DOSSIER
Risk Management
sans frontières
Retour sur
les Rencontres
AMRAE 2014
MÉTIER RISK MANAGER
Gestion de crise :
un essentiel à revisiter
en permanence
Quand un DRH et un conseil
évoquent les Risk Managers :
interview croisée
VEILLE ET POSITION
Les défis de l’assurance
construction
PORTRAIT
Xavier Mary
Directeur du Management
des Risques
AÉROPORTS DE LYON
ATOUT RISK MANAGER
LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMESTRIEL • JUIN 2014 • 20€ TTCN°1
SOLUTION GLOBALE
DE GESTION
DES RISQUES
ET D’ASSURANCE
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• Export : un réseau de partenaires
présents dans 111 pays (INI)
Covéa Risks - SA au capital de 168 452 216,75 euros - RCS Nanterre : B 378 716 419
Siège Social : 19-21, allées de l’Europe 92616 Clichy cedex
Covéa Fleet - SA au capital de 93 714 549 euros - RCS Le Mans B 342 815 339
Siège social : 160 rue Henri Champion 72035 Le Mans Cedex 1
DAS Assurances Mutuelles - société d’assurance mutuelle à cotisations fi xes - RCS Le Mans 775 652 142
DAS - SA au capital de 60 660 096 euros - RCS Le Mans 442 935 227
Sièges sociaux : 33 rue de Sydney 72045 Le Mans Cedex 2
Entreprises régies par le code des assurances
2014/05 20 - Studio Com&Doc
pour entreprendre ensemble
2014 05 COVEA revue risk manager annonce A4.indd 1 20/05/14 11:53
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Gilbert Canameras,
Président de l’AMRAE
ATOUT RISK MANAGER,
LA REVUE DES RISK MANAGERS
D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN
N
ous, Risk Managers, sommes un atout
pour nos entreprises : un atout dans
la fiabilisation de la stratégie, un atout
dans le financement des risques,
un atout dans leur maîtrise.
Outil essentiel de communication, même à l’heure
du numérique, l’AMRAE se dote d’une revue, exposant
le métier de ses adhérents, démontrant leur valeur
ajoutée, diffusant les bonnes pratiques.
Véritable partage d’expérience, de témoignages
et d’analyses, cette publication est le reflet de notre
association, savante, pragmatique, proche de
nos métiers et de ses parties prenantes.
Atout Risk Manager profite de son lancement pour
exposer la nouvelle identité visuelle de l’AMRAE.
Toute voile dehors, le logo illustre la vigueur, le
dynamisme et le cap du Risk Management de demain.
Merci au bureau permanent et à toute l’équipe
éditoriale pour son implication de tous les instants sur
ce nouveau projet.
Au nom du Conseil d’administration, je vous souhaite
une agréable découverte d’Atout Risk Manager. N°1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
3
EDITO
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ASSURANCES TOUTES BRANCHES
ET
ENTREPRISES
PARTICULIERS
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courtier indépendant en Afrique Subsaharienne
Abidjan - Accra - Antananarivo - Bamako - Bangui - Bata - Brazzaville - Bujumbura - Casablanca - Conakry - Cotonou - Dakar - Douala - Freetown
Kigali - Kinshasa - Libreville - Lomé - Lubumbashi - Malabo - Ndjaména - Niamey - Nouakchott - Ouagadougou - Pointe-Noire - Port-Gentil - YaoundéAFRIQUE et
EUROPE
Monaco - Nice - Paris - Luxembourg
DIRECTION INTERNATIONALE
ASCOMA INTERNATIONAL
28 rue Vignon
75009 Paris - France
Tél. : (+ 33) 1 47 42 62 05
Fax : (+ 33) 1 47 42 62 15
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DIRECTION SANTÉ
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42
EDITO………………………………………………………………………………………………………… 3
PORTRAIT
………………………………………………………………………………………………… 6
Double Hub
Xavier Mary, Directeur du Management des Risques, Aéroports de Lyon
ACTEURS EN VUE………………………………………………………………………………… 9
DOSSIER
……………………………………………………………………………………………… 13
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
Risk Management Sans Frontière : une vision panoramique…………………………………… 14
Pas de frontière pour Ly Xuan Thu………………………………………………………………… 17
Action de groupe : un nouveau dispositif législatif aux conséquences limitées……………… 18
Partir, la carte de ses risques en poche…………………………………………………………… 20
Tirer la couverture à soi…………………………………………………………………………… 22
Terrorisme : utilisez le nouveau mécanisme……………………………………………………… 24
Première Convention de la Francophonie :
Les routes du Risk Management d’aujourd’hui et de demain…………………………………… 25
La crise, nouveau tremplin du Risk Management ?……………………………………………… 26
À L’AFFICHE………………………………………………………………………………………… 29
MÉTIER RISK MANAGER
………………………………………………………………… 30
Les 1001 facettes du Risk Manager……………………………………………………………… 30
Quand un DRH et un conseil évoquent les Risk Managers : interview croisée………………… 32
Ce qu’ils en disent, ce qu’ils en pensent : Cyber Risk…………………………………………… 34
Formation à la loupe : ARM………………………………………………………………………… 36
La gestion de crise : un essentiel toujours revisité……………………………………………… 38
Le bien être au travail, une donnée difficilement mesurable…………………………………… 41
VEILLE ET POSITION……………………………………………………………………… 42
ACTUALITÉ DE L’AMRAE
……………………………………………………………… 45
Une nouvelle identité visuelle pour l’AMRAE…………………………………………………… 45
Journée des Commissions AMRAE………………………………………………………………… 46
Publications AMRAE : La Collection Dialoguer / Les Cahiers Techniques de l’AMRAE………… 47
Assemblée Générale AMRAE……………………………………………………………………… 49
BULLETIN D’ABONNEMENT…………………………………………………………… 50
NOS PARTENAIRES
…………………………………………………………………………… 51
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AP_AMRAE.indd 1 30/04/14 16:11N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
5
SOMMAIRE
XAVIER MARY, AÉROPORTS DE LYON :
DOUBLE HUB
«
La Direction du Management
des Risques (DMR) d’Aéroports
de Lyon est atypique à plus
d’un titre » explique Xavier
Mary. « D’abord par ses effec-
tifs : plus de quatre-vingt-dix personnes. Ensuite
car la sûreté/sécurité y est rattachée et je suis
propriétaire de ce risque. Enfin, parce que je
suis membre du comité exécutif, après avoir été
notamment Directeur des opérations. »
L’aéroport Lyon-Saint Exupéry est un Point
d’Importance Vitale
1
. Sa sureté est du ressort
des Services de l’Etat (DGAC) et particuliè-
rement de la Police Aux frontières (DGPAF)
qui délivre les droits d’accès aux personnels
travaillant sur la zone aéroportuaire, contrôle
le passage aux frontières et assure les fonc-
tions classiques de police.
La sécurité technique des installations et ses
conséquences pour les passagers sont gérées
par la Direction. Encadrée par de nombreux
règlements et normes aériennes internatio-
naux, la conformité est donc une partie fonda-
mentale de son quotidien, en étroite relation
avec la Direction des opérations. Une absence
de conformité sur certains dispositifs sera
bloquante pour les opérations.
« Schématiquement, on peut considérer qu’il y
a trois niveaux principaux d’enjeux opération-
nels dans un aéroport » ajoute Lionel Bessard,
Directeur des opérations. « D’abord et avant
tout, la sécurité des vols et des personnes sur
la plate-forme aéroportuaire. Puis, la fluidité
des passagers à l’arrivée et au départ. Et enfin
la qualité des services rendus aux compagnies
aériennes et aux sociétés d’assistance comme
aux passagers ou utilisateurs. Derrière ces
enjeux peuvent être associés des risques : acci-
dent, agression, pertes financières, image. »
TOUT POUR L’ATTRACTIVITÉ
« Le risque de réputation est désormais un risque
majeur pour nous » explique Xavier Mary.
« De l’encombrement du tri bagage aux passages
de sureté, « des bouchons » quand tout le trafic
se déroute chez nous parce que nous restons les
seuls ouverts dans notre région quelles que
soient les intempéries, tout peut être monté
en épingle et jouer sur notre image et notre
attractivité.
2007 : Aéroports de Lyon devient une Société Anonyme.
Outre l’indispensable sûreté des passagers, la profitabilité,
l’attractivité et la satisfaction client sont devenues
des objectifs stratégiques nouveaux dont s’est emparée
la gestion des risques.
Témoignage de Xavier Mary, Directeur du Management des Risques.
BIO EXPRESS
54 ans, marié, 3 filles, malouin
d’origine (et fier de l’être).
Executive MBA d’HEC, CEFAR 2013,
médaille de l’Aéronautique.
Après plusieurs expériences sur
les plateformes pétrolières et différents
postes à connotations industrielles,
il rejoint la région lyonnaise en
1990, d’abord pour diriger les ports
fluviomaritimes. En 1993, il intègre
les Aéroports de Lyon comme Directeur
Exploitation, puis est nommé en juin 2002
à la Direction de l’aéroport Lyon-Bron.
Directeur général d’Aéroports de Lyon par
interim pendant huit mois,au moment
du passage en S.A., il devient en 2007,
Directeur des opérations jusqu’en 2012,
date à laquelle il créé la Direction
du Management des Risques.
À cheval sur la conformité, c’est également
un cavalier confirmé, propriétaire d’un
magnifique NRPS alezan sur le dos duquel
on peut le croiser dans les forêts iséroises.
1
Un PIV est un établissement, une installation ou un ouvrage sis sur le territoire national dont le dommage, l’indisponibilité ou la destruction par suite d’un acte de malveillance, de sabotage ou de terrorisme
risquerait, directement ou indirectement : - d’obérer gravement le potentiel de guerre ou économique, la sécurité ou la capacité de survie de la Nation ; - ou de mettre gravement en cause la santé ou la vie de la population.
Le saviez-vous ? Le coût de la sûreté et de la sécurité représente 36 M€ par an, soit 8,5 € par passager.
« Le Risk Management doit nous aider à prendre des décisions et aller au-delà des schémas classiques. »
Lionel Bessard,
Directeur des opérations ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
6PORTRAIT
Si les compagnies low cost sont l’un des princi-
paux moteurs de notre croissance, la clientèle
d’aviation d’affaires de Lyon-Bron, ou celle
des meilleures compagnies au monde comme
Emirates (arrivée en 2012 à Lyon-Saint Exupéry)
font également l’objet de toutes nos attentions.
Anticiper les risques sociaux chez nos sous-
traitants en les qualifiant encore mieux ainsi
que les entreprises opérant pour Aéroports de
Lyon ; réévaluer en permanence nos dispositifs
de crise ; perfectionner nos infrastructures au
sol pour améliorer les flux passagers et dimi-
nuer les coûts pour les compagnies ; maîtriser
le coût du risque pour diminuer son impact sur
le billet du passager ; rester éco-responsable
et socialement investi... Les challenges ne man
quent pas pour le Risk Management. »
DEMAIN ?
« Le Risk Management doit nous aider à prendre
les bonnes décisions et aller au-delà des
schémas classiques » affirme sans ambages
Lionel Bessard.
« Le management des risques, c’est tout revi-
siter en permanence. Nos marges de progression
sont explicites : accélérer sur la transversalité et
sortir des anciens dispositifs en silo ; épauler
le marketing avec une logique d’intelligence
économique pour l’aider à fournir au Comité de
Direction des éléments d’aide à la décision, et
qui sait, devenir, comme chez Airbus Group une
Direction du Management des Risques et des
Opportunités » conclut Xavier Mary.
PILOTE DE L’AMRAE EN RÉGION RHÔNE-ALPES
C’est à Xavier Mary que l’AMRAE a confié, en juin 2013, l’ouverture de sa première antenne régionale. Épaulé par Samiha Viand, Directrice Gestion des Risques et Assurances de l’OPAC du Rhône : « Elle est très axée sur la
partie assurance, moi plutôt sur l’ERM, notre cockpit est idéal » sourit-il. « Nous avons structuré un premier groupe
de travail avec Lyon Place Financière, l’institut de sciences financières et d’assurances (ISFA), le Groupement des Assureurs Lyonnais, les institutions locales. Avec une vingtaine d’adhérents de l’AMRAE dans la région, nous travaillons dans deux directions : - détecter les attentes des membres quant à l’apport de contenu sur des sujets purement locaux.
- porter la parole du Risk Management dans le tissu industriel régional (PME et ETI), en ayant une articulation
vertueuse avec les acteurs économiques rhônalpins qui y travaillent - chacun sous leur propre prisme - depuis
longtemps.»
« Le management
des risques, c’est tout
revisiter en permanence »
Xavier Mary
Anne-Lise Pêche,
Responsable juridique
et assurance
LES DISPOSITIFS COURTAGE ET ASSURANTIELS
« Besse, Marsh Lyon et Filhet-Allard
sont les principaux courtiers
d’ADL » explique Anne-Lise
Pêche, « et Zurich et
Allianz les assureurs en
Dommages Ouvrages et
perte d’exploitation.
Quant à la RC, liée
à l’aérien, nous
mutualisons nos
achats avec d’autres
aéroports pour
souscrire chez
Global Aerospace,
le spécialiste du
secteur ».
LA DMR :
AÉROPORTS DE LYON
70
POMPIERS
12
SÛRETÉ
6
RÈGLEMENTATION
1
SGS
3
JURIDIQUE
ET ASSURANCE
AÉROPORTS DE LYON
500 salariés, 5 500 emplois indirects
dont
400 chez le sous-traitant agents
de sécurité et d’embarquement.
200 entreprises implantées
ou avec employés sur le site.
Trafic passager 2013 :
8 562 298 passagers
Mouvements d’avions commerciaux
en 2013 :
58 compagnies aériennes
Trafic fret avionné 2013 :
42 159,8 tonnes
Trafic activité fret multimodal :
169 180 tonnes
Superficie :
2 000 hectares
dont
900 hectares de réserves foncières
(parmi les plus importantes d’Europe)
CARTOGRAPHIE : TROISIÈME ÉDITION ET UNE À VENIR AU KOSOVO
Initiée en 2010 par le secrétariat général, avec définition des propriétaires de risque au sein du
Comité de Direction, elle déboucha notamment sur la création de la DMR.
L’édition 2014 aura un angle plus opérationnel et descendra au niveau chefs de départements. En
outre ADL conduira une cartographie dédiée au projet du nouveau terminal T1.
ADL Management & Services, filiale ingénierie et conseil d’ADL, associée avec l’entreprise turque
LIMAK, a construit au Kosovo le nouvel aéroport de Pristina (Xavier Mary en est Administrateur) et
en assure l’exploitation. Cartographie prévue pour 2014/2015.N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
7PORTRAIT
CRIMESPHERE
La protection de votre
entreprise contre la Fraude,
commise par tous les moyens
y compris informatiques
CRIMEVAL
L’outil d’évaluation
du risque de Fraude
au sein de votre entreprise
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ILS ONT REJOINT L’AMRAE
NOUVEAUX ADHÉRENTS PARTICIPANTS DEPUIS FÉVRIER 2014
ILS ONT BOUGÉ
ADHÉRENTS AMRAE
DANS UNE NOUVELLE ENTREPRISE
Rachel GUIBERT, Directeur des Assurances Groupe - PUBLICIS
Fabien COUILLARD, Responsable Risques et Assurances - KEOLIS SA
Frédéric DE SERPOS, Directeur Assurances Groupe - CASINO GUICHARD-PERRACHON S.A.
Laurence MULLER, Risk Manager - LOUIS VUITTON
Claire ANDERSON
Resp. Régulation & Risque
POWERNEXT SA
François BARON Group Insurance manager EFERTON SERVICES SA
Arnaud BEHR Dir. Assurances VALLOUREC
Réjane BIOLET Dir. adj. Prévention lutte contre la fraude et Affaires sensibles PÔLE EMPLOI
Laurence BOGNI-BARTHOLMÉ Dir. des Risques NEXANS
Marie-Pierre BOSSARD Dir. du Credit Management et des assurances industrielles GL EVENTS SUPPORT
Anne-Laure CHOSSAT Dir. des Assurances VILLE DE LYON
Antoine DE LA CHAPELLE Dir. Juridique et Assurances LATECOERE
Carole DEMOUSSELLE Resp. Audit interne CARREFOUR BANQUE
Olivier DEVILLARD Risk Manager Adjoint BNP PARIBAS
Mouhamed DIOP Adjoint au Dir. de la Prévention des Risques BCEAO
Fanny DREYFOUS-DUCAS Coordinateur risques Groupe ERAMET
Amina ENGEL
Dir. Financier SIAT-BRAUN
Johann FERNANDEZ Resp. Département Risques et Sécurité DSI LA BANQUE POSTALE
Florence GANDUBERT Resp. des assurances LACROIX SA
Nicolas GEIGER Risk Manager ADECCO
Sandrine GOURVENNEC Dir. Juridique et Assurances ENTREPOSE CONTRACTING
Yves-Shelly IGWET Control Permanent Officer BGFI HOLDING CORPORATION SA
Georgis KOBI Internal control NESTLÉ CI
Geoffrey LAISSUS Consultant Management des Risques & Assurances SERVICES COOP DE FRANCE UNION DE COOPÉRATIVES
AGRICOLES
Angéline LUTZ
Chef de Projet
Risques & Assurance
LA BANQUE POSTALE
Florence MILIN Chargée d’affaires Assurances ERDF
Umberto MISSO Risk Manager Groupe SYSTRA SA
Philippe MONTAGNA Risk Manager SIDR
Hinde MOUNAOUIR Risk Manager BOURSE DE CASABLANCA
Laurent NIHOUL Manager ARCELORMITTAL INSURANCE CONSULTANTS S.A.
François PUPAT Dir. délégué à l’inspection générale et à l’audit CEA
Lamia RAHMOUNI Dir. Audit et Risques CAISSE DE DÉPÔT ET DE GESTION MAROC
Carine ROSE Resp. Assurances & Risques Routiers ELIOR
Gilles ROUSSEAU Dir. Pôle Programmes Dommages & Resp. Civile Groupe EDF ASSURANCES
Sylvain ROUSSEAU Dir. de l’Audit et des Risques DCNS
Constance THIVEND Chargée de mission Risk Management et Assurances NESTLÉ FRANCE SAS
Siân WILLIAMS Dir. de l’Audit Contrôle & Management des Risques Groupe ORANGE
Vous souhaitez
devenir adhérent de l’AMRAE,
contactez-nous par e-mail :
florence.tostain@amrae.frN?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
9
PATRICK LACROIX,
PRÉSIDENT DE
LA COMMISSION
AUTOMOBILE
Risk Manager depuis 2007
du Groupe IDEX (Services à
l’Energie et à l’Environnement
durable), Patrick Lacroix était
auparavant Vice-Président de
la Commission et a contribué
au Cahier Technique « Prévention des Risques Routiers en
entreprise ». Sa feuille de route : poursuivre les travaux autour
des thèmes de la Prévention et du risque routier et surtout
échanger avec les membres de la commission sur des sujets
intéressants pour partager les expériences.
ABDEL BENCHEIKH,
PRÉSIDENT DE LA
COMMISSION RISQUES
ET RESSOURCES HUMAINES
Adhérent de l’AMRAE depuis 2013,
Abdel Bencheikh, Natixis, a choisi de
donner une orientation résolument Risk
Management à la Commission Risques et
Ressources Humaines et de dérouler sa
feuille de route à travers 3 axes :
- Réaliser une Cartographie la plus exhaustive possible des risques
opérationnels rattachés au processus « gestion des ressources
humaines »,
- Définir les Indicateurs quantitatifs et qualitatifs de mesure
et de suivi des risques humains,
- Recenser les Dispositifs contribuant à la QVT et aux maitrises
des risques humains.
THOMAS SAUNIER, NOUVEAU DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DE LA FFSA
Homme de chiffres et de modélisation (Poly technique, ENSAE, Institut des actuaires), Thomas Saunier a connu
plusieurs vies professionnelles à 47 ans.
D’abord consultant au sein du groupe Francis Lefebvre, il rejoint ensuite CIRCEA (éditeur de logiciels de gestion
destinés aux compagnies d’assurances) comme Directeur commercial, puis comme Directeur des opérations.
Brièvement net-entrepreneur en 2000 (associé-cofondateur du site Assurway), il rejoint, en septembre de la même
année, la CNP (Directeur de l’actuariat central puis du pilotage et du contrôle de gestion), puis en 2004, le GPA
(Directeur général adjoint).
Successivement Directeur général adjoint de Generali Assurances et d’Assurances France Generali, holding
d’assurances du groupe en France, il rejoint le Comité de Direction générale de Generali en 2006. Thomas Saunier
était jusqu’à présent responsable des directions : particuliers, professionnels et petites entreprises, entreprises,
des opérations d’assurances, de l’indemnisation, des partenariats et des DOM-TOM. Thomas Saunier succède à
Jean-François Lequoy qui a rejoint Natixis.
BERNARD DURAND, NOUVEAU PRÉSIDENT DU GAREAT
(ASSURANCE TERRORISME) DEPUIS AVRIL 2014
Ingénieur civil des Mines et titulaire d’un DEA d’économie monétaire de Paris IX-Dauphine, Bernard Durand a
débuté son parcours professionnel en 1976 aux AGF puis à l’UAP en 1993, comme Directeur de la branche dommages
des grandes entreprises. Il a ensuite évolué au sein d’AXA Global Risks, puis AXA France. Membre du directoire des
Assurances Saint-Honoré (groupe LCF Rothschild) en 2001, il rejoint MMA en septembre 2003 comme Directeur central
marchés entreprises. Il devient Président du directoire de Covéa Risk, en charge depuis 2011 des relations grands
comptes. En 2013, il est nommé Directeur des cessions en réassurance du groupe Covéa. Il préside par ailleurs le
réseau INI (International Network of Insurance).
AMRAE
NOUVEAUX PRÉSIDENTS DE COMMISSION
EN VUEATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
10ACTEURS EN VUE
MAPFRE GLOBAL RISKS
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MAPFRE GLOBAL RISKS offre pour tous les secteurs d’activité aux grands groupes industriels,
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La confiance dans l’expertise
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DOSSIER :
RETOUR SUR LES RENCONTRES
AMRAE 2014
Risk Management Sans Frontière : une vision panoramique ……………………………………………………………………… 14
Pas de frontière pour Ly Xuan Thu
……………………………………………………………………………………………………………………… 17
Action de groupe : un nouveau dispositif législatif aux conséquences limitées
…………………………………… 18
Partir, la carte de ses risques en poche
…………………………………………………………………………………………………………… 20
Tirer la couverture à soi
………………………………………………………………………………………………………………………………………… 22
Terrorisme : utilisez le nouveau mécanisme
…………………………………………………………………………………………………… 24
Première Convention de la Francophonie :
Les routes du Risk Management d’aujourd’hui et de demain
……………………………………………………………………… 25
La crise, nouveau tremplin du Risk Management ?
………………………………………………………………………………………… 26N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
13
«
Nous vivons dans un monde
fini en terme de limites géogra-
phiques et de ressources, dans
un monde qui a rapetissé aussi
et avec une population en
augmen tation constante : autant de facteurs qui
favorisent la survenance de risques extrêmes et
intenses » déclare Gilbert Canaméras en ouver-
ture des Rencontres AMRAE.
Globalisation et intensification des risques
doivent pousser les entreprises à s’interroger
sur les limites de leur exposition mais aussi sur
le moyen de les transformer en opportunités.
C’est pourquoi le Risk Manager doit avoir une
vision globale et une connaissance approfondie
des risques pour accompagner au mieux l’entre-
prise dans ses choix de développement à long
terme : audace et confiance doivent le guider.
En introduction des débats, Henri de Castries
l’affirme « La globalisation est une chance : il
s’agit d’appréhender les transformations à grande
vitesse de notre monde comme vecteur d’oppor-
tunités et ne pas avoir peur du changement pour
pouvoir découvrir des mondes nouveaux… »
GLOBALISATION ET RISQUES
DE FRAGMENTATION
« Depuis 1979, notre monde change tous les
10 ans environ », analyse Jean-David Levitte,
diplomate. « Il est devenu a-polaire avec des
tendances polycentriques. Aucune grande puis-
sance ne veut ni ne peut plus être le gendarme
du monde mais chacun voudrait bien exercer sa
« suzeraineté » sur sa zone… »
Le danger vient bien d’un manque de gouver-
nance au niveau mondial multipliant les risques
de fragmentation comme au Proche Orient.
Partageant cette analyse, Denis Kessler y ajoute
les menaces de populisme et les tentations
de repli protectionniste comme « facteurs de
craquements » alors que l’évolution des institu-
tions va dans le sens d’une convergence accrue
et de nouvelles régulations.
INTERDÉPENDANCE ACCRUE
ET INTERCONNEXION
Arnaud Vaissié, PDG d’International SOS,
commente « Nous sommes dans un monde
interconnecté et mobile. La progression phéno-
ménale des investissements à l’étranger et la
mobilité des personnes font peser des risques
sans précédent pour l’ensemble des entreprises
comme l’illustre particulièrement le cas des
pandémies (SRAS en 2003). »
C’est aussi cette interdépendance qui amplifie
les impacts et les conséquences financières des
sinistres : Bernard Spitz, Président de la FFSA,
rappelle que les inondations en Thaïlande ont
quasi bloqué la production de disques durs au
niveau mondial, ce que confirme Denis Kessler
« les zones industrielles étaient installées dans
les rizières » en soulignant que le coût pour
SCOR a été plus élevé que le tsunami japonais…
PAYS ÉMERGENTS :
UN NOUVEAU RISQUE ?
Selon Stéphane Pallez, Présidente de la CCR,
« ces pays représentent 50 % du PIB mondial en
2013 (seulement 37 % en 2000) et 30 % de la
capitalisation boursière mondiale. Ce terme de
pays émergents recouvre par ailleurs des situa-
tions hétérogènes. »
RISK MANAGEMENT SANS FRONTIÈRE :
UNE VISION PANORAMIQUE
La gestion des risques est synonyme de création de valeur, la croissance à l’international est
une nécessité vitale pour les entreprises : les Risk Managers doivent anticiper, comprendre et
s’approprier ces enjeux de l’international pour aider leurs dirigeants dans la définition et la mise
en œuvre de leur stratégie.
Avec Risk Management Sans Frontière, le Comité Scientifique Permanent a voulu que cette
22
e
édition élargisse et enrichisse par une vision globale et à long terme les connaissances et
perception des participants.
