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#3 / Lancement officiel de la course
Du grand large à l’entreprise
Une même exigence : maîtriser le risque
Soutien officiel de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2026, l’Amrae part
d’un constat : skippers et risk managers exercent, chacun à leur manière, le même
métier, celui de naviguer dans l’incertitude. Rencontre avec deux acteurs de la
course, à quarante jours du départ.
Sous les dorures des Folies Bergère, à Paris, le rituel a été respecté. Mardi 22 septembre,
les 118 skippers engagés dans la treizième Route du Rhum ont pris la pose pour la
traditionnelle photo de famille. Elle ouvre le compte à rebours d’une aventure qui
s’élancera le 1er novembre au large de Saint-Malo, cap sur Pointe-à-Pitre, en solitaire.
Dans la salle, deux visages que les risk managers connaissent déjà. En février, Damien
Seguin et Julie Coutts étaient montés sur la scène des Rencontres du risk management
de l’Amrae, à Deauville, pour raconter la course de l’intérieur. Le premier s’apprête à
traverser l’Atlantique à la barre d’un trimaran de légende. La seconde, directrice générale
d’OC Sport Pen Duick, orchestre l’événement à terre.
Le rapprochement n’a rien d’un exercice de style. Depuis 1978, la « reine des transats »
s’est construite sur une évidence : en mer, chaque décision peut changer le cours d’une
traversée. Une équation familière pour l’association, qui fédère depuis plus de trente ans
les professionnels du risque. « Le risque ne se subit pas, il s’anticipe et se pilote », résume
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l’Amrae, qui a fait de cette conviction le fil rouge de son engagement : une série de
reportages croisant la stratégie des skippers et la gouvernance des risques en entreprise,
et des invitations pour ses membres à vivre les temps forts de la course, à commencer
par le village départ de Saint-Malo.
Damien Seguin
Skipper, Arkéa – Handicap International, catégorie Vintage Multi
Triple médaillé paralympique (or à Athènes et à Rio, argent à Pékin) et premier navigateur
en situation de handicap à avoir bouclé deux Vendée Globe, Damien Seguin s’élancera le
1er novembre pour sa cinquième Route du Rhum, après deux participations en Class40 et
deux en Imoca. Il a fait un choix audacieux : faire revivre l’ex-Fujicolor II, un trimaran ORMA
60 dessiné par Nigel Irens, autrefois mené par Mike Birch puis Loïck Peyron. Rebaptisé
Arkéa – Handicap International, le bateau courra dans la catégorie Vintage Multi.
AMRAE : Quelles sont vos ambitions pour cette Route du Rhum ?
Damien : C’est ma cinquième participation, mais la première à la barre d’un trimaran, et
pas n’importe lequel : l’ancien Fujicolor II, un plan Irens de 1990, un bateau de légende.
Ces multicoques sont complexes à mener en solitaire. La Route du Rhum est déjà une
course exigeante, et je m’ajoute une difficulté supplémentaire. Mon ambition est claire :
viser le podium, voire la victoire, dans la catégorie Multicoque Vintage. Je crois aussi que
tout le monde se réjouit de voir ce bateau reprendre la mer. C’est celui de Loïck Peyron et
de Mike Birch, une véritable légende.
AMRAE : Nous représentons l’association des risk managers. Avec l’équipe de la
Route du Rhum, nous avons tissé de nombreux parallèles entre nos deux métiers,
en entreprise et en mer. Comment envisagez-vous la gestion du risque ?
Damien : Elle est au cœur de notre métier, et les parallèles avec l’entreprise sont
nombreux. En course au large, les risques sont multiples, surtout en solitaire et sur des
bateaux aussi exigeants. N’oublions pas non plus que nous sommes, nous aussi, des
chefs d’entreprise. J’ai ma propre écurie de course au large et le bateau m’appartient.
Aller chercher des partenaires implique des prises de risque financières et des paris.
