Un regard lucide et sans concession sur deux des grandes mutations qui redessinent le monde de l'entreprise et qui iterpellent directement les risk managers. Benjamin Potier, Avocat, Cabinet COIC CPC DOSSIER RÉDACTIONNEL COORDONNÉ ET RÉALISÉ PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES 1q.3,?7?,*,0 émerger une génération de profes- sionnels, certes capables d'utiliser la technologie – mais n’est ce pas le propre de ces IA que d’être uti- lisables par n’importe qui ? - mais incapables d’en contrôler véritable- ment le contenu. Voici pourquoi je réfléchis à un label « garanti sans IA »… Plus sérieuse- ment, ma recommandation serait plutôt de faire dans l'autre sens : l'humain fait, puis il se sert de l'IA pour vérifier et améliorer son tra- vail. Car si l’erreur est humaine, l’IA peut la débusquer, et c’est précieux. Cette réflexion dépasse d'ailleurs largement le cadre de la profession d'avocat. Toutes les entreprises sont confrontées au même défi : tirer parti d'un outil extrêmement performant sans affaiblir les com- pétences humaines qui permettent précisément d'en contrôler les ré- sultats. L'enjeu des prochaines années ne sera donc pas seulement l'adoption de l'intelligence artifi- cielle, mais la préservation de l'ex- pertise, du discernement et du sens critique qui demeurent au cœur de tout métier et de toute décision stratégique. Quelle est, selon vous, l'évolution la plus marquante de la respon- sabilité des entreprises au cours des dernières décennies ? Selon moi, c’est l’extension conti- nue du champ de la responsabilité des entreprises, qui s'accompagne paradoxalement d'une forme de di- lution de cette même responsabilité. Pendant longtemps, la logique était relativement simple : chaque ac- teur économique était responsable de son activité, de ses produits, de ses services et des conséquences directes de ses décisions. Sa seule obligation consistait à exercer correctement son métier, dans le respect des règles qui lui étaient applicables. Cette approche a profondément évolué. Aujourd'hui, l'entreprise ne se voit plus seulement demander de maîtriser les risques liés à son acti- vité propre. Elle s’est vue progres- sivement investie d'une mission beaucoup plus large, consistant à contribuer à la résolution d'un nombre croissant de probléma- tiques sociétales : santé et sécuri- té des collaborateurs, protection des consommateurs, lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, protection des données personnelles, respect des droits humains, transition environnemen- tale, réduction de l'empreinte car- bone, prévention de la corruption, cybersécurité, pour ne citer que quelques exemples. Plus encore, il ne lui est plus seu- lement demandé de répondre de ses propres comportements. On lui impose désormais de contrôler et répondre de ses partenaires, four- nisseurs, sous-traitants ou inter- médiaires, parfois à l'autre bout du monde. Parallèlement, on observe une per- sonnalisation croissante de la res- ponsabilité. Les dirigeants sont de plus en plus fréquemment exposés à des mises en cause individuelles, et de nature pénale, pour des faits et actions s'inscrivant dans le cadre de l'activité de l'entreprise. Ce mouvement est profond, durable et probablement irréversible. Il tra- duit une attente croissante de la so- ciété à l'égard des entreprises et de leurs dirigeants, en particulier lors- qu'elles disposent d'une certaine taille, d'une forte visibilité média- tique ou d'un pouvoir économique significatif. Cette évolution soulève néanmoins plusieurs interrogations. À vouloir faire de l'entreprise un acteur char- gé de prévenir ou de corriger l'en- semble des dysfonctionnements de la société, ne risque-t-on pas de lui attribuer des responsabilités qui dépassent son objet même et son domaine de compétence ? Certaines organisations se trouvent au- jourd'hui conduites à intervenir sur des sujets qui relèvent tradition- nellement de la sphère politique ou de l'action publique. Est-ce leur rôle ? Aujourd’hui les objectifs qui leur sont fixés sont relativement consensuels. Quid de demain ? On peut aussi se demander si l'extension permanente du cercle des responsables ne produit pas parfois l'effet inverse de celui re- cherché. Lorsqu'un nombre crois- sant d'acteurs devient responsable de tout, le risque existe que plus personne ne se considère vérita- blement responsable de quoi que ce soit. À force d'élargir les obliga- tions de surveillance, de contrôle et de prévention à des acteurs toujours plus nombreux, on finit par diluer la responsabilité au point d'atténuer celle des auteurs réels des manque- ments ou des dommages. L'un des enjeux majeurs des an- nées à venir sera probablement de trouver un équilibre entre cette as- piration légitime à une plus grande responsabilité des entreprises et la nécessité de conserver des péri- mètres d'obligations clairs, cohé- rents et compatibles avec leur rôle économique premier. bpotier@cpcassocies.com Benjamin POTIER Avocat à la Cour 9, rue Boissy d'Anglas - 75008 Paris Tél. +33 (0) 1 43 12 79 79 Mob +33 (0) 6 64 45 94 99 bpotier@cpcassocies.com www.cpcassocies.com CONTACT : COORDONNÉES :DOSSIER R?DACTIONNEL COORDONN? ET R?ALIS? PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES ATO U T R I S K MANAGER Vous exercez depuis près de trente ans aux barreaux de Paris et de Munich. En quoi cette double culture juridique franco-alle- mande constitue-t-elle un avantage décisif pour vos clients face au risque industriel