TOP 5 DES RISQUES
À L’INTERNATIONAL
1 Cat’Nat
2 Risques politiques
3 Risques numériques
4 Supply chain
5 Pandémies
Gilbert Canaméras ouvrant
cette 22
e
éditionATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
14DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
Lionel Zinsou, Pai Partners, estime pour sa part
« qu’il s’agit d’un concept trop rudimentaire
et condescendant de la part des occidentaux
oubliant parfois que ceux qu’ils disent émer-
gents sont plutôt “renaissants”. Ainsi l’Europe
est la seule zone qui ignore encore le dévelop-
pement de l’Afrique alors que c’est le continent
dont la croissance du PIB progresse le plus. »
Alors que 40 % des échanges mondiaux se font
entre pays « émergents », le risque pourrait être
pour l’Occident de voir ces pays organiser leurs
propres règles et leur propre gouvernance.
Même s’il partage cette analyse, Louis Habib de
Loncle plaide pour la voie du partenariat : face
à des besoins d’assurance qui se font jour et
dont la croissance sera tirée par les entreprises
internationales, les solutions de financement
devront être mises en place localement. Autant
que l’Europe puisse au moins aider ces pays
à ne pas mettre un frein à leur croissance en
évitant la prolifération règlementaire !
LES ZONES DE CROISSANCE ET…
L’EUROPE
Face au dynamisme de l’économie chinoise et à
la formidable reprise aux Etats-Unis, l’Europe
et la France apparaissent plutôt en retard.
Jean-David Levitte commente : « La France a le
grand défaut de se voir toujours en déclin. Peut-
être un manque de confiance ? Et d’audace ? »
Pointant la désinflation persistante en Europe
(comme au Japon d’ailleurs), Ludovic Subran,
Euler Hermes, souligne : « Les conditions d’at-
tractivité et de compétitivité sont effectivement
loin d’être remplies pour permettre aux entre-
prises françaises de déployer leurs atouts. Il n’en
reste pas moins que les entreprises résilientes,
ont su saisir leurs opportunités et gérer leurs
risques afin de s’internationaliser… »
Avec des prévisions de croissance de 8 % par an
sur les dix prochaines années, M. Xin Wang,
Directeur Général de Ping AN (2
e
société d’as-
surance sur le marché chinois) se dit convaincu
que cela apportera des opportunités de
développement aux assureurs surtout avec
la volonté affichée par le gouvernement de
moindre intervention dans les affaires écono-
miques pour laisser la prééminence au marché.
MARCHÉ DE L’ASSURANCE :
NOUVELLE DONNE POUR DE
NOUVEAUX BESOINS
Robert Benmosche, PDG d’AIG depuis 2009,
se dit « fier de lui avoir rendu sa place dans les
premières compagnies d’assurance » et de l’avoir
dotée d’une organisation globale et efficace
pour mettre toutes ses ressources mondiales
au service d’un marché local et entend bien
jouer son rôle de « global player » notamment
en France qui est le 4
e
marché d’AIG.
Denis Kessler souligne pour sa part « la néces-
sité pour les entreprises d’avoir une vision
globale de leur exposition au niveau mondial
notamment en terme de Cat’Nat’ : c’est ce que
permettent l’organisation et la structure de SCOR
via des modélisations très affinées. »
AFFRONTER LE CHANGEMENT
CHEZ AIR FRANCE : HUMILITÉ,
AUDACE ET CONFIANCE
Alexandre de Juniac, PDG d’Air France-KLM,
a livré les quelques clés de la restructuration
qu’il conduit au sein de la compagnie aérienne
profondément traumatisée par l’Accident de
Rio en 2009 : « Dans une entreprise où la sécurité
doit être est l’obsession permanente de chacun
des collaborateurs, le traitement de cet accident
s’est fondé sur la vérité absolue, la transparence
totale, un rythme soutenu et une discipline de
fer pour réviser toutes nos procédures et nos
entrainements. C’est cette même transparence
sur l’état de l’entreprise, qui a permis à tous
les salariés et leurs représentants de partager le
diagnostic de l’urgence à se réinventer. »
Retour et partage d’expérience, pédagogie et
communication sur les risques : une conclusion
qui n’a surpris personne dans l’auditoire…
Alexandre de JuniacLionel Zinzou
Arnaud VaissiéDenis Kessler
Louis Habib Xin Wang Robert Benmosche
Stéphane PallezJean-David Levitte Bernard Spitz
Ludovic Subran
Henri de Castries
L’Application « Rencontres AMRAE »
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et BlackBerry App World.N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
15DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014 16DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
UN TERREAU FERTILE POUR
LE RISK MANAGEMENT
D
ans un pays qui est passé en moins de 20 ans
d’une économie communiste alignée sur le ré-
gime de Moscou à une économie libéralisée,
mais toujours dans un régime politique à parti
unique, le Risk Management et les Risk Mana-
gers se fraient un chemin rapide, non dénué d’embûches.
Membre de l’OMC, le Vietnam est considéré comme un
marché ouvert avec un cadre juridique et fiscal parmi
les plus libéraux d’Asie.
Après une vague sans précédent de privatisations (qui
continueront jusqu’en 2020), les entreprises vietna-
miennes se sont rapidement trouvées à court de cash
et ont fait appel aux capitaux étrangers.
Fusions et acquisitions se sont alors enchaînées dans tous
les secteurs, y compris dans l’assurance. En 2013, les
investisseurs étrangers, issus de 54 pays, initièrent 1 200
nouveaux projets en injectant plus de 22 milliards US$.
Cette croissance rapide et l’arrivée d’entreprises étran-
gères aux pratiques confirmées de management des
risques ont créé des conditions favorables pour le Risk
Management et l’assurance « non-vie ».
Néanmoins, comme en Europe, l’instabilité législative
et juridique y est forte et l’environnement économique
fluctuant. Dans ce pays sujet aux catastrophes natu-
relles climatiques, les pertes financières afférentes y
sont potentiellement très lourdes tant pour les entre-
prises locales que pour leurs clients internationaux.
Corollaire de cette croissance rapide, le vice-Premier
ministre a lancé un vaste programme de lutte contre la
corruption.
Vina Capital, fonds d’investissement vietnamien, est, au
travers de ses activités assurantielles, l’un des acteurs
locaux du marché non vie de l’assurance au Vietnam avec
4 % de part de marché.
« D’une part, parce que le Risk Management fait partie
de la culture managériale des sociétés étrangères qui
opèrent au Vietnam. Celles-ci déploient, en l’adaptant à
la culture locale, une gestion des risques qui repose prin-
cipalement sur trois piliers : la conformité légale et les
dispositifs anticorruption, la traque de la non-qualité et
la protection des personnels.
PAS DE FRONTIÈRE
POUR LY XUAN THU
1
Pan Asia Risk & Insurance Management Association
Ly Xuan THU,
Directrice des risques
et de la conformité de
Vina Capital.
Salaire
annuel moyen :
1960 US$
(14 fois plus
qu’en 1992)
Taux d’assurance
des particuliers :
1,6 %
Investisseurs
majeurs :
Japon,
Corée du Sud,
Chine
Si Risk Management sans Frontière devait avoir un visage, cela pourrait être celui de Ly Xuan
THU. Intervenante de l’atelier Vietnam piloté par Franck Baron, Président de Parima
1
, la Risk
Manager de Vina Capital a traversé la mer de Chine et quelques continents pour participer cette
année à l’atelier « Année du Vietnam ».
« La gestion des risques
est embryonnaire
au Vietnam, mais elle
progresse rapidement
sous l’influence de
deux facteurs. »
LE MARCHÉ DE L’ASSURANCE AU VIETNAM
En décembre 2011, un décret confirme
la possibilité pour les assureurs étran-
gers de couvrir le risque d’entreprise, alors
que la couverture de nombres de risques
d’entreprise était rendue obligatoire.
Le marché des services assurantiels
reste néanmoins assez protectionniste
(cf. présentation B01 des Rencontres).
En décembre 2012, un second cadre règlementaire
pose des bases fortes du « développement des com-
pétences financières, de gouvernance d’entreprise,
de risk management et de qualité de service ».
16 compagnies en vie, 29 en non-vie, 2 réassureurs
et 11 courtiers.
5 compagnies se partagent 68,3 % du marché.N°1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
17DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
D’autre part, les parcours universitaires et profes-
sionnels des dirigeants vietnamiens d’entreprises
les ont familiarisés à la nécessité et la valeur ajou-
tée du Risk Management. Nombre de financiers
ont, comme moi, débuté dans un grand cabinet
de conseil et d’audit. Coso 3, Cartographie, ISO
30001 ont fait, à un moment ou un autre, partie
de notre alphabet.
J’ai en effet passé 13 ans chez les big 4 (EY et PwC)
au Vietnam, en Thaïlande et à Singapour. Membre
de Parima depuis 2013, j’en suis Administratrice
depuis le début de l’année.
Une association de Risk Managers est par essence
un melting pot où tous échangent des bonnes
pratiques issues de leurs expériences. A Parima,
je croise au board un Belge, deux Français bien
connus à l’AMRAE [ndlr : Franck Baron et Juliette
Gelpi], une Indienne, un Malaisien, un Taiwanais,
deux Chinois et un Américain. Le cross-fertilization
est une réalité quotidienne.
J’ai rejoint, il y a moins d’un an, Vina Capital où
je dois à la fois mettre en place la fonction Risk
Management dans le fonds et veiller à ce que ses
participations soient conformes au cadre légal. »
« Mais », conclut-elle, « je veux aller au-delà des
strictes obligations légales. »
« Je veux comprendre
comment les Français
implantent leur ERM
dans les filiales étrangères.
C’est pourquoi j’assisterai
à l’atelier ERM et Culture
Pays. »
Interview réalisée le 5 février
C’
est peu dire que les associations de consommateurs attendaient de-
puis longtemps la possibilité de mener des actions de groupe. C’est
désormais chose faite avec la loi Hamon sur la consommation adop-
tée en février dernier par le Parlement. Pour les entreprises, il faut
désormais tenir compte de cette nouvelle réglementation dans leur
gestion de risque : « Le degré de préparation dépend de l’intensité du risque. Si une en-
treprise vend beaucoup de produits peu chers, les risques sont plus élevés : le nombre de
clients est important et ceux-ci n’hésiteront plus à se joindre à une action de groupe même
pour récupérer quelques euros. L’entreprise va devoir chercher ses propres failles. Se mettre
à la place de l’association et regarder par exemple si telle clause d’un contrat est per-
ACTION
DE GROUPE :
UN NOUVEAU
DISPOSITIF LÉGISLATIF
AUX CONSÉQUENCES
LIMITÉES
La Loi Hamon adoptée en février dernier permet désormais
aux consommateurs français de se regrouper pour
demander réparation d’un préjudice. Mais son application
reste très encadrée et devrait avoir peu d’impact sur les
entreprises et leur programme d’assurance.
UNE NOUVELLE PROBLÉMATIQUE POUR RAPPROCHER
RISK MANAGER ET DIRECTION JURIDIQUE
Si la direction juridique est l’une des interlocutrices du Risk Manager, les
relations entre les deux parties manquent parfois de fluidité : « Les directions
juridiques ne dialoguent pas suffisamment avec le Risk Manager alors que
paradoxalement le risque juridique est partout et même de plus en plus fort avec
le développement des atteintes à l’image ou à la réputation » souligne Garance
Mathias, avocate au barreau de Paris. Celle-ci préconise donc de profiter de tout
nouveau risque identifié comme celui des actions de groupe pour amorcer ou
accentuer le rapprochement : « Il est encore difficile de savoir quels vont être les
impacts des actions de groupe. Mais les entreprises qui sont sur des secteurs BtoC
doivent se sentir particulièrement concernées. Au Risk Manager et à la direction
juridique de réfléchir ensemble à la manière d’aborder cette problématique ». Mais
conclut-elle : « Ce rapprochement doit aussi être impulsé par le haut. Les comités
de direction sont une bonne occasion de mener ses actions transversales ». ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
18DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
Stéphane Choisez,
Avocat au barreau de Paris
Anne-Claire Maniez,
Modératrice de l’atelier
Class Action aux Rencontres
et responsable du
département Assurance,
Bouygues Télécom
tinente » souligne Stéphane Choisez, avocat au barreau
de Paris. « C’est un nouveau moyen d’action donné aux
consommateurs et il y a forcément une vigilance à avoir
mais toutes les entreprises qui font du BtoC sont déjà très
vigilantes. Il ne faut pas s’alarmer outre mesure car les
sociétés potentiellement concernées sont déja bien sensi-
bilisées » temporise Anne-Claire Maniez, modératrice de
l’atelier Class Action aux Rencontres et responsable du
département Assurance de Bouygues Télécom. Elle n’est
d’ailleurs pas la seule à estimer que l’impact de la loi de-
vrait être limité.
SANTÉ ET ENVIRONNEMENT
NE SONT PAS CONCERNÉS
Car pour éviter les dérives à l’américaine, le législa-
teur stipule que l’action de groupe doit être menée par
l’une des 15 associations de consommateurs agréées.
Autre différence fondamentale avec les États-Unis,
l’adoption du principe de l’opt-in. Seuls les clients qui
se feront connaître après le jugement seront indem-
nisés. Et l’argent qui n’aura pas été réclamé restera à
l’entreprise. Alors que le système états-unien repose
sur l’opt-out qui permet à tous les consommateurs lésés
d’être remboursés. Enfin, la procédure a été circonscrite
à « la vente de biens ou la fourniture de services », et vise
uniquement la réparation des « préjudices patrimoniaux
résultant des dommages matériels subis par les consom-
mateurs ». Elle exclut donc le domaine des dommages
corporels (santé notamment) et celui des dommages sur
l’environnement. Du côté des associations de consom-
mateurs, il se dit que les premières actions de groupe
pourraient voir le jour dans les prochaines semaines
pour des dossiers concernant l’automobile, le logement
et les assurances. De ce fait, certains experts tablent
sur une trentaine d’actions de groupe par an. Mais au vu
des expériences européennes (voir encadré) ce chiffre
semble bien élevé.
« Il ne faut pas s’alarmer
outre mesure car nous sommes
déjà bien responsabilisés »
Anne-Claire Maniez
A LIRE
LA GESTION DU RISQUE
JURIDIQUE DANS L’ENTREPRISE
Fruit d’une étude des avocats
du cabinet FIDAL menée pour l’AMRAE,
l’ouvrage synthétise le processus
de gestion des risques en matière juridique.
Collection AMRAE DIALOGUER
Décembre 2012 - 25 euros
PEU DE DÉBORDEMENTS
DANS LE RESTE DE L’EUROPE
La France n’est pas le premier pays européen à adopter
une loi sur les actions de groupe. L’Allemagne, le
Portugal, la Suède... ont déjà mis en place ce type
de procédure. Par ailleurs, en 2008, la Commission
européenne a fait une étude d’impact pour savoir
ce qu’il se passerait si tous les pays membres
introduisaient un dispositif d’action de groupe :
« L’incidence serait nulle pour l’économie des pays et
il n’y aurait pas d’explosion des risques judiciaires. La
Suède qui est l’un des pays où il y a le plus d’actions
de groupe n’en compte que 2 ou 3 par an et encore
certaines d‘entre elles sont in fine non pas traitées
par le Juge mais par un Ombudsman, agissant plutôt
comme médiateur » explique Christophe Pardessus,
Directeur des Sinistres pour l’Europe continentale
chez Marsh. Quant aux programmes d’assurance,
le courtier se veut également rassurant : « Il n’y a
aucun sinistre signalé sous forme d’actions de groupe
et pas d’incidence identifiée sur les taux de primes ou
les capacités disponibles ».N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
19DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
L
es ETI sont aujourd’hui au cœur de
toutes les attentions car leurs déve-
loppement et assise à l’international
permettraient de redonner des couleurs
à la balance commerciale hexagonale.
Plus une PME, mais pas encore un grand groupe,
elles souffrent pourtant de cette position
d’entreprise « intermédiaire ». « Quand on
les observe de près on se rend compte que ces
entreprises ont atteint en réalité une taille
mature. 80 % sont des entreprises patrimo-
niales », rappelle Antoine Guérin qui dirige
Brandformula consulting, cabinet de conseil
en marketing-commercial auprès des profes-
sionnels de l’assurance d’entreprise.
En s’internationalisant, les entreprises devien
nent plus matures. Elles s’exposent alors à des
risques qu’elles maîtrisent mal. Et à la diffé-
rence de l’Allemagne - dont le « Mittelstand »
(nébuleuse d’ETI) chasse en meute sur les
marchés mondiaux - les entreprises hexago-
nales font souvent cavaliers seuls quand elles
se lancent à l’international et sont, par consé-
quent, plus exposées aux risques. « Un patron
d’ETI française racontait récemment que lors
de la foire textile en Chine, la grande diffé-
rence entre les exposants allemands et français
résidait dans le fait que tous les allemands
étaient dans le même hall donnant ainsi une
vrai impression de puissance. Les français,
quant à eux, étaient disséminés dans la totalité
des halls », illustre ainsi François Cottignies,
Administrateur indépendant (IFA), membre
du comité scientifique permanent de l’AMRAE
et actuellement Administrateur de Thoiry.
A la différence des grands groupes industriels,
rodés aux problématiques de Risk management,
les ETI ont une tolérance au risque plus faible.
Moins expertes en la matière, elles ont souvent
la tête dans le guidon pour maintenir leurs parts
de marchés. En interne, le responsable des
risques est souvent le PDG lui-même car c’est lui
qui engage le risque stratégique dont la gestion
est ensuite répartie entre les directions juridique
et financière. Mais dans les plus grandes ETI, les
dirigeants ont rarement une bonne visibilité
sur toutes les strates de leur entreprise, d’où la
nécessité de créer une fonction transverse de
Risk Management.
SUPPLY CHAIN :
IDENTIFIER LES MAILLONS
« Une ETI va toujours être un maillon d’un process
de production quelque part donc va automatique-
ment s’intégrer dans une Supply chain. Elle aura
donc à gérer deux problématiques : sa situation
dans la supply chain globale et sa propre supply
chain », résume Frédéric Jousse, Directeur du
pôle maritime & logistique de Bessé. Un vrai
challenge pour ces entreprises qui doivent
suivre le rythme effréné imposé par la mondia-
lisation des échanges. Un évènement comme
l’effondrement d’une usine de textile sous-trai-
tante de marques françaises au Bangladesh, a
démontré qu’une identification des risques en
amont en fonction des différents fournisseurs
de la Supply chain était devenue indispen-
sable. « Les entreprises, quelles que soient
leurs tailles, ne peuvent plus ignorer ceux avec
qui elles travaillent, que ce soit en amont ou en
aval car ils font aujourd’hui partie de l’iden-
tité de l’entreprise », poursuit t’il. Afin de se
prémunir contre les risques de Supply chain,
plusieurs solutions commencent à émerger au
PARTIR, LA CARTE
DE SES RISQUES EN POCHE
En s’ouvrant à l’international pour aller chercher de la
croissance, les ETI ouvrent leurs portes à des risques nouveaux.
Parmi eux, les problématiques liées à la gestion de la Supply
chain et à la culture pays.
QU’EST-CE QU’UNE ETI
SELON L’INSEE ?
Les ETI constituent une catégorie
d’entre prises intermédiaire entre les
PME et les grandes entreprises
Une ETI est une entreprise qui a
entre 250 et 4 999 salariés, un chiffre
d’affaires n’excédant pas 1,5 milliard
d’euros et un total de bilan n’excédant
pas 2 milliards d’euros.
Une entreprise qui a moins de
250 salariés, mais plus de 50 millions
d’euros de chiffre d’affaires et plus
de 43 millions d’euros de total de bilan
est aussi considérée comme une ETI.
« La force de l’Allemagne c’est son Mittelstand »
François Cottignies,
Membre du comité
permanent de l’AMRAE, Administrateur
indépendant (IFA)
« Une ETI va toujours être un maillon d’un process de production quelque part donc va automatiquement s’intégrer dans une Supply chain »
« Les entreprises ne peuvent plus ignorer ceux avec qui elles travaillent, que ce soit en amont ou en aval car ils font aujourd’hui partie de l’identité de l’entreprise »
Frédéric Jousse, Directeur du pôle maritime
& logistique de Bessé PARTAGE RÉSEAU COMPÉTENCES BEST PRACTICES FORMATION VALUE ADDED PUBLICATION PERFORMANCE NETWORK
MEXIQUE
USA
CANADA
QUEBEC
PEROU
SINGAPOUR
CAMBODGE
THAÏLANDE
VIETNAM
INDONÉSIE
CHINE JAPON
CORÉE
FRANCE
UK
ESPAGNE
ALLEMAGNE
SUISSE
ITALIE
RUSSIE
POLOGNE
BRUXELLES
SCANDINAVIE
(FINLANDE, SUÈDE,
NORVÈGE, DANEMARK)
MAROC
TUNISIE
BRÉSIL
ARGENTINE
AFRIQUE DU SUD
AUSTRALIE
SÉNÉGAL
GABON
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
CONGO
LIBAN
LAOS
HAÏTI
CÔTE D’IVOIRE
MADAGASCAR
IFRIMA (International Federation of Risk and Insurance Management Associations)
FERMA (Federation of European Risk Management Associations)
RIMS (The Risk Management Society)
PARIMA (Pan Asia Risk & Insurance Management Association)
Communauté francophone du Risk Management
LES RÉSEAUX
HONG-KONG
LES ROUTES DU
RISK MANAGEMENT
D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN
FEUILLE DE ROUTE DU
RISK MANAGEMENT
LE RISK MANAGEMENT
1. permet de prévenir les risques au lieu de les subir
2. optimise le niveau de prévention, de maitrise interne des risques
3. transfère aux marchés les risques utiles à son développement, à sa
protection
4. permet aux dirigeants de prendre des risques à un niveau acceptable pour
l’organisation
5. concourt à la performance de l’organisation
Le Risk manager, selon les organisations, assume tout ou partie du
Risk management, dont les activités sont définies dans le
référentiel métier du Risk manager
QUẢN LÝ RỦI RO
1. Giúp ngăn ngừa hơn là duy trì rủi ro
2. tối ưu hóa mức độ phòng ngừa, kiểm soát rủi ro
3. Thuyên chuyển các rủi ro liên quan đến sự phát triển và tồn tại của tổ chức
cho các nhà bảo hiểm
4. cho phép các nhà quản lý xác định các loại rủi ro ở mức chấp nhận cho tổ
chức
5. góp phần vào quá trình phát triển của doanh nghiệp
Tùy từng nơi, trưởng phòng quản lý rủi ro đảm trách tất cả hay một phần của
quy trình quản trị rủi ro được xác định trong cơ cấu quản trị rủi ro
Risk manager framework
THE RISK MANAGEMENT
1. allows to prevent rather than sustain risks
2. optimizes the level of prevention and internal risk control
3. transfers risks relevant for the development and protection of the company to
insurance markets
4. enables management to take risks at a level acceptable for the company
5. contributes to the performance of the company
Depending on the company, the Risk manager takes responsibility for all or part
of Risk management, which comprises in the
Risk manager framework
风险管理
. 预防风险发生,而不是简单承保
. 优化防治水平,内部风险控制,
. 将市场风险转化为与公司发展和保护相结合
. 使管理人员能够承担公司可接受的风险水平
. 有助于组织经营
根据企业情况,风险管理人负责部分或所有的风管人框架中所列明的风险管理内容
Risk manager framework
LA GERENCIA DE RIESGOS
1. previene la ocurrencia de riesgos y evita sufrir sus consecuencias
2 . optimiza los niveles de prevención y de control interno de los riesgos
3. transfiere a los mercados aseguradores los riesgos considerados útiles a su
desarrollo y protección
4. permite a los dirigentes societarios asumir riesgos a un nivel aceptable para
la Compañía
5 . contribuye a una mayor eficiencia de la Compañía
El gerente de riesgos, dependiendo de la Compañía de que se trate, asumirá
toda o parte de la Gerencia de los Riesgos, cuyas actividades se encuentran
recogidas en la guía profesional de gerencia de riesgos
Risk manager framework
DAS RISIKOMANAGEMENT
1. ermöglicht Risiken zu verhindern anstatt sie hinzunehmen
2. optimiert die Stufe der Prävention, die interne Risikosteuerung
3. übertragung der zu seiner Entwicklung und seinem Schutz relevanten
Risiken an die Märkte
4. ermöglicht den Führungskräften Risiken auf sich zu nehmen, die für die
Organisation zumutbar sind
5. trägt zur organisatorischen Leistung bei
Je nach Unternehmen übernimmt der Risk Manager ganz oder teilweise das
Risikomanagement, dessen Aktivitäten im Handbuch des Risikomanagers
definiert werden
Risk manager framework
A GERÊNCIA DE RISCOS
1 . ajuda a evitar o risco e a não sofrer as suas conseqüências
2. otimiza o nível de prevenção e os controles de risco internos
3. transfere para os mercados de seguro os riscos mais importants para o de-
senvolvimento e a proteção da empreas
4. permite aos gestores assumir um nível de riscos aceitável para a organização
5. contribui para o desempenho da empresa
Dependendo da empresa, o Risk Manager assume a totalidade ou parte das
atividades de gerência de riscos. Suas responsabilidades são definidas no doc-
umento de referência sobre a gerência de riscos
Risk manager framework.ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
20DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
sein des groupes industriels, « un grand groupe
peut proposer à ses sous-traitants de cotiser à
une garantie groupe. Chaque sous-traitant se
verra ainsi débité, sur le montant de sa presta-
tion, d’une prime d’assurance lui permettant
de bénéficier d’une garantie globale. De plus
en plus, on va se tourner vers ce type de solu-
tions car il sera toujours très difficile de pouvoir
maîtriser à 100 % les risques encourus dans le
cadre d’une Supply chain », explique Frédéric
Jousse. Qu’ils soient économique, liés à la
qualité, politique, social ou encore géogra-
phique, les critères à prendre en compte dans
ce risque sont nombreux et rares sont les indus-
triels qui parviennent aujourd’hui à en donner
une traçabilité parfaite. « L’identification est un
problème majeur », confirme Frédéric Jousse.
PSA ET LA LEÇON DE FUKUSHIMA
Mais il est parfois difficile de gérer l’ingé-
rable. On se souvient que suite à l’accident
nucléaire de Fukushima au Japon le 11 mars
2011, de nombreux industriels et notamment
des constructeurs automobiles, avaient subi
d’importantes ruptures d’approvisionnement
provoquées par des carences fournisseurs d’une
ampleur inédite et, in fine, entraîner des pertes
d’exploitation. PSA a été l’une des victimes de
cet « effet papillon », contraint ainsi de ralentir
le rythme de production de ses véhicules diesel
à cause d’une pièce manquante que fabriquait
Hitachi dans la zone sinistrée par le tsunami.
« La crise de Fukushima mais aussi la crise
tunisienne ont provoqué une réelle prise de
conscience dans toute l’entreprise, tant sur la
LE SAVIEZ-VOUS ?
On compte 4 600 ETI en France
contre
13 000 en Allemagne,
11 000 au Royaume Uni,
10 000 en Italie.
65 % des ETI comptent moins
de
500 salariés et 230 sont cotées
61 % des 4 600 ETI françaises
cantonnent leur activité à
l’Hexagone, selon une enquête
réalisée par Bpifrance et la Direction
générale de la compétitivité,
de l’industrie et des services (DGCIS)
du ministère de l’Économie.
