ATOUT RISK MANAGER
LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL SEPTEMBRE 2016 20 € TTCN°10
PORTRAIT
Alain Aubignat,
Risk Manager groupe Michelin
DOSSIERS
Le budget
du Risk Management
Brexit : quels impacts
pour quels risques ?
MÉTIER RISK MANAGER
1001 facettes du RM
Retour d’expérience :
Inondations et crues de juin 2016
RM à l'international :
Danny Lin, Vice-président adjoint
Risk Management, groupe Qisda
VEILLE ET POSITION
Le projet de loi « Sapin II »
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Alain Ronot,
Trésorier de l’AMRAE,
Directeur des Assurances
du Groupe Capgemini
METTRE EN PERSPECTIVE ET VALORISER
LE BUDGET D’UNE ÉQUIPE RISK MANAGEMENT
otre métier, qui est primordial, doit encore gagner en lisibilité,
ne serait-ce qu’en interne.
À l’heure de l’exercice des budgets dans les entreprises où
les sommes allouées peuvent traduire de la reconnaissance et
de la contribution à l’entreprise, le budget du Risk Manager se pose avec
encore plus d’acuité.
Gérer les risques est un projet d’équipe, constitué de compétences
internes et externes à l’entreprise.
Dès lors se pose la question de l’évaluation et de la valorisation du budget
d’une équipe de Risk Management, avec la prise en compte de l’ensemble
des coûts intégrant notamment les parties prenantes en charge de
l’estimation et de l’évaluation des risques, de la réduction de ces risques
(protection, prévention physique et/ou contractuelle), ainsi que les coûts
liés au transfert (prime d’assurances et de réassurance, intermédiation)
et à la rétention de ces risques (franchises, autoassurance telle une fi liale
captive d’assurance ou de réassurance).
Comme le formulait Brigitte Bouquot, la Présidente de l’AMRAE, lors
d’un précédent numéro d’Atout Risk Manager, l’indicateur du coût du
traitement des risques assurables « peut aider à structurer la démarche
des Risk Managers pour valoriser les actions à mettre en œuvre dans
l’entreprise notamment en termes de prévention ». Si cet indicateur
apporte une clarifi cation et permet au top management de comprendre
les choix qui ont été faits, le lecteur constatera que d’autres méthodes
et approches coexistent et sont pour l’instant largement majoritaires.
Si nous devons orienter nos actions et nos dépenses en matière de
gestion des risques afi n d’aider l’entreprise à avoir conscience du risque,
à protéger son bilan et ses résultats, notre priorité est de soutenir son
développement. Devrions-nous penser la structuration et la présentation
de nos budgets selon ces deux axes ? Éléments de réponse dans le dossier
de ce numéro. Excellente lecture !
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 3
ÉDITO
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ÉDITO .......................................................................................................................................................... 3
PORTRAIT
.............................................................................................................................................. 6
Alain Aubignat, Risk Manager du groupe Michelin
ACTEURS EN VUE ..................................................................................................................... 11
DOSSIERS
.............................................................................................................................................. 15
Le budget du Risk Management : du réel au virtuel… ...................................................................... 15
Brexit : quels impacts pour quels risques ?
............................................................................................... 24
À L’AFFICHE ....................................................................................................................................... 30
MÉTIER RISK MANAGER
................................................................................................. 32
Les 1001 facettes du Risk Manager ................................................................. 32
Retour d'expérience : inondations et crues de juin 2016 .................................... 36
Risk Manager à l’international : la transformation réussie du Risk Manager
en acteur stratégique ................................................................................... 40
Formation à la loupe : Audencia Business School Mastère Spécialisé
« Finance, Risque et Contrôle » ....................................................................... 44
VEILLE ET POSITION ........................................................................................................... 46
Le projet de loi « Sapin II » : un arsenal anti-corruption à renforcer pour les entreprises
ACTUALITÉ DE L’AMRAE ................................................................................................ 48
Publications : Recherche IRT, Guide AFNOR .................................................................................................... 48
Organisation : Journée des commissions 2016
........................................................................................... 50
Région : Cybercriminalité
............................................................................................................................................ 55
Événements
............................................................................................................................................................................. 56
NOS PARTENAIRES ................................................................................................................. 61
BULLETIN D’ABONNEMENT ........................................................................................ 62
Directeur de la publication :
Brigitte Bouquot
Directrice de la rédaction :
Bénédicte de Luze
Comité éditorial :
Bénédicte de Luze, Sophie Maguer,
Hélène Dubillot, Olivier Coppermann,
Louis Favrot, Anne Piot d'Abzac, Catherine
Véret Jost, Simon Embarck, Jean Moréra
Conception et coordination éditoriale,
secrétariat de rédaction : SEITOSEI
Ont contribué à ce numéro AMRAE :
Bénédicte de Luze, Marguerite de Causans,
Louis Favrot, Alexandre Regniault
Journalistes :
Sophie Bougeard, Cécile Desjardins,
Charles de Toirac, Anne de Beco, Eve Menesson,
Aurélie Nicolas, Gilmar Sequeira Martins
Merci à tous les interviewé(e)s qui ont rendu
possible ce numéro.
Direction artistique et mise en page :
Valérie Mounier - www.ikkomoon.com
Crédits photos :
Marc Verneret, Élodie Petit, SEITOSEI,
©iStock, ©Sasha Lenormand
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52200 Langres
Commission paritaire : 0716 G 92388
Dépôt légal : Septembre 2016
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • SEPTEMBRE 2016 • 20 € TTCN°10
PORTRAIT
Alain Aubignat,
Risk Manager groupe Michelin
DOSSIERS
Le budget
du Risk Management
Brexit : quels impacts
pour quels risques ?
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1001 facettes du RM
Retour d’expér ience :
Inondations et crues de juin 2016
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Danny Lin, Vice-président adjoint
Risk Management, groupe Qisda
VEILLE ET POSITION
Le projet de loi « Sapin II »
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 5
SOMMAIRE
ALAIN AUBIGNAT, RISK MANAGER DU GROUPE MICHELIN
L’ERM EN POLE POSITION
Fort de ses 20 années passées à la supply chain au sein du groupe clermontois, Alain Aubignat
est, depuis 2009, la 3
e
personne à occuper le poste de Risk Manager du groupe Michelin. La
stratégie ERM (Enterprise Risk Management), qu’il déploie en lien avec l’audit interne, fait
aujourd’hui fi gure d’exemple.
Par Sophie Bougeard
est, depuis 2009, la 3 personne à occuper le poste de Risk Manager du groupe Michelin. La
stratégie ERM (Enterprise Risk Management), qu’il déploie en lien avec l’audit interne, fait
aujourd’hui fi gure d’exemple.
«
Je suis un pur produit Michelin »,
reconnaît Alain Aubignat qui
intégra, en 1982, le leader de l’in-
dustrie pneumatique à l’issue de
son service national. Quatorze ans
plus tard, après de multiples postes en produc-
tion, il créa la fonction supply chain. C’est, en
effet, en 1996 alors que le Groupe concrétise sa
réorganisation en ligne Produits pour améliorer
sa performance globale et accroître sa réacti-
vité sur les différents marchés, qu’il propose la
mise en place d’une supply chain et en devient
ainsi le premier Supply chain Manager pour la
division Poids lourds en Europe. Cinq ans plus
tard, il est envoyé trois années en Amérique
du Nord pour la même mission puis continue
son apprentissage des différents métiers du
leader des pneumatiques dans la nouvelle
direction des Produits dits de Spécialités.
CRISE DE LEHMAN BROTHERS :
« IL A FALLU PASSER DU MARATHON
AU SPRINT »
Septembre 2008 : lorsqu’éclate la crise éco-
nomique consécutive à la faillite de la banque
d’affaire Lehman Brothers, Alain Aubignat
doit affronter une période complexe. Alors
aux commandes de la supply chain Poids
Lourds au niveau monde, il est en première
ligne pour faire face à un retournement extrê-
mement brutal de ce marché de pneumatiques
B2B, particulièrement affecté par cette crise.
« Du jour au lendemain, ce marché s’est quasi-
ment arrêté. Comme tous les autres manufac-
turiers, nous avons dû ajuster rapidement la
production pour maîtriser nos stocks de produits
semi-finis et finis. En particulier les usines euro-
BIO EXPRESS
Ingénieur de formation, Alain Aubignat
entre chez Michelin en novembre 1982.
Après une première fonction industrielle,
il est envoyé en 1989 pour quatre ans au
Royaume-Uni comme Responsable de la
planifi cation d’usines de production de
pneus et responsable de l’industrialisation
des nouveaux pneus (« Tourisme et Poids
lourds »).
Rentré en France en 1993 pour diriger la
production des usines nationales, il est
ensuite chargé de l’étude concluant à la
mise en place d’une supply chain au sein
du Groupe, puis participe ensuite à la
réorganisation en Lignes Produit.
De 1996 à 2000, il devient Responsable de
la supply chain Poids Lourds Europe.
Responsable de la supply chain aux États-
Unis et membre de l’Équipe de Direction
Poids Lourds en 2000, il rentre en 2003 à
Clermont-Ferrand pour mettre en place
et animer la supply chain des Produits de
spécialités et animer la fonction Industrie.
Il est nommé Risk Manager du groupe
Michelin en 2009.
6
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
PORTRAIT
péennes ont dû faire face à un important
chômage technique sur plus d’un mois ». Il
met ainsi à profi t les plans de fl exibilité mis
en place dans les usines grâce à son exper-
tise fi ne de la supply chain.
Avoir navigué dans ce gros temps fut utile
pour appréhender le Risk Management
et les instabilités chroniques des temps
actuels. Après 20 ans passés à piloter,
de près ou de loin, les différentes sup-
ply chains, fort d’une connaissance fi ne
du Groupe, de ses différents marchés et
de ses problématiques d’approvision-
nement, planifi cation et production, il
se voit assez naturellement proposer le
poste de Risk Manager. DE LA SÉCURISATION DES BIENS ET
DES PERSONNES À UNE CULTURE
GLOBALE DU RISK MANAGEMENT
Deux incendies majeurs à Clermont-
Ferrand et en Italie ont eu lieu dans les
années 1999-2000. « Ces événements
ont renforcé l’impérieuse nécessité de
coordonner les actions de gestion des
risques pour gagner en efficacité ». À
cette époque, l’essentiel des missions
du premier Risk Manager portait sur la
sécurisation des biens et des personnes.
« Nous étions au début de la démarche,
aux premiers fondements de la gestion
des risques ».
Puis la donne change en 2009. « J’ai
commencé à réaliser des diagnostics, di-
rection par direction, et rencontré tous les
membres du ComEx afin de connaître leurs
attentes vis-à-vis du Risk Management ».
Parmi les recommandations effectuées
auprès de Michel Rollier, le prédécesseur
de Jean-Dominique Sénard, actuel pi-
lote du leader des pneumatiques, fi gure
la refonte de la cartographie (échelles
et bottom up), la tenue d’un Comité
des Risques, productif et représentatif
de toutes les fonctions de l’entreprise
et qui soit en mesure de soumettre des
décisions concrètes au ComEx. Alain
Aubignat propose également la mise
en place de Risk Managers dans chaque
entité du Groupe, une fonction assurée
aujourd’hui par un membre de l’Équipe
de Direction de chaque entité, soit le
Responsable sécurité, fi nancier, supply
chain ou encore qualité.
Aujourd’hui, le ComEx agit en tant que
Comité des Risques et, à ce titre, se réunit
10 fois par an.
3 QUESTIONS À
Florence Vincent,
Directrice de la
Qualité, de l’Audit
et de la Maîtrise
des risques, Membre
du Comité Exécutif
du groupe Michelin
Comment est née la fonction Risk Management
chez Michelin ?
J’ai créé la fonction en 2005 après un passage instructif
par les États-Unis où j’ai pris conscience de la montée
en puissance du Risk Management dans les entreprises.
Au départ sous la responsabilité du Directeur qualité,
cette fonction a été rattachée en 2006 à l’audit interne
dont je redessinais les contours. Nous souhaitions alors
mettre en place des fonctions de contrôle. Nous avions
bien conscience à cette époque que la gestion des
risques allait prendre de l’importance dans les disposi-
tifs de gouvernance d’entreprises et que l’audit interne
pouvait donner un éclairage au groupe Michelin sur
l’état de ses risques.
« La gestion des risques
est robuste et nous en avons
fait un véritable outil de
pilotage de l’entreprise. »
Quelle articulation faites-vous avec la gestion des
assurances ?
De 1992 à 1996, les assurances ont été sous la respon-
sabilité de l’audit interne et les assureurs se basaient
généralement sur leurs travaux pour défi nir leurs
primes. La gestion des assurances est aujourd’hui
rattachée à la fi nance. Nous leur transférons entre
10 et 15 % de la totalité de nos risques. Le groupe
Assurances utilise notre cartographie des risques et
l’audit interne s’assure, tous les 3 ans, que les choix
assurantiels effectués sont pertinents.
Comment qualifi eriez-vous votre maturité en
termes de gestion des risques ?
Elle est robuste et nous en avons fait aujourd’hui un
véritable outil de pilotage de l’entreprise. Notre co-
mité exécutif y consacre une heure tous les mois et
l’étude de chaque risque nécessite entre 150 et 200
jours/homme. Notre maturité se matérialise égale-
ment par le fait que la cartographie n’est aujourd’hui
qu’une petite étape dans notre processus de gestion
de risques, notre travail consistant surtout à bâtir des
politiques de risques très concrètes. Nous avons placé
la gestion des risques dans le processus de pilotage
des investissements du groupe Michelin.
« On est passé d’une planifi cation moyen-long terme à court terme. Cela nous a permis de passer au travers de la crise économique déclenchée suite à la faillite de Lehman Brothers et d’en limiter ses impacts négatifs. »
21,19 milliards d’euros de chiffre d'affaires
en 2015 (+ 3,2% par rapport à 2014)
Présent dans plus de
170 pays
112 300 collaborateurs
68 sites de production
implantés dans
17 pays différents
3 centres de technologie
en charge de la recherche, du développement
et de l’industrialisation : Europe, Amérique
du Nord et Asie
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 7
PORTRAIT
200 PRODUITS POUR FAIRE UN PNEU
La cartographie « nouvelle génération » voit
le jour en 2010 grâce à un travail de stimula-
tion bottom up, réalisé en collaboration avec
les équipes de l’audit interne. 200 risques et
14 familles ont été identifi és, tels que décrits
dans le chapitre « Facteurs de risques » du
document de référence 2015 (refondu avec
l'aide d'Arengi en 2013), avec un paragraphe
pour chacune de ces 14 familles, rédigé par la
Direction des risques et validé par un membre
du ComEx.
« Les juristes et conseils du Groupe ont attiré
notre attention sur le vocabulaire à utiliser quant
à l’appétence au risque ou aux notions de spon-
sors ou propriétaires de risque. Nous sommes
vigilants sur ce point. »
Le risque majeur pour l’activité part de ce constat
simple, comme l’évoque Alain Aubignat : « il faut
environ 200 produits élémentaires pour faire un
pneu. S’il en manque un, le produit fini peut
ne pas être fabriqué ». Les ruptures d’approvi-
sionnement fi gurent donc en tête de liste des
risques pour Michelin. Suivent les risques de
non-continuité des activités – le Groupe ali-
mente tous les marchés du monde, dans tous
les types de pneumatiques et ce auprès d’une
multitude de clients (pour un certain nombre
d’entre eux, aussi bien constructeurs de véhi-
cules neufs qu’utilisateurs, l’approvisionne-
ment en pneus est critique à leur activité) –, la
sécurité des produits, fuite du savoir-faire (les
brevets ont remplacé le secret) et la sécurité
des biens et des personnes. « Jusqu’à présent
nous nous cantonnions aux risques opération-
nels. Lors de la mise à jour de la cartographie
cette année, nous avons décidé d’inclure deux
nouveautés : les risques géopolitiques et les
risques stratégiques. »
Un véritable tour de force dont le Risk Manager
se félicite : chaque membre du ComEx a sta-
tué, risque par risque - donc sur les 200 iden-
tifi és - sur leur niveau d’acceptabilité. Avec à
l’esprit que « tout risque inférieur à 50 millions
d’euros est considéré comme ayant un impact
faible sur l’activité ».
UN PILOTAGE DES RISQUES ET DES
OUTILS « MAISON » QUI INSPIRENT
Pour savoir si un risque est bien géré ou non,
Alain Aubignat a instauré la méthode des « 6 P » :
❱ Positionnement (cartographie),
❱ Politique de risques (niveau de tolérance au
risque),
❱ Prescripteur (connaître les moyens alloués pour
gérer le risque en protection et/ou prévention),
❱ Plan d’action,
❱ Preuve (contrôle interne),
❱ Pilotage (par le Risk Manager).
Côté suivi des risques et système d’informations
dédié, et à l’instar de ce qu’il avait mis en place
auparavant dans la supply chain, un outil mai-
son sur Access offre une visibilité complète sur
les risques du Groupe : chaque risque est ainsi
nomenclaturé, son historique complet est dis-
ponible et il est possible d’extraire les infor-
mations et notamment la fi che d’identité de
chacun des risques. Des méthodes et outils qui
ont fait leur preuve en interne et qui intéressent
de près les grands groupes. « En nous bench-
markant, nous nous sommes rendus compte que
nous étions en avance dans la manière dont nous
gérions nos risques. Les Risk Managers de grands
groupes industriels viennent aujourd’hui jusqu’à
Clermont-Ferrand pour échanger et voir ce que
nous avons mis en place ! »
Pour diffuser en interne cette culture des
risques, des outils pédagogiques ont été dé-
veloppés dont un « quiz » destiné à clarifi er les
termes liés à l’univers des risques et à la Gestion
des risques. En outre, Alain Aubignat réalise
une veille de presse mensuelle ciblée sur le Risk
Management qui est envoyée aux 50 top mana-
gers du groupe Michelin.
« La culture du risque
ne doit pas générer
elle-même de risque
juridique. »
L’APPORT DE L’AMRAE
« L’AMRAE nous a aidé à impulser cette nouvelle dynamique de gestion des risques en termes de pédagogie, méthodologie et en nous mettant en contact avec d’autres Risk Managers adhérents, nous permettant ainsi d’échanger et peaufi ner notre démarche.
AMRAE Formation nous a ?galementé
construit une formation ERM parfaitementé
adapt?e ? notre organisation et secteur
d?activit? que nous avons ensuite
?customis?e? en interne. ?
Organigramme de la fonction Risk Management
Hiérarchique
Fonctionnel
RÉSEAU RM
35 Risk Managers
entité (1 par entité)
AUDIT
4 Managers des auditeurs
(audit et aide à la gestion des risques)
Risk Manager groupe
Alain Aubignat
Aide à la gestion
des risques Groupe :
gestion de la
cartographie, du SIGR
Aide à l’animation
du réseau RM entités
et à la gestion des
risques entités
Gestion de crise :
animation du dispositif ;
formations et simulations
des ED
3
Sommaire
Introduction au Risk Management...............................................
Présentation des 14 familles de risque.........................................
Documents......................................................................................
Présentation des documents............................................
Référentiel Gestion des risques au sein d’une entité.....
Référentiel Création d’une cartographie entité..............
Référentiel Gestion non continuité
pour les produits finis.......................................................
Référentiel Plan de Continuité Opérationnelle...............
Référentiel Gestion de crise :
Théorie et approche..........................................................
Référentiel Gestion de crise :
Boîte à outils......................................................................
Référentiel Gestion de crise :
Documents réflexes...........................................................
Directive Groupe Contrôle Interne...................................
Référentiel Indicateurs de Risk Management
pour les entités..................................................................
Univers des risques............................................................
5
13
29
31
45
65
83
97
121
145
157
167
183
191
maîtrise
des Risques
Outils et méthodes
pour les acteurs
du risk management
Les assurances sont fournies par AIG Europe Limited, membre du Groupe AIG Inc. L’offre est susceptible de varier
selon les pays et peut ne pas être disponible dans tous les pays européens. Pour plus d’informations, vous pouvez
visiter notre site Internet : www.aig.com/fr
Expertises et
Capacités
Aider les clients à mieux
se préparer pour demain
Une expérience client
innovante et sur mesure
Leadership et audace
sur ses marchés
Des réponses et des
technologies avant-gardistes
Une gestion des sinistres
fiable et réactive
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 20168
PORTRAIT
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ILS ONT REJOINT L’AMRAE
NOUVEAUX ADHÉRENTS DEPUIS JUIN 2016
Pierre Abadie
Responsable Maîtrise des
Risques
La Poste
Laurent Attia
Head of Valuation
and Advisory Services
Colliers International
Marie-Liesse Bayle
Chargée d'assurances et de
Gestion des risques
MBDA France
Yann Bocquillon
Directeur Général
Développement
IXI Groupe
Edgar Bouet
Responsable Gestion des
Risques et Contrôle Interne
Mutuelle Medicis
André Brunetiere
Président
IWE
Agnès Caudron
Directeur Risk Management Ernst & Young et Associés
Maud Chamoux
Avocat Bernard Hertz Bejot
Grégoire Chantemargue
Risk Officer AIG
Christophe Claude
Manager des risques Agence régionale de santé
Auvergne Rhône Alpes
Jérôme Darribere
Directeur Général Délégué
Stratégie RH
Septodont
Romain Drappier
Directeur des Risques
AG2R La Mondiale
Damien Dufour
Directeur des Affaires Juridiques, de l'Achat et de la Qualité
Dynacité
Samira El Kasbaoui
Corporate Senior Risk Officer
Engie
William Feugere
Avocat Feugere Avocats
Agnès Giraudet
Insurance Manager Areva
Matthieu Gray
Responsable Risques Groupe Mutuelle Nationale des
Hospitaliers
Vincent Guillaume
Risk Manager
Ipsen Pharma
Cécile Guisset
Risk & Insurance Specialist Galderma International SAS
Safi ne Hadri
Avocat DS Avocats
Olivier Heurzeau
Group Risk Manager Ingenico
Julien Hornacek
Manager Deloitte conseil
Guillaume Lamy
Directeur des Risques, de l'Audit et du Contrôle Interne
Société du Grand Paris
Patrick Lecointre
Directeur Technique
IXI Groupe
Chanthy Lim
Risk Manager Coriance
Chrystel Marin
Insurance Manager Areva
Jérôme Marion
Internal Audit Supervisor Safran
Frédéric Masse
Group Risk Manager Motul
Laurent Moquet
Directeur Risques, Audit & Conformité
Thai Union Europe
Elise Néel
Responsable Juridique
Louis Vuitton Malletier
Carole Njoya
Consultante Senior Risk Management
Lendys
Gérard Payen
Directeur du Management
des Risques
Renault SAS
Amandine Poissonnet
Corporate Senior Risk Officer
Engie
Sylvain Pollet
Responsable des activités financières spécialisées
Société du grand Paris
Agathe Porcher
Chargée d'affaires
Responsabilité Civile
EDF Assurances
Anne Quesnel
Chargée d'assurances
Ipsen Pharma
David Riviere
Corporate Risk Officer Engie
Dora Tison
Contrôleur Interne et Risques UMG Groupe Intériale
Olivier Vallade
Responsable Contrôle Interne Groupama Centre-Atlantique
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ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 11
ACTEURS EN VUE
EN VUE
MOUVEMENTS
Frédéric Desitter rejoint Abu Dhabi
Après quatre années au Qatar, Frédéric Desitter,
ancien Administrateur de l'AMRAE, rejoint Abu
Dhabi (Émirats Arabes Unis) et le Groupe Arabtec,
leader régional dans le domaine de la construc-
tion employant près de 70 000 personnes. Il
en devient le Director Risk and Compliance, en
charge de développer la fonction et les processus
de gestion des risques et de conformité, et de
piloter les assurances.
Annick Rimlinger, nouvelle Directrice générale de CDSE
Annick Rimlinger est, depuis le 1
er
juin 2016, Directrice Générale du Club des Directeurs de Sécurité des
Entreprises (CDSE), qui rassemble plus d’une centaine de directeurs sécurité, sûreté et risques de grandes entre-
prises françaises et européennes. Dans la droite ligne de son prédécesseur, Olivier Hassid, devenu pour sa part
Directeur sécurité au sein du cabinet d’audit PwC France, Annick Rimlinger aura à cœur de « continuer à fédérer
les expériences des professionnels français de la sécurité et de la sûreté, et à consolider le rôle de passerelle joué par
le CDSE avec les pouvoirs publics, notamment pour aider les entreprises à gérer les situations de crise ».
Cette femme de poigne affi che une longue expérience dans le domaine de la sécurité. Titulaire d’un DESS et d’un
DEA de sociologie, elle occupait jusqu’ici le poste de Secrétaire générale à la mission de préfi guration de la dé-
légation de lutte contre les cybermenaces au ministère de l’Intérieur, où elle fut également Directrice de cabinet
du Préfet Jean-Yves Latournerie, Directeur du Conseil national des activités privées de sécurité. De 2007 à 2012,
Annick Rimlinger était à la tête du pôle de compétence « Formations et réglementation » au Centre national de la
fonction publique territoriale (CNFPT) après avoir dirigé pendant 7 ans la sécurité de la ville d’Evry et le service
prévention sécurité de la ville de Grigny. En parallèle de ses fonctions, Annick Rimlinger a été enseignante vaca-
taire pour la licence professionnelle de l’Université Paris-Est Marne-La-Vallée et chargée de cours à l’Institut de
formation Île-de-France de la police nationale et l’Institut régional du travail social de Nancy. Elle a également
été auditrice de la 20
e
session nationale de l’Institut national des Hautes études de sécurité et de justice.
ILS ONT BOUGÉ
ADHÉRENTS AMRAE DANS UNE NOUVELLE ENTREPRISE
Sébastien Boube, Risk Manager chez SolaireDirect - Précédemment chez Alma Consulting
Laura De Sousa, Juriste assurances chez EDF Énergies Nouvelles - Précédemment chez Bouygues Telecom
Ludovic Floret, Directeur Juridique et Assurances chez Parrot - Précédemment chez Oberthur Technologies
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201612
ACTEURS EN VUE
Pierre Michel, nouveau Directeur général de Covéa
Pierre Michel a rejoint, le 1
er
juillet 2016, le groupe Covéa (Maaf, MMA, GMF) auprès de Patrice Forget, Directeur
général Secrétariat Général et International. Délégué général de la FFSA depuis 2014, il prendra la direction
des activités de réassurance (hors santé prévoyance) de Covéa à compter du 1
er
janvier 2017, succédant ainsi à
Bernard Durand et Serge Dussaussois.
Diplômé de l’École polytechnique, de Sciences Po et de l’Ensae, Pierre Michel (48 ans) a commencé sa carrière
R^\\TR^\\XbbPXaT”R^]ca+[TdaSTbPbbdaP]RTb…PeP]cS¬"caTS cPRW [¬:]b_TRcX^]STbo]P]RTb…_dXbPd_a!bST[P
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RTcPRcdPXaT`dP[Xo \T\QaTST[¬:]bcXcdcSTbPRcdPXaTbaTY^X]c[TVa^d_TAPac]TaCT…^/X[SXaXVTaP]^cP\\T]c[¬PRcX”
vité Vie pour les marchés France, Europe du Sud, Scandinavie et Asie, avant de prendre, depuis Toronto, la direction
de l’activité Dommage et Responsabilité au Canada. En 2007, il prend la direction de la réassurance des catastrophes
naturelles et de l’informatique au sein de CCR, avant d’occuper la fonction de Directeur général adjoint en charge
STbo]P]RTb :[PePXcaTY^X]c[P77D2T]bT_cT\QaTs{ruP_a!b[TS _PacSTEW^\PbDPd]XTa
Fabrice Domange, nouveau Président du directoire de Marsh France
Fabrice Domange est depuis le 5 septembre 2016 le nouveau Président du directoire de Marsh France. Auparavant Directeur général France d’AIG, la branche hexagonale du géant américain de l'assurance, il succédera chez Marsh à Stanislas Chapron, qui se consacrera pleinement à sa fonction de « Chairman Risk Management et Client
advisory services ».
Entré chez AIG en 2010, dont il prend les commandes en 2013, après des passages chez Schlumberger, BIC ou
General Electric pour l'Europe continentale, Fabrice Domange est titulaire du DPECF, diplômé de l’ISEG et de
l’executive MBA de GE (EFLP). Son transfert remarqué dans le secteur des grands risques, passant de l’assurance
au courtage, le maintien néanmoins auprès d’une clientèle de moyennes et grandes entreprises. Chez le géant
du courtage et de la gestion des risques, qui rassemble 30 000 salariés répartis dans 130 pays, Fabrice Domange
aura en charge le pilotage stratégique de l’offre apportée aux clients français. Il travaillera sous la direction de
Flavio Piccolomini, PDG de Marsh Europe continentale, avec les deux Directeurs généraux adjoints déjà en fonc-
tion, Marc Michoulier et Jochen Koerner.
AIG a par ailleurs choisi pour le remplacer Christophe Zaniewski, jusqu’ici Directeur des opérations pour AIG
France et Benelux.
Denis Kessler, nouveau Président de l’APREF
Président directeur général du groupe SCOR depuis 2002, Denis Kessler est, depuis le 1
er
juillet 2016, le nouveau
président de l’Association des Professionnels de la Réassurance en France (APREF). Succédant à François Vilnet, qui occupait cette fonction depuis 2006, Denis Kessler représentera notamment les intérêts des réassureurs au sein du
conseil exécutif de la Fédération Française de l’Assurance (FFA), issue du rapprochement entre la FFSA et le GEMA.
Né en 1952, ce diplômé d’HEC, agrégé de sciences sociales et de sciences économiques, est également titulaire
d'une maîtrise de sciences politiques, d'un DEA de philosophie et d'un doctorat d’État de sciences économiques
de l'université de Paris. Il a fait ses premiers pas dans le secteur de l'assurance en tant que Président de la
FFSA, avant de devenir le numéro deux d'Axa. Depuis 2015, Denis Kessler est Coprésident du groupe de travail
« Événements extrêmes et risques climatiques » au sein de l’Association de Genève. En tant que Président de
l’APREF, nul doute qu’il entretiendra des liens étroits avec l’AMRAE. « Le Risk Manager est un métier essentiel à
l'entreprise et devrait exister au sein de l'État, des organismes publics et internationaux ».
Denis Lessler est également Académicien des sciences morales et politiques depuis janvier 2016.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 13
ACTEURS EN VUE
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Par Cécile Desjardins
DOSSIER
LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT :
DU RÉEL AU VIRTUEL…
Au-delà des frais salariaux et des charges administratives de son département, le Risk
Manager travaille avec le budget « virtuel » les primes d'assurance, qu'il négocie sans les
porter. Mais, lorsque le Management des Risques agit au sein de l'entreprise comme un
pôle créateur de valeur ajoutée, diffi cile d'établir les limites de son budget.
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15ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
L
orsque l'on interroge le Larousse sur la défi nition
du « budget », le sujet paraît simple : « ensemble
des recettes et dépenses. Somme dont on dispose »,
illustré par l'exemple bien classique « boucler
son budget ». Il en va tout autrement lorsqu'on inter-
roge un directeur des risques sur son propre budget.
Apparaissent alors autant de défi nitions du budget que
de directeurs des risques. Autant de subtilités qu'il y a
de stratégies de gestion des risques. Et, enfi n, autant
de modes de calculs que de philosophies de risque, ou
de modes d'organisation des entreprises…
« Je dispose d'un budget extrêmement réduit : je ne
gère pas la masse salariale, suivie directement par
les ressources humaines, comme pour l'ensemble du
groupe, ancienne filiale de France Telecom ! Il ne reste
donc à mon budget que la licence de notre outil infor-
matique, les frais de déplacements, quelques prestations
externes sur des sujets que nous ne maîtrisons pas assez
en interne, notamment les audits de cybersécurité, et
les dépenses de formation de l'équipe », explique ainsi
Loïc Le Roy, Responsable de la gestion des risques, de
l'audit et du contrôle interne du groupe SoLocal.
La plupart des (autres) responsables des risques
commencent par recenser, dans un premier temps,
les salaires et les frais de fonctionnement de leurs
équipes. Des coûts qui varient fortement, déjà, selon
que le Management des Risques de l'entreprise est
plutôt centré « assurances » ou « ERM ». « Dans le second
cas, les équipes sont moins nombreuses, mais avec un
salaire moyen plus élevé », note François Malan, Vice-
président « Métier » de l'AMRAE. Pour mémoire,
le Baromètre métier du Risk Manager (2015)
montre que, pour mener à bien leurs missions,
les Risk Managers gérant les assurances et
la prévention disposent en moyenne d’une
équipe composée de trois à cinq personnes
(66 %), tandis que ceux en charge de la
gestion globale des risques disposent,
eux, de moins de trois personnes (76 %).
BdP]c Pdg a \d] aPcX^]b ogTb QadcTb
annuelles, elles se situent à 108 000 euros
en moyenne pour un « top Risk Manager » et
à 84 000 euros pour un « non-top manager ».FRAIS DE FONCTIONNEMENT
Les frais de fonctionnement comprennent ensuite des
éléments assez classiques. Selon l'organisation de
l'entreprise, les directeurs des risques connaissent,
ou non, le coût moyen du « poste de travail » des
membres de l'équipe. Appelé « coût environné » chez
Engie, il s'agit d'une affectation moyenne du coût
des bureaux et « de tout ce qu'il faut pour travailler »,
résume son Directeur des Risques, Michel Dennery.
Viennent ensuite les coûts de formation (de l'équipe
Risk Management elle-même), mais aussi dans certains
cas des coûts de formation complémentaires. « Ce sont
par exemple les coûts de développement des formations
que nous organisons pour des cibles particulières de l'en-
treprise », ajoute Michel Dennery. Dans le même esprit,
il faut ajouter les frais liés à l'animation du réseau
« risque », notamment dans les plus grandes struc-
tures : séminaires, réunions sous différents formats, au
moins au top niveau.