transfrontalier ? Le double barreau permet d'abord une culture plus internationale - juridique, ju- diciaire et linguistique - mais surtout une capacité à construire des ponts entre des pratiques professionnelles et des cultures d'entreprise très différentes. La façon d'appréhender un sinistre industriel n'est pas la même des deux côtés du Rhin. En Allemagne, l'approche est pragmatique : on cherche à réparer au plus vite pour re- démarrer l'outil industriel, minimiser le dommage et permettre une reprise rapide de l'activité. En France, les parties sont souvent plus soucieuses de préserver leurs recours et leurs garanties d'assurance, et de construire une demande indemnitaire solide face au responsable présumé. Cette différence d'approche, lorsqu'elle n'est pas anticipée, génère une incompréhension susceptible d'aggraver les conséquences fi- nancières du sinistre et d'endommager du- rablement les relations commerciales entre les parties. Grâce à notre double culture, nous pouvons minimiser ces risques et ai- der nos clients à trouver des solutions éco- nomiques bien plus rapides que par la voie procédurale classique. Le risque industriel est au cœur de l'exper- tise d'EBA Endrös-Baum Associés. Comment ce domaine a-t-il évolué depuis la création de votre cabinet, et quelles sont les nou- velles typologies de risques qui mobilisent aujourd'hui vos équipes ? L'évolution est considérable. À notre créa- tion, en 1996, le marché français était do- miné par une approche procédurale quasi systématique, y compris pour des sinistres fréquents à enjeux limités - des dossiers dont la valeur du litige tournait entre 30 000 et 100 000 euros. Ces dossiers engor- geaient les juridictions et généraient des frais considérables pour les compagnies d'assurance comme pour les entreprises concernées. Ils ont aujourd'hui prati- quement disparu : les compagnies d'as- surance privilégient désormais le « total cost of claim » plutôt que de chercher à « gagner » une procédure à coût élevé. Les sinistres de fréquence sont désormais traités par intelligence artificielle, de fa- çon quasi instantanée, sans intervention d'experts ni d'avocats. Notre cabinet s'est donc logiquement re- positionné sur les litiges exceptionnels, complexes et transfrontaliers à fort enjeu. Pour ces dossiers, nous privilégions autant que possible les modes alternatifs de rè- glement des différends et les procédures participatives, y compris sur des sujets très techniques. Sur le plan des typologies de risques, l'évo- lution reflète en partie la désindustrialisa- tion progressive de la France. Nos premiers dossiers portaient sur des équipements mécaniques classiques : engins de chan- tier, de levage, moteurs thermiques, ma- chines-outils, construction d'installations EBA ENDRÖS-BAUM ASSOCIÉS : RISQUE INDUSTRIEL : LA DOUBLE CULTURE COMME AVANTAGE STRATÉGIQUE Trente ans de pratique aux barreaux de Paris et de Munich, une spécialisation affirmée sur les litiges industriels com- plexes et transfrontaliers : Florian Endrös a construit EBA Endrös-Baum Associés sur une conviction : la double culture juridique franco-allemande est bien plus qu'un atout linguistique, c'est un levier de résolution des conflits. Rencontre avec un avocat qui préfère les solutions aux procédures. Florian Endrös, Avocat Fondateur, Cabinet EBA Endrös-Baum Associés DOSSIER RÉDACTIONNEL COORDONNÉ ET RÉALISÉ PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES 1q.3 , ?F? ,*,0 lourdes. Aujourd'hui, les risques se sont modernisés. Les énergies re- nouvelables ont d'abord généré une nouvelle vague de sinistres - éo- liennes, modules photovoltaïques, câbles et boîtiers de connexion à l'origine de nombreux incendies. Désormais, ce sont les batteries lithium-ion qui concentrent une part croissante de notre activité : omniprésentes dans les aspirateurs, climatiseurs, véhicules électriques, trottinettes et bornes de recharge, elles sont à l'origine d'incendies dont la fréquence et la gravité aug- mentent. Les dispositifs médicaux constituent également un secteur en forte croissance. Enfin, nos litiges sont de plus en plus internationaux, avec des sous-traitants et fournis- seurs asiatiques de plus en plus im- pliqués, ce qui soulève des questions juridiques d'une complexité nou- velle. Lorsqu'un sinistre industriel majeur survient, quel est le rôle concret de l'avocat spécialisé, et à quel stade son intervention est-elle décisive ? L'intervention doit être immédiate, dès les premières manifestations du désordre. L'avocat spécialisé tra- vaille de concert avec la compagnie d'assurance et l'entreprise indus- trielle pour gérer et minimiser les risques. Sa spécialisation le conduit à collaborer étroitement avec les ex- perts techniques et financiers pour comprendre la technicité du sinistre, poser les bonnes questions et anti- ciper les zones à risque, c'est-à-dire les points techniques susceptibles d'être retenus à charge, même lors- qu'ils ne constituent pas une véri- table cause du sinistre. La mise en place immédiate d'une équipe réunissant les techniciens de l'industriel, les experts et l'avo- cat est primordiale. Cette relation est comparable au lien de confiance entre un patient et son médecin : l'avocat ne peut intervenir efficace- ment que s'il est pleinement informé des forces et des faiblesses du pro- duit et du dossier. C'est cette infor- mation qui lui permet d'anticiper les questions techniques adverses et de préparer les réponses appropriées. Les risk managers sont