AIDES ET SUBVENTIONS POUR LIMITER
LES RISQUES FINANCIERS
L’Assurance Prospection de COFACE est le dispositif de référence. Il permet de se
voir garantir jusqu’à 75 % de son budget annuel de prospection, versés sous forme
d’indemnités et remboursés par l’entreprise uniquement en cas de réussite de sa
prospection à l’étranger.
Le crédit d’impôt export, mécanisme étatique, permet de bénéficier d’un crédit d’impôt
de 40 000 € maximum (soit 50 % d’une assiette de dépenses de 80 000 €). Déclenché
par un recrutement dédié au développement des exportations, il est complémentaire de
l’Assurance Prospection et peut être utilisé simultanément, en prenant en charge des
dépenses différentes.
Les nombreuses aides régionales, départementales, interprofessionnelles et autres,
souvent plus ciblées, réservées à des secteurs spécifiques ou associées à des dépenses
bien particulières. Sous forme de subventions ou d’avances remboursables, elles ne
s’élèvent en général qu’à quelques milliers d’euros mais permettent le financement
d’actions ponctuelles.
Source : Global Approach Consulting
« Corruption,
complexité admini
strative, casse-tête
fiscal, cybercriminalité,
l’entreprise doit jongler
avec une multitude de
données spécifiques
en fonction des pays » PARTAGE RÉSEAU COMPÉTENCES BEST PRACTICES FORMATION VALUE ADDED PUBLICATION PERFORMANCE NETWORK
MEXIQUE
USA
CANADA
QUEBEC
PEROU
SINGAPOUR
CAMBODGE
THAÏLANDE
VIETNAM
INDONÉSIE
CHINE JAPON
CORÉE
FRANCE
UK
ESPAGNE
ALLEMAGNE
SUISSE
ITALIE
RUSSIE
POLOGNE
BRUXELLES
SCANDINAVIE
(FINLANDE, SUÈDE,
NORVÈGE, DANEMARK)
MAROC
TUNISIE
BRÉSIL
ARGENTINE
AFRIQUE DU SUD
AUSTRALIE
SÉNÉGAL
GABON
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
CONGO
LIBAN
LAOS
HAÏTI
CÔTE D’IVOIRE
MADAGASCAR
IFRIMA (International Federation of Risk and Insurance Management Associations)
FERMA (Federation of European Risk Management Associations)
RIMS (The Risk Management Society)
PARIMA (Pan Asia Risk & Insurance Management Association)
Communauté francophone du Risk Management
LES RÉSEAUX
HONG-KONG
LES ROUTES DU
RISK MANAGEMENT
D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN
FEUILLE DE ROUTE DU
RISK MANAGEMENT
LE RISK MANAGEMENT
1. permet de prévenir les risques au lieu de les subir
2. optimise le niveau de prévention, de maitrise interne des risques
3. transfère aux marchés les risques utiles à son développement, à sa
protection
4. permet aux dirigeants de prendre des risques à un niveau acceptable pour
l’organisation
5. concourt à la performance de l’organisation
Le Risk manager, selon les organisations, assume tout ou partie du
Risk management, dont les activités sont définies dans le
référentiel métier du Risk manager
QUẢN LÝ RỦI RO
1. Giúp ngăn ngừa hơn là duy trì rủi ro
2. tối ưu hóa mức độ phòng ngừa, kiểm soát rủi ro
3. Thuyên chuyển các rủi ro liên quan đến sự phát triển và tồn tại của tổ chức
cho các nhà bảo hiểm
4. cho phép các nhà quản lý xác định các loại rủi ro ở mức chấp nhận cho tổ
chức
5. góp phần vào quá trình phát triển của doanh nghiệp
Tùy từng nơi, trưởng phòng quản lý rủi ro đảm trách tất cả hay một phần của
quy trình quản trị rủi ro được xác định trong cơ cấu quản trị rủi ro
Risk manager framework
THE RISK MANAGEMENT
1. allows to prevent rather than sustain risks
2. optimizes the level of prevention and internal risk control
3. transfers risks relevant for the development and protection of the company to
insurance markets
4. enables management to take risks at a level acceptable for the company
5. contributes to the performance of the company
Depending on the company, the Risk manager takes responsibility for all or part
of Risk management, which comprises in the
Risk manager framework
风险管理
. 预防风险发生,而不是简单承保
. 优化防治水平,内部风险控制,
. 将市场风险转化为与公司发展和保护相结合
. 使管理人员能够承担公司可接受的风险水平
. 有助于组织经营
根据企业情况,风险管理人负责部分或所有的风管人框架中所列明的风险管理内容
Risk manager framework
LA GERENCIA DE RIESGOS
1. previene la ocurrencia de riesgos y evita sufrir sus consecuencias
2 . optimiza los niveles de prevención y de control interno de los riesgos
3. transfiere a los mercados aseguradores los riesgos considerados útiles a su
desarrollo y protección
4. permite a los dirigentes societarios asumir riesgos a un nivel aceptable para
la Compañía
5 . contribuye a una mayor eficiencia de la Compañía
El gerente de riesgos, dependiendo de la Compañía de que se trate, asumirá
toda o parte de la Gerencia de los Riesgos, cuyas actividades se encuentran
recogidas en la guía profesional de gerencia de riesgos
Risk manager framework
DAS RISIKOMANAGEMENT
1. ermöglicht Risiken zu verhindern anstatt sie hinzunehmen
2. optimiert die Stufe der Prävention, die interne Risikosteuerung
3. übertragung der zu seiner Entwicklung und seinem Schutz relevanten
Risiken an die Märkte
4. ermöglicht den Führungskräften Risiken auf sich zu nehmen, die für die
Organisation zumutbar sind
5. trägt zur organisatorischen Leistung bei
Je nach Unternehmen übernimmt der Risk Manager ganz oder teilweise das
Risikomanagement, dessen Aktivitäten im Handbuch des Risikomanagers
definiert werden
Risk manager framework
A GERÊNCIA DE RISCOS
1 . ajuda a evitar o risco e a não sofrer as suas conseqüências
2. otimiza o nível de prevenção e os controles de risco internos
3. transfere para os mercados de seguro os riscos mais importants para o de-
senvolvimento e a proteção da empreas
4. permite aos gestores assumir um nível de riscos aceitável para a organização
5. contribui para o desempenho da empresa
Dependendo da empresa, o Risk Manager assume a totalidade ou parte das
atividades de gerência de riscos. Suas responsabilidades são definidas no doc-
umento de referência sobre a gerência de riscos
Risk manager framework.
Les ETI ne savent pas toujours qu’elles ont droit, tout comme les PME, à de très beaux outils de financement tels que l’AP Coface et les prêts BPI international. Ces outils, très performants, font que la démarche export devient moins coûteuse en BFR et moins risquée que le développement commercial en France ».
Arnaud Leurent, Directeur du développement international de Global Approach Consulting.
« La crise de Fukushima a provoqué une réelle prise de conscience dans toute l’entreprise, tant sur la complexité croissante de notre Supply chain étendue que sur les conséquences possibles des risques pouvant affecter
la production de nos fournisseurs sur l’activité du Groupe ».
Boris Maillard, Senior manager en charge du Supply risk management,
Direction des achats du groupe, PSAN?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
21DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
L’
ETI, comme toute entreprise, doit être
consciente des risques qu’elle prend.
« C’est là où le bât blesse car on constate
que certaines ETI prennent des risques
importants sans vraiment en réaliser
l’ampleur et sans être suffisamment accom-
pagnées par des professionnels du risque »,
témoigne Antoine Guérin, Dirigeant de
Brandformula consulting. De plus, n’ayant pas
de vision globale de leurs risques et notam-
ment à l’international en ce qui concerne
leurs fournisseurs, « les ETI ne savent pas
toujours ce qui peut être assuré ou non. Elles
se tournent en général, de façon naturelle,
vers des courtiers qui ont une vision souvent
trop assurantielle au travers des risques assu-
rables », explique Rachel Balmadier, Directeur
du contrôle interne, des risques et assurances
à la Compagnies des Alpes.
Côté produits, il semble que le créneau ETI
soit quelque peu délaissé par les assureurs,
« il n’existe pas de produits dédiés et les offres
disponibles sont soit trop sophistiquées car
adressées aux entreprises du segment supérieur
qui disposent de moyens et d’outils internes
différents ou pas assez complètes car desti-
nées aux petites entreprises », confirme Odile
Lasternas-Brecy, Directeur Global Corporate
France chez Generali.
TIRER LA COUVERTURE À SOI
Identifier ses risques c’est bien, les couvrir c’est mieux. Et dans un contexte mondialisé, une ETI
qui part à la conquête de nouveaux marchés va être confrontée aux mêmes enjeux que les grands
groupes industriels. Seule différence : son mode de gouvernance, ne disposant généralement
pas des mêmes ressources en interne pour gérer à la fois les risques de façon optimale et les
couvertures d’assurance.
complexité croissante de notre Supply chain
étendue que sur les conséquences possibles
des risques pouvant affecter la production de
nos fournisseurs sur l’activité du Groupe »,
explique Boris Maillard, Senior manager
en charge de la Supply risk management à
la Direction des achats du groupe PSA. Une
prise de conscience qui a déclenché des ajus-
tements dans la stratégie globale de gestion
de risques, « à partir d’un retour d’expérience
de ces crises, les sources de risques mais aussi
leurs inducteurs ont été identifiés. Des points
de force et de faiblesse ont été identifiés, une
dizaine de grands principes simples (comman-
dements) ont été définis. Ces principes ont
permis de revisiter des processus existants au
sein de toutes les directions du Groupe, pour
les faire évoluer et mieux prendre ces risques
actuels et à venir. »
LA DIFFUSION DE LA CULTURE
DE L’ENTREPRISE À L’ÉTRANGER
« Plus l’écart culturel avec un pays est grand
ou plus les conditions de business sont diffi-
ciles, plus il est nécessaire de mettre en œuvre
une politique de risque sur place », explique
Alain Aubignat, le Risk manager du groupe
Michelin.
En matière de sûreté/sécurité, le Groupe choisit
de placer la barre haut, « nous appliquons en
effet les mêmes règles de sécurité pour tous nos
collaborateurs. Par exemple, nous n’utilisons
pas les produits dangereux interdits en France
même quand c’est autorisé par un autre pays.
Parmi nos standards, l’utilisation de chaus-
sures de sécurité est aussi obligatoire sur tous
nos sites partout dans le monde », explique-
t-il. Côté risque produit, il peut varier d’un
pays à l’autre, « dans les pays moins habitués
à de hauts standards de sécurité, il y a un risque
que les pneus soient maltraités du fait d’une
surcharge très importante par exemple. Nous
prenons en compte ce risque dans notre carto-
graphie », poursuit le Risk manager du groupe
dont le travail consiste à s’assurer qu’au niveau
des pays, les cartographies font bien appa-
raître les risques groupe. Michelin a uniformisé
son processus de gestion des risques afin de
faciliter les comparaisons de cartographies
d’un pays à l’autre. Chaque pays remonte
ensuite les risques qui leur sont propres, avec
un dénominateur commun, « ce qui prédo-
mine ce sont les valeurs du groupe, appui Alain
Aubignat. Par exemple, Michelin refuse catégo-
riquement la corruption et toute dégradation
de son système de qualité. » Corruption mais
aussi complexité administrative, casse-tête
fiscal sans oublier les « nouveaux » risques
que sont la cybercriminalité ou ceux liés à la
e-réputation, une entreprise, quelle que soit
sa taille, doit donc jongler avec une multitude
de données spécifiques en fonction des diffé-
rents pays d’implantation.
« Les ETI se tournent
en général vers des
courtiers qui ont
une vision souvent
trop assurantielle au
travers des risques
assurables »
« Ce qui prédomine ce sont les valeurs du groupe. Michelin refuse catégoriquement la corruption et toute dégradation de son système de qualité »
Alain Aubignat, Risk Manager, Groupe Michelin ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
22DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
Un vrai challenge pour le monde de l’assurance
qui, pour coller au mieux aux problématiques
des entreprises, devra passer d’un raisonne-
ment produits à des solutions process. « On
dit souvent que l’assurance est immatérielle,
que l’on achète un peu une promesse d’avoir
de l’argent potentiellement si les choses se
passent mal. En offrant des services de préven-
tion et d’évaluation sur une plus grande partie
des risques des ETI, les courtiers et assureurs
peuvent prendre un rôle plus important et
apporter une valeur ajoutée réelle et concrète
aux entreprises », prône Antoine Guérin.
RISK MANAGER,
TROUVER LA BONNE FORMULE
Si les ressources externes pour accompagner et
conseiller une ETI ne manquent pas, en interne,
elle peut réfléchir, quand cela est possible, à
la création d’une fonction Risk Management.
« Une ETI qui part à l’international change
de dimension, de modèle de croissance et de
gouvernance. Rapidement elle va devoir struc-
turer et piloter des filiales tout en faisant face à
un élargissement de son profil de risques. C’est
souvent un des éléments qui va la motiver à créer
une fonction de Risk Manager », explique Gilles
Proust, Président d’Arengi, cabinet de conseil.
Elle peut soit l’internaliser, soit déléguer cette
gestion à un assureur. « Nous devons adapter
notre offre à leurs contraintes en apportant
toute notre expertise, comme une ressource
externe de Risk Management, avec bien sûr une
offre comprenant toute la panoplie allant du
produit IARD ou Vie mais aussi l’assistance ou
le conseil en prévention pour ne citer que les
principaux », détaille Odile Lasternas-Brecy.
Une dernière solution s’offre aux ETI, celle de
disposer d’une ressource « volante », comme
l’explique Rachel Balmadier, « une solution à
mon avis bien adaptée à la structure d’une ETI
est d’avoir un risk manager à temps partiel en
interne, et qui travaille en temps partagé pour
plusieurs entreprises. Je pense que c’est vrai-
ment l’avenir pour les ETI. »
« En offrant des
services de prévention
et d’évaluation sur
une plus grande partie
des risques des ETI, les
courtiers et assureurs
peuvent apporter
une valeur ajoutée
réelle et concrète aux
entreprise »
Antoine Guérin, Directeur
Brandformula Consulting
« Une solution à mon avis bien adaptée à la structure d’une ETI est d’avoir un risk manager à temps partiel en interne, et qui travaille en temps partagé pour plusieurs entreprises »
Rachel Balmadier,
Directeur du contrôle interne,
des risques et assurances,
la Compagnies des Alpes
« Nous devons adapter notre offre à leurs contraintes en apportant toute notre expertise, comme une ressource externe de Risk Management »
Odile Lasternas-Brecy, Directeur Global Corporate France, Generali
« Une ETI qui part à l’international change de dimension, de modèle de croissance et de gouvernance. C’est souvent un des éléments qui va la motiver à créer une fonction de Risk Manager »
Gilles Proust,
Président d’Arengi
« Il n’existe pas de produits dédiés aux ETI.
Les offres disponibles sont soit trop sophistiquées car adressées
aux entreprises du segment supérieur soit pas assez complètes
car destinées aux petites entreprises. » N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
23DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
BREF HISTORIQUE
E
n 2001, le contexte international
et européen en matière de terro-
risme était assez tendu : attentats
du World Trade Center, explosion
de l’usine AZF (pas de certitude en
2001 sur les causes de ce drame), sans oublier
quelques cinq années auparavant l’attentat
du RER B à Saint Michel.
En décembre 2001, la mutualisation du risque
de terrorisme est saluée par les parties concer-
nées. Le Groupement d’Intérêt Economique
GAREAT (Gestion de l’Assurance et de la
Réassurance des risques Attentats et actes de
Terrorisme) est né.
Dix années passées, une sinistralité terrorisme
quasi-nulle, ne faut-il pas remettre en question
ces accords, ou à minima, les faire évoluer ?
MAINTENANT
Le mécanisme des primes a évolué en 2013.
Sous l’impulsion de l’AMRAE, le GAREAT a
accepté d’ajuster la tarification proposée
par les assureurs : une flexibilité réelle sur la
couverture des actifs à couvrir a été proposée
(de 20 % à 100 %). Un effort tarifaire appré-
ciable y est associé.
DEMAIN
Les accords du GAREAT restent une excep-
tion française et un surcoût important pour
les entreprises qui ont des bâtiments, usines
et autres installations en France. Plusieurs
pistes restent à suivre pour essayer d’ajuster
le prix à un prix de marché plus concurrentiel.
La création d’un fonds :
Depuis 10 ans, les assureurs ont récupéré les
sommes versées par les entreprises (déduc-
tion faites des sinistres – quasi nuls – et des
frais de gestion), leurs provisions d’égalisa-
tion doivent être conséquentes. La création
d’un pool permettrait de mesurer la provision
réelle et de faire croître ses avoirs.
L’évolution du taux en fonction de la
sinistralité effective :
Rappelons-le, les assureurs sont libres de déci-
der de la tarification à appliquer. Une person
nalisation des taux par entreprise, basée sur
ses risques, leur sinistralité et sur sa poli-
tique de prévention/protection, pourrait être
également une réelle piste de réflexion.
L’AMRAE, avec le soutien de la CSCA, a permis
d’établir une véritable passerelle de dialogue
constructive. Ne nous arrêtons pas en si bon
chemin
.
TERRORISME :
UTILISEZ LE NOUVEAU MÉCANISME
La vocation première du Risk Manager ? Prendre les risques parmi ceux du niveau accepté par
la politique risque de l’entreprise. Outre les difficultés internes qui ne donnent pas toujours une
réponse claire sur le niveau d’appétence, le Risk Manager peut être confronté à des mécanismes
d’État où le choix n’est pas de mise, à l’instar du risque terrorisme et de sa couverture par le
GAREAT.
CAS PRATIQUE
Une entreprise de 5 Mds d’actifs
Prime dommage annuelle : 3,5 M€
Accords 2001
Deux tarifs, deux extrémités
Couverture à 100 % des actifs
Surprime terrorisme : 630 K€
OU
Couverture à 20 % des actifs
(80 % réduction de couverture)
Surprime terrorisme : 504 K€
(20 % de réduction sur le tarif
de base)
Accords 2013
Plus de flexibilité
Pour chaque % d’actif assuré,
une surprime calculée, renégociée
Couverture à 100 % des actifs,
stabilité du tarif : 630 K€
Couvertures des actifs :
de 100 % à 20 % au choix
Surprime terrorisme :
calcul à chaque fois et diminution
des taux applicables
Exemple : couverture
à 50 % des actifs, surprime
de 512 K€ (19 % de réduction
sur le tarif de base)ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
24DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
G
ilbert Canaméras le rappelait en
introduction des débats : « nous
partageons non seulement une
langue commune mais aussi une
histoire, une culture et une tradi-
tion juridique héritée du code Napoléon bien
différente des pays de « common law » essen-
tiellement anglophones ».
Les missions de l’AMRAE sont la diffusion
et la promotion des bonnes pratiques, et le
partage d’informations et d’expériences pour
faire progresser la culture de la gestion des
risques. « Elle n’a » a souligné son Président,
« aucune volonté d’imposer de manière hégé-
monique un standard « français » et des
modèles prêts à l’emploi ».
DES ATTENTES ET DES BESOINS
IDENTIFIÉS
Les réponses à l’enquête menée par AMRAE et
BELRIM (Belgian Risk Management Association)
démontrent une très forte attente en matière de
compréhension des aspects juridiques et tech-
niques de transfert de risques pour notamment
améliorer les relations avec le marché de l’assu-
rance. Les besoins d’amélioration des connais-
sances s’expriment eux majoritairement sur les
risques juridiques puis sur les risques financiers.
PREMIER TERRITOIRE DE
LA FRANCOPHONIE : L’AFRIQUE
En effet, l’objectif initial de l’initiative était de
répondre à une vraie demande émanant notam-
ment d’Afrique où les organisations profes-
sionnelles de Risk Managers n’existent pas ou
peu. C’est aussi parce que la fonction « gestion
des risques » est loin d’être reconnue et large-
ment implantée dans les entreprises africaines.
« L’achat de couvertures d’assurance est encore
très souvent sous la responsabilité de Directeurs
financiers dont la culture de la gestion des
risques n’est pas une priorité » témoigne
Richard Lowe, PDG de la Société Activa et à la
tête du réseau Globus.
Aider à la progression du métier et à la géné-
ralisation de professionnels dédiés à la gestion
des risques sera aussi un objectif pour le
développement de ce réseau francophone.
MAIS AUSSI D’AUTRES ZONES
GÉOGRAPHIQUES
Outre Atlantique, l’AGRAQ (Association des
Gestionnaires de Risques et des Assurances
du Québec) est le chapitre francophone du
RIMS américain forcément anglophone. Michel
Turcotte, Directeur Education de L’AGRAQ inter-
venant à cette Convention, indique pour sa part
avoir identifié parmi ses adhérents un besoin
de documentation et d’information, notam-
ment en matière d’Assurance Construction.
En Asie, Franck Baron, Président de la toute
nouvelle association Parima rappelle que
le Laos et le Cambodge sont aussi des pays
(encore) largement francophones et dans
lesquels la démarche pourrait aider nombre
de professionnels, qui ne sont pas toujours
Risk Managers en titre, à faire reconnaitre et
développer leur fonction.
3 AXES D’ACTIONS :
INFORMATION, FORMATION,
PARTAGE D’EXPÉRIENCE
Pour mettre en œuvre rapidement et effica-
cement les initiatives concrètes souhaitées
par chacun, Gilbert Canaméras annonce en
conclusion sa volonté de privilégier une struc-
ture légère tel qu’un Club du Risk Management
francophone, ouvert aussi à tous les autres
acteurs : Risk Managers, courtiers, assureurs
et aux associations francophones.
Marc de Pommereau,
Secrétaire Général de
l’AMRAE, pilote de la
Francophonie : « Nous
prévoyons un lance-
ment officiel du Club
en septembre sur trois
temps : détermination
des modalités de diffu-
sion des documenta-
tions et organisation des échanges, adhésion
au Club et préparation de la seconde conven-
tion (Cannes, février 2015) ».
PREMIÈRE CONVENTION DE LA FRANCOPHONIE :
LES ROUTES DU RISK MANAGEMENT
D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN
Au fil des années, les Rencontres de l’AMRAE sont devenues le rendez-vous francophone majeur des
professionnels du risque. Pour répondre à leurs sollicitations d’aide, de soutien ou d’informations,
l’AMRAE a choisi de tenir la première Convention de la Francophonie en ouverture des Rencontres
AMRAE à Deauville.N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
25DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
DOMMAGE AUX BIENS :
LA CRISE EST UN FACTEUR AGGRAVANT
«
Produire plus avec moins d’Hom mes et
de machines offre de meilleurs résultats
économiques, mais au moindre incident
mal ou non couvert, les conséquences
peuvent devenir dramatiques » résume en
substance, Patrick Lacroix, modérateur aux Rencontres
AMRAE 2014 de l’atelier « Les effets de la crise sur le Risk
Management » et Risk Manager d’Idex Groupe. « Les
Risk Managers ont donc adapté leurs pratiques. »
« En dommage aux biens, moins il y a de matière assu-
rable, plus celle-ci est critique » explique Paolo Crestani,
Directeur du développement Grands Comptes de Diot.
« Si votre activité ne compte plus qu’un établissement
quand il y en avait deux, un incendie ou une inondation
majeure peuvent vous conduire au dépôt de bilan. À partir
de 2008, les statistiques du réassureur Gen Re dénoncent
une très vive augmentation de la sinistralité liée aux
incendies en France, et donc de leur coût ».
RÉDUIRE LES RISQUES,
OPTIMISER LES FINANCEMENTS :
UN TRAVAIL DE DENTELIÈRE
« En période de crise, les Risk Managers doivent encore
plus faire preuve de discernement entre prévention/
rétention et transfert à l’assurance » expliquent
Patrick Lacroix (Idex) et Stéphane Rapy (Veolia
Environnement).
D’une part, malgré l’abondance d’offre d’assu-
rance, la menace de l’augmentation de prime
reste une épée de Damoclès pour le Risk Manager : en cas
d’augmentation, pour nos mandants, le responsable c’est
nous. La réduction des coûts est à l’ordre du jour de tous…
Somme des sinistres à la charge de l’entreprise, primes
d’assurance, frais internes et externes de fonctionne-
ment, tout est passé au tamis, provisions ou captives
incluses… pour mieux redéployer les programmes
d’assurance. Notre scanner ausculte de plus en plus
profondément : qualité des couvertures, contraintes
juridiques (renonciation à recours, assurance pour
compte) ou des prêteurs (”lenders cause”), arbitrage
corporate ou local pour les groupes internationaux.
Augmenter la politique de rétention, notamment pour
des raisons de fiscalité, trouve une contrepartie simul-
tanée sur la protection des moyens de production maté-
riels et la prévention des risques humains.
PRÉVENTION : LES EFFORTS SONT
VALORISANTS ET VALORISABLES
Dans un contexte de crise économique, une faible
pratique de la gestion des risques et l’augmentation de la
sinistralité peuvent parfois aller de pair. La fréquence et la
gravité des sinistres que peuvent subir les entreprises ont
tendance à augmenter. En période de crise, investir dans
la prévention permet encore plus de réduire la sinistra-
lité, démontre en substance Thierry Masurel, Directeur
général des opérations Europe du Sud de FM Global :
« L’absence de gestion des risques, y compris sur la chaîne
d’approvisionnement, peut conduire à l’interruption
d’activité, à une baisse des revenus et de part de
marché et, finalement, à la cessation d’activité.
Seul un programme fort de gestion des risques
peut rendre l’entreprise vraiment résiliente.
Des solutions de prévention souvent peu
coûteuses peuvent empêcher que des sinistres
évitables n’aient de conséquences désastreuses
sur l’activité des entreprises. »
LA CRISE, NOUVEAU TREMPLIN
DU RISK MANAGEMENT ?
Fermetures d’usines, délocalisations, réduction d’effectifs et du nombre de fournisseurs,
juste-à-temps : produire délocalisé en mobilisant moins de ressources est synonyme de
risques à forte intensité. En faisant rimer réduction des risques avec optimisation des coûts,
la contribution du Risk Manager à l’économie de guerre s’impose encore plus.
Depuis 2008
+ 31 % de charge sinistre in-
cendie cumulée de plus de 2 M€
+ 22 % de sinistres
Patrick Lacroix,
Risk Manager,
Idex Groupe
Thierry Masurel,
Directeur Général
des opérations Europe du Sud,
FM Global
Stéphane Rapy,
Property Risk Manager, Veolia EnvironnementATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
26DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
« Dans cette période de restriction budgétaire, le curseur s’est plutôt déplacé
en faveur du capital humain (soit prévention et formation). C’est explicite
par exemple sur les flottes automobiles » souligne Patrick Lacroix, par
ailleurs Président de la commission automobile de l’AMRAE.