D'autres réunions, organisées directement par les
business units ne sont souvent même pas recensées au
niveau de la direction des risques. Enfi n, les frais de
déplacement peuvent représenter un poste important
du budget dans certaines entreprises.
Selon le dernier Baromètre du Risk Manager (2015, 4
e
édition), la majorité des Risk Managers sont amenés à se
déplacer à l’étranger plusieurs fois par an dans le cadre
de leur fonction. C'est le cas de 73 % des responsables
Assurance/prévention, ou Assurances/préventions et
ERM, et de 65 % des purs ERM (et respectivement 61 %
et 48 % pour les membres de leurs équipes). Viennent
ensuite les missions de conseil : sociétés spécialisées,
assureurs ou courtiers peuvent venir prêter main-forte
aux équipes en interne pour, par exemple, réaliser ou
actualiser la cartographie des risques, ou visiter un site.
« Cela dépendra de la maturité et du nombre de personnes
employées par la Direction des risques, explique François
Malan. Avec la crise, toutefois, il est devenu difficile de
Loïc Le Roy,
Responsable de la gestion
des risques, de l'audit et du
contrôle interne, SoLocal
« Avec la crise, il est devenu
diffi cile de faire valider un budget
d'honoraires pour la r?alisationé
d'une cartographie. ? moins que
cela soit vraiment indispensable,
cela sera jug? non productif? ?
Fran?ois Malan, AMRAE
? Avec la crise, il est devenué
diffi cile de faire valider un budget
que le Management des Risques de l'entreprise est
plutôt centré « assurances » ou « ERM ». «
cas, les ?quipes sont moins nombreuses, mais avec uné
salaire moyen plus ?lev?
président « Métier » de l'AMRAE. Pour mémoire,
le Barom?tre m?tier du Risk Manager (2015)é
montre que, pour mener à bien leurs missions,
les Risk Managers gérant les assurances et
la prévention disposent en moyenne d’une
équipe composée de trois à cinq personnes
(66 %), tandis que ceux en charge de la
gestion globale des risques disposent,
eux, de moins de trois personnes (76 %).
Buant aux rémunérations fi xes brutes
annuelles, elles se situent à 108 000 euros
en moyenne pour un « top Risk Manager » et
à 84 000 euros pour un « non-top manager ».
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCEéI N?10 IéSEPTEMBRE 201616
DOSSIER
LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT
François Malan,
Vice-président « Métier », AMRAE
16ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU R
faire valider un budget d'honoraires pour la réalisation
d'une cartographie. À moins que cela soit vraiment indis-
pensable, cela sera jugé non productif… »
6]o]… c^dY^dab Pd aP]V STb RWPaVTb U^]RcX^]]T[[Tb Tc
administratives, les coûts des systèmes de gestion des
risques (SIGR) peuvent parfois s'avérer très importants.
L'affectation peut varier d'une structure à l'autre, mais
la Direction des risques porte au moins, en général, les
coûts de développement et de maintenance de l'outil.
Quitte à, parfois, décider de faire l'impasse sur ce poste…
« C'est trop cher pour nous, relève le Directeur des risques
d'un groupe pourtant assez conséquent. Nous avons
regardé de près mais, entre l'investissement et les coûts de
maintenance annuelle, nous ne disposons pas du budget
pour un tel outil, d'autant que le retour sur investissement
n'est pas très clair, hormis en termes de gain de temps pour
mes équipes, mais cela n'est pas pris en compte par la
Direction générale… Nous ne sommes pas les seuls à avoir
fait ce choix, vu le nombre de groupes qui bricolent avec
Excel ». De fait, seuls 31 % des Risk Managers ont déclaré
dans le dernier Baromètre utiliser un SIGR.
DES PRIMES D'ASSURANCE VIRTUELLES
Mais, si les directeurs des risques pensent avant tout
salaires et frais de fonctionnement, l'essentiel de
leurs dépenses n'est pas là. Lorsque le directeur des
risques est, bien évidemment en charge de la fonction
« assurance » – ce qui n'est pas le cas des 31 % de Risk
Managers exclusivement ERM. « L'assurance dommage/
incendie est prépondérante dans un groupe indus-
triel comme Arkema. Avec des primes qui représentent
environ 0,5 pour 1 000 de la valeur de reconstruction de
nos installations, elle varie aux alentours de 15 millions
d'euros et constitue l'essentiel de notre budget ”risque”,
devant la responsabilité civile – d'exploitation et produits
-, les accidents de personnes ou encore l'assurance
transport », explique Michel Blanc, son Risk Manager
jusqu'en juillet 2016. « Au total, compte tenu du coût des
inspections des sites, du courtage, des charges de fonc-
tionnements et des salaires de la direction des risques, le
budget ”risques industriels” d'Arkema représente 0,3 à
0,4 % du chiffre d'affaires du groupe ».
Michel Dennery,
Directeur des risques, Engie
Anne-Marie Fournier,
Vice-présidente de l'AMRAE
« Avec la crise, il est devenu
diffi cile de faire valider un budget
d'honoraires pour la réalisation
d'une cartographie. À moins que
cela soit vraiment indispensable,
cela sera jugé non productif… »
François Malan, AMRAE
« Si c'est bien la direction
des risques qui initie
la majorité des dépenses
de traitement des risques,
ce sont les propriétaires
des risques qui portent
les coûts liés à l'identifi cation,
à la gestion ou au fi nancement
de leurs risques. »
Christine Gfeller, Arc International
« Si c'est bien la direction
des risques qui initie
L’INDICATEUR AMRAE MODE D’EMPLOI
Un suppor t de communication sur les r isques dans
le document de référence : « pour les sociétés cotées,
l’avant age serait de ne plus avoir à publier de budgets
d’assurance mais de se référer à l’indicateur et à l’explication
de ses var iations d’année en année ».
Souplesse et liberté de choix
Pas de diktat sur le pér imètre :
« à notre sens, l’entrepr ise a
vocation à inclure dans le calcul de
l’indicateur l’ensemble des r isques
assurables ou auto-assurés ».
Un outil de suivi dynamique :
« ce seront les var iations,
remarquées d’année en année
qui permettront d’expliquer les
augment ations ou baisses du coût
de traitement des r isques ou de
leur couver ture ».
Un tableau de calcul et un total que les auteurs
suggèrent de rappor ter aux fonds propres.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°2 I SEPTEMBRE 2014 23
DOSSIER
INDIC ATEUR DU COÛT DE TRAITEMENT DES RISQUES ASSURABLES
L’INDICATEUR AMRAE MODE D’EMPLOI
Une méthodologie : « cet indicateur n’a pas vocation à être comparé d’une entrepr ise à l’autre… mais plutôt
de fixer une référence interne pour chaque entrepr ise » est il clairement stipulé dès la première page.
Des compléments à la guise de
chacun : « il pourra être complété
par d’autres plus couramment
utilisés tels que les ratios S/P »
« il pourrait aussi être décliné dans
l’entrepr ise avec des indicateurs par
métier ou par zone géographique ».
4 catégories de r isques,
« l’entreprise peut choisir de
se concentrer uniquement
sur cer taines catégor ies » :
a) Biens et Actifs de l’entrepr ise
b) Les responsabilités
c) Per tes financières
d) Capit al humain
Les fondamentaux a) Coût des assurances (TTC, hors rémunérations des intermédiaires mais incluant les contr ibutions
à des systèmes obligatoires dans le monde entier)
b) Coût de traitement des r isques : prévention (le coût des visites de r isques ou la rémunération
des consult ants), frais de gestion externes (rémunération des cour tiers, des avocats impliqués dans
la gestion de sinistre…), frais internes (salaires, charges sociales…) et pér iode pr ise en compte,
à savoir l’exercice compt able de l’entrepr ise.
c) Coût de l’auto-assurance (coût des franchises, des sinistres assurés et captives).
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE I N°2 I SEPTEMBRE 2014 22
DOSSIER
INDIC ATEUR DU COÛT DE TRAITEMENT DES RISQUES ASSURABLES
Une méthodologie: «cet indicateur n’a pas vocation à être comparé d’une entrepr ise à l’autre… mais plutôt
de fixer une référence interne pour chaque entrepr ise
Des compléments à la guise de
il pourra être complété
par d’autres plus couramment
utilisés tels que les ratios S/P»
ait aussi être décliné dans
l’entrepr ise avec des indicateurs par
métier ou par zone géographique».
ies de r isques,
ise peut choisir de
se concentrer uniquement
sur cer taines catégor ies»:
t Actifs de l’entrepr ise
b) Les responsabilités
c) Per tes financières
d) Capit al humain
Les fondamentaux
Coût des assurances (TTC, hors rémunérations des intermédiaires mais incluant les contr ibutions
à des systèmes obligatoires dans le monde entier)
ement des r isques: prévention (le coût des visites de r isques ou la rémunération
des consult ants), frais de gestion externes (rémunération des cour tiers, des avocats impliqués dans
la gestion de sinistre…), frais internes (salaires, charges sociales…) et pér iode pr ise en compte,
à savoir l’exercice compt able de l’entrepr ise.
c) Coût de l’auto-assurance (coût des franchises, des sinistres assurés et captives).
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAEI N°2 ISEPTEMBRE 2014 22
DOSSIER
INDIC ATEUR DU COÛT DE TRAITEMENT DES RISQUES ASSURABLES
DOSSIER
Indicateur AMRAE
du coût de traitement
des r isques assurables
MÉTIER RISK MANAGER
Définition des missions
et de la structure du r isque
Gestion de sinistres
Formation à la loupe :
les Serious Game débarquent
VEILLE ET POSITION
Les défis de la réparation
du dommage environnement alPORTRAIT
Alexandra Pfalzgraf
VP Insurance and Risk Management
Schneider Electr ic
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • SEPTEMBRE 2014 • 20 € TTC
N°2
Peu d'entreprises fran?aises ont aujourd'hui une vision
aussi exhaustive. Mais l'Indicateur du co?t de traite-
ment des risques assurables proposé depuis 2014 par
l'AMRAE permet d’évaluer le co?t global du traitement
de ses risques. Destiné notamment à démontrer de
fa?on chiffrée l'intér?t d'une démarche de traitement
des risques, il rel?ve d'une approche véritablement
globale puisqu'il inclut le co?t des assurances, le
co?t de la prévention des risques, les frais de gestion
externes (courtiers, avocats, experts?) et internes
(collaborateurs intervenant dans la gestion globale des
risques et des assurances), le co?t de l’auto-assurance
(franchises, les sinistres non assurés et le co?t des
captives). L'entreprise peut ainsi obtenir une véritable
évaluation du co?t global de son traitement des risques,
à rapporter éventuellement aux fonds propres, à l'EBIT,
voire au chiffre d'affaires. De quoi aller beaucoup plus
loin que le simple « coût de l'assurance » utilisé actuel-
lement par nombre de groupes comme indicateur.
VERS UN BUDGET EXHAUSTIF ? L'INDICATEUR DU COÛT DE TRAITEMENT DES RISQUES ASSURABLES
Concrètement, les travaux menés par les entreprises ont montré que le coût du
traitement du risque demeure en moyenne « inférieur à 0,1 % des fonds propres de
l’entreprise », indique Anne-Marie Fournier, Vice-présidente de l'AMRAE, qui a beau-
coup travaillé sur le sujet. Si la photo de l'entreprise à l'instant 't' peut être inté-
ressante, c'est à long terme qu'il faudra regarder ce nouvel indicateur, couramment
utilisé aux États-Unis (voir l'exemple du Port de Houston), mais encore peu répandu
en France.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 17
DOSSIER
LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT
Attention, bien que constituant souvent l'essentiel
du budget du directeur des risques, ces primes d'as-
surance ne lui sont en général… pas facturées ! « Il
s'agit dans la plupart des cas d'un budget ”virtuel”,
en ce sens que les directeurs des risques négocient des
primes d'assurance ou requièrent des dépenses de
gestion des risques qui seront affectées aux budgets des
filiales, branches opérationnelles, business units… Mais
quand le responsable des risques défend son budget, il
défend tout autant ses frais de fonctionnement, que
cette part ”virtuelle”, souvent beaucoup plus importante
en montants », explique Thierry Van Santen, ancien
Responsable des risques du groupe Danone et Directeur
général France d'Allianz Global Corporate & Specialty.
« Je n'ai presque rien dans mon budget », explique
par exemple Christine Gfeller, Directeur des risques
du groupe Arc International. « Même si c'est bien la
Direction des risques qui initie la majorité des dépenses
de traitement des risques, ce sont les propriétaires des
risques qui portent les coûts liés à l'identification, à la
gestion ou au financement de leurs risques. En revanche,
à moi de convaincre et de faire l'allocation et la justifica-
tion de toutes ces dépenses… »
Car, ce n'est pas parce que la Direction des Risques ne
porte pas la dépense qu'elle n'est pas responsable de son
retour sur investissement. « Nous établissons des tableaux
consolidés et devons justifier les dépenses que la gestion
des risques occasionne : elles passent en comité d'investis-
sement mais il est vrai que, la plupart du temps, le proprié-
taire des risques s'est approprié, en amont, la nécessité de
l'investissement. Les responsables opérationnels sont systé-
matiquement associés à la défense du budget de gestion
des risques qu'ils portent : nous sommes là pour garantir, en
termes de traitement des risques, le caractère crédible des
investissements et certifier qu'il y aura bien une réduction
de l'exposition aux risques grâce à l'investissement mis en
place », détaille Christine Gfeller. Certaines primes « déli-
cates » demeurent cependant (en général) à la charge
du Management des Risques central, notamment celles
couvrant les risques politiques, mais aussi les polices
Kidnapping et Hommes clés.
COÛT TOTAL DU RISQUE
Malgré la mise en place par l'AMRAE, il y a plus de deux
ans, de l'indicateur du coût de traitement des risques
assurables (voir encadré), rares sont encore ceux qui,
en France, pensent véritablement leur budget comme
l'ensemble des dépenses liées au risque, incluant non
seulement le coût de gestion du risque et les primes
d'assurance, mais aussi les franchises et, enfi n, le « coût
du risque non assuré ». « Dans une définition opération-
nelle large, on peut considérer que le Risk Management
« Dans une défi nition
opérationnelle large,
on peut considérer que
le Risk Management gère
le risque. Son budget
correspond donc au
”coût du risque” dans
son ensemble. »
Marc Lassagne, ENSAM
« Dans une défi nition « Dans une défi nition
opérationnelle large,
Michel Blanc,
Administrateur AMRAE et précedemment Risk Manager, Arkema
Thierry Van Santen,
Directeur général France, Allianz Global Corporate & Specialty
Christine Gfeller,
Directeur des risques, Arc International
CAS PRATIQUES
Premier exemple :
Le budget du directeur
des risques d'une grande
entreprise (3 milliards d'euros
de chiffre d'affaires), assez
peu internationale.
❱ Salaires : 320 000 euros
❱ Déplacements : 2 000 euros
❱ Outils bureautiques, informatiques… : 30 000 euros
❱ Honoraires courtiers prestataires : 200 000 euros
❱ Primes d'assurance : 20 000 euros
Deuxième exemple :
Le budget du directeur des risques d'une ETI
très internationale
❱ Fonctionnement du service : 450 000 euros
(salariés, abonnements techniques, quelques
éléments résiduels qui ne peuvent être affectés,
quelques déplacements qui ne peuvent être
refacturés…)
❱ Primes d'assurance : 5 000 000 euros
❱ Coût de traitement du risque consolidé :
30 000 000 euros (nombreuses politiques visant
à assurer la continuité et la résilience de l'activité,
la sécurité humaine, des actifs, du savoir-faire ou
la protection des marques, à travers notamment
la sécurisation des sites, clôtures de protection,
caméras, monitoring, amélioration des process
pour éviter les accidents, surcoûts de prix d'achat
pour sécuriser l'approvisionnement et éviter les
carences, plans de continuité d'activité…).
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201618
DOSSIER
LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT
En novembre 2015, Bruce Birdwell, Director of Risk Manage-
ment du Port of Houston Authority, est venu faire une présen-
tation de sa philosophie
1
et de sa méthodologie en matière
de coût du risque à l'École Nationale Supérieure d’Arts et
Métiers. Bien au-delà d'un simple budget comprenant des
charges plus ou moins élargies, ce responsable travaille sur
un coût du risque total, ou Total Cost Of Risk (TCOR), qui
prend en compte, avec un large spectre, l'ensemble des coûts
liés au risque de ce port américain, au 6
e
rang en matière de
containers et 1
er
en tonnage à l'international
2
. Le Total Cost
of Risk calculé est ensuite utilisé en benchmark pour estimer
« l'efficacité de la stratégie et de l'organisation du groupe en
matière de Management des Risques ».
Concrètement, le Port de Houston prend en compte quatre
principaux postes pour estimer son coût total du risque :
les pertes liées aux claims, les primes d'assurance, les
frais administratifs internes ou externes et les pertes non
assurées (franchises ou auto-assurance). C'est ainsi que l'institution a pu estimer, sur 8 ans, un coût total annuel de son risque allant de 4,4 millions de dollars (en 2011) à 7,6 millions de dollars (en 2008). Les calculs montrent que des mesures prises à partir de 2010 ont permis d'écono- miser, sur 5 ans, environ 8 millions de dollars. Le groupe, qui calcule par ailleurs le coût de son risque pour 1 000 dollars de chiffres d'affaires, a pu prouver la forte amélioration de ses performances en la matière : pour 1 000 euros de chiffre d'affaires, le coût de son risque est tombé de 39 dollars en 2008-2009 à seulement 19 dollars en 2014
3
.
1
« Total Cost of Risk (TCOR) and Benchmarking »
2
Il reçoit chaque année quelque 9 000 navires et 200 000 barges, pour 230 millions de tonnes de cargo
3
Sources : Port of Houston Authority - École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers
Bruce Birdwell,
Director of Risk
Management,
Port of Houston
Authority
COMMENT LE PORT DE HOUSTON ÉVALUE LE COÛT TOTAL DE SON RISQUE
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 19
DOSSIER
LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT
gère le risque. Son budget correspond donc au ”coût du
risque” dans son ensemble », explique Marc Lassagne,
Enseignant chercheur, à la tête du Mastère Spécialisé
®
« Management Global des Risques » (École Nationale
Supérieure d’Arts et Métiers et ESTP). Si la démarche ne
progresse que lentement en France, elle est largement
répandue outre-Atlantique.
Ainsi le Port de Houston (voir encadré) calcule-t-il son
Total Cost of Risk sur la base des pertes juridiques,
de ses primes d'assurance, des frais administratifs
internes ou externes et de ses pertes non assurées
(franchises ou auto-assurance), exactement comme
proposé par l'indicateur de l'AMRAE.
Certains, comme Alain Aubignat, Risk Manager du
groupe Michelin, prennent le problème à l'envers.
« Mon budget ? Je ne le connais pas ou plutôt, ce n'est
pas comme cela que cela se pose ! Certains regardent
la facture et son évolution. Nous, nous regardons les
risques… et leurs conséquences », résume-t-il. En
effet, à l'issue d'un travail réalisé sur près de 10 ans,
le spécialiste des pneumatiques ne raisonne plus en
termes de « dépenses », mais en termes de risques.
« Pour chacun des éléments de notre cartographie des
risques, nous définissons le niveau résiduel de risque
que nous pouvons tolérer, à terme. Pour atteindre ces
niveaux, nous définissons les actions à mettre en place.
Ces actions entraînent des coûts qui constituent fina-
lement notre budget, que ce soient des ”capex” (mise
en place de nouveaux équipements, modifications des
machines…), ou des ”opex” (accroissement des stocks,
formations)… », explique-t-il. Le budget Risques du
groupe n'est ainsi que la conséquence directe des
niveaux de risques qui sont décidés, selon l'impor-
« Où s'arrête notre
gestion des risques ?
Ne devrait-on pas inclure
dans le budget de la gestion
des risques la politique
de sécurité, mais aussi
le suivi de la qualité,
ou encore l'innovation
voire l'amélioration
de nos produits ? »
Michel Dennery, Engie
« Où s'arrête notre « Où s'arrête notre
gestion des risques ?
Marc Lassagne,
enseignant chercheur, ENSAM
Alain Aubignat,
Risk Manager, Michelin
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201620
DOSSIER
LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT
QUELLE AFFECTATION POUR LES COÛTS DE LA GESTION DES RISQUES ?
En matière d'affectation des coûts, il y a unanimité : les prestations
dédiées sont bien évidemment affectées à la business unit, au pays,
ou à la branche dont elles relèvent. « Nous refacturons par exemple
les missions réalisées par les équipes centrales de Management des
Risques auprès de nos différentes entités, un peu comme une presta-
tion qui aurait été facturée par un tiers », explique Michel Dennery.
« Nous refacturons le montant des primes d'assurance à l'euro près, à
chaque filiale, avec également un système de bonus/malus, qui nous
permet d'avoir une politique incitative en matière de gestion de ses
risques et de récompenser les efforts des différentes entités », souligne
François Malan. Certaines polices, en revanche, sont contractées
au niveau du groupe : en particulier les assurances hommes clés,
image… et les polices « Kidnap & Ransom ». Elles passeront, comme
beaucoup d'autres choses dans les management fees. Ensuite, tout
ce qui peut être affecté le sera également… parfois de façon un peu
forcée, même. « Les coûts généraux de type Direction générale ou pour
un nouveau SIGR seront ventilés selon les règles inscrites dans les mana-
gement fees », indique Michel Dennery pour le groupe Engie. Une poli-
tique qui passe bien mieux, toutefois, que les refacturations directes.
« Lorsque le groupe envoie dans une filiale une équipe de spécialistes
pour, par exemple, remettre à jour la cartographie des risques, mieux
vaut en fondre le coût dans les managements fees plutôt que de facturer
la filiale directement… On se fait mieux accueillir dans la filiale que
lorsque l'on envoie la facture », se souvient Thierry Van Santen.
tance, soit en comité des risques, soit par les entités géographiques
ou les lignes produit. « Pour les 200 principaux risques de notre
cartographie, le ComEx définit le niveau « tolérable » vers lequel nous
voulons aller et garantit l'affectation des ressources nécessaires »,
complète Alain Aubignat.
2d o]P[ Il y a deux ans, nous avons fait le calcul : la réaction
première a été de trouver que le ”budget risque” était trop important,
et qu'il fallait chercher à le réduire ! Mais l'analyse très fine que nous
avons réalisée, poste par poste, a au contraire mis en évidence des
besoins supplémentaires : si l'on pouvait réduire quelques éléments,
il fallait investir bien davantage sur certains postes. Finalement, le
comité exécutif a décidé de dépenser plus encore afin que nous soyons
en phase avec notre politique de risques », explique le Directeur des
risques du groupe Michelin.
UNE DISTINCTION IMPOSSIBLE
=PeaPXT`dTbcX^]…o]P[T\T]c…RWTi>XRWT[X]R^\\TPX[[Tdab…TbcRT[[T
de la mise en évidence des lignes Risques au sein du budget global de
l'entreprise. « Si l'on considère que le Management des Risques est un
processus business à valeur ajoutée, qui a pour but d'aligner les décisions
de l'entreprise avec son appétence au risque, il est alors complexe de
séparer son budget de celui des autres process de l’entreprise… Au-delà
des aspects techniques de prévention et de traitement du risque, le rôle
du Risk Manager est de faire l'interface avec les autres responsables de
l'entreprise, et d'aider à améliorer les process de l'entreprise, depuis
les process de fabrication jusqu'aux ressources humaines… Il est donc
difficile d'établir les limites de son budget », explique Marc Lassagne.
7X]P[T\T]c…[P`dTbcX^]TbcT]_PacXT_WX[^b^_WX`dTTc[X T[PS o]X”
cX^]ST[P8TbcX^]STbCXb`dTb`dTb Tbcog T[ T]caT_aXbT
« Il est difficile de dire ce qui relève du coût de traitement du risque et ce
qui relève du respect de la réglementation ou encore de l'attente de qualité
de nos clients, compte tenu de notre image de marque. Notre définition et
notre traitement du ”risque” sont liés à notre positionnement concurrentiel,
mais aussi à notre image, à notre réputation… Donc, conceptuellement, où
s'arrête notre gestion des risques ? Ne devrait-on pas inclure dans le budget
de la gestion des risques la politique de sécurité, mais aussi le suivi de la
qualité, ou encore l'innovation voire l'amélioration de nos produits ? »,
souligne Michel Dennery. À cette aune, le budget du Management des
Risques ne serait-il pas celui de l'entreprise toute entière ?
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 21
DOSSIER
LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT
T
outefois, comme toutes les fonctions
support, les directions des risques ont,
ces dernières années, été contraintes de
se serrer la ceinture : tendance générale à
la réduction des coûts, peu de remplacement des
effectifs en cas de départ, et sauf quelques cas,
rares embauches… « Si nos effectifs ont augmenté
sur le papier, c'est tout simplement que le groupe
a été réorganisé : nous avons supprimé un échelon
de management intermédiaire – les branches –
et certains risk officers qui intervenaient à ce
niveau-là, ont été remontés à la Direction générale,
entrant ainsi dans mon budget. L'augmentation de
notre budget n'est que faciale : en réalité, les coûts
ont baissé de 30 % », explique Michel Dennery.
Comme partout, c'est la réduction des coûts qui
est visée chez Engie. Tous les postes, y compris
les budgets de déplacements, ont fondu eux
aussi. « Nous sommes tenus par les règles groupes
en la matière et devons réduire au maximum nos
voyages, comme nos frais en cas de déplacement.
Mais si la réduction de ces budgets se comprend
bien pour les réunions et même l'animation de
notre réseau, on peut déplorer de devoir également
espacer les visites de site et les audits de risque sur
le terrain qui sont, eux, stratégiques pour notre
métier », souligne un autre professionnel.
RETOURNEMENT
Les réductions de budget, en revanche, ont été
faciles et importantes dans un domaine : celui des
primes d'assurance qui ont fondu comme neige
au soleil dans de nombreuses sociétés au cours
des cinq ou dix dernières années… Une réduc-
tion qui s'explique à la fois par un marché mou,
par une meilleure gestion des risques dans beau-
coup d'entreprises, permettant une renonciation
des budgets et, enfin, par l'abondance des fonds
mis à disposition des assureurs. Mais le système
semble aujourd'hui avoir atteint ses limites. « Si
l'on ne peut plus vraiment parler de cycle de l'assu-
rance à l'heure actuelle, il semble quand même que
le secteur a touché un point bas », estime Thierry
Van Santen.
À tel point que beaucoup de Risk Managers
redoutent aujourd'hui une remontée progressive
du poste sur les prochaines années, et donc un
net accroissement de leur « budget virtuel ». « Au
cours des cinq dernières années, les directeurs des
risques ont véritablement optimisé leur budget
”primes”. Nous sommes aujourd'hui arrivés à
un point bas, et l'on ne peut que craindre une
remontée, notamment en assurance construction
ou en dommages, où l'on a récemment constaté
de nombreux sinistres, notamment du fait d'évé-
nements naturels », estime François Malan, Vice-
président « Métier » de l'AMRAE et Directeur de
la gestion des risques du groupe Nexity. « Plus
qu'une remontée subite, je crains que les assu-
reurs ne multiplient les réductions des champs
de garantie pour nous contraindre à acheter
de nouvelles assurances. Par exemple, il nous
faut aujourd'hui nous couvrir en Cyber pour des
éléments qui étaient auparavant compris dans la
Responsabilité Civile : pour faire face à un marché
qui reste soft, les assureurs ont finalement créé de
nouveaux besoins… », souligne Christine Gfeller.
Quelle que soit la définition donnée à la dépense,
tous s'accordent à penser que la facture risque
d'augmenter. Au point que certains jugent
qu'il serait d'ores et déjà prudent de préparer
le terrain. « Nous avons habitué nos directeurs
généraux ou financiers à des budgets à la baisse.
Peut-être vaudrait-il mieux amorcer une petite
remontée de 2 ou 3 % pour éviter sous peu un bond
de 15 % », s'inquiète un professionnel.
DES BUDGETS VRAISEMBLABLEMENT APPELÉS
À CROÎTRE CES PROCHAINES ANNÉES
Comblés, les Risk Managers ? Selon le Baromètre du Risk Manager de 2015, 77 % des Risk Managers
estiment disposer d’un budget de fonctionnement suffi sant et, globalement, les budgets sont
restés stables pour 64 % des répondants au cours des 12 derniers mois, tous secteurs et profi ls
confondus.
1
Baromètre du Risk Manager 2015
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201622
DOSSIER
LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT
SIX CLÉS POUR NÉGOCIER AU MIEUX SON BUDGET
BIEN NÉGOCIER SON ARRIVÉE
« C'est avant même son arrivée dans l'entreprise, qu'il faut se préoccuper de son budget ! », estime un Directeur des risques. « Il
faut bien cerner l'entreprise et ses risques, pour négocier non seulement une équipe à la hauteur, mais aussi les primes d'assurance
nécessaires. Les entreprises ont une grande inertie : si les budgets sont officiellement annuels, ils sont en réalités établis dans la
plupart des cas par rapport à l'année précédente, souvent à la baisse dans la conjoncture actuelle… Alors, il ne faut vraiment pas se
rater sur son budget ”zéro” ! »
1
CONFRONTER COÛT DU RISQUE ET GARANTIE OBTENUE
C'est en mettant clairement en évidence les risques évités que le Risk Manager peut justifier primes payées et dépenses en matière de risque, mais aussi convaincre de la nécessité de mettre en place de nouvelles polices ou nouvelles mesures de protection. « Il faut montrer les montants de garantie que les primes couvrent. Le budget que l'on présente à la direction financière
ou générale doit clairement montrer, en deux colonnes, la prime et l'engagement de l'assureur. On ne peut considérer une prime de 30 000 euros qu'au regard de l'engagement de l'assureur… qui peut s'élever à 5 millions d'euros. En face de chaque prime, il y a un engagement de l'assureur… et finalement tout le monde trouvera peut-être qu'il serait intéressant d'accroître la prime de
seulement 10 000 euros, pour gagner deux millions de garantie supplémentaire ! », explique François Malan. Avec, aujourd'hui,
de nouveaux arbitres : les administrateurs, qui s'avèrent de plus en plus sensibles au sujet…
2
FONDRE LES MISSIONS DE CONSEIL DANS SON ENVELOPPE « ASSURANCE »
Difficile actuellement de faire passer une ligne « honoraires » un peu trop importante. « Les frais de consulting et de déplacement
sont les premiers coupés en période de crise », rappelle Thierry Van Santen. Mais lorsque les équipes ne sont pas suffisantes pour
réaliser l'ensemble des travaux nécessaires au Management des Risques, certains n'ont pas le choix. La solution ? « Glisser dans le
budget « primes d'assurance » quelques missions de prévention des risques, d'audit des polices ou encore de gestion des sinistres, qui
peuvent être réalisées par son courtier… La direction financière nous demande juste de respecter le budget global, à l'intérieur, on est
assez libres », confie un professionnel. Ce n'est somme toute qu'une affectation comptable différente, mais elle passe mieux…
3
METTRE EN AVANT LA NÉCESSITÉ DE NOUVELLES GARANTIES (CYBER, FRAUDE, PERSONNES CLÉS...)
« Les directeurs des risques se doivent aujourd'hui de convaincre les directions générales de la nécessité de souscrire de nouvelles
polices sur des sujets comme le cyber ou la fraude », estime François Malan. Face à cette demande de budgets complémentaires,
les responsables des risques sont confrontés à deux questions « Quels sont les sinistres ? Et pourquoi cette police n'était pas
nécessaire dans le passé ? », au risque de se voir demander de mettre l'accent sur la prévention, plutôt que miser sur une
assurance… « Vu l'importance de ces nouveaux risques de cyber ou de fraude, mieux vaut contracter, au moins dans un premier
temps, une police avec une limite faible et une franchise élevée : il s'agit d'éviter la véritable catastrophe qui pourrait être fatale
à l'entreprise », indique François Malan. Reste qu'aujourd'hui, seule une entreprise sur deux aurait signé une police Cyber.
4
SAVOIR SURFER SUR UN GROS SINISTRE
« La direction financière raisonne trop souvent en coûts, sans voir ce que l'entreprise a gagné face à ces coûts », estime un Directeur
des risques. « Il est bon de faire le bilan des éléments marquants de l'année, avec la somme des indemnisations reçues : ce sont
finalement les sinistres qui justifient le paiement des primes ».
5
S'APPUYER SUR L'INDICATEUR DU COÛT DE TRAITEMENT DES RISQUES
« La meilleure façon de se préparer à un éventuel retournement du marché est de s'appuyer sur des éléments chiffrés et concrets,
dont on peut suivre l'évolution d'une année sur l'autre : c'est l'objectif de l'indicateur du coût de traitement des risques assurables que propose l'AMRAE. Beaucoup d'entreprises gagneraient à l'adopter », indique Bénédicte Huot de Luze, Déléguée générale de l'AMRAE. 6
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 23
DOSSIER
LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT
D
epuis sa création, aucun pays n'avait jamais quitté
l'Union européenne (excepté le Groenland en
1985, avec une incidence limitée). Suite au réfé-
rendum du 23 juin 2016, la Grande-Bretagne
sera donc bientôt la première à sortir du giron euro-
péen. « C’est la première fois que l’on voit une telle
situation : c’est nouveau pour tout le monde ! »,
rappelle Guy-Antoine de la Rochefoucauld,
Directeur général de Lloyd’s France. Les consé-
quences de ce Brexit (acronyme résultant de la
contraction de British exit) sont donc totalement
inconnues et difficiles à établir, autrement que
par des estimations et des scénarios.