de plus en plus impliqués en amont. Comment travaillez-vous avec eux, et que leur conseilleriez-vous pour mieux anti- ciper l'exposition juridique de leur organisation ? Depuis de nombreuses années, nous dispensons des formations aux res- ponsables techniques et aux tech- nico-commerciaux de nos clients industriels. Le premier enjeu est la documentation des discussions pré-contractuelles. La mise au point d'un marché ou d'une installation intervient souvent après la conclu- sion du contrat, et les dérogations techniques qui s'accumulent ensuite ne font que rarement l'objet d'ave- nants formels. En droit français, cela conduit immédiatement à une non-conformité susceptible d'enga- ger la responsabilité de l'industriel. Le deuxième enjeu concerne la for- mation des clients exploitants, sou- vent insuffisamment formalisée, qu'il s'agisse de son contenu, des personnes formées ou des points d'attention transmis. Un sinistre ultérieur peut transformer cette la- cune en risque juridique majeur. Dans un contexte de durcissement réglementaire, comment les entre- prises doivent-elles faire évoluer leur approche du risque juridique industriel ? La veille juridique et réglementaire est désormais indispensable, et doit parfois être externalisée tant le rythme du changement réglemen- taire s'accélère. La mise en place de procédures internes systématiques pour anticiper et cadrer le risque est tout aussi essentielle : elles permettent de se préconstituer des preuves du respect du cadre légal. Un point critique concerne la conservation des données. La nou- velle directive européenne sur la responsabilité du fait des produits défectueux renforce très nettement les obligations en la matière. En droit français, la durée de conser- vation peut atteindre jusqu'à vingt ans dans le cadre de la responsabi- lité contractuelle. Les juridictions et les experts judiciaires n'admettent plus qu'un produit ait pu être conçu de façon empirique, sans note de calcul. Il devient alors indispensable de pouvoir justifier a posteriori, par- fois sur des données de conception très anciennes, que le produit était conforme au moment de sa mise en circulation. Cette exigence de traça- bilité est aujourd'hui au cœur de la gestion du risque industriel. florian.endros@eba-avocats.com EBA Endrös-Baum Associés 10 boulevard Malesherbes F-75008 Paris Tel : +33 (0) 1 53 85 81 81 www.eba-avocats.com CONTACT : COORDONNÉES :DOSSIER R?DACTIONNEL COORDONN? ET R?ALIS? PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES ATO U T R I S K MANAGER Herbert Smith Freehills Kramer a la parti- cularité d'agir exclusivement au bénéfice des assurés dans le cadre des conten- tieux assurantiels. En quoi cette posture change-t-elle fondamentalement votre approche des dossiers ? Martin Le Touzé : Elle offre d'abord un confort formidable à nos clients : celui d'avoir la certitude absolue que leur avo- cat n'est soumis à aucun conflit d'inté- rêts. Lorsqu'une grande entreprise est confrontée à un litige sur la couverture d'un sinistre, elle sait que nous allons mobiliser l'ensemble de notre énergie et de notre savoir-faire dans son intérêt ex- clusif, sans ménager l'assureur. C'est une garantie rare sur le marché français, où la majorité des cabinets spécialisés en droit des assurances défendent les assureurs. Nous faisons le choix inverse, et c'est ce qui nous permet de gérer des contentieux d’envergure contre de grands assureurs in- ternationaux. Nicolas Pol : L'absence de conflit d'in- térêts n'est toutefois qu'une partie de l'équation. L'autre tient à notre culture du contentieux, qui est l'un des mar- queurs historiques d'Herbert Smith Freehills Kramer. Lorsqu'un litige de cou- verture survient, nous l'appréhendons comme un contentieux stratégique à part entière, susceptible d'avoir des consé- quences financières, opérationnelles ou réputationnelles majeures pour l'entre- prise concernée. L'objectif n'est pas né- cessairement d'engager une procédure, mais d'être prêts à la mener lorsque cela s'avère nécessaire et, lorsque c'est pos- sible, de créer les conditions d'une résolu- tion amiable dans l'intérêt de nos clients. Les risques de guerre et les risques po- litiques sont traditionnellement exclus des polices classiques. Comment les en- treprises peuvent-elles se prémunir, et quelles solutions le marché propose-t-il aujourd'hui ? Martin Le Touzé : Les entreprises françaises présentent une vulnérabilité importante sur leurs opérations à l'étranger, dans des zones géographiques instables. On l'a vu récemment avec la crise au Moyen-Orient. HERBERT SMITH FREEHILLS KRAMER : DÉFENDRE L'ASSURÉ : UN CHOIX, UNE EXPERTISE Agir exclusivement pour les assurés, sans conflit d'intérêts : c'est le choix singulier qu'a fait Herbert Smith Freehills Kramer sur le marché français des grands contentieux assurantiels. Martin Le Touzé et Nicolas Pol, associés au sein de ce cabinet, partagent leur lecture des grands enjeux d'assurance pour les risk managers et la culture du contentieux qui, depuis toujours, est la marque de fabrique de leur cabinet. Entretien croisé avec Martin Le Touzé et Nicolas Pol, Associés, Cabinet Herbert Smith Freehills Kramer DOSSIER R?DACTIONNEL COORDONN? ET R?ALIS? PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES 1q.3,?7?,*,0 Ces instabilités peuvent affecter des actifs physiques, des chaînes d'ap- provisionnement ou des investisse- ments à l'étranger. Or, les polices d'assurance classiques excluent bien souvent le risque de