« Quand les ingénieurs/préventeurs parlent le langage de votre industrie,
les opérationnels les entendent et les chiffres parlent d’eux-mêmes »
illustre-t-il en évoquant les visites d’assureurs sur ses unités de valori-
sation énergétique : « 78 % de leurs préconisations sont réalisés, 21 % en
cours, seulement 1 % refusé : la traduction est explicite sur la modération
des primes en l’absence de sinistre majeur ! C’est pourquoi le dialogue
avec les opérationnels doit être permanent et… léger », martèle-il.
« Si nous travaillons très fréquemment sur les retours d’expérience,
la détection des vulnérabilités, les périmètres d’activité avec les opéra-
tionnels... il nous faut savoir leur faire confiance pour mettre en place les
mesures adéquates afin de protéger nos sites ! »
D’autre part, le marché sait présenter, pour ceux qui savent formaliser
et affiner leurs cahiers des charges, des offres assurantielles et de
courtage de très haute qualité.
« Pour s’inscrire dans du ”Long Term Agreement” à forte qualité de service,
il faut donner plus de temps aux courtiers pour élaborer leurs offres et leurs
réponses », sourit-il.
DES GARANTIES ACCORDÉES
PLUS FRILEUSEMENT SUR LES
INVESTISSEMENTS INDUSTRIELS
En matière d’investissement, les prêteurs font jouer de nouvelles
conditions suspensives et prennent des garanties nouvelles qui
mettent en jeu les clauses juridiques des contrats et leurs assurances.
Attestations spécifiques, clauses bénéficiaires, audit des polices, limi-
tation des responsabilités… les financeurs font désormais appel à des
consultants spécialisés sur le métier du risque pour auditer projets et
garanties avant d’investir.
« Les crédits-bailleurs nous demandent des attestations spécifiques.
Les banques délèguent de plus en plus des consultants spécialisés qui
auditent toutes les facettes des garanties assurantielles prises : respon-
sabilité, retard, non-conformité, niveaux de rétention » confirme Patrick
Lacroix.
FINANCEMENT DE PROJETS : SOUS
LE CRIBLE DE L’AUDIT D’ASSURANCE
« Pour financer certains projets industriels, les banques font appel à nous
pour apprécier les montages assurantiels. En général des dossiers de plus
de 10 M€, souvent sur des investissements liés aux énergies nouvelles »
explique Noël Denis, du cabinet E.C.A.
Elles exigent l’audit, mais n’imposent pas l’auditeur : l’emprunteur -
qui rémunère la mission de l’auditeur - peut choisir parmi la dizaine
d’intervenants sur le marché.
« Si une mission démarre avec le responsable du projet, notre interlo-
cuteur naturel est ensuite le Risk Manager qui rassemblera si néces-
saire, assureur, courtier, juriste et maître d’ouvrage. En général, nous
rendons notre pré-rapport sous quinze jours. Pas de Risk Manager ou
de professionnel de l’assurance dans l’entreprise ? Notre intervention
peut durer plus longtemps pour tout investiguer. Elle permet souvent de
détecter quelques trous dans la raquette ou inadaptations contractuelles,
diagnostic qui, au final bénéficie à tous » conclut Noël Denis.
« Si j’ai bien compris, mais ce n’est pas politiquement correct » dit sous
couvert d’anonymat l’un des participants, « la crise valorise le métier de
Risk Manager ! »
Rapidité de l’émission des polices
et du règlement des sinistres
Fiabilité et exhaustivité des données
de sinistralité, efficacité des outils
connectés et des SIGR
Globalisation de la qualité d’accès
de l’information sur l’international
Amélioration de la lisibilité
des produits d’assurance
Alignement entre promesses
(notamment sur le service) à
la souscription et effectivité
1
2
3
4
5
LES 5 ATTENTES DES RISK MANAGERS
Valoriser les risques en termes financiers
Ne pas omettre la Supply chain
Détecter les solutions économiques qui
fournissent le bon niveau de prévention/
protection
Adopter la posture du héraut positif :
communiquer sur la dimension salvatrice
et valorisante d’une gestion des risques
partagée (donc efficace)
1
2
3
4
5
LA CRISE REND VISIBLE LE RISK MANAGER :
3 CONSEILS CLÉS POUR ÊTRE ENTENDU ET RECONNU
« En période de crise, les Risk
Managers, doivent encore plus
faire preuve de discernement entre
prévention/rétention et transfert
à l’assurance » N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
27DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014 28DOSSIER
RETOUR SUR LES RENCONTRES AMRAE 2014
AGENDA
JEUDI 12 JUIN 2014
Journée des Commissions AMRAE - 9
e
édition
9h-17h. Maison de l’Amérique Latine.
Le rendez-vous réservé aux adhérents de l’AMRAE :
l’actualité des Commissions et groupes de travail,
les publications, les dossiers en cours et les prises de position.
VENDREDI 5 SEPTEMBRE 2014
Séminaire de rentrée AMRAE
Les Administrateurs, les Présidents de Commission, pilotes
des groupes de travail AMRAE et le Bureau Permanent se retrouvent pour une journée de réflexion et de prospective sur la déclinaison
de la stratégie de l’AMRAE et la définition du plan d’action
pour l’année à venir.
JEUDI 16 OCTOBRE 2014
NOUVEAU Journée de l’Assurance AMRAE
État du marché, tendance des renouvellements à venir.
Focus sur des points d’actualité (Cyber risk, Cat Nat, nouveaux
risques…) et tout un volet consacré aux risques Ressources
Humaines et Assurances de Personnes.
20-21 OCTOBRE 2014
Séminaire FERMA à Bruxelles - Spécial Anniversaire : 40 ans.
Tous les deux ans, en alternance avec le Forum Ferma, la Fédération Européenne du Risk Management invite les membres de toutes les
associations nationales en Europe. 350 Risk Managers sont attendus.
A cette occasion, Ferma publiera le premier Rapport Européen « Risk
and Insurance Management Report » incluant les résultats de son
enquête bisannuelle « Ferma benchmarcking Survey 7
e
edition ».
REVUE DE PRESSE
Au fil du temps et des évènements, une sélection partiale et partielle
d’articles de presse sur l’AMRAE et ses acteurs.
w w w. st rateg ic-r i sk- g loba l .com [ M ay 2 014 ] St rateg icR isk 15
viewpoints
A MoDerN
MAN of riSK
PROFILE: GILBERT CANAMERAS
The president of the French risk management
association explains his vision for the future
of the profession
LES RENCONTRES
D’OPTION FINANCE
Supplément du n°1255 du lundi 3 février 2014 - ISSN / 0989-1900
La gestion
du risque
Une problématique
qui monte dans
les entreprises
PanoramaLes « risk managers » au milieu du gué
//P. 3 2
ZoomQuatre risques majeurs passés à la loupe
//P. 3 3
AssuranceStabilité tarifaire sur les grands risques
//P. 3 4
Q
uasiment inexistante il y a
une vingtaine d’années, la
profession de « risk mana-
ger » a gagné ses lettres de
noblesse. La quasi-totalité des
grands group es et un nombre
croissant d’ETI affichent
aujourd’hui un « directeur des ris-
ques », dont la fonction a souvent
évolué des assurances vers une
gestion plus globale des risques,
dite « ERM » – p our « Entreprise
Risk Management ».
Après les projets, la philosophie
et la pratique du management des
risques se sont progressivement
étendues à la gestion quotidienne
de l’entreprise.« L’é volution a été
notamment favorisée par les obliga-
tions réglementaires »,explique
Gilb ert Canameras, président de
l’Amrae, l’Asso ciation p our le
management des risques et des
assurances de l’entreprise. Mais
aussi par la demande des contre-
parties – banques, assurances,
clients ou fournisseurs –, et des
administrateurs indép endants.
Pourtant, la bataille du risque n’est
pas encore gagnée. Analysant les
« nouveaux risques » susceptibles
d’avoir un fort effet financier sur
les comptes des entreprises au
cours des pro chaines années (lire
graphique ci-contre), l’assureur
Ace a ainsi constaté qu’ils étaient
« difficiles à gérer »en raison, dans
plus de la moitié des cas, d’un man-
que d’implication de la direction
générale.« Le management des
entreprises n’accorde pas encore
une place suffisante à la gestion des
risques. En conséquence, les
moyens sont encore insuffisants,
tant en termes d’hommes, que
d’investissements en outils, ou
encore, dans une moindre mesure,
lorsqu’il s’agit de solutions d’assu-
rances »,estime Nadia Coté, direc-
trice générale de Ace en France.
« Les directions générales ont
encore du mal, parfois, à écouter
leurs responsables du risque »,
confirme Her vé Houdard, direc-
teur général du courtier Siaci Saint
Honore. Pourquoi donc ? Parce
qu’avant de gérer un risque, la
direction générale doit l’identifier
et l’accepter.
Le p oint de basculement
a été atteint
Et en matière d’app étence au ris-
que, on p eut dire que la dernière
décennie a connu des hauts… et
des bas. Après une ère de grandes
fusions et de mégaprojets, pas for-
cément mesurés, b eaucoup
d’entreprises et de cadres diri-
geants ont basculé au cours des
années 2000 dans le « zéro ris-
que ».« Après Enron, Arthur
Andersen et surtout Lehmann Bro-
thers, plus personne n’osait penser,
ou parler “risque”. La perte de
confiance a été telle que toute action
est de venue impossible : il n’y avait
plus la moindre prise de risque »,se
souvient Gilb ert Canameras. Du
princip e de précaution à… l’inhibi-
tion, la frontière est parfois
bien mince.
S e rendre indisp ensable
A tel p oint que le mot « risque » est
parfois devenu tab ou aux plus
hauts niveaux.« Le risque est une
é vidence dans les PME et même les
ETI,estime B énédicte Huot de
Luze, déléguée générale de
l’Amrae et pilote du comité scienti-
fique de l’asso ciation.Mais dans les
grandes structures, la dilution des
responsabilités est parfois telle que
plus personne ne se voit en entrepre-
neur, au point de perdre le sens de la
prise de risques. »Ce n’est finale-
ment que depuis p eu que le mot et
le sens du « risque » semblent
revenus dans la b ouche des grands
patrons. En avril dernier, Geoffroy
Roux de B ézieux prônait officielle-
ment une« culture du risque »lors
de sa campagne p our la prési-
dence du Medef, affirmant sur
Radio Classique que« c’est par le
risque que l’on peut sortir la France
de la crise ». « Craindre le risque,
c’est sortir du monde »,osait aussi,
en juin, Henri de Castries, PD G du
group e AXA, dans une inter view
au « Figaro ».« C’est le retour à la
prise de risques… contrôlée »,
estime Gilb ert Canameras.« La
logique a é volué : les comités de
direction veulent prendre les bons
risques, même ceux qui relè vent de
la zone rouge, mais en connaissance
de cause. Les ETI à forte croissance,
en particulier, veulent continuer
d’accélérer, mais en toute sécurité »,
confirme Gilles Proust, président
PANORAMA // La gestion du risque s’intensifie dans les
entreprises. Zo om à l’o ccasion des rencontres de l’Amrae.
Les « risk
managers »
au milieu du gué
C’est une véritable b omb e à retar-
dement qui a été lancée en septem-
bre dans le monde du management
des risques : le rapp ort « Pour la
réparation du préjudice écologi-
que », rédigé par le professeur Yves
Jégouzo, à la demande de Chris-
tiane Taubira. Si certains profes-
sionnels jouent l’autruche, affir-
mant que« jamais les mesures
préconisées ne pourraient être mises
en œuvre »,les resp onsables de
l’Amrae s’avouent très inquiets.« Il
s’agit d’un projet auquel la ministre
de la Justice semble beaucoup tenir.
C’est pour elle une question de prin-
cipe »,estime Nathalie Clerc, prési-
dente de la commission environne-
ment de l’Amrae, et qui a conduit le
group e de travail de l’asso ciation
sur le sujet. Comme le Medef, la
FFSA et l’Afep, l’Amrae s’est officiel-
lement insurgée contre une grande
partie des 10 mesures prop osées
dans le rapp ort.« Plutôt que
d’empiler les textes, mieux vaudrait
améliorer la loi LRE »,résume
Nathalie Clerc. Le rapp ort Jégouzo
conduirait tout d’ab ord à la mise en
place regrettable d’une nouvelle
couche juridique.« La voie judi-
ciaire va entraîner un rallongement
considérable des procédures et retar-
der la mise en place des solutions, au
détriment de la réparation du dom-
mage à l’environnement »,juge
Nathalie Clerc. Surtout, les mesu-
res préconisées placeraient les
entreprises en grande insécurité,
juridique et financière.
Risque de la multiplicité
des actions judiciaires
En effet, la définition du rapp ort
Jégouzo du « préjudice écologi-
que » n’est pas identique à celle de
« dommage environnemental »,
évo quée dans les textes actuels.
« Les “réparations” requises ris-
quent donc d’être différentes de celles
existant déjà par ailleurs,indique
Nathalie Clerc.En outre, comment
faut-il apprécier la notion d’atteinte
“anormale” à l’environnement : c’est
très subjectif. »Sans compter que
les entreprises p ourraient se voir
confrontées à une multiplicité
d’actions judiciaires, déconnectées
les unes des autres, et lancées par
des asso ciations ou collectivités
diverses.
Enfin, si les prop ositions sont
reprises en l’état dans un éventuel
texte de loi, le risque financier est
considérable. Tout d’ab ord parce
que le rapp ort envisage une répara-
tion des dommages « prioritaire-
ment » en nature. En clair, si les
mesures en nature se révèlent
imp ossibles (ou insuffisantes ou
inefficaces), le juge p ourra allouer
également des dommages et inté-
rêts.« Cela signifie qu’une entreprise
qui aura mis en œuvre des mesures
très onéreuses pour réparer un dom-
mage environnemental risque,
ensuite, de se voir aussi réclamer des
compensations financières. C’est la
double peine ! »s’insurge Nathalie
Clerc. Enfin, et c’est la cerise sur le
gâteau, le rapp ort préconise la
mise en place d’une « amende
civile » qui p ourrait atteindre 10 %
du chiffre d’affaires mondial hors
taxes du group e condamné : une
véritable ép ée de Damo clès.
« L’amende s’appliquerait en cas de
“faute grave et intentionnelle”, mais
cette notion est très subjective : au
titre des paramètres à prendre en
compte, la “volonté de réaliser des
économies” est explicitement citée »,
dénonce Nathalie Clerc.
Autant dire que resp onsables
des risques et assureurs s’avouent
actuellement très attentifs à l’éven-
tuelle reprise des prop ositions
dans un texte de loi.« Il faudrait
alors très rapidement faire é voluer
les polices d’assurance »,estime un
professionnel. —C. D e
Sous la menace de la réparation des risques écologiques…
Un rapp ort préconise la
prise en compte du risque
écologique dans le Co de
civil. Il prévoit notamment
qu’une multiplicité
d’acteurs puisse engager
des pro cédures.
Forum
à Deauville
Aujourd’hui s’ouvrent à
Deauville les 22
es
Rencon-
tres de l’Asso ciation p our
le management des ris-
ques et des assurances de
l’entreprise. Cette asso cia-
tion a choisi p our son ren-
dez-vous 2014 de se p en-
cher sur l’international et
sur les problématiques du
« Risk Management sans
frontière ».
Arsenal
juridique
Le droit français
contient déjà de nom-
breux textes p ermet-
tant la protection et la
réparation de l’envi-
ronnement.« La plus
connue est la loi dite
“LRE” sur la responsabi-
lité environnementale,
de 2008, qui a transposé
une directive européen-
ne de 2004. Elle pré voit
la réparation intégrale
des dommages, en natu-
re, sous le contrôle
unique du Préfet, ce qui
permet une grande effi-
cacité du suivi technique
des dossiers »,explique
Nathalie Clerc. En com-
plément, d’autres
textes, plus sp écifiques,
s’appliquent aux sec-
teurs du nucléaire,
du transp ort, etc.
et cofondateur d’Arengi, une
so ciété indép endante de conseil
en gestion des risques. On aurait
aujourd’hui atteint un p oint de
basculement.« L’environnement
économique est déjà tellement com-
pliqué actuellement, les dirigeants
savent qu’ils ne peuvent pas se per-
mettre un sinistre. S’il faut prendre
des risques pour croître, il est impé-
ratif de les contrôler très attentive-
ment… »estime Her vé Houdard.
Reste au directeur des risques à
se rendre indisp ensable dans
cette nouvelle donne.« Il nous faut
encore faire comprendre aux direc-
tions générales et à nos pairs ce que
nous pouvons apporter, concrète-
ment : une prise de risque mesurée
et contrôlée. En termes de recon-
naissance, la profession de “risk
manager” a une dizaine d’années
de retard par rapport, par exemple,
aux trésoriers d’entreprise,recon-
naît Gilb ert Canameras, qui
ajoute en b outade.C’est un métier
jeune… et donc plein d’avenir. »
—Cécile Desjardins
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Dessolutions
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SPECIAL
MANAGEMENT
DES RISQUES
JEUDI 6FÉVRIER 2014 //LESECHOS.FR
CÉCLAIRAGES : 22
ES
RENCONTRES AMRAE
Quel avenir pour la réparation du préjudice
écologique ? La position de l’AMRAE
Une réforme du Code civil, destinée à établir un régime spécial d’indemnisation
pour les dommages causés à l’environnement, est envisagée par le ministre de la
Justice. Les solutions proposées pourraient être source de nombreuses difficultés,
ce que les parties prenantes, dont l’Association pour le Management des Risques
et des Assurances de l’Entreprise (AMRAE)
(1)
, n’ont pas manqué de souligner.
3Par Valérie RAVIT
Avocat au barreau de Paris
Introduction
Est-il nécessaire de reconnaître le préjudice écologi-
que collectif dans le Code civil ? C’est l’une des ques-
tions dont était saisi, par le ministre de la Justice, le
groupe de travail présidé par le Professeur Jegouzo.
Le rapport répond par l’affirmative et contient dix pro-
positions destinées à être intégrées dans un nouveau
chapitre du Code civil.
Il est indiscutable que la réparation des dommages
causés à l’environnement, c’est-à-dire l’atteinte à
l’environnement indépendamment des préjudices
subis par une personne en particulier en raison d’une
pollution, est une préoccupation légitime.
Cependant, au-delà du symbole que pourrait repré-
senter une réforme placée dans le Code civil, il apparaît
qu’elle risque de se faire au détriment d’une répara-
tion effective et efficace alors que notre droit positif
contient déjà une loi (L. n
o
2008-757, 1
er
août 2008
sur la responsabilité environnementale ou «LRE»,
JO 2 août) spécifiquement pensée pour réparer le
dommage environnemental et issue d’une directive
européenne (Dir. Cons. CE, n
o
2004/35, 21 avr. 2004
sur la responsabilité environnementale ou «DRE»).
En effet, le dommage à l’environnement, par nature
impersonnel, pose d’abord la question de l’identifi-
cation des personnes qui peuvent en réclamer la répa-
ration, et ensuite celle des modalités de sa réparation
qui ne peut guère se concevoir autrement que par
une réparation en nature.
La LRE appréhende parfaitement ces éléments. Dans
ces conditions, on peut s’interroger sur l’opportunité
d’introduire un nouveau régime parallèle plutôt que,
le cas échéant, de modifier la LRE.
SOMMAIRE
22
es
Rencontres AMRAE
ÉCLAIRAGES
3Quel avenir pour la réparation du préjudice
écologique ? La position de l’AMRAE ................... 1
3Assurance des risques financiers & risk
management : nouveaux enjeux, nouvelles
frontières, par Emmanuel Silvestre ...................... 5
ACTUALISATION DE L’OUVRAGE
3Du caractère formel et limité des clauses d’exclusion
de garantie : retour à la jurisprudence
traditionnelle ................................................... 9
PRATIQUE......................................................... 15
SOMMAIRE RÉCAPITULATIF................................. 16
q
LamyAssurancesE
2014
ACTUALITÉS
N° 212
janvier
2014
ISSN 1257-1814
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48 St rate g icR I SK Cha q u e ohr gnihs w w w. st rate g ic -r i s k- g lob a l .com
H E A D S PA C E
VIEWPOINTS
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Bénédicte Huot de Luze
‘AMRAE’s board of
directors and its president
have implemented a real
strategy based on their
experiences’
What are you thinking right now?
The future of risk management as AMRAE has recently published the
fi rst risk manager framework, which lists the competencies and
personal skills necessary to become a risk manager. The association also
wants to carry on building relationships with risk managers’ associa-
tions and risk managers worldwide as we are witnessing the emergence
of an international community of risk managers.
What is your most treasured possession?
AMRAE’s members. One of the most important aspects of my job is to
meet members and hear about their needs and experiences, how they
approach problems, what solutions worked and what did not, their suc-
cesses and failures. It’s always interesting to hear risk managers discuss
ways to improve their jobs. This fi ts well with the AMRAE’s mindset of
research, discussions, publications and sharing.
Who is your greatest hero?
AMRAE’s president, Gilbert Canameras, of course!
What’s the biggest risk you have taken?
Leaving KPMG for AMRAE 12 years ago, after having developed a risk
management and internal audit department there. I wanted to concen-
trate on risk management. I prefer taking risks than auditing them.
What is your greatest fear?
Missing an important issue, failing the needs of, or misunderstanding
the worries of, our members. Even though we collaborate closely with
our scientifi c committee, there is always a risk of missing a subject,
pushing the wrong agenda or forgetting something.
Tell us a secret?
AMRAE’s board of directors and its president have implemented a real
strategy based on their experiences. The board of directors has defi ned
the goals, the ways and the resources required to address the needs of
risk managers. Do not repeat this, but AMRAE works, is organised and
governed with the same attention to detail as a real business.
What makes you happy?
Schools, businesses, members, the FERMA certifi cation project, all these
stakeholders understand that tomorrow’s risk management will be a real
tool for performance and support in business strategy. Back to refl ection!
Analysis and decision of acceptable risk are back in business thanks to
risk managers. In this context, I am happy and proud to notice the grow-
ing success of our training programs. It is a real proof that we meet expec-
tations. We worked so hard in the past years to make the stakeholders
aware of the added value of risk management. Now, they will fi nd at
AMRAE Formation the Holly Grail: the ARM program!
What is the most important lesson you have learnt?
A professional association should concentrate on the concerns of its
members. If it of ers a platform for discussions, refl ection and interest-
ing and relevant publications, it will be of interest to risks managers.
They, in turn, will want to share their problems and solutions. This
approach is in the DNA of a professional association such as AMRAE.
SR
Bénédicte Huot de Luze, chief executive, AMRAE
MOR E ON L I N E
R e a d m or e o p i n i on a nd c om m e nt f r om r i s k m a n a g e r s a t
w w w. st r ate g ic -r i s k- g lob a l .com
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MN?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
29À L’AFFICHE
APPRÉCIATION DU RISQUE
(IDENTIFICATION, ANALYSE,
ÉVALUATION DU RISQUE)
Échelles, guides d’entretien, registre et univers des
risques, langage commun... Qu’utilisez-vous ? Quels
étaient les existants ?
Anne Piot d’Abzac – J’ai pris le poste en mai 2013.
Les outils cités dans le référentiel étaient déjà en
place. Je les fais évoluer essentiellement sur deux
points : simplification de la méthodologie et affinage
des notions. Ainsi avons-nous précisé la définition du
risque : nous ne conservons que ceux pour lesquels
nous sommes sûrs d’avoir identifié des causes exis-
tantes, appelées sources de risque. C’est de cette
façon – existence ou non de sources de risques – qu’est
appréciée la probabilité de survenance du risque.
Les critères d’analyse sont ensuite limités à l’impact et
au niveau de maîtrise.
Nous nous aidons également classiquement d’un cata-
logue de risques, spécifique au groupe, qui est présenté
lors des entretiens.
Sophie Maguer – Je suis en poste depuis 2007.
Quand je suis arrivée, beaucoup de choses étaient déjà
en place. Mon objectif a été d’exploiter et de coordonner
au mieux toute cette expérience, d’avoir une meilleure
visibilité et d’adopter une démarche ERM. Le langage
commun, c’est la culture de l’entreprise qui est très axée
sur l’analyse et la maîtrise du risque. La sécurité fait
partie du travail des salariés qui sont particulièrement
impliqués pour améliorer la démarche. Nous avons 4
« clés » qui sont attachées à notre entreprise. La sécu-
rité est la première d’entre elles, car c’est pour nous une
préoccupation majeure (les trois autres étant la cour-
toisie, le spectacle et l’efficacité).
Anticipation et évolution des risques, et intelligence
économique : quels sont vos capteurs ?
A.P.A. – L’intelligence économique est répartie dans
plusieurs directions : stratégie, marketing et business
development ; market access. Certains sujets sont parfois
orphelins.
Au sein de ma propre direction, nous nous nourrissons des
apports des prestataires : courtiers, assureurs, avocats,
conseils ainsi que de la presse professionnelle spécialisée
comme par exemple la newsletter d’Adit Compliance sur
les risques de non-conformité.
S.M. – Les capteurs, ce sont, d’une certaine manière,
tous les salariés qui vont faire remonter l’information.
Nous travaillons également avec les autres sites de The
Walt Disney Company sur les retours d’expérience. Les
mesures de prévention et de protection sont gérées en
amont dans le cadre de tous les nouveaux projets. S’il
y a une nouvelle attraction, tous les partenaires Risque
interviennent et donnent leurs recommandations. Nous
essayons d’intégrer le maximum d’éléments en amont.
Conduite d’entretiens individuels avec les dirigeants et
managers : quels sont vos circuits ?
A.P.A. – Notre démarche est top down : nous procédons
à une mise à jour annuelle des risques après présen-
tation au comité Directeur de chaque division de la
méthodologie (environ 15 mn).
Puis classiquement, conduite des entretiens individuels
et restitution dans un délai maximal « contractuel » de
45 jours pour la synthèse globale.
Certaines fonctions support travaillent en bottom-up
et nous nous assurons alors de la connexion entre les
deux démarches.
Sur les risques de rang un, le Comex assigne en son sein
un sponsor.
S.M. – Avec les différents départements, nous avons mis
en place des formations spécifiques pour les cadres. Des
conférences sont aussi organisées pour tous les Directeurs,
avec ensuite relais de l’information dans leurs équipes.
LES 1001 FACETTES
DU RISK MANAGER
Comment les Risk Managers s’appuient-il sur le référentiel métier publié
par l’AMRAE en juin 2013 ? Quelles en sont pour eux les traductions
quotidiennes ?
Appréciation du risque et diffusion de la culture du risque : Anne Piot
d’Abzac (IPSEN Pharma) et Sophie Maguer (Disney SCA) témoignent.