Quand tout se passe bien, on est récompensé. Mais il faut parfois savoir avancer ses
pions dans le brouillard, et c’est souvent ainsi que l’on active les leviers décisifs.
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Cette gestion du risque est passionnante, et c’est aussi ce qui nous rend profondément
humains. Elle nous permet de raconter des histoires singulières. C’est la capacité à
surmonter une difficulté, à assumer un risque, qui donne du relief à une carrière.
Pour moi, la prise de risque n’est ni un gros mot ni un interdit. Au contraire, c’est
clairement ce qui fait la différence.
AMRAE : Un mot pour les skippers de l’entreprise, … les risk managers ?
Damien : Continuez à exercer votre métier avec passion ! C’est elle qui pousse à
l’excellence et qui permet de doser et de calibrer justement la prise de risque.
Clairvoyance et passion : voilà, selon moi, les clés de la réussite. Et ceux d’entre vous qui
l’ont déjà effleurée connaissent la recette.
Julie Coutts
Directrice générale d’OC Sport Pen Duick, organisateur de la Route du Rhum –
Destination Guadeloupe
Si les skippers affrontent l’océan, Julie Coutts et ses équipes pilotent l’autre face de la
course : un événement d’envergure qui réunit cette année 118 marins au départ de Saint-
Malo autour d’un village qui accueille le grand public. Pour cette 13e édition, elle porte la
responsabilité de tout ce qui se joue à terre, de la gouvernance du projet à la sécurité du
public et des marins
AMRAE : À un mois du départ, où en est l’organisation, et comment le risque se
traduit-il au quotidien ?
Julie : À moins d’un mois de l’ouverture du village, nous sommes entrés dans une phase
très opérationnelle, après les étapes de cadrage, de pilotage et de gouvernance.
Désormais, c’est l’événement qui dicte nos choix. Nous mesurons chaque jour les
risques et les arbitrages à opérer.
Cela concerne l’ensemble du périmètre : le montage, l’accueil du public et des
différentes populations, à commencer par les marins sur le port. Toute une matrice de
travail se met en place, avec des curseurs de risque identifiés sur lesquels nous
travaillons quotidiennement.
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AMRAE : Quel message souhaitez-vous adresser aux marins ?
Julie : Notre rôle est de poser un cadre autour de leur sécurité : un départ, une feuille de
route. C’est ensuite à eux de relever le défi et d’aller au bout de leur parcours. Je leur
souhaite, comme à chacun, aller au bout de leur rêve.
AMRAE : Le risk manager accompagne la gouvernance de l’entreprise. Vous, d’une
certaine manière, vous accompagnez le gouvernail du skipper ?
Julie : Exactement. On parle souvent du skipper, du marin en solitaire. Mais en réalité, ces
projets n’ont rien de solitaire. Tout un univers se crée autour de la cellule du skipper, avec
des personnes qui viennent réduire le risque de chaque projet. C’est la même chose pour
nous : tout un écosystème de travail se met en place, et chaque acteur contribue à alléger
le risque qui pèse sur nos projets.
• www.amrae.fr
• LinkedIn
• relation.adherent@amrae.fr
Amrae - Route du Rhum 2026 interviews de Damien Seguin et Julie Coutts
AMRAE SOUTIEN OFFICIEL DE LA ROUTE DU RHUM DESTINATION GUADELOUPE 2026
Du grand large à l’entreprise
Une même exigence : maîtriser le risque
Interviews de Damien Seguin, skipper et Julie Couts, directrice générale d’OC Sport Pen Duick.
Paris, aux Folies Bergère, le 22 septembre 2026, à l'occasion du lancement officiel de la Route du Rhum, l'Amrae retrouvé Damien Seguin et Julie Coutts, présent sur la scène des Rencontres du risk management en février dernier pour partager les coulisses de la course mythique. L'un s'apprête à traverser l'Atlantique en solitaire, l'autre orchestre la course à terre. Tous deux reviennent sur leur rapport au risque.