guerre. En cas de dommage, les assureurs vont avoir tendance à prétendre que la police ne peut pas être mobilisée. Le marché de l'assurance propose désormais des produits spécifiques - les polices de protection contre les violences politiques - qui per- mettent de couvrir ces événements. Ma recommandation aux entreprises est double : d'abord, réaliser un au- dit complet de leurs polices d'assu- rance, ainsi qu’une cartographie de leurs risques géographiques, en vue de solliciter des couvertures complé- mentaires adaptées. Nicolas Pol : Les risques de violences politiques recouvrent des situations très différentes : guerre déclarée, guerre civile, émeutes, mouvements populaires, terrorisme, sabotage, confiscation ou nationalisation d'actifs par un État, etc. Chacun de ces risques fait l'objet de définitions et de mécanismes de couverture distincts. C’est pourquoi l’audit des programmes d’assurance est indis- pensable. Plus cette analyse est me- née en amont, plus l’entreprise peut ajuster efficacement son programme d’assurance et limiter les mauvaises surprises lorsqu’un sinistre survient. Les captives de réassurance se sont fortement développées, mais at- tirent désormais l'attention de l'ACPR. Quel regard portez-vous sur ce contrôle renforcé ? Martin Le Touzé : Je trouve ce contrôle très positif. Le dévelop- pement des captives a été phéno- ménal : on comptait 4 à 5 captives de réassurance en France en 2018- 2019, pour atteindre 23 en 2025. Ce mouvement traduit une volonté des grandes entreprises d'internali- ser une partie de leur risque, plutôt que de recourir systématiquement au marché de l’assurance. C'est une question de souveraineté dans la gestion du risque, que les risk ma- nagers ont très rapidement perçue. Mais cette internalisation suppose une gouvernance solide. Un contrôle de l'ACPR est donc sain : il contribue à professionnaliser et à sécuriser ce marché en pleine croissance. Les polices Warranty & Indemnity ont explosé dans les opérations de M&A. En quoi changent-elles la dy- namique des négociations ? Nicolas Pol : L'assurance Warranty & Indemnity (W&I) modifie profon- dément la manière dont le risque est réparti dans les opérations de M&A. Concrètement, si après le closing une déclaration du vendeur se ré- vèle inexacte et cause un préjudice à l'acquéreur, la police W&I permet à celui-ci de mobiliser directement l'assureur, sans avoir à engager une procédure contre le vendeur. C'est un changement majeur par rapport au schéma traditionnel. Pour le ven- deur aussi l'avantage est évident : il bénéficie d'un "clean exit", sans risque de recours ultérieur. Ces avan- tages réels expliquent l'engouement pour ce produit. Le développement rapide de ces polices s'accompagne toutefois de nouvelles problématiques conten- tieuses. Il est donc important d’être accompagné par des praticiens maî- trisant à la fois les mécanismes des opérations de M&A et les spécificités du contentieux d'assurance. Quel message commun adressez-vous aux risk managers pour qu'ils tirent le meilleur parti de leurs couvertures et anticipent les contentieux ? Martin Le Touzé : Les polices d'assu- rance sont souvent le résultat d'em- pilements successifs, de clauses ajoutées au fil des renouvellements, sans réelle vision d'ensemble. Malheureusement, les assureurs n'hésitent pas à exploiter des inco- hérences dans la police pour dénier leur couverture en cas de sinistre. Ma recommandation est simple : dès la prise de poste, réaliser une car- tographie complète de ses polices, identifier les zones d'ombre, les ex- clusions et les potentielles contra- dictions entre clauses. Nicolas Pol : Il est utile de se po- ser régulièrement des questions concrètes : que se passerait-il si tel site stratégique devait cesser son activité pendant plusieurs mois à la suite d'une crise sanitaire ou d'un événement géopolitique ? Si une cyberattaque paralysait une activité critique de l'entreprise ? Cet exer - cice de simulation permet souvent de révéler des angles morts dans le programme d'assurance et de prépa- rer au mieux la gestion d'un sinistre avant qu'il ne survienne. nicolas.pol@hsfkramer.com martin.letouze@hsfkramer.com Herbert Smith Freehills Kramer 66 avenue Marceau 75008 Paris CONTACT : COORDONNÉES :DOSSIER R?DACTIONNEL COORDONN? ET R?ALIS? PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES ATO U T R I S K MANAGER Le cabinet Tal&Co intervient à la fois en conseil et en contentieux sur les sujets d’as- surance et de gestion des risques. Dans un contexte où les sinistres se complexifient, comment le rôle de l’avocat spécialisé a-t-il évolué aux côtés des risk managers ? Le rôle de l’avocat spécialisé s’est considé- rablement transformé. Il ne s’agit plus uni- quement d’intervenir une fois le sinistre déclaré pour gérer un contentieux. Face à des risques de plus en plus complexes (cy- berattaques, ruptures de chaînes d’appro- visionnement, défaillances de partenaires stratégiques), l’avocat devient un véri- table partenaire du risk manager. Notre valeur ajoutée consiste à apporter une lecture juridique et stratégique des risques identifiés par l’entreprise. Nous aidons à anticiper les difficultés d’in- terprétation des contrats d’assurance, à sécuriser juridiquement les dispositifs de transfert de risques et à préparer les conditions d’une indemnisation en cas de sinistre. Nous accompagnons également les entre- prises et les risk managers dans la gestion concrète des sinistres, depuis leur décla- ration jusqu’au