Anne Piot d’Abzac,
Chief Risk Officer, IPSEN PHARMA
Sophie Maguer,
Risk Manager, Euro Disney SCA
© Gérard Uféras
« Au moins une fois par an, avec le Directeur
de l’audit, je réalise un entretien avec les différents Directeurs pour mettre à jour la cartographie
et détecter les différents signaux importants. »
Sophie Maguer
Risk Manager
Référentiel Métier
80, Boulevard Haussmann 75008 PARIS ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
30MÉTIER RISK MANAGER
Animation des ateliers d’identification, d’ana lyse et d’évaluation
(hiérarchisation) des risques : quel fonctionnement ?
A.P.A. – Nous élaborons les cartographies des risques par entité/métier,
ou par grand projet, comme par exemple la cartographique du risque d’un
projet de partenariat de développement. Cette analyse de risques s’as-
simile à celle pratiquée dans les fusions et acquisitions.
Les process sont bien rodés et totalement internalisés.
Ensuite, nous procédons à la synthèse et à la consolidation des risques
majeurs de l’organisation pour des restitutions classiques au Comex,
puis au comité du Président avant de finir au comité d’audit du Conseil
d’administration.
S.M. – Notre cartographie nous permet de remonter l’information au
niveau de la Direction générale. Nous avons d’abord une vision macro
puis par établissement et par Direction. Chacun l’enrichit selon le point
qui le concerne.
Le référentiel : un cadre de référence maniable ?
A.P.A. – Nos process ont été, à la demande normale de la Direction,
audités par l’audit interne.
S.M. – Il faut savoir adapter le référentiel. Je m’appuie sur lui pour voir
ce que l’on peut utiliser afin d’améliorer la coordination. Il faut que
l’analyse de risque soit cohérente. J’essaye de travailler le plus possible
sur le pilotage, le reporting pour être le plus efficace possible.
DIFFUSION DE LA CULTURE DU RISQUE
Développement, animation, formation d’un réseau de correspon-
dants risques : quelle est votre organisation ?
A.P.A. – IPSEN Pharma recense une vingtaine de correspondants risques :
a minima un par division et dans chaque fonction support, tous ratta-
chés au patron de la division. Majoritairement, leur métier premier est le
contrôle de gestion ou la fonction transformation. Ces correspondants ont
en général trois ans d’expérience en Risk Management. L’objectif est leur
autonomie, mon équipe et moi, en accompagnement.
Outre un rôle capital de relais, ces correspondants alimentent MARIS,
notre SIGR (Marsh), paramétré pour l’organisation et la méthodologie
d’IPSEN.
Ces correspondants sont tous formés par mon équipe.
S.M. – Nous avons la particularité d’être mono-site. La gestion du
risque résulte de différentes Directions dédiées où se trouve systéma-
tiquement un interlocuteur risque :
- La Direction de la Sécurité et de la Santé au Travail pour la sécurité
de nos salariés ;
- La Direction Prévention Sécurité et Environ nement pour la sécurité
de nos visiteurs ;
- Les Directions, Sûreté, Prévention et Secours, Maintenance, Opérations,
Juridique.
À l’échelon de la Direction Générale, nous réunissons tous les mois un
« Safety Committee » où sont présents les Directeurs concernés qui nous
remontent les informations. Avec ces passerelles entre chaque dépar-
tement, nous avons une visibilité transversale et pouvons diffuser les
messages identiques.
Participation aux évènements importants (séminaires, comités…) ?
A.P.A. – Je suis en train de concevoir une journée du Risk Management.
Rédaction de la communication interne sur la culture des risques :
quels sont les outils et actions ?
A.P.A. – L’intranet dispose d’une rubrique Risques. Nous élaborons une
newsletter mensuelle on-line sur les risques et leur maîtrise, diffusée
par abonnement interne et lisible sur l’intranet.
Les rendez-vous annuels de cartographie des risques sont également
autant d’occasions de communiquer sur la démarche.
S.M. – Notre culture interne risque et sécurité est très forte : les forma-
tions internes et les évènements liés à la Sécurité sont nombreux. À
titre d’exemple, nous organisons tous les ans « la semaine de la santé
et de la sécurité au travail » pendant laquelle nous rappelons les
bonnes pratiques et les réflexes à adopter. En matière de communica-
tion interne, nous avons un intranet spécifique traitant de la sécurité
que je mets régulièrement à jour.
Nous disposons également d’un journal interne avec des articles sur le
thème de la sécurité. Et chaque semaine un flash info sur le site sous la
forme d’un « conseil » sécurité.
« L’une des qualités notables du référentiel AMRAE est que, tout en gardant en ligne
de mire les fondamentaux du métier, il laisse à chaque Risk Manager l’indispensable marge
de manœuvre lui permettant de caler l’organisation et les process les plus adaptés à son
entreprise. C’est véritablement un outil de Risk Manager pour Risk Manager. »
Anne Piot d’Abzac
La direction Risk Management
du groupe IPSEN Pharma
Anne Piot d’Abzac : VP Chief Risk Officer
ERM : 2 - Assurances : 2 collaborateurs
20 correspondants risque
Tout est internalisé
La direction Risk Management
du Groupe Euro Disney
Sophie Maguer : Risk Manager
ERM : 1 - Assurances : 3 collaborateurs
7 correspondants risque (sur site)
Tout est internalisé N°1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
31MÉTIER RISK MANAGER
Quels sont les points importants dans vos processus de recrutement ?
Alain Guillou – Avoir une bonne compréhension de l’entreprise et du
produit. Risk Manager, c’est une posture. Ce qui importe pour nous, c’est
d’avoir de l’expérience et des compétences acquises sur le terrain. Les
collaborateurs que nous recrutons doivent avoir un parcours transverse
dans l’entreprise. Dans une entreprise de haute technologie comme la
nôtre, chaque nouveau produit que nous lançons nécessite la mise en
œuvre de montages industriels innovants. A chaque fois, il faut se poser
des questions et avoir la meilleure connaissance possible du risque.
Martine Bournérias – Nos candidats ont au moins 15 ans d’ancienneté.
Comme nous travaillons essentiellement avec des grands groupes, ils
doivent savoir évoluer dans des environnements internationaux. Les
compétences personnelles demandées sont l’esprit de rigueur finan-
cière, la capacité à apporter des solutions aux opérationnels et le sens
de la communication.
Quelles sont vos sources de recrutement ?
A.G. - Nous essayons d’avoir différents viviers car je considère que la
monoculture n’est pas bonne. Le risk manager doit pouvoir apporter
un enrichissement à l’entreprise. Nos références, ce sont les grands
équipementiers comme Thales, Valéo ou Alcatel-Lucent mais égale-
ment les entreprises qui sont apparentées à notre métier, celles qui
fabriquent de grands matériels ou des systèmes critiques comme par
exemple dans l’industrie automobile ou la défense.
M. B. - Nous recrutons des professionnels de la fonction en entreprise,
éventuellement passés précédemment dans le courtage. Nous recher-
chons le plus souvent des Directeurs Risques et Assurances. Mais il y a
quelques années, les profils recherchés émanaient en priorité du cour-
tage, ou éventuellement des compagnies. Les demandes portaient sur
des Directeurs Assurances.
Quel profil de Risk Manager recherchez-vous ? Quels sont les processus
de recrutement ?
A.G. - Le processus se fait en deux temps : le manager et le RH de proxi-
mité déterminent les fondamentaux puis ils envoient leur demande vers
les structures de recrutement qui sourcent les candidats. L’objectif est
de recruter en moins de 14 semaines entre le moment où la demande est
validée et le recrutement effectif.
De qui émane la demande de recrutement ?
M.B. - Conjointement de la DRH et des Directions concernées. S’il s’agit
d’un Directeur Risque et Assurances, il sera souvent rattaché au Directeur
juridique au sein de la Direction Financière (Comex). Il l’est aussi parfois
à des Secrétaires généraux, membres du Comex. Généralement, notre
Sur ce métier relativement neuf qu’est le Risk Management, conseils en recrutement comme
Directeurs des ressources humaines commencent à se forger une opinion et une pratique. Atout
Risk Manager les fera témoigner dans chacune de ses parutions.
Martine Bournérias (Progress) et Alain Guillou (DCNS) se sont prêtés à ce premier exercice.
QUAND UN DRH ET UN CONSEIL
ÉVOQUENT LES RISK MANAGERS :
INTERVIEW CROISÉE
« Nous recrutons des Risk Managers depuis une
vingtaine d’années, à raison d’un ou deux par an,
et nous avons constaté une évolution de la fonction
avec un niveau d’expertise de plus en plus élevé. »
Martine Bournérias
DCNS
Entreprise de haute technologie et d’envergure
internationale, le Groupe DCNS conçoit, réalise et
maintient en service des sous-marins et des navires de
surface ainsi que les systèmes et infrastructures associés.
Outre une offre large de solutions dans l’énergie nucléaire civile et
les énergies marines renouvelables, il fournit également des services
pour les chantiers et bases navals.
Le Groupe, dont l’État français est actionnaire à hauteur de 64 % et
Thales à hauteur de 35 %, est devenu une société de droit privé en 2003.
Le Groupe compte 13 183 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires
de 2,93 milliards d’euros. DCNS emploie 17 Risk Managers.
PROGRESS
Progress est un cabinet de conseil en recrutement de dirigeants
créé en 1971 et dirigé par Alain Prestat. Il est organisé en practices
sectorielles dont l’assurance est l’une des plus anciennes et des
plus significatives. Associée de Progress depuis 1986, Martine
Bournérias a structuré et développé cette practice. Elle dirige
actuellement la practice services financiers. Progress est
membre du réseau mondial IICPartners que Martine
Bournérias a présidé de 2006 à 2009.ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
32MÉTIER RISK MANAGER
cabinet est recommandé par le marché, c’est-
à-dire des Risks Managers et des courtiers...
Quant au processus de recrutement, il est de 3
à 4 mois environ.
La dimension assurantielle rentre-t-elle en
compte dans les recherches ?
M.B. - Oui, nous n’avons quasiment jamais de
demande pour un profil qui n’a pas fait d’assu-
rance. Il doit avoir la double expérience, assu-
rance et gestion des risques. Il faut remarquer
cependant, dans certains groupes du CAC 40
que le Risk Management n’est pas toujours
porté par la direction des assurances. La fonc-
tion peut être éclatée entre la Direction des
assurances et la Direction des risques. Dans ce
cas, cette dernière fonction pourra être portée
par l’audit ou être rattachée à une fonction
de conformité. Le périmètre est très variable
selon les entreprises et leur vision du risque.
A.G. - Non. Pas pour le moment. Une partie
importante de nos activités est liée à l’État
qui est son propre assureur. Par ailleurs,
nous mettons tout en œuvre pour avoir une
maîtrise du risque le plus en amont possible
et tendre vers le « zéro risque ». Mais cela
devrait changer avec le développement de
notre activité dans l’énergie et, en particulier,
les énergies marines renouvelables où il nous
faudra indiquer plus largement la dimen-
sion de contentieux. Ce développement nous
conduira à nous assurer sur quelques risques
comme des retards dans la réalisation de
certains programmes. L’expérience assuran-
tielle ne sera pas prioritaire dans la fiche de
poste mais elle pourra y figurer.
Les formations suivies dans le cadre de
l’AMRAE sont-elles un atout ? Par ailleurs,
connaissez-vous le référentiel ?
A.G. - Oui. Tout certificat, toute acquisition
de connaissance, sanctionnés par un diplôme
ou un papier, est un atout. Cela apporte une
caution. Et en effet, je connais le référentiel.
M. B. - Oui, je connais le référentiel. Et l’ap-
partenance à L’AMRAE est souvent citée par
les candidats et les entreprises.
Avez vous des demandes émanant des ETI ?
M.B. - Nous travaillons essentiellement avec
les entreprises du CAC 40 et du SBF 120 qui
recrutent surtout des Directeurs d’assurance.
Mais nous n’avons pas de demandes en prove-
nance des ETI.
Martine Bournérias,
Leader de la Practice Services Financiers, Progress
Alain Guillou, Directeur
des Ressources Humaines et
de la direction de l’Excellence
Opérationnelle, DCNS
« Nous privilégions les Risk
Managers en deuxième partie
de carrière. Des personnes de
40-50 ans, femmes et hommes,
qui connaissent nos activités et
peuvent justifier d’une bonne
expérience professionnelle. »
Alain Guillou
Martine Bournerias
Je laisserai l’ordre des activités tel qu’il figure
avec toutefois une remarque concernant la gestion
des sinistres qui est le plus souvent déléguée
(ce qui n’exclut pas de la piloter !).
Compétences:
1 Culture et prise en compte des enjeux
2 Communication
3 Organisation
4 Management (et animation fonctionnelle)
5 Résistance au stress
6 Création et adaptation
7 Réceptivité (mais faut-il entendre par là : réactivité ?
ou prise en compte des enjeux, traité plus haut ?)
Alain Guillou Activités :
1 Appréciation du risque
2 Maîtrise du risque
3 Diffusion de la culture
Qualités :
1 Organisation
2 Culture et prise en comptes
des enjeux
3 Communication
A PROPOS DES RÉMUNÉRATIONS
Martine Bournérias
Concernant les postes sur lesquels nous travaillons, nous
pouvons vous communiquer les éléments suivants :
- Collaborateurs seniors au sein d’une direction risques et
assurances : 90 K€ fixe + bonus + participation + véhicule
- Responsables/Directeurs risques et assurances : géné-
ralement entre 110 K€ fixe et 150 K€ fixe + variables (qui
peuvent être importants) + participation/intéressement
+ véhicule et éventuellement actions gratuites selon la
politique de rémunération des entreprises concernées.
Alain Guillou
Les rémunérations affichées dans le référentiel semblent réalistes.
en par tenariat avec
Le Baromètre
du Risk Manager
2013
A PROPOS DU RÉFÉRENTIEL
SUR LA HIÉRARCHIE DES COMPÉTENCES : N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
33MÉTIER RISK MANAGER
L’AVIS DE L’EXPERT :
Anne Magnan-Leroyer
Aon Risk Solutions | Directeur technique adjoint
Responsabilité Civile et Lignes Financières
Quelle est l’évolution du marché ?
Depuis 3 ans, on note en France un développement
rapide du marché de l’assurance Cyber en France. D’un
marché de niche avec des acteurs très spécialisés, nous
sommes passés à une offre d’assureurs généralistes. Sur
les marchés mondiaux de l’assurance et la réassurance, de
nouvelles capacités se créent régulièrement : nous appro-
chons actuellement environ les 400 millions d’euros.
La plupart des grands assureurs proposent désormais
une offre Cyber qualitative alors qu’il y a seulement 1 ou
2 ans, les textes étaient fortement standardisés voir
« figés ». Aujourd’hui, on arrive pratiquement à faire du
sur-mesure. Les assureurs s’appuient majoritairement
sur des services de consultants spécialisés. Ils ont su
écouter leurs clients et les courtiers pour s’adapter à
leurs besoins et à leurs organisations et ont fait émerger
de nouvelles garanties : décontamination des systèmes,
dommages aux infrastructures informatiques suite à un
virus… tout en améliorant leur wording.
Par exemple, un assureur vient récemment de commu-
niquer sur l’extension à tous les dommages matériels et
corporels.
Faut-il nécessairement souscrire des polices Cyber
spécifiques ?
Conseil de l’entreprise, nous privilégions bien sûr
l’approche pragmatique et l’identification des garan-
ties déjà octroyées par les polices plus traditionnelles
(PDBI, RC, etc). Elles doivent aussi garantir ces risques,
tant le rôle des systèmes d’information (informa-
tique, réseaux et connexions) est prégnant au sein des
entreprises. Ces systèmes font totalement partie du
« business » et de la gestion des entreprises.
Dans certains cas, il n’est pas toujours nécessaire
d’isoler le risque Cyber. Toutefois, les polices Cyber
spécifiques présentent de nombreux avantages :
- Unicité : une seule police couvre l’ensemble des
préjudices (First party et Third party) avec un seul
interlocuteur assureur.
- Largeur : elle assure une meilleure protection du
bilan en octroyant des garanties non proposées par
les polices plus traditionnelles.
- Accompagnement : elle peut fournir ou financer des
services multiples : notification, credit monitoring,
consultant, avocat, agence de communication…).
- Elle peut servir de « bouclier » aux autres programmes
d’assurances.
- Elle dédie une capacité propre.
Nous avons observé que certaines souscriptions de
polices Cyber ont été demandées à des entreprises
françaises par des donneurs d’ordre américains. Dans
ce cas, cela a été le déclencheur et l’opportunité de
la mettre en place rapidement pour l’ensemble du
Groupe.
Toutes les entreprises sont-elles d’ores et déjà
couvertes ?
Non, il y a d’énormes marges de progression : nous
sommes encore loin de la saturation du marché ! Il y
a un grand appétit des assureurs pour le marché fran-
çais et une volonté de proposer des offres attractives
y compris au niveau des prix.
Néanmoins, l’acte de souscription est relativement
long : il y a beaucoup d’études et de cotations. Malgré
la conscience des enjeux, toutes les entreprises
n’ont pas le même niveau de maturité : les arbitrages
budgétaires restent la règle.
Établissons l’analogie avec les polices Environnement
devenues aujourd’hui incontournables alors que le
démarrage des souscriptions avait été plutôt lent.
Dans quelques années, la police Cyber sera la norme.
Anne Magnan-Leroyer,
Directeur Technique Adjoint
Responsabilité Civile
et Lignes Financières,
Aon Risk Solutions
Cloud computing, big data, cyber attaques… les Directions Générales, les Conseils d’administration
et les États ont pris conscience de ces enjeux majeurs. Si traiter de la sécurisation des systèmes
d’information et des données est essentiel, la dimension assurantielle est tout aussi concrète :
photo du marché.
CE QU’ILS EN DISENT, CE QU’ILS EN PENSENT :
CYBER RISKATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
34MÉTIER RISK MANAGER
L’AVIS DE FRANÇOIS BEAUME,
PRÉSIDENT DE LA COMMISSION
SYSTÈMES D’INFORMATION DE
L’AMRAE :
Quelle est l’évolution du marché ?
La Commission SI s’est saisie du sujet Cyber Risk. Depuis
2 ans, le Comité Scientifique Permanent de l’AMRAE en
a fait l’un des thèmes d’étude et de réflexion priori-
taires pour ses membres.
A l’époque, nous étions encore dans une optique de
sensibilisation des Risk Managers à cette problématique
souvent considérée comme un sujet des spécialistes : les
Responsables de sécurité informatique (RSSI).
Nous sommes maintenant entrés dans une nouvelle
« ère ». Les enjeux liés aux Cyber Risks ont largement
dépassé la sphère informatique et les Risk Managers
les intègrent désormais à leur cartographie de risque
afin de les identifier, de les quantifier, de les traiter
et de les assurer au même titre que les autres risques
opérationnels.
C’est dans ce but que nous avons travaillé à la publi-
cation d’un ouvrage « La gestion du risque numérique
dans l’entreprise
1
» en partenariat avec CGI Business
Consulting pour donner aux Risk Managers les clés d’un
dialogue nécessaire et constructif avec les DSI et RSSI.
Ce dialogue se poursuit avec tous les acteurs au sein de
la Commission SI.
Dans nos travaux, nous nous appuyons sur les compé-
tences d’experts sur le plan technique, et nous nous
croisons avec les méthodologies de Risk Management,
à l’instar de ce que nous avons fait avec la Matinée
Cloud Computing, en partenariat avec Solucom, qui a
donné lieu à la publication d’un Cahier Technique.
SORTIR DU FLOU DES ASSURANCES CYBER
Nous avons évidemment appréhendé la dimension
assurantielle : nombre d’entreprises s’interrogent sur
le fait d’être correctement assurées ou non dans le
cadre de leurs polices traditionnelles, voire, sont en
pleine réflexion sur la nécessité de souscrire ou non des
polices Cyber Risk spécifiques.
Nous avons donc constitué un groupe de travail
consacré aux assurances du risque numérique.
L’AMRAE projette donc de publier un « Panorama des
Assurances Numériques » sur le modèle de « L’État du
Marché » publié chaque année sur les tendances des
renouvellements de fin d’année. Cette année, l’État du
Marché comportait déjà une section spécifique consa-
crée aux Cyber Risk mais le besoin de détailler et d’ap-
profondir cette section s’est fait jour.
Nous avons déjà identifié un certain nombre de problé-
matiques, notamment dans la mise en œuvre des
garanties d’une police Cyber, qui ne sont pas sans en
poser de nouvelles : les techniques d’intrusion et de
vol de données étant de plus en plus complexes, élabo-
rées et « invisibles », vous pouvez vous retrouver avec
une grande incertitude concernant le « fait générateur
de dommages » quand vous ne connaissez ni la date
d’intrusion, ni l’ampleur des données « piratées » et
comment elles sont ou seront utilisées…
Nous nous interrogeons aussi sur le niveau des capa-
cités : le risque Cyber s’impose comme un véritable
risque systémique au niveau mondial. Même si le marché
se développe, les capacités seront-elles suffisantes ?
Autre point : une cyberattaque ne pourrait-elle pas
entrer dans le champ du terrorisme ? En France, le
Gareat ne devrait-il pas s’emparer du sujet ?
François Beaume,
Président de la Commission
SI de l’AMRAE
1
Voir la présentation de cet ouvrage p. 47 - Publications N°1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
35MÉTIER RISK MANAGER
L
e campus The Institues se trouve à
Malvern, à 20 miles de Philadelphie.
Ce campus est… virtuel : ses milliers
d’étudiants sont répartis sur les cinq
continents et n’ont pas eu besoin de
s’y rendre physiquement. « Nous voyons aboutir
une stratégie initiée il y a plusieurs années : main-
tenant les étudiants sont tous connectés à travers
notre système, ils reçoivent les cours, s’entraînent
aux examens, peuvent échanger sur des forums »
déclare Peter Miller, CEO de the Institutes.
Cette stratégie de cours n’est pas celle adoptée
en France. AMRAE Formation, titulaire de la
licence française de l’ARM souhaite clairement
maintenir des sessions de formation en « présen-
tiel » pour non seulement garder le contact avec
les étudiants mais surtout le permettre de créer
des contacts entre eux et renforcer leur réseau
professionnel. Les échanges, le benchmark,
l’expérience des intervenants font partie inté-
grante du cours de l’ARM. « Dans les promotions
que nous organisons, les participants ont en
moyenne une quinzaine d’années d’expérience
professionnelle pour un âge moyen de 39 ans, ce
qui démontre bien que les échanges seront riches
et éclairés », déclare Philippe Vienot, co-gérant
d’AMRAE Formation.
L’ARM EN FRANCE : NOUVEAUTÉS
Le contenu de l’ARM a été complétement remo-
delé en 2014 : actualisation du programme,
nouvelle traduction et nouveaux intervenants.
La formation ARM permet d’acquérir les tech-
niques spécifiques à la gestion des risques des
organisations (diagnostic, réduction et finan-
cement) et les compétences managériales
nécessaires à l’exercice de la fonction de Risk
Manager.
La spécificité du programme ARM est de
proposer une approche de stratégie financière
du Risk Management tout en intégrant une
dimension de compréhension des fondamen-
taux du métier et des enjeux de la gouvernance.
Le Programme a pour objectif de permettre aux
stagiaires d’apprendre à mettre en œuvre une
stratégie de financement du risque équilibrée,
en optimisant les techniques de rétention et de
transfert du risque ou des méthodes « hybrides ».
L’ARTICULATION EN 3 MODULES
ARM 54 : Diagnostic des risques
ARM 55 : Réduction des risques
ARM 56 : Financement des risques
Chaque module dure 12 jours soit 100 heures
L’inscription à l’ARM débute impérativement par
le Module ARM 54 : les autres modules peuvent
être suivis dans la même année ou ultérieure-
ment et dans l’ordre souhaité.
Fort de ses 31 000 diplômés, l’Associate in Risk Management délivré par The Institutes est de
loin la formation des Risk Managers la plus répandue dans le monde.
FORMATION
À LA LOUPE : ARM
AMRAE FORMATION & THE INSTITUTES
Anne Dambrine, VEOLIA
En formation de 2012 à 2013, diplômée fin 2013
« J’ai choisi la formation ARM car c’est une formation reconnue sur le marché.
Elle m’a permis de valider mes acquis et expériences et d’acquérir une bonne
méthodologie, ce qui était important pour moi qui vient du monde de la finance.
J’ai échangé avec d’autres professionnels, renforcé mon réseau, bénéficié de retours
d’expérience diversifiés et pu confronter mes idées avec les bonnes pratiques
des uns et des autres.
La formation ARM m’a apporté une vision plus large de la fonction de Risk Manager
et m’a fait réaliser l’importance de celle-ci, dans une période économiquement difficile. »
« La prochaine
étape sur laquelle
nous travaillons est
de faire reconnaître
ces formations qui
permettent d’exercer
la fonction de Risk
Manager. » ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
36MÉTIER RISK MANAGER
LABELLISATION / CERTIFICATION :
UN ENJEU POUR LA RECONNAISSANCE DU MÉTIER
La nouvelle formule 2014 de l’ARM a été conçue et adaptée aux
spécificités européennes et françaises de notre métier (ex : utilisa-
tion et fiscalité des captives). Elle a également été articulée autour
du Référentiel Métier publié par l’AMRAE en 2013 : chaque module
couvre une partie des activités qu’il recense.
L’ARM est internationalement con
sidéré par la profession comme
LA formation de référence des
Risk Managers. Aux États-Unis, il
est reconnu comme un diplôme à
part entière. Mais hors USA, les
Ressources Humaines ne peuvent
pas toujours valider l’ARM comme
qualification supplémentaire, au
même titre que le serait un di-
plôme universitaire par exemple.
« L’existence même du Référentiel
Métier a été une première étape
fondamentale pour faire connaître
et reconnaître la fonction de Risk
Manager au-delà de la profes-
sion, dans les entreprises et ce jusqu’à l’administratif des Ressources
Humaines », rappelle Philippe Vienot, co-gérant d’AMRAE Formation.
« La prochaine d’étape sur laquelle nous travaillons est de faire reconnaître
ces formations qui permettent d’exercer la fonction de Risk Manager. Le
processus est long et nous y travaillons depuis quelque temps déjà. Dans le
cas de l’ARM, le fait d’avoir restructuré le programme et surtout de l’avoir
complètement mis en ligne avec le Référentiel Métier permettra de donner
un socle solide à cette labellisation de la formation pour Risk Managers. »
Cette démarche menée en France est tout à fait complémentaire de celle
qui est engagée au niveau de FERMA et à laquelle l’AMRAE contribue de
manière majeure : la certification du Risk Manager.
François Malan, Administrateur AMRAE et
pilote du Groupe de travail Référentiel Métier,
représentant AMRAE auprès de FERMA sur la
Certification du Risk Manager :
« Dans le cadre de FERMA, la certification du
professionnalisme du Risk Manager au niveau
européen est un dossier de fond mené depuis
plusieurs années. Notamment grâce au référen-
tiel métier de l’AMRAE, ce projet est, cette année,
sur de bons rails.