« Le Brexit va générer de nombreux risques de manière
collatérale, pas encore tous identifiés ou évaluables
en termes de conséquences, car beaucoup dépendront
de la nature du nouveau partenariat que Londres négo-
ciera avec ses homologues européens, et de ses conditions
d’accès au marché unique », estime François Beaume,
Administrateur de l’AMRAE, Président de la commis-
sion Systèmes d’information. Mais en attendant d’être
fixés sur la date et les conditions de sortie de la Grande-
Bretagne, tous les acteurs économiques et financiers
européens réfléchissent aux différentes conséquences
possibles, tant sur le plan macroéconomique, qu’à
l’échelle de leur activité ou de leur entreprise.
DÉPRÉCIATION DE LA LIVRE STERLING
Si la livre sterling avait déjà perdu 8 % face à l'euro à l’ap-
proche de la date du référendum, incitant la Banque d'An-
gleterre à augmenter ses réserves en devises étrangères
pour lutter contre la volatilité, c’est sans surprise qu’elle
a subi une chute drastique dans les jours qui ont suivi le
23 juin, pour finalement se rétablir partiellement après
quelques semaines. Début août, la Banque d’Angleterre a
néanmoins réduit son taux directeur à 0,25 % et augmenté
de 60 milliards de livres sterling son programme d'achats
d'obligations d'État et de 10 milliards de livres celui dans
les actifs d'entreprises. « Un divorce à l’amiable à 28 sera
difficile. Il serait étonnant que la guerre des devises entre
le dollar, le yen, l’euro et la livre, déjà forte actuellement,
ne se poursuive pas. La volatilité va aller crescendo et il faut
vraiment se prémunir contre ces risques de change », estime
Peter Etzenbach, Membre du comité exécutif d’Allianz
France, en charge de la finance. Reste à savoir quels
seront les impacts de cette dépréciation dans les mois à
venir sur la croissance et l’activité économique du pays,
et par ricochet sur celle des pays de l’Union. Le cabinet
PricewaterhouseCoopers a estimé à 100 milliards de livres
sterling la perte de revenus du Royaume-Uni d'ici 2020,
soit 5,5 % de son PIB. Et d’ores et déjà, le fonds souverain
norvégien a déprécié de 5 % ses actifs au Royaume-Uni.
Selon les économistes de Barclays, l'économie britan-
BREXIT
QUELS IMPACTS
POUR QUELS RISQUES ?
« Leave » : la réponse que les citoyens britanniques ont apportée à la question posée par le
référendum du 23 juin 2016 relatif au maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l'Union
européenne a fait l’effet d’un véritable pavé dans la mare. Aucune sphère de l’économie et des
entreprises ne sera épargnée par ses effets, encore pour le moins incertains. Décryptage.
François Beaume,
Administrateur de l’AMRAE,
Président de la commission
Systèmes d’information
Peter Etzenbach,
Membre du comité exécutif d’Allianz France
Par Aurélie Nicolas
REPÈRES CHIFFRÉS
45 % des exportations
et
53 % des importations du Royaume-Uni
se font avec les pays de l’UE (chiffres 2014).
Depuis son entrée dans l'UE en 1973, le Royaume-Uni a
augmenté de
55 % ses échanges avec les pays membres
et de
20 % son PIB par habitant.
Les exportations de l’UE vers le Royaume-Uni ne
représentent que
3 % du PIB de l’UE, alors que les
exportations britanniques vers l’UE représentent
environ
13 % du PIB britannique. Au total,
le commerce avec les autres États de l’UE
génère
3,3 millions d’emplois au
Royaume-Uni.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201624
DOSSIER
BREXIT
nique devrait se contracter de 0,4 % et 0,3 % aux troisième et quatrième
trimestres 2016 puis de 0,1 % à chaque trimestre de 2017. Pour l’instant,
les premiers chiffres publiés fin août montrent que ce ralentissement n’est
pas encore net. « La baisse de la livre sterling est pour l’instant la seule
conséquence certaine et palpable du Brexit. Les effets sur l’économie réelle
prendront plus de temps à se révéler », précise François Beaume. « La plupart
des décisions qui nécessitent des investissements ou des recrutements sont
reportées pour l’instant ». D’après Adecco Group UK & Ireland, un employeur
sur cinq prévoit de réduire son investissement dans la formation en raison
du Brexit et seuls 36 % pensent augmenter leurs effectifs dans les trois
prochains mois, contre 40 % avant le Brexit. « Depuis le 23 juin, le risque
géopolitique est perçu de manière aiguë par les investisseurs, notamment
asiatiques, qui hésitent face aux grands projets d’infrastructures (ponts,
bâtiments…). Clairement, cela va prendre du temps avant que ce choc soit
compris, assimilé et digéré », renchérit Peter Etzenbach.
DES BARRIÈRES AUX ÉCHANGES COMMERCIAUX
Si l’adhésion à l'UE a réduit les coûts des échanges entre le Royaume-Uni
et l'Union européenne, non seulement par la suppression des barrières
tarifaires, mais aussi par la réduction des obstacles non tarifaires dans
le cadre du marché unique européen, on peut légitimement supposer
que le Brexit aura des conséquences inverses : les sociétés britanniques
auront un accès moins facile aux produits européens et vice versa.
Là encore, tout dépendra du type d’accord conclu à l’issue des deux
ans de négociations. Aujourd’hui, le solde de la balance commerciale
est favorable à la France, qui exporte davantage que son voisin outre-
Manche dans leurs échanges bilatéraux. Le Royaume-Uni n’est d’ail-
leurs que le septième partenaire commercial de la France. Néanmoins,
si l’accès au marché britannique se complexifiait, ou si le Royaume-Uni
établissait des accords commerciaux plus avantageux avec d’autres
pays tels que les États-Unis, les entreprises françaises et européennes
pourraient perdre des parts de marché. Pour éviter ces possibles freins,
nombre de structures européennes ont déjà annoncé leur intention
de relocaliser leur production et leurs équipes en Europe continen-
tale, avec les hausses de coût du travail que cela impliquerait (sauf à
déplacer les équipes vers les pays de l’Est).
Quant aux sociétés britanniques, certaines parlent déjà de racheter
des sociétés françaises, italiennes ou allemandes pour contourner les
futures barrières commerciales à l’entrée, afin d’avoir un point d’an-
crage dans l’Union européenne. En outre, « certaines entreprises vont
être amenées à réorganiser leur logistique, car quelles que soient les
futures règles douanières et tarifaires, le rétablissement des frontières
va nécessairement ralentir le flux des marchandises qui transitent entre
l’UK et l’UE. Cela ne sera pas sans incidence sur certains secteurs, comme
l’automobile par exemple, qui fonctionne en flux tendu, avec très peu
de stocks », estime François Beaume, avant d’ajouter : « le secteur des
services sera moins touché par ces problèmes douaniers que les indus-
tries manufacturières. L’assurance devrait s’en sortir plutôt bien, mais
attention aux taxes sur les profits, qui pourraient, elles, augmenter ».
Pour Peter Etzenbach d’Allianz France, « les Britanniques vont tout faire
pour protéger la City et en faire un centre financier low-cost attractif, mais
en contrepartie, les entreprises industrielles du pays risquent de souffrir.
Une disparition de certaines sociétés anglaises n’est pas à exclure ».
DES ENJEUX JURIDIQUES, FISCAUX ET RÉGLEMENTAIRES
De fait, au-delà des aspects douaniers et commerciaux, les incertitudes
pèsent aussi sur la nouvelle politique que le Royaume-Uni adoptera en
matière fiscale : nouveau taux de TVA (avec sa sortie de la TVA intra-
communautaire), nouvelle imposition sur les bénéfices des sociétés…
Au sein des grandes multinationales, de nombreuses questions se
posent. Même les échanges « intragroupes » risquent d’être impactés,
« Quelles que soient les futures
règles douanières et tarifaires,
le rétablissement des frontières
va nécessairement ralentir le fl ux
des marchandises qui transitent
entre l’UK et l’UE. »
François Beaume, Bureau Veritas
« Quelles que soient les futures « Quelles que soient les futures
règles douanières et tarifaires,
LES CONSÉQUENCES POUR LES TPE/PME
Moins solides financièrement que les grands groupes, et dispo-
sant de moins d’experts pour les aider à anticiper les risques,
les PME seront plus rapidement impactées par les variations ré-
glementaires, commerciales et économiques : défaillance d’un
fournisseur anglais, hausse des coûts de transports ou d’ap-
provisionnement… cela peut vite prendre des proportions im-
portantes. D’ores et déjà, la baisse de la livre sterling a eu pour
conséquence de baisser le prix relatif des produits et matières
premières britanniques pour les PME européennes, mais aussi
de rendre les produits finis européens plus chers pour les clients
anglais. Dans le secteur du tourisme, les TPE et PME seraient les
premières touchées, avec un impact sur les recettes du secteur
estimé en France entre 500 millions et 1 milliard d'euros par an
1
.
1
Source : étude France Stratégie
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 25
DOSSIER
BREXIT
dans le cas finalement assez fréquent où des refacturations ont lieu
entre le siège central et une filiale située au Royaume-Uni : quelle sera
alors la fiscalité en vigueur ? « En parallèle, les entreprises auront à gérer
les problèmes juridiques soulevés par le Brexit en matière de gestion des
données et de systèmes d’information. Imaginons un centre de services
partagés dédié aux Ressources humaines, qui agirait depuis Londres pour
le compte d’une multinationale européenne : les données sensibles qui
transitent quotidiennement par ce centre (comme la paie de tous les sala-
riés du groupe) sortiront alors d’ici un peu plus de deux ans du territoire de
l’Union européenne… On comprend à partir de cet exemple tous les enjeux
juridiques soulevés par le Brexit, pour lesquels nous n’avons pas encore de
réponse », alerte François Beaume. De la même façon, on peut légitime-
ment se demander ce qu’il adviendra des programmes scientifiques qui
bénéficiaient de crédits de recherche européens sur le sol britannique.
Même si l’on peut supposer que les programmes en cours et les fonds
déjà alloués bénéficieront d’un moratoire, il en ira autrement de tous
les nouveaux programmes de recherche à venir, qui devront soit trouver
un financement local, soit rapatrier leurs chercheurs sur le continent.
DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS ?
Au-delà des risques et des incertitudes, le Brexit comporte aussi, de
par son côté exceptionnel, des opportunités à saisir. Dans le scénario
le plus optimiste du Brexit, la place de Londres pourrait conforter son
image de paradis fiscal, attirant d’avantage encore les entreprises euro-
péennes et françaises à l’installation, mais également les jeunes talents,
séduits par des salaires plus confortables qu’en France. Là encore, tout
dépendra des conditions qui seront négociées car l’installation de
travailleurs étrangers pourrait aussi se trouver freinée par le gouver-
nement britannique (quotas, permis de travail…). D’autant que cet
état d’esprit a fortement pesé lors du vote en faveur du Brexit… Sur le
plan financier, le Brexit constitue une réelle opportunité, notamment
pour la France, l’Allemagne ou le Luxembourg, qui pourraient devenir
les nouvelles places fortes de l’Europe. « Cela fait partie du rôle de l’UE
de favoriser cet essor », estime Peter Etzenbach. Et François Beaume de
conclure : « Une chose est certaine : s’il est encore trop tôt pour en mesurer
les conséquences futures, le Brexit est un sujet à suivre de près ! ».
QUEL IMPACT SUR LA PROPRIÉTÉ
INTELLECTUELLE AU SEIN DE L’UE ?
François Herpe, Avocat associé au sein
du cabinet Cornet Vincent Ségurel
CE QUI NE CHANGERA PAS
Le Brexit n'aura aucune conséquence sur le
régime des titres nationaux, qu'il s'agisse
de titres de brevets, de marques ou de des-
sins et modèles, car ils relèvent des lois nationales. Concernant les
QaTeTcbTda^_ T]bS [Xea b_Pa[ @UoRT6da^_ T]STb3aTeTcb—@63˜…
ils ne seront pas non plus affectés dans la mesure où l'OEB n'est
pas une institution de l'Union européenne. L'OEB continuera donc
à délivrer des brevets européens désignant le Royaume-Uni.
CE QUI VA CHANGER
Le premier gros changement concerne le fameux Brevet à effet
unitaire, dont l’entrée en vigueur était prévue pour 2017. Sa mise
en œuvre sera vraisemblablement reportée, puisqu’elle nécessitait
[PaPcXoRPcX^]_Part cPcbPd\^X]b…S^]c[TC^hPd\T”F]X…`dX]T
_^daaPS^]R_[dbT]Q ] oRXTa 6]^dcaT…=^]SaTbeP_TaSaT…Pd_a^”
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_aX c X]SdbcaXT[[TP]V[PXb…`dX_^daaPXcQ ] oRXTaPdg7aP]qPXbTc
aux Allemands. La seconde conséquence importante est relative aux
marques, dessins et modèles européens, car à compter de la sortie
du Royaume-Uni de l'Union européenne, les nouveaux titres dépo-
sés ne porteront plus effet au Royaume-Uni. Pour les titres déjà dé-
posés ou enregistrés, le Brexit crée une incertitude importante sur
leur sort. Par sécurité et pour éviter tous risques, certains titulaires
de droits vont sans doute préférer redéposer des titres britanniques
sans attendre (mais cela engendra des coûts non désirés).
« Le Brexit va dynamiser la place de Paris, dotée d’une vraie culture fi nancière, de grandes banques et d’experts formés dans de bonnes écoles. »
Peter Etzenbach, Allianz France
« Le Brexit va dynamiser la place « Le Brexit va dynamiser la place
de Paris, dotée d’une vraie culture
CATHERINE VERET-JOST : « BREXIT OR NOT BREXIT ? »
Historiquement, la Grande-Bretagne a développé des théo-
ries économiques basées sur la création de richesse
par le commerce extérieur, adaptée à la situation
intrinsèque du pays : insulaire, puissance mari-
time, régie par un droit coutumier… Avec le Brexit,
elle s’est elle-même divisée : les financiers et les
jeunes n’y sont pas favorables, confiants dans les
opportunités offertes par l’Europe, tandis que les
classes moyennes, les anciens et les extrémistes
y voient une solution protectionniste aux
problèmes économiques de l’Angle-
terre…
La Grande-Bretagne s’est réveillée groggy de cette issue qu’elle n’avait
pas totalement anticipée. Quelle va donc être son attitude dans les
négociations de sortie ? Jamais elle n’abandonnera le développement
de son commerce extérieur ! Et elle tentera de maintenir la suprématie
financière que la City a su conserver au fil des siècles grâce à ses inno-
vations financières. Le risque majeur de ce Brexit serait de glisser,
par le biais de négociations purement économiques ou financières,
vers une conception anglo-saxonne de l’Europe, plus mercantile que
solidaire, avec un Royaume-Uni qui resterait arrimé économique-
ment à l’Europe, ce qui ne serait finalement pas un Brexit complet…
Dans ce contexte, le Risk Manager a un rôle majeur à jouer au sein des
entreprises, mais aussi des organisations privées et publiques, afin
de développer les différents scénarios et d’en tirer les solutions qui
transformeront les risques en opportunités.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201626
DOSSIER
BREXIT
«
Pendant un certain temps, le Brexit devra être appréhendé comme un risque
de plus à évaluer et à suivre. Le Risk Manager va jouer son rôle habituel en
animant ou participant à l’analyse des risques en amont pour les projets de la
société (nouvelle activité, nouveau contrat, M&A…), et en ajustant si néces-
saire le dispositif assurantiel en place pour tenir compte de ce nouveau contexte. Il
va devoir travailler encore plus étroitement avec la direction générale afin de mettre
en place les mesures adaptées assez tôt et de limiter les possibles effets négatifs pour
l’entreprise », estime François Beaume, Administrateur de l’AMRAE.
Un avis que partage Guy-Antoine de la Rochefoucauld, Directeur général de Lloyd’s
France, pour qui « le Brexit ne devrait pas constituer une difficulté particulière pour
les professionnels du risque. Tous les Risk Managers européens ont l’habitude de
gérer les enjeux de réglementations transfrontalières, d’échanges commerciaux, de
risques crédits… » Et de compléter : « certes, le Brexit constitue un bouleversement de
taille sur l’échiquier géopolitique et économique européen, mais il y a dans le monde
des échiquiers bien plus difficiles à gérer pour les Risk Managers que celui-ci ». Chez
Allianz, le risque de victoire du yes au référendum a été pensé dès le mois de janvier.
« Le Brexit est un bel exemple de la façon dont un Risk Manager doit appréhender les
risques, mais aussi les opportunités. À partir du moment où la date du vote a été
connue, j’espère que chaque Risk Manager a anticipé les impacts directs, mais aussi
collatéraux, en se posant la question de ce qui pourrait se passer après le 23 juin »,
avance Peter Etzenbach, membre du comité exécutif d’Allianz France, en charge
de la finance. Avant d’ajouter : « Allianz France n’a pas d’entité au Royaume-Uni,
pas de clients, ni d’immobilier et donc pas d’exposition directe. Néanmoins, en tant
qu’investisseur (100 milliards d'euros d’actifs sous gestion), nous avons pris en
compte très sérieusement la possibilité d’une réaction violente, voire d’un choc sur les
marchés financiers à la suite d’une victoire du Brexit, en renforçant notre protection
contre la volatilité ».
LE RÔLE CENTRAL DU RISK MANAGER
DANS LE CONTEXTE DU BREXIT
Loin de considérer le Brexit comme un tsunami, les Risk Managers l’intègrent comme un élément
complémentaire à prendre en compte dans leur grille d’analyse sur les années à venir. Plus que
jamais, ils se retrouvent au centre des anticipations et de l’écriture des différents scénarios
possibles, aux côtés de leur direction générale.
LE GROUPE IPSEN PHARMA FACE AU BREXIT
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« Le Groupe Ipsen est présent au Royaume-Uni depuis plusieurs décennies et y emploie plus de 450 collaborateurs. Il y dispose
d’un centre important de R&D ainsi que d’une unité de développement et de production. Cette présence relève d’un choix straté-
gique de long terme que le Brexit ne remet nullement en cause. Il convient néanmoins d’en anticiper les éventuels impacts.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à plusieurs incertitudes, notamment de nature réglementaire. Par exemple, l’Agence
Européenne du Médicament (EMA), chargée d’autoriser la mise sur le marché des nouveaux médicaments, actuellement
basée à Londres, va devoir déménager. Plusieurs pays ont déjà fait acte de candidature. Quelles vont en être les consé-
quences ? Par ailleurs, la réglementation locale va-t-elle évoluer, et dans l’affirmative, de quelle manière ?
C’est pour tenter de répondre à ces questions que nous avons décidé de créer au sein d'Ipsen, comme dans la plupart
des entreprises d’envergure, un groupe de travail dédié, composé de représentants des directions juridique, straté-
gique, réglementaire, financière, RH et du Risk Management. Ce groupe est chargé, en coordination avec l’EFPIA
(Fédération Européenne des Industries et Associations Pharmaceutiques), d’anticiper les éventuels changements
générés par le Brexit et leurs impacts potentiels sur nos plans internes. C’est une approche par les risques et les
opportunités qui, pour combler les incertitudes actuelles, nous amène à raisonner par scénarios. »
LE GROUPE IPSEN PHARMA FACE AU BREXIT
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« Le Groupe Ipsen est présent au Royaume-Uni depuis plusieurs décennies et y emploie plus de 450 collaborateurs. Il y dispose
d’un centre important de R&D ainsi que d’une unité de développement et de production. Cette présence relève d’un choix straté-
gique de long terme que le Brexit ne remet nullement en cause. Il convient néanmoins d’en anticiper les éventuels impacts.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à plusieurs incertitudes, notamment de nature réglementaire. Par exemple, l’Agence
Européenne du Médicament (EMA), chargée d’autoriser la mise sur le marché des nouveaux médicaments, actuellement
basée à Londres, va devoir déménager. Plusieurs pays ont déjà fait acte de candidature. Quelles vont en être les consé-
quences ? Par ailleurs, la réglementation locale va-t-elle évoluer, et dans l’affirmative, de quelle manière ?
C’est pour tenter de répondre à ces questions que nous avons décidé de créer au sein d'Ipsen, comme dans la plupart
des entreprises d’envergure, un groupe de travail dédié, composé de représentants des directions juridique, straté-
gique, réglementaire, financière, RH et du Risk Management. Ce groupe est chargé, en coordination avec l’EFPIA
(Fédération Européenne des Industries et Associations Pharmaceutiques), d’anticiper les éventuels changements
générés par le Brexit et leurs impacts potentiels sur nos plans internes. C’est une approche par les risques et les
opportunités qui, pour combler les incertitudes actuelles, nous amène à raisonner par scénarios.
UNE CHRONOLOGIE ENCORE INCERTAINE
Le processus de sortie de l’UE commencera après
l’invocation de l’article 50 du traité de Lisbonne par
le gouvernement britannique, qui devrait avoir lieu
courant 2017. À partir de là, s'ouvrira alors une période
de deux ans durant laquelle les différents aspects de
la séparation entre le Royaume-Uni et l'Union euro-
péenne seront négociés. Si le calendrier est respecté,
un tel schéma suppose que la sortie effective aurait
lieu courant 2019. Au 1er septembre 2016, les équipes
de négociation au niveau britannique et européen
sont d’ores et déjà constituées. Le chef de file des
négociations pour l’Europe est Michel Barnier.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 27
DOSSIER
BREXIT
L
e panel des sc?narios possibles ?tant assez ?tendu, l?impact
du Brexit sur les activit?s assurance en Europe pourrait ?tre
n?gligeable, comme n?cessiter un changement de structu-
ration profond? Si l?on peut ? ce jour couvrir ? partir de la
France des activit?s en Grande-Bretagne, il sera peut-?tre n?cessaire
demain, avec le Brexit, de souscrire une police d?assurance locale, ce
qui supposerait pour les groupes europ?ens de revoir l?organisation
de leurs plans d?assurance et d?ajuster leurs dispositifs de couver-
ture, aujourd?hui bas?s sur l?existence d?un ? passeport europ?en ??
? l?inverse, les assureurs britanniques aux clients continentaux vont
probablement devoir changer leurs modalit?s de souscription, m?me
s?ils ont annonc? qu?ils allaient tout faire pour continuer ? souscrire
des risques en Europe, ? l?instar du Lloyd?s.
Quelle est la position du Lloyd?s face au Brexit ?
L?Union europ?enne et les march?s nordiques sont des march?s cl?s
pour le Lloyd?s, qui repr?sentent pr?s de 14 % des primes collect?es.
Depuis le r?f?rendum du 23 juin, nous travaillons en collaboration
avec le gouvernement du Royaume-Uni, nos partenaires commerciaux
et les diff?rents organes de r?glementation, afin de pouvoir assurer
une continuit? d?expertise et de prises de garanties du Lloyd?s sur
le march? unique Europ?en. Nous souhaitons que les courtiers et
les coverholders puissent continuer à travailler ensemble autour de
couvertures et de garanties de qualité. Le Lloyd’s est en très bonne
santé financière et l’évolution des taux de change £/€ n’aura aucune
incidence sur nos actifs, qui sont gérés de manière très conservatrice,
de façon à résister à de fortes volatilités. Quant à nos deux organes
de régulation que sont le PRA (Prudential Regulation Authority) et le
FCA (Financial Conduct Authority), ils continueront de jouer auprès du
Lloyd’s leur rôle de protection du consommateur.
Quel sera l’impact du Brexit sur la couverture des risques ?
Il est encore trop tôt pour parler d’impact, mais le marché du Lloyd’s
est en quelque sorte le chef de file de la gestion de ces questions. Ce
qui est certain, c’est que toutes les polices d’assurance souscrites
restent valables et que l’ensemble des sinistres valides sera réglé. Pour
ce qui est de l’impact immédiat, le Royaume-Uni reste pour
l’instant un membre de l’Union européenne et béné-
ficie du passeport Européen. Les services compa-
nies et les coverholders continuent de travailler
en France, et les courtiers français peuvent conti-
nuer à passer par les courtiers du Lloyd’s. Aucune
police ne sera impactée à court terme, y compris
les polices pluriannuelles.
L’IMPACT DU BREXIT SUR LA COUVERTURE DES RISQUES
« Durant la période
de négociation post-Brexit,
toutes les polices d’assurance
du Lloyd’s restent valables
et tous les sinistres valides
seront payés. »
Guy-Antoine de la Rochefoucauld,
Directeur général de Lloyd’s France
« Durant la période
de négociation post-Brexit,
« Durant la période
de négociation post-Brexit,
LES DIFFÉRENTS SCÉNARIOS POSSIBLES
ENTRE LE ROYAUME-UNI ET L’UE
❱ Le Royaume-Uni devient membre de l?EEE, comme la Norv?ge,
l?Islande et le Lichtenstein. Il conserve alors l?acc?s au march?
unique et le b?n?fice du passeport europ?en.
❱ Le Royaume-Uni n?gocie des accords bilat?raux sur mesure
avec l?UE, par secteurs ?conomiques, sur le mod?le de la Suisse.
Il acc?de ainsi de fa?on limit?e au march? unique europ?en.
❱ Le Royaume-Uni n?gocie un accord de libre-?change avec l?UE,
comme la Turquie ou la Cor?e du Sud. C?est la fin de la libre
circulation des biens, des capitaux et des personnes.
❱ Aucun accord n?est trouv? : les r?gles de l?OMC s?appliquent.
Il est encore trop t?t pour parler d?impact, mais le march? du Lloyd?s
est en quelque sorte le chef de file de la gestion de ces questions. Ce
qui est certain, c?est que toutes les polices d?assurance souscrites
restent valables et que l?ensemble des sinistres valides sera r?gl?. Pour
ce qui est de l?impact imm?diat, le Royaume-Uni reste pour
l?instant un membre de l?Union europ?enne et b?n?-
ficie du passeport Europ?en. Les services compa-
nies et les coverholders continuent de travailler
en France, et les courtiers fran?ais peuvent conti-
nuer ? passer par les courtiers du Lloyd?s. Aucune
police ne sera impact?e ? court terme, y compris
les polices pluriannuelles.
de négociation post-Brexit,
toutes les polices d’assurance
du Lloyd’s restent valables
et tous les sinistres valides
Guy-Antoine de la Rochefoucauld,
Directeur général de Lloyd’s France
Guy-Antoine de la Rochefoucauld,
Directeur général, Lloyd’s France
28ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
DOSSIER
BREXIT
Et à l’issue du processus de sortie de l’Union européenne, qu’en sera-t-il ?
Notre plan au Lloyd’s est clair : nous nous engageons à poursuivre nos opérations en
Europe pour continuer à accompagner nos clients. Notre option préférée serait de conti-
nuer à avoir accès au marché unique avec le passeport européen. Mais nous explorons
aussi deux options alternatives qui nous permettraient de conserver nos relations avec
nos partenaires européens : la première serait d’ouvrir, dans chacun des pays euro-
péens, une branch (succursale) agréée pour le marché du Lloyd’s en tant qu’assureur
non-européen. La seconde serait de créer une subsidiary (filiale) dans un pays membre
de l’Union européenne permettant la souscription sur une base transfrontalière au sein
de l’UE. Une situation comme le Brexit n’est encore jamais arrivée, mais au cours de ses
trois siècles d’existence, le Lloyd’s a toujours su s’adapter et maintenir son expertise au
travers de ses solutions d’assurance et de réassurance dans les domaines qui sont les
siens. Nous travaillons dur avec nos équipes d’experts et de conseillers juridiques, et
nous trouverons dans tous les cas une solution pour permettre aux Risk Managers et à
leurs courtiers de continuer à accéder au marché du Lloyd’s !
Olivier Campenon,
Président de la Chambre de commerce franco-britannique
Le peuple britannique a voté démocratiquement et
a choisi de quitter l’Union européenne. C’est bien
sûr un grand choc pour toute l’Europe mais aussi
une date historique puisqu’elle signifie l’entrée
dans l’inconnu. Beaucoup de scénarios ont été
esquissés pendant la campagne mais la vérité est
que nous ne savons pas ce qui va suivre, si ce n’est
que nous faisons face à une Europe différente.
Et parce que l’économie n’aime pas l’incertitude,
celle-ci risque d’être chahutée pendant un certain
temps. La Chambre de Commerce franco-britan-
nique existe depuis 143 ans en France et sa mission
a toujours été d’aider les entreprises françaises et
britanniques des deux côtés de la Manche dans leurs
échanges commerciaux bilatéraux, à la négociation
des tarifs et des réglementations. Désormais, notre
préoccupation première doit être de s’assurer de
la continuité des échanges commerciaux et nous y
contribuerons par tous les moyens.
Anne-Marie
Fournier,
Vice-présidente
de l’Amrae
LE POINT DU VUE DE L'AMRAE
Le Risk Manager doit anticiper les conséquences de
cet événement pour préparer l’entreprise au nouvel
environnement dans lequel elle devra évoluer. En
l’occurrence, il est assez difficile d’anticiper les
conséquences du Brexit à moyen terme puisque
l’événement ne semble pas devoir se produire avant
plusieurs années… En matière de risques et d’assu-
rances, le marché anglais s’est toujours distingué
par une flexibilité qui lui a permis d’attirer un
volume d’affaires important : dans un contexte dans
lequel beaucoup de capitaux sont disponibles et où
les capacités des marchés d’assurance européens
(mais aussi asiatiques ou américains) affluent, le
Brexit ou son éventualité peuvent nuire au marché
Anglais en créant, notamment pour les Européens,
des contraintes administratives supplémentaires :
non-application de la directive LPS au UK, besoins
d’émissions de contrats locaux au UK, impossibilité
de faire émettre un contrat européen à partir du UK…
Anticiper pour s’adapter
Les mouvements observés récemment de renchéris-
sement des prix au UK et baisse de la livre sterling
par rapport à l’euro sont-ils durables ? Le pragma-
tisme anglais ne permettra-t-il pas la conclusion
d’accords bilatéraux réduisant ou annulant les effets
du Brexit ? Le pays se lancera-t-il dans une politique
d’attraction ou de rétention massive des capitaux
européens ? Ces questions sont à la base des raison-
nements que suivront les entreprises dans chacun de
leur domaine d’activités et influeront sur leurs stra-
tégies particulières.
29ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
DOSSIER
BREXIT
4 AU 6 OCTOBRE 2016
Salon Preventica – Rennes
Le salon consacré à la sécurité, la santé, et la sûreté au travail aura
pour thème la sécurité électronique. Au programme, plusieurs
dizaines de conférences réparties en 6 grands thèmes (Management
de la santé, Enjeux transversaux, Enjeux sectoriels, Management de la
QVT, Pathologies professionnelles, Environnement de travail) lors du
congrès, et un salon rassemblant des dizaines d’exposants.
5 AU 8 OCTOBRE 2016
Assises de la Sécurité et des Systèmes d’Information – Monaco
L’évènement le plus fréquenté par les professionnels de la SSI tient sa 16
ème
édition. Plus de 2000 congressistes attendus assisteront aux 4 journées de
conférences et d’ateliers qui défricheront les grands sujets d’actualité du
numérique. Point fort de l’évènement, l’organisation de rendez-vous « One
to one » qui vous permet de trouver des solutions business.
6 ET 7 OCTOBRE 2016
Conférence ECIIA – Stockholm
La Confédération européenne des instituts d’audit interne se penche
sur la problématique « Gouvernance, Risques et Contrôle » lors de son
congrès annuel. Les conférences et les intervenants traiteront des
sujets d’actualité pour les auditeurs internes et les Risk Managers
également.
11 AU 13 OCTOBRE 2016
Congrès « Lambda Mu 20 » – Saint-Malo
L’Institut pour la Maîtrise des Risques se rassemble autour de la ques-
tion « Maîtriser les risques dans un monde en mouvement ». 8 ateliers,
une table ronde, et une exposition industrielle : un rendez-vous à ne
pas manquer. Le congrès sera précédé d’une journée de tutoriels le
lundi 10 octobre.
8 NOVEMBRE 2016
Colloque Ethic – Paris
C p RWXbbTiPdg]^deTPdgaXb`dTbST[¬T]caT_aXbTb^db[¬X\_d[bX^]ST
Sophie de Menthon, Présidente d’Ethic (Entreprises de Taille Humaine
Indépendantes et de Croissance). La Présidente de l’AMRAE Brigitte
Bouquot participera notamment à la table ronde « Le risque dans tous
ses états » (l’AMRAE est partenaire de l’évènement). Tarif réduit pour
les adhérents de l’AMRAE, partenaire du colloque.
16 ET 17 NOVEMBRE 2016
Conférence PARIMA – Hong-Kong
20 intervenants prestigieux, 3 sessions plénières, 6 sessions de forma-
tion, 4 rendez-vous network : la communauté n°1 des Risk Managers en
2bXT”APRXo`dTPR^]R^Rc d]aT]STi”e^dbSTWPdcR^[`dXPQ^aSTaPSTb
thèmes tels que l’ERM, les captives, le risque de réputation… Plusieurs
centaines de professionnels seront présents.
15 ET 16 NOVEMBRE 2016
Journées de l’AFTE 2016 – Paris
Rendez-vous au palais Brongniart pour évoquer les sujets majeurs qui
s’inscrivent dans l’actualité du trésorier d’entreprise. Le point sur la
législation commerciale des banques et des éditeurs, et du networking
interprofessionnel au menu.