règlement du dossier. Cela implique d’assister nos clients dans la constitution des éléments justificatifs, la formalisation des réponses aux demandes des assureurs, la participation aux opéra- tions d’expertise et la définition de la stra- tégie à adopter tout au long du processus d’indemnisation. Enfin, nous soulignons que notre expé- rience du contentieux nourrit notre ap- proche préventive : connaître les arguments développés devant les juridictions permet d’identifier en amont les fragilités des pro- grammes d’assurance ou les risques en cas de sinistre. L’avocat devient ainsi un acteur de la résilience de l’entreprise, travaillant en collaboration avec les risk managers, les juristes et les opérationnels. La prévention des risques est l’une des ex- pertises phares de Tal&Co. Concrètement, à quel stade les entreprises devraient-elles systématiquement associer un avocat à leur démarche de gestion des risques ? Le plus tôt possible. Trop souvent, l’avocat est sollicité lorsque le risque (le sinistre) s’est déjà matérialisé. Pourtant, sa pré- sence est utile dès la phase d’identification et d’évaluation des risques de l’entreprise, et également au cours de la phase contrac- tuelle. Lors de la négociation de contrats straté- giques, du lancement d’un nouveau pro- jet industriel, du développement d’une innovation ou d’une implantation à l’in- ternational, il est essentiel d’analyser les conséquences juridiques des choix effec- tués et leurs conséquences sur les cou- vertures d’assurance. Certaines décisions prises en amont peuvent avoir des inci- dences déterminantes sur la couverture d’assurance ou sur l’engagement de la res- ponsabilité de l’entreprise. Nous pensons TAL CO : « LA GESTION DES RISQUES PARTICIPE À LA PERFORMANCE DURABLE DE L’ENTREPRISE » Face à des sinistres toujours plus complexes et des programmes d'assurance soumis à rude épreuve, l'avocat spécialisé n'est plus seulement le recours de l'après-crise. Richard Esquier, avocat associé au cabinet Tal&Co, plaide pour une intervention en amont. Une approche préventive qui fait de l'expertise juridique un levier à part entière de la résilience et de la performance durable de l'entreprise. Richard Esquier, Avocat Associé Contentieux industriel & commercial et Assurance, Cabinet Tal&Co fifl fi DOSSIER RÉDACTIONNEL COORDONNÉ ET RÉALISÉ PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE NOS PARTENAIRES 1q.3 , ?F? ,*,0 notamment aux clauses limitatives ou élusives de responsabilité insérées dans certains contrats. L’avocat contribue également à la rédaction des procédures internes, à la préparation des plans de gestion de crise et à la sensibilisation des équipes dirigeantes. La prévention n’est pas seulement une démarche technique ou organisationnelle : elle comporte une dimension juridique qui doit être intégrée dès l’origine. Les contentieux liés aux contrats d’assurance sont en hausse, notam- ment sur les questions de couverture et d’interprétation des garanties. Quelles sont les clauses qui génèrent le plus de litiges aujourd’hui, et comment les risk managers peuvent- ils mieux sécuriser leurs polices en amont ? Les litiges portent fréquemment sur l’étendue exacte des garanties et sur la portée des exclusions. Les clauses d’exclusion insuffisamment expli- cites, les conditions de mise en jeu des garanties de responsabilité civile, les définitions du sinistre, les limi- tations territoriales ou temporelles, ainsi que les obligations déclaratives de l’assuré, constituent des sources récurrentes de contentieux. L’essor des risques émergents accen- tue ces difficultés. Les programmes d’assurance n’ont pas toujours été conçus pour répondre à des situations nouvelles, telles que certains inci- dents cyber ou les conséquences in- directes d’événements systémiques. En cas de sinistre, l’accompagne- ment juridique est déterminant. De nombreux différends naissent de la manière dont le dossier est présen- té à l’assureur ou des réponses ap- portées au cours de l’instruction du sinistre. Notre intervention vise à sécuriser les échanges avec les com- pagnies d’assurance, à défendre la position de l’assuré - aux côtés des courtiers - et, lorsque cela s’avère nécessaire, à contester les refus de garantie ou les propositions d’in- demnisation insuffisantes. L’objectif est de permettre à l’en- treprise de faire valoir l’ensemble des droits qu’elle tient des polices d’assurance. Une police d’assurance est un outil vivant qui doit évoluer avec l’entre- prise. Elle ne révèle cependant sa véritable efficacité qu’au moment du sinistre, et c’est précisément à cette étape que l’accompagnement du risk manager par des conseils spécialisés prend tout son sens. Industrie, innovation, entreprises en difficulté : Tal&Co couvre un spectre large de situations à risque. Quel message adressez-vous aux risk managers pour qu’ils anticipent mieux les risques juridiques qui pèsent sur leur organisation ? Le principal message est qu’il faut considérer le risque juridique comme un risque stratégique à part entière. Les transformations économiques, technologiques et réglementaires créent des interdé- pendances croissantes : une diffi- culté contractuelle peut entraîner un litige majeur, perturber l’exploi- tation et remettre en cause l’effica- cité d’un programme d’assurance, en particulier dans les secteurs indus- triels. Les risk managers disposent au- jourd’hui d’une vision transverse particulièrement précieuse. Ils fa- vorisent le dialogue entre