Dans ce processus de certification, il ne s’agit pas de recréer des formations
au niveau supra national mais bien de valider les formations déjà existantes
au sein de chaque pays. L’ARM, entre autres, a le grand avantage d’exister
déjà et d’être reconnu au niveau international à partir des États-Unis. AMRAE
Formation dispose là d’un atout formidable pour être candidate à la
préparation de la certification européenne des Risk Managers. »
LE DIPLÔME : DÉLIVRANCE ET ÉQUIVALENCES
Les candidats reçus aux trois examens des Modules 54, 55 et
56 et ayant passé le module « Ethique » en ligne se voient
conférer le titre d’Associate in Risk Management délivré par
The Institutes.
Les Modules de l’ARM sont des équivalences internationales
d’unités de valeur d’universités américaines permettant l’ob-
tention de MBA (Master’s degree in Business Administration).
UNE RECONNAISSANCE À L’INTERNATIONAL
Aux États-Unis, les associations professionnelles de Risk Mana
gement (RIMS, ASHRM – pour la santé, PRIMA – pour le secteur
public) reconnaissent l’ARM comme la filière d’excellence.
Enrichi par le retour d’expérience de plus de 25 promotions,
l’ARM français est devenu également une véritable filière fran-
çaise et européenne de référence en matière de gestion des
risques avec plus de 1 500 professionnels formés en France.
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ASSOCIATE IN RISK MANAGEMENT
ARM 56
FINANCEMENT DES RISQUES
PRE-REQUIS
Avoir suivi le module ARM 54 – Diagnostic des risques
OBJECTIFS
• Savoir faire face à tout moment à ses obligations et assurer la résilience
de son organisation
• Optimiser le transfert financier de ses risques par la maîtrise des
différents instruments à disposition
CO NTENU
• Approche portefeuille (allocation et frontière efficiente)
• Eléments d’analyse financière (haut de bilan, solvabilité, rentabilité)
• Instruments de financement par rétention (traitement courant, provision,
emprunt…)
• Instruments de financement par transfert (transfert contractuel,
couverture d’assurance et de réassurance…)
• Captives d’assurance et de réassurance
• Instruments de financement hybrides (po ols et mutuelles fermées,
comptes captifs, programmes à rétro tarification, contrats en excédent…)
• Nouveaux instruments de financement ou ART (Alternative Risk
Transfer) : réassurance financière et programmes dits « finite risk »,
arbitrage (hedging), titrisation, options et swaps…
• Méthodes de répartition du coût des risques
EXAMEN
QCM de 2 heures
Session Automne 2014 : 11 décembre 2014
Session Printemps 2015 : 21 mai 2015
RÉFARM56
12 jours – 100 heures
Session Automne 2014
19, 20, 21 juin
18, 19, 20 septembre
16, 17, 18 octobre
20, 21, 22 novembre
Session Printemps 2015
22, 23, 24 janvier
26, 27, 28 février
26, 27, 28 mars
23, 24, 25 avril
Vélizy (78)
15 pers.
5 850 € H.T repas compris
Frais d’examen : 510 € H.T
Frais d’hébergement :
960 € H.T
Demande du bulletin
d’inscription (gratuite) sur
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au 01 42 89 32 72
DI F
Ingénieur de formation, j’exerce comme conseil auprès de grands comptes pour la modélisation quantitative. Cette pratique m’avait
habitué à considérer le calcul des risques comme un problème statistique.
En 2005, la directrice des risques d’une banque m’a demandé de l’aider à quantifier ses risques opérationnels. Ce travail m’a paru
fascinant, car la difficulté n’était pas mathématique mais liée à la démarche d’analyse : comment prendre en compte tous les risques,
surtout ceux qui n’étaient jamais arrivés, et les quantifier avec la rigueur suffisante pour être opposable aux autorités de régulation ?
Ma cliente et son équipe étaient formés à l’ARM. En m’engageant à leurs côtés, j’ai pensé utile de partager un langage commun,
et j’ai moi-même suivi cette formation.
Ces 18 mois m’ont apporté bien plus que cela. La démarche de l’ARM est à la fois simple et puissante. Elle a changé profondément
ma vision des risques, de leur gestion et de leur mesure : loin d’être un simple problème mathématique, c’est une démarche continue
de recueil, d’organisation et de partage de connaissances. Elle a aussi changé ma vie professionnelle puisque j’ai réorienté l’activité de
ma société sur ce thème.
Patrick Naim
PDG, ELSEWARE
Président du CARM, association des anciens élèves de l’ARM« «
TÉMOIGNAGE DE DIPLÔMÉ
ARM
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Le centre mondial de la formation
continue en gestion des risques
et assurance
165 permanents
25 formations diplômantes dont :
Management des risques, Assurances,
expertise, gestion de sinistre,
réassurance...
« AMRAE Formation dispose
là d’un atout formidable pour
être candidate à la préparation
de la certification européenne
des Risk Managers. » N°1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
37MÉTIER RISK MANAGER
L
a gestion de crise est la huitième des neuf
activités listées par le référentiel métier.
Élaboration amont du dispositif de gestion,
retour d’expérience et analyse font partie de
ses fondamentaux. Que se passe-t-il vraiment
sur le terrain et quel est le rôle du Risk Manager ? « Se
préparer à la gestion de crise, c’est savoir anticiper,
responsabiliser et former. Il faut définir une approche en
amont, cohérente avec la culture de l’entreprise, et avoir
des principes de base compris par tous » précise Sophie
Mauvieux, Administratrice de l’AMRAE et Directrice des
risques et du contrôle interne du groupe Gemalto. Oliver
Wild, Directeur des Risques et Assurances de Veolia
s’appuie sur la cartographie des risques « processus qui
nous aident à faire l’évaluation des risques et déployer
les des mesures préventives ». Ainsi le groupe a
identifié ses risques majeurs, chacun d’entre eux
- voire parfois plusieurs - porté par un membre
du Comex qui est responsable du plan d’actions
associé. Dans ses actions de prévention, Veolia
réalise régulièrement des analyses sur
les pays (notamment Irak, Afghanistan,
Lybie).
Pour Sophie Maguer, Administratrice de
l’AMRAE et Risk Manager d’Euro Disney
Associés SCA, la gestion de crise « doit
aussi tenir compte de la stratégie de l’en-
treprise et des contraintes tant réglemen-
taires qu’opérationnelles ».
Chez Gemalto, les mesures sont globales
avec des actions de communication sur la
gestion de crise pour tous les collabora-
teurs. Chez DCNS, qui opère principale-
ment dans le domaine de la défense, cette
sensibilisation est intrinsèque à chaque
salarié « car le management des risques fait
partie de l’ADN de l’entreprise », explique
Sylvain Rousseau, Directeur de l’audit, des
risques et du contrôle interne. « Nous laissons
les équipes locales réfléchir et identifier leur
scénario de crise afin de définir un plan de
gestion de crise. Nous validons que l’approche
est cohérente. Par exemple, si elles ont prévu
de faire appel à un expert nous regardons à
quel scénario cela répond » souligne Sophie Mauvieux.
Même constat chez DCNS : « Les responsables opération-
nels et fonctionnels sont les meilleurs connaisseurs dans
leur domaine », confirme Sylvain Rousseau. « La gestion
de crise fait partie de la responsabilité des différentes
directions. A elles d’identifier leurs risques et de définir
leurs plans de gestion et de réduction ».
QUEL PILOTE DANS LA CELLULE
DE CRISE ?
« Ce ne sont pas forcément les managers mais les personnes
qui sont jugées les plus pertinentes pour ce type d’évène-
ment » souligne Sophie Mauvieux. Nommés par le PDG,
ces collaborateurs (ils sont 123 dans le monde pour
12 000 salariés chez Gemalto) se voient remettre
une plaque officielle sur leur bureau et suivent
une formation de deux jours (avec règles de
base et simulation) élaborée par la direction des
risques en collaboration avec la direction de
la communication, le responsable de la stra-
tégie industrielle et un consultant extérieur.
Ces collaborateurs sont ensuite chargés
de nommer les membres permanents de la
cellule de crise.
Chez DCNS, la cellule de crise est établie
sous l’autorité de la direction de la commu-
nication qui va, en fonction des besoins,
mobiliser les correspondants précédem-
ment identifiés au sein de toutes les organi-
sations (entités et fonctions). « Nous sommes
dans l’anticipation : il faut être entrainé. Le
dispositif est sans cesse entretenu et la nomina-
tion des correspondants est mise à jour régulière-
ment », note Sylvain Rousseau. Chez Veolia, c’est
le Directeur de la sûreté, poste créé il y a un an et
occupé aujourd’hui par Jean-Louis Fiamenghi qui
anime la cellule de crise à la demande de la
Direction. Des cellules de crise qui pourront
s’appuyer sur une documentation préalable-
ment établie et qui rappelle les
actions à mettre en place comme
la tenue d’un journal de bord,
la coordination des appels télé-
LA GESTION DE CRISE :
UN ESSENTIEL TOUJOURS REVISITÉ
S’il intervient rarement dans les cellules de crise, le Risk Manager est en revanche le
coordinateur de la gestion de crise. Un rôle qui l’amène à réévaluer régulièrement, avec les
équipes concernées, les dispositifs mis en place.
Sophie Mauvieux,
Administratrice de l’AMRAE
et Directrice des risques
et du contrôle interne
du groupe Gemalto
Oliver Wild,
Directeur des Risques et Assurances de Veolia
Sophie Maguer,
Administratrice de l’AMRAE et Risk Manager d’Euro Disney Associés SCA Sylvain Rousseau,
Directeur de l’audit, des risques et du contrôle interne de DCNSATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
38MÉTIER RISK MANAGER
phoniques... « Mais attention » souligne Benoît Vraie,
Maître de conférences associé au sein du Master « Gestion
Globale des Risques et des Crises » Paris 1 Sorbonne et
formateur du module « gestion de crise et PCA » à l’AMRAE
à ne pas avoir une documentation trop fournie : « Si elle
est pléthorique, personne ne la lit.
L’IMPORTANCE
DU RETOUR D’EXPÉRIENCE
Si gestion de crise rime avec amont, elle rime tout
autant avec aval afin d’améliorer les processus.
« Nous avons mis en place un fichier Sharepoint avec
des espaces dédiés. Dès la notification d’une crise, nous
y plaçons les documents qui la concerne » explique
Sophie Mauvieux. Par ailleurs, si seul le « corporate » a
connaissance de toutes les crises internes, les équipes
locales sont sollicitées pour faire du « post-mortem »
sur ce qu’elles ont vécu. « Nous sommes très demandeurs
des suggestions d’amélioration de la part des équipes.
Cela permet de réfléchir à l’amélioration des scénarios
et à notre propre fonctionnement ». Même constat pour
Sophie Maguer : « les retours d’expérience sont impor-
tants car ils permettent une meilleure résilience ».
Autre facteur d’évolution de la gestion de crise : l’appa-
rition de nouveaux risques, des changements d’organisa-
tion ou de périmètres d’activité. « Notre gestion de crise a
beaucoup évolué dans certains pays, où en raison de notre
activité, nos collaborateurs peuvent être particulièrement
exposés. Les correspondants locaux nous dressent un état
des lieux mais dans tous les cas, le Directeur de la sureté
y apporte son expertise pour évaluer les risques sureté et
mettre en place les mesures de prévention » précise Oliver
Wild. « Nous procédons à une réévaluation annuelle des
risques. Nous intervenons auprès des différentes directions
pour nous assurer que le plan est bien adapté et les risques
couverts », note Sylvain Rousseau. La problématique de
la e-réputation est l’un de ces nouveaux paramètres à
prendre en compte surtout dans les entreprises BtoC :
« Que quelqu’un prenne une photo n’est à priori pas un
évènement grave pour une entreprise mais sa diffusion et
son commentaire sur un réseau social peuvent prendre des
dimensions considérables. Ce risque doit être intégré dans
notre capacité à très vite réagir » remarque Sophie Maguer.
Présidente d’Acyan, conseil spécialisé sur la
prévention et la gestion de crise, Emmanuelle
Tran note que beaucoup d’entreprises ont
encore du mal à mettre en place une vraie
stratégie de gestion de crise.
D’abord énonce-t-elle, pour des raisons
de définition : « on mélange trop souvent gestion
du risque, management de crise et communication
de crise » mais surtout opérationnelles : « on
confond souvent gestion et communication de
crise. Pour bien communiquer, encore faut-il avoir
pris des décisions alors que l’on ne sait rien et que
tout va vite. »
Deux écueils sont à éviter : considérer que
la Direction de la communication va gérer à elle
seule la crise ; considérer que disposer d’un PCA
et pratiquer des exercices d’alerte est suffisant
pour surmonter la crise. « Mais une fois l’incendie
éteint par les pompiers, que fait-on ? La gestion
de crise, c’est aussi savoir gérer les impacts
des évènements ». Pas de recette miracle mais
« du bon sens. Il faut s’entraîner pour créer des
automatismes. Car en période de crise, chaque
minute gagnée permet de réfléchir ».
Autre élément important : « Savoir capter
les signaux faibles. Savoir les lire au moment où
c’est encore gérable peut prévenir la catastrophe
et éviter la situation de crise ». La consultante
ne constate pas plus de crise aujourd’hui qu’hier
« mais nous les voyons davantage, l’amplification
est supérieure, les facteurs d’accélération comme
les réseaux sociaux sont explicites.
La principale difficulté pour les dirigeants est
de concilier le temps très court des médias et celui,
plus long, de l’entreprise ». A cela doit répondre
une organisation solide et beaucoup de formations
à commencer par les membres des Comex.
« Le déclenchement
du PCA se fait paral-
lèlement à la gestion
de crise. Ce sont deux
équipes différentes qui
agissent. Celle de la
cellule de crise avec des
personnes qui mettent
en place des actions
« extraordinaires » et
les équipes opération-
nelles qui continuent de
travailler mais en mode
dégradé. Quant à la
personne qui décide de
mettre en place le PCA,
c’est en général le RM
avec la validation d’un
membre du Comex. »
Benoit Vraie
EMMANUELLE TRAN :
« GÉRER LA CRISE, C’EST
SAVOIR GÉRER LES IMPACTS
DES ÉVÈNEMENTS »
« Nous déclenchons une cellule
de crise et si cette crise a un impact
sur nos opérations et notre continuité
d’activité, la cellule de crise
déclenchera le PCA »
Sophie Mauvieux N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
39M?TIER RISK MANAGER
Chez Gemalto, les plans de gestion de crise
sont revisités tous les ans et quelques scéna-
rios sont régulièrement testés pour voir si le
plan est complet. « Au cours de ces dernières
années, le dispositif a peu évolué sur les prin-
cipes fondamentaux mais nous avons modifié
les critères d’escalade depuis que nous avons
élargi notre offre de services. Nous admettons
une interruption d’activité de 24h pour la
fabrication de cartes à puces mais seulement
de quelques heures pour les datacenters sur
lesquels nous hébergeons les données de nos
clients. Par ailleurs nous avons décidé d’in-
troduire en cellule de crise, une personne qui
puisse prendre un peu de recul par rapport à
l’évènement » explique Sophie Mauvieux.
QUEL RÔLE POUR LE RISK
MANAGER ?
« Notre direction est animatrice, elle doit s’as-
surer que les processus sont mis en place et
fonctionnent » approuve Sylvain Rousseau.
« Il peut être la cheville ouvrière. Il peut avoir
un rôle plus opérationnel comme capteur
d’alerte et un rôle d’expert. Cela dépend de son
positionnement dans l’organisation » conclut
Sophie Mauvieux.
RETOUR D’EXPERIENCE
AVEC LA COLLABORATION DE
La fatigue en cause dans le déraillement
du métro de Chicago
Il est 2h49 du matin, le lundi 24 mars 2014 lorsque le train 141 de la ligne bleue déraille
du quai et termine sa course contre un escalator à la station de l’aéroport international.
32 passagers se trouvent à bord. Ils sont hospitalisés pour des blessures et contusions.
Les dommages sont estimés à 9,1 M$ (6,56 M€).
Quelques secondes avant le déraillement, le train roulait à près de 42 km/h, les freins
d’urgence se sont activés, bien trop tard pour éviter la collision. Selon le rapport du
NSTB (National Safety Transportation Board), la conductrice se serait endormie au
moment où le train entrait dans la station. Interrogée par les enquêteurs, elle a expliqué
que ses derniers souvenirs étaient le signal jaune orangé indiquant qu’elle devait
s’arrêter au prochain stop. L’enquête fait ressortir que l’employée avait travaillé plus de
60 heures dans les 7 derniers jours.
Immédiatement après l’incident, la Chicago Transit Authority (organisme gestionnaire
du système de transport en commun de la ville) a réuni une cellule de crise qui a
travaillé jusqu’à la remise du rapport du NSTB. La station a été « gelée » une journée
pour les besoins de l’enquête. Il fallait communiquer les faits à la presse et aux usagers
les nouveaux itinéraires et les navettes de bus de remplacement, collaborer avec les
enquêteurs et prendre des mesures correctives
A la suite de cet accident la CTA a décidé de réduire la vitesse d’approche en station pour
permettre un freinage d’urgence, de renforcer les formations à la conduite et de mettre
en place des automates de régulations de vitesses excessives.
Le management du personnel est en cours de révision : des pauses obligatoires et des
limites en heures et jours de travail (inexistantes aujourd’hui) font partie des pistes qui
seront explorées avec les représentants du personnel. Quant à la station et la ligne, elles
ont pu reprendre sous huitaine l’activité.
David Kapp – La Lettre Retour d’expérience, supplément à Face au Risque
+
Membres permanents Responsable
Coordinateur (peut aussi être celui
qui prend du recul)
Teneur du journal de bord
Responsable de communication
Chargé de la logistique (en général
l’assistante)
3 niveaux de responsables de crise :
niveau local,
niveau régional,
niveau corporate.
Experts internes de l’entreprise
ex : Directeur juridique sur la cellule
de crise Finance.
La cellule de crise
chez GemaltoATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
40MÉTIER RISK MANAGER
C
omment mesurer la performance écono-
mique des politiques de bien être au
travail ? C’est la question que s’est posée
Joséphine Pavillet, étudiante en Master
2 RH à l’Université Paris-Dauphine, dans
le cadre de son mémoire de fin d’année 2012-2013*. Si
elle explique que la notion même de bien être au travail
ne trouve pas de définition en raison de son apparition
récente et de la subjectivité qu’elle implique, c’est une
notion à la mode car mise sur le devant de la scène par
le contexte économique. Crise, pressions commer-
ciales qui s’intensifient, autant de facteurs qui pèsent
aujourd’hui sur l’ « outil humain », multipliant notam-
ment les situations de stress et les risques psychoso-
ciaux (RPS). Attention néanmoins à ce que ces derniers
n’occultent pas les autres risques RH. « La santé au
travail ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt de tous
les autres risques RH qui touchent l’entreprise. Et il y
en a énormément. Ce risque a été de plus sorti de son
contexte, utilisé pour des questions polémiques en France
avec les cas de suicides et fait les choux gras de certains
consultants et certaines centrales syndicales », estime
Christophe le Bars, ex DRH d’Europcar International,
Membre de la commission RH de l’AMRAE et actuel
responsable du séminaire Risques RH au sein du
Master 2 et du MBA RH de l’Université Paris-Dauphine,
qui a dirigé le mémoire de Joséphine Pavillet. « Le
risque RH fait échouer également une fusion-acquisition
sur deux et une fraude digitale ou numérique sur deux est
due à un facteur humain en interne », rappelle t’il.
Après un benchmark au Canada et chez les champions
mondiaux du bien être Danois, Joséphine Pavillet
rappelle les outils qui permettent aujourd’hui de
mesurer une politique de bien être au travail : bilan
social, entretien annuel obligatoire, enquêtes de
satisfaction internes et externes. « Mais si le coût des
investissements peut être évalué, leur gain est difficile à
démontrer », explique t’elle, ajoutant que « le bien être
au travail est largement corrélé à la perception subjec-
tive des salariés sur ce sentiment. » Difficile donc de le
mesurer. LE COUPLE RISK MANAGER ET DRH
« Il est très important que les DRH soient sensibilisés à la
démarche de cartographie », estime Christophe le Bars,
qui tient à préciser au passage que « l’idée n’est pas de
transformer le DRH en Risk manager mais de favoriser par
cette démarche le dialogue avec les DRH et leur montrer
que la cartographie est un outil d’aide à la décision, qui
apporte de la valeur à l’entreprise ! »
Si, les grandes sociétés notamment lorsqu’elles sont
cotées, ont pu atteindre un bon niveau de maturité
dans la gestion de leurs risques, au delà même de la
cartographie des risques, la démarche doit profiter à
l’ensemble sans oublier les ETI et les PME chez qui les
fonctions support y compris celle des RH sont souvent
concentrées en une seule main « administrative et
financière ».
Le défi de l’AMRAE est de permettre à ces entreprises
de plus petites tailles, d’adapter la démarche du Risk
Management à leurs moyens et à leurs besoins en profi-
tant de l’information disponible et des plateformes de
rencontres qu’elle peut mettre à leur disposition.
LE BIEN ÊTRE AU TRAVAIL,
UNE DONNÉE DIFFICILEMENT MESURABLE
Parmi les très nombreux risques RH, celui lié à la santé et au bien être au travail, a fait l’objet
d’un sujet de mémoire de fin d’études (Université Paris-Dauphine) qui a intéressé de près la
Commission RH de l’AMRAE.
Joséphine Pavillet,
étudiante en Master 2 RH à
l’Université Paris-Dauphine
Christophe le Bars,
ex DRH d’Europcar International, Membre de la commission RH de l’AMRAE et actuel responsable du séminaire Risques RH au sein du Master 2 et du MBA RH de l’Université Paris- Dauphine
* Le mémoire de Joséphine Pavillet est consultable par les adhérents de l’AMRAE sur le site internet de l’association.
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Joséphine Pavillet
MEMOIRE DE FIN D’ETUDES
MASTER II MANAGEMENT DES ORGANISATION ANNEE 2012 / 2013
UNIVERSITE PARIS DAUPHINE
COMMENT MESURER LA PERFORMANCE
ECONOMIQUE DES POLITIQUES DE BIEN-ÊTRE AU
TRAVAIL ?
Maître de mémoire : Eric Campoy Maître d’apprentissage : Sophie Coustaury – Directrice Ressources Humaines Nespresso
France N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
41MÉTIER RISK MANAGER
P
ériodiquement, il est confronté à des
défis, lesquels s’ils ne sont pas rele-
vés à temps, pourraient mettre en pé-
ril l’édifice. En ce mois de juin 2014,
ces défis sont au nombre de quatre :
I – LE DÉFI DE L’EUROPE : L’ADAP -
TATION NÉCESSAIRE AUX DISPOSI-
TIONS SUR LA LIBRE PRESTATION DE
SERVICE (LPS)
Notre système est géré en capitalisation
et comporte des règles prudentielles très
strictes en matière de gestion des primes,
inconnues dans nombre de pays d’Europe
dans le secteur non-vie, où les primes
sont en principe gérées en répartition sur
des bases nécessairement moins contrai-
gnantes, permettant ainsi pour les assureurs
qui pratiquent dans ces conditions, de déga-
ger des profits plus importants.
Or en vertu des dispositions sur la LPS, ce
ne sont donc pas les règles prudentielles
françaises, pays d’exercice de l’activité,
mais celles du pays d’origine, qui vont s’ap-
pliquer.
Ce contexte règlementaire a suscité l’intérêt
de nouveaux acteurs du marché de l’assu-
rance, venus de différents territoires eu-
ropéens, n’ayant qu’une faible antériorité
dans la branche et ne disposant pas les plus
souvent d’une notation financière contrai-
rement aux acteurs traditionnels, ce qui fait
craindre d’évidents problèmes de pérennité,
avec en arrière-plan, un risque de déséqui-
libre général du système Spinetta fondé sur
une logique de fluidité préfinancement/re-
cours entre acteurs solvables et pérennes.
LES GRANDS DÉFIS
DE L’ASSURANCE CONSTRUCTION EN 2014
Notre système d’assurance construction, issu de la loi Spinetta du 4 janvier 1978, présente une
grande originalité par rapport aux systèmes en vigueur dans le reste de l’Europe, par son caractère
rigoureux et protecteur, tant des maîtres d’ouvrage que finalement aussi des constructeurs eux-
mêmes, à raison de la qualité des garanties d’assurance qui leurs sont offertes, même si bien
évidemment, tout cela a un coût.
Par Pascal Dessuet
Pascal Dessuet,
AMRAE Président de
la Commission Construction
et Administrateur,
Chargé d’Enseignements
à l’Université de Paris Est
Créteil (UPEC)ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
42VEILLE ET POSITION
II - LE DÉFI DE LA TRANSITION ÉNER-
GÉTIQUE : L’ADAPTATION NÉCESSAIRE
AUX DISPOSITIONS SUR LA PERFOR-
MANCE ÉNERGÉTIQUE
La performance énergétique des bâtiments est
un des piliers des lois Grenelle, d’où le règle-
ment thermique renforcé applicable de ma-
nière généralisée depuis 2013 dite RT 2012.
Prudemment les pouvoirs publics, non sans
quelques maladresses sémantiques, ont ré-
digé des textes fondés sur un niveau de per-
formance intrinsèque et non mesurée dans le
cadre de l’occupation réelle des bâtiments,
afin de s’abstraire des conditions d’utilisation
par les usagers.
Cependant notre système de responsabilité
des constru cteurs, sous-jacent de notre ré-
gime d’assurance constru ction obligatoire,
n’est pas fondé exclusivement sur le respect
ou non des règlementations, mais prend en
compte les atteintes à la destination d’un ou-
vrage, étant entendu, que pleine liberté est
laissée au juge dans la définition des contours
de ce terme.
Un projet de réforme des textes est en cours
pour éviter que le juge ne puisse, en matière
de performance énergétique, entendre la
destination d’un ouvrage au-delà de la règle-
mentation, pour dériver vers la performance
mesurée à dire d’expert, laquelle intégrerait
alors nécessairement la variable du compor-
tement des usagers.
Or dans un système fondé sur une présomp-
tion de responsabilité qui ne peut être ren-
versée que par la preuve positive notamment
du comportement anormal de la victime, l’as-
surance construction se trouverait alors sol-
licitée dans un nombre de cas anormalement
élevé, avec là encore, des risques significatifs
de déstabilisation financière du système.
III – LE DÉFI ENGENDRÉ PAR LA RE-
FONTE DE NOTRE DROIT DES CONTRATS
ET L’INTRODUCTION PRO CHAINE DE
L’IMPRÉVISION EN DROIT PRIVÉ
Il s’agit d’évoquer ici le défi engendré par l’ha-
bilitation votée en avril dernier pour autoriser
le Gouvernement à légiférer par voie d’ordon-
nance en vue d’opérer la refonte de tout notre
droit des contrats, et qui ne sera pas sans im-
pact sur le droit applicable aux marchés.