25 NOVEMBRE 2016
Campus AFJE – Paris
La formation par et pour les juristes d’entreprise, avec 40 intervenants
formateurs, 18 nouveaux ateliers, et 7 heures de formation. L’édition
2016 sera consacrée au thème « Pour une nouvelle gouvernance d’en-
treprise ». Président de la Commission SI de l’AMRAE, François Beaume
y animera l’atelier « Cartographier, valoriser et traiter les risques
numériques de l’entreprise : méthodologie ».AGENDA
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201630
À L’AFFICHE
Le métier de risk manager évolue considérablement. Directeur de s risques, des assurances et de la
conformité du groupe Veolia, c'est pour moi un vrai enjeu que de réussir à faire grandir cette fonction
pour la positionner au bon niveau. Initialement associée surtout aux règles et aux contrôles, la gestion
des risques devient un outil pour identifier les opportunités de développement et contrib uer à l'atteinte
des objectifs du groupe. Elle ne vise plus seulement à réduire les risques mais à permettre au groupe
de bien les identifier, de définir les meilleures solutions pour les maîtriser et de décider quels risques il
souhaite prendre.
Nous sommes passés de l'analyse de la menace à celle des opportunités dans les limites des risques
acceptables.
En résumé, d'une démarche statique, défensive, à une gestion dynamique intégrant, pour chaque
risque, le niveau d'appétence du groupe.
Dans ce contexte, les risk managers se positionnent de plus en plus comme des partenaires dont la
vision à large spectre peut informer les décisions stratégiques de Veolia, à n'importe quelle maille de
l'activité. Ils intègrent aussi un éventail de risques, opérationnels ou stratégiques, très élargi.
Justement, quel nouveau champ de risques couvrez-vous ?
Risk manager ? Epauler le top management - Les Echos Business http://business.lesechos.fr/directions-financieres/metier-et-carriere/risk-manager-du-risque-l-opportun...
1 sur 2 20/07/2016 14:56
S’affranchir
Lesnouveaux
métiersduconseil
FOCUSSECTEUR
PhotoRomualdMeigneux/Sipa(Ubisoft),illustrationsShutterstock
Etatdeslieux
en12graphiques
VIEAUTRAVAIL
BEST
2016
L’ÉDITO
deJuliaLemarchand
Letravailn’apaslacote.Le
projetdeloiquiportesonnom
enregistrequatremoisde
contestationaucompteur.
Laréformesurl’organisation
dutravailestsujetteàtoutesles
crispations.Etpourtant,pour
peuqu’ilsenaientun,lagrande
majoritédesFrançais(75%),
jeunesoumoinsjeunes,se
disentheureux,voiretrès
heureuxautravail,selonun
sondageIfop.
LesclassementsHappyAtWork
réalisésparnotrepartenaire
Meilleures-entreprises.com
enexclusivitépour
«LesEchosSTART»,apportent
enoutrelapreuvequele
bien-êtreautravailn’estpas
unequestiondesecteur,de
métieroudetailled’entreprise.
Maisqu’est-cequecesemployeurs
labelisés--unecentaineparmiles
4.600passésaucrible--peuvent-
ilsbienavoirencommun?
Tousontàleurmanièreosé
s’affranchirdesvieuxmodèles.
Ilsontembrassélesopportunités
quelestransformations
technologiquesetnumériques
pouvaientleuroffrir.Pasde
révolution,non.Maisdel’audace
auquotidien,àtoutepetiteéchelle
parfois.Aveccesquelques
maîtres-mots:flexibilité,
mobilitéetcollaboration.
Etcemouvementestenmarche
depuispluslongtempsqu’onne
veutlecroire.Prenezla«bottega»
(l’atelier)dansleFlorencedu
XV
e
siècle,etsesespacesde
travailouvertsetcollaboratifs
entreartistes,artisanset
ingénieurs.Nosespacesde
co-workingversionRenaissance
ensomme.Leurspratiques
innovantesenmatière
d’organisationpourraientavoir
inspirélesgéantsdelatech
californiens.Carlemoteurde
l’innovationesttoujoursalimenté
parlerecrutement,laformation
etlafidélisationdesjeunes
talents.Iln’yaqu’àpariersurces
dernierspourrappeleràl’ordre
lesentreprises
et,pourquoipas,
réformerletravail,làoùc’est
nécessaire.n
ClassementsLesentreprisesoùl’onestleplusheureux //PP.2À4 |TendanceCesmétierspourvoyeursdebonheurautravail //P.5|
InfographiesLesFrançaisautravail
//PP.6ET7 |Immersion4sociétésquifontbougerleslignes //P.8|PratiqueCommentévaluer
votrefutureboîte
//P.9|FocussecteurLeconseil:nouveauxmétiersetformationsenvue //PP.10ET11 |
MERCREDI8JUIN2016//SUPPLÉMENT GRATUITAUNUMÉRO22208|ISSN0.153.4831|NEPEUTÊTREVENDUSÉPARÉMENT
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Trèsheureux Plutôtheureux
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PP.6-7 PP.10-11
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Leslauréatsdel’enquêteHappyAtWork2016
Leclassementdesstart-upetdesjeunesdiplômés
TERRORISME
REVUE DE PRESSE
22 ECO DES PAYS DE SAVOIE N°36 - 9 SEPTEMBRE 2016
DOSSIERAUTOMOBILE
véhicules entre 18 000 et 20 000 euros
HT., dans la fourchette de prix de “ber-
lines compactes” ou “petits SUV”,
comme les VW Golf, Renault Clio,
Peugeot 208 et 308, BMW Série 1, Fiat
500, Ford Ecosport, Mitsubishi ASX,
Opel Mokka, Toyota Yaris, Opel Corsa,
Citroën C4 Picasso…
Jean-Michel Lain souligne : «Que l’on
parle de 2 ou 500 véhicules, la réflexion
qui mène à l’achat est la même : on déter-
mine les besoins en kilométrage de la
société, le nombre de futurs utilisateurs
et un budget mensuel, afin d’affiner une
offre très personnalisée, avec ou sans
l’entretien, les assurances, que l’on sous-
traite nous-mêmes. On facilite la vie des
gestionnaires de parc ou des dirigeants
d’entreprise qui n’ont pas forcément le
temps ou les outils dont on dispose ; on
surveille les taux appliqués par les orga-
nismes de financement et on va même
jusqu’à anticiper une proposition de
changement de flotte, pour pouvoir faire
profiter à nos clients de taux de finan-
cement très intéressants. On inclut aussi
parfois l’achat de cartes carburant pour
dégager du temps de travail aux conduc-
teurs, s’ils n’ont plus de notes de frais à
remplir».
NOUVELLES TECHNOLOGIES
EN APPUI
Sans surcoût pour le dirigeant d’entre-
prise, qui gagne en souplesse et en visi-
bilité, en temps passé à chercher des
solutions, ces formules proposées par
les constructeurs, importateurs et
concessionnaires sont à la pointe des
nouveautés : les traqueurs sont des
balises GPS (soumises à une réglemen-
tation stricte pour protéger les libertés
individuelles – lire encadré p.26).
LES FRANÇAIS SONT
DE MOINS EN MOINS
ATTACHÉS À LA
PROPRIÉTÉ, À LEUR
VÉHICULE. ON PARLE
MAINTENANT DE
“PACK MOBILITÉ
À BUDGET MENSUEL”.
Jean-Michel Lain
MG
PRIVILÉGIE LES DEUX PLACES
Marc Beggiora dirige la société MG (ex-Magnin-
Gecors), classée 24
e
sur 18 000 cabinets comptables
français ; il est à la tête d’une flotte de 18 véhicules
“utilitaires”, tous achetés et répartis sur 22 sites dif-
férents dans l’ensemble du massif alpin.
Les besoins routiers pour ses 320 collaborateurs sont
spécifiques, et ses choix de véhicules, s’ils sont osés
en termes d’image, ont fait l’objet d’un calcul parti-
culièrement précis et étayé : explication d’un profes-
sionnel.
Pour quelle formule fiscale avez-vous opté ?
Nous achetons nos voitures et en changeons quand
elles sont usées ; ce sont des voitures de tourisme,
neuves, transformées en deux places pour certains
avantages fiscaux, un coût en adéquation avec notre
budget et une prise en compte du confort de nos
collaborateurs. L’inconvénient est de ne pouvoir par-
tager une voiture à quatre, si l’on prévoit d’assister à
une réunion tous ensemble ; auquel cas nos collabo-
rateurs utilisent leur voiture personnelle, selon ces
besoins ponctuels, ou lorsque les voitures sont déjà
toutes affectées. Nous avons d’ailleurs assuré leurs
véhicules en “tourisme affaires” pour prendre en
charge d’éventuels incidents lors de ces déplace-
ments. Nous remboursons donc les frais de nos colla-
borateurs au barème kilométrique fiscal en vigueur.
Quels types de véhicules achetez-vous ?
Nos besoins sont spécifiques à notre environnement :
les MINI Countryman sont affectées au site d’Annecy,
en agglomération et alentour. Les Nissan Juke partent
vers les sites MG de montagne, où l’on a besoin de
performances et de sécurité sur la neige et nos Honda
Civic roulent en campagne. Je refuse d’acheter des
voitures petites ou peu performantes, considérant le
temps passé par nos collaborateurs sur tous types de
routes comme un facteur supplémentaire de fatigue.
Je souhaite leur confort et leur sécurité au volant.
Pourquoi ne pas avoir laissé vos voitures
en quatre places ?
En gardant quatre places, on entre dans la catégorie
des véhicules de tourisme de société, sans récupéra-
tion possible du montant de la TVA, qui représente tout
de même 20 % du prix de la voiture. De plus, fiscale-
ment, ce type de véhicule est considéré comme un
avantage en nature pour celui qui en profite. Une taxe
sur véhicule de tourisme de société (TVTS) est appli-
quée, selon un barème par paliers de pollution : les
fameuses émissions de CO2. Le montant plafonné sur
l’amortissement des véhicules atteint 18 300 euros,
et aujourd’hui, les véhicules achetés dans notre entre-
prise coûtent plus cher ! Nous avons donc largement
intérêt à faire entrer nos véhicules dans la catégorie
des “utilitaires”, donc à deux places seulement. Et
nous constatons que ces voitures sont généralement
utilisées par une seule personne à bord.
Ne pas affecter les véhicules par personne
vous impose une logistique spéciale ?
Nous sommes tous reliés en réseau via le site web de
la société, en utilisation en interne, pour gérer le
calendrier. Les outils modernes de communication
aujourd’hui sont très performants !
2,00 - 146
e
année
2,00 € - N°36/1411 DU 9 AU 15 SEPTEMBRE 2016 - ÉDITION 74
PRUD’HOMMES
Une nouvelle
procédure
SOCIAL
Adeli2A investit
dans le logement
intermédiaire
AÉRIEN
SWISS CHANGE DE STRATÉGIE
À GENÈVE AÉROPORT
INTERVIEW
JEAN-MICHEL DELAPLAGNE
PRÉSIDENT DE LA CGPME HAUTE-SAVOIE
«IL Y AURA UNE LISTE CGPME À LA CCI»
9 SEPTEMBRE 2016 - ECO DES PAYS DE SAVOIE N°36 21
DOSSIER
à la fiabilité des modèles. Autant d’ar-
guments qui poussent à dialoguer avec
nos clients et permettent de leur faire
réaliser des économies».
Même si les constructeurs français se
partagent une belle part du marché,
au sein des entreprises, les marques
étrangères tirent leur épingle du jeu en
adaptant précisément leurs modèles
aux contraintes fiscales françaises (res-
ter à des seuils bas d’émission de CO
2
,
afficher des consommations en baisse
constante, proposer des packs d’op-
tions adaptés, etc.).
Les seuils fiscaux poussent à l’achat de
P
etit rappel pour les distraits : au-
delà d’un parc de 5 véhicules, on
parle de “flotte automobile”,
généralement le troisième poste de
dépenses des entreprises françaises,
juste derrière la masse salariale et l’im-
mobilier. C’est souligner l’importance
à accorder à sa gestion, que l’on peut
garder en interne ou externaliser
auprès d’une société spécialisée.
UNE CELLULE PROFESSION-
NELLE DÉDIÉE
Une parfaite maîtrise fiscale devient
indispensable pour une meilleure ges-
tion des coûts, ce n’est pas toujours le
cas au sein des entreprises.
L’offre constructeurs s’est récemment
étoffée : Jean-Michel Lain, l’un des 3 fils
du fondateur du groupe Jean Lain, se
plaît à présenter la nouvelle cellule pro-
fessionnelle entièrement dédiée aux
entreprises : «pour leur offrir une solu -
tion à la carte, avec le retour d’informa-
tions kilométriques, les vertus d’un
partage de flotte sans affectation person-
nalisée, la négociation des frais finan-
ciers en amont avec nos fournisseurs,
la baisse des coûts de maintenance due
L’important budget consacré aux flottes automobiles, au sein des entreprises, est une sérieuse problématique pour les
dirigeants. La réflexion des chefs d’entreprise s’oriente vers des mesures drastiques d’économie, en s’assurant du confort
et de la sécurité de leurs collaborateurs, gage d’une productivité accrue, tout en affichant clairement une certaine tendance
à l’écologie. Les constructeurs et financeurs ont intégré l’équation et proposent des offres de plus en plus alléchantes.
Par Anne Chantal Pauwels
Automobile
Optimiser sa flotte :
des nouveautés ?
UN LOGICIEL DE
GESTION DE
FLOTTE
Il existe des forma-
tions de courte
durée pour aider le
gestionnaire de
flotte à optimiser
cette tâche (Demos,
Comundi, Flotauto,
etc.) et un outil
informatique effi-
cace s’il est bien
maîtrisé : le logiciel
gestionnaire de
flotte, proposé par
Gac Technology,
Atilog ou encore
Pilote.
AUTOMOBILE ET MARITIME
BREXIT
JURIDIQUE
La fuite de documents sur des sous-marins
de D CNS a donné à l’actualité de ce mercredi
une nuance pimentée évoquant les romans
d’espionnage. Certes, les amateurs de grand
frisson ne trouveront dans l’affaire ni
menace planétaire à la James B ond, ni
intrigue machiavélique à la John Le Carré.
Les documents dévoilés par le journal « The
Australian » sont jugés« sensibles mais non
critiques et non confidentiels ».Il n’en
demeure pas moins que ces données se
trouvent ainsi sur la place publique alors
qu’elles n’ont rien à y faire. Même s’il se
confirme que les procédures internes et le
système d’information de D CNS ne sont pas
en cause, les autres hypothèses pouvant
expliquer la fuite rappellent la multiplicité
des facteurs de risque pour une entreprise
aujourd’hui . Qu’il s’agisse, en l’occurrence,
d’une faille humaine dans la « supply chain » entre D CNS et ses
clients, ou d’un jeu de déstabilisation via des médias locaux enclins
au « French bashing » alors que le groupe français finalise son
mégacontrat à 34 milliards d’euros avec l’Australie, la leçon à tirer
est la même. Oui, même D CNS, dont l’activité dans la défense fait
que la sécurité et la confidentialité y sont des priorités, et sont
l’objet d’une coopération régulière avec les ser vices de
renseignement, ne peut se mettre à l’abri de toute menace.
On imagine le sort des entreprises moins en pointe. Si la gestion
des risques est devenue structurante dans maints grands groupes,
dans les organisations moins importantes, il y a souvent loin de la
coupe aux lèvres. La prise de conscience des enjeux n’a déjà rien
de simple. Sinistres, fraudes, cybersécurité, mais aussi aléas
climatiques, danger terroriste, crises géopolitiques, impacts sur
les marchés et la concurrence de la transformation numérique :
l’économie actuelle est synonyme de nouvelles menaces multiples.
Quant à l’évolution des comportements… Il suffit, au quotidien, de
constater les transferts de données réalisés avec légèreté, les outils
de travail nomades oubliés çà et là, les conversations sur projets et
contrats dans les transports en commun ou des lieux publics, sans
parler de la méconnaissance des risques et de leur gestion chez les
sous-traitants et clients ou encore de l’insuffisance, voire l’absence,
de plans de continuité d’activité, pour mesurer les progrès restant
à réaliser.« Nous sommes entrés dans l’ère des grands risques
systémiques »,résumait début 2016 la présidente de l’Association
pour le management des risques et des assurances de l’entreprise.
S’organiser et se former pour mieux les identifier, les analyser et les
anticiper, apprendre à travailler en vigilance maximale, est loin
d’être une forme de paranoïa. C’est une question de pragmatisme,
et de responsabilité.
(
Lire nos informations
Page 12
L’ÉDITORIAL
DES « ÉCHOS »
Apprendre à travailler
en vigilance maximale
L’économie
actuelle est
synonyme
de nouvelles
menaces
multiples.
Pa rArnaud
Le Gal
DANS LAPRESSE
ÉTRANGÈRE
seulement comme la séparation
de l’Etat de la religion, mais aussi
comme une façon artificielle de
proclamer l’égalité de tous les
citoyens ». Dans un autre arti-
cle, « The Guardian » rappelle
l’arrêté municipal de Nice, qui
interdit« une tenue de plage
manifestant de manière ostenta-
toire une appartenance reli-
gieuse, alors que la France et les
lieux de
culte sont
actuelle-
ment la cible
d’attaques
terroristes ».Une référence au
massacre du 14 juillet sur la pro-
menade des Anglais, qui avait
fait 86 morts, puis l’assassinat
quelques jours après d’un prê-
tre catholique à Saint-Etienne -
du-Rouvray.
« The Guardian » publie éga-
lement une tribune d’Aheda
Zanetti.« Lorsque j’ai créé le bur-
kini en 2004,affirme l’Austra-
lienne d’origine libanaise,c’était
pour donner la liberté aux fem-
mes. Pas pour leur prendre. »De
quoi alimenter un débat sur-
réaliste.— Y . J.
•
« Retire -le ! », titre le « Daily
Mail ». L’interdiction du port du
burkini sur certaines plages
françaises fait les choux gras
des journaux britanniques.
Ainsi le tabloïd « Daily Mail »
parle d’une« farce »en
publiant, comme nombre de
ses confrères, les photos de
policiers« armés de vaporisa-
teur de gaz poivré et de matra-
que »mar-
chant en
uniforme
sur la plage
de Nice
pour demander à une femme
d’enlever son voile et la verbali-
ser. Plus sérieusement, pour
« The Guardian », l’interdiction
du burkini est le dernier
« champ de bataille où l’on sur-
veille et limite les choix de la
population musulmane par un
gouvernement qui proclame sa
volonté de protéger le droit à la
liberté d’expression ».La jour-
naliste Iman Amrani va jusqu’à
dénoncer« l’hypocrisie de l’Etat
laïque ». D’après la journaliste
algéro -britannique,« le système
français interprète la laïcité non
L’interdiction du burkini en France vue
d’Angleterre : entre farce et hyp o crisie
LEPOINT
DE VUE
deJean-Paul Betb èze
La BCE joue-t-elle pour
ou contre nos banques ?
nes ? Les unes ne sont pas à la taille, et
les autres, lointaines.
La B CE va donc continuer. Elle sait
qu’elle peut alimenter une bulle obliga-
taire et financer de mauvais crédits.
Mais elle n’a pas le choix, si la croissance
ne repart pas, autrement dit si les
« réformes » nécessaires ne se mettent
pas en place.
Alors, avec ces taux à long terme si
proches des taux courts, la pente des
taux s’aplatit, la marge d’intermédia-
tion baisse, autrement dit le métier de la
banque de détail de la zone euro est sous
pression. Récolter des dépôts à court
terme pour faire des crédits à moyen
terme devient de moins en moins renta-
ble, et d’autant moins si la croissance
reste faible et s’il faut plus de fonds pro-
pres. La B ourse l’a compris, qui a fait
baisser tout le secteur bancaire et cal-
cule que le coût du capital bancaire est
de l’ordre de 10 % pour une rentabilité
de l’actif de l’ordre de 8 %. La pression
sur les coûts d’intermédiation, autre-
ment dit sur l’emploi dans les banques,
va donc durer, en ces temps de désinter-
médiation et de fintech.
Inutile d’en rajouter en demandant
plus de fonds propres et de tests, la cure
d’amaigrissement est lancée. Attention
à ne pas trop affaiblir le secteur en
désespérant actionnaires et salariés : le
dosage financier compatible avec notre
système social peut être raté. Finance
plus instable et croissance toujours fai-
ble : voilà le vrai nouveau risque.
Jean-Paul Betbèze,économiste,
est président de Betbeze Conseil.
solides, moins nombreuses et sur - veillées selon les mêmes paramètres par une seule entité, liée à la B CE. Tous veulent un système de financement de
l’économie plus équilibré entre finance
directe (par les marchés) et indirecte
(par les banques). Le dosage européen
de financement a certes montré sa rési-
lience dans la crise, mais il marque
aujourd’hui sa difficulté à soutenir la
reprise. Il faudrait donc le revoir.
Ensuite, la B CE poursuit son travail
de restauration du « canal du crédit »,
de façon à ce que la baisse des taux et la
sur veillance bancaire permettent une
remontée conjointe des crédits et des
marges bancaires. En (lointaine) ligne
de mire, il y a toujours l’inflation à 2 %.
Mais la croissance reste faible et
l’inflation trop basse ! La B CE achète
alors des bons du Trésor, sans se fixer de
limite dans le temps, et maintenant des
obligations d’entreprise, pour aller plus
vite. Moins de croissance mais des taux
plus bas, cela réduit certes le risque ban-
caire. Des taux longs qui baissent, cela
fait naître aussi des plus-values dans le
portefeuille public des banques. Donc
la B CE restaurerait le canal du crédit
par le profit bancaire et aiderait au refi-
nancement bancaire de la zone ?
L’objectif de changement du dosage
serait-il oublié ?
Non, parce que les banques ont tou-
tes dû augmenter leurs fonds propres :
ces « aides » l’ont permis. Et les résultats
publiés par l’ABE montrent que le tra-
vail n’est pas fini. L’objectif est-il les ban-
ques nordiques, très capitalisées mais
petites, ou plutôt les banques américai-
M
oitié -moitié : autant de finan- cement bancaire que de financement par les marchés
pour la zone euro. C’est ce que veut la
Banque centrale européenne (B CE), et
c’est ce qu’elle construit, la dernière
pièce en date étant les résultats des
« stress tests » publiés par l’Agence ban-
caire européenne (ABE) le 29 juillet.
Aussi rusés que techniques, ils épin-
glent certes Monte dei Paschi di Sienna,
mais montrent aussi UniCredit (la pre-
mière banque de la péninsule), l’irlan-
daise Bank of Ireland, l’autrichienne
Raiffeisen, l’espagnole Banco Popular et
la germanique Deutsche Bank, qu’on ne
présente plus. Les banques françaises
passent le test sans problème, mais BNP
Paribas et S ociété Générale auront
quand même des efforts à faire.
Alors, c’en est fini, avec seulement
cette recapitalisation italienne ? L’objec-
tif de nouveau dosage du financement
de la zone est-il abandonné ? Ce dosage
d’avant-crise, qui faisait la particularité
de la zone, deux tiers banque et un tiers
marché, va-t-il se stabiliser à 60 % ban-
que contre 40 % marché ? Ou bien
allons-nous vers le modèle américain :
33 % banque contre 66 % marché ? Un
tel changement aurait des effets
majeurs sur notre croissance, en la ren-
dant bien plus volatile. Il va chambouler
aussi nos réseaux bancaires. S ommes-
nous prêts ? Au courant ? D’accord ?
D’abord, tout cela n’est pas l’effet du
hasard mais le choix de nos décideurs
politiques, d’accord cette fois pour sui-
vre la B CE et l’Agence bancaire qu’elle
pilote. Tous veulent des banques plus
La Banque centrale européenne veut des banques plus solides,
moins nombreuses et sur veillées par une seule entité. Mais cela
exige un savant dosage : à force d’exiger toujours plus de fonds
propres et de tests, elle risque d’affaiblir l’ensemble du secteur.
Le métier de la
banque de détail
de la zone euro
est sous
pression.
Récolter des dépôts à court terme pour faire
des crédits à
moyen terme
devient de
moins en moins
rentable, en
particulier si la
croissance reste
faible et s’il faut
plus de fonds
propres.
Le dosage de financement a montré sa résilience dans la crise mais il marque sa difficulté à soutenir la reprise.Photo Wegner/Laif-RÉ A
Le point de vueLe mariage, nouveau marqueur
des inégalités sociales
Art et culture Un Indien au pays des cow-boys
Petite histoire
des robots
Lunokhod, le robot lunaire
Ma première
entreprise
Vincent Ricordeau : « Le succès m’est
monté à la tête »
Grands témoins Antoine Frérot, Veolia EnvironnementSOMMAIRE
06// Jeudi 25août 2016Les Echos
idées&débatsSUPPLY CHAIN
5
N° 613 • 1
ER
JUILLET 2016
entreprises en France
Ingénierie • Vernon (27)
CNPP mise sur son développement
dans la sûreté
puissance », en se spéciali-
sant sur les techniques opé-
rationnelles et managériales,
indique Guillaume Savornin.
Un pied dans
les objets connectés
Les ser vices R&D travaillent
sur les objets connectés,
afin de valider les solutions
de confiance au niveau des
communications. Par ail-
leurs, le groupe consacre
environ 1,5 M€ par an en
moyenne aux investissements, qui ont été
dédiés cette année à l’extension des labo-
ratoires, aux structures accueillant les for-
mations aux risques chimiques, aux espaces
confinés et à la résistance au feu. CNPP a
également publié de nouvelles cer tifications,
notamment dans le brouillard d’eau, les
bloc-por tes, les fermetures de bâtiment et
fenêtres et les coffres for ts pour les enceintes
techniques sécurisées (DAB).
Le groupe poursuit son développement à l’in-
ternational, notamment aux Emirats Arabes
Unis, à Taïwan et grâce à des par tenariats avec
des acteurs locaux en Afrique (Côte d’Ivoire,
Tunisie, Sénégal, Cameroun). Les ventes hors
de France représentent 15% du CA total.
L
’entreprise opérant
dans la prévention
des risques, née voici
exactement 60 ans en se
spécialisant tout d’abord
dans l’anti-incendie, multi-
plie les initiatives dans les
domaines de la sûreté -mal-
veillance « afin d’anticiper les
besoins des professionnels »,
déclare Guillaume Savornin,
son directeur général au
cours d’une inter view ex-
clusive accordée à En Toute
Sécurité.
C ’est ainsi qu’environ 20% du CA est désor-
mais réalisé dans la sûreté contre 15% voici
deux ans (voir ETS n°568), alors que la sécurité
incendie représente 60% des ventes et la
sécurité au travail 20%. « La sécurité incendie
restera majoritaire pour longtemps encore »,
précise néanmoins le directeur.
Le CNPP vient ainsi de lancer une méthode
d’évaluation de la robustesse des systèmes
d’information pour éviter les c yberattaques.
Il a mis au point une évaluation des per for-
mances des caméras de vidéosur veillance,
qui a déjà été adoptée par le fabricant
Mobotix. Dans la même lignée, les forma-
tions en sûreté malveillance « montent en
CNPP, qui a effectué fin 2014 la première
acquisition de toute son histoire, en l’occur-
rence une société de conseil et de formation
à La Réunion (voir ETS n°578), n’a pas d’autre
projet en cours sur le plan de la croissance ex-
terne, affirme Guillaume Savornin. « L’exercice
2016 devrait se situer dans la continuité de celui
de l’année précédente sur le plan de la renta-
bilité et avec une progression du CA d’environ
2% », ajoute -t-il. En 2015, le CA s’était élevé à
32,9 M€ pour un bénéfice net de 1,6 M€ et
des effectifs de 320 collaborateurs.
A l’occasion des 60 ans d’existence du CNPP,
Guillaume Savornin analyse l’histoire du
groupe en trois phases. De sa naissance en
1956 à 1998, il s’agissait d’un organisme
créé par la Fédération française des so-
ciétés d’assurance afin de proposer des
prestations dans la prévention des risques.
De 1988 à 2009, le CNPP a développé des
activités commerciales avec la création de
CNPP Entreprise, s’est étendu en région,
s’est installé sur le vaste site de Vernon et
a gagné son autonomie financière par rap-
por t aux compagnies d’assurance. Depuis
2010, il fonctionne véritablement comme
une entreprise, a développé sa présence à
l’étranger et a signé des par tenariats avec
divers organismes comme CDSE, Amrae et
Agence Qualité Construction. n
Guillaume S avornin a engagé
des accords de par tenariats à
l’international
vie de la profession
Sapeurs-pompiers : convention
USP-ministère de l’Intérieur
L
’USP a signé une convention avec Bernard Cazeneuve afin de
faciliter l’emploi par les entreprises de prévention-sécurité
de sapeurs-pompiers volontaires. Cette signature s’est déroulée
en présence des présidents de la Fédération nationale des
sapeurs-pompiers de France et de l’Association nationale des di-
recteurs et directeurs adjoints des ser vices d’incendie et de secours.
Le document contient des aspects financiers (subrogations des
indemnités des sapeurs-pompiers volontaires, prime d’assu-
rance, etc.), sur la formation, la protection sociale, de même que
des par tenariats concrets. Il prévoit également des conventions
locales entre les entreprises de l’USP et les SDIS.
n
L’Oscar de la FFMI remis à la Fondation Louis Vuitton
L
e 23
e
Oscar de la sécurité incendie a été remis le 23 juin à la Fondation Louis Vuitton. « Cette brillante réalisation
est la preuve que l’on peut aujourd’hui, en France, bâtir des établissements hors du commun et que notre approche
sécuritaire n’est pas la gangue réglementaire que cer tains aiment à décrire », a déclaré Régis Cousin, président de la
FFMI. La Fondation « est une splendide vitrine pour les savoir-faire des entreprises de notre filière », a-t-il- estimé.
Ouver te depuis octobre 2014, la Fondation Louis Vuitton a accueilli un million de visiteurs en un an. Christian
Reyne, son directeur délégué, a déclaré que les questions de sécurité avaient fait l’objet d’une prise de conscience
très en amont et qu’un travail de coordination avait été mis en place pour accompagner l’architecte Franck Gehr y.
Après cette cérémonie, Régis Cousin a signé une convention de par tenariat avec l’Agence Qualité Construction,
représentée par Philippe Estingoy, son directeur général, « afin de par tager les exper tises respectives et de por ter
cette approche auprès des acteurs concernés ». Les premières actions seront menées avant la fin de l’année.
Par ailleurs, la FFMI a organisé en juin avec la Direction général de la sécurité civile et de la gestion des crises
le premier colloque consacré aux normes et à la sécurité civile. Une seconde édition aura lieu début 2017.
n
Mercredi8juin201610//FOCUSSECTEUR>LECONSEIL
MarinaAlRubaee
D
ématérialisation
desdocuments,
traitementdes
données,cybersécurité
financière,constructiond’une
relationnumériquepersonnalisée
avecleclient,miseenplace
d’unestratégiepourlesressources
humainesetlecommercial…
Pourrépondreauxnouveaux
besoinsdeleursclients,les
acteursduconseilfontévoluer
leurséquipes,qu’ilssoient
cabinetdeconseilenstratégie,
«bigfour»(EY,Deloitte,PwC,
KPMG)oupetitcabinet
spécialisé.Deloitte,parexemple,
réaliseaujourd’hui20%deson
chiffred’affairessurdesmétiers
quin’existaientpasilyaencore
quatreans.«Réactivité,fluidité
ettransparencesontlesnouveaux
maîtresmots»,observe
EmmanuelFlattet,associéau
seinducabinetpluridisciplinaire
RSM.Danslesillagedes
transformationstechnologiques
etgrâceàl’essorduBigData,de
nouveauxmétiersapparaissent,
avecdenouvellesattentes
enmatièrederecrutement.
Silesdiplômésd’écolede
commercerestentmajoritaires
parmilesnouvellesrecrues,une
placedeplusenplusimportante
estfaiteauxingénieursetaux
universitaires.Lemixest
particulièrementavancéchez
Deloitteavec,désormais,30%
desjeunesdiplômésrecrutés
enécoled’ingénieurset20%
àl’université.Ladiversification
desrecrutementsestbien
enmarche.Au-delàdesdoubles
diplômesetdesexpériences
internationales,toujourstrès
convoitésparlesecteur,le
cabinetAccenture,parexemple,
s’ouvreaussiàdenouveaux
profilscommelesdesigners,
capablesd’innovationtant
danslesméthodesdetravail
quedanslarecherchede
solutions.Ilstravaillentdefaçon
pluridisciplinaireavecdesdata
scientistsoudesdataanalysts.
Les«marketeux»sont
égalementtrèsrecherchéspour
imaginerdescontenusetleur
miseenforme.Maisiln’yapas
quelediplômeouleprofil
quicomptent.L’attitude,les
initiativespersonnellesetles
qualitésinterpersonnellesfont
pourbeaucoup.
Curiositéetagilité
«Nosjeunesrecruesn’ontpas
forcémentétéforméesaudigital
auseindeleurécolemais
elles
ontdéjàuneexpérience
personnellepousséedansce
domaine.EllessontCURIEUSES,
cherchentàcomprendrelafaçon
dontfonctionneuneapplication,
sesusages…Ellesaiment
expérimenteretapprendrepar
elles-mêmes»,expliqueBertrand
Dufour,associéchezRSMà
Lyon.Cetteouvertured’esprit
estd’autantplusnécessaire
quelesprojetsdeviennent
transversaux.«Avant,toutétait
régiparuncahierdescharges
précis.Aujourd’hui,nousavons
besoindegensquiselancentdans
desprojetsenmodeagile,sans
toujoursconnaîtreprécisément
laciblefinale,etquilesajustent
enfonctiondesexigencesdes
clients»,relèveOlivierLacôte,
directeurassocié,enchargedu
recrutementd’Oresys,cabinet
deconseilenorganisation,
managementetsystèmes
d’information.
Conséquence?«Nousavons
besoind’espritsenmodeopen
innovationdefaçonpermanente»,
insistePascalDelorme,directeur
d’AccentureDiGitalFrance.
Bref,dejeunescapablesde
travaillerenéquipe,dediscuter
avecdiversinterlocuteurs,
dejongleraveclesprojets,
deseremettreenquestion…
Lemoutonàcinqpattes?