les diffé- rentes fonctions de l’entreprise afin d’identifier les signaux faibles et d’anticiper les situations de crise. Cette anticipation repose sur trois piliers : la connaissance fine des ac- tivités de l’entreprise, l’actualisation permanente de la cartographie des risques et le recours à une expertise pluridisciplinaire : juristes, opéra- tionnels, courtiers, avocats et assu- reurs doivent travailler de concert. La gestion des risques ne consiste plus seulement à protéger l’entre- prise contre les aléas ; elle participe à sa capacité d’adaptation et à sa performance durable. Dans cet envi- ronnement mouvant, la prévention et l’anticipation demeurent les meil- leurs leviers de maîtrise du risque. Richard Esquier Avocat associé Contentieux industriel & commercial et Assurance M. + 33 (0)6 60 40 87 89 T. + 33 (0)4 28 38 23 94 resquier@talandco-legal.com www.talandco-legal.com Tal&Co 20, avenue Maréchal Foch 69 006 Lyon 7, rue Pasquier 75008 Paris CONTACT : COORDONNÉES :DOSSIER R?DACTIONNEL COORDONN? ET R?ALIS? PAR HANNIBAL+ POUR LE SERVICE COMMERCIAL DE LA FFE ATOUT RISK MANAGER Contact : Amrae Service abonnement 36, boulevard de Sébastopol 75004 Paris Tél. : 01 42 89 33 16 atoutriskmanager@amrae.fr Des compétences recherchées des entreprises pour faire face aux enjeux économiques actuels Faites confiance au leader du marché pour renforcer vos compétences en management des risques Notre mis sion : Former les acteurs des métiers du risque et des assurances Contact : amrae.formation@amrae.fr | 01.42.89.33.20 En savoir plus : www.formation.amrae.fr Pour prévenir et maîtriser les risques de vos entreprises Formations certifiantes Formations courtes Formations intra-entreprise RÈGLEMENT À RÉCEPTION DE LA FACTURE Je désire m’abonner à la revue Atout Risk Manager pour 2026 (4 numéros) L’abonnement à Atout Risk Manager est compris dans l’. adhésion. Non adhérent à l'Amrae : 74 € HT ** Abonnement 2026 * Adresse de livraison Nom ........................................................................................................................ Prénom.............................................................................................................. Entreprise...................................................................................................... Adresse............................................................................................................. ....................................................................................................................................... Code postal Ville .......................................................................................................................... Tél. .......................................................................................................................... E-mail ................................................................................................................. NB : application du taux de TVA en vigueur au moment de la commande (20 % en juillet 2026). * .Abonnement valable sur une année civile. Si je m’abonne en juillet, je recevrai les deux numéros déjà parus dans l’année + les deux suivants. **. Pour tout envoi hors de France métropolitaine, une majoration est prévue sur le prix HT de 9 % pour l’Europe et 18 % pour les autres pays. Date................................................................................ Signature Ceci n’est-il pas un contrat d’assurance ? ATOUT RISK MANAGER L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE E T DE L'ASSURANCE TRIMES TRIEL • AUTOMNE 2021N°30 Freestyle François Beaume, Directeur des risques et des assurances de Sonepar, Vice-président de l’AMRAE LA REV L’État du march? 2021, renouvellement 2022 : Oser les risques. Sans assurances ? Retour d’exp?riences : cr?ation en France des captives de SEB et de Bonduelle U DREVSPR OSUFIFNEV R?seau international Victor Vereshchagin, RusRisk Formation ? la loupe Les formations intra de l’AMRAE QERTTE'ED'CA RDRAI L’app?tence aux risques en qu?te de formalisation M•D2FTRD S0EST1MUPM° ????ji ?s?i???w??i ???? Les Rencontres ?conomiques d’Aix-en-Provence 2021 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°36 — PRI NTEM PS 2023 Terre(s) de risques 30 e Rencontres Amrae du risk management — P. 17 Métier risk manager Réseau international : regards croisés sur le risk management vu des pays du golfe Arabique Formation à la loupe : Claire Loppinet et Christophe Quebre, lauréats 2022 du Cefar — P. 60 Portrait É lect ro, éco lo, éclectique Grégor y Lalo, vice -président senior risques et assurances et développement d’affaires de Accor — P. 06 Veille et position Vers la libéralisation des actions de groupe : quels risques pour les entreprises internationales ? La loi LOPMI et l’indemnisation des per tes et dommages liés à une at taque cyber — P. 66 Actualités de l’Amrae Méditations sur le risque : à lire et à offrir Régions : à l’Ouest, du nouveau — P. 70 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°38 — AUTOM N E 2023 Métier risk manager Rése au i nte r n at i o n a l : la feuille de route de Franck Baron à l’Ifrima Le rendez-vous des assur techs — P. 52 Portrait Frédéric de Serpos, directeur des assurances et de la gestion des risques groupe de Casino — P. 06 Actualités de l’Amrae 15 e Panorama des SIGR : édition 2023 Inauguration des antennes des H auts-de-France et de Bretagne — P. 64 L ,Amrae et les risk managers face au défi climatique — P. 17 