En effet l’habilitation prévoit dans l’une des
lignes Directrices, l’introduction de l’impré-
vision, c’est-à-dire sur la base des projets de
textes qui circulent déjà, la possibilité dans
certaines circonstances au contour mal dé-
fini, de revenir sur le prix dans le cadre d’un
marché signé, en imposant une renégociation
entre les parties avec en cas d’échec, la pos-
sibilité de demander la résiliation judiciaire.
A l’évidence, cette facilité conduira à des
évolutions sensibles à la hausse des coûts de
travaux par rapport aux coûts prévisionnels,
et ce, à l’heure même où les assureurs déve-
loppent une pratique contractuelle dans la
rédaction des polices RC décennale leur per-
mettant d’invoquer post réception des posi-
tions de non-assurance en cas d’évolution à la
hausse du coût de travaux par rapport au coût
maximum stipulé dans la police. On pourrait
ainsi revenir rétroactivement sur des couver-
tures assurance RC décennale accordées pour
10 ans fermes…
IV – LE DÉFI LIÉ À L’ADOPTION DE
NOUVELLES PRATIQUES
Notre système fondé sur une logique de préfi-
nancement et de recours suppose l’absence de
contestation possible sur la réalité des garan-
ties RC décennale des constructeurs lorsque
les recours sont exercés.
Or depuis 35 ans, le marché après quelques
vaines tentatives, n’est jamais parvenu à sé-
curiser l’attestation des garanties en cette
matière. En février 2014, l’article 66 de la loi
Hamon a donc décidé que les formulaires d’at-
testation devraient comporter des mentions
minimales, à définir dans le cadre d’un Arrêté
attendu pour le début de l’été.
Courant mai, les négociations achoppaient
encore sur le choix de certaines de ces men-
tions, les assureurs ne voulant pas renoncer
à certaines pratiques leur permettant précisé-
ment de revenir sur les garanties dont ils ont
attesté l’existence pour 10 ans :
- La pratique du fractionnement des primes
par douzièmes, s’étant développée, ils en-
tendent ainsi ne pas être contraints d’attester
du paiement des primes dans les attestations
annuelles, afin de pouvoir, opposer la rési-
liation pour non-paiement survenue entre la
date de l’attestation et le début du chantier.
- Les nouvelles clauses types de 2009 pla-
fonnent au minimum l’engagement des assu-
reurs au coût global des chantiers.
Dès lors, ils entendent contrôler les évolutions
à la hausse intervenant entre le coût prévi-
sionnel et le coût définitif et souhaitent que
la mention des attestations relatives au coût
des travaux ne fasse pas état du caractère pré-
visionnel, mais d’un coût fixe, afin d’être en
mesure de considérer en cas de hausse, d’in-
voquer tout simplement une non-assurance,
au motif que le chantier ne serait plus dans
les limites fixées quant à l’objet des garanties.
- Enfin, ils entendaient que l’énoncé des men-
tions devant figurer dans les attestations
puisse être librement complété par chaque as-
sureur avec tous les risques de dénaturation
révélés par la pratique actuelle, par rapport
aux modèles d’attestation recommandés par
la FFSA.
N°1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
43VEILLE ET POSITION
UNE NOUVELLE IDENTITÉ VISUELLE
POUR L’AMRAE
Depuis 20 ans, les activités de l’AMRAE se sont diversifiées et se sont développées.
La structure juridique, l’organisation et la gouvernance ont suivi cette évolution.
L’identité visuelle se devait d’être adaptée et déclinée de la même façon.
2014 : une modernisation du logo,
un travail d’harmonisation graphique
entre les entités pour une cohérence visuelle
et une identité de groupe plus forte
par la création d’un logo institutionnel
La déclinaison autour
des 3 activités :
Cefar ARM Séminaires thématiques Intra Commissions Groupes thématiques Publications Univers des Risques # U D R Cannes 2015 Deauville 2014 Reims 2013 Lyon 2013N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
45ACTUALITÉ DE L’AMRAE
JOURNÉE DES COMMISSIONS AMRAE
Jeudi 12 juin 2014
L’AMRAE organise chaque année un rendez-vous exclusivement réservé à ses adhérents afin de
leur permettre de s’informer sur l’actualité des travaux des commissions et groupes de travail,
les nouvelles publications et les dossiers en cours.
C’est aussi une occasion de networking entre adhérents : mieux se connaître, débattre, échanger
et partager les expériences.
PROGRAMME DE CETTE 9
e
ÉDITION
Accueil par Gilbert Canaméras,
Président de l’AMRAE
Présentation générale des travaux de l’AMRAE
Hélène Dubillot, Directrice
Coordination Scientifique, AMRAE
La certification du Risk Manager :
L’avancée des travaux
Bénédicte Huot de Luze,
Déléguée Générale, AMRAE
François Malan, Directeur
de la Gestion des Risques, NEXITY
Présentation d’un indicateur « Coût des risques assurables »
Brigitte Bouquot, Directeur des Assurances
et de la Gestion des Risques, THALES
Commission Environnement : Bilan de l’année et perspectives
Nathalie Clerc, Chef du Département Assurances Groupe, ERAMET
Présentation des défis en matière d’assurance construction pour 2014
Pascal Dessuet, Président Commission
Construction, AMRAE
Retour sur l’Atelier « Code Napoléon/ Common Law à travers le droit du contrat d’assurance » - Rencontres AMRAE
Deauville 2014
Franck Grimonpont, Directeur des
Assurances, SUEZ ENVIRONNEMENT
Sophie Moysan, Conseiller Spécialisé RC
Grandes Entreprises, MARSH
Point sur le projet « Francophonie »
Marc de Pommereau, Directeur des
Assurances, GDF SUEZ ENERGIE SERVICES
Les Antennes régionales : Point sur les travaux en cours
Marie-Elise Lorin, Responsable de la Gestion
des Risques, SMACL ASSURANCES
Xavier Mary, Directeur du Management des
Risques, AEROPORTS DE LYON SA
Class Actions :
Nouveau jeu, nouvelles règles
Anne-Claire Maniez, Responsable
Département Assurances, BOUYGUES
TELECOM et Vice-Présidente de la Commission
Responsabilités de l’AMRAE
Stéphane Choisez, Avocat, Cabinet NGO JUNG
Point sur les Assurances Numériques
François Beaume, Président de
la commission SI de l’AMRAE
Retour sur l’Atelier « Corruption : entreprises dans la ligne de mire » - Rencontres AMRAE Deauville 2014
David Vigier, Directeur Assurances et Gestion
des Risques, EUROPCAR INTERNATIONAL
Julien Coll, Délégué Général, TRANSPARENCY
INTERNATIONAL France
Table Ronde / Débat animée par Laurence Muller, Directeur des Assurances, LOUIS VUITTON et Présidente
de la Commission Dommages AMRAE
Quels sont les moyens à disposition du
Risk Manager pour réduire les impacts
issus des événements naturels ?
En clôture :
Présentation sur les relations Public-Privé lors de la gestion des crises à l’étranger
Marc Fonbaustier, Sous-Directeur en charge du Centre de situation du Centre de crise, Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, anciennement
Ministre Conseiller à l’Ambassade de France
en Inde, puis Consul général de France à
Hong Kong et Macao.ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
46ACTUALITÉ DE L’AMRAE
PUBLICATIONS AMRAE
LA COLLECTION DIALOGUER
Faire tomber les silos, dialoguer face à face, écouter et s’entendre sans hypocrisie , comprendre la
technicité de l’autre : avec sa collection « Dialoguer », l’AMRAE dote le Risk Manager des clés du
langage et des spécificités d’un métier autre que le sien. Mieux armé, il pose ainsi des questions
encore plus affûtées et pertinentes pour identifier et gérer les risques inhérents à chaque fonction
de l’entreprise.
LA GESTION DU RISQUE NUMÉRIQUE DANS L’ENTREPRISE
Réalisé en partenariat avec CGI Business Consulting
En 2014, la stratégie de l’entreprise ne peut s’affranchir du numérique, stratégie prometteuse
mais aussi porteuse de nouveaux risques.
D’un côté les DSI et leur RSSI, experts en sécurité, en besoin clients, en solution et risques
numériques… D’un autre côté, le Risk Manager, « caution » du respect du niveau acceptable des
risques pour l’organisation : tous trois professionnels dans leurs domaines respectifs, avec un
objectif commun : la réalisation de la stratégie de l’entreprise.
La compréhension des enjeux du numérique de demain, l’échange et le partage d’informations
techniques, l’analyse des conséquences d’un risque sont autant de fondamentaux que le Risk
Manager doit appréhender avec discernement, doit savoir imaginer et analyser pour sa Direction
Générale. Dialoguer, surmonter le langage d’experts et partager les informations pour mieux
anticiper et maitriser les risques de demain : le Risk Manager doit appréhender avec discerne-
ment et savoir imaginer et analyser pour sa Direction Générale les nouveaux enjeux portés par
le numérique.
Comprendre, échanger et partager les informations techniques, analyser les conséquences des
risques digitaux font partie aujourd’hui de leurs fondamentaux.
En se basant sur des exemples concrets, la première partie de l’ouvrage est consacrée à l’identi-
fication, l’évaluation et le traitement du risque numérique, tout en décrivant les acteurs et les
leviers pour un dialogue réussi. La seconde partie se concentre sur la maitrise de cinq risques
numériques majeurs : la cybercriminalité, l’externalisation, la mobilité numérique & le BYOD, le
Cloud Computing et les réseaux sociaux.
« Destiné à faciliter la diffusion de bonnes pratiques en entreprises, « La gestion du risque numérique
dans l’entreprise » est très structurée, comprenant de nombreuses listes de points d’attention ou d’ac-
tions à réaliser. Tableaux, encadrés et schémas parsèment également intensément les pages de l’ou-
vrage. Tout est fait pour faciliter la compréhension et l’application des bonnes pratiques. Pédagogie
et pragmatisme caractérisent donc cet ouvrage très synthétique. » Bertrand Lemaire, Le Monde
Informatique.
A commander sur :
www.amrae.fr/librairie
Retrouvez sur le site de l’AMRAE, la vidéo de la conférence du 16 mai 2014, présentant
l’ouvrage. Autour de Francois Beaume et Thierry Jardin, les témoignages de Gil Vitasse,
RSSI adjoint de NATIXIS, et Dominique Bercovici, DIOT. N?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
47ACTUALITÉ DE L’AMRAE
LES CAHIERS TECHNIQUES DE L’AMRAE
Cette collection regroupe plus d’une dizaine de publications, produit des échanges, réflexions et
travaux des Commissions et Groupes Thématiques de l’AMRAE. Conçus et rédigés par des adhérents
de l’AMRAE, pour partager leur expertise et expérience, ils ont un objectif pragmatique et concret.
Après l’auto-assurance en 2012, le second cahier
technique de la Commission Automobile traite du sujet
de la prévention, que le Comité Scientifique Permanent
de l’AMRAE avait identifié comme l’un des thèmes de
travail pour 2013/2014.
Si le nombre de morts sur la route a baissé de 11 % en
2013, le risque routier est la première cause mortelle
des accidents du travail et le nombre de salariés tués
en voiture dans le cadre d’une mission professionnelle
a pour sa part augmenté cas ces dernières années : la
prévention des risques routiers est un donc enjeu majeur
au sein des entreprises.
Patrick Lacroix rappelle les objectifs : « C’est un outil
indispensable au Risk Manager pour maîtriser la sinistralité
de sa flotte automobile, réduire les coûts des sinistres et
sensibiliser aux bonnes pratiques en matière de sécurité ».
Après avoir rappelé les chiffres clés de l’insécurité
routière en entreprises et les enjeux notamment en terme
de responsabilités sociale, pénale et civile, ce cahier
technique aborde également sous forme de 18 exemples
« les bonnes pratiques à mettre en place » en matière de
plan de prévention, de mise en place d’indicateurs …
En effet, si la sensibilisation au risque routier est l’affaire
de tous dans l’entreprise, Patrick Lacroix souligne « il
est primordial que la Direction Générale s’empare du sujet
pour faire en sorte que tous les acteurs de l’entreprise se
sentent concernés : Risk Managers pour l’aspect technique
de la gestion des sinistres, DRH pour mettre en place les
formations et actions de communication … »
Pour sensibiliser et responsabiliser les managers comme
les collaborateurs, le plan de prévention doit également
s’accompagner de la mise en place d’indicateurs :
Traçabilité des sinistres, identification de bonnes pratiques
et communication d’éléments concrets …
Dans cette optique, les Risk Managers doivent de plus
en plus s’appuyer sur des données quantitatives et
qualitatives fournis par les courtiers et les assureurs.
Sensibilisation, communication, formation, indicateurs
concrets mais aussi financement : le cahier technique
de la Commission Automobile se propose d’apporter aux
Risk Managers une vision réelle de la situation en matière
de prévention, d’en appréhender les enjeux et de leur
permettre de réduire efficacement sur le long terme la
fréquence et le coût des sinistres.
❑ Panorama des SIGR : 6e edition
❑ Maîtrise de la Perte d’Exploitation : L’assurance vie de votre entreprise
❑ Cloud Computing : Les questions que doivent se poser les Risk Managers
❑ REX sur un contentieux anglo-saxon
❑ Flottes automobiles - l’auto-assurance : opportunité ou risque pour votre entreprise
❑ Etat des lieux en Responsabilité Civile : les exclusions
❑ Les managers opérationnels face à leurs responsabilités.
❑ Prévention et protection
❑ L’infogérance : externalisation de services informatiques et gestion des risques
❑ Paroles d’experts : Actualité en matière de transport de marchandises techniques
❑ Expert opinions : Recent developments in goods transport
❑ Programmes d’assurances internationaux
❑ Insurance International Programmes
❑ RM et RH : Pourquoi et comment travailler ensemble ?
❑ Analyse et présentation des travaux de l’AMF relatifs à la gestion des risques et au comité d’audit
LES CAHIERS TECHNIQUES - LES AUTRES TITRES DÉJÀ PARUS
CAHIER
TECHNIQUE :
« PRÉVENTION
DES RISQUES
ROUTIERS EN
ENTREPRISE »
Statistiques nationalesATOUT RISK MANAGER N°1 - JUIN 2014
48ACTUALITÉ DE L’AMRAE
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE AMRAE 19 mai 2014
C’est le Rendez-vous institutionnel de l’Association auquel sont conviés les membres participants
chaque année pour être informés du rapport d’activité, approuver les comptes et voter le budget.
E
n présentant le rapport d’activité 2013, le
Président rappelle les enjeux stratégiques
qui ont guidé son action à la tête de l’AMRAE
depuis 2011 : élargir la reconnaissance de la
fonction Risk Management et sa contribution
à la croissance, accroître l’influence de l’AMRAE tout en
développant et en maintenant une bonne gouvernance,
et pérenniser les grands équilibres financiers. Pour
la première fois cette année, les comptes de l’AMRAE
étaient certifiés par un Commissaire aux Comptes.
Affichant une progression régulière du nombre de ses
adhérents (+ 17 % depuis 2011), l’AMRAE ne cesse de
densifier son activité comme en témoigne le nombre
de réunions de commissions organisées au sein du
Pôle Scientifique (en moyenne 8 par mois) et de
publications (une dizaine par an). En 2013, l’AMRAE
a également conforté son envergure nationale par la
création de deux antennes régionales (Rhône-Alpes
et Grand Ouest). L’activité Formation démontre aussi
une nette progression en volume (nombre de stages,
de formations proposées, de stagiaires) et en noto-
riété grâce aux programmes du Cefar, qui a fêté ses
10 ans en 2013 et de l’ARM, dont AMRAE Formation
dispose maintenant de la licence exclusive pour la
France et la Francophonie. Quant aux Rencontres
AMRAE, les dernières éditions (Lyon et Deauville) ont
confirmé le succès en termes de fréquentation et de
nouveaux participants mais aussi en terme qualitatif :
haut niveau du programme scientifique et taux de
satisfaction des participants.
Lors de cette Assemblée Générale, le renouvellement
partiel du Conseil d’administration était aussi à l’ordre
du jour avec cinq postes à pourvoir.
Gilbert Canaméras (ERAMET) et Laurent Barbagli
(LAFARGE) ont vu leur mandat renouvelé tandis que
trois nouveaux administrateurs étaient élus.
A l’issue de l’assemblée, le Conseil d’administration a
procédé à l’élection du Président et du Comex. Gilbert
Canaméras a été reconduit à la présidence pour achever
son deuxième mandat (fin en 2015).
Michel Blanc
Après un début de carrière chez UNILEVER et TOTAL, il
devient souscripteur à la Compagnie Transcontinentale
de Réassurance (groupe GAN) en 1999. Il y est nommé
CEO en 2000.
En 2005, il devient Risk Manager du groupe ARKEMA avec
la responsabilité mondiale de la direction Assurance. Il est
Directeur de la captive Arkema Re (Irlande).
Alain Ronot
Il a démarré sa carrière en 1993 chez Willis en France,
dans la gestion de sociétés captives et s’est orienté
progressivement vers des fonctions commerciales dans le
courtage d’assurance : Marsh en 1999, puis Aon où il fut
Directeur commercial grands comptes (2010). Chez Siaci
Saint Honoré, il fut jusqu’en 2013 Directeur de clientèle,
Responsable des relations marchés et réassurances facul-
tative, date à laquelle il rejoint le Groupe Capgemini.
Stéphane Yvon
Après un début de carrière comme Responsable de la
rétrocession à la SOREMA (1999), c’est ensuite chez
Scor qu’il occupe, à partir de 2001, la même fonction.
En 2003, il rejoint EDF Assurance, aux produits structurés.
Il devient en 2011 Directeur adjoint de la division assu-
rances d’EDF.
1
4
5
6
2
3
Composition du Conseil d’administration
élu le 19 mai 2014
Le Président
Gibert Canaméras 1
Les Vice-Présidents
Anne-Marie Fournier 2
en charge du Pôle Scientifique
Marc de Pommereau 3
en charge de la Francophonie
AMRAE Formation
Philippe Vienot 4
Le Trésorier
Yvon Colleu 5
Le Secrétaire Général Sophie Maguer
6
Administrateurs Laurent Barbagli, LAFARGE
Michel Blanc, ARKEMA
Brigitte Bouquot, THALES
Pascal Dessuet
François Malan, NEXITY
Sophie Mauvieux, GEMALTO
Alain Ronot, CAP GEMINI
Paul-Vincent Valtat, PORTS DE PARIS
Stéphane Yvon, EDFN?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
49ACTUALITÉ DE L’AMRAE
Directeur de la publication : Gilbert Canaméras
Directrice de la rédaction : Bénédicte Huot de Luze
Rédactrice en chef : Corinne Crueize
Conception et coordination éditoriale, secrétariat de rédaction : SEITOSEI
Olivier Coppermann avec Simon Embarck
41 rue de la Chaussée d’Antin - 75 009 Paris
Tél. : 01 78 94 86 70 - atoutriskmanager@seitosei.fr
Ont contribué à ce numéro AMRAE :
Pascal Dessuet, Corinne Crueize, Bénédicte Huot de Luze
Journalistes : Anne-Sophie David, Florence Puybareau
Merci à tous les interviewés qui ont rendu possible ce premier numéro.
Création et mise en page : Valérie Mounier - www.ikkomoon.com
Crédits photos : Marc Verneret, Stéphane Olivier (artefoto.com),
AMRAE, SEITOSEI, AFP, iStock, Thinkstock
Relations presse de l’AMRAE : amrae-presse@seitosei.fr - 06 07 25 04 48
Toute reproduction, même partielle, des textes publiés dans la
revue « ATOUT RISK MANAGER » est interdite pour tous les pays,
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Toute copie doit avoir l’accord du Centre français de droit
de copie (CFC), 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris,
tél. : 01 44 07 47 70, fax : 01 46 34 67 19. Cette publication
peut être utilisée dans le cadre de la formation permanente.
L’éditeur s’autorise à refuser toute insertion qui semblerait
contraire aux intérêts moraux ou matériels de la publication.
Sauf accords spéciaux, les manuscrits, textes et photos envoyés à
la rédaction ne sont pas restitués. La citation de marque, nom de
firme, etc., est faite sans but publicitaire et ne signifie en aucun
cas que les procédés soient tombés dans le domaine public.
DOSSIER
Risk Management
sans frontières
Retour sur
les Rencontres
AMRAE 2014
MÉTIER RISK MANAGER
Gestion de cr ise :
un essentiel à revisiter
en permanence
Quand un DRH et un conseil
évoquent les Risk Managers :
inter view croisée
VEILLE ET POSITION
Les défis de l’assurance
construction
PORTRAIT
Xavier Mary
Directeur du Management
des Risques
AÉROPORTS DE LYON
ATOUT RISK MANAGER
L A REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L’ASSURANCE TRIMES TRIEL • JUIN 2014 • 20€ TTCN°1
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Je règle par virement bancaire (à réception de la facture)ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
50
52 CHATAIN & ASSOCIÉS
ENGAGÉS AU SERVICE DU CONTENTIEUX DES AFFAIRES
53 COLLOMÉ FRÈRES
EXPERT D’ASSURÉ, LA GARANTIE DE L’INDÉPENDANCE
54 LMT AVOCATS
UNE CONCEPTION DU PARTENARIAT AVEC LES ENTREPRISES
ET LEURS ASSUREURS DANS LA GESTION DU RISQUE
55 NAUDET DB&A
VERS UN DÉPLOIEMENT EUROPÉEN DU CABINET
56 AIG FRANCE
RESTER L’ASSUREUR DE PREMIER CHOIX
POUR LES RISK MANAGERS
57 GRENIER AVOCATS
DES SERVICES JURIDIQUES DE HAUT NIVEAU
58 CHEM-IN EXPERTISES
DOMAINES D’INTERVENTION, POSITIONNEMENT, ACTIVITÉS
Dossier rédactionnel coordonné et réalisé par Hannibal+ pour le service commercial de la FFEN?1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
51NOS PARTENAIRES
Vous êtes avocate et ancienne élève de l’Institut des
assurances de Paris. Quand avez-vous décidé de re-
joindre le cabinet Chatain & Associés ?
Je connaissais la notoriété du Bâtonnier Stasi et je me
suis intéressée au cabinet lorsque l’équipe d’Antoine
Chatain a obtenu un prix dans le domaine du risque in-
dustriel en 2007. J’ai intégré le cabinet cette année-là
en tant que collaboratrice et je suis devenue associée en
2013.
Pourquoi êtes-vous engagée au sein de l’Association
pour le Management des Risques et des Assurances
de l’entreprise (AMRAE) ?
L’AMRAE est un formidable lieu d’échanges qui se for-
malisent lors des Rencontres, mais également lors des
Commissions au cours desquelles nous échangeons sur
l’évolution de la règlementation, de la jurisprudence et
leur impact pour les entreprises.
Votre cabinet est intervenu dans des affaires très
médiatiques. Par-delà votre notoriété, quelles sont
vos valeurs ?
Notre cabinet est une structure indépendante à taille
humaine composée d’une équipe d’avocats combatifs,
rompus à la gestion des litiges. Nous avons une vision
entrepreneuriale, dynamique et stimulante de notre
métier. Nous sommes particulièrement attachés à la
qualité de nos services et disposons d’ailleurs d’une
certification ISO 9001 depuis 2002.
Quels sont vos domaines de compétences ?
Nous mettons nos compétences au service de grands
groupes et de PME, de leurs dirigeants, ainsi que des
collectivités territoriales. Le cabinet a développé une
expertise dans le droit pénal des affaires, les conten-
tieux commerciaux complexes ou sociaux sensibles, le
risque industriel, la responsabilité civile. Nous propo-
sons également une offre en droit public des affaires.
Comment faire prendre conscience à vos clients qu’il
s’agit d’anticiper parfois les risques industriels ?
Dans un univers très règlementé, les entreprises ont be-
soin d’appréhender les situations complexes et d’être dans une démarche organisée de prévention des risques. Notre approche transversale, nos expériences croisées
et notre pratique du contentieux nous permettent de les
accompagner dans cette vigilance essentielle aujourd’hui
pour l’entreprise.
Quelle est le point fort de votre cabinet dans le trai-
tement des litiges de responsabilité civile et d’assu-
rance ?
Nous essayons d’apporter un service axé sur l’anticipa-
tion, la gestion et la résolution des conflits en répon-
dant rapidement aux demandes de nos clients. Nous
favorisons le travail d’équipe en collaboration étroite
avec les directions des entreprises ou les assureurs
pour leur apporter des solutions qui tiennent compte
des enjeux financiers et stratégiques auxquels ils sont
confrontés. La stratégie contentieuse est au cœur de la
vie des affaires.
En quoi la médiation est-elle intéressante ?
Notre cabinet, Administrateur du CMAP, a régulière-
ment recours à la médiation qui est plébiscitée par les
clients car elle leur permet de devenir de véritables
acteurs de la solution de leurs litiges. La médiation
comme les négociations amiables présentent aussi
l’avantage d’éviter la rupture définitive des liens com-
merciaux entre partenaires économiques.
L’expertise judiciaire est-elle encore toute puis-
sante ? Si oui, le regrettez-vous ?
Oui mais il ne faut pas le regretter. Il s’agit encore au-
jourd’hui du meilleur moyen de résoudre des désordres
techniques complexes impliquant de nombreuses par-
ties. Le recours à l’expertise financière est quant à lui
largement plébiscité puisque 69 % des juges et des avo-
cats considèrent comme importante sa contribution au
jugement.
www.chatainassocies.com
ENGAGÉS AU SERVICE
DU CONTENTIEUX DES AFFAIRES
Le cabinet Chatain & Associés est le spécialiste de l’anticipation et de la gestion des grands
contentieux commerciaux et des risques industriels.
Explications avec Solën Guezille, avocate associée.
Solën Guezille,
avocate associée,
Chatain & Associés ATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
52NOS PARTENAIRES
Quels sont pour les entreprises, les enjeux d’assurance
auxquels les experts d’assurés peuvent répondre ?
Les experts d’assurés apportent de réelles solutions
à toutes les entreprises qui souhaitent gérer de façon
proactive leurs enjeux d’assurance.
Sur le plan de l’estimation préalable de ces enjeux,
Collomé Frères a développé toute une gamme de pro-
duits adaptés aux besoins de ses clients qui permettent
notamment d’optimiser les reprises de données dispo-
nibles sur sites, de réaliser des évaluations dynamiques
à même de s’inscrire dans une cartographie des risques
et d’intégrer l’analyse des pertes immatérielles consé-
cutives à un sinistre.
Sur le plan de l’expertise amiable après sinistre, nous
offrons également des prestations optimisées afin de
garantir le contradictoire et de contribuer ainsi, en
toute neutralité, à vérifier le bon fonctionnement des
dispositifs d’assurance mis en place.