Cesnouvellesforma
BIGDATA&CO
BONSÉLÈVES
ÉCLAIRAGE// Transformationdigitaledesentreprisesoblige,lesmétiersd u
secteurduconseilévoluent.Toutcommelescompétencesrecherchées…
ZOOM// Iln’yapasquelesdiplômesd’écoledecommerc
e
vousn’auriezpeut-êtrepaspensépeuventvousouvrirdes
L
amajoritédesjeunes
consultantssont
recrutésdansles
10meilleuresécoles
decommerceetd’ingénieurs.
Au-delàdescursusgénéralistes,
denouvellesformations
intéressentlescabinetspour
répondreàlatransformation
deleursmétiers.Revuededétail
desspécialitésquimontent.
nCybersécurité
TélécomSudParis
«Expertensécuritédessystèmes
d’information(ESSI)»
Cettespécialité,quicouvre
lesaspectsméthodologiques
ettechniquesdecryptographie,
del’intelligenceéconomique
ouencoredelasécurité
informatique,estétudiéeen
troisièmeannéeducursus
ingénieurdel’école.Gagede
sérieux,ceprogrammetrès
pointuestconçuenconcertation
avecl’Agencenationale
delasécuritédessystèmes
d’information(ANSSI),
partenairedelaformation.
nBigData
Ecolenationaledelastatistique
etdel’analysedel’information
(ENSAI)
MasterofscienceinBigData.
Cemaster2entièrement
dispenséenanglaisformedes
datascientistsdehautniveau.
Deuxparcourssontproposés
(informatiqueoustatistique)et
unstaged’uneduréeminimum
decinqmoisestprévu.
Microsoftestpartenairedu
cursusetmetàladisposition
desétudiantsunclusterde
calculdernièregénérationpour
travaillerdanslesconditions
réellesdetraitementdes
donnéesmassivesenentreprise.
Endeuxans,mondépartement
Expertisesgrandscomptes
estpasséde5à100personnes.
Autantdirequelesmissions
sontnombreusesetdiverses.
Lahiérarchie,elle,estlà
pourencadrermaisellenous
laisseprendrenotreplace.
Noussommespeut-êtrejeunes
maisonnousprendvraiment
ausérieux.»
AUDREYHENNIQUE,CONSULTANTEJUNIORCHEZRSM,25ANS
J’aidécouvertqueje
pouvaisdévelopperdes
compétencesenmarketing
digitalauseind’unesociété
deconseil.Jetravaille
maindanslamainavec
desstatisticiens,des
développeurs…J’apprends
touslesjours!»
JULIETTEPETIT,CONSULTANTEMARKETINGDIGITAL
CHEZACCENTUREINTERACTIVE
Non,plutôtuneposture,une
agilitéd’espritpourlaquelle
lagénérationYestchampionne
toutescatégories.
Priorité
àlarelationclient
Unetroupeagile,
transdisciplinairecertes,mais
pasdispersée.OlivierLacôte
préfèretempérerlatendanceau
«papillonnement»desnouvelles
générations:«Qu’ellessautent
d’unprojetàl’autreenuneheure,
c’estbien!Maisilfautqu’elles
sachentalleraubout.Ilest
importantdeseconcentrer
etderevenirauxfondamentaux
liésàlaméthodologieetàla
rigueurpourêtreefficace.»
Ledigitalmultipliel’accèsà
l’information.Cequicomplexifie
letravaildesjeunesconsultants
pourcomprendreleur
environnement.Ilestplus
difficiledefaireletrietla
synthèsedesinformations.
«Ilnousfautdoncdestalents
quisachentcomprendre
rapidementlesrisquesetles
enjeux,toutenprenantlerecul
nécessairepouréviterdese
noyerdanslamassededonnées»,
poursuitBertrandBoisselier
ducabinetDeloitte.Cequi
nechangepas,c’estlaqualité
duconseildemandéeparles
clients.«Lesnouveauxoutils
etnouvellestechnologiesnous
permettentderationaliser
letravail,assureDelphine
Martin,DRHdeF.Iniciativas,
spécialisédansleconseilen
innovation.Maiscequicontinue
defaireréellementladifférence,
c’estlaqualitéhumainedu
consultant.»n
Source:chiffressociétéspour2016
ILSRECRUTENT
EYKPMGDELOITTEPWCMAZARS
GRANT
THORNTON
Recrutementsdejeunesdiplômés 900 8508 00 6303 85 200
Stages 6505 00 500 390 2851 00
Contratsenalternance 150 60 100 80 30 NC
ÀNOTER
Bonnombredeformations
sontassurésenpartie
pardesprofessionnels.
Digital native:leconseil
abesoindevous!
Mercredi8juin2016 FOCUSSECTEUR>LE CONSEIL //11
Lesstratégiesdescabinetspour
«fidéliser»leursjeunesconsultants
tionsquiontlacote
AUXPETITSSOINS
POURTOUCHER
LESDECISIONMAKERS
DEDEMAIN,
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LesEchosStart,lanouvellemarquedes
Echospouraiderlesétudiantsetles
jeunesactifsàconstruireetréussirleur
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Contact:MirenGARAICOECHEA
mgaraicoechea@teamedia.fr
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DigitaleetPresse
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TENDANCES // Contrela«fuitedestalents»,lesentreprisesduconseil
déploientlesgrandsmoyens.Revuededétail.
quiséduisentslescabinets.Certainscursusauxquels
portesdanslesecteurduconseil.
AudreyPelé
L
esecteurduconseil
resteuneoptionde
choixpourbonnombre
dejeunesdiplômés.
Leplusdur,pourlescabinets,
n’estpastantdelesrecruter
quedelesgarder.Avecun
turnoverdel’ordrede20%,
lesentreprisesduconseilsont
condamnéesàinnoverpour
retenirlesjeunesconsultants
qui,aprèsquelquesannées,
seraienttentésparlaconcurrence,
voirepard’autrescarrières.Signe
decettepolitiquevolontariste:
deuxacteursduconseil
—DeloitteetKea&Partners—
figurentdansleTop4
duclassementHappyAtWork
forStarters2016desmeilleures
entreprisespourdébutersa
carrière
(1)
.Exitl’imagede
«4
e
cycle»quileurcolleàlapeau,
lescabinetsvantentlamobilité
etdesparcoursàlacarte.Vous
dîtesdes:«horaireschargés»?
Ilsrépondent:«flexibleworking»,
avantages,engagement.Voilà
lesprincipauxmoyensdéployés
parlescabinetspourbichonner
leursjeunesmanagers.
Unerémunération
galopante
Lesalaireestbiensouventun
argumentpharepourattirerles
jeunes.Unconsultant(0-3ans)
dansuncabinetdeconseil
enorganisationgagnede38
à52K€
(2)
.Desmontantsqui
peuventaugmenterrapidement
etauxquelspeuvents’ajouter
unvariableetdesprimes.
ChezDeloitte,parexemple,
lapartvariablepeutatteindre
30%dusalaireavecl’expérience
tandisquechezEYFranceles
consultantsreçoiventuneprime
enfonctiondeleurperformance
individuelleainsiqueleur
contributiondanslaviedu
cabinet.«Cheznous,les
consultantsbénéficientd’unfixe
avecdesaugmentationsannuelles
quidépassentsouventles10%et
récompensentleurprogression»,
renseigneRaphaëlFétique,
directeurassociéauseinde
Converteo,uncabinetdeconseil
digitaletdata.
Unparcours
personnalisé
Mêmelesplusgrandscabinetsde
conseil,dont
certainscomptent
plusde300.000collaborateurs,
s’efforcentd’individualiserle
parcoursdeleursconsultants
(suiviultra-personnalisé,
formationspourboosterleur
carrière…)etleurpermettent
d’évoluer.Accentureleurpropose,
parexemple,despasserellesentre
lesmétiers,lessecteursd’activité
etlesexpertises.«Cheznous,
leparcoursdecarrière,appelé
"careerpate"p ermetànos
consultantsd’évoluersurun
nouveaumétierauboutde
2/3ans.Ilspeuventcommencer
entantqueconsultant(enconseil
enR&Doueninnovation)
puisdevenirexperttechnique,
chefdeprojet,managerd’équipe
oubusinessmanager»,précise
DominiqueMaret,DRHd’Altran
France.Lesrecruteurspermettent
égalementauxconsultants
depoursuivreleurcarrière
àl’international.Tousles«big
four»etungrandnombrede
cabinetsontdesimplantations
àl’étrangerdanslesquellesils
peuventacquériruneexpérience
pendantquelquesannées.
ChezMazars,ilspeuventaussi
participeràunprogrammede
mobilitécourt(3à6mois)dans
l’undes77bureauxpartoutdans
lemonde.
Desavantagespour
simplifierlequotidien
L’autreréalitédumétierdu
consultant,c’estladisponibilité
etleserviceexigéparleclient.
Cequisignifieàcertaines
périodesdeshoraireslourds,
avecboulotlesoiroule
week-end…
Pastrèsvendeur,desurcroît
pourunegénérationquiassume
davantagequesesaînésses
attentesenmatièred’équilibre
viepro/vieperso.Nécessité
faisantloi,lescabinets
s’adaptent.Lesjeunesconsultants
veulentdutempspoureux?
Mazarsoffre8semainesde
congésparan.ChezEY,on
prônele«flexibleworking».
«Mangerunepizzaà22heures
avecsescollèguesauboulot,
cen’estpascequ’attendentles
jeunesconsultantsaujourd’hui.
Nousleurpermettonsde
s’organisercommeilsle
souhaitentoùilsveulent,tant
qu’ilssontjoignablespar
téléphoneoumailpendantleurs
horairesdetravail»,explique
CédricForay,associéencharge
durecrutementpourEYFrance.
Enfin,onn’oubliepasleschoses
quipeuventsimplifierlavie
commeunservicedecoiffure/
esthétiqueouencored’une
conciergeriechezKPMG,
oùlescollaborateurspeuvent
égalementprofiterdedeux
terrainsdesquash.Desoncôté,
F.Iniciativasprendencharge
lefinancementd’unepartie
ducoûtdesactivitéssportives
deleurssalariés,quiontmême
chacundroitàunmassage
de30minutesparsemaine.
savoirquellevaleurajoutée
leursmissionsapportentàleurs
clients»,expliqueSamiRahal,
associé-directeurdesressources
humaineschezDeloitte.Des
missionsmoinsbusinessque
socialesousolidairessont
deplusenplusorganisées.
CesdernièresannéesauBoston
ConsultingGroup(BCG),
deséquipesontorchestré
descampagnesdeluttecontre
lepaludismeenAfriqueet
danslespays?endémiques???.
ChezDeloitte,laFondation
ducabinetpermetaux
collaborateursdeparticiper
toutel’annéeàdifférentes
act
ionscommel’accompagnement
d’élèvesdéfavorisésvers
descursusdiplômants.
«Noscollaborateurspeuvent
prendredescongéssolidaireset
réaliserunemissionde15jours
relativeàlabiodiversitéou
àl’appuiéducatif,parexemple.
Certainsontrecensédestortues
marinesauxAntilles,d’autres
ontaidélesélèvesd’uneécole
primaireauBénin»,détaille
MartinHuerre,DRHFrance
chezMazars.n
(1)Classement2016HappyAtWork-
MeilleuresEntreprises.com/LesEchosStart
(2)Hays-Étudederémunérationnationale2015.
nResponsabilité
sociétaledesentreprises
IAEGustaveEiffel
Ecoledemanagement
master2ManagementdelaRSE
Cemasterenalternanceforme
lesétudiantsàl’analysedes
opportunités,desenjeux
stratégiquesetdesconditions
d’implantationd’unedémarche
deRSE.Ilestanimépar35à
40intervenants—enseignants
etexpertsdelaRSE(entreprises,
syndicats,institutions…).
«Denombreuxétudiants
choisissentdesedirigerversle
consultingdéveloppement
durableàlasortiedeleur
cursus»,assureLaurence
Beierlein,codirectricedela
formation.Ilsréaliseront,par
exemple,desmissions
stratégiques(diagnosticet
évaluationRSE),RH(miseen
placed’unechartediversité…),
achats(certificationde
fournisseursex.:Ecocert)…
nManagementdes
risques
ArtsetMétiersParisTech-MS®
«ManagementGlobaldesRisques»
Cecursusdonneuneapproche
transversale,multidisciplinaire
etintégréedesrisques
(professionnels,industrielset
environnementaux,financiers…).
Pendantleurformation,les
étudiantsréalisentunséminaire
d’unesemainedansdiverses
entreprisesàl’étranger
(AmériqueduNordouAsie)
etparticipentauxRencontres
del’Associationpourle
managementdesrisques
etdesassurancesdel’entreprise
(Amrae).41,2%desdiplômés
travaillentdansleconseilà
lasortiepourunsalairemoyen
de40
K€.
nManagementdes
systèmesd’information
IAEGrenoble
Master2ConseiletManagement
desSystèmesd’information
«50%descourssontassuréspar
desprofessionnels,dontungrand
nombreontunlienfortavec
l’écosystèmegrenobloiscomme
leClust’RNumériqueouDigital
Grenoble(laFrenchTechlocale)»,
préciseChristianDefélix,
directeurdel’IAEdeGrenoble.
Apartirdelarentrée,lesétudiants
vontplanchercommedes
consultantsjuniorssuruncas
d’entrepriseréel,unfilrouge,
pendantsixmois,pourdévelopper
leurscompétences.Al’issue
ducursus,ilstrouventdutravail
notammentdanslescabinets
deconseil(CapgeminietDeloitte
sontpartenairesdudiplôme)
oudansdesETIdeconseil
commelegroupeHardis.A.P.n
Uneviesociale
d’entreprise
Alorsquelesconsultantspassent
lamajoritédeleurtempschez
leursclients,lesentreprisesdu
conseilorganisentdesévénements
pourqu’ilstissentdesliensentre
eux.KPMGmetainsienplace
desséminairesoudessoirées
cocktaildepromotion.
«Cestempsderespirationsont
importantspourassurerla
cohésiondeséquipes»,assure
NicolasRichard,associé,
responsabledesactivités
consultingchezKPMG.Des
événementsinternes«corporate»
quiseveulentsouventrécréatifs.
AucabinetdeconseilSeaBird,
spécialisédansl’accompagnement
dusecteurdel’assurance,
lescollaborateursontparticipé
àunesoiréesurl’actualitédu
cabinetquis’estdérouléesur
unepénicheetoùilsontécouté
leconcertd’ungroupederock
enlivequis’estterminéen
chansonsaveclaprestation
d’ungroupedeconsultants.
«Nousavonsaussiorganiséun
événementTopChefparéquipe.
Chacuned’elles’estaffrontéepour
réaliserle
plusbeaucanapéoule
meilleurcocktail»,préciseCyrille
Vu,ledirecteurdeSeaBird.
AutreexemplechezBain&
Companyoùtouslesmoisun
momentfortrythmelaviedu
cabinet:séminaire,soiréefestive
organiséeparlesconsultants
juniors,journéeàthème,soirée
œnologique,karting,cours
dedanseoudeyoga…
Desmissions
solidaires
«Aujourd’hui,nosjeunes
collaborateursveulentqueleur
travailaitdusens.Ilsveulent
C’ESTENEUROSceque
gagneunconsultantdébutant
(0-3ans)dansuncabinetde
conseilenorganisation.
Lechiffre
à la une
Le Top 30 de la santé 2016
deux-roues
Comment la Maif invente
l’assurance « Cendrillon »
www.argusdelassurance.com ■ HEBDOMADAIRE ■ 1
er
juillet 2016 ■ N° 7464 ■ 6 €
Non,
le
cyber n’est pas
un risque exotique
CYBER RISK
DOSSIER
6 FACE AU RISQUE n° 523 mai 2016
Évolution de carrière
L’ESSENTIEL DU DOSSIER
Un salarié, c’est aussi
un réseau.
« Réseauter »,
ce n’est pas seulement l’assurance
de progresser, c’est aussi un moyen
de trouver des solutions
aux problèmes de tous les jours.
P. 7
L’examen, le concours
ne se préparent pas le jour J, mais bien
en amont, si possible avec une feuille
de route et des objectifs.
Nos 10 conseils pour y arriver.
P. 10
Passer du public au privé,
c’est passer de l’intérêt général
à l’intérêt particulier. Il faut acquérir
de nouveaux codes, adapter
son langage, son comportement.
P. 12
Quelles formations ?
Quels cursus ?
Vers où aller
pour progresser dans sa carrière ?
La réponse en clair et en tableau
dans notre enquête.
P. 14
6FACE AU RISQUE n° 523 mai 2016
Évolution de carrière
L’ESSENTIEL DU DOSSIERL’ESSENTIEL DU DOSSIER
Un salarié, c’est aussi
un réseau. « Réseauter »,
ce n’est pas seulement l’assurance
de progresser, c’est aussi un moyen
de trouver des solutions
aux problèmes de tous les jours. P. 7
L’examen, le concours
ne se préparent pas le jour J, mais bien
en amont, si possible avec une feuille
de route et des objectifs.
Nos 10 conseils pour y arriver. P. 10
Passer du public au privé,
c’est passer de l’intérêt général
à l’intérêt particulier. Il faut acquérir
de nouveaux codes, adapter
son langage, son comportement. P. 12
Quelles formations ?
Quels cursus ? Vers où aller
pour progresser dans sa carrière ?
La réponse en clair et en tableau
dans notre enquête. P. 14
67,7 %
des chargés de sécurité
ont bénéfi cié d’au moins
une formation au cours
des trois dernières années.*
* Baromètre des ingénieurs et chargés de la sécurité, 2016 – 1
re
édition.
Étude réalisée par CNPP sur la base de 485 contacts ayant répondu
au questionnaire. Disponible en version complète sur le site Inter net
www.cnpp.com
Bac + 5Bac + 3 et 4Bac + 2Bac
Femme
Homme
Parité et niveau d’études
27,6 % 24,4 % 21,0 % 27,0 %
15,0 %23,4 % 57,0 %
Les femmes sont
en général plus diplômées
que les hommes.*
M?TIER RISK MANAGER
CAHIER
SPÉCIAL
OPTIMISATION DES COÛTS
La gestion des risques,
une opportunité pour la
performance des entreprises
LA TABLE RONDE :
La performance passe par
la maîtrise des risques
p. 6
LES EXPERTISES :
Le risque social est un risque fi nancier
encore trop peu évalué par les DAF
p. 12
RSM : de la maîtrise des risques à
la performance de l’entreprise
p. 14
Vu et lu sur les écrans et le papier
Parmi les articles de presse qui ont fait la rentrée médiatique
de l'AMRAE et de ses acteurs : Brexit, Métier du Risk Manager,
Terrorisme, Cyber Risks, Juridique, Supply chain...
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 31
À L’AFFICHE
P
iet Verbeeck a du goût. Il fonde en 1997 Sud'n'Sol, le spécialiste des
tomates et des légumes marinés mi-séchés ou grillés (40 millions
d'euros de chiffre d'affaires) puis s'associe à Alain Milliat, fonda-
teur de la société éponyme qui produit jus, nectars et compotes de
fruits haut de gamme en distribution sélective (8 millions d'euros
de chiffre d'affaires). Mais ses activités s’étendent aussi à la métallerie, le
textile ou l’hôtellerie de luxe.
A^da RTc T]caT_aT]Tda R^]oa\ … [P Rd[cdaT Sd aXb`dT SP]b [Tb _TcXcTb T]caT”
prises résulte de plusieurs facteurs : un environnement réglementaire ou
commercial, un intervenant nécessairement extérieur qui sait trouver les mots
et qui prend en compte la culture de l’entreprise, un dirigeant à l’écoute, et…
des incidents qui se sont révélés pédagogiques.
« C’est Jean Moréra, à l’époque, courtier d’assurances de Sud'n'Sol qui nous
a guidé. Il avait une forte expertise dans la gestion des assurances pour le
transport de marchandises et la logistique – c’est un enjeu essentiel dans
notre secteur d’activité – et dans l’agroalimentaire », raconte Piet Verbeeck.
« Parler de gestion des risques à un jeune entrepreneur, c’est lui parler martien.
Pas à pas, nous sommes passés de la gestion des contrats d’assurances et
des sinistres, à la gestion des risques : élaboration et réalisation de plans de
prévention incendie, document unique et cahiers des charges fournisseurs ».
Devenu consultant Risk Manager (5RM Consulting), Jean Moréra accom-
pagne toujours l’entrepreneur qui vient de lui demander d’ausculter les
risques d’une start-up de l’agro-alimentaire d’à peine 300 000 euros de
chiffre d'affaires dans laquelle il songe investir.
« Si je dois retenir deux bénéfices essentiels au Risk Management je dirais : des
relations cadrées avec nos fournisseurs ou nos sous-traitants, et l’existence
d’une base de plan de continuité des activités », souligne l’investisseur.
LES 1001 FACETTES
DU RISK MANAGER
Pourquoi le Risk Management et sa culture éclosent-ils dans certaines
PME-PMI ou TPE ? Quels sont les facteurs déclencheurs ? Pourquoi et sur
quels vecteurs se propagent-ils ? Le témoignage et le retour d’expérience de
Piet Verbeeck, serial manager et investisseur.
Risk Manager
Référentiel Métier
80, Boulevard Haussmann 75008 PARIS
Par Charles de Toirac
« Nos clients n’ont jamais été inquiétés. C’est aussi un bénéfi ce que j’accorde à la rigueur que nous impose la gestion des risques. » « Nos clients n’ont jamais été
inquiétés. C’est aussi un bénéfi ce
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201632
MÉTIER RISK MANAGER
LE PHARE DU RÉFÉRENTIEL,
LA PÉDAGOGIE DES SINISTRES
La culture du risque est dans l’agro-alimentaire d’abord une culture de
référentiel. Ce référentiel prend le plus souvent la forme d’un cahier des
charges qui ne se limite pas aux seuls éléments de production. « Notre
premier sinistre était un point de non-conformité au cahier des charges.
Au-delà du cahier des charges, le BRC (British Retail Consortium), un
référentiel technique pour les fournisseurs de produits à Marques de
Distributeur, qui fournit une base commune d’exigences en matière de
sécurité alimentaire pour les fabricants de produits en marque distribu-
teurs et blanches et International Feature Standard Food sont les deux
éléments structurants. »
« S’y conformer, c’est déjà inculquer une culture de la qualité et du
risque à toute l’entreprise. Ils apportent un formalisme qui éduque. Nous
avons aussi des litiges de non-conformité avec nos fournisseurs. Il peut
s’agir de non-conformités machines sur des lignes de production ou de
non-conformités matières. Les recours que nous avons dû exercer étaient
complexes et difficiles, souvent judiciaires, mais nous avons réussi à faire
valoir nos droits en partenariat avec nos assureurs responsabilité civile
parce que nous avions anticipé les situations et que nos dossiers étaient
bien montés. Nos clients n’ont jamais été inquiétés. C’est aussi un béné-
fice que j’accorde à la rigueur que nous impose la gestion des risques,
moi qui suis un anti-bureaucrate par excellence », sourit l’entrepreneur.
SOURCING ET LIVRAISON :
LE RISK MANAGEMENT À TOUS LES ÉTAGES
Alain Milliat achète des fruits frais et du surgelé de fruits tropicaux en
grande quantité, partout en Europe ou sur le pourtour méditerranéen.
Les clients se trouvent aujourd’hui partout en Europe, mais aussi au
Canada ou aux États-Unis.
« Nos risques initiaux sont la sécurisation des approvisionnements en
quantité et en qualité, puis la chaîne sanitaire pour la fabrication et la
distribution et sa traçabilité. Acheter à des opérateurs reconnus (coopé-
ratives, importateurs…) s’inscrit dans la démarche de gestion des risques.
Il faut les identifier, les convaincre d’accepter nos contraintes et de nous
livrer, négocier leurs couvertures d’assurances… ».
La rédaction d’un cahier des charges et l’élaboration des règles contrac- tuelles sont le point de départ. Y sont jointes systématiquement les attestations d’assurances des fournisseurs qui doivent répondre aux
exigences d’Alain Milliat et de ses assureurs en termes de période, d’ac-
tivités et de montants assurés.
La gestion des risques ne s’arrête pas au seul sourcing, elle porte sur
d’autres domaines de risques tels que les pertes matérielles ou imma-
térielles, documentés par une méthode et des supports : indicateurs
de sinistralité, réalisation d’audits internes, prise en compte et traite-
ment des non conformités, suivi du plan d’assurances…
LA COMMUNICATION DANS ET
SUR LA GESTION DES RISQUES
Outre les classiques audits qualité, les clients, des grands de la distri-
bution ou du fast-food, demandent à préparer des cellules de crise.
« Elles sont auditées tous les ans. Nos scenarii de communication sont
réévalués, les porte-paroles désignés. Chez Alain Milliat, c’est Alain
Milliat en première intention, moi ensuite ».
« Nous commençons à évoquer
nos process risques à l’externe.
D’une part pour anticiper
les demandes de nos partenaires
ou clients et d’autre part parce
que cela contribue au sérieux
de l’image de l’entreprise. »
« Nous commençons à évoquer
nos process risques à l’externe.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 33
MÉTIER RISK MANAGER
En alimentation, le secteur peut affronter des crises globales (la crise
en 2014 sur le saumon d’élevage norvégien) ou des engouements du
même acabit. « Si une parution vante les bienfaits de la pêche de vigne
ou de la tomate, nos entreprises peuvent s’attendre à une hausse de la
demande et de la consommation
».
« Sur l’entreprise, les procédures évoquées précédemment sont le premier
rempart. Mais en cas de crise, le community manager est indispensable.
C’est pourquoi nous commençons à évoquer nos process risques à l’ex-
terne. D’une part, pour anticiper les demandes de nos partenaires ou
clients et d’autre part, parce que cela contribue au sérieux de l’image de
l’entreprise. Les assureurs le reconnaissent et nous le font savoir, notam-
ment dernièrement dans le cadre d’un audit sur le risque de contamina-
tion. L’assureur a validé avec satisfecit le dispositif de contrôle de nos
fournisseurs ».
« Par ailleurs, nous formalisons un Plan Risk Management et un Bilan Risk
Management annuels qui sont communiqués en interne et en externe.
En matière bancaire, seuls certains banquiers de haut de bilan sont
sensibles à la démarche », souligne par ailleurs Piet Verbeeck.
3 questions à Jean Moréra (5RM Consulting) sur le Référentiel métier de l’AMRAE
Au regard de l’activité « Diffusion de la culture du risque », on se rend compte que tout y est ou presque. Une coïncidence ?
Le Référentiel est le fruit de l’expérience des
Risk Managers de l’AMRAE. Tous les praticiens
savent que la gestion du risque, c’est notam-
ment une bonne mise en réseau. Ici, il y a un
manager opérationnel qui dispose d’une vi-
sion globale du dossier et qui est en mesure
d’arbitrer, un correspondant sécurité plus
particulièrement centré sur la sécurité incen-
die et la sécurité au travail, un correspondant
administratif en charge de la gestion du plan
d’assurance et des dossiers sinistres ou litiges.
« À cette taille d’entreprise,
le contact entre le dirigeant
et le Risk Manager doit être
direct et régulier. »
Si le premier Risk Manager reste le chef
d’entreprise, ce dernier m’attribue la fonc-
tion support pour le pilotage, l’animation et
le contrôle interne, la validation des proces-
sus et des organisations, l’accompagnement
des correspondants dans la mise en œuvre
et le suivi des actions.
Quand on prend le temps de les analyser,
les résultats obtenus sont très satisfaisants,
notamment dans le cadre de sinistres « sen-
sibles » ou de mises en cause qui auraient pu
être très préjudiciables à l’entreprise.
Sur le volet « Diffusion de la culture du
risque », quel enrichissement ou évolu-
tion serait souhaitable pour les PME ?
La pédagogie de l’exemple pour se faire en-
tendre du dirigeant a aussi ses vertus, mais
il est parfois trop tard …
Pour les PME-PMI, mais aussi les ETI et les
TPE, j’ai le sentiment que nous ne cessons
de progresser. Les chefs d’entreprises ont
pris conscience qu’ils sont les premiers as-
sureurs de leur projet. Même si la gestion
du risque n’est pas leur priorité, ils sont à
l’écoute.
Aujourd’hui, je rencontre des attitudes res-
ponsables jusque dans les TPE mais nous ne
devons pas nous en contenter. Nous devons
rendre davantage accessible l’idée du Risk
Management. Nous y travaillons sans relâche.
Dans un environnement instable, ce n’est pas
facile. La méthode et les outils doivent pou-
voir s’intégrer facilement dans les processus
opérationnels des PME-PMI et se concentrer
sur les risques dits « essentiels ».
Les assureurs et les intermédiaires d’as-
surances ont aussi un rôle à jouer dans la
sensibilisation et l’accompagnement des
dirigeants des PME-PMI qu’ils assurent. Au-
jourd’hui encore, trop souvent, ils se posi-
tionnent en « concurrent » du Risk Manager.
Avec un peu de recul, l’analyse du rôle de
chacun qui peut être faite à partir du Réfé-
rentiel met en évidence une complémenta-
rité qui ne demande qu’à être développée
pour davantage de valeur ajoutée pour les
assurés et … pour les assureurs.
Dans une PME de l’agroalimentaire, par
quoi commencer ?
Le point de départ de la démarche sera les
risques de responsabilités. Prendre la vé-
ritable mesure des engagements auxquels
[¬T]caT_aXbTPb^dbRaXc…e aXoTa`d¬X[bb^XT]c
correctement bordés et couverts. Si ce n’est
_Pb[TRPb…X[UPdSaPXST]cXoTa[¬X]cTa\ SXPXaT
d’assurance qui sera en mesure de faire évo-
luer le programme d’assurance pour l’adap-
ter aux caractéristiques de l’entreprise.
Ensuite, il faudra analyser la situation sous
l’angle dommage aux biens, incendie, bien
sûr, mais aussi bris de machines. L’ana-
lyse se portera aussi sur la situation des
sous-traitants s’il en existe, le risque supply
chain est à prendre en compte.
6]o]… XST]cXoTa [Tb aTbb^daRTb _^da S o]Xa
des modèles de plan de continuité d’activité
bX\_[TbTcTUoRPRTb`dXaPbbdaTa^]c[TbR[XT]cb
et les assureurs. Une PME-PMI ne peut pas
être absente de son marché à plus de 60 %
plus de 3 mois me disait Piet Verbeeck quand
il dirigeait Sud'n'Sol. Nous avions pris en
R^\_cTRTbX\_ aPcXUb_^daS o]Xad]TbcaP”
tégie de maintien des ressources à ce niveau.
34
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
MÉTIER RISK MANAGER
Sans titre-1 1 11/07/2016 11:08:27
J
uin a vu deux bassins de crise : en amont de la
Seine où les pluies sur des sols déjà détrem-
pés ont occasionné des inondations durables.
Si à Paris, l’impact fut faible, ce
ne fut pas le cas à Nemours
ou à Montargis. Alors que les
spécialistes s’attendaient à
une crue entre novembre et
mars, elle est survenue en
juin. L’eau est montée plus
rapidement qu’anticipé
(un mètre par jour sur
certains tronçons) no-
tamment en raison de la
concentration de pluie sur
le bassin du Loing.
Au plan théorique, EU Sequana
2016 était d’abord une actualisa-
tion de plans datant de plus de 10 ans
pour les grandes entreprises, qui ont depuis,
largement changé d’organisation et évolué en termes de
gestion des risques et de PCA. Autour de la table : des
opérateurs (énergie, infrastructures de transports pu-
blics, santé publique, distribution d’eau…), des orga-
nisations professionnelles (AMRAE, CDSE, Gema) et trois
assureurs (Axa, Allianz et Generali). Simultanément,
[Tb _^de^Xab _dQ[XRb PePXT]c R^]o 6daXSXRT…
un groupe de chercheurs dont fait partie
Benoît Vraie (Master GGRC et AMRAE),
un travail de recherche en sociologie
des organisations en vue de l’op-
timisation de leurs dispositifs de
gestion de crise.
L’EFFICACITÉ MALGRÉ LE
DÉMENTI DES SCENARII
« En matière de circulation
routière, en raison de la remon-
tée des nappes phréatiques et du
ruissellement des eaux, nous nous
sommes trouvés au-delà des prévisions
de Sequana. Classiquement, les communes
qui avaient anticipé de tels phénomènes avec
des dispositifs d’information préventive ou en temps
réel et d’organisation de circulation, s’en sont mieux
sorties. Les marges de progression sont fortes, mais la
EU SEQUANA 2016 ET LES CRUES DE JUIN 2016 :
LES TOUTES PREMIÈRES LEÇONS
L’exercice EU Sequana 2016 de mars dernier simulant une crue de grande ampleur en Île-de-France
avait permis de tirer des premiers enseignements pour les institutions publiques et les
entreprises privées. La Seine qui a atteint le 4 juin 2016 à deux heures du matin, à Paris, une
hauteur de 6,10 mètres, et les inondations simultanées en région Centre ont permis d’affi ner les
scenarii de crise et de PCA. Témoignages.