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°39 — H IVER 2023-2024 Métier risk manager Réseau international : rencontre avec Patrick Fiedler, président de GVNW et vice -président senior des assurances de BAS F Formation à la loupe : première formation Cefar Stratégie risk m an agement int ra- ent reprise et catalogue 2024 d’Amrae formation Formation à la loupe : l’Amrae va former les collaborateurs des Medef territoriaux Le rendez-vous des assur techs — P. 40 Portrait Sylvain Guiheneuf, directeur des risques et des assurances de Safran — P. 06 Veille et position Règlement européen sur l’intelligence ar tificielle : où en sommes-nous ? — P. 52 Actualités de l’Amrae Baromètre de l’engagement pour le climat : l’actualité influence la hiérarchie des perceptions des risques climatiques Régions : état du marché en PACA et cyber en H auts-de-France Pour l’amour du risque : l es 31 e Rencont res Amrae du risk management — P. 56 État du marché Moins de tension, mais plus de prudence — P. 17 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°40 — PRI NTEM PS 2024 Métier risk manager Réseau international : rencontre avec Typhaine Beaupérin, directrice générale de la Ferma, la voix des professionnels du risque à Bruxelles Formation à la loupe : le management des risques au ser vice des crèches p a re nt a l es Le rendez-vous des assur techs — P. 70 Portrait Stéphanie Kleinmann, group risk manager chez H ager Group — P. 06 Veille et position L’intelligence ar tificielle à l’heure du droit — P. 80 Actualités de l’Amrae Baromètre du pilotage de la gestion de sinistres en dommage : comprendre la gestion des sinistres de dommage et identifier les besoins des risk managers Baromètre des risques supply chain : vers une reconfiguration géographique de la supply chain pour réduire les risques — P. 82 Pour l’amour du risque 31 e Rencontres Amrae du risk management — P. 17 AT O U T R I S K MANAGER FÊTE SES 10 ANS ! Inter view de Gilbert Canaméras, président de l’Amrae de 2011 à 2015, à l’initiative de la revue — P. 12 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°41 — ÉTÉ 2024 Métier risk manager Réseau international : congrès RIMS – Risk world ® . Retour à une fréquentation pré- Covid dans une ambiance sereine Formation à la loupe : un nouveau M aster 2 « droit et gestion des risques émergents » pour former des juristes (mais pas que) aver tis Le rendez-vous des assur techs — P. 34 Portrait Benjamin Cogez, directeur financier de Bonduelle Europe Long Life — P. 06 Actualités de l’Amrae La Journée scientifique : faire fructifier l’intelligence collective Renouvellement de la gouvernance de l’Amrae Panaché public et privé : les enseignements des Risk Transformation Awards 2024 LUCY 2024 : Assurance cyber, un marché apaisé dans un contexte fragile lesrisquesdemacollectivite.fr : un outil de car tographie dédié aux risques des collectivités te r r i to r i a l es — P. 43 La continuité d’activité à l’heure des JO de Pa ris 2024 : tout ira bien, faites vos Jeux ! — P. 19 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°42 — AUTOM N E 2024 Acteurs en vue Getlink, l’histoire d’Eurotunnel à l’aune de la gestion des risques — P. 12 Hommage Gilber t Canaméras : tout feu, tout flamme — P. 18 Portrait Carole Mondellini, directrice des risques et assurances de Viridien — P. 06 Métier risk manager Formations à la loupe : M astère Spécialisé « M anager des risques », une approche transversale de la question du risque Les ARM font peau neuve Avec Amrae formation, Veolia donne de l’air à ses exper ts du risque — P. 37 Act u a l ités En se structurant, la FFCE gagne en visibilité Cinq questions à… G régo i re D u te r t re , p rés i d e nt de la commission Géopolitique de l’Amrae Régions : regards croisés des pilotes sur les dynamiques locales Panorama des SIGR en par tenariat avec EY – Édition 2024 — P. 46 Baromètre 2024 des métiers du risk management — P. 25 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°43 — HIVER 2024-25 En vue Lantonirina Andrianar y, déléguée générale du Club FrancoRisk — P. 16 Portrait Linda Khelid, risk manager de la ville de Nice et de Métropole Nice Côte d’Azur — P. 06 Club FrancoRisk Retours sur l’année 2024 — P. 43 F FCE Forum France Captive 2024 — P. 47 Act u a l ités Pôle scientifique : nouvel élan et continuité L’Ar t du risque : les 32 e Rencontres Amrae du risk management — P. 56 Dossier État du marché Accalmie et vigilance — P. 19 Métier risk manager Formation à la loupe Première collaboration avec le CNFPT Nouveau catalogue et nouvelles formations Ferma Forum 2024 — P. 32 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°44 — PRI NTEM PS 2025 En vue Sophie M aguer, Generali - Vincent H arel, Verlingue - Florence Puybareau, Clusif - Typhaine Beaupérin — P. 14 C a p t i ve s d’entreprise « Captives à la française » : le point d’étape Le domicile France en Europe — P. 90 Act u a l ités Comité scientifique permanent Journée scientifique 2025 La M aison digitale du risk management Publication : Tout demander à l’entreprise ? — P. 1 02 Dossier L’ a r t du risque, sculpteurs d’opportunités 32 e Rencontres du risk management Amrae — P. 17 Métier risk manager Formation cour tesAcadémie digitaleRisques de réputation — P. 82 Veille et position Rappor t de durabilité : les réformes proposées par Bruxelles Un nouveau monde, à l’heure du protectionnisme — P. 99 Portrait Sté ph a ne Richard D i rec te u r prévention des risques et gestion de crise de Dalkia — P. 06 Club