Enfin, nous développons également des solutions d’ex-
pertise unique à forte valeur ajoutée notamment dans
le cadre d’exercice de recours directs significatifs, dans
lesquels notre grande expérience d’établissement de
réclamations complexes et notre totale indépendance
des compagnies d’assurance sont particulièrement ap-
préciées par nos clients.
Quels sont les apports de votre profession à l’amé-
lioration des problématiques d’assurance ?
Je suis convaincu que notre indépendance économique
vis-à-vis des grands acteurs du marché de l’assurance
garantit aux entreprises une réelle valeur ajoutée qui
s’inscrit dans une logique d’amélioration globale tant
dans l’analyse de leurs risques, leur quantification et
leur évaluation, que dans leur couverture par le biais de
solutions d’assurance.
Collomé Frères fête cette année ses 110 ans. Cette longue
expérience en règlements de sinistres divers constitue
aujourd’hui un véritable domaine de compétence.
Nous veillons quotidiennement à capitaliser et à en-
richir cette expérience en favorisant les transferts de
connaissance dans nos équipes moyennant la création
systématique de binômes d’experts séniors et d’ex-
perts juniors, rodés aux nouvelles technologies.
Nous nous présentons donc comme un véritable parte-
naire au service des entreprises, à même de les aider à
mieux appréhender leurs risques actuels et futurs et à
construire demain des solutions gagnantes avec leurs
assureurs.
Votre profession est aujourd’hui peu structurée et
réglementée. Quelles évolutions devrait-elle connaître
prochainement?
Il est vrai que notre profession est à ce jour une niche
dans le vaste monde de l’assurance et que cette dimen-
sion n’a pas été propice à la réglementer.
Par ailleurs, notre métier a été confronté ces 20 der-
nières années à la disparition d’acteurs importants, et
à l’émergence de nombreuses structures mono-person-
nelles souvent fragiles et sans volonté affirmée de se dé-
velopper en entreprises pérennes et créatrices d’emploi.
Toutefois, je reste persuadé que ce métier a beau-
coup d’avenir, et c’est la raison pour laquelle j’ai été
élu Président de l’UPEMEIC dont Collomé Frères était
membre fondateur et qui est à l’origine de notre
convention collective. L’UPEMEIC travaille en ce mo-
ment à regrouper des cabinets d’experts d’assurés dé-
sireux de se structurer autour de valeurs communes et
de préparer nos futurs critères d’excellence.
Je ne manquerai pas de revenir prochainement vers
vous pour vous faire part de notre actualité et des
avancées réalisées !
www.collome.fr
COLLOMÉ FRÈRES :
EXPERT D’ASSURÉ, LA GARANTIE
DE L’INDÉPENDANCE
Evaluer les risques encourus par les entreprises afin qu’elles s’assurent au mieux, négocier
pour elles un juste dédommagement en cas de sinistre, telles sont les missions de l’expert
d’assuré, acteur totalement indépendant des assureurs.
Entretien avec Stéphane Debeauve, Président de
Collomé Frères et de l’UPEMEIC (Union Professionnelle des Experts En Matière d’Evaluations Industrielles et Commerciales).
Stéphane Debeauve,
Président de Collomé Frères
et de l’UPEMEICN°1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
53NOS PARTENAIRES
De son histoire, de ces années consacrées à
conseiller et défendre des PME comme des
groupes internationaux (notamment industriels
allemands et anglo-saxons) des secteurs phar-
maceutique, chimique, métallurgique ou encore
mécanique, notre cabinet puise son savoir-faire
dans les différents domaines de la prévention et
de la gestion des risques industriels.
Parce qu’un risque doit d’abord se maîtriser,
la mise en œuvre d’outils juridiques destinés
à encadrer et contenir les conséquences éven-
tuelles de sa manifestation est essentielle.
Qu’il s’agisse de rédiger des clauses destinées
à limiter les conséquences d’une responsabi-
lité, de décrire avec précision les garanties
d’assurance imposées à des partenaires four-
nisseurs ou sous-traitants, d’accompagner
l’élaboration de conventions portant sur la
fourniture d’équipements ou d’installations,
notre équipe a en permanence le souci de pro-
mouvoir cette culture de la sécurisation juri-
dique qu’elle a elle-même enrichie au travers
de la confrontation que permet la gestion de
dossiers contentieux.
Parce que c’est souvent dans l’urgence que
devront être prises les décisions stratégiques
essentielles qui auront les conséquences les
plus importantes sur le déroulement et l’issue
d’une procédure d’expertise judicaire, il est
crucial de se mobiliser de façon immédiate. Nos
atouts ? L’expérience acquise par notre équipe,
sa connaissance de tous les acteurs de l’exper-
tise judiciaire et des usages des tribunaux, son
réseau de correspondants tissé et maintenu au
fil des années. Nos interlocuteurs assureurs,
industriels, courtiers et cabinets d’expertise
peuvent compter sur notre réactivité.
Parce qu’un dossier contentieux de risque
industriel se gagne avec et souvent grâce à
l’entreprise assurée, nous nous attachons à
travailler en très étroite collaboration avec ses
techniciens et juristes, afin de mettre à profit les
compétences techniques qu’ils possèdent, dans
un travail commun avec l’expert technique pro-
fessionnel mandaté par l’assureur. Les membres
de notre équipe étant bilingues ou trilingues
(Anglais/Allemand), ils sont à même d’échanger
de manière approfondie avec des interlocuteurs
étrangers dont ils connaissent les habitudes, la
culture et les méthodes de travail.
Enfin, parce que la compréhension des ques-
tions techniques est essentielle dans ce do-
maine particulier du contentieux, nous avons à
cœur de constituer une véritable équipe avec
les experts techniques qui sont amenés à inter-
venir à nos côtés.
Ce sont ces principes essentiels que nous met-
tons en œuvre dans le traitement des nombreux
contentieux confiés par nos clients industriels
et assureurs, contentieux concernant la mise en
jeu d’une responsabilité dans la fourniture d’un
composant, d’un produit, d’un équipement ou
d’une installation, ou encore à la suite d’un si-
nistre accidentel majeur ou d’un sinistre sériel.
Grâce à notre expérience, en particulier celle
que nous avons confortée en assistant réguliè-
rement des sociétés étrangères, nous pouvons
nous appuyer sur cette singularité de demeurer
un cabinet français indépendant, à taille hu-
maine, ayant les compétences juridiques, lin-
guistiques et les ressources pour intervenir dans
des opérations expertales et des contentieux
importants de dimension internationale.
LMT AVOCATS : UNE CONCEPTION
DU PARTENARIAT AVEC LES
ENTREPRISES ET LEURS ASSUREURS
DANS LA GESTION DU RISQUE
Les risques industriels sont d’abord des risques d’entreprises. C’est donc aux côtés d’entreprises
du secteur industriel, principalement étrangères, que les avocats fondateurs du département
en charge des risques industriels du cabinet Lmt Avocats ont développé leur activité, avant de
gagner la confiance des partenaires assureurs de leurs clients.
L’équipe
Christian Connor,
avocat, associé
Guy Martinet,
avocat, associé
Alexandre Gruber,
avocat, associé
Fabrice Hagège,
avocat, collaborateur senior
Nicolas Joumier,
avocat, collaborateur senior
Alexandra Dreyfuss,
avocat, collaboratrice
Mathilde Fiers,
avocat, collaboratrice
Anne Marchesi,
avocat, collaboratrice
Camilla Rut,
avocat, collaboratrice
Contact : Christian Connor
Avocat au Barreau de Paris
Associé/Partner
Lmt Avocats A.A.R.P.I.
5 rue Beaujon - 75008 Paris - France
Tél. : +33 (0)1.53.81.53.00
Fax : +33 (0)1.53.81.53.30
cconnor@lmtavocats.com
www.lmtavocats.comATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
54NOS PARTENAIRES
Pouvez-vous nous en dire plus sur le cabinet Naudet-
DB&A : domaine d’expertise, atouts et spécificités ?
Le cabinet Naudet DB&A est au service de l’exper-
tise dans tous les secteurs de l’Industrie, PME/PMI et
Grands Comptes, de la Grande Distribution, et de la
Marine. Nos domaines de compétences sont variés et
touchent à la fois les volets techniques et financiers
de l’expertise après sinistre. Notre équipe compte 42
ingénieurs et financiers pluridisciplinaires. Avec une
pyramide des âges équilibrée, Naudet-DB&A est un
cabinet pérenne qui anticipe les besoins du marché en
procédant à 2 à 3 recrutements par an de profils va-
riés avec une expérience professionnelle significative
hors expertise. Nos effectifs sont répartis sur Paris,
Bordeaux, Lille, Lyon, Nantes, Strasbourg, Toulouse
mais aussi l’Océan Indien. Naudet-DB&A exerce son
activité pour les assureurs de Dommages, de Bris de
Machines et TRC/TRME, et de Responsabilité Civile.
Nous exerçons aussi directement pour les Industriels
dans le cadre de recherches de causes ou de l’exercice
de recours. Le cabinet Naudet-DB&A s’est organisé
pour répondre aux plus hautes exigences de confi-
dentialité et de sécurité des informations techniques
et financières qui sont portées à notre connaissance.
Dans cette optique, nous disposons d’un agrément
Confidentiel Défense délivré par la DGA.
Quels sont les axes de développement du cabinet ?
Nous travaillons à la structuration de notre départe-
ment Marine, situé à Nantes, qui est animé par Jean-
Philippe Guillemot. La vocation de ce département est
de réaliser des missions pour la marine marchande, la
course au large et la grande plaisance sur des problé-
matiques de structure, gréement et motorisation. Nous
avons également structuré notre département dédié à
la Recherche des Causes et Origines des défaillances,
animé par Patrice Huver, en faisant appel à la métho-
dologie ISHIKAWA 6M et nos outils de laboratoire.
Que représente l’international dans vos activités ?
Avec 40 % des dossiers traités en dehors de France et
17 langues parlées au sein du cabinet, l’International
est au cœur de notre organisation. Nous sommes par-
tenaire du réseau mondial d’experts « vrs adjusters »,
qui exerce ses activités dans les secteurs du Dommage,
de la Construction et de la Marine. En tant que membre
du « board de direction », nous représentons le réseau
en France. Naudet-DB&A s’est notamment déployé
en Afrique, avec l’appui de sa société sœur Afrique
Risques Conseil, dont le siège est à Dakar au Sénégal
Quelles est l’actualité récente de votre cabinet ?
En partenariat avec le cabinet d’expertise Allemand
Gielisch, également membre de « vrs adjusters »,
Naudet-DB&A poursuit son déploiement au niveau in-
ternational en en Allemagne. Concrètement, Bernard
Hébert, un des dirigeants du cabinet, va s’implan-
ter à temps plein à Berlin, dans les locaux du cabi-
net Gielisch, pour animer notre développement en
Allemagne, en Europe du Nord et de l’Est.
Il aura à sa disposition les 56 experts du cabinet Gielisch
qui couvrent toute l’Allemagne avec 12 bureaux si-
tués à Berlin, Cologne, Dresde, Düsseldorf, Francfort,
Hambourg, Hanovre, Leipzig, Munich, Munster, Nuremberg
et Stuttgart, ainsi que le personnel des filiales du cabinet
Gielisch en Pologne et en Suisse.
www.naudetdba.fr
NAUDET DB&A :
VERS UN DÉPLOIEMENT
EUROPÉEN DU CABINET
Le cabinet Naudet DB&A est dirigé par Dominique Brossais, ingénieur des Arts et Métiers ainsi
qu’expert matériel et financier depuis 28 ans, Viviane Grouchko, expert en finance depuis 14
ans, et Bernard Herbert, ingénieur centralien et expert matériel et financier depuis 25 ans.
Entretien avec Dominique Brossais qui revient sur l’activité du cabinet et son expansion au niveau européen.
Dominique Brossais,
Dirigeant de Naudet DB&AN°1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
55NOS PARTENAIRES
Parlez-nous d’AIG en France, sa vision et ses am-
bitions sur les risques d’entreprises ?
Fabrice Domange - AIG est un leader mondial,
solide, apprécié et qui tient ses promesses. Deux
chiffres pour illustrer cela : 65,7 milliards de dol
-
lars de chiffre d’affaires et 27.6 milliards de dol-
lars de sinistres payés par an ce qui représente en
moyenne 115 millions de dollars par jour !
En France, AIG est la quatrième entité du Groupe
sur 90 opérations dans le monde avec des ambitions
fortes et renouvelées. A cet égard, la venue de Robert
Benmosché, CEO d’AIG, dans le panel des interve
-
nants au congrès AMRAE 2014 illustre l’investisse-
ment et la position de la France au sein du Groupe.
Enfin, AIG c’est aussi un positionnement atypique
avec une forte présence en France depuis 1948, 800
millions de dollars de primes et un portefeuille ex
-
trêmement équilibré entre les risques d’entreprises
et les risques de particuliers. Nous touchons 10
millions de consommateurs français par nos pro
-
grammes affinitaires.
Nos ambitions 2014-2015 sont très claires en
risques d’entreprises, puisque nous souhaitons
conforter notre leadership en lignes financières
ainsi que dans les lignes de spécialités et continuer
à investir en dommages avec de fortes capacités.
Richard Deguettes - J’ajouterais qu’AIG opère sur
le segment des entreprises de toutes tailles avec
une empreinte très prononcée sur le segment des
Grands Comptes. 39 des entreprises du CAC 40 et
400 000 dirigeants en France sont nos clients. Mais
AIG a aussi, à travers ses délégations régionales,
vocation à avoir une empreinte sur le marché du
middle market et des ETI. Celles-ci regardent de plus
en plus vers l’international et peuvent bénéficier
de notre value proposition en matière de réseau in
-
ternational à travers 130 pays et juridictions et de
proposition d’accompagnement à l’étranger. Nous
sommes enfin également présents sur le segment du
small business et des TPE ainsi que des associations
au travers de nos solutions de souscription en ligne
PACK - totalement dématérialisées - à disposition de
nos partenaires courtiers.
Quels sont les sujets majeurs qui préoccupent
aujourd’hui les Risk Managers ?
R. D. - Au-delà des enjeux de contraintes budgé
-
taires auxquelles sont confrontées les entreprises
françaises et qui exercent de fait une forte pression
sur la tarification et les achats de couverture d’as
-
surances, nous assistons à l’émergence de préoccu-
pations d’actualité - climat international, insécurité
financière, criminalité… - qui modifient les risques.
La situation internationale géopolitique donne
lieu à des enjeux de risques pays. Les événe
-
ments survenus en Ukraine en sont une parfaite
illustration. Nos clients y ont des opérations qui
sont l’objet de menaces de guerre, d’émeutes, de
mouvements populaires… Parallèlement un cer
-
tain nombre de pays comme la Libye, l’Iran ou la
Russie font l’objet de sanctions économiques,
d’embargo… et posent un certain nombre de
préoccupations aux Risk Managers avec des impli
-
cations directes en matière d’assurances. Les co-
rollaires sont les enjeux de couverture de risques
politiques, de solvabilité liée aux crédits ou même
à la convertibilité des monnaies avec des enjeux
de confiscation potentielle. Et plus généralement,
des groupes français ont des opérations dans des
pays où il devient difficile d’exercer légalement,
rendant particulièrement complexes toutes ces
opérations d’assurance visant à les accompagner
dans la durée.
Le second aspect concerne les enjeux d’insécurité
financière et de criminalité. Si on prend l’exemple
de la France, nous observons un nombre de dé
-
faillances d’entreprises qui bat tous les records ce
qui ajoute une pression supplémentaire sur les bi
-
lans ; de fait, cette insécurité financière se traduit
par des insécurités liées à l’emploi, le développe
-
ment de la criminalité nationale et internationale :
fraude, détournement de fonds, cybercriminalité…
Terrorisme, piraterie maritime, kidnappings… Tous
ces événements ont des corollaires assurances sous
tension compte tenu des risques accrus.
Le troisième sujet de préoccupation concerne les
concentrations d’entreprises qui se traduisent
par des pertes de masse assurable sur le marché
français. Seule éclaircie sur ce sujet l’on constate,
une reprise modeste des introductions en bourse.
On sent un retour à l’appel d’offres publiques à
l’épargne vers les sociétés françaises. Et là aus
-
si AIG a des produits d’accompagnement de ces
opérations notamment au travers de ses garanties
Responsabilité des Dirigeants et de ses polices
« I.P.O. » - des produits spécifiques permettant
d’accompagner les sociétés et leurs dirigeants dans
le cadre des réclamations dont ils pourraient être
l’objet à l’occasion d’une augmentation de capital.
AIG est en position de leadership sur ces garanties.
Derrière chacune des modifications de risques, il y a
de réelles opportunités d’accompagner nos clients
selon leurs nouveaux besoins, avec nos partenaires
courtiers.
Quels sont vos enjeux de développement en France ?
F. D. - En France, nous voulons continuer sur notre
tendance. AIG affiche un taux de croissance d’envi
-
ron 10 % par an ; nous souhaitons maintenir cette
croissance profitable en continuant de proposer
des offres compétitives, de poursuivre l’optimisa
-
tion de nos processus, d’intégrer les feedbacks de
nos clients et partenaires pour adapter au mieux
nos offres et être toujours en phase avec les at
-
tentes du marché.
R.D. – Pour illustrer les enjeux de nouveautés de
marché, je prendrais un exemple : AIG est un gros
assureur de flottes automobiles. Si l’assurance
d’un parc de véhicules est traditionnelle, AIG est
à la pointe dans la structuration des programmes
d’assurance. C’est le fruit d’une maturation de
ces programmes sur lesquels aujourd’hui les Risk
Managers ont fait évoluer leur moteurs d’achat
d’une solution très traditionnelle de garanties vers
des solutions beaucoup plus complexes, « optimi
-
santes » et intelligentes.
F. D. - Pour conclure, je dirais qu’AIG de par son
savoir-faire et son agilité apporte des solutions
innovantes aux Risk Managers. Et surtout derrière
ces solutions, il y a des équipes dont je suis fier :
des collaborateurs dynamiques et engagés, d’une
moyenne d’âge de moins de 40 ans, aux parcours
variés et internationaux, avec une parité homme-
femme exemplaire et, enfin, porteurs d’un souhait
constant de qualité de service aux clients.
RESTER L’ASSUREUR DE PREMIER
CHOIX POUR LES RISK MANAGERS
Risques d’entreprises, risques spécialisés… AIG en France entend faire de ses expertises, de
son réseau international et de son agilité des atouts pour maintenir son rang de leader
mondial. Entretien croisé avec Fabrice Domange, Directeur Général d’AIG - France et Managing Direc-
tor West Europe - AIG Europe limited, et Richard Deguettes, Directeur Exécutif - Directeur Commercial
Risques d’Entreprises pour AIG - France.
*membre du comité exécutif manquant sur la photo : Grégoire ChantemargueATOUT RISK MANAGER N?1 - JUIN 2014
56NOS PARTENAIRES
Quels sont les domaines d’expertises de Grenier
Avocats ?
Notre cabinet a développé une pratique juridique, liée
à des enjeux industriels, qui répond parfaitement aux
attentes et besoins de sociétés de taille importante,
dans leurs rapports avec leurs partenaires commer-
ciaux, leurs risques de responsabilité civile ou pénale.
Le cabinet a développé cette expertise tant en conseil
qu’en contentieux, notamment en arbitrage, et assiste
régulièrement des industriels majeurs pour leurs af-
faires de responsabilité pour vice caché ou du fait de
produits défectueux et pour la rédaction et leurs litiges
relatifs à leurs contrats commerciaux. Le cabinet in-
tervient également dans des contentieux, relevant du
droit privé et du droit public, pour des entités maîtres
d’ouvrage, maîtres d’œuvre, assistants du maître de
l’ouvrage ou encore pour des titulaires de marchés.
Enfin, le Cabinet a développé spécifiquement une ex-
pertise pour accompagner ses clients, en collaboration
avec les courtiers, dans la mise en place et le fonction-
nement de leurs programmes d’assurance.
Les principaux clients du Cabinet sont des groupes
industriels. Quelles sont les particularités de cette
clientèle ?
Nos principaux clients sont des groupes industriels des
secteurs de l’armement, de l’automobile, des maté-
riaux de construction, de l’ingénierie d’infrastructures
de transports, de l’énergie, ainsi que des compagnies
d’assurance et de réassurance et des courtiers en as-
surance. Ce sont des clients présents dans le monde
entier. Cela impose une importante exigence : Celle
d’avoir une évaluation des risques transnationale et
de traiter des affaires multi-juridictionnelles d’enver-
gure. Dans le domaine de l’assurance, notre cabinet
est souvent confronté à plusieurs interlocuteurs et in-
tervient pour faire le lien entre trois parties : assureur,
assuré et courtier. Notre rôle d’avocats consiste, dans
ce cas, à rendre plus clair le risque liant ces différents
intervenants.
Dans le palmarès 2014 des cabinets d’avocats, Grenier
Avocats a été récompensé dans deux catégories. Quels
sont les secrets de cette reconnaissance ?
Cette double récompense a pour nous une saveur par-
ticulière puisqu’elle émane du vote des clients. C’est
une grande satisfaction et un facteur fort encoura-
geant pour un cabinet qui a un an et demi d’existence
et d’exercice. Cette récompense confirme les atouts de
Grenier Avocats qui dispose d’une équipe de collabo-
rateurs ayant acquis une formation et une expérience
pratique afin d’aider au mieux les clients et de suppléer
aux différences existant entre le droit français et les
systèmes juridiques d’autres pays. Notre cabinet a pour
vocation de rester hautement spécialisé et est capable
de fournir à ses clients tous les services juridiques d’un
cabinet international, en tant que membre du réseau
de Cabinets d’avocats Clausen Miller International. Sa
taille humaine permet également d’adapter le service
à chaque client en accord avec ses contraintes et son
processus décisionnel.
Quels sont les ambitions de Grenier Avocats?
Plusieurs : maintenir le niveau de qualité de service
à ses clients et une appréciation plus développée des
risques sur des pays émergents.
Développer sa proximité et une relation de confiance
avec ses clients tant en conseil qu’en contentieux, et
continuer à accompagner ses clients industriels majeurs
en leur offrant des services de conseils juridiques per-
sonnalisés.
www.grenier-avocats.com
GRENIER AVOCATS :
DES SERVICES JURIDIQUES
DE HAUT NIVEAU
Fort d’une riche expérience, Patrice Grenier a développé une expertise juridique pour des groupes
industriels et compagnies d’assurances français et internationaux. Entretien.
Patrice Grenier
Bio
Diplômé de l’Institut
d’Etudes Politiques
de Paris et titulaire
d’un 3
ème
cycle de droit
de l’Université Paris
II, Patrice Grenier est
Avocat au Barreau de
Paris depuis 1990.Outre
une expérience dans un
Cabinet d’Avocats au
Royaume-Uni, il a été
Avocat Associé au sein
de la SCP TLJ & Associés
pendant 12 ans.N°1 - JUIN 2014 ATOUT RISK MANAGER
57NOS PARTENAIRES
DOMAINES D’INTERVENTION
CHIMIE
❚ Chimie organique et minérale
❚ Sidérurgie, métallurgie
❚ Pharmacie / Cosmétique, parfums
❚ Traitements phytosanitaires
❚ Vins et déviances organoleptiques
❚ Matières Plastique / Polymères / Elastomères
❚ Nanotechnologies
❚ Pollution des sols et de l’eau
❚ STEP
PROCESS INDUSTRIEL
❚ Process industriel
❚ Packaging / Emballages
❚ Papeterie et Imprimerie
❚ Equipementiers et constructeurs automobiles
❚ Chaudière industrielle / Climatisation / Cogénération
BATIMENT ET CHIMIE DU BATIMENT
❚ Terrassement / VRD / Gros OEuvre
❚ Béton
❚ Tubes : cuivre / acier / galva
❚ Traitements de surface / Peinture / Corrosion
❚ Colles / Adhésifs / Revêtements de sols
❚ Bardage / Isolation PU
RISQUES AUTOMOBILES
❚ Mécanique : auto / PL / TP / Agricole
❚ Accidentologie
❚ Rupture de pièces
❚ Incendie
❚ Systèmes embarqués
RISQUES INFORMATIQUES
❚ Edition et intégration de logiciels
❚ Systèmes d’exploitation
❚ Protocoles réseaux (Administrateur)
❚ Langages de développement SGBD
RISQUES FINANCIERS
❚ Valorisation de préjudices
❚ Perte d’exploitation
❚ Valorisation de marques
❚ Valorisation quotas CO2
POSITIONNEMENT
Nous intervenons majoritairement en tant que prestataire auprès des
Compagnies d’Assurances françaises et étrangères, pour la gestion des
sinistres RC, RCD et TRC déclarés par leurs assurés.
La gestion de ces dossiers intervient, soit à titre amiable, soit dans le
cadre d’une action judiciaire.
Notre structure à taille humaine permet de favoriser des relations
privilégiées et intuitu personae. Notre savoir-faire acquis par 22 ans
d’expérience vous garantit :
❚ Réactivité : dès réception de la mission, nous prenons contact avec
l’assuré pour une instruction rapide tant en France à l’étranger,
❚ Compétence : issus du monde de l’Industrie, nos Ingénieurs-Experts
optimisent la gestion des dossiers, du plus simple au plus complexe,
d’un point de vue technique, juridique et financier, en s’appuyant sur
le partage de leur expérience et de leur connaissances,
❚ Gestion du dossier : la synthèse de nos investigations apporte à nos
mandants une vision claire, précise et objective du dossier, leur facili-
tant ainsi leur prise de décision. La progression de nos travaux peut-
être suivie via notre extranet,
❚ Stratégie du dossier : celle-ci est arrêtée conjointement avec l’en-
semble des intervenants du dossier, pour rechercher par des échanges
réguliers, la meilleure solution de règlement,
❚ Confidentialité : tous les dossiers sont traités en toute confidentia-
lité selon la déontologie et les règles de notre métier.
ACTIVITÉS
❚ RC Process industriel
❚ RC Produits et Matériaux
❚ RC du Bâtiment
❚ RCD et TRC
CONTACT :
Denis Chemin, Fondateur, Expert dirigeant :
denis.chemin@chem-in-expertises.com
Secrétariat : chem-in@chem-in-expertises.com
CHEM-IN EXPERTISES
101, chemin de Ronde - 78 290 Croissy sur Seine
Tél. : 01 34 80 14 68 - Fax : 01 34 80 00 17
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avec des solutions créées sur mesure.
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Atout Risk Manager N°1
Atout Risk Manager N°1 - Trimestriel - Juin 2014
PORTRAIT : Xavier MARY, Directeur du Management des Risques AEROPORTS DE LYON
DOSSIERS :
- Risk Management sans frontières
- Retour sur les Rencontres AMRAE 2014