Par Charles de Toirac
Benoît Vraie,
Master GGRC et AMRAE
EU SEQUANA 2016 - Exercice zonal de gestion de crise
Scénario de crue ma jeure
EU SEQUANA 2016 - Exercice zonal de gestion de crise
Scénario de crue ma jeure
4 5
SOMMAIRE
1. PRÉAMBULE ..........................................................................................................7
2. EU SEQUANA 2016 : LE SCÉNARIO DE L’EXERCICE ............................13
L’exercice sur table
• 1 • Phase de mise en ambiance et d’alerte
• 2 • Le scénario hydrologique
• 3 • Les objectifs d’EU SEQUANA 2016 en phase de crue
• 4 • Les objectifs d’EU SEQUANA 2016 en phase de décrue
3. EU SEQUANA 2016 : les exercices de terrain .......................................... 23
Le théâtre des manœuvres de terrain et le descriptif des opérations
• 1 • Les sites
• 2 • Descriptif des manœuvres
• 3 • La participation des armées (le déclenchement de la force Neptune)
4. EU SEQUANA 2016 : LA PLATEFORME COLLABORATIVE ................. 31
5. EU SEQUANA 2016 : LE PLAN DE COMMUNICATION ....................... 35
• 1 • Les enjeux de communication
• 2 • La stratégie de communication
• 3 • Les outils de communication
• 4 • Méthodologie
6. ANNEXES ............................................................................................................ 43
• 1 • Les partenaires et leurs objectifs
• 2 • Exemple de cartographie : l’inondation à Créteil
• 3 • EU SEQUANA 2016 : les sites
• 4 • Présentation de l’Inhesj
EU SEQUANA 2016 - Exercice zonal de gestion de crise
Scénario de crue ma jeure
57
EU SEQUANA 2016 - Exercice zonal de gestion de crise
Scénario de crue ma jeure
EU SEQUANA 2016 :
LES SITES DE L’EXERCICE
EU SEQUANA 2016 - Exercice zonal de gestion de crise
Scénario de crue ma jeure
1
EU SEQUANA 2016
EXERCICE ZONAL DE GESTION DE CRISE
SCÉNARIO DE CRUE MAJEURE
EURIDICE
10 projets dont deux pour
le Master GGRC de la Sorbonne
10 chercheurs
Th?matique centrale : obtenir
la volumétrie des besoins volumétrie des
opérateurs pour adapter la planifi cation
en matière de gestion des individus,
de demande d’approvisionnement,
le tout en lien avec les
collectivités locales.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201636
MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D'EXPÉRIENCE
cinétique est lente », évoque Sidonie Thomas
du Secrétariat Général de la Zone de Défense
et de Sécurité de Paris. « Nous avons bien sûr
également regardé le scénario attentat pen-
dant la crue ».
Benoît Vraie souligne : « sur la crue de juin, ceux
qui ont travaillé des hauteurs scénarisées se sont
vu démentis, il était annoncé qu’EDF allait déles-
ter à telle hauteur d’eau. Or, EDF n’a pas délesté
et l’ennoiement annoncé des parkings devait
commencer là : ils sont restés au sec. Face à un
risque aussi complexe, il convient de réfléchir en
termes d’impacts qui pèsent sur les ressources de
l’entreprise et non en termes de scénario. »
PEOPLE FIRST : L’ENTREPRISE EST
ÉTENDUE, GÉRER L’HÉBERGEMENT
Pour l’universitaire et Risk Manager, il est
nécessaire d’organiser une coproduction de
continuité d’activité entre les acteurs privés
et les acteurs étatiques car ce sont les pou-
voirs publics qui piloteront in fi ne cette criseé
? l??chelle de l??le-de-France. Ainsi, en amont
de la survenue de la crue de Seine, l?ensembleé
des protagonistes doivent synchroniser lesé
actions ? mettre en place aux diff?rentes
échelles (locales, communales, zonales) afi n
d??viter que des actions de plans de continui-
t? d?activit? du secteur priv? ne s?opposenté
frontalement ? des actions de plan de gestion
de crise ?tatique.é
? QUAND UN RISK MANAGEMENTé
D'?TAT ?
A contrarifi, l?entreprise doit int?grer dans
ses dispositifs les contraintes des plans deé
protection civile telles qu?une r?quisition deé
l’infrastructure routière par exemple. Le défi
n?est donc pas d?ordre m?thodologique maisé
d?ordre politique. Face ? cette menace identi-
fi ée, la « cité » (public et privé) doit préparer
une r?ponse collective et synchronis?e au tra-
vers d'une gouvernance du management de
ce risque.
En compl?ment, ce ne sont pas seulement
les salari?s qui sont impact?s par la crue, ceé
sont avant tout les citoyens. ? Il y a certaine-
ment un travail ? fournir sur l?h?bergement ?,é
?nonce de son c?t? Sidonie Thomas, ?étant du
c?t? des entreprises que de l??tat et des collec-
tivit?s publiques. L??tat ne peut garantir le bon
fonctionnement de l?ensemble des param?tres
des entreprises. La population reste notre prio-
rit?. Mais nous sommes ? leur ?coute quant ?é
leurs besoins pour un retour ? la normale. ?
JUIN : SATISFACTIONS ET MARGESé
D?AM?LIORATION
Pour Christophe Delcamp, Directeur adjointé
des Assurances de Biens et de Responsabilit?é
de la FFA, les enseignements seraient presque
sans surprise. ?éLes professionnels de l?assu-
rance sont organis?s et pr?ts, m?me si leursé
propres ?quipes sont impact?es. Les grandes
entreprises et leurs Risk Managers r?dent leurs
sc?narios et font ?voluer leurs pratiques. ?
Les marges importantes de progression ené
termes de sensibilisation et de pr?vention sont
? trouver chez les particuliers - notamment ceuxé
propri?taires de leur logement - et les chefs
d?entreprise de PME/TPE. ?éLe grand public en-
tend parler d?arr?t? ?Catastrophes Naturelles? quié
?largit les indemnisations, mais il est tr?s loin deé
savoir ce qui est indemnisable de ce qui ne l?est
pa2 ?. Et de citer en exemple devant la commis-
sion Dommage de l?AMRAE, ce qui est exclu des
indemnisations : frais de d?placement et de
RISQUE DE CRUE : LE PROCHAIN RENDEZ-VOUS DE LA COMMISSION DOMMAGES AUX BIENS
Le risque naturel a un caract?re in?luctable. En revanche, les ?v?nements de type hydro-
météorologique s’annoncent et font l’objet de prévisions de plus en plus fi ables.
Exploit?es dans le cadre d?un sch?ma d?alerte robuste, ces pr?visions peuvent donner ? un
site industriel les quelques jours ou quelques heures n?cessaires ? la mise en s?curit? des
personnels, des ?quipements et de la production.
La prochaine commission Dommages traitera de la question le 13 octobre 2016 en pr?sen-
tant les travaux et solutions de Predict Services.
Predict Services est sp?cialis?e dans la gestion des crises hydrom?t?orologiques. Bas?e ?
Montpellier et fi liale de Météo France et Airbus, elle a développé depuis plusieurs années
son expertise aupr?s des collectivit?s locales fran?aises et des assureurs. Elle a particip?é
? l?exercice Sequana.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 37
MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D'EXPÉRIENCE
AU SEC À PARIS, INONDÉ À ORLÉANS
« À Paris, nous étions supposés avoir les
pieds dans l’eau et bien plus, à Orléans, nous
les avions », résume Nadine Delouche, Risk
Manager du GIE Informatique de la retraite
complémentaire (GIRC) Agirc-Arrco. Son siège
social est situé Quai de la Rapée, en bord de
Seine face à la gare d’Austerlitz dans un IGH
également occupé par Setec, une société d’in-
génierie spécialisée dans les questions envi-
ronnementales. Dans les niveaux souterrains
de l’immeuble, les véhicules particuliers des
collaborateurs, une des arrivées des réseaux
IT et leur infrastructure se trouvaient du 0 au
-5. « Setec nous a dit qu’au-delà d’un certain
seuil, nous devrions évacuer, que l’on ait de
l’eau ou pas. Pour nous, le seuil de sécurité se-
rait une hauteur de 5,5 m de la sonde d’Auster-
litz. Évacuation obligatoire à 6,4 mètres. » La
Protection Civile déclenchait son plan de crise
pour une hauteur d’eau de 6,4 mètres.
FACE À DES INFORMATIONS EXTERNES
PEU FIABLES, DÉCIDER SOI-MÊME
« En pré-alerte depuis le jeudi 2 juin, nous prenons
des mesures concernant les collaborateurs tou-
chés à titre personnel par les inondations. Dans le
même intervalle, le RER C annonçait sa fermeture.
Nous autorisions nos collaborateurs à partir plus
tôt et prenions la décision de tester nos procé-
dures : mise en sécurité des biens, évacuation du
site, travail partiel à distance. Nous constatons de
visu le 3 à midi une hauteur de 6 m quand Vigicrue
annonçait 5 m 62 depuis le matin.
A la défaillance annoncée des mesures de débit,
s’ajoute celle de la sonde de niveau. Les prévi-
sions – manifestement pessimistes – qui nous ar-
rivaient n’étaient pas fiables sur la hauteur et les
débits. De quoi aussi douter sur l’heure annon-
cée du passage de l’onde de crue du Loing, pour
nous capitale, car nous estimions à 3 heures la
durée de la mise en sécurité du matériel.
LE RETOUR D’EXPERIENCE
DU GIRC AGIRC-ARRCO
Nadine Delouche,
Risk Manager du GIE Informatique de la retraite complémentaire (GIRC) Agirc-Arrco
relogement, pertes d’usage, pertes de loyers,
autres pertes indirectes, comme les pertes d’ex-
ploitation chez les particuliers.
En Seine-et-Marne, comme dans le Var éga-
lement, certains artisans, commerçants et
ou TPE industrielles, déjà fragiles, ont été
emportés par ces intempéries. « Quand il
s’agit de mobiliser des entrepreneurs avant
une crue, les professionnels du courtage et de
l’assurance sont difficilement audibles », dé-
plore Christophe Delcamp. « Depuis juin, ils
ne le sont plus. On peut leur réexpliquer l’in-
térêt des couvertures de pertes d’exploitation,
puisqu’elles ne sont pas automatiquement
couvertes par les garanties Cat’Nat. Il faut avoir
souscrit la garantie perte d’exploitation pour
qu’en cas de Cat’Nat, elle puisse également
agir. Rappelons que la moitié des entreprises
françaises (toutes tailles confondues) n’a pas
souscrit ce type de garantie. Nous avons ef-
fectué un formidable effort de pédagogie avec
guides et fiches pratiques, en ligne sur le site
de la FFA. Il faut que notre communauté du
risque, dont l’AMRAE dans son action vers les
PME, et les organisations professionnelles s’en
emparent. » DES YEUX DESSILLÉS,
UNE AUDIBILITÉ NOUVELLE
« L’intérêt des inondations de juin, si l’on peut
parler d’intérêt, est d’avoir sensibilisé les chefs
d’entreprise et leurs syndicats professionnels »,
souligne l’assureur. « Les Risk Managers ne sont
plus regardés comme des Cassandre par leurs di-
rigeants au vu du réel à leur porte. L’ensemble
des décideurs est un peu plus ouvert à la prépa-
ration de nouveaux événements climatiques. »
« C’est quasi comme une courbe de deuil »,
indique pour sa part Benoît Vraie. « Les diri-
geants n’y croient pas, vont chercher de leur cô-
té des informations, puis se rapprochent de leur
Risk Manager ou faisant office de Risk Manager
en manifestant leur inquiétude. Vient ensuite
la période de stabilisation qui permet alors de
travailler. Finalement, très peu d’entreprises
ont déclenché leur PCA, mais elles ont eu peur. »
CHANGER DE MODÈLE
Au-delà de leur propre vulnérabilité, les entre-
prises doivent se préoccuper de la capacité de
leurs partenaires ou de leurs prestataires cri-
tiques à répondre à leurs obligations de service
en cas de sinistre majeur. La défaillance de l’un
d’entre eux affecte de fait le fonctionnement
de l’entreprise. Nombre d’entreprises pos-
sèdent des plateaux de collaborateurs à l’ouest
et au sud de la capitale et des data centers à
[¬TbcTcPd]^aSSTAPaXb 5P]bRTRPbSToVdaT…
l’immeuble de bureau et le data center sont
reliés par un réseau informatique (qui peut
transporter des data et/ou de la « voix »). Or,
]^dbbPe^]b`dTRTbRQ[TbTcoQaTb R^daT]c
dans les tunnels de la RATP/SNCF et les égouts
de Paris. Dans le premier cas, la SNCF a prévenu
qu’elle ennoierait volontairement aux premiers
jours de la crise certains de ces tunnels pour
éviter que la pression de l’eau n’endommage
les infrastructures. Dans le second cas, l’en-
semble des égouts de Paris sera complétement
inondé. Même si les câbles sont étanches, il est
fort prévisible que certaines parties desdits
dispositifs de communication présenteront des
vulnérabilités (épissures, répéteurs…) sources
de dysfonctionnements plus ou moins im-
portants. Même si l’immeuble de bureau et le
data center sont hors de la zone d’inondation
géographique de la Seine, il est possible que
l’entreprise s’en trouve fortement affectée.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201638
MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D'EXPÉRIENCE
Nous avons posté nous-mêmes un « guetteur d’eau » au pied de nos bu-
reaux et avons pris la décision d’anticiper la remontée des matériels dans les
étages pour ces raisons. Ces matériels mouillés, il nous aurait fallu six à huit
semaines pour les remplacer (Switch Blackbones par exemple).
Le vendredi 3 juin, nous pouvions à moindre gêne envisager de travailler
en mode dégradé à partir de 15h. »
PRÉVOIR LES RESSOURCES POUR LE TÉLÉTRAVAIL
« Le RER C toujours fermé à Paris lundi 6 juin, certains collaborateurs ont
opté pour le télétravail. Une partie d’entre eux se sont connectés avec leur
matériel personnel via l’attribution d’accès VPN temporaire, solution mise
en œuvre quelques jours plus tôt, lors des inondations à Orléans. Nous
avons alors cumulé une demande d’accès distants sur Orléans et une sur
Paris du fait des grèves dans les transports. Résultat ? Des besoins cumulés
supérieurs à la capacité du dispositif. Nous avons dû trouver des solutions
de contournement temporaire et prioriser les connexions des collabora-
teurs indispensables. »
C’EST QUAND LES CRISES « VOLENT EN ESCADRILLE »
QUE L’ON APPRÉHENDE LA ROBUSTESSE DES PROCESSUS
« Mes homologues le savent bien » sourit aujourd’hui Nadine Delouche,
« la loi des séries fait partie intégrante de notre métier. »
✔ Orl?ans : Inaccessibilit? de nos locaux le 31 mai en raison des inonda-
tions. Une partie du personnel bloqu? sur site, l?autre dans l?impossi-
bilit? de s?y rendre. Les ?coles ont ?t? ferm?es pendant quatre jours,
les voies de circulation routi?res coup?es, une partie du personnel en
mode shadok (ils pompaient) ? domicile. Premier test ? en r?el ? de la
cellule de crise en mode multi-sites Paris ? Orl?ans - Domiciles.
✔ Paris : crue de Seine le 1
er
juin, retour ? la normale le 5 juin.
✔ Aix en Provence : Incendie sur 16 hectares ? proximit? de notre site,
le 14 juin. Evacuation du personnel dans l?apr?s-midi par pr?caution.
✔ Paris : Manifestation anti-Loi Travail ? autour du bassin ?, le si?ge des
f?d?rations Agirc et Arrco se trouve dans le p?rim?tre de bouclage, fer-
meture du Centre de formation et autorisation de d?part anticip? pour
le personnel.
✔ Orl?ans : Coupure r?seau et t?l?com Orange + Free les 16 et 17 ao?t
sur la zone Nord. Lors du remplacement d?une canalisation d??vacua-
tion d?eau, une pelleteuse arrache trois faisceaux contenant au total
210 fi bres, coupant entre autres 81 entreprises.
Les cons?quences et le retour d?exp?rience
En six semaines, la Risk Manager a pu ?valuer et analyser la quasi-to-
talit? des processus de gestion de crise et ?prouver en r?el le dispositifé
d?am?lioration continue qu?elle livre ici ? Atout Risk Manager.
Syst?mes d?informationé
L’impact client a été nul et la restauration du front offi ce s’est effectuée
en priorité. La restauration du back-offi ce a pris plus de temps, sans
causer de retards graves. Les proc?dures d?acc?s ? distance (VPN) et de
s?curit? pour se connecter sur d?autres mat?riels que ceux du GIE ont ?t?
revues avec un accroissement de licences pour travailler ? distance. Lesé
proc?dures pour d?monter et remonter les mat?riels ont ?t? actualis?es.
Information
Dans un sens comme dans l?autre, recouper les informations entrantesé
avec un contr?le visuel et se caler sur la communication des autorit?sé
publiques pour ne pas ?tre en contradiction avec elle. Il faut une infor-
mation fi able pour que le Comex décide.
Communication interne
En p?riode de crise, la communication s?lective sur des personnels choi-
sis (cadres, experts, personnes cl?s) s?est av?r?e contre-productive.
Dans des zones anxiog?nes, tout circule. En cas de crise, il faut savoir se
faire ob?ir, mais certaines populations n?acceptent de se conformer ? une
instruction sans discuter que lorsqu?elles la comprennent. ?éLe d?but aé
?t? compliqu?. Gr?ce ? une organisation auto-apprenante, tout s?est flui-
difi?. Il faut avoir quelques capteurs ou relais manag?riaux et proc?der ?é
des retours d?exp?rience rapides sur les dysfonctionnements comme sur les
pratiques qui ont fonctionn?. ?
La cellule de crise
? La tr?s bonne d?cision prise fut d?utiliser l?incertitude sur l?alerte pour
tester, ? Paris, les proc?dures de crise. Tout y a ?t? g?r?, dont Orl?ans,é
avec efficacit?. Mais il est indispensable de travailler avec un correspon-
dant physiquement pr?sent sur le lieu de la crise. Il n?y a pas eu de d?bat
sur nos d?cisions, obtenues rapidement, parfois distinctes des entre-
prises voisines. Il ne faut ?galement pas d?passer quinze personnes dansé
une cellule de crise. ?é
? En p?riode de crise, la communication
s?lective sur des personnels choisisé
(cadres, experts, personnes cl?s) s?est
av?r?e contre-productive. ?
? En p?riode de crise, la communication ? En p?riode de crise, la communication
s?lective sur des personnels choisisé
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 39
MÉTIER RISK MANAGER
RETOUR D'EXPÉRIENCE
DANNY LIN, VP ADJOINT RM DU GROUPE TAÏWANAIS QISDA
LA TRANSFORMATION
RÉUSSIE DU RISK MANAGER
EN ACTEUR STRATÉGIQUE
Dans un groupe mondial particulièrement complexe, Danny Lin et son équipe ont créé et déployé
un système global de management des risques. Doté d’outils sophistiqués et d’instances
spécifi ques, il est devenu un instrument de pilotage stratégique en connexion constante avec
le Conseil d’administration.
Par Gilmar Sequeira Martins
LES QUATRE SPÉCIFICITÉS ENTRE LE RÉFÉRENTIEL AMRAE ET L’ERM DE QISDA
« Notre ERM supervise les mêmes domaines et suit les mêmes standards – COSO, ANZ4360
Tc:D@tr{{{•`dT[TC U aT]cXT[ST[¬2>C26\PXbX[hP`dPcaTb_ RXoRXc b =P_aT\X!aT
est que nous n’avons aucune captive. Bien que ce soit un bon outil pour gérer le risque
et réduire les coûts, nous avons décidé de nous focaliser sur notre cœur de métier.
La seconde est que nous avons un Risk Management Information System
(RMIS) pour gérer les réclamations, les actions du RMC et les plans de
continuité d’activité. Nous avons étendu ses capacités avec une application (« Safety MINI ») qui
permet de superviser, inspecter, notifi er et informer nos sites. La troisième est la répartition des
rôles entre le Risk Management et l’audit interne. Le Risk Manager doit s’assurer que chaque
département gère correctement ses risques et que tous les risques sont contenus dans les limites
de tolérance fi xées. L’audit interne a pour mission de vérifi er que l’ERM en tant que dispositif
fonctionne correctement. La quatrième différence tient à ce que nous avons une GRM (Group
Risk Management) et une Joint Defense Team constitué d’équipes issues de différentes
sociétés du Groupe qui a pour but de partager les expériences, effectuer des audits croisés
et répondre aux urgences en cas de crise. »
Danny Lin,
Vice-président adjoint
Risk Management,
groupe Qisda
R
egroupant 20 sociétés indépendantes, dont 8 cotées au Taïwan
Stock Exchange, le groupe Qisda a une capitalisation boursière
qui dépasse les 25 milliards de dollars. Avec 60 sites de produc-
tion répartis dans plus de 30 pays, ses effectifs se montent à plus
de 100 000 employés. Il a une position de premier plan dans des
marchés tels que les écrans TFT-LCD, l'énergie verte, la chimie fi ne, les ma-
tériaux avancés, l'éclairage, la conception de circuits intégrés et de com-
posants de précision, l'intégration de systèmes et les services hospitaliers.
Après dix ans dans le secteur de l'assurance puis la high-tech, Danny Lin a in-
tégré le Groupe Qisda en 2005. Dès son arrivée, il a créé un Risk Committee
Management (RCM), dont le périmètre a été étendu à l'ensemble du Groupe
en 2010. Depuis 2015, ont aussi été mis en place des indicateurs de risque
clés (Key Risk Indicators - KRI). Danny Lin est également
Administrateur de PARIMA et Responsable de PARIMA Taiwan. RÉDUIRE L’EXPOSITION AU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Impact des inondations survenues en Thaïlande sur la chaîne
d'approvisionnement, crise fi nancière de 2008, litiges antitrust,
entrée sur le marché de la santé... Au cours de la décennie écou-
lée, Qisda a dû relever de nombreux défi s. Autant d’expériences
qui ont enrichi le savoir-faire de l’équipe Risk Management et l’ont
aidée à mettre en place un système de gestion des risques robuste.
« Après le crash de 2008, il est devenu très difficile d'emprunter de
l'argent », se souvient Danny Lin. Qisda a alors décidé de réduire
ses cash conversion cycles afi n d'accroître ses fl ux de trésorerie. Il
a également décidé d'adopter des accords FOB (Free On Board).
« Cette décision a également contribué à réduire la pression sur
notre trésorerie », précise Danny Lin.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201640
MÉTIER RISK MANAGERMÉTIER RISK MANAGERMÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONN ELS DU R
Autre risque majeur, l'écart entre les volumes
de stocks et l'évolution de la demande. Pour
le réduire, Qisda a mobilisé ses équipes de
R&D en leur demandant de concevoir des pro-
duits avec un nombre réduit de pièces, avec
comme effet induit une rationalisation accrue
de la production.
Le Groupe a aussi mis au point un programme
global de couverture des risques qui sont pris
en charge par des assureurs internationaux
(ACE, AIG, Zurich ou Coface) ou Fubon, Cathay
et d’autres acteurs locaux. Des courtiers (trois
internationaux et un local) sont aussi mobi-
lisés, explique Danny Lin : « ils jouent un rôle
important de coordination ». Qisda a ainsi créé
un système de Risk Management dédié à la lo-
gistique avec Aon, CV Starr et TUV ainsi qu’une
application « Safety MINI » en collaboration
avec l’éditeur de logiciels Marsh.
5 MAJEURES
L’équipe Risk Management de Qisda travaille
avec un réseau de 200 correspondants ré-
partis dans les ving sociétés du Groupe. Elle
comprend cinq personnes dont un expert de
l'audit des risques, un spécialiste de l'assu-
rance et une autre de la gestion des sinistres.
L’équipe accueille également une personne
responsable de la coordination du programme
au niveau des vingt sociétés du Groupe ainsi
qu’une spécialiste de la communication as-
sumant deux rôles clés : piloter les échanges
avec le Conseil d'administration, les PDG des
sociétés du Groupe et le marché de l'assurance
mais aussi organiser des visites d’usines trois
à quatre fois par an. Un rôle très important,
souligne Danny Lin : « elle est en charge de
montrer la façon dont nous gérons nos risques
afin que les assureurs soient confiants sur notre
niveau de risque d'exposition ». Chacun de ces
Risk Managers compte un minimum de 10 ans
d’ancienneté dans le Groupe.
Le Risk Management Committee (RMC) rap-
porte directement au comité d’audit et compte
13 membres, dont chacun est propriétaire de
3 risques principaux et responsable des pro-
grammes d’amélioration qui leur sont associés.
ARTICULER LE RISK MANAGEMENT
À LA STRATÉGIE
En 2015, la création de Key Risk Indicators
(KRI), directement connectés aux Key
Performance Indicators (KPI) de l’entreprise
ont complété le dispositif. « Désormais, le
Risk Management s’articule logiquement à la
stratégie de l’entreprise et notre ERM rapporte
directement au Conseil d'administration »,
explique Danny Lin.
Avec son équipe, il a également contribué à
P\ [X^aTa[PS cTRcX^]STbaXb`dTbo]P]RXTab
liés aux fournisseurs. Généralement, l’ana-
[hbT STb S^]] Tb o]P]RX!aTb SXb_^]XQ[Tb
sont inopérantes, remarque Danny Lin : « il
est assez difficile de détecter un fournisseur
défaillant via l'examen de ses états financiers.
J’ai donc conçu un système d'alerte pour sur-
veiller dynamiquement la situation des four-
nisseurs afin d’émettre des avertissements
en cas de difficulté financière potentielle. »
Le système a déjà fonctionné à plusieurs re-
prises, permettant de déclencher les plans
de continuité des activités (PCA) qui ont sé-
curisé la production.
A^da\XTdgXST]cXoTaTcP]P[hbTa[TbaXb`dTb…
Danny Lin et son équipe ont croisé les deux
approches top down et bottom up. « Car n’en
utiliser qu’une aboutit inévitablement à une
vision partielle », explique-t-il.
« Nous envisageons
la gestion des risques
comme une philosophie
et une discipline
d'affaires. »
« Nous envisageons « Nous envisageons
la gestion des risques
PLAN
Board of Director
DO
ACTION
CHECK
Risk Monitoring
Drill / Exercice
Self Assessment
Risk Auditing
Internal Audit
Policy Structure & Process
Communication & Consultation; Training & Awareness
Reporting / Audit
Risk Type
RM Process
RM Dep. job
Strategy
Operation
Finance
Hazard
ENTERPRISE RISK MANAGEMENT STRUCTURE
Risk Control Risk Financing
Self-funding
Insurance
Borrowing
Improvement plan
Risk Assessment / Response
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 41
MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
« Si vous confiez toute l'analyse et le contrôle
des risques portés par la chaîne d'approvision-
nement aux personnes qui y travaillent, elles
auront une vue partielle. Or dans une grande
entreprise, il y a de nombreux départements qui
doivent travailler ensemble et bien collaborer.
Compléter l’approche bottom up par celle dite
top down permet d'identifier les difficultés dans
la gestion des interfaces. »
LE DIABLE SE NICHE DANS
LES DÉTAILS : INTÉGRER LE RM
DANS LE QUOTIDIEN, ÊTRE AU FAIT
DE LA GESTION DU CHANGEMENT
Une démarche d’autant plus utile que ce type de
aXb`dT]¬Tbc_PbbXaPaT F]T\^SXoRPcX^]STa^d”
tine dans un programme de comptabilité a ainsi
eu des impacts sur des systèmes opérant dans
d’autres pays, amenant l’édition de documents
non-conformes à la réglementation. Qisda a
corrigé ce dysfonctionnement et mis en place de
nouveaux dispositifs de contrôle.
Ce type de risque ne peut que devenir une pré-
occupation croissante, avertit Danny Lin : « les
réglementations dans les pays où nous travaillons
sont toutes différentes et elles changent de plus
en plus rapidement. La seule façon de maîtriser
ce risque est de mettre en œuvre un contrôle strict
de la gestion du changement. »
QUAND SÉMINAIRE RISK
MANAGEMENT RIME AVEC Hi Po
Clé de voûte fondamentale du dispositif, la
formation au Risk Management doit devenir
une dimension quotidienne du travail de tous
les employés. Dans ce but, Danny Lin a mis en
_[PRTd]b \X]PXaTb_ RXo`dT`dPcaT]XeTPdg
destiné aux membres du RMC, aux nouveaux
managers, aux futurs CEO et aux CEO.
« Avec ce dispositif, le concept et le fonctionne-
ment de notre ERM sont enracinés dans tous les
niveaux de l'organisation. Par ailleurs, comme
seuls les gestionnaires qualifiés et les cadres à
haut potentiel sont invités au niveau supérieur
des séminaires Risk Managers, la discipline est
devenue un must have connoté positivement. »
UNE CONVENTION DES RISQUES
DÉCISIVE
En 2015, s’est tenue une première conférence
de Risk Management pour les cadres supérieurs
du Groupe. Elle a réuni 180 participants parmi
lesquels des présidents du Conseil d’adminis-
caPcX^]… STb 46@… STb SXaTRcTdab o]P]RXTab Tc
des gestionnaires de sites.
Les formations incluaient une session sur la RSE,
pilotée par un ancien ministre des Transports,
BENQ GROUP : ELECTRONIC & MEDICAL
20+ companies
100 000 employees
25+ billions USD revenues
mais aussi des ateliers sur la maîtrise du stress
et le leadership durant la gestion de crise.
Une nouvelle étape a été franchie, estime
Danny Lin : « cela a permis d'accroître chez les
participants la prise de conscience des risques
et aussi la capacité de gestion de crise. »
LA NÉCESSAIRE ÉVOLUTION
DU MARCHÉ DE L'ASSURANCE
Ý bTb hTdg… [ TUoRPRXc Sd CXbZ >P]PVTa
exige une grande maîtrise de l’information
et de la communication. « Il faut se projeter
au niveau du Conseil d'administration, afin
de connaître les préoccupations des admi-
nistrateurs et de communiquer avec eux,
mais aussi travailler avec les équipes opé-
rationnelles pour améliorer la qualité des
risques ». En parallèle, il appelle le mar-
ché de l’assurance à évoluer : « les risques
émergents liés aux cyber-attaques ou à la
gestion de la chaîne d'approvisionnement
sont élevés mais le marché de l'assurance
n’est pas encore en mesure de les prendre en
charge. Cela se traduit par un taux de cou-
verture et un niveau de prix inadéquats. En
termes de services, les assureurs et les cour-
tiers doivent offrir plus. Ils doivent analyser
les situations comme le feraient les équipes
de leur siège et non pas comme celles de bu-
reaux locaux. »
TRUST US
TO GO
FURTHER
Le client, grand groupe industriel énergétique, s’est
développé en Amérique Latine principalement par
acquisition. Il reste parfois difficile pour une
multinationale de convaincre les sociétés rachetées
d’investir dans la sécurité et la prévention des risques.
Démontrer la rentabilité d’un tel investissement,
au regard des sinistres prévenus, est essentiel.
MAPFRE GLOBAL RISKS a développé un outil de
gestion et d’évaluation des risques spécifiquement
pour le secteur énergétique qui permet de mener une
analyse comparative interne des sites. Cette approche
a permis, pour ce client, d’optimiser la politique
d’investissement et sa gestion des programmes de
maintenance dans cette région du monde.
La confiance est au cœur de notre action
Sans titre-1 1 11/07/2016 11:05:26
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201642
MÉTIER RISK MANAGER
RISK MANAGER À L’INTERNATIONAL
Le cLl cl
Lilnil
t eL,ge
Le client, grand groupe industriel énergétique, s’est
développé en Amérique Latine principalement par
acquisition. Il reste parfois difficile pour une
multinationale de convaincre les sociétés rachetées
d’investir dans la sécurité et la prévention des risques.
Démontrer la rentabilité d’un tel investissement,
au regard des sinistres prévenus, est essentiel.
MAPFRE GLOBAL RISKS a développé un outil de
gestion et d’évaluation des risques spécifiquement
pour le secteur énergétique qui permet de mener une
analyse comparative interne des sites. Cette approche
a permis, pour ce client, d’optimiser la politique
d’investissement et sa gestion des programmes de
maintenance dans cette région du monde.
Le clinteic, ,gr ea cdao u, ilro, ecrtli
Sans titre-1 1 11/07/2016 11:05:26
L
a déprime post-2008 semble oubliée, mais
[PRaXbTQP]RPXaTTco]P]RX!aTPP__^ac b^]
lot de leçons à retenir quant à la gestion des
aXb`dTbo]P]RXTab DdaRTb`dTbcX^]bWPdcT”
ment stratégiques pour l’entreprise, les Risk
Managers sont encore largement exclus du processus
décisionnel. La création d’un ERM (Enterprise Risk
Management) pertinent leur permet parfois d’avoir
une place dans les comités stratégiques, mais cette
exclusion tient aussi à la méconnaissance qu’ils ont des
aXb`dTbo]P]RXTab
C’est à partir de ce constat qu’Audencia Business
DRW^^[S RXSTT]s{rtSTa d]XabTbo[X!aTb 7dbX^]b”
acquisitions », « Finance de marché », et « Risques »,
pour créer le Mastère Spécialisé Finance, Risque et
Contrôle (MS FRC), sous l’impulsion de leur directeur
Frédéric Alexis.
PAS DE FINANCE SANS RISQUE ;
PAS DE RISQUE SANS FINANCE
« Le MS propose un panorama à 360° de la finance. Or, il
n’existe pas de finance sans risque, et il n’existe pas de
risque sans finance », avance l’actuaire de formation,
qui est à la tête du MS FRC. « Bâle III pour les banques,
Solvabilité II pour les assureurs : la règlementation
bancaire et professionnelle montre, par exemple, que
le risque opérationnel a une incidence sur le besoin de
fonds propres », poursuit le Directeur.
Le MS FRC vise donc à assurer un haut niveau d’exper-
cXbTT]bcaPc VXTo]P]RX!aTTcVTbcX^]STbaXb`dTb…c^dc
en formant les étudiants à des méthodes de gestion
innovantes et alternatives.
=P\P&caXbTST[Po]P]RTST\PaRW TcSTbTbaXb`dTbTbcd]
atout majeur pour les entreprises.
À Nantes, Audencia Business School l’a bien compris :
l’école propose, depuis 2013, un Mastère Spécialisé au
cours duquel les étudiants se forment à la fois aux tech-
]X`dTbST[Po]P]RTST\PaRW …STUdbX^]b”PR`dXbXcX^]b
et de la gestion des risques inhérente.
Frédéric Alexis,
Directeur du Mastère
Spécialisé
LE CURSUS DU MS FRC
1 - CORPORATE FINANCE
Mesurer, analyser et améliorer
[P_TaU^a\P]RTo]P]RX!aT
❱ :]V ]XTaXT o ]P]RX!aT
❱ Évaluations d'entreprise
❱ Normes comptables IFRS/US GAAP
❱ 2]P[hbT o ]P]RX!aT Tg_Tac
❱ 2b_TRcb o bRPdg STb UdbX^]b PR`dXbXcX^]b
❱ Fusion acquisition et création de valeur
❱ Aspects juridiques des fusions acquisitions
2 - FINANCE DE MARCHÉ
[PQ^aTaSTbbcaPc VXTbo]P]RX!aTbb^_WXbcX`d Tb et adaptées aux besoins du secteur
❱ Gestion de portefeuilles
❱ Stratégies de couverture et de trading
❱ Valorisation et utilisation des produits dérivés
❱ Statistiques et programmation appliquées
3 - GESTION DES RISQUES
Comprendre le fonctionnement des marchés, analyser les risques et maîtriser les enjeux
❱ 2RcdPaXPc o ]P]RXTa
❱ Gestion ALM banque et assurance
❱ >^S [XbPcX^] STb aXb`dTb o ]P]RXTab
❱ Règlementations bancaires
AUDENCIA BUSINESS SCHOOL
MASTÈRE SPECIALISÉ « FINANCE,
RISQUE ET CONTRÔLE »
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201644
MÉTIER RISK MANAGER
FORMATION À LA LOUPE
En tout, 475 heures de cours sont dispensées de septembre à avril, et
le programme est réparti en trois grands modules : Corporate fi nance
(45 % de l’apprentissage), Finance de marché (35 %), et Gestion des
risques (20 %). Originalité et lien entre ces modules, la modélisation y
est conçue ici comme « un outil indispensable pour entrevoir le futur et
les aléas, quel que soit le domaine », détaille Frédéric Alexis.
Les cours de mathématiques des risques et de statistique trouvent
donc naturellement leur place dans le cursus. « Dès qu’on projette
quelque chose, on intègre des aléas via une modélisation du risque.
On connaît alors notre niveau d’incertitude, que l’on gère avec les tech-
niques de réduction des risques », explique le Directeur, qui résume ce
concept en une formule bien sentie : « sachant qu’on ne sait pas, on sait
quoi faire ! »
IMMERSION INTENSIVE DANS LA RÉALITÉ
DES ENTREPRISES
Le cursus « universitaire » stricto sensu du MS FRC ne constitue qu’un
des aspects de cette formation, qui vise à immerger le mieux et le plus
rapidement possible les étudiants dans l’entreprise.
Durant 6 mois (de mai à décembre), les étudiants suivent un stage en
entreprise. Loin d’être théorique, il est pour eux l’occasion d’apporter
« des solutions à des problèmes repérés en amont via des contacts avec
les opérationnels de l’entreprise », décrit le Directeur.
La prise de contacts est facilitée par la nature des intervenants
externes du MS (des professionnels expérimentés en poste) et par des
modes d’apprentissage enrichissants. Chaque année, le MS FRC mène
une grande étude de terrain lors de laquelle les étudiants planchent
sur des solutions immédiatement opérationnelles pour les partenaires
du programme.
En 2015-2016, ils se sont penchés (en dehors des cours) sur le thème
« Intégration des impacts financiers de la RSE pour calculer les ROI
associés » aux côtés de la Fédération Bancaire Française, du Centre
des Jeunes Dirigeants, des Dirigeants Responsables de l’Ouest, de la
Banque de France et de l’Ordre des experts-comptables. Tout en opti-
misant leur employabilité, cela permet de « former un état d’esprit et
des méthodes, plutôt que faire du par cœur et apprendre des formules »,
insiste Frédéric Alexis.
Les étudiants, en nombre croissant chaque année, profi tent aussi du
Forum des entreprises organisé chaque année par l’école, du parte-
nariat exclusif avec la Banque de France, de cours dispensés à 50 %
en anglais (toujours pour une meilleure insertion professionnelle),
et d’une préparation adaptée aux épreuves de certifi cations interna-
tionales les plus reconnues (Chartered Financial Analyst, Financial
Risk Management). Le clou : le MS FRC dispose de sa propre Salle des
marchés Bloomberg, avec neuf postes permanents connectés aux fl ux
boursiers du monde entier, pour se familiariser avec les opérations
boursières.
En novembre, la thèse valide l’acquisition du diplôme. Les lauréats
sont à même de rejoindre une entreprise, porteurs de solides connais-
sances théoriques et pratiques en fi nance corporate et de marché, et
en gestion des risques. Ces « apporteurs de solutions et créateurs de
modèles », selon le Directeur, seront sans doute d’importants vecteurs
de la reconnaissance de l’apport stratégique des Risk Managers.
TYPOLOGIE DES ÉTUDIANTS
Les diplômés du MS FRC ont un niveau Bac + 6. À l’entrée du Mastère
Spécialisé, ils ont soit un niveau Master 2, soit un niveau Master 1 et 3
ans d’ancienneté professionnelle. Leur cursus original est réparti en
trois catégories majeures :
❱ Ing?nieurs : X[b ^]c d]T S^dQ[T R^\_ cT]RT ?X]V ]XTda aXb`dT?o ]P]RT??
Tc b^deT]c STb _a^o [b ST VTbcX^]]PXaTb ^d ST \^S [XbPcTdab ST aXb`dT ?
❱ Profi ls juridiques et comptables : en proportion similaire, ils
apportent une expertise « littéraire » au MS FRC, d’après Frédéric
Alexis. Ils ont déjà de solides connaissances règlementaires, juri-
SX`dTb…TcbPeT]c[XaTd]VaP]S[XeaT^dd]QX[P]†
❱ Financiers : cXcd[PXaTb S?d] >PbcTa s T] R^]^\XT Tc o ]P]RT? X[b b^]c
issus de l’université ou de grandes écoles.
=T>D7C4TbcS^]R^deTacPdg] ^_WhcTbST[Po]P]RT…`dXQ ] oRXT]c
d’une remise à niveau l’été précédant la rentrée, sous forme de cours
à suivre sur différents supports (livres, Powerpoint, matrices Excel,
tutoriels vidéo…).
AUDENCIA BUSINESS SCHOOL
MASTÈRE SPECIALISÉ « FINANCE,
RISQUE ET CONTRÔLE »
La salle des marchés du MS FRC
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
45
MÉTIER RISK MANAGER
FORMATION À LA LOUPE
P
armi de nombreux volets concernant l’éco-
]^\XT oVdaT]c S¬X\_^acP]cTb SXb_^bXcX^]b
sur la lutte contre la corruption, prévoyant
notamment un renforcement des obligations
en matière de vigilance contre la corruption
pour les entreprises et une aggravation des sanctions.
SUIVRE LES RECOMMANDATIONS
DE L’« AGENCE DE PRÉVENTION DE
LA CORRUPTION »
Le projet de loi prévoit la création d’une « Agence
de prévention de la corruption », sous tutelle des
Ministères de la Justice et de l’Économie, qui parti-
cipera à l’élaboration de la politique nationale an-
ti-corruption. Ces recommandations feront l’objet
S¬d] PeXb _dQ[X Pd ;^da]P[ ^UoRXT[ 6[[T _^bb STaP
également des pouvoirs d’enquête.
Les entreprises devront suivre ces recommandations
et prévenir les éventuelles enquêtes de l’Agence.
PROTÉGER LES LANCEURS D’ALERTE
=T _a^YTc ST [^X _a e^Xc S¬d]XoTa [P _a^cTRcX^] STb
lanceurs d’alerte, au sein d’entités publiques comme
privées.
L’alerte pourra emprunter successivement trois ca-
naux : en interne, auprès des autorités judiciaires,
PS\X]XbcaPcXeTb^d_a^UTbbX^]]T[[Tb…^dT]o]_PaSX”
vulgation publique. L’entreprise doit donc s’assurer
que le lanceur d’alerte peut prévenir son supérieur
hiérarchique ou un référent désigné au sein de l’en-
treprise. Le signalement ne pourra être rendu public
que face à l’inertie des deux précédents canaux,
et au bout de trois mois, en cas de danger grave et
imminent ou en présence d’un risque de dommages
irréversibles.
Seules sont protégées les informations couvertes
par le secret de la défense nationale, le secret mé-
dical ou le secret des relations entre un avocat et
son client.
Le texte prévoit également une protection du lan-
ceur d’alerte contre la discrimination au recru-
tement ou à l’avancement, la charge de la preuve
reposant sur l’employeur en cas de contentieux. Il
_a e^XcPdbbXd]T_^bbXQX[Xc STS S^\\PVT\T]co”
nancier du lanceur d’alerte de la part du Défenseur
des droits.
Les entreprises devront donc mettre en place des
canaux d’alerte et notamment des référents au sein
de l’entreprise, et veiller à respecter les nouveaux
droits des lanceurs d’alerte.
PRÉVENIR ET DÉTECTER LES FAITS DE
CORRUPTION OU DE TRAFIC D’INFLUENCE
EN FRANCE OU À L’ÉTRANGER
Les sociétés qui emploient au moins cinq cents
bP[PaX bT][TdabTX]TcSP]b[Tdabo[XP[Tb…S^]c[T
bX!VT b^RXP[ Tbc og bda [T cTaaXc^XaT UaP]qPXb Tc
l’étranger, qui réalisent un chiffre d’affaires net
d’au moins 100 millions d’euros, se voient imposer,
PX]bX`dT[Tdabo[XP[Tb…STb^Q[XVPcX^]bSTeXVX[P]RT
contre la corruption.
Le premier projet de loi prévoyait de mettre cette
obligation à la charge des présidents, directeurs gé-
néraux et gérants, mais le Sénat l’a fait peser exclu-
sivement sur les personnes morales.
LE PROJET DE LOI « SAPIN II »
UN ARSENAL ANTI-CORRUPTION À
RENFORCER POUR LES ENTREPRISES
Le Projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de
la vie économique a été voté par le Sénat le 8 juillet 2016. Le texte suit la procédure accélérée,
Tc STeaPXc S^]R "caT e^c PeP]c [P o] ST [¬P]] T EaP]bPRcX^] YdSXRXPXaT PeTR [Tb Pdc^aXc b…
augmentation de la portée internationale du droit répressif français, protection accrue des
lanceurs d’alerte : Alexandre Regniault et Marguerite de Causans, Avocats à la Cour chez Simmons
& Simmons LLP, font le point.
Alexandre Regniault et
Marguerite de Causans,
Avocats à la Cour chez
Simmons & Simmons LLP
Par Alexandre Regniault et Marguerite de Causans
L’alerte pourra emprunter successivement trois ca-
naux : en interne, auprès des autorités judiciaires,
PS\X]XbcaPcXeTb^d_a^UTbbX^]]T[[Tb…^dT]o]_PaSX”
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201646
VEILLE ET POSITION
Cette politique de prévention contre les risques de corruption passe
par la mise en place de diverses mesures :
❱ émettre un code de conduite à l’attention des salariés ;
❱ instaurer un dispositif d’alerte interne permettant le recueil de si-
gnalements émanant des salariés, des fi liales directes et indirectes et
des clients et fournisseurs ;
❱ réaliser une cartographie des risques par secteur d’activité et par
zone géographique, en fonction des principaux clients, fournisseurs
et intermédiaires ;
❱ mettre en place des procédures de contrôle comptable ;
❱ former les salariés les plus exposés aux risques ;
❱ contrôler et évaluer en interne les mesures mises en œuvre.
En outre, les entreprises reconnues coupables d’atteintes à la probité
pourront éventuellement être condamnées à l’obligation de vigilance
du nouvel article L. 23-11-2 du Code du commerce pour une durée de
cinq ans au plus, sous le contrôle de l’Agence.
La mise en place de ces mesures entraînera donc une augmentation
des coûts administratifs. En outre, le responsable conformité au sein
de l’entreprise devra veiller à la mise en œuvre de ces mesures, qui sera
précisée par décret en Conseil d’État.
Les entreprises devront donc veiller à coordonner les recommanda-
tions de l’Agence et les obligations de vigilance mises à leur charge par
les nouveaux articles L. 23-11-1 et s. du Code de commerce, en actuali-
sant dès que de besoin leur contenu et en impliquant tous les salariés.
PRÉVENIR LE RISQUE DE TRAFIC D’INFLUENCE D’AGENT
PUBLIC ÉTRANGER
Le projet de loi instaure un délit de trafi c d’infl uence d’agent public
étranger, afi n de sanctionner le fait pour une personne physique ou
morale de payer un agent public étranger afi n qu’il use de son infl uence
réelle ou supposée auprès d’une autre personne dans le but d’obtenir
des emplois, des marchés ou toute autre faveur.
L’entreprise devra donc réduire ce risque en proposant des formations
à ses dirigeants et commerciaux les plus à même de commettre ce genre
de délit, en fonction de la cartographie des risques.
UNE INNOVATION : PERMETTRE AUX PERSONNES
MORALES DE TRANSIGER AVEC LA JUSTICE
Le projet de loi propose une innovation anglo-saxonne : la transac-
tion judiciaire. Les entreprises à l’encontre desquelles une enquête
pour délit d’atteinte à la probité est ouverte pourront transiger avec le
Parquet afi n de ne pas être condamnées.
L’amende pénale pourra être prononcée dans la limite de 30 % du
chiffre d’affaires moyen annuel calculé sur les trois dernières années.
L’entreprise pourra être soumise, pour une durée maximale de 3 ans, à
un programme de mise en conformité.
La transaction sera validée par le juge au cours d’une audience pu-
blique, et publiée. Il est important de noter que les personnes morales
ne pourront pas être parties à la transaction, et pourront donc toujours
être poursuivies.
Les entreprises auront donc intérêt à évaluer l’opportunité d’une telle
transaction en termes fi nancier et de réputation.
DES RISQUES À ANTICIPER POUR L’ENTREPRISE
Ce texte crée de lourdes obligations en matière de vigilance dans la
lutte contre la corruption, afi n d’inciter les entreprises à devenir plus
transparentes pour encourir moins de risques de réputation.
Il convient donc de créer au sein de l’entreprise des postes spécifi ques
sur ces questions d’alerte et de vigilance. Seuls des outils élaborés avec
le management et les opérationnels, adaptés en fonction de l’évolution
des recommandations et des pratiques, se révéleront à terme effi caces.
Il sera opportun pour beaucoup d’entreprises de réexaminer leur couver-
ture assurantielle à l’aune de ce nouveau cadre légal « anti-corruption »,
sachant toutefois que le droit pénal n’autorise pas une personne physique
ou morale à se garantir contre ses propres infractions.
L’ANALYSE DE L’AMRAE
Les entreprises internationales ont déjà mis
en place des processus de prévention en la
matière car des législations anglo-saxonnes
(UK Bribery Act & FCPA pour les USA), avec une
dimension extraterritoriale, existent depuis
plusieurs mois sur ce thème.
C’est avec ces exemples « vécus » que l’on mesure l’effi cacité
d’une approche par les risques et donc l’apport méthodologique
et la place légitime du Risk Manager sur ces sujets. En effet, si
elles sont justifi ées (car on ne peut qu’approuver la lutte contre
la corruption), les obligations à la charge des entreprises sont de
plus en plus lourdes en la matière. De premières mesures « aisées »
peuvent être rapidement mises en place (code de conduite,
dispositif d’alerte…), mais un véritable programme est long (et
coûteux) à mettre en œuvre. Indépendamment des considérations
de ressources, il doit, pour être effi cace, être adapté, ajusté au
mieux au profi l de l’organisation. Il est donc essentiel de raisonner
par priorités, ce qui rend incontournable l’analyse de risques qui
seule permet des réponses proportionnées.
Rappelons que ce fut le thème de l’un des ateliers des Rencontres
2014 qui insistait sur la nécessité de rattacher ces dispositifs au
plus haut niveau du management.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 47
VEILLE ET POSITION
E
n 2015, le nombre de cyberattaques a augmenté de 51 % en
France
1
. Face à un impact parfois considérable sur la trésorerie,
la réputation, les actifs, ou l’activité même des entreprises, la
réponse doit être décidée aux niveaux stratégique et opéra-
tionnel. Elle implique une gestion du risque cyber à la fois rapide
et proactive. Les enjeux sont donc fondamentaux pour les Risk Managers.
C’est pourquoi l’Institut de Recherche Techno logique System X, consacré
[¬X]V ]XTaXTSTbhbc!\Tb…R^^aS^]]TT]_PacT]PaXPcPeTR[To]P]RTda
du projet, Airbus Group, et l’ANSSI (Agence Nationale de Sécurité des
Systèmes d’Information) le programme EIC, dont l’un des programmes
de recherche est consacré à « La maîtrise du risque cyber sur l’ensemble
de la chaîne de sa valeur et son transfert vers l’assurance ».
TOUTES LES PARTIES PRENANTES
DU RISQUE CYBER IMPLIQUÉES
En huit mois, « des professions qui d’habitude
ne se parlent pas ou peu ont pu échanger au-
tour d’une table et faire une grande avancée
en la matière », souligne Philippe Cotelle,
Risk Manager d’Airbus Defence and Space,
`dXPaPbbT\Q[ [Tb_PacXTb_aT]P]cTbTcS o”
ni les thèmes du programme. « Pour les parte-
naires publics, la force de ce groupe de travail
est d’avoir cassé les silos en créant un langage
commun », abonde Bénédicte Suzan, Project
manager d'Airbus Defence and Space.
3X[P]STRTbcaPePdgSTaTRWTaRWT‚[P_a^SdRcX^]S¬d][XeaTQ[P]RS¬XRXo]
2016, « un document opérationnel qui constituera une première mondiale,
puisqu’il s’agira de la seule démarche capable de quantifier financièrement
l’exposition au risque cyber d’une organisation, tout en fournissant une
photographie de la réponse du marché à ce risque », souligne l’experte.
L’AMRAE, via sa Commission Systèmes d’information présidée par François
Beaume, s’est investie dans ces travaux. Là résident l’originalité et l’inté-
rêt de la démarche : « l’analyse du risque cyber faite avec les Risk Managers,
premiers demandeurs et premier prescripteurs », explique Philippe Cotelle.
5 RECOMMANDATIONS FONDAMENTALES ET UNIVERSELLES
« Le livre blanc contiendra cinq recommandations qui résument nos travaux »,
indique Philippe Cotelle. La première souligne l’importance de l’analyse
quantitative du risque cyber, fondée sur des scenarii établis par des opéra-
tionnels, et orchestrée par le Risk Manager. Si la démarche doit être adap-
tée à la taille de l’entité, « cette méthode permettra de quantifier le risque
cyber pour les entreprises de toutes tailles », précise le Risk Manager.
=PbTR^]STaTR^\\P]SPcX^]_a+]T[PS o]XcX^]S¬d]a U aT]cXT[TcS¬d]
langage communs pour permettre le dialogue entre les parties prenantes
autour de l’exposition ainsi mesurée. Ce référentiel est « une matrice dé-
taillée, permettant de croiser les origines et les conséquences des diffé-
rents risques pour identifier une catégorie élémentaire de risque », détaille
Philippe Cotelle. Ce référentiel commun, grande première, facilitera les
échanges entre toutes les professions de la chaîne de valeur impliquée
dans la gestion du risque cyber de l’entreprise (Risk Managers, assu-
reurs, réassureurs, experts, courtiers, actuaires, contrôleurs internes,
autorités publiques…).
La troisième recommandation implique les assureurs : elle vise à amélio-
rer la communication et la connaissance de la couverture assurantielle
du risque cyber. « En plaquant leurs types de couverture (dommages, RC,
fraude…) sur notre matrice, les assureurs (via la FFSA) nous ont fournis
pour la première fois un mapping clair de la couverture du risque cyber.
Nous avons ainsi pu identifier les risques cyber non couverts, et observer les
superpositions de polices », développe le Risk Manager, qui précise : « à
l’international, la matrice sera transposable à d’autres marchés, et consti-
tuera donc un outil de benchmark pertinent entre assureurs et marchés ».
A^da V aTa [T pdg S¬X]U^a\PcX^]b T]caT Pbbda b Tc PbbdaTdab… [P `dP”
trième recommandation préconise la création d’une plateforme « neutre
et spécialisée, afin de garantir la confidentialité du dialogue » par l’ANSSI.
Véritable « observatoire de la cybersécurité », cette plateforme devrait
permettre une « mise en commun des analyses du risque cyber », et sera
un « intermédiaire permettant de définir des tiers de confiance pour sa ges-
tion entre assurés et assureurs, quand des informations stratégiques sont
échangées », souligne Philippe Cotelle.
LE WHITE PAPER DU PROGRAMME
DE RECHERCHES IRT – SYSTEM X
Vaste projet de recherche sur la cybersécurité, EIC (Environnement pour l’Interopérabilité et
l’Intégration en Cybersécurité) comporte un volet « Gestion du risque cyber », auquel s’est
associé l’AMRAE. Objectif ? Produire un livre blanc dont les propositions innovantes seront hau-
tement stratégiques dans la lutte contre le risque cyber, à l’échelle mondiale.
LES PARTIES PRENANTES DU PROGRAMME
Plusieurs partenaires publics et privés ont contribué au programme : FFSA, courtiers, organismes publics (ANSSI, OCDE, Conseil général de l’Économie, de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies, Conseil Économique, Social et Environnemental, Ministère de l’Éco- nomie et des Finances), AMRAE, FERMA, IRT System X, Institut des Actuaires, des juristes…
Philippe Cotelle,
Risk Manager, Airbus Defense and Space
1
source : enquête PwC « The Global State of Information Security® Survey 2016 »
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
48
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS
UN GUIDE AFNOR DESTINÉ
AUX ETI, PME ET PMI
S
i la culture de la gestion des risques pro-
gresse d’année en année au sein des ETI,
les entreprises de moins de 250 salariés
sont généralement encore dépourvues
de structure dédiée au Management des
Risques. Pourtant particulièrement exposées dès
lors qu’elles s’ouvrent à l’international pour aller
chercher de nouveaux relais de croissance, leur
vision de la gestion des risques est souvent incom-
plète. Et leur démarche, pas encore globale.
LES 11 PRINCIPES DE LA NORME
NF ISO 31000
Destiné également aux business units de grands
groupes souhaitant tester, mettre en œuvre ou
structurer une démarche de management global des
risques, l’ouvrage
1
, rédigé par des dirigeants de PME,
Risk Managers ainsi que l’assureur Generali, propose
une méthodologie pouvant s’appliquer à tout type de
aXb`dT 2o]`dT[TcaPePX[\T] b^XcbcadRcda Tc_a^”
gressif, le guide préconise de suivre les onze principes
qui composent la norme NF ISO 31000 (lire l’encadré).
UNE COMMUNICATION
TRANSPARENTE INDISPENSABLE
2_a!b Pe^Xa XST]cXo … P]P[hb _dXb eP[d [Tb
risques, vient le temps de les traiter. L’AFNOR
revient sur les grands thèmes : refus ou accep-
tation des risques, prise de risque ou encore
o]P]RT\T]c STb aXb`dTb… a cT]cX^]… caP]bUTac
ou encore plans de continuité d’activité (PCA).
Viendra ensuite le temps de communiquer sur
les risques. Étape indispensable qui garantira la
pérennité des process mis en place : toutes les
parties concernées doivent pouvoir accéder aux in-
formations les concernant et interagir entre elles.
La transparence de la communication est indispen-
bPQ[T[¬ cPQ[XbbT\T]cS¬d]TaT[PcX^]STR^]oP]RT
C’est la condition d’une dynamique d’échanges.
En interne, la communication doit permettre aux
personnes concernées par une activité de disposer
de tous les éléments et de comprendre les décisions
prises. En externe, elle doit faciliter la compréhen-
sion des contraintes par les parties intéressées pour
permettre ensuite à l’entreprise ou aux business
units de prendre en compte leurs attentes, points de
edTTcX]c a"cbTcS¬ [PQ^aTaSTbb^[dcX^]bTUoRPRTb…
satisfaisantes et acceptables par tous.
Si ce guide pratique d’une soixantaine de pages
présente bien des atouts, son prix élevé (150 euros)
risque d’être un frein pour nombre de PME…
LES 11 PRINCIPES
DE LA NORME ISO 31000
SUR LE MANAGEMENT
DES RISQUES
1 Crée de la valeur et la préserve
2 Est intégré aux processus
organisationnels
3 Est intégré aux processus
de prise de décision
4 Traite explicitement de
l’incertitude
5 Est systématique, structuré
et utilisé en temps utile
6 S’appuie sur la meilleure
information disponible
7 Est adapté au contexte
8 Intègre les facteurs humains
et culturels
9 Est transparent et participatif
10 Est dynamique, itératif et
réactif au changement
11 Facilite l’amélioration continue
de l’organisme
FD X50-260
JUIN 2016
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Normes en ligne
Pour : AMRAE
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le : 29/08/2016 à 14:28
Les auteurs du rapport souhaitent aussi à terme la création d’un observatoire de
la menace cyber, ce qui pourrait susciter – et développer – des vocations nouvelles.
« Nous pourrions assister à la création d’un nouveau métier, celui d’expert cyber, sous
l’impulsion de l’autorité publique », anticipe Bénédicte Suzan.
ANTICIPER L’ÉVOLUTION DU DROIT DU NUMÉRIQUE
La cinquième et dernière recommandation concerne l’harmonisation des législations
et règlementations liées au droit du numérique. « Certaines lacunes du droit du numé-
rique entraînent des risques de contentieux. Nos travaux, auxquels un ensemble de ju-
ristes s’est associé, ont permis de mettre en lumière les besoins en termes juridiques »,
indique Philippe Cotelle.
1
Document à caractère informatif élaboré par les membres
de la commission de normalisation composée de profes-
sionnels et d’experts de la gestion des risques.
Publié par l’AFNOR en juin dernier, ce fascicule de documentation se propose de fournir aux dirigeants de ETI/PME et PMI, les clés pour comprendre à la fois le fonctionnement et les objectifs d’une gestion globale des risques ainsi que des éléments de méthodologie pour mettre en place un plan de traitements.
« Aujourd’hui, certains termes comme ”donnée” ou ”système
d’information” ne sont même pas définis en droit, et n’ont ni
qualification ni quantification », remarque Bénédicte Suzan. La
rapporteuse des travaux souligne l’importance de cet enjeu,
puisque « les contrats d’assurances sont des objets de droit ».
À terme, il s’agit de « faire des recommandations au légis-
lateurs français et européens » pour construire une gestion
globale, mondialisée, et réactive du risque cyber. Un risque
dont les Risk Managers doivent se saisir, et « où tout reste à
construire ». C’est pourquoi ce livre blanc est soutenu par
l’AMRAE et FERMA.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 49
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS
LA JOURN?E DES COMMISSIONS 2016
DU FOND, DES ACTUALIT?S,
DE L?INNOVATION
La Journée des Commissions 2016 de l’AMRAE a eu lieu le 16 juin 2016 au Pavillon des Étangs, à
Paris. L’événement scientifi que annuel de référence de l’association se voulait plus que jamais
en prise avec l’actualité. Retour sur les chiffres-clés, les conférences, et le cocktail annuel, en
texte et en images.
LES CONFÉRENCES
Six conférences ont eu lieu tout au long de la
journée, présentant les travaux de différentes
Commissions de l’AMRAE et les thèmes d’ac-
tualité qu’elles traitent, en présence à chaque
fois du/de la Président(e) de la Commission :
❱ Commission « Intelligence économique, PCA
et gestion de crise » : Retour sur l’exercice
Sequana 2016 (voir le Retour d'expérience)
❱ Commission « Dommages aux biens » : ter-
rorisme et le Gareat. L’AMRAE s’est posée
la question d’une évolution du modèle du
Gareat, qui ne couvre pas aujourd’hui les
pertes immatérielles non-consécutives
(telles que la perte d’exploitation).
❱ Commission « Systèmes d’information » : En-
treprises et fournisseurs : Qui porte le risque
cyber ? (voir l'article sur le projet « System X »)
❱ Commission « Risques et Ressources hu-
maines » : Les assureurs et les courtiers
ont-ils trouvé le business model dans la pré-
vention des risques RH ?
❱ Commission « Responsabilités » : Évolution
du droit en France et en Angleterre : ce qui
va changer la vie des Risk Managers.
❱ Table ronde de clôture « Risk Manager et
stratégie » : consacrée aux liens entre le Risk
Management et la stratégie globale de l’en-
treprise, animée par Cécile Desjardins.
Une présentation était consacrée au thème
« Faire le buzz sur les réseaux sociaux de
l’AMRAE ». Objectif : faire connaître ces nou-
veaux canaux d’information sur lesquels
l’AMRAE est présente au quotidien (Facebook,
Twitter LinkedIn, YouTube, Viadeo) et tous
les réseaux et organismes qui s’y expriment,
utiles pour les Risk Managers.
Brigitte Bouquot a présenté les rapports moral
et d’activités de l’AMRAE pour 2016-2017. Bilan
des activités de l’association, ce temps a aus-
si permis de développer les axes stratégiques
autour desquels l’AMRAE articulera ses actions.
NOUVEAUTÉ 2016
Une keynote était animée par John Nelson,
Président de Lloyd’s of London, et consacrée
à un point sur les évolutions légales et régle-
mentaires de l’UE qui impacteront bientôt les
Risk Managers.
LES RISK MANAGERS, FUTURS
PARTENAIRES STRATÉGIQUES
En clôture de la Journée des commissions de
l’AMRAE, la table ronde qui réunissait Brigitte
Bouquot, la Présidente de l’AMRAE et Directrice
de la gestion des risques et des assurances du
groupe Thales, Michel Dennery, Administrateur
de FERMA et Directeur du management des
risques d’Engie et Éric Haentjens, Directeur gé-
néral adjoint de Bouygues Telecom, brossa un
état des lieux sur l’implication du Risk Manager
dans la défi nition de la stratégie de l'entre-
prise. Pour les intervenants, si le management
des risques opérationnels est aujourd’hui une
pratique bien établie, les dirigeants restent
encore trop peu nombreux à intégrer le Risk
Management pour éclairer leur prise de dé-
cision stratégique et contribuer à la perfor-
mance de l’entreprise.
1. Trois positionnements complémentaires
S’appuyant sur le Livre blanc « Du Risk Manage-
ment de la gouvernance au Risk Management de
la performance » publié par l’AMRAE en 2016 à
partir d’une enquête auprès des Risk Managers
de 160 entreprises de divers secteurs, ils ont
rappelé les trois positionnements des Risk Ma-
nagers. Des positionnements complémentaires
et non exclusifs qui coexistent à des dosages
différents dans les entreprises, selon leurs be-
soins et leurs cultures.
D’abord, la Compliance, centrée sur la confor-
mité, surtout pour les risques opérationnels.
Ensuite le positionnement Stratégie et projets
où les Risk Managers s’impliquent dans les
grands projets et participent à la vision straté-
gique de l’entreprise. Enfi n le positionnement
de business partner où, dans un environne-
ment économique tendu, les Risk Managers
échangent avec les décideurs pour optimiser la
prise de décision. Dans ce contexte, le rôle des
Risk Managers est aussi d’aider les dirigeants
à décider les risques acceptables au regard de
la stratégie de l’entreprise et du revenu atten-
du. Quel est leur niveau d’appétence au risque,
leur risk appetite ? Tout l’enjeu étant d’éclairer
les risques pour saisir toutes les opportunités
et favoriser l’entreprenariat et l’innovation.
2. Être positionnés au bon niveau
C’est cette voie que suit par exemple le Risk
Manager de Bouygues Telecom où la cartogra-
phie intègre les risques à la fois opérationnels
et stratégiques. Grâce à quoi, l'arrivée d’un
concurrent sur le marché et le bouleverse-
ment consécutif de celui-ci avaient pu être
anticipés, sans toutefois être suffi samment
intégrés à la stratégie opérationnelle et à un
nouveau déploiement adapté. D’où l’impor-
tance pour les Risk Managers d’être position-
nés au bon niveau.
C’est le cas chez Engie où dans chacune des
24 business units, un Chief Risk Offi cer appuie
le CEO pour piloter l'exposition au risque. Par
ailleurs, le risque pays est géré par la diver-
sifi cation géographique du Groupe à l’aide de
seuils d’attention, qui défi nissent un appétit
aux risques pour chacun des 40 pays d’im-
plantation de l’entreprise.
CHIFFRES-CLÉS
155 convives présents
à la Journée des Commissions
650 invités au cocktail
annuel (adhérents, assureurs, courtiers,
réassureurs, partenaires des Rencontres,
consultants, institutionnels…)
50 adhérents au
Speed Member Lunch
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201650
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ORGANISATION
La Journée des Commissions est un moment
privilégié de rencontres entre adhérents et
de présentation des principaux travaux des
différentes Commissions
Le cocktail, un moment propice aux
échanges entre les Présidents de Com-
missions et leurs interlocuteurs profes-
sionnels à l’image de Guy-Louis Fages,
Président de la Commission Logistique
et Transport
Discours de la Présidente Brigitte Bouquot qui résume les axes stratégiques et la vision du métier Risk Manager que porte l’AMRAE
David Vigier, Directeur des Assu- rances et de la Gestion des Risques, Europcar International et nouvel administrateur de l'AMRAE
L’intérêt du cocktail AMRAE : réunir toute la chaîne de valeur de l’assurance et du Risk Management
Keynote de John Nelson, venu d’Angleterre, pour faire le point sur les évolutions légales et réglemen- taires qui impacteront les Risk Managers
Le Pavillon des Étangs a accueilli la Journée
des Commissions et le cocktail dans un cadre
bucolique… mais parisien !
51
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ORGANISATION
LES COMMISSIONS, FER DE LANCE DES TRAVAUX DE L?AMRAE
Les 12 Commissions de l?AMRAE, anim?es chacune par un/une Pr?sident(e), ?changent toute
l’année sur les thèmes de réfl exion défi nis par le Comité Scientifi que Permanent. De ces
réunions naissent des ouvrages et publications dont la teneur scientifi que prévaut au sein du
monde professionnel. La Journ?e des Commissions 2016 fut aussi l?occasion de plancher sur
les mani?res d?am?liorer leur fonctionnement.
f
n petit-déjeuner en ouverture de la
Journée des Commissions, destiné à
des échanges entre le Conseil d’ad-
ministration et les Présidents de
Commission : une nouveauté pour
cette édition 2016. « Par leur investissement et
leur dynamisme, les Présidents de Commission
et nos adhérents (qui y participent tous béné-
volement) font vivre l’AMRAE tout au long de
l’année. Nous tenions à les remercier pour cela,
à écouter les difficultés qu’ils rencontrent afin
d’y remédier, et à affiner leur feuille de route
pour l’année à venir », explique Anne-Marie
Fournier, Vice-Présidente de l’AMRAE en charge
du Pôle Scientifi que.
AFFINER LA FEUILLE DE ROUTE
POUR 2016-2017
Pendant une heure, ces derniers ont donc pris
la parole, partagé leur expérience, et expri-
mé leurs besoins. Patrick Lacroix (Commission
Automobile) souhaite « réaliser un retour d’ex-
périence d’un Risk Manager sur la télématique
embarquée », Fabrice de Gelas (Commission
Construction) veut « remettre le business au cœur
des préoccupations de la Commission », souli-
gnant « la crainte des assureurs concernant la
performance énergétique des bâtiments », Zaïella
Aissaoui (Commission Responsabilités) aime-
rait se pencher sur les drones, Philippe Noirot
(Commission ERM 360°) s’est saisi des concepts
d’entreprise étendue et de reporting intégré…
Un fl orès d’idées, enrichies par le croisement
des regards, qui a permis à ces professionnels de
la gestion des risques et des assurances de cer-
ner les enjeux actuels du métier Risk Manager, et
les sujets dont l’AMRAE doit se saisir. Intérêt du
petit-déjeuner : ces propositions ont été direc-
tement partagées avec le Conseil d’administra-
tion de l’AMRAE.
Les Présidents ont aussi évoqué un risque de
la gestion d’une Commission : répondre aux
interrogations pragmatiques et immédiates
des professionnels sans laisser le temps à la
réfl exion prospective. Concilier nécessités
professionnelles et vision globale semble donc
être l’un des défi s que doivent surmonter les
Commissions. Fabrice de Gelas notait ainsi la
« focalisation du marché sur la garantie dé-
cennale en matière de construction », qui n’est
qu’un sujet parmi d’autres cependant.
NOUVEAUX PARTICIPANTS
ET IDÉES NEUVES
Ce temps réservé a enfi n mis en exergue
l’intérêt pour les Présidents de certaines
Commissions d’attirer de nouveaux visages à
leurs réunions : pour favoriser l’intelligence
collective et l’émulation professionnelle, ac-
quérir plus de recul via des retours d’expé-
rience, et affi ner les thèmes de réfl exion.
Plusieurs moyens existent pour cela : la
Newsletter AMRAE constitue le principal ca-
nal d’information sur les Commissions AMRAE,
et des appels à témoignages dans Atout Risk
Manager peuvent être un levier utile pour sus-
citer des vocations. Comme le résume Hélène
Dubillot, Directrice de la Coordination scien-
tifi que de l’AMRAE (elle pilote au quotidien
les Commissions) : « tous les adhérents sont les
bienvenus : les Commissions sont ouvertes à tous,
quelles que soient vos idées et le temps dont vous
disposez. Participez selon vos possibilités ! ».
LE SPEED MEMBER LUNCH DE
LA JOURNÉE DES COMMISSIONS
Il y a un an et demi, l’AMRAE lançait les
« Speed Member Meetings ». Calqués sur
le modèle des speed datings, ces pe-
tits-déjeuners conviviaux permettant
aux adhérents de rencontrer leurs pairs
et de renforcer leur réseau fonctionnent
bien et sont plébiscités par leurs
participants.
« Les conférences s’enchaînant lors de la
Journée des Commissions, nous avons
profité du déjeuner pour organiser un
Speed Member Lunch », explique Axel
Boléor, Responsable de la Relation
Adhérent. « Les badges des participants
étaient ornés d’une pastille de couleur,
ce qui leur a permis d’identifier ceux
qui, comme eux, souhaitaient profiter
de cette journée pour enrichir leur carnet
d’adresses. »
Lors du déjeuner, un espace était réser-
vé à ces adhérents nouveaux et anciens.
Outre le réseau, l’intérêt est aussi de
trouver des professionnels qui ont les
mêmes sujets de préoccupation, et de
croiser leurs expériences respectives
pour s’entraider. Avec 50 adhérents pré-
sents, le Speed Member Lunch peut être
qualifi é de succès : « beaucoup de cartesé
de visite ont circul? de main en main »,
relève Axel Boléor.
Sophie Mauvieux, Administratrice AMRAE
en charge de l’Accueil des adhérents,
tient à pérenniser la formule. Un Speed
Member Meeting a eu lieu à l’AMRAE le
27 septembre 2016.
52
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ORGANISATION
I
l est loin le temps o? le th?me du s?minaire
?tait ? Faire de l?AMRAE, l?association de
r?f?rence ?. Signe d?une nouvelle maturit?
de notre m?tier, la question pos?e pour
2016 ?tait ? Comment mieux communiquer
sur la valeur ajout?e du Risk management ? ?.
Au c?ur de nombreux discours, d?bats ou
conf?rences, le Risk Management ou la gestion
des risques est parfois ?voqu? ? tort, souvent
de travers, chacun s?en emparant sans r?elle-
ment comprendre sa valeur ajout?e pour l?en-
treprise et ses ?quipes. Son fonctionnement
rel?ve souvent du myst?re.
? Dans quelques ann?es, je souhaite que la fonc-
tion Risk Manager ne soit plus sujette ? interpr?-
tation ; qu?au m?me titre que Directeur financier,
chacun se soit appropri? notre m?tier, notre va-
leur ajout?e dans l?entreprise. La communication
des risques et de son management est un outil
formidable pour y parvenir, non sans pi?ge ?, an-
nonce Brigitte Bouquot, Pr?sidente de l?AMRAE
? l?ouverture de la journ?e. M?me si l?AMRAE
ne peut d?poser la marque Risk Management
comme sienne, il est fondamental de reprendre
[P \PX] bda [P a T[[T o ]P[Xc ST [P VTbcX^] STb
risques en entreprise, pour donner un message
plus simple et plus direct sur notre m?tier et sa
valeur ajout?e. Le temps du d?bat sur l?utilit? du
Risk Management est d?pass?.
Le regard de professionnels de la commu-
nication sur les risques et sur le m?tier a ou-
vert les travaux. C?cile Desjardins, journaliste
ind?pendante pour Les Echos ou pour Atout
Risk Manager, rappelait que ? sur 45 minutes
d?interview, seules une phrase ou deux sont
retenues, un article se lisant g?n?ralement en
moins de deux minutes ?.
TRAVAILLER DE CONCERT AVEC
LA DIRECTION DE COMMUNICATION
L’entreprise doit savoir que le Risk Manager va
s’exprimer, même si l’interview s’effectue au
nom de l’AMRAE pour le groupe de travail où il
intervient. La direction de la communication est
là pour protéger l’image de l’entreprise et maî-
triser la communication externe. Sur la pratique
de Risk Manager dans l’entreprise et ses propres
risques, la règle est encore plus intangible. Dans
c^db[TbRPbSToVdaT…X[UPdced[VPaXbTabTb_a^”
pos, adopter un langage simple et positif.
PREMIER ENSEIGNEMENT
Parler peu mais bien, c’est-à-dire être concis,
explicite et surtout concret !
Mandatée par Entreprise et Médias, l’asso-
ciation des directeurs de la communication
des grandes entreprises et organisations,
Anne-Laure Desclèves, Directrice de la com-
munication d’Eurotunnel, nous a annoncé que
« le sujet du risque n’est pas toujours simple
à défendre auprès de médias généralistes car
nos explications sont souvent trop techniques
d’une part, et le sujet lui-même, pertinent et
utile pour certains publics spécialistes, peut
également être anxiogène pour d’autres pu-
blics, dont les clients. »
SECOND ENSEIGNEMENT
Utiliser le document de référence permet d’avoir
une communication « balisée » et cohérente.
En appui, Jean-Régis Carof, Secrétaire général
du CLIFF (Association française des profession-
]T[bST[PR^\\d]XRPcX^]o]P]RX!aT˜P_a bT]c
[ T]`d"cT 4^\\T]c[PR^\\d]XRPcX^]o]P]”
cière parle-t-elle des risques ? », illustration
très instructive sur ce que l’entreprise dévoile
déjà en matière de risques.
Pour conclure, Sophie Mauvieux, Administra-
teur de l’AMRAE, se faisait porte-parole des
Risk Managers et de leurs craintes dont la plus
grande est d’être « piégé » par des journalistes,
mettant parfois en danger leur entreprise, leur
propre image, voire leur carrière, quelles que
soit les qualités de l’accompagnement fourni
par l’AMRAE ou leur entreprise.
Connaître les principales règles du jeu des
journalistes, le BA-BA du fonctionnement et
parfois des dysfonctionnements des médias
comme celui de votre entreprise en matière
de presse avant d’accepter une interview.
Commencer par un média proche et de toute
R^]oP]RT ‚ 2c^dc CXbZ >P]PVTa… R^]qd _^da
servir la profession et les Risk Managers.
LE SÉMINAIRE DE RENTRÉE
C’est un rendez-vous quasi institutionnel… Depuis 6 ans, l’AMRAE – à l’instar des grands
groupes – réunit le Conseil d’administration, les Présidents de commission, Pilotes de région, de
Va^d_TbSTcaPePX[Tc[T3daTPd_Ta\P]T]c_^dad]TY^da] TR^\_[!cTSTa pTgX^]b…S¬ RWP]VTb
et de convivialité partagée.
« Dans quelques années,
je souhaite que la fonction
Risk Manager ne soit plus
sujette à interprétation. »
Brigitte Bouquot, AMRAE
« Dans quelques années,
je souhaite que la fonction
6 juillet 2016
OOOOCCCCFFFFSurveySurveySurveySurvey
2016201620162016
Comment la communication financière Comment la communication financière Comment la communication financière Comment la communication financière
parleparleparleparle----ttt t----elle des risqueselle des risqueselle des risqueselle des risques ????
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 53
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
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ORGANISATION
«
Le nombre d’attaques lancées contre les
entreprises en France en 2015-2016 a été
multiplié par 6 par rapport à 2014-2015
1
! » :
le Lieutenant-colonel de gendarmerie
Christophe Clarinard animait la conférence
consacrée à la cybercriminalité, lors de la réunion de
rentrée de l’antenne régionale AMRAE en PACA.
Méthode la plus répandue : la fraude au faux président,
escroquerie à l’entreprise via des faux ordres de virement
internationaux (FOVI). « Après un repérage des personnes
clés de l’entreprise (comptable ou secrétaire), et de ses
activités, un bonimenteur spécialisé appelle au moment
le plus opportun, lorsque le décideur n’est pas présent. Il
exerce une pression sur la personne clé pour obtenir un vi-
rement à l’international », explique le Référent Régional
pour l’Intelligence Économique en région PACA. Situation
amoureuse, centres d’intérêt : l’escroc aura pris soin au
préalable de se renseigner sur la personne ciblée via les
réseaux sociaux « pour exercer une pression psychologique
efficace et faire accroire sa légitimité ».
Des escrocs qui peuvent aussi se faire passer pour un four-
nisseur : ils annoncent un changement de coordonnées
bancaires, puis présentent peu après de fausses factures à
régler. « Initié un vendredi, le FOVI leur permet d’empocher
les fonds avant que l’entreprise ne s’en rende compte ».
DES TYPES D’ATTAQUE CYBER PLÉTHORIQUES
Parmi les autres menaces, les ransomwares se cachent
dans des pièces jointes de mail. En les téléchargeant, un
virus crypte toutes les données de l’ordinateur. Pour ré-
cupérer la clé de cryptage, l’usager doit payer une rançon.
CD, clés USB… tout ce qui ne vient pas d’Internet (les
SCADA, Supervisory Control And Data Acquisition) est
aussi vulnérable aux virus « qui ciblent l’informatique
de production : guider un avion au mauvais endroit, blo-
quer la chaîne de montage d’un concurrent… 6]o]…[T
phreaking, qui consiste en un détournement des lignes
c [ _W^]X`dTb ST [¬T]caT_aXbT… S^]c [P UPRcdaT V^]pT
considérablement.
SALARIÉS ET DIRIGEANTS : LUTTER ENSEMBLE
La clé pour lutter contre ces menaces cyber ? « La forma-
tion et la prévention des salariés », répond M. Clarinard.
Il faut sensibiliser le personnel et mettre en place des
_a^R SdaTb…]^cP\\T]co]P]RX!aTb…R[PXaTbTc_a RXbTb…
n’autorisant aucune exception. « Dès qu’il y a un chan-
gement dans les habitudes, il faut vérifier. Le caractère
urgent et confidentiel de la demande doit être considéré
comme suspect. »
Pour éviter l’infection informatique, il convient de
« séparer les terminaux personnels et professionnels, la
responsabilité civile d’un salarié pouvant être engagée
en cas de manquement ». Dans le cas des ransomwares,
ne payez surtout pas la rançon, recommande la gendar-
merie : « les victimes ne reçoivent parfois aucune clé de
déchiffrement, et certains ransomwares effacent toutes
les données sans même les crypter ».
EN EXTERNE : DES CONTACTS RÉGULIERS
POUR S’INFORMER ET VÉRIFIER
Dans le cas d’un FOVI, une « relation suivie et de qualité
entre l’entreprise et sa banque » s’avère utile pour véri-
oTa STb X]U^a\PcX^]b bT]bXQ[Tb… c^dc R^\\T PeTR b^]
opérateur téléphonique en cas de phreaking : « Il pourra
vous informer en cas de flux suspects sur vos lignes »,
précise le gendarme.
6]o]…X[UPdc sécuriser le lien entre les réseaux bureau-
tique et de production » pour éviter une contamination
mutuelle.
L’AMRAE diffuse aussi régulièrement les alertes cyber de
la gendarmerie dans sa newsletter hebdomadaire !
CYBERCRIMINALITÉ
ADAPTER SES PRATIQUES FACE
À UNE MENACE PROTÉIFORME
Phreaking, ransomwares, FOVI… : ces attaques cyber prospèrent sur les failles techniques et
humaines de l’entreprise. L’antenne régionale de l’AMRAE en PACA organisait une conférence
SXoP]cTbdaRTbdYTcT]bT_cT\QaT =Tb_aX]RX_PdgT]bTXV]T\T]cb
Christophe Clarinard,
Lieutenant-colonel de gendarmerie et Référent régional pour l'Intelligence Économique en PACA
FAITES LE DIAGNOSTIC DE VOTRE ENTREPRISE
Un site gouvernemental permet aux chefs d’entreprise de réaliser un autodiagnostic de leur vulnérabilité :
http://www.entreprises.gouv.fr/information-strategique-sisse/outils
1
Source : étude Kapersky juillet 2016
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
55
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
RÉGION
LES CAPTIVES DANS LE VISEUR
DU LEGISLATEUR
L?OCDE a publi?, en octobre 2015, 15 recommandations visant ? lutter contre l??rosion de la
base d’imposition et le transfert de profi ts (BEPS). La Commission Financement alternatif des
risques de l?AMRAE a consacr? une session au sujet pour informer les propri?taires de captives.
L
es Etats européens, fragilisés par la crise, sont
privés de recettes fi scales par des entreprises
transférant de manière artifi cielle des bénéfi ces
vers des pays au système fi scal avantageux.
Les recommandations de l’OCDE visent donc à
« s’assurer que les bénéfices sont taxés là où s’effectuent
l’activité économique et la création de valeur », expli-
quait Fabrice Frère, Managing Director, AON Global Risk
Consulting.
BIENTÔT UNE TRANSCRIPTION EN DROIT
EUROPÉEN ?
Le Conseil des Affaires économiques et Financières de
l’UE a adopté, le 17 juin, la directive sur la lutte contre
l’évasion fi scale. Si le législateur français produit un
texte conforme aux recommandations de l’OCDE, « les
exigences en termes de gouvernance autour de la captive
et de la chaîne de valeur de l’assurance seront accrues.
L’implantation de ce type d’entreprises dans un pays de-
vra correspondre à une réalité économique réelle ».
La nouveauté résidera donc en pratique en un renver-
sement de la charge de la preuve : « aujourd’hui, c’est
au propriétaire de captive de démontrer que ses prix de
transfert sont conformes au marché, et qu’elle a une
vraie substance ».
SOLVABILITÉ II, UNE BASE DE TRAVAIL ?
Pour anticiper ces nouveaux besoins d’échanges d’infor-
mations et de documentation, l’expert rappelait que :
« Solvabilité II nous a déjà fait réformer les cadres de
gouvernance des captives, renforcer la documentation
liée et introduire un système de contrôle de risque pla-
nifié, ce qui peut servir de base pour s’adapter au volet
« local » du reporting demandé par l’OCDE ».
REPORTING À TROIS NIVEAUX EXIGÉ
Trois fi chiers de reporting seront demandés aux mul-
tinationales dont les revenus annuels consolidés dé-
passent les 750 millions d'euros : global (structure et
activité du groupe, chaînes de valeur), local (activités
dans un pays, transactions intra-groupe) et pays par
pays. « Ce dernier niveau constitue la grande nouveauté :
les multinationales devront déclarer à leur administra-
tion fiscale la liste de TOUS les pays dans lesquels elles
ont une activité, et des informations précises (chiffre
d’affaires des filiales, profits, fonds propres et actifs,
nombre de salariés, transactions internes, taxes acquit-
tées…) », détaillait Fabrice Frère.
Il faut donc aborder d’après l’expert le BEPS selon cinq
dimensions :
❱ justifi cation économique de la transaction de transfert
de risque,
❱ gouvernance autour de la prise de décision et du
contrôle de risque,
❱ adéquation de la tarifi cation du risque et de la capita-
lisation de la fi liale,
❱ substance des activités de la captive et de son établis-
sement,
❱ documentation des éléments précédents.
Possibles conséquences notables pour les captives : da-
vantage d’incertitude fi scale, risque de double taxation
des profi ts et augmentation des coûts administratifs et
de conformité.
Fabrice Frère recommandait donc aux professionnels
présents d’« évaluer la configuration actuelle de votre
captive et se coordonner avec votre département fiscal
par rapport au contexte de la captive ».
La Fédération Européenne des Associations de Risk
Management (FERMA) a de son côté produit un docu-
ment dans lequel son Président Jo Willaert insiste sur le
fait que les captives « ne sont pas des échappatoires aux
taxes mais des outils performants pour les Risk Managers,
spécialement dans les grandes compagnies ».
Fabrice Frère,
Managing Director,
AON Global Risk Consulting
56ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ÉVÉNEMENTS
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Les hommes et les femmes de Bessé sont
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Le congrès annuel de référence du Risk Management en France fêtera son quart de siècle l’année
prochaine. Dans un monde de risques plus que jamais systémiques, c'est l’occasion de faire le point
sur l’évolution du métier, d’anticiper sa trajectoire et ses pratiques dans l’entreprise.
I
nondations de mai et juin 2016 en France, Brexit, futur traité TAFTA
et évolutions règlementaires en Europe, explosion des menaces
cyber… Le monde change et ces changements, favorisés par un
échange quasi-instantané d’informations, s’accélèrent eux-mêmes.
Et le Risk Manager, jeune « sage » de 25 ans, a en charge de toujours
UPXaT e^[dTab^]\ cXTa_^daa _^]SaTPdS oSTb]^deT[[Tb_aXbTbST
risque de son entreprise.
FONCTION ET RISQUES :
33 ATELIERS POUR DÉFRICHER L’AVENIR ET LE PRÉSENT
Ces nouvelles prises de risque s’adaptent aux risques nouveaux et à ceux
en mutation. Les ateliers-conférences du jeudi seront donc plus que
jamais en lien avec une actualité où sourdent des risques fourmillants,
souvent liés les uns aux autres.
Le risque cyber explose ? Les ateliers se pencheront sur la protection
des données sensibles et le big data dans l’assurance.
Le risque terrorisme menace l’activité ? Nous ferons le point sur
[P_a^cTRcX^]STbbXcTbX]SdbcaXT[b…[PS o]XcX^]STbeX^[T]RTb_^”
litiques, ou la couverture de la perte d’exploitation sans dom-
mages, occasionnée par les nouvelles formes de terrorisme (avec
T]o[XVaP]Td]T e^[dcX^]] RTbbPXaTSd8PaTPc˜
Les grands risques augmentent ? Nous étudierons les offres des as-
bdaTdab Tc [P V^deTa]P]RT STb aXb`dTb… [P S o]XcX^] Tc [¬dcX[XbPcX^] ST
l’appétit aux risques, l’intervention de l’ERM dans le cadre de grands
projets industriels ou du lancement de produits nouveaux…
Brexit, pays d’Asie centrale, réforme BEPS de l’OCDE…
La journée du jeudi sera aussi pleinement en phase avec les évolutions
d’un monde qui bouge, avec ses incidences sur le business de tout un
chacun. Et nous constaterons que chaque risque recèle aussi sa part
d’opportunités à saisir pour l’entreprise.
SUR LA ROUTE DE DEAUVILLE, UNE HALTE
SÉCURITÉ INCENDIE
Deauville accueillera cette 25
ème
édition des Rencontres du Risk Management
AMRAE. Le mercredi matin, les congressistes pourront lors du trajet faire
une halte pour assister à cinq démonstrations pour cerner et réagir aux
risques incendie, malveillance et cyber (à Vernon, au siège du CNPP).
L’ACTUALITÉ DU CONGRÈS SUR INTERNET
Pour préparer au mieux votre congrès, un nouveau site web a été déve-
loppé. Nouveaux graphismes plus clairs, navigation plus intuitive, accès
facilité aux différentes rubriques : laissez-vous guider ! Vous pouvez dé-
sormais y accéder depuis votre tablette ou votre smartphone grâce à une
version responsive compatible avec iPhone et Android.
Les informations pratiques (accessibilité, tarifs préférentiels…) et les
nouveautés (intervenants et thèmes des sessions plénières, conte-
nus) seront diffusées sur tous les réseaux sociaux de l’AMRAE : LinkedIn
—8a^d_T ST SXbRdbbX^]˜… EfXccTa —¢2>C26Ì^UoRXT[ Tc [T WPbWcPV ^UoRXT[
#AMRAE2017), Facebook (page AMRAE). Et chaque mercredi, la Newsletter
du congrès constituera LE rendez-vous d’actualité de votre congrès.
« Face aux transformations, les entreprises
doivent risquer l’avenir et dépasser leurs craintes pour saisir les opportunités naissantes ».
Brigitte Bouquot,
Présidente de l’AMRAE
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25 ANS DE RENCONTRES DU RISK MANAGEMENT AMRAE :
LE RISK MANAGER AU DÉFI DES NOUVELLES PRISES DE RISQUE
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 59
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
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la voix des familles, et donner un véritable écho à des récits de vie, sept personnalités,
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D
ans le cadre d’une défense liée à des enjeux
industriels, l’avocat a pour mission la coordi-
nation des techniciens de l’entreprise, des ex-
perts extérieurs missionnés, de l’assureur et du
courtier. De plus en plus, les entreprises s’attachent à
constituer une « équipe permanente » d’intervenants
extérieurs qui connaissent bien les interlocuteurs dé-
diés au sein de la structure, les produits, les précédents,
ainsi que les procédures mises en œuvre pour anticiper
ou traiter ces sinistres. D’ailleurs, l’assuré, l’assureur et
le courtier ont compris depuis longtemps l’intérêt de
[PoS [XbPcX^]S¬d]T `dX_TTc]¬W bXcT]c_PbSaTbbTa
des listes d’avocats et d’experts privilégiés et à investir
dans leurs formations à leurs produits ainsi qu’à leurs
procédures.
UNE EXIGENCE D’EFFICACITÉ ET DE CONFIDENTIALITÉ
Cette évolution majeure qui consiste à créer une équipe
de conseils « permanente » présente un intérêt réel en
cTa\T S¬TUoRPRXc —[Tb \T\QaTb ST [¬ `dX_T b^]c _[db
aP_XST\T]c^_ aPcX^]]T[b˜TcST_a^cTRcX^]ST[PR^]o”
dentialité (il n’y a pas de dispersion des informations
échangées) pour toutes les parties : l’assuré, l’assureur
et le courtier, mais également l’expert et l’avocat. Il
faut également souligner qu’en cas de changement de
courtier ou d‘assureur, la pérennisation de cette équipe
de conseils sera un atout de meilleur traitement des
dossiers pour un nouveau courtier et/ou nouvel assu-
reur. Il est d’ailleurs de plus en plus fréquent que l’as-
suré mentionne cette demande « d’équipe de conseils
dédiés » dans son cahier des charges d’appel d’offre.
L’UTILITÉ DE L’AVOCAT POUR LA HOLDING
Le rôle de « chef d’orchestre » de l’avocat dans ces
équipes « Expertise Enjeux Industriels » peut être ex-
trêmement utile à la holding. Pourquoi ? Du fait de sa
connaissance des risques RC et du fonctionnement de
plusieurs entités d’un groupe, l’avocat peut être une
source de conseils importante notamment pour antici-
per les risques de nature éthique, pénal, ou social ainsi
que toute atteinte à l’image du Groupe ou de la marque.
Il est également un interlocuteur utile pour les respon-
sables des assurances qui interviennent au sein des
SXaTRcX^]bo]P]RX!aTb^dYdaXSX`dTbS¬d]TW^[SX]V_^da
assurer la couverture des risques du groupe et protéger
le bilan de la holding. Plus largement, la holding a gran-
dement intérêt à associer l’avocat au travail effectué
par sa direction des assurances pour l’aider à anticiper
T]R^aT _[db TUoRPRT\T]c STb aXb`dTb eT]Xa =¬dcX[Xc
de l’avocat pour la holding réside également dans son
statut d’indépendant. En effet, il a une plus grande
[XQTac _^daaT[PhTaST\P]X!aToPQ[TTcaP_XST[¬X]”
formation et être force de propositions nouvelles pour
la holding. Il peut notamment participer de manière
pertinente à l’amélioration de la prévention des risques
similaires à ceux qu’il a traités et favoriser une homo-
généité au sein du groupe et une baisse de sinistralité.
Dans le même temps, l’accès de la holding à un conseil
qui entretient parallèlement un lien pérenne avec ses
o[XP[Tb ^_ aPcX^]]T[[Tb Tbc d] eTRcTda bd__[ \T]cPXaT
pour s’assurer du bon fonctionnement des procédures
mises en place au sein du Groupe. La holding peut aussi
y voir un intérêt en terme de compliance et de contrôle
STbTbo[XP[Tb
Ainsi, l’avocat peut renforcer la protection d’un groupe
VaRTbTb[XT]bPeTR[Tbo[XP[TbTc[PW^[SX]V
L’AVOCAT,
UN PARTENAIRE UTILE AUX HOLDINGS DANS
LE CADRE DE LEURS ENJEUX INDUSTRIELS
Patrice Grenier
Les risques industriels sont inhérents à l’activité de l’exploitant d’un site, au producteur ou au distributeur d’un
produit. Parce qu’elles sont les plus pertinentes pour apprécier et anticiper ces risques, ce sont les entités qui
les créent qui doivent d‘abord évaluer et gérer les risques industriels. De son côté, l’avocat spécialiste des enjeux
industriels, est le plus souvent sollicité pour défendre chacune de ces entités dans les procédures judiciaires dans
lesquelles leur responsabilité civile ou pénale est recherchée. Au-delà de son intervention directe auprès de ces
T]cXc b…[T_[dbb^deT]co[XP[TbS¬d]8a^d_T…[¬Pe^RPc_TdcPe^Xab^]dcX[Xc _^da[PW^[SX]V Explications.
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 2016 61
NOS PARTENAIRES
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DOSSIER
Risk Management
sans frontières
Retour sur
les Rencontres
AMRAE 2014
MÉTIER RISK MANAGER
Gestion de cr ise :
un essentiel à revisiter
en permanence
Quand un DRH et un conseil
évoquent les Risk Managers :
inter view croisée
VEILLE ET POSITION
Les défis de l’assurance
construction
PORTRAIT
Xavier Mary
Directeur du Management
des Risques
AÉROPORTS DE LYON
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • JUIN 2014 • 20€ TTCN°1
RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE
DOSSIER
Indicateur AMRAE
du coût de traitement
des r isques assurables
MÉTIER RISK MANAGER
Définition des missions
et de la structure du r isque
Gestion de sinistres
Formation à la loupe :
les Ser ious Game débarquent
VEILLE ET POSITION
Les défis de la réparation
du dommage environnemental
PORTRAIT
Alexandra Pfalzgraf
VP Insurance and Risk Management
Schneider Electr ic
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • SEPTEMBRE 2014 • 20 € TTCN°2
Alexandra Pfalzgraf
VP Insurance and Risk Management
RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE
PORTRAIT
Oliver Wild
Directeur des r isques, assurances et conformité, Veolia
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • JANVIER 2015 • 20 € TTCN°3
DOSSIERS
Communication sur les r isques
Les entrepr ises face
aux r isques d’épidémie
MÉTIER RISK MANAGER
Pilotage et Repor ting
Financement des r isques
Risque politique
Formation à la loupe : IFA-Science Po
VEILLE ET POSITION
La notion de passé connu
à la lumière d’un arrêt récent
Directeur des r isques, assurances
RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL AVRIL 2015 20 ? TTCN°4
DOSSIERS
Retour sur les
Rencontres AMRAE 2015
Le SIGR
MÉTIER RISK MANAGER
Maîtr ise des r isques
Les r isques non assurables
La gestion de cr ise
Le terror isme
VEILLE ET POSITION
Devoir de vigilance
et supply chain
PORTRAIT
Brigitte Bouquot
Directeur des Assurances et de la Gestion des Risques, Thales
RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE
et de la Gestion des Risques, Thales
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL JUIN 2015 20 ? TTCN°5
DOSSIERS
La quantifi cation
des risques
Les risques
psychosociaux
MÉTIER RISK MANAGER
Le cyber r isk
Formation à la loupe :
la Compagnie des Exper ts
VEILLE ET POSITION
La réforme des contrats
PORTRAIT
Jean-François Marchand
Directeur Risques Assurances Environnement, Valeo
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L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE
Jean-François Marchand
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL OCTOBRE 2015 20 ? TTCN°6
DOSSIERS
Appel d'offre :
choisir un courtier
Le Baromètre 2015 du RM :
retours et enseignements
MÉTIER RISK MANAGER
L'éolien (CNPP)
Formations à la loupe : E-learning AMRAE
RM à l'international : Jo Willaer t,
AGFA-GEAVERT, nouveau Président de FERMA
VEILLE ET POSITION
BYOD : une pratique à r isque
qui doit être par ticulièrement encadrée
PORTRAIT
Céline Fantin Le Calvé
Directeur Audit Interne, Risques et Conformité, bioMér ieux
RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNEL S DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE
Céline Fantin Le Calvé
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • DÉCEMBRE 2015 • 20 € TTCN°7
PORTRAIT
Véronique Lemoues
Direction Appréciation des Risques et Assurances, Groupe Total
DOSSIERS
Solvabilité II
Les Risk Managers face
aux événements naturels
MÉTIER RISK MANAGER
REX : la prévention automobile
Formations à la loupe :
le master 218 de Par is Dauphine
RM à l'international :
Br ian W. Merkley, Huntsman
VEILLE ET POSITION
Le projet de règlement européen
sur les données personnelles
RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE
Véronique Lemoues
Direction Appréciation des Risques
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • MARS 2016 • 20 € TTCN°8
PORTRAIT
Philippe Vappereau,
Délégué Général au Management des Risques de la RATP
DOSSIER
Retour sur
les 24
ème
Rencontres
du Risk Management
MÉTIER RISK MANAGER
Formation à la loupe : Mastère
Spécialisé Gestion des r isques
sur les terr itoires de l'EISTI
Risk Manager à l’international :
Frédér ic Desitter, parcours
d’un pionnier de l’ERM
VEILLE ET POSITION
Que signifie le nouvel
« Insurance Act 2015 » ?
RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE
Philippe Vappereau,
Délégué Général au Management
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • JUIN 2016 • 20 € TTCN°9
PORTRAIT
Anne Piot d'Abzac,
VP Chief Risk Officer, Ipsen Pharma
DOSSIERS
Éthique et conformité
Le RM dans la Francophonie
MÉTIER RISK MANAGER
Gestion de cr ise et PCA :
le rôle des Ressources Humaines
Formations à la loupe :
Master GGRC de la Sorbonne
RM à l’international :
Daniel Sanmillan, Ferovial
et Président d’IGREA
VEILLE ET POSITION
Le secret des af f aires
ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE I N°10 I SEPTEMBRE 201662
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Atout Risk Manager N°10
Atout Risk Manager N°10 - Trimestriel - Septembre 2016
PORTRAIT : Alain AUBIGNAT, Risk Manager Groupe MICHELIN
DOSSIERS :
- Le budget du Risk Management
- BREXIT : quels impacts pour quels risques ?