FrancoRisk 12 e Re n c o nt res de la Francophonie — P. 88 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°45 — ÉTÉ 2025 En vue Jean-François Cousin, Planète CSCA Philippe Guyonnet-Dupérat, direction générale du Trésor. Philippe Cotelle, Ferma — P. 14 Métier risk manager Formation à loupe : les fonctions-clés dans une captive — P. 29 Portrait Ersida Ago Direct rice des assurances du groupe Orano — P. 06 Club FrancoRisk Réunion de la diaspora du Club — P. 32 F FCE Merci M ar tin Landais ! Première assemblée générale de la Fédération — P. 35 Actualités de l’Amrae Nouveau format pour la Journée scientifique 2025 Nouvelle gouvernance de l’Amrae : François Beaume succède à Oliver Wild Bordeaux, Lyon, Lille : les nouveaux rendez-vous du risk management Amrae en région Les enseignements des Risk Transformation Awards 2025 Webinaire Amrae - Medef Deux- Sèv res et D FCG Panorama 2025 des SIGR : plus innovants et plus sollicités Lumière sur la cyberassurance, LUCY 2025 Mobiliser les facteurs humains dans la gestion de crise : le collectif comme antidote à la crise Méditations sur le risque : Agir, réagir, surréagir ? — P. 46 Capital humain : la va leu r stratégique de la gestion des risques — P. 17 Veille et position Position de l'Amrae sur l'évolution de la réglementation CSRD — P. 43 ATOUT RISK MANAGER LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL — N°46 — AUTOM N E 2025 En vue Odile Duthil, Clusif - Christophe Zaniewski, Allianz Commercial France - Rodolphe Menn, M iller I nsurance — P. 12 Portrait Fra n c k A u ré directeur des assurances d’OPmobilit y — P. 06 Club FrancoRisk Côte d’Ivoire - Sé n éga l - Bénin : re n c o nt res et c ré at i o n s — P. 42 F FCE Le dispositif français en phase de consolidation : deuxième édition du Forum France Captive — P. 46 Actualités de l’Amrae Antenne H auts-de-France : la garantie passif et le "Stam Café" L’Odyssée du risque : maintenons le cap 34 e Rencontres du risk management Amrae Déjouer les risques en repensant la gestion de crise L’Amrae met le cap sur la Route du Rhum 2026 — P. 61 Veille et position IA à risque élevé et autorités compétentes : point d ’ét ape Biens de consommation : entre risques et règles, les défis pour l’entreprise — P. 57 2026 COLLECTION AMR AE ÉTUDES & PROSPECTIVES OCTOBRE 2025 ÉTAT DU MARCHÉ & PERSPECTIVES Assurances des entreprises Dossier État du marché : détente et vigilance — P. 17 Métier risk manager Formation à la loupe - Catalogue et formations 2026 International : Ifrima, une gouvernance mondiale pour un métier en mutation Agers : le risk management espagnol face aux défis climatiques, cyber et géopolitiques Ferma : la feuille de route de Philippe Cotelle — P. 26 ’ ATO U T R I S K MANAGER 98 / ABONNEMENT Lorsque vous emmenez votre entreprise vers de nouveaux sommets, nous sommes à vos côtés. At the heart of it. QBE European Operations est le nom commercial de QBE UK Limited, QBE Underwriting Limited et QBE Europe SA/NV. QBE Europe SA/NV est une société anonyme de droit belge au capital de 1.129.061.500 EUR, immatriculée en Belgique sous le n° TVA BE 0690.537.456, RPM Bruxelles. Son siège social est situé 37, boulevard du Régent, 1000 Bruxelles – Belgique. La succursale en France de QBE Europe SA/NV est inscrite au RCS de Nanterre sous le numéro 842 689 556. Son établissement principal est sis Cœur Défense – Tour A – 110, Esplanade du Général de Gaulle – 92931 Paris La Défense Cedex. QBE Europe SA/NV est une entreprise régie par le Code des Assurances pour les contrats souscrits ou exécutés en France. QBE Europe SA/NV est agréée sous le numéro 3093 et soumise au contrôle de la Banque Nationale de Belgique (BNB) et sa succursale en France est également soumise au contrôle de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR). Pour toute réclamation : https://qbefrance.com/nous-contacter/réclamations/ Pour plus d’informations, visitez QBEfrance.com</p>
ATOUT RISK MANAGER N°49 - Eté 2026
ATOUT RISK MANAGER N°49 - Eté 2026
Sommaire
ÉDITO Oliver wild : VP Scientifique Amrae, directeur des risques Veolia : Le risque en mouvement
PORTRAIT Vincent Vigouroux, « Monsieur 100 000 volts », Administrateur de l'Amrae, directeur des assurances d’Enedis
ACTEURS EN VUE : Paul Jousse, Besé | Christophe Zaniewski, Allianz Commercial France
DOSSIER : Démultiplication des risques : cinq groupes de travail pour la Commission Responsabilités
MÉTIER RISK MANAGER Lituanie : quand la gestion des risques devient une affaire de souveraineté |Forum InCyber : déjouer les dépendances numériques
CLUB FRANCORISK De plus en plus de synergies
FÉDÉRATION FRANÇAISE DES CAPTIVES D’ENTREPRISES : Retours d’expérience : la captive de Bel | Les captives s’invitent à Lille
VEILLE ET POSITION Intelligence artificielle : le risque, ce n’est pas la machine, mais la perte de jugement humain
ACTUALITÉS DE L’AMRAE Journée scientifique 2026 de l’Amrae : anticiper avec agilité |Quand les risk managers s’engagent pour l’ascenseur social : le partenariat avec Télémaque
PUBLICATIONS
LUCY 2026 – Cyberassurance : entre détente tarifaire et retour du risque
Les fonctions Risques et Assurances, architectes de la résilience : étude Amrae – KYU Associés
Panorama SIGR 2026 : de l’outil de gestion à la plateforme de décision
Méditations sur le risque : la confiance, un pari ?
DOCUMENTS À TÉLÉCHARGER
ATOUT RISK MANAGER N°49 - Eté 2026
TÉLÉCHARGER
DOCUMENTS À TÉLÉCHARGER
ATOUT RISK MANAGER N°49 - Eté 2026
TÉLÉCHARGER
AUTRES PUBLICATIONS SUR